L'état du réseau routier bolivien est depuis longtemps un problème. Avec à peine un peu plus de 15% de routes goudronnées, circuler dans le pays demande une certaine patience et surtout la nécessité d'un tout‑terrain dès lors qu'on s'éloigne un peu des grands axes. À cela s'ajoutent aussi les routes ou pistes coupées ou endommagées en période de pluies. Mieux vaut donc le savoir et prévoir ensuite son itinéraire et ses temps de transport en conséquence. Comme dans beaucoup de pays, le code de la route et la signalisation peuvent être parfois assez aléatoires. Hors agglomérations, il vaut mieux d'ailleurs éviter de circuler de nuit.
En Bolivie, la location d'un véhicule n'est pas forcément l'idéal à cause des distances et des temps de route nécessaires, le peu de signalisation, l'état de certaines voies, le racket policier toujours possible, ou encore la conduite locale qui demande quelque prudence et habitude. De plus, à moins de ne rester que sur les principaux axes, un 4x4 s'avère souvent nécessaire, ce qui implique alors un budget location assez conséquent.Bref, autant utiliser les différents transports en commun, quitte ensuite à affréter un taxi à la journée selon ses besoins. Au final, cela reviendra en plus moins cher car il faut compter en gros l'équivalent de 30 à 40 €/jour pour un véhicule standard et le double pour un tout‑terrain. À noter que certaines agences proposent des locations avec chauffeur ce qui, malgré le surcoût, simplifie quand même pas mal de choses. Et puis, ces mêmes agences ont aussi la plupart du temps à leurs programmes des tours organisés pour certaines visites qui demandent un minimum de logistique, notamment dans le transport.
La Bolivie dispose d'un important réseau de bus qui relie la plupart des communes hors certains endroits de l'Amazonie où là c'est la rivière qui remplace la route. Il existe de nombreuses compagnies locales ou nationales plus ou moins confortables; le mieux étant évidemment sur les grands axes où il n'y a que peu d'arrêts en route pour un service plus "haut de gamme" de quelques compagnies avec possibilité de sièges couchettes, wc, etc. Malgré tout, les bus boliviens ne vont jamais bien vite, que ce soit à cause de leur état parfois un peu délabré ou plus simplement - y compris pour les véhicules modernes - à cause de l'état des routes qui de plus peuvent être coupées en saison des pluies, voire bloquées lors de mouvements sociaux. Bref, mieux vaut ne pas être pressé ni même trop à cheval parfois sur les normes de sécurité au point qu'à la limite certains trajets en avion peuvent s'avérer plus intéressants.Reste que les bus ne sont jamais très chers, y compris les meilleurs, avec des tarifs réglementés. Comptez en gros l'équivalent de 4 ou 5 € les 100 km pour les principales compagnies et moins pour les autres plus "standard". Quant à "l'équipement" à prévoir, prenez toujours au moins une petite laine contre la clim si elle existe et surtout l'altitude, ainsi qu'un masque anti‑lumière et des boules Quiès pour les périples nocturnes. À savoir aussi que beaucoup de longs trajets se font de nuit (dommage pour le paysage) avec des départs en fin de journée et des arrivées matinales qui font qu'il vaut mieux dans ce cas privilégier les transporteurs offrant le meilleur confort même si cela coûte un tout petit peu plus cher.
Qu'il s'agisse de voitures, "micro" ou minibus de plus ou moins grande capacité, on les retrouve dans les villes ou pour circuler à leurs périphéries. Ils partent quand ils sont pleins, s'arrêtent à la demande, et roulent sur des itinéraires prédéfinis sur de courtes ou moyennes distances. Ils restent pratiques et économiques sur ces trajets; juste un peu plus chers que les bus locaux.
Camions
Comme dans d'autres pays andins, les camions ou pick‑up peuvent servir parfois d'alternative aux bus. C'est généralement payant (moins cher que le bus) et on voyage selon la place en cabine ou à l'arrière. Pour les touristes, c'est quand même plus une "expérience" ou une solution pour pallier un manque d'autres transports qu'un mode de locomotion à envisager pour circuler dans le pays, surtout qu'en plus on n'avance pas bien vite.
Voyager à vélo en Bolivie est une aventure incroyable, mais aussi des plus difficiles et exigeantes au monde pour les cyclotouristes. Entre l'altitude qui fait que l'on roule souvent entre 3 500 et 4 500 mètres d'altitude dans la partie andine, les conditions météo pas toujours agréables, l'état des routes et des pistes délabrées, plus en certains endroits l'obligation d'être autonome en eau et nourriture à cause des distances entre villages, il est clair que découvrir la Bolivie à vélo n'est pas donné à tout le monde. Autant le savoir...
C'est dans les zones peu ou mal desservies par les transports que le stop est pratiqué (généralement de façon payante) notamment auprès des camions et pick‑up. Donc, rien n'empêche d'essayer à l'occasion même s'il faut faire attention et que le prix plus que modique des transports n'oblige en rien de circuler dans le pays de la sorte.
La Bolivie dispose d'un petit réseau ferré divisé en deux parties distinctes non connectées entre elles: le réseau Occidental et le réseau Oriental. Même si les trains boliviens sont souvent lents et assez bondés, ils sont relativement confortables et peuvent facilement remplacer le bus lorsqu'ils sont présents, vu qu'en plus leurs tarifs (hors première classe) sont sensiblement identiques.Comptez en gros dans les 2 € l'heure de route au moins cher ou le double pour voyager dans la meilleure classe. Comme les trajets sont longs et parfois en partie de nuit, il est préférable de prévoir en conséquence. Il existe deux sociétés qui exploitent les différentes lignes:
Ferroviaria Andina: pour la liaison Oruro‑Uyuni‑Tupiza‑Vilazon et continuation vers l'Argentine (4 fois/semaine), plus Uyuni‑Avaroa et continuation vers le Chili (2 fois/semaine). La compagnie propose également un service d'autocar sur rails (3 fois/semaine) entre Sucre et Potosi ainsi que Cochabamba et Aiquile. Un train touristique fait également le trajet chaque second dimanche du mois entre La Paz et le Titicaca.
Ferroviaria Oriental: deux lignes sont au programme avec Santa Cruz‑Puerto Quijarro à la frontière brésilienne (3 fois/semaine) et Santa Cruz‑Yacuiba à la frontière argentine (1 fois/semaine).
En plus des petites embarcations du Lac Titicaca, on retrouve le bateau en Amazonie où dans nombre d'endroits, avec localement l'avion, c'est souvent le seul moyen de locomotion. La plupart du temps il fonctionne à la manière des bus ou taxis (avec affrètement possible) tout en sachant que pour les longs trajets il peut être utile d'avoir au moins son hamac, son anti‑moustiques et un peu de nourriture avec soi. Parmi les balades à faire, en un long trajet de plusieurs jours, on peut ainsi aller de Puerto Villaroel (nord‑ouest de Santa Cruz) à Guayaramerin (frontière du Brésil) puis Rurrenabaque (nord de La Paz).
Le réseau aérien est assez développé en Bolivie avec plusieurs transporteurs locaux comme la Boliviana de Aviacion qui est la compagnie nationale. C'est un moyen de locotion toujours envisageable, ne serait‑ce déjà parce qu'il permet de gagner énormément de temps par rapport aux transports terrestres qui peuvent parfois demander des heures et des heures pour à peine quelques centaines de kilomètres à parcourir. Comme de plus les tarifs ne sont pas excessifs pour un budget touriste (comptez l'équivalent de 50 à 100 € par trajet), nombre de voyageurs utilisent l'avion pour certains de leurs déplacements dans le pays et en prime profitent du panorama sur les Andes. Seul inconvénient: les aléas climatiques et autres causes diverses de retards ou d'annulation des vols toujours possibles.
Se déplacer en ville en Bolivie est assez simple et économique, mais repose sur un système principalement informel. Au‑delà du téléphérique de La Paz/El Alto (à faire au moins une fois), on aura le choix entre du collectif avec ces minibus très populaires et les bus urbains "traditionnels", ou de l'individuel avec les taxis (certains sont réservables via une app dédiée) et mototaxis.
La Bolivie est une destination à découvrir en transports en commun vu les contraintes et inconvénients que peut représenter une location de voiture. À moins d'opter pour un véhicule avec chauffeur et le budget qui va avec. Reste cependant qu'il sera bien - sinon même préférable - de varier ses moyens de locomotion selon son périple et surtout les temps de transports entre modes possibles sur une même étape.Bref, même s'il y a de très fortes chances que le bus représente l'ossature du voyage, on pourra également utiliser le train et même ponctuellement l'avion (pas très cher avec en prime de beaux panoramas andins) pour ses déplacements. Et à l'occasion, si besoin, on pourra affréter également un taxi ou autre pour une visite hors des sentiers battus.