Salut Patrick. À 67 ans et avec 22 voyages hors d'Europe au compteur, on sent que tu n'es plus un touriste qui coche des cases, mais un vrai voyageur qui sait composer ses propres partitions.
Ce qui frappe dans ton retour, c'est cette élégance du voyage autonome et rythmé. Fini le piège du JR Pass national hors de prix que tout le monde achetait machinalement : tu as disséqué tes besoins, opté pour le ciblage chirurgical (le Kansai-
Hiroshima Area Pass) et géré le reste à la carte avec une IC Card. À 46 euros la nuit en moyenne sur Booking en 2026, tu démontres qu'on peut explorer le
Japon contemporain sans se faire assommer par l'inflation touristique.
Mention spéciale pour la philosophie culinaire. Zapper la frénésie du bœuf Wagyu ou de
Kobe — souvent devenu un attrape-gogos pour influenceurs — pour capitaliser sur les huîtres d'
Onomichi, les okonomiyaki, un omakase mesuré et ces petits déjeuners de combini pris sur le pouce face aux paysages qui défilent, c'est l'essence même du voyage intelligent. On est dans le concret, le sensible, loin des clichés d'Instagram.
Ton tracé a aussi cette intelligence de la respiration : alterner le solo introspectif (le Shimanami Kaido à vélo, les sentiers du Nakasendo) et le partage amical. Faire le choix de s'écarter des sentiers hyper-battus tout en gardant quelques ancrages puissants (comme l'Aoi Matsuri à
Kyoto ou
Miyajima) prouve un sens aigu de la temporalité.
Bref, un carnet de route brut, sans fioritures, qui donne envie de ralentir le rythme et de refaire son sac.
Tu gardes quel souvenir précis de cette portion en solo sur le Shimanami Kaido par rapport à l'effervescence de tes étapes urbaines ?