Jojoone1 · 17 août 2014 à 22:32 · 320 photos 133 messages · 46 participants · 38 860 affichages | | | | 17 août 2014 à 22:32 · Modifié le 21 août 2014 à 21:29 Récit de voyage nord Laos, Chiang Mai, Bangkok Message 1 de 133 · Page 1 de 7 · 19 619 affichages · Partager Voici donc notre troisième récit de voyage avec photos, après le Vietnam en 2012 et la Thailande sud + Angkor en 2013. Une nouvelle fois, nous remercions ceux qui éclairent ce site de leurs expériences et de leurs conseils. Chaque année, certaines étapes de notre itinéraire se trouvent facilitées ou enrichies grâce à leur participation. Nous avons plaisir à espérer que notre contribution aura le même effet pour d'autres voyageurs.
10 JUILLET 2014
Nous avions pris nos billets d'avion dès septembre dernier pour bénéficier d'un tarif plus intéressant que l'année passée. Nous étions donc satisfaits du coût de 1291 euros pour deux personnes au départ de Paris jusqu'à ce qu'apparaissent les multiples promotions de certaines compagnies à la mi-janvier, que nous n'attendions pas pour une période comme celle de notre séjour. C'est décidé, l'année prochaine nous ferons le pari de patienter davantage en espérant voler, par exemple, avec Qatar Airways. Le sort nous avait donc attribué Indian Airlines. Le vol de Paris à Delhi s'est fait sur un Dreamliner de Boeing lequel, évidemment, sentait le neuf. Après un petit intervalle de quatre heures pour se dégourdir les jambes, nous avons fait le trajet vers Bangkok sur un Airbus 321 préhistorique. C'est simple, si l'extérieur de l'appareil avait été dans le même état que l'intérieur, nous ne serions jamais arrivés. Ecrans flingués, accoudoirs explosés, etc... Pour ce qui est de la qualité des plateaux repas, nous les aurions volontiers dévorés mais après une semaine sans manger sur une île déserte. Le personnel de bord ne nous a pas séduits. Enfin, nous n'avons pas apprécié les comportements, les attitudes, les regards de la plupart des personnes que nous avons croisées lors de nos escales aller et retour à Delhi. Notre expérience de cette année nous a définitivement découragés de choisir à nouveau cette compagnie et même de remettre un jour les pieds en Inde. Cela nous est personnel mais c'est clair.
Une fois de plus, c'est avec un immense soulagement que nous mettons les pieds sur le sol thailandais. Après avoir juste changé pour quelques euros, nous prenons un taxi à l'emplacement prévu et nous avons une expérience tout à fait opposée à celle de l'année passée : le chauffeur est normal et efficace. Si efficace que nous arrivons à destination bien plus tôt que nous l'espérions. Pourboire bien mérité et qui semble lui faire grand plaisir.
Nous laissons nos sacs à la réception et nous précipitons au restaurant Harmonique qui se trouve à 300 mètres à peine, juste à temps pour le dernier service du soir. Nous avons longuement parlé de cet établissement l'année passée. Un an que nous attendions ça, mais nous dégustons juste quelques nems parce que c'est surtout une bonne nuit de sommeil que nous désirons. Alors que pas mal de clients étaient encore sur place, quatre employées sont passées le long des tables pour sortir les deux grosses poubelles de la journée. Elles étaient contentes d'elles et se marraient bien. Cela nous a fait rire malgré tout : voir ça se faire avec un tel naturel alors que certains auraient été absolument indignés d'observer une telle chose dans un établissement de standing analogue dans notre pays !
Un petit mot sur le Swan Hotel : nous sommes reconnaissants à ceux qui l'ont recommandé sur ce site et sur leurs blogs. En effet, il est situé au calme dans le quartier de Silom, à deux pas du fleuve. Nous gardons un excellent souvenir du lit géant et ultra confortable ainsi que de la grande piscine bien entretenue. C'était très calme, mais il est certain que nous y allons à une période où il y a moins de monde. A 30 euros avec petit-déjeuner au moment de notre réservation et autour de 20 euros actuellement sans petit-déjeuner, nous n'imaginons même pas trouver sur Bangkok un hôtel qui nous convienne mieux que celui-là.
11 JUILLET
Nous ne parvenons pas à trouver une banque ouverte et sommes contraints de retirer du liquide à un distributeur automatique. Nous saurons désormais que le 11 juillet est férié en Thailande. Il nous est subitement venu l'idée lumineuse que cette année au moment du retour nous conserverons une certaine somme en bahts pour l'année suivante, nous gagnerons un peu de temps à l'aéroport et éviterons ce genre de petit désagrément.
Nous avons décidé de ne pas aller au Laos de suite et de consacrer cette journée de battement à la visite de Muang Boran, autrement dit Ancient City, à environ 30 km au sud-est de Bangkok.
Les possibilités d'accès sont multiples. Nous éliminons le taxi, un peu cher. De toute manière nous apprécions d'utiliser les transports pour les locaux, c'est plus sympa. Nous prenons juste un taxi pour Democracy Monument. A cet endroit il faut trouver l'arrêt de bus qui se situe à 100 mètres de ce grand rond-point, sur l'une des avenues y menant. Il y a toujours quelqu'un pour indiquer la direction. Nous voilà dans le bus 511 pour un long trajet, avec deux longs ralentissements à des feux rouges. Ce sera également le cas au retour, notre voie croise des routes plus importantes. Nous avions précisé notre destination au chauffeur, il nous indique quand descendre. Pas de problème, déjà quelqu'un nous hèle pour nous mettre 20 mètres plus loin dans le songthaew (voiture-taxi collective) qui nous amènera directement dans le site. Le tarif du bus et celui du songthaew sont minimes. Déjà, les personnes que nous cotoyons nous sourient et nous font sourire.
Le prix de l'entrée a augmenté : 700 bahts. Cela comprend le prêt d'un vélo, le parcours en minibus touristique et une promenade en bateau sur la rivière. Nous n'avons pas totalement récupéré du voyage et comme nous avons le temps espéré pour cette journée, il fait une chaleur lourde et humide. Nous optons donc pour la voiturette électrique et n'allons pas le regretter. 150 bahts de l'heure tout de même.
Nous avons passé une excellente journée, au-delà de nos attentes. Ce parc rassemble non seulement une copie grandeur nature ou à échelle réduite des principaux monuments du pays mais on y découvre aussi un grand nombre de statues et de jardins aménagés. Il y a aussi les reconstitutions d'un village thai typique, d'un village du nord de la Thailande, d'une ferme avec ses animaux et d'un village sur l'eau.
Nous n'avons pour ainsi dire vu que des oeuvres bien réalisées et esthétiquement réussies. L'ensemble vaut réellement le déplacement. Nous y avons passé six bonnes heures sans trop trainer.
Voici un échantillon très incomplet de ce que nous avons pu admirer :
Les visiteurs trouveront des toilettes, des restaurants et quelques boutiques bien répartis sur le site. Au retour, il suffit de passer de l'autre côté de la route en traversant la passerelle pour piétons située environ 250 mètres à gauche de la sortie. Il suffit de lever le bras au passage des songthaews.
Toute la journée aura passé comme cela entre la visite et le trajet. Il nous reste le temps de retourner à l'Harmonique pour y déguster le fameux curry de crabe qui fait sa réputation. Une fois qu'on l'a fini, ce curry, on se dit que parfois la vie n'est pas si mal que ça. | | | Annonce · Sponsorisé | | | 12 JUILLET
Nous avons donc choisi de parcourir l'autoroute touristique du nord Laos. Le choix de cette expression est un petit clin d'oeil aux forcenés des espaces vierges ou isolés, aux obsédés du " je suis touriste mais j'évite les touristes comme la peste ", à ceux qui viennent régulièrement démontrer sur le forum qu'ils sont les seuls vrais aventuriers se mouvant systématiquement en des territoires inconnus. Mais comment peut-on parler d'autoroute touristique dans des contrées si exotiques, dépaysantes, où toutes nos journées se déroulent loin des visages, de la gastronomie, de la langue et des commodités habituels ? Et puis ces pays il faut déjà commencer par les découvrir. De plus, manque de chance, une majorité des sites les plus remarquables ont été placés sur l'autoroute touristique. On nous fait de ces farces !
Nous avons pris un vol pour Luang Prabang afin de gagner du temps. Vu d'en haut, les minutes précédant l'atterrissage, la région parait très belle. Il y a quand même une sacrée couche de nuages et nous ne pouvons nous empêcher de nous demander si les intempéries qui nous ont épargnés sur les deux dernières années n'allaient pas se venger cette fois.
Nous pouvons confirmer qu'à l'arrivée l'employé de l'immigration se satisfait d'une photo de 30 ans d'âge. Comme c'est le week-end, c'est 31 dollars le visa au lieu de 30. On ne se précipite pas sur nous à la sortie de l'aéroport. A vrai dire, il ne semble pas y avoir de concurrence. Le trajet pour le centre-ville c'est 7 dollars à deux ou sinon on y va à pied. Donc on monte dans le minivan.
Le Lao Blossom Hotel que nous avions réservé pour deux nuits se révélera comme étant notre mauvais choix du séjour. La patronne est chinoise et parfois on peut réussir à lui soutirer un sourire. L'endroit est esthétiquement assez joli mais voilà : il y a des clims défaillantes, des ampoules cassées, des salles de bain avec des portes sans poignées dont on ne peut plus sortir sans aide extérieure et surtout une literie aussi dure que la vie. Hormis le café, le petit-déjeuner ne nous a pas ouvert l'appétit.
Comme à notre habitude, le premier tuk tuk que nous prenons n'est pas doué, sauf bien sûr pour tripler le tarif. Nous avons à faire du change et il s'obstine à nous amener devant des banques, toutes closes le samedi. C'est sur le point de se transformer en galère. Dans ce genre de cas, il faut réclamer un arrêt au moment où on passe devant un hôtel de standing. A la réception il y a forcément des employés bilingues. Là, un jeune homme ultra poli se lève : " May I help you, sir ? ", prend la peine de se déplacer et discute avec notre homme. Deux minutes plus tard, nous sommes au bureau de change de la poste, celui qui ne prend pas de frais. Les poches pleines de grosses liasses, nous sommes d'éphémères millionnaires.
Nous nous faisons amener au bord du Mékong et trouvons sans mal le restaurant Lamache recommandé par Larsay, notre estimée connaissance sévissant régulièrement sur le forum consacré au Vietnam. C'est toujours un bon plan : heures d'ouverture très larges, grand choix de plats, de la qualité et de la quantité dans l'assiette à petit prix, de bons pad thai, des jeunes très souriants au service. Nous sommes très heureux sous les frondaisons de ces arbres énormes, à contempler le Mékong café au lait, ses bateliers, la vie qui suit son cours sur la rive opposée. Le moment privilégié où un autre de nos rêves commence à se réaliser...
L'après-midi est avancée, nous étudions notre plan et commençons, un peu à l'ouest du centre-ville, par le Wat That. Que ceux qui n'aiment pas les temples ne lisent pas ce récit de séjour ! Rien d'extraordinaire mais il y a toujours un gong qu'on frappe, des moines qui chantent, des fidèles qui se recueillent, des animaux qui se promènent. Nous nous délectons sans nous en rassasier de cette ambiance asiatique.
Ensuite petit tour juste à côté au Wat Hosiang Voravihane, même sentiment.
Sur notre lancée, en ligne droite, nous entrons dans le périmètre du Wat Mai. C'est dans ce lieu que nous avons frôlé la catastrophe. Madame la photographe installe son pied juste au-delà de la demi-douzaine de marches menant à l'intérieur du temple. Les moines sont en prière.
Au moment où la photo est prise, un frelon s'en prend à madame, qui était concentrée et qui, surprise, recule de deux pas. Malheureusement, une tige métallique était fixée sur la dernière marche et c'est la grosse culbute, appareil et pied en main. Monsieur, qui était en train d'inspecter la cour un peu plus loin, se voit offerts quelques instants de pur cauchemar, tout en courant, comme dans la ouate, le tout au ralenti : un choc sur chaque marche, un jet de sang, un corps face à terre et qui ne bouge plus. Vous pensez d'abord bêtement à ce Canon auquel elle tient tant, puis aussitôt vous vous demandez si c'est la mort ou le coma. Dans un pays où les déplacements sont longs alors que les infrastructures hospitalières sont très limitées, au moment où les vacances viennent de commencer, il vous en vient des idées. Les minutes suivantes nous ont permis de réaliser que la photographe avait survécu, que le sang ne provenait que d'une petite écorchure au nez. Il y avait quelques bleus un peu partout. La visite médicale au retour vient de révéler qu'il y a une côte cassée sur le côté ainsi qu'une brisure à une omoplate. Ah, oui, à part deux petites griffures, l'appareil photo est intact et en état de marche. L'instinct de conservation de son objet fétiche ! Au final, le programme du séjour sera respecté quoique allégé sur certaines journées, un peu dans la douleur quelques fois...
Après une douche et un petit repos forcé, une lente promenade nous mènera à une supérette vendant quelques produits pharmaceutiques. Dans une petite rue, des dames tiennent des stands où sont disposés de nombreux produits crus ou cuits. On fait son choix et on remplit son assiette à volonté pour 10000 kyats, moins d'un euro. La ruelle est infestée de jeunes routards qui ne se privent pas de transformer leurs plats en montagnes...
Voilà un soir où on ne fait pas les malins, on se couche un peu amers sur notre lit dur en espérant qu'il n'y aura pas de mauvaise surprise le lendemain au réveil.
| | | Une côte cassée, ca fait mal, la pauvre ! Mais quel plaisir de trouver votre nouveau carnet ! Continuez de raconter même si ça vous fait vous coucher un peu tard...Je reviens aussi d'Asie et grâce à vous j'ai l'impression de prolonger de quelques jours. Merci beaucoup. | | | Deux minutes plus tard, nous sommes au bureau de change de la poste, celui qui ne prend pas de frais. Les poches pleines de grosses liasses, nous sommes d'éphémères millionnaires.
Quel style ! Un vrai bonheur à lire. | | | Chouette, un nouveau carnet de voyage !!!! Je le déguste... Quelle chance que la chute n'ait pas été grave (cela me rappelle des souvenirs de... moi, faisant le grand plongeon dans une rizière près d' Ubud, à Bali, tenant fermement mon Canon dans mes bras...). Le Canon s'en est tiré, et moi aussi, plus ou moins (il a quand même fallu l'ostéopathe en rentrant...).
Au fait, Joël, au Laos, ce sont des kips... pas des kyats (ça, c'est au Myanmar)... Nous avons aussi passé une semaine à Luang Prabang il y a 3 ans et y avions apprécié notre séjour (au Paradise Hotel, avec piscine, des bungalows bien sympa de l'autre côté de la petite rivière dont j'ai oublié le nom, et proche de l'aéroport).
J'attends avec impatience la suite pour la comparer avec mes impressions du Laos, tout en préparant mon voyage de février prochain au Myanmar et... en Thaïlande (encore) !
Merciiiii | | | vous savez, entre les sawadee kip et les sabaidee kyat, on finit par tout se mélanger. Mais vous vous en doutez, Dany, c'était bien sûr pour vérifier que vous suiviez ! On tachera de finir ce carnet avant février... | | | Merci pour ce partage... savoureux | | | 13 JUILLET
Evidemment, un seul d'entre nous a bien dormi. Nous sommes surpris de nous réveiller à onze heures. Madame a une nouvelle tête, tout le monde va croire que son homme la bat !
Nous passons la journée dans la partie de la ville classée par l'Unesco, bordée d'un côté par le Mékong et de l'autre par la rivière Nam Khan, la pointe se terminant à l'endroit où se trouve le confluent. Cette portion fait environ 800 mètres sur 200 mètres. L'effet de charme est immédiat et ce n'est pas une surprise que le site soit classé et que de nombreux voyageurs aient apprécié l'endroit. La réhabilitation a été rondement menée et on se balade donc dans un périmètre où se succèdent de jolies maisons locales ou coloniales, séparées parfois par un temple, le tout dans un très agréable cadre de verdure. On ne sait plus quelle ruelle prendre tant chacune invite à la flânerie. Bien sûr, il semble y avoir autant de guesthouses que d'habitants.
Le temps est assez changeant et un épisode orageux nous offre d'abord un rafraichissement bienvenu puis un quart d'heure de pluie battante moins souhaité. Ce sera le seul de la journée et tant mieux. A un jet de pierre du confluent s'élève le fameux et ancien Wat Xieng Thong, surtout réputé pour son arbre de l'illumination en mosaique de verre (entrée 20000 kips par personne, prix qui est généralement le même pour toutes les visites payantes). Mais tout aussi intéressantes sont les chapelles attenantes, dont l'une contient un bouddha couché.
Comme nous étions arrivés plutôt du côté Mékong, nous continuons la boucle côté rivière. Celle-ci étant moins large, la rive opposée est plus proche et la richesse de la végétation illumine un peu plus le paysage. Avec, certainement, le concours du soleil qui daigne se montrer. On ne se rend pas compte tout de suite mais lorsqu'on se passe la main dans les cheveux ils sont brûlants. Après le parapluie, la casquette.
Après un arrêt dans une guinguette à l'ombre au bord de l'eau, nous nous rapprochons petit à petit, compte tenu de tous les détours que nous faisons, du centre-ville où nous tombons sur une pharmacie. La patronne et son mari sont de charmants sexagénaires avec lesquels nous avons un agréable échange, d'autant plus facile qu'ils parlent un français parfait. Nous repartons avec ce qu'il faut de baumes et comprimés.
Dans une boutique nous trouvons des cigarettes locales, les Honghua faites à Savannakhet. Le paquet à 5000 kips, soit une cartouche pour moins du prix d'un paquet en France.
Nous avions vu en passant que le restaurant Tamarind était fermé, sans aucun panneau d'information. Nous sommes alors allés dîner à l'Apsara, situé juste à côté. Là, ce n'est plus de la guinguette mais plutôt le style gastronomique. En ne se refusant rien, on atteint 30 euros pour l'addition. C'est un établissement qui brille par l'esthétisme de sa décoration et qui dispose d'une agréable terrasse. Faire son choix sur la carte n'est pas facile avec des propositions telles que les joues de buffle caramélisées ou le canard double cuisson. Les salades en accompagnement sont aussi originales que riches en saveur. Le sorbet à la noix de coco réalisé par un glacier artisanal cloture très bien le repas. Ceux qui auraient l'occasion de se laisser tenter devraient peut-être se dépêcher, la gérante canadienne et son mari le cuisinier australien sont un peu fatigués et partiront peut-être sous d'autres cieux à la fin de l'année. L'obligation d'une présence ininterrompue, car avec les employés lao un seul jour d'absence et tout part en saucisse, euh pardon, en sucette...
| | | magnifique recit, humour humilité, humanité, et pleins de petites reflexions pertinantes; merci merci merci | | | Sawasdee J  el,
Merci pour votre retour de voyage.
Je partage votre analyse sur l'achat des billets d'avion pas mal de temps à l'avance (dans votre cas 10 mois!!).Nous pistions assidûment les notres, pour novembre, depuis juin, pour finalement ne les réserver que récemment, et nous sommes rendus compte que les meilleurs tarifs (avec temps de vols corrects) demeuraient aux alentours de 500 euros A/R.Nous en concluons que le seul véritable intérêt de réserver bien en avance ses tickets c'est d'avoir le choix des heures de décollage&atterrissage et de profiter de promos de préacheminement (sncf).En outre, nous sommes finalement septiques sur la pertinence de réserver via des sites comparateurs, dont les frais de paiement ou autres relèvent le prix final au niveau de celui de la compagnie aérienne, en direct. J'ai bien noté votre appréciation d'Indian Airlines, je la mets sur ma "black list".
Intéressant votre reportage sur Muang Boran/Ancient City, que nous n'avons jamais visitée, je la mets sur notre "to do list". Et puis difficile de résister à l'appel de l'Harmonique, of course!!!
Bon courage pour la suite de votre CR.
Gardoisement,
Yellowmop. | | | 14 JUILLET
Nous avons voulu couper notre séjour sur Luang Prabang avec une brève escapade au nord. Le fait d'alterner les endroits visités rend nos séjours plus variés et complets. Inconsciemment ça nous donne peut-être l'impression que les vacances sont plus longues...
La veille, au passage devant une agence, nous avons pu réserver nos places dans un minibus pour Nong Khiaw. Ce village étant distant de presque 200 kilomètres, il faut compter trois bonnes heures de route. Le tarif non négociable a été de 150000 kips par personne. L'état de la route est plutôt convenable même si légèrement en meilleur état sur la première portion du trajet que sur la seconde. Vers la fin du parcours, le paysage s'embellit de plus en plus et c'est encourageant.
C'est sous un soleil de plomb que nous arrivons à la petite gare routière, située à environ deux kilomètres de Nong Khiaw.
On ne peut que remarquer les impressionnantes barres rocheuses de part et d'autre de la route. Un gros tuk tuk nous emmène tous à nos hôtels respectifs, moyennant 10000 kips.
Nous avons opté pour la guesthouse Vongmany pour une nuit à un peu plus de onze euros. Pas la moins chère, certes, mais ça s'est avéré être une très bonne pioche. Bien sûr on déchante un peu en entrant dans notre chambre : nos aieux aux moyens modestes devaient vivre dans ce genre de chambre au début des années cinquante. Toujours est-il qu'il y a une douche qui fonctionne et un lit pas inconfortable. On voit bien qu'on a changé d'univers. Mais alors, quelle situation avec la vue sur les jardins, le fleuve, le village, le pont chinois et les sommets environnants. Ce simple coup d'oeil du haut du balcon rentabilise le déplacement !
La guesthouse a un espace restauration couvert mais à l'air libre. Nous y déjeunons et comprenons vite que sa réputation culinaire n'est pas usurpée; tout ce qu'on nous sert est excellent, y compris les nems, et il y a un bon choix sur la carte. La famille qui tient l'établissement est franchement souriante est sympathique, la communication est aisée.
N'ayant que l'après-midi, nous ne ferons pas un long trajet à pied et le patron nous appelle un tuk tuk pour aller voir une petite cascade. Le gars nous demande un prix démentiel, du genre 200000 kips. Et il ne parle pas anglais. Nous appelons le patron à la rescousse et nous en sortons pour 50000. L'avantage du tuk tuk c'est que pendant qu'on roule on est rafraichi par le déplacement d'air. Le soulagement est provisoire en cette chaude journée. C'est une toute petite cascade mais nous avons le plaisir de voir des enfants s'y égayer.
Il y a un village tout proche. Ce n'est pas très vivant, certains sont partis vaquer à leurs occupations, beaucoup font probablement la sieste. Il y a surtout des enfants. Pour la troisième année de suite, nous sommes frappés par le fait que tous ces petits bouts soient si mignons, en particulier les fillettes avec leurs coupes au bol, leurs nattes ou leurs couettes, sans parler de leurs chaussons au bout desquels émerge souvent un personnage de dessin animé. Les poules, les cochons et les canards aussi sont omniprésents, la route faisant partie de leur terrain de jeu. Justement, en observant tout ça, nous nous disons qu'à part la route et les engins motorisés nous avons sous les yeux un tableau pas si éloigné de ce qu'on pouvait voir ici il y a quelques dizaines d'années voire même beaucoup plus. Ce qui est sûr, et ça se confirmera, c'est que le moindre passage dans l'un de ces villages est l'occasion de prendre une multitude de clichés. Pas besoin d'aller aux confins les plus reculés du pays pour voir de l'authentique. A vrai dire, à cet endroit les confins ne sont plus si éloignés...
Nous reprenons le tuk tuk et lui demandons de nous laisser un kilomètre avant Nong Khiaw où nous avions repéré un autre village à l'aller. Nous ferons le reste du chemin à pied, ça nous chante. A l'épicerie, nous trouvons pour 3500 kips les mêmes paquets de cigarettes que ceux achetés à 5000 il y a peu de temps à Luang Prabang. Les filles se sont mises à quatre pour voir les étrangers, nous devons sortir le carnet de notes pour mieux nous comprendre, ça rigole facilement.
A Nong Khiaw, nous prenons encore le temps de flâner, nous traversons le pont construit par les chinois, nous nous baladons un peu dans le village ancien.
Ca change de l'agitation des lieux où nous séjournons parfois. Au bord du fleuve, nous discutons sur le ponton avec un batelier qui souhaiterait tant nous emmener faire un tour, mais nous ferons déjà pas mal de bateau le lendemain et nous ne pouvons pas faire travailler tout le monde.
Au soir, très agréable de rêver devant le panorama offert et difficile d'en détacher les yeux... | | | Bravo pour les photos splendides et le commentaire ébouriffant ! J'attends la suite de vos aventures avec impatience - et je ne suis certainement pas la seule. | | | À: Yozaz · 27 août 2014 à 18:48 · Modifié le 5 nov. 2024 à 15:46 Re: Récit de voyage nord Laos, Chiang Mai, Bangkok Message 14 de 133 · Page 1 de 7 · 18 479 affichages · Partager 15 JUILLET
Au petit matin, sur le balcon, nous nous retrouvons saisis par le spectacle : le jour se lève sur Nong Khiaw alors que d'épaisses bandes brumeuses enlacent les sommets environnants, puis les quittent comme à regret pour laisser la place aux suivantes. Le reste du paysage, un peu plus bas, est éclairé par une lumière blafarde. On dirait que le ciel s'est abaissé de plusieurs crans dans un tableau que se disputent l'irréel et le magique. Tous les matins ne sont pas prodigues de tels spectacles. A son apparition, le soleil rompt un peu du charme mais se fait pardonner en restituant ses couleurs au panorama.
Le petit-déjeuner est surprenant de qualité chez Vongmany, ils nous auront d'ailleurs servi la meilleure confiture de tous nos séjours en Asie. Et pour un français, ce n'est pas un détail. Nous prenons le soin de leur dire tout le bien que nous pensons d'eux avant de partir, manifestement ça leur fait plaisir autant qu'à nous.
Nous nous présentons à 11 heures au ponton afin de prendre le bateau pour Muang Ngoi. Ils sont esthétiques, ces petits bateaux étroits et tout en longueur qui sillonnent fleuves et rivières. Madame se débrouille pour avoir un acçès à la " première classe " pour moins souffrir : ce sont les six gros sièges disposés à l'avant, dont on ne sait pas trop s'ils ont été extraits d'un bus ou d'un avion. Les autres passagers se retrouvent bien tassés sur une petite superficie, collés aux voisins et en face à face, les genoux bien repliés et les fesses sur le banc de bois nu. Il faut bien l'avouer, ce n'est pas le summum du confort.
Le trajet dure presque exactement une heure, la coque est basse et on touche l'eau en tendant le bras. La végétation tropicale recouvre les collines proches, à l'arrière plan se profilent de petites montagnes. Nous avons plaisir à revoir les grands bouquets de bambous que nous avions découverts avec ravissement au Vietnam. Un bref arrêt de temps à autre permet de déposer quelqu'un et de remettre un courrier ou un colis. Lorsque l'intéressé est absent, la lettre est jetée dans sa barque...
Lorsque nous arrivons, l'impression de coin perdu est nettement plus prononcée. Un gros bloc de plastique blanc rigide permet de passer du bateau jusqu'à la terre ferme. Cette fois, il n'y a plus de route. Nous sommes en train de récupérer nos sacs quand un jeune occidental vient nous demander, l'air un peu préoccupé, si nous savons où nous rendre. C'était le seul point de chute non clairement défini de notre séjour, nous avions bien l'intention d'aller à une guesthouse située au pied de la colline, déjà recommandée par certains. Ce qui nous a convaincus c'est qu'il savait vendre son produit sans nous forcer la main. Le meilleur argument c'est que les chambres donnaient sur la rivière et qu'il n'y avait pas loin à marcher. Il nous a expliqué qu'il est marié à une laotienne, qu'ils venaient de racheter ce bien et de le remettre en état. Quand il s'est retourné pour nous précéder, à la vue de son bermuda en jean défiguré, si l'on peut dire, par une grosse déchirure au niveau de l'entre-deux-fesses, nous avons pensé que ce serait une bonne chose que de l'aider à se renflouer. Notre chambre donnant sur la rivière nous offrait une vue bien agréable, un lit tout à fait correct, une moustiquaire mais un ventilateur poussif. Une affaire franchement honnête pour cinq dollars.
Nous sommes vite allés nous restaurer à la plus proche cantine familiale. C'est le gamin de la famille qui prenait les commandes, un bonhomme de dix ans plein d'aplomb, assez drôle dans sa manière de tenir son rôle de petit homme. Nous pensions devoir nous contenter de plats médiocres dans ce coin et finalement nous nous sommes régalés une fois de plus.
Lors de ce passage express, pas de temps à perdre. Il fallait trouver quelqu'un pour nous promener un peu plus loin vers le nord, on nous avait dit le plus grand bien du parcours à faire dans la direction de Muang Khoua. Nous sommes donc repartis sur une barque à moteur avec un jeune homme du village. Le but était de remonter la rivière pendant une heure avant de revenir au point de départ. Très vite le déplacement d'air sur l'eau nous a apporté un peu de fraîcheur. Sur les berges, c'est passé de la végétation tropicale à la jungle, à notre goût très agréable à contempler; là où d'autres jettent un bref regard, ces espaces vierges nous pousseraient plutôt à la contemplation. C'est un bonheur de voir ces espaces préservés.
Nous n'étions pas très chauds pour aller voir le village à côté du fleuve, visite automatiquement incluse dans le pack " mini excursion barque à moteur ". Nous imaginions un ersatz de village authentique, avec buvettes et stands et des dizaines de touristes bedonnants s'imaginant vivre la grande aventure chez les papous au milieu d'autochtones blasés affublés de costumes bariolés. Nous avons renoncé à dire non merci parce que le petit jeune avait vraiment l'air formaté pour nous y amener, mais aussi parce que cela nous ferait une pause avant le trajet retour.
Le temps d'accoster, de monter sur la berge, de gravir quelques marches et au détour du chemin se présente un autre monde : un vrai village propret, bien conçu avec de larges allées entre les groupes de maisons. Une atmosphère très tranquille, une impression de sérénité. Pas âme qui vive à part les locaux. Seul notre jeune guide semblait inquiet, il a pris le plus grand soin à nous faire réaliser l'aller-retour en ligne droite et semblait souffrir mille morts à chaque fois que nous avons dévié du chemin pour voir une plante, dire bonjour à un enfant, discuter avec une tisseuse. Les personnes avec lesquelles nous avons communiqué étaient pourtant joviales. C'était comme si le passage dans le village était une concession faite au tourisme, à condition que cela ne procure pas de gène aux habitants. Si c'est le cas, on peut le comprendre.
Par contre, il n'y a pas d'objection à ce qu'on aille voir le fruit de l'artisanat local. Devant quelques maisons sont suspendues les réalisations des femmes du lieu. Nous en avons vu deux ou trois assises au travail à leur métier à tisser.
L'une des villageoises, quand nous réussissons à lui faire comprendre notre question, nous dit que la confection d'une pièce nécessite cinq à sept jours de travail. On se rend bien compte que ce n'est pas du produit industriel. Nous préférons acheter ici que dans les hauts-lieux touristiques. A deux endroits différents, nous choisissons d'assez jolis foulards et ne discutons pas le prix fixé à 50000 kips.
Sur le chemin du retour, le soleil commence à décliner et tant l'angle de la lumière que son intensité nous dévoilent les lieux sous un autre éclairage. Par endroits, les hautes murailles sont plus proches de la rivière et de plus chaque regard vers l'horizon amène son lot de satisfactions.
Un nouveau régal s'ensuit au petit resto local avant une nuit sans clim, un petit peu moins agréable que d'habitude. Lorsque vient le pipi nocturne, qu'on a oublié de garder la lampe de poche près de soi et qu'on ne veut pas allumer la lumière pour ne pas réveiller le partenaire, au moment d'écarter la moustiquaire et de se lever il peut arriver qu'on se demande si on ne va pas poser le pied sur un gentil serpent ou un sympathique scorpion. Mais en général, ça n'arrive pas. | | | Quel bonheur ! je revis ce voyage qui m'a laissé tant de merveilleux souvenirs ! Un jour j'y retournerai c'est sure ! Je me réjouis de lire la suite bientôt. | | | bonjour, un seul mot : bravo grâce à vous je viens "d'y retourner" et c'était bien !! | | | 16 JUILLET
Réveil avant six heures et pour la seconde fois en deux jours, lorsque nous mettons le nez dehors la vision offerte nous transporte. Comme si nous étions seuls avec la rivière, la jungle, les collines et la brume.
Il y a un chemin qui sort de l'arrière du village et qui mène, parait-il, à une jolie vallée. Nous pensions faire cette promenade à la fraîche mais notre plan allait être un peu bouleversé. Nous venions à peine de sortir et de déboucher sur l'artère principale que nous avons aperçu plusieurs groupes de femmes en train d'attendre. Un peu plus haut, des personnes vêtues d'orange qui s'approchaient. Mais bien sûr, ici aussi c'est l'obole aux moines ! Justement nous n'avions pas voulu faire l'obole aux moines de Luang Prabang parce que ça nous paraissait surfait, un peu trop classique si l'on peut dire. Surtout si des touristes viennent leur mettre le flash sous le nez comme cela se produit trop souvent. Les voir arriver dans ce petit village, d'autant plus qu'on ne s'y attendait pas, c'était bien mieux pour nous. Nous nous sommes fait discrets et n'en avons pas perdu une miette.
Après qu'ils soient passés nous allions repartir quand, après avoir été servis par un autre groupe de femmes, les bonzes se sont arrêtés et se sont mis à chanter. Déjà que chaque fois que ça chante dans les temples nous sommes hypnotisés, nous n'en avons pas perdu une note.
Après le petit-déjeuner, nous traversons le village pour nous rendre compte que c'est encore plus authentique que ce que nous pensions. Tout le patelin est en fait une gigantesque ferme. Nous réprimons régulièrement notre envie de tout photographier vu que presque tout est photographiable.
Nous faisons un petit bout de chemin vers la vallée mais malheureusement le temps ne sera plus suffisant et comme les moustiques se mettent à attaquer nous rebroussons chemin en croisant les paysans qui vont rejoindre leur lopin de terre.
Le bateau que nous prenons pour rejoindre Nong Khiaw menace ruine et prend l'eau par une planche fissurée à l'avant. Au bout d'un moment c'est la panne de moteur. Mais ils sont débrouillards et après un quart d'heure nous voilà repartis, pas vraiment sûrs d'arriver.
Trajet sans encombre en minibus pour Luang Prabang. Dans ce sens, curieusement c'est la première partie du parcours qui semble moins accidentée.
Le tuk tuk que nous prenons à Luang Prabang demande également au début cinq fois le prix raisonnable. Nous avons choisi le My Dream Boutique Resort, de l'autre côté de la rivière. C'est dans le haut de gamme de ce que nous choisissons en Asie mais il y a une belle piscine entretenue et le joli jardin tropical donne directement sur la rivière. A noter un jeune manager qui est du pays et qui se distingue vraiment par son amabilité et son efficacité. L'après-midi, nous nous sommes laissés vivre.
Nous avons profité de la navette gratuite de la fin d'après-midi pour faire un saut en ville et sommes allés dîner au Café Toui. Le chef laotien a ouvert ce tout petit établissement après avoir travaillé avec quelques chefs français. On ne peut que recommander son assortiment de spécialités laotiennes. Il y a un petit quelque chose de grande cuisine, y compris les portions qui ne sont pas énormes. Ca vaut le déplacement mais là aussi le prix n'est plus le même.
Nous poursuivrons demain notre découverte de Luang Prabang. | | | Bonsoir,
Récit aussi savoureux que le précédent. Merci! 
Et aussi addictif. A demain! | | | Bonjour, moi aussi je suis fan...Merci pour ce superbe carnet, les photos sont magnifiques | | | Merci à vous JOJOONE 1 Quelle merveille que ce récit du nord LAOS. Ah se réveiller le matin à Muang Noi que j'ai visité 2 fois il y a déja longtemps et de constater que peu de choses ont changé sinon le ponton en plastique plus pratique sans doute que les planches bancales qui risquent de vous faire faire un petit plongeon dans la rivière. Le lever de soleil, le coucher de soleil loin de toute agitation. MERCI++++++++++ pour ce récit si vivant Vous avez un don gardez le et régalez nous de vos récits. Anne | Carnets similaires sur l'Asie du Sud-Est: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 124 visiteurs en ligne depuis une heure! |