Bibouns51 · 22 août 2016 à 14:32 · 378 photos 86 messages · 17 participants · 8 071 affichages | | | | À: Bibouns51 · 31 janvier 2020 à 9:04 · Modifié le 31 jan. 2020 à 9:43 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 41 de 86 · Page 3 de 5 · 906 affichages · Partager Jour 19 (4 mars) - Les vacances dans les vacances
Le corps humain... En voyage, ce gros bout de viande équipé de quelques neurones peut être confronté à de terribles épreuves. Les longues heures d’avion, le décalage horaire, le choc thermique, la chaleur, la moiteur, la poussière, la tourista, les piqûres de moustiques, les contusions en tout genre, sans parler des écorchures... Les plats trop épicés, ceux avariés qui ne demandent qu’à ressortir une fois à l’intérieur, les vêtements froissés, humides et malodorants,... Le mal des transports, les coups de soleil, les longues marches et leurs ampoules aux pieds, les draps pas propres, les nuits froides et le nez qui coule... Les toilettes qui constipent rien qu’en y entrant, les matelas trop durs, sans compter les trop mous,... Les clim, les cloisons des chambres trop fines, les sacs à dos trop lourds à l’aller et encore plus lourds au retour,... Le manque de sommeil, les fortes odeurs de cuisine, sans oublier l’eau froide dans les hôtels,... Finalement, on se passerait bien de tous ces tracas, soit en ne partant pas en voyage, soit en n’ayant tout simplement pas de corps. Ne pas partir en voyage ? Inconcevable..., n’y pense même pas, même dans le plus pire des pires de tes cauchemars ! Reste la suppression pure et simple du corps... Oui mais... non ! Car après d’intensives recherches scientifiques, il se trouve qu’un corps, ben on en a tous un et qu’on ne peut pas l’échanger aussi facilement que ça. Du coup, partir en voyage, oui, mais partir en voyage en épargnant un maximum le corps pour ne pas qu’il flanche, c’est mieux ! Il faut le bichonner, le soigner, le cajoler, le consoler,... Et pourquoi pas le récompenser ? Lui montrer de temps en temps qu’on l’aime ? Pour ça, le meilleur moyen, c’est de prendre quelques vacances dans les vacances. Des vrais ! C’est-à-dire cocotiers, bord de la mer, sable blanc, eau bleue turquoise et tout l’toutim, y compris les doigts de pieds en épouvantail et la noix de coco bien fraîche à siroter !
Bon, toute cette longue introduction philosophique pour que tu comprennes qu’aujourd’hui, on marque un virage à cent quatre-vingt degrés dans notre voyage. On passe des visites au farniente, de la culture à la glandouille, des vieilles pierres au sable fin, du nomadisme à la sédentarité,... du voyage de Franck à celui de Sandrine... En d’autres termes, on va ranger notre cerveau dans un coin et n’avoir que pour seul dilemme le choix entre la baignade ou faire la crèpe au beurre salé sur la plage. « Oui, mais des fois, c’est dur aussi de se décider parce qu’on voudrait faire du snorkelling, mais c’est quand même plus fatiguant que de rester allonger. Y’a des choix à faire, et tout ça, tout ça, et bien ce n’est pas facile facile quand même, hein »... En tout cas, pour ce faire, il faut se trouver the coin qui se prête à la situation, sauf qu’en Birmanie, ben c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Malgré les mille neuf cent trente kilomètres de littoral le long de la mer d’Andaman, tu peux compter les endroits pour t’y prélasser sur les doigts de mon oncle Alex qui n’en a pourtant plus tant que ça. Ngapali ? Trop cher... Dawei ? Trop difficile d’accès... Chaungtha ?... Ok !!! Et pourquoi choisir Chaungtha ?... Ben quelle question ! Parce que c’est magnifiiiique ma chérrrrie !... Allez, gigot mon agneau !!!
Hep, pas si vite ! Ne t’imagine pas avoir du sable entre les fesses aussi facilement que ça ! De Yangon à Chaungtha, dans un bus tape-cul six heures tu passeras. Sans oublier les trente minutes de taxi pour rejoindre la station de bus, ni l’émouvant au revoir à ma consternante copine de l’hôtel dans une langue dont je tairai la marque... A bien y réfléchir, le « sternante » semble de trop dans ma phrase précédente... Oui, quand le Franck éternue, il éternue coool. Quand le Franck a une forte augmentation de ses impôts, il les paie cooool... Mais alors quand le Franck se fait arnaquer avec le sourire... Décolleté plongeant ou pas, alors là, pas cooool !
Allez, assez bavassé ! Pour te faire gagner un temps précieux et t’épargner tous ces désagréments liés aux transports, j’aurais très bien pu faire un bond de sept heures en avant et te retrouver sur la ligne d’arrivée à Chaungtha. Sauf que rien ne sert de courir et tout vient à point à qui sait attendre. Car le voyage a été jonché de petits événements croustillants comme un petit nem à la crevette... Déjà, sur le papier, nous avons réservé un bus dernier cri, high-tech, flambant neuf, first class,... Mais que sur le papier, alors ! Car une fois face à lui, en chair et en carrosserie, on ne le reconnait pas. Mais rien de grave, tout va bien, je vais bien... Une fois la clé glissée dans le contact par le chauffeur, on prend le large dans une symphonie monocorde de tondeuse à gazon. Jusqu’ici, rien d’anormal pour un trajet en bus en Asie du sud-est, vas-tu me dire... Oui, jusqu’ici, tout va bien, je vais bien... Bercé par le ronron de l’air conditionné, je m’en vais même progressivement sombrer vers l’au-delà et bien plus encore... Donc tout va bien, je vais bien... Quatre heures plus tard et la ville de Pathein passée, notre bus commence à monter, à descendre, à tourner à gauche, à tourner à droite, à tourner sur lui-même, à faire des loopings,... sur une route où deux mobylettes auraient du mal à se croiser et où le chauffeur n’a trouvé comme seul moyen de dire « Attention, je passe,... Attention, je double... Attention, je tourne... Attention, je me gratte le nez... qu’en klaxonnant ! » Me concernant, tout va toujours bien, je vais bien... Sauf que pour les birmans, le seuil de résistance est allègrement dépassé. La coupe est pleine et ça déborde de partout ! Bien que le chauffeur ait stopé la diffusion de clips karaoké débiles à la télé pour que tout le monde puisse se concentrer sur la route en montagnes russes, ça dégobille à ne plus savoir où donner du sac ! Outre les bruits goulayants de livraison express de peaux de renards, il se dégage rapidement dans le bus un petit fumet bien odorant à te donner des envies de choucroute ! Et tu n’vas pas en croire tes moustaches, le seul moyen que le chauffeur a trouvé pour atténuer l’odeur, c’est de régler la clim’ sur « Froid polaire intergalactique » !
Tout ça pour dire que tout le monde guette impatiemment le moment de délivrance où on apercevra enfin la mer, moment synonyme d’échappatoire à cet enfer qui finit heureusement par arriver... Vite de l’air frais ! Enfin,... plutôt de l’air chaud ! Trente degrés, ambiance moite... Pas de doute, nous sommes toujours bien sur le continent asiatique. Si je fais ma Cosette dans cette histoire, sache que je suis quand même super content d’être là. Premièrement, ils ont pensé à planter des cocotiers et à remplir notre piscine géante d’eau bleue turquoise. C’est cool. Concernant la ville de Chaungtha, elle est pas jolie, elle est pas moche non plus, et ne présente finalement que l’intérêt de proposer le gite et le couvert aux baroudeurs désireux de se reposer au bord de la grande bleue... Et notre hôtel ? Et bien visiblement, il ne se situe pas en ville car deux motos sont venues nous chercher à l’arrêt de bus. Oui oui, tu comptes bien ! Ça fera deux adultes, une enfant et deux gros sacs à dos par moto pour faire les deux kilomètres qui nous séparent du Hill Garden, notre hôtel, où se cache au milieu de la végétation le Banana bungalow que nous avons réservé pour quatre nuits. Permets-moi de te faire faire le tour du proprio ! Points positifs : Petits bungalows bien entretenus, c’est calme, c’est vert. Points négatifs : C’est cher comparé à ce qu’on peut avoir de similaire en Thaïlande, ce n’est pas les pieds dans l’eau sauf si tu as de très grands pieds, et la zone est assez déserte. Vu le cadre et l’émergence de la Birmanie sur la scène touristique, je pense que ça ne le restera pas longtemps... Pour le reste, je te laisse matter les photos !
Après avoir rempli l’habituel formulaire lors du checkin à l’hôtel avec nos noms et prénoms, numéros de passeport, dates de naissance, groupe sanguin, équipe de foot préférée, nom de notre chien quand on était enfant, les vacances dans les vacances sont enfin déclarées, tous à poil ! Enfin, tous en maillot de bain et à la plage ! Une fois nos petits petons dans le sable fin, pas grand’chose d’autre à te raconter. Bronzette, baignade, marche le long de la plage, baignade, châteaux de sable avec les filles, baignade,... Ah si ! Je ne t’ai pas dit que la mer était à vingt-huit degrés et que nous étions seuls sur la plage mis à part un gamin qui trimballe son troupeau... de vaches !... Oui oui, des vaches sous les cocotiers !
Après ce moment de détente, nous regagnons nos pénates et nous préparons pour aller dans un restaurant un poil plus chic qu’à notre habitude. Mais ne te fais pas des films, ce ne sera pas smoking et robe de soirée. C’est juste que pour cette fois, nous ne mangerons ni par terre, ni dans un boui-boui car avec Sandrine, nous fêtons nos quinze ans d’anniversaire de rencontre. Je ne sais pas ce que j’ai fait à Bouddha pour mériter ça ! Certainement que j’ai dû faire tout un tas de bonnes actions dans une autre vie... Au passage, merci à la municipalité de Chaungtha qui a eu le bon goût d’organiser un feu d’artifice spécialement pour l’occasion, pile poil quand on sortait de table. Timing parfait, je suis très touché par cette attention...
Voilà, j’en ai déjà terminé avec les racontards de cette journée de transition et de repos. Mais rassure-toi, la journée de demain sera plus consistante car on se remettra en mode « Découverte des environs ». De toute façon, demain est une autre aventure... | | | À: Bibouns51 · 2 février 2020 à 21:17 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 42 de 86 · Page 3 de 5 · 869 affichages · Partager Merci Merci Franck, non seulement on se marre toujours autant mais j'ai vraiment graaaand plaisir à retrouver l'atmosphère "Chaungthaesque" qu'on a découvert avec émerveillement en 2016 (et j'espère bien que tu vas nous décrire le "bordel magnifique" de la plage principale de la ville  ).
Sinon, tu vas pas me croire mais la photo avec les vaches, et ben j'ai la même (oui d'accord, elles passent tous les jours mais elles auraient pu mourir du Coronavirus depuis mon passage  ).
Bref, magne toi pour la suite que j'arrête de baver devant mon écran 
Bises | | | À: Solene40 · 2 février 2020 à 23:36 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 43 de 86 · Page 3 de 5 · 856 affichages · Partager Gros coup de cœur pour Chaungh Tha et je vais bien insister sur ce point dans les journées à venir... Merci de me suivre ! Franck | | | À: Solene40 · 3 février 2020 à 15:01 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 44 de 86 · Page 3 de 5 · 842 affichages · Partager Hello Christelle, Je ne sais pas si tu as fait attention, mais toutes les journées écrites jusqu'à présent ont été mises à jour avec l'ajout des photos... Pour la suite, c'est maintenant !!! A+ Franck | | | À: Bibouns51 · 3 février 2020 à 15:42 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 45 de 86 · Page 3 de 5 · 838 affichages · Partager Jour 20 (5 mars) - Le bonheur est sur la plage
Salut à toi, honorable lecteur fidèle de mes vadrouilles d’outre-monde ! Pour récompenser ton assiduité, est-ce que ça te dirait de créer avec moi cette journée qui débute sous le soleil ?... Oui ? Cool... En fait, je profite lâchement que Sandrine soit encore à compter les moutons avec Morphée, Nounours et le marchand de sable pour m’occuper de l’organisation de cette nouvelle journée de vadrouille. Faut dire que si j’avais concocté le planning avec elle lors du petit déjeuner, et de une, j’aurais à coup sûr fini la journée fossilisé sur la plage en accueillant à bras ouverts mon futur cancer de la peau et de deux, je n’aurais pas eu grand’chose à te conter à part le roman que je me serais coltiné toute la journée durante... Allez, il n’est que huit heures, je pense que nous disposons d’une bonne heure d’avance sur elle.
Bon, rassure-toi, le voyage est pour moi comme une peinture après avoir crayonné l’esquisse... Ce qui veut dire que je n’arrive pas ici les pains dans les moches en espérant que tu te farcisses tout le travail. Avant de partir, n’ayant pas trouvé grand’chose sur le net à la rubrique « quiatilafairachaungtha », je m’en suis remis corps et âme à un des plus fidèles amis des globe-trotteurs, alias Google Maps ! Et le bougre a bien rempli sa mission puisqu’il m’a avoué qu’un chemin longeait la côte sur une vingtaine de kilomètres en allant vers le nord, traversant par la même occasion quelques petits hameaux par-ci par-là. C’est ce chemin que je souhaiterais parcourir aujourd’hui sans savoir vraiment ce qu’on va y trouver, ni ce qu’on va pouvoir y faire. Plages, falaises, mangrove, sex-shop, dépôt d’ordures... that is the question ! Et tout cas, qui dit côte, dit plage. C’est donc selon ces termes que je vais diaboliquement maquiller ma proposition de vadrouille à Sandrine pour être sûr qu’elle ne m’oppose pas une fin de non-recevoir avec immobilisation corporelle sur la plage comme sanction ! Maintenant qu’on a la destination, il nous faut le moyen de s’y rendre. Concrètement, on a le choix entre la mototaxi et la location de motos à conduire soi-même ! Tu te doutes bien que je mets un bulletin dans l’urne pour le second programme... Ne reste donc plus qu’à en trouver deux... Comme tu ne m’as été pour l’instant d’aucune utilité, je te confie cette mission. Va par exemple négocier ça avec la gentille demoiselle de l’accueil de l’hôtel pendant que je vais annoncer le programme à mes trois aventurières...
« Alors, as-tu déniché les deux motos à un prix raisonnable ?... Oui ?... Coooool !... On déjeune, je mets ma plus belle chemise (enfin, la moins sale) et on se met en route ! » Par route, il faut comprendre « chemin » chemin qui longe dans un premier temps la plage sur laquelle nous étions hier. Puis la suivante, déjà plus belle... Puis encore une autre, encore plus belle... En fait, plus on progresse, plus le chemin tient plus de la piste à zébus qu'autre chose, et plus on a l'impression d'avoir été téléportés au beau milieu d’une carte postale, ou d’un de ces posters placardés sur les murs d’une agence de voyage et qui te fait dire « C’est pas possible, ils ont viré tout le monde sur la plage pour prendre leur photo ! » Sauf qu’on y est sur cette plage du poster et qu’ils ne mentent pas ! Elle est vraiment déserte, idyllique, pile poil faite pour nos tongs ! Du sable blanc, du turquoise, du soleil, des cocotiers, des sirènes, tout y est ! C’est ce qu’on nomme en français, le paradis ! Aussi loin que je puisse rembobiner ma mémoire, je ne me souviens pas avoir vu une succession de plages aussi sauvages et magnifiques avec toute l’étendue liquide à perte de vue rien que pour nous... Soit cet endroit n’a pas encore été découvert, soit il est infesté de moustiques et de requins ! On opte pour la première possibilité et on ne se fait pas prier pour se jeter à la baille, fidèle à elle-même, c’est-à-dire à vingt-neuf degrés...
Ensuite, on roule un kilomètre sur un chemin zigzaguant parmi les cocotiers, on s’arrête, on se pince pour être sûr de ne pas rêver, on se baigne, on remonte sur nos montures, on roule un kilomètre sur un chemin zigzaguant parmi les cocotiers, on s’arrête, on se pince pour être sûr de ne pas rêver, on se baigne, on remonte sur nos montures, on roule un kilomètre sur un chemin zigzaguant parmi les cocotiers... Dit comme ça, ça fait vraiment vadrouille de feignant, non ?... En tout cas, chacun de nous savoure le moment à sa façon : Repos sur des plages magnifiques, baignades dans une eau chaude et limpide, découvertes et explorations à scooter... Que pourrait-on espérer de plus dans une telle situation ?... Rien, bien évidemment !!!... Et pourtant... Ce qui va suivre ne relève pas d’un mirage... On roule un kilomètre sur un chemin zigzaguant parmi les cocotiers, on voit quelques parasols en feuilles de palmiers sur la plage, on s’arrête, on se pince pour être sûr de ne pas rêver, on s’installe sous un des parasols, on se baigne, lorsqu’un gars sorti de nulle part se pointe vers nous. Il est australien, vit dans une bicoque un peu plus loin avec sa femme birmane qui peut, si on le désire, nous préparer un repas traditionnel à déguster sur la plage sur une table qu’il fera dresser à l’ombre rien que pour nous... « Arrête Pascal Sellem, on t’a r’connu ! Elles sont où les caméras ? » Le gars, il me prend vraiment pour une gallinette cendrée ! Si je résume, il me propose de dresser une table rien que pour nous sur une plage déserte afin de nous servir un repas traditionnel birman, et il s’imagine que je vais mordre à l’hameçon de son arnaque ?... Chuuuut, je vais faire semblant de marcher dans son entourloupe... « Ok, mais alors avec deux bières bien fraîches pour ma femme et moi, une noix de coco pour mes filles, et pourquoi pas des crabes au lait de coco pimenté comme plat » Tu le croiras si tu veux, mais le gars nous a tout amené, accompagné de nouilles sautées au poulet, de riz, de maïs, d’un plat de porc en sauce, de bouteilles d’eau... « Bon, ok, allez, sors-nous la douloureuse... Ça fait combien pour ce petit extra ?... Combien ? Dix-mille kyats ???... Et bien voilà, j’en étais sûr !!!... Euh... eh ben non, ça fait à peine sept euros, ça... Merci pour tout ! » Bref, il y a des moments comme ça où tout est réuni, des moments où on se dit « je voudrais que cette journée dure une éternité » ! Il y a des lieux qui te transportent. Il y a des rencontres qui te réconcilient avec le genre humain. Il y des images qui s’accrochent à ta rétine pour ne plus jamais t’abandonner. Il y a Chaungtha et ses plages...
Je peux te dire qu’il ne faudrait pas me titiller bien longtemps pour que je plaque tout en France pour venir m’installer dans une cabane dans un endroit paradisiaque comme ça où la vie doit être tellement plus simple... Moins d’impôts, moins de stress, moins de pression, moins de contrôles, moins d’aseptisation, moins de travail, moins d’embouteillage, moins de grisaille, moins de factures... Bon, je me doute bien que la réalité sur place n'est surement pas si idyllique que je l’imagine, mais sois gentil et laisse-moi avec mes illusions... En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cet endroit paradisiaque ne restera pas aussi désert bien longtemps. Déjà, on risque d’y trouver ta trombine, venue voir si ma description n’était pas exagérée, et mes photos truquées... Je suis curieux de voir comment le site va évoluer ces vingt prochaines années...
La suite de la journée est dans la même veine... On suit toujours ce chemin qui serpente au milieu des cocotiers et qui longe le long ruban de sable blanc vide de toute présence humaine. La fin de la route, puisqu’il y en a malheureusement une, est marquée par une plage donnant sur l’estuaire d’une rivière qui nous oblige à faire machine arrière. Sauf que cette plage est la plus belle de toute la journée ! Nouvelle baignade obligatoire pour tout le monde !
Route du retour, coups de soleil, plein d’essence, et lunettes de soleil transformées en cimetière à moustiques... Le bonheur, c’est simple comme un tour de scoot... Un tour de scoot à Chaungtha, et la journée est bien remplie... au même titre que nos yeux et la carte mémoire de notre appareil-photos ! Voilà, je n’ai plus rien à dire sur cette journée, je pense que les photos feront le reste. Là, j’ouvre la porte de notre bungalow. La seconde suivante, je repose inerte sur mon lit, merveilleuse invention dont il va être difficile de se décoller dans les prochaines heures, voir même jusqu’à demain... De toute façon, demain est une autre aventure...
| | | À: Bibouns51 · 8 février 2020 à 10:58 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 46 de 86 · Page 3 de 5 · 811 affichages · Partager Jour 21 (6 mars) - Tong... Party tong
Allez, j’enfile un sourire et c’est reparti pour une nouvelle petite prose pour te conter cette nouvelle journée... Déjà, sachant que nous avons dormi douze heures et que nous nous levons vers huit heures trente ce matin, je te propose de calculer à quelle heure nous nous sommes couchés hier soir... Oui, oui, bonne réponse : Comme des vieux ! Mais des vieux frais dispos pour remettre le couvert sur nos petites motos chinoises pour cette fois-ci nous diriger plein sud jusqu’à la petite ville de Ngwe Saung.
Bien que n’étant séparé que de dix-huit kilomètres, le parcours entre Chaung Tha et Ngwe Saung en longeant la côte prend plus de trois heures, sans compter les arrêts pipi que trois personnes de la gente féminine peuvent engendrer. La raison en est élémentaire mon cher Watson : C’est un vrai parcours du combattant ! Pour commencer, ils n’ont pas encore eu le temps de construire de route ! Ni même un vieux bout de chemin !... Plus de la moitié du trajet doit donc s’effectuer en roulant directement sur la plage ! Oui, oui, sur la plage avec nos motos en plein remake du Paris – Dakar !!! Il faut donc bien calculer son coup pour ne pas arriver à marée haute, si tu vois ce que j’veux dire... Ensuite, entre chaque plage, pour compliquer encore plus notre mission, il y a une rivière à traverser ! Trois rivières sur le parcours pour être aussi précis que Jamy dans ses explications. Et ne compte pas voir fleurir devant toi le pont d’ Aquitaine ou de Normandie pour traverser. Il n’y a pas d’autre alternative que de prendre à chaque fois une barque avec nos motos sous le bras pour gagner la berge opposée, en espérant ne pas rejouer cette fois-ci un remake du Titanic... « Ça pue l’anecdote à plein nez, cette histoire ! » Oui, et pour couronner le tout, il faut aussi prendre en considération le fait de revenir avant quinze heures, sous peine de ne plus pouvoir traverser les rivières, pour cause des trente-cinq heures du personnel local...
Allez, grosse portion de vacances, grosse portion d’aventure et grosse portion de profitage de la vie au menu du jour ! Et j’ai la ferme intention de me resservir deux fois ! Go go go ! Première étape, traverser Chaung Tha et accéder au quai numéro vingt-neuf d’où on va pouvoir prendre notre premier traversier. D’autres clients sont déjà présents dans la salle d’attente climatisée bien agréable les jours de grosse chaleur comme aujourd’hui. Des hôtesses font la distribution de thé et de petits gâteaux au chocolat. Bon, allez, arrête de rêver, nous ne sommes pas en Norvège ! Il fait une chaleur à tondre les poules, ça sent les égoûts qui se déversent dans la rivière sans passer par la case station d’épuration, et nous sommes sur un ponton brinquebalant à attendre une barque qui prend l’eau dans laquelle vingt-cinq personnes, deux chèvres, trois chiens et six motos vont devoir s’entasser ! La voilà d’ailleurs qui arrive, fière comme un trois mâts, hissez haut ! Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau... Heureusement, pour ce coup-ci, personne ne tombe à l’eau...
Une fois de l’autre côté et tout notre petit monde arrivé à bon port, on traverse un petit village de cabanes au beau milieu d’un champ de cocotiers. Y’a pas à dire, je préfèrerais être pauvre ici, plutôt qu’au fin fond de la Sibérie... Ensuite, le chemin rétrécit dangereusement au lavage... Le fourbe tente même de nous extorquer une chute en plaçant quelques ornières sur notre passage. Il n’obtient finalement que quelques jurons de la part de Sandrine. La franky’s family, un, le chemin, zéro ! Deuxième lieu d’embarquement. Sauf que nous sommes seuls. Pas âme qui vive. Pas un bateau à l’horizon. Sommes-nous au bon endroit ? On patiente gentiment pendant une demi-heure avant qu’une barque ne se pointe dans notre direction. Ouf, c’est bien la navette. L’embarquement est... comment dire... dantesque... Nous sommes à marrée basse et la barque ne peut s’approcher à moins de cinquante mètres de la rive, englué au beau milieu de la mangrove. Comme s’il s’agissait de deux ânes récalcitrants, je n’ai pas d’autre choix que de pousser sur les deux motos l’une après l’autre dans trente centimètres d’un mélange visqueux composé d’eau et de vase. L’aventure, c’est l’aventure ! Car une fois arrivé près de l’embarcation, il faut maintenant porter les motos pour les charger. Heureusement, des birmans me filent un coup de main et sont du coup autoproclamés mes amis pour la vie ! Oui, en Birmanie, si tu échanges plus de sept mots avec quelqu’un, tu deviens officiellement son ami !
Repu d’amitié, une fois de l’autre côté, je n’ai alors qu’un seul et unique mot à dire : « Whaou » (prononcer « waaaaooooooooouuuuu ») : Interjection tout-terrain qui permet d'exprimer de la surprise, de l’admiration ou de l'émotion devant n'importe quoi dans n'importe quelle circonstance. Ça peut servir devant un énorme hamburger et une bonne bière, ma femme toute nue ou encore une magnifique victoire de l’OM en ligue des champions.... Mais là, c’est une large et longue plage déserte qui nous fait face en guise de circuit de course. Imagine un peu cette scène surréaliste. Rouler à près de cent kilomètres heure en moto sur le sable dur d’une plage déserte pendant plus de vingt minutes ! Je redeviens, l’espace d’un instant, l’enfant que j’étais en 1997 lorsque j’ai joué pour la première fois à Gran Turismo sur ma Playstation 1 ! Le kiffe, j’te dis !!! Je me pince... Je dois être au paradis... Non, je suis juste en Birmanie...
Allez, troisième passage de gué, bien mieux organisé puisqu’il y a une planche pour faire monter la moto dans le bateau, puis nous passons devant une maison. Puis deux. Puis trois. Un village. Une ville. Ngwe Saung ! On était au courant, il nous aura fallu près de quatre heures pour venir jusqu’ici. Mais notre objectif du jour n’était pas la ville de Ngwe Saung, c’était le chemin pour y parvenir et pour ma part, j’ai a-do-ré ! Bon, maintenant qu’on est là, on va quand même en profiter pour jeter un œil et satisfaire nos estomacs qui commencent à nous faire part de leur mécontentement. De ce côté-là, faut dire qu’on est rapidement rattrapé par Pat’patrouille si on omet une séance de remplissage de ventre, n’est-ce pas Sasha ?
La ville a la réputation d’être beaucoup plus tournée vers le tourisme de luxe que Chaung Tha, et je dois dire que ça se ressent dès le moment où le serveur nous tend la note... Et ça se confirme aussi lors de la balade dans la ville. C’est plus aseptisé, c’est plus classe, c’est plus européanisé, c’est plus comme j’aime moins ! On ne regrette pas une seconde d’avoir choisi Chaung Tha comme lieu de villégiature plutôt que Ngwe Saung, surtout lorsqu’on arrive sur la plage et sa succession d’hôtels plus classieux et impersonnels les uns que les autres... Cette plage permet toutefois de rouler de nouveau sur le sable dur délaissé par la mer, cheveux au vent, manette d’accélérateur à fond. On ne s’en prive donc pas ! Bon, on écrase peut-être une ou deux touristes anglaises qui faisaient la crêpe sur notre passage, mais rien de grave comparé au plaisir pris une nouvelle fois durant cette chevauchée fantastique !
Aïe, dans l’euphorie générale, on n’a juste un peu omis de regarder notre montre. Seize heures. Il nous faut étudier les différentes options, selon l'horaire, la vitesse du vent et l'âge de la concierge. Soit on le tente par le bord de mer en croisant les doigts de pieds pour qu’un pêcheur soit présent à chaque fois pour nous faire traverser, soit on ne prend aucun risque en empruntant la route intérieure qui rallonge fortement les distances... Un vote pour l’aventure, trois pour la sagesse. Une voie pour mon clan, trois pour le lobby de Sandrine. Je suis battu en omelette, je me range donc à l’avis de la majorité...
Je tends l’index au vent, à vue de nez, ça doit nous faire une quarantaine de bornes. C’est aussi ce que dit le Lonely Planet... A trente kilomètres heure de moyenne, ça devrait nous permettre d’arriver à Chaung Tha pile poil pour le coucher du soleil. Nous prenons donc notre courage à huit mains et... c’est parti ! Ça, ce serait dans le monde des animaux fantastiques... Car après une heure et demie et les quarante kilomètres parcourus, nos calculs étaient bons, le soleil est bien en train de lancer ses dernières forces dans la bataille. Sauf que selon les dires du pompiste alias le gars qui nous a vidé une bouteille de Fanta dans le réservoir, on n’a accompli que la moitié de notre besogne !!! Malheureusement pour mon audience sur ce blog, Sandrine a refusé que je lui tire le portrait au moment où elle a saisi le baraguouinage du monsieur.
La suite n’est qu’une épreuve de résistance : Filles à moitié endormies derrière nous, froid, obscurité, et virages inlassablement les uns derrière les autres... C’est finalement à dix-neuf heures et soixante-treize kilomètres au compteur plus tard que nous arrivons à Chaug Tha, au bout du rouleau de printemps, le dos en compote de pomme. Arrêt obligatoire au premier restaurant qui passe par là ! Mauvaise pioche, la carte n’indique fièrement que « Noodles au poulet » ou « Œufs avec pain ». « Ce sera des noddles au poulet pour tout le monde, s’il vous plait ! - Désolé, nous n’avons plus de poulet... - Bon ben des œufs avec du pain, alors ! - Désolé, nous n’avons plus de pain... Ok, va pour des noodles aux œufs !!! » Bref, une fin de journée pas très folichonne, mais il fallait bien que la vie se venge un peu après le bonheur qu’elle a bien voulu nous octroyer juste avant. C’était certainement le prix à payer. Je signe d’ailleurs des deux mains pour que la journée de demain soit du même acabit ! De toute façon, demain est une autre aventure... | | | À: Bibouns51 · 10 février 2020 à 22:52 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 47 de 86 · Page 3 de 5 · 788 affichages · Partager Purée je t'avais zappé dans ma boite mail mais je viens de lire la suite de Chaugtha. C'est hallucinant comment votre journée vers le nord ressemble à celle que nous avons vécu, une succession d'émerveillements d'autant plus quand tu avais lu que Chaugtha c 'était "vraiment pas terrible "  Par contre j'ai une trééééés mauvaise nouvelle pour toi : lors de notre passage fin mars 2016, ils avaient commencé la construction d'un immeeeense complexe hotelier à 1km avant l'estuaire à peu prés. Bon, ils en étaient à casser des cailloux pour construire la route mais il y avait aussi des tractopelles et surtout des panneaux géants avec la photo du futur "bordel" avec 4 piscines et compagnie. Ouaih ça craiiiint. J'avais dit à mon mari "profitons à fond de ces moments parce qu'on ne reviendra pas pour voir le désastre" !
Alors je raconte pas ça pour te casser le moral, juste au cas où quelqu'un est passé par là récemment pour qu'il nous raconte où ça en est (parce qu'on peut rêver encore, une faillite ça arrive vite  ).
Et prend ton temps pour la suite, j'ai du retard Lol | | | À: Solene40 · 11 février 2020 à 0:14 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 48 de 86 · Page 3 de 5 · 780 affichages · Partager Oui, j'avais un peu l'impression d'être tout seul sur mon carnet... Mais tu es là et je suis maintenant rassuré !  Lors de notre passage, nous nous sommes dits exactement la même chose : Profitons car ce coin de paradis ne va certainement pas rester en l'état bien longtemps... Ca aura été un véritable coup de cœur ! Idem pour la journée suivante que je te laisse lire... A+ Franck | | | À: Bibouns51 · 11 février 2020 à 7:15 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 49 de 86 · Page 3 de 5 · 773 affichages · Partager Ah non mais t'inquiètes nous sommes au moins 2  : ma copine Daisy m'avait envoyé un MP avec le lien de ce post "je te conseille de lire ça, j'adoooore" (sauf que j'étais déjà abonnée à cette discussion que j'avais repéré d'entrée  ). Bref, y en a plein d'autres qui te lisent mais ils ne savent pas quoi dire devant tant de talent  . Bizzzz | | | À: Solene40 · 11 février 2020 à 7:58 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 50 de 86 · Page 3 de 5 · 768 affichages · Partager Ouf, me voilà rassuré, Christelle, maintenant que je sais que je suis suivi par les Landes (département où je vais très souvent car une partie de ma famille y habite). J'étais à deux doigts de faire la grève du carnet de voyage ! Bientôt la suite, alors... A+ Franck | | | À: Bibouns51 · 11 février 2020 à 8:23 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 51 de 86 · Page 3 de 5 · 765 affichages · Partager bonjour Franck, nous te suivons aussi de près...c'est surtout ta façon de raconter que l'on admire.. cdt jean-louis et martine | | | À: Karltoffel · 11 février 2020 à 21:00 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 52 de 86 · Page 3 de 5 · 748 affichages · Partager bonjour Franck, nous te suivons aussi de près...c'est surtout ta façon de raconter que l'on admire.. cdt jean-louis et martine
Merci à vous deux de me suivre !!! Et merci pour votre message ! Et sinon, Koh Rong Samloem ? Tu as trouvé finalement ça comment ?
Pour le Cambodge, le carnet est en cours... Franck | | | À: Bibouns51 · 12 février 2020 à 6:45 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 53 de 86 · Page 3 de 5 · 729 affichages · Partager Sawadee krap
J'étais à deux doigts de faire la grève du carnet de voyage !
C'est ton droit (ceux qui ont vu "l' enquête Corse" comprendrons)

Je tends l’index au vent, à vue de nez, ça doit nous faire une quarantaine de bornes. La suite n’est qu’une épreuve de résistance : Filles à moitié endormies derrière nous, froid, obscurité, et virages inlassablement les uns derrière les autres... C’est finalement à dix-neuf heures et soixante-treize kilomètres au compteur plus tard que nous arrivons à Chaug Tha
concernant les distances, rassure toi pour la lecture des cartes ou a l'instinct, tu as un champion toutes catégories devant toi La preuve avec ce CR
voyageforum.com/...s-cambodge-d1584899/
ou :
a) je me suis planté de 150 km sur un trajet, voir message d'intro
b) et si tu repasses par la Thaïlande, méfie toi quand tu demandes ton chemin et, qu'on te renseigne en " KM/Meo" voir le message N°8
on suit, on suit avec plaisir, pose ton gilet jaune
| | | À: Bibouns51 · 12 février 2020 à 8:03 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 54 de 86 · Page 3 de 5 · 721 affichages · Partager Me voici aussi entrain de te suivre (merci pour le lien  ), mais j'ai dû y passer la nuit pour récupérer mon retard  . | | | À: Bibouns51 · 12 février 2020 à 8:06 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 55 de 86 · Page 3 de 5 · 721 affichages · Partager franck pour ne pas polluer ton fil, je te réponds en MP à propos de koh rong samloen au cambodge.... concernant ce voyage en birmanie, je pense que franck est un "grand voyageur" avec beaucoup de "savoir faire" et de "savoir préparer " en amont. donc un tel voyage n'est pas aisément à la portée du premier venu...même si en lisant ce compte rendu on a tous envie de faire pareil.. cdt jean-louis | | | À: Obeoandpai · 12 février 2020 à 8:15 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 56 de 86 · Page 3 de 5 · 719 affichages · Partager Salut Obeo Oui, je m'en étais bien rendu compte lors de mon passage en Thaïlande ! D'ailleurs, tous les pays d' Asie du sud est sont pareil à ce niveau. Pour ton lien, je viens de lire ! Ok, je suis battu sur la distance, même si de mon côté, j'avais une main sur le guidon et une autre qui tenais ma petite de 6 ans qui s'endormait à l'arrière de la moto... Moment pas très agréable... A+ pour la suite et la fin de ce trip ! Franck | | | À: Rouquine38 · 12 février 2020 à 8:17 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 57 de 86 · Page 3 de 5 · 718 affichages · Partager Me voici aussi entrain de te suivre (merci pour le lien  ), mais j'ai dû y passer la nuit pour récupérer mon retard  .
Salut Isabelle ! Bienvenue à toi pour la fin de ce carnet !!! Désolé pour la nuit blanche...  J'espère quand même que ça t'a plu... A+ Franck | | | À: Karltoffel · 12 février 2020 à 8:20 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 58 de 86 · Page 3 de 5 · 716 affichages · Partager franck pour ne pas polluer ton fil, je te réponds en MP à propos de koh rong samloen au cambodge.... concernant ce voyage en birmanie, je pense que franck est un "grand voyageur" avec beaucoup de "savoir faire" et de "savoir préparer " en amont. donc un tel voyage n'est pas aisément à la portée du premier venu...même si en lisant ce compte rendu on a tous envie de faire pareil.. cdt jean-louis
Merci pour les compliments Jean-Louis ! Oui, il y a de la préparation en amont même si le résultat souhaité se veut un peu "aventurier", même si la plupart du temps, je voyage avec ma femme et mes deux filles (quelle chance elles ont, j'aurais adoré faire ça étant jeune). Après, lorsque je suis un peu en manque d'aventure, je pars avec mon frère (voir carnet sur le Pérou) où là, ça envoie encore plus... A bientôt pour la fin de ce voyage ! Franck | | | À: Bibouns51 · 12 février 2020 à 8:27 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 59 de 86 · Page 3 de 5 · 712 affichages · Partager J'espère quand même que ça t'a plu... A+ Franck
Oui, bien sur, c'est toujours un grand plaisir de te lire | | | À: Bibouns51 · 23 février 2020 à 15:34 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 60 de 86 · Page 3 de 5 · 670 affichages · Partager Jour 22 (7 mars) - Plus de crème solaire, c’est l’heure de rentrer...
Encore un peu rouillés du coccyx en se levant ce matin ! Mais ça va le faire pour profiter à fond fond fond les manettes de cette dernière vraie journée au pays des millions de pagodes, au pays des millions de sourires, au pays des millions de choses à faire... Sauf qu’aujourd’hui, sous la pression de la ligue féministe échaudée par l’expérience nocturne d’hier soir, j’ai consenti à nous accorder une journée sans. Entendre par là sans visite, sans exploration, sans découverte, sans rencontre,... sans saveur, quoi ! Une journée qui ne sert à rien, en fait... Une journée de voyage à l’autre bout du monde dont on ne se souviendra même pas dans quelques années... Et le pire, c’est que j’ai accédé à leur requête sans même me débattre, un peu comme un jeune lapin aveuglé par des phares de voiture et qui consent de passer sous les roues pour voir ce que ça fait... Le plan qui m’est imposé, c’est de repartir vers le nord sur nos motos pour y choisir une des plages paradisiaques vue avant-hier, et d’y visser nos popotins pour la journée en veillant bien à ressortir de là bien rouges comme des écrevisses. Mmmm, j’adore, j’en ai l’eau à la babouche ! Bref, je m’exécute et emmène mes blondes au lieu de rendez-vous comme prévu.
Au bout d’une heure, ça va... Le paysage est plus qu’honorable, je fais mumuse dans les vagues, nous sommes seuls, je suis accompagné des trois femmes de ma vie, l’eau est chaude, le ciel est bleu, les palmiers sont verts, la vie est belle... Au bout de deux heures, je me ronge les ongles des pieds jusqu’aux genoux mais je ne dis rien à personne, ayant toujours à l’esprit la promesse que j’ai faite... Au bout de trois heures, je n’en peux plus, il me faut trouver une échappatoire, ma vie en dépend !... « Et on va manger où ? - Oui, tu as raison, on va bouger... J’ai remarqué une paillote sur une plage en venant ici tout à l’heure. On pourra y manger en profitant de nouveau de la plage... - Euh... Trop cool... »
Au bout d’une heure, ça va... Le paysage est plus qu’honorable, la nourriture est bonne et pas chère, la bière est fraîche, je suis accompagné des trois femmes de ma vie, l’eau est chaude, le ciel est bleu, les palmiers sont verts, la vie est belle... Au bout de deux heures, non. C’est sûr, je ne pourrai pas contenir mon mal-être une heure de plus sans rien dire. Il faut que je prenne la parole pour m’adresser au peuple : « Mes chers concitoyens, l’heure est grave. A l’autre bout de la ville de Chaung Tha se trouve ce qu’on appelle l’île des pêcheurs. Mes chers concitoyens, comment pouvons-nous concevoir d’être venus jusqu’ici sans aller y poser le pied ? Je vous propose donc de nous y rendre prestement, et pendant que j’en explorerai les moindres détails, vous pourrez profiter de la belle plage qui s’y trouve... - Ok.
- Euuuh... Ok comme dans « Ok, tu as raison, on ne va pas rester une heure de plus à glander ici alors que la Birmanie s’offre à nous ? » ou « je n’ai pas écouté un traître mot de ton baratin de vendeur de frigos aux esquimaux et je te dis ok pour que tu me foutes la paix » ? »
Ben non, elle rappelle les filles, range nos affaires, et se dirige vers les motos. Comme quoi, après quinze ans de mariage, deux personnes peuvent encore être sur la même longueur d’ondes... Sauf que... comme un politicien verreu, j’ai menti. J’ai menti pour accéder au pouvoir, à la gloire, à ma satisfaction personnelle, à ma jouissance exploratrice ! Je sais en effet d’ores et déjà que je ne pourrai pas tenir ma promesse de campagne vu que je sais pertinament qu’une belle plage, là où nous allons, s’il y en a eu une un jour, c’était il y a biieeeeeenn longtemps... Mais ça, elles ne savent pas que je sais qu’elles savent que je le sais... Bref, tout ça pour dire qu’on se retrouve rapidement de l’autre côté de Chaung Tha, prêts à prendre la navette qui permet de traverser les quelques trois cents mètres entre le continent et cette île des pêcheurs. Mille kyats ! C’est le prix à payer pour accéder à cette petite île piétonne. Et après l’avoir parcourue, je dirais que c’est neuf cents kyats de trop ! Bon, on est quand même bien mieux ici que dans le métro parisien pour se rendre à un match du PSG, mais bon... « Le gars, il est à l’autre bout du monde en train de se la couler douce pendant que nous, on attend impatiemment les premiers rayons de soleil, et voilà qu’il nous parle du PSG !... Fais-nous rêver Marcel, mais ne nous parle pas de Paris, quoi ! Et encore moins du PSG, tu vas nous faire vomir ! »
Ok, donc en résumé, l’île se compose de champs, de plages sales, d’un temple et d’un petit village qu’on parcourt rapidement. En d’autres termes, rien de transcendant qui justifie de venir ici, et surtout pas de payer cette somme de mille kyats pour la traversée... Et pire pour mon matricule, rien qui ne justifiait de nous échapper de notre séance peaufinage de coups de soleil à la plage. Je sens que je vais me faire lapider à grands coups de noddles sautées bouillantes !... Pour l’instant, non, même pas...
De toute manière, rassure-toi, j’ai une autre idée entre les jambes... Le plan, c’est d’aller au village de pêcheur de Chaung Tha que j’ai entraperçu en venant à l’embarcadère. Et là, c’est gratuit ! Des maisons faites de bric et de broc sont alignées le long de la plage où sèchent des filets de pêche usés par le temps. Ok, c’est très sale mais il se dégage de cet endroit une atmosphère de village de campagne où tout le monde se connait et se soutient. Ajoute à ça les cocotiers et la mer bleue qui, je le conçois, ne font pas très village de campagne, et tu obtiens une carte postale très typique de l’Asie. Et comme de l’Asie, nous nous en séparons pas plus tard que demain, ben je profite encore une fois pour m’en remplir les yeux jusqu’à ce que débordement s’en suive. Ou comment se retrouver ici une dernière fois face à la mer alors que demain, je me tiendrai face à ma mère...
Bref, quoi de mieux pour clôturer ce voyage qu’une partie de chinlon ? Ben ça tombe bien, une partie s’organise et je suis naturellement invité... Pendant que je m’évertue à tenir la dragée pas trop basse aux jeunes du coin, Anna et Sasha jouent avec une ribambelle de mioches du ghetto. Un dernier moment comme je les aime. Je devrais plutôt dire « encore un autre moment passé en Birmanie comme je les aime ! » Un séjour riche en chaleur. Solaire bien sûr, mais humaine, surtout. Snif snif comme dirait Anna...
Dernier repas birman, restitution des motos,... ça sent la fin. Allez, un dernier échange avec des birmans ? « Demain, nous devons partir très tôt pour prendre notre bus. Je sais que vous ne servez le petit-déjeuner qu’à partir de neuf heures, mais serait-il possible d’avoir quelque chose à notre départ vers cinq heures ? - Cinq heures ? Pas de problème, on vous servira votre petit-déjeuner ! - Et serait-il possible d’avoir un taxi pour cinq heures et quart ? - Non, pas la peine, je vous emmènerai avec ma voiture jusqu’à l’arrêt de bus... » Voilà, pas nécessaire de faire plus de commentaires que ça, c’était juste pour te rappeler combien les birmans sont gentils, et nous rappeler combien il va nous être difficile de se réhabituer aux français dès demain... De toute façon, demain est une autre aventure... | Carnets similaires sur la Birmanie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 17 410 visiteurs en ligne depuis une heure! |