Bonjour,
Les vols à l'arraché dans la rue sont malheureusement une pratique universelle. Rien de spécifique au
Maroc.
Concernant les sollicitations commerciales omniprésentes, c'est en effet une grande spécialité marocaine. Je me souviens encore de mon premier séjour au
Maroc, en 2003 (
Marrakech et
Essaouira) ; expérience désagréable comme vous le décrivez. Un effet de saturation, sollicitations qui prennent des allures de harcèlement. Seule ma fascination pour les paysages du sud m'avait fait revenir. Puis je n'ai plus cessé de revenir au
Maroc. J'y ai vécu aussi un an.
J'ai vite appris à passer outre ces sollicitations. Très vite, je n'y ai plus prêté attention. Mon réflexe est devenu aussi rapide que leur premier élan vers moi : un "non merci" ferme et poli, sans ralentir mon pas. Je ne vois même plus les sollicitations. elles me glissent dessus.
J'ai adopté aussi quelques réflexes. Par exemple, si j'ai besoin d'un renseignement, je demande de préférence à une femme.
Ceci dit, il faut bien faire la part des choses entre les pratiques culturelles qu'on trouve dans d'autres pays (le commerçant qui va vers le client, sans attendre que le client vienne à lui) et les sollicitations tout azimut à tout propos, juste parce que vous avez la gueule de l'emploi et du porte-monnaie (=touriste

).
Il y a des situations qui prêtent plus à sourire qu'à grincer des dents (je me souviens que j'avais discuté avec 3 jeunes femmes rencontrées au hasard d'une ballade dans un village. Au bout de 3 phrases, elles me proposaient de me marier avec leur frère...).
Il y a tous ces "petits boulots" improvisés, où le moindre service se monnaie. Mettre une valise dans une soute de bus, "laver" les toilettes d'un restaurant (= un coup de serpillère vite fait toutes les 10 mn)... Eh oui ! on vit de la débrouille, quand on n'a rien. Nettement plus honorable que le vol à l'arraché, tout de même. Et puis, ces petits boulots ne sont rien d'autres que ces services intermédiaires qui existent en occident, invisibles, et que nous payons au prix bien plus fort, et bien plus déshumanisé (voir les prix des billets de bus, le prix d'un repas au restaurant).
La relation sociale au
Maroc est intrinsèquement économique (d'autant plus avec le touriste).
Les relations entre les Marocains fonctionnent en système de réseau, en permanence régulées par les intérêts économiques des uns et des autres. Même le mariage a/est une valeur économique (y compris entre Marocains).
Bon, je ne suis pas sociologue... je vous raconte tout ça à partir de mes observations et perceptions toutes personnelles.
Les choses évoluent doucement, comme partout dans le monde.
J'espère que ce fonctionnement social ne va pas évoluer vers le modèle généralisé du vol à l'arraché, et que cette mésaventure restera, pour vous comme pour les Marocains, un fait rare.
Cordialement,
Murielle