| Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Fzoo · 6 avril 2016 à 7:16 · 37 photos 21 messages · 10 participants · 3 650 affichages | | | | 6 avril 2016 à 7:16 · Modifié le 8 avr. 2016 à 8:07 Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 1 de 21 · Page 1 de 2 · 3 043 affichages · Partager #1: Le rêve
En ce beau matin printanier du 6 avril 2016, ensoleillé mais particulièrement froid à Montréal (-8c), je me suis réveillé sur le dos dans mon lit, ce qui est très rare. Le gros sourire aux lèvres, je me suis alors souvenu avoir rêvé à la Thaïlande, quelques minutes ou plusieurs heures plus tôt (difficile à dire quand on rêve), cette Thaïlande dont j'avais tant esquissé les contours, tant jaugé les finalités et qui m'était soudainement réapparue tellement vraie, en couleurs et en odeurs.... Ce dont j'étais sûr, c'est qu'il y a exactement un mois, j'arrivais de mon premier voyage en Asie. Et il y a deux mois exactement, le 6 février, je quittais YUL pour BKK en passant par PEK... Et c'est de ça dont je voulais vous parler ici...
"   " Image attachée: Photo postée par le membre Fzoo. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Fzoo · 8 avril 2016 à 8:06 · Modifié le 15 oct. 2017 à 22:08 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 2 de 21 · Page 1 de 2 · 2 910 affichages · Partager #2 Les idées folles
Lorsqu'on commence à voyager, et je le dis à qui veut bien l'entendre, ça devient comme une drogue et il faut le savoir. En connaître les finalités, savoir se laisser aller... accepter. S'accepter. Plus on voyage, plus ça devient une " routine", une habitude, une obligation voire un rituel. Voilà le bon terme. Un rituel. Impossible ensuite de s'en passer, de passer à côté. À côté de soi. Ce sont des vacances finalement et qui n'en voudrait pas.
Un défi?
Peut-être pour certains, mais pas pour moi. Enfin pas dans le sens "combatif" du terme. Si vous regardez la liste de mes voyages, la plupart ont été préparés et faits sur le même principe; réservation d'autos et/ou de gîtes/hôtels/appart au préalable puis une fois sur place, on se débrouille. Parfois chez des amis ou des connaissances du forum, des fois seul-seul. Pour cette fois-ci, c'était différent. Je voulais partir sans préparation sauf pour mon arrivée. Et avec un sac.
Quitter pour très loin, avec plusieurs heures de vol, l'inconnu comme destination quand ce n'est pas "plusieurs inconnues", là réside l'essence même du voyage, du voyageur. La piqure ne fait pas mal, mais elle transcende... Elle transporte. Et quel plaisir de découvrir, encore...
Juste après mon retour de México en août 2014, à peine débarqué du 737 de Aeromexico, mes amis m'ont tout de suite demandé; -"Tu vas où la prochaine fois? C'est quoi ton prochain voyage? Allez?"
Comme dans un concours. Eux aussi ont la piqûre du voyage, mais ils ne le savent pas. Enfin pas encore. Ils font partie de ma vie, mais je ne les savais pas si férus... Enfin, pas autant que ça. Et il a fallu répondre vite et, à brûle-pourpoint, j'ai lancé:
-" La Thaïlande"! Comme ça. Tout bête. Avec un demi-sourire. 
Durant les 12 mois qui ont suivis, j'ai donc assidûment lu et relu, esquissé et rêvé, discuté avec des amis et amoureux du Siam, ici sur le forum et au travail, acheté des trucs de voyage qui me manquaient (un sac à dos!), pris des vacances en plein hiver (1e fois que je faisais ça!) et puis finalement, je suis décollé, bien simplement avec mon petit Royal Mountain de 35L au début de février... Air China venait tout juste d'ouvrir une liaison directe Montréal- Pékin en 777 alors je l'ai essayé... Prix imbattable, excellent service, équipage un peu rigide à l'aller (fallait voir les hôtesses arriver par petits groupes de 3 ou 4 à YUL-les habitués savent de quoi je parle, cette parade des compagnies aux aéroports- les filles d'Air China sont top, trop grandes, trop noires dans leurs habits, trop droites, même pas sur le tarmac... bref, ça cogne!).
Mais ce qu'on a pu rire avec le cendrier de la porte des toilettes; bien assis à la sortie d'urgence avec un couple qui s'en allait faire la Chine pour 16 jours avec Sinorama (dont 6 vols intérieurs, j'espère qu'ils s'en sont remis les pauvres!), on s'est bidonné à voir la bouille des gens qui faisaient tous tomber le cendrier en voulant ouvrir la porte des toilettes en tirant, au lieu de la pousser. Au moins 20 fois durant le trajet de 14 heures et même en dormant, je me réveillais en riant de les voir, bêtas, puis se plier pour ramasser et remettre le fameux cendrier.... Et puis ça recommençait.... J'ai même pensé à un moment d'aller le chercher pour le jeter.... Mais le plaisir du visuel un peu sadique je l'avoue, allié au vin, à la fatigue, à la pression d'un long vol et au rire contagieux de la dame à-côté de moi...... j'ai laissé faire. On a rit. En ostie.  (*note février2017-j'ai finalement mis le cendrier à la poubelle cette année... Le sadisme a ses limites faut croire!) 
Amateur de vin, je me suis régalé avec ce vin chinois servi à volonté qui était très bon (merlot je pense car impossible de lire l'étiquette et les hôtesses ne savaient pas...et ne semblaient pas vouloir chercher non plus), mais bon. Voyage sans histoire et arrivée à Beijing la veille du Nouvel An chinois vers 17h30...
Mauvais choix, car j'avais préféré réserver mon vol de correspondance vers Bangkok à 7h30 d'intervalle au lieu de celui de 1h30, ayant peur de le rater ou de perdre mes bagages (je me suis fié aux conseils avisés d'un ami habitué de PEK) pendant le transfert enfin...
À la seconde douane chinoise, le préposé très jeune (comme les autres, majoritairement des filles) était très drôle et vraiment pas appliqué à son travail; d'ailleurs les filles lui adressaient des reproches que je ne comprenais pas, mais il avait l'œil complice et il s'en foutait carrément. C'est même lui qui, après avoir étampé ma carte d'entrée, est venu faire ma "fouille" au détecteur de métal pour trouver ma montre de poche qu'il trouvait très belle: -" Elle vient de chez-vous, je l'ai pris sur Ebay!" lui dis-je en souriant.  Gros fou rire, et la " boss" des filles qui le chicane à nouveau...
BCIA, aéroport gigantesque et vide, folie communiste de quelques 4 ou 5 étages de haut avec de grands courants d'air glaciaux, des rangées d'écrans (vraiment) plats qui diffusaient tous la même émission-variété du "Parti" entrecoupée ça et là d'un bulletin de nouvelles tellement rigide que j'avais l'impression d'être psychotique... psychotronique serait le mot plus juste. Tout pour nous faire croire à l'Immense Chine... Grelottant comme une truite dans le Parc des Laurentides en avril, j'ai cherché un recoin pour me terrer et essayer de dormir pendant ces 7 longues heures à attendre dans le sino-arctique; fouillé dans mon sac pour sortir mon petit polar que j'ai mis sous mon veston en lin "DESIGUAL" léger puis j'ai finalement trouvé un trou moins venteux (entre le départ #E9 ET #E10 pour les curieux), couché sur trois bancs, avec mon chapeau comme couvre-chef et l'air qui me passait juste sous la couette du nez... bref, j'ai HAÏS mon arrivée à PEK! En plus, il faisait -5c... 
Départ à 1h05am comme prévu pour BKK, vol de nuit à moitié plein, on avait donc trois bancs pour nous et des tonnes de coussins.... Au décollage, Beijing s'est mise toute belle pour moi avec ses feux d'artifice à chaque coin de rue, immense tableau vivant. C'était la Nuit du Nouvel An et, en m'élevant dans le ciel d'un noir d'encre (de Chine), je me disais et répétais quelle chance j'avais de pouvoir voir ce spectacle magnifique et unique. Une ville sous les feux, non pas de balles, mais bien de vœux...multicolores et silencieux...
" " Images attachées: Photo postée par le membre Fzoo. Photo postée par le membre Fzoo. Photo postée par le membre Fzoo. | | | À: Fzoo · 8 avril 2016 à 13:10 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 3 de 21 · Page 1 de 2 · 2 854 affichages · Partager Bon je sens que ça va être long mais je vais suivre tes aventures avec plaisir. J adore ton petit coté "original poétique" je dirais  . A bientôt alors | | | À: Fzoo · 8 avril 2016 à 13:30 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 4 de 21 · Page 1 de 2 · 2 846 affichages · Partager Sawadee krap
comme Solene40... a suivre
Heureux de constater que certains voyageurs renouent avec des carnets passionnants et décalés
SuisseChis nous avait déjà régalé ces temps-ci voyageforum.com/...-thailande-d7433481/
Et pour ceux qui voudraient patienter en attentant la suite en remontant le cours du temps, des morceaux choisis chez davdevil75
voir en 1° période novembre 2006: voyageforum.com/membres/davdevil75/ | | | À: Fzoo · 8 avril 2016 à 17:59 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 5 de 21 · Page 1 de 2 · 2 805 affichages · Partager Salut,
Tu peux continuer, on est tout attentifs...! | | | À: Fzoo · 10 avril 2016 à 7:46 · Modifié le 15 avr. 2016 à 6:52 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 6 de 21 · Page 1 de 2 · 2 719 affichages · Partager #3 Déjà en 2559? Le jour 1, c'est maintenant!
L'arrivée se fait en douceur à Bangkok, déjà sur le tarmac, il doit faire 29c... à 5am. L'aéroport se réveille tranquillement, moi aussi et je me promène à la recherche d'une compagnie de cellulaire pour me prendre un forfait d'un mois pour mon vieux Samsung E1150 (acheté chez Orange à Paris il y a des lunes et qui me suit à chaque voyage) et ma tablette. Malheureusement, j'ai surestimé ma tablette qui n'a pas de fente "sim" mais qu'à cela ne tienne, on fera avec un vieux cell. True. Déconnage horaire oblige, et en attente de l'ouverture du " airport link" à 6h, je me retrouve au Aluco, petit bistro au 2e niveau qui porte mon surnom; un de plus dans la longue liste de mes " homonymes internationaux", comme quoi on peut être célébré partout dans le Monde sans le savoir. Je remercie la vie, dans mon for intérieur, de me faire de si jolis clins d'œil. Je ne suis pas le seul bien assis aux aurores avec une bière, des allemands et des gaulois sont tout proches aussi. - Les occidentaux boivent donc tout-le-temps, pensais-je qu'ils se disaient-je eux-mêmes en thaï.
Devant son étal, la demoiselle aux fruits frais découpe sa mangue verte avec une habileté toute asiatique et une machette à faire frémir un Boubou Macoute, fruit en morceaux qu'elle ensache rapidement pour les clients qui viendront se sustenter et, comme elle a deux " jobs", vient également me servir ma Leo (1e d'une très longue série), m'offrant mon premier vrai sourire thaï. Elle a son " mauzusse" de masque qui m'empêche de voir l'ensemble de sa beauté, alors j'imagine, sous. Surtout qu'elle passe à mes côtés aux 10 minutes et qu'elle me fait de beaux yeux. Je ris. Elle sourit. Et moi, je bois. 
Départ en train vers 6h30am, ça me donne environ 1heure de trajet si j'ai bien calculé pour rejoindre ma guesthouse (GH) située à Thewet, tout près du Chao Praya, où le check-in est à midi. En quittant l'aéroport, c'est le contact avec l'heure de pointe du matin car il n'y avait pas d' express; à chaque station (il y en aura 7 en tout), les travailleuses et étudiantes (en majorité des femmes, disons 75%. Pourquoi? Bonne question...) s'amassent, silencieuses, bien habillées, fixant leur Iphone inlassablement; au fil des stations, la lumière du jour filtre de plus en plus forte, je vois la banlieue de Bangkok, les autoroutes, les HLM, mélange de cubisme et de pagodes... je me sens bien. J'aime l'ambiance calme et posé d'un matin à Bangkok, ça pourrait être le titre d'une nouvelle à écrire plus tard... On prend des notes.
Phaya Thaï me reçoit donc vers 7am; beaucoup de monde à ce carrefour des transports en commun de Bangkok mais pas de panique, pas de courses, beaucoup de kiosques de bouffe, quelques regards mi-curieux par la blancheur de mes 20 heures de vols probablement. Ou bien parce que je suis " pas mal" malgré tout... N'étant d'aucune presse, je traine la patte volontairement en essayant de tout voir, au-travers des odeurs et de la chaleur qui montent, histoire de ne pas perdre mon chemin mais finalement, c'est tout simple. Les barrières de guérites d'accès au BTS bloquent ma fuite vers l'inconnu... Je suis donc obligé de continuer mon chemin et le kodak se fait aller pour les premières images du voyage en terre de Siam... Des buildings, des rails et... des fils électriques! :) Au hasard d'un des deux escaliers menant à Phaya Thai Road, je choisi malheureusement celui qui mène à l'envers de ma destination de Thanon Si Ayutthaya. Bangkok mène déjà 1 à 0.
Je n'ai pas fait trois pas sur le bout de trottoir qu'un tuk-tuk en furie s'arrête à mes côtés (si je peux faire une analogie gentille, c'est tout le contraire de Paris!). Pour 100 bahts, on m'amène à Thewet! Vendu.
Constatation évidente, il y en a plusieurs; je suis trop grand pour un tuk-tuk, je n'y vois que dalle devant, même en me courbant dans le siège mais pas grave, j'adore le côté "cowboy" du chauffeur et en plus, la fumée des autos/taxis/bus/motos finit de m'assommer de mes 21 heures non-stop. Il y a quelques choses de pervers à voir mon chauffeur lire son journal sitôt arrêté aux feux de circulations (qui sont minutés); ici, on prend son temps mais on ne perd pas une minute. On note.
Je regarde à gauche puis à droite et encore à gauche pour essayer de localiser l'endroit où je suis mais impossible. Des étudiantes en amazones sur des motos nous croisent, des bus nous frottent, les taxis zigzaguent, un cycliste masqué sue à grosses gouttes mais ce qui me saute le plus aux yeux, et qui me surprendra souvent tout au long du voyage, c'est que malgré un trafic intense, rapide et fulgurant, venant et allant de et vers partout en même temps, sans ajouter que tout est à l'envers (sic) ici, personne ne klaxonne, ni ne sacre ou jure, pas de cris ni des grincements de dents ou de pneus. L'impatience est ici persona non grata! Je peine à me voir à Montréal, à sacrer comme un huissier dès que je touche mon volant à cause de ces tapons, ces " branlieusards" comme je les appellent, ceux qui ne savent jamais s'ils sont ici ou ailleurs et qui devraient rester chez-eux... Mais voilà probablement une des raisons qui m'ont poussés à partir. La fatigue, le stress qu'on ne veut jamais avouer et encore moins combattre. KO.
Soudain, passé une arche splendide, comme lorsqu'on entre dans un Royaume, mon chauffeur me fait signe qu'on y est; je descend mais il prend tout-à-coup son téléphone et, après quelques hinks et honks (enfin ce sont les sons dont je me souviens), il me fait signe de revenir m'asseoir. Tout autour, ça grouille de vie; des tuks-tuks, des kiosques de bouffe, des motos, un 7-Eleven, des écoliers et des moines nu-pieds... Je remballe le sac et tout et on repart pour 600m, un tout mini-mini bout de rue en coin-rond plus loin. Le moteur s'arrête soudainement. Un chien jappe. Mon chauffeur se retourne alors vers moi avec un air incertain, l’œil gauche vitreux. Sa main gauche, celle avec laquelle il prenait son journal à chaque feu de circulation, chambranle... Cul-de-sac.
Terminus.
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Oui, ça fait du bien | | | À: Fzoo · 16 avril 2016 à 4:36 · Modifié le 15 oct. 2017 à 22:29 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 10 de 21 · Page 1 de 2 · 2 482 affichages · Partager #4 Incident à Kaolang Home...Soudainement, et peut-être à cause de l'effet " déconnage horaire", mon hyper vigilance (supposément en vacances) redémarre et là, " jet job" oblige, je tente de décoder cet appel à l'aide: téléphone <=> cul-de-sac <=> regard hagard <=> œil vitreux <=> main qui chambranle... Tout va trop vite devant moi. Il va me faire un arrêt cardiaque! Il s'est étouffé! L'homme sort précipitamment du tuk-tuk du côté conducteur (à droite évidemment, Thaïlande oblige!) et pique du nez vers son banc. Je fais de même, en me cognant la calotte nordique de la tête sur le toit! Ouch! 
Le chien jappe toujours et se rapproche. C'est le branle-bas de combat! Le chauffeur fouille partout nerveusement sur son banc, j'aimerais lui demander " si je peux faire quelque chose pour lui nuire" mais je ne trouve pas les mots en thaï et... Ô Miracle! D'un coup sec, Il fourre sa main dans la " craque" du siège et en sort... son verre de contact! 
Me semblait aussi qu'il avait tendance à louvoyer sur sa gauche, m'étais-je murmuré à moi-même un peu plus tôt en roulant sur Thanon Si Ayutthaya au matin. En fait, tout le monde fait pareil à Bangkok. Conduire à gauche. Le sot.
****
L'entrée du seul GH ( Guest House) que j'avais réservé d'avance à Bangkok pour 4 jours est bien comme sur les photos; un très long double madrier suspendu dans le vide qui mène au patio, un chien comme gardien de sécurité, un bric-à-brac savamment bigarré, belle grande terrasse avec vue sur le Chao Phraya, quelques employés s'activent tranquillement à faire la mise en place, eux-aussi d'allures assez loufoques merci. On a la curieuse impression d'arriver dans un cirque au lendemain d'une représentation. Il y a le bossu, la madame à barbe, la belle damoiselle qui flotte et un gros Pierrot qui refait ses bigoudis. Et cet autre individu dont je ne sais pas trop s'il est elle ou lui... Il est 8am et je commande une bière, ouvre ma tablette pour donner signe de vie à mes amis et parents. Je suis peut-être un peu halluciné mais comme je ne peux avoir ma chambre avant midi, je range mes sacs dans un racoin près de la cuisine et je pars explorer les environs. Il n'y a pas de clown qui me suit.
Dusit, quartier familial où se côtoient chauffeurs de tuk-tuk, bouis-bouis familiaux, 7-Eleven, le Wat Thewarat Kunchorn Worawiharn et marchés publics, celui aux Fleurs qui donne sur la rue qui va au quai #15- Thewet longeant le canal et celui couvert de l'autre côté, avec poissons, babioles et tutti quanti. Très vite je me sens chez-moi et les ruelles me sont familières; on me fait des sourires, on m'offre des " tours" organisés, on me regarde un peu médusé mais pas tant que ça. Je termine ma tournée du quartier au Shanti House pour prendre un p'tit déj, un bel endroit baba cool avec une devanture exotique +++, grimpants, fournitures en bois massif, tout pour être dépaysé. Puis, rendez-vous à la GH pour un p'tit dodo bien mérité dans ma chambre en Tek! Déjà 19h quand je me réveille pour aller manger; le patron de la GH est partout sur la terrasse, assez bizarre lui-aussi et très directif à ses employés, rien ne lui échappe. Il me suggère un tom yum servi sur feu ardent, des moules bleues, pieuvre, crevettes, etc. Très parfumé. Soudainement, une délégation arrive et le patron sort le Grand Jeu; cet homme doit être important car tous les égards sont maintenant pour eux. Chaque service est supervisé par le patron, toujours pointilleux. Je prends des notes en terminant ma soupe, et en regardant le spectacle relaxant des long tails faisant l'aller-retour continuel sur le Chao Phraya avec les lueurs de la ville derrière, et le pont Rama VIII en toile de fond. Exquis. Mardi matin, le refoulement de la toilette vers 7am me réveille soudainement et comme je suis au 1e étage, il n'y a pas de dégâts notoires sauf que la lunette est toute mouillée. Ça dure un bon 20 minutes. Bizarre de situation qui se reproduira à chaque jour, même heure même toilette! Un réveille-matin assez original j'avoue... C'est le départ tôt pour le Grand Palais et le Wat Pho, peut-être aussi le Wat Arun si j'ai le temps. En après-midi, je prévois faire le Chinatown. Je ne suis pas pressé et aucun agenda précis, rien n'est immuable, je suis en vacances, pour un mois en plus, aucun horaire et je sais pertinemment que je vais rater des tonnes de trucs mais, aussi, que je vais en découvrir de nombreux autres. À moi le plaisir! Premier contact avec le Chao Phraya Express Boat qui est à deux pas de chez-moi; la veille, j'avais regardé un peu le fonctionnement sur le quai, les endroits où embarquer, etc. Je suis donc à l'aise avec le processus et envoye on part! Je prends donc celui avec le " drapeau orange", avec les locaux et j'adore mon expérience, pour 17 bahts, c'est rapide et fort rafraîchissant! En naviguant, je m'aperçois que le Wat Arun est en rénovation, il y a des échafaudages tout autour. Arrêt au quai Tha Chang et arrivée à 9h20 devant le Grand Palais, déjà foule et des bus se vident.. je marche rapidement avec la foule et à l'entrée, des "gardiennes" surveillent les habillements; je passe la 1e sans difficulté mais la seconde me fait signe de retourner sur mes pas, même si mes bermudas descendent jusqu'au bas du genou. Si je regarde bien sur leur affiche, je suis OK mais elles ne semblent pas l'entendre ainsi. Refoulé, j'avance vers le bureau des punitions où il y a une foule d'infidèles comme moi, une longue ligne attend pour louer des vêtements, ça semble très long et tout ça ne me plaît pas. Je décide de rebrousser chemin et d'aller plutôt au Wat Pho, qui sera plus tranquille et aussi moins cher (selon mes lectures). À la recherche d'un taxi, j'essaie mes premiers mots en thaï et lui en anglais et on rigole pour finalement s'arrêter juste devant le Wat Pho qui était à 3 minutes. Excellent choix. Plus tranquille, très grand et super beau, l'architecture éblouissante sous le soleil chaud et radieux. Je rencontre mes premiers français, des bidochons en vacances assez rigolos. La visite me prend environ 2h½ et déjà, je sens ma gorge sèche... J'assiste au dîner des moines bouddhistes qui ne font pas maigre jeûne croyez-moi! D'ailleurs, la moyenne des tours de taille ici est quasi nord-américaine. On prend des notes à la maison.
Retour au quai Tha Tien où je suis témoin de l'arnaque de " la fausse taxe de navette" (que vous pouvez lire ici => voyageforum.com/...ya-arnaque-d7365565/ ). Je décide de laisser faire le Wat Arun et, toujours le vent dans les cheveux (très courts dois-je le dire, jamais été aussi courts depuis 1981...), je navigue vers le Chinatown. Arrêt au quai Rachawong où, comme mon ami Guy me l'avait bien dit, - "perds-toi dans le Chinatown!" avait-il tonné. Et il avait raison. C'est bien ce que j'ai fait et comme c'était les Fêtes du Nouvel An chinois, les grandes artères étaient piétonnes, toutes décorées avec des musiciens, des saltimbanques, des dragons et de nombreux kiosques de bouffe et.... de cellulaires! Petit constat, qui se reconfirmera tout au long du voyage (bis), ici on vous donne des bouteilles d'eau et elles sont " essentielles"; la bonne hydratation doit être au centre de votre planification de voyage en Thaïlande. Voilà pour ma note de service clinique indicative (et gratuite). 
Curieux et affamé, me promenant devant les étals de bouffe comme une hyène, je passe un moment à regarder la préparation d'une pieuvre entière, marinée et rôtie au BBQ avant de m'en commander une. Elle est toute jaune et la dame me la fait rôtir puis la découpe et y ajoute du curry vert. C'est bon et ça chauffe le québécois! Ensuite, tout près de là, la fringale me revient, je me tape alors un rotee chinois dans un boui-boui. Assis sur un table côté trottoir, bien concentré sur mon plat de nouilles, une femme qui marchait avec un immense bouquet de fleurs devant elle se barre les pieds dans une chaine qui traversait le trottoir à la hauteur du mollet et se plante face devant directement sur le ciment dans un fracas étonnant. Aussitôt par terre, aussitôt relevée, laissant son bouquet déconfit et continuant son chemin comme de si rien n'était. Le flegme thaï j'imagine...
Je marche un peu partout, au hasard des rues bondées et étroites, rues commerçantes qui alternent avec celles plus résidentielles. Il y a de l'animation tout partout autour. Arrêté à un rond-point dont le nom m'échappe, je m'assied car mes pieds n'en peuvent plus; il y a une file de gens qui attendent en plein soleil pour entrer dans un théâtre, une parade pas loin et deux françaises (une mère et sa fille) qui fument comme des cheminées près de moi (autre détail vérifié tout au long du parcours, les européens fument énormément. Pourquoi? Je n'en ai aucune espèce d'idée...). Après une pause, je vais demander mon chemin à un agent touristique, fort sympathique qui trainait par là, et que mon accent thaï a beaucoup fait rire; -"QUOI? Vous êtes débarqué à Rachawong?" me dit-il médusé.
Sur ma carte, il me montre alors où je suis rendu exactement et... j'ai marché au hasard jusqu'au carrefour de Wong Wian Yi Sip Song Karakada Khom Rd! -"You crazy!" dit-il en s'esclaffant...
Il est mort de rire, et moi de fatigue, mes gros orteils semblent en détresse respiratoire et, tout en discutant, je parle de massage dont je vais avoir besoin éventuellement pour mon dos et il me prend alors par le bras et me dit; -"J'ai un excellent endroit pour vous"!
Toujours hilare à cause de mon accent thaï, il me traîne de l'autre côté du carrefour et siffle un tuk-tuk endormi malgré le tintamarre de la parade qui n'en finit plus de finir, probablement depuis plusieurs heures déjà si ce n'est la veille au soir. Ils sont fous ces thaïs! Après quelques salamalecs au chauffeur, me voilà donc reparti en trombe pour une autre adresse inconnue, (40 bahts sera le prix de la course) sous le regard ravi et enjoué de cet homme qui imite mon accent en me saluant du bras droit!
Un massage à Bangkok! Déjà? Honnnn..... 
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Et si c'était le contraire?
"   "? | | | À: Fzoo · 24 avril 2016 à 7:52 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 15 de 21 · Page 1 de 2 · 2 130 affichages · Partager Pas convaincue par le petit déjeuner photographié mais très convaincue par le reste ! 
Et si c'était le contraire?
"   "?
Perso, je trouve ce genre de présentation touchante dans sa simplicité a faire plaisir avec rien de plus que ce qui va être consommé
Alors que, quand je vois la photo d'un cocktail (au prix d'une journée de travail de l'employé qui l'apporte) où, une fleur d'orchidée se cramponne avec désespoir au verre en se demandant ce quelle fout là au lieu d'être admirée dans son environnement de vie cela m'attriste (l'espace d'un bref instant)
Bon c'est pas tout mais, faudrait voir de:
(à suivre)
cordialement | | | À: Fzoo · 24 avril 2016 à 11:37 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 16 de 21 · Page 1 de 2 · 2 093 affichages · Partager Si c'était le contraire je ne lirais pas ce carnet... 
C'est terrible ces pseudo déjeuners internationaux où deux toasts insipides se battent avec un morceau de margarine ou de beurre liquéfié, une confiture industrielle 100 % sucre fraise ou abricot et une omelette graisseuse. 
C'est cela que cette photo m'a rappelé. | | | À: Obeoandpai · 24 avril 2016 à 11:41 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 17 de 21 · Page 1 de 2 · 2 091 affichages · Partager Bah, la fleur d'orchidée évite ainsi de se retrouver offrande à un dieu. C'est donc faire oeuvre de charité que de boire ce genre de cocktail. | | | À: Obeoandpai · 24 avril 2016 à 12:16 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 18 de 21 · Page 1 de 2 · 2 086 affichages · Partager Le cri de l'orchidée, le soir au-dessus du Mékong... | | | À: Fzoo · 25 avril 2016 à 4:57 · Modifié le 14 mai 2016 à 0:25 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 19 de 21 · Page 1 de 2 · 2 035 affichages · Partager #5 Randonnée à 8 mains?
Une fois parti en tuk-tuk vers cette destination inconnue, j'entrai dans un autre Bangkok; plus calme, les rues presque vides, une course effrénée mais sans obstacles. Original. Nous nous dirigions plus vers le sud-est de la ville, vers le quartier de Silom, côté Chao Phraya. Mes méninges fabulaient à l'idée saugrenue d'un massage "thaïlandais", tout exotique qu'on puisse facilement se l'imaginer à... 2.. puis 4..... puis 8 mains? Pourquoi pas....
Terminus dans une petite rue en retrait, où déjà l'air me semblait plus doux que dans la jungle du Chinatown; Bangrak Spa & Massage marquait l'affiche. Devanture proprette, j'entre et me retrouve sur un siège rouge vif, comme un Prince. Le Maître des lieux m'apporte un menu avec les services et les prix et j'explique que ce sont mes pieds/jambes et mon cou qui me font " souffert" ( *). J'y vais pour un "massage à l'huile". 1,000 bahts! Oups. Ok. Ouais. Bon.... Difficile de faire marche arrière, ce sont les vacances..allez, on fonce Alphonse!
Une minuscule dame vient me chercher et en attendant l'ascenseur, il y a cette affiche candide mais évidente où c'est écrit " Massage NO SEX"! (**) Bon. Ok. Ouais. Non pas que c'était nécessairement dans mon Top 3 ce jour-là mais là, de toute évidence, une fois montant dans l'élévateur, mon semblant d'érection mentale retomba à-plat. On biffe à la maison. 
Dans la salle de massage très jolie et épurée à l'asiatique, la dame me donne une robe de chambre, une serviette et un petit sac de plastique transparent avec un genre de bonnet noir. Elle se retire et comme j'ai les cheveux très très courts, je laisse tomber le bonnet et je prend ma douche rapidement puis, robe de chambre sur le dos, elle entre, me fait signe et se dirige vers le deuxième lit; je tombe la robe de chambre devant elle, flambant nu et elle sursaute soudainement, se cachant les yeux en se retournant! Je suis pleinement conscient que mon corps d'athlète sculpté comme un Dieu de l'Olympe peut surprendre au premier abord mais je reste quelqu'un d'ouvert et de très simple, modeste même à l'occasion et au quotidien. -"La beauté sublime s'accepte", pensais-je discrètement.
De son index, elle pointe le sac noir... Je l'examine et me rend compte que ce n'était pas un bonnet de bain mais plutôt... un slip en latex! Le con. De touriste. La dame se cache la bouche en sursautant des épaules pendant que, digne mais nerveusement, j'enveloppe mon superbe Apollon qui, versant une larme chaude, est lui-aussi tout rouge de honte, comme moi. Bangkok prend l'avance 3-0. La partie sera longue et difficile. Je le sens.
***** - "La terre appelle la tête, la terre appelle la tête, répondez...." -....
*****
Dehors, la fin d'après-midi apporte une lumière orangée toute spéciale qui tangue sur le sud de la ville et l'effluve de mon corps caressé flotte au vent comme une fleur de jasmin sur une mer d'huile de coco; du quai ORIENTAL tout près, je reprend l 'Express pour retourner à THEWET, songeant à quoi picorer avant de choisir l'itinéraire de la chaude soirée qui s'en vient. J'ai bien l'intention de meubler Bangkok de mon empreinte.
Bien assis sur la terrasse du Kaloang Home derrière une Singha bien glaçée, une vision sadique m'enveloppe soudainement; -Et pourquoi ne ferais-je pas à nouveau le "farang" ce soir?
Et comme en écho sur le Chao Phraya, un grand rire se fit entendre, glaçant le sang des nombreux convives se sustentant au restaurant, chambranlant les pilotis...
" "
(*) expression humoristiquement erronée que j'adore, empruntée au groupe Rock et Belles Oreilles (**) la photo est authentique mais prise sur l'internet car sur le moment, j'ai été pris de surprise et n'ai pas eu le temps de prendre mon kodak... (***) petite pensée à tous ces artistes majeurs qui nous quittent les uns après les autres, Prince, Bowie, etc... Sans eux, qui serions-nous? Sans l'ART, où en serions-nous? Images attachées: Photo postée par le membre Fzoo. Photo postée par le membre Fzoo. Photo postée par le membre Fzoo. Photo postée par le membre Fzoo. | | | À: Fzoo · 13 mai 2016 à 7:07 · Modifié le 15 oct. 2017 à 22:49 Re: Partir pour le Siam (sans faire chou blanc); carnet d'un homme libre... Message 20 de 21 · Page 1 de 2 · 1 867 affichages · Partager #6: Malheurs sur KSR!
C'est en terminant mon Pad thaï (de bonne thaï, faut-il le préciser-avec un facile calembour) que je décidai d'aller faire un tour sur le fameux Khao San Road à la nuit tombée; d'entrée de jeu, je ne suis pas fou des lieux communs ni des " à ne pas rater" de ce monde. Le Pad Thaï en fait partie (et, en toute confidence, ce n'est pas le plat que j'aime le plus dans la cuisine thaï) et KSR également. J'ai beaucoup lu sur cet endroit inévitable selon certains et évitable pour d'autres et j'ai même choisi ma GH dans Dusit pour ne pas avoir la foule de touristes à ma porte. Grand bien me fasse, un choix plus que judicieux! Il y a l'eau, c'est familial et... un 7/11 pas loin!
Une petite marche de 20 minutes me mène vers ce lieu mythique, antre des restants de hippies/sacàdoseurs baroques fondus à la ville, tuk-tuks à l'affût du moindre farang égaré, bureaux d'excursions cherchant à kidnapper le premier venu... Nous sommes mardi soir, il fait beau à Bangkok et tout en marchant sur Samsen road, je me plaît à penser que rien de tout cela n'est encore arrivé; presque pas de tuk-tuks ni de taxis, une rue calme sans touristes, des boutiques à " tours" qui se font plus présentes à mesure que j'avance, certaines sont même fermées.. Il y a bien des petits cafés minuscules et bondés (ça me rappelle Beaune, allez savoir pourquoi...) mais je cherche plutôt à voir où se trouve le resto de Bruno Blanchet à qui je voulais faire une visite; selon mes sources de dernière minute, j'apprends qu'il ferme le 15 février (dans 3 jours) et lui-même n'est déjà plus à Bangkok! Dommage. Rendez-vous raté. Ça arrive.
Tout en marchant, un coin de rue s'anime, je crois bien être rendu à destination. Je tourne à droite (sur Soi Rambuttri) et m'enfile pour suivre la file de badauds qui marchent, à la queue leu leu, devant des bars, des marchands de bouffe, des vendeurs de fringues, tout ça est bon enfant et je me surprend à aimer l'ambiance... Je marche jusqu'à ce qu'il n'y ai plus grand-chose d'intéressant puis revenant sur mes pas, je me trouve une place assise à un bar/bouffe que j'avais jaugé plus tôt, le "Sawadee" je crois; regardons vivre la vie, avec Bangkok tout autour et une LEO bien fraîche... La nuit est douce...Profitons-en...
Puis une deuxième... le beat des vacances commence à entrer subtilement entre mes deux oreilles... je ne me sens pas encore thaï mais ça ne saurait tarder...
Un femme Karen (Lanna) se promène aller et retour sur la Soi depuis un bon moment, elle porte un des fameux chapeau Hmong (que j'achèterai plus tard à Chiang Rai) et s'amuse à titiller notre attention pour vendre ses souvenirs avec une grenouille en bois de teck dont elle frotte le dos bosselé avec un maillet de bois, ce qui donne un croassement assez juste merci. Malheureusement pour moi, je ne l'achèterai pas (et je ne reverrai pas cette grenouille durant le reste mon voyage, minuscule déception...). Avec ces bières et toute l'activité de cette rue passante, la tête me tourne un peu... des français sont devant moi avec leur tablette et leur cellulaire et leurs clopes, moi, je n'ai rien pris.... Pas de tablette, pas de kodak, pas de sac... et je ne fume plus depuis 13 ans! Je suis venu simplement avec les mains dans les poches... Comme je fais bien souvent, à Paris surtout ou même à Barcelona...
Soudainement, sans crier gare, un gaillard très grand, chauve avec un t-shirt mi-déchiré se lance vers la foule et.... s'accroche les pieds dans le tapis de fleurs, juste à-côté du vendeur d'un genre de crêpes chinoises qui avait un certain public curieux et gourmand disons-le... Des cris se font entendre puis des cloches et là, je sens mon bras qui est tiré vers l'arrière brusquement. Des policiers détalent sur la Soi des deux côtés en même temps alors que je vois le plafond étoilé défiler sous mes yeux à une vitesse foudroyante, je ne porte plus à terre. Des flashs de lumières, des cris, des bouteilles qui se cassent, des coups de feu même, j'ai l'impression d'être dans un jeu vidéo en développement....les bruits s'atténuent.. la lumière aussi puis il y a comme une absence de quelques secondes, minutes ou plus, je n'en sais rien.
Une douce odeur de jasmin et d'encens m'emplit alors les narines, une musique sino-thaï sonne naïvement à mes oreilles, celle produite par ce genre de harpe/luth (khim) que l'on tape avec des petits balais... Je sens dans mon dos une main se glisser vers le bas des reins... Une voix aigue chantonne des mots que je ne comprends pas... Lorsque je reprend conscience, je suis toujours bien assis au Sawadee, les français sont partis, le vendeur de t-shirt est en train de ranger ses chandails dans des caisses en métal, des policiers touristiques viennent dire quelques mots à son voisin de kiosque qui est flanqué de deux étrangers, un rasta et une rousse américaine qui ressemble à Janis Joplin, il y a quelque chose qui cloche mais je ne réussis pas à savoir quoi au juste, mais de sourires convenus on passe rapidement à remballer les maroquineries installées (peut-être illégalement) derrière la table d'honneur. Je termine alors ma bière, chaude, pour me lancer vers l'avant, vers l'autre côté du miroir...
En remontant la rue, du côté est, je me retrouve dans une allée plus large avec beaucoup plus de bars, de massages de pieds et d'autres parties probablement, des vendeurs itinérants comme celui qui vend des larves, araignées et scarabées avec une affiche tout autour de l'étal qui indique " 20bahts for photos or videos"; incidemment ici, tout se paie! Le pauvre gars est endormi, sûrement pas sa soirée la plus faste quoi que... Une fois rendu au bout de la Soi, j'arrive à un genre de rond-point où un grand jeune homme costaud (encore d'allure chinoise) me tape l'épaule en me demandant si je veux des filles!! Des tuk-tuks sont pas loin.. Je lui réponds gentiment que pour ce soir, comme je suis encore sur le "déconnage horaire", je vais passer mon tour... Il sourit gentiment et me rappelle que maintenant, je sais où il se trouve et que donc, si jamais j'ai besoin... Tout en le remerciant, je reviens sur mes pas vers ma GH car demain, si Bouddha le veut, j'ai une autre grosse journée devant moi... Tout autour, la rue est calme, les tuk-tuks sont rangés, les enfants dorment, on n'entend que le bruissement du Chao Phraya tout près. La Thaïlande ne fait que commencer à me séduire...
(à suivre)
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