Chère Madame, bonjour !!!
Je suis très désolé de ne pas pouvoir vous aider. Vous m’avez un peu compris de travers. En tant que linguiste des langues africaines (par formation), spécialisé dans les langues
mandé dont le
bambara (
bamanankan), le mandinka, le soninké, le maninka, le khassonké (
xaasonga), le dioula (
jula), le kagoro, le
bozo (ses variantes
kelinga ou
hainyaxo,
tieyaxo,
sorogaama ou
jenaama et
tièma cèwè), etc. etc., j’ai bien sûr des connaissances, soit sur la grammaire, soit sur la typologie, de toutes ces langues. Mais je n’ai appris ni parle le soninké.
Quant à votre demande, j’ai contacté mon ami Mamadou Diawara qui est Soninké, originaire de Nioro du Sahel, lieu important du pays soninké au Mali. Malheureusement, il n’a pas pris contact avec moi jusqu’à présent...
Pour ne pas achever de vous désenchanter ou fruster, je tiens à vous donner une autre comptine, à savoir une comptine mèèka racontée par mon ami Karim, homme mèèka de
Burkina Faso. Considérez-le comme un petit dédommagement, s’il vous plaît Je m’explique : le
mèèka est une langue mandé, classée dans la branche central/sud-ouest des langues mandé (ouest). Dans la littérature, la langue est souvent inclue dans le soi-disant
marka*
-dafing. Le mèèka n’est pas parlé au Mali mais au
Burkina Faso.
Cette comptine mèèka est une comptine pour les filles et est prise dans un jeu de corde à sauter. En même temps, le jeu est aussi une compétition parmi les filles jouant ensemble : si la corde passe pour la première fois sous les pieds, la fille chante "san keren keren" (une année), si la corde passe pour la deuxième fois sous les pieds, elle chante "san fila fila" (deux années), etc. etc. A la fin, la championne est la fille qui arrive au plus grand nombre d’années sans s’emmêler avec la corde...
San keren kerenannée – un – un
San fila filaannée – deux – deux
San saba sabaannée – trois – trois
San naani naaniannée – quatre – quatre
San den luuannée – cinq
San wooro wooroannée – six – six
San wonwula wonwulaannée – sept – sept
San den siiannée – huit
San kondon kondonannée – neuf – neuf
San den tanannée – dix
San tan ni kerenannée – dix – et – un (= onze)
...
Petite note grammaticale : en langues mandé, la plupart des modificateurs nominaux (adjectif, numéral, participe, pronom indéfini, marqueur de défini, marqueur de pluriel [grammème libre/indépendant], etc.) succèdent au nom (substantif), c.à.d., contrairement au français, en bambara, on ne dit ni "belle femme" ni "trois femmes" (dans cette ordre) mais "femme belle" (
muso nyuman) et "femme trois" (
muso saba). Voilà...
Si vous êtes intéressée par d'autres comptines du monde mandé, je pourrais rechercher un peu. Si oui, faites-moi un signe !
Ala ka tile hèèrè caya, hgb
* Attention : à ne pas confondre avec les Marka (ou Maraka), peuple soninké au Mali. Ce sont deux "choses différentes"...