| Notes ouzbèques UnaMilanese · 9 mars 2025 à 20:19 · 47 photos 37 messages · 11 participants · 3 329 affichages | | | | À: UnaMilanese · 16 mars 2025 à 11:23 Re: Notes ouzbèques Message 21 de 37 · Page 2 de 2 · 826 affichages · Partager Belle et originale idée que de faire découvrir l'âme et les subtilités de ce pays par les portraits des femmes et des hommes que tu rencontres au fil de ton voyage... | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: UnaMilanese · 16 mars 2025 à 12:29 Re: Notes ouzbèques Message 22 de 37 · Page 2 de 2 · 817 affichages · Partager Merci de tous ces détails. Pouvez vous me dire quelles sont les températures ces jours ci, nous y serons dans 3 semaines. Bonne fin de voyage et bravo. | | | À: Martine8365 · 16 mars 2025 à 15:45 Re: Notes ouzbèques Message 23 de 37 · Page 2 de 2 · 799 affichages · Partager Bonjour Martine, je suis rentrée le we dernier. Je ne suis pas spécialisée dans la météo ouzbèke, mais ce que je peux vous dire est que M. nous disait qu'à partir de la fin mars il fait habituellement beau et le froid disparait, et d'autre part que dès que le soleil se montre les températures montent vite. Samedi dernier à Tashkent les doudounes nous pesaient dès que nous passions au soleil. Merci pour le commentaire et, surtout, bon voyage ! Catherine | | | À: Dolma · 16 mars 2025 à 15:51 · Modifié le 23 mars 2025 à 19:16 Re: Notes ouzbèques Message 24 de 37 · Page 2 de 2 · 797 affichages · Partager Bonjour Dolma, tu sais, parler un peu de leur vie, écouter ce qui apparaissait en filigrane des discours sur ce que nous voyions était l’intérêt d'avoir des guides. Et ce d'autant plus que la littérature ouzbèke en langue française ou italienne est muette, contrairement à l' Iran (au hasard  ) pour lequel tu arrives à te faire une petite idée de ce qu'est le pays aujourd'hui, de quelques-unes de ses facettes. Sans nos guides l’ Ouzbékistan contemporain serait resté complètement opaque, ainsi nous avons eu quelques lueurs. Catherine | | | À: UnaMilanese · 16 mars 2025 à 16:32 Re: Notes ouzbèques Message 25 de 37 · Page 2 de 2 · 791 affichages · Partager Vos commentaires tellement naturels et spontanés sont un régal. Cela change. Bonne reprise. Encore merci. | | | À: UnaMilanese · 16 mars 2025 à 16:35 Re: Notes ouzbèques Message 26 de 37 · Page 2 de 2 · 790 affichages · Partager Le tourisme, la plaie que nous pratiquons. En Italie, l’ Ouzbékistan est une destination à la mode, largement proposé dans les catalogues d'agences, il revient aussi fréquemment dans les projets des uns et des autres. C'est conscients de cet aspect que nous avions préféré braver les frimas de l'hiver des steppes plutôt que les hordes à selfies. Bon calcul ? Ah oui ! à part A et moi, dans les rues et sites du patrimoine, se baladaient 4 Espagnols qui mettaient des colbacs à Khiva, de longs manteaux matelassés locaux à Boukhara, et des tenues occidentales mode à Samarcande, un couple franco-italien avec une ado, deux copines Japonaises. Seul un groupe d'une trentaine d'italiens a provisoirement encombré les perspectives bleues de Shah-I-Zinda. Quant aux hôtels, si je laisse à part l’hôtel Ouzbékistan de Tashkent qui n'est manifestement pas un hôtel "de charme" pour touristes occidentaux, le maximum de remplissage a été deux chambres, dont la notre, à Boukhara. Ailleurs nous étions les seuls clients. Et pourtant, il y avait du tourisme, russe d'une part, et surtout... ouzbek, sans doute, d' Asie Centrale sans aucun doute.Les boutiques étaient ouvertes, proposant un artisanat plus ou moins local et mesdames essayaient les vestes brodées de grenades dans leurs rinceaux ou des bijoux, enfilaient de longues tuniques chamarrées et prenaient la pose devant des monuments historiques, messieurs préfèraient s'immortaliser avec un monumental colbac sur la tête et sabre au poing. Outre ces badauds locaux, mais peut-être étaient-ce les mêmes à des moments différents, les lieux de pèlerinage attiraient du monde qui venait là demander des grâces à quelque saint d'envergure.
| | | À: UnaMilanese · 16 mars 2025 à 22:13 Re: Notes ouzbèques Message 27 de 37 · Page 2 de 2 · 769 affichages · Partager Des notes pointillistes, plaisantes au regard.
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Selon que vous serez en feu ou en froid... | | | À: UnaMilanese · 21 mars 2025 à 21:48 Re: Notes ouzbèques Message 28 de 37 · Page 2 de 2 · 722 affichages · Partager Le vol de UA descend depuis une éternité dans la brume. L'instant d'avant que le train d'atterrissage heurte mollement le tarmac apparait un paysage gris, blanc, brun, terne, plat, blafard dans ce petit matin à la lumière rare. Le chauffeur nous attend à la sortie, chemise et léger, si léger blouson de cuir, même pas fourré. Ourguench- Khiva ? Quarante minutes. Une route toute droite qui tranche la plaine brune et nue, ça et là quelques haies de troncs et branches d'arbres gris, ou alors de basses et spacieuses maisons de plan carré et toits à 4 pentes, rigoureusement alignées. Des groupes de femmes emmitouflées bêches et pelles en main, rigoureusement alignées, creusent dans les bas cotés de terre bistre ou à la lisière de ce qui deviendra des champs dès le printemps. Drôle de désert cultivé, terre fertile bénie par les canaux de l'Amou Darya, au détriment de ce qui était naguère la Mer d'Aral.Le bâti se densifie à l'approche de Khiva, des gondoles stationnent devant un centre commercial qui reconstitue Venise, semé jadis par Marco Polo. Les murailles se dessinent dans la perspective de la rue, des murailles toutes rondes, ventrues, des murailles dodues et dorées qui enveloppent la vieille ville d'Ichan Kala. Le taxi cahote sur ses pavés. Valises larguées, à nous Khiva. ... ... ... Khiva ? ou Rocamadour ? ou San Geminiano ? ou Monemvasia ? Quelque chose de ce genre dont on aurait juste changé le décor de fond, minarets pour le fun exotique. Des dizaines et des dizaines d'étals de produits touristiques encombrent les rues, au moins vingt pour chaque rare visiteur qui, à cette saison, arpente avec prudence les rues glaciales et verglacées. Partout de récents groupes sculptés de souriants Ouzbeks, qui buvant un thé à peine sorti du samovar, qui dansant au son du tambourin (était-ce vraiment un tambourin ?), qui chevauchant un âne devant sa caravane de chameaux, qui dressant sa trompe (tte) vers le ciel, ornent les places, les carrefours de la citadelle. Ils reconstituent la Khiva d'antan, sa légende. Une tristesse soudaine devant tant de vaine bibeloterie, devant si peu de passants pour se laisser tenter, pour lui donner un quelconque sens. Une errance frigorifiée.
Et un sourire, devant la multitude de mariages. Un sourire admiratif devant ces mariés en chemise et léger veston, devant ces mariées aux robes dentelle chantilly et leur si mince châle sur les épaules ; sous le ciel blême la chaleur se concentre dans les mains qui se tiennent.
| | | À: UnaMilanese · 22 mars 2025 à 0:00 · Modifié le 22 mars 2025 à 0:19 Re: Notes ouzbèques Message 29 de 37 · Page 2 de 2 · 694 affichages · Partager La tourisgeuse milanaise peut se tromper. Le manque de sommeil entre décalage horaire et vols tardifs matinaux, trop rares heures de songes en ce début de séjour, la course hallucinée. Le choc soudain du plein hiver glacial. L'Ichan Kala de Khiva est très, très, très, très, touristique mais possède un artisanat qui lui est propre. Les croquignolets petits chaussons de laine colorée que voulaient absolument nous fourguer les tricoteuses ne fouleront jamais un parquet italien, parce qu'ils n'existent que là. Disparus à Boukhara, à Samarcande.
Boukhara... Un chantier noyé dans la poussière. Les rues sont éventrées, le bruit des outils qui taillent les lastre (comment donc dit-on lastre en français ?) de pierre envahit l'air. La ville, active, pressée, se prépare à la moyenne et haute saison. Tout doit être lisse, harmonieux, propre à satisfaire les visiteurs annoncés, attendus. A se conformer à leur rêve. Boukhara est plus grande, plus étendue, plus vraiment habitée. Et puis, c'est vendredi. Le muezzin appelle à la prière, Les mosquées sont fermées aux visites. Les hommes, en grappes, en groupes, seuls, rejoignent le lieu de culte qu'il nous faudra attendre le soir pour visiter. Pour s'asseoir dans la cour, et y contempler la course des nuages, saisis par le chant du muezzin qui revient, déçus qu'il soit enregistré. Il n'y a pas de souffle sur une bande, il n'y a pas d'accroc, il n'y a pas d’âme. Balade de bassin pyramide inversée en bassin pyramide inversée. Tuyaux métalliques de jets d'eau à venir. Temps industrieux et suspendu de l'avant. Flânerie dans les breloques soviétiques. Et les grenades de soie.
| | | À: UnaMilanese · 23 mars 2025 à 16:07 Re: Notes ouzbèques Message 30 de 37 · Page 2 de 2 · 632 affichages · Partager Boukhara la moyenne et Samarkand la grande, la taille des villes va croissant. L'insertion des monuments historiques dans les époques ultérieures aussi. Autant Khiva est un petit musée à ciel ouvert avec une dense concentration de bâtiments anciens et rien d'autre, autant à Samarkand, ceux-ci sont désormais intégrés dans une ville moderne, grouillante de vie, d'étudiants, de commerces variés et utiles, de dense circulation et il faut en traverser des quartiers entiers pour aller de l'un à l'autre.
Les monuments historiques... Nous en sommes à la deuxième page de ce carnet et je n'en ai encore rien dit. Ils se ressemblent, d'une ville à l'autre, d'une époque à l'autre, une continuité.
C'est d'abord un silence. Un silence devant le parfait équilibre architectural des édifices. Des rectangles, des arcs brisés où l'ombre se rencogne, des coupoles qui accrochent la lumière. Une stabilité, une harmonie de proportions qui insuffle la paix dans l'esprit qui contemple.
Puis une joie. Joie devant l'infini foisonnement de détails décoratifs, une fantaisie inépuisable de motifs, en terre et briques, en céramique, en bois, en papier mâché puis peint, en tissu brodés qui ornent les intérieurs des palais.
Épais réseaux de courbes, entrelacs, rinceaux, arabesques, calices, urcéoles, bractées et pétales, explosion végétale géométrique. Écriture arabe ou coufique. Cyan, azur, céleste, cobalt, turquoise, céruléen, indigo, nuit, paon, outremer, canard, tiffany, saphir, roi, persan. Jaunes, d'or, blé, mimosa, ambre, topaze. Verts. Délicats ou profonds, légers ou impénétrables, perçants ou doux, enchanteresse polychromie. Somptueuse splendeur raffinée. | | | À: UnaMilanese · 23 mars 2025 à 16:15 · Modifié le 23 mars 2025 à 17:18 Re: Notes ouzbèques Message 31 de 37 · Page 2 de 2 · 629 affichages · Partager | | | À: UnaMilanese · 23 mars 2025 à 17:25 Re: Notes ouzbèques Message 32 de 37 · Page 2 de 2 · 618 affichages · Partager | | | À: UnaMilanese · 23 mars 2025 à 18:23 · Modifié le 23 mars 2025 à 22:09 Re: Notes ouzbèques Message 33 de 37 · Page 2 de 2 · 604 affichages · Partager Somptuosité magnificiente, raffinement splendide, luxe éclatant. Ivresse éblouissante. Cuite et gueule de bois des mirettes à la longue.
Vive l'architecture soviétique de Tashkent ! Elle est tout aussi monumentale mais là règne la ligne droite, l'angle marqué et sans ambiguïté, le béton brut. Gris. Ça change, et repose.
Autre chose ? Oui, garder en mémoire ces sourires étincelants des lèvres s'ouvrant sur 32 dents d'or. L'Amou Darya en février ressemble au Po, ou à la Loire ; un fleuve pépère au cours encombré d'ilots de roseaux. Et encore, les rizières dans le désert. Ne pas oublier non plus les vignes en espalier aux abords de Samarcande. Ni la jeune Ouzbèke en pyjama de soie crème à fleurs roses qui traverse le couloir étroit du train surchauffé au charbon pour aller chercher de l'eau au samovar intégré dans la paroi du wagon. Ni la fière Tomaris qui envoie paitre Darius, le grand Darius aux cuisses musclées, dans un ballet approximatif et plukitshtumeurs au beau théatre Navoi de la capitale. Et aussi se rappeler de ne jamais adopter un paon comme animal de compagnie, les 1400 volatiles de cette espèce assortie à la munificence des khans se dandinant au palais comparable aux étoiles et à la Lune faisaient un raffut cosmique et très désagréable, pire que des dindons.
Et enfin se souvenir, précieusement : Marco Polo converse avec Kublai Khan dans les Villes invisibles de Calvino, qui était dans les bagages. A la fin du voyage, le livre s'achève ainsi : "Et Polo :- L'enfer des vivants n'est pas chose à venir ; s'il y en a un, c'est celui qui est déjà là, l'enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons d’être ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première réussit aisément à la plupart : accepter l'enfer, en devenir une part au point de ne plus le voir. La seconde est risquée et elle demande une attention, un apprentissage, continuels : chercher et savoir reconnaitre qui et quoi, au milieu de l'enfer, n'est pas l'enfer, et le faire durer, et lui faire de la place."
Merci de m'avoir lue. Et bons voyages ! En Ouzbékistan ou ailleurs 
Catherine | | | À: UnaMilanese · 24 mars 2025 à 12:13 Re: Notes ouzbèques Message 34 de 37 · Page 2 de 2 · 533 affichages · Partager Quel étrange pays visité et raconté Et quel somptueux carnet partagé
Envie de le crier très fort mais j'aime beaucoup quand Marguerite Duras dit "écrire, c'est hurler sans bruit", alors plutôt que 15 lignes, en voici 2... | | | À: UnaMilanese · 3 août 2025 à 9:52 Re: Notes ouzbèques Message 35 de 37 · Page 2 de 2 · 400 affichages · Partager Merci pour ce très beau récit. Votre plume est élégante et légère à lire. Vous nous avez confortées dans notre choix pour l’ Ouzbekistan. Nous partons à 2 amies fin août pour 15 jours de découvertes via Turquoise Travel, mais nous avons réservé nos logements via booking. Nous espérons vivre une aussi belle expérience que la vôtre et ramener d’aussi belles photos. | | | À: Tulipe57 · 19 août 2025 à 10:05 Re: Notes ouzbèques Message 36 de 37 · Page 2 de 2 · 338 affichages · Partager Bonjour Patricia. Merci pour ce retour et bon voyage! Vous nous raconterez  Catherine | | | À: UnaMilanese · 17 septembre 2025 à 18:04 Re: Notes ouzbèques Message 37 de 37 · Page 2 de 2 · 262 affichages · Partager Je découvre ce carnet après la guerre. Il y a quelques jours, le ton du premier message avait attisé ma curiosité et aujourd'hui, j'ai trouvé le temps de vous lire.
Je ne connais de l' Ouzbékistan qu'une escale d'une quinzaine à Tashkent avant de repartir vers New Delhi, et ce récit en mémoires fractionnées a ravivé mon envie de découvrir vraiment ce pays.
Je ne résiste pas à l'envie de vous conseiller la lecture de la nouvelle Nocturne de Boukhara de l'écrivain mexicain feu Sergio Pitol, qui conte l'histoire de deux étudiants mexicains essayant de convaincre une artiste italienne de voyager en Ouzbékistan pour se débarasser de son encombrante présence, le tout entre récit fantastique, illusions orientalistes et essai philosophique. | Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 295 visiteurs en ligne depuis une heure! |