J8 : non, tous les Japonais ne sont pas forcément accueillants
Météo : de 14 à 29°C, ciel dégagé puis couvert dans la soirée
C'est parti pour une matinée complète d'improvisation dans la ville de
Takayama.
Je commence par me balader dans la vieille ville et ses alentours, déjà prise d'assaut par les touristes.
Une fois sorti de la rue du marché, je m'égare rapidement des sentiers battus car je trouve un torii en bois et une forêt derrière qui éveillent ma curiosité. Je me retrouve alors dans un tout autre environnement.
Vue magnifique sur Takayama et les montagnes. On trouve ici de vieilles maisons isolées du reste de la ville, habitées par des retraités qui y travaillent intensément leurs terres.
L'instant kawaii.
J'ai un peu plus d'une heure pour déjeuner avant de prendre le bus. Je ne me gêne pas, puisque je suis à
Takayama je vais me faire plaisir et tester le boeuf d'Hida, en concurrence avec celui de
Kobé. La concurrence ne se fait pas tellement en termes de qualité (celui de
Kobé étant je pense largement au-dessus), mais plutôt au niveau du rapport qualité-prix bénéfique au boeuf d'Hida. Même si il est moins cher, il reste quand même à un prix assez élevé, et je vais devoir le déguster en ramen pour ne pas trop raquer. C'est la viande la plus tendre que je n'ai jamais mangée. A peine rentre t-elle dans la bouche qu'elle est déjà en train de fondre.
Je quitte maintenant
Takayama en prenant un bus de la compagnie Nohi Bus, direction Shirakawago. Le trajet dure une heure et n'est pas très beau, il est en fait très urbanisé. Et lorsqu'on arrive à voir de la nature on se retrouve vite sous un tunnel. Bref on ferme les rideaux et on écoute de la musique.
J'arrive à Shirakawago, le village aux maisons en toit de chaume. Il n'y a quasiment que des Chinois ce qui fait que je ne m'entends même plus penser, mais passons ce n'est pas le plus grave. Le plus grave c'est que les Japonais qui vivent dans ce village sont sûrement les pires que j'ai pu croiser : ils ne regardent personne, ne répondent à personne... J'ai eu l'impression d'avoir pénétré dans leur espace vital et d'être un intrus.
Un exemple concret et qui m'a vraiment frappé est au moment où j'ai voulu acheter une glace. Je voyais le vendeur au fond du comptoir en train de faire la vaisselle, et je l'ai donc tout naturellement appelé afin qu'il prenne ma commande. Malgré mes appels répétés il ne s'est pas une seule fois tourné, et il a fallu que j'actionne la sonnette sur le comptoir pour qu'il daigne venir. Et au moment de payer même malaise, le vendeur refusant catégoriquement que je lui donne l'argent directement dans ses mains.
Les locaux sont aussi très agréables. C'est simple, je me suis pris des vents en permanence alors que je leur disais simplement bonjour.
Et malheureusement ce n'est pas le village en lui-même qui va rattraper le coche, car je l'ai trouvé vraiment très décevant. Les maisons se ressemblent toutes (c'est bien beau les toits de chaume mais bon au bout d'un moment on se lasse), c'est surfait, tout petit, et surtout il y a des bâtiments industriels juste à côté qui fait qu'on a tout sauf l'impression d'être à la campagne dans un lieu bucolique.
Je m'étais laissé 2h30 pour visiter le village, et c'est seulement au bout d'une heure que j'en ai eu marre et que je suis carrément allé attendre mon bus à la gare routière.
Le seul beau panorama de la zone.
Ca me fait mal de dire ça mais j'étais content d'entrer dans le bus. Direction maintenant
Kanazawa où je vais y passer deux nuits. Cette fois le trajet sera très sympathique, on retrouvera les rizières et les paysages typiques du
Japon de l'envers.
Pourtant quand j'arrive à
Kanazawa j'ai l'impression d'être revenu dans une grande ville. Le fossé était saisissant entre tout ce que j'ai vu depuis la fenêtre du bus et l'entrée dans la ville. Pour autant, sans même quitter le secteur de la gare, je tombe tout de suite sous le charme de
Kanazawa, allez comprendre.
Je sens donc que cette ville va vraiment me plaire, et cela se confirmera encore sur la route pour aller à la guest-house, où je m'y sens extrêmement bien et presque comme chez moi.
Le ciel se couvre de plus en plus mais il ne pleut pas. Il fait déjà nuit et je n'ai pas la motivation de gambader. Je vais dîner dans un Sukiya, puis je m'installe dehors, sur la table devant l'entrée de la guest-house et je laisse passer le temps. Il fait 30°C à 22 heures, l'humidité commence à s'installer et ne me dit rien qui vaille pour les jours suivants...