Je crois que l etat d esprit dans lequel on se trouve est vraiment determinant...
Aujourd hui j avais besoin d un sac et les marchandages avec les vendeurs etaient un vrai plaisir pour moi, j ai tout fais avec le sourire...d autres jours ca peut etre un calvaire en vivant exactement les memes scenes...
Je partage ce point de vue. En
Inde plus qu'ailleurs j'ai ressenti fort comment ce que l'on vit de l'intérieur agit sur l'extérieur, le regard que l'on porte sur la réalité s'en trouve modifié et l'on se retrouve du coup à vivre une réalité autre, et à modifier complètement le contexte et le vécu de façon effective.
Une fois j'ai craqué complètement à
Hyderabad. Je n'étais jamais venue dans cette ville, je venais de quitter l'Himachal Pradesh où j'avais eu épouvantablement froid, mais où l'ambiance était chaleureuse et festive (le nouvel an tibétain) Je quittais cet endroit un 17 février, il faisait un soleil magnifique. Un moine m'a dit "Aujourd'hui je suis heureux, l'hiver est enfin fini" Cette réflexion m'avait étonnée, je n'imaginais pas qu'un moine Tibétain puisse préférer une saison à une autre, j'avais cet à priori qu'il devait mieux que personne être au dessus des dualités, des préférences etc etc. Il m'a alors demandé "Tu aimes l'hiver" et je lui ai répondu "J'aime toutes les saisons"
Deux jours après je débarquais à
Hyderabad sans avoir dormi depuis plus de 48 heures, une impression de canicule insupportable, après la tranquilité des montagnes, une circulation à devenir dingue. Le taxi qui tourne des heures autour de Big Bazar sans trouver mon hotel, il me revenait les histoires d'arnaques et de balade en taxi que j'avais lues sur le forum. J'étais négative au possible, épuisée, desepérée. Et lorsque je trouve mon hotel, je n'arrive toujours pas à me reposer.
Je sors un peu, puis je me sens incapable de traverser un Bld. J'ai éclaté en sanglot à une intersection, cette réaction m'a surprise, et calmée aussi. Pour autant j'étais toujours incapable de traverser le boulevard pour rejoindre mon hotel, alors je me suis mise à chercher un endroit où téléphoner, j'ai appelé un ami en
France, histoire de me recentrer un peu.
Il m'a dit "Ouh lala, surtout ne bouge pas j'arrive tout de suite pour te prendre la main et traverser. J'ai souri, il m'a demandé l'heure, ce que j'allais déjeuner etc etc...En quelques seconde j'étais recentrée...et en pleine forme.
Plus tard je lui écrivais de
Madurai, pour lui dire combien mon séjour en Andrha Pradesh avait été bien :
"...De retour à
Hyderabad j ai vu la ville autrement, et tout s est passé à merveille.
Et c est cette interpretation de la realite qui determine et conditionne notre realite, je reste très a l'affut de ce genre de constat. Comme par magie
Hyderabad n etait plus la ville qui m a faite pleurer, j etais souriante et tout me souriait. On ne peut jamais juger - si la réalité dépend de notre perception des choses, de notre vécu et de nos conditionnements - C'est impossible
Ici en
Inde, je suis Alice au pays des merveilles
Faut-il aller si loin? me demandes-tu. Pour moi ici cela fonctionne,
Ici je ne sais rien anticiper. Souvent nous ne vivons pas, nous somme dans l' anticipation des choses connues, nous faisons de l'inedit une banalite. Peut on dire que souvent nous ne vivons pas, que nous sommes seulement betes, et privés de conscience
A cela il y aura une longue réponse qu'il terminera ainsi :
"Oh, un jour, pour l'
Inde, il faut aussi que tu vois ce film (qu'à mon avis, tu aimeras alors que 90% des gens le trouveront long et chiant - un petit bonheur : Fucked up in Madna (pas la bonne orthographe pour le nom de ville - mais c'est un film sur des jeunes adultes qui s'ennuient dans une petite ville de province indienne où arrive la mousson etc - à la fois contemplatif et provo, excellent :)"
Sa façon à lui de me montrer une réalité autre : même en
Inde on peut s'ennuyer, et faire de l'inédit une banalité
Ou encore : ce qui serait bien ce serait d'être partout "Alice aux pays des merveilles" de ne jamais faire de sa vie une banalité.
Ce que j'aime dans l'évocation de ce conte, c'est qu'il est autant cauchemardesque que merveilleux, mais jamais banal.