Je rentre d'un voyage ŕ vélo en
Ouzbékistan le long de la partie de la
Route de la Soie entre
Tachkent (oů je suis arrivé par avion) et
Khiva (que j'ai quitté par train de nuit pour retourner ŕ
Tachkent prendre l'avion de retour). Ci-dessous un résumé qui pourrait servir ŕ ceux qui envisagent de faire le męme trajet.
1. Aspects généraux :
- A l'arrivée, j'avais organisé avec un taxi suffisamment grand pour charger le vélo dans son carton (10$ depuis l'aéroport) avec l'hôtel Art. L'hôtel m'a aussi permis de laisser le carton pendant ma randonnée, pour le retrouver ŕ l'arrivée. L'hôtel est en fait un groupe d'hôtels, comprenant entre autres un hostel (chambres communes, 12 US$/nuit) et des hôtels plus classiques (dont l'hôtel Art, Rakatboshi Street, que j'ai utilisé, 27 US$/nuit). J'ai fait les réservations par Whattsap au +998 90 167 8337.
- J'ai pu changer des dollars contre des sums dans un petit guichet situé ŕ l'arrivée-bagages. Le guichet était ouvert ŕ 5h du matin.
- Il n'y a aucun formulaire de déclaration de devises ŕ remplir. Comme citoyen
suisse, je n'ai pas eu besoin de visa. J'ai passé la douane en une minute avec mon carton, en passant du côté vert "Nothing to declare". Tout cela est assez inattendu, il y a d'habitude beaucoup plus de complications ŕ l'arrivée dans les pays de l'ex-URSS.
- Il ne faut prendre que des dollars US : cette monnaie représente la seconde monnaie du pays. L'euro est quasiment inconnu en dehors des banques. Beaucoup de services peuvent se payer indifféremment en dollars ou en sums; il n'y a pas de marché parallčle (le taux officiel s'étant aligné sur le taux du marché noir il y a quelques années; en septembre - octobre 2019 le taux était environ de 9'400 sums pour un dollar US).
-Les hôtels sont censés délivrer un coupon attestant de votre séjour dans leur établissement ("Registration slip"), la police des frontičres étant censée vérifier qu'on a dormi chaque soir dans un hôtel (sous peine de complications au moment de quitter le pays). J'ai donc benoîtement collectionné ces coupons pour les montrer ŕ la sortie du territoire. Le policier qui a tamponné mon passeport n'y a pas jeté le moindre coup d’śil, et a męme haussé les épaules quand je lui ai montré les coupons.
- Je n'ai pas pris de tente, mais seulement un sac de couchage. Le seul endroit oů la tente aurait été trčs utile aura été pendant les 300 kms de la traversée du désert du Kyzylkum, entre Gazni et Tortkol. J'ai dormi ŕ Gazni dans une tchaikhana, la premičre ŕ droite dans la direction de Tortkol. J'ai vu le lendemain, quand j'ai quitté cette tchaikhana, une enseigne indiquant "Hostel" environ 300 m plus loin, toujours sur la droite. Je n'ai pas vérifié si l'hostel fonctionnait réellement. J'ai dormi dans une seconde tchaikhana le lendemain (d'autres établissements ne m'ont pas permis d'utiliser leur installation pour sortir mon sac de couchage).
- Le voyage m'a coűté en moyenne 30 dollars par jour (incluant hôtels, repas, entrées dans les sites touristiques, train de nuit
Khiva-
Tachkent), en comprenant des arręts de 3-4 jours ŕ
Tachkent,
Samarcande,
Boukhara et
Khiva.
- J'ai acheté une carte SIM locale chez Ucell ŕ
Tachkent (métro Abdulla Qodirii, coordonnées GPS : 41°19'01''N, 69°16'56.02''E), avec 8GB de données pour 105'000 sums (environ 16 $US). La couverture réseau (accčs ŕ Internet a été bonne ŕ moyenne pendant tout le trajet.
2. Le trajet en vélo :
- Le trajet
Tachkent -
Khiva (1'100 km) a été bouclé en 9 étapes.
- On peut circuler ŕ vélo sur toutes les routes. Celles reliant les principales villes sont comparables ŕ ce qu'on appelle des "quatre-voies" en
France. Ces routes ont un revętement allant de trčs mauvais ŕ moyen-bas, sauf les 200 kms de route qui traverse le désert du Kyzylkum, qui sont un véritable billard.
- Les routes sont surchargées, et les Ouzbeks conduisent de façon dangereuse (y compris pour eux-męmes : personne ne porte la ceinture de sécurité dans les véhicules). De plus, ŕ part dans les villages, aucun Ouzbek ne va ŕ vélo, ce qui fait que les conducteurs fonctionnent comme si les cyclistes étaient transparents. Un rétroviseur sur le vélo est essentiel. Il y n'y a pratiquement pas d'itinéraires secondaires, les routes alternatives ne sont pas entretenues et sont habituellement en trčs mauvais état. Il faut noter plusieurs villages dans la męme province peuvent porter le męme nom, ce qui peut compliquer la navigation GPS (c'est vrai autour de
Tachkent, et je ne me suis rendu compte que je me dirigeais sur le mauvais village pour sortir de la ville qu'aprčs une quinzaine de kms).
- Il fait chaud ŕ trčs chaud pendant la seconde moitié de septembre. La température descend au-dessous de 30°C pendant la journée au cours de la premičre semaine d'octobre. On trouve ŕ boire sans problčme le long des routes; il faut cependant noter que les tchaikhanas indiqués par Open Street Map lors de la traversée du Kyzylkum sont souvent désaffectées ou abandonnées. Les nuits peuvent ętre fraîches ŕ partir de début octobre. Pas de pluie pendant mon trajet; le vent peut ętre d'intensité moyenne, sa direction est variable (j'ai eu un vent de 3/4 face pendant la traversée du Kyzylkum).
- On trouve généralement des hôtels de confort moyen ŕ bas dans les villes. Il n'y a en général pas de problčmes de restauration : les tchaikhanas servent habituellement un excellent lagman (soupe aux nouilles); les plovs sont proposés moins souvent. Les samosas (comca en caractčres cyrilliques) sont proposés partout; c'est ce que les Ouzbeks souvent prennent au petit-déjeuner.
- Les trains prennent les vélos sans problčmes (en tout cas le train de nuit
Khiva-
Tachkent).
En résumé :
- Le trajet en lui-męme en vélo n'est pas intéressant. Ce millier de kilomčtres est trčs plat et trčs monotone (męme la montée vers
Samarcande, qui est ŕ 800 m d’altitude), et rendu compliqué par la conduite automobile agressive.
- Les villes principales le long de la
Route de la Soie sont trčs belles, au moins leur partie ancienne. Les petites villes ou villages traversés en chemin n'offre ŕ-peu-prčs aucun intéręt.
- Je ne me suis jamais senti en insécurité en
Ouzbékistan (sauf sur le vélo et dans le trafic automobile local).
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