En fait je vous encourage à essayer d'inclure de toutes façons qq visites d'orphelinats dans votre itinéraire: vous y rencontrerez des gens remarquables, vous y verrez des enfants qui rient, qui jouent, à qui on donne de l'affection, du temps, une éducation, à défaut de jouets luxueux.
On vous expliquera aussi les actions "sociales" en général entreprises dans l'environnement local (médiation familiale, formation professionnelle, groupes de femmes, écoles du soir, repas distribués aux pauvres etc...) et vous verrez que les Indiens n'ont pas attendu l'Abbé Pierre et Coluche pour se mobiliser sur le terrain. Je reviens d'un voyage où j'ai rendu visite à une quinzaine d'institutions de ce genre. Dans l'une on fabriquait et on distribuait, quotidiennement depuis 40 ans, 21 000 repas dans les quartiers pauvres de la ville; dans une autre on se battait pour enrichir le vécu quotidien d'enfants handicappés moteurs et mentaux en essayant de leur donnant accès à des activités artistiques et sportives; dans une autre encore un prof des beaux-arts de
Madrid est venu 2 années de suite avec qq étudiants pour faire réaliser une fresque/farandole d'autoportraits (magnifique!) aux enfants sur les murs de l'institution.
Vous sentirez que ce sont des lieux de vie, d'espoir, de luttes..
Si vous posez des questions, on vous expliquera combien coûte une opération orthopédique pour tel enfant, on vous commentera les projets d'agrandissement et/ou d'amélioration des bâtiments et leurs coûts, on vous dira qu'on aimerait trouver des "parrains" qui s'engagent, même modestement, à verser qq chose tous les mois pour un enfant handicappé, on vous donnera une copie du rapport annuel avec le détail des dons, et on vous donnera toujours un reçu en bonne et due forme si vous versez quelque chose.
Et, in fine, ce que vous pourriez faire de mieux, c'est, à votre retour, mobiliser amis, familles et connaissances autour de l'un de ces projets et réunir des fonds, dont vous saurez qu'ils seront utilisés à 100% sur le terrain (et non pas pour rémunérer des "actions de communication", financer des "frais de gestion" etc..)
Sur place, plus modestement, pour ne pas arriver les mains vides vous pouvez toujours acheter 1kg ou plus de "sucreries" indiennes (dans une "sweetshop") en privilégiant celles faites à base de lait ou des kilos de fruits (pommes en particulier) qui seront distribués aux enfants. Faites un don en argent, même modeste (10-20 euros, et plus bien sûr si vous le souhaitez) et pensez éventuellement à apporter qq cartes postales de
France et/ou des photos de vous que vous laisserez en souvenir de votre passage.
En faisant cela, en fonction de vos moyens, vous jouerez un rôle autrement plus utile que les dizaines de milliers de touristes qui débarquent avec les poches pleines de stylos et bonbons qu'ils sèment sur leur passage pour alléger leur culpabilité d'occidental (en créant ou entretenant une "mendicité touristique" qui n'apporte rien au pays).
Et puis bien sûr il n'y a pas que les orphelinats... alors n'hésitez pas à vous intéresser à la myriade d'ONGs locales souvent animées, portées, par des gens passionnés et passionnants. Faites parler les gens que vous rencontrez, ouvrez les yeux dans les grandes villes : il y a souvent des expos, des conférences, des ventes de produits qui sont autant d'occasion de rencontres et vous aideront à dépasser le statut de simple touriste-visiteur.
Brigitte