Bonjour à tous
Voici le récit de notre escapade hivernale dans le
sud de la Norvège, sur le haut plateau du
Hardangervidda.
Cliquez ici pour le récit en images : si belle la terre
Bonne lecture!
Marie
Texte seul :
Présentation
Pour un 3ème voyage hivernal en Scandinavie (on y prend goût!), nous ne disposions que d'une courte semaine. Impossible donc d'y aller avec notre propre véhicule.
Profitant d'une offre bon marché pour un vol pour
Oslo au départ de
Francfort, il ne me restait plus qu'à louer sur place une voiture et à trouver un chalet dans un coin sympathique pas trop loin d'
Oslo.
J'avais adoré le plateau du
Hardangervidda lors de précédents voyages : grands espaces vierges, vastes ondulations douces propices au ski de randonnée nordique, altitude modérée (environ 1000 m) mais garantissant un bon enneigement en février. Ce haut plateau se situe à peu près à mi-chemin entre
Oslo et
Bergen.
Je trouvai sur internet un chalet sympathique non loin de Al entre Gol et
Geilo sur la route N°7.
A ma grande surprise les enfants (14, 15 et 16 ans) abandonnent encore volontiers leurs surfs et skis alpins pour découvrir loin des files d'attente, hideuses remontées mécaniques et odeurs de poulet-frites des espaces SANS RIEN, vides, sauvages, vierges, mais qui nécessitent un peu d'effort et n'offrent que peu de dénivelé.
Pourvu que ça dure!
Une amie (virtuelle) de voyage forum, Thienan et son ami François, curieux de découvrir la
Norvège en hiver, ont aussi loué un chalet dans le coin. Handicapée par un genou déglingué par une bonne gamelle à ski quelques semaines avant le départ, Thienan me demande de leur amener des raquettes, afin de ne pas trop solliciter son genou.
Nous n'avons pas été gâtés par la météo, il a neigé tous les jours, souvent en continu, mais l'ambiance hivernale y était! Tokala de voyage forum était au même moment à
Tromso (au moins 1000 km plus au nord donc) et ils ont eu un temps superbe avec aurores boréales tous les soirs! Je suis verte de jalousie.
regardez un peu ses photos!
J1 DIM 14 févrierBien avant l'aube, nous prenons la route, souvent enneigée (déjà!) pour
Francfort d'où nous décollons avec 2 heures de retard (à cause de la neige).
Survol de l'
Allemagne toute blanche, quelques glaçons dans le fjord d'
Oslo (il semble que l'hiver ait été cette année particulièrement rigoureux), atterrissage sans problème à l'aéroport de Gardermoen, au nord d'
Oslo.
Il nous faut une heure pour récupérer tous nos bagages.
Encore une heure pour récupérer la voiture de location (!)
Bref, le jour tombe quand nous quittons l'aéroport. C'est bien dommage car je me faisais une joie de parcourir cette si belle route sous le soleil, d'autant plus que la météo annoncée pour les prochains jours n'est pas folichonne!
C'est dimanche soir et nous croisons des centaines de voitures qui rentrent sur
Oslo!
Bref, après 3h45 de route, nous trouvons le chalet de nos amis, qui, charmante attention, nous attendent pour le repas. C'est bien agréable de mettre les pieds sous la table a près ce voyage! Merci à vous deux!
Nous faisons connaissance « pour de vrai »: « trop sympas » disent les enfants, on est d'accord avec eux!
Nous décidons d'une balade tranquille pour le lendemain, afin que Thienan puisse un peu tester son genou.
Enfin nous trouvons notre chalet, haut perché dans la vallée, après avoir essayé en vain notre clé (que Thienan avait récupéré pour nous, vu notre arrivée tardive) sur 2 ou 3 autres maisons (!)...
Il est trop mignon, tout en bois, simple et de bon goût.
Au lit!
J2 LUN 15/02Comme prévu il fait moche. On déjeune tranquillement, profitant du confort douillet et de la chaleur du bois en regardant la neige tomber régulièrement.
Thienan et François n'ont toujours pas récupéré leur valise, perdue lors de leur correspondance à
Amsterdam. Un coursier est en route, aussi nous en profitons pour aller faire un ravitaillement de bouffe au village de Al, situé à 20 mn de route au fond de la vallée.
Pas de problème de conservation (il fait -12°C), on laisse tout dans le coffre et rejoints par Thienan et François (enfin équipé de chaussures de marche) nous prenons la route vers Vats et nous garons près du lac de Rodungen. Fin de la route! De cet endroit partent plusieurs pistes de ski de fond mais nous préférons faire notre trace en traversant un lac pour grimper sur la colline juste en face. Le temps est si couvert que je fais 3 (!) photos ce jour-là! Il s'agit d'un lac de barrage (la
Norvège produit toute son électricité à l'aide de centrales hydro-électriques) et les variations de niveau du lac créent près des berges des zones de fracture. L'épaisseur de la glace est bien suffisante cependant pour que nous puissions nous y aventurer sans risque.
Petite balade de mise en jambes (6 km), Thienan est contente de son genou, il tient le choc!
Nous rencontrons un couple en skis de fond qui se prend de terribles gamelles dans la descente, s'engueule et finit à pied! Nous sommes bien contents d'avoir nos skis de randonnée nordique, donc pourvus de carres, ce qui rend les descentes (un peu) moins acrobatiques.
Après-midi tranquille au chalet puis Thienan et François nous rejoignent pour le dîner.
Nous essayons d'optimiser nos allées et venues car pour grimper à notre chalet, il faut s'acquitter d'un péage de 50 NOK (soit environ 6 euros)! Ces petites routes de montagne à péage sont très fréquentes en
Norvège, grand pays de 5 millions d'habitants. Je suppose que ce système finance en partie l'entretien des routes qui ne desservent que quelques maisons ou des départs de randonnées.
Quand on voyage en
Norvège, mieux vaut en prendre son parti, la voiture est taxée tous azimuts!
J3 MARDI 16/02Il neige à gros flocons Nous choisissons donc d'aller ski tout près au départ du parking de Swarthamar, au bout de notre route. Malgré (ou à cause de) la carte trouvée dans le chalet, nous nous perdons un peu, faisons demi-tour une fois, une 2ème fois, bref, finissons par retomber sur nos pattes et à l'arrivée nous avons une quinzaine de km dans les jambes. Partis avec juste un paquet de madeleines pour 5, nous sommes lessivés! Nous avons vraiment regretté de na pas avoir pris de quoi faire un vrai pique-nique car nous sommes tombés sur une petite cabane en bois, équipée d'un trépied avec foyer suspendu, de bois fendu, d'allumettes, de papier journal, de pelles à neige et même de luges pour les enfants, cette petite cabane étant fort opportunément placée à côté d'une pente propice à la luge. Tout est en parfait état, propre, rangé, comme ça fait du bien de voir ça! C'est aussi pour ça que nous aimons tant la
Norvège!
Nous n'avons pas pu résister au plaisir d'y faire notre petit feu bien sûr!
Rentrés au chalet, les garçons profitent du sauna (nous les filles ne sommes pas des fans!) tandis que les filles bullent au coin du poêle.
J4 MERCREDI 17/02Thienan et François qui de leur chalet captent un réseau WIFI on repéré un relatif beau temps vers l'ouest, sur les hauteurs du
Hardangervidda.
Nous prenons la route 7 vers l'ouest, grimpons au-dessus de la limite des arbres et découvrons cet impressionnant plateau d'altitude.
On remarque des traces sur un lac qui se terminent sur un gros pougnac de neige.
Un peu plus loin nous comprenons : ce sont ces randonneurs avec pulkas qui ont bivouaqué à cet endroit.
Le vent est léger mais vraiment frais. Il fait -15°C.
Nous nous garons à Fagerheim Fjellstue où nous découvrons des chiens bien sages (et donc sûrement bien fatigués)
Pas un « chat », nous chaussons skis et raquettes et partons vent arrière sur un lac gelé vers de petites collines. Le temps étant un peu incertain, Fred allume le GPS.
La lumière est très belle, on devine à en juger par la surface de la neige que ça doit parfois souffler très fort par ici.
Au bout de quelques km, les enfants nous faussent compagnie pour grimper sur un relief. Nous allons les retrouver de l'autre côté. Thienan et François rament un peu dans la neige relativement profonde. En raquettes, ils coupent au plus court. Quelle liberté, chacun sa trace en fonction de ses envies!
Nous nous retrouvons tous de l'autre côté de la montagne.
Les raquetteurs décident de filer droit vers les voitures tandis que les enfants nous persuadent de les accompagner pour remonter au sommet. Ce n'est pas bien haut, allons-y!
A perte de vue se succèdent lac et montagnes. C'est magnifique, il y a de quoi randonner ici pendant des jours et des jours!
Au loi nous apercevons Thienan et François qui « palment » dans la poudreuse.
Après une sympathique descente, nous les rejoignons sur le lac. Le vent est vraiment glacial maintenant que nous l'avons de face, heureusement qu'il est léger!
De retour aux voitures, nous décidons de profiter du beau temps pour pousser jusqu'à la mer.
En route nous croisons des kite-skis. Il y a de la place, pas de problème!
Finalement nous arrivons au bord de l'Eidfjorden. Au bord de la mer, la température n'est que légèrement négative mais toutes les cascades sont bien gelées.
Nous continuons un peu la route vers Kinsarvik, c'est beau!
Finalement nous faisons demi-tour et retraversons le haut plateau au crépuscule dans une ambiance bleutée absolument étrange (mais pourquoi donc n'ai-je pas fait de photos!? Sapristi!)
J'adore cet endroit!
Nous finissons la soirée autour d'une fondue (amenée de
France, hé hé!)
J5 JEUDI 18/02Bon, ben, il neige encore!
Les enfants ne veulent pas faire de voiture aussi décidons-nous d'aller une nouvelle fois skier au départ de Svarthamar, tout près du chalet.
Ce plateau est très grand et les possibilités de randonnée très nombreuses.
Matinée douillette...
On ne décolle qu'en début d'après-midi : le ciel est bien bas, il neige à gros flocons, nous sommes bien contents de profiter du balisage.
Nous regagnons la voiture après une dizaine de km, en pressant un peu le pas car vu la quantité de neige tombée je crains que nous n'ayons à mettre les chaînes pour faire les quelques centaines de mètre pour remonter au chalet. Avec le mauvais temps la nuit tombe très vite et mettre les chaînes dans le noir ne doit pas être une sinécure.
Nous retrouvons Thienan et François qui ont loué pour la journée des skis de fond et se sont baladés dans le coin.
Finalement nous montons tous au chalet sans problème : les voitures sont équipées de pneus-neige ultra-performants, différents de ceux qu'on trouve en
France. Ils sont pourvus de plein de petites lamelles qui font penser à de petits ongles qui s'accrochent dans la neige, efficacité redoutable!
Ce soir : crêpes au programme!
J6 VENDREDI 19/02Espoir de beau temps vers le NO nous dit Thienan après consultation du site yr.no.
Nous décidons de prendre la route 50 vers
Flam et de nous arrêter en route pour nous balader.
Belle vallée défigurée par une énorme ligne à haute tension. Dommage!
La route 7 est bien plus belle.
A Steinbergdalshytta, nous abandonnons les voitures et grimpons vers un petit col.
Le fond de l'air est frais : -16°C en bas. Tout est figé par le froid!
Nous avons du soleil, c'est inespéré!
La grimpette n'est pas facile : Thienan et François pour une fois sont plus à l'aise que nous avec leurs raquettes. Nous nous cramponnons sur nos carres, un peu crispés!
Nous rejoignons finalement le sentier, balisé par le DNT.
Arrivés en haut, ben... on n'est pas en haut. Derrière il y a encore des montagnes! Il fait vraiment un froid de canard dès que l'on s'arrête. On grignote et on grelotte puis on redescend. Fred et les enfants ont bien profité de la descente. Après être allée voir de plus près un joli petit vallon, je suis descendue laborieusement dans une neige hétérogène en faisant de grands Z: un vrai gâchis de descente comme dirait Arnaud!
Ensuite nous ne résistons pas à l'envie de pousser jusqu'au Aurlandsfjorden. A cette époque de l'année les villages en fond de vallée ou de fjord ne voient pas longtemps le soleil!
Dîner d'adieu chez Thienan et François qui reprennent l'avion demain. On a vraiment apprécié cette courte semaine en leur compagnie!
J7 SAMEDI 20/02Il fait encore plus moche que d'habitude car en plus il y a pas mal de vent!
- 18°C ce matin, brrr!
Impossible de skier agréablement dans ces conditions.
Nous abandonnons lâchement les enfants au chalet (avec ordi et jeux olympiques à la télé, ils ne sont pas traumatisés!) et décidons de retourner vers Eidsfjord par le haut plateau du Hardangersvidda.
Juste avant de grimper sur la plateau, la route est barrée (rappelons qu'il s'agit de l'axe principal entre
Oslo et
Bergen, 2 des plus grandes villes du pays)
Pour passer le plateau, il faut se déplacer en convoi.
Très gentiment (est-ce du à notre qualité de touristes?) l'homme fluorescent qui informe les automobilistes nous fait passer devant tout le monde et nous partons donc très rapidement avec 7 autres voitures, entre 2 chasse-neiges.
Au départ, tout ce binz nous semble un peu exagéré, d'autant que nous avions parcouru cette route quelques jours plus tôt sans aucune difficulté.
On nous a donné un dépliant en anglais indiquant la nécessité d'allumer feux de brouillard et de détresse, d'avoir une pelle, des vivres et des vêtements très chauds, une corde de remorquage...
Ils ont aussi compté le nombre de personnes faisant partie du convoi.
Quelle aventure!
Quelques km plus loin nous changeons d'avis!
Il souffle un vent terrible qui a formé de hautes congères perpendiculaires à la route.
Le chasse-neige les dégage, parfois péniblement et il faut que les voitures le suivent exactement dans ses traces au risque sinon de percuter une congère, rendue invisible par la neige en suspension soulevée par le vent. Pas facile de rester assez près de la voiture de devant pour bien rester dans sa trace tout en évitant de la percuter quand le convoi ralenti quand le chasse-neige a du mal.
Par moments on ne voit plus rien du tout, c'est vraiment impressionnant!
Bien sûr on ne voit rien du paysage qui nous avait tant ravis la dernière fois mais l'expérience en valait la peine.
Arrivés à la mer, nous décidons de prendre le bac de Brimnes vers Bruravik puis de rentrer par la route 50 afin de ne pas faire la queue pour prendre le convoi dans l'autre sens. (il y a environ 40 km et ce sont les mêmes chasse-neige qui font les va et vient avec moins d'une dizaine de voitures à chaque fois)
C'est étonnant de voir ce grand soleil sur la côte. On n'imagine pas le blizzard qui règne à quelques dizaines de km!
La route 50 est sans problème. Il doit vraiment y avoir une sorte de microclimat sur le
Hardangervidda!
Nous ne retrouvons le chalet et les enfants qu'à la nuit tombée.
J8 DIMANCHE 21/02Dernier jour de vacances et... grand beau temps bien sûr! Grrrr!
- 21°C du coup avec ce ciel dégagé!
Thienan et François ont décollé hier dans la tempête et sont rentrés sans problème à
Toulouse.
Nous profitons encore un peu du chalet, y prenons notre dernier repas.
Sur la jolie route qui mène à
Oslo, nous faisons la course avec une femelle élan et son petit sur un lac gelé parallèle à la route. Impossible de s'arrêter pour une photo : pas mal de circulation et pas de parking.
Un coup d'oeil en passant sur la belle Stavkirke de Gol.
Nous décollons vers 19h, vol sans histoire, route déneigée (ça change) jusqu'à
Nancy où nous arrivons vers 1h30 du matin. 12H du chalet à la maison, pas mal!
BUDGET:AVION : vol Lufthansa
Francfort-
Oslo A/R 80 euro/pers avec 1 bagage de 20 kg et 1 bagage de ski
CHALET : loué chez Norgesbooking: 7730 NOK avec ménage inclus soit 960 euro
VOITURE chez Europcar via Autoeurope via Easyterra, 8 jours, break avec skirack et chaînes 461 euro
Soit pour 1 semaine à 5 : 1821 euro.
BIBLIOGRAPHIE : Un vieux Lonely Planet
Norvege Suède Danemark, pas adapté pour un voyage hivernal
Guide Cicerone Walking in Norway : plein de randos, aussi plutôt pour l'été
Carte Kümmerly Frey
Oslo-
Bergen-
Alesund, 350000ème
Turkart
Hardangervidda Vest et Ost, au 100000ème avec tracés des randos.
BON A SAVOIREn réservant quelques semaines à l'avance, réduction de 53% pour le parking de l'aéroport de
Francfort. On a payé 65 euro pour 8j. Parking sous-terrain à 2 pas du terminal mais bas de plafond (on a du démonter le coffre de toit)
Péages en
Norvège avec voiture de location : dans les zones urbanisées, il s'agit de télépéage ; un boitier dans la voiture comptabilise les péages et c'est ensuite débité sur la carte bancaire.
Dans la montagne, péage automatique avec monnaie ou CB
Les routes : dégagées mais non salées. Bons pneus indispensables. Pas plus de radars qu'en
France et mis à des endroits utiles (et non pas rentables comme en
France)
Magasins : dans les zones touristiques, grande amplitude horaire (7h-21h souvent) et ouverture le dimanche. Plusieurs supermarchés ouverts sur la route pour aller dans les montagnes, même un dimanche soir.