| Pacific Northwest Motorcycle Trip Genevois · 21 août 2014 à 4:04 · Une photo 71 messages · 13 participants · 6 847 affichages | | | | À: Genevois · 4 septembre 2014 à 9:35 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 21 de 71 · Page 2 de 4 · 1 139 affichages · Partager Bonjour Je ne suis pas fan de moto, une fois dans ma vie pour aller au stade de France-bonjour la trouille- en tant que passagère de mon mari, je ne suis jamais allée dans ce "coin" des USA et pourtant, grâce à ce récit, j'ai du cliquer une bonne centaine de fois dans google map et earth pour suivre étape par étape ce trajet qui m'a emballée  . Bravo car sans photo, j'ai presque réussi à tout " voir " de ce voyage. Merci. | | | À: Dolma · 4 septembre 2014 à 16:36 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 22 de 71 · Page 2 de 4 · 1 115 affichages · Partager Excuse-moi Dolma de te répondre un peu tard, mais non je ne connais pas Mr. Fast. J'irai fouiner dans ma bibliothèque préférée à mon retour... | | | À: Agnès95 · 4 septembre 2014 à 16:40 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 23 de 71 · Page 2 de 4 · 1 113 affichages · Partager Je fais une réponse groupée :
MERCI à tous pour vos commentaires positifs. Je sais qu'un voyage en moto est bien différent d'un road trip plus "conventionnel", nous ratons sans doute pas mal de trucs sur la route. Mais nous ressentons un tel plaisir à rouler ici.
Pour les photos, je vais déjà terminer le texte et on verra au retour pour une petite sélection, si vous êtes sages 
Ce matin, on entame la côte de l' Oregon, jusqu'à Newport. Sous le grand soleil...
A tout de suite.
Laurent | | | À: Genevois · 4 septembre 2014 à 17:02 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 24 de 71 · Page 2 de 4 · 1 109 affichages · Partager Re Alors moi j'ai bien aimé le fait qu'il n'y ait pas de photo, cela m'a permis de "voir" les paysages dans ma tête, de m'imaginer les routes et les petits coins perdus; je me suis aidé de google juste pour situer le côté géographique; cela fait comme quand on lit un livre et qu'on imagine....Mais je ne pense pas être déçue quand il y aura des photos | | | À: Genevois · 5 septembre 2014 à 7:00 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 25 de 71 · Page 2 de 4 · 1 092 affichages · Partager Ocean Shores se veut être une station balnéaire, avec de nombreuses maisons de vacances, vides en dehors des périodes estivales. Une station balnéaire alors même que l'Océan ici n'a pas les mêmes vertus qu'une mer tropicale ou simplement plus tempérée. Si froid, si puissant, il est quasi impossible de se baigner à Ocean Shores, comme sur toute la côte des Etats de Washington et de l' Oregon d'ailleurs. Les courants y sont extrêments forts aussi que même les surfeurs ne sont pas à l'abri d'une mésaventure qui peut mal tourner.
Ici, on vient à la plage pour profiter de l'air marin et de ses embruns, pour marcher sur le sable dur au soleil et au vent, pour courir avec son chien ou pour jouer au cerf-volant avec ses enfants, mais sur la terre, jamais dans l'eau. Une plage sauvage à souhait, protégée des constructions de l'homme et de ses dérives. C'est d'ailleurs sans doute ce qui fait la beauté de cette partie nord de la côte pacifique des USA. Une nature préservée et quasi inviolée. Les plages peuvent être longues de plusieurs miles, balayées par la force impressionnante de l'Océan, et pourtant le paysage n'est jamais monotone. Ocean Shores ne déroge pas à ces règles.
Mon ami Bill a fait marcher son réseau et il a averti une de ses connaissances, Dave de son prénom, de notre arrivée. Dave vient donc nous chercher à notre hôtel et nous invite à manger au Galway Bay, un pub irlandais comme son nom l'indique, où le Fish and Chips est excellent. Avec une bière bien sûr. Dave est un biker, il roule Harley-Davidson, bien entendu nous dit-il. Il a pris congé le lendemain et a rameuté 2 de ses propres amis pour nous accompagner sur la route. Rendez-vous vers 09h30 dans la ville d'Aberdeen, 20 miles plus au sud, au Billy's.
Nous nous levons suffisamment tôt pour être à l'heure. En nous rendant vers Aberdeen, nous croisons à nouveau de nombreuses biches, qui broutent l'herbe directement au bord de la route. Les véhicules ne leur font pas peur, sauf peut-être aux petits. Ils deviennent alors imprévisibles et dangereux, courant et sautant dans tous les sens, prêts à vous couper la route. Nous trouvons assez facilement le Billy's au centre de la ville, Dave est là avec Steve et un autre Dave. Tous roulent Harley et ils vont nous escorter le long de la côte de l' Oregon. Enfin presque, car après à peine 10 miles, Steve prend du retard et nous nous arrêtons pour l'attendre. Il a crevé à l'arrière, fin de la virée pour lui. Un parent viendra le chercher avec un camion, alors que nous poursuivons. La US 101 devient magnifique et très variée. Beaucoup de courbes, longeant tour à tour des forêts, des lacs, des rivières, de magnifiques petites villes, nous tenons le rythme, surtout au son d'une Classic Rock Radio Station.
Astoria est en vue. Astoria et son immense pont de plus de 4 miles qui traverse toute l'embouchure de la Willamette River qui arrose Portland bien plus à l'Est. Les bateaux sont sur l'eau, pour la pêche au saumon nous apprend Dave, des saumons qui se trouvent dans le mélange des eaux salées et douces de l'endroit. "Welcome to Oregon" dit la pancarte au bout du pont. Direction sud, la route va commencer à longer la côte de plus près. La circulation se fait plus dense aussi, comme si la solitude de l'Etat de Washington parqué dans son coin nord-ouest n'était qu'une vieille histoire. L' Oregon a la réputation d'être touristique pour les Américains, cela se comprend vu la beauté de sa côte. Quelques points de vue nous donne un aperçu de cette nature brute et sauvage, toujours et encore, et pourtant si différente de celle d' Ocean Shores. Fini l'étendue plate et filiforme des plages vues hier. Ici, ce sont rochers, criques et forêts qui font le spectacle au bord de l'eau. Avec parfois, une longue et énorme plage entre deux promontoirs. Il y a souvent des points de vue le long de la 101 et il ne faut pas hésiter à tous les faire. Et c'est ici que je me rends compte de l'utilité de descendre la côte plutôt que de la remonter. Nous sommes toujours du bon côté de la route pour nous arrêter quand bon nous semble et nous voyons toujours si cela en vaut la peine.
A Manzanita, qui n'a d'influence hispanique que le nom, c'est la pause lunch. Un repas qui sera constitué d'un riche et succulent Clam Chowder, la célèbre soupe aux palourdes, que l'on retrouve dans tous les menus du bord de l'Océan, et même au-delà. C'est l'endroit choisi par la paire de Dave pour nous quitter. Poignées de main et accolades, fraternité entre bikers. Nous continuons notre chemin, avec Newport comme but du jour. Mais avant cela, nous prenons la Three Capes Loop en plein centre de Tillamook, un détour qui va nous amener en bord de mer et qui nous offrira quelques points de vues magnifiques sur cette côte, et même sur une mer de sable fin un peu à l'intérieur des terres, nichée entre les sapins. Une curiosité naturelle surprenante que ce sable si éloigné de la grève.
A Newport, il ne faut pas se contenter de l'avenue centrale, hideuse à souhait avec ses centres commerciaux et ses enseignes habituelles le long des grands axes. Non, il faut descendre sur le Waterfront, peu avant le pont qui enjambe la baie à la sortie de la ville. Là se trouvent les petites tavernes, les petits restaurants qui proposent tous la pêche du jour et diverses spécialités de la mer off course. Avec une bière brassée ici, la Rogue. L' Oregon est sans doute reconnu pour la beauté de sa nature, mais aussi pour la diversité de ses bières. Il existe dans cet état un nombre incalculable de brasseries locales qui proposent ma foi d'excellents breuvages. Sous les tavernes au bord de l'eau se trouvent quelques pontons. C'est là que se trouvent les colonies d'éléphants de mer, couchés sur des palettes flottantes à quelques mètres à peine de la berge, poussant de puissants cris incessants. Seuls les orques les chassent, l'homme ne pouvant le faire, l'espèce est protégée. Nous apprenons d'ailleurs qu'il arrive que les orques passent sous le grand pont et entrent dans la baie. Les otaries et autres éléphants se dépêchent alors de sortir de l'eau pour se réfugier sur les digues.
L'air est bien frais ce soir, mais les gens du coin sont en t-shirt. Il faut dire qu'ici, le standard, c'est 55 degrés Farenheit toute l'année. A plus de 65, on approche de la canicule. Espérons que demain, le 65 sera franchi pour le reste de ce magnifique Etat. | | | À: Agnès95 · 5 septembre 2014 à 7:01 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 26 de 71 · Page 2 de 4 · 1 091 affichages · Partager Tu as tout compris... C'est exactement le but recherché et ma philosophie en la matière. | | | À: Genevois · 7 septembre 2014 à 7:16 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 27 de 71 · Page 2 de 4 · 1 062 affichages · Partager A notre réveil, nous avons bien l'impression que ce sera une belle journée. Pour la commencer, nous allons au phare de Yaquina, à l'entrée de Newport. Payant, mais qui va valoir les quelques dollars réclamés. Non seulement le site est très photogénique avec le phare bien sûr, puis aussi le promontoire, les rochers et la mer d'un bleu profond mais il y a encore une estrade juste devant le vieux bâtiment. Et depuis cette estrade, on voit la mer. Et dans la mer, aujourd'hui, c'est le spectacle. Là, juste devant nous très près de la berge, des baleines grises se la jouent stars d'un jour. Elles sortent de l'eau, respirent à la surface, sous les yeux ravis des humains présents. Même sans jumelles, nous les voyons bien, avec le dos parsemés de coquillages et de molusques divers. Elles viennent respirer à la surface disais-je, mais elles ne plongent pas, de sorte que nous ne verrons jamais leur queue majestueuse s'enfoncer dans les flôts. Une entreprise de Newport, Marine Discovery, organise des sorties en mer pour voir les baleines, mais ce matin, pas besoin de bateau, elles sont là, tout près. Un show dont nous ne nous lassons pas, le challenge étant de deviner à quel endroit le cétacé va (ré)apparaître. Ces baleines grises sont résidentes et sont visibles quasiment toute l'année sur la côte nord de la Californie et celle le long de l' Oregon. Nous en avions d'ailleurs vues au large de San Simeon, au début de notre road trip.
En franchissant le pont à la sortie de Newport, il y a là un aquarium qui se veut être un des plus importants de l'Etat, et pourtant sa visite nous laisse sur notre faim. Pas vraiment de quoi s'enthousiasmer à cet endroit, on peut passer son chemin. Ce que nous faisons allégrement, en ne traînant pas sur les lieux. Dès la ville de Yachats, à la sortie de laquelle il faut impérativement prendre à droite sur Ocean Road, un petit détour de 1 mile à peine mais qui offre des points de vue magnifiques, la côte offre un spectacle majestueux jusqu'à Florence. Des promontoires rocheux, des blocs de pierre dans la mer, des points de vue époustouflants, bref, une portion de route à ne manquer sous aucun prétexte. Le summum est atteint sur un arrêt au bord de la route juste après le phare de Heceta, par ailleurs un des plus visités de la côte en Oregon. Dans un virage, en surplomb d'une falaise verticale qui tombe à pic dans l'océan, la vue y est incroyable. Sur le phare d'abord. Et aussi sur l'eau, quelques centaines de mètres en-dessous. A proximité, se trouvent les Sea Lions Caves, où séjournent de nombreuses otaries et éléphants de mer. D'en haut, nous voyons des dizaines de ces animaux, prendre les vagues comme des surfeurs ou jouer en sautant hors de l'eau. Un show naturel dont on ne lasse pas depuis le petit muret qui surplombe la mer.
La température du jour aurait fait rougir un autochtone, car nous sommes loin des 65 Fareneheit habituels. Le thermomètre de la moto affiche un bon 95, soit 35 degrés bien de chez nous. Le ciel est évidemment sans nuage, d'un bleu clair contrastant avec le bleu profond du Pacifique. Florence, loin d'une réplique toscane, mais avec tout de même une vieille ville, à l'américaine. Quelques vieux bâtiments, des rues plus étroites, des maisons plus serrées. Vieille ville dans laquelle, nous trouverons de quoi manger chez Joyce, un établissement à mi-chemin entre un restaurant et un salon de thé anglais. Non seulement, le patron y est super sympa en venant nous raconter des anecdotes, mais la nourriture y est plus raffinée que d'habitude et dans des proportions bien plus européennes. Peu après la ville de Florence, nous entrons dans la région des grandes dunes de sable, lesquelles vont border la côte durant des miles et des miles. Un terrain de jeu immense pour les quads et les buggys, qui sont en location sur le bord des routes. Alors que North Bend est en vue, premier changement majeur. D'un seul coup et sans prévenir, la température chute à 65 degrés Farenheit. Fini de rouler en t-shirt, il faut rajouter une couche. Même si le soleil est toujours bien présent, il fait carrément frais. Pas vraiment d'explication à ce changement en quelques miles uniquement, si ce n'est que l'air a changé de direction. La chaleur venait des terres, alors que la fraîcheur qui débarque arrive de la mer.
A Bandon, c'est le coup d'assomoir. La température est passée sous les 60, il ne fait plus frais, mais froid. Mais surtout le soleil a laissé la place au fameux brouillard de la côte. Le ciel n'est plus visible, le bleu a été remplacé par le gris et la visibilité est minime. Bien dommage, car à Bandon, il faut prendre le Beach Loop au milieu de la ville, qui sort de la US 101 pour passer le long de la côte. Nous devinons la beauté de l'endroit, entre les brumes et l'atmosphère cotonneuse. Là encore, les éperons rocheux sont nombreux dans l'eau, les blocs de pierre aussi, des paysages photogéniques à souhait, pour autant que le soleil soit présent bien entendu. De Bandon à Gold Beach, nous ne verrons plus rien et nous aurons un sacré coup de froid. La journée avait pourtant si bien commencé.
En arrivant à Gold Beach, nous ne sommes pas loin d'être frigorifiés. Nous nous posons au Azalea Lodge, vers la sortie de la ville à gauche. Un motel typique des bords de route aux USA, mais pas cher, à la chambre simple et conventionnelle, mais propre. Pour le repas, nous continuons à choisir les restaurants où vont les gens du crû. Ce soir, ce sera le Port Hole, tout au début de Gold Beach en venant du nord, en contrebas de la route sur le bord de l'Océan. Un resto familial, à la bonne cuisine locale faite de poissons, où les bières sont brassées dans la ville même et où la serveuse vient plaisanter avec nous à table. Un endroit où on l'on se sent bien, sans prétention ni chichi, habillé en biker, avec les casques sur la moto devant l'établissement. Un bon repas qui nous réchauffe et nous fait oublier cette seconde partie de journée froide et sans couleur. San Francisco se rapproche, dès demain nous passons d'ailleurs en Californie. Sans brouillard espérons, mais au moment de se coucher, c'est loin d'être gagné.
Effectivement, c'était loin d'être gagné car le lendemain matin, ce satané brouillard est toujours là. Moins dense, moins épais, mais toujours là. Il faut dire qu'il fait un peu comme il veut ce brouillard. Parfois, il se retire vers les 10 heures du matin pour laisser la place au grand ciel bleu, parfois il décide de rester là deux ou trois jours et c'est le gris qui s'installe. Là, il a choisi...
Nous partons donc dans la grisaille. La partie de la côte direction sud depuis Gold Beach est à nouveau très sauvage et donc très belle. La route longe l'Océan et les arrêts photogéniques sont bien nombreux, notamment autour du Cape Sebastian et d'Arch Rock. Il ne faut pas hésiter à emprunter les petites routes qui partent vers la mer et qui indiquent un point d'intérêt. Evidemment, cela ralentit la moyenne, mais il serait dommage de passer au travers de paysages si attrayants. Même la grisaille ne ternit pas la beauté des lieux, c'est dire. Le sud de l' Oregon est à la hauteur du reste de la côte de cet Etat, pourtant assez méconnu.
La US 101 poursuit son bonhomme de chemin vers le sud et nous voici en Californie. Un retour vers notre point de départ, car c'est de cet Etat que nous avions commencé notre road trip il y a près de trois semaines. Peu après Crescent City, nous entrons dans le territoire des sequoias, dans le Redwood National Park. Un parc qui s'étend sur des dizaines de miles et qui est peuplé des plus hauts, voire des plus âgés arbres du monde. De véritables tours verticales, qui peuvent grimper à des dizaines de mètres, vieux comme la naissance du monde ou presque et dont les troncs peuvent être si monstrueux. La route serpente au milieu de cette forêt impressionnante et le brouillard mélangé aux rayons du soleil qui tentent de percer rend l'atmosphère presque mystique. Nous nous arrêtons peu après Klamath au "Trees of Mystery", un parc où on peut emprunter un chemin au coeur de ces géants végétaux, puis un télécabine qui monte au sommet d'une colline tout en flirtant avec les pointes des arbres, quelques dizaines de mètres au-dessus du sol. Pas vraiment une attraction, mais un arrêt sympathique qui vaut tout juste les 15 $ demandés. Avant la sortie du parcours, de belles et intéressantes sculptures sur bois viennent divertir l'endroit. Un tronc couché sur son flanc nous présente son coeur et on peut compter son âge par les petits cercles qui démarrent de son centre. Enfin, il y en a tellement qu'il est impossible de lui donner un âge à cet ancêtre. Heureusement, des indications nous apprendront qu'il est quasi millénaire, le bougre.
A la sortie de Orick, la 101 double ses voies et devient une autoroute, rapide et bien roulante. Eureka est en vue. Un nom rappelant la science, pourtant la ville n'a rien d'extraordinaire. Nous logeons chez Tom et Kath, trouvés sur Airbnb, à l'entrée de la ville en arrivant du nord. Une petite maison très sympathique, à l'image de l'accueil qui nous est réservé. A moins de 5 minutes à pied du logement, il est possible d'ouvrir son horizon culinaire puisqu'on y trouve des restaurants indiens, mexicains, vietnamiens, cambodgiens et les habituels fast-food américains McD et BK. La Old Town d'Eureka est quelques blocs plus loin, à environ 15 minutes à pied. Autant le dire, Eureka n'a pas grand chose d'attirant. La partie commerçante de la ville se résume à quelques blocs, autour de la F Street et de la 5ème Avenue. Par contre, tous les premiers samedis du mois, et aujourd'hui en est un, les commerçants restent ouverts et accueillent leurs clients en musique. Ainsi, il y avait un groupe de musique folk dans un magasin de carrelages par exemple. Autre adresse intéressante, "The Local", sur la F Street entre la 5ème et la 6ème Avenue, un bar où il y a plus de 29 bières pression au choix. Mais nous mangerons au mexicain proche de notre logement.
Notre chambre est très calme et a un accès direct à la salle de bain de la maison. Airbnb et ses charmes et avantages, malgré que le quartier ne soit pas des plus attractifs, loin de là. Pourtant, cela représente encore une fois une intéressante expérience. | | | À: Genevois · 7 septembre 2014 à 11:52 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 28 de 71 · Page 2 de 4 · 1 040 affichages · Partager Hello
Non seulement le site est très photogénique avec le phare bien sûr...
Montre... 
En attendant les images, j'ai parcouru ton carnet avec une bande son (c'était bien  ).
| | | À: Voyajou · 8 septembre 2014 à 1:55 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 29 de 71 · Page 2 de 4 · 1 006 affichages · Partager Pratiquement la même moto, celle de la video est une Ultra Classi, la notre est une Classic tout court. Même chassis, mais avec quelques options en moins. Un canapé roulant tellement c'est confortable, même ma passagère de femme peut en témoigner.... Agréable le son, mais avec une musique made in US, ça passe aussi très bien ! | | | À: Genevois · 8 septembre 2014 à 4:20 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 30 de 71 · Page 2 de 4 · 1 000 affichages · Partager Le matin, Tom et Kath nous invitent pour le café et des Bagels. C'est l'occasion de discuter et d'échanger. Comme toutes les autres personnes proposant des logements Airbnb, l'attrait de pouvoir gagner un peu d'argent et de rencontrer des voyageurs du monde entier motivent ce couple dans la cinquantaine. Ils disent ainsi voyager par procuration, à travers les "invités" qu'ils accueillent. Nous quittons nos très sympathiques hôtes d'une nuit pour reprendre la US 101. Quelque 30 miles plus au sud débute la fameuse Avenue of Giants. Un détour d'une trentaine de miles, qui prend un itinéraire parallèle à la 101 et qui va traverser les forêts de sequoias géants, d'où son appellation méritée. Plus qu'un détour, un passage obligé. Une petite route étroite à souhait, tout du moins pour les standards américains, avec de nombreux arrêts possibles sur les bas-côtés pour aller à la rencontre de ces arbres majestueux.
Certes, tous ne sont pas des géants, il y a en majorité des adolescents de la taille de nos sapins, mais le trajet traverse aussi des portions où les ancêtres règnent sur la forêt. Des arbres d'une hauteur et d'une droiture impressionnantes. Marcher au coeur de cette nature nous rappelle notre petitesse et notre humilité. Nous nous arrêtons souvent en bord de route, posons la moto et partons sur les petits chemins tracés, en nous émerveillant du spectacle qu'offrent tous ces troncs. Au milieu du parcours, nous sommes suffisamment à l'intérieur des terres pour que le soleil prenne la place du brouillard ambiant sur la côte. Les rayons arrivent à pénétrer la forêt et offrent ainsi des palettes de couleurs et des ombres magnifiques. Nous prenons un plaisir simple, mais pourtant immense sur ce petit bout de route californienne.
Après 30 miles, l'Avenue of Giants rejoint la US 101, qui a maintenant 4 voies. Cette célèbre Highway longue de plusieurs milliers de miles serpente ici à travers les collines boisées. La circulation est nulle en ce dimanche et nous tenons un bon 65 mph. De temps à autre, la route rétrécit pour ne former plus que 2 voies, mais la plupart du temps, la 101 reste une autoroute. La CA 1 quitte ce trajet pour gagner la côte et rejoindre la 101 bien plus bas, peu avant San Francisco. Nous prenons cet itinéraire, lequel va rapidement devenir une petite route avec de nombreux virages serrés qu'il convient de prendre avec attention. L'Electra Glide nous démontre sa facilité de conduite malgré son poids, mais il faut vraiment se méfier de ne pas trop prendre de vitesse, car au premier virage trop serré, impossible de rattraper la moto et c'est soit le talus, soit la montagne. Et dans les deux cas, un sérieux problème. Aucune présence humaine sur plus de 30 miles, excéptés quelques véhicules croisés. Nous arrivons sur la côte et le soleil persiste. Pas pour longtemps, le brouillard reprend ses droits et même si le plafond n'est pas si bas, tout est gris et frais. Tom nous avait expliqué que l'air est très chaud dans les terres et repousse le brouillard sur la côte, où il n'arrive pas à se dissiper.
Nous décidons de nous poser à Fort Bragg au milieu de l'après-midi. Même s'il est tôt, nous voulons faire un peu de lessive et aussi laver la moto qui est vraiment sale. Nous n'avons pas encore pris notre lunch et une petite salade au Denny's plus tard, nous nous posons à Sea Bird Lodge America's Best Value, à la sortie de la ville. Un petit hôtel parfait pour nous, avec de quoi faire des machines et sécher, un petit jacuzzi et une piscine couverte, un accueil sympathique. Juste à côté, un grand supermarché nous permet d'acheter quelques rafraîchissements et il y a même un car-wash à proximité. Que du bonheur.
Se restaurer le soir à Fort Bragg n'est pas vraiment un problème. Il y a en a pour tous les goûts et toutes les bourses. La réceptionniste de l'hôtel nous aiguille sur un restaurant pas très loin, mais un peu trop chic à notre goût. Nappe blanche, serveurs en cravate, prix en relation, nous préférons nous rendre dans la petite échoppe d'en face qui vante ses Ribs, son Pulled Pork ou son saumon. Le proprio qui nous accueille, un Latino sans aucun doute, est tout sourire, nous entendons aussi ses enfants jouer dans la petite salle derrière le comptoir. Un petit restaurant sans prétention où nous pouvons manger sans nous soucier de notre tenue de biker, nos bottes, nos jeans un peu sales malgré le lavage et nos t-shirts froissés. Les Américains mangent tôt le soir, à 21h00 plus moyen de se faire servir, hors des fast-food traditionnels. Mais il faut aussi dire que de rouler à moto durant la journée fatigue son homme et le soir, nous nous couchons assez tôt.
Dernière étape demain, avec une arrivée à San Francisco où nous devons rendre la moto en fin d'après-midi. Que de miles parcourus, il est difficile de se faire à l'idée que demain, ce sera le bout de la route. Notre avion décolle jeudi, nous aurons le temps d'atterrir de notre périple sur les routes US avant de décoller pour le retour à la maison. | | | À: Genevois · 10 septembre 2014 à 6:20 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 31 de 71 · Page 2 de 4 · 958 affichages · Partager Une fois n'est pas coutume depuis que nous sommes sur la côte. Le brouillard est de la partie. Pas un brouillard dense et cotonneux, juste un plafond gris très bas qui fait penser à un temps d'automne dans notre Genève natale, lorsque le lac crée lui aussi cette brume que le soleil ne transperce pas. Notre nuit au Sea Bird Lodge a été parfaite. Et ce matin, un petit déjeuner simple est offert dans le lobby. Simple, mais avec des muffins faites maison. Plusieurs variétés, myrtilles, orange-cannelle, chocolat, raisins et noix, bref un sacré choix, pour bien débuter la journée.
Nous prenons la route assez tôt et le temps, outre la grisaille, est bien frais. La température ne dépasse guère un petit 50 degrés Farenheit (10 degrés pour nous). Si nous avons assez de couches sur le haut du corps, les jambes et les pieds souffrent un peu plus. Les bikers américains portent souvent des surpantalons en cuir qui protègent les jambes, mais nous n'avons pas ce matériel, peu populaire par ailleurs en Europe.
Cette partie Pacifique entre Fort Bragg et San Francisco restera une des plus belles parcourues depuis notre départ, malgré la météo. La CA 1 n'est pas une splendeur, c'est une merveille. Elle épouse tous les contours de la côte et il faut le dire, c'est un mariage réussi. Les séquoias ont laissé la place aux pins et parfois aux eucalyptus qui dégagent leur senteur. La route tourne, descend, monte, au gré du terrain. Si Dominique profite des paysages sur son strapontin arrière, je me dois d'être attentif et je ne risque que quelques coups d'oeil sur les bas-côtés de cette magnifique voie. Quasi toujours près de l'Océan, les points de vues sont nombreux sur les caps, les criques, les promontoires, les rochers. Souvent irlandais lorsque la lande jaunie descend vers la mer, parfois méridionaux lorsque les pins viennent flirter avec l'eau, les paysages sont fantastiques. Quelques noms de village ou de lieux rappellent l'ambiance : Albion, Manchester ou Irish Beach. Ah si seulement nous avions le soleil avec nous, le plaisir serait total.
A l'entrée de Jenner, il y a une plage en bas de la falaise. Quelques dizaines d'otaries ou d'éléphants de mer squattent l'endroit et les automobilistes s'arrêtent pour contempler le spectacle. Personne ne klaxonne ou ne s'énerve, ici c'est relax man, même sur la route. A l'entrée de Bodega Bay, il y a le Boat House, un petit troquet tout simple, qui sert la pêche du jour et un succulent Clam Chowder. La patronne, volubile à souhait, veut tout savoir. D'où nous venons, où nous allons, combien de temps voyage-t-on. Alors que nous arrivons vers Point Reyes, à quelques miles de San Francisco, la brume nous dit au revoir et le ciel s'annonce sans nuage. Nous étions partis de Los Angeles avec le soleil, nous allons arriver à San Francisco avec le soleil. Nous rejoingnons la 101 et sa circulation dense et rapide. Le Golden Gate est là tout près, le pont mythique connu dans le monde entier, que nous allons traverser en Harley-Davidson, un pur moment de bonheur. Avant d'entamer la traversée, on peut monter sur la droite vers Fort Spencer, qui offre une des meilleures vues de l'endroit, surplombant le pont et toute la baie. Un vent très fort souffle, mais il se calmera dès la colline redescendue, notamment pour le passage sur le pont. La vue est tout bonnement époustouflante, le rouge de l'armature de l'ouvrage contrastant avec le bleu du ciel et de la mer. La ville de San Francisco est en arrière plan, un décor de carte postale. Passer le pont est payant dans le sens nord-sud. En effet, un péage est obligatoire pour entrer dans la ville, pas pour en sortir. Plus de guichets ou de postes de contrôle, tout est automatisé, par lecture de plaques. On peut soit payer d'avance les 7$ pour une moto, soit deux jours après le passage. Il suffit d'aller sur le site interet correspondant et de connaître la plaque d'immatriculation. Le reste de la marche à suivre est indiqué.
Nous avions printé notre itinéraire jusque vers Bernal Heights, un quartier tranquille en dehors de l'agitation du centre de la ville. C'est là que nous avons trouvé notre dernier logement Airbnb, chez un couple de femmes qui nous accueille chaleureusement. Nous retrouvons nos sacs de voyage que nous avions envoyés par poste au début de notre périple. Il est temps de vider la moto et de la ramener chez Eaglerider, à moins de quinze minutes de là. La 101 traverse la ville du nord au sud et nous la prenons l'espace de quelques miles. Eaglerider a ses bureaux et ses locaux sur la 8ème Street et nous arrivons dans les temps, après avoir fait le plein à la station qui est juste à côté. Le personnel fait un rapide tour de la machine, sans vraiment approfondir l'examen, et me fait signer le papier attestant de la restitution. Nous reprenons le taxi pour regagner notre logement, Eaglerider rembourse encore jusqu'à 15$ la course, avec la quittance pour preuve, document qu'il faudra faxer ou envoyer via email. Ma carte de crédit sera ensuite débitée. La chauffeur de taxi qui nous prend en charge est une afro-américaine qui conduit avec son chihuahua comme aide-chauffeur. Je lui indique la direction et elle fonce dans le trafic, telle la Fangio dans un grand prix. Rapide et efficace, elle aura mérité son pourboire.
Pas trop envie de retourner en ville ce soir. Mais aucun souci, le quartier est pourvu en restaurants, en épiceries ou en bars. Sur Cortland, nous trouvons un petit resto mexicain qui fera l'affaire pour ce soir. Et au retour, une bouteille de cidre bien fraîche pour décompresser de ce dernier jour de route. Il nous reste deux jours et demi dans la ville de San Francisco avant notre vol de retour. Il va faire drôle de ne pas remonter sur une moto ces prochains jours. Compteur à l'appui, nous avons parcouru 3534 miles, soit 5687 km.
San Francisco. La fin de notre périple, mais une visite s'impose. Après une excellente nuit calme, nous prenons notre petit-déjeuner préparé par Nsomeka, une de nos deux hôtes. Pour aller en ville, c'est assez simple. Il suffit de descendre sur Mission Street, où tous les transports publics sont accessibles. Nous marchons donc dans cette rue animée entre Cortland et la 16ème, là où nous prendrons le BART, le métro local, pour rejoindre la partie de Dowtown. Mission Street où la rue, et même le quartier, a des couleurs d' Amérique centrale. Ici, c'est le Nicaragua, le Salvador ou encore le Honduras. Les restaurants affichent leurs origines, les étals des épiceries sont en espagnol, les drapeaux nationaux décorent les devantures. Dans la rue, dans le bus, dans les magasins, l'espagnol est roi. Il y a de quoi fouiner ici, de quoi faire quelques bonnes affaires, les prix y sont bien moins chers que sur Downtown la Blanche. Mais la comparaison ne s'arrête pas là. Tout le long de Mission, surtout aux arrêts de métros, le quartier a son lot de sans-abri, de laissés pour compte, de dérangés du cerveau qui hurlent contre les murs ou les nuages. Entre la 5ème et la 15ème, ce sont les jeunes latinos qui prennent possession de la rue, capuche sur la tête, tatouages dans le cou, voire sur la tête, lunettes de soleil et barbiches. Non pas que Mission Street soit dangereuse, loin de là, simplement "différente". Un melting pot assez complet d'une frange de la société américaine, celle loin de la finance et des dollars, celle de la rue, de la vie difficile et des petits boulots, comme ceux qui vendent des babioles aux arrêts de bus, la radio bloquée sur une station mexicaine ou nicaraguayenne.
Le métro est facile à prendre. On choisit sa destination et un distributeur nous donne le tarif. Il ne reste plus qu'à introduire le montant correspondant et l'appareil rend même la monnaie si jamais. Arrivés à Embarcadero, nous revenons à pied sur Union Square qui se veut être le centre de la ville. Un petit parc bétonné au coeur des immeubles, où les gens viennent se poser pour le lunch avec leur pique-nique. Le fameux Cable Car de San Francisco passe en bordure du square sur Powell, faisant la joie des photographes. Chinatown est à proximité. Nous la traversons par Grant Avenue et Stockton, des rues animées, avec sur Grant des lampions qui sont accrochés aux réverbères et qui surplombent la chaussée. Ici, ce n'est évidemment plus l'espagnol, mais le chinois qui prédomine. Il se dit même qu'un nombre important de résidents de Chinatown ne parlent aucun mot d'anglais. En tous les cas, la partie asiatique de San Francisco est bien plus importante que celle de Portland qui se résumait à quelques blocs à peine. C'est même une des communautés asiatiques les plus importantes hors d'Extrême-Orient. Ici, c'est tout un quartier qui se veut plus proche de Hong Kong ou Shanghaï que de Washington. Les échoppes proposent un fouilli incroyable, mais presque la même chose partout. Des dizaines de gadgets et d'objets made in China. Les restaurants sont également très nombreux, de la salle à touristes avec photos sur les menus, au petit boui-boui local où les Blancs ne mettent pas les pieds. Nous nous posons chez Yee's pour le lunch, où il n'y a aucun Occidental dans la salle, mais nous serons déçu par la nourriture, loin d'être à la hauteur de ce que nous avions déjà mangé à Hong Kong et Pékin.
Au nord de Chinatown, voici North Beach et ses quelques blocs transalpins, genre Little Italy de New York. Le drapeau italien est peint sur les réverbères, pour marquer le territoire, lequel est infiniment plus petit que la partie chinoise de la ville. Coit Tower est en vue, elle se mérite, car il faut grimper non seulement au sommet de Kearny ou Montgomery Street, mais il faut encore avaler quelques escaliers avant d'arriver à son pied. 8$ pour monter voir la vue sur la ville du sommet. A notre arrivée, environ 1 heure de queue. Et nous réalisons que le soleil sera de face pour les éventuelles photos sur Downtown. Quant au GGB (le Golden Gate Bridge), il est tout de même bien loin pour des photos de bonne tenue. Bref, en résumé, pas de Coït Tower. Nous redescendons par Greenwich, des escaliers bien raides qui passent au milieu des habitations et de leurs jardins dans la pente sous la tour, côté Est, à la hauteur du Pier 23. Il ne reste plus qu'à suivre le bord de l'Océan pour arriver au célèbre Pier 39.
Le Pier 39 sera sans doute un des pires endroits vus lors de notre périple. Archi-touristique, tout est tourné vers la vente et le business. Des restaurants kitsch et sans âme, des fast-food, des gadgets inutiles, tout est fait pour contenter ici le touriste lambda. Nous n'y traînons pas 10 minutes. Seuls les éléphants de mer, tout au bout de la jetée, sur la gauche, offrent un spectacle gratuit et un brin naturel. Mais la foule est là, guettant chaque geste ou cri de ces animaux, poussant elle aussi des exclamations. Même ça n'a pas d'attrait, en tous les cas bien moins que les bêtes aperçues à Newport en Oregon. Toute la zone du Fisherman's Wharf est du même accabit. Nous n'avons pas aimé et je le dis. Pour revenir vers Mission Street, nous prenons le tram F. On paie le montant exact au chauffeur, 2.25$ et la quittance qui nous est remise permet d'utiliser les bus pendant encore 3 heures. Nous reprendrons donc le 14 vers Cortland, avant de remonter tranquillement le quartier de Bernal Heights. En chemin, nous faisons quelques courses dans un supermarché, pour nos futurs petit-déjeuners et le repas de ce soir. Nous avons bien dû marcher 10km aujourd'hui, mais San Francisco peut très bien se visiter à pied et en transports publics. La suite demain. | | | À: Genevois · 11 septembre 2014 à 19:20 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 32 de 71 · Page 2 de 4 · 925 affichages · Partager Une fois n'est pas coutume, il fait grand beau depuis le matin. Le ciel est sans nuage et le brouillard se tient tranquille. Après le petit-déjeuner dans la cuisine, fenêtres ouvertes pour laisser passer la chaleur du soleil que nous avons face à nous, nous décidons de monter au sommet de Bernal Heights, dans le parc qui occupe la colline. Pour y accéder, facile, il suffit de grimper une des rues qui montent depuis Cortland, principalement entre Andover et Andersen. La vue sur San Francisco est toute simplement époustouflante, toute autant que depuis les Twin Peaks, les cars de touristes en moins. Ici, pas de 49 miles drive, la route que tout voyageur motorisé emprunte à San Francisco. Seuls les promeneurs de chiens peuplent l'endroit, venant faire courir les canidés dans les pentes. Au loin du côté Est, Downtown et ses gratte-ciel, sinon le reste de la ville à nos pieds. Les grandes avenues découpent les quartiers et morcèlent la ville. Une vue qui se mérite vu la colline à grimper, mais quelle récompense.
Nous redescendons à pied en direction de Mission Street, où nous reprenons le 14 jusque vers Union Square. L'idée est d'aller au Presidio, juste au début du pont, côté ville. Un seul bus se rend au Visitors Pavillon, le 28. Pas facile de l'emprunter celui-là. Il nous faut d'abord prendre le 3 jusque dans le quartier de Japantown, où le nom des rues est marqué tant en anglais qu'en japonais, où les boutiques et épiceries nippones pullulent. Puis, c'est Fillmore, avec ses petites boutiques, ses restaurants et échoppes. Nous parcourons 2-3 rues de ce quartier sympathique et nous y faisons nos courses pour le lunch de midi, dans un supermarché. Après le 3, le 22, pour quelques blocs. Le chauffeur de ce trolley est une afro-américaine marrante comme tout qui fait des annonces dans le micro pour ses passagers. Non seulement pour annoncer les arrêts à venir et les correspondances possibles, mais aussi sur ce qu'il y a à voir dans les quartiers traversés. En descendant, je la remercie de son efficacité et elle me gratifie d'un joyeux "it was my pleasure, honey", à savoir en gros "tout le plaisir était pour moi, chéri". Décontractée.
Nous prenons finalement le 28 vers Fillmore et Lombard et celui-ci va nous conduire au pied du Golden Gate. Un point de vue aussi exceptionnel que celui de l'autre côté. A la différence près que côté nord, nous le voyons d'en haut, légèrement en surplomb, alors qu'ici, côté sud ou ville, c'est le contraire, nous sommes légèrement sous le tablier du pont. Deux points de vue, mais tout aussi magnifiques et indispensables l'un que l'autre. L'endroit rêvé pour manger notre salade composée dans un supermarché. Au soleil et face à cet ouvrage célèbre. Nous avons eu de la chance, beaucoup de chance. Une heure après notre arrivée, la brume venue du large fait son apparition et enveloppe le pont. Si les piliers ressortiront parfois du brouillard, impossible désormais de le voir en entier. Quelques belles photos sont encore à faire, mais ce sera sans aucune mesure avec les clichés pris avec un grand ciel bleu.
Nous revenons à pied jusque vers Marina, en empruntant la Golden Gate Promenade, une belle balade le long de la baie, avec une vue splendide sur The Rock, Alcatraz. Là, c'est le paradis des chiens, qui peuvent gambader et aller dans l'eau fraîche, sans déranger qui que ce soit. Nous découvrons ici un métier apparemment commun à San Francisco. Promeneur de chiens. Certains ont une dizaine de canidés en laisse, toutes races confondues, qu'ils détachent une fois au bord de l'eau. Certains, comme les labradors, sont évidemment bien plus actifs près de l'eau que les plus petits comme les teckels ou les bassets, assez en vogue semble-t-il.
Les mollets et les jambes se font lourds, nous regagnons le quartier de Market avec le bus 30. Voyant que nous attendions à un arrêt, une femme se présente vers nous et nous annonce que le prochain bus passera dans 11 minutes, horaire sur son Smartphone à l'appui. Elle ajoute que si nous marchons 3 blocs de plus, il y a aura un banc pour s'asseoir à l'arrêt. Le quartier de Marina est huppé et les maisons sont plus belles les unes que les autres. Les voitures parquées devant sont aussi de grosses cylindrées, neuves et rutilantes. Mais leurs habitants sont visiblement aussi aimables qu'ailleurs, une constante dans ce pays.
Retour vers Market pour prendre le tram F qui va nous conduire dans le quartier de Castro, haut lieu de la culture gay à San Francisco. Ici, les couleurs s'affichent, le drapeau arc-en-ciel est partout. Sur les réverbères, devant les devantures des commerces. Les femmes se tiennent par la main et les hommes entrent dans les sex-shops spécialisés pour mâles, avec articles SM en vitrine, comme s'ils entraient au Wallmart local. Tout du moins dans la partie autour de la station BART de Castro. Il faut dire que la ville de San Francisco a été une des précurseures de la libéralisation du mouvement gay aux USA et que les tabous sur le sujet sont tombés depuis bien longtemps. Nous attendons le bus 24 qui nous amènera vers Cortland et donc notre domicile. Au bout de Castro et dans Noe Street, le bus grimpe (et redescend) des pentes incroyables qui nous rappelle qu'en dehors de Downtown, San Francisco est bâtie sur des collines, parfois abruptes. Les bus ont de la peine, mais ils grimpent à la vitesse du pas (quoique, tout de même plus rapidement tant la pente est raide). Il ne faudrait pas une panne de freins à la descente...
Cette ville est splendide et extraordinaire. Un petit air européen, un charme fou avec ses maisons en bois et colorées, des milliers de petits commerces, restaurants, des transports publics efficaces, une ouverture d'esprit peu commune, une ambiance tranquille et dénuée de stress, font que même les nombreux sans-abri et paumés incarnant le revers du rêve américain, ne ternissent pas le plaisir de visiter la cité. Nous en aurons vu des villes américaines, mais peu nous ont amené autant de satisfaction que San Francisco. Demain matin, il s'agira de profiter des dernières heures, car notre vol est programmé à 15h50.
Sur Cortland, il y a plusieurs restaurants, mais nous opterons pour notre dernier soir pour une valeur sûre de la gastronomie américaine : la pizza ! Avec le fameux pepperoni un peu piquant et une bonne bouteille de vin califonien achetée au supermarché local. Et pour ne pas faillir à la pratique courante, on se fait livrer à domicile ! Dernière soirée, dernière nuit dans notre Airbnb, une maison splendide sur les hauteurs de Bernal Heights, au coeur d'un quartier très tranquille. Prendre le soleil le matin depuis la terrasse est un gage de bien commencer sa journée. Pour notre dernier matin, nous faisons le plein de chaleur en prenant notre café et petit-déjeuner à la lumière et à la chaleur des rayons. Il nous reste quelques heures pour trier et paqueter nos affaires, nous préparer et partir pour l'aéroport. Comme pour tous les autres logements Airbnb, du ranch dans le Nevada en passant par Portland, Eureka et Seattle, l'accueil de Marie et Nsomeka a été très chaleureux et nos échanges ont été plus qu'intéressants. Cette formule est vraiment excellente, notamment pour la visite des villes, mais aussi en extérieur. Pas toujours plus avantageuse que certains petits motels genre Super 8 ou Motel 6, mais tellement plus riche en rencontres.
Pour se rendre à l'aéroport, il y a plusieurs formules : le métro, le taxi ou encore un système appelé Uber ici à San Francisco. Une sorte de Airbnb, mais pour les transports. Il suffit de télécharger l'application et d'y introduire quelques données personnelles. Les personnes qui adhèrent à ce système sont des privés qui utilisent leur propre véhicule et vous conduisent là où vous le désirez. Une claire et nette concurrence aux taxis, mais visiblement tolérée ici. Les voitures concernées arborent une grosse moustache rose sur la calandre (no comment...). A travers l'application, on peut donc solliciter un transport et la voiture la plus proche peut venir vous prendre en charge. L'application permet aussi de suivre l'évolution de votre chauffeur sur le parcours. Le paiement se fait via la carte de crédit que vous aurez introduite lors de votre inscription de sorte qu'il n'y a pas besoin de cash. Bref, un système pratique et moins cher que le taxi. Pour exemple, de là où nous sommes à Bernal Heights, nous rendre en métro à l'aéroport nous coûterait environ 22$, avec deux changements et les sacs à trimballer. Avec Uber, il faut compter entre 25 et 30$. En taxi, pas loin de 40. Un bon compromis !
Cette fois, ça y est, c'est la fin de la route, le bout du Pacific Northwest Motorcycle Trip. Le départ est proche, pour quelques dernières lignes sur le long voyage du retour. | | | À: Genevois · 11 septembre 2014 à 20:40 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 33 de 71 · Page 2 de 4 · 916 affichages · Partager Ahhh!
Merci cher ami pour ces belles lignes. Je partage avec vous les difficultés liées à devoir se rendre à l'évidence d'un retour à la réalité.
Très bon récit, comme toujours. Bien hâte à tes prochaines vacances :)
Donnes des news!
Pat | | | À: Bmonkey · 11 septembre 2014 à 22:38 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 34 de 71 · Page 2 de 4 · 900 affichages · Partager Hey Pat, Merci pour ces compliments, j'apprécie venant d'un voyageur et d'un fan de la plume comme toi. Chaque retour à la réalité est difficile, mais c'est un passage obligé pour sentir le besoin de repartir, comme une drogue dont on ne saurait se passer.
Va falloir qu'on songe à visiter la Belle Province une fois, histoire qu'on se partage 2-3 gobelets de houblons. Et que je puisse te parler d'un nouveau cap que nous avons pris (non ne t'inquiète pas, aucun nouvel arrivant n'est prévu dans la famille, juste un changement de job et une nouvelle vie professionnelle. Mais ce n'est pas la place d'en parler ici...). | | | À: Genevois · 12 septembre 2014 à 9:35 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 35 de 71 · Page 2 de 4 · 878 affichages · Partager Bravo, superbe voyage (nous avions fait a peu près le même en 2005, avec une Electra chacun ma femme et moi, ça aide pour les bagages)
Bon retour à la vraie vie | | | À: Noelf6c · 12 septembre 2014 à 20:33 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 36 de 71 · Page 2 de 4 · 853 affichages · Partager Une Electra pour ton épouse... Ca me fait rêver. | | | À: Genevois · 13 septembre 2014 à 7:48 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 37 de 71 · Page 2 de 4 · 836 affichages · Partager Nous commandons notre transport via l'application Uber. En un mot : impressionnant. On se connecte, on entre la destination choisie et on reçoit un code par SMS pour valider la commande. Dès ce moment, nous pouvons voir qui sera notre chauffeur, avec sa photo, et le véhicule qu'il utilise avec la plaque d'immatriculation. Il y a aussi un petit compteur qui dit dans combien de temps il sera sur le lieu de prise en charge et, cerise sur le gâteau, on voit la voiture sur la carte de la ville... C'est Robbie qui nous prend en charge, un gars d'une soixantaine d'années qui parle 2-3 mots de français et qui connaît assez bien l'Europe. Nous discutons tout au long du trajet, qui dure à peine 15 minutes pour rejoindre l' aéroport international de San Francisco. A peine arrivés au SFO International Airport, je reçois la facture et le détail de la transaction par mail. 24$. A peine plus qu'un transport en bus/métro. Et bien plus rapide, bien plus efficace, bien plus sympathique.
L' aéroport de San Francisco est certes grand, mais il n'y pas foule. Nous sommes suffisamment en avance pour éviter les longues queues au check-in, surtout avec un vol sur l'A380 qui va amener son lot de passagers. La plupart n'ont pas enregistré en ligne et là, la queue s'allonge rapidement, alors qu'au drop-off bagages, nous réglons l'affaire en 5 minutes. Pas vraiment de Tax Free Shop, quelques boutiques, mais pas vraiment de quoi meubler les 2 heures qui nous séparent de l'embarquement. Marie, une de nos hôtes, connaît Genève pour y venir de temps à autre visiter des amis. Nous nous sommes donc promis de nous recroiser, mais de l'autre côté de l'Atlantique cette fois-ci. Nous n'aurons fait que de supers rencontres lors de ce voyage, avec Airbnb, mais aussi avec tout plein de gens croisés sur la route.
L'enregistrement du vol est fidèle à l'habitude. Tout le monde se presse devant la porte, sans se soucier que nous allons entrer dans l'avion en fonction de notre numéro de siège. Évidemment qu'au final, tout le monde sera à bord, assis à la place qui lui est attribuée. Comme à l'aller, le décollage se fait tout en douceur avec l'A380, un géant aux ailes de velours. Le vol sera tranquille jusqu'à l'atterrissage à Paris, quelques turbulences mais sans plus. Les critiques sont toujours faciles, mais il faut dire que le service à bord d'Air France a été excellent. La compagnie a souvent fait l'objet de commentaires négatifs, surtout liés à la sécurité et formation des pilotes après le dramatique crash du Rio- Paris. Pour nous, ce sont plutôt les problèmes liés aux fréquentes grèves qui peuvent toucher tous les corps de métier oeuvrant sur les aéroports français, une menace beaucoup plus faible dans d'autres pays, qui nous préoccupaient. Pour le reste, nous faisons confiance à Air France, ses pilotes, ses mécaniciens, ses dirigeants.
Arrivés à Paris, nous avons 1 heure et 45 minutes pour attrapper notre correspondance pour Genève. Cela devait être suffisant. Mais il y a un problème. Le parking de l'A380 est occupé par un autre avion qui a un souci technique. L'attente pour trouver une autre place sur l'aéroport nous fait perdre 35 minutes. Le temps de débarquer, de foncer du terminal 2E vers le terminal 2F nous prend encore 15 minutes. Il nous reste environ une heure. Oui mais voilà, lorsque 520 passagers débarquent d'un seul coup, et c'est sans compter les autres long-courriers qui ont posé au même moment, et surtout qu'il n'y a que 4 guichets d'ouverts pour repasser les contrôles de sécurité, on perd un sacré temps. Nous voyons les minutes défiler et surtout notre vol pour Genève s'envoler sans nous. Une fois la sécurité passée, il faut maintenant affronter les contrôles d'immigration puisque nous entrons en Europe. Et là, peu de guichets ouverts aussi. Nouvelle queue, nouvelle attente. Tout le monde semble avoir des correspondances, puisque cela dépasse dans les files et cela s'énerve. Lorsque nous arrivons envin devant la porte F21, l'hôtesse de terre avait l'index posé sur la touche "Enter" pour boucler son vol. In extremis. 60 minutes plus tard, nous débarquons sur le tarmac genevois, fatigués, avec le besoin d'une douche et de prendre l'air.
Comme à chaque retour, la famille veut tout savoir, voir déjà des photos, connaître les anecdotes. Pas le temps de digérer l'arrivée que déjà nous replongeons dans notre trip. Un trip extraordinaire. Comme d'habitude serai-je tenté de dire, sans le côté blasé de l'expression. Car pour qui sait garder ses yeux ouverts, il y a tant à voir sur cette Planète. Là, nous avons connu, comme lors notre traversée Coast to Coast de 2012, un sentiment inégalé de liberté au guidon de l'Electra. Une impression de déconnexion, avec le vent, la route, les vibrations de la moto et les sensations liées au pilotage de la machine comme seul lien. Un sentiment d'aventure aussi, avec les quelques 5000 km parcourus en solo, sans organisation extérieure, s'arrêtant au gré des envies ou des rencontres éphémères. Une aventure également, et même surtout, humaine avec les riches échanges que nous avons connus. Parfois juste une plaisanterie d'une conductrice de bus ou d'une serveuse, parfois un accueil extraordinaire comme chez Bill ou dans nos logements Airbnb. Nous l'avions déjà constaté, mais l'Américain sait être convivial respectueux et aimable. Une fois n'est pas coutume, nous avons pu allier nos passions, la moto, partir ailleurs et être libre, la découverte des gens et d'autres contrées. Comblés, nous sommes comblés.
Un sacré road trip ce Pacific Northwest Motorycle Tour. | | | À: Genevois · 15 septembre 2014 à 10:01 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 38 de 71 · Page 2 de 4 · 799 affichages · Partager Un carnet qui emmène le lecteur à travers des paysages somptueux de couleurs, de brume, de lacs et de forêts, de montagnes et de prairies et qui lui fait partager de belles rencontres.
Des mots qui valent toutes les photos du monde... Quel régal ! Quel régal !
Merci Genevois 
Dolma | | | À: Dolma · 15 septembre 2014 à 14:22 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 39 de 71 · Page 2 de 4 · 773 affichages · Partager Merci à toi, ton message me fait particulièrement plaisir, tu as réussi à ressentir les émotions que j'ai vécues. Et sans photo... Cela me motive à continuer à prendre le temps de rédiger lors de nos périples.
Amicalement, Laurent | | | À: Genevois · 20 octobre 2014 à 21:54 Re: Pacific Northwest Motorcycle Trip Message 40 de 71 · Page 2 de 4 · 718 affichages · Partager Salut Laurent, Tout simplement bravo pour ce magnifique récit. A bientôt. Olivier | Carnets similaires sur les États-Unis: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 21 492 visiteurs en ligne depuis une heure! |