Après le carnet "Nord du Gujarat", voici venu ce "Nord du Karnataka". C'est ma première incursion dans un état du sud, j'ai lu en effet quelque part que le Maharastra et l'Orissa ne sont pas considérés comme au sud donc cela ne compte pas ! Bref, je commence gentiment le sud par son nord... 2 semaines pendant les vacances de Toussaint d'
Hyderabad à
Hyderabad en passant par Alampur,
Hampi,
Badami,
Bijapur, Gulbarga et Bidar.
A peine rentrée d'Orissa en mars, voilà que se faufile un nouveau projet de voyage en
Inde. Une des amies qui est venue au Gujarat en 2016 voudrait voir
Ellora et
Ajanta, peut-être le Madhya Pradesh... avec sa fille adolescente. On discute, on regarde pour voir ce qu'elles peuvent faire, et je suis tentée car je me suis toujours dit que j'y retournerais après la mousson. Les chutes d'eau sur
Ajanta, les réservoirs de
Mandu pleins d'eau... cela ne doit pas être mal. Bref, je m'incruste dans le projet et on part sur l'idée d'
Ellora -
Aurangabad et du nord du Karnataka mais au bout de 8 jours de discussions, d'essais d'un trajet cohérent on s'aperçoit que c'est galère... pas d'avion direct entre
Aurangabad et
Hyderabad, il faudrait repasser par
Mumbai et perdre beaucoup de temps donc changement de programme, ce sera des endroits tout nouveaux pour moi, mon amie n'ayant rien contre une autre destination indienne, elle ne connaît que le
Rajasthan et le Gujarat. Cela fait des années que j'ai envie de découvrir
Hampi, Fabienne m'a donné envie de voir Bidar, alors je lis, je cherche, je fais des plans sur la comète. Nous serons 4 femmes pour ce voyage, dont une grande adolescente de 17 ans.
Vol international
Paris-
Mumbai en journée, une petite nuit dans un hôtel proche de l'aéroport car notre vol domestique part à 7 h et nous voilà à 8 h 30 du matin le samedi 21 octobre à l'aéroport d'
Hyderabad en train de faire connaissance avec notre chauffeur Kumar. J'ai envoyé à son patron mon programme approximatif et là, c'est parti illico. Nous n'avons pas le temps de dire ouf qu'il nous annonce que nous allons au Musée d'
Hyderabad... Pourquoi pas, il faut bien commencer par quelque chose ! La route 2x2 voies entre l’aéroport Rajiv Gandhi et la ville est somptueuse, inhabituelle pour l’
Inde, fleurie de chaque côté, bordée de grands arbres. L'arrivée en ville est plus chaotique, on passe devant de grands bâtiments anciens que j'aurais aimé photographier mais Kumar nous emmène illico au Musée de la ville, celui qu’il faut absolument avoir vu à
Hyderabad, le musée Salarjung, musée privé d’un ancien Nizam (l’appellation locale du Maharajah d’
Hyderabad) datant pour les collections de la fin du 19ème et du début du 20e siècle. Le musée a été déplacé en 1968, puis agrandit il y a une vingtaine d'années. Bref, c’est énorme et hétéroclite mais passionnant. Un seul regret, avoir radiné et ne pas avoir pris de droit photo car c’était assez époustouflant. Entrée à 500 rs, idem pour le droit photo.
40 000 objets sont rassemblés dans ce musée par thèmes (une salle des cannes ou des cuillères par exemple) ou par matière (les tissus, les jades, les ivoires...) La salle des ivoires est assez incroyable, avec des objets sidérants de beauté (un chameau avec un chargement hétéroclite nous a particulièrement impressionné). Il y a une salle des miniatures venant de toute l’
Inde, des jouets anciens en terre cuite peinte ou non, en bois...)
Au milieu du musée, un vaste espace avec une bonne centaine de sièges en plastique occupés par des indiens. Il y en a aussi pas mal assis par terre, à attendre on ne sait quoi. Comme nous passons pas mal de temps dans le musée, on comprendra le pourquoi de cette foule un peu plus tard... Il y a une horloge avec un singe et un serviteur tout de blanc vêtu qui sortent toutes les heures et tapent sur une cloche, comme nous l’avons souvent vu en occident sur des horloges (enfin, c’est rarement un singe !). Là, quelques minutes avant l’heure dite, la foule se tait, le silence et total, tout le monde appuie sur le play du portable pour filmer la scène, puis on crie, on applaudit à la fin, et tout le monde se lève. Josette et Adèle, qui ont fini la visite bien avant nous et se sont assises sur un banc pas très loin de la « place de l’horloge » ont assisté à l’arrivée de la foule pour le carillon de midi. Dans les couloirs du musée, les gens s’interpellent en criant « the bell, the bell », et ils courent pour assister au spectacle, certains avec des enfants dans les bras. On se demande bien pourquoi cet empressement autour de cette horloge, parce que le musée comporte tellement de pièces bien plus intéressante. Avec Cathy, on a visité quasi toutes les salles, certaines au pas de course dont les salles européennes qui nous inspirent moins, certaines des pièces exposées sont très moches, voire hideuses, une drôle d’image de l’art européen ! Des tonnes de chaises et de fauteuils Louis quelque chose, des marquises en porcelaines en veux tu en voilà... Beurk !
Pendant ce temps-là, un étage en dessous, Adèle et Josette font l’attraction (d’ailleurs ce sera toujours elles qui feront l’attraction pendant ce voyage, Adèle pour sa jeunesse et sa peau de rousse et Josette pour sa chevelure toute blanche. Elles seront 10 fois plus sollicitées que nous pour des photos) et se prennent sur le banc pour un père noël improvisé car des femmes leur collent leurs enfants dans les bras pour des photos. C'est leur premier voyage en
Inde et cette folie des photos qu'ont les indiens les étonnent.
Après ce bain de foule, direction le Chowmallah palace, un ensemble de palais des anciens Nizams d’
Hyderabad. Pas mal de photos anciennes des nizams et de leurs familles qui me tapent dans l’œil, des panneaux explicatifs très modernes sur la dynastie des nizams, des beaux jardins à l’iranienne, de la vaisselle, des armes, des tenues d’apparat, des lustres en verre de
Belgique, des voitures anciennes (on a zappé)... Une fois de plus, Adèle se retrouve avec un bébé dans les bras sans rien avoir demandé !
Il est déjà 14 h 30 et on retraverse toute la ville pour aller AU restaurant de byrianis d’
Hyderabad, le Paradise, considéré par le chauffeur comme le temple du byriani et qu’il ne faut pas louper. Le resto est complet et on nous fait patienter sur des chaises avec une bonne vingtaine d’autres clients. Le restaurant est ancien mais a été complètement rénové, c’est beau, c’est classe avec des carrelages magnifiques au sol et sur une partie des murs façon carrocim. C’est immense et cela va vite car en à peine dix minutes, nous sommes appelées et on nous installe à l’étage. Service très long et nourriture très très épicée...
On a perdu pas mal de temps avec cet épisode resto car le retour dans le quartier du Chor Minor est compliqué vers 16 h, la circulation est intense et nous mettrons un sacré moment. Dire que nous y étions juste avant... Il va me falloir m'affirmer auprès de ce nouveau chauffeur et faire les visites dans le sens où je les ai prévues. On ne visitera pas le Chor minor, emblème d'
Hyderabad toujours par radinerie car on nous annonce sa fermeture dans 10 mn mais on tourne autour pour l'admirer, on se balade dans le quartier, passons un moment dans la Mecca majid. Il fait déjà sombre, les photos sont pas terribles.
Contre un des minarets du Chor minor, un temple hindou surveillé de près par la police. Quelqu'un sait-il si c'est récent ou toujours là ??
Le trajet pour arriver à l'hôtel sera assez long, les embouteillages sont dantesques ! Nous avons prévu de quitter
Hyderabad dès le lendemain, c'est dommage car j'ai comme l'impression que nous aurions pu passer plus de temps dans le centre. Au retour, Golconde et les tombeaux des Qutb Shahi sont prévus mais ce sera difficile de faire plus...