Sawat dee Krap Antoine et tous,
Je suis nouveau sur ce forum, et je décide de sortir de mon état de simple lecteur incognito que je suis depuis trop longtemps.
A vrai dire, c'est ton message qui m'a décidé à franchir le pas.
Ton message, je l'aime et le trouve positif, car il démontre que les relations lugubres ou vouées à diverses frustrations qui sont relatées couramment à propose de la
Thaïlande ne sont qu'une partie immergée de l'iceberg...et que la plupart des gens qui les ont évitées et vivent leur relation amoureuse pleinement n'éprouvent pas le besoin de se défouler à le raconter et à exprimer leur frustration, regret, haine ou remord. Cela étant, je ne dénigre aucunement les personnes qui refoulent leur déception en l'écrivant, je les comprends complètement, et leur en sais gré, comme autant de prévention, précautions à prendre et avertissements que cela représente.
De plus, je retrouve dans tes dires les mêmes interrogations que je me posent, les craintes que j'éprouvent.
Tout comme toi, je me suis lié d'amour à une demoiselle de l'ISAN, comme toi je l'ai rencontré de manière "conventionnelle", contrastant avec les stéréotypes de rencontres que l'on peut effectuer dans des milieux où l'amour, le sexe, le désir ne font pas vraiment bon ménage.
Certes, les divergences culturelles mènent à des appréhensions, des doutes, voir des peurs. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de la réaction de la famille, peur de la question de l'argent à aborder, peur de la différence et du regard des autres car tu n'es pas thaï.
Concernant toutes ces questions qui sont légitimes, je pense que ces questionnements ne sont pas propres à des différences culturelles, mais à des différences dans l'évolution de l'approche et des modalités affiliées à ces questionnements selon la dite culture.
Dans nos contrées occidentales lointaines, la relation à la famille du futur conjoint, le fait de pouvoir subvenir aux besoins de la famille en cours de construction, le souhait d'être accepter par les proches du conjoint sont également des problématiques abordées et qui poussent à réfléchir...et à douter.
Je pense que tu douterais de tout cela quelque soit la nationalité de ta bien-aimé (certes plus si elle est issue d'une culture différente, je te l'accorde, car différente de laquelle dont tu as été bercé, mais cela ne change pas le fond ta pensée, c'est à dire : quelque chose que tu ne connais pas).
C'est dans ce sens que j'estime que l'approche, la résolution de ces problématiques est en réalité un dénominateur commun interculturelle dans leurs fondements, et que chaque culture a trouvé des voies différentes de les aborder. De manière plus symbolique, ce sont les branches de l'arbre qui ont poussé à partir d'un même tronc: origine convergentes pour des extrémités divergentes....
Nos, tes questions sont pertinentes, justifiées voir même nécessaires dans le souhait de réussir et d'établir un avenir en rose....que je souhaite ardemment à chacun de vous deux, séparément, et ensemble....
Je dirai même que ce doute est l'auréole de l'amour que tu lui portes, car le moindre bémol, tu souhaites le remonter au ton supérieur sur la portée de l'harmonieuse mélodie de votre relation, voir plus simplement l'éluder.
Je suis persuadé que l'amour que tu portes au pays, le fait de pratiquer la langue (du pays je précise...!), le souhait de t'insérer dans la société thaï (vous êtes vraiment des THALUNG!) sauront convaincre la sphère sociale autour de ta dulcinée de tes bonnes intentions et de l'amour que tu éprouves à son encontre...et je suis sûr qu'ils en sont quasiment tous déjà convaincu....
La question n'est pas de savoir si tu es parfait pour elle, pour sa famille, en terme de finances ou même de savoir si elle est parfaite pour toi...Ca ne sera jamais parfait...Mais la vrai question est de savoir si vous êtes fait (et non par-fait ou encore sur-fait) l'un pour l'autre, le reste n'est que superficiel et peut se résoudre de manière pragmatique et rationnelle....Alors que les sentiments n'ont rien de rationnelle, et méritent le plus d'attention.
Le doute est le point de départ du raisonnement, de la connaissance dans sons sens étymologique et contemporain, et dans l'accomplissement spirituel et appliqué de la résolution de la problématique qui a suscité ce doute....Mais désolé, démontré l'existence de Dieu à partir de "je pense doc je suis», Ami de Descartes, revoies ta copie!
J'espère t'avoir apporté quelques outils pour bricoler un peu plus autour de ce doute, voir l'apaiser...ou du moins alimenter ta réflexion que je respecte, approuve et que j'admire.
PS: J'ai un problème métaphysico-sociologique à vous soumettre à tous, qui pourraient amplement faire l'objet d'une thèse en sociologie polyculturelle ou quelque chose dans le genre:
Comment un expatrié anglo-saxon en
Thaïlande, marié à une thaïlandaise de souche, ayant eu des enfants de ce mariage, a pu pendant quinze ans entretenir une relation durable (sous quelles formes je n'en sais rien) avec elle avec comme données:
1) Il n'a jamais pratiqué, appris et même émis le souhait d'apprendre le Thaïlandais.
2) Idem pour sa femme concernant l'anglais.
Personnellement, j'en perds mon latin, j'ai besoin de vos avis et expériences à tous sur ce sujet!
NB: Ceci est un fait réel, avéré, made in Mahasarakham "la ville de la connaissance", mais en l'occurrence, là, elle fait grandement défaut!
Au plaisir de te relire Antoine, ainsi, que vous tous, Forumer!