J’habite en
Thaïlande. L’été dernier, j’ai décidé d’emmener ma femme et mon fils de deux ans en vacances en
France. J’ai aussi invité un couple d’amis quinquagénaire, Martin et Hélène. Ma femme voulait aussi emmener sa cousine, Nangnoy, 21 ans, qui est étudiante dans une université locale et qui vient souvent nous voir à la maison.
A l’approche du départ, nous étions tous très impatients, comme on peut l’être à l’approche DU séjour de l’année. Comme c’était son premier voyage à l’étranger, Nangnoy l’était encore plus. Quelques jours avant le départ, le passeport d’Hélène est revenu avec son visa. Pas celui de Nangnoy, renvoyé avec une « mention de refus » qui indiquait que « les informations justifiant le but et les conditions du voyage n’étaient pas fiables »
Forcément, notre moral en a pris un coup. Comment apprécier ces vacances en laissant Nangnoy ici ? J’ai passé les derniers jours avant le départ à essayer de contacter l’ambassade. Quelle erreur ! Le consul a refusé de communiquer avec nous. Nangnoy est restée à la maison pour s’occuper du chien pendant que nous partions à
Paris.
J’ai donc écrit à l’ambassade avec une question simple :
« Comment les mêmes informations de voyage peuvent-elles être fiables pour une personne (Hélène) et non pour une autre (Nangnoy) ? »
A mon retour, une enveloppe m’attendait. Le cas de Nangnoy avait été revu en prenant en compte mes « remarques » mais malheureusement, la décision ne pouvait pas être changée. Une lettre type, pleine de fioritures qui ne répondait même pas à ma question.
Nous veillons à écarter les risques de volonté migratoire, de travail irrégulier ainsi que de prostitution. »Et vu la similarité des demandes de visas de Helène et de Nangnoy, j’imagine donc que ma cousine, jeune femme de 21 ans, a été considérée comme une potentielle travailleuse clandestine ou une prostituée, alors que Hélène, qui a 56 ans, a été considérée comme une voyageuse de bonne foi.
Nangnoy n’est pas la seule. Rien que l’année dernière, d’après les statistiques de l’Union Européenne, près de 750 000 personnes [fichier Excel] ont vu leur demande de visa touristique refusée.
Les consulats des pays de l’Union Européenne ne remboursent pas les frais de visa si la demande est rejetée.Chaque demande coûte 60 euros, cela fait donc près de 44 million d’euros dans les caisses des ambassades. 44 millions d’euros et personne ne pose de questions. Ces refus étaient-ils justifiés ? Arbitraires ? Impossible de le savoir.
Les consulats de l’Union Européenne n’ont pas de comptes à rendre.......