FabGreg · 4 janvier 2017 à 22:58 · 104 photos 72 messages · 16 participants · 14 291 affichages | | | | À: FabGreg · 8 avril 2017 à 21:39 Message 41 de 72 · Page 3 de 4 · 1 398 affichages · Partager Coucou Fabrice,
Je vais étayer ma démonstration que tu es un voyageur aventurier!!
Plutôt que de revenir sur ses pas à Cachora, une minorité de trekkeurs poursuivent jusqu’à Machu Picchu, ce que certains appellent "El camino de los locos" (le trek des fous). Ce sera mon cas.
Ils sont nombreux les touristes qui font le trek des fous??
partir sans portage, mais dans ce cas sans couchage, avec l’aléa de coucher chez l’habitant, une pratique non référencée dans la région.
Mais c'est pas de l'aventure, ça, non pas du tout!!!
Un brin d’inconscience peut-être, je pars sans sac-de-couchage ni tente, car je pense trouver hébergement dans les villages.
Ah!!! Il t'arrive quand même d'être réaliste!!! C'est bien!!!
Pour ma part, je n'ai pas tant besoin de me reposer, mais je fais étape pour prendre des photos depuis ce mirador. Debout sur le petit muret séparant du vide, de quoi faire frémir Ana, la catalane.
Inconscient, tu as dit? 
10h48 : passage en corniche, à flanc de falaise, mais ne présentant pas la moindre difficulté, il faut juste rester sur le chemin.
Bah voyons!! Voilà ce qui s'appelle de l'humour: il suffit juste de rester sur le chemin..... pour ne pas tomber!!!!!
C’est surprenant, mais ce pont d’apparence solide est en fait assez flexible : y marcher le fait osciller de haut en bas. Au milieu du pont, je m’arrête pour une petite session photo, laissant passer mes compagnons. Légèrement en aval subsistent sur chaque rive les 2 portiques de l’ancien pont, auxquels sont toujours liés les câbles de suspension.
J'aime bien ce genre de pont. J'en ai emprunté un du même genre au Chili, au parc torres del paine. Tu rebondis quand tu marches, c'est cool!!!
Pas d’inquiétude toutefois car mes informations indiquent que l’eau est disponible au campement du Choquequirao. Eau non garantie potable, mais j’ai mes pastilles purifiantes.
Pourquoi n'as-tu pas demandé de l'eau à Marie-Belle, la tenancière de l’hospedaje à marampata avant de repartir?
Leur guide me reconnaissant (il m'avait repéré avant mon départ de Capuliyoc), comprend que j'ai marché hier jusqu'à Marampata et déclare en français : "vous êtes un bon marcheur". Je lui rétorque que je suis surtout un peu fou...
Hein!!!! Fou? 
A ce que l’on m’explique, je comprends que ce breuvage est de l’alcool de canne de maïs, fruit d’une distillation, et similaire à de la vodka. Effectivement, c’est très fort, 30-40°, mais associé à du miel, cela se révèle agréable.
Un peu faible en degré comparé au rhum blanc de chez nous qui est à 55°!! Et avant, on en trouvait à 62°!!!
Paqchayoq comprend 80 terrasses réparties en 6 colonnes. De longs escaliers descendent droit à travers les terrasses. Même au pas de charge, je veille à ne pas manquer une marche, car en trek, il est critique de préserver son "moyen de transport". D’autant que je suis conscient de ma légère alcoolisation.
C'est ça le plus marrant: tu es conscient!!!! 
Je descends prudemment au travers des terrasses, d'autant que les marches y sont particulièrement hautes. C’est pentu, c’est très pentu, de quoi avoir le vertige. Ils étaient fous ces incas !
oui, mais p'têt ben qu'ils n'avaient pas le choix eux!!!!! 
Passé 20h30, chacun regagne sa tente... et moi le bâtiment au fond du campement. La porte en tôle est fermée, mais la fenêtre n’est obturée que par une toile plastique punaisée sur les montants. En dégageant le bas de cette toile plastique, je peux jeter un coup d’oeil à l’intérieur : une pièce vide hormis 5 matelas empilés, voilà qui m'arrange. Un petit rétablissement sur les poignets et je m’introduis dans cette pièce.
P.S. : je ne suis pas fier de cette nuitée un peu squattée. Le choix raisonnable aurait été de revenir coucher à Marampata, en n'attendant pas que la nuit tombe sur Choquequirao
Endroit improbable ai-je dit, hein?
Maintenant, les choses sérieuses commencent vraiment. La montée vers Maizal est digne de celle du premier jour, avec une pente qui me paraît plus forte encore.
Ah oui, donc jusque là c'était juste une partie de plaisir!!!
Voilà, si après ça tu dis encore que tu n'es pas aventurier..... 
En attendant la suite... | | | À: FabGreg · 21 décembre 2017 à 18:22 Message 42 de 72 · Page 3 de 4 · 1 112 affichages · Partager Bonjour Fabrice,
Merci pour ce récit passionnant et bravo pour l'effort.
N'écriras-tu pas la suite ? | | | À: Ivert · 25 décembre 2017 à 14:32 Message 43 de 72 · Page 3 de 4 · 1 058 affichages · Partager Merci pour cette amicale relance depuis la Belle Province qui se souvient. Un voeu avant l'heure ?
Cette fin d'année serait en effet propice à la mise en forme de mes notes de trek.
Peut-être d'ici la nouvelle année qui se profile.
Fabrice | | | À: FabGreg · 25 décembre 2017 à 15:03 Message 44 de 72 · Page 3 de 4 · 1 046 affichages · Partager Ah bonne nouvelle!! Comme quoi, il faut toujours garder espoir!!!
Joyeux Noël et passe de bonnes fêtes, Fabrice! | | | À: FabGreg · 1 janvier 2018 à 20:25 · Modifié le 25 fév. 2020 à 23:37 Message 45 de 72 · Page 3 de 4 · 998 affichages · Partager Troisième jour (10 septembre 2016) suite
Du Rio Blanco à Maizal Bajo
Le sentier part à 30° dans la pente, peut-être plus. Face à une telle pente, il faut mettre la crémaillère. Depuis le versant opposé, j’ai bien vu que cela monte sans interruption, et c’est toujours très pentu.
Le sentier n’est pas agréable du tout : terre poussiéreuse, cailloux instables. Plusieurs fois, je dérape.
Cette montée s’avère vraiment très dure pour moi, car cela monte fort, sans jamais faiblir : toujours et toujours une pente aussi marquée. Plus de 50 % me semble t-il, alors que la moyenne référencée n’est que de 25 %. En fait, mes sens ne sont pas abusés, car des trekkeurs outillés ont relevé un maximum à 56 %.
En amont du Rio Blanco, 2 petites quebradas s’offrent au regard.
Au fur et à mesure que je monte, je suis toujours plus emballé par la vue sur la quebrada de droite, celle au sud. Le Rio Silvestre y a creusé d’abruptes gorges. Pas encore très profondes, mais cela ne tardera pas... à l’échelle du temps géologique naturellement.
Par moment, dans le but d’évaluer le dénivelé déjà monté, je scrute le versant d’où je viens. Si la descente finale vers le Rio Blanco se voit clairement, je n’arrive pas à repérer plus haut le chemin que j’ai suivi. Pas même Pincha Unuyoc.
(versant sud de la quebrada de Victoria, avec le sentier descendu avant d'arriver au Rio Blanco)
En fait, c’était normal pour ce site archéologique car ses terrasses sont orientées vers le Rio Yanama, au nord-ouest, à l’abri d’une crête, et donc dissimulées depuis mon lieu d’observation.
Un trekkeur a compté 36 lacets jusqu'à la ferme de Maizal, mais je n’ai pas vérifié, même pas essayé. Il devient vite nécessaire que je fasse un pause à chaque virage, parfois même à mi-parcours quand le segment est un peu long. Dès qu'un rocher apparaît au bord du chemin, la tentation est forte et j’en profite alors pour m’y adosser quelques minutes. En l’absence de rocher, je fais parfois même pause en m'asseyant à même le chemin. Pas propre, mais à défaut d'une autre possibilité...
Le jour baisse. En me basant sur le versant opposé, j’ai l’impression de ne pas avoir atteint le milieu de la montée jusqu’à Maizal. Dur, c’est dur. L’obscurité gagnant, je dois allumer ma lampe frontale (18h15).
Désormais sans repère visible d’altitude, je consulte régulièrement mon positionnement GPS sur la carte Google Maps hors ligne enregistrée sur mon ordiphone. Sans surprise, ma progression est... lente, très lente. Au moins, je ne me laisse pas abuser par les insectes fluorescents, instruit que j’ai été lors de mon approche de Marampata. Même si parfois j’espère tout de même avoir aperçu la lanterne d’une maison. Mais non...
Le sentier rejoint un chemin, quasi horizontal (19h30). En l’absence d’indication, je choisis de poursuivre dans le sens légèrement montant. J’aboutis bientôt sur une prairie dégagée, ce qui est bon signe même si le chemin s’arrête net (en fait, il se poursuivait côté gauche en lisière de forêt, et rejoignait Maizal Alto). Enthousiaste, je poursuis sur la prairie, mais je constate vite qu’il n’y a ni lumière, ni le moindre bruit. Moralement, c’est la douche froide. A posteriori, là (13°21'18.8"S 72°53'16.7"W) se trouve un petit bâtiment, sans doute l’une des 3 fermes de la zone de Maizal : désaffectée ou déjà endormie ? Ou peut-être n’est-ce utilisé que lors des récoltes...
Je reviens alors sur mes pas et, de retour à l’embranchement, je poursuis tout droit dans le sens légèrement descendant.
C’est un chemin assez large, agréable, faible pente, sans cailloux, a priori à couvert sous les arbres (difficile d’en être sûr de nuit). Bon signe, il y a des crottes de mule au sol. Quelque 5’ plus tard, le chemin est barré par des branchages que je contourne aisément. Légère hésitation, car j’ai déjà regretté à Choquequirao d’avoir poursuivi, mais en l’absence d’autre solution... Je marche d’un bon pas (sans avoir à monter, je retrouve mon rythme standard, 6 km/h). Rythme d’autant plus allègre que je m’imagine bientôt arrivé à destination. Mais rien, pas la moindre lumière en vue, pas même à l’horizon. Et la descente se poursuit, ce que je n’ai jamais lu rapporté dans le moindre compte-rendu. Confirmé en consultant une vue capturée sur OpenCycleMap lors de la préparation du trek. D’évidence, je ne suis pas sur le bon itinéraire, je décide donc à regret de revenir sur mes pas.
L’inquiétude me gagne : me voilà égaré en forêt, de nuit et en altitude, sans équipement pour camper. D’autant que je ne comprends pas où j’ai pu faire erreur. A priori, je ne dois être pas très éloigné de ma destination, à en juger par l’altitude indiquée par le positionnement GPS sur ma carte Google Maps enregistrée sur l’ordiphone. Sauf que cette carte hors ligne n’affiche pas Maizal (sans doute une question de finesse, car Maizal est pourtant bien indiqué sur la version en ligne), cela ne va pas m’aider pas à trouver le bon chemin. Dommage que je n’ai pas pensé alors à utiliser Maps.me, car sa carte hors ligne référence le campement Saint-Valentin à défaut d’afficher les lignes de niveau.
Alors que j’allais atteindre l’embranchement initial (~20h00), j’aperçois sur la gauche comme un poteau. Sauvé ! Un panneau indique "Camping Valentin 15’ " et sa direction. En effet, un sentier part du côté amont du chemin. De jour, je ne l’aurais évidemment pas manqué, mais de nuit, il n’était pas dans l’axe de ma lampe frontale car je marchais droit. Me voilà rassuré ! Je marche avec une vigueur retrouvée, l’espoir fait... marcher  . Cela monte raide, le sentier serpentant dans la pente, quittant bientôt la forêt. Toujours pas trace de la ferme, alors que les 15’ annoncées sont bien dépassées.
A plusieurs reprises, je consulte mon positionnement GPS sur la carte hors ligne de Google Maps pour évaluer le dénivelé restant (car je connais l’altitude officielle de Maizal Bajo). Un positionnement qui dysfonctionne car il me fait descendre en altitude alors que je n’arrête pas de monter. Soit erreur GPS (courant dans des gorges, mais ce n’est pas le contexte présent), soit modélisation erronée du relief par Google Maps. C'est le plus probable car l’altimétrie SRTM de la NASA ne fournit que des points distants de 60 m à partir desquels les cartographies modélisent d' hypothétiques lignes de niveau).
Je commence à trouver le temps bien long quand paraît un nouveau panneau annonçant « 2 minutes ». Une indication qui tombe à point pour me rassurer. Bientôt, je distingue des bruits de voix, j’aperçois de la lumière, cela fait du bien d’arriver (20h30). En fait, ce qui est indiqué à 15’ par Valentin exige une demi-heure pour les trekkeurs occidentaux tel que le rapporte leurs comptes-rendus sur le web. J’étais donc dans les temps...
Point de faux espoir, je sens bien que j’arrive, mais je me heurte à une haie infranchissable : à droite, à gauche, je ne trouve pas d’accès. Alors je hèle ceux que j’entends. A ce que l’on me répond, je comprends qu’il faut faire un détour par la gauche. De fait, une vingtaine de mètres plus loin sur la gauche, une trouée dans la haie me laisse passer, et je retrouve promptement l’équipe de l’agence Alpaca Expeditions, les trekkeurs américains terminant leur dîner. Quel soulagement ! Où est la ferme qui pourrait m’héberger ? On m’indique la direction à suivre, c’est juste à côté en allant à gauche. A la lumière de ma lampe frontale, je constate que j’arrive dans une cour de ferme, mais aucune réponse à mes "ola !". Si ce n'est un chien qui me hurle dessus. Aurais-je mal compris, je reviens au bivouac pour valider ma compréhension, ce que l’on me confirme. Le patron de l’expédition mandate un des muletiers pour m’accompagner. Lequel marche jusqu’à la porte d’entrée d’un bâtiment sur la droite, et, interpelle vigoureusement la maisonnée. Ses appels trouvent réponse, un homme ouvre la porte. Sans doute était-ce Valentin, car le lieu-dit est appelé "La Ferme de Valentin".
Dialogue rapide entre l’homme et le muletier : je vais pouvoir disposer d’un lit, mais il m’est demandé de patienter. Pas de problème pour moi, j’ai tout mon temps. Dans ma planification, Maizal constituait le principal aléa en terme logistique, car point d’hébergement disponible, seulement quelques aires de campement. Ainsi, je n’imaginais même pas bénéficier d’un lit, car un compte-rendu sur le web évoquait d’avoir à partager la cuisine avec des cuys, à même le sol en terre battue.
S’écoule alors 5-10’, je n’ai pas noté. Mon attention se concentre sur ce chien qui n'arrête pas d'aboyer sur moi. Enfin, la porte s’ouvre, Valentin me fait entrer dans une pièce relativement étroite, coupée par un rideau tant côté droit que côté gauche. Sur la gauche, le long du mur extérieur, le lit qui m’est destiné.
J’ai l’impression qu’il y a eu réaménagement et que quelqu’un de la famille m’a libéré ce lit. J’en suis honteux mais il est trop tard pour refuser. Conscient que j’ai réveillé la maisonnée, je n’ose pas demander si l’on peut me faire à manger. Couché sans dîner, c’est bon pour la chrono-nutrition.
Ecartant le rideau sur la droite de la pièce, Valentin va se recoucher. A l’expérience de la nuit précédente, je sors mon anorak du sac-à-dos, au cas où, mais les épaisses (et lourdes !) couvertures sur le lit s’avéreront bien suffisantes.
Après une éprouvante journée de marche (surtout la montée après le Rio Blanco) et la difficulté à trouver Maizal, tout est bien qui finit bien. Demain sera plus physiquement moins exigeant.
A suivre : bilan de cette 3ème journée de trek | | | À: FabGreg · 1 janvier 2018 à 21:59 Message 46 de 72 · Page 3 de 4 · 975 affichages · Partager Bonne année Fab!! Tout plein de voyages à venir!!!
Là, ce n'est pas un miracle de Noël, mais du jour de l'an!! Mon cœur a palpité, j'ai été à court de souffle, j'ai ressenti ta fatigue extrême, et ton découragement... Punaise, c'est que j'ai flippé!!! comme tu dis, heureusement tout fini bien... mais quand même, tu aurais fait comment sinon? Comment se fait-il que tes durées de treks soient si longues, qu'elles te fassent arriver systématiquement en pleine nuit? Ne peux-tu pas couper le trajet en 2? Il n'y a rien avant, c'est ça?
Bon mais à part ça, tu n'es pas un aventurier!!! Bah non!!!
En tout cas merci pour la suite. C'est vraiment très courageux de t'y être plongé un 1er janvier!!!!
A bientôt | | | À: Diamina · 1 janvier 2018 à 23:02 · Modifié le 2 jan. 2018 à 12:26 Message 47 de 72 · Page 3 de 4 · 967 affichages · Partager Comment se fait-il que tes durées de treks soient si longues, qu'elles te fassent arriver systématiquement en pleine nuit?
Du camping de Choquequirao à Maizal Bajo, il y a de l'ordre de 17 km à marcher.
Dans mon planning, il s'agissait de marcher pendant 8 h. En partant vers 08h00, cela permettait d'arriver avant 17h00 en tenant compte du temps pour se sustenter à la mi-journée.
Dans les faits, ce programme a été doublement remis en cause : 1°) comme j'avais tardé la veille (temps passé avec les archéologues), je n'avais pu visiter l'ushnu et avais donc prévu de m'y rendre pour le début de journée. 2°) du fait des nuages, je suis resté à l'ushnu jusqu'à 09h30. D'où environ 2 h de retard sur mon plan de marche.
S'est ajouté en sus ma relative lenteur d'une part à la descente avant Pincha Unuyoc (je n'avais pas envisagé un terrain si délicat), et surtout à la montée depuis le Rio Blanco.
Le groupe des américains en agence témoigne du réalisme de cette étape, car je les ai croisés le matin à Choquequirao lors de leur visite de la ville basse, et ils sont arrivés bien avant la tombée de la nuit. De plus, le jeune couple américain a marché directement de Marampata à Maizal Bajo, avec même une brève visite de Choquequirao (ushnu inclus, mais sans les terrasses agricoles).
Ne peux-tu pas couper le trajet en 2? Il n'y a rien avant, c'est ça?
Certains groupes font étape à Pincha Unuyoc, profitant des terrains plats et de la disponibilité d'eau courante (et potable !) sur les lieux. Mais il faut disposer d'équipements de campement, ce qui n'était pas mon cas. C'était déjà hasardeux pour Maizal où ma seule assurance était de pouvoir disposer d'un abri à même la terre battue.
mais quand même, tu aurais fait comment sinon?
Pour être franc, je n'avais pas envisagé d'arriver de nuit. Et surtout, je n'imaginais aucunement ne pas trouver Maizal. Si je n'étais pas arrivé à destination, il m'aurait fallu coucher à la belle étoile...
à part ça, tu n'es pas un aventurier!!!
Seul, je me permets quelques plans aventureux : dans le cas présent, c'était l'étape Maizal sans équipement de campement.
Accompagné, je serais forcément parti avec tente et sac-de-couchage, et j'aurais embauché un arriero et sa mule pour portage.
Par contre, la partie Cachora - Choquequirao n'est pas aventureuse dès lors que l'on peut coucher chez l'habitant à Marampata. Sous réserve de partir très tôt de Cachora et de marcher longuement.
Fabrice
P.S. : à la lumière de ma récente expérience de trekking au Népal avec sac-de-couchage 4 saisons, je réduirai le contenu du sac-à-dos et me passerai du portage. | | | À: FabGreg · 7 janvier 2018 à 13:51 Message 48 de 72 · Page 3 de 4 · 915 affichages · Partager Je modérerais quand même un peu ton optimisme quant à cette étape.
C'est clairement la plus dure dans tous les circuits de trek de Vilcabamba, et tout le monde préfère partir tôt pour cette portion car le moindre coup de fatigue ou une personne un peu lente en montée ou en descente occasionnera vite un retard. De plus les camps intermédiaires (pinchaunuyoc et rio blanco) n'ont pas d'infrastructures.
Tu n'es pas le premier à te faire avoir, j'en vois à chaque fois ;-). Le piège de cette étape c'est qu'on ne se rend pas compte de sa difficulté sur les cartes basiques ou avant de partir, ce n'est qu'une fois passé le col Choquequirao avec la vue sur la descente et la remontée en face qu'on prend la mesure de l'épreuve. Un coup d’œil à une carte ign ou google earth permet d’éviter ce genre de surprise.
Attention à ceux qui voyagent en solo sur cet itinéraire, une cheville foulée ou pétée sur ce tronçon et vous n'aurez plus qu'a espérer qu'un groupe ou un muletier passe ce jour là (pas gagné en basse saison !), Attention aussi au téléphone : aucune couverture réseau depuis Capuliyoc jusqu'à Huancacalle ou Santa Teresa, seulement un peu de réseau sur la haut d'une crête au col San Juan (victoria) entre Maizal et Yanama.
Thomas | | | À: TomPeru · 7 janvier 2018 à 18:08 · Modifié le 25 fév. 2020 à 23:56 Message 49 de 72 · Page 3 de 4 · 899 affichages · Partager Tu n'es pas le premier à te faire avoir, j'en vois à chaque fois ;-). Le piège de cette étape c'est qu'on ne se rend pas compte de sa difficulté sur les cartes basiques
Dans mon cas, je ne me suis pas fait avoir. J'étais pleinement conscient de la difficulté de la montée vers Maizal, j'avais connaissance des dénivelés, et je disposais de cartes correctes (ne serait-ce que les vues en ligne OpenCycleMap ou OpenTopoMap avec affichage des lignes de niveau).
Tout au plus ai-je été trompé par la descente depuis le col de Choquequirao, car je n'imaginais pas un terrain si dérapant. Sur un terrain correct, je peux être très très rapide en descente (cf. 1h30 seulement pour rejoindre la route depuis la Laguna 69, Cordillera Blanca). Mais dans la descente de Choquequirao vers le Rio Blanco, j'ai vraiment été au pas à pas, marchant très lentement. Sans doute 1 h de retard sur ce qui aurait été mon planning détaillé (ce que je n'ai débuté qu'à partir de 2017 pour mes treks au Népal).
Donc pas d'excuses. En attendant que la brume libère le site archéologique de Choquequirao, je savais que mon retard serait dommageable pour mon arrivée à Maizal. Même si je n'imaginais aucunement avoir tant de mal à trouver la ferme de Valentin.
Attention à ceux qui voyagent en solo sur cet itinéraire, une cheville foulée ou pétée sur ce tronçon et vous n'aurez plus qu'a espérer qu'un groupe ou un muletier passe ce jour là (pas gagné en basse saison !),
C'est précisément en pensant à un tel aléa que j'ai été très très précautionneux lors de la descente vers le Rio Blanco. En milieu de saison (début septembre), je n'ai effectivement croisé personne hormis le jeune couple américain et le cavalier aperçu à Pincha Unuyoc.
Attention aussi au téléphone : aucune couverture réseau depuis Capuliyoc jusqu'à Huancacalle ou Santa Teresa, seulement un peu de réseau sur la haut d'une crête au col San Juan (victoria) entre Maizal et Yanama.
Je confirme la couverture en téléphonie mobile sur le Col San Juan.
Il me semble que le téléphone couvre aussi Yanama, mais je n'en suis plus sûr. En tout cas, pas d'Internet à Yanama en septembre 2016.
Fabrice | | | À: FabGreg · 7 janvier 2018 à 18:22 Message 50 de 72 · Page 3 de 4 · 893 affichages · Partager Oui la descente du Col Choquequirao au rio Blanco est horrible et pleine de pierres qui roulent et de poussière !!
Toujours pas de réseau de téléphone portable ni d'internet à Yanama, par contre il y'a une piste avec un bus pour Santa Teresa maintenant ! | | | À: TomPeru · 7 janvier 2018 à 18:27 Message 51 de 72 · Page 3 de 4 · 891 affichages · Partager Oui la descente du Col Choquequirao au rio Blanco est horrible et pleine de pierres qui roulent et de poussière !!
La poussière était désagréable, mais ce sont les "pierres qui roulent" qui m'ont fait souffrir. J'en ai pesté toute la descente. Un vrai calvaire.
Monter est naturellement plus exigeant physiquement (tout particulièrement quand la déclivité est aussi forte qu'entre le Rio Blanco et Maizal), mais ne me mettait pas dans une situation à risque.
Quand es-tu passé la dernière fois à Yanama ? Comptes-tu y retourner prochainement ?
Fabrice | | | À: FabGreg · 7 janvier 2018 à 18:30 Message 52 de 72 · Page 3 de 4 · 886 affichages · Partager J'étais là bas en Septembre. J'y vais plusieurs fois par an, je suis guide à Cusco ;-) | | | À: FabGreg · 14 janvier 2018 à 12:05 · Modifié le 25 fév. 2020 à 23:59 Message 53 de 72 · Page 3 de 4 · 822 affichages · Partager Bilan de cette troisième journée de trek
- 17 km parcourus, dont 2 km pour visites complémentaires à Choquequirao- dénivelé positif (d+) : 1 740 m - dénivelé négatif (d-) : 1 600 m En terme de dénivelés, cela s’approche de ma 1ère journée de folie.
10 h de marche, une petite heure en pause prolongée, plus de 3h30 de visite (accès inclus, et surtout l’attente que les nuages laissent apparaître la Place principale).
Par segment : - Campement → Embranchement col : 1,1 km, d+ 177 m. - Embranchement col → Place principale : 0,4 km, d+ 20 m, d- 12 m. - Visite Ushnu + maison du grand-prêtre : 1,4 km, d+ 165 m, d- 165 m. - Place principale → embranchement col : 1,1 km, d- 177 m. - Embranchement col → col de Choquequirao : 1,5 km, d+ 245 m. - Col de Choquequirao → Pincha Unuyoc : 4,3 km, d+ 15 m, d- 868 m. - Pincha Unuyoc → Pont sur le Rio Blanco : 2,8 km, d- 533 m. - Pont sur le Rio Blanco → Maizal Bajo : 4,7 km, d+ 1 104 m. | | | À: FabGreg · 14 janvier 2018 à 20:27 Message 54 de 72 · Page 3 de 4 · 786 affichages · Partager Bonjour,
Je voulais en premier lieu vous féliciter pour ce récit très complet et précis. C'est passionnant à lire et donne vraiment envie d'y être. Mais c'est aussi une mine d'informations.
Nous voulons faire ce trek en mai dans les mêmes conditions que vous, c'est à dire sans tente, ni duvet ni réchaud. On veut être le plus léger possible et on ne souhaite pas mobiliser des mules sur le trajet.
Bref vos informations nous sont très précieuses. Mais du coup nous aurions quelques questions. Sur la partie hébergement 1) nous comptons passer deux nuits à Marampata : donc comme vous Cachora -> Marampata (jour 1) puis visite Choquequirao et retour Marampata pour la nuit (jour 2) : cela implique donc de repasser par le péage à l'entrée de site de Choquequirao le 3e jour. Doit-on à nouveau payer ou les tickets de la vieille sont toujours bons ?
2) pour la nuit à Maizal l'endroit semble complexe à trouver : il semble y avoir plusieurs chemins ? Pensez-vous qu'on puisse manger le soir chez l'habitant ? j'ai compris que vous étiez arrivé trop tard mais notre objectif est d'arriver plus tôt (si possible  ). Le lendemain matin avez-vous pu prendre un petit déjeuner sur place ?
3) Pour Yanama, avez-vous un hébergement à nous recommander ? comment faire ensuite pour trouver un véhicule le lendemain pour relier Santa Teresa ? il semble que vous ayez mis 2 jour pour relier Agua Caliente à partir de Yanama. Vu la nouvelle piste qui mène à Yanama il est peut être possible d'aller plus rapidement vers Agua Caliente.
Un grand merci par avance pour vos réponses.
Bien cordialement, Céline et François | | | À: Elfepkd · 17 janvier 2018 à 8:56 · Modifié le 26 fév. 2020 à 0:02 Message 55 de 72 · Page 3 de 4 · 738 affichages · Partager Je voulais en premier lieu vous féliciter pour ce récit très complet et précis. C'est passionnant à lire et donne vraiment envie d'y être. Mais c'est aussi une mine d'informations.
Merci pour le compliment 
Nous voulons faire ce trek en mai dans les mêmes conditions que vous, c'est à dire sans tente, ni duvet ni réchaud. On veut être le plus léger possible et on ne souhaite pas mobiliser des mules sur le trajet.
Ayant désormais l'expérience d'un duvet 4 saisons porté pendant 28 jours de trek consécutifs au Népal, je changerais mon approche si je devais revenir à Choquequirao : - moins de bouteilles d'eau remplies (au plus 3 l), car il est possible de se réapprovisionner en cours de journée. (achat ou purification d'eau) - moins de provisions, car il est possible de se restaurer aux différentes étapes, avec possibilité d'acheter en sus des snacks, des légumes (tomates), les fruits... - ajout d'un sac-de-couchage. - ajout d'une tente (par sécurité), la surcharge étant partageable à 2.
Il faut garder à l'esprit que l'hébergement à Maizal est très hasardeux. Un lit 1 place m'a été libéré, mais je n'ai pas identifié d'autres possibilités. De plus, Il ne faut pas que la famille soit en vadrouille ou que d'autres trekkeurs soient déjà installés. La tente apporte une sécurité appréciable.
1) nous comptons passer deux nuits à Marampata : donc comme vous Cachora -> Marampata (jour 1) puis visite Choquequirao et retour Marampata pour la nuit (jour 2) : cela implique donc de repasser par le péage à l'entrée de site de Choquequirao le 3e jour. Doit-on à nouveau payer ou les tickets de la vieille sont toujours bons ?
En théorie, le billet de Choquequirao n'est valable que pour une journée. Comme j'avais prévu une visite répartie sur une après-midi puis la matinée suivante, j'en ai parlé au gardien. Lequel m'a répondu que cela ne posait aucun problème. Du fait de la fréquentation réduite, il n'a aucun souci à identifier ceux qui abusent. Pour ma part, je n'ai jamais croisé de gardien sur le site archéologique.
Pour vos autres questions, réponses à venir dans la suite de mon récit.
Fabrice | | | À: FabGreg · 17 janvier 2018 à 13:05 Message 56 de 72 · Page 3 de 4 · 721 affichages · Partager Bonjour,
Merci pour tous ces éléments. On va donc voir pour un duvet et une tente  Nous avons hâte de connaître la suite de votre aventure... Sur le plan carte aviez-vous trouvé quelque chose d'assez précis ou vous avez seulement utilisé le GPS de votre portable ?
Bien cordialement, Céline et François | | | À: FabGreg · 17 janvier 2018 à 13:12 Message 57 de 72 · Page 3 de 4 · 720 affichages · Partager Bonjour,
Fabrice, c'est sur un sentier bien lumineux que vous nous emmenez.  J'ai été happé par votre récit et je l'ai parcouru comme on lit un roman. Il y a de l'incertitude, de l'effort, de l'aventure, de la technicité, du culturel et de la franchise. Une fois de plus, merci et bravo ! | | | À: Jojoone1 · 17 janvier 2018 à 18:25 Message 58 de 72 · Page 3 de 4 · 697 affichages · Partager Merci Joël pour le compliment.
Pour ma part, je suis avec grand plaisir un certain carnet sur Paris ( voyageforum.com/v.f?post=8369949 ), illustré par de superbes photos. Grand merci pour cette initiative.
Fabrice | | | À: Elfepkd · 17 janvier 2018 à 18:46 · Modifié le 26 fév. 2020 à 0:12 Message 59 de 72 · Page 3 de 4 · 688 affichages · Partager Sur le plan carte aviez-vous trouvé quelque chose d'assez précis ou vous avez seulement utilisé le GPS de votre portable ?
En cherchant astucieusement sur le web, on trouve des photos de cartes, par ex
la carte IGN Peru
ou une carte touristique au 1:115 000.
J'avais sur mon ordiphone les cartes les plus intéressantes, au cas où. Cela peut rassurer, mais cela n'est pas bien utile. Pour vous faire une première idée, vous pouvez consulter choquequirao.travel/...mation-location.html .
J'avais aussi des copies d'écran de OpenCycleMap qui présentent l'avantage de fournir une échelle très fine (même si soumise aux limites de l'altimétrie SRTM de source NASA). Sachant que ces cartes OpenCycleMap (ou OpenTopoMap) embarquent les informations d'OpenStreetMap (OSM), y compris tracé du sentier.
Heureusement, l'itinéraire est vraiment simple à suivre. De jour, je n'aurais jamais eu de mal à trouver Maizal Bajo (à défaut, je serais tranquillement arrivé à Maizal Alto, en poursuivant au-delà de la clairière).
La carte GoogleMaps en mode relief pré-enregistrée sur mon ordiphone est celle que j'ai le plus utilisée. Mais seulement pour suivre ma progression en altitude quand la nuit était tombée. Jamais pour trouver mon chemin, car vraiment évident (de jour  ).
A noter que des applications ont recours aux cartes OpenCycleMap, par ex. la gratuite ViewRanger qui de surcroît permettent d'en enregistrer pour accès hors-ligne. Mais je l'ignorai lors de ce trek de Choquequirao.
Fabrice
P.S. : pour les vues satellite, Bing Maps fournit des images plus nettes que Google Maps. | | | À: FabGreg · 17 janvier 2018 à 18:51 Message 60 de 72 · Page 3 de 4 · 682 affichages · Partager C'est moi qui te remercie pour cette si aimable réponse. C'est très satisfaisant d'être en mesure de contenter ceux qui nous font plaisir ! | Carnets similaires sur le Pérou: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 12 327 visiteurs en ligne depuis une heure! |