Jour 8 : Vallée d’imlil : Le jour où l’on perd le guide
Ce jour-là, avec le recul, on perdra le guide mais on gagnera un carnet, le malheur de l’un faisant le bonheur de mes lecteurs.
Imlil et sa vallée auront bien sûr quelques redondances pour le premier groupe mais nous avons vraiment aimé la vallée de l’
Ourika donc sommes motivés pour cette nouvelle excursion. Le départ était donné pour 09h30, petit déjeuner inclus, ça n’est que passé 10h15 que les Dacia se mettrons en branle. Mais je commence à avoir l'habitude, j’avais prévu un arrêt « Coopérative d’huile d’Argan », il sera zappé pour recoller au timing. Encore une fois, la route est belle, même si à partir d’Asni les virages se font plus accentués. C’est qu’il nous faut grimper jusqu’à 1700 m d’altitude ! J’accorderais un arrêt en chemin sur un parking au milieu de nowhere, pour ne pas encore accentuer le déficit horaire...
Arrivée à
Imlil, il fait frais, le village est animé mais l’immense parking quasi désert en bas du village augure d’une fréquentation raisonnable. L’objectif est de nouveau la cascade dont le départ se fait au sommet du bourg. Et quand vous traversez à onze un village, croyez-moi que vous êtes sollicités !
C’est donc Brahim, sympathique propriétaire d’une Guesthouse excentrée mais référencée sur TripAdvisor (et bien notée) qui emportera la palme après une rude négociation (mais à onze, vous avez des arguments !) : Le déjeuner complet sur la terrasse, son fils pour emmener le groupe jusqu’à la cascade, et un mulet pour monter et descendre A, qui ne peut vu ses soucis de santé, encaisser quelque dénivelé positif que ce soit.
Si ce n’est pas un guide efficace et prévenant, ça !!
Nous voilà donc à l’assaut du
Toubkal, 4170 m, qui pourrait presque rivaliser avec mon Mont Blanc. Enfin de ses premiers 200m de dénivelé pour une ½ h jusqu’à la Guesthouse et ½ h supplémentaire jusqu’à la cascade pour qui voulait la voir.
Et c’est là qu’on me perd... La tension nerveuse, la chaleur, la fatigue, et un caillou mal positionné sur le chemin et crac, je sens mon mollet se déchirer, tel un vieux chiffon que vous couperiez en deux. La douleur est immédiate, forte et je ne pose plus le pied. Je serre les dents mais rien n’y fait, seule l’épaule bienveillante de mon copilote et ami M me permettra d’atteindre clopin clopant la Guesthouse. Brahim ne sait que faire pour améliorer mon cheminement, et s’empressera une fois sur sa terrasse de défoncer la glace de son congélateur pour soulager la blessure.
Arrêt du Game, on a perdu le guide !
Bien sûr la visite de la cascade est annulée, mais personne n’a envie de tenter le diable, et nous profiterons aux sons des Muezzin qui se font écho dans cette vallée du fabuleux couscous poulet préparé par l’épouse de Brahim, qui ne sait que faire pour rendre notre halte dans sa demeure un moment agréable (et ça le fût).
Mais il faut penser à rentrer, impossible pour moi d’envisager la descente à pied. Le mulet destiné à A sera donc réquisitionné, transformé en ambulance Marocaine et me descendra jusqu’aux véhicules (moyennant un substantiel tip).
Je le savais depuis l’instant de ma blessure, il faudrait rentrer à
Marrakech. Je savais également que dans le groupe, seul M et moi étions capables (et assurés) d’assumer la conduite au
Maroc, donc il a fallu serrer les dents et ramener la Dacia à la villa. C’est le mollet droit, la douleur s’est calmée (un peu) grâce à l’immobilisation, une bande velpro bien serrée et du Doliprane.
La halte programmée à la coopérative au départ sera bien sur déprogrammée au retour, il est 17h30 quand je poserais (en nage) les roues de la Logan sur le parking de la villa. Là, je récupère les moults crèmes et onguents amenés dans les différentes valises et surtout une attelle du genou qu’une amie a dans son escarcelle, afin de comprimer le mollet. Mon sauveur pour le reste du séjour.
Car je sais que la journée n’est pas terminée, demain A nous quitte pour des raisons familiales connues dès le départ, et j’ai réservé une table au Dar Essalam pour un dîner spectacle. Bien noté pour son rapport qualité prix, il doit clôturer (déjà) notre périple à 11. Fort heureusement, nous devons y être de bonne heure, la circulation est fluide et je peux me garer à 3 min à pied du restaurant, proche de la place des ferblantiers.
Ce restaurant peut servir jusqu’à 800 couverts mais astucieusement, il est conçu de nombreuses salles d’une centaine de places où les spectacles défilent pour assurer l’ambiance. Le vin y est servi (à partir de 20€ la bouteille), les cocktails également, et nous ne bouderons pas notre plaisir, d’autant que nous fêtons ce soir-là les 60 printemps de N, qui ne s’y attends pas. Et le restaurant mis dans la confidence saura rendre la célébration de cet anniversaire un moment inoubliable pour notre amie. Le menu complet est à 30€, finalement très accessible, rapidement servis entre les animations, et de bonne qualité malgré l’affluence. On est dans le kitsch mais du kitsch haut de gamme, et on adore... Sortis du restaurant à plus de 23h, plus personne n’a envie de se balader (surtout pas moi), nous regagnons nos pénates sans trop de difficulté, étant à l’inverse du flux touristique.