On tire sur la fin du voyage et on sent déjà les regrets pointer à l'horizon: faut bientôt rentrer à la maison et reprendre le boulot. En même temps, ce n'est pas comme si on devait retrouver la grisaille parisienne hein!
J12: Quelques heures de route pour retourner dans le
Drakensberg en évitant les petits axes où les routes ne sont vraiment pas en bon état. L'arrivée dans le Royal Natal nous fait le même effet que l'année dernière: des frissons devant les magnifiques paysages et surtout devant la majestueuse présence de l'Amphitheatre. Mamie y va même de sa petite larme au coin de l'oeil tellement c'est beau et paisible.
Par contre, n'ayant pas fait les courses avant d'arriver sur place, nous avons dû nous contenter du minimum dans la petite boutique du camp: bois, charbon, viande et vin. Je dois avouer que les sudafs ont quand même un instinct de survie bien au-delà de la moyenne. En effet, que demander de plus que ce minimum vital?
Il ne fait ni chaud ni froid et on en profite pour se balader dans le coin. Il ya de quoi faire et pour tous les niveaux. Par contre, dès que le soleil se couche c'est glagla pour les glawis! Hop, on allume le braai, on installe la barbac, dépucèle les "Fast Bastard" et malgré cela, le froid nous tenaille (prendre quand même en compte que nous sommes des iliens bâtis pour des températures au-dessus de 20°!). Qu'à cela ne tienne, nous dégainons l'arme fatale contre toute chute intempestive de t° - et d'ailleurs contre toute chute en tous genres- et avec du citron et du miel, nous attaquons le reste du cubi de rhum Charette que nous avions ramener du pays. Nom de sa mère, ça c'est du remède: ça réchauffe les boyaux, ça embrume le cerveau et ça invite au dodo. C'est ce qui nous arrive tard dans la soirée, avec la panse bien repue.
Nous sommes tous levés tôt pour attendre l'arrivée de son altesse Soleil et profiter de la magnificence de son rayonnement matinal. Les couleurs renvoyées par l'Amphitheatre sont indescriptibles. Tout cela fait partie de la magie des lieux et c'est de manière unanime, que nous élisons Thendele comme l'endroit le plus apprécié du groupe.
Néanmoins, telles les mauvaises choses, les bonnes ont également une fin et il faut reprendre la route pour notre avant-dernière étape qui nous mènera dans le Golden Gate
Highland Park.
Thendele mériterait d'y passer plusieurs jours sous conditions: que l'on veuille faire de la randonnée ou avoir un avant-goût de ce que serait une retraite paisible à glander toute la journée ou éventuellement s'y retirer pour écrire ses mémoires...
J13: la dernière partie de route pour atteindre le Golden Gate est très belle même si cette année, comme partout dans le pays, les incendies ont décimé qqes hectares de rare végétation et dessiné qques noires empreintes... (ahh j'ai chopé une voyajoute aigüe sur ce coup-là).
Bref, malgré cette apparente désolation et surtout le temps très instable que nous avons (vent et crachin), nous apprécions le spectacle. Par contre, la R74 que nous empruntons pour quitter le Royal Natal, est la pire route de tout le séjour. Nous l'avions empruntée l'année dernière dans le sens inverse et, cette année, elle nous a paru plus dégradée encore. Bonne mère, qu'est-ce quelle peut être pourrie! Et en plus, il y a un vent à refaire le décor!
Nous faisons une halte à Harrismith pour quelques courses (eh oui, ce sera un original braai pour l'avant dernier soir) et gagnons nos huttes au Glen Reenen Camp sous une bonne pluie bien froide. Une petite accalmie me permet de randonner un peu sur les divers sentiers pendant que les fans de culture se lancent à l'assaut de Clarens.
Le soir, je fais étalage de toute ma science du barbecue en allumant le feu sous une fine pluie. Les gouttes d'eau n'ont aucun pouvoir contre les ventres affamés de 10 gloutons, qu'on se le dise! Par contre, de la terrasse du bungalow voisin, surgissent de belles flammes bien dodues et enivrantes alors que mon petit brasier peine à éclore: quoi, le kingbraaier aurait-il trouver son maître? Y a pas à dire, sont forts ces sudafs!!!
Mes braises ardentes suffiront néanmoins à cuire toutes nos victuailles du soir et c'est, apaisés et un peu embrumés que nous nous couchons avec le perspective d'un lendemain plus ensoleillé.
C'est effectivement le cas et, malgré le froid des premières lueurs du jour, le temps est agréable. Nous rendons les clés et décidons de prendre notre petit déjeuner à l'hôtel qui se trouve tout près du camp. Très bon et copieux, et nous sommes armés pour les 3 heures de route qui nous attendent pour atteindre Jobourg. Bon, ben là c'est de la bonne route monotone au paysage tout aussi mono ton et nous filons à la vitesse du vent à l'hôtel que nous avons réservé tout près de l'aéroport: The Aviator. Très bonne adresse avec un très bon rapport qualité prix. En tous cas, pour une nuit, ce fût parfait.
Comme à
Durban, nous démarchons pour trouver un resto chinois près de l'hôtel et il s'avère qu'il y en a pas mal dans le coin. On se péter la panse pour une somme modique!
Entre temps, on fait nettoyer la voiture de location à la station du coin et pour 50 rands, c'est vraiment du nettoyage: même les pneus y passent!
Le lendemain matin, après le petit déjeuner, direction l'aéroport qui se trouve à moins de 2 km, on rend les voitures, on enregistre, les femmes se donnent pour mission très sérieuse de dévaliser le duty free et c'est le coeur gros que nous quittons le sol sud africain pour retrouver notre île natale non sans une petite escale à l'île
Maurice où ce sera le lieu de mon coup de gueule du siècle: j'ai payé une vulgaire bière pression 5,90 euros à l'aéroport!!!!!! Jamais vu ça!!!
Le retour à la maison est quand même apprécié et je dois dire que le bilan du séjour est marqué par nombre de superlatifs. Toute la tribu a adoré, l'ambiance fût fantastique et, dans l'ensemble, tout s'est déroulé comme ça devait se dérouler. Je crois que l'
Afrique du Sud a trouvé qqes fidèles de plus...