Moins connue que ces grandes sœurs, Sicile et Sardaigne, l'île d'Elbe est néanmoins par sa superficie la troisième île d'Italie. Certes ses dimensions sont nettement plus petites *, aussi on peut facilement en faire le tour en une (grande) journée. C'est ce que je vous propose d'effectuer virtuellement à travers ce récit illustré.
Dès que l'on évoque
Elbe, voilà que cela éveil pour beaucoup d'entre nous quelques souvenirs scolaires de leçons d'histoire... l'île de l'exil de Napoléon !
Pour autant, on doit être nombreux à avoir des difficultés à situer avec précision ce territoire insulaire, j'avoue qu'il en était de même pour moi avant de m'y rendre et de parcourir les routes de cette charmante île de l'
Archipel Toscan.
Après avoir évoqué ce fait historique, passons à une courte leçon de géographie :
Elbe est située à environ 10 kilomètres des côtes italiennes et à une cinquantaine de la
Corse. Les eaux de la mer de Ligurie la borde à l'Est, celles de la mer Tyrrhénienne à l'Ouest. Si l'on consulte sa carte, on constate que cette île ressemble (avec beaucoup d'imagination, je le conçois) à un poisson cela tombe bien, une île est bien par définition au milieu de la mer !
Aborder une île par la mer est toujours un moment que j'apprécie, et lorsque l'arrivée est accompagnée par la lumière dorée d'un soleil matinal, c'est encore mieux.
En ce matin de début Septembre, les rayons d'un généreux soleil illuminent de très belle façon les façades du port ainsi que les fortifications de
Portoferraio, la petite capitale de l'île.
Le temps de débarquer à terre et la balade buissonnière peut débuter. La direction ? La côte nord-ouest.
Prenons la route, très vite les dernières habitations de l'agglomération sont passées et la voie serpente ensuite entre les collines. Ce que l'on remarque le plus en observant les paysages environnants est l'aspect très verdoyants des alentours. Dans cette partie de l'île, les collines sont couvertes d'une végétation foisonnante composée principalement de forêts de pins et de hêtres.
Après seulement quelques minutes de montée, la route plonge maintenant en sinuant sur le versant opposé. On domine la côte mais le rideau d'arbres et d'arbustes masque quelque peu le panorama... me rendant encore plus impatient de l'admirer. Je guette une première trouée qui apparaît enfin au débouché d'un virage.
La vue est magnifique avec au large du golfe une mer d'un bleu intense et sous nos yeux, en contrebas, lové dans une crique abritée, on aperçoit le village de
Procchio et sa plage.
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Notre première halte, c'est sur les quais du village de
Marciana Marina que nous la ferons. Un lieu pittoresque avec ses habitations aux teintes pastel et sa tour dominant le port de pêche.
Une tour ronde édifiée au 16 ème qui est devenue l'emblème de la petite cité côtière, elle avait pour objectif d'être une vigie destinée à protéger le port d'éventuelles attaques de corsaires ! Ils rodaient, paraît-il, le long de ces côtes, d'îles en îles.
De nos jours ce port est bien plus fréquenté par de pacifiques plaisanciers... mais également par encore quelques pêcheurs, même si l'époque de la grande pêche aux thons est en partie révolue.
Vous vous en doutez certainement, le tourisme est maintenant la principale ressource de la localité. Juste à côté du port et de la tour, une petite crique fait office de plage. Ici pas de sable fin mais des galets, c'est moins confortable si l'on veut y poser sa serviette pour s'y reposer après le bain, mais l'eau est ici claire et cristalline à souhait.
L'eau... de l'
île d'Elbe, « Acqua dell'
Elba », parlons en ! Non, je ne veux pas seulement évoquer à présent les douces eaux bleues bordant les rivages insulaires ni même une quelconque eau minérale locale mais plutôt une eau, pardon, un parfum produit à Marciana Marina.
« Acqua dell'
Elba » est en effet le nom de parfums renommés bien au-delà de l'île. Des créations inspirées de l'air marin et des senteurs de l'île... Un peu de l'
île d'Elbe en flacons un souvenir que l'on peut bien entendu se procurer dans une parfumerie de la marque près du front de mer.
Des senteurs aux saveurs locales. D'autres spécialités sont aussi proposées aux visiteurs dans les boutiques. Le fameux
Limoncello et sa douce saveur citronnée et encore plus typique de l'île, le gâteau
Schiaccia brica... dont la traduction approximative veut dire gâteau « ivre » ! Il est préparé avec des produits locaux, vin rouge Aleatico et liqueur Alkermès qui donnent une teinte rouge à ces galettes. Pour vous donner l'eau à la bouche, sachez que cette pâtisserie est préparée avec des raisins, des fruits secs, du miel, de la farine, de l'huile d'olive et des pignons... et l'indispensable savoir faire du pâtissier.
Préférez les
Schiaccia brica fraîchement préparés, ils sont plus goûteux et moins secs que les galettes sous emballage proposées comme souvenir.
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Prenons de la hauteur en empruntant maintenant une route à lacets. C'est le privilège des îles où seules quelques minutes suffisent pour passer d'un décor de bord de mer à celui de la montagne.
Après avoir traversé une forêt touffue de châtaigniers nous atteignons le village perché de... Marciana ! Mais là ce n'est plus Marciana Marina mais
Marciana Alta. Nous sommes sur un des versants du
Monte Capanne, le point culminant de l'
île d'Elbe (1015 mètres) en levant les yeux on voit le sommet et le téléphérique qui permet d'atteindre facilement le toit de l'île.
Marciana Alta a tout le charme de ces villages accrochés à une montagne. De plus, ce lieu a une longue histoire puisque ce bourg a été fondé par les Romains, c'était il y a 2000 ans.
Vous l'imaginez aisément, parcourir les ruelles du village nécessite de gravir une succession d'escaliers et de ruelles pentues. Ici, une petite place, celle de l'église du bourg dédiée à Ste Catherine.
Arrivé dans la partie haute de Marciana Alta, comme une récompense méritée après la montée des interminables marches, un belvédère bien placé permet de bénéficier d'un panorama grandiose sur une partie de l'
île d'Elbe.
Côté terre et versant montagneux, le regard est capté par le coquet village de
Poggio, adossé à la montagne et entouré d'un écrin verdoyant.
Côté mer et rivage marin, le bleu domine en s'estompant vers l'horizon. La côte s'étire jusqu'au Cap d'Enfola, cette pointe rocheuse s'avance avec aisance sur la splendide grande bleue.
En contrebas on aperçoit le port de Marciana Marina, où nous étions plutôt dans la matinée, paisiblement blotti entre terre et mer.
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Le parcours se poursuit le long de la route côtière, tracée en surplomb du rivage, elle dévoile sans cesse de splendides points de vue. Ce sont surtout les passagers qui en profitent le plus car le conducteur doit rester en permanence concentré sur sa conduite... la route s'avère être une succession de virages !
Un coup d’œil tout en bas et une nouvelle photo, celle du village de
Sant Andrea.
Au débouché d'un virage (un de plus !), on vient d'apercevoir, comme posé sur l'horizon marin et nimbé parmi les brumes de chaleur, le Cap
Corse. En scrutant avec plus d'attention la silhouette montagneuse, distante quand même d'une cinquantaine de kilomètres, on devine les immeubles de la ville de Bastia.
Au fil des quelques kilomètres parcourus, voici qu'on atteint à présent l'extrémité Ouest de l'
île d'Elbe : la
Punta Nera. L'amas de rochers au bord de la route semblant en équilibre au dessus de la falaise en est le symbole.
Nous commençons à longer la bien nommée
Costa del sol. Autour du village de
Chiesi, la végétation se fait déjà un peu plus rare, seulement quelques arbres, surtout des arbustes et des lauriers en fleurs mais on ne voit plus de forêts comme au Nord de l'île de toutes parts les rochers affleurent sur les collines alentour.
Si le paysage paraît plus aride, c'est bien que le microclimat local est ici plus chaud et plus ensoleillé. La saison estivale peut ainsi se prolonger jusqu'en automne, aussi il n'est pas étonnant d'apprendre que cette côte ensoleillée est devenue un lieu de villégiature particulièrement prisé.
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A force de contempler ces eaux si bleues, l'envie d'une pause face à la mer se fait sentir avec insistance... une pause revigorante au bord d'une plage et finalement une pause qui sera accompagnée d'une relaxante baignade.
La balade itinérante va donc s'arrêter (momentanément) à
Marina di Campo, une des plages les plus étendues de l'île. En effet, la baie de sable blond s'étend longuement au fond d'un golfe bien abrité.
Sur ma photo où l'on voit ce large premier plan presque déserté, on pourrait croire qu'il n'y avait que peu de monde en ce bel d'après-midi de début septembre... ce n'est qu'une illusion ! L'effet grand angle accentue la profondeur de l'image et je me suis placé à l'endroit le moins fréquenté de la plage. Partout ailleurs, les estivants étaient bien présents sur le sable et en nombre, je n'ose imaginer les lieux en plein mois d'août !
D'un côté, la baie se ferme par une avancée rocheuse et de l'autre par le port dominé ici aussi par une tour (édifiée en au XVème siècle). Comme l'île a connu une époque sous domination de la république de
Pise, les tours elbiennes sont principalement pisanes... mais on se rassure, elles ne penchent pas comme à
Pise !
Il y un temps pour les photos et un temps pour la baignade (enfin !) dans des eaux claires et très peu profondes. La plage est ainsi idéale et sans danger pour les baignades des jeunes enfants, les mères de famille doivent apprécier. Marina di Campo n'est donc pas une station balnéaire familiale par hasard.
Quittons maintenant la plage pour une rapide promenade en front de mer puis dans la rue principale toute entière dédiée aux piétons. Je vous épargne la vue des commerces d'articles de plage et les terrasses des cafés, ils ressemblent à tous ceux que l'on peut voir dans ce genre de ville d'eau.
Cependant, quelques belles demeures bordent cette rue jalonnée de palmiers et puis il y a aussi une église. Ce n'est pas parce qu'elle ne date pas du Moyen Age que son architecture n'est pas intéressante. Une église contemporaine construite avec des moellons de pierre de la région, cela lui donne un bel aspect, cela valait bien une photo.
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Chemin faisant et d'une plage à l'autre... En voici une parmi les nombreuses que longe la route côtière sud. C'est elle de
Norsi, une double plage qui a attiré mon objectif. Depuis ce point de vue, j'ai trouvé cette anse particulièrement photogénique avec ses deux arcs de cercle séparés seulement par quelques rochers.
Des côtes déchiquetées, des plages de sable fin, des collines qui prennent l'aspect de hautes montagnes et des routes constamment sinueuses... sauf dans cette partie sud- ouest de l'île. Cette portion de route est pratiquement rectiligne, c'est une plaine que nous traversons, la seule de l'île !
Habituellement, sur les îles montagneuses, un rare terrain plat est utilisé pour y tracer une piste d'aviation ! Ce n'est pas le cas pour cette plaine au pied du village de
Capoliveri, toute consacrée à l'agriculture : vignoble, oliveraies, arbres fruitiers et cultures maraîchères...
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Suite du récit dans le message suivant avec
Porto Azzuro,
Portoferraio et le souvenir de
Napoléon... et
* l'île d'Elbe en quelques données ainsi qu'une
Carte.