Salut Korô!
Décidément, il y a de ces termes auxquels vous êtes attaché! Mais bon, toubabou me change du nassara de
Ouaga... Un petit vent de fraîcheur en cette journée ensoleillée!
Quitte à paraître obstinée, je persiste à dire qu'il faut nuancé un peu... Il y a sans doute des âmes en quête d'humanitaire qui liront ce post et je pense que les contributions de chacun peuvent être mises à profit par ces gens...
D'abord je tiens à vous dire que je suis en total accord lorsque vous parler de "projet" (non)pérennisés. Effectivement, après le départ des toubab, les "projets" se retrouvent souvent dans le vide. Le hic c'est que bien souvent les assos n'ont soit pas d'employés pour la suite des activités ou encore, pas de motivation à poursuivre le "projet". Ici, il s'agit d'une responsabilité de nissablga (on dit farafi en dyula?). Pour ce qui est de la responsabilité des toubabous, certains d'entre eux travaillent en vase clos et n'assurent pas le transfert du travail qui doit être opéré à la suite de leur départ. Ou encore, convaincus qu'ils ont LA solution, ils mettent en place des "projets" inadaptés au besoin de la structure... Ce cas de figure est relatif au monde associatif... Je ne m'avance pas pour le cas des grandes structures.
À mon tour d'être simpliste sinon je serai là encore demain!
Maintenant et comme je le disais plus tôt, les objectifs de la coopération ne sont peut-être pas uniquement ceux écrit sur papier ou clamés devant les médias. Il y a ces ententes bilatérales qui se font en coulisse et ce grâce aux promesses de financement, de projets, de coopération... Et qui sont purement économiques, exit l'humanitaire! Donc, dans ces conditions, est-il possible qu'il y ai une réelle volonté politique à pérenniser ces projets? Des audits fait par des amis auditeurs, des bras longs qui se faufilent là où il le faut, les fausses factures qui pullulent... Difficile!

Un ami a fait une étude sur les assos du
Burkina... J'oublie le nombre (astronomique) mais le 2/3 d'entres elles n'existaient pas et c'est dans ces mêmes 2/3 que les plus gros financements arrivaient.
Pour ce qui est de
Ouaga 2000 c'est un coin que j'évite et de toutes façons je n'ai rien à faire là-bas... Je suis toujours choquée, pour ne pas dire outrée, de voir cette opulance qui côtoie les non lotis... En tous cas, Simon a priorisé et apparemment que le développement des nantis et la création de l'échangeur ont été ses "projets" prioritaires... Qu'adviendra-t-il de tout les ministères qui sont en ville? Et biensûr, des ambassades?
Je suis curieuse de savoir combien leur coûte la clim là-bas? Et les 4x4? Les prados, les Mercedez et autres? On loin du temps où Sankara avait retiré presque la totalité de ces super engins! Mais le toubab est nettement plus identifiable... Lorsqu'il est en coopération, il se fout des effets à long terme des "projets" et quand il est au village, il ne fait pas rouler l'économie...

Par finir, je me demande vraiment à quoi on s'attend de nous ici... Comme on le dit ici, si vous allez dans un village et que les gens marchent sur la tête, il faut aussi marcher sur la tête. Je ne dois pas savoir où est ma tête!
J'oubliais, mon cher korô! Je vis à
Ouaga. C'est peut-être parce qu'en une seule journée on peut m'appeler Nassara un dizaine de fois que je suis un peu irritable avec ce genre d'appelation!

Au plaisir de vous lire!
Amké sini!