Merci pour vos conseils. On revient de notre (petit) périple et c'est toujours plus sympa de donner un peu de retour.
Le premier jour on est parti de
St Véran à 18h (un peu tard, mais il y avait de la route à faire avant) pour bivouaquer sous la Chapelle de Clausis (face à l'ancienne mine de cuivre), près du torrent. Très sympa, même s'il y avait du givre le lendemain matin sur le pré, on n'a donc pas eu très chaud.
Deuxième jour, nous sommes montés au col de Chamoussière, puis on s'est engagés sur le tour du Pain de Sucre en passant le col d'Agnel. Nous avons bivouaqué après les Granges del Rio, côté italien donc. Il ne faut pas s'aventurer trop loin dans la vallée sous peine de se retrouver entourés de vaches (dont deux ont failli me passer sur le corps le lendemain matin, toutes affairées qu'elles étaient à régler violemment leurs comptes). Environ 1km après les granges del Rio, le chemin s'élève par rapport au torrent et il y a là en contrebas une petite zone plate où poser la tente près de la rivière. Très sympa et plus chaud que la veille.
Le lendemain, on a passé le col della Losetta (très belle vue sur le Viso) et le col Vallante qui permet de repasser du côté français. Une fois ces deux cols passés, ce fut la grosse hésitation. Il ne nous restait plus beaucoup de jours, on n'avait pas envie de dormir entassés dans le refuge du Viso et nos jambes ne voyaient pas d'un très bon oeil l'idée d'ajouter le col Sellière à la journée. De plus, la météo annonçait une dégradation. Du lac Lestio, juste en dessous du col Vallante, on a donc suivi le sentier qui longe le Guil et redescend vers l'Echalp. Un peu à contre-coeur donc, mais pas pour longtemps tant on a trouvé cette vallée magnifique (surtout la première moitié) et calme (peu fréquentée). Nous avons dormi dans la descente, encore une fois, juste avant d'arriver dans les prés-aux-vaches. Le lendemain, on termine la descente vers l'Echalp avec dans l'idée de remonter vers la Crête de Peyra Plata et de passer notre dernière nuit après Collette de Gilly. Mais comme la fin de la descente a pris pas mal de temps, que nos jambes râlaient toujours et qu'on annonçait de la pluie, on a préféré essayer de rejoindre notre auto à
St Véran. Bien nous en pris car rallier Ristolas à
St Véran ne se fait pas en un clin d'oeil: un bus par jour et encore il faut en changer à
Ville-Vieille (l'autostop a bien fonctionné); et surtout il s'est mis à pleuvoir sans discontinuer la nuit et le jour suivants.
Au final, on a bien apprécié cette partie du
Queyras. Les paysages y sont très beaux. Par contre, je me demande si c'était bien une bonne idée de vouloir le faire avec la tente et tout l'équipement sur le dos car on n'a jamais vraiment été dans des endroits isolés: tout est plus ou moins accessible via des routes qui sillonnent le parc. Du coup, on crève avec nos baluchons et on se fait dépasser par une foule de gens (jeunes et moins jeunes) qui sautillent de roche en roche avec leur petit sacs pour la journée. Un peu frustrant, surtout qu'ils voient exactement les mêmes paysages que nous. J'ai donc eu l'impression de ne pas avoir été récompensé du surplus d'effort produit à porter lourd, et que les chemins ont volontairement été tracés de façon à repasser régulièrement par des villages où se trouvent hébergements et ravitaillements. D'un côté ça permet à tout le monde d'avoir accès à tout ou presque, ce qui est bien, mais on n'a pas vraiment le sentiment d'être "Into the Wild", à part le soir où on se retrouve seul. Peut-être que la partie nord du GR58 est plus isolée, ce sera à tenter une prochaine fois ?