Traversée du Pakistan fin septembre 2010 et NOC
Traversée du Pakistan en voiture
de la frontière indienne de Wagha à la frontière iranienne de Taftan fin septembre 2010.
Pour plus de détails voir notre blog : actuellement : un résumé de l'aventure ; à venir : tous les rebondissements de l'épopée.
sur-la-route-de-soi.over-blog.com/...e-nous-579...
Itinéraire classique : Lahore-Multan-Sukkur-Jacobabad-Sibi-Quetta-Noshki-Dalbandin-Nokkundi
Poste frontière : ouverture côté indien 9h, formalités un peu longues. Côté pakistanais, très moderne, très rapide. Décalage horaire : -30 minutes
route Lahore-Sukkur : route globalement large et bonne, pourrie et accidentée par endroits.
Route de Sukkur à Jacobabad : bonne. Campements de réfugiés partout.
Route entre Jacobabad et Sibi :
fin septembre, encore complètement coupée par les inondations. La route est sous plus d'1 mètre d'eau sur 15 km. Pour les piétons (utilisateurs de transports en communs) : liaison par bateau entre Jacobabad et Sibi (au dire des flics). Pas de possibilités d'embarquer de véhicules à bord. Selon d'autres sources de gros poids lourds pourraient passer. Solution d'embarquer véhicule personnel sur un poids lourd ?
Nécessité de rebrousser chemin.
Itinéraire conseillé par la police locale (et mal informée) : Sukkur-Karachi-Bela-Khuzdar-Kalat-Mastung-Quetta.Sukkur-Karachi : très bonne route, beaucoup de péages. Environ 500 km
Contournement de Karachi,
entrée dans le Baloutchistan. Peu de temps après, sur la route de Bela, refoulés à la frontière du Baloutchistan :
nécessité pour les étrangers qui souhaitent emprunter cette route d'obtenir un NOC (No Objection Certificate) auprès du Home & Tribal Affairs Office de Quetta (contact donné dans le Lonely Planet). Et vous imaginez ce que peut donner un contact téléphonique avec la bureaucratie pakistanaise... Or nous ne pouvons nous rendre à Quetta. Le serpent qui se mord la queue.... Ce NOC est requis car la zone est particulièrement dangereuse (un convoi de camions de camions de vivres de l'ONU venait d'être brûlés près de Khuzdar à titre d'exemple). Si les autorités estime le risque pris trop élevé elle ne le délivreront pas. Elles se couvrent.
On n'a pas demandé l'avis ni le soutien ni l'aide du Consulat Français, trop peur de se faire jeter ou démoraliser.
On est tombé sur un type formidable, formidablement accueillant et altruiste en plus d'être formidablement riche en relations utiles (politiciens entre autres) et formidablement efficace. Et bien lui a réussi, par miracle, en impliquant une bonne dizaine de personnes haut placées, à nous faire délivrer ce NOC... valable une journée !
On repart sur la
route Karachi-Bela-Khuzdar-Kalat-Mastung-Quetta. 700 km. On pensait que le NOC nous garantirait une avancée rapide et des mesures de sécurité à la hauteur, on a été déçus (mais on est arrivés entiers !)
Plus de 30 escortes différentes dans la journée, du planton à pied et désarmé à la jeep dernier cri blindé de militaires équipés des orteils au bout des cheveux, avec les habituels temps d'attente interminables (d'1 seconde à 2 heures) entre chaque. Un total de 19 heures de route d'affilée. L'épuisement. Route extrêmement bonne et assez peu fréquentée cependant, à part quelques trous en entrant dans le district de Khuzdar, et
une cinquantaine de kiloomètres défoncés et désastreux autour de Mastung. Quetta : Lourdes Hotel, sécurisé mais cher. La double à 4200 Roupies pakistanaises (40 euros). Pour le prix y'a des serviettes, du savon et de l'eau chaude !
Route Quetta-Taftan. La routine.
Pas besoin de NOC. Des escortes qui se succèdent plus ou moins fluidement. Paysages sublimes. Nous on adore même si à force le train train du changement d'escorte est pesant. Possibilité de bivouaquer en route sans problème près des checkpost ou dans un poste de police.
Taftan. La frontière n'ouvre pas ses bureaux avant 9h le matin ; fermeture assez tôt le soir (16h ?) Le bon plan : demander à bivouaquer dans l'enceinte des douanes pakistanaises, dans la cour devant les bureaux. WC, eau, douche même, voire dîner, au frais de l'hospitalité locale et donc du contribuable pakistanais. Pelouse verte en prime ! Et premières pour faire tamponner son carnet de passage en douane. Le douanier en chef ne devrait pas manquer de venir vous tenter avec ses questions “Do you like smoking ? Drugs ? Do you smoke marijuana ? Etc etc...” Mais faut pas être con non plus ! On est aux douanes !
Banque à Taftan. Mais n'ouvre pas avant 9-10h et était fermée déjà à 16h.
Formalités d'immigration côté pakistanais : fluide, moderne, rapide.
Formalités côté iranien. Douanes, relativement rapide. Immigration, le foutoir, 2 heures d'attente. Il y a une banque dans le bâtiment de l'immigration. Change les roupies et les dollars (et d'autres monnaies a priori), mais n'aime pas les vieux billets de dollars qu'elle refuse tout simplement ! Actuellement 1 euro = 13923 Rials. 10 Rials = 1 toman (les 2 monnaies iraniennes)
Décalage horaire : - 1h30.
On a été escortés par la police iranienne de Taftan aux abords de Bam. Là on commençait vraiment à en avoir mare ! Mais ils gardaient nos passeports en otage pour pas qu'on les plante...
Adresses très recommendables
Iran :
- bivouac Akhavan Hotel à Kerman (arrière-cour vaste et sécurisée, accès salle de bain, bon resto)
- Silk Road Hotel à Yazd (pas bivouac) possibilité de négocier d'occuper un petit dortoir en couple ou en famille pour 15 $ petits-déjeuners compris (un énorme buffet avec oeufs, fruits, yaourt...) et connexion wifi efficace les jours où ça va bien.
CONSEILS (si vous voulez traverser le Pakistan bientôt avec votre véhicule) :
- tentez de vous renseigner précisément sur l'état de la zone Sibi-Jacobabad, la seule qui pose pour le moment problème en fait.
- Méfiez vous des renseignements pris : jusqu'à 2 km avant la zone, personne, ni locaux, ni police, ni police de la route, ni organisme de tourisme (PTDC) n'était au courant de ce qui se passait plus loin. Pays de l'information zéro !
- Si vous pensez que vous aurez besoin d'emprunter la route Karachi-Khuzdar-Quetta tentez de contacter au plus tôt le Home and Tribal Affairs office de Quetta pour leur faire une demande de NOC. Si vous venez d'Iran, demandez le sur place à Quetta, sans guaranti de résultat.
- La route par le Nord du Baloutchistan vers Islamabad est, de ce que l'on a compris, aussi sujette à NOC, et, plus loin, aussi affectée par les inondations.
- Si la route de Jacobabad est encore inondée et que vous n'obtenez pas le NOC il reste une autre solution : charger votre véhicule sur un camion à Karachi (trouver quelqu'un de confiance) -ce serait revenu à moins de 200 euros pour notre 4L, prenez l'avion de Karachi à Quetta (40-50 euros par personne) et récupérez votre véhicule à Quetta. Cela nous semble une bonne alternative au shipping.
Bons voyages ! Bon Pakistan et bon
Iran !
Léonore et Clément