Bibouns51 · 22 août 2016 à 14:32 · 378 photos 86 messages · 17 participants · 8 055 affichages | | | | 22 août 2016 à 14:32 · Modifié le 27 avr. 2020 à 15:49 On part en vadrouille en Birmanie! Message 1 de 86 · Page 1 de 5 · 4 250 affichages · Partager Jour 1 (14 février) - Joyeuse Saint-Valentin !
Ma chère bachelorette, cette année, pour la Saint Valentin, je vais te sortir le grand jeu ! Je vais t’emmener dans un restaurant digne de ton standing... Mais non, pourquoi veux-tu toujours aller au Flunch, tu mérites mieux que ça, quand même !?!... Et tu n’auras pas non plus droit à une petite auberge de campagne... Ni même à un resto branché du centre-ville... Non, cette année, je me suis surpassé pour marquer cet événement d’une pierre jaune ! Au menu de la Saint Valentin, ce sera plateau repas made in Ukraine Airlines ! Original, n’est-ce pas ? Et devine quoi ?... Un vol est même compris dans le prix du repas ! Du coup, on en profitera pour rester les trois prochaines semaines là où le commandant de bord décidera de nous parachuter... Je viens de m’entretenir avec lui et attention... roulement de tambourin... ce sera en Birmanie !!! « Alors là, non ! Y en a marre de chez marre de payer des rançons pour des gens comme vous qui voyagent dans des pays qui craignent !... Qu’est-ce que vous allez faire dans ce pays totalitaire, encore ? Tu vas peut-être me dire que c'est pour ses régions encore interdites aux étrangers ? Ou alors pour son conflit tribal ? A moins que ce ne soit pour vivre aux côtés de sa population, une des plus pauvres au monde ? »
Je savais que je n’pouvais pas compter sur toi, lâcheur !... Une personne censée et intelligente m’aurait plutôt dit, la Birmanie, pourquoi pas ??? Déjà, l'Asie est le terrain de jeu idéal en cette ère glaciaire de février. Ensuite, les carnets de route que je me suis injecté depuis plusieurs années en intraveineuse m’ont contraint et forcé à inscrire cette destination sur ma sacrosainte longue liste de souhaits de voyage. Enfin, les yeux pétillants de nos routards d’amis Jérôme et Chloé à l'évocation de leur voyage là-bas ont fait le reste, c’est-à-dire faire gagner au classement les nombreuses et précieuses places à la Birmanie afin qu’elle arrive touuuuut là-haut, en tête de cette liste ! Et puis un repas de Saint Valentin chez Ukraine Airlines à mille sept cents euros pour quatre, ça ne pouvait pas se refuser ! Donc le Myanmar, je valide !
« Alors là, je ne comprends plus rien à ton histoire à dormir debout ! Il y a encore deux minutes, tu disais que c’était en Birmanie que vous partiez, non ? » Ben oui, première info pour toi, la Birmanie est au Myanmar ce qu’est le Ceylan pour le Sri Lanka... Ok, vus tes yeux tout estomaqués, je pense que ma métaphore n’a pas abouti au résultat escompté... Et la Gaule pour la France, tu comprends mieux comme ça ?... En fait, le Myanmar est le nouveau sobriquet de la Birmanie depuis 1989, date à laquelle la junte militaire en place a décidé de rebaptiser le pays pour cause de... Ah non, en fait, ils n’avaient pas vraiment de raison... Mais bon, au final, doit-on dire « Birmanie » ou « Myanmar » ? La célèbre Aung San Suu Kyi a déclaré à ce sujet : « Les militaires ont rebaptisé le pays contre la volonté du peuple, nous continuerons pour notre part à l'appeler Birmanie et nous ne reviendrons pas sur cette décision ». Sauf que comme tu le sais peut-être, la junte a enfermé Aung San Suu Kyi de nombreuses années à cause de son opposition au pouvoir. Du coup, dans ce carnet, j’emploierai les deux termes simplement pour m’éviter des répétitions, mais sur place, fais ce qu’il te plait, mais moi, ce sera Myanmar pour éviter de finir le séjour en taule !
Bon, lorsque tu m’as interrompu, je disais donc que le Myanmar, je valide ! Et plutôt mille fois qu’une ! Donc si tu as d’autres questions, n’hésite pas... : « Quand aura lieu votre petite sauterie ? - En février, mais ça, je l’ai déjà dit ! - Avec qui ? - On prend les mêmes zigotos et on r’commence, soit les personnes à peu près normales que voici : Anna la chieuse (ma fille de 8 ans), Sasha la chieuse (ma seconde fille de 5 ans), Sandrine la chieuse (ma femme), et moi, le tour-opérateur de A comme « Aéroport » jusqu’à Z comme « Z’était drôlement bien ! » Enfin, ça, c’est c’que j’espère... - Où ? - La boucle classique, Mandalay, Bagan, Inle, Rangoon et deux trois aventures par-ci par-là dans des coins moins fréquentés. Mais ça, on aura l’occasion d’en reparler un peu plus tard... - En combien de temps ? - Seulement trois semaines... - Pourquoi dis-tu « seulement trois semaines » ? - Ben à ton avis ?... Parce que Herr Colonel Sandrine n’a pas voulu plus, pardi !!! Et puis tu m’en poses, toi, des questions !!! Allez, au lieu de me faire perdre mon temps avec tes questions, au lieu de déguster ta petite coupe de champagne pour la Saint Valentin, n’as-tu pas plutôt envie d’un petit verre d’alcool de riz, n’as-tu pas plutôt envie de partir avec nous vers de nouvelles aventures pour te réchauffer entre deux perturbations ? Si ? Et bien suis-nous et tais-toi !!! »
La suite bientôt... mais déjà dispo sur mon blog (avec photos)...http://onpartenvadrouille.over-blog.com/2015/02/joyeuse-saint-valentin.html | | | À: Bibouns51 · 22 août 2016 à 16:51 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 2 de 86 · Page 1 de 5 · 4 145 affichages · Partager Beau début qui met l'eau à la bouche! Vite la suite larri | | | À: Bibouns51 · 23 août 2016 à 15:30 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 3 de 86 · Page 1 de 5 · 4 080 affichages · Partager Bonjour Bibouns51,
J'aime beaucoup votre "ton" et votre humour. J'ai dévoré, il y a quelques années, votre carnet en Jordanie. Alors...VIVEMENT LA SUITE.
PS : J'ai le même projet de voyage, mais en novembre et décembre (même parcours). | | | À: Bibouns51 · 23 août 2016 à 19:55 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 4 de 86 · Page 1 de 5 · 4 054 affichages · Partager Bonjour/ Bonsoir la Franky Family,
Je suis allée sur votre blog et après avoir capté votre écriture touarègue (lecture de bas en haut), je me suis marrée tout le long des 9 premiers épisodes. C'est bourré d'humour, de références amusantes (du PSG à Dora l'exploratrice  ) et ça se lit comme une de ces saloperies sucrées qu'on déguste sans faim ni écoeurement. J'ai traversé à peu près les mêmes endroits il y a 5 ans et c'est franchement marrant de se les remémorer avec un autre regard. En attendant la suite, j'irai faire un tour sur votre carnet thailandais, car de toute façon demain est une autre aventure... | | | À: Barefoot · 24 août 2016 à 12:47 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 5 de 86 · Page 1 de 5 · 3 993 affichages · Partager Ah oui, les désagréments liés aux blogs...   En tout cas, merci pour ce message qui donne l'envie de continuer ! Et bonne lecture avec la Thaïlande... ou les autres carnets ! A+ | | | À: Michel35 · 24 août 2016 à 12:48 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 6 de 86 · Page 1 de 5 · 3 984 affichages · Partager La suite est en ligne sur le blog... Ou la seconde journée sur VF... maintenant ! Merci pour le commentaire sympa ! | | | À: Larri · 24 août 2016 à 12:51 · Modifié le 2 fév. 2020 à 11:12 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 7 de 86 · Page 1 de 5 · 3 982 affichages · Partager Jour 2 (15 février) - Nos premiers pas d’thaï...
« Bonjour... - Bonjour mon bon monsieur... Je m’appelle Franck et je vous trouve très beau. Je crois même que je vous aime ! En fait, aujourd’hui, j’aime tout le monde ! Je serais même presque capable d’aimer le PSG, c’est dire ! Est-ce que je peux vous serrez très fort dans mes bras ?... - Euh, on va se calmer, monsieur, ou j’appelle la sécurité ! Contentez-vous de répondre à mes questions !... Quand avez-vous fait vos valises ? - Ben, il y a environ trois ans et demi... - Les avez-vous laissées sans surveillance ? - Oui, bien sûr. Sur le bord de l’autoroute A4 pendant quinze jours et je viens juste de les récupérer... - Se pourrait-il que quelqu'un ait introduit un colis dans vos bagages ? - Oui, le gars barbu, là-bas, en train de lire le Coran avec son étiquette « A mort Charlie » accrochée dans le dos. Il nous a baragouiné un truc mais on n’a rien compris parce qu'on ne parle pas le norvégien... »
Bref, tu l’as compris, je suis tout guilleret à l’idée d’être enfin à l’aéroport. Aéroport Charles de Gaule pour être précis. Décollage imminent pour Kiev ! Aïe... Les plus peureux d’entre vous remarqueront d’entrée le lieu un tantinet risqué de notre escale qui refroidirait même le plus hardi des Vladimir Poutine himself. Mais pas la franky family !... Kiev, Kiev, une heure et demie d’arrêt, tout le monde descend ! Aïe... Les plus expérimentés d'entre vous remarqueront d'entrée la durée étriquée de notre correspondance qui refroidirait même le plus expéditif des Usain Bolt himself. Mais pas la franky family ! Si bien qu’on se retrouve déjà à bord de notre second avion de la journée qui nous transbahute cette fois-ci jusqu’à Bangkok. Et oui, toujours pas de dame Birmanie à se mettre sous les chicots ! Car pour accéder au saint-graal, il faut que tu sois préparé à l’idée de t’enquiller un vrai parcours du con battant. En plus d’une éventuelle escale ukrainienne, tu n’auras pas d’autre choix que de transiter, soit par Bangkok, soit par Kuala Lumpur... La première possibilité a remporté tous mes suffrages, billets Ukraine Airlines pas chers obligent ! Du coup, comme il voulait revoir, revoir, non pas sa Normandie, mais la ville de Bangkok, ben on va en profiter pour y faire un stop de vingt-quatre heures afin de marquer une pause dans ce marathon aérien. Bon, je passe volontairement rapidement sur les neuf heures de vols à déchiffrer les dialogues en ukrainien des films qu’on se coltine pour te téléporter avec nous directement à l’ aéroport Suvarnabhumi de Bangkok qui n’a pas bougé d’un poil de yack depuis notre dernière visite, à la différence prêt que la station de taxi propose maintenant un distributeur de tickets, là où je m’étais frotté à la mafia des dispatcheurs il y a trois ans...
Et le tirage au sort nous attribue le taxi numéro... quarante-quatre ! Et là, la malchance fait très bien les choses puisque dans la flopée de taxis en stationnement, un seul a le capot grand ouvert pour cause de chauffeur en train de bricoler dans son moteur. Tu l’as compris, celui-là, il est pour bibi !!! Et là, tu te demandes certainement pourquoi diantre est-il en train de s’affairer sur son moteur ?... Attends un peu, il va certainement nous l’expliquer... Encore une fois, la malchance joue très bien son rôle car parmi tous les chauffeurs présents, un seul ne peut prononcer un mot pour cause de clapet vissé en plein milieu de la gorge. Et tu l’as encore une fois compris, celui-là, il est pour bibi ! Les seuls bruits qui sortent de la bouche de ce pauvr’homme s’apparentent à mes gargouillis intestinaux après un séjour gastronomique à Castelnaudary... Pas tip top pour échanger au sujet du trajet alambiqué qu’on veut lui faire faire ! D’ailleurs, si ça continue, il n’y aura pas de trajet du tout car là, la doublure-voix de Dark Vador tente de démarrer son bolide sans se préoccuper de son capot toujours grand ouvert ! Euh... Il ne l’a pas vu, tu crois ? Attends un peu, si il ne voit pas ça, ne me dis quand même pas qu’on s’est récupéré le seul chauffeur de taxi au monde aveugle !!! Si ?... Et là, bien évidemment, il va se mettre à conduire en passant le bras par la fenêtre pour se tenir à la rambarde de sécurité, c’est ça ???... Ah non, ça y est, il l’a vu, et justement, il redescend pour brancher des pinces crocodiles entre sa batterie et celle du voisin avant de pouvoir enfin reclaquer son capot... Et ben ma zette, nos prochaines minutes risquent bien d’être nos dernières...
Toute cette anecdote me fait d’ailleurs sortir mon appareil photo de sa sacoche et du même coup, de sa longue léthargie hivernale... Car je tiens beaucoup à ce que la première photo de ce voyage soit pour lui, mister Lek, notre original chauffeur muet mécanicien aveugle thaïlandais... « Mister Lek, celle-là, elle est pour toi, bébé !!! » Bon, c’est pas l’tout, mais nous, on veut se rendre dans un premier temps au Hard Rock Café avant d’aller ensuite à notre hôtel dans le quartier de Rambuttri !... Ben va faire comprendre ça à notre ami et reviens me voir lorsque ce sera fait, ok ?!? Heureusement, mon basic instinct m’a fait éditer une carte de Bangkok avant de partir. Je lui montre donc les deux endroits où on souhaite aller et mon bon monsieur Lek se contente de me répondre un « Eeeeeesssss » nasal que je prends avec beaucoup d’optimisme pour un « Yes »...
Bon, je te fais la version courte pour t’épargner la description détaillée de l’heure et demie passée en compagnie de monsieur Lek, au demeurant sympathique puisqu’il ne parle pas, mais retiens seulement qu’il a réussi malgré tous ses handicaps à nous amener en vie au Hard Rock Café pour y acheter le petit frère du verre que notre chère Clémence a délibérément explosé il y a quelques mois, puis à notre hôtel Mango Lagoon Place situé en plein cœur du quartier de Rambuttri... Une fois arrivés à bon port, tellement fier de son exploit, le voilà en train de nous sortir un « Hiiiip hiiiip hiiiip ! » avec son nez... Moi, au quart de tour, je réplique par un « Hourra ! »... Et ce n’est que quelques minutes plus tard que je percute... En fait, il nous réclamait un « tip tip tip » ! Tant pis, il n’avait qu’à articuler mieux que ça !!!... Ooooh, méchant Dobby... Rassure-toi, je me suis mis une claque sur la main pour me punir...
Allez, ça y est enfin ! Depuis le moment où nous avons fermé la porte de notre maison à double tour jusqu’au moment où nous poussons la porte de l’hôtel, vingt-et-une heures se sont écoulées ! Et là... Engourdie de chaleur, fripée d’humidité, décalquée de décalage,... bref, épuisée d’épuisement, la pauv’Sandrine s’écroule directe sur le lit, telle une sirène échouée sur la plage de Dunkerque... Là, j’ouvre une parenthèse pour parfaire tes connaissances : Comment savoir si Sandrine fait ou non semblant d’être fatiguée en arrivant dans un hôtel pour éventuellement échapper à la visite d’un temple ?... C’est simple, si la salle de bain et les toilettes n’ont pas droit à leur inspection minitieuse dans la seconde qui suit notre entrée dans la chambre, c’est qu’elle est réellement fatiguée. Du coup, je lui accorde dix minutes de repos bien mérité... Bon, ok, soyons généreux, dacodac pour une heure, mais pas plus ! Pas de temps à consacrer à la glandouille, je sais par habitude que les vacances passent très vite...
Deux heures et demie plus tard, mon premier œil s’ouvre et constate que tout le monde dort. Mon second constate quant à lui en regardant ma montre que le planning de l’après-midi vient de prendre un coup de vingt-deux long rifle dans l’arrière-train. Il nous reste tout juste le temps d’enchaîner en quelques heures les grands classiques bangkokois : Un pad-thaï dans la rue, une Chang pour le faire glisser, le Wat Arun pour me venger, un marché pour marcher, un massage pour s’en remettre, un tuk-tuk pour rentrer, une claque su’l’baigneur pour le plaisir, et là, il sera temps d’aller pour de bon rouler des pelles à mon oreiller...
Ah, je vois que tu aimerais me poser une question... Allez, lance-toi... Tu veux savoir pourquoi je souhaite aller au Wat Arun pour me venger, c’est ça ? Ben si tu es un de mes lecteurs les plus assidus, et surtout, si tu as une excellente mémoire, tu te rappelles peut-être que lors de notre vadrouille thaïlandaise, je n’avais pas pu visiter le Wat Arun. La raison ?... Ben elle est simple. A l’époque, la ligue féminine anti-pagode, composée de ma mère et de ma femme, m’avait flanqué un carton rouge sans aucun avertissement préalable pour excès de pagode après les visites du Wat Pho et du Wat Phra Kaew... Là, même si nous ne sommes à Bangkok que pour une journée déjà bien entamée, je tiens ma revanche ! A moi le Wat Arun ! A moi le petit badge que je vais pouvoir fièrement arborer sur ma poitrine et sur lequel est écrit « Le Wat Arun, I did it ! ».
Et alors, le Wat Arun ?... Bon, ben, en revisionnant les ralentis sous divers angles, je m’aperçois que le carton rouge reçu la dernière fois était finalement mérité. Ce n’est pas le Wat Arun qui fera battre mon cœur le reste de ma vie, le reste de notre vadrouille, ni même le reste de cette journée... J’exagère un peu là, mais c’est pour te faire comprendre que je prends quelques photos pour te montrer que j'y suis vraiment venu et on passe vite fait bien fait à la suite des événements. Pour ce faire, il nous faut prendre un bateau pour traverser le fleuve Chao Praya. Trois baths la traversée par personne, soit huit centimes d’euros, soit trois anciens francs, soit des clopinettes, même si le bath a pris vingt-cinq pour cent d’augmentation ces derniers temps... Bon, d’accord, une bath, ça ne vaut pas grand’chose, mais maintenant, ça vaut quand même pas grand’chose plus vingt-cinq pour cent ! Après ça, une bonne petite marche liquéfiante et on arrive au marché aux fleurs de Pak Khlong Talat. Et là, devine ce que les gens des stands offrent à nos filles ?... Des fleurs ?... Ben non, des paquets de gâteaux apéro ! Comme si ça se voyait tant que ça sur nos têtes !!! On navigue comme ça au milieu des marguerites, des œillets, des pivoines, des lys, des glaïeuls, des tulipes,... bref, tu l’as compris, il y a des fleurs au marché aux fleurs de Pak Khlong Talat ! Mais je sens bien que le cœur de mes pouliches n’y est pas. De toute manière, avec mon expérience de vieux mammouth, je sais bien que la première journée d’une vadrouille, c’est comme une première conquête féminine... Ce n’est pas le meilleur coup qu’on puisse espérer... Le stress de la première, trop de chaleur humide d’un seul coup... Bref, je capitule et accepte sans me débattre de rentrer au bercail !
Pour ça, quoi de mieux qu’un bon vieux tuk-tuk pollueur pour faire bien cliché local comme il faut ? Rien ?... Ben c’est parti pour un p’tit tour de manège dans lequel Sasha n’est pas prête d’attraper le pompon puisqu’elle s’endort au bout de deux virages... Elle n’ouvre les yeux qu’une fois allongée sur son transat, étonnée de constater qu’un vieux monsieur bridé est en train de lui tripoter les doigts de pieds ! Bienvenue au pays des massages de la voute plantaire à cent vingt bath la demi-heure ! Bienvenue également au pays des petites brochettes de poulet à trente baths ! Allez, comme c’est encore un peu la Saint Valentin, fais péter les grandes brochettes à quarante !... Mauvaise pioche. Ici, le gras coûte plus cher que la viande. En parlant de gras, c’est l’heure d’aller en faire dans notre lit car demain sera encore aujourd’hui dans notre pays... Enfin bref, de toute façon, demain est une autre aventure...
| | | À: Bibouns51 · 25 août 2016 à 23:50 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 8 de 86 · Page 1 de 5 · 3 905 affichages · Partager Je suis toujours aussi fan de tes carnets. Je me régale ! Merci | | | À: Daisyone · 26 août 2016 à 7:36 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 9 de 86 · Page 1 de 5 · 3 892 affichages · Partager Merci Daisy ! J'espère que ce voyage et ce carnet vont te donner l'envie d'aller faire un tour chez les birmans... Il ne te manque plus que ça à ton tableau de chasse du sud-est asiatique... Pour moi, Indonésie l'année prochaine... A+ | | | À: Bibouns51 · 26 août 2016 à 11:34 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 10 de 86 · Page 1 de 5 · 3 874 affichages · Partager Tu as deviné, c'est prévu pour février prochain, si tout va bien | | | À: Daisyone · 26 août 2016 à 11:52 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 11 de 86 · Page 1 de 5 · 3 867 affichages · Partager J'espère que le tremblement de terre de Bagan d'avant-hier ne va pas contrarier tes plans... | | | À: Daisyone · 26 août 2016 à 11:54 · Modifié le 2 fév. 2020 à 12:01 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 12 de 86 · Page 1 de 5 · 3 866 affichages · Partager Jour 3 (16 février) - Bienvenue au pays des mille pagodes
Aujourd’hui, finis les jeux de mots à la « et quand il pète, il troue son slip » ! Aujourd’hui, les circonstances m’obligent à garder mon sérieux ! Aujourd’hui est en effet le jour J où je vais enfin pouvoir fouler de ma tong le sol birman !... Non mais là, je crois que tu n’te rends pas bien compte du truc de ouf qui nous attend... La Bir-ma-nie ! En chair et... en sourires !!! Celle-là même qui ne s’est officiellement offerte au reste du monde qu’en 2011 ! Celle-là même qui sort tout juste d’une longue période de dictature militaire ! Celle-là même, mystérieuse, qui fait mouiller d’envie les petites culottes de tous les voyageurs en herbe ! Mais bon, nous reviendrons à toutes ces considérations ultérieurement car pour l’heure, à ce que je sache, nous avons toujours nos huit pieds en Thaïlande ! Et à part les deux miens qui sont déjà sous la douche, les six autres ont du mal à s’extraire de leur lit. Il est pourtant déjà sept heures et il nous faut enchaîner au pas de course le check-out, le petit déjeuner dans la rue, et la négociation avec un taxi pour rallier l’aéroport Don Muang, à ne surtout pas confondre avec Suvarnabhumi par où nous sommes arrivés hier...
Sacs bouclés, clé de la chambre restituée, fruit shake et pancakes avalés, taxi à trois cents baths négocié... Ok, ma description fait très recette de cuisine mais ça marche car nous voilà en route vers la porte d’entrée de notre nouvelle vadrouille ! Vingt minutes de route... En tout cas, c’est ce que le chauffeur de taxi m’indique, sûr de lui, comme durée nécessaire pour gagner l’aéroport Don Muang. Tu l’auras certainement remarqué, pour cette fois-ci, quitte à payer plus cher, j’ai choisi un chauffeur à qui Bouddha a bien voulu faire grâce du don de la parole !... Du coup, je rentabilise l’investissement en lui reposant exactement la même question au bout de vingt minutes, dans la mesure où nous avons toujours droit aux immeubles et aux deux-roues en lieu et place d’un hall d’embarquement et d’un avion comme il nous l’avait vendu. Et cet imbécile-heureux me prend certainement pour Jean-Pierre Foucault, car pour la même question posée à vingt minutes d’intervalle, il me ressort avec un sourire en coin exactement la même réponse en ajoutant quand même deux ou trois autres mots en thaï que je traduis sur le coup par « Et c’est mon dernier mot Jean-Pierre ! » Et les vingt premières minutes, elles comptaient pour du beurre de Normandie ?... Qu’il n’ait jamais vu la Normandie, passe encore ! Ma crainte réelle est qu’il n’ait jamais mis les roues à l’aéroport Don Muang de toute sa vie... La malédiction des chauffeurs de taxi, le retour !!! Et celui-ci fait une entrée fracassante dans le top cinquante des mythos dans lequel tu monopolises la première place... Oui, oui, toi, que j’ai plusieurs fois entendu dire « Il est vraiment mignon votre bébé ! », ou encore « Désolé, c'était ma dernière cigarette ! », sans oublier les fois où tu coches le classique « J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation »... Tu vois que j’te connais par cœur !!!...
Mais revenons-en à notre menteur du jour que je commence à démasquer puisqu’en bord de route fleurissent des panneaux de direction nous indiquant que nous allons tout droit dans la gueule de l’aéroport... Suvarnabhumi ! « Don Muang ? en lui montrant de la main la direction dans laquelle nous allons... - Yes ! - Don Muang airport ? en lui montrant cette fois-ci des deux mains la direction dans laquelle nous allons... - Yes ! - Don Muang airport, no Suvarnabhumi ? en lui montrant maintenant des deux mains, des deux bras, de la tête,... la direction dans laquelle nous allons... - Yes ! » Bon, le document que je lui fais signer sur lequel il accepte d’être fouetté à coups de nouilles bouillantes sur la place publique s’il s’est trompé d’aéroport ne lui fait pas changer de cap, je n’ai plus qu’à lui faire confiance et à prier Bouddha...
Quarante minutes de route... Soit vingt minutes plus vingt minutes comme nous l’avait annoncé notre ami Pinocchio... Car oui, c’est effectivement le temps qu’il nous aura fallu pour finalement arriver à l’aéroport Don Muang, tout juste à temps avant qu’ils ne ferment l’enregistrement de notre vol Air Asia à destination de Mandalay. Oui, oui, Air Asia comme la compagnie qui a crashé un de ses avions le mois dernier, et Mandalay comme... ben je n’sais pas quoi... Pourtant, ce nom m’a toujours fait rêver ! Et à y réfléchir, je ne sais pas vraiment le pourquoi du comment... Les sonorités du nom, peut-être ?... Les paroles d’une chanson ?... Ou alors l’évocation de cette ville dans un film ?... Non, vraiment, je ne vois pas... En plus, aucune image précise ne m’apparaît lorsque je pense à elle. A quoi ressemble donc cette fameuse Mandalay ? Et bien ce sont toutes ces questions que je te propose d’élucider ensemble les deux prochains jours qui viennent, une fois qu’on en aura terminé avec ce vol tout à fait normal, c’est-à-dire sans même un coup d’œil d’un passager pour l’hôtesse pendant ses consignes de sécurité, sans turbulence, sans repas et surtout, sans applaudissement à l’atterrissage... Un vol sans histoire, quoi !
Là, j’aurais pu te parler de la dame de l’immigration aussi énergique qu’un Doc Gynéco sous anxiolytique pour te faire comprendre qu’on sort les premiers de l’avion mais les derniers de l’aéroport. Mais je préfèrerai m’abstenir, de peur de te donner une mauvaise première image de la Birmanie. J’aurais également pu te parler de toute cette masse de papier qu’ils nous refilent avant de sortir pour te faire comprendre que nous devons maintenant nous trimballer un cinquième sac. Mais là aussi, je préfèrerai m’abstenir, de peur de te donner une mauvaise première image de la Birmanie. Enfin, j’aurais pu te parler de la casse automobile qu’ils ont plantée tout juste devant les portes de l’aéroport pour te faire comprendre que le premier paysage qui s’offre à nous est surprenant. Mais une fois de plus, je préfèrerai m’abstenir, de peur de te donner une mauvaise première image de la Birmanie. Du coup, je préfère que mes premières lignes birmanes te racontent l’histoire de notre agent d’immigration vraiment trèèèèès coooool qui nous accueille avec le premier sourire d’une longue série.... Et puis aussi celle du bureau de change qui nous refile toute une valise de billets en échange de dix pauvres biffetons de cent euros... Et enfin celle de la station des taxis qu’ils ont plantée tout juste devant les portes de l’aéroport...
Bonjour la Birmanie, carte d’identité s’il vous plait ! Habitants ? Les myanmars ou les birmans... Superficie ? Kiffe kiffe la bourrique par rapport à la France... Monnaie ? Le kyat qui se prononce comme quelque chose entre « tchat » pour les geeks, et « chiasse » pour les squatteurs de toilettes... Drapeau ? Jaune, vert, rouge en lignes horizontales avec une étoile blanche en plein milieu... Religion ? Bouddhisme... Régime politique ? Démocratie participative où seuls les généraux du cartel participent réellement aux décisions pour tout le monde. Ça ne sert à rien d’embêter les autres avec ces conneries... Qu’est-ce qu’ils sont sympas, ces généraux... Capitale ? Ahhh, en voilà une question comme elle est bonne ! Car par exemple, si je te dis « Capitale des Etats-Unis », tu vas peut-être me répondre « New York ». Et ben perdu, c’est Washington... Et celle de l’ Australie ? Et non, ce n’est pas Sydney, mais Canberra... Allez, mon gros nullos, voici celle qui nous intéresse aujourd’hui. Capitale de la Birmanie ?... Rangoon !!!! Et ben dis donc, tu ne m’as pas menti quand tu me disais que tu étais nul ! Car la capitale de la Birmanie, depuis 2005, ce n’est plus Rangoon mais Naypyidaw, sur ordre du général suprême !!! Décalage horaire ? Plus cinq heures et demie par rapport à Paris... Ne me demande pas d’où vient le « et demie », je n’en sais rien. Certainement encore un coup de ce bon vieux général !
Bon, allez, même si on est maintenant multimillionnaire en kyats, ce n’est pas pour autant qu’on va se lâcher en prenant par exemple un taxi, là où on peut prendre le bus-navette Air Asia gratuit, tout du moins inclus dans le prix de nos billets d’avion... Et vu le nombre de personnes à y avoir pris place, nous ne sommes visiblement pas les seuls grippe-sous à débarquer ici. Mais no soucy, quand y’a plus de place, ben y en a encore. Ils ont prévu au cas où, des petites chaises en plastique pour enfant afin de pouvoir prendre place dans l’allée... Cool le voyage ! Heureusement, je tombe à côté d’un couple de français routard bien sympa et je profite également des trois-quarts d’heure de route pour entamer ma première discussion intéressante avec un birman. Seulement, à son premier large sourire, je m’aperçois que ce pauvre homme a la bouche en sang ! « Va donc me soigner ces gencives toutes sanguinolentes, nom de diou ! » Bon, alors, qu’on se le dise, ce gars n’a pas véritablement besoin de consulter un dentiste... Et non, il ne me reluque pas non plus la carotide avec l’envie de s’empiffrer les quelques litres de sang bien chaud de son deuxième touriste de la journée. En fait, les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, les beaux, les moches, les petits, les... ah non, il n’y a pas de grand,... Bref, presque tous les birmans chiquent le bétel, un mélange de plantes, de chaux, de tabac et de noix d’arec qu’ils aiment mastiquer langoureusement tout au long de la journée. Tu m’connais, voilà encore une expérience que je vais bien évidemment mettre à mon actif afin de parfaire ta connaissance des traditions locales. Et sinon, quels sont les effets de ce bétel ?... Sur le comportement, propriétés psychostimulantes, sensation revigorante, effets aphrodisiaques,... « Tu as bien dit aphrodisiaque ? » Ah, vues les étoiles dans les yeux de Sandrine, elle est en train de se dire qu’elle va passer de bonnes vacances... A ne pas oublier quand même les quelques effets corporels. Cancer de la cavité buccale, infection des poumons, déchaussement des dents,... Euuuh, maintenant que j’y réfléchis, effet aphrodisiaque ou pas, les filles dorment avec nous dans la chambre, non ? Désolé Sandrine, sur ce coup-là, je passe la patate chaude à mon voisin !
Une fois arrivés en centre-ville, on saute dans un camion-taxi pour rallier l’hôtel que j’ai soigneusement réservé à l’avance il y a déjà plusieurs mois. Oui, je sais, dit comme ça, ça ne fait pas très Antoine de Maximi... Mais garde quand même entre deux neurones que si effectuer une réservation à l’avance n’est pas dans ton ADN, il va falloir te préparer mentalement à te livrer à une véritable chasse au lit quand tu viendras sur les sites birmans les plus courus, c’est-à-dire Mandalay, Bagan, Inle, voir même Rangoon... Et une fois ton matelas conquis, ne te repose pas sur tes bougainvilliers. Car prolonger ton séjour à l’improviste d’une nuitée, et hop, te voilà jeté hors de ton édredon encore tiède pour laisser place nette à un nouvel arrivant visiblement plus prévoyant que toi. La raison est tellement élémentaire mon cher Watson, que même un petit bout de cerveau comme le tien est capable de la comprendre : Si tu considères que le pays s’est ouvert au tourisme très récemment, tu peux donc comprendre que le peu d’hôtels existants s’est fait assaillir par les méchants routards que nous sommes. Mais le fait que les hôtels soient souvent pleins n’est malheureusement pas la seule conséquence : Si les gens se battaient pour me racheter à prix d’or ma vieille Peugeot 309, penses-tu que je m’embêterais à l’emmener au garage pour la remettre à neuf ? Non ! Et crois-tu que je me contenterais de la vendre au prix de l’argus ? Non ! Ben, ici, c’est pareil ! Si bien que tu dois consentir à mettre la main à la poche pour dénicher une chambre, au mieux défraîchie, au pire, limite à te faire regretter ta bonne vieille tente canadienne. Connaissant ma p’tite Sandrine qui n’a pas pris le temps de bien écouter mes explications sur cet état de fait, ça laisse augurer des anecdotes croustichiantes pour le reste de cette vadrouille... Ah, et si tu te dis qu’à toi, on ne te la fait pas, que t’es un warrior et que tu contourneras le système en allant demander l’hospitalité chez les birmans, ben sache que c’est interdit sur ordre du général suprême. Ce qui me fait penser que ce qu’on a vu dans Pékin Express l’année dernière où les birmans accueillaient chez eux les candidats, c’était de la fumisterie !
Bref, tout ça pour te dire que nous arrivons à la Yoe Yoe Lay Guesthouse réservée en 1997 pour être sûr d’avoir de la place. Là, nous sommes accueillis chaleureusement par Mama, la patronne. Outre le jus d’orange de bienvenue, j’ai droit à mon câlin langoureux personnalisé ! Bon, ne t’enflamme pas, Mama, comme son nom l’indique, n’est pas une première main. Mais en tout cas, son accueil fait plaisir à voir !
Aussitôt nos sacs à dos déposés dans notre chambre « sommaire », je n’ai qu’une obsession en tête : Aller enfin prendre le pouls de la Birmanie en général, et de Mandalay en particulier ! Nous partons donc arpenter les rues de la deuxième ville du pays pour la découvrir et s’en imprégner, mais aussi pour prendre connaissance des us et coutumes de nos amis birmans. Et ces bougres ne mettent pas long feu à nous surprendre. Déjà, on trouve de très nombreux stands où les birmans aiment s’assoir et discuter toute la journée. Jusque-là, à part que ceux-là passent pour des feignants, tout va bien. Mais si je te dis qu’ils s’assoient sur des chaises en plastique pour enfants, les mêmes que celles qu’il y avait tout à l’heure dans le bus, t’en dis quoi ? Peut-être se sont-ils trompés lors de la commande ? Ou alors ils ont tous grandi d’un seul coup ? Chérie, j’ai rétréci toutes les tables et les chaises de la Birmanie !!! Étrange... Allez, une autre ! De jeunes enfants jouent à la marchande dans les rues... Ah, Sandrine me dit qu’en fait, ils ne jouent pas... Et écoute celle-là, c’est la meilleure ! Si je te dis que les voitures roulent à droite tout comme chez nous, mais que les volants des véhicules sont également à droite comme en Angleterre, tu me crois ?... Oui, je sais, c’est complètement absurde, mais ce qui l’est encore plus, c’est la raison pour laquelle on en est arrivé là. C’est une voyante qui a un jour conseillé au général au pouvoir de changer du jour au lendemain le sens de la circulation afin d’améliorer le sort de son pays. Oui, oui, tu as bien lu « une voyante » ! Je la remercie donc sincèrement, car descendre d’un bus par la gauche et se retrouver au beau milieu de la route, ça va me faire tout un tas d’anecdotes à te raconter !!! Accident, hôpital, amputation,... Coool, mon audience va monter en flèche !!! On en reparle...
Nous n’avons fait qu’une centaine de mètres à pied et tu vois qu’il y a déjà beaucoup à dire... Ce que je peux te dire aussi, c’est justement que Mandalay ne se prête pas du tout à la balade à pied. Il fait très chaud, les trottoirs sont quasi-inexistants, les rues passent parfois du bitume... à la terre battue, il y a une circulation majoritairement constituée de deux-roues vraiment très dense, et chaque traversée d’intersection est une épopée. A ce sujet, si ton pote le subconscient te met des images en tête telles que des feux rouges ou des passages cloutés où les piétons ont la priorité, c’est qu’il est malencontreusement resté à quai en France. Car même si nous sommes dans la deuxième ville du pays, rappelle-lui bien que nous sommes en Birmanie !... Ok, donc une fois les deux trucs qui se trouvent à l’extrémité de nos jambes rayés de la liste pour se déplacer, que nous reste-t-il pour visiter la ville efficacement ?... Déjà, comment visiter la ville tout court ?... Efficacement, on verra plus tard... En vélos ? On oublie. En scooters, on oublie aussi ! Pour les premiers, il y en a à louer mais ils n’ont pas de porte-bagage pour les filles. Pour les seconds, à part un mec qui veut nous emmener tous les quatre sur son scooter, il n’y en a pas à louer. Du coup, je ne vois pas d’autre solution que d’avoir recours à un taxi rapidement négocié à quinze mille kyats pour le reste de l’après-midi...
Le programme que j’ai concocté nous emmène tout d’abord au nord de la ville afin d’y visiter le monastère Shwenandaw et les pagodes Kuthodaw et Sandamuni. Outre le fait qu’on y voit une magnifique bâtisse en teck et des pagodons à foison, ce sont surtout les birmans qui attirent mon attention. On m'avait dit que la Birmanie et ses habitants changeaient à toute vitesse. Du coup, j'imaginais inconsciemment tout le monde en jean avec un hamburger dans une main, et un gobelet de Coca dans l’autre. Ben figure-toi qu’on en est encore apparemment à des années-lumière ! Les femmes ont pratiquement toutes encore les joues peinturlurées de thanaka, une sorte de pâte à base de sève de bois censée les protéger du soleil... Je croirais presque voir Sandrine, le soir devant ses épisodes de Grey’s anatomy, les tranches de concombre en moins ! Quant aux hommes, ils portent toujours le longyi, cette grande jupe traditionnelle nouée à la taille et descendant jusqu’aux chevilles... En tout cas, qu’ils soient hommes ou femmes, il y a une chose pour laquelle ils ont le même comportement : Ils nous matent tous, ils nous scrutent tous, ils nous espionnent tous, ils nous dévisagent tous,... un peu comme si nous étions une famille de quatre blonds en vadrouille en Birmanie !!! Mais rien de malsain là-dedans, ils sont plutôt discrets et attendent qu’on leur fasse un signe pour manifester leur joie de nous voir ici parmi eux... Dans cet esprit, je suis sollicité par un bonze qui me demande tout timidement s’il peut discuter avec moi afin de parfaire son anglais... Ce que je peux te dire, c’est que soit son anglais est vraiment très mauvais, soit le mien est resté en CP car j’ai vraiment du mal à piper ce qu’il essaie de me dire : « French ? Pliway... A know Wafala Libeli... Football ! » Ce n’est qu’en entrant cette phrase dans mon appli de traduction « Français – Anglais avec un fort accent birman incompréhensible » que j’obtiens la signification : « Français ? Attends un peu... Je connais Franck Ribery, football ! » Bref, typiquement le genre d’échanges que j’adore... Ben oui, ça me prouve que mon anglais pourrait être bien pire !
Allez, après ces trois visites culturo-religieuses, je demande maintenant à notre chauffeur de taxi de nous emmener sur les berges du fleuve Ayeyarwady. Non seulement, cet endroit est le quartier pauvre de Mandalay où la vie locale bat son plein, mais c’est aussi d’ici qu’on peut assister à un magnifique coucher de soleil, spectacle monté chaque soir depuis des millénaires... Une fois sur place, la vie semble y être effectivement très difficile, mais les gens ont l’air d’être bien plus heureux que la grande majorité des parigots croisés dans le métro ! Et une fois de plus, nous ne passons pas inaperçus. Les filles jouent d’ailleurs avec leurs premiers copains birmans dans un parc à jeux qui aurait été fermé depuis belle lurette en France. Là, je prends conscience d’une des raisons principales qui me pousse à faire ce genre de voyage : S’extraire quelques jours de la société cadrée, normée et aseptisée dans laquelle nous vivons... Impôts, risques, lois, administration, règles, contrôles, argent, hygiène, concurrence, pression à outrance... Y’en a marre, laissez-nous respirer ! Bon, là, il faut que je me calme car sinon, tu vas appeler un exorciste !
Bref, notre première après-midi birmane prend fin et notre chauffeur nous ramène donc à notre guesthouse où nos dernières missions de la journée consistent à se connecter à internet pour rassurer les plus peureux de notre entourage et se trouver un lieu de becquetance traditionnelle... « Non,.......... nous.......... ne.......... nous.......... sommes.......... pas.......... encore.......... fait.......... enlever.......... ! Pas.......... de.......... rançon.......... à.......... prévoir.......... pour.......... l’instant.......... ! » Oui, comme tu peux le constater, internet est vraiment lent, à tel point qu’il découragerait même le plus mordu des geeks ! Quant aux gargotes de la rue, elles décourageraient certainement aussi les inconditionnels fans de Monsieur Propre. Mais pas nous, car nous sommes fin heureux de faire une nouvelle fois partie de ce tableau de la vie locale, le temps d’un moment, surtout que ce qu’on nous sert est à se faire pisser dans le bouche par le Manneken Pis tellement c’est bon ! Et je ne te dis même pas comment les gens sont intrigués de nous voir venir prendre notre repas parmi eux... Allez, si, je te l’dis ! Tu saisis tes baguettes, cinquante gusses te matent afin de savoir si tu sais t’en servir... Tu engloutis ta première bouchée de nouilles sautées, ces mêmes cinquante gusses attentent de voir ta réaction gustative... Tu te lèves pour aller aux toilettes, toujours les mêmes cinquante gusses qui se proposent de t’y emmener... Je peux te le dire, ce n’est vraiment pas facile de se décrotter le nez tranquillement quand cinquante pèlerins scrutent constamment tes faits et gestes... Faut dire quand même que le dernier gars qui me ressemble à peu près à être venu dans ce resto, c’était il y a trois ans lors de l’organisation d’un bal masqué où un birman s’était déguisé en Barack Obama, tu vois l’genre ?!?... Super repas, super soirée, et j’espère pouvoir te dire demain que ce fut également une super nuit ! De toute façon, demain est une autre aventure...
| | | À: Bibouns51 · 26 août 2016 à 13:46 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 13 de 86 · Page 1 de 5 · 3 846 affichages · Partager Sawadee krap Toujours la même verve.. avec option petites culottes MDR Cordialement | | | À: Obeoandpai · 30 août 2016 à 9:45 · Modifié le 2 fév. 2020 à 13:28 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 14 de 86 · Page 1 de 5 · 3 714 affichages · Partager Jour 4 (17 février) - Birmanie express, nouvelle saison
Qu'on m'amène le coq et qu'on le fasse chanter ! Il est en effet sept heures, l’heure de partir en vadrouille ! Petit retour quand même sur notre nuit à la Lay Lay Guesthouse... Accueil : Dix sur dix ! Insonorisation : Zéro tout rond ! Le voisin éternue sans mettre sa main devant la bouche et c'est toute la guesthouse qui se choppe un rhume carabiné ! Mais bon, crevés comme nous l’étions hier soir, cela ne nous a pas empêché de fermer l’œil... Et puis, comme je l’ai déjà dit, l’accueil est vraiment tip top ! Ça se confirme une fois de plus au petit déj’ car tu connaissais Superman, Spiderman, Batman, Catwoman, Bioman,... En exclusivité rien que pour toi parce que tu es sympa, je te présente maintenant Superbirmane, tout droit sortie de l’imagination des studios Marvel ! Derrière son déguisement de super héroïne, Mama la patronne de la guesthouse est vraiment adorable. Elle renseigne tous ses clients, se prend en photo avec nos filles, nous sert un copieux petit-déj’, nous dit combien elle est heureuse de nous revoir ce matin, passe un coup de balai, débarrasse les tables,... et bien sûr, toujours avec une énorme banane collée au beau milieu du visage. Et le pire, c’est qu’elle n’a pas l’air de forcer sur ses zygomatiques !
Espérons que le chauffeur de taxi que j’ai négocié pour la journée soit du même calibre ! D’ailleurs, en parlant du loup, on en voit déjà le bout du pot d’échappement... Sympa, je n’sais pas encore... Ponctuel, ça c’est sûr ! Aussitôt dans notre taxi,... Euh, pardon, je reformule : Aussitôt dans notre bétaillère, nous faisons la connaissance de mister Faty, qui en plus du chauffeur, nous accompagnera pour la journée... « Euh... Tu avais précisé que tu voulais un guide quand tu as négocié avec le taxidermiste hier soir ? - Allons Sandrine ! Moi, réserver un guide ? Tu n’me connais pas ou quoi ?... Mais ne t’inquiète pas, je vais lui trouver une occupation à ce bon monsieur Faty !... » Et là, même pas la peine de lui sortir un avenant à son contrat de guide pour lui notifier qu’il sera officiellement notre miss Fine à nous, alias la nounou d’enfer des filles pour la journée ! Car dès le premier arrêt, sans même une once de résistance, il prend son nouveau rôle très à cœur... Ça nous permet en tout cas de profiter à pleines dents de cette première visite qui nous mène dans un atelier de fabrication de feuilles d’or. Maintenant que je suis sur place, moi je sais quelque chose que toi tu n’sais pas... Même que je sais comment ils fabriquent les feuilles d’or et que toi tu n’le sais même pas... Allez, à ton avis, comment fabriquent-ils ces fameuses petites feuilles d’or qu’une grande partie des asiatiques du sud-est s’amuse à coller sur les statues de Bouddha ? Réponse A, ils posent une toute petite pépite d’or dans une grosse machine super high-tech et il en ressort comme par magie tout un tas de feuilles d’or conditionnées par paquet de cent, prêt à partir à l’export... Réponse B, ils prennent un cube d’or de cinq centimètres par cinq et y découpent de fines feuilles à l’aide d’une rappe à parmesan importée pour l’occasion tout droit d’ Italie... Réponse C, ils prennent une pépite de trente et un grammes d’or qu’ils allongent en ruban d’une dizaine de centimètres dans une machine hyper archaïque. Ils découpent ensuite le ruban en petits carrés d’un centimètre sur lequel un gars va taper comme un forcené avec un gros marteau en bois pendant pas moins de cinq heures. Pendant ce laps de temps, ils aplatissent, découpent le résultat en quatre, retapent, redécoupent en quatre,... pour au final obtenir pas loin de vingt mille feuilles d’or avec un seul de ces petits cailloux... Alors, verdict ?... Et oui, réponse C ! Comment as-tu deviné ?... Tu n’as pas cru mon histoire de rappe à fromage ?...
Bref, on continue le programme que j’ai soigneusement concocté... Au menu, des pagodes, des monastères, des stupas,... Bref, du religieux, du religieux, et encore du religieux ! Mais pas du « religieux » de pacotille ! Du « religieux » trié sur le volet ! Le haut du panier du « religieux » !... Non, rien à voir avec les parties intimes d’un curé !... Comment ça, ma blague est nulle ? On est sur j'aipasd'humour.com ou quoi ? Et puis je ne savais pas comment introduire notre arrivée à la pagode Mahamuni, voilà qui est fait... La pagode Mahamuni, celle-là même qui renferme la statue de Bouddha la plus vénérée, la plus adulée, la plus célébrée,... Bref, celle que les birmans ben ils préfèrent ! Elle date de cent ans avant Jean-Charles et était à l’origine en bronze. Bon, ok, elle l’est toujours, mais est maintenant recouverte d’environ quinze centimètres bien tassés de feuilles d’or. Et vue l’épaisseur d’une de ces feuilles, imagine un peu le nombre qu’il a fallu pour obtenir ce résultat. A l’entrée, des photos datant d’un siècle nous montrent un bouddha svelte, alors que celui qu’on découvre face à nous a une silhouette difforme et bien grassouillette, comme s’il était atteint d'une maladie dégénérative... Et je te le jure, pour une fois, le vilain clown Ronald McDonald n’y est pour rien !
Bon, et si on allait voir ce Bouddha d’un peu plus près ?... « Euh, Sandrine, si tu te penches en avant et que tu regardes ton entre-jambe, tu n’y verras rien... Tout du moins, je l’espère... Ce qui signifie que tu n’as pas le droit d’approcher, et encore moins de toucher mister Bouddha ! Mais je te raconterai, c’est promis ! » Et oui, avec les femmes, Bouddha veut garder ses distances. Il est méfiant et je dois dire que quelques fois, je le comprends un peu...
En tout cas, me voilà seul blondinet parmi les birmans, en train d’humer l’ambiance mystique qui entoure ce gros bout de métal... Des dizaines, peut-être des centaines de personnes, sont là, soit à genoux en train de prier devant sa majesté, soit en train de lui ajouter une énième couche de gras sur le bide... Tout ça se passe dans un silence de cathédrale, une forte odeur d’encens dans les naseaux... Je dois avouer que je suis sous le charme... A deux doigts de me tondre le cuir-chevelu et de revêtir une cape grenat de super-héros... Cinq minutes plus tard, je m’aperçois qu’une grande partie des personnes venues à la pagode pour voir Bouddha n’en ont plus que faire. Ils n’ont maintenant d’yeux que pour... Anna et Sasha ! Pour peu, elles voleraient la vedette à la star des lieux ! Séance photos avec tata Janine, avec le bébé qui vient de naître, avec toute la famille réunie, avec le grand oncle Gaston qui fait son timide, avec le petit de la voisine,... et tout ça orchestré par mister Faty qui se la pète grave ! « Si vous voulez avoir le privilège de prendre une photo avec elles, il faut me demander une autorisation avant, ok ?!? Chacun son tour, merci ! Faites la queue ! »
Euuuuh, mister Faty, c’est bien beau tout ça, mais ça va bientôt être l’heure de la très très photogénique distribution du repas des moines au monastère de Mahagandhayon... Allez, tous en voiture ! Pendant le trajet où de nombreux birmans sur leurs pétrolettes nous sourient et nous font signe, je profite pour te confier que j’ai longtemps hésité à venir voir cette scène de mes propres yeux. Je n’te parle pas des birmans chevauchant leurs motos, un large sourire greffé sur le visage, là ! Concentre-toi un peu ! Je te parle de la distribution du repas des descendants de Tortue Géniale !!! Du coup, veux-tu savoir pourquoi j’ai hésité à venir voir ça ?... Oui ?... Ben disons que c’est un peu comme si des extra-terrestres venaient te mitrailler de photos lorsque tu fais la queue au Mc Do, tu vois l’genre ?... Mais bon, je te l’accorde, la scène doit être un poil plus photogénique qu’une famille de quatre blonds en train d’hésiter entre un Royal Cheese et un Mc Chicken... Bref, après moultes tergiversations, j’ai quand même cédé à la tentation de venir assister à ça... Sur place, à dix heures quinze précise, des centaines de moines se mettent sur deux files pour recevoir leurs pitances alimentaires quotidiennes dans une gamelle de taille olympique. Et les touristes en forment une troisième, juste à côté, pile poil pour recevoir eux aussi leurs rations... de photos... Bon, effectivement, ça fait un peu voyeur sur les bords... Monsieur le curé, je dois me confesser en vous révélant que le petit ange que j’ai sur l’épaule droite se sent un poil mal à l’aise... Par contre, le diablotin sur mon épaule gauche est fier de lui de m’avoir poussé à venir, rien que pour le coup de clic-clac Kodak qui en jette quand même un max... Juge-en par toi-même...
Bon, je passe rapidement sur la visite d’une tisserie que j’avais demandée à mister Faty... Nous sommes en effet maintenant à Amarapura, capitale mondiale des jupes-pantalons birmans appelés longgy, et je souhaite m’en acheter un exemplaire, non pas pour aller voir mes clients quand je rentrerai en France, mais pour me fondre un peu plus dans la masse parmi les birmans. On entre donc dans la manufacture, on passe par le magasin attenant... Mauvaise pioche ! Mister Faty nous a emmené dans un truc à touristes, prix y compris ! Mince, il me prend donc pour un membre de cette confrérie des touristes auxquels j’essaie pourtant de ne pas ressembler... Tant pis, étape suivante !
Et celle-là, elle me tient particulièrement à cœur : L’école monastique d’Aung Myae Oo à Sagaing ! Inutile d’ouvrir ton guide du Routard tout neuf pour rechercher ce que c’est, ils n’en ont à mon avis jamais entendu parler... En fait, lors de mes recherches de l’été dernier, je suis tombé par hasard sur un article sur internet qui parlait de cette école fondée par trois professeurs bénévoles birmans pour répondre à un besoin non assouvi d’éducation pour les jeunes enfants démunis et orphelins du coin. Sauf que la définition « du coin » n’était certainement pas assez précise puisque la trentaine d’enfants à la rentrée des classes de 2003 a fait des petits... Ils sont maintenant plus de mille six cents !... Aussitôt l’article lu, aussitôt cette école inscrite dans mon itinéraire !... Pour moi, une « visite » évidente ! Mais pas pour tout le monde... Mister Faty se demande bien pourquoi une tête de coton-tige comme moi veut aller dans un endroit pareil... « Alors, mister Faty, est-ce que tu m’prends toujours pour un touriste comme les autres ?... Tu vois, moi, il m’en faut plus ! » Ben oui, qu’est-ce que tu crois, je n’suis pas une femme facile, moi !...
Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par quelques professeurs à qui je demande s’ils nous autorisent à déambuler dans leur établissement. Pour les appâter, c’est le moment que je choisis pour sortir notre « trésor » de guerre : Trois bons gros kilos de fournitures scolaires ! Mais ne me prends pas pour le bon samaritain que je ne suis pas, je ne fais bien évidemment pas ça gratuitement ! D’ailleurs, ici, tout le monde en est bien conscient puisque mes honoraires me sont versés comptants, sans aucun besoin de me pourvoir en réclamations : Signes d’affection par centaines, sourires par milliers ! Bien évidemment, c’est Sasha et Anna qui se chargent de la distribution. Seul problème, la nouvelle fait rapidement le tour de l’école et je m’aperçois combien le Père Noël doit galérer pour satisfaire tous les enfants du monde en un seul et même soir... Et un peu comme Schindler en son temps, je me dis que nous avons fait beaucoup pour ces enfants aujourd’hui, mais qu’on aurait certainement pu amener un cahier supplémentaire, ou alors deux, ou alors dix,... quitte à se charger un peu plus... Car ça, c’est effectivement la bonne nouvelle of the day d’aujourd’hui ! Outre le fait d’avoir apporté quelques petits grammes de joie à chacun de ces enfants, nos sacs à dos seront à partir de maintenant moins lourds de trois kilos ! Allez, nous ne sommes restés ici qu’une petite heure, mais c’est avec un gros pincement au cœur que nous devons nous résigner à poursuivre notre vadrouille. Anna et Sasha, ensevelies de câlins d’adieu en ont la larme à l’œil... Bref, tu l’as compris, sur ce coup-là, le meilleur des organisateurs de voyages n’aurait pas fait aussi bien !...
On s’attaque maintenant à une visite un peu plus conventionnelle : La pagode Pannya Shin. Intérieur kitch au possible ! Pour peu, on se croirait à la fête foraine de Bouddha ! Ça scintille et ça lui clignote même sous les dessous de bras !... Mais ce n’est pas non plus la vue sympa sur les environs que je vais conserver de cette visite... Non, une nouvelle fois, ce sont les échanges avec les birmans que je retiendrai. Des moines rasés, des mecs branchés, des femmes surannées, des demoiselles bien gaulées, des papys édentés,... Et là, tu te dis : « Mais comment fait-il pour discuter comme ça avec tout ce petit monde ? » En fait, je dois t’avouer que cette réussite n’est autre que le résultat d’un travail de longue haleine... La première pierre à l’édifice, tu la poses un soir d’hiver très froid où tu vas faire don de ton corps à la science en général, et à ta chère et tendre en particulier. Injection massive d’alcool pour se donner du cœur à l’ouvrage autorisée... Là, avec un peu de chance, cet élan de générosité engendre un enfant. Avec beaucoup de chance, il s’agit d’une fille. Avec énormément de chance, elle est blonde aux yeux bleus. Pour assurer le coup, tu renouvelles l’expérience trois ans plus tard et là, bol monumental, même résultat ! Après ça, tu n’as plus qu’à te rendre en Birmanie où bien sûr, tu n’oublies pas d’emporter sous le bras le résultat de ce dur labeur consenti un soir d’hiver très froid, huit ans auparavant... Ouf, le plus dur est fait, tu n’as plus qu’à laisser la magie opérer... Car tu l’as compris, une fois de plus, il y a bagarre pour approcher, photographier, toucher une de mes blondinettes... Je n’ai alors plus qu’à me baisser pour ramasser les occasions de contacts...
Et ça ne fonctionne pas uniquement que pour la visite de la pagode Pannya Skin, vu que le déroulement de la visite de la pagode Umin Tonzeh en est un copier-coller, mis à part que ce qu’on y voit est beaucoup plus gouleyant à mon goût... Long escalier pour te faire suer, grande esplanade carrelée pour te brûler les pieds, alignement de statues de Bouddha qui se laissent facilement photographier,... Mais bon, la nourriture spirituelle c'est bien, mais quand il est quatorze heures et qu’on a faim, la nourriture tout court, ce n'est pas mal non plus. Un p’tit boui-boui sympa juste en bas de l’escalier de la pagode et ça repart ! Direction l’île d’Inwa !
Pour y aller, pas d’autre choix que de traverser l’Ayeyarwady avec le seul et unique petit bateau d’un gars qui attend le touriste de pied ferme. Et une fois passé de l’autre côté, tu constates une autre situation de monopole, précisément celle des chauffeurs de carrioles tirées par des chevaux... Dit comme ça, ça fait un peu piège à touristes, non ?... Non seulement, ça y ressemble fortement, mais en plus, le piège vient de se refermer sur moi ! Car maintenant que nous sommes là, tu imagines bien que le bateau s’est fait la malle et que les filles ont comme par hasard une envie folle de murmurer à l’oreille des chevaux, décorés tout spécialement pour fêter leur venue. « Allez, Franck, sors ton beau billet de dix-mille !!! » Bon, concrètement, il ne faut pas venir en Birmanie uniquement pour voir ça, mais la balade reste quand même sympa. J’aime par exemple beaucoup la visite de la pagode Yedanasini où l’ambiance y est hyper zen... Vieilles statues de Bouddhas recouvertes de fleurs de flamboyants, gosses jouant dans la poussière, stupas en ruine, vendeurs de pacotilles ne te regardant pas comme l’étranger qui va nourrir leur famille durant les six mois à venir,... Bref, un piège à touristes agréable...
La dernière étape de notre périple du jour nous mène certainement à l’endroit le plus connu des environs : Le pont en teck d’U-bein. Ce pont, long de presqu’un kilomètre et demi et large d’environ trois mètres, a été construit pour permettre aux locaux d’aller travailler de l’autre côté du lac. Si bien que si tu t’y pointes à l’heure du retour du boulot, tu peux y voir de nombreuses scènes de la vie locale, à part bien évidemment sur les deux cents premiers mètres sur lesquels s’agglutinent les touristes... Comme dit tout à l’heure, j’essaie de ne pas faire comme les autres ! Du coup, on traverse les deux tiers du pont pour descendre sur un îlot et se positionner tout bien comme il faut pour profiter du paysage au coucher du soleil. Magique...
Voilà que se termine cette très belle journée de découvertes pour touristes, vécues par quelqu’un essayant de ne pas trop se comporter comme tel... Voilà que se termine notre visite de Mandalay et de ses environs où il est possible, selon ton humeur, ton tempérament ou du temps dont tu disposes, de passer une, deux, voire trois journées à Mandalay. Pour ne pas faire de jaloux, tu l’as constaté, j’ai coupé la pomme en deux puisqu’on aura finalement passé un jour et demi sur place ! Alors, oui, ce ne fut qu’un survol de la ville, mais les voyages étant pour moi un survol de l'essentiel et l'essentiel étant infini, ça me convient... Ouah, quelques fois, je me fais peur quand j’écris ! Soit je suis super intelligent, soit je fais concurrence à Franck Ribery !... Non, ne réponds pas, je ne t’ai pas demandé ton avis !!!
Du coup, tu t’interroges maintenant sur notre destination de demain, n’est-ce pas ? Et bien en parlant de ne pas faire comme les autres touristes, j’ai décidé d’aller à Pakkoku, une petite ville où il n’y a rien à faire, rien à voir de spécial... Simplement le fait d’être à un endroit où les birmans n’ont pas l’habitude de croiser des « touristes », et profiter de cette situation pour échanger avec eux... A l’évocation de cette volonté, Maître Sandrine par l’odeur alléchée, me tient à peu près ce langage... : « Hors de question d’aller dans un endroit pareil ! Autant aller dans un village de campagne au fin fond de nos Ardennes, ce sera pareil ! Fin des négociations ! »
Bon, je compte sur toi pour motiver Sandrine pour faire un arrêt dans cette petite ville... Comme argument, tu peux toujours lui dire que c'est sur notre chemin, que ça a l'air bien sympa, que ce n’est pas cher du tout,... Et puis elle peut faire un effort, non ? Au pire, je peux toujours tenter le chantage... Si pas de Pakkoku, pas de pause Robinson en fin de voyage, pas de super hôtel piscine resto cocktail en milieu de séjour... Ah, ces arguments mis en avant autour d’une bonne Mandalay Beer bien fraîche font leur petit effet... Pakkoku, je te dis donc à demain !!! De toute façon, demain est une autre aventure... | | | À: Bibouns51 · 30 août 2016 à 10:45 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 15 de 86 · Page 1 de 5 · 3 704 affichages · Partager Si je dis a ma douce comment tu parles de bouddha et de ses annexes elle va te faire faire15 fois le tour de l'intégralité des pagode birmanes (attelé a un char a bœufs) pour peu qu'il y ai dans les parages un furieux de YouTube et des réseaux sociaux tu nous fait un buzz mondial
La suite bientôt... mais déjà dispo sur mon blog (avec photos)..
perso quand je lis un roman ou un récit " sanouk" (*) doublé de " talok" (*) je préfère le finir avant de passer aux images, ou pas (comme pour le ciné)
(*) devinettes: sanouka-chiant b-ouai, bon. c- passionnant taloka- barbant...je passe a autre chose b -sourire c- a hurler de rire et contrairement a toi, je ne dévoile pas la réponse | | | À: Obeoandpai · 30 août 2016 à 10:53 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 16 de 86 · Page 1 de 5 · 3 696 affichages · Partager Sanouk, je connais ! Et ce serait plutôt le "c". Par contre, talok, moi pas connaître (et Google non plus lol). Vu le contexte de la phrase, j'espère aussi un petit "c" ! J'ai bon ?
Rassure-toi, bientôt la suite ! A+ | | | À: Bibouns51 · 30 août 2016 à 11:22 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 17 de 86 · Page 1 de 5 · 3 690 affichages · Partager Sanouk, je connais ! Et ce serait plutôt le "c".
gagné (mais, gare au déclassement si tu ne suis pas le rythme)
j'espère aussi un petit "c" !
C'est B tirant (très) fortement sur le C voyageforum.com/v.f?post=926197#926197
Présentement, tu as gagné une exonération du tour des pagodes | | | À: Obeoandpai · 8 septembre 2016 à 0:26 · Modifié le 2 fév. 2020 à 18:05 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 18 de 86 · Page 1 de 5 · 3 576 affichages · Partager Jour 5 (18 février) - Un routard parle aux routards...
Ce matin, Sandrine et moi sommes en pleine discorde ! Pakkoku or not Pakkoku ? Là où Sandrine prône la négociation, je préconise quelque chose de bien plus efficace pour être sûr de se mettre d’accord : Moins cher que le divorce, moins bruyant que les disputes,... un coup d'pelle et un trou au fond du jardin !... Comme ça, c’est sûr, à Pakkoku, j’y go !... Bon, allez, rassure-toi, nous ne tournons pas le remake de Kramer contre Kramer au pays des birmans ! En fait, en direct sur Radio Mandalay, je t’annonce même que Sandrine a cédé sous mes coups de boutoir, tard hier soir... La rébellion ayant capitulé, la journée d’aujourd’hui sera Pakkoku ou ne sera pas... D’ailleurs, tu m’excuseras mais je n’ai pas voulu te réveiller aux aurores ce matin, car nous nous sommes levés très très tôt pour attraper le bus pour Pakkoku. Et à l’heure où tu daignes enfin te décoller la peau des yeux, nous sommes déjà dans ce fameux bus. Je dis « fameux » car tout voyageur en Asie du sud-est sait que sa vadrouille ne peut arriver à son terme sans passer par un, voire deux, voire une multitude de trajets en bus. C’est un incontournable, c’est comme ça, faut faire avec, ça fait partie intégrante de tout périple asiatique, au même titre que les statues de mister Bouddha, que la cuisine qui t’arrache la glotte ou qu’une bonne nuit de diarrhée passée le joufflu sur les toilettes ! C’est un voyage dans le voyage et notre fameux premier bus birman en est la preuve vivante ! Quoique, je ne sais pas si le terme « vivant » soit le plus adapté pour commencer la description de notre bus qui nous mène ce matin à Pakkoku... Rouillé, préhistorique ou encore déglingué seraient certainement des qualificatifs plus appropriés, mais passons... Je vais juste terminer là-dessus avec un dernier petit détail. Le détail qui tue ! Ce détail, c’est que les fenêtres ne s’ouvrent pas... Non, je ne vais pas faire ma chochotte qui pleurniche en te disant qu’il fait chaud, que le bus date d’une période où la clim n’était pas encore née, que mes aisselles sont mises à rude épreuve, que ça sent une odeur de pieds macérés dans leur jus de chaussettes,... Non, le truc, c’est que tous birmans qui se respectent chiquent le bétel ! Et qui chique le bétel doit à un moment ou à un autre cracher sa Valda ! Du coup, un birman dans un bus, c’est jamais sans son petit réceptacle à glaviots. Boîtes de Pringles et autres bouteilles de Volvic connaissent ici un recyclage tout trouvé !... Et ça se racle la gorge, et ça crache, et ça jute, et ça dégouline,... Désolé pour les détails, j’avais besoin que ça sorte, presqu’autant qu’eux...
Allez, preuve que nous n’allons pas dans un endroit touristique, nous sommes les seuls blancs d’poulet du convoi. Et pour ne pas changer une équipe qui gagne, l’expression « Y a plus de place ! », ici, eux pas connaître ! Là où le bus affiche une cinquantaine de places assises au compteur, je dénombre en tout et pour tout soixante-dix paires de fesses, quelques-unes devant donc se satisfaire une nouvelle fois de petits sièges en plastoc installés dans l’allée centrale. Le pire, c’est qu’il y en a qui arrivent à s’endormir en étant avachis sur ces accessoires de dînette...
Bref, deux heures et demie d’immersion plus tard, nous parvenons enfin à Pakkoku... Enfin, c’est ce que je crois... Car à l’entrée de la ville, pas un panneau d’indication... Comment allons-nous savoir si Pakkoku est jumelée avec une autre ville ? Ou si le grand jury national lui a attribué une, deux, voire trois fleurs au grand concours des villes fleuries... Tu m’excuseras, je ne vais donc pas pouvoir être aussi précis que d’habitude dans mes explications... Ah, ça y est, le bus s’arrête,... Seules cinq ou six personnes en descendent... « Excusez-moi, est-ce que c’est ici qu’on doit descendre ? Sommes-nous à Pakkoku ? - ???!!!??? - Pakkoku ? - Jacky Chan ping pong laousakaï... Yes... - Yes ??? » Trop tard ! Nous n’avons pas encore réussi à faire bouger le premier gars endormi dans l’allée sur son siège de Barbie que le bus remet déjà les gaz... Heureusement, Saint Antoine de Maximy, le saint patron des voyageurs est avec nous ! Car à Pakkoku si tu vas, entre deux arrêts tu auras le choix ! Ouf...
Allez, sans regret, j’abandonne mon siège défoncé et comme prévu... j’ai mal... Et Pakkoku ! Dans le haut du dos et aux genoux aussi... Mais l’essentiel est ailleurs ! Bienvenue dans la ville où en dehors de pas grand’chose, ben y’a rien à voir ! « Mais vous êtes fous ? Oh oui ! Mais vous êtes fous ! »... T’inquiète, on vient juste d’arriver mais le Franck sait déjà que le coin va lui plaire... Car de premier abord, Pakkoku fleure bon l’exotisme. Je reformule. Nous sommes la touche d’exotisme de Pakkoku... Tout le monde nous regarde comme des martiens débarqués en pleine campagne ardennaise... A part peut-être les chauffeurs de taxis qui eux, ont bien compris qui nous sommes et l’aubaine salariale que nous représentons... Quatre-mille cinq cents kyats pour nous emmener en centre-ville, soit le PIB du pays au complet ! Du coup, nous nous rabattons sur l’option à deux mille, non pas sur une moto-crottes, non pas sur un motoculteur, mais bien sur une moto-camion, nouveau moyen de transport que nous pouvons désormais mettre à notre actif !
« Où souhaitez-vous aller ? - Miya Miya ! » Je pense que c’est le bon moment pour t’annoncer la seconde bonne raison pour laquelle j’ai choisi de venir ici : La description sur quelques blogs de vadrouilleurs de la seule et unique chambre d’hôte de toute la Birmanie, chez Miya Miya ! L’occasion d’être accueillis chez quelqu’un dans un pays où les habitants n’ont normalement pas le droit d’héberger des touristes... Bien évidemment, étant resté sous la menace d’un embargo sandrinesque jusqu’à hier soir, je n’ai rien réservé. Peut-être aussi pour ajouter un soupçon de suspense à notre voyage... Et alors ?... Eureka, ses deux chambres sont libres ! On les prend ! Bon, pour ne rien te cacher, ce n’est pas le Club Med cinq étoiles... Ni même une étoile, d’ailleurs... La chambre est simpliste au possible et la salle de bain... et bien, comment te dire ?... Pour faire simple, mieux vaut de suite oublier la salle de bain... Mais pas de souci me concernant vu que je ne vadrouille pas en quête d’endroits plus confortables que mon chez-moi... Malheureusement, ce n’est pas le cas de ma Sandrine bien-aimée qui a une phobie quelque peu bizarre. Elle est drassalephobique... Oui, il y a des gens, comme ça, qui ont des phobies très exotiques... Ben quoi, Loana a bien la phobie des légumes !... Bref, si je te dis tout ça, c’est bien évidemment que madame Sandrine y retrouve à redire quand elle passe au détecteur de crasse la literie de nos chambres... Et c’est officiel, elle attribue à Miya Miya le titre de chambre la plus miteuse de toutes nos vadrouilles planétaires, rien que ça ! Du coup, tu commences un peu à la connaître, elle croise les bras, fronce les sourcils et décrète qu’elle sera de mauvaise humeur toute la journée... Bon, malgré ces sandrineries, je ne me fais pas trop de souci car je compte sur les pakkokusiens pour lui redonner le sourire pour les vingt années à venir ! D’ailleurs, on va s’occuper de ça tout de suite...
Pour commencer, on traverse le quartier où habite Miya Miya qui nous fait oublier que nous sommes dans une grande ville. On se croirait plutôt dans un village... Les rues prennent en effet des allures de pistes poussiéreuses, bordées de vieilles bâtisses sommaires en bois ou en bambou, et de jardins luxuriants...
Ensuite, en poussant un peu plus notre exploration, nous approchons du centre-ville... et du monde qui va avec... C’est là que le festival de Cannes commence ! Mingalaba alias bonjour par-ci, mingalaba alias bonjour par-là ! Outre le fait que je trouve la ville colorée, vivante, arborée, cool,... je suis rapidement conforté dans mon choix d’être venu ici grâce à la gentillesse des gens du coin qui nous éclabousse au visage ! Là, quelques hommes en train de charger des sacs de riz dans une épave de camion ; là, des femmes en train de vendre quelques fruits sur une toile à même le sol ; là, des enfants jouant dans la poussière avec un bâton et un vieux pneu de vélo,... Point commun ? Ils stoppent tous leurs activités pour profiter de l’événement interplanétaire ayant lieu à Pakkoku aujourd’hui : Le groupe de rock « Franky family » est en train de défiler dans leurs rues ! Certains sonnent même le rappel dans les maisons et magasins pour être sûrs que personne ne loupe ça...
Si bien que dans la rue, autour de nous, ça devient vite une pagaille extraordinaire, même si c’est un euphémisme de dire ça lorsqu’on se trouve en Birmanie... Ici, un attroupement de gentils « moqueurs » se forme pour assister à ma séance d’essayage de longgys dans le marché couvert... Là, idem lorsqu’une femme barbouille le visage d’Anna et Sasha de tanaka... On nous fait goûter des fruits, des pâtisseries, des insectes grillés,... Bien sûr, tu te doutes bien que les gens d’ici ont un niveau d’anglais aussi élevé que notre niveau de birman... L’écriture des dialogues est donc aussi simple que pour un documentaire animalier. Qu’à cela ne tienne, ils sont largement compensés par le langage des zygomatiques ! Bref, tu l’as compris, pas de paysage grancanyonesque à Pakkoku, ça, on est d’accord... Ok, pas de construction toureiffeloise non plus... Et pourtant... Tu n’imagines pas ce que ça fait d’avoir l’impression d’être l’événement de la vie de chaque nouveau birman croisé ici... Comblé de bonheur... Je le suis... Comme un poney à quatre pattes sur un trampoline !
Si cela ne tenait qu’à moi, je poursuivrais bien mon bain de foule papal toute la journée. Mais mon ethnie familiale commence à réclamer son dû de nourriture... et de calme... Direction un petit resto conseillé par Miya Miya... Là aussi, même limitation dans les échanges. Pas de menu, ni même de photo des plats sur papier glacé... « La même chose que nos voisins s’il vous plait ! » Même ça, je ne pense pas qu’elle l’ait bien compris car elle nous apporte toute une multitude de plats : Des soupes, des nouilles, du poulet en sauce, du bœuf, du riz, du thé,... Le tout est succulent mais vu qu’il n’y a même plus de place sur la table, j’ai peur que la note soit salée... Sept euros pour nous quatre !!! J’en déduis donc que « la même chose que nos voisins s’il vous plait » doit vouloir dire « Je veux manger, en grande quantité et pour pas cher » en birman ! Et hop, une astuce en plus ! Merci Huggy les bons tuyaux !...
Après ça, l’objectif de l’après-midi, c’est quand même de visiter les visites qu’il y a à visiter à Pakkoku. Un petit tour à la pagode et un passage rapide dans une fabrique de tongs en pneus recyclés... Oui, ne fais pas ton ébahi déconcerté, je t’avais déjà prévenu qu’il y avait autant de visites à Pakkoku que de neurones dans la tête de ma sœur. Euuuh, j’aurais aussi pu choisir Nabilla ou Franck Ribery, mais ça n’aurait pas été assez représentatif... Bref, comme je m’y attendais, la pagode est... une pagode, rien à en dire de plus... Quant à la fabrique de tongs, elle est... loin... On marche, on marche,... interrompus dans notre effort de nombreuses fois pour poser de nouvelles fois pour les paparazzis... On marche, on marche,... interrompus dans notre effort par un moine bouddhiste qui s’adresse à moi en anglais... Aaaah, ça fait plaisir !... Ce qui fait surtout plaisir, c’est qu’après avoir sympathisé, visité ensemble la fabrique et discuté de la Birmanie, de la France, de religion, de politique, de Bouddha, de foot, de la vie en général pendant une demi-heure avec lui, il nous propose de nous faire entrer dans le monastère dans lequel il vit pour une visite privée... « Nom d’un paquet de biscuits secs, je veux mon n’veu ! »
Et puis une petite visite d’un quart d’heure ne va pas bouleverser notre programme, n’est-ce pas ?!?... Tic tac tic tac tic tac... Deux heures plus tard, nous sommes toujours là, en train de peaufiner notre culture bouddhiste auprès de tous les moines du monastère... Sais-tu par exemple quels sont les dix commandements des moines bouddhistes ?... Non ?... Allez, sers-toi, c’est gratuit : Avoir un grand cœur, suivre le code de discipline monastique, être en bonne santé, savoir s’habiller, être propre, être intelligent dans son comportement, marcher sereinement, parler de manière censée, être assidu au travail, obéir aux règles. C’est marrant, il n’est même pas obligatoire de croire en Bouddha !... Aussi, peut-être te poses-tu la question de savoir pourquoi il y a autant de pagodes toutes aussi belles que luxueuses en Birmanie, alors que le niveau de vie des birmans est si bas ? Oui ? Ben ça tombe bien car j’ai posé la question de ta part... En fait, lorsque les gens ont quelques économies, la fièvre acheteuse s’empare d’eux et ils ne peuvent résister au tout nouvel écran plat quarante-neuf pouces 4K 3D, son dolby surround... Non, bien sûr, tu as compris qu’ils veulent aussitôt faire plaisir à leur Bouddha chéri en lui construisant une pagode. Une sorte d’assurance pour leur vie future... Au final, un birman consacre environ vingt pour cent de ses revenus à l’entretien et à la construction de ces monuments sacrés... Hallucinant, non ?... Bref, un moment d’échange vraiment sympa... Un de plus, qui se conclut bien évidemment par la petite séance photos traditionnelle...
Allez, la nuit est tombée, il est l’heure de regagner nos pénates, surtout que Miya Miya, alias la Maïté birmane, nous a préparé pour ce soir un repas traditionnel birman. Pour commencer, du riz blanc et un petit bout d’omelette... « Aaaaaah, ces amuse-bouche m’ont mis en appétit ! Amenez-moi les poulardes, les veaux, les rôtis, les saucisses ! Où sont les fèves, les pâtés de cerf et les cygnes bien poivrés qu’on ripaille à plein ventre ? Et qu’on m’apporte du vin pour que je pisse à foison !!! » Ah ben non, en fait, il n’y avait que du riz blanc et de l’omelette en guise de repas traditionnel... A y réfléchir, elle a certainement voulu nous montrer ce qu’était réellement un vrai repas traditionnel birman... Mais ce n’est pas comme ça que la pauvre Miya Miya va remonter sa cote auprès de Sandrine... Bref, j’en ai assez dit pour aujourd’hui. Moi, je vais me coucher dans mes draps de soie immaculés... Je te laisse contempler mes photos du jour, en attendant celles de demain. De toute façon, demain est une autre aventure... | | | À: Bibouns51 · 28 septembre 2016 à 8:46 · Modifié le 3 fév. 2020 à 10:25 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 19 de 86 · Page 1 de 5 · 3 447 affichages · Partager Jour 6 (19 février 2015) - La huitième merveille du monde
Et ben alors, qu’est-ce qui s’passe ? Le p’tit bouchon a un coup d’bourdon ?... Rassure-toi, j’ai ce qu’il te faut en magasin ! Le docteur Louis de Funès va te faire une ordonnance pour une bonne dose de ma nouvelle journée de vadrouille ! En plus, si tout se passe comme l’organisateur en chef l’a prévu, cette cuvée devrait être un bon cru... Car aujourd’hui, 19 février 2015, c’est la date entourée, stabylotée, surlignée depuis de loooongs mois dans mon petit agenda cartonné. Aujourd’hui, 19 février 2015, c’est le jour tant espéré de notre arrivée à Bagan !... Comment ?... Tu n’as jamais entendu parler de Bagan ?... Bon, je ne vais pas te fouetter avec mes chaussettes sales pour ça ; Bagan fait partie de ces sites que tu as pour sûr déjà vus sur Arte ou dans une vieille encyclopédie poussiéreuse chez mémé sans réellement savoir où ça se situait, ni même comment ça s’appelait. Et quand tu vas voir mes photos, tu vas te dire « A mais oui, mais c’est bien sûr !!! » Moi aussi, quand j’étais jeune, au siècle dernier, je suis tombé sur une photo de ce site. Et à l’époque, après m’être assuré que ce n’était pas un photomontage, je me suis fait la promesse solennelle, juré craché, si j’mens, j’vais au Parc des Princes, de venir voir ça de mes propres yeux rougis d’émotion. Donc depuis, un compte à rebours égraine inexorablement les secondes pour nous amener à la date fatidique... C’est ça, tu as tout compris : « Au 19 février 2015 ! » C’est bien, je vois que tu suis...
Mais ne vendons pas la peau de la charrue avant les bœufs !... Nous sommes encore à Pakkoku et mon p’tit doigt me dit qu’il va bien nous arriver encore une ou deux bricoles à te raconter avant d’arriver à Bagan... Bon, je ne vais pas m’appesantir très longtemps sur le p’tit déj’ de Miya Miya façon programme Weight Watchers éthiopien... Ensuite, je ne vais pas t’expliquer non plus que notre énième traversée de la ville a de nouveau déclenché un mouvement de foule... Par contre, je vais bien prendre mon temps pour rendre hommage à notre super héros du jour, j’ai nommé le vieux monsieur avec son vélo rouillé à qui on demande notre chemin pour trouver notre arrêt de bus. Comme l’idée que ses indications ne nous permettent pas de trouver l’arrêt lui est totalement insoutenable, le vieux monsieur avec son vélo rouillé décide de nous emmener en personne jusqu’à destination. Et c’est pas fini ! Comme l’arrêt de bus est situé à quelques centaines de mètres et qu’il considère que ça fait beaucoup trop de marche pour une fillette de cinq ans, le vieux monsieur avec son vélo rouillé fait monter Sasha sur son porte-bagages pour lui éviter toute fatigue... Et c’est pas fini ! Comme il vient de toucher sa paie mensuelle et que notre route passe devant une petite échoppe de rue, le vieux monsieur avec son vélo rouillé décide de s’y arrêter pour acheter quelques friandises à nos deux blondinettes... Et c’est pas fini ! Comme notre bus n’arrive que dans une petite demi-heure et qu’il veut s’assurer qu’on montera dans le bon, le vieux monsieur avec son vélo rouillé décide de nous tenir compagnie même s’il ne met pas un mot d’anglais devant l’autre... Et c’est pas fini ! Comme notre bus vient d’arriver et que les birmans ont facilement le mal des transports, une des femmes déjà à bord se penche à l’extérieur pour vomir son petit déjeuner du jour sur... la tête du vieux monsieur avec son vélo rouillé... Euuuh, là, c’est fini... Sans avoir pu remercier notre nouvel ami pour son immense gentillesse, je suis tout désolé de voir s’éloigner le vieux monsieur avec son vélo rouillé, tout couillon, un mélange de lait caillé et de grains de riz à moitié digérés lui coulant encore derrière les oreilles... « Ô toi, de là-bas, en Birmanie, si tu reconnais ta trombine sur la photo ci-dessous, sache que je ne t’oublierai pas, Ô toi, le vieux monsieur avec son vélo rouillé ! »
Allez, montons dans notre... Euuuh, non mais attends, c’est quoi ce bidule ?... Tu n’vas pas me dire que tu appelles ça un bus ?... Si ???... Mais personne ne peut faire rouler un engin pareil, c’est pas possible ! Bon, peut-être David Copperfield, et encore... Ce... bus est l’arrière arrière-grand-père de celui qu’on a pris hier, si tu vois ce que j’veux dire... Genre carrosserie en bois, vitres inexistantes et sièges défoncés... Et puis pour t’aider à monter, inutile de compter sur la présence d’un marchepied ! Même pas en rêve !... Allez, nous nous installons confortablement dans notre carrosse, là où subsistent les seules places de libres, c’est-à-dire sur la banquette arrière... Mais pourquoi donc ces places sont-elles libres alors que le bus est aussi plein que toi lors du mariage de ton cousin Bernard... Aïe... Je crois comprendre... Nous ne sommes pas les seuls à monter à Pakkoku. Nous allons en effet être contraints de partager notre banquette avec cages, balles de foin et autres sacs de riz qui avaient visiblement déjà réservé leurs places bien avant nous ! Ça serait moins marrant sans cette petite touche d’inconfort et d’exotisme... En tout cas, les filles adorent ! Par contre, moi, j’adore beaucoup moins ce que nous sommes en train de faire lorsque notre convoi commence à s’élancer... Selon une étude Ipsos-Sofres, il paraîtrait que chaque être humain passe en moyenne deux mois de sa vie à chercher les choses qu’il a perdues. Et bien là, je t’annonce que nous sommes en train de consommer ce capital car ça fait un quart d’heure que nous cherchons... nos passeports ! Dans nos sacs à dos, dans le fourre-tout de Sandrine, dans nos poches, dans les miroirs chinois, dans le bleu des photos, dans le regard d'un chat, dans les ailes d'un oiseau, dans la force d'un arbre, dans la couleur de l'eau, je te chercherai !!!... Mais malheureusement, même avec l’aide de Jean-Pierre François, on ne leur remet pas la main dessus ! Il faut se rendre à l’évidence, ils sont restés à quai chez Miya Miya !!!
Tous les cris, les SOS ne vont pas nous les ramener... Et de toute manière, il est inutile d’alerter la terre entière pour ça ! Car en voyant notre embarras et nous entendant prononcer les termes de « passeports » et « Miya Miya », un birman nous fait signe de ne pas nous tracasser plus que ça... Ni une, ni deux, il se jette sur le chauffeur et lui glisse deux ou trois mots doux dans le creux de l’oreille qui font leur petit effet puisque ce dernier stoppe illico presto son tacot pour que notre type puisse en descendre précipitamment... Aussitôt fait, David Copperdield remet les gaz de plus bel... Fin de l’histoire...On n’entendit plus jamais parler de ce type qui s’en est certainement mis plein les poches en revendant nos quatre passeports... Il a à coup sûr partagé le butin avec Miya Miya et coulent maintenant des jours heureux tous les deux sur une île paradisiaque à se faire l’amour goulument sur une plage déserte sous les cocotiers... Oh hé, attends un peu, là ! Ton imagination débordante et indécente te tient à des années-lumière de la réalité. Premièrement, je te rappelle que Miya Miya approche des quatre-vingt ans... Et secondement, je t’ai déjà dit que nous étions dans un pays où les gens sont sympas !... Alors qu’on ne sait trop quoi penser au fond de notre bus, qui voit-on sur le bord de la route, quinze minutes plus tard à la sortie de la ville, arborant fièrement nos passeports ?... Notre David Copperfield à nous, c’est lui !... Ça, c’est quand même fort de café noir !... Le reste du trajet est plus zen. Entre discussions avec des birmans sympas qui nous offrent bouteilles d’eau et fruits, et escalade sur les sacs de riz..., c’est rapidement que notre bus nous parachute à la gare routière de Bagan...
L’endroit étant le site touristique le plus fréquenté de Birmanie, tu t’imagines certainement une gare routière blindée de monde ?... C’est ce que j’aurais cru aussi... Sauf que nous sommes les seuls à descendre du bus et qu’il n’y a personne d’autre dans cette gare... Personne à part nous... et un unique chauffeur de taxi qui nous a flairés de loin. Nous nous retrouvons alors en plein tournage d’un documentaire animalier. Il est le lion à l’heure du repas, nous sommes quatre pauvres antilopes sans défense... D’un pas lent, pour ne pas nous effaroucher, il tente une approche... Méfiant mais pas apeurés, nous le laissons faire tout en l’observant du coin de l’œil... C’est le moment qu’il choisit alors pour nous porter sa première estocade : « Onze mille kyats pour vous emmener à votre hôtel à Nyaung U !... - Onze mille ??? Onze comme dans « Onze fait arnaquer ? » Lui, je crois qu’il me prend pour une ménagère de moins de cinquante ans adepte des feux de l’amour... : « Cinq mille et c’est déjà grandement payé ! - Non, onze ! C’est le tarif officiel validé par l’état, Bouddha et Barack Obama ! - Non, mais tu rigoles ou quoi ? Onze mille, c’est le tarif officiel d’un aller-retour Paris - Yangon !!! Ok pour six mille et c’est bien parce que je suis tout proche de visiter Bagan et que j’ai une banane greffée au milieu du visage depuis ce matin... - Onze mille, c’est justement le prix pour ne pas visiter que la gare routière de Bagan... » Le truc est vieux comme le monde ! Y’a pas moyen que je me fasse avoir comme un schtroumpf... Comme un bleu, quoi ! Sauf qu’après l’avoir snobé pendant un quart d’heure d’attente où rien ne bouge dans cette foutue gare routière, je dois me rendre à l’évidence... Mon orgueil entre les jambes, je dois retourner vers notre chauffeur de taxi qui est, j’en suis sûr, en train de prévenir tous ces potes sur sa cibie qu’il ne faut surtout pas qu’il y en ait un qui se pointe à la gare routière jusqu’à ce que ceux qui ont des fronts sur lesquels on peut lire « touriste » soient en cage... Ou « pigeon », ça marche aussi... « Les mains plaquées face au mur ! Et on écarte les jambes ! » Bon, et bien je n’ai plus rien d’autre à faire que de serrer les dents, penser à autre chose et attendre que ça passe... « Combien tu as dit, déjà ? Dix mille ?... - Non, onze mille ! - Bon ben ok...»
Dans le genre arnaque, j’en ai une autre à te présenter, officielle cette fois-ci ! On doit en effet s’acquitter de la modique somme de vingt-et-un mille kyats par personne comme droit d’entrée, soit le salaire moyen mensuel local !!!... Et c’est pour qui tous ces soussous ?... Pour les membres du gripsou gouvernement, bien sûr ! Mais bon, au prétexte d’alimenter les caisses de la dictature, je ne me verrais pas venir en Birmanie sans venir voir la belle Bagan. Ce serait un peu comme un voyage sans ma femme... Non ! J’ai mieux ! Ma femme sans carte bleue ! Et oui, purement et simplement inconcevable ! En parlant de ma femme,... Mais que se passe-t-il ? Son visage ! Mais... Mais qu’est-ce que c’est que ça ??? Son visage..., il se transforme !... Encore marqué par l’expérience Miya Miya, je le vois dans un premier temps s’éclaircir pour maintenant irradier de bonheur lorsqu’elle comprend dans quel hôtel le taxi nous dépose... Regarde-la, elle est contente ! Regarde-la, elle glousse comme une poule... Regarde-la, dans deux minutes, elle va nous pondre un œuf ! Tout ça parce qu’elle vient de réaliser que pour varier les plaisirs comme on change de position, j’avais réservé un palace pour nos trois nuits à Bagan : Le Zfreeti ! Pour elle, Miya Miya n’est déjà plus qu’un lointain souvenir...
Visite de l’hôtel, visite de la chambre, visite de la salle de bain, visite de la piscine,... Ma foi, le contraste avec nos habitudes hôtelières me pique un peu les yeux, mais ce surplus de confort pour les trois nuits à venir ne devrait pas trop me gêner. Du high level !... Mais rassure-toi, je ne suis pas venu jusqu’ici pour un hôtel. Maintenant que l’œuf est pondu, go to Bagan et ses pagodes ! Go to Bagan, un mythe, un rêve... et maintenant, une réalité !... Pour visiter ce site de plus de quarante kilomètres carré, il faut savoir qu’il y a toujours eu match entre trois possibilités : Jambes, vélos ou carrioles tirées par des chevaux... Oui, mais ça, c’était avant ! Car désormais, un quatrième larron met tout le monde d’accord ! Les E-bikes. Non, ce ne sont pas des vélos avec connexion internet ! Si je devais te faire une description, disons que je te dirais que cet engin made in China se situe entre la 103 SP avec pot d’échappement Porrini de ta jeunesse, et le vélo électrique qui équipe maintenant presque tous les coureurs du Tour de France... Et il y a des locations de ces E-bikes partout, même juste en face de notre hôtel ! Après une négociation à trente-quatre mille kyats les deux mobylettes pour trois jours, petit détour au Weather’s spoon pour un très bon repas, et c’est enfin parti pour l’aventure !
Premier objectif, la pagode Htilominlo ! Pour y parvenir, on pénètre enfin dans cette fameuse et immense plaine très fertile en temples puisqu’il en pousse ici comme des champignons. J’en ai entendu certains prétendre qu’il y en avait quatre mille. J’ai lu dans un guide qui en avait compté deux mille cinq cents. Et je me rappelle que Stéphane Rothenberg a dit dans Pékin Express qu’il y en avait trois mille. Donc moi, pas bête, je fais la moyenne des trois pour t’annoncer officiellement qu’il y en a trois mille cent soixante-six ! Ce sur quoi tout le monde est d’accord, c’est qu’il y en avait apparemment douze mille au treizième siècle. Soit environ un temple édifié tous les trois mois entre le onzième et le treizième siècle. On peut en voir des grands, des petits, des en briques, des en jesaispasquoi, des rouges, des blancs, des beaux, des moches, des bien entretenus, des en ruine, des tumontesdessus, des tapasledroitdemonterdessus, des pagodes, des stupas,... Différence entre une pagode et un stupa ? La pagode, on peut entrer à l'intérieur, alors que le stupa est plein, un peu comme toi lors du mariage de ta cousine Simone... Ben décidément... Bref, je poursuis... Certains sont regroupés, d’autres sont isolés, il y en a qui ont un nom officiel, d’autres pas,... On en trouve d’influence bouddhiste mahayana et d’autres, bouddhiste theravada. Bon, là, je dois t’avouer que Wikipapa a du mal à saisir la différence entre ces deux mouvances religieuses. Exceptionnellement, je te renvois vers Wikipédia car j’ai peur d’écrire des bêtises, que des bêtises quand t’es pas là... En tout cas, ce dont je suis sûr et qui pourra certainement te servir lors d’une conversation pour te la péter à la machine à café du boulot, c’est que c’est le moine Shin Arahan qui est venu convertir de l’indouisme au bouddhisme le roi Bamar Anawrahta qui régnait dans la région il y a presque mille ans. Et a priori, il a plutôt bien rempli sa mission puisque le roi en question commissionna aussitôt ses meilleurs architectes pour qu’ils lui construisent une flopée de temples à la hauteur de Bouddha. Et ainsi naquit Bagan... Et pourquoi en construire autant ? Outre le fait de témoigner à Bouddha toute sa gratitude et sa dévotion, ce même roi rapporta de ses campagnes militaires de nombreuses reliques du saint homme. Des morceaux d’os, des cheveux, des dents, des tissus qu’il aurait soi-disant portés,... Et à l’époque, sur le marché noir, ça valait de l’or ! Donc quoi de mieux que des stupas hermétiques pour mettre à l’abri tous ces trésors ? Bref, tu l’as compris, il y a de quoi s’occuper à Bagan. Et je dirais même plus, il y a de quoi s’émerveiller à Bagan durant les trois jours qui viennent ! Donc on s’y met tout de suite si on veut tout voir !
Et c’est en bonne voie puisqu’il ne nous reste plus que trois mille cent soixante-cinq pagodes à découvrir, vu qu’après une demi-heure de contemplation le nez en l’air et les pieds nus, nos quatre trombines ressortent du Htilominlo... La partie de découverte peut donc continuer ! Partie de découverte, je ne sais pas... Partie de mille bornes, ça c’est sûr ! Car après seulement un tour dans la partie, un adversaire me coupe dans mon élan en me refilant une carte « Crevaison » ! De retour auprès de nos pétrolettes, je constate en effet que la mienne a tenté d’en finir en se taillant profondément les veines au niveau de son pneu arrière... La tuile !... Mais rassure-toi, comme je te l’ai déjà dit tout à l’heure, nous nous trouvons dans un pays où les gens sont sympas... Me voyant moi-même au bord du suicide, un type qu’on va appeler Lucky Luke, dégaine aussi vite que son ombre son téléphone portable afin de contacter notre agence de location... « Veuillez patienter, un réparateur va prendre votre appel... » Bon, après deux ou trois mots échangés, il m’annonce un temps d’attente de seulement dix minutes avant que le sauveur de notre agence de location ne vienne, tel un chevalier blanc, une chambre à air neuve sous le bras...
Je t’attends, je t’attends, je t’attends, je t’attends, tout le temps, tout le temps, tout le temps, chaque instant, je t’attends, je t’attends, je t’attends, depuis troooop longtemps... J’imagine que mon chevalier blanc a trouvé une autre princesse avec un peu plus de poitrine que moi à secourir, car après une heure d’attente, je suis toujours emprisonné dans le donjon du Htilominlo... Mais rassure-toi, comme je te le rabâche à chaque fois que tu te fais du soucis pour moi, nous nous trouvons dans un pays où les gens sont sympas... Me voyant encore une fois au bord du suicide, un type qu’on va appeler Lucky Luke 2, dégaine aussi vite que son ombre son téléphone portable afin de contacter notre agence de location...« Veuillez patienter, un réparateur va prendre votre appel... » Bon après deux ou trois mots échangés, il m’annonce un temps d’attente de seulement dix minutes avant que le sauveur de notre agence de location ne vienne, tel un chevalier blanc, une chambre à air neuve sous le bras... « Et la truite saumonée, elle met l’camembert dans l’papier d’alu, c’est ça ?!? »
Sauf que dix minutes plus tard, qui vois-je enfin arriver tel un chevalier blanc sur son fidèle destrier ?... Je n’y crois pas, c’est merveilleux ! C’est bel et bien le sauveur de notre agence de location... : « Ah oui, effectivement, votre pneu est bien crevé... Ne bougez surtout pas, j’appelle mon collègue à l’agence de location pour qu’il vous apporte rapidement une chambre à air neuve sous le bras !... » Non mais pince-mi et pince-moi, là !!! On est en plein tournage de « Y a-t-il un pilote dans l’agence » ou quoi ?
Bien évidemment, ce n’est qu’une grosse demi-heure d’attente plus tard que son collègue arrive, non pas avec une chambre à air neuve sous le bras, mais avec une nouvelle monture ! Du coup, avec toutes ces péripéties, arrive ce qui devait arriver : Le jour d’aujourd’hui commence à s’éteindre avec le soleil... Sauf qu’il ne reviendra malheureusement pas avec lui demain et que je peux donc dire adieu à mon espoir de boucler l’intégralité des pagodes de Bagan !... Pour aujourd’hui, il nous reste tout juste le temps d’aller assister au coucher du soleil du haut d’une pagode choisie un peu à la va-vite... Ce sera la Shweleik-Too où une vingtaine d’irréductibles a déjà pris place...
Bon, après une après-midi aussi galère que celle-ci, tu ne peux pas envisager un seul instant que toute cette histoire puisse se terminer en apothéose avec un coucher du soleil exceptionnellement rougeoyant sur ces milliers de pagodes, comme la plaine de Bagan sait en offrir... Et bien non, tu as bien raison de ne pas l’envisager... Car le seul nuage au monde a tranché. Bien que son père ne soit pas vitrier, il décide malgré tout de se positionner au premier rang, devant nous, pour assister, tout seul, égoïstement, au coucher de notre soleil...
Pfffff... Allez, on rentre au bercail... Et vu comme c’est parti, je m’attends... je n’sais pas, moi... à trouver notre chambre dévastée par un incendie, à constater qu’ils ont vidé la piscine, que le PSG a battu l’OM,... Que pourrait-il m’arriver d’autre ?... « Euh, quelqu’un pourrait-il me dire pourquoi mon E-bike, qu’on vient, pour la petite histoire, de me changer il y a à peine une heure, est en train de ralentir alors que j’accélère à donf sur les manettes ? » Noooooon !!! Ne me dis pas qu’ils ont oublié de recharger la batterie !?!... Ne me dis pas que je vais devoir pédaler comme un forcené pour ramener ma mobylette jusqu’à l’agence de location !?!... Si ?... En arrivant, trempé comme une soupe aux poireaux, je n’ai même plus la force de cracher tout le venin de ma colère sur le gars de l’agence de location, coupable d’avoir mis deux heures pour me changer ma première monture, de ne pas avoir rechargé la batterie de ma seconde, et qui, pour couronner le tout, s’est arranger pour me caler un nuage devant mon coucher du soleil... Faut dire qu’en me voyant arriver en pédalant, il se complaint en excuses, m’offrant même sa fille en mariage en compensation... « Non, merci, j’ai déjà explosé mon quota de chiantes à la maison !!! »
Sur ce, un plongeon rafraîchissant dans la piscine, un petit repas bof bof au Black Bamboo et s’en est terminé pour cette journée. Du coup, demain, j’ai hâte, ce sera notre premier vrai jour de visite à Bagan ! Oui, oui, c’est promis, demain, on visitera vraiment Bagan. De toute façon, demain est une autre aventure... | | | À: Bibouns51 · 22 janvier 2018 à 7:56 · Modifié le 3 fév. 2020 à 11:15 Re: On part en vadrouille en Birmanie! Message 20 de 86 · Page 1 de 5 · 2 943 affichages · Partager Jour 7 (20 février) - Show must go on
Des gens heureux de voyager, tu peux me croire sur parole, j’en ai rencontrés des tonnes ! Mais des comme moi, jamais d’la vie !!!... Premièrement, je suis en Asie et c’est déjà pas mal... Mais attends, il y a bien évidemment un deuxièmement ! Ben oui, l’Asie a beaucoup, beaucoup, beaucoup à partager... Angkor, la grande muraille, Borobudur, le Taj Mahal, le Potala,... Et comme un enfant timide, l’Asie a aussi conservé secrètement un autre de ses trésors dans une boîte à chaussures... Boîte à chaussures que je m’apprête à entrouvrir, trésor que je m’apprête à embrasser... Mot de cinq lettres propice aux rêves, prémisse d’histoire à inventer, sonnant comme une invitation à la découverte, Bagan est cet illustre trésor jusqu’à présent caché. Un diamant brut, une perle, une pépite... Un mot magique qui ouvre la porte à la poésie, à l’aventure, à l’évasion, à l’ailleurs, à d’innombrables merveilles et moments intenses de contemplation. Pour moi, aujourd’hui, Bagan prend chair, Bagan se touche, Bagan s’incarne, Bagan passe des yeux fermés aux yeux ouverts, de la boîte à chaussures de l’enfant timide aux chemins poussiéreux à parcourir... Le rêve devient réalité, le fantasme devient voyage, l’aventure peut se laisser aller et s’offrir à nous...
Ah, c’est beau ! Sauf que je viens d’écrire ces quelques lignes, non pas en fascination béate devant les pagodes de Bagan, mais bel et bien le joufflu posé sur le rebord de la baignoire de la salle de bain, en attendant que ma femme daigne enfin éclairer ma journée en ouvrant ses grands yeux bleus... Ben oui, ce matin, couillon comme je suis, j’ai accordé une grasse-mat’ à Sandrine jusqu’à huit heures, l’autorisant à infuser jusqu’à plus soif dans ses draps soyeux suintant la Soupline. Sauf que là, il n’est que sept heures et que moi, je suis déjà excité comme une jeune pucelle en rut à l’idée de savoir Bagan à quelques encablures sans même pouvoir l’effleurer de la rétine... « Alors ? Réveille ou réveille pas ? » Bon, si toi aussi, tu es un jour confronté à ce dilemme cornélien entre assouvir ton besoin primaire de vadrouille et conserver intacte l’espérance de vie de ton couple, écoute un peu ma recette magique permettant de concilier les deux... : Recouche-toi comme si de rien n’était auprès de ta belle en la prenant délicatement dans tes bras. Faire semblant de ronfler peut faire encore plus crédible, mais alors pas trop fort pour ne pas casser le mythe... Ça, c’est pour la partie sauvegarde matrimoniale... Avant ça, n’oublie surtout pas de subtiliser discrètement le téléphone de ta moitié pour avancer l’heure de l’horloge de trois-quarts d’heure. Bien évidemment, c’est sur ce même téléphone qu’elle a programmé l’heure du réveil... Là, tu n’as plus qu’à attendre sagement que ce réveil fasse son job, c’est-à-dire sonner l’alerte trois-quarts d’heure en avance... Dring dring... Elle saisit le réveil, constate qu’il est bien l’heure de se lever, te regarde les yeux dégoulinants de reconnaissance pour cette grasse matinée que tu as bien voulu lui octroyée, t’embrasse langoureusement, et part à la douche... Il ne te reste alors plus qu’à saisir de nouveau le téléphone pour le remettre à l’heure normale, et le tour est joué !... Si tu respectes à la lettre ces consignes, elle n’y verra que du feu... En tout cas, ma Sandrine, elle, n’y a vu que du feu... Donc ne lui divulgue surtout pas cette confidence, j’ai bien évidemment l’intention de me resservir de cette technique infaillible lors d’une prochaine vadrouille !
Tout ça pour te dire que nous chevauchons maintenant nos mobylettes, trois-quarts d’heure en avance sur l’horaire prévu, fins prêts pour aller piquer des pointes de malade à trente kilomètres heure, les cheveux au vent, et Dalida à fond dans les écoutilles en train de nous chanter « Pagodes, pagodes, pagodes... ! » Et justement, la première pagode sur ma liste au Père Noël est la Thabeik Hmauk... Pas de bol, une fois sur place, on s’aperçoit qu’on est à la pagode Buledi... Faut dire qu’il n’est pas aisé de se repérer dans cet encrémélage de chemins et que le nom des pagodes ne clignotent pas sur panneaux géants pour qu’on les reconnaisse de loin... Mais le bazar fait bien les choses car je te conseille la visite de cette Buledi sur laquelle il est possible de monter et d’où la vue sur des centaines d’autres congénères vaut son pesant de riz cantonais... De là-haut, si tu tends l’index dans n’importe quelle direction, quelle qu’elle soit, il y aura forcément une pagode au bout pour te faire de l’œil ! Du coup, on en profite pour repérer d’ici l’itinéraire à suivre pour aller rendre visite aux pagodes qui ont eu la chance de voir leur nom figurer sur mon programme du jour : Sulamani, Thabeik Hmauk, Shwesandaw, Dhammayongyi, et plein d'autres encore que je ne vais pas lister ici sous peine de te refiler une indigestion de pagodes dès la première matinée, sauf si tu insistes...
Là, je suis sûr que tu te demandes si ces pagodes ne se ressemblent pas toutes et si ce n’est pas un tantinet rébarbatif, n’est-ce pas ? Et bien non ! Même si la majorité des pagodes sont en briques rouges, elles ont toutes leur style, surtout à l’intérieur... Seul dénominateur commun, on y trouve dans chacune d’elles des statues de Bouddha, et encore des statues de Bouddha, et encore des statues de Bouddha, devant lesquelles les fidèles viennent se prosterner... A toi, enfant de la télé et de la pub, tu te rappelles certainement de cette campagne de publicité de la fin des années quatre-vingts dans laquelle on vantait les bienfaits de Bouddha... « Le Bouddha, c’est sympa, c’est nature toute la journée, et le soir c’est plein d’idées... Sandwich au Bouddha, salade au Bouddha,... Bouddha croc, Bouddha quiche ! Le Bouddha, c’est sympa ! » Et bien tu ne t’en étais peut-être pas rendu compte à l’époque, mais cette pub parlait de Bagan ! Car ici, du Bouddha, tu peux en manger à toutes les sauces !!! Bouddhas allongés, Bouddhas assis, Bouddhas debout, Bouddhas qui sourient, Bouddha qui dort, Bouddhas qui tirent la tronche,...
Bref, on passe comme ça toute la matinée à enchaîner les visites comme des perles... Dit autrement, je retire mes tongs, je remets mes tongs, je retire mes tong, je remets mes tongs, je retire mes tongs, je remets mes tongs,... La tong, party tong ! Car comme tu le sais certainement, la visite des pagodes doit obligatoirement se faire les pieds à poil. Si bien que nous arrivons à l’heure du déjeuner, les pieds aussi sales qu'un préservatif utilisés plusieurs fois... Déjeuner que nous allons prendre dans la petite ville d’Old Bagan. Il faut savoir que l'ensemble des temples du site de Bagan est inscrit dans un triangle formé par les villes de Nyaung U au Nord, précisément là où nous logeons, Old Bagan située à l'ouest et New Bagan plus au sud. Si tu as tout suivi, à l’heure où je te parle, nous sommes donc à l’ouest. Et je suis vraiment à l’ouest lorsque je décide de laisser le Lonely Planet nous sélectionner un resto... Quel inconscient que je suis ! Laisser un guide choisir à sa place un restaurant, n’importe quoi... Ce n’est pas dans mon habitude de faire de la pub gratuitement à un établissement, mais je vais quand même te faire une description détaillée du Sarabha III. En effet, si tu veux perdre du poids en te choppant une bonne tourista, alias la déclichette des vadrouilleurs, autant venir manger ici plutôt que d’aller relécher la barre de pole dance dans le métro parisien... La crasse ? Il l’a ! L’odeur de décomposition ? Il l’a ! La nourriture qui renifle à plein nez la dragée Fuca ? Il l’a ! Et les mouches plus nombreuses que les clients ? Oui, oui, il les a aussi ! Voilà pour le descriptif aguichant que tu peux maintenant lire dans le Franky Planet à propos du Sarabha III !
Allez, on reprend le cours normal de notre émission consacrée aux balades au gré du vent à dos d’engins démoniaques... Après exposition, plutôt qu’ « au gré du vent », je dirais plutôt « au gré du soleil », car ici, maintenant, c’est très très hot ! Pire que dans une boîte à strip-tease... Dans cette fournaise, je retiens tout particulièrement l’immense pagode Ananda où le visage de la statue de Bouddha change selon la distance. De loin, il sourit ; de près, il tire la tronche. Tout l’inverse de ma Sandrine, toute triste ce matin lorsque le réveil a sonné, et toute souriante lorsqu’elle m’a vu, encore endormi à ses côtés... Aussi, pour la première fois du voyage, nous sommes confrontés à des marchands birmans ayant fait un BTS « Techniques de ventes » en alternance. Pour écouler leur stock de produits en laque, ils amorcent dans un premier temps nos filles à coups de petits cadeaux pas chers pour ferrer dans la foulée un plus gros poisson, les parents, en s’adressant à eux en français... Bien évidemment, ils connaissent tous un cousin ou une grande tante qui habite pas très loin de chez toi... Ils adorent tous la France et les français... Ils trouvent tous nos filles magnifiques... Sauf que les gars, ils ne savent pas que leurs techniques du Jedi, je les ai apprises en maternelle grande section : « Vos produits me tentent, ils sont vraiment magnifiques ! Quelle finesse ! Oh, mais j’avais oublié que nous sommes en plein tour du monde d’un an, et que nous ne pouvons malheureusement pas nous charger... Oh, je suis vraiment déçu ! Comme c’est dommage ! » Je fais ma tête de chien battu, Sandrine verse une larmichette, et l’affaire est dans le sac... « Un an ? Ah bon ? Je croyais qu’on n’était parti que pour trois semaines !!! » Merci Anna, tu seras privée de piscine pendant quinze jours !
En parlant de piscine, ne serait-il pas l’heure d’aller y lézarder, bien au frais, durant les moments les plus chauds de la journée ?... Bon, je ne vais pas rentrer dans une description détaillée des deux heures que nous passons à la piscine de l’hôtel... Baignade, sieste, baignade, bronzette, baignade, lecture,... Bref, que des trucs de filles... Que des trucs pas très intéressants pour moi, ni pour toi... Et après ça ?... Ben après ça, c’est reparti pour un tour ! Un tour de mobylette pour être précis, pour aller rendre visite à un pauvre troupeau de pagodes éloignées des sentiers battus... Et qui dit pagodes éloignées, dit aussi pagodes bouddhées... euh, pardon, boudées par les touristes ! Et bien nous, nous sommes venus leur remonter le moral ! Et pour la pagode Gubyankgyi, je dois te dire que nous ne regrettons pas ! Nous sommes reçus comme il se doit : Lumière tamisée, ambiance « seuls au monde », sentiment de découverte... Le problème, c’est qu’on profite tellement du lieu jusqu’à plus soif qu’on se met à la bourre pour notre jeu quotidien de fin d’après-midi, celui-là même qui consiste à trouver le meilleur emplacement pour le prochain coucher du soleil...
Faut dire qu’en passant de pagode en pagode durant la journée, j’ai préparé le terrain en faisant du rentre-dedans à la Shwesandaw pour qu’elle accepte dès le premier soir que je lui monte dessus. Le problème, c’est que la Shwesandaw est une fille qui cède très facilement aux avances des touristes. Car en arrivant sur place, je ne suis pas le seul sur le coup... La pagode fourmille de prétendants !!!... Alors ? To rester or not to rester ici ? On hésite, on tergiverse, on dit verge... Allez, comme ça ne se fait pas de dire ça dans un carnet de vadrouille, et bien on décide de se poser ici ! Oui, je sais, ça n’a rien à voir mais je n’avais pas d’autre raison valable à invoquer...
Une heure plus tard, il fait maintenant nuit noire et il est temps de rentrer à l’hôtel. Et c’est chose faite une demi-heure de motocross plus tard... Douche, resto en ville à l’Aroma II, et tout le monde au plumard ! Fin de la journée, tout le monde dehors, on met la clé sous la porte ! Bon, tu auras certainement remarqué que je ne me suis pas appesanti plus que ça sur le coucher du soleil... Maintenant que tu commences à me connaître, tu comprends certainement pourquoi... Je boude ! Pas très content du soleil qui a été très désagréable avec moi, une nouvelle fois... Mais bon, il paraît que dans ces cas-là, il faut tendre l’autre joue, aimer son prochain et tout l’tintouin... Donc moi, sans le connaître, j’aime déjà mon prochain... Mon prochain jour de vadrouille ! Et il aura lieu demain... Enfin, si Bouddha le veut bien ! De toute façon, demain est une autre aventure...
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