Un accident bloque un
Suisse en
Thaïlande BANGKOK | Rapatrié cette semaine au CHUV par la Rega, le Lausannois Francis Rieben est un miraculé. Mais sa famille a payé le prix fort pour le faire rentrer.
En plein dans un arbre à haute vitesse, l’accident a eu lieu l’après-midi du 23 mars sur une route de
Thaïlande. Francis Rieben, ancien marchand de meubles à Saint-Sulpice, 65 ans, a survécu par miracle. Blessé de partout avec onze côtes cassées, une épaule et une jambe en très mauvais état, ce Vaudois qui vivait six mois par an à Nongkhai, près de la frontière laotienne, avec sa jeune femme thaïe, revient de loin. Sans leurs ceintures de sécurité, sa jeune épouse, 25 ans, et sa belle-sœur, âgée de 21 ans, ont trouvé la mort. Une cousine, passagère du véhicule, a été blessée: «On ne comprend pas les raisons de l’accident, en tout cas pas l’alcool», témoignent la fille et le beau-fils de Francis Rieben, les Bertalmio, qui viennent de passer un mois à
Bangkok au chevet du rescapé: «Dans ces cas-là, on ne peut compter sur les diplomates ou les assurances», raconte le couple qui tient un commerce d’importation automobile à Territet.
«L’ambassade nous a juste fourni une liste d’avocats et Intras, où mon père était assuré en
Suisse, a signalé que la couverture accident ne valait pas au-delà de 52 jours à l’étranger. Quant aux assurances thaïes, elles ne paient que les dégâts au véhicule, immatriculé au nom de l’épouse, explique Aline Bertalmio. Heureusement, dans un sursaut de lucidité entre deux comas, mon père avait demandé qu’on le transporte à l’hôpital international de Bumrungrad, à
Bangkok.»
Des frais énormesArrivé à
Bangkok quelques jours après l’accident, le couple vaudois a entrepris toutes les démarches pour rapatrier le blessé. Mais l’une des victimes étant Thaïe, la police n’était pas disposée à laisser partir le survivant avant clôture de l’enquête. Aline et André Bertalmio ont dû batailler et distribuer différentes sommes d’argent pour obtenir gain de cause. Et payer les frais d’hôpitaux de plusieurs centaines de milliers de francs, sans parler du rapatriement par avion de la Rega, un vol qui a coûté 140'000 francs suisses: «Mais le médecin et les trois pilotes ont été d’une efficacité remarquable», confie André Bertalmio qui a dû aussi fermer provisoirement son commerce et passer un mois d’hôtel à
Bangkok.
Epuisés«En tout, cela a bien dû coûter près de 1 million. Mon beau-père revient de loin, mais il souffre de septicémie et devra subir d’autres opérations. La
Thaïlande est un merveilleux pays pour le tourisme quand tout va bien. Mais les policiers ne parlent pas anglais et il ne faut pas commettre d’impair. On a voulu nous faire signer des papiers en thaï donnant tout pouvoir à l’avocat de la famille. Nous sommes épuisés physiquement et psychiquement et pensons à la famille thaïlandaise qui a perdu ses deux filles, l’une mère d’un bébé d’un an. Ce sont des paysans très pauvres. Mon beau-père était le soutien financier du village. Nous leur avons promis de ne pas les laisser tomber».
24HEURES | Olivier Grivat | 02.05.2009