| To the Top West End Xrctn · 14 septembre 2020 à 13:51 · 111 photos 24 messages · 6 participants · 5 035 affichages | | | | 14 septembre 2020 à 13:51 To the Top West End Message 1 de 24 · Page 1 de 2 · 4 554 affichages · Partager En cette période de disette générale... de carnets de voyage, je me dévoue pour vous raconter une trop courte escapade dans le Top West End, une expression locale qui désigne la partie tout au nord de l’ Australie Occidentale, à la frontière (  ) du Territoire du Nord.
Comme d’habitude, je ne suis pas arrivé pas à faire court, par contre cette fois j’ai des photos pour illustrer !
Août 2020. Puisque les possibilités de découvrir le monde sont en ce moment extrêmement limitées, il ne nous (R&X) reste plus qu’à découvrir notre île ! Enfin une partie seulement car les frontières entre les états australiens restant fermées, nous sommes donc contraints de rester en Australie Occidentale (WA).
Dans notre malheur, nous avons quand même beaucoup de chance puisqu’il est plutôt grand cet état : plus de 2,5 million de km² (soit plus de quatre fois la France ou 1 fois et ½ le Québec). Surtout, s’étendant sur plus de 20 degrés de latitude entre l’Océan Antarctique et la Mer de Timor, l’on y trouve des climats qui varient entre le méditerranéen, l’aride et le tropical. C’est d’ailleurs pour une histoire de climat que nous avons décidé d’aller le plus haut possible.Ras le bol de l’hiver pluvieux qui s’éternise à Perth, vive la chaleur du Kimberley... tout au Nooord !
Vendredi. A l’aéroport, le terminal principal étant fermé ( faute de vols en nombre suffisant), c’est donc à l’annexe ( d’où partent généralement les vols vers les différentes mines) que nous nous retrouvons. On ne se bouscule pas au portillon et dans cette immense et unique salle d’embarquement ce ne sont pas les sièges vides qui manquent. Seuls trois vols apparaissent sur les écrans pour le reste de la matinée. Le premier à destination de Coondewanna (?), le deuxième à destination de Darwin et enfin le nôtre à destination de Kununurra, (code KNX).
Un vent frais s’engouffre dans les couloirs entrouverts qui longent les pistes. En haut de la passerelle qui mène au Fokker 100 ( les Airbus et Boeing désormais sont au garage !) un steward nous accueille avec un panier rempli de masques... sanitaires. Nous serons en fait les seuls passagers masqués ( le personnel n’en porte pas non plus). Le nombre cas de Covid-19 en WA étant actuellement de zéro, la seule consigne est de respecter la distance sociale, chose plutôt difficile à faire dans un avion plein !
C’est aussi la première fois que je porte un masque, c’est bizarre, plutôt désagréable et à la longue douloureux derrière les oreilles. Je compatis avec ceux qui sont obligés d’en porter un à longueur de journée, tous les jours. Le vol dure trois longues heures, heureusement j’ai un bon bouquin. Du hublot, je regarde une infinité de lacs salés de toutes les tailles, des ronds, des allongés, des gris, des blancs, parfois des bleus et des verts et une infinité de méandres capricieux et parfois de longues lignes droites qui ne mènent nulle part. La dernière demi-heure devient plus intéressante avec l’apparition de formations rocheuses boursouflées et de longs plateaux inclinés. Sur l’immensité ocre, les taches vertes sont de plus en plus fréquentes.
Puis juste avant l’atterrissage, ce sont des alignements de champs verts qui apparaissent brièvement ainsi qu’une rivière étonnamment large mais déjà nous roulons sur le tarmac. Quelques hangars, une myriade de petits avions immobiles et un minuscule terminal surmonté d’un signe « Welcome to Kununurra ».
Nous voulions de la chaleur, eh bien la voilà, dès la sortie de l’avion ! 34° Nous nous sentons revivre et franchement ridicules en jeans et pullover. Nous récupérons rapidement notre valise puis prenons livraison du 4x4 que nous avons loué, plus par obligation car seul ce genre de véhicule permet d’accéder aux divers parcs nationaux que nous comptons visités.
Quatre petits kilomètres nous séparent de Kununurra, une agglomération de 5000 habitants fondée en 1961, lors de la construction du barrage du lac Argyle et du développement de l’ Ord River Irrigation Area Scheme ( plus sur ce sujet plus tard). A l’horizon, des chaînes de montagnes ( un bien grand mot grand l’on sait que Mt Meharry, la plus grande ‘montagne’ en WA ne dépasse pas les 1250 mètres !) et plus près de la route quelques canaux d’irrigation qui traversent des étendues de bush puis un immense parc donnant sur un petit lac bordé de roseaux.
Un alignement de baobabs ( il y a aussi des baobabs en Australie !), une série de motels aux pelouses impeccables, une pompe à essence et voilà déjà la rue principale qui mène au centre-ville, c’est-à-dire au parking des deux supermarchés, au bottleshop, au pub, au Town Hall, à la piscine municipale et au Tourist Office ( déjà fermé !) et au rond-point suivant à un autre parc, à l’église presbytérienne et à quelques autres boutiques. Bref, deux trois blocks verdoyants dont l’on fait vite le tour.
Une route part vers la petite zone industrielle et vers l’un des trois ou quatre campings que compte la ville, l’autre vers les quartiers résidentiels qui ressemblent comme une goutte d’eau aux suburbs typiques que l’on retrouve dans toutes les villes australiennes avec toutefois une végétation tropicale en prime. Ravitaillement au Coles, copie identique de celui près de chez nous avec, surprise, des prix pratiquement identiques.
Installation à l’un des motels. La réceptionniste nous fait la liste des trois ou quatre restaurants de la ville en insistant sur le fait qu’il vaut toujours mieux réserver une table. Elle nous recommande le Pump House, un peu en dehors de la ville sur les bords du lac. « Best spot to watch the sunset, but hurry up. » nous affirme-t-elle. Il n’est pourtant que 17:00 !
Quand nous y arrivons, une demi-heure plus tard, l’endroit est archiplein et le soleil a déjà disparu derrière une rangée d’arbres ! Effectivement, nous le constaterons quelques jours plus tard, le coucher de soleil peut être un magnifique spectacle à condition d’attendre un peu, le temps que le ciel ( particulièrement s’il est nuageux) s’embrase et se reflète dans les eaux calmes du lac. Un peu dépités, nous retournons en ville où nous trouvons très facilement l’autre endroit le plus animé du patelin : le pub ( rien à voir avec un vieux pub anglais). Au-dessus du long bar à angle droit, plusieurs écrans géants ( heureusement muets) diffusent en direct tous les matchs de footy, de rugby league... etc., dans un coin des joueurs tournent autour de la table de billard et dans l’autre des clients avalent des plâtrées du plat du jour. Les salles sont ici remplacées par divers patios où sont attablés des groupes d’amis et des groupes de collègues de travail ( reconnaissables aux vestes fluo qu’ils portent encore). Nous trouvons une table sous un manguier, hélas un peu trop près du guitariste qui nous gratte tout son répertoire de Country Music en imitant les tremolos de Keith Urban. Dépaysement garanti !
Puisque c’est la coutume ici, nous appelons le Country Club pour réserver une table... avant que les cuisines ne ferment ! Le CC est le rendez-vous chic de la ville, de toute la région même. Décor sombre, mobilier moderne, lumières tamisées et climatisation à fond, la vingtaine de clients s’est réfugiée sur la vaste terrasse éclairée par des flambeaux. Vue imprenable sur les grands eucalyptus illuminés par des spots qui passent du rouge au bleu.
Carte minimaliste mais le saumon grillé est excellent et la Pavlova ( meringue que les Kiwis et Aussies se disputent depuis 1906) au melon et pastèque absolument divine.
Même pas 21 heures et nous sommes déjà au lit. Nous avons déjà adopté le rythme des poules du Top West End ?!
To be continued...Carnet dédié à Attila | | | À: Xrctn · 15 septembre 2020 à 12:57 Re: To the Top West End Message 2 de 24 · Page 1 de 2 · 4 508 affichages · Partager Samedi. 08:30 ! oui bon, nous sommes encore des poules de la capitale, celles qui aiment faire la grasse matinée et qui oublient que sous ces latitudes, si le soleil se couche tôt, il se lève également tôt et vite.
Nous réalisons que nous venons de ‘perdre’ quelques précieuses heures car le soleil est déjà haut et chaud quand nous prenons la route de Wyndham, la ville la plus septentrionale du WA, située à une centaine de kilomètres.
Une fois passé l’aéroport puis le Diversion Dam sur la rivière Ord, nous roulons sur une immense ligne droite absolument déserte entre de longues formations rocheuses rouges, des étendues jaunes pales de spinifex (hautes herbes), de nouvelles variétés d’eucalyptus et de plus en plus de baobabs gris de tailles variées. Certains n'ont plus que leurs fruits pendouillant aux extrémités de leurs branches vides, d'autres ont encore leurs minuscules feuilles. Comment un arbre si imposant peut-il avoir de si petites feuilles?
L’euphorie des grands espaces déserts et le sentiment de liberté qu’ils offrent nous gagne. Les arrêts sont fréquents, soit pour inspecter de plus près ces curieux arbustes aux fleurs jaunes, soit pour toucher ces baobabs ou des cailloux bizarres, soit plus simplement pour humer à pleins poumons l’air chaud des vacances et sentir sur la peau les picotements du soleil.
Un panneau annonce Molly Springs à droite. Nous suivons la piste rouge qui s’enfonce dans le bush clairsemé vers un promontoire rocheux que l’on devine plus que l’on voit. Quelques kilomètres plus loin, nous découvrons une creek (ruisseau) où subsistent encore quelques flaques d’eau, une végétation tout à coup plus luxuriante et au bout d’un chemin en pierre, une petite falaise crevassée et un rockhole qui sert de piscine naturelle pendant la saison des pluies (de Janvier à Mars).
Comme nous sommes actuellement au milieu de la saison sèche (d’Avril à Septembre), nous ne verrons pas les nombreuses chutes qui parsèment la région et qui en font le charme. Mais cela veut aussi dire que les pistes ne seront pas inondées ou boueuses et qu’il n’y aura pas de délicats passages de rivière à franchir, surtout nous ne risquerons pas d’être coincés pendant une période indéfinie à attendre la décrue des eaux.
Il s’avère que le mois d’Aout est considéré comme l’une des meilleures périodes pour visiter le Kimberley, pas trop chaud ( il ne fait que 36° !) et surtout pas encore humide la meilleure période étant le mois de Mai, bien après la saison des pluies, quand la végétation tropicale est la plus abondante. Nous savons donc qu’il nous faudra revenir !!! Pendant que Ry examinent les nombreuses et énormes toiles d’araignées, dans un silence brièvement interrompu par deux cokckatoos noirs qui se chamaillent, je grimpe sur l’éboulis de rochers qui permet d’atteindre le haut de la falaise ( à peine une quinzaine de mètres !) pour découvrir un panorama de collines ondulantes et un petit filet d’eau qui se faufile au travers des grandes herbes vertes. Les nombreuses crottes (fraîches) de kangourous m’indiquent qu’ils ne sont pas bien loin. Plus proches sont les petits lézards que je vois déguerpir à toute allure en sautant sur les rochers. Invisibles sont les serpents... et je les en remercie.
Quelle sérénité, loin de tout. La balade n’est pas longue et se limite aux chemins tracés dans le bush qui mène au rockhole d’un côté et de l’autre jusqu’à l’imposant baobab, véritable seigneur des lieux. Loin d’être des spécialistes en botanique, l’incroyable diversité de la flore ne nous échappe pas et nous passons un long moment à examiner de plus près ici une plante inconnue, là un bout d’écorce bizarre, plus loin le feuillage des arbres ou le tronc de ces palmiers ou encore les fruits d’arbustes en nous demandant s’ils sont comestibles ou non. Dans le doute, nous nous abstenons ! Il est temps de quitter ce jardin d’Eden où seules les fleurs ne sont pas trop présentes.
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, nous arrivons à une intersection marquée par une immense aire de repos et parking. C’est ici que se forment les célèbres Road Trains ( camions tirant jusqu’à quatre remorques) qui sillonnent et ravitaillent les coins les plus reculés de l’état. C’est aussi le croisement entre la Victoria Highway et la Great Northern Highway, la plus longue route du pays (reliant Perth à Wyndham, soit 3200 km). Cette route, principalement à deux voies, dont la construction commence au début des années quarante ne sera entièrement macadamisée qu’en 1986.
Pour l’anecdote la Great Northern Highway débute pratiquement au bout de notre rue et pendant des décades mon rêve ( l’un d’eux !) était d’atteindre son autre extrémité. Plus qu’une cinquantaine de kilomètres avant de découvrir ‘ the end of the road’. Toutefois, il me reste encore le rêve de la parcourir dans son entièreté.
Nouvel arrêt pour aller voir un autre site naturel appelé The Grotto et situé à quelques kilomètres de la route principale. Si ce petit canyon tout en longueur est très populaire pendant la saison des pluies, aujourd’hui nous avons le site pour nous tout seuls. En effet, qui serait assez fou pour se balader sous ce cagnard pour constater que les normalement magnifiques chutes sont en congés sabbatiques ? Us of course ! Après avoir admiré ce gouffre naturel d’en-haut et tenté d’apercevoir le bassin d’eau bien caché, il ne nous reste plus qu’à trouver les 144 espèces de marches qui permettent d’atteindre le fond, quelques 120 mètres plus bas. Les appels réguliers d’un coucou résonnant sur les parois abruptes de la grotte rythment la courte descente. Arrivés en bas, nous découvrons un micmac de rochers écroulés, couverts de végétation et d’arbres puis, juste au pied d’une étroite falaise rouge et noire, constatons qu’il reste encore plein d’eau... stagnante qui n’inspire vraiment pas à la baignade.
Par contre, nous apprécions la fraîcheur et le calme qui règne. Un parfum de miel flotte dans l’air, il doit venir de ces arbustes qui poussent le long du ruisseau invisible. En levant la tête, nous sommes surpris de voir des baobabs pousser équilibre sur les pans rocheux. La montée étant moins périlleuse, nous retrouvons vite la surface et la chaleur. Nous poussons notre folie à faire une petite marche jusqu’à l’endroit où l’eau ( quand il y en a !) se jette dans le précipice, c’est aussi le meilleur coin pour avoir une belle vue complète du canyon.
Grâce à la clim, poussée à fond dès que nous retournons dans la voiture, nous retrouvons rapidement des couleurs... plus normales. La route longe une dernière vallée puis traverse d’immenses floodplains (plaines inondables) grises qui annoncent Wyndham.
Quelques bicoques en triste état et nous voilà déjà devant ‘ The Big Crocodile’, une énorme statue en béton de 18 mètres qui permet à cette petite bourgade perdue de 800 âmes de figurer sur la liste des Big Things d’ Australie. Une dizaine de rues désertes qui respirent l’ennui et l’abandon. Sur la rue principale poussiéreuse, seules l’épicerie, la pompe à essence et un café sont ouverts.
Nous poussons jusqu’au ‘port’ situé cinq kilomètres plus haut en contournant The Bastion, un promontoire rocheux qui domine la petite bourgade d’un côté et de l’autre les rives du Cambridge Gulf, un imposant bras de mer s’enfonçant à l’intérieur des terres. C’est aussi la partie historique de Wyndham où il ne reste qu’une rangée de vieux cottages délabrés, un hotel ( terme australien pour pub) fermé, des hangars vides et un petit musée lui aussi fermé entouré d’un jardin rachitique où rouillent d’anciennes machines agricoles et autres reliques. Des panneaux, illustrés de vieilles photographies, retracent l’histoire de la ville.
Ainsi nous apprenons que toute la région était occupée par la communauté Doolboong et qu’il existe plusieurs sites historiques accessibles ( principalement des peintures sur roche) dans les environs. Le premier visiteur européen serait un certain Philip Parker King qui en 1819 explora la côte à la recherche d’une rivière pénétrant à l’intérieur du continent. Ne trouvant pas d’eau potable, il rebroussa chemin.
Nouvelle expédition en 1886 avec cette fois l’établissement d’un camp. Ce dernier prospère rapidement grâce à la découverte d’or à Halls Creek (350 km plus au sud) et à la ruée qui s’ensuit. Wyndham étant le point d’accès le plus proche, plus de 5000 mineurs vont débarquer pour tenter leur chance. Les vieilles photos montrent d’ailleurs, un débarcadère animé, des alignements de tentes, quelques maisons en bois mais aussi des magasins ainsi qu’une paire de tavernes. Mais deux ans plus tard, la ruée prend fin et Wyndham devient un simple point de ravitaillement pour les rares pastoralists (agriculteurs, éleveurs) qui se sont installés.
En 1913, le gouvernement décide de développer l’économie locale en faisant construire un abattoir et une conserverie. Ce sera la seule activité économique d’importance jusqu’en 1985, année de la fermeture définitive des usines ( aujourd’hui entièrement démantelées d’où les nombreux terrains vagues actuels).
En 1942, Wyndham est à la une de tous les journaux australiens quand l’aviation japonaise bombarde la localité à quatre reprises.
Au début des années soixante, Wyndham devient pendant quelques temps un centre logistique important lors de la construction du barrage sur la rivière Ord mais dès l’établissement de Kununurra, Wyndham décline de nouveau. Aujourd’hui, Wyndham n’est qu’un minuscule port fluvial où est chargé le minerai de fer provenant des mines environnantes et apporté par des convois de road trains.
Quelques pas sur la jetée pour nous permettent de nous rendre compte de l’énormité de ce bras de mer. Quelques petits bateaux à moteur sont ancrés un peu plus haut, la pêche étant la principale activité de loisirs dans les parages et il y a surement de quoi faire... à condition de ne jamais oublier les crocodiles ! Un groupe de jeunes Aborigènes ( toutes des filles !), est assis en plein cagnard, l’ainée montre comment dénouer leurs fils de pêche et les lancer dans le courant. Plus loin, deux hommes mettent leur canot à moteur à l’eau, eux ont la panoplie complète du parfait pêcheur et embarquent une incroyable gamme de cannes à pêche, c’est du sérieux ! | | | À: Xrctn · 15 septembre 2020 à 13:24 · Modifié le 23 sep. 2020 à 8:02 Re: To the Top West End Message 3 de 24 · Page 1 de 2 · 4 501 affichages · Partager Nous avons atteint la fin de la route. Demi-tour pour revenir dans le centre de Wyndham, toujours aussi calme. Nous allons faire un tour au café où sont proposés des Crocodile Pies et de Barramandi Pies (AU$10 !). Les premiers étant encore au four, nous nous contentons des seconds que nous allons manger à l’autre attrait touristique de la ville : The Five Rivers Lookout. Contre toute attente, le feuilleté au poisson s’avère être un délice. Quant à la vue panoramique au sommet du Bastion, elle n’est pas mal non plus.
Là encore, il faudra revenir à la saison des pluies car les cinq rivières en question ( pour info : Durack, Pentecost, King, Forrest et King) ne font pas dans l’opulence, c’est à peine si on les devine parmi ces immenses mudflats (vasières), la région étant réputée pour ses grandes marées. Du promontoire, il est impossible de voir la Mer de Timor, située à plus de 80 kilomètres et cachée par plusieurs îles au milieu du golfe de Cambridge.
Par contre, vue imprenable sur la rive en face qui marque le début d’une région à peine explorée et pratiquement inaccessible : The Last Frontier. Bush, rocks, rivers et sur la cote, deux points à l’opposé dans tous les sens du terme : Berveley River Lodge , un resort de luxe accessible uniquement par hydravion et Kalumburu , une communauté aborigène, accessible par la piste en faisant un crochet par le sud de plus de 500 kilomètres. [voir la carte] .
Au sud, le bras de mer qui se perd au milieu d’autres mudflats et des étendues de bush dominées au fond par les fières Cockburn Ranges aux versants abruptes rouges. Et juste en contrebas, les petites installations portuaires entre marécages et terrains vagues. Oui, c’est vraiment le bout du monde !
Il est temps de tester notre beau 4x4. Direction the Boab Tree Prison situé près du petit barrage de Moochalabra qui alimente en eau potable la petite ville et les communautés aborigènes des environs.
La piste commence par la traversée d’un immense marécage transformé en été en lac salé puis traverse de larges étendues de spiniflex parsemées de baobabs avant de suivre la rivière King que l’on aperçoit parfois au travers la végétation touffue.
La piste se dégrade rapidement et prend des allures de tôle ondulée sans fin, ponctuée par de fréquents nids de poule et des passages caillouteux. Les secousses sont intenses car, ne connaissant pas la route, je ne peux pas rouler suffisamment vite pour ‘flotter’ sur ces terribles ondulations. Une partie du nuage de fine poussière grise qui se forme à l’arrière de la voiture parvient, je ne sais comment, à s’infiltrer à l’intérieur. Encore une fois, les arrêts sont fréquents, soit pour voir la rivière de plus près soit pour photographier la flore.
Enfin, nous arrivons au petit barrage de Moochabara mais son accès est interdit par un grillage. L’idée d’y faire trempette m’avait effleuré l’esprit le temps d’une seconde, la raison ou plutôt l’image de ce Big Crocodile à l’entrée de Wyndham me faisant vite changer d’avis.
A proximité, se trouve également un site de peintures rupestres, encore faut-il le trouver ? Nous nous lançons dans un jeu de piste, qui trouvera les premiers indices ? Des branches cassées, des empreintes dans le sable nous conduisent au pied d’une petite falaise où apparaît, une dizaine de mètres plus haut, une galerie naturelle qui court sur une cinquante de mètres. L’endroit est assez similaire aux sites que nous avions vu à Kakadu et je suis sûr que le site est là. Quelques rochers stratégiquement bien placés nous permettent d’atteindre la galerie et les petites caves sans effort.
D’abord, une série de mains, puis des esquisses d’animaux apparaissent sur les parois également recouvertes de nids d’insectes. Gare aussi aux toiles d’araignées et à leurs bâtisseuses. Si les peintures ne sont pas d’une qualité exceptionnelle, elles sont quand même extraordinaires dans la mesure où elles remontent à plusieurs milliers d’années et qu’elles racontent des histoires significatives aux Aborigènes qui les ont dessinées. Comme c’est souvent le cas, ces gravures et peintures sont une indication, destinée aux autres clans, sur le genre de nourriture qu’ils ont trouvé, de gibier ou poisson qu’ils ont chassé ou pêché dans les environs. Les fréquentes infiltrations d’eau ainsi que les incendies ont hélas détérioré une partie du site.
En regagnant la voiture, nous découvrons un billabong (zone marécageuse à proximité d’une rivière) couvert de nénuphars et deux wallabies immobiles qui nous observent avant de disparaître en bondissant dans les fourrés.
Encore quelques kilomètres de secousses et voilà, le fameux baobab transformé, dans les années 1890, en prison ! Ce vénérable mastodonte en impose. Son énorme tronc est couvert d’inscriptions et d’initiales gravées dans le bois et comporte, à un mètre du sol, un trou suffisamment large pour laisser passer une personne.
Les policiers qui partaient en patrouille pour appréhender les jeunes Aborigènes qui avaient tué du bétail ( c’est plus facile de tuer un mouton ou un bœuf, qu’un kangourou !) avaient découvert que les trous présents dans les hautes branches étaient une indication que l’arbre était creux. Ils leur suffisaient de percer un trou... et voilà ! Ils pouvaient ensuite ‘enfermer’ leur(s) prisonnier(s) et passer une nuit tranquille avant de poursuivre jusqu’à Wyndham. Cette prison annexe pris le nom de Hillgrove Lockup, preuve qu’elle fut souvent utilisée...
Nous poursuivons sur la piste cahoteuse au possible encore quelques kilomètres dans l’espoir de rejoindre la mystique Gibb River Road ( qui relie Derby à Wyndham) en contournant les Cockburn Ranges mais devons renoncer faute de temps car, comme nous l’avons constaté hier, la nuit tombe vite. Demi-tour et retour à Wyndham, toujours aussi vide et déprimante.
A la sortie de la ville, une autre piste ( à droite cette fois) nous attend. Elle permet de rejoindre les Parry Lagoons et plus particulièrement le Marglu Billabong réputé par la présence d’une grande variété d’oiseaux.
Ici, aucune de ces ondulations si pénibles, ni aucun de ces virages, seulement quelques passages sablonneux qui déportent parfois le 4x4. La route traverse une étendue plate entourée de reliefs encore lointains. Nous approchons d’un endroit où la végétation est plus dense et plus verte, nous y sommes.
Des pontons, ainsi que des cabanes camouflées permettent d’accéder et d’observer au plus près les différentes espèces d’oiseaux. Si nous ne sommes pas des biologistes, nous sommes encore moins des ornithologues et il nous est impossible de mettre un nom sur les nombreux oiseaux que nous observons... même en les comparant aux listes, pourtant bien illustrées, accrochées aux murs des huttes. Silence et patience, un peu comme à la pêche, j’imagine.
Nous envions ce jeune couple d’Italiens, équipé de super zooms et d’appareils performants, avec qui nous entamons une longue conversation. Eux sont bien biologistes mais comme nous, n’y connaissent pas grand-chose en ornithologie. Ils nous apprennent qu’ils sont arrivés en Australie en Septembre dernier avec un visa Travail-Vacances et qu’à cause du Covid-19, ils se sont retrouvés coincés en WA. Ayant fait de bonnes économies, ils n’ont pas hésité à s’offrir ce matériel professionnel qui, nous apprennent-ils, est bien meilleur marché ici qu’en Italie. « Dans un mois nous serons de retour à la maison. » nous annoncent-ils avec tristesse. Là, nous ne les envions plus du tout !
La lumière, les ombres et les contrastes sont maintenant parfaits mais cela veut aussi dire qu’il ne faut plus tarder si nous voulons rentrer avant la nuit et éviter les kangourous sur la route.
Juste, un petit crochet par Telegraph Hill pour voir les ruines d’une ancienne station... télégraphique (!) et d’une ferme, construites au sommet d’une colline isolée qui domine les zones marécageuses, les plaines et les reliefs qui rougissent à vue d’œil. Un bien joli panorama surement identique à celui que les Aborigènes observaient... il y a des milliers d’années.
Nouvelles secousses avant de retrouver l’asphalte de la route principale et de redécouvrir les paysages de ce matin, mais dans le sens opposé.
Nous arrivons à Kununurra à temps pour voir le coucher de soleil... enfin presque car quelques difficultés pour trouver la bonne route, celle qui mène à Kelly’s Knob ( une petite colline au bord de la ville), font que nous arrivons un peu en retard... décidément ! Nous verrons quand même, le soleil disparaître derrière une lointaine chaine de montagnes mais le ciel étant sans nuage, ce sera un non-event.
La soirée se passe au Pump House, le restaurant ‘ in’ de la ville. Le cadre est étonnant car il s’agit de l’ancien bâtiment qui abritait la pompe du barrage et qu’une grande partie de la machinerie est toujours présente, les tables sont en fait placées là où il restait encore de la place. Pas de problème de distance sociale ici.
Agréable conclusion à cette si belle première journée de vacances. | | | À: Xrctn · 16 septembre 2020 à 13:03 Re: To the Top West End Message 4 de 24 · Page 1 de 2 · 4 457 affichages · Partager Dimanche. 7:30. L’aube est passée depuis un bout de temps mais il y a quand même une nette amélioration par rapport à hier. Le temps de tremper dans le café les croissants ( trouvés hier au Coles du coin et aussi bons qu’à Paris !), de préparer les thermos, de charger la voiture sans oublier les bouteilles d’eau, de faire le plein et d’acheter une carte routière ( pour ma collection !) et nous sommes enfin sur la route... la même qu’hier jusqu’au croisement des highways et le parking pour road trains.
De là, direction plein sud vers le parc national des Bungle Bungles (maintenant appelé Purnululu National Park) situé à plus de 200 kilomètres. Les paysages sont identiques à ceux d’hier mais en plus vastes encore. Le bush dans toute sa splendeur, immense, plat avec quelques ondulations et ici et là des mini chaines de ‘montagnes’ aux sommets aplatis. Une végétation éparse dont la gamme des couleurs s'étend du vert des eucalyptus au jaune des spiniflex et à laquelle s'ajoutent l'ocre de la terre, le bleu intense du ciel, les gris des termitières et des baobabs, les rouges de la roche, le blanc du sable des rivières asséchées et le mauve des fleurs sauvages. Nous en prenons plein les yeux.
Nous enfilons les kilomètres sans ressentir la moindre monotonie un vrai cas de ‘ moins ça change, plus ça change’, une expression difficile à comprendre mais tout à fait adaptée au paysage qui nous entoure.
La route est impeccable et absolument déserte, en fait nous ne croiserons que deux road trains et neuf véhicules, tous tirant des caravanes. Les ‘ grey nomads’ ( retraités-vagabonds) sont en vadrouille...
L’impression de solitude et de vide est d’autant plus marquée qu’il n’existe, entre Wyndham et Halls Creek [pop.1500] ( soit 350 km), qu’un minuscule patelin, deux roadhouses (station-essence) et quelques petites communautés aborigènes inaccessibles. Nous venons justement de passer Doon Doon, la première roadhouse qui fait également office de cafeteria, de terrain de camping et de garage. Quelques préfabriqués peuvent aussi servir de logement... pour voyageurs désespérés ou travailleurs en déplacement professionnel.
Sur ma belle carte toute neuve ( enfin avant que ma coéquipière ne la déplie... et tente de la replier, grrr), les agglomérations, symbolisées par des points noirs ressemblent à des mégapoles européennes et les très nombreuses rivières représentées par de larges traits bleus prennent des airs de fleuves impressionnants, c’est particulièrement le cas des rivières Wilson et Bow qui se rejoignent à l’endroit où nous faisons une pause pour le ‘ morning tea’.
La réalité est toutefois bien différente, si le tout nouveau pont est effectivement de belles dimensions, surtout comparé à l’ancien toujours présent, le fleuve, lui, brille par son absence. Le fond de son large lit n’est que pierres et sable, même pas le commencement ou la fin d’une minuscule flaque d’eau.
Difficile d’imaginer que l’immense parking où nous nous trouvons, pourtant bien éloigné et en surplomb peut être complètement inondé par ces rivières après le passage d’un ouragan.
A partir d’ici l’état de la route se dégrade. Les fonds nécessaires à sa maintenance ne sont pas encore arrivés jusqu’ici ! Plus étroite et plus bosselée, le passage des ponts est réduit à une seule voie. Plus dangereux sont les animaux qui s’approchent un peu trop de la route comme ce bétail égaré ou ces chevaux sauvages.
Warmun (anciennement Turkey Creek) n’est vraiment pas grand. Avant d’être une station-essence/épicerie/motel, c’est avant tout un settlement (regroupement/campement) de plusieurs communautés aborigènes, organisé selon un modèle urbain classique avec quelques rues à angle droit et des maisons individuelles, des bâtiments administratifs et culturels et qui s’étend le long de la Great Northern Highway, derrière des clôtures identiques à celles que l’on trouve dans n’importe quelle banlieue.
Au début du XXème siècle, alors que éleveurs européens s’installent progressivement dans la région, les tensions entre Aborigènes et les pastoralists sont de plus violentes dégénérant parfois en conflits armés et massacres, le gouvernement crée deux vastes exploitations d’élevage ( stations) dans le but de regrouper, d’employer et d’assimiler la population autochtone. En 1901 Turkey Creek est établi et sert de dépôt de rations alimentaires. Celles-ci sont uniquement distribuées aux Aborigènes qui acceptent de s’installer dans les nouveaux campements. Les autres seront, au cours des années suivantes, forcés de le faire par la Police.
La communauté est aujourd’hui administrée par un organisme officiellement constitué qui gère la station-essence, le motel mais surtout le centre culturel et galerie d’art ( ces deux derniers étant hélas actuellement fermés pour cause de Covid-19). Ces précieuses ressources offrent une certaine indépendance à cette communauté établie dans les années soixante-dix et réputée pour ses artistes talentueux.
Pour accéder à l’intérieur de Warnum et à sa galerie d’art , il faut une autorisation ( un coup de téléphone suffit) mais comme nous savons que toutes les communautés aborigènes sont actuellement fermées, inutile d’insister, d’autant plus que le peu que nous apercevons de la route, n’incite pas vraiment à la visite.
Encore une cinquantaine de kilomètres et voilà enfin l’embranchement qui mène au parc national et au camping situé un peu plus loin. Mode 4x4 et en avant ! Pouah, que de secousses !
Il est 13:00 quand nous nous présentons à la réception du camping, un vaste terrain poussiéreux et à peine ombragé par quelques eucalyptus. Quelques bâtiments en dur, des petits bungalows en bois et des tentes installées sur des plateformes sur pilotis plus une demi-douzaine de caravanes.
Mauvaise surprise, on nous apprend que, vu le petit nombre de touristes ( toujours ce Covid-19 !) le restaurant est fermé ! Nous sommes donc au régime sandwiches-biscuits pour les deux prochains jours ( heureusement nous avions fait quelques petites réserves !).
Quant à la tente, genre safari... quasi de luxe, elle est impeccable, il y a même une douche à l’intérieur... Nous allons vite devenir des adeptes du glamping .
| | | À: Xrctn · 16 septembre 2020 à 14:13 Re: To the Top West End Message 5 de 24 · Page 1 de 2 · 4 452 affichages · Partager Autre mauvaise surprise, l’entrée du parc national est située à 53 kilomètres... au bout d’une piste infernale comme nous ne tardons pas à le découvrir.
Le peu de piste effectuée hier était certes un excellent entrainement mais ici c’est l’horreur absolue, même les pires routes birmanes ou arméniennes sont plus supportables et confortables que cette route d’accès. La piste, large et heureusement déserte, n’est qu’une atroce succession de tronçons poussiéreux parsemés de pierres et de trous avec en prime ce terrible effet de tôle ondulée, encore plus irrégulier et plus dur qu’hier. Les nombreuses pierres et les fréquents virages ne permettent pas de prendre de la vitesse pour atténuer les secousses. Par moments les vibrations sont tellement intenses que je m’attends à ce que la voiture de désagrège entièrement et que je ne me retrouve qu’avec le volant entre les mains. Impossible d’apprécier les beaux paysages que nous traversons tant je suis concentré et surtout complètement crispé... au point de déjà sentir une douleur à l’épaule droite !
Si les montées donnent un peu de répit ( point de vue vibrations), certaines descentes donnent quelques suées froides, particulièrement celles qui se terminent par le passage de cours d’eau, heureusement tous archi-secs mais synonymes d’ornières et de grosses pierres.
Pratiquement deux heures pour faire la cinquantaine de kilomètres qui sépare le camping du Visitor Centre où nous arrivons enfin. Le petit bâtiment est fermé ( évidemment pour cause de Covid-19) mais l’accès au parc national reste ouvert. Des formulaires à remplir et des enveloppes pour mettre les $ correspondant au prix d’entrée sont disponibles, prêts à être déposés dans une boite à lettres. Tiens, nous croisons pour la première fois une voiture !
Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines car la piste se divise, à gauche vers Echidna Chasm (19 km) ou à droite vers Piccaninny Creek (16 km). Le choix est vite fait ! Les pistes à l’intérieur du parc national sont plus supportables ( façon de parler), moins de montées et de descentes, moins de cailloux mais plus d’endroits sablonneux. Puis, à mesure que nous contournons les massifs rocheux pour nous en approcher, les arrêts-photos sont de plus en plus fréquents.
La raison tient bien sûr à la géologie très particulière que l’on rencontre dans ce parc national, placé sur la liste du Patrimoine Mondial depuis 2003. L’organisme international fournit d’ailleurs sur son site cette description, un peu technique :
Le Parc national de Purnululu s’étend sur une superficie presque de 2400 km² et contient le massif très découpé des Bungle Bungles, composé de grès quartzique du dévonien érodé pendant 20 millions d’années d’une grande beauté et d’un intérêt géologique inestimable. Y figurent notamment des exemples exceptionnels de karst gréseux à cônes s’élevant jusqu’à 250 mètres au-dessus d’une savane semi-aride. Résultat de processus uniques de dépôt et d’érosion, les extraordinaires bandes orange et noir de ces élévations se sont formées sous l’action biologique de cyanobactéries (organismes photosynthétiques unicellulaires), qui stabilisent et protègent ces anciennes formations gréseuses.
La principale attraction panoramique est la gamme extraordinaire de tourelles coniques en forme de ruches et regroupées qui se trouvent dans le massif des Bungle Bungles. Les structures sculptées de manière saisissante, sans égal à cette échelle, dans cette étendue et dans la grandeur et la diversité des formes où que ce soit dans le monde, subissent des variations saisonnières remarquables dans leur apparence, y compris des transitions de couleurs frappantes après la pluie et le positionnement de soleil. Le labyrinthe de tourelles est accentué par des gorges sinueuses, étroites, aux pentes raides, ourlées de majestueux palmiers Livistona en éventail.
Le karst gréseux du Parc national de Purnululu a une grande importance scientifique car il démontre clairement le processus de formation de karst à cônes dans le grès - un phénomène qui n'est reconnu par les géomorphologues ce n’est que récemment et qui n'est pas encore totalement compris.
Nous voilà enfin arrivés au bout de la piste, juste au pied de ce massif de ‘ruches’ tout à fait exceptionnel. Nous ne savons plus où tourner la tête et avons hâte de parcourir les différents chemins qui s’enfoncent dans ce paysage franchement extraordinaire. Le soleil cogne drôlement. Chapeautés, badigeonnés de crème solaire et munis de nos bouteilles d’eau nous commençons par la plus petite marche, celle qui fait le tour des dômes les plus proches et les plus accessibles. Nous suivons les zigzags du chemin de sable balisé au milieu d’une végétation touffue et découvrons petit à petit les différents dômes aux parois rugueuses décorées de bandes horizontales colorées, le tout dans un étrange silence.
Grand soulagement en constatant qu’une bonne partie du sentier se trouve maintenant à l’ombre, surprise également de réaliser combien la couleur de roche change selon qu’elle est justement exposée ou pas aux rayons du soleil et selon leur intensité. Le chemin se termine en cul-de-sac, dans une grotte où règne une température rafraîchissante. Les murs sont couverts de ce qui ressemble à des fresques en relief mais qui ne sont en fait que le résultat d’infiltration d’eau et de l‘érosion de la roche.
| | | À: Xrctn · 16 septembre 2020 à 14:26 Re: To the Top West End Message 6 de 24 · Page 1 de 2 · 4 449 affichages · Partager Nous terminons la boucle qui passe par des recoins mystérieux. Quelques oiseaux font une brève apparition avant de disparaître dans la végétation. Défiant les lois de la gravité, nous remarquons aussi la présence de surprenantes termitières accrochées comme par miracle sur les flancs supérieurs de plusieurs tourelles. De nouveau à découvert mais cette fois la chaleur est bien moins accablante. Nous sommes tentés de poursuivre notre balade mais ce serait prendre le risque de ne pas rentrer avant la nuit, une chose à éviter dans le bush d’une manière générale ( risque de percuter des animaux) et sur cette terrible piste en particulier.
Nous envions presque ce couple qui vient d’arriver et qui commence à déployer la tente posée sur le toit de leur véhicule. Eux vont avoir les lieux pour eux seuls mais surtout vont pouvoir admirer l’embrasement du massif à mesure que le soleil entame sa descente. Promis, la prochaine fois, nous camperons nous aussi sur place !
En attendant, nous reprenons notre séance de secousses ou de massage vigoureux. A l’entrée du parc, un panneau indique Kungkalanayi Lookout, un point panoramique à un petit kilomètre. OK alors, autant aller voir. Effectivement nous ne sommes pas déçus, la vue est superbe surtout que la roche devient de plus en plus rouge et les effets de la lumière sur la végétation magnifiques. Bon cette fois, il faut absolument y aller, il est bientôt 16:30 et dans moins d’une heure il fera nuit.
Et c’est reparti. La différence est que je sais maintenant à quoi m’attendre et que je me souviens des passages les plus difficiles. Je pousse même quelques ( brèves) accélérations. Par contre, je n’avais pas prévu que j’aurais le soleil couchant dans les yeux, ni ces deux 4x4 devant nous qui soulèvent des nuages de poussière m’obligeant à ralentir voire parfois à m’arrêter afin qu’ils prennent un peu de distance.
Après plusieurs kilomètres, je finis par perdre patience et prends mon courage à deux mains ( c’est le cas de le dire). Profitant d’un ralentissement à l’approche d’une montée, je fais quelques appels de phare et les dépassent... en fermant les yeux et en faisant une courte prière... qui sera exaucée.
Ça y est la nuit est tombée et maintenant je flippe encore plus. Toutefois, je découvre aussi que la nuit offre un avantage : à la lumière des phares, les bosses et les trous de la piste se remarquent beaucoup moins ! Quelques lumières apparaissent enfin, ce sont celles du camping. Nous sommes arrivés... sains et saufs et la voiture a survécu. Faudra pas que j’oublie le cierge à St Christophe !
En attendant, nous allons à la réception acheter une paire de bières que nous allons déguster sur notre ‘terrasse’ en admirant la Voie Lactée dans toute sa splendeur... tout en me massant l’épaule droite !!! Après un excellent repas, composé de délicieux sandwiches, nous nous enfouissons sous les épaisses couvertures... 6° cette nuit ! | | | À: Xrctn · 17 septembre 2020 à 12:49 Re: To the Top West End Message 7 de 24 · Page 1 de 2 · 4 394 affichages · Partager Lundi. 5:30. Il caille autant dedans que dehors où les premières lueurs du jour apparaissent à l’horizon. Le thermos rempli d’eau bouillante à la réception hier soir n’étant plus très efficace nous devons nous contenter d’un thé tiède pour tremper nos biscuits.
Moins d’une demi-heure plus tard, nous retrouvons les bosses et trous de la piste infernale. Le gérant du camping nous expliquait hier que la piste n’a jamais été réparée ou améliorée et que son état empirait à chaque saison mais que c’était également un bon moyen de limiter le nombre de visiteurs ?! En fait, cet unique accès au parc national traverse les terres d’une pastoral station et les propriétaires ont d’autres priorités.
La lumière rasante illumine la végétation couverte de rosée, c’est incroyable comme un paysage peut apparaitre si diffèrent selon la luminosité du soleil et les ombres des reliefs. Alors qu’hier nous n’avions aperçu que quelques oiseaux, ce matin ils sont partout et en nombre ( le parc en compterait près de 150 espèces différentes). Mais ce n’est pas le moment de se déconcentrer, même si je me sens plus à l’aise, la conduite reste pénible d’autant plus que le mal à l’épaule reprend et qu’une fois encore je suis aveuglé par le soleil qui émerge au-dessus des collines.
Ah, nous avons amélioré notre record d’hier, 1h20 entre le camping et le Visitor Centre. Cette fois, nous prenons à gauche en direction d’ Echidna Chasm, la partie la plus au nord du massif des Bungle Bungles. Ce tronçon de dix-neuf kilomètres, bien plus supportable, longe une vallée bordée d’une série de massifs rocheux, très différents des ‘ruches’ d’hier, et recouverte d’un tapis de spinifex dorés dominé d’eucalyptus espacés, avec ici et là quelques baobabs et, plus surprenant encore, des palmiers.
La piste se termine au pied de gros rochers rouges et comme hier nous nous retrouvons seuls. La température est idéale pour la balade. Le premier sentier grimpe légèrement jusqu’à un petit promontoire permettant d’avoir une vue panoramique sur l’ Osmond Range, célèbre pour sa série de longs plateaux inclinés.
Le second sentier suit le lit d’une rivière qui s’enfonce dans une gorge de plus en plus étroite qui fait étrangement penser au Siq de Petra ( les odeurs en moins !). Sur les parois abruptes rouges poussent de magnifiques palmiers en éventail, quel étonnant contraste de couleurs surtout que la roche passe du rouge au noir.
Le chemin atteint un passage tellement étroit qu’une seule personne à la fois peut passer. Derrière, nous découvrons une vaste salle plus ou moins ronde et un autre passage encombré d’impressionnants blocs de pierre qui se sont écroulés et sur lesquels il faut grimper. Plus loin, il faut passer sous d’autres blocs coincés entre les parois. Bientôt nous atteignons le bout du chemin qui se termine par une autre salle plus petite et plus sombre. Dans ces entrailles rocheuses, le peu de ciel bleu que nous apercevons en levant la tête a quelque chose de rassurant.
Sur le chemin du retour, nous observons plusieurs lézards peureux mais seulement un couple d’oiseaux amoureux... enfin ils semblaient l’être !
Contents de retrouver la lumière du soleil, moins de sentir la morsure de ses rayons. C’est l’heure du petit dej. Céréales, fruits, yogourts le tout accompagné de café... froid. Mais quel superbe cadre, en plus c’est Lundi ! En vacances, le Lundi a toujours été mon jour préféré !
L’arrêt suivant se situe quelques kilomètres plus bas à un endroit appelé The Bloodwoods et d’où partent trois itinéraires qui permettent d’explorer diverses parties de cet énorme massif. Nous choisissons le plus long : The Homestead Valley, parce que le nom me plait.
Tout commence par une pente douce à travers le bush et le contournement d’un énorme rocher aux strates inclinées et montrant de curieuses cicatrices. Le sentier se dirige ensuite vers un ensemble de falaises rouges. Là, on ne rigole plus, il n’est que dix heures du matin mais le soleil cogne dur et aucun endroit ombragé en vue, heureusement nous nous trimbalons avec plusieurs bouteilles d’eau. L’endroit est impressionnant et étrangement silencieux.
Des signes indiquent qu’il faut maintenant emprunter le lit caillouteux d’une rivière complètement à sec qui part vers une espèce de petit canyon où de nombreux acacias sont en fleur. Le bleu du ciel, les rouges de la roche, les verts de la végétation, les jaunes des fleurs et le blanc des cailloux, un bien joli tableau en trois dimensions. La progression sur ces gros cailloux est laborieuse mais nos fréquents arrêts nous permettent d’observer la multitude de petits oiseaux occupés à butiner les fleurs. Alors que c’est généralement le cas partout en Australie, curieusement ici aucun insecte ne vient nous importuner, même pas une mouche !
Une branche du chemin est barrée, elle mène à un site aborigène sacré dont l’accès est interdit aux visiteurs ( on compte plus de 80 sites disséminés dans le parc national). Les Aborigènes locaux ( the Karjaganujaru peoples) sont les gardiens traditionnels de ces lieux depuis plus de 20000, leurs histoires, leurs traditions et certaines de leurs ressources sont liées à cet endroit et pour de nombreux d’entre eux cette connexion continue encore aujourd’hui. D’ailleurs la gestion du parc se fait en association entre les services administratifs gouvernementaux et les Aborigènes locaux.
Nous suivons donc l’autre branche, celle qui grimpe vers une petite plateforme naturelle qui permet d’avoir une vue panoramique sur la petite vallée et l’espèce d’amphithéâtre naturel juste devant.
Quant à l’origine du nom ‘ Homestead Valley’ (la vallée du domaine, de la ferme, de la propriété familiale...), un panneau indique qu’il date de 1880, à l’époque où les premiers explorateurs coloniaux étaient à la recherche de domaines agricoles. L’un d’eux, Alexander Forrest, trouva cet endroit idéal pour établir un homestead, heureusement son idée ne fut pas retenue mais le nom est resté.
Le retour sous ce cagnard est plus pénible que prévu et une fois revenus à la voiture nous décidons de laisser les deux autres marches pour... une prochaine visite ! Une fois encore, la climatisation de la voiture nous remet rapidement d’aplomb et c’est presque en pleine forme que nous nous arrêtons à... Stonehedge.
Il ne s’agit pas d’une quelconque formation préhistorique mais seulement un parcours tracé dans le bush et sur les rives d’une petite rivière ( à sec bien sûr) expliquant l’utilisation des différents arbres, arbustes et herbes par les Aborigènes. Si de loin tous les eucalyptus et les spinifex ont tendance à se ressembler, de près ils sont extrêmement diversifiés. Certains ont des fruits comestibles, d’autres ont des feuilles permettant d’anesthésier des proies ou des branches pour produire des instruments de chasse ou des paniers, des écorces pour produire de la colle, des médecines pour guérir une quantité de maux... etc. La balade est très instructive et permet d’apprécier l’énorme connaissance du bush qu’ont ( ou qu’avaient) les Aborigènes. Malgré cette leçon, j’espère que je ne perdrai jamais dans le bush, je ne survivrai pas très longtemps !
Ainsi s’achève la visite de la partie nord du parc, il est temps de ‘foncer’ vers Piccaninny Creek, là où nous étions vingt-quatre heures plus tôt. | | | À: Xrctn · 17 septembre 2020 à 13:14 Re: To the Top West End Message 8 de 24 · Page 1 de 2 · 4 392 affichages · Partager Nous y arrivons à la pire heure. La température est passée de 6° à 36° en quelques heures ! Les campeurs d’hier ont été remplacés par un jeune couple et leurs trois jeunes enfants en train de terminer leur pique-nique.
Heureusement, la première randonnée que nous faisons se fait en grande partie à l’abri du soleil, au fond d’une gorge. Il nous faut quand même endurer un passage à découvert et marcher à proximité puis sur des rochers surchauffés avant d’atteindre le chemin sablonneux qui mène à Cathedral Gorge. Une légère brise apporte un peu de fraîcheur bienvenue à mesure que nous progressons vers l’intérieur de la gorge. Les parties supérieures des falaises, illuminées par le soleil, prennent d’étranges tons orangés et dorés.
A part le bruit du sable crissant sous nos pas le silence est total, voire impressionnant. Un dernier tournant et une légère montée avant de découvrir une vaste grotte semi-ouverte et son immense plafond en forme de demi-dôme. Au sol, du sable blanc et au milieu une petite étendue d’eau où se reflètent les parois colorées de la grotte.
Mais le plus surprenant ( en tout cas le plus agréable) est la fraîcheur qui règne. Nous saluons un autre jeune couple et leur gamine en train de faire un château de sable une scène quelque peu irréelle. Après avoir inspecté tous les recoins de la grotte, nous nous allongeons un long moment sur le sable frais et tentons d’imaginer ce même endroit pendant la saison des pluies où la grotte se transforme en chute d’eau et le sable disparaît sous l’eau. Il y a peu de chance que nous le voyons un jour car le parc devient inaccessible et reste fermé au public.
Il faut penser à repartir, d’autres marches nous attendent ! La suivante, nous conduit quelques kilomètres plus loin jusqu’au Piccaninny Creek Lookout. Hélas, celle-ci se fait en plein soleil et suit le lit de la rivière entre les tourelles. Les profondes traces d’érosion laissées sur la roche sont une indication de la violence du flot de l’eau à certaines périodes de l’année. Difficile d’imaginer que tant d’eau peut s’écouler ici ! Ouf, le lookout est à l’ombre ! Les lieux propices à une longue contemplation.
Le visage rouge écarlate de Ry me signale que les autres marches attendront une prochaine fois, mieux vaut regagner la voiture. Nous avons vu le principal, d’ailleurs il n’était pas prévu que nous fassions le circuit complet qui prend deux jours !!!
Le retour au camping se fait plus tranquillement même si cette satanée piste est toujours aussi épouvantable.
Cette fois nous arrivons avant la nuit et pouvons profiter du coucher de soleil de notre terrasse tout en sirotant nos bières accompagnées de poignées de cacahuètes... qui feront office de repas ce soir. | | | À: Xrctn · 17 septembre 2020 à 16:13 · Modifié le 18 sep. 2020 à 9:01 Re: To the Top West End Message 9 de 24 · Page 1 de 2 · 4 373 affichages · Partager Merci Xavier pour cette balade aussi dépaysante qu'agréable...
Je pense à Arthur Upfield Je pense à Kim Mahood Je pense à Tim Winton Je pense à Catherine Rey Je me suis ainsi au fil du temps et des lectures passionnée pour ce pays aux multiples et extraordinaires facettes et aujourd'hui je me régale à suivre tes aventures !
Et puis je pense à mes amis Lyn & David qui m'attendent avec patience depuis si longtemps pour me faire découvrir leur pays, "ton" pays...
A bientôt alors pour rouler entre bosses et ravines, pour marcher sur les sentiers à en crever de chaud, pour s'enchanter des couleurs et des senteurs, pour se repérer sur une carte qu'on n'arrive pas à replier correctement et pour découvrir et savourer encore et encore...
Dolma | | | À: Dolma · 18 septembre 2020 à 13:21 Re: To the Top West End Message 10 de 24 · Page 1 de 2 · 4 321 affichages · Partager ... des lectures passionnée pour ce pays aux multiples et extraordinaires facettes
Hello Dolma, tu peux ajouter à tes lectures, Albert Facey (A fortunate life), Sally Morgan (My place), Xavier Herbert (Capricornia) et même DH Lawrence ( Kangaroo), Mary Durack (Kings in grass castles)... etc. Par contre, je ne sais pas si tous ces livres sont disponibles en français. On m'a récemment recommandé "Le sauvage blanc" de François Garde... je le cherche !!!
Et puis je pense à mes amis Lyn & David qui m'attendent avec patience depuis si longtemps pour me faire découvrir leur pays...
Il en leur en faudra un peu plus mais j'espère que tu leur feras la surprise !
...sur une carte qu'on n'arrive pas à replier correctement
Ah ça non alors ! | | | À: Xrctn · 18 septembre 2020 à 15:06 Re: To the Top West End Message 11 de 24 · Page 1 de 2 · 4 310 affichages · Partager Mardi. 6:30. Des perroquets tiennent une conférence dans les arbres qui entourent notre tente et leurs cris stridents sont un excellent réveille-matin. Il est temps de plier bagages et de quitter le camping encore endormi.
C’est avec un grand plaisir que nous retrouvons la douceur de l’asphalte de la Great Northern Highway mais aussi avec une pointe d’inquiétude car, hier sur le chemin du retour, je me suis aperçu que la jauge d’essence était passée dans la zone critique. Y a-t’il assez de carburant pour arriver jusqu’à Warnum situé à une soixantaine de kilomètres ?
Mon dilemme se résume à : faut-il accélérer pour y arriver plus vite ou bien rouler plus lentement pour économiser le précieux carburant. En plus, sur ce tronçon se succèdent montées et descentes !
Rarement le paysage aura défilé aussi lentement malgré les pointes à 110 km/h, vitesse maximale autorisée en WA. Encore 20 km, encore 10 km, encore 5 km... encore 1 km ! Yes, we made it... just!
La roadhouse est en effervescence ce matin. Faisant également office d’épicerie, de nombreux Aborigènes viennent se ravitailler. Problème, la pompe ne se met pas en route. Nouvelle angoisse : est-ce que les cuves sont pleines ? Quand le camion-citerne vient-il les remplir ? A l’intérieur, le gars m’explique que l’on ne peut payer qu’avec une carte de crédit et qu’il suffit de l’introduire dans une machine à l’extérieur, de sélectionner le numéro de la pompe, le type de carburant et le montant désiré. Pas évident, dans ces conditions, de faire le plein ?! Vu le prix, $1,82 le litre ( il était à $1,09 à Kununurra), je décide de ne mettre que $50 en espérant que cela sera suffisant pour arriver jusqu’à Kununurra !
Nous en profitons pour prendre un petit déjeuner et un grand café chaud. Ames sensibles et estomacs délicats s’abstenir car entre les œufs trop frits, les tranches de bacon dégoulinantes de graisse et les toasts couverts de margarine fondue... mon cœur vacille ! Rien à redire sur le café bouillant mais pas bouillu !
La digestion se fait péniblement en regardant les immenses paysages et en saluant ( il suffit de lever l’index sans retirer la main du volant) les rares véhicules que nous croisons.
A mi-chemin, près de la rivière Durham, nous trouvons une aire de repos pour préparer un café ( pas bêtes, nous avions demandé à la charmante serveuse de remplir nos thermos d’eau chaude). Nous remarquons une énorme caravane garée à l’ombre des arbres et un 4x4 le capot levé. Le conducteur vient nous demander si nous avons un produit refroidissant pour mettre dans son radiateur qui a surchauffé. Hélas, le loueur de voiture ne nous en a pas fourni !
Je lui propose de l’emmener à la station-essence de Doon-Doon mais il préfère attendre le dépanneur qu’il a appelé une paire d’heures plus tôt. Puis il se lance dans la longue énumération des déboires qui ont ponctué son voyage commencé à Perth... six mois auparavant ! Nous en concluons que la vie de Grey Nomad n’est pas de tout repos.
Avant d’arriver à Kununurra, il nous reste deux sites touristiques à visiter : Valentine Spring situé à trois kilomètres au nord de la route principale et Black Rock Pool, une dizaine de kilomètres plus haut. Allons-y gaiement, d’autant plus que la piste est impeccable et toute droite.
Valentine Spring se révèle n’être qu’une espèce de petit étang en partie ombragé, les restes d’une turbulente rivière. Nous faisons fuir une famille de bovins en train de se faire tremper les sabots près de baobabs à peine sortis de l’adolescence.
Je me dégourdis les jambes en sautant sur les rochers polis et glissants qui forment le lit de la rivière qui nul doute doivent former une jolie cascade... à la bonne saison. Par endroits quelques flaques d’eau subsistent et plus surprenant encore certaines sont peuplées de poissons. Comment peuvent-ils survivre dans si peu d’eau, tiède par-dessus le marché ?
Pour atteindre Black Rock Pool il faut emprunter une étroite piste qui conduit à un escarpement, bien caché par la végétation, le long de la Livistona Range. Au bout de la piste, se trouve un chemin parsemé de cailloux et de racines qui mène jusqu’à un sous-bois jonché de rochers qu’il faut grimper avant de découvrir un bassin d’eau juste en bas d’une falaise d’une cinquantaine de mètres de hauteur. Sa couleur noire ( d’où son nom !) tranche avec les couleurs rouge et ocre du reste de la roche et les rubans de végétation verte qui pendent du sommet. L’eau qui suinte de la roche même pendant la saison sèche alimente constamment le bassin.
Mais le plus inattendu ( et le plus extraordinaire) sont les centaines de papillons ( Euploea core), tous identiques, qui virevoltent de partout. Que leur nombre soit aussi important tient au fait que les plantes hôte de sa chenille ne manquent ici jamais d’eau mais surtout qu’elles la rendent toxique donc sans prédateur.
Ce bel endroit, également appelé Ngamoowalem par les gardiens traditionnels Miriwoong, est particulièrement prisé des locaux car la chute qui apparaît dès le début de la saison des pluies est la première des environs et le bassin l’un des plus profonds.
Contents d’avoir fait le détour, nous reprenons la route de Kununurra et traversons la rivière Ord. Nous y arrivons à temps pour un late lunch. Nous en profitons pour faire un tour à l’Office de Tourisme puis au supermarché avant de filer vers Lake Argyle Village qui comme son nom l’indique est un village sur les bords du lac portant le même nom.
Après un rapide détour pour voir la frontière entre l’ Australie Occidentale et le Territoire du Nord ( c’est plus fort que moi !), nous arrivons au camping de Lake Argyle en fin d’après-midi pour prendre possession de notre bungalow et bien sûr aller faire trempette dans la célèbre infinity pool surplombant le lac. Waouh, l’eau est froide mais la vue splendide.
Ry trouve même le temps de nous organiser une excursion en bateau pour demain matin, pas évident car faute de touristes, la plupart des tour-opérateurs ont momentanément cessé leurs activités.
Il ne nous reste plus qu’à aller au point de vue sur la colline à côté du barrage pour voir le lac, enfin une infime partie, il est tellement gigantesque. Selon les années, sa superficie est aussi grande que celle de l’île de Singapour ! Comment ce barrage qui nous semble si petit peut-il retenir autant d’eau ?
Ce n’est pas encore ce soir que nous verrons le coucher du soleil puisque l’Ouest se trouve derrière une série de collines, mais le spectacle se déroule aussi juste en face de notre bungalow quand les versants rocheux n’en finissent pas de rougir...avant de disparaître dans la nuit. Le spectacle se déplace ensuite tout là-haut dans le ciel.
Mais il faut d’abord penser à l’entracte, on nous a averti que le restaurant fermait à 19h. !!! | | | À: Xrctn · 18 septembre 2020 à 16:56 Re: To the Top West End Message 12 de 24 · Page 1 de 2 · 4 295 affichages · Partager Te lire est un double supplice. D'abord ces espaces sans frontières, ou si lointaines, alors que nous ne sommes pas à l'abri de voir à nouveau notre horizon réduit à un kilomètre. Et puis, ces cahots dont tu te plains alors qu'ils me manquent tant (et qu'ici, on crie au chaos). Merci quand même pour l'évasion (suis maso  ).
P.S. Tu n'aurais pas quelques photos des villes du Top West End, pour l'ambiance?
Comme dit ma Co: «ça va manquer de bistrots!»... Image attachée: Photo postée par le membre Voyajou. | | | À: Voyajou · 18 septembre 2020 à 17:51 Re: To the Top West End Message 13 de 24 · Page 1 de 2 · 4 286 affichages · Partager Te lire est un double supplice.
Chacun son tour !
D'abord ces espaces sans frontières,
Pas tout à fait !
Tu n'aurais pas quelques photos des villes du Top West End, pour l'ambiance?
Pour ça Google Street le fait très bien !
Wyndham Kununurra Warmun
Comme dit ma Co: «ça va manquer de bistrots!»...
Y a bien celui-ci à Wyndham Port
| | | À: Xrctn · 20 septembre 2020 à 13:07 Re: To the Top West End Message 14 de 24 · Page 1 de 2 · 4 233 affichages · Partager ... des lectures passionnée pour ce pays aux multiples et extraordinaires facettes
Hello Dolma, tu peux ajouter à tes lectures, Albert Facey (A fortunate life), Sally Morgan (My place), Xavier Herbert (Capricornia) et même DH Lawrence ( Kangaroo), Mary Durack (Kings in grass castles)... etc. Par contre, je ne sais pas si tous ces livres sont disponibles en français. On m'a récemment recommandé "Le sauvage blanc" de François Garde... je le cherche !!!
Et puis je pense à mes amis Lyn & David qui m'attendent avec patience depuis si longtemps pour me faire découvrir leur pays...
Il en leur en faudra un peu plus mais j'espère que tu leur feras la surprise !
...sur une carte qu'on n'arrive pas à replier correctement
Ah ça non alors !
Bonjour Xavier
Je rajoute à la liste des écrivains Kenneth Cook et son livre "the killer koala" paru en français sous le titre "le koala tueur et autres histoires du bush" (éditions autrement), histoires courtes plus hilarantes les unes que les autres, inspirées par ses tribulations à travers l' Australie.
Merci pour ce carnet que j'ai beaucoup apprécié. Dépaysement garanti 🙌
Calyssie | | | À: Xrctn · 21 septembre 2020 à 12:58 Re: To the Top West End Message 15 de 24 · Page 1 de 2 · 4 209 affichages · Partager Mercredi. 6:00. Nous avons définitivement adopté le rythme du Top West End ! Pas vraiment mon choix mais nous avons rendez-vous dans une demi-heure avec Tim au débarcadère. Petit dej. Avalé, visage badigeonné de crème solaire, appareil photo dans la poche... et chapeau sur la tête, je suis prêt, idem pour Ry.
Pas de problème pour trouver le point de rendez-vous, il n’y a qu’un seul point d’accès au lac : cette minuscule plage en gravier tout en bas d’une sacrée descente. Tim, notre jeune skipper, nous fait monter dans une embarcation pouvant contenir une trentaine de passagers mais n’ayant trouvé personne pour partager cette balade matinale nous avons l’embarras du choix, bâbord, tribord, proue, poupe ?! Au milieu, sous l’auvent sera parfait.
Pendant que nous voguons le long des rives émergées, Tim nous livre quelques chiffres concernant cette vaste étendue d’eau puis raconte l’histoire du lac... qui commence en 1972, l’année de l’inauguration du barrage ainsi que le pourquoi.
Les chiffres d’abord, le barrage (335 mètres de longueur et 98 mètres de hauteur) retient environ 5800 gigalitres mais pourrait en contenir 35000 ! Quant à la surface du lac, elle est généralement d’environ 1000 km² mais elle pourrait être plus du double. Actuellement, le lac s’étend sur environ 70-75 km de longueur et 30-35 km de large mais ses dimensions fluctuent rapidement selon le nombre et l’importance des cyclones. Il en est de même pour le nombre d’îles que contient le lac. Selon le niveau d’eau, certaines îles apparaissent ou disparaissent. On en compte normalement environ 70, de tailles et d’aspects très variables : plages de sable ou de cailloux, recouvertes de végétation ou arides, marécageuses ou rocailleuses... etc. Enfin, la population des crocodiles d’eau douce ( donc gentils) est estimée à 22000, le nombre d’espèces de poissons serait de 26 et celle d’oiseaux... 270 (liste complète ici ).
L’histoire commence vers 1880 avec l’arrivée des premiers pastoralists à la recherche de nouveaux pâturages. Les premiers arrivent du Queensland à la tête d’immense troupeaux après un voyage de plus de deux ans. Ils commencent par construire quelques petits barrages en bois et en terre principalement pour les besoins du bétail mais aussi avec l’idée de développer une agriculture tropicale.
Suite à la sécheresse qui sévit entre 1935 et 1942, les premières expériences d’irrigation des terres sont tentées et un centre de recherche agricole tropicale est créé. L’idée initiale est de cultiver du riz, du coton et de produire du sucre et d’exporter le tout vers l’Asie ! Si le gouvernement local est rapidement convaincu de la faisabilité et la viabilité du projet, il reste à finaliser l’apport financier complémentaire du gouvernement fédéral.
En 1959, the Ord River Irrigation Scheme est lancé et sa première phase commence avec la construction du Diversion Dam sur la rivière Ord ( il sera inauguré en 1963). L’ancienne retenue naturelle d’eau ( Carlton Reach waterhole) disparaît sous le nouveau lac artificiel baptisé Kununurra Lake.
En 1960, la ville de Kununurra est établie pour servir de support aux fermiers qui viennent s’installer et aux communautés aborigènes des environs.En 1966, l’on compte une trentaine d’exploitations agricoles, la plupart produisant du coton. Cependant malgré l’utilisation (excessive) de pesticides, la présence d’insectes nuisibles réduit considérablement les rendements espérés, combinée à la chute des prix, la culture du coton est rapidement abandonnée. Il en est de même pour le riz, cette fois le problème sont les oiseaux... qui dévorent les graines avant qu’elles ne poussent ! Heureusement la culture de la canne à sucre ne connait pas les mêmes péripéties.
La deuxième phase du projet commence en 1969 avec la construction du Main Dam, celui qui retient le lac sur lequel nous sommes en train de naviguer. Le barrage est inauguré trois années plus tard quant au lac, grâce à une paire de saisons particulièrement pluvieuses, il atteint son niveau maximal en moins de trois années.
A ce jour plus de 117 km² sont irriguées et il est prévu que la surface atteigne 400 km² dans un futur proche. Il existe aujourd’hui plus de 60 cultures différentes, mais la plus rentable semble être celle du bois de santal d’ Inde... utilisée dans la parfumerie et cosmétiques. Depuis 1995, une petite centrale hydroélectrique permet d’alimenter en électricité la région et quelques-unes des mines environnantes.
Nous nous approchons de la rive, Tim a repéré au milieu des rochers un rock wallaby, de la famille des petits kangourous, particulièrement adapté à un habitat rocheux. Il fait malheureusement partie des espèces en voie de disparition ( principalement à cause des chats sauvages !). Tim éteint de suite le moteur et laisse dériver le bateau vers la berge. Nous avons beau scruté attentivementl’amoncellement de rochers, nous ne distinguons rien de particulier. Finalement au bout d’un long moment, nous finissons par repérer, un petit animal en train de faire quelques bonds avant de rester immobile à nous observer attentivement pendant plusieurs minutes. Sa longue queue et son profil allongé le différencient de ses cousins. Il est bientôt rejoint par son compagnon ( ou sa compagne) qui dévale la petite falaise avec une aisance déconcertante et une incroyable agilité.
Nous contournons plusieurs îles entourées de troncs d’arbre émergeant de l’eau, après un si long séjour dans l’eau, leur bois est devenu pétrifié. Sur les branches, des oiseaux repèrent les poissons qu’ils s’apprêtent à pêcher.
Plus loin, voilà les premiers ‘ freshies’ ( crocodiles d’eau douce, endémique d’Australie), en train de se dorer la pilule. Bien plus petits ( 2, 3 mètres max !) que les crocodiles d’eau salée, ceux-là sont inoffensifs car leur long museau étroit et effilé ne peut pas s’ouvrir aussi largement que celui de leurs presque-jumeaux ‘ salties’. Malgré tout, je préfère ne pas laisser trainer ma main dans l’eau.
Nous quittons les paisibles petites baies et prenons de la vitesse pour rejoindre l’autre côté du lac, là où se trouvent un chapelet d’îles couvertes de végétation. C’est aussi, d’après Tim le meilleur endroit pour attraper les plus beaux poissons. La pêche semble être facile car il lui suffit d’agiter une tranche de pain au-dessus de l’eau pour voir converger autour du bateau des centaines de poissons. Absolument incroyable. Il nous explique également que dans un coin de la partie centrale du lac, il existe des projets expérimentaux de pisciculture.
A propos d’élevage, il nous raconte aussi, la plus ou moins récente tentative d’élevage... d’araignées ! Des chercheurs américains se sont aperçus que certaines araignées locales tissaient des toiles au fil tellement résistant qu’il pouvait être l’utilisé pour confectionner des vestes pare-balles. Ils ont donc commencé un élevage d’araignées mais ont finalement dû abandonner l’idée après avoir constaté que les femelles avaient la mauvaise manie de manger le male après l’acte ! Des collègues ont finalement trouvé une ‘ meilleure’ solution : modifier génétiquement le lait des chèvres !? - voir la
Sur l’insistance de notre skipper nous nous approchons d’un groupe d’arbres immergés dont les branches pullulent de ces fameuses toiles d’araignée. Hum, je préfère aller explorer l’une de ces petites îles et pendant quelques instants me prendre pour Robinson Crusoé.
Sur le chemin du retour, nous observons quelques beaux spécimens d’oiseaux migrateurs mais les plus intéressants se trouvent, parait-il, tout au sud du lac, près de mangroves et des marais. Une raison de plus pour revenir une autre fois et pour plus longtemps ! Après cette trop brève mais passionnante excursion, nous retrouvons la terre ferme.
Nous passons le reste de la matinée de l’autre côté du barrage, dans un endroit ombragé au bord de la rivière, au pied de l’imposant mur. Si l’accès à la rivière est fermé ( pour des raisons de sécurité !) nous découvrons que la partie ombragée est un endroit idéal pour l’observation d’oiseaux. Une véritable ‘pêche’ miraculeuse... pour ceux munis du bon équipement ! Hélas pas notre cas... Tiens en voilà une idée à souffler au Père Noel !
Pas de chance, le musée historique de l’ Argyle Homestead est fermé. Déplacé et reconstruit pierre par pierre sur les hauteurs juste avant la construction du barrage, il retrace l’épopée de la famille Durack, l’une des premières venues s’installer ici.
Curieusement, aucun effort n’a été fait pour sauvegarder les nombreux sites aborigènes qui ont disparu sous l’eau. En fait, jamais les Aborigènes ne furent consultés à propos de l’ Ord River Irrigation Scheme. Jusqu’en 1966, le statut des Aborigènes était pratiquement similaire à celui de la flore et la faune.
Après un court arrêt à Deadhorse Creek, dans l’espoir de voir d’autres oiseaux autour d’un rockhole permanent, et d’une petite marche dans les hautes herbes ( pas une bonne idée) suivie d’une rapide escalade sur des rochers pour entrevoir une dernière fois le lac, nous reprenons la route en direction de Kununurra.
| | | À: Xrctn · 22 septembre 2020 à 13:35 · Modifié le 25 sep. 2020 à 18:31 Re: To the Top West End Message 16 de 24 · Page 1 de 2 · 4 179 affichages · Partager Manque total d’imagination puisque c’est au même motel que nous passerons la dernière nuit de notre décidément trop courte escapade. Nous allons pique-niquer au Celebrity Tree Park situé sur les rives du lac Kununurra.
Ce joli parc tient son nom au fait que de nombreux arbres ont été plantés par des... célébrités de passage à Kununurra. Parmi toutes les plaques commémoratives, la plus connue ( de moi en tout cas !) est celle de Nicole Kidman, venue ici en 2007 lors du tournage du film 'Australia'
.
Malgré la chaleur ambiante, un groupe de jeunes femmes commence une intense séance d’aérobics sous le kiosque, sur le ponton plus loin, une grand-mère met son kayak à l’eau, sur le parking, deux électriciens ( c’est écrit sur leur camionnette) avalent leur sandwich et près des jeux pour enfants, un jeune couple se bécote tendrement. En sourdine le bruit d’une tondeuse à voir comment ce jardinier tourne autour des arbres et des massifs de fleurs, il doit déjà se croire à Monaco dans la peau de Daniel Ricciardo, une autre célébrité ( tiens, je ne crois pas qu’il a sa plaque ici, celui-là !?).
Mais toute cette agitation ne semble pas gêner les nombreux oiseaux présents aussi bien en haut des arbres que sur l’eau. J’ai même droit à une séance privée de la part d’un petit aigle qui n’hésite pas à prendre toute une série de pauses : timide, contrarié, féroce, indiffèrent, hautain voire même insolent.
Incroyable de penser qu’il y a 60 ans, cette ville n’existait même pas. D’ailleurs, il a même fallu lui trouver un nom ! Kununurra viendrait de la transposition en anglais du mot Goonoonoorrang qui dans le langage Mirriwoong désignerait un endroit de la rivière Ord. Le mot Cununurra fut d’abord utilisé dans les années 1940 par les géologues dans leur classification des différentes argiles présentes à proximité de la rivière.
L’histoire ne dit pas pourquoi ce nom fut proposé. Par contre, elle raconte pourquoi le C fut replacé par un K : le représentant de la Poste estimant que Cununurra était trop proche de celui de Cunnamulla (une localité dans le Queensland) et, afin éviter toute confusion postale, proposa de changer la première lettre. C’est donc avec un K que la ‘naissance’ de la nouvelle ville fut publiée dans le journal officiel le 10 Février 1961.
Au fil des années, Kununurra est devenue la ville la plus importante du Kimberley, au dernier recensement, la ville comptait 5308 habitants ou un peu plus de 7000 en incluant les fermes et communautés environnantes. Pendant la saison touristique et pendant la période des récoltes et de la cueillette des fruits, la population peut facilement atteindre les 10000.
Maintenant que les grosses chaleurs sont passées ( enfin presque), nous décidons d’aller visiter le parc national de Mirima situé à trois kilomètres du centre-ville. L’entrée se trouve en face du cimetière ! Appelé mini Bungle Bungles, il comprend quelques formations en grès datant de 350 millions d’années que l’on peut explorer en suivant les trois courts chemins balisés qui suivent la Hidden Valley avant de grimper jusqu’au Derbde-gerring Banan, le point le plus élevé du petit massif qui offre une vue panoramique sur la vallée de l’Ord et la ville. Pour une fois, nous y sommes à la meilleure heure, celle où la roche prend des reflets rouges.
Encore plus fort, aujourd’hui nous arrivons à la Pump House bien avant le coucher du soleil. Nous célébrons notre dernière soirée tropicale sur la terrasse qui surplombe les eaux calmes du lac en sirotant un délicieux mojito... à la mandarine !
Le repas au Kimberley Grande, un autre pub de la ville, est moins glorieux mais le fish & chips fait très bien l’affaire. | | | À: Xrctn · 22 septembre 2020 à 13:53 Re: To the Top West End Message 17 de 24 · Page 1 de 2 · 4 175 affichages · Partager Jeudi. 7:00. Dernier jour déjà ! Direction l’aéroport, c’est le pilote en personne qui vient nous récupérer au motel pour nous y conduire puis pour piloter le Cessna que nous allons prendre ce matin pour survoler pendant une paire d’heures le lac Argyle et le parc national des Bungle Bungles que nous avons exploré quelques jours plus tôt. Nous partons avec deux autres couples, tout aussi excités que nous.
Je suis chargé de verrouiller la porte, une fois ma mission accomplie en avant toute ! L’avion accélère puis décolle ( ouf !) et survole les immenses plantations de manguiers et de bois de santal avant de virer en direction du lac. Nous découvrons les reliefs qui s’étendent jusqu’à l’horizon et que nous n’avions pas imaginées, de la route, aussi immenses et variés. Nous survolons également les nombreuses communautés aborigènes disséminées dans le bush.
Nous suivons la rivière Ord et arrivons rapidement au-dessus du lac Argyle. Le barrage parait vraiment minuscule par rapport à la grandeur du lac. Nous reconnaissons de suite les baies et les iles visitées hier matin puis en découvrons une multitude d’autres.
Par endroits, l’intersection de l’eau et de la terre forment de remarquables dessins aux couleurs étranges et inattendues. Plus loin, ce sont les associations de la végétation, de la topographie et de la géologie qui créent la surprise.
Chaines de montagne, ensemble de plateaux, le bush jusqu’à l’horizon, du ciel ces paysages prennent une dimension grandiose insoupçonnable. Heureux les oiseaux... ou les pilotes d’hélicoptère et de petits coucous !
Mais le clou est évidemment le survol des Bungle Bungles, et de cet extraordinaire enchevêtrement de tourelles minérales et de gorges que nous avons arpenté quelques jours plus tôt. Incroyable de penser que cette formation rocheuse si étrange fut ‘redécouverte’ par hasard en 1982 par une équipe de reporters en train de filmer un documentaire sur la rivière Fitzroy, une centaine de kilomètres plus au Sud !
Un tour, deux tours et c’est déjà le chemin du retour qui passe par un survol de la mine d’Argyle, connue pour la qualité de ses diamants roses puis par celui de pastoral stations isolées aussi vastes que des départements français. Ici les bergers rassemblent leurs troupeaux non plus à cheval ni même en moto ou encore en quad mais en hélicoptère.
Après un dernier survol des plantations de Kununurra et du Diversion Dam, nous revenons sur terre encore tout éblouis par ce magnifique spectacle.
Le reste de la journée se passe à visiter les différentes galeries d’art aborigène et une paire d’ateliers. Bizarrement, toutes les toiles qui me plaisent sont aussi les plus chères !
Avant de rendre la voiture à l’aéroport ( et après avoir parcouru plus de 1500 kilomètres), il nous reste une dernière chose à faire : déguster la spécialité du coin : un énorme mango smoothie sous les manguiers bien sûr !
Quelques heures plus tard, le pilote annonce : « Welcome to Perth, the temperature outside is 12° » Pourquoi fallait-il revenir ? The End | | | À: Xrctn · 23 septembre 2020 à 9:36 Re: To the Top West End Message 18 de 24 · Page 1 de 2 · 4 145 affichages · Partager Et si The End de ce carnet était le début de quelques autres sur ton pays d'adoption ? En voilà une idée que je trouverais excellente ! Tu dois bien être allé "tremper ton croissant dans un bol de café" (ah les Français  ) dans d'autres régions d' Australie ? Alors....
Ce fut un vrai grand plaisir de te lire et j'aimerais bien poursuivre la découverte de cette immense partie du monde à travers tes mots et tes images.
Dolma | | | À: Dolma · 23 septembre 2020 à 14:47 Re: To the Top West End Message 19 de 24 · Page 1 de 2 · 4 131 affichages · Partager Ce fut un vrai grand plaisir de te lire et j'aimerais bien poursuivre la découverte de cette immense partie du monde à travers tes mots et tes images.
Thank you !En cherchant bien tu aurais pu trouver ce récit d'une ancienne traversée en train puis d' une autre un peu plus récente. Quant aux photos d' Australie, tu en trouveras ici | | | À: Xrctn · 24 septembre 2020 à 15:52 Re: To the Top West End Message 20 de 24 · Page 1 de 2 · 4 097 affichages · Partager Bonjour Xavier,
Fin de lecture pour ce carnet qui mêle découverte et histoire des lieux. Je retiens en particulier l'arbre prison. Astucieux et peu commun 🙌. Merci pour cette évasion.
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