5 ans de pause, bien involontaire... Clôture de VF, covid... Quelle joie de retrouver le plaisir de partager !
Je reste fidèle à mes habitudes : le récit qui suit est un recueil d’infos pratiques plutôt qu’un carnet de voyage...
Madagascar, c’est grand comme la
France et la
Belgique. En 3 semaines, des choix s’imposent ! Ce sont les Grands Tsingy qui ont motivé notre voyage. Nous décidons de nous concentrer sur la partie Sud-Ouest et la RN7. On oublie le Grand Sud et le Nord. Tant pis...
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Ven 6 Juin –
Vol AF direct vers Tana – Arrivée du vol à 22h30
– TanaSam –
AntsirabeDim –
MiandrivazoLun – Route vers l’embarcadère de Masiakampy – Descente de la rivière
Tsiribihina en pirogue -
BivouacMar – Descente de la rivière
Tsiribihina en pirogue -
BivouacMer – Descente de la rivière
Tsiribihina en pirogue –
BekopakaJeu – Pirogue sur la Manambolo et Petits
Tsingy de Bemaraha –
BekopakaVen – Grands
Tsingy de Bemaraha –
BekopakaSam –
Allée des baobabs –
MorondavaDim –
Belo sur MerLun – Journée libre –
Belo sur MerMar –
Manja Mer –
Andavadoaka Jeu – Journée libre –
AndavadoakaVen – Lagon de Salary –
Mangily Sam –
RanohiraDim – Parc National de l’
Isalo -
RanohiraLun – Réserve d’Anja -
Ambalavao -
FianarantsoaMar –
Train FCE annulé – Visite d’un village tanala -
ManakaraMer – Pirogue sur le
Canal des Pangalanes –
RanomafanaJeu – PN de
Ranomafana –
RanomafanaVen –
Ambositra –
AntsirabeSam 28 Juin –
Vol AF vers Paris – Départ du vol à 23h55
L’ORGANISATION du VOYAGE :J’avais préparé mon voyage grâce aux guides habituels (LP et GdR), à internet et à la Carte Freytag & Berndt
- 1:1 000 000. Je suis de la vieille école, j’aime toujours autant visualiser mon parcours sur une carte papier, même si, pour
Madagascar, c’est trompeur car certaines Routes Nationales n’ont de nationales que le nom !...
L’agence : A défaut de pouvoir traiter directement avec un chauffeur-guide (il nous manquait une info fiable pour nous lancer), nous sommes passés par une agence pour organiser la logistique de notre voyage. Nous ne nous sentions pas d’utiliser les taxis-brousse (pas assez de temps) ou de conduire nous-mêmes un 4X4 (ni les compétences ni la témérité).
L’agence française nous met en relation avec une agence locale à qui j’ai adressé par mail mon programme détaillé. Quelques échanges par mail et par appels WhatsApp ont permis de tout boucler rapidement après quelques ajustements.
Vous l’avez compris... on a multiplié les commissions qui viennent gonfler le budget. Cela dit, au final, nous avons été enchantés de notre décision et de notre choix.
Notre voyage était bouclé fin 2024 et les réservations faites aussitôt. Aucune mauvaise surprise : les réservations dans les hôtels prévus ont été honorées avec souvent une des meilleures chambres.
Le dernier jour, à
Tana, avant notre départ, nous avons eu la chance de rencontrer la directrice avec qui j’avais communiqué, bâti et validé notre circuit. Debriefing très chaleureux.
Le chauffeur-guide :L’agence nous assigne Faly, 33 ans, chauffeur-guide depuis plus de 10 ans.
Il nous suit de bout en bout : il nous récupère à l’arrivée à l’aéroport et nous y ramène 23 jours plus tard.
Chauffeur très expérimenté (et ici c’est important), guide ouvert et cultivé, fiable, ponctuel et bon compagnon. Et pourvoyeur de bons conseils tout au long du voyage.
Nous avons mis à profit les longues étapes de pistes ou de routes pour l’écouter nous parler de la vie quotidienne, des rites, de la faune, de la flore... Pas de temps perdu ! Avec une belle playlist en fond sonore, on a joint l’agréable à l’agréable !
L’hébergement et les repas de Faly étaient compris (assez souvent, les hôtels offrent le gîte et le couvert aux chauffeurs-guides qui amènent des clients), l’essence également. Ça ne nous a pas empêché d’inviter parfois Faly à partager une bière ou notre repas du soir. Il n’a d’ailleurs pas toujours accepté pour nous laisser "profiter de nos soirées en amoureux" comme il le disait. Présent sans être envahissant !
Faly est tout à fait en mesure d’organiser un voyage sur mesure, en direct. Je le recommande sans aucune réserve, nous avons été enchantés par sa prestation. Je donnerai volontiers ses coordonnées par MP à qui me les demande.
Les guides locaux : C’est la prérogative du guide national de choisir les guides locaux (obligatoires dans les parcs).
De par son expérience, Faly nous a toujours réservé des guides locaux géniaux, compétents et intéressants.
Les hôtels :J’avais indiqué à l’agence vouloir des hébergements de charme, confortables, sans tomber dans le luxe tapageur.
Tous les hôtels nous ont beaucoup plu (sauf l’Hôtel Kanto à Manja). Les chambres, la plupart du temps des bungalows, sont toujours spacieuses et propres. Je ne peux malheureusement pas donner les prix, je n’ai pas eu le détail.
Le petit déj est toujours compris, généralement frais et copieux. Très souvent, 1 petite bouteille d’eau est offerte dans la chambre.
TanaHôtel Les 3 Métis
Les coupures d’électricité sont courantes (!) à
Tana. Prévoyez une lampe frontale.
AntsirabeEcolodge – Les chambres du voyageurs
Peut-être notre préféré ! Quelques bungalows, joliment agencés dans un splendide jardin tropical. Le chien Kodak nous accueille chaleureusement.
Miandrivazo Hôtel Princesse
TsiribihinaMagnifique vue sur la vallée.
BekopakaHôtel Orchidée du Bemaraha
2 (oui 2) belles piscines, une grande salle commune ouverte.
Morondava Hôtel Baobab Café
Tout neuf ou tout au moins, d’après Faly, tout juste restauré.
Très confortable mais sans grand charme (style international).
Belo sur Mer Ecolodge du Menabe
Les bungalows tout en bois, bambous et chaume sont disposés sur la plage. Très spacieux et tout confort !
Grande salle de restaurant ouverte en bord de mer.
Pas d’eau chaude au robinet, elle est disponible dans des bouteilles en plastique qui chauffent au soleil devant chaque bungalow. En fait, on ne s’en est jamais servi...
Là encore, une très très belle adresse.
ManjaHôtel Kanto
Seul hôtel sur l’étape du jour, donc, pas le choix. Le propriétaire le sait et du coup... ne s’embête pas.
C’est un vrai bouge ! Chambre minuscule, sombre, salle de bain sordide où ne coule qu’un malheureux filet d’eau, d’ailleurs on a zappé la douche ! Draps propres quand même.
Evidemment pas de wifi.
Seul endroit où je n’ai pas laissé de pourboire.
Nous étions largement prévenus de l’inconfort de cette étape, tant par l’agence que par Faly. Nous n’avons pas été surpris et finalement c’est devenu un sujet de plaisanterie durant le voyage.
Par contre, nous avons trouvé un joli petit marché dans la ville.
Andavadoaka Manga Lodge
Quel bonheur ! Surtout après l’horrible hôtel Kanto.
Endroit paradisiaque, en surplomb de 3 jolies plages désertiques au sable blanc.
Les repas sont servis sur la terrasse face à la mer. Coucher de soleil éblouissant.
Nous avons adoré passer une journée à buller ici ! Nous étions les seuls clients, nous avons été choyés.
Mangily (Ifaty)Mangily est la "banlieue" d’
Ifaty.
Hôtel Vovo Telo
Grand complexe balnéaire de bungalows. Plus touristique mais plaisant, on y a passé une belle soirée les pieds dans le sable.
RanohiraLe Relais de la Reine
Splendide resort érigé par un Français, au pied des rochers, très bien intégré à l’environnement.
Belle balade balisée au départ du jardin.
FianarantsoaVilla Sylvestre
Contrairement à ce que son nom laisse espérer, hôtel en plein cœur de ville. Tout à fait correct néanmoins.
ManakaraParthenay Club
Jolis bungalows dans un grand jardin en bord de mer, mais on ne s’y baigne pas tant elle est dangereuse et agitée.
RanomafanaHôtel Thermal
Chambres très spacieuses.
Les repas : Nos repas n’étaient pas tous inclus. Ce n’est vraiment pas ruineux.
1 plat de viande ou de poisson : autour de 35 000 Ar
1 menu complet (entrée, plat, dessert) : autour de 70 000 Ar
1 grande bière THB (65 cl) : entre 8 et 12 000 Ar
1 pina colada : 15 000 Ar
1 rhum arrangé : 6 000 Ar (voire gratuit)
1 verre de jus de baobab (!) : 5 000 Ar
On a toujours très bien mangé. Le riz est omniprésent, servi en quantité.
La viande de zébu est assez bonne si elle n’est pas trop cuite.
Perso, plus portée sur le poisson, je me suis régalée : mérou, capitaine, crabe, petites langoustes...
On a découvert avec plaisir le jus de baobab (notamment à Belo, sur la côte Ouest).
Et bien sûr les rhums arrangés !
Nous avons acheté, chez Carrefour (!) 2 packs de 6 bouteilles d’eau minérale (environ 5 000 Ar la grande bouteille) au début de notre circuit. Ça nous a suffi, d’autant qu’on en récupère assez souvent dans les bungalows.
Nous avions quelques picnics inclus dans notre voyage. Plutôt que de récupérer le lunchbox de l’hôtel, Faly nous préparait de délicieux picnics frais et variés : salade de pâtes au thon, riz cantonnais avec œufs, légumes grillés et avocat...
Une adresse exceptionnelle à ne pas rater :Mad Zébu – Belo sur TsiribihinaRestaurant très réputé, coup de cœur du LP et du GdR, à juste titre ! Cuisine digne d’un gastronomique, fine et raffinée. A peine plus cher qu’ailleurs et ça les vaut.
Nous y passons lors de notre montée vers Bekopaka et le PN des Tsingy. Complet ! Du coup, Faly réserve pour notre retour, 3 jours plus tard. On le remercie encore ! Quel régal !
LE BUDGET :Cours de l’Ariary : 5 000 Ar = 1€
Dépenses préalables : Vols Air France direct : 930 €/p l’A/R
Coût du circuit auprès de l’agence : 2 880 €/p
Le visa : Délivré à l’arrivée, très rapidement. 35€/p pour un séjour inférieur à 30 jours. Ultra simple. Ultra rapide.
Dépenses sur place : Dès notre arrivée à l’aéroport (il est près de minuit), Faly nous conseille de changer nos € pour la totalité de nos besoins. Peu d’occasions sur notre circuit de trouver un distributeur ou une banque ouverte et un taux intéressant. Pour être plus tranquille, il nous accompagne dans un petit bureau sous protection militaire juste à la sortie de l’aéroport. Je change 1 200 € (j’avais demandé conseil à l’agence sur le montant à prévoir) au taux de 4 750 Ar et je deviens millionnaire. Faly recompte toutes les liasses.
Ça couvrira largement toutes nos dépenses (repas, boissons, pourboires) sans jamais nous priver. Les achats perso seront effectués en fin de voyage. Pratique, ça nous a servi de variable d’ajustement, nous dépenserons notre dernier million (200 €) entre marqueterie et vanille.
Conseil : nous avons demandé 200 000 Ar en coupures de 5 000 Ar pour les pourboires. Ce n’était pas de trop, j’ai même un peu couru après ces petites coupures les 2 derniers jours.
Les pourboires : Madagascar est un pays pauvre où tout service mérite une petite rétribution. Sans que ce soit obligatoire, c’est habituel. Mais jamais personne n’a réclamé ou attendu ostensiblement, au contraire, j’ai dû parfois rappeler un porteur pour lui remettre mon petit billet.
Nous n’avons jamais porté nos bagages, des porteurs ont toujours été présents à l’arrivée de la voiture ou devant notre porte à guetter notre départ. Je donnais 5 000 Ar à chacun d’eux.
Dans les restaurants, j’arrondissais à la dizaine et laissais la monnaie.
Les guides locaux espèrent aussi un pourboire : je donnais plus ou moins 20 000 Ar par jour, pour nous 2.
Enfin, le guide national attend lui aussi une gratification. J’avais lu sur internet de prévoir 5€/j et /p. J’ai rallongé tant nous étions contents de ses services. Pourboire donné en fin de voyage, en €, hors budget.
Budget total tout compris (hors achats perso)
: 8 690 €Clairement, Mada est un pays où la vie n’est pas chère mais dont le voyage revient vite cher en raison de la nécessité de louer un 4X4 avec chauffeur.
LES POINTS FORTS :
· Les pistes
Oui, je les classe parmi les points forts !
Nous avons adoré ces longues heures passées à rouler à 20 km/h sur des pistes de cailloux, de boue, de sable blanc, rouge ou gris... entourées de végétation tropicale, de palmiers, de pandanus, de manguiers...
Les expériences étaient parfois palpitantes : la traversée d’une rivière sur un bac (bac constitué simplement de planches de bois fixées sur 2 pirogues à moteur côte à côte) ou bien la traversée d’une rivière sans bac, avec juste un gamin qui court devant le 4X4 pour indiquer le passage ; le sable mou où le 4X4 s’enlise facilement...
Les pistes sont assez étroites et le croisement avec un taxi-brousse, un char à zébus ou un troupeau de biques est toujours épique. Que de belles images, que de belles photos ! Tellement plus belles que sur le goudron.
Donc, oui, on a adoré ces longues étapes de pistes. Pour nous, ça faisait clairement partie du voyage.
Faly était particulièrement prudent et le 4X4 confortable. Aucun bobo, aucune fatigue, même après 7 ou 8 heures de piste chaotique.
Les routes nationales (dont la fameuse RN7) sont très défoncées par les cyclones, les énormes camions, le manque d’entretien. Les nids de poules se sont transformés en nids d’autruches et on ne roule pas beaucoup plus vite que sur les pistes.
· Les paysages, les villages, les rencontres...
Nous avons traversé des paysages variés de toute beauté : des montagnes dont les versants sont recouverts de cultures en terrasse, des rizières du vert pomme au vert émeraude, des champs de cannes à sucre, et puis des forêts tropicales, des forêts de baobabs (ils ont droit à un paragraphe spécial plus bas), des forêts d’arbres du voyageur. Et puis des littoraux aux dunes de sable blanc avec un camaïeu de bleu en toile de fond !...
Magique !
Nous avons traversé aussi nombre de villages aux cases dont l’architecture différait selon la région. Les cases betsileo affichent de beaux reliefs décoratifs de briques. Sur la côte Ouest, les cases sont plus précaires, en bambou et toit en palmes. Dans la région des Hautes Terres, on retrouve des maisons en dur, avec un crépi pastel. A chaque région, son relief, ses cultures, son habitat et ses vêtements.
Les chars à zébus sont souvent le seul moyen de locomotion dans les petits villages reculés. Nous en avons croisé très fréquemment. Là encore, la décoration du char dépend de la région.
Et puis, nous avons croisé de nombreux villageois sortant de la brousse et se rendant à pied vers le prochain marché, portant sur la tête ou les épaules le produit de leur culture.
Encore de belles photos !
· La descente de la rivière
TsiribihinaNous embarquons vers 9h dans une longue pirogue avec Gana le guide local et 2 piroguiers. Nous sommes donc 5. La pirogue est longue mais étroite, 65 cm environ. Nous nous installons l’un derrière l’autre, à l’avant, sur les sièges rembourrés par ce qui deviendra nos matelas lors des bivouacs.
Nous n’emportons avec nous que le strict nécessaire pour 2 nuits.
Un petit aurevoir à Faly qu’on doit retrouver dans 3 jours ! Ne nous oublie pas !
La rivière est limoneuse, entendez par là orange, opaque mais propre.
Nous glissons, sans bruit. Gana nous montre les arbres, les oiseaux, les crocodiles (nous en verrons 5, il parait qu’on a eu de la chance). Les piroguiers jouent des rames pour nous approcher au plus près de ces croco qui lézardent sur les racines des gros arbres. Tu parles !... dès qu’on approche trop près, pfft, ils s’enfoncent dans l’eau.
Nous nous émerveillons devant les mini-rizières qui bordent la rivière. Le moindre lopin, si petit soit-il est exploité. Au dessus, champs de bananiers. Et sur l’eau, tout une vie de pêcheurs, de villageois qui vivent de et avec la rivière.
Gana nous prévient qu’on va manger sur la pirogue car la route est longue. Du coup, je m’attendais à des chips... Mais non, riz cantonnais et steak de zébu, cuisinés et cuits dans la pirogue !! Incroyable !
En milieu d’après-midi nous atteignons une petite plage où l’on débarque. Gana nous conduit sur une centaine de mètres vers une cascade sublime. Nous y sommes seuls. Nous avons le temps de nous baigner. Nous avions apporté nos maillots de bain et une serviette (achetée au Carrefour d’
Antsirabe sur les conseils judicieux de Faly !). Cette baignade dans ce lieu paradisiaque reste un de nos meilleurs souvenirs.
Nous retrouvons notre pirogue et repartons jusqu’à notre premier bivouac. Nous aurons vogué 7 heures aujourd’hui.
Les tentes sont montées sur une large plage, sans un seul arbre. Petit moment de solitude... Euh, où peut-on faire pipi-popo ?... D’autant que c’est pleine lune, on a donc l’impression d’être au centre de la piste aux étoiles, projecteur braqué sur nous. Bref... on fera comme tout le monde, on s’éloigne, on creuse un trou, et les autres tournent le dos.
Repas pantagruélique sur la plage avant une nuit confortable et silencieuse.
Le lendemain, même programme, avec des paysages un peu différents. Les gorges s’élargissent, les arbres sont différents. Mais toujours de nombreux oiseaux colorés. Cette fois encore, nous mangeons sur la pirogue : poulet et légumes grillés. 9 heures de navigation. Bivouac du même style. Cette fois, on a compris.
Le 3e jour, nous terminerons la descente avec 5 heures de navigation.
Donc, 7 heures, 9 heures, 5 heures... à ne rien faire. Ça pourrait paraitre barbant... là encore, il n’en est rien. Comme pour les pistes, ce sont des moments contemplatifs. Ça glisse, c’est calme, reposant et finalement, il y a beaucoup de vie sur cette rivière, animale et humaine. Contemplation. Temps suspendu.
A l’arrivée, on débarque dans une sorte de port fluvial joyeux, animé. Bien sûr, Faly est déjà là pour nous récupérer.
· Le PN des
Tsingy de Bemaraha (petits et grands)
J’ai le vertige.
Lors de mes recherches, plusieurs agences m’avaient déconseillé de visiter les Grands Tsingy. "Contentez-vous des Petits" me disaient-ils. Grrrr, non, pas envie, on en rêve depuis des années ! L’agence que nous avons choisie me met aussi en garde mais sans pour autant m’en décourager.
Nous commençons donc par visiter les Petits Tsingy, assez proches de Bekopaka, guidée par Alisha. Cette forêt de pierres calcaires acérées est impressionnante. Ici, pas de souci de vertige.
Journée complétée par une petite balade en pirogue sur la rivière Manambolo et la visite de 2 grottes aux jolies concrétions.
Le lendemain, Faly et Alisha nous conduisent jusqu’aux Grands Tsingy (1 bonne heure d’une affreuse piste). Arrivés à l’entrée du PN, Alisha nous équipe de baudriers, de mousquetons et nous donne quelques consignes de sécurité. Faly est également équipé, Tiens ?!? il vient avec nous. Je comprends vite qu’il est là pour moi, si je coince, il pourra rentrer avec moi et Philippe pourra continuer avec Alisha. Sage précaution qui me ravit et me rassure. Au final, précaution inutile puisque le passage de la fameuse passerelle est totalement sécurisé par le baudrier et les mousquetons. 18 mètres sur des planches, on passe un par un, ça ne tangue pas trop, j’avance en regardant droit devant, pas un coup d’œil en bas. Je réussis même à sourire au milieu du gué, j’ai une photo pour en témoigner ! Je jubile !
Le circuit dans les Grands Tsingy est une boucle, on n’aura donc pas à repasser cette passerelle.
On monte jusqu’à des belvédères qui offrent des vues panoramiques époustouflantes. C’est extraordinaire, unique, incroyable.
Tout ce long paragraphe pour dire que, si vous avez le vertige, n’hésitez pas ! Ça se fait ! C’est totalement sécurisé et vraiment ça vaut le coup de dépasser un peu ses limites ! Pour ceux qui ont déjà pratiqué l’accrobranche, c’est du même style. Par ailleurs, pas nécessaire d’être un grand sportif, il suffit d’un peu d’agilité pour gravir quelques échelles, quelques marches hautes. Ne vous censurez surtout pas !
J’ai même eu un petit regret, la boucle est un peu courte (2 heures environ), j’aurais aimé la poursuivre ou même la refaire, l’appréhension en moins.
Conseil : faites les Petits Tsingy avant les Grands, ou pas du tout. Et si vous ne pouvez n’en faire qu’un, faites les Grands sans hésiter.
· Le canoë dans la mangrove de Belo
L’écolodge de
Belo sur Mer prête, gratuitement, des petits canoës individuels pour aller jusqu’à la mangrove. On part à marée haute, on rame pendant une vingtaine de minutes pour arriver dans une forêt assez clairsemée dans laquelle on peut très facilement s’enfoncer. Très peu de fond, eau limpide, on voit les racines de tous ces arbres, des bancs de poissons minuscules... C’est assez surprenant. Je ne connaissais jusqu’à présent que les mangroves impénétrables et enchevêtrées. Ici, rien de tel, on se promène dans une forêt aquatique. On a tellement aimé cette aventure qu’on est reparti un peu tard. La marée avait baissé, il a fallu porter nos canoës sur les derniers mètres... Bien sûr, les employés sont venus nous aider (en se moquant sans doute silencieusement !).
Les propriétaires du lodge donnent toutes les explications nécessaires et prêtent un sac étanche pour le téléphone (car oui, ça mérite des photos !). Précaution bien utile, les canoës sont petits, à fleur d’eau et en ramant, on est vite totalement trempés.
Là encore, ce n’est pas réservé à Tony Estanguet ! Ça ne nous a posé aucun problème, même pas de courbature le lendemain. Une belle expérience. Ça vous prendra 2 bonnes heures.
· Le PN de l’
IsaloGrosse stupéfaction lorsque sur la RN7 on voit apparaitre cet énorme massif rocheux ! Massif de grès coloré, creusé de crevasses qui lui donnent un aspect de ruines.
Le Relais de la Reine est un petit bijou savamment noyé au cœur de ces rochers. Un petit parcours balisé a été aménagé au départ du jardin. On récupère sa description à la réception et on démarre. Sans guide, seuls à suivre les balises, il nous faudra 2 heures pour boucler ce magnifique petit parcours qui nous donne un premier aperçu de ce massif avant la randonnée du lendemain. Et nous goûtons le plaisir d’être totalement seuls pour cette balade. C’est gratuit, facile et bien fléché. A ne pas rater.
Le soir, Faly nous conduit vers le site dit fenêtre
d’Isalo, un trou dans une paroi à travers lequel on voit le soleil se coucher. On retrouve ici tous les touristes du coin. On n’est pas transporté par le spectacle...
Le lendemain, nous partons tôt pour arriver au départ de la randonnée. On récupère Zozoly au bureau des guides dans la petite ville de Ranohira. Lors de cette rando, nous allons grimper au travers des rochers jusqu’à un belvédère qui nous permet d’admirer le massif sur 360°. Nous rejoignons ensuite un site dit "piscine naturelle", de toute beauté, d’autant qu’une fois de plus, nous y sommes seuls. Une espèce d’oasis, cascade rebondissante, palmiers et fougères arborescentes, sable fin, tout ça niché au fond d’un petit canyon. Paradisiaque. On renonce à s’y baigner mais c’est vraiment tentant.
Une longue balade sur les plateaux nous conduit ensuite jusqu’à un site bien aménagé de picnic où une équipe locale prépare des grillades. Des tables en dur sont étagées dans une spacieuse clairière largement ombragée où s’ébat toute une famille de makis, ces lémuriens à la queue annelée noire et blanche. Ils connaissent les habitudes des touristes et tentent de chaparder la nourriture. Peu craintifs et joueurs, ils nous amusent de leurs facéties ! On se fait violence pour ne pas les attirer avec un bout de banane !! Milliers de photos !!
Après le repas, nous repartons avec Zozoly pour un autre paysage. Cette fois, nous sommes au bord d’une petite rivière, au fond d’un canyon dont les hautes parois sont couvertes de végétation. Le sentier est étroit et glissant, sur un rebord de la paroi. Nous progressons prudemment. Aucun danger néanmoins. Nous atteignons d’abord la piscine bleue qui ne devient bleue que sur la photo (surprise !) puis la piscine noire alimentée par une pluie de cascades. 2 endroits magnifiques qui nous font découvrir un tout autre aspect du massif.
· La réserve d’Anja
Cette forêt de ficus abrite de très nombreux groupes de makis. Habitués à l’homme qu’ils ne craignent pas, ils évoluent à nos côtés en nous ignorant totalement. C’est presque vexant... Le meilleur endroit de notre circuit pour découvrir les makis.
· Le train FCE
Au grand regret des habitants de
Manakara, le train FCE n’arrive plus jusqu’ici depuis plus d’un an et demi. Du coup, les touristes sont beaucoup moins nombreux, le train faisant partie de l’expérience.
Nous avons fait la route en voiture et n’avons pas regretté d’arriver jusqu’à ce port de la côte Est.
· La visite d’un village Tanala
Cette visite ne faisait pas partie de notre programme, elle a été ajoutée par l’agence pour palier au train s’il ne circulait pas. Ce qui fut le cas.
Pas très amateurs de ce genre de visites où l’on a la désagréable impression d’aller au zoo, de voyeurisme, de manque d’authenticité, c’est très perplexes que nous suivons le guide local et nous échangeons quelques regards dubitatifs entre nous. Et pourtant... les explications du guide sur l’organisation de la vie dans le village et l’accueil souriant et chaleureux des villageois nous ont charmés et ont levé toutes nos inquiétudes. Nous avons appris beaucoup de choses, rencontré des familles souriantes, pu pénétrer à l’intérieur de ces si belles cases de bambou. Une très belle surprise, riche en enseignement.
· Le
canal des PangalanesL’arrivée à
Manakara se fait en traversant un pont qui surplombe le
canal des Pangalanes. Un cri de surprise : l’eau est bleu turquoise !
Nous y ferons un petit tour en pirogue avec une équipe de 3 piroguiers et Joël, un guide local qui nous explique le drame que crée l’arrêt du train. On s’arrête dans un village de pêcheurs où Joël va acheter le poisson pour le barbecue. On finit sur une plage où l’équipe prépare le repas pendant que nous allons assister au retour des pêcheurs sur la plage voisine.
Nous admirons la dextérité des pêcheurs pour démêler leur filet, trier leur poisson, nettoyer leur matériel. Au retour, nous trouvons une petite table installée sur la plage, à l’ombre des palmiers et des filaos. Langoustes, capitaine, légumes grillés, pommes de terre sautées. Un vrai festin (inclus dans le coût du voyage).
· Le PN de
RanomafanaRandonnée de 4-5 heures (ça grimpe un peu) dans une forêt secondaire dense pour partir à la recherche des lémuriens. Comme d’habitude, nous sommes accompagnés d’un guide local qui, en attendant de trouver nos amis poilus, nous donnent pleins d’infos sur la végétation, les oiseaux, les rites de l’ethnie Tanala. Dans la forêt, nous rencontrons 4 ou 5 pisteurs, armés de radios pour prévenir les guides de leurs trouvailles. Au final, nous verrons plusieurs lémuriens de différents types. Assez loin, assez haut... Un beau complément avec nos rencontres des makis à
Isalo.
Ici, il pleut 200 j/an. Nous avons débuté la rando sous une épaisse brume mais la densité de la forêt nous a protégés de l’humidité.
Attention, ça peut être un peu frustrant de voir les lémuriens si loin, si haut. Rien de comparable avec la réserve d’Anja ou le PN
d’Isalo. Ici, ce qui est sympa, c’est la traque.
· Les baobabs
Nous avons été subjugués par ces rois de la forêt, nobles, imposants, majestueux. On les repère de très loin tant ils dominent le reste de la végétation. Seuls, en petits groupes ou en forêts, notre circuit nous a permis d’en voir des centaines ! Principalement sur la Côte Ouest. Tous différents, des chauves, des chevelus, des hirsutes, des petits gros, des grands maigres, genre Laurel et Hardi. Philippe avait pris l’habitude de les baptiser. Respectueusement !
NOS COUPS DE COEUR :· La variété des paysages.
· Le PN des Tsingy.
NOS DECEPTIONS :· L’
allée des baobabs, très surfaite et seul endroit où on a eu du monde. Nous avons vu bien d’autres "forêts" de baobabs bien plus impressionnantes.
· Difficile d’approcher sereinement la population tant des grappes d’enfants accourent dès notre approche pour réclamer des bonbons. Sans aucune agressivité, leurs sourires et leurs rires nous font bien vite oublier ce petit désagrément. Nous n’avons jamais donné ni bonbon, ni vêtement, ni billet. Nous avons laissé des stylos aux bons soins d’une école et des vêtements à Faly.
SI C’ETAIT A REFAIRE :· Même période, même durée, même rythme, même circuit mais si c’était à refaire, aujourd’hui, je passerais par Faly en direct !
· Peut-être aurions-nous dû dormir à
Ambalavao plutôt qu’à
Fianarantsoa· Prévoir une boucle plus longue dans les Grands Tsingy, un petit goût de trop peu
DIVERS :L’accueil : ‘Samala Vazaha’, les gamins sont nombreux, très nombreux, parfois envahissants, jamais agressifs. Nous avons été impressionnés par les sourires et la bonne humeur des villageois, vis-à-vis de nous, ou même entre eux, partout les rires fusent.
La sécurité : aucun problème. Par (excès de ?) prudence, nous avions réparti tout l’argent dans plusieurs sacs que l’on cadenassait dès qu'on quittait l’hôtel.
Les bakchichs : nous avons été arrêtés plusieurs fois sur la route par la police ou la gendarmerie. Contrôle des papiers, quelquefois aussi de nos passeports. Faly était parfaitement en règle. Pas de discussion, pas de bakchich, salut cordial de la part des agents.
Par contre, plusieurs fois on s’est retrouvé devant un petit "péage" sur les pistes au profit de villageois qui avaient damé la piste ou bouché un trou, ou au jeune qui a couru dans la rivière pour montrer le chemin... Faly s’y pliait sans discussion : tout service mérite un petit billet.
La langue : le français est encore largement répandu.
La carte bancaire : inutilisée
Le cash : il en faut !
Le climat à cette époque : idéal, ciel bleu, soleil et températures douces (20-25°C) tout au long de notre voyage. Les températures commençaient à chuter à notre départ, l’hiver s’installait.
Vêtements : tee-shirt ou polo et gilet parfois en soirée, sandales aux pieds, chaussures de marche pour toutes les randonnées.
Conseil : on laissait dans la voiture (en toute sécurité) un sac avec les affaires qui ne servaient pas au quotidien et le linge sale. Les 2 sacs à sortir aux étapes s’en trouvaient bien allégés.
En partant, nous avons laissé à Faly plusieurs polos et tee-shirts qui, une fois lavés, feront quelques heureux.
L’affluence touristique à cette époque : faible, nous étions parfois les seuls clients de l’hôtel. Faly nous expliquait qu’au picnic
d’Isalo, en haute saison, il faut faire la queue pour disposer d’une table alors que dans notre cas, nous avions l’embarras du choix.
Les photos : beaucoup ! trop ! c’est le problème du numérique, on multiplie !
Les problèmes de santé : rien de méchant, petite tourista habituelle.
Les moustiques : ils sont voraces. On a pris un traitement anti-palu. Bon, je ne sais pas si on a eu raison... Je suis toujours très sceptique avec ce genre de précaution.
Internet : wifi gratuit à la réception des lodges (sauf à l’hôtel Kanto !), parfois (rarement) dans les bungalows.
Le téléphone : nous n’avons pas cherché à nous procurer une carte SIM locale, le Wifi le soir nous a suffi pour passer nos appels et nos messages par WhatsApp. Pensez bien dans ce cas à couper les données mobiles et à passer en mode avion (je l’ai activé un peu tard, les coups de fil reçus – des spams en plus !- m’ont été facturés...)
Electricité : prises françaises.
Les achats perso : de très beaux objets en bois (sculptures et marqueterie) ou en corne de zébu à
Ambositra. 1 kg de vanille (400 000 Ar – 80 € le kg) à
Tana.
EN CONCLUSION : Voyage de contemplation. Pause admiration comme disait notre guide local dans le PN
d’Isalo. Rien d’autre à faire que de marcher, de regarder et de profiter. Ici, pas de vieilles pierres, pas de musées, c’est un voyage où la nature est reine. Et quelle nature !