Hannah, hé !
"ne lâche pas la proie pour l'ombre..."
chocottes :
sous rubrique : "je veux aller au coeur de la foule immense..., mais j'ai peur d'y être
seule" (ou perdue)
tu sais, en
Inde, on rencontre bien cinq ou dix "rouleurs" par jour si on veut.. issus de l'occident chrétien
tu ne seras donc jamais vraiment "
seule" - bon point pour toi.
le reste dans le sens qu'on peut donner à ce mot en
Inde est d'une indiscible drôlerie...
le vrai problème, lorsque tu te trouves dans un tel rassemblement (pas des millions mais quelques dizaines de milliers ou deux centaines), c'est qu'il n'existe plus depuis longtemps de chambre ou dortoir libre.. à 60 km
que pour te laver et faire tes arabesques intimes, c'est un peu compliqué
pour trouver ta bouteille d'eau si tu n'es pas prévoyante itou
que lorsque tu as ressenti la ferveur et l'intense puissance d'une foule guidée vers le même coin de ciel, apparaîssent aussi la fatigue ainsi que des sensations contradictoires liées à ta place individuelle au sein d'une telle foule souvent inaccessible parce que toute dévouée à son puja (pré-occupée).
ce que je pourrais suggérer : être là un peu avant, en lisière, puis être là encore un peu après le gros du flot; rester autonome en tout.
les plus immergés dans le fait religieux ne sont pas ceux avec qui on peut communiquer le plus facilement (mais je peux me tromper, des exceptions doivent exister)
tu dois (ton profil indique que tu connais déjà l'
Inde) avoir un brin d'expérience de la foule...
parfois, ce sont les individualités (cultivées et parlant donc anglais) avec qui on a les meilleurs échanges verbaux, les meilleures conversations (les gestes inouïs viennent au contraire de toutes les catégories) dans un contexte moins dense, exacerbé.
tout ça pour te dire somme toute qu'il faut y aller (progressivement), y être, pour en apprécier vraiment le pour et le contre.
l'observation de telles ferveurs est toutefois sans égal : à Sravanabelagola (fête Jaïn tous les douze ans) en février dernier (de loin), à
Trivandrum en mars pour Pongal (cinquante à cent mille femmes faisant l'offrande d'un plat de riz cuisiné dans une cruche-marmite sur trois briques à même le sol de la rue)...
... Pongal : Tamil Nadu, Mi Janvier (cette année 06, c'était le lundi 13 mars)
Cette célébration de la fin des moissons du riz est la fête la plus importante du sud de l’
Inde. C’est au Tamil Nadu qu’elle est la plus pittoresque : les 4 jours de fête commencent par le nettoyage des maisons et du bétail, puis les vaches sont peintes et les femmes dessinent des kalam (motifs élaborés en riz) sur le pas de leur porte.
Le jour du Pongal ("ébullition"), le premier plat de la nouvelle récolte de riz est mis à cuire dans une marmite avec du sucre de canne et du curcuma - selon la tradition, plus le mélange bouillone et déborde, meilleure sera la récolte suivante. Le lendemain, les vaches aux cornes peintes sont décorées de guirlandes. Des courses de bétail sont organisées à travers les villages, conduites par les hommes jeunes.
Je dois te dire que je n'ai rien vécu de plus intense, car lorsqu'on prie en
Inde, c'est peut-être Ganesh et ses bienfaits matériels par ici, mais par là dans les campagnes, on prie pour qu'il pleuve correctement et que la récolte soit bonne, car on se souvient des famines..); devant un tel spectacle dans toute la ville (rendue propre à nouveau le soir comme si rien ne s'était passé !), on est remué : l'écran du ciné est sur 180 degrés, la séance dure lusieurs heures. AH !, encore un détail pour que le pot soit plein : la musique, avec hauts-parleurs 24/24 h. dans tous les coins, ne permet qu'une heure de sommeil par nuit, lorsqu'on est réellement épuisé (boules kies par salves de trois !).
mot d'esprit (enflure) :
mieux vaudra pour toi "y être" et avoir un peu les chocottes, que rester chochotte...et la foule en délire jetait des bigorneaux (for the happy few) (winkles, in Shakespeare language).
amitiés