Madagascar, ou plutôt Mada pour tous ceux qui l'ont foulée, c'est un voyage à remonter le temps avec des scènes de vie quotidiennes totalement décalées : laboureurs du mayen-âge, enfants sortis d'un roman de Zola, champs de fours à brique, villages en torchis rouges, maisons végétales, port de commerce arrêté sur images, vestiges coloniaux au milieu de la poussière et de la pauvreté, Remonter le temps dans une atmosphère très paisible, très rurale. On a l'impression d'être au ralenti et hors de notre temps. Impossible de se fondre dans le paysage, on a l'air de martiens !
> Même les villes n'ont pas un air urbain. A
Antsirabe, l'une des plus grandes villes de la Grande Ile (autre surnom de Mada), c'est sur l'un des 7000 pousse-pousse, tiré par un homme pieds-nus, que l'on découvre les varangues, vérandas, colonnades et balustres des maisons coloniales.
> A Diégo-Suarez, c'est l'envoûtement du port à l'arrêt, des rues bordées de maisons basses où déambulent dès le jour tombé les belles filles faciles et aguicheuses, des trois baies sublimes qui bordent Diégo, du Pain de Sucre se détachant sur une terre rouge. C'est une ambiance surannée et irréelle.
> Mada, c'est un paysage contrasté : plateaux, pics, forêts denses, falaises, plages, savanes, mangroves, déserts, océan, lagons, fleuves, chacun trouve son paysage d'attache. Les rouges dans toutes leurs nuances dominent, même si le vert des rizières est aussi pur que celui d'
Indonésie, et les bleus et blancs de ses plages rivalisent sans rougir avec des endroits de la planète plus connus.
>
> Mada, c'est l'aventure ! Le manque de matos et d'infrastructures, la calme nonchalance des malgaches permettent d'improviser sans jamais être surs de rien. Amateurs de voyage organisé et sécurisé, s'abstenir ! Pas besoin d'aller en
Inde dans un ashram pour travailler l"ici et maintenant". A Mada, on pratique sa méditation.
> Mada, c'est aussi sa faune et surtout ses lémuriens et ses caméléons. Toujours émouvantes, souvent drôles, leur rencontre dans leur habitat d'origine. Du microcèbe (30g) à l'Indri (7 kg), on a pu découvrir de très près une bonne dizaine d'espèces de lémuriens sur la trentaine répertoriée. Pas mal quand on sait que les différences entre eux sont qqfois minimes et réservées aux yeux des spécialistes.
>
> Côté restauration, l'heureuse surprise : excellent foie gras, succulent filet de zébu, délicieux poissons accomodés au coco, à la vanille, au poivre vert, jus de fruits garantis naturels, mangues à profusion trois fois par jour, pas de régime contrairement à ce que l'on craignait. Idem pour les moustiques. Entendu un seul au cours de nos cinq semaines alors que nous avons osé nous aventurer sur la côte de la vanille au Nord Est réputée pour ses moustiques. Comme quoi, rien ne vaut l'expérience personnelle. C'est fait pour cela le voyage, expérimenter soi-même le monde.
>
> Pauvreté et misère n'entament pas la bonhomie des malgaches. Ils n'ont pas conscience que leur île s'enfonce au niveau des pays les plus pauvres d'Afrique et que les changements climatiques déjà perceptibles à beaucoup d'endroits de la Grande Ile, risquent de conduire à court terme à de grandes famines.
>
C'est maintenant qu'il faut aller à Mada, demain, elle ne sera plus qu'une terre de voyages pour humanitaires.
Image attachée: