Les historiens vous sont redevables de leur avoir enseigné l'existence d'un royaume d'
Occitanie suprarégional. Le célèbre roi d'
Occitanie, son altesse sérénissime Louis Alibert 1er dit le collaborateur, régnait sur les terres de
Provence, petit comté sans prétention et sans drapeau (les Catalans se trouveront d'autres couleurs ma foi) dont les rustres habitants sont depuis l'origine des temps des révisionnistes patentés, c'est bien connu.
Laissons les linguistes débattre de ce qu'est un patois, un dialecte, une langue. Eux-mêmes ne sont pas unanimes sur la question.
Aujourd'hui, la très grande majorité des Provençaux ont conscience de parler une langue, la lengo nostro, et que cette langue est le provençal. Fermez le banc !
A-t-on idée de croire un seul instant que Mistral considérait qu'il s'exprimait dans un dialecte ?
Si je ne conteste pas qu'il se voulait le porte-parole des méridionaux alors raillés voire même insultés par une frange des écrivains du XIXe siècle (lire à cet égard les pamphlets édifiants de Joris-Karl Huysmans), Lou Mèstre n'a jamais renié sa terre, la
Provence, ni sa langue, le provençal.
Ses discours, ses conférences, sans même parler du contenu de ses oeuvres, ne laissent planer aucun doute à ce sujet. Point d'"
Occitanie" à l'horizon.
Concernant la norme, elle est désignée sous plusieurs appellations ("mistralienne", "félibréenne", "moderne"). Après tout qu'importe son nom. Soufflée par Roumanille, elle a été développée par Mistral qui l'a pleinement adoptée.
Ses oeuvres les plus célèbres, dont Mirèio, qui lui valut le prix Nobel de littérature en 1904, sont écrites dans cette graphie.
La part des locuteurs contemporains du provençal utilisant la graphie classique est marginale, se bornant à quelques militants du milieu occitaniste. Les calendretas tournent le dos à l'oeuvre de Mistral en enseignant dans cette graphie qui n'est pratiquement plus usitée aujourd'hui.
Le provençal norme classique, même s'il est très proche du languedocien, n'en est pas pour autant. La preuve sur la carte qui, je persiste et signe, est bien légendée en languedocien (
Aix en provençal norme classique se traduit par "z-Ais",
Cannes par "Canas"...).
Comment dit-on en languedocien "j'aimerais voir les jeunes tous les jours" ?