Bonjour Luc
Quelques précisions sur Claude Jacques.
C'est un épigraphiste
(1) spécialisé en khmer ancien et sanskrit. Claude Jacques et Georges Coedès sont les deux plus grands épigraphistes pour les temples angkoriens.
Il était membre de l'EFEO (Ecole française d'Extrême Orient) de 1963 à 1976.
En 1999 il écrit le livre "Ancient
Angkor" avec Michael Freeman, photographe. (version anglaise)
En 2000 le livre parait en français aux éditions Olizane
La version française que l'on trouve en
France est originale donc l'auteur touche des droits d'auteur, ce qui n'est pas le cas du livre que l'on trouve sur le site d'
Angkor qui est une copie...
L'auteur s'est fortement inspiré du livre de
Maurice Glaize "Les monuments du groupe d'
Angkor". Bien qu'édité en 1944 ce livre est encore une référence aujourd'hui.
Maurice Glaize (1886 - 1964 – architecte de formation) spécialiste de l'anastylose
(2)
(1) En architecture l'épigraphe est une inscription que l'on trouve sur des monuments. Ces inscriptions sont gravées sur des matériaux non putrescibles comme la pierre, le métal...
Epigraphie : science qui étudie les épigraphes.
Epigraphiste : personne qui étudie les épigraphes.
Les inscriptions que l'on peut voir dans les temples sont gravées à l'entrée des sanctuaires sur les piédroits des portes, d'autres ont été gravées sur des stèles, qui se trouvent maintenant à la Conservation d'
Angkor et au Musée de
Siem Reap.
Ces documents ont une importance historique considérable, car ce sont les seules archives du
Cambodge ancien ; en effet la totalité des manuscrits de l'époque angkorienne a disparu au cours des siècles pour n'avoir pas été recopiés.
Ces textes gravés sur la pierre sont écrits en sanscrit ou en khmer, à peu près en quantité égale, mais leur teneur est sensiblement différente suivant la langue utilisée.
Les textes en sanscrit sont des poèmes adressés aux dieux d'origine hindoue ou aux protecteurs bouddhistes. Ces poèmes font en règle générale l'éloge du fondateur du temple, qu'il soit roi ou haut dignitaire. C'est dans ces poèmes que l'on trouve habituellement la date de l'installation des divinités (trop souvent confondue avec la date de construction du temple) qui commence avant et peut s'être prolongée bien au-delà ; on peut y trouver aussi certaines autres dates, notamment celles de la prise de pouvoir des rois.
Les textes khmers au contraire sont toujours écrits en prose et relèvent généralement du style de l'inventaire : ils ont trait en effet aux biens matériels propriétés des dieux, terrains, animaux ou objets du culte...
(2) L'anastylose : la restauration des temples utilise le procédé de l'anastylose
, mot d'origine grecque signifiant "relèvement des colonnes".
L'anastylose – nous dit Balanos, conservateur des Monuments de l'Acropole d'
Athènes – consiste dans le rétablissement ou relèvement d'un monument avec ses propres matériaux et selon les méthodes de construction propres à chacun. L'anastylose s'autorise de l'emploi discret et justifié de matériaux neufs en remplacement des pierres manquantes sans lesquelles on ne pourrait replacer les éléments antiques.
L'anastylose fut introduite au
Cambodge par Henri Marchal, au retour d'un voyage d'études à
Java où il avait pu se rendre compte de l'excellence de la méthode. Celle-ci, appliquée par lui pour la première fois à Banteay Srei à partir de 1931 à 1936.
A partir de 1936
Maurice Glaize est devenu le "spécialiste" de l'anastylose pour les monuments du groupe d'
Angkor.
Après la visite du Banteay Srei je conseille de ne pas se rendre immédiatement sur le parking mais de continuer, après les toilette il y a de petits bâtiments, dans l'un d'entre eux on peut y voir des explications sur les temples. On peut aussi y voir des photographies qui ont été prises lors de la restauration de ce temple par Henri Marchal.
Voir photos ci-jointes.
Jacques
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