FabGreg · 4 janvier 2017 à 22:58 · 104 photos 72 messages · 16 participants · 14 292 affichages | | | | À: Calou192 · 19 janvier 2017 à 12:05 Message 21 de 72 · Page 2 de 4 · 2 349 affichages · Partager Merci à tous pour vos compliments.
Surtout que vous manifestez l'intention de visiter par vous même ce site du Choquequirao, et c'était précisément l'objectif de ce "carnet".
Il me reste quand même à vous rendre compte tant de ma visite que de la suite du trek vers Machu Picchu.
A bientôt pour cette suite.
Fabrice | | | À: FabGreg · 21 janvier 2017 à 12:31 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:22 Message 22 de 72 · Page 2 de 4 · 2 310 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
Visite de Paqchayoq (secteur XI)
Situé en partie basse du site archéologique de Choquequirao, Paqchayoq ( paqcha signifie "cascade" en quechua) est constitué essentiellement de terrasses agricoles s’étageant entre 2600 et 2640 m d’altitude.
(zone nord-est de Paqchayoc, avec le Rio Chunchumayo en arrière-plan)
Ma visite débute à 14h57, au pas de charge, tant parce que le soleil est déjà fuyant sur ces terrasses agricoles que parce que je veux aussi visiter la partie haute de Choquequirao, tout particulièrement les terrasses aux lamas. Déjà depuis l’autre versant, en arrivant depuis Marampata, le site était impressionnant, mais il l’est tout autant quand on est sur place.
Paqchayoq comprend 80 terrasses réparties en 6 colonnes. De longs escaliers descendent droit à travers les terrasses. Même au pas de charge, je veille à ne pas manquer une marche, car en trek, il est critique de préserver son "moyen de transport". D’autant que je suis conscient de ma légère alcoolisation.
(exemple d'escalier traversant les terrasses agricoles)
Dans mon empressement, je me perds dans l'enchevêtrement des terrasses. Certes, il y a de multiples fléchages bleus "Siga la flecha", mais ils ne sont pas toujours aisés à repérer. Pour quelques uns, je ne les interprète pas correctement. Non pas tant sur la direction, mais sur le niveau précis où il faut tourner. Une petite difficulté que je n’anticipais pas, et cela me retarde un peu dans ma visite.
L’itinéraire prescrit par ce fléchage bleu induit beaucoup de montées et descentes : dur dur pour les cuisses, car les marches sont très hautes, un classique de l’architecture inca toujours surprenant eu égard au gabarit modeste des indiens. Malheureusement pas la moindre information archéologique sur le site. Heureusement que du fait de mon premier voyage de 2006, je suis un peu initié à l’architecture inca. Encore que dans le cas présent, il n’y a pas grand-chose à comprendre. Hormis une bâtisse sur le côté gauche, la Chakra Camayoq ("responsable des cultures" en quechua), qui est supposée avoir été la maison du gardien préposé au site.
(la Chakra Camayoq sur le côté droit, cascade du Rio Chunchumayo en arrière-plan)
La cascade du Rio Chunchumayo donne son nom au site, car paqcha signifie "cascade" en quechua.
(Chakra Camayoc, aussi appelée Casa de la Caida de Agua, maison de la cascade)
Etonnant contraste que la présence de ces constructions humaines, marquées par une géométrie affirmée associant lignes droites et angles tout aussi droits, au cœur de cette nature sauvage et âpre de l’Apurimac. Contraste souligné par les jeux d'ombre en ce milieu d'après-midi.
Ce que je ne réalise pas, c’est que si ces terrasses agricoles sont si nettes, c’est grâce à leur entretien régulier, car la nature reprend vite ses droits (cf. photos in hiking.topicwise.com/...page/?page_id=414981 , reflétant la situation en mars 2015, en saison humide).
Orientées vers le sud-est, ces terrasses agricoles bénéficient d’une bonne irrigation grâce à leur proximité avec le rio Chunchumayo alimenté toute l’année par la fonte du glacier du Nevado Quri Wayrachina / Corihuayrachina (littéralement "fonderie de l’or" en quechua). Du site, on a d’ailleurs une vue dégagée sur sa cascade.
(au nord-est de Paqchayoc, la quebrada de Chunchumayo, le torrent issu du Nevado Quri Wayrachina)
D’après les chercheurs, le microclimat ambiant aurait favorisé la culture de la coca, expliquant ainsi pour partie le choix de cette montagne pour y établir une cité. Plus en aval de l’Apurimac, la coca est actuellement largement cultivée et alimente un trafic de drogue plus ou moins associé avec le Sendero Luminoso. Une réalité à l’origine des recommandations alarmantes du Ministère des Affaires Étrangères français. Mais c’est bien en aval, car de nos jours, il n’y a pas la moindre feuille de coca sur ces terrasses agricoles de Choquequirao.
La coca est une plante utilisée de longue date par les populations andines pour ses propriétés médicinales (apaisant la faim et atténuant les effets de l'altitude). Entre autres par les incas qui en faisaient un large usage dans leurs rites religieux, une pratique qui perdure avec le chamanisme andin. Les fouilles en cours fourniront peut-être des données tangibles à la palynologue.
(terrasses agricoles en zone ouest de Paqchayoc)
En zone ouest, les terrasses suivent le terrain en arc-de-cercle, et forment ainsi une sorte de théâtre. J’avoue que sur le moment même, je n’y ai pas songé, mais cela m’est apparu à revoir mes photos.
Cette zone ouest est un peu à l’écart et j’ai un peu de mal à m’en extraire, revenant plusieurs fois sur des terrasses déjà explorées, avant de parvenir à trouver la sortie. Il est 15h24, soit une visite achevée en moins d’1/2 h, je n’ai vraiment pas traîné. Même si en 2006 j’avais déjà vu d’impressionnantes terrasses agricoles à Pisaq, à Ollantaytambo, et à Machu Picchu, sans oublier les originales terrasses circulaires de Moray, celles de Paqchayoq sont saisissantes par la grande déclivité dans laquelle elles s’inscrivent.
(canyon de l'Apurimac à l'ouest de Choquequirao, vu depuis Paqchayoc)
Tenté un instant à visiter les autres terrasses agricoles de Choquequirao, le site voisin de Paraqtepata (secteur X), je dois y renoncer du fait de l'horaire avancé, avec le léger regret d'avoir passé tant de temps à déjeuner. Mais c'était l'occasion d'un échange culturel avec les jeunes archéologues puis les terrassiers. Depuis mon premier voyage en Iran (2007), j'ai compris que le voyage peut être plus riche que les seules visites.
Une renonciation judicieuse car il est plus que temps d’entamer ma remontée vers le campement, avec un peu de peine face à une pente si raide. Surtout, il y a quand même un dénivelé positif de 280 m. J’arrive au campement vers 16h15, ce qui confirme que mon rythme d’ascension est de 20’ pour 100 m de dénivelé, alors qu’il y a 10 ans, 10’ me suffisait... Et encore, c’est sans charge aujourd’hui. Le temps de passer encore 2 l d’eau en traitement AquaTabs, et je poursuis ma montée jusqu'à la cité de Choquequirao. | | | À: FabGreg · 21 janvier 2017 à 13:20 Message 23 de 72 · Page 2 de 4 · 2 302 affichages · Partager oh làlà c'est grandiose et impressionnant merci de nous le faire découvrir mariejo | | | À: Aleph240758 · 24 janvier 2017 à 19:14 Message 24 de 72 · Page 2 de 4 · 2 248 affichages · Partager Ces terrasses agricoles sont souvent délaissées par les visiteurs : - d'une part parce qu'elles sont bien à l'écart des autres sites du parc archéologique, avec un dénivelé décourageant, - d'autre part parce que le reste du site est plus photogénique.
Il faut d'ailleurs que je poursuive ma rédaction pour en rendre compte.
A suivre !
Fabrice | | | À: FabGreg · 25 janvier 2017 à 23:21 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:25 Message 25 de 72 · Page 2 de 4 · 2 217 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
A la découverte de la Cité de Choquequirao
Le sentier traverse la forêt, souvent droit dans la pente, et présente de nombreux passages de marches, heureusement courts.
Cela s’avère plus loin que ne le laissait imaginer le plan présenté ce matin par le gardien du site à la billetterie. Et donc plus long. Vais-je parvenir aux terrasses aux lamas avant le coucher du soleil ?
Au bout d’environ 180 m de dénivelé, le sentier aboutit à un chemin quasi horizontal. Bientôt, je franchis une barrière en bois par une étroite ouverture, sans doute pour empêcher l’entrée de mules en vadrouille. Un grand panneau annonce la cité de Choquequirao.
Aussi orthographié Choquekirao, Choquekirau, Choqek'iraw.
En aymara (quechua selon certaines sources), Choque signifie "or" (et tout ce qui s’y rattache), Quirao signifie "berceau". Choquequirao serait "Le berceau de l’or". Pourtant, on n’a jamais retrouvé la moindre parcelle d'or sur le site. Peut-être Choquequirao ferait référence au rougeoiement du sommet voisin Corihuayrachina lors du coucher du soleil. D’ailleurs, en quechua, cori signifie "or", et huayrachini désigne le four à vent utilisé pour fondre ce métal à l’époque précolombienne. D’aucuns évoquent aussi la ressemblance du profil oriental de la cité avec le profil d'un berceau de style andin.
La cité semble avoir été construite sous le règne de Tupac Yupanqui, et sans doute en s’inspirant de Machu Picchu, établi par son père Pachacutec. La construction s'appuya sur la roche locale, plutôt friable, ce qui exigeait l'emploi d'un mortier à base d'argile. Les murs ne présentent donc pas l'admirable ajustement fin que l'on admire à Machu Picchu ou Cuzco, voire même Pisaq. Les trouvailles archéologiques récentes montrent que le site était déjà occupé avant l’arrivée des Incas, a minima par les Chankas.
Choquequirao aurait été abandonnée par les incas vers 1572, date de la capture du dernier souverain Tupac Amaru.
Une centaine de mètres plus loin, j’arrive à un site étonnant (16h45), il s’agit de grandes terrasses supérieures (3040 m), constituant le secteur VII.
(les grandes terrasses vues depuis la Place Principale)
Présentant seulement 3 niveaux, elles sont constituées de murs de 3-4 m de haut, chaque terrasse ayant environ 10 m de large. Surtout, elles sont d’une longueur impressionnante, plus de 200 m. Si longues qu’il est difficile de les photographier.
(base des grandes terrasses vers l'ouest, depuis le milieu)
(base des grandes terrasses vers l'est, depuis le milieu)
D’être déjà dans l’ombre ne les favorisent guère au plan photogénique. En l’absence de panneau indicateur, je les gravis, mais fais vite face à une impossibilité de progresser. Après plusieurs essais infructueux, je reviens au pied de la terrasse du bas. En fait, ce support empierré est le chemin à suivre.
A noter que les communications des archéologues n'évoquent jamais un usage agricole pour ces grandes terrasses. Est-ce une omission involontaire ou une vérité avérée par une étude des pollens retrouvés dans le sol ? Ainsi, ces grandes terrasses pourraient avoir été vouées à la culture de plantes à usage sacerdotale et/ou médicinal. Difficile d'imaginer que cette énorme construction n'aurait été entreprise que pour stabiliser le terrain.
A l’extrémité ouest de ces grandes terrasses, un sentier se poursuit et me mène rapidement à une grande esplanade gazonnée (16h54) : c’est la Place Principale (~3030 m) constituant le secteur III.
Située quasiment sur la crête, la Place Principale s’étend sur plus de 40 m de long, et environ 25 m de large. Des bâtiments sur son côté nord, l’arrivée d’un aqueduc côté ouest, et ce qui est considéré comme un temple côté sud. Un bref coup d’œil aux bâtiments et à l’arrivée de l’aqueduc, le temps de faire quelques photos du lieu. Visite express car le soleil décline sur la ligne des montagnes et j'ai à cœur de découvrir les célèbres terrasses aux lamas sous un bel éclairage.
(arrivée de l'aqueduc, avec l'ushnu en haut à droite)
En l’absence d’indication visible au niveau de la Place principale, je cherche (17h01) côté nord-ouest l’accès à ces terrasses aux lamas. Je découvre un petit panneau indicateur, mais la direction à suivre n’est pas très claire. Après quelques fausses-pistes, je trouve un sentier descendant dans la pente. Ma course contre le soleil continue. Sera t-il encore rayonnant lorsque j’arriverai aux terrasses aux lamas ? | | | À: FabGreg · 26 janvier 2017 à 19:01 Message 26 de 72 · Page 2 de 4 · 2 188 affichages · Partager Fabrice bonjour,
Suite à ton retour quelques petites questions pratiques.
Je cherche un "joli" trek pas fréquenté et ce dont tu parles pourrait nous convenir. Couple sportif montagnard.
Cependant je ne désire pas assurer le portage et préserver mes genoux pour les saisons à venir.
Alors - Est ce facile de trouver un arriero et à quel endroit ? As tu une idée du prix ? (c'est une ligne droite, il doit donc faire 1/2 tour à la fin) - Est ce possible de trouver tente et matériel pour dormir dans le même secteur - Pour le ravitaillement, est il possible de manger correctement
Voilà pour le début.
Michel | | | À: Jourdepluie · 28 janvier 2017 à 0:28 · Modifié le 30 jan. 2017 à 21:11 Message 27 de 72 · Page 2 de 4 · 2 170 affichages · Partager - Est ce facile de trouver un arriero et à quel endroit ?
Comme je l'ai écrit, j'ai été un peu étonné de ne pas avoir été prospecté à Cachora. Il est vrai que je suis arrivé tard en fin de journée, et que je suis parti peu après le lever du soleil. Mais plusieurs comptes-rendus lus sur le web témoignent du recrutement à Cachora même d'un arriero et de sa mule. Y compris le jour même. Classiquement, c'est pour l'aller-et-retour vers Choquequirao.
Dans le cas où l'on poursuit vers Vitcos / Vilcabamba au-delà de Yanama, il risque de ne pas avoir de volontaires. Il faudra alors changer d'arriero à Yanama. A priori pas de souci si l'on poursuit jusqu'à Totora, car cela rapproche l'arriero de Cachora comme le montre une carte géographique. Il lui suffit de couper à travers la Cordillère de Vilcabamba pour se retrouver à Cachora.
De ce que j'avais compris, chaque hôtelier a ses arrieros "partenaires" à proposer à la clientèle.
Il y a sans doute une saisonnalité, car cette activité rentre en concurrence avec la mobilisation par les agences de Cuzco (pointe en juillet/août) et avec les travaux agricoles (quand ?).
Pour cet aspect et le reste de la logistique à prévoir, je recommande la présentation haute en couleurs de Mayake sur la base de son expérience de 2012. A lire sur mayake.wordpress.com/...tree-du-choquekirao/ et suivants. Un verbe délicieusement imagé.
Ma seule idée, ce sont les témoignages que j'ai pu lire sur le web. Le plus récent lors de mon étude préparatoire rapportait pour janvier 2016 les tarifs suivants : - mule 30 S/j, - arriero 35 S/j, - repas arriero 10 S/j A priori, l'arriero assure lui-même son hébergement. Tarifs assez proches de ce que j'avais lu rapporté pour 2014.
(c'est une ligne droite, il doit donc faire 1/2 tour à la fin)
Pas de ligne droite si l'on consulte la carte géographique. Mais oui si c'est pour signifier que je ne suis pas revenu à Cachora. Dans ce cas, il faut rémunérer l'arriero pour son retour. Mais les autochtones vont beaucoup plus vite que les trekkeurs occidentaux, et utilisent des "raccourcis". Ainsi, il leur suffit de 2 jours pour revenir de Totora à Cachora.
- Est ce possible de trouver tente et matériel pour dormir dans le même secteur
En général, les trekkeurs viennent avec leur équipement ou le louent à Cuzco. Mais cela serait aussi possible à Cachora (cf. témoignage de Mayake).
- Pour le ravitaillement, est il possible de manger correctement
Tout dépend évidemment ce que l'on appelle "correctement". Mon expérience a été correcte en ce sens que j'ai été rassasié et que je ne suis pas tombé malade. Mais cela s'est réduit systématiquement à un arroz con huevo (avec frittes ou yucca). Les comptes-rendus sur le web sont unanimes à se plaindre de la cuisson des pâtes avec ou sans sauce tomate. Sans doute une question de goût local...
Voilà de quoi patienter en attendant que je reprenne la suite de mon récit.
Fabrice | | | À: FabGreg · 28 janvier 2017 à 17:59 Message 28 de 72 · Page 2 de 4 · 2 119 affichages · Partager Bonjour Fabrice et merci pour ce récit pour le moins détaillé. Nous avons effectué ce même parcours voilà déjà 3 ans et en vous relisant je ressent toutes vos impressions, les odeurs des chemins la beauté des paysages et la beauté de cœur des Péruviens. Merci de nous faire revivre ces beaux moments même si je trouvais que "ça montait fort " rire.... Cordialement Anne et Claude.
| | | À: CDD · 28 janvier 2017 à 19:38 · Modifié le 30 jan. 2017 à 21:12 Message 29 de 72 · Page 2 de 4 · 2 103 affichages · Partager Merci pour votre compliment.
Effectivement, les pentes dans cette région de l'Apurimac sont particulièrement prononcées. Rien qu'à les contempler, c'est déjà un supplice psychologique. Heureusement pour moi, j'étais un trekkeur "averti", préparé que j'étais après avoir vu des photos publiées çà et là sur le web.
Si vous avez effectué ce trek il y a 3 ans, cela prouve néanmoins que ces pentes ne résistent pas à coeur vaillant, même à la soixantaine bien avancée.
Merci aussi pour cette belle photo de La Compania de Cuzco, à laquelle l'ancien élève des Jésuites, que je suis, ne peut qu'être sensible.
Fabrice | | | À: FabGreg · 30 janvier 2017 à 22:51 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:26 Message 30 de 72 · Page 2 de 4 · 2 004 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
Visite des terrasses aux lamas (secteur VIII)
Le sentier descend en faisant des lacets dans une pente abrupte et me conduit assez vite (17h10) à une petite terrasse ornée d’une frise blanche en zigzag (~3000 m), une caractéristique que je n’avais pas encore vu sur un site inca.
Certains y voient l'influence des Chachapoyas. Il est vrai que ces motifs sont présents sur les bâtiments à Kuelap, ainsi que sur nombre de leurs demeures de la région, comme j’ai pu le constater il y a 2 semaines au début de mon voyage. Ces frises représenteraient le serpent, un animal divinisé dans les cultures andines. Etait-ce le fruit d’échanges culturels ou la marque du travail d’une communauté déplacée ( mitimae) comme l’imposait souvent le conquérant inca ?
A voir le soleil déjà bas sur le versant opposé, je réalise qu’il sera caché bien avant 18h00, l’horaire habituel de son coucher en cette saison. Je presse donc le pas autant que possible, en évitant de me mettre en danger sur ce terrain si escarpé. Les terrasses s’échelonnent sur une centaine de mètres dans la pente, alors que le sentier serpente dans ce versant arboré, à une quinzaine de mètres sur la gauche à l’écart des terrasses.
Pour la seconde fois de la journée, je croise le groupe des trekkeurs en agence qui revient justement des terrasses aux lamas. Ce n’est plus très loin, me dit-on. Leur guide me recommande d’aller au mirador. Comme je n’avais pas connaissance de ce mirador, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris, je retiens juste qu’il faut aller jusqu’au bas des terrasses. Je verrait bien sur place. Le sentier poursuit en zigzaguant dans la pente, parfois équipé de marches en bois, évidemment pas d’origine inca. Si l’INC a jugé nécessaire d’installer ces marches, cela illustre bien que la déclivité est vraiment très forte. J’appréhende déjà l’effort qu’il faudra produire pour remonter au retour. Ces terrasses sont beaucoup plus en contrebas que je ne l'imaginais.
Après 14 virages, le sentier aboutit (17h22) aux premières terrasses aux lamas (~2900 m).
Découvertes seulement en septembre 2004 par l’archéologue péruvien Zenobio Valencia, ces terrasses aux lamas sont une spécificité unique de Choquequirao. Il ne s’agit aucunement de lamas pâturant sur des terrasses, comme j’ai déjà pu le voir en 2006 à Machu Picchu. Ces terrasses aux lamas correspondent à des lamas représentés de profil sur les murs de soutènement. La technique est simple mais efficace : au sein des murs de soutènement faits de pierres grises (comme toute terrasse inca), sont ici incrustées quelques pierres blanches, lesquelles dessinent le profil d’un lama. Un peu comme une mosaïque. D’après l’archéologue français Patrick Lecoq, le style très schématique de ces lamas s’inspire de celui des tissages textiles, un style que l’on retrouve encore de nos jours sur les pulls, ponchos, bonnets, ceintures... commercialisés dans les Andes. Ce style représentatif est aussi similaire à celui des petits objets d’orfèvrerie retrouvés lors de fouilles sur d’autres sites, comme à Machu Picchu.
Du temps des incas, la principale voie d’accès (découverte en août 2005) à Choquequirao venait de Vilcabamba et Vitcos au-dessus du rio Yanama et passait juste en contrebas de ces terrasses. Après avoir franchi la porte d’accès, le visiteur d’antan découvrait au détour du sentier ces grands panneaux a priori à vocation cérémonielle. Exposées à l’ouest, et donc particulièrement mises en valeur au soleil couchant, ces représentations stylisées sont parfois appelées Los Llamas del Sol (les lamas du soleil).
L’ensemble comprend 129 terrasses, relativement courtes (1,5 m de large), s’étageant entre 2 766 m et 3 010 m dans une pente très prononcée, jusqu’à 70 à 80 % ! Mais seules 18 de ces terrasses sont ornées d’un ou plusieurs lamas. En général, un unique lama est représenté par terrasse, mais 2 terrasses disposent de 3 lamas, et 2 autres terrasses présentent en sus du lama au format standard un lama de petite taille. Un peu comme un lama femelle et son petit. Un détail attendrissant.
Au total, ce sont donc 24 lamas qui accueillaient le visiteur.
Je descends prudemment au travers des terrasses, d'autant que les marches y sont particulièrement hautes. C’est pentu, c’est très pentu, de quoi avoir le vertige. Ils étaient fous ces incas !
(vue plongeante le long des terrasses aux lamas)
Par l’escalier, je parviens jusqu’au bas des terrasses (~2840 m d’après Google Maps), qu'un sentier longe en direction du mirador. Le temps d'atteindre ce mirador (17h29) d'où l'on peut admirer l’ensemble des terrasses aux lamas, j'ai eu une quinzaine de secondes pour les photographier, et le soleil s'est caché derrière les montagnes. Il était temps d'arriver !
Au plus près des terrasses, on ne peut le percevoir, mais depuis le mirador, on réalise que ces lamas ne sont pas répartis au hasard dans la pente. D'après l'architecte américain Vincent Lee, ces effigies constitueraient une caravane de lamas conduite par un arriero représenté sur l'une des terrasses au niveau inférieur. En effet, ces lamas sont en ligne comme ils pourraient l’être sur un sentier serpentant dans la pente. Ainsi, ils apparaissent comme une caravane, avec l’arriero fermant la marche. Je n’ai pas vu ce dernier, oubliant même d’en chercher la représentation, mais il est effectivement présent au plus bas, certains visiteurs le qualifiant d’extra-terrestre (il est vrai qu’il est très très schématique et sa tête surdimensionnée rappelle le casque d’un cosmonaute).
D’après l’archéologue Percy Paz, cette caravane se dirige vers Yanama, une étape du trek en direction de Machu Picchu. Pour ma part, j’y vois tout simplement une caravane faisant l’ascension de ce versant vers la cité de Choquequirao.
En zone supérieure, la présence de plusieurs lamas sur une même terrasse, ainsi que de couple femelle / petit, fait plutôt penser à un troupeau en pâturage.
L’usage des terrasses reste en débat. Eu égard à l’immense effort qu’il a fallu réaliser pour construire ces terrasses dans une pente si abrupte, il est difficile de ne pas envisager un usage agricole. Par exemple pour y cultiver du mais. Sauf que les plants de maïs atteignent 1,70 m de haut, ce qui aurait alors dissimulé les mosaïques aux lamas.
Pour approfondir le sujet, lire :
- " Terrasses aux mosaïques de Choqek’iraw : Description générale et premières interprétations" (Patrick Lecoq, Journal de la société des américanistes, déc-08) in jsa.revues.org/11497 , présentant en détail ces terrasses aux lamas et les interprétations des archéologues, puis l’analyse de l’auteur. - " Choquequirao (IV) Descripción y aproximación histórica", Présentation étoffée (2012) en espagnol avec de belles photos illustratives in formentinatura.wordpress.com/...-historical-acc... , dont une partie couvre en détail les terrasses aux lamas avec entre autres une photo pour chacun des lamas représentés et pour l’arriero.
Maintenant que le soleil est caché, la nuit ne va pas tarder. C’est donc à pas forcé que je reviens vers la cité. Contrairement à ce que j’appréhendais, je ne peine pas trop à remonter. | | | À: FabGreg · 4 février 2017 à 13:36 · Modifié le 4 fév. 2017 à 23:57 Message 31 de 72 · Page 2 de 4 · 1 916 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
Visite de Pikiwasi (secteur IX)
Peu avant 18h00, je suis de retour à la Place Principale. En arrivant du bas du versant nord-ouest, je réalise le côté hors norme du canal : un véritable aqueduc descendant la crête.
Je ne traîne pas et prends vite le sentier descendant côté versant Est vers le site de Pikiwasi. En une dizaine de minutes, j’arrive sur ce site modeste.
Qualifié souvent de centre administratif, Pikiwasi / Pikihuasi ("maison de la puce" en quechua) est un ensemble de maisons populaires d’après l’architecture des bâtiments et ce que les archéologues y ont retrouvé : morceaux de céramiques, traces de foyer, os calcinés de lamas et cuys, mortiers...
Pour le non initié, Pikiwasi présente surtout des murs séparant des habitats collés les uns aux autres. Rien de très excitant, je traverse rapidement le site, sans y trouver quoi que ce soit qui retienne mon intérêt. Quelques minutes plus tard, j’essaie de trouver le sentier conduisant au campement. Mais l’obscurité gagne et, ne trouvant pas ce sentier, je décide de revenir sur mes pas, d’abord à la Place Principale, puis au campement par l’itinéraire suivi à l’aller.
Revenu à l’embranchement pour le Col de Choquequirao, je mets en service ma lampe frontale, car le sentier du campement s’enfonce dans la forêt. En dépit de cet éclairage, je me fais un peu peur à plusieurs reprises du fait des portions d’escalier. Ce n’est vraiment pas le moment de se faire une entorse. Heureusement sans croiser un ours à lunettes, espèce présente dans les environs.
Alors que j’approche du campement, je rencontre le gardien du site, à côté d’une maison en dur que je n’avais pas repéré auparavant. Surprise, il m’indique que mes jeunes "compagnons" de la veille (le couple américain et le couple franco-catalan) ne sont pas entrés à Choquequirao. J'espère qu'il ne leur ait rien arrivé de fâcheux, mais je suis tout de même inquiet car Hankey se plaignait de douleurs lorsque j’ai quitté Santa Rosa Baja hier soir.
Une fumée épaisse s'échappe de la maison où vivent les gardiens du site, venant parfois à notre hauteur. Cela prend à la gorge et interrompt le dialogue. Au cours de la conversation, je me montre admiratif du bâtiment et du confort que j'imagine, mais cela n’incite pas mon interlocuteur à me proposer l’hospitalité. Il est vrai que cela serait pour les gardiens une infraction, et surtout un précédent délicat à gérer à l'avenir.
A défaut, je rejoins le campement où je vais devoir préparer le dîner et déterminer où dormir.
(nota pour ceux qui avaient déjà lu la première page, j'y ai ajouté plusieurs photos ce 04/02 soir) | | | À: FabGreg · 8 février 2017 à 23:51 Message 32 de 72 · Page 2 de 4 · 1 824 affichages · Partager Bonjour,
J'ai effectué la même rando début avril 2016, avec portage des sacs, et c'est intéressant de confronter mon expérience à la vôtre! J'y étais également allé en mai 2009 mais cette fois-là en aller-retour Cachora- Choquequirao et en portant nous-mêmes tout le barda.
Pour répondre sur la question de l'arriero et des tarifs, nous sommes arrivés dans l'après-midi à Cachora et avons réussi à trouver un arriero avec un cheval et une mule pour un départ le lendemain matin. Et ce, sans parler espagnol...ce qui n'était pas une mince affaire. Je me suis adressé au poste de police et avec l'aide d'un lexique, on y est arrivé. D'abord dirigé vers une sorte de patriarche local, j'ai ensuite rencontré le "patron" d'un arriero, ou plutôt sa patronne.
De mémoire nous avons payé 35 NS par jour et par animal, 40 NS par jour pour l'arriero. Théoriquement cela incluait ses repas, en pratique l'arriero nous a dit plus tard que non...vu le prix des repas (5 à 10NS), nous lui en avons payé quelques uns. C'était pour aller jusqu'à Totora et avec son retour on nous a donc compté 8 jours, ce qui est normal. Donc un total de 880 NS. Après négo je crois qu'on est tombé à 800 ou 850, je ne me souviens plus.
Nous avons dormi à la Casa de Salcantay (l'hôtel presque chic du coin) et là-bas les tarifs demandés pour l'arriero et les mules étaient plus élevés, de l'ordre de 45 à 50 NS je crois. Au passage, la patronne de cet hôtel est très gentille et serviable. Nous n'avions pas assez de liquide pour tout la rando et avions avec nous un jeune ado de 12 ans, elle a gentiment proposé de nous avancer de l'argent et nous l'avons ensuite remboursée par virement, une fois rentrés à Cusco. Tout cela alors que nous avions décliné son offre pour les mules. Une belle confiance!
Je rêve que ce téléphérique ne soit jamais construit et que je puisse un jour retourner sur le site quand il sera davantage sorti de la forêt...ces deux voyages là-bas étaient extraordinaires.
Ciao Image attachée: | | | À: Cambre10 · 12 février 2017 à 9:07 Message 33 de 72 · Page 2 de 4 · 1 765 affichages · Partager Merci pour votre intéressante contribution.
D'une part, pour vos informations récentes sur le portage de Cachora à Totora.
D'autre part, pour la photo jointe, prise dans la descente du Col de San Juan vers Yanama, et représentant le passage le plus spectaculaire de tout le trek. C'est l'unique endroit où j'ai vraiment veillé attentivement où je mettais les pieds, car je craignais qu'un faux-pas me fasse passer dans le vide. Je l'aborderai évidemment dans la suite de ce carnet de trek.
Ce qui est très intéressant avec votre photo, c'est que l'on y voit des marcheurs (ma photo n'en a pas, rançon d'un trek solitaire), et surtout que le cadre naturel est beaucoup plus verdoyant (avr-16) que lors de mon passage en septembre. Evidemment, je joindrai quelques photos pour constater la différence.
Mais pour l'instant, je n'en suis encore qu'à ma nuitée à Choquequirao. A suivre !
Fabrice | | | À: FabGreg · 17 février 2017 à 13:35 · Modifié le 23 fév. 2020 à 13:35 Message 34 de 72 · Page 2 de 4 · 1 695 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) suite
Nuit au campement de Choquequirao
Alors que je me dirige vers le fond du campement, je croise l’un des américains, et au vu de son apparence, je lui demande s’il ne serait pas d’origine indien. Si fait, il est originaire du Karnataka. L’occasion pour moi d’évoquer le beau voyage que j’y ai fait au printemps 2015, notamment ma grande admiration des temples Chalukya (Aihole, Pattadakal) et Hoyasala (Belur, Halebid, Somnathpur). Nous conversons longuement sur mes expériences indiennes qui l’étonnent. Le reste de son groupe prend l’apéritif dans la tente-mess dressée par l’agence, on vient nous proposer un verre : non merci, très peu pour moi. Notre conversation s’interrompt alors que le dîner va leur être servi.
Question dîner, je comptais sur le réchaud du couple franco-catalan (ils m’en avaient fait la proposition hier), mais il faudra m’en passer puisqu’ils ne sont pas là ce soir. Récupérant mon sac-à-dos dissimulé derrière le petit bâtiment au fond du campement, j’y prélève mes victuailles et me rapproche de la tente-mess. Non pas que je veuille partager quoique ce soit, d’ailleurs je m’installe côté cuisine. Ainsi, l’éclairage de la tente-mess me permet de ne pas consommer les piles de ma lampe frontale.
Dîner de survie avec de la soupe instantanée de maïs Maggi diluée à l'eau froide, des céréales granola, quelques tomates, 2 petits pains, et une banane. Beaucoup plus humble que le dîner du groupe d'américains dans leur tente-mess, même si leurs pizzas et spaghettis ne me font aucunement envie. J’avoue que j’aurais tout de même volontiers accepter de l’eau chaude pour ma soupe...
A la fin de leur dîner, les américains ont droit à l’exposé par leur guide du programme de leur journée à venir : ce qu’ils verront, à quel endroit c’est tranquille, à quel moment l’effort sera exigeant, l’importance de rester solidaire dans l’épreuve, etc.
Passé 20h30, chacun regagne sa tente... et moi le bâtiment au fond du campement. La porte en tôle est fermée, mais la fenêtre n’est obturée que par une toile plastique punaisée sur les montants. En dégageant le bas de cette toile plastique, je peux jeter un coup d’oeil à l’intérieur : une pièce vide hormis 5 matelas empilés, voilà qui m'arrange. Un petit rétablissement sur les poignets et je m’introduis dans cette pièce.
J'y passerai la nuit en dépit d'une tenace odeur de suie. La pièce aurait servi à cuisiner d'après ce qu'avait évoqué le gardien du site... Comme la seule fenêtre n'est plus obturée, le fond de l'air est frais. Je me couche tout habillé, anorak et gants compris. En cours de nuit, j'ajouterai même une deuxième paire de chaussettes chaudes.
Réveil programmé pour un peu avant 05h30, car ma 3ème journée de trek sera conséquente.
P.S. : je ne suis pas fier de cette nuitée un peu squattée. Le choix raisonnable aurait été de revenir coucher à Marampata, en n'attendant pas que la nuit tombe sur Choquequirao. | | | À: FabGreg · 20 février 2017 à 21:03 · Modifié le 19 jan. 2018 à 12:50 Message 35 de 72 · Page 2 de 4 · 1 642 affichages · Partager Deuxième jour (9 septembre 2016) fin
Bilan de la journée
- 11 km parcourus, dont 3 km de trek Marampata → campement de Choquequirao. - dénivelé positif (d+) : 1 150 m - dénivelé négatif (d-) : 1 150 m temps de marche non pertinent du fait des visites.
Par segment : - Marampata → Campement : 3 km, d+ 250 m, d- 250 m, - erreurs initiales avant Paqchayoq : d+ 300 m, d- 300 m, - descente Campement -> Paqchayoq : d- 280 m, - descentes & remontées sur le site de Paqchayoq : au moins 5 fois d+ 40 m / d- 40m, - remontée Paqchayoq -> Campement : d+ 280 m, - montée Campement -> Place principale : d+ 180 m, - descente + remontée Place principale <-> Terrasses aux lamas : d+ 180 m, d- 180 m, - descente + remontée Place principale <-> Pikiwasi : d+ 30 m, d- 30 m. - redescente au campement : d-180 m.
Ce qui devait n'être qu'une courte journée de trek, c'est révélé finalement équivalent à une journée de trek bien remplie. Car le site archéologique étant réparti sur la pente, les cuisses et les mollets sont bien mis à contribution ! | | | À: FabGreg · 22 février 2017 à 21:39 · Modifié le 23 fév. 2017 à 21:22 Message 36 de 72 · Page 2 de 4 · 1 598 affichages · Partager Troisième jour (10 septembre 2016)
Fin de visites à Choquequirao
Levé à 05h20, je remets promptement les 2 matelas utilisés sur le tas, comme je les avais trouvés, puis je ressors du bâtiment par la fenêtre.
Dehors, il y a déjà un bon soleil, mais le ciel est très nuageux. Probablement la brume matinale.
(Campement de Choquequirao. Au fond, le bâtiment dans lequel j'ai trouvé refuge la nuit dernière)
Avant de partir, je remplis 2 l d’eau à la fontaine et j’y glisse dans la foulée 2 pastilles de traitement AquaTabs. Cela devrait suffire jusqu'au prochain point d'eau, à Pincha Unuyoc.
Peu après le départ des trekkeurs américains, je quitte moi aussi le campement (05h46). A mon programme, ce que je n’ai pas eu le temps de visiter hier, puis poursuite du trek jusqu’à Maizal, lieu de mon prochain hébergement.
Ce matin, point d’hésitation sur ce sentier déjà suivi hier. Juste après le franchissement de la barrière délimitant le site archéologique, je dépose mon sac-à-dos derrière un muret, le dissimulant ainsi à la vue des prochains visiteurs. Sauf à ce qu’ils se retournent une fois franchie la barrière...
Dépassant sans hésitation les grandes terrasses, j’arrive promptement sur la Place Principale.
(les grandes terrasses noyées dans le brouillard, vues depuis la Place Principale)
Le site est toujours couvert par la brume matinale, mais j’ai la surprise d’y retrouver le groupe de trekkeurs américains. Leur guide leur fait faire la visite, et, alors que je me balade sur le site, j’écoute de loin et un peu distraitement ses explications. Rien de bien nouveau pour moi.
Les bâtiments incas ne présentent pas de caractéristiques admirables même s’ils sont bien construits. On n’y retrouve pas les énormes blocs visibles à Cuzco, Ollantaytambo, ou Machu Picchu, s’emboîtant parfaitement sans le moindre interstice.
La raison en est toute simple. Il n’y avait pas de gisement d’andésite à proximité de Choquequirao. La roche locale ne se prêtant pas à ces remarquables agencements, les constructions reposent ici sur des murs de pierres sèches plus ordinaires dans leur apparence.
Croisant le groupe, je me risque néanmoins à questionner le guide : vous parlez d’ichu pour la toiture, mais il n’y en a pas dans la région. " Si, si, beaucoup d’ichu entre Maizal et Yanama", me répond-il. J’aurai l’occasion de vérifier cela demain puisque c’est précisément sur l’itinéraire du trek.
Alors que le site est toujours noyé dans la brume matinale, je monte (07h14) vers l’ushnu (secteur V de Choquequirao).
Qu’est-ce qu’un ushnu (usnu en quechua) ? Le terme est polysémique. Selon les sources historiques, ce serait au choix : - un bassin ou une fontaine associée à un gnomon, l’ensemble constituant un axis mundi ; - une structure de pierre au milieu d’une place d’où l’Inca (ou son représentant) présidait aux cérémonies ; - un centre cérémoniel.
Un ushnu se trouvait au centre de la grand-place de Cuzco. La plupart des ushnus ont été détruits par les espagnols dans leur volonté d’éradiquer la religion des incas.
L’ ushnu de Choquequirao a été construit par arasement du petit sommet de l’arête dominant la Place Principale. Entouré d’un petit muret de pierres, il constitue une plate-forme ovale d’environ 30 m de large sur 50 m de long.
(la plate-forme de l'ushnu de Choquequirao)
Cet ushnu s’avère ainsi beaucoup plus vaste que je ne l’imaginais. Il ne ressemble aucunement à l’ushnu que j’ai visité à Vilcashuaman, lequel répondait mieux à la définition d’une structure de pierre d’où l’on présidait à des cérémonies. D’aucun en font un observatoire astronomique, mais cette seule finalité n’aurait pas exigé l’arasement d’une si vaste surface. A mon avis, c’était aussi un espace de réunion. Ce qui est sûr, c’est que cet espace a servi d’héliport pour la visite du Président Toledo le 1er octobre 2003. Moins sportif que la voie d’accès pédestre...
Du fait de la brume, on ne voit pas le site archéologique, ou seulement partiellement et très fugitivement. C'est fantomatique !
(vue de Choquequirao depuis l'ushnu)
Pas très photogénique alors que c’est le meilleur point de vue sur la Place Principale et le Quartier Inférieur.
En l’absence d’éclaircie, je poursuis ma visite par la Maison du Prêtre (07h23-07h25) située dans le Secteur VI de Choquequirao. En descendant à l’est depuis l’ushnu, on trouve 2 pièces jumelles. Elles ont 2 étages et sont entourées d’un mur comprenant une seule entrée. Malgré leur nom, leur usage reste incertain.
L’ensemble de ce secteur est très accessoire et je reviens vite à l’ushnu.
Toujours pas d’éclaircie dans cette épaisse brume. Pour patienter, je prends mon petit-déjeuner : barre énergétique, pain, tomate, banane, sans doute aussi des fruits secs... Comme Le temps ne se lève toujours pas, je rédige quelques notes sur mon carnet de voyage, de quoi garder le souvenir de la journée d’hier. Peu avant 09h00, le site se dégage de la brume, mais en l’absence de soleil, il reste dans une tonalité grise peu photogénique.
(vue de Choquequirao depuis l'ushnu. S'y distinguent clairement la Place Principale et le Quartier-Bas, les grandes terrasses, et le Quartier-Haut d'où descend l'aqueduc)
Peu après, arrive le jeune américain Hankey, bientôt rejoint par sa compagne. Hier, ils ont passé une journée tranquille avec Xavier et Ana à Marampata où ils ont couché. Voilà un scénario de paresseux auquel je n’avais pas pensé. Au moins, je suis rassuré qu’ils ne leur soient rien arrivés de fâcheux. Hankey et sa compagne vont faire une rapide visite de Choquequirao, sans les terrasses agricoles du bas, puis poursuivront pour aller coucher à Maizal. On se retrouvera donc.
In fine (09h20), le soleil apparaît sur le site suffisamment dégagé pour que je puisse le photographier.
(Place Principale et Quartier-Bas vus depuis l'ushnu)
Ma longue attente a été récompensée, cela faisait quand même plus de 2 heures que je patientais... De retour sur la Place Principale, il est pressant que je reprenne le trek, car c’est aujourd'hui une étape exigeante, avec d’impressionnants dénivelés. En fait, c’est du même acabit que ma première journée de trek. Redoutable donc, d’autant plus qu’il est déjà tard (09h30) dans cette matinée.
De retour à l’entrée du site archéologique, au niveau de la barrière régulant l’accès, je croise deux jeunes couples de péruviens qui se révèlent venir d’ Arequipa. L’occasion de témoigner du plaisir que j’avais eu à visiter Arequipa en 2006. Avant de les quitter, je leur sers de photographe, eux posant fièrement devant le panneau annonçant le site archéologique de Choquequirao.
Ceci fait, je récupère mon sac-à-dos toujours planqué derrière le petit monticule de pierres, et je m’engage sans tarder sur le sentier conduisant au Col de Choquequirao.
A suivre, Choquequirao -> Maizal Image attachée: | | | À: FabGreg · 22 février 2017 à 22:57 Message 37 de 72 · Page 2 de 4 · 1 576 affichages · Partager Bonsoir,
Vos photos montrent une grosse différence avec celles que j'ai prises en avril 2016. Bien sûr il y a le passage de la saison sèche mais je pense qu'ils doivent aussi utiliser du désherbant pour éviter que ça repousse. Ci-joint quelques photos pour comparer.
J'imagine le nombre d'heures de travail pour, chaque année désherber et tailler la végétation, ils vont devoir mobiliser les grands moyens s'ils veulent continuer à extraire le reste du site de la forêt. Vous avez aussi dû remarquer tous les vestiges de murs qu'on devine sous les arbres, en particulier lorsqu'on descend vers le bas du site...je suis curieux de voir à quoi ressemblera le site dans quelques années.
Mais je préfère l'avoir visité seul (nous étions 2 en 2009, 3 en 2016, personne d'autre sur l'ensemble du site à part 2-3 ouvriers), plutôt que de le voir mieux dégagé mais couvert de touristes.
Je lis avec plaisir le récit de votre rando, ça me rappelle de bons souvenirs, j'attends la suite! J'avais souffert dans la fin de la montée vers Maizal...
JM Images attachées: | | | À: Cambre10 · 23 février 2017 à 21:16 Message 38 de 72 · Page 2 de 4 · 1 550 affichages · Partager J'avais souffert dans la fin de la montée vers Maizal...
J'ai souffert dès le début de la montée vers Maizal. Je la savais éprouvante... et ce fut le cas.
Fabrice | | | À: FabGreg · 26 février 2017 à 20:09 · Modifié le 19 jan. 2018 à 12:59 Message 39 de 72 · Page 2 de 4 · 1 509 affichages · Partager Troisième jour (10 septembre 2016) suite
Choquequirao → Pincha Unuyoc
En début de montée (10h00), une trouée dans la végétation me permet de revoir l’ushnu dominant le Temple et la Place Principale. De là, on identifie bien l’arasement du sommet.
20 minutes plus tard, le sentier traverse l’aqueduc qui autrefois alimentait Choquequirao en eau. Bel ouvrage.
Un quart d’heure plus tard, l’ushnu apparaît tel un héliport.
La montée vers le col s’avère plus longue que je n’imaginais. Je peine bien, devant m’arrêter à plusieurs reprises pour reprendre un peu mon souffle. L’occasion de se retourner pour revoir à distance l’ushnu dominant le Place Principale. Malheureusement, la végétation environnante ne permet pas d’avoir une vue pleinement dégagée. Au moins, cela protège un peu des rayons du soleil qui sont vite devenus ardents.
L’arrivée au Col de Choquequirao (officiellement 3272 m, conforté par la vue OpenCycleMap, en dépit des 3340 m affichés sur Google Maps) constitue un grand réconfort, car je trouvais que cela n’en finissait pas. Là encore, c’est plus un passage qu’un col au sens traditionnel. On passe d’une vallée à une autre par une épaule, au même titre que le Col de Capulyoc.
Là, une trouée dans la végétation permet l’ une des plus belles vues du site, avec le Quartier-Haut (que j’ai oublié de visiter), la Place Principale, et l’ushnu se succédant sur la crête, quasiment dans un même axe. Malheureusement, je tarde à saisir mon appareil photo... et un nuage passe, plongeant le site dans l’ombre. Gasp. Je décide donc de patienter que le soleil revienne éclairer le site. Capricieux ce soleil, il se fait prier 5-10’.
11h00 je quitte le col et m’engage dans la Vallée du Rio Blanco.
Depuis le col de Choquequirao, on quitte vite la forêt pour retrouver un versant pelé, juste quelques arbustes secs, des cactus, de l’ichu, ainsi que du tarwi (lupin alpin) et du chillka (une plante médicinale à usage anti-inflammatoire). Comme à l’accoutumée sur ce trek, la pente est abrupte, le chemin raide, et la descente se révèle ardue du fait d'un sol caillouteux et instable. De surcroît, c’est très poussiéreux. Ce sentier est vraiment très désagréable. En planifiant mon trek, j’imaginais tracer à mon rythme standard (6 km/h) dans cette descente, mais j’en suis loin, très loin, aussi lent que si je montais ce sentier. Toutefois, mieux vaut cheminer lentement que se faire une entorse ou pire. D’ailleurs, inopinément, je me retrouve soudain les fesses par terre. Il a suffi d’un petit caillou qui s’échappe sous mon pied.
Désormais, je comprends pourquoi Cocuy (membre de VoyageForum) évaluait en niveau T3 la difficulté de ce segment du trek. Lorsque j’avais lu son résumé de trek, un niveau T3 ne signifiait rien pour moi, néophyte du trekking (en dépit de mon expérience ponctuelle au Ladakh). Mais confronté à ce terrain, je souffre. Je vais jusqu’à récupérer un bâton de marche, a priori issu d’une hampe de cactus. Sans piquants évidemment ;-)
De ce niveau du sentier, on a une vue plongeante sur le canyon de l’Apurimac. Ce puissant rio y apparaît comme un ruban vert serpentant au fond du canyon.
Un panneau officiel signale la présence d’oiseaux particuliers dans les environs. J’avoue ne pas y avoir prêté attention, mais aucun chant notable, ni de vol original. Je n’ai pas même souvenir d’avoir remarqué un oiseau.
Enfin, le sentier parvient dans une zone moins pentue, avec des espaces planes visiblement utilisés pour bivouaquer, sans doute aussi camper. A priori, cela doit être le lieu-dit dénommé Tajonal. J'imaginais y retrouver le groupe d'américains, mais point du tout. Poursuivons ! Hankey me rejoint, sa compagne n’étant a priori pas très loin. Leur visite du site de Choquequirao a dû être vraiment express. En fait, ils n’ont même pas vu les terrasses aux lamas. Clairement, ils n’ont pas la fibre archéologue, chacun ses goûts... Dans cette pente devenue raisonnable, mon rythme est compétitif et je colle à Hankey. Peu avant 13h00, un panneau officiel signale la présence d’ours à lunettes dans les environs. Quelques minutes plus tard (13h00), nous arrivons au site de Pincha Unuyoc.
Pincha Unuyoc (2419 m) est un site pré-inca constitué d’un ensemble de 57 terrasses agricoles en arc-de-cercle, se présentant étonnamment comme un théâtre grec (ou romain), tel celui d’Epidaure. Découvert en 1998 à l’occasion de recherches périphériques au site archéologique de Choquequirao, il en constitue le Secteur XII. Les archéologues supposent que ces terrasses agricoles approvisionnaient la Cité de Choquequirao.
Face à ce simili théâtre, le rio Yanama rugit dans son canyon.
Dans cette vallée ont été retrouvés d’autres sites archéologiques, dont celui de Cota Coca découvert en avril 2002. Pincha Unuyoc se situe justement sur le chemin inca qui reliait Cota Coca à Choquequirao.
Ce site agricole était irrigué, avec de l’eau courante canalisée et descendant de fontaine en fontaine au milieu de ces terrasses. C’est toujours le cas, et comme cette eau est potable sans traitement, le site est donc tout indiqué pour y pique-niquer.
Je m’installe au soleil à côté d’une des fontaines. Hankey et sa compagne se sont installés à l’écart dans l’une des petites bâtisses du site.
Mon déjeuner est léger : céréales, tomates, pain, bananes, fruits secs, ma routine de survie... Juste un souci, je subis l’assaut de simulies. Pour éviter leurs piqûres, je bouge continuellement les mains.
Alors qu'il n'y a pas le moindre village aux alentours (le plus proche est celui de Marampata), un homme à cheval apparaît à « l'entrée » du site, semble nous observer (inspecter ?) à distance, puis repart sans le moindre signe ni interrogation. Une séquence qui reste énigmatique. A posteriori, j’aurais pu craindre une reconnaissance du Sendero Luminoso...
Collation terminée, je me réapprovisionne en eau potable, retrouvant ainsi mes 6 l d’eau (et le handicap de poids que cela constitue). Ceci fait (13h43), sans attendre le couple américain (de toute façon, ils seront plus rapides que moi dans la montée à venir), je reprends la marche vers le RIo Blanco. Image attachée: | | | À: FabGreg · 1 mars 2017 à 23:52 · Modifié le 25 fév. 2020 à 23:26 Message 40 de 72 · Page 2 de 4 · 1 451 affichages · Partager Troisième jour (10 septembre 2016) suite
Pincha Unuyoc → Rio Blanco
Peu après Pincha Unuyoc, le sentier quitte un environnement arboré et se retrouve sur un versant sec où les arbres sont rares.
Le sentier poursuit en descendant vers le Río Blanco / Yuraqmayu en quechua, lequel s’enfonce au fond du canyon.
Sur le versant opposé, j'aperçois la caravane des américains qui part à l'assaut de la pente, leur guide marquant le rythme en tête. Bien régulièrement, sans arrêt, distances maintenues entre chacun, d’apparence quasi militaire. C'est très pentu, et j'admire le rythme soutenu de ces trekkeurs américains. Même s’ils n'ont qu’un sac de balade sur le dos, les mules assurant le portage de leurs affaires...
(le sentier zigzagant à l'assaut du versant de Maizal... jusqu'au haut de la photo, et au-delà !  )
Hankey me rattrape alors que s’amorce la dernière descente vers le Rio Blanco. La pente redevient très marquée (14h30), ce qui m’oblige à grandement réduire la vitesse, et je laisse filer Hankey rejoint par sa compagne.
C’est assez étonnant ce que la Nature façonne. Dans le cas présent, il ne s’agit clairement pas d’un relief creusé dans le roc.
(moraine avant le confluent du Rio Blanco et du Rio Yanama)
J’ai plutôt l’impression que l’on a ici affaire à une gigantesque moraine, laissée par le glacier issu du Nevado Quri Wayrachina qui devait occuper cette vallée. Depuis son retrait, le Rio Blanco a trouvé une voie de sortie, puis creuse régulièrement son lit dans ce cadre étonnant. Plus en amont, le Rio Blanco est déjà engorgé.
(le Rio Blanco engorgé)
Le sentier passe à côté de quelques arbres à l’allure fantomatique.
Pas le moindre feuillage, mais comme des chevelures blanches pendant sur les branches, sans doute la marque d’une espèce parasite comme on peut en trouver dans certaines forêts alpines. Avec en sus quelques vertes broméliacées (ressemblant à des Tillandsia fasciculata), non parasites mais épiphytes (c’est-à-dire se suffisant à elle-même, sans tirer sa subsistance de l’arbre hôte).
S’ensuit une lente et précautionneuse descente en zigzag jusqu’au Rio Blanco. Une vingtaine de minutes plus tard, je retrouve Hankey et sa compagne se rafraîchissant au bord du Rio Blanco. D’après des comptes-rendus lus sur le web, certains trekkeurs s'y baignent même. Bien tentant, mais les simulies sont réputées y sévir intensément. Le Comte de Sartiges, un des tout premiers visiteurs occidentaux de Choquequirao, les évoquaient déjà " nombreux et voraces" lors de son passage en 1834 : " il était impossible de respirer, de boire, ou manger, sans absorber quantités de ces créatures insupportables". Aussi, je préfère m'abstenir et poursuivre la marche.
(vallon du Rio Blanco)
Le sentier continue vers l’aval, tout en restant à distance du Rio Blanco. Il faut traverser plusieurs pierriers, témoignages de rochers et galets charriés par ce puissant torrent. Sur un tel terrain, le bâton de marche n’est d’aucune utilité, comme cela sera le cas pour la montée à venir. Il est donc temps de m’en séparer, car il sera plutôt gênant pour la suite.
Est-ce l’effet du bruissement de l’eau qui coule, mais un subit besoin d’uriner m’amène à m’éloigner du torrent, car j’ai le souci de ne pas le polluer.
J’arrive bientôt en vue du pont sur le Rio Blanco (1905 m). Un pont, qui n’existait pas il y a quelques années, et qui est parfois emporté lors de la saison des pluies.
(pontet sur le Rio Blanco)
En terme de pont, c’est plutôt un pontet : de part et d’autre du rio, 2 piles constituées d’une accumulation de grosses pierres, entre lesquelles sont lancés 2 troncs recouverts de branchages. Rien à voir avec le nouveau pont suspendu sur le Rio Apurimac. En amont, le rio Blanco résulte de l’union du rio Victoria et du rio Silvestre. Quelque 800 m plus loin en aval, le Rio Blanco rejoint le Rio Yanama au confluent desquels Hugh Thompson et Gary Ziegler ont retrouvé en avril 2002 une cité inca perdue baptisée Cota Coca (1850 m).
Le Rio Blanco porte bien son nom, car il arbore une blancheur due aux éclats de son flot impétueux, peut-être aussi à l’origine glaciaire de ses eaux. Là, avant de poursuivre et d’entamer la montée, je m’accorde une courte pause à côté du pont, sans me baigner évidemment, je me contente de me rafraîchir le visage et le haut du corps.
Hankey et sa compagne ne tardent pas à me rejoindre. Si je les devance pour franchir le pont (15h05), je les laisse passer devant moi sur le chemin, car je ne pourrai aucunement soutenir leur rythme. Dans le passé, des trekkeurs avaient peiné à localiser le début du sentier sur la rive droite, mais ce n’est plus le cas lorsque le pont est présent : ce sentier est juste au voisinage du pont.
Maintenant, les choses sérieuses commencent vraiment. La montée vers Maizal est digne de celle du premier jour entre Playa Rosalina et Santa Rosa, avec une pente qui me paraît plus forte encore. | Carnets similaires sur le Pérou: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 13 802 visiteurs en ligne depuis une heure! |