Sale temps pour nombre d'étrangers vivant au
Japon. La société d'enseignement linguistique NOVA, la plus grande du
Japon, vient de fermer ses portes. Ce géant des langues, qui gérait quelques 900 écoles à travers le pays et qui employait environ 4000 enseignants étrangers, a en effet été contraint de cesser ses activités le 26 octobre dernier en raison de ses graves difficultés financières. Endetté à hauteur de 270 millions d'euros et avec un nombre d'étudiants en baisse, le groupe n'est pas parvenu à trouver un investisseur capable d'assurer sa survie.
Cela faisait d'ailleurs plusieurs mois que NOVA ne payait plus les loyers de ses locaux administratifs et de ses écoles. Même les loyers des appartements des enseignants logés par l'entreprise n'ont pas été payés au cours des six derniers mois, bien que leur montant soit prélevé sur les salaires !
La chute de l'entreprise s'est précipitée lorsque les employés japonais ont cessé d'être payés, puis finalement les enseignants étrangers, dès octobre. Nombre de ces derniers ont cessé d'aller au travail après quelques jours de retard du salaire, ce qui a certainement constitué le coup de grâce.
Aujourd'hui, 4000 enseignants étrangers et 2000 membres du personnel japonais se retrouvent sans emploi. Sans parler des centaines de milliers d'étudiants qui ont payé pour des cours qu'ils ne recevront sans doute jamais. Et le président et fondateur du groupe, considéré comme largement responsable de cette débâcle, a disparu dans la nature !
La raison de cette catastrophe: NOVA a voulu grandir trop vite. L'ouverture d'écoles un peu partout, en général en face de gares, là où les loyers sont les plus élevés, et une campagne de publicité massive ont sévèrement affecté les finances de l'entreprise. Le recrutement à tour de bras d'instructeurs étrangers, sans exiger d'eux la moindre qualification en matière d'enseignement (une licence quelconque était toutefois requise pour fournir un visa) a impliqué une qualité des cours variable d'un prof à l'autre, ce qui n'a pas permis à la réputation de l'école de briller.
Les enseignants qui viennent de perdre leur emploi se retrouvent dans une situation très inconfortable dans un pays comme le
Japon. Beaucoup d'entre eux ont profité de l'opportunité offerte par NOVA pour s'établir facilement dans l'archipel et n'ont jamais fait l'effort d'apprendre le japonais. Or sans maîtrise du japonais ou sans qualifications professionnelles supérieures, il est très difficile de trouver du travail au
Japon, même si les affiches "on embauche !" tapissent les rues de
Tokyo.
Si certains enseignants parviendront certainement à trouver des postes chez les concurrents de NOVA (qui voient désormais affluer ses anciens étudiants), beaucoup devront rentrer dans leur pays d'origine. Plusieurs ambassades sont d'ailleurs en train d'organiser des aides au rapatriement de leurs citoyens...
Environ 200 francophones sont concernés par cette affaire. Espérons qu'ils pourront trouver pour la plupart d'entre eux une solution à leur situation difficile, tout comme leurs collègues étrangers ou japonais.
Sources:
Guardian
,
Japan Today
, etc.