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Lalee au Japon: les découvertes d'une gaijin entre gastronomie, technologie et traditions
Il y a 10 ans, mon frère est parti vivre et travailler au Japon. Au fil des ans, de ses récits et photos, de ses courts retours au pays et de nos longues discussions sur Skype, j'ai appris à mieux connaître son pays d'accueil. J'ai toujours eu envie de découvrir son Japon, de comprendre son attachement à ce pays, de voir le décor de ses récits pour de vrai. L'âge de mes enfants me permettant enfin de les laisser pour plus de 2 semaines tirer leur plan, je décide de réaliser ce projet cette année.

J'ai acheté mon vol BXL - Tokyo en avril, compagnie Aeroflot (625€). Départ 1 octobre, retour 18 octobre.

Point de vue organisation, pour une fois, je ne me suis occupée de rien! Et j'avoue que cela m'a bien plu pour ce voyage. Relax à 100%, je me suis laissée guider par mes 2 'experts - guides - interprètes' sur place: mon frère (surnom: Fan) et Keiko, son amie japonaise. Quel bonheur aussi que de recevoir toutes les explications sur les moeurs et coutumes de ce beau pays. Tout au long du voyage, mon frère et son amie ont été une source intarissable d'informations et de bons plans qui ont rendu mon voyage 10x plus authentique, intense et intéressant que si j'avais voyagé avec un guide papier. Une vraie réussite à tous points de vue!!

Mon expérience personnelle m'a appris qu'on ne va pas au Japon pour les paysages grandioses même si le pays a beaucoup à offrir. On y va pour un certain choc culturel et technologique, pour l’originalité nippone, pour toutes les surprises que la vie japonaise de tous les jours nous réserve et les 1001 petites découvertes que l'on y fera durant son séjour. On y va pour la gastronomie, pour la très grande hospitalité, amabilité et gentillesse des japonais. On y va pour le raffinement omniprésent et la culture kawaii (mignon). On y va pour l'incroyable beauté des jardins zen et l'ambiance des temples. On y goûtera un certain luxe, l'art de se faire plaisir et de prendre du bon temps. Sans oublier le bien-être prodigué par les onsens...moi qui n'ai jamais été adepte des bains chauds, j'ai bien été obligée de changer d'avis et d’avouer qu’ils savent vivre ces japonais! Oui, le Japon m'a séduite lors de ces vacances ! De retour à la maison, en regardant mes photos, c’est la première fois que j’ai l’impression qu’elles ne reflètent pas exactement ce que j’ai vécu lors de mon voyage. De même que je n’ai jamais vraiment été attirée par le Japon en voyant les photos des autres, je ne peux que conclure : ce n’est qu’en se rendant sur place qu’on comprend vraiment ce qu’est le Japon et que l’on peut pleinement en profiter.

1er octobre. Bruxelles - Moscou - Tokyo

Bien que nous embarquions à l'heure à Zaventem, l'avion ne décollera qu'avec une heure de retard. La cause: l'expulsion d'un pauvre réfugié afghan arrivé dans notre pays à l'âge de 15 ans, parfaitement adapté après 6 ans de vie ici, travaillant comme plombier...enfin une triste histoire. Et il est transporté dans notre avion. Courte escale à Moscou vu le retard pris. Et de nouveau, on part avec du retard pour je ne sais quel prétexte. Sinon, pas de critique vis à vis d'Aeroflot. Très bons avions entre Moscou et Tokyo avec des écrans individuels et pleins de films récents à visionner.

2 octobre - L'arrivée au Japon

C'est avec 30 min de retard que l'on se pose sur le sol de Tokyo. Il fait un temps épouvantable. Ciel blanc gris complètement bouché et rafales de pluie. Mais il fait 23°, on se console comme on peut... Le passage à l'immigration me fait rire, on a reçu 2 petits formulaires à remplir dans l'avion avec les questions d'usage (identité, but du voyage, nombre de jours que l'on passera au Japon...) c'est assez incroyable de voir le nombre de gens qui ne savent pas remplir correctement ces formulaires et qui se font sortir de la file. D'autres russes essayent de passer devant les autres et se font remettre à leur place. L'indélicatesse russe face à la discipline japonaise 😉 Après avoir récupé ma valise, je choisi un douanier qui a une bonne tête (pas passer chez une femme m'a dit Fan), je mets bien mon sac sur le comptoir sous son nez, lui prouvant que je n'ai rien à cacher, je lui explique que je viens en visite chez mon frère ce qui apparement lui plaît beaucoup, il me sourit et me fait passer sans même ouvrir mon sac. Voilà, je viens de passer des denrées interdites (viande et fromage): 4 saucisons pur porc, un bloc de fromage Maredsous, un petit fromage Chimay rond, 1 bloc de Beaufort, 1 bloc de Gouda et 10 tranches de jambon cru italien. Des cadeaux extrêmement apprécié non seulement par mon frère et sa copine mais aussi par mes futurs hôtes. J'ai aussi des denrées autorisées dans mes valises: chocolats et pralines belges. Suivant les indications précises de mon frère, j'achète mon billet de bus, lui téléphone mon heure d'arrivée, change mes Euros en Yens et prends mon bus à 12:05. Ensuite, j'ai 2h d'autoroute jusqu'à Tamaplaza où il m'attend avec un taxi qui nous mène dans son petit quartier tranquille. La petite maison qu'il loue depuis 2 ans, est veillotte, elle fait penser à une cabane des bois mais il y tout ce qu'il faut pour vivre. Et surtout, il vit entouré de verdure sans être loin de Tokyo, au calme, avec le chant des oiseaux et les cric-cric des sauterelles. Il me sert un petit lunch sur la terrasse: délicieux rouleaux de printemps et petits pains de riz vapeur fourrés à la viande. Le temps s'est éclairci, on aura même du soleil. Voici, la petite maison.





Puis, on va se balader dans son quartier, dans les petites ruelles calmes où jouent des enfants.



Ici la majorité des gens ont un potager parfaitement entretenu. Certains taille leur haie en forme de Totoro 😉



On va jusqu'au petit supermarché pour le repas ce soir...Fan nous cuisinera un délicieux repas fait de divers petits plats de poissons super frais: sashimi (poisson cru), tartare de thon rouge, saumon légèrement grillé mais cru au centre, coquillages, salade avec des aubergines cuites de son potager, fèves de soja bouillies de son potager. Keiko termine sa dernière journée de boulot et viens nous rejoindre vers 20h. On se régale ensemble, le séjour gastronomique peut commencer!



A noter, que Keiko a pris 2 semaines de vacances pour voyager avec nous, chose assez mal vue au Japon (en général on prend au maximum 5 jours) et donc elle n'a pas eu sa promotion à cause de cela. Voici ma petite chambre, on a empilé quelques futons pour me faire un nid douillet. J'y dormirai très bien.

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Pourquoi voyager?
Bonjour à tous,

J'ouvre cette discussion dans le simple but d'établir une "conversation " autour du sujet.

J’exclue de mon propos celles et ceux qui font des "voyages" humanitaires, l'objectif est clair. De même, ceux qui voyagent pour réaliser des reportages, documentaires... Je m'adresse à ceux qui, comme moi, ont la chance de pouvoir découvrir tout ou partie du monde, que ces voyagent se fassent en solo, en famille, en groupe...peu importe, malgré les différences que cela suppose - le contact d'un groupe en bus sera bien évidemment différent d'un voyageur sac au dos !

Alors, pourquoi voyager ?

Voyager, à mon sens, c'est découvrir le monde - planète et habitants - dans autant de diversités qu'il est possible. Réaliser que le monde est un.

Pour ce faire, la mémoire, tous les sens sont en action en parallèle avec l'appareil photo.

Après, qu'en reste-t-il ?

Si ce ne sont que des souvenirs, à la limite à quoi bon. Le problème c'est que la mémorisation disparaitra avec notre mort, autrement dit, si on s'en tient à ça, il y a un côté "égoïste", je n'ai pas le mot exact ! Donc, il faut faire de ces voyages autre chose de complémentaire.

Et si ce quelque chose était le fait de pouvoir transmettre ce que l'on a appris, compris, ce que les voyages ont changé en nous, notre vision du monde et de l'humanité ? Cette humanité dont on voudrait bien voir l'avènement meilleure et plus éclairée.

C'est, surtout, transmettre à ses enfants cette vision.

Sinon, les voyages et leurs traces seront aussi fugaces que notre existence.

Merci de m'avoir lu Bonne journée.
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Traversée de la Chartreuse en solo
Trek solo n°6

On admettra que cette année fut spéciale. Je devais faire la traversée de Majorque en avril et puis... SALUE JE M'APPELLE COVID 19 ET JE VIENS VOUS FAIRE CHIER. Du coup, peu de projets pour cet été, difficile d'estimer les possibilités de voyage à l'étranger, pas très envie non plus de faire circuler cette merde... Alors je me rabats sur mes chères Alpes, ma foi de très bonne qualité. Début juillet, je consulte mon pote David, un normand exilé au pays des montagnes, pour savoir quand il sera chez lui, à Chambéry. Je cale donc un périple fin juillet, de Grenoble à Chambéry, via le massif de la Chartreuse, et en profiterai pour lui rendre visite.

Trajet réservé : départ le 25 juillet en train vers Grenoble, retour le 2 août en bus depuis Chambéry.

Je m'attends pas à quelque chose d'exceptionnel, je sais pas pourquoi. Ça a l'air très joli, mais pas très haut, et pas très sauvage. Mais après ces derniers mois bizarres, ce confinement éprouvant et les longs mois sans nature, un peu de montagne ne peut me faire que du bien. Et au moins, même si la météo n'est pas avec moi, je vais pas crever de froid, pour une fois (les plus hauts sommets sont à 2000m environ).

Après un petit séjour en Normandie natale et quelques trips de Caen, me voici en halte en région parisienne pour faire mon sac, la veille du départ. Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'accès à l'eau. Il n'y a pas beaucoup de neige l'hiver (voire pas du tout certaines années), donc très peu de rivières en altitude. Les sources sont pour abreuver les troupeaux et bergers, mais souvent, l'été, elles sont à sec... Je checke quand même les dernières mises à jour des randonneurs sur refuge.info, qui recense tous les abris et les sources, pour voir un peu l'état des lieux. Ça devrait le faire. Je prends quand même 3 gourdes de 75 ml au lieu de 2 habituellement, ce qui me fait au maximum 2,25L d'eau en réserve.

Je blinde mon sac de 50L : 13 kg sans eau. Mh. Je sais pas comment je me démerde pour me retrouver avec autant de poids. Je lis pas mal de carnets de randonneurs qui portent 8 kg. Pourtant, j'ai pas prévu beaucoup de bouffe, peu d'habits, le strict minimum pour l'autonomie... Je comprends pas comment ça peut monter aussi haut pour seulement une semaine, d'ailleurs je me pose la question tous les ans.
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L'Inde, est-ce aussi difficile d'y voyager, sale et voleur qu'on le dit?
Bonjour tous! Nous avons fait le Pérou, la Bolivie, l'Équateur, l'Amérique centrale, la Thailande, l'Indonésie et maintenant nous voulons faire l'Inde.

Nous avons entendu dire à plusieurs reprises, surtout dans les guides et par des voyageurs que l'Inde est une poubelle à aire ouverte, comparée aux pays que nous avons déjà visité. Nous ne sommes pas des voyageurs luxueux, mais tout de même, nous aimons minimalement un peu de propreté, de salubrité et un cachet coquet. Quand nous voyageons, nous ne prennons jamais les hôtels très très bas de gamme, nous sommes dans la moyenne des prix, disons. À quoi devons-nous nous attendre en Inde ? Surtout ce qui a trait à l'hébergement, la nourriture, est-ce vraiment si pire que ça ? Nous avons couché dans le fin fond de l'Indonésie dans l'ile de Flores, dans des endroits très rudimentaires, je ne peux pas croire qu'il n'existe pas des endroits minimalement sympatiques en Inde...dans le sens où on veut être en mesure de pouvoir déposer nos sacs par terre dans les chambres...C'est ce que plusieurs voyageurs nous ont confié...C'est trop malpropre...on ne peut pas déposer les sacs par terre au risque de se retrouver infesté de bestioles ou autres....Qu'en est-il ?

Alors les amoureux de l'Inde, manifestez-vous! hehehe
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Shanti India... Bombay, Jaisalmer, Benares...
Mercredi 5 septembre: Jour J!!! Toutoubidou!!!!!! Enfin il est arrivé ce fameux jour J...

Je monte dans l'avion, un tout nouveau boeing 777 avec télé privée et service nickel. Vol sans escale (jet airways Bruxelles Bombay et Delhi Bruxelles = 530€) 2h du mat', je sors rapidement de l'aéroport de Bombay... Je cherche Padmini des yeux, je connais Padmini via un site web: couchsurfing.com, elle m'accueille chez elle deux nuits gracieusement. Une jeune femme arrive, là voilà! Elle est accompagnée d'un ami ayant une voiture, et nous traversons la banlieue pour arriver chez elle, un joli appartement avec ses deux chats. On papote gaiement, je lui offre les pralines belges et je m'endors comme un bébé, reçue comme si j'étais une amie de longue date!!! C'est quand même incroyable de venir chercher à 2h du mat' à l'aéroport, qqun qu'on ne connait que d'un site web!

Jeudi 6/9 Je sors et vais me balader, faire qques courses, regarder la rue, les gens, j'en prends plein les sens... Je visite le vieux Shitala temple tout près de chez elle, et je rentre. On papote beaucoup, on se raconte, on s'apprecie

Vendredi 7/9 J'ai quitté Padmini le coeur lourd, son accueil fut formidable... En passant devant un net café j'imprime qques photos que j'ai faites hier au temple d'une femme et de sa fille, et vais les lui donner. Qu'est ce qu'elle est heureuse! Moi aussi!

Je prends un taxi (le sagouin qui m'arnaque...) et vais au Léopold café ou j'ai rendez vous avec Djoh, de Vf. Djoh est expat' ici, et en échange des bières blanche de Hoegaarden, il me donne mon ticket de train pour partir ce soir. Il arrive avec son pote Armand, bien sympas tous les deux. Je me bois un café glacé, et on se quitte déjà. Dans la rue les échoppes débordent sur les trottoirs, si bien qu'il est plus facile de marcher sur la rue. Les mendiants pululent dans ce quartier touristique... Je cherche à vendre un vieux argentique, je n'obtiens qu'une carte mémoire de 2GB en échange. J'ai 5Gb pour 9 semaines, ca devrait aller...

Je vais à la gare, VT station, en passant devant beaucoup de monument style anglais, dans le tumulte de la ville et de la circulation indienne, ca flashe. Dieu que j'ai chaud, mais hors de question que je me plaigne, trop heureuse d'être ici J'achète mon ticket de train pour la gare de Lokmanyatilak, d'ou part mon train pour Khandwa. Je monte dans le wagon de queue réservé aux femmes... Il y a du monde... Pas de place assise, je reste près de la porte pour avoir de l'air. (les portes des trains sont toujours ouvertes en Inde, c'est normal...) Des femmes continuent à monter... Le train démarre et je suis aussi coincée qu'une sardine dans une boite 100x trop petite... Bien sur je suis la seule touriste, on me regarde, on me sourit, je souris en retour, sachant à peine respirer au milieu de ces belles indiennes... Je les trouve vraiment toutes belles! En sari, salwar kemiz ou en jeans. Je suis d'ailleurs étonnée d'avoir vu autant de femmes habillées à l'occidentale à Bombay, bien plus que lors de mon dernier passage dans cette ville en 2003. Enfin j'arrive à Lokmanyatilak station, je parviens à sortir du wagon et je me retrouve saine et sauve sur le quai. Le trajet fut bien plus rapide que ce qu'on m'avait dit, me voilà arrivée 10x trop tôt. C'est pas grave, j'ai faim, et vais à la cantine de la gare. Je choisis un riz biryani aux légumes. Délicieux malgré plein d'épices bien hot... Une femme m'invite à sa table, elle parle bien l'anglais. Mariée (par amour, on est à Bombay, ca se fait plus qu'ailleurs) recemment, elle va dire bonjour à sa belle famille. Son gentil mari arrive, et comme nous prennons le même train, nous nous dirigeons sur le quai et continuons à papoter... Chouette, le train arrive et j'ai une couchette du dessus. J'aime celles du dessus, car ca ne me force pas à faire la conversation et je peux m'allonger de suite. Par contre j'ai les ventilo à 20 cm de ma tronche, et ils ne sont pas silencieux... J'essaie de dormir sans beaucoup de succès...

Enfin me voilà à Khandwa d'ou je vais prendre le bus pour Omkareshwar, mais d'abord, la consigne. Je dépose mon sac à dos au trois quart vide, et je prends un rickshaw pour le temple. Comment s'appelle-t-il? Dada Ji? Oki, allons au dada ji temple... 20 roupies, ca roule. (35cent)

La ville est toute petite, et si tôt le matin, toute calme, toute tranquille. Le temple n'est pas incroyable de beauté, mais il est très sacré. Je suis gentiment invitée à prier devant la tombe du saint homme. Comme je veux partir, une puja commence, (la puja est un rituel d'adoration, plus d'infos ici: http://www.elishams.org/Puja.html) Dans un gigantesque brazier, se consume des centaines de noix de coco, le prête chante, les fidèles l'accompagnent et frappent dans leurs mains aux rythmes dingues de deux gros tambours. La mantra (prière) qu'ils chantent est très belle... Quelle différence que d'écouter des mantras chez soi à la maison et dans l'ambiance d'un temple en Inde... Et comme la Parvat est très émotive, j'ai du mal à refreiner des sanglots... Les yeux mouillés de bonheur... Je suis en Inde, l'Inde profonde des villages, l'Inde que j'Aime et qui m'a tant manqué... Deux ans que je ne t'avais plus vue... Je remercie Dada Ji, Ganesh et tous ses potes, de me permettre d'être à nouveau dans ce pays adoré, et de connaître un moment de bonheur d'une telle intensité...

http://www.dailymotion.com/video/x3spg1_puja-au-dada-ji-temple_travel

En sortant, deux vieilles femmes ne me disent pas Namasté, mais "Hare Om", je leur répond de même "Hare Om" avec un grand sourire. Elles viennent vers moi, et je continue à sourire, rayonne de bonheur et elles le voient bien Malheureusement je ne parle pas hindi, alors après ces bonnes vibrations partagées, je m'en vais rejoindre le rickshaw wallah (conducteur de rickshaw) qui me ramène à la gare lentement, à travers le gros et bien tranquille village de Khandwa, vers la gare. Je reprends mon sac, et monte dans un bus pour Omkareshwar... Installée à une fenêtre (ouf) je regarde une mère dire aurevoir à son fils. Comme elle est belle... La peau marquée par l'âge et les cheveux grisonnants mais un regard tellement doux, tellement rempli d'amour... Après deux heures dans ce bus d'un autre âge, roulant sur des routes plus défoncées que ca, ca ne doit pas exister, j'arrive à ... Ah ben non, je ne suis pas à Omkareshwar, je dois encore prendre un tempo... Genre de rickshaw allongé de partout... Datant d'au moins 1950 si pas avant... 😏 Pour le faire démarrer, je vois un indien au volan, l'autre qui tire sur une corde sous le capot, pour lancer le moteur... Apparemment c'est normal, j'en vois un autre démarrer comme ca aussi

Bien serrée contre 15 autres personnes, on me regarde comme si j'avais une excroissance monumentale sur la figure... Enfin non, on me regarde normalement, je suis juste blanche aux yeux clairs... On m'offre des cacahouettes grillées, ca ne fait qu'accentuer mon impression d'être un bonobo dans une cage, mais non, c'est normal, tout le monde dans ce vieux tempo, mange des cacahouettes grillées... La route est tout aussi défoncée que tout à l'heure. On fait la conversation... Country? Belgium.... Maried? 😏 etc... Et 3/4 d'heure après, on arrive à destination: Omkareshwar.

Omkareshwar, je cherche la rue principale, n'ayant pas envie de demander à qqun ou sont les hotels... je monte une rue de terre seche bordée de petites gargottes... J'ai chaud, j'ai l'impression que mes 6 kilos de bagage en font 20... J'ai faim... Pas de pancake à l'horizon, je m'arrête et grignotte des samosas... Purée c'est hot!!!! Sont malades ces zouaves!!! Mais comment peuvent ils aimer ca??? En tout cas, ca dégage... Je me mouche dans les mains et me les lave... On me regarde en souriant comme pour dire... "C'est presque bien, encore un peu de pratique et ca ira" j'attrape mon petit sac et reprends la route... Je vois un guest house, le visite, mais quoi? 8€??? Non non non, c'est trop cher pour moi, j'veux pas l'air con, ni la télé... Plus loin je vois un panneau "Ganesh guest house", allons voir... Mon guide est vieux, donc pour les hotels, je me débrouille autrement... Il est mignon ce guest house, un autre voyageur est attablé. Je visite une chambre, assez grande, 150 roupettes, salle de bain nickel, vue sur la rivière Narmada super. En m'inscrivant dans le registre, je vois que Eli était là il y a 10 jours!!! Vivement que je la revoie!

Je m'installe, papote avec l'autre voyageur, et allons regarder le jeu qui se déroule sur la Narmada aujourd'hui... Une corde est tendue au dessus du fleuve, les candidats doivent s'accrocher et parcourir un bon 50 mètres, jusqu'a une gerbe de fleurs attachée à la corde, et ce sans utiliser leurs jambes. Le gagant recoit 2500 roupies, (45€), un mois de salaire pour beaucoup d'ouvriers. C'est marrant à voir tous ceux qui se casse la figure et qui tombe dans l'eau. Beaucoup ne savent pas nager, donc d'autres, installés dans des pneus(chambres à air plutôt) de camions, flottant sur la Narmada, regardent la scène et aident ceux qui en ont besoin.

Je ne fais pas grand chose ce pemier jour... Je pars sur l'île en forme de Om, entre la Khaderi et la Narmada, toutes deux rivières très sacrées, mais il commence à pleuvoir... Je me réfugie dans un chai chop, et reçois mes premières leçon d'hindi! Il n'y a pas grand monde qui parle l'anglais dans les environs... L'est chouette ce chai chop, et il pleut longtemps sans arrêt à fond la caisse. J'y reste donc longtemps, j'observe la tête des gens dont tout un groupe de brahmines habillés de blanc, ils rigolent a mon accent dans mes tentatives d'hindi, je rigole aussi Bien sur, j'ai toujours deux grands enfants, mariée depuis 20 ans mon mari n'aime pas l'Inde, et me laisse y aller seule régulièrement... Bien sur, si lui ou moi allons voir ailleurs, c'est le divorce, on se fait confiance. Yes i'm a good woman! C'est ce que je raconterai tout le long du voyage quand au pourquoi je suis seule...

Ce voyage ci m'aura fait prendre conscience d'une chose... Je prends de l'âge... Ce n'est plus des "hello sister" auxquels j'ai droit, mais des "hello mama" (vous verrez les djeunes! ca viendra + vite que vous ne le pensez héhéhé, pardon, shanti Parvat...)../...
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Walks in the Kingdom of Siam
Sometimes a trip to Thailand starts in a hotel near an airport, where guests have misunderstood the meaning of the name easyJet...



We know all too well that this long flight will leave us a bit jet-lagged when we arrive...



all while hoping we won’t start our stay completely...



Still, we’re lucid enough to notice that they could’ve at least leveled the ground before adding the decor at the airport:



As always, our arrival is under the watchful eye of some...



under the frankly curious gaze of others...



but of course, there are plenty who couldn’t care less...



All that’s left is to set off exploring, while staying cautious so we don’t get caught off guard...

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Trois semaines magiques au coeur des parcs de l’Ouest américain avec nos 3 enfants
Bonjour à tous, Suite à notre 1er voyage en famille dans le Southwest il y a 2 ans, au cours de l’été 2015, je n'avais pas spécialement prévu de rédiger un carnet, préférant consacrer mes soirées à préparer en détail le prochain voyage.

Mais à force de lire des carnets, je me rends compte que chacun vit, ressent à sa manière chaque site visité, et chaque carnet, avec les photos et descriptions qui l’accompagnent, peut nous inciter ou au contraire dissuader d’explorer tel ou tel site.

Comme j’ai quasiment bouclé la préparation de notre prochain trip prévu cet été, et que je me languis trop du prochain départ, je me lance… avec beaucoup de retard. Cela me permettra de me remémorer d'inoubliables souvenirs vécus en famille.

Même si le voyage commence à dater, nous nous souvenons, du moins pour les plus grands, d’énormément de détails, parce qu’un 1er voyage dans le Southwest, cela marque... Même Timéo qui n’avait même pas 5 ans se souvient encore de pleins de choses. Comme quoi ce voyage nous a bouleversés !

J’espère que ceux qui se posent des question sur la faisabilité de certaines randos avec des enfants en bas âge, seront convaincus qu’on peut faire pleins de chose avec des petits bouts de 4, 8 et 10 ans, en préparant un minimum les randos avec gps.

Voici notre programme réalisé en 3 semaines 1/2 : - Las Vegas - Valley of Fire SP - Yant Flat - Cedar Breaks - Zion NP : un peu des 3 secteurs - Bryce Canyon - Kodachrome SP - Willis Creek - Boulder - Capitol Reef - Goblin Valley – Litle Wild Hose – Crack Canyon - Wedge Overlook - Buckhorn Petroglyph - Arches NP - Canyonlands : Island in the Sky - Un peu de Needles – Chessler Park, le reste étant « remplacé » par Durango - Mesa Verde - Monument Valley - Horseshoe Bend - Yellow Rock + Nautilus - Toadstool Hoodoos - Edmaiers Secret - White Pocket - Paw Hole - Wire Pass – Buckskin Gulch - Blue Canyon - Grand Canyon - Route 66 - Retour LV
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Retour sur 3 semaines de Los Angeles à Salt Lake City, en passant par Moab et Yellowstone
Voilà donc avec un peu de retard, du aux péripéties (bonnes et mauvaises) de la vie, mon retour sur un voyage de 23 jours dans l’ouest américain. Voyage effectué du 27 mai au 20 juin 2016 Je tiens bien sûr à remercier tous les forumeurs qui m’ont aidé à le préparer, et à le réussir, je crois, car tout s’est remarquablement déroulé, après Los Angeles. C’était là notre 2ème voyage dans cette belle région des États Unis, et nous en avons encore l’agréable souvenir. Nous, c’est Anne mon épouse et moi. Nous avons tenu notre itinéraire, et avons dépassé les 5000kms. Nous avons bénéficié d’un temps magnifique, avec même de fortes chaleurs à Torrey et Moab. Une matinée de pluie et un orage, court mais intense à Yellowstone.

27/05: arrivée à Los Angeles, jusqu'au 1er juin à Santa Monica. 1044 4th St. 310 968 2166 Location Airb’nb Location véhicule aéroport Alamo via Carigami 1er/06: Vol intérieur pour Salt Lake City. Location de véhicule Avis Départ pour Salina (Econo Lodge) 2/06: Salina, Bryce Canyon, Cannonville (Grand Staircase Inn, déjà pris en 2014, bon hôtel) 3/4/06: Torrey, par la scenic road12, Boulder, un peu de Burr trail Road… Capitol Reef (Hôtel Broken Spur Inn) 5/6/7/8/06: Moab (Hôtel Inca Inn) 9/06: Flaming Gorge (Nuit à Red canyon Lodge) 10/11/06: Greybull (Historic Hôtel Greybull) 12/13/14/15/06: West Yellowstone (Alpine Motel) 16/06:Grand Teton. (Colter Bay Village cabins) 17/06: Colter Bay-Antelope Island (Best western Plus Canyon Pines à Ogden) 18/06:Antelope Island (Little America Hotel à Salt Lake City) 19/06: Salt Lake city, restitution du véhicule vers 14h30 Retour en France.

Récit à suivre...

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Carnet de route: de l'air, de l'eau, la vie Namibie!
Retour sur Namibie : de l’eau, de l’air, la vie Namibie !

05 juillet – 22 juillet 2008

GENESE Tout commence en avril 2007. Non, en fait tout commence il y a bien longtemps. Joss a 8 ans quand, insatiable petit rat de bibliothèque, elle tombe en arrêt devant des images de dunes d’une beauté à couper le souffle. Des dunes rouges, des dunes plongeant dans la mer, des dunes survolées par des fous dans des montgolfières d’un autre âge…Et des oiseaux par milliers dans un paradis aquatique surplombé de dunes dorées. Afrique du Sud-Ouest, elle ne le retiendra pas. Mais resteront gravés Namib et Sandwich. Jusqu’en avril 2007. Les 2 garçons du couple sont invités par leur grand-père à passer les vacances d’été en Martinique. Joss et Rémy vont donc passer leurs premières vraies vacances en tête à tête ! Premier projet : Cuba en sac à dos, hébergements et transports locaux. Mais Cuba semble vaciller en juin 2007. Joss en profite pour glisser : Namibie. Et un peu à la façon « Grisemote », Rémy, peu surpris de ce choix (20 ans de vie commune…), répond : tu comptes jouer au loto ?!Joss se met au travail, découvre voyage forum, investit rapidement dans de l’anti-cernes et reçoit le soutien inespéré de collègues de son mari qui rêvent de Namibie depuis qu’ils ont sillonné l’Afrique du Sud en 4x4. Ils offriront même un magnifique calendrier 2008 consacré à ce pays. Lorsque Rémy désignant une photo demandera : « on ira, là ? », Joss répondra oui ! et achètera les billets d’avion dans la foulée !Le dossier sera bouclé à quelques exceptions près à la mi-avril 2008, le décollage prévu pour le 05 Juillet.

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VOLS : Bâle-Mulhouse/ Francfort – Francfort/ Windhoek - et retours, opérés par Lufthansa et Air Namibia.156 + 829 euros, soit 985 euros par pax, billets achetés sur internet en oct.07.RESAS : Séjour plutôt court. Joss et Rémy espèrent profiter de chaque minute, sans avoir à chercher leur « logement » au quotidien. Ils passeront par Tourmaline, qui en plus de conseils avisés et (très) patients, dispatchera la somme envoyée vers les différentes nuitées retenues. Economie non négligeable de frais bancaires. Et l’on verra plus tard que les vouchers auront leur utilité.TYPE DE VOYAGECircuit en autonome, en 4x4 équipé camping plus frigo. 2 guest farms, 1 maison d’hôte, 2 nuits d’hôtel à Walvis Bay, 1 tented camp et 9 nuits sur le toit du 4x4VOITUREToyota Hilux diesel, louée chez African Tracks. Voiture parfaite, confortable, spacieuse, pneus de 1ère qualité . Cette voiture : que du bonheur, enfin pour celui qui conduit. L’autre fait la tête en attendant son tour ! 4200 kms sans avoir ni à sortir le cric, ni à chercher l’adresse d’un garagiste. De retour en France, nous éviterons de froisser la susceptibilité de notre Toyota…Yaris. Prix : env.1400euros + env.50euros le frigo + env.500 euros d’assurances « zéro excess ».

· Carnet de route et d'humeur(s), celui d’une « pie » qui écrit autant qu’elle jacasse, c’est pas peu dire et vous voilà prévenus !

Samedi 05 Jul : Bâle Mulhouse – Frankfurt—Windhoek : enfin ! Ca y est, l’avion traverse quelques perturbations et se pose avec un peu de retard à Francfort. Peu importe, il est 16heures et la correspondance suivante pour Windhoek est prévue à 22h30 à partir du même terminal… Direction la consigne à bagages puisque Rémy et Joss, échaudés par de malheureuses expériences de vacances, ont décidé de récupérer leurs bagages et de les réenregistrer eux mêmes sur le vol Air Namibia. La tête déjà en vacances et le dos léger, l’aéroport est à lui seul un spectacle couleurs et lumières dont ils profitent les yeux grands ouverts. Un Bushmen aurait embarqué vêtu de son seul carquois que personne ne l’aurait remarqué au milieu de ce défilé de couleurs de peau, de tissus disparates et de sonorités « babéliennes ». Ah que c’est bon ce sentiment de vacances en ce jour de grands départs. A noter, le personnel au check-in est particulièrement agréable.

Aussi décalé que cela puisse paraître, c’est au son de tyroliennes et autres folkloriques musiques populaires allemandes, que se fera l’installation dans l’avion, à l’aller comme au retour. Même les passagers allemands affichent des mines consternées. Joss et Rémy, gavés dès leur enfance par ces mélodies échappées des télévisions familiales, sentent monter le fou rire libérateur des tensions précédant un long voyage. Le service est de bonne qualité, pour une classe éco et malgré l’heure avancée ; apéritif resservi, repas chaud acceptable pour un flight plateau, café ou thé, puis boisson servie par la suite sur demande et avec le sourire.

Joss par contre perdra un peu son sourire : le passager devant elle se met à l’aise et positionne son siège en couchette dès l’embarquement pour discuter avec ses amis. Derrière Joss, un enfant qui joue sur le plateau abaissé du siège ; ne fais pas aux autres… Pendant 95mns passées à « encenser » mentalement ce passager italien après lui avoir demandé gentiment et en 3 langues de redresser son siège, sans succès, Joss ne pourra plus bouger. Un sentiment de tranche de jambon fatigué entre deux tranches de pain un peu rassis. (Quand elle sera grande, elle volera en BusinessClass) Les perturbations qui plombent le ciel européen seront franchies avec maîtrise, ce qui aidera beaucoup à l’endormissement serein des passagers vers 2h du matin. ..Bush et installations autour de Kiripotib : .........................

Dimanche 06jul : Windhoek – Kiripotib guestfarm : de l’air de l’eau et des étoiles

7h00 Atterrissage en douceur sous les rayons d’une lumière qui enveloppe à la manière d’un gros câlin. Joss marche sur un petit nuage de tarmac, au grand étonnement de Rémy qui s’inquiète un peu : t’as pas froid ? Et bien non, trop excitée, en petite chemise Joss n’a pas froid, alors qu’un grand cordon de polaires frissonnants se déroule jusqu’aux formalités d’entrée sur le territoire namibien. Serait-ce l’euphorie persistante ? Les douaniers sont presque agréables, la course aux bagages se fera dans l’arrivée gagnante, et le contact déjà là à nous attendre nous rappellera d’acheter des devises à la banque de l’aéroport. Mais toute euphorie a ses limites.

Difficile d’estimer le temps d’attente devant les guichets de change. Même le plus philosophe des européens ne peut s’empêcher de se poser des questions. Dans la file parallèle, Joss reconnaît le passager italien et son groupe, bien excités. Une dame charmante vient les rejoindre, leur hôtesse et guide. Cette dame blonde d’environ 60ans remarque Joss, lui demande d’où elle vient, et se présente comme née en Namibie de parents Sud-Afs, repartie en Afrique du Sud et revenue en Namibie où elle dirige une petite structure touristique. Calme et sereine, elle répond aux esprits qui s’échauffent que si les européens possèdent une montre, les Africains eux possèdent le Temps. Elle enchaîne en estimant que l’Europe produit des enfants un peu gâtés par l’informatique généralisée et l’Euro monnaie unique. « Soyez patients avec les personnes aux guichets, elles ont beaucoup de formulaires à remplir à chaque change, dit-elle ». Joss se dit qu’il y a des rencontres parfaites, mais aussi qu’elle va changer le double de la somme envisagée…

Arrivée dans les locaux d’African Tracks, remise d’un véhicule en parfait état, et rencontre de Bruno, guide aventurier délégué par Tourmaline, qui les emmènera dans un supermarché ouvert le dimanche, puis, autour d’un verre, parlera de la Namibie qu'il aime, donnera quelques conseils de comportements et encouragera à profiter des pistes au maximum.. Joli moment. Sur la carte il tracera une voie pour relier Sesriem en évitant le goudron jusqu’à Marienthal… Il conseillera également au couple de ne pas réagir si leur mixité attire les regards, ou plus. Il sait de quoi il parle. Bruno guidera ensuite Rémy et Joss jusqu’à l’embranchement de la piste vers Dorbabis, il est 11 h30 lorsqu’ils se séparent.

direction Kiripotib guestfarm, un peu plus de 2h de route La piste est belle et calme, l’idéal pour se faire la main à gauche et s’habituer au gros Toyota. Fidèle aux conseils de MimiNono, Joss rappelle tous les quarts d’heure à son chauffeur de mari de rouler au milieu, les bords étant pleins de verres et de caillous pointus ! Rémy en aura très vite plein les oreilles de Joss et de ses Mimi-qui-sait-de-quoi-elle-parle-puisqu’elle-y-a-vécu-en-Namibie ! Mais il s’en rappellera lorsqu’il acceptera de céder le volant à sa compagne…

Kiripotib est une oasis au milieu du bush du Kalahari. Des arbres centenaires, de toutes provenances, y sont irrigués journellement. De l’air, de l’eau : la vie ! L’éolienne tourne, clang ! clang ! et puise l’eau souterraine qui arrose, abreuve, lave…De l’eau, de l’air : la vie !

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La ferme appartient à un couple d’origine allemande, absent durant ce week-end ; Joss et Rémy sont les seuls guests et vont se faire dorloter. Pour commencer, Sundowner drive avec Webster, intendant noir du domaine : 1er veld, zèbres, springbok et autres antilopes, cette fois c’est sûr, ils sont en Afrique. Ils sont au retour attendus par Edward l’adorable cuisinier qui grimace un peu : Webster étant parti avec la clé de la chambre réfrigérée, l’heure du dîner s’en trouvera légèrement décalée… Gros fou-rire ! (un peu taquine, Joss offrira en repartant un sifflet à Edward et une boussole à Webster..) ... ... .. .......................Chalets.................. ........ .Kaluhlu, seul félin des environs (Kiripotib signifie : là où le lion rugit...).... .................Cactées

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Direction le chalet en briques rouges décoré de tapis et tableaux fabriqués sur place, et de détails admirables puisés dans la nature alentour. Il y a une telle recherche du beau partout dans cette propriété - même les petites maisons des ouvriers sont belles - que Joss la curieuse en parlera à Webster : la propriétaire a fait une école des beaux arts en Allemagne et fabrique notamment des bijoux de toute beauté. Aïe, aïe, aïe pour le porte monnaie ! Troisième rencontre : Ralph, très jeune retraité allemand, propose de se rendre tout de suite sur le lieu où il expliquera le ciel namibien à travers 2 grosses lunettes astronomiques : les planètes, la poussière, les « nids », les gaz, les étoiles, la voie lactée, les galaxies.. Quelle nuit pour une 1ère nuit namibienne ! Les explications passionnées de Ralph seront suspendues le temps du dîner. Edward a travaillé pour des grands restaurants au Zimbabwe. Ce petit homme raffiné dresse des tables aussi agréables que ses menus et prendra place à la table . Les 5 convives attablés discuteront avec beaucoup de plaisir, le thème principal étant le déracinement, soit voulu par les voyages, soit subi : pauvreté ou conflits sociaux /politiques. Retour vers les étoiles. Rémy et Joss sont à présent un peu ridicules à disparaître ainsi sous plusieurs couches de vêtements : il fait très froid et même Rémy qui s’était ouvertement moqué de l’équipement « banquise » dans les valises, superpose bonnet, gants, grosses vestes et chaussettes…Joss se marre… Ralph est hilare… Le vin sud’af y est un peu pour quelque chose ! Le ciel namibien exempt de pollution livre aux yeux comblés quelques uns de ses secrets lumineux. L’excitation de cette première très longue journée namibienne, couplée à un froid très kalaharien empêchera le couple de s’endormir facilement .

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Lundi 07 juil 08 : vers l’infini, et au delà ...

Réveil néanmoins à 6h00, lever de soleil sur le veld, et visite guidée de la ferme : Webster explique le fonctionnement de la ferme, le parcours de l’eau, le type d’élevage, le fumage de la viande, la gestion du gibier…il finit le »farm tour » en parlant des propriétés des arbres : comment retrouver son chemin en s’orientant par rapport aux nids d’oiseaux, comment s’abreuver, se vêtir, se soigner, se défendre à partir d’un arbre, comment la vie animale s’organise sur un arbre. Joss est épatée par la connaissance qu’a Webster des noms communs et scientifiques de tous ces arbres et lui adresse quelques compliments. Jusqu’au moment où celui-ci affiche un air penaud et soulève une petite plaque sous laquelle sont répertoriées toutes les informations…

Retour dans la maison pour le petit déjeuner. Edward les attend : j’ai pensé vous faire plaisir en vous préparant du mil. C’est le plat namibien principal, dit-il ! Confiture de cactus, biltongs et charcuteries maison, mil, fruits de saison, pain maison, jus maison, tournesols décorant la table… D’autres excellents petits déjeuners suivront, celui-ci pourtant restera inoubliable. Direction « l’atelier en plein air » de teinture des laines destinées à la fabrication de tapis réalisés par des ouvriers bushmen qui feront une démonstration de leur savoir-faire sur des machines à tisser simplissimes. Réaliser d’aussi belles choses avec des moyens aussi rudimentaires rend admiratif. Les tapis aux motifs typiquement africains sont magnifiques mais un peu chers pour Rémy et Joss. A défaut de tapis, Joss lorgne du côté des créations de bijoux. Le pendentif qu’elle s’est choisi n’a plus quitté son cou depuis. Sur les conseils de Webster, pour porter la force de l’Afrique à son bras, Rémy opte pour le bracelet en crins de queue d’éléphant.

Et bien voilà ! Partir tôt de l’étape pour arriver tôt à l’étape suivante est un conseil qui ne sera pas appliqué : il est 13heures et les au revoir s’étirent. Direction Sesriem via le tracé indiqué par Bruno, nous ne le savons pas encore, mais 7 h 30 de pistes nous attendent …

...................les fameux nids géants et les espèces de moineaux (les républicains sociaux) qui les fabriquent ..........................

Sur la route, Joss réfléchit aux raisons qui ont généré des moments précieux durant cette première halte. L’absence des fermiers est la toute première. Les échanges de courriels avec le couple ont été empreints de gentillesse et de disponibilité ; cependant son absence a créé une sorte de bulle dans laquelle les relations avec le personnel noir ont pris une autre dimension. Parler allemand a permis de se rapprocher de Ralph également. Le dîner à 5 a posé les jalons de relations qui se poursuivent. A plusieurs reprises durant le voyage, nous aurons l’impression que le personnel noir évite le client blanc, pour ne pas le déranger. Il s’ensuit des postures difficiles à « gérer » pour Joss : dos un peu courbé, yeux fixant le sol… Ces postures de soumissions parlent à elles seules de l’histoire récente de ce pays. Il faudra du temps, beaucoup de temps, et peut-être plus, pour que ces hommes et femmes se redressent. Certaines villes traversées induiront un certain optimiste : à Walwis, Outjo ou Tsumeb, où des gens droits, beaux et fiers parleront avec facilité et chercheront la communication. Ce qui aurait pu être un handicap, devient un vecteur relationnel : ce couple mixte parlant allemand et anglais, les 2 langues du pays, voyageant en autonome en 4x4 touriste dans un pays où les relations inter-raciales ne sont pas simples, va dans les faits attirer l’attention et l’envie de poser des questions. Enfin, la plupart du temps. Il y aura aussi des regards désapprobateurs et des attitudes plus dures.

Il fait chaud, 2 écoliers attendant le bus scolaire sont accueillis à l’arrière du Toyota. Et hop !, la bouteille de Sprite finie passe par la fenêtre et s’éclate sur le bas côté. Et hop !, le « book » résumant l’histoire de la Namibie offert par Tourmaline atterrit dans un des sacs d’école. (il nous faudra 3 jours pour comprendre !).. Lorsqu’ils sont déposés, les 2 pré ados usent de tous les moyens pour persuader Joss de la nécessité de leur donner 10 euros ; (ils doivent payer le bus pour continuer…) Ils repartiront ronchons avec 20N$ chacun, sous le regard amusé de Joss et un tantinet froid de Rémy qui estime qu’il n’y a pas de raison de donner de l’argent. Il n’a pas complètement tort.

......Aux portes de Sossüsvlei (le lendemain au petit matin frisquet) .. ......



La piste que nous empruntons se corse. Les lieux traversés semblent oubliés de tout ; la piste dessinée par Bruno est instructive, ce n’est peut-être pas un hasard. Les fermes que nous dépassons n’ont que l’éolienne en commun avec Kiripotib. Certaines sont dans un état de délabrement avancé. L’expression « Petit Blanc » revient en mémoire. Les villages noirs, amas de tôles à l’équilibre précaire, sont ceux que les touristes ne sont pas censés voir. Le dénuement est déstabilisant et les regards jetés sur nous éloquents. Le voyeurisme touristique n’est pas accepté. A aucun moment cependant nous ne verrons de mains tendues.

L’état des pistes est à l’unisson. Rémy qui conduit sur piste pour la première fois, passe une espèce d’initiation accélérée sur pistes namibiennes. Nous roulons depuis 3 heures lorsque la carte indique un chemin différent de celui tracé par Bruno et qui paraît plus court. Plus court, il en a l’air ; plus rapide : oh que non il ne le sera pas, puisqu’il mènera à traverser le massif de Hardap. Il est 16 heures passées, Joss et Rémy découvrent les joies des barrières, des pistes défoncées, tantôt du sable, tantôt de la caillasse, des passages en eau étonnement profonde : elle vient d’où cette eau ?, des troupeaux anarchisés au milieu de paysages infinis. En ce deuxième jour, leurs yeux découvrent une Namibie presque stérile, qui leur permettra de relativiser le luxe qu’ils ont vu et verront par la suite. Alors que la fatigue s’installe et que les paysages deviennent abrupts, la nuit tombe. La conduite se fait à vue car la lune est cachée par des nuages venus de l’océan. Joss essaie de repérer les yeux brillants des animaux dans la nuit, pendant que Rémy se concentre sur la piste. Le couple ne cherchera pas à savoir ce qu’il y a ou n’y a pas… de chaque côté des pass qu’ils franchissent dans une obscurité totale.

Cela fait 4 heures qu’ils n’ont pas croisé âme qui vive, mais ce qui inquiète le plus Joss est une petite phrase dans le Road book remis par Tourmaline : la NWR, qui gère les campsites nationaux, se réserve le droit de redistribuer la place même payée si les campeurs ne sont pas arrivés à 18h00. Il est 18h30. Tourmaline encourage vivement ses clients à arriver au camping avant la fermeture des grilles…Joss estime qu’il n’est pas nécessaire de partager ses craintes avec le pilote…pas encore…Une légère appréhension l’étreint à l’idée de lui annoncer qu’ arrivés au camping il faudra peut-être faire demi tour… Il est 19h00, au loin de la lumière électrique : des habitations à vocation touristique annoncent l’approche de la piste principale C14 ; Rémy respire : encore une petite heure et demi de route et la tension pourra retomber ! Joss reste sur une réserve prudente. La grille est fermée, le gardien du camp de Sesriem, transi de froid, sort de sa cahute ; il est 20h30. Joss s’excuse pour ce retard et avant même qu’elle se soit présentée, le gardien dit : « Tourmaline ? » YES ! et indique le chemin d’accès vers l'emplacement réservé. Joss frissonne. « Il ne va pas faire trop froid cette nuit. Hier, il a gelé, dit le gardien, petit homme d’une grande douceur ». L’emplacement est très bien situé, même si la nuit noire empêche d’en profiter.

Le couple installe son premier campement de façon minimale, et après avoir dégusté des repas Décathlon réhydratés – l’option la plus rapide ! - convoités par les chacals venus de la dune toute proche, toilette sommaire et …dodo. D’un commun accord Rémy et Joss décident de ne se lever que vers 9h00. tant pis pour les dunes, la fatigue est trop grande. Oui mais...

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Mardi 08 juil 08 : Au Pays des Milles et Une Dunes, où l’on peut s’y perdre…

A 3 heures du matin il fait 3 °C sous la tente. A 5h30 du matin il devient évident qu’ils ne dormiront plus. Autant reprendre la route en direction de Sossusvlei, et si possible avant que le camp ouvre ses portes aux véhicules de l’extérieur. L’humeur maussade qui règne dans le véhicule s’évanouit comme par magie devant la beauté des paysages.. La nuit à grelotter ? Un cadeau du ciel. Seul le froid pouvait les tirer hors des sacs de couchage. Rémy contient tant qu’il le peut son impatience au bout du 50ème « Stop !!!! » photo lancé par sa compagne. Lumière féerique, couleurs improbables, les émotions sont indescriptibles.

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Les choses se gâtent un peu arrivés au parking annonçant la fin de la route goudronnée. Prendre la navette ou tenter le sable mou ? Se souvenant des conseils glanés sur VF, Joss propose de dégonfler les pneus avant de s’engager sur la piste de sable. Rémy, que l’absence de café matinal rend râpeux comme de la laine de verre, estime que-c-est-n-importe-quoi-je-me-demande-où-tu-as-vu-ça-et après-on-regonflera-comment …. Joss fait sa susceptible et s’apprête à répliquer lorsque retentit une grosse voix en anglais derrière eux : un « vous prenez la navette ? », sonne comme un « vous feriez bien de prendre la navette » ; un colosse buriné chapeauté cow-boy les regarde mi-figue, mi-raisin, et le comique de la situation n’échappe à personne. C’est donc un peu penauds qu’ils payent leur place et montent dans la navette sans plus piper mot…

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Bonjour, nous c’est Cordula et Benedikt, et vous ? Ce jeune couple allemand finissant ses études en AFS est un rayon de soleil ambulant. Direction Sossusvlei. C’est difficile à décrire le bonheur. Tant de beauté et de sérénité rend forcément meilleur et heureux pour des heures et des heures de souvenirs à venir. Si quelquefois confronter ses rêves à la réalité peut être déprimant, Sossüsvlei dépassera toutes les espérances. .................................................................

Direction DeadVlei, il ne fait pas encore très chaud, marcher est agréable. La remontée des dunes refera monter la température corporelle, d’autant plus que le soleil intensifie ses rayons. Les lieux sont fascinants. La vie et la mort se côtoient naturellement : les arbres sans vie accueillent des nids de corbeaux, le sable est imprimé des traces des vies nocturnes, et, plus fort que tout, le désert est vert d’acacias, d’arbustes, d’herbes folles, en pleine saison sèche. Sable rouge ou doré ou cendré, lacs asséchés blanc craie ou argentés, ciel d’azur puissant, effiloché de nuages évanescents…Rêver d’être peintre un instant, de faire glisser les aquarelles pour trouver les teintes justes. La mémoire est parfois capricieuse.

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Joss et Rémy sont assez fiers d’eux : en vaillants quadras, ils emboîtent le pas décidé des 2 « p’tits jeunes » qu’ils ont rencontrés, sans trop de difficultés. La montée des dunes est source d’émerveillement et de sueurs abondantes ! Au loin, la Montgolfière, oiseau magistral, rend Joss un peu chagrine. Quand elle sera grande elle volera en Business Class et en Montgolfière ! Rémy se dit qu’il l’a échappé belle…

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Mon Barbu s'est perdu ! Joss et Rémy regagnent le parking et attendent Cordula et Benedikt qui ont décidé de monter une autre dune. A l’ombre des acacias ils observent les voyageurs et plaignent les groupes qui commencent à arriver. Il est 11h30, et la chaleur devient accablante. Cordula et Benedikt ne reviennent pas. A l’impatience et l’impression de perdre un temps précieux succède l’appréhension. Il est simple de s’égarer si, à l’aller, on ne repère pas les dunes que l’on contourne pour s’enfoncer vers Deadvlei et au delà. Tant pis, Joss et Rémy tiennent leur promesse et attendent longtemps le jeune couple qui finit par arriver, très fatigué. Ils se sont égarés et expliquent que la peur gagne très vite dans ces conditions. Ils remercient chaleureusement de les avoir attendus. Alors qu’ils reprennent la navette vers les voitures, Joss aperçoit la dame rencontrée à l’aéroport, en tenue de brousse, accompagnée du groupe d’ Italiens de l’avion. Ils sont silencieux ?!?... Il manque l ’Italien de Joss, celui de l’avion, il s’est égaré dans les dunes. Rémy et Joss se regardent et détournent vite leurs regards. Il serait totalement déplacé que les spasmes abdominaux qui les secouent déjà se transforment en gros fous rires ! La dame s’approche, et demande à tous, touristes et chauffeurs d’ouvrir l’œil. Notre chauffeur demande si nous sommes pressés et nous faisons un petit tour, sans succès, à la recherche du barbu, comme l’avait surnommé Joss. Le chauffeur explique que seuls les randonneurs solitaires pourraient se perdre véritablement. Il ne se fait aucun soucis pour le « barbu ». On lira plus tard qu’il avait raison.

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Après échange des coordonnées, nous prenons congés et nous apprêtons à prendre la route pour KuanguKuangu, via Solitaire, lorsqu’il faut se rendre à l’évidence : la batterie est à plat, les feux n’ayant pas été éteints. Benedikt est là, et dépanne de bon cœur Rémy et Joss ramollis par la fatigue, le manque de café et la faim. A la sortie du Park, Rémy s’arrête pour essayer de donner un coup main à une famille d’Allemands en panne au bord de la route, conduisant le frère jumeau de notre Toyota. Peine perdue. Devant leur désarroi, Rémy et Joss prennent conscience des désagréments vécus lorsque la voiture est immobilisée. Cordula et Benedikt, quelques jours auparavant, avaient eux aussi perdu une grosse somme d’argent et dû limiter leurs vacances suite à une méchante panne mécanique. Rémy et Joss chasseront ces idées noires devant une assiette de frites suivie d’un magnum aux amandes au bar-épicerie-boulangerie-friterie du camp ! .................................................Bye bye, Sossüsvlei

Vers KuanguKuangu Arrêt à Solitaire vers 15heures, le soleil est assez bas et le vent bien froid ; à noter : le paiement par carte bleue, aussi bien pour l’essence que pour les achats « boutique » : pain (merci Miminono) et Biltong par exemple. Vers 16heures, ils atteignent les dunes de Barchan et sont accueillis assez froidement par Hannetje qui les guide jusqu’au repère enchanté de KuanguKuangu. Il est très étrange de noter que dans cette partie de la Namibie, le soleil se couche à même pas 16h30… Toujours aussi tendue, Hannetje semble contrariée par l’heure du dîner réservé en leur compagnie. Joss tente de la rassurer en affirmant que son heure sera la bonne. 2 nuits sans pratiquement dormir, les heures de conduite, les émotions de la découverte, le couple est trop fatigué pour se prendre la tête ! Après une douche bien bien froide à l’extérieur, Joss grelotte le temps que ses cheveux longs sèchent. Il fait vraiment nuit et froid très tôt dans ce coin de Namibie…

.............. ............KuanguKuangu, retraite enchantée......................... ............Apologie du Farniente contemplatif....................................................L'or liquide de l'aube

L’horloge dans la chambre indique (déjà?)19h00, l’heure de se rendre à Barchan Dunes pour un dîner qui se révèlera finalement très plaisant. Le fils du couple est présent à table, entourée de sa femme et de leurs 2 petites filles. Ils habitent en AFS et sont en vacances.

Timide au départ, la conversation se débridera lorsque Rémy et Joss comprendront enfin que la panne de batterie a fait se dérégler l’horloge de leur voiture. Il était donc 16h00 à Solitaire, et 17h45 lorsqu’ils sont arrivés à Barchan Dunes, tard pour l’ hôtesse dans un pays où l’on dîne à la tombée de la nuit. Les sourires qui s’ensuivent, le vin rouge de l’apéritif et la chaleur dégagée par la cheminée se chargeront d’installer une atmosphère cordiale. En peu de temps, le repas préparé est excellent : soupe de légumes, salade mixte, steak de Springbok fondant accompagné de patates sautées et rondelles d’ananas caramélisées….gâteau chocolat moelleux et crème légère en dessert. La maison est extraordinaire d’originalité. La décoration en accord, et d’une grande finesse. La conversation s’oriente vers les conditions de vie en Namibie, la difficulté d’acheminer des matériaux ou des meubles, des tentatives de sondage pour trouver de l’eau, les efforts à faire pour accorder des logements sains à tous les Namibiens, et l’importance des liens familiaux dans ce pays où les grandes distances isolent les habitants. Nous parlons aussi de l’avenir, de l’assimilation des peuples originels, des défis que le pays doit relever. Rien n’est simple, personne n’a totalement raison, personne n’a totalement tort. Dehors l’homme qui balaie les traces du sable est presque gêné d’être salué, encore des yeux au sol. Vers 22 heures : Hummm, que les couettes sont douillettes dans la cabane de KuanguKuangu. Douillettes et indispensables.

Mercredi 09 juil 08 : N’Gandu at Sea, de l’utilité des vouchers Quelques heures plus tard, le réveil bippe pour nous permettre d’assister au lever du soleil depuis le lit, à travers les baies vitrées. C’est de l’or, de l’or liquide qui dégouline des dunes formant panorama sur 360°C. De l’or qui enjolive les vies et rend chaque seconde précieuse. Toilette, petit café, et voilà Wilhelm au volant de son 4x4 qui arrive pour un tour du domaine. La lumière est douce, et les oryx généreux. Joss va tomber en amour pour ces magnifiques antilopes déjà aperçues à Sossusvlei. Nous accompagnons ensuite Wilhelm pour l’amorçage quotidien du moteur à fuel de sa pompe à eau : « du moment que tu as de l’eau en Namibie, tu peux vivre. » Mais même avec de l'eau, on se demande comment ce sol peut produire quoique ce soit...

.......... Impossible pour Joss de se lasser des oryx. Ils sont d'une beauté fascinante.

Rémy et Joss étant les seuls guests dans la propriété, le petit déjeuner reprend une ambiance familiale, comme Hannetje en fait la remarque : je ne discute pas beaucoup avec les groupes, ils sont entre eux ». Déjà les au revoir. Un grand merci à Vinnylove qui nous a fait découvrir cet endroit dans son magnifique carnet.

.....Mise en route du moteur de la pompe à eau :...

En route pour Walvis Bay : un peu moins de 2 heures, sans arrêt.. Ces deux derniers jours, Rémy et Joss sont arrivés de nuit à leurs étapes. Ils décident de ne pas s’arrêter en route pour redevenir un peu maîtres de leur temps et consacrer l’après-midi entière à Walvis Bay. La route est facile, quoique poussiéreuse, quelques cols nécessitent de rouler un peu prudemment, plus lentement. Un vent froid et fort souffle de l’océan. La tempête de sable nous attend juste avant d’arriver à Walvis. La lecture des carnets de voyage sur VF nous y avait préparé : ralentir, espacer les distances entre véhicules et allumer les warning. Le jeu du sable poussé par le vent est hypnotique. Les masses roulent sur elles mêmes, progressent en rouleaux, aucun obstacle ne les arrêtant.

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L'hôtel Ngandu at Sea Joss et Rémy ont choisi de dormir dans un hôtel local, trouvé sur internet. Après échanges positifs de courriels et aval de Tourmaline, ils réservaient 2 nuits avec petits déjeuner pour env 38 euros la nuit en chambre double, soit 76 euros les 2 nuits pour le couple. Les avis trouvés sur la toile étaient rares mais positifs. On verrait bien. N’Gandu at Sea est un grand hôtel, répartis sur 3 bâtiments. Hôtel africain accueillant. Le vent est glacial à la descente du 4x4. Joss et Rémy n’ont qu’une envie : qu’on leur donne la clé de leur chambre pour s’y réfugier. Oui mais…

La directrice de l’hôtel, dans un style franc et direct, cherche les résas, et ne les trouve pas. Joss très calmement tend le voucher en précisant que les réservations ont été faites en octobre après plusieurs échanges via le net, que les résas sont payées depuis plusieurs mois et que cette situation n’est pas très agréable. Le voucher fait son effet. La directrice explique poliment que l’employée qui a pris la résa ne fait plus partie du personnel, que l’hôtel est plein mais qu’elle va trouver une solution. La solution fait au bas mot 120m2, 2 chambres avec baignoires, cuisine, salon, terrasse. Un peu gênés quand même, puisqu’elle annule des résas pour nous y loger. Les mesures de sécurité sont impressionnantes : codes et clés spécifiques pour accéder dans la cour du parking, aux escaliers, pour rentrer dans l’appart, pour accéder à chacune des chambres, coffre fort ds chaque chambre ! A part le matériel de cuisine un peu usé et les canapés un tantinet élimés, l’apart est vraiment agréable. Pour 38 euros la nuit ! YES ! Comble du bonheur, la baignoire se remplit d’eau très, très chaude. Le luxe absolu au regard des douches, froides et bien plus, subies depuis l’ arrivée. Ca va mousser !

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Malgré la tempête qui fait rage - marcher droit est impossible - Joss et Rémy décident d’aller manger au Raft, au dessus d’une mer démontée envahie par des milliers de méduses d’un blanc fantomatique. Le repas est excellent, la clientèle assez hétéroclite : locaux blancs tirés à 4 épingles fêtant un anniversaire, couple de touristes habillé safari chic accompagné de chauffeur et guide privés, familles cheveux en bataille jeans et polaires, couple d’amoureux, groupes de tour opérateurs heureux de vivre, tout ce petit monde créant une atmosphère joyeuse mais bruyante. Nous repassons par la réception de l’hôtel et la responsable affirme que ce vent vient de la mer et qu’il fera beau demain matin. Elle met gracieusement sa connexion Internet à disposition, s’intéresse au couple, et les voilà partis à papoter. C’est une blonde au corps sec dont le visage ridé et buriné parle des générations d’Afrique imprimées dans ses gênes. Il y a des liens d’amitié évidents entre elle et les employés noirs qui parlent et se déplacent sans courber la tête, en regardant droit dans les yeux, à l’aise dans leurs baskets . Ca fait du bien. Pendant ce temps les clients défilent : des hommes et femmes d’affaires, noirs, blancs, arabes, indiens, des congressistes. Une autre Namibie. Rémy et Joss regagnent leur apart plein d’espoir : demain il fera beau pour MolaMola.

Jeudi 10 juil 08 : à la poursuite d’un rêve Confirmation le lendemain au petit déjeuner, nous sommes les seuls touristes, courtoisement reçus cependant par les costumes et tailleurs et hauts talons. Petit déjeuner peu varié, mais bon et copieux. Il fait encore bien froid même si le vent s’est tu, sans doute épuisé par tant de combats. Le bureau de Mola Mola dirige Joss et Rémy vers la plage de l’embarcadère. Le départ du bateau est prévu à 09h00. Joss a rendez-vous avec Sandwich Harbour et ce n’est pas rien ; des histoires de dunes plongeant dans l’océan, quand le désert rencontre la mer. En attendant, la lumière froide qui court sur le bleu profond de l’océan, à leurs pieds, invite à la contemplation.

Le bateau arrive à quai et commande l’embarquement des 15 passagers de toutes sortes dont 5 Français et 2 Otaries mâles à fourrures manifestement très à l’aise, venues quémander leur ration de poissons offerte par la maison. Petite frayeur pour Joss dont les cuisses se trouvent sur le passage du plus jeune des mâles, celui qui peut se faufiler sous la barre fermant le bateau à l’arrière ! Tout ceci bien sûr est destiné à mettre les passagers de bonne humeur. Mission accomplie ! Ils régressent tous et retrouvent leur âme d’enfant devant ces otaries complices, puis lorsque les pélicans et les mouettes illuminent le ciel outremer, criant à gorge déployée à la poursuite des même poissons MolaMola. Des dauphins jouent avec l’impatience des passagers, tournant autour du bateau sans relever une seule fois la tête. Grrr !

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Le froid vif allié aux rayons du soleil sur les flots et les dunes dorées de l’horizon, crée une ambiance qui imprime la mémoire, celle des sensations, dossier Namibie _Walvis_ jul08 ! C’est peut-être un des mystères de l’appel aux voyages : vivre et revivre ces sensations de plénitude, enfin en accord avec soi et ce qui entoure. Au bon endroit au bon moment.

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La partie « mer » de l’excursion s’achève à Pelican Point, bien connu pour n’accueillir aucun pélican. Des 4x4 attendent les passagers pour les conduire entre mer et sable jusqu’à Sandwich Harbour. Notre chauffeur se prénomme Mike. un Hongrois inoubliable s’installe à l’avant, Rémy et Joss prenant place à l’arrière. Il est difficile de ne pas, à nouveau, se dire qu’il existe des rencontres parfaites. L’équipage se compose de passionnés. Mike est amoureux fou de son pays et des lieux qu’il fait visiter. Il est d’une patience à toute épreuve. Plus on lui pose de questions, plus il est heureux. Il est ému aux larmes lorsque Joss lui dit que cela fait 35 ans qu’elle rêve de ce moment. Le Hongrois, très vite surnommé « le Hongrois fou » », est un géologue un peu déconnecté : il part dans tous les sens, veut tout voir, tout faire, un peu enfant gâté, un peu chien fou, aussi attendrissant qu’un jeune chien fou. Rémy est à l’aise : Mike et le Hongrois Fou parlent allemand - même s’il lui est difficile d’en placer une au milieu des 3 pipelettes.

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Quand à Joss, des coussins de nuages en guise de Pataugas l’empêchent de toucher terre, sable plus précisément. Tous les sens en éveil, le bonheur est à son comble lorsqu’elle comprend que Mike est prêt à s’arrêter toutes les 30 secondes pour des prises de vue. Il anticipe même et la prévient pour qu’elle soit prête ! Il raconte l’Histoire du site, les particularités biologiques, ralentit dés qu’apparaissent des groupes d’oiseaux. Il s’arrête brusquement, ramasse un petit trésor et revient l’offrir à Joss pour immortaliser cette journée. Il s’agit d’une coquille d’huître de sable fossilisée. On en trouvera d’autres, mais celle ci est exceptionnelle : entière, parfaite, les coloris patinés rouge corail, blanc craie, jaune doré et noir charbon font de ce coquillage d’env. 15 cm de long une des plus belles chose qu’il ait été donné de voir au couple.





A Windhoek, Bruno avait dit : tu verras, la première fois à Sandwich Harbour, on s’en souvient, tu verras… Qui peut expliquer pourquoi certains lieux exercent une telle fascination ? Pourquoi moi, et pourquoi ici ? Pourquoi autant d’émotions ? Parmi les 5 équipages, 2 sont enthousiastes, 2 contents d’être là, et le 5ème demandera à repartir très vite, incommodé par le vent froid qui souffle et le sable qui vole. Rémy, trop occupé pendant la période de préparation du voyage pour s’y investir, en prend plein les yeux. Il pensait faire plaisir à sa petite femme, or le voilà mordu à son tour .

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La Mike’s Team arrive bonne dernière pour le banquet au creux des dunes. Le site est mémorable, à l’abri du vent, et le pique nique servi est étonnamment bien élaboré, à base de produits de la mer. Rémy affirme que les huîtres sont excellentes. Joss quand à elle n’a jamais réussi à avaler les choses qui gigotent encore, au grand dam des Aquitains de sa famille. Le mousseux Sud’Af par contre, sera très bien accueilli ! Le repas est l’occasion de discuter avec les autres passagers. Un couple de Niçois est avide d’infos concernant la libération d’ Astrid Bétancourt.

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Joss est assise en face d’un couple d’env. 60 ans. L’homme engage la conversation et se présente : fermier viticulteur de Cape Town. Même si Joss n’en laisse rien paraître, c’est le grand chamboulement dans sa tête. Pourquoi cet homme qui est l’archétype des colons responsables à la base du système odieux qui a ensanglanté l’Afrique du Sud, pourquoi cet homme décide de parler avec la seule « colorée » du groupe ? Cette question est évidemment aussi bête que pourrait l’être une tentative de réponse. Joss a grandi avec l’apartheid où les mariages mixtes étaient interdits et les métis déclarés illégaux. Même de l’autre bout du monde, ce système était vécu comme une insulte. Alors, se retrouver en face de ce monsieur poli et cultivé, qui parle si ouvertement de son pays est un petit choc. On a beau savoir que rien n’est tout gentil d’un côté ou tout méchant de l’autre, les stéréotypes ont la vie dure. La Namibie apparaît doucement comme la destination intime d’une vieille enfant à la recherche de questions dont les réponses ne sont encore connues de personne.

Il parle des inondations catastrophiques de cette année, du drame vécu par les Zimbabwéens, de la beauté de son pays, et des crimes qui s’y multiplient. Il parle de son vin, et du champagne français. Il comprend, dit que les choses devront changer, même si aucun fermier n’y est prêt. A partager les terres. Il y a une chose que Joss commence à comprendre : les descendants des colons sont africains maintenant. Ils le sont devenus. Tout comme se sent Français en France un descendant de lointains immigrés. Sauf que les descendants de colons sont chargés de valises bien bien lourdes.



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Sandwich Harbour, des dunes, une lagune d'eau douce, et l'océan atlantique.

Mike explique qu’il conduit exceptionnellement son véhicule privé et ne transporte aucun matériel de groupe. Il n’est donc pas soumis à des horaires de retour fixes … Notre chauffeur décide de continuer à travers les dunes. Chenille géante, train en folie, montagnes russes, on se croirait à la fête foraine. Un autre équipage de mordus nous accompagne par mesure de sécurité. Les dunes grognent et chantent, l’horizon s’affole, Rémy ne serait pas mécontent de retrouver un horizon stabilisé, le Hongrois Fou et Joss en redemandent.

A l’arrivée au cœur de Sandwich Harbour, là où le « delta » fait se juxtaposer le désert, les bras de lagune, la plage et l’océan, la sérénité reprend le dessus. Splendeur, calme et volupté. Joss voudrait en faire le tour, c’est un peu trop grand, et il est déjà tard. Le vent se renforce et le soleil décline rapidement. Il faut prendre le chemin du retour, par les dunes puisque la tentative de passage par la plage se révèle hasardeuse. La marée monte vite.

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Juste avant d’arriver aux salines, Mike pousse une exclamation stupéfiante et sort de sous un gros plastique noir un énorme réflex, avec un objectif comme on peut n’en voir qu’à Etosha, énorme ! Le Hongrois-Fou Rémy et Joss éclatent de rire : « now we really know you ! Everything is quite clear !”. Un chacal se promène en bord de mer, la lumière est parfaite. Mike, calmé, explique que cette image est rare ici. On lui fait confiance. Le soleil est presque couché, le 4x4 qui suivait est déjà rentré. Les salines sont belles et la fine équipe apprendra tout ce qu’il faut en savoir. Retour au parking MolaMola. Il fait nuit. Il faut bien se résoudre à se quitter. .

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A Walvis, le vent se déchaîne à nouveau. Ce soir ce sera pâtes et jambon. L’apart est glacial. Joss vide les sacs à dos à la recherche du « trésor de Mike ». Rien n’y fait, il faut s’y résoudre, il a été perdu… Tout à coup de drôles de bruits se font entendre de l’autre chambre de l’apart. La télé est allumée !?! Joss frappe à la porte, et se retrouve nez à nez avec une grande blonde d’à peu près son âge, sauf qu’elle est vraiment très grande, elle ! Après les explications et présentations d’usage elle apprend que Susan et son mari sont Sud Africains et tour operators. Ils accompagnent un groupe qu’ils retrouveront au petit déjeuner. Le vent à beau souffler comme le méchant Loup sur la maison en paille, Rémy et Joss s’endorment comme des masses de plomb.

Vendredi 11 juil 08 : entre désolation et éblouissement Au matin, le vent s’est essoufflé, comme le Loup sur la maison de briques. Des sourires accueillants au petit dej, décidément cet hôtel leur va bien. La cuisinière vient à table dire qu’il faudrait quand même goûter à ses saucisses. Bon…C’est vrai qu’elles sont bonnes, mais des saucisses d’éland au petitdèj, pas facile ! Susan arrive avec son mari et ses 15 voyageuses : 65 ans d’âge moyen, qu’elle balade entre autre dans la bande de Caprivi, au Zaïre et au Zimbabwe. Vaillantes mamies ! Elles posent des tas de questions sur la France qui les fait rêver.

Rémy et Joss se disent qu’il est dommage de quitter Susan et son mari, d’autant plus que la décision de revenir en Afrique Australe est déjà prise. Ils demandent donc les coordonnées de la petite structure touristique et décident qu’ils confieront la partie Afrique du Sud de leur prochain périple à ce couple sudaf…mixte. La voiture chargée, direction ravitaillement puis bureau de MolaMola ; peut-être que Mike est joignable et que le trésor est resté dans son 4x4. Mais Mike est en mer. La jeune femme au bureau se lève et emmène Joss à l’extérieur, au pied d’un arbre où se trouvent des fossiles de coquilles en décoration. Elle propose à Joss de choisir celui qu’elle veut, même s’ ils sont sûrement moins beaux dit-elle, en s’excusant. D'une façon ou d'une autre, il faudra revenir à Walwis Bay.

Il est temps de quitter Walvis Bay. Avec l’impression que le reste du voyage risque d’être un peu fade, après Sossusvlei et Sandwich Harbour. Il est déjà 11heures.

Détour rapide pour voir à quoi ressemble Swapkopmund. C’est original, mais trop européen pour nous, même si deux femmes Himbas aperçues près de l’école nous ferons écarquiller les yeux et oublier les colombages. Direction Spitzkoppe, la décision étant prise de « zapper » les otaries de Cape Cross. Oui mais… A l’intersection il aurait fallu tourner à droite, or le Toyota va filer tout droit. Lorsque Rémy s’en aperçoit, le couple se dit qu’après tout, autant aller voir les otaries. Tout au long de cette longue, longue piste à l’atmosphère oppressante Joss se demande pourquoi et qui a bien pu venir s’installer ici ! Et puis les paroles de Wilhelm reviennent : du moment qu’on peut puiser de l’eau, on peut vivre. Le ciel est gris et l’horizon bouché. La végétation se limite à de minuscules plantes, rampant à la façon de lichens jaunâtres. Les collines sont grises, ternes et polies par les vents. Il règne un tel climat de désolation que Rémy se dit qu’il faut une sacrée bonne raison pour vivre ici. Il en verra au moins 2 : le tourisme généré par la pêche qui attire de nombreux aficionados et l’industrie saline.

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Le vent qui souffle à Cape Cross rappelle celui de Walvis. La mer est démontée et le chaos des vagues se mêle aux cris des dizaines de milliers d’otaries. La lumière change toutes les secondes, jeu de nuages, jeu de vent. Curieusement, alors que Joss s’attendait à suffoquer, l’odeur des grosses bébêtes est à peine présente. Aucun chacal ne déambule sur la plage, aucune charogne en décomposition. Le froid repousse les rares promeneurs. Parmi lesquels nos Italiens préférés... mais sans le barbu..? De petits sourires sont échangés, mais sans oser poser la question qui mobilise la totalité des neurones. Non, non, ils n'auraient pas continué sans lui, se rassurent Joss et Rémy. Le site est déserté, au grand plaisir du couple qui profite pleinement de ce spectacle assez sauvage. Le nouveau lodge de Cape Cross tout au bout de la plage, à l’air d’un refuge douillet où Joss se verrait bien passer une nuit, bercée par les vagues. Mais il faut repartir, direction le Spitzkoppe.

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Direction le Spitzkoppe Le soleil réapparaît progressivement, la piste reste tout autant désertique. Les nuages de poussière soulevés par les rares véhicules croisés sont opaques au point de boucher toute visibilité. C’est sûr, la pluie a oublié cette partie du monde. Joss a une pensée pour Bigoudi qui, dans son carnet, conseille judicieusement d’emballer les effets personnels dans des grands sacs poubelles épais. Non seulement les effets personnels sont protégés de la poussière, mais ils sont aussi dissimulés à la vue des vendeurs petits et grands qui essaient d’évaluer les moyens du touriste en détaillant du regard les valises dans le coffre ou sur le siège arrière. Le truc en plus de Joss : les pinces à linge en inox pour maintenir efficacement les sacs poubelle sur de grandes valises.

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Après plusieurs heures de ces pistes monotones, la fatigue aidant, Joss se demande ce qu’il peut bien y avoir comme type de camping au milieu de ce désert minéral. Elle sent bien que Rémy se pose des questions lui-aussi. Une image positive s’impose à elle : Grisemote et MLefevre ont classé ce campsite dans le top 3 de leurs sites préférés en Namibie. Il n’y a donc pas à s’inquiéter ! Et c’est donc rassurée qu’elle profite du coucher de soleil. Oui mais, dans 30mn au plus tard, il fera nuit… Au loin apparaît une montagne, ouf ils sont arrivés. L’endroit est un peu glauque, les « taudis » que l’on aperçoit depuis la route sont étonnants, tenant plus de la décharge que du village. Non, ici c’est le petit Spitzkoppe, et c’est bien une décharge. Rémy, qui a naturellement l’inquiétude et le pessimisme chevillés au corps, prononce des paroles ô combien surprenantes et édifiantes : tant que ce n’est pas indiqué, c’est qu’on est pas encore arrivés ! Ces mots sortis de sa bouche expliquent à eux seuls la qualité du réseau routier namibien et de ses indications.

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Le grand Spitzkoppe est en vue, bientôt désigné par le panneau « campsite ». Il est tard, le gardien n’est plus là. Joss soulève la barrière et c’est parti pour la découverte du Spitzkoppe. Un adorable comité d’accueil s’entête à se faire admirer : un couple d’oréotragues, petites antilopes de rochers, qui accompagne la voiture dans sa recherche d’un emplacement pour la nuit. Il fait presque nuit et la couleur orangée de la pierre est à son maximum. Sacrée journée. L’océan source de vie à Walvis, la bourgeoisie coloniale de Swapkop, la désolation fascinante de Cape Cross et à présent l’éblouissement minéral du granit illuminé. Côtelettes d’agneau, ratatouille et riz, accompagnés par le petit vin qu’il faut et Dodo. Il ne fait pas trop froid, enfin moins qu’à Sesriem.

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Samedi 12 juil 08 : voir Uis et….s’enfuir !!!

Journée au programme assez calme - et c’est tant mieux - traversée tranquille du Damaraland jusqu’au Mowani Mountain Camp. Le couple a donc le temps découvrir le site magique du Spitzkoppe au lever du soleil. Il n’y a pas de mots. Peut-être des photos. Et encore. Elles ne diront ni la pureté de l’air, ni la qualité du silence, ni la lumière froide qui effleure le visage. Joss et Rémy sont seuls dans cette immensité vierge. De retour au camp, le petit déjeuner se prend en silence, égayé par les oiseaux effrontés qui s’affrontent pour la moindre miette.

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Une certaine langueur s’installe avec la chaleur qui monte. Qu’il est dur de reprendre la route. « Heureusement » pour Joss et Rémy une odeur nauséabonde de couche-culotte bien garnie remonte par vagues du bidon-poubelle. Il est 10h, en route sans plus de regret à la découverte du Damaraland !

Fait presque étonnant, il fait chaud ! Et même très chaud. Lors d’une petite halte, les chemises à manches courtes sont tirées des sacs et les pieds sont mis à nu dans des sandales ouvertes. Pour les shorts, on attendra encore un peu. Les paysages, quoique beaux, et dépaysants après ceux du Naukluft, sont peu variés : des étendues d’herbe sèche, ponctuées de petits arbres trapus, entourées de monts aux couleurs chaudes : rouges, rosés ou gris. Les pistes parlent encore des inondations subies très tard dans la saison. Certains passages de rivière réservent des surprises de sable mou, de « flaques » d’eau dissimulant des roches traîtres, ou même de quelques springboks dont l’inconscience attirera sur eux les foudres verbales de Rémy. Les springboks posent par ailleurs un sérieux problème de conscience à Joss. Depuis qu’elle a goûté à la finesse du cuissot de cette délicieuse antilope, Joss ne peut en voir s’élancer sans se mettre à rêver d’un Braï-méchoui de Springbok. Rien à faire, elle salive rien qu’à les regarder. Les springbok sont une véritable énigme à ses yeux : leurs grands troupeaux représentent depuis toujours un formidable garde-manger pour les carnivores de tous poils. La chasse devrait avoir ancré en eux des réflexes de fuite ! Eh bien non, pas du tout. Et Joss a tout le temps de fantasmer devant ces antilopes dodues.

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L’arrivée à Uis est mémorable. Joss est au volant et conduit pour la première fois en zone « urbaine ». La stabilisation du Toyota devant les pompes à essence se fait…se fait un peu bruyamment… Il n’y a pas d’autres clients. La dizaine d’hommes présents s’est figée et regarde fixement ce petit bout de femme au volant de ce gros truc, avec un homme blanc assis sur le siège passager. C’est décidé, Joss ne descendra pas du véhicule. A Rémy qui ne parle pas anglais de se débrouiller pour savoir si la station accepte la carte (il reste juste assez de N$ pour faire des courses et payer le prochain campsite). Alors que l’essence remplit le réservoir depuis quelques minutes, Joss remarque que le dessin représentant la carte visa est du type jamais-vu-auparavant. Le doute s’installe. Le couple n’a plus assez de N$ pour régler un plein comptant. Zut, zut et rezut ! Elle descend et demande à l’un des hommes si la carte qu’elle tient dans sa main est valable ici. « Yes, maybe… on peut peut-être s’arranger avec le supermarché du site ». Joss demande très fermement au pompiste peu empressé d’arrêter sa livraison et le responsable envoie le couple payer à la caisse du supermarché.

Au moment de remonter dans la voiture, un jeune vendeur de pierres s’approche de Joss, qui n’en a cure des minéraux. Mais bon, elle veut bien lui en acheter une, pour son joli sourire timide. Cela s’appelle mettre le doigt dans l’engrenage. Elle n’a pas le temps d’acheter la pierre que 4 autres vendeurs l’entourent aussitôt, et il n’y a aucun sourire dans leur attitude. Ils sont clairement sous l’effet de substances dures. Leur empressement devient agressif. Joss et Rémy arrivent à remonter dans la voiture et se dirigent 200m plus loin, vers la supérette. Les 5 vendeurs ont suivi et Joss commence à manquer de patience. Mais ils ont l’âge de son fils aîné. Elle leur dit qu’elle n ‘aime pas les pierres, mais qu’elle leur donnera quelques dollars en revenant. Le beau gosse chef du clan répond qu’il préfèrerait un peu de cette bonne viande de poulet, avec du pain, et qu’en échange ils garderont la voiture. Ils ont soifs aussi. Au supermarché, c’est la douche froide : la responsable explique que les 2 comptabilités sont séparées et que le responsable essence le sait bien…Elle n’accepte la carte que pour des achats dans son magasin, mais nous conduit vers un distributeur de billets – ouf ! – mais hors service !!!! Il fait frais dans la supérette et les vendeurs sont visiblement connus et interdits d’entrée. Petit répit. Autant parer au ravitaillement, d’autant que les rayons sont bien garnis. Il n’y a plus de poulet frais. Rémy et Joss achètent donc des blancs de poulet surgelés, du pain et du soda.

Retour sur le parking où les achats n’attirent que des critiques : les jeunes prennent le sachet, mais ils voulaient du poulet frais, et de la bière. Au moment de démarrer, alors que les vitres sont ouvertes, ils entourent la voiture et demandent à être payés pour la garde du véhicule. Il y a bien une dizaine d’hommes d’âge mur sur le site, mais aucun n’intervient. Rémy et Joss restent fermes et essaient de démarrer. Jusqu’au moment où un des larrons se saisit de leur lampe torche et demande de l’argent pour sa restitution.

Il fait très chaud et dans la tête de Joss, tous les verrous de sécurité cèdent les uns après les autres. : « Tu n’as pas honte, que dirait ta mère si elle te voyait. Moi j’aurais honte si mon fils se comportait aussi mal que toi ! » Joss a très clairement touché un point sensible et avant de savoir s’il y a danger, elle ouvre sa portière et fait mine de se diriger vers lui, portée par sa colère de "mère outragée". Elle n’a pas le temps de mettre pied à terre que le jeune homme lance un regard désorienté à Rémy, lui rend la lampe et s’en va rapidement avec sa troupe. Rémy est mort de rire. Joss mesure 1m55 ! 1m55 de colère ça peut être impressionnant. La preuve ! Il reste encore à payer l’essence au responsable. Sans prononcer un mot, pour contenir tous ceux qui essaient de s’échapper. Voilà, il est 15h, demain c’est dimanche, il reste 70N$ de liquidités dont 50 serviront à payer la nuit à Mowani Mountain camp. Le couple n’a qu’une envie, quitter cette région au plus vite - tant pis pour la White Lady -, atteindre Mowani camp et y trouver de l’ombre. Le gardien dans sa cahute est heureusement calme et souriant. Il indique l’accès et propose du bois sec. Joss décline, expliquant qu’ils n’ont pas assez d’argent sur eux. Non, non, servez-vous autant que vous voulez, c’est gratuit. Il est 16h30, l’eau de la douche est encore (un peu) tiède, le camp bien équipé et ombragé. Allez, un peu de farniente, puis saucisse, purée, haricots verts et petit vin, et Dodo.

......Mowani camp ..................../

Dimanche 13 juil 08 : Mona Lisa et les éléphants Aucune lassitude lorsque le soleil s’empare de l’horizon. Il faut ajouter la lumière à la liste : de l’eau, de l’air, de la lumière ! Rémy aimerait cette fois plier le camp rapidement. Le couple doit trouver une solution - pour changer des euros et mettre de l’essence - avant de se diriger vers le site de gravures rupestres de Twyfelfontein, et rejoindre ensuite le campsite d’Ongongo dans le Kaokoland. Oui mais… Un vol de perruches émeraudes et craintives (magnifiques aux yeux de Joss) se pose à quelques mètres d’eux. S’ensuivent de longues manœuvres délicates pour les fixer sur la carte mémoire.

......................................................................Les perruches de Mowani camp...........

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Depuis Mowani Mountain Lodge ...... ...... Attendre 45mn pour quelques photos, puis apprendre que le lodge de Mowani n’effectue pas de change monétaire et qu’il va donc falloir faire un détour par celui de Twyfelfontein ne contribue pas à alimenter la bonne humeur de Rémy qui prononce à plusieurs reprises le mot « UIS » au milieu de pleins d’autres … L’accueil à Twyffelfontein Lodge est agréable, même s’il n’est pas possible de changer plus de 50 euros.

Il est 11h30 lorsque, remontant la piste vers la «route » principale, un nuage de poussière intrigue Rémy. Ce sont des éléphants, des éléphants du désert, ici, en plein Damaraland. Quelle chance de voir leurs premiers éléphants sauvages dans ces paysages intacts du Damaraland ; les voir évoluer est particulièrement émouvant. 13 adultes et 3 petits qui se dirigent vers la voie qui mène au site de Twyfelfontein. Autant dire qu’ils ne passeront pas inaperçus !

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Le site de Twyfelfontein est un chaos de collines, effondrées en grosses roches rouges, empilées de façon aléatoire ; certaines de ses roches offrent à voir les gravures rupestres les plus vieilles du continent africain. Bonnes chaussures conseillées.



Le guide que nous suivons porte le prénom inoubliable de Mona Lisa. Au début froide et réservée, elle se réchauffe un peu, et finalement dit qu’elle sait porter le prénom d’un célèbre tableau exposé en France, et demande pourquoi Joss est française. Joss en profite pour lui demander ensuite de lui parler des différents peuples Namibiens. La discussion bien entamée, Monalisa demande avec des yeux qui brillent : vous avez vu les éléphants ? ils sont revenus aujourd’hui ! Vous avez vus les petits ? Ils sont tellement beaux ! Nombreux sont ceux sur le site qui ont aperçu les pachydermes et, très vite, le retour des éléphants devient le sujet de discussion général. L’espace d’un trop court instant, les gens sont heureux, il n’y a plus ni guides, ni touristes, simplement quelques êtres humains partageant la joie d’autres êtres humains. Joss et Rémy auront encore l’occasion de mesurer l’attachement des Namibiens pour leur terre et toutes les formes de vie qui la peuplent. De façon tout à fait étonnante, Rémy et Joss se prennent à penser que sans ces ( censuré) UISsiens, ils ne les auraient pas vus, les éléphants.

Il est presque 13h. Un peu moins de 2 heures de pistes les conduisent, en passant vers Palmwag, jusqu’à la source de Warmquelle, gérée par la communauté d’Ongongo.

Palmwag, springbok téméraire ou inconscient, il finira par bondir sur le toit du toyota !!!!!!!.......... ........................................

........................................Zèbres de montagne..................

L’air est d’une sécheresse irritante à laquelle les sinus européens ne sont pas habitués. Cette journée sera la plus chaude du séjour et c’est avec soulagement que Joss et Rémy arrivent à Ongongo, soulevant une poussière presque coupable. Le comité d’accueil ne se fait pas attendre. Des dizaines d’enfants bravent la poussière et accourent pour vendre du bois et du petit artisanat, . Joss et Rémy ne s’arrêtent qu’une seule fois, causant ainsi bien plus de frustrations, exprimées, que de joie. Le site d’Ongongo reste gravé dans la mémoire du couple comme celui du malaise. Malgré la grandeur du site, la taille et le nombre des emplacements de camping ne permettent aucune intimité. L’employée du camp vient encaisser son dû alors que le Toyota du couple négocie encore les ornières et le passage en eau de la voie d’accès . Elle explique que c’est le boss, qui surveille le site depuis les fenêtres de sa cabane, qui l’envoie. Une espèce d’Arlésien Namibien quoi ! Il règne autour de ce camping communautaire des images de misères qui apparaissent injustes au regard de la manne touristique générée par le site et gérée par la communauté. Il doit y avoir des jours comme ça, peut-être qu'une certaine fatigue altère l'objectivité. Joss a une pensée pour MimiNono. Les couples allemands et suisses avec lesquels Rémy discute ont décidé, tout comme Rémy, de n’y dormir qu’une nuit au lieu des 2 prévues. Le site de la source est pourtant beau et surprenant . Joss a mobilisé son courage pour se baigner malgré les milliers de bébêtes, et la couleur de l’eau vert-bien-vaseux par endroit. Elle a fait son européenne ! Le soir tombe, c’est pleine lune, et des milliers de grenouilles n’attendaient qu’elle pour débuter le concert … (les bébêtes dans l’eau : les larves des grenouilles). Le boeuf acheté à Uis est immangeable...Ce sera donc jambon, pâtes, courgettes en papillotes, fromage et vin. On ne va pas se laisser aller ! Le sommeil sera lourd à partir du moment où il deviendra possible de faire abstraction du chant des batraciens....

...........Emplacements dans le lit à sec et cabane du Boss sur la rive

.................Warmquelle : la source tiède (tiède ne veut pas dire chaud...)

........................Camping d'Ongongo, dans le lit d'une rivière à sec. Accès réservé aux 4x4 ! .

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Mercredi 12 novembre 2008, 04h30.

Fin de la première partie. La deuxième n'est même pas encore à l'état d'ébauche..😊

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La honte de prendre l'avion?
J'ai trouvé ceci ce matin sur le site du "Figaro" (n'étant pas abonné, je n'ai pu lire tout l'article) : j'en suis resté assez stupéfait, et je me demande bien ce qu'en pensent les lecteurs de ce forum !

www.lefigaro.fr/...port-aerien-20190407 Par souci d’écologie, de plus en plus de voyageurs cèdent à la «honte de prendre l’avion» et privilégient le train, même pour de longs trajets.

Gino, Italien installé depuis sept ans à Stockholm, et Saana, son amie finlandaise, auraient toutes les raisons de choisir un des nombreux vols low-costs pour rejoindre leur famille respective. Une habitude très ancrée chez de nombreux Suédois. Ils prennent cinq fois plus l’avion que la moyenne mondiale, souvent pour des vacances au soleil afin d’oublier leur hiver si long. Mais pas en 2019: «Nous avons décidé cette année de ne pas prendre l’avion, explique Gino. Nous sommes inquiets pour le climat et nous avons voulu faire quelque chose de concret. Alors pour les vacances de Pâques à Turin, ce sera 37 heures de train, rien que pour l’aller.»
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NW Canada, Alaska et Nord Arizona
préambule

L'ensemble de ce voyage a été réalisé par mon épouse et moi-même entre le 27 Juin 2011 et le 11 août 2011.

Les photos proviennent bien, en règle générale, de ce voyage de l'été 2011. Cependant, je ne m'interdis pas d'introduire occasionnellement quelques photos prises lors du voyage précédent assez semblable (2007), lorsqu'elles sont nettement meilleures que celles prises cette année.

La rédaction d'un carnet de voyage est une première pour moi, et probablement une dernière aussi, car je n'envisage pas de me lancer régulièrement dans ce type de récit, pour raison de temps. Mais, si bien des régions du monde font l'objet de nombreuses descriptions sur VoyageForum, bien peu de carnets détaillés existent pour l'Alaska, aussi j'ai souhaité y remédier. J'espère, malgré la qualité médiocre des photos incorporées (limitées chacunes à 100 Ko), donner envie à quelques uns de s'intéresser au grand Nord du continent Américain. Il le mérite bien. Nota (juillet 2013) : les photos dans le corps du texte ont, depuis quelque temps, parfois disparu (merci VF ?) surtout dans la deuxième partie de chaque page ; elles ont alors été remplacées par ... une vignette. Mais il suffit de cliquer sur cette vignette dans le corps du texte pour les retrouver à leur taille normale.

Il s'agit de notre quatrième voyage en Alaska. Nous avons insisté cette fois : - sur les lieux que j'avais le plus appréciés auparavant (négligeant certains endroits pourtant célèbres, comme Denali NP, qui ne nous tentent plus) ; un "Best Of" en quelque sorte. - sur la partie maritime Sud (l' "Inside Passage") que nous ne connaissions pas.

Enfin le voyage se termine par une extension en Arizona, car nous souhaitions retourner une fois de plus à CBN (The Wave) ; nous avons eu en Avril dernier la bonne surprise d'apprendre que nous avions gagné, via la loterie internet, deux permis d'accès au site (très difficile à obtenir), vers la fin de notre séjour Américain. Il nous fallait en profiter. ===================================================

Notre trajet a été le suivant :

(comme le texte est très long et entrecoupé par des commentaires, afin de retrouver un passage plus facilement, j'ai introduit un certain nombre de renvois avec lien vers le texte correspondant : cliquer alors sur les passages en gras dans la table suivante) :

- Vol Lyon-Paris-Los Angeles (voir juste ci-après) - vol pour Seattle - frontière Canadienne - Yoho N.P. - Lac Moraine, Lac Louise, Icefields Parkway (ours) - Jasper, Lac Maligne - Alaska Highway : 1/ traversée de la Colombie Britannique : Dawson Creek, Fort Nelson, généralités sur l'Alaska Highway, Muncho Lake (ours), Liard River Hot Springs, ours sur la route - Alaska Highway (suite) : 2/ entrée dans le Yukon, Watson Lake, Teslin Lake, Whitehorse - généralités sur la ruée vers l'or du Klondike - passage en Alaska, Skagway - retour au Yukon, Whitehorse à nouveau, route vers Dawson City, Dawson City, - Top of the world Highway, passage en Alaska, Tok, Glennallen, passage rapide à Anchorage - route vers Homer, Homer - Journée à Brooks Falls, Katmai NP (ours très nombreux) - péninsule de Kenai, Anchorage - route vers Glennallen et Kenny Lake (pipeline de l'Alaska) - Edgerton Hwy, Kennicott et McCarthy (ours), - route vers le parc de Kluane, passage à nouveau au Yukon, lac de Kluane - Haines Junction, survol des glaciers (Kaskawulsh et South Arm Glacier) - route vers Haines (retour en Alaska) Haines, Chilcoot River (ours) - A PARTIR DE MAINTENANT TRAJETS EN FERRY. Ferry vers Juneau, Juneau, Mendenhall Glacier - Tracy Arm Fjord, Sawyer Glaciers, retour à Juneau (ours) - ferry vers Sitka, Sitka - en route vers Wrangell, passage à Petersburg, Wrangell, vers Anan Creek (ours) - Anan Creek (ours très nombreux) - Ketchikan - retour à Bellingham en ferry, retour à Seattle. - vol vers Las Vegas, route vers Page - The Wave (route défoncée), autour de Page - Secret Canyon - Cottonwood Canyon Road Bryce NP, Red Canyon, Cedar Breaks NM, retour à Las Vegas - Havasupai - Palm Springs, retour à Los Angeles, retour en France.

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Le vol depuis Lyon vers Paris puis Los Angeles a été parfait (Air France en Affaire, grâce aux miles FlyingBlue). Vol AF CDG-LAX

A l'arrivée nous prenons possession d'une petite voiture Hertz pour quelques heures, car nous devons changer rapidement d'aéroport ; direction John Wayne Airport (SNA) à 40 miles de là, à Santa Ana. Mais nous avons le temps sur le trajet de faire un détour pour nous dégourdir les jambes près de l’océan ; ce sera Huntington Beach, et son sympathique pier. Huntington Beach

Vol ensuite vers Seattle avec Southwest Airlines, une compagnie low cost, mais qui fonctionne parfaitement, et au confort très correct. Enregistrement rapide (il n'y a pas de boarding pass avec siège pré-attribué, mais on reçoit un numéro qui signifie l'ordre de pénétration dans l'avion, où chacun choisit à sa guise un des sièges encore disponibles). Bagages gratuits ! Encore un vol sans problème, à l'heure, avec une escale de quelques minutes à Oakland. Tout cela pour environ 50$ ttc par personne !

Peu avant d'atterrir, nous survolons le Mt Rainier, repère mythique de la région de Seattle. Mount Rainier

La réception de la voiture à Seattle sera un moment important, car nous devrons cohabiter un gros mois ensemble, sur plus de 10000 km. Et, outre une consommation raisonnable (le prix de l'essence n'est plus ce qu'il était ; nous l'avons trouvée dans certains coins reculés sensiblement plus chère qu'en France !), il nous fallait une longueur inférieure à 15', pour minimiser le coût de transport sur le ferry. Il fallait aussi qu'elle soit confortable, afin de ménager nos vieilles articulations. Le préposé au comptoir Hertz est compréhensif, efficace et compétent, il assimile nos exigences.

Il nous attribue une Hyundai Elantra. Bonne pioche, elle a été parfaite, à l'aise sur les pistes (faciles) telles que Top Of The World Hwy ou McCarthy Road, et confortable pour les très longs trajets routiers (je dirais que c'est comme une Mégane, en plus confortable. Le toit ouvrant sera un plus très apprécié (surtout par Madame qui a ainsi pu profiter du soleil Arctique, sans faire chuter notre moyenne), car nous avons eu sur la plus grande partie du trajet un temps anormalement beau et ensoleillé. La radio par satellite nous permettra de recevoir des centaines de chaînes, même très loin de toute zone habitée. Prix total payé pour cette voiture en km illimité, pour 1 mois complet : 1 175 US$ ttc, avec toutes les assurances raisonnablement nécessaires.

Petite remarque amusante : nous avons reçu une voiture immatriculée en Floride, et cela nous a attiré beaucoup de sympathie tout au long du parcours, car la Floride, c'est très looooooin de l'Alaska. On nous a souvent fait confirmer que nous venions bien de Floride, et lorsque nous répondions "non, de France", on nous demandait alors généralement "où est situé cet état ?". Notre réponse habituelle, "encore plus à l'Est que la Floride" les a à peine surpris (l'Américain moyen ne connaît que très mal la géographie).

Notre première tâche a été de faire un très gros plein de nourriture et d'outillages de cuisine dans un Safeway et dans un Walmart à proximité de l'aéroport de Seattle, car, pour des raisons d'économie ou de diététique, nous ne mangerons pas très souvent au restaurant.

En fait, tous les midi nous prévoyons un picnic léger et rapide. Et le soir, nous ne fréquenterons les restaurants que de temps à autres, lorsqu'ils amèneront un plus significatif. Car au Canada et en Alaska, les restaurants sont rares dans les zones reculées, et ailleurs ils sont toujours très chers (environ le double de ceux qu'on rencontre dans le SW des USA à qualité comparable) ; ils sont en outre généralement très quelconques ou bourratifs.

De plus, les logements que nous fréquenterons (hôtels-motels-lodges, bungalows, BnB, roadhouses, cabanes, …) nous donneront souvent gratuitement accès à un barbecue (nous comptons bien faire une cure intensive de saumon sauvage grillé) ; et sinon nous aurons parfois une kitchenette, ou au moins un micro-onde disponible ; nous utiliserons une boite spéciale en plastique, très pratique, spécialement conçue pour préparer rapidement et facilement une plâtrée de riz ou de pâtes dans un micro-onde. Il nous a néanmoins fallu trouver des cartouches bleues Camping-Gaz. Et là, mauvaise surprise, elles ne sont plus distribuées aujourd'hui dans les magasins REI de Seattle "pour raison de sûreté" (?) nous explique-t-on (j'aurais plutôt pensé pour raison commerciale). Mais heureusement nous en trouverons rapidement dans un "Big 5" voisin.

Nous passons quelques minutes, pour le fun, au Pike Market de Seattle afin de retrouver l'ambiance inimitable des vendeurs de poissons.

Pike Market, Seattle

Nous faisons là notre première rencontre du voyage avec les fameux saumons sauvages d'Alaska, à la chair couleur rouge vif, incomparables avec les saumons d'élevage que nous connaissons en Europe.

Lancés par un assistant, ils rejoignent la caisse enregistreuse par dessus les têtes et les étalages pour y être pesés et emballés. Il est vrai (nous pourrons le confirmer plus tard) que les saumons d'Alaska sont bien des champions reconnus pour le saut, par exemple pour remonter une chute. Les poissons volent bas !

Un petit tour express, sur le front de mer près du marché nous permettra de saluer une dernière fois le Mt Rainier, omniprésent dans la ville.

Seattle waterfront

Notre premier picnic se déroulera sur la rive Est du Lac Union, dans une zone un peu rétro et hippie, assez sympa, avec des maisons flottantes (on se croirait au nord se Sausalito). Lake Union

Mais nous ne nous attardons pas, et quittons bien vite la ville, direction Nord, par l'I5. Là, les difficultés commencent. Comme la dernière fois où j'ai emprunté cette autoroute en direction du Canada, elle est complètement engorgée sur 60 miles (la carpool est elle-même saturée). Contrairement à l'idée reçue, la vie ne doit pas être toujours rose dans la région de Seattle !

Nous arrivons enfin au Canada, et dormons à Abbotsford, une cinquantaine de km à l'Est de Vancouver (ville que nous éviterons complètement cette fois).

Le lendemain de bonne heure, nous nous engageons sur la "transcanadienne" direction Est, avant d'obliquer vers Kelowna et la vallée de l'Okanagan (région que nous ne connaissions pas), puis de rejoindre les Rocheuses Canadiennes.

la transcanadienne

pont flottant de Kelowna

des cultures à perte de vue

vallée de l'Okanagan

Nous n'avons pas vraiment apprécié cette région, pourtant réputée. Certains points de vue sont effectivement très beaux (le fond de la vallée est une succession de jolis lacs très longs), mais la circulation y est pénible, et les villages assez quelconques. La région est fameuse pour ses vergers, et ses fruits ; mais si ces derniers sont bien vendus en grand nombre dans des stands un peu partout au bord de la route, le tarif est dissuasif (bien plus cher qu'en supermarché, bien plus cher qu'en Europe). De plus il est très difficile de trouver à midi un coin sympathique avec tables de picnic.

Heureusement, la belle surprise de la journée sera notre ville étape, Revelstoke, au pied du Parc des Glaciers (le Canadien, pas l'Américain). Nous logeons dans un motel sympathique (Swiss Chalet), genre BnB. Et l'ambiance de ce gros bourg forestier est vraiment plaisante et relaxante : un orchestre de jazz dans un kiosque à musique anime agréablement une soirée bon enfant. Seul bémol, la ville est traversée en permanence par des trains interminables (on a compté 168 wagons), mais cela donne un coté folklorique indéniable.
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Nice Acte VII - Samedi 3 décembre 2005
A la demande de VILCANOTA .... 😉, et vu que mon humeur s'est retrouvé beaucoup plus joyeuse aprés la rencontre de Marseille, trop bien ......, j'officialise une nouvelle rencontre sur Nice le Samedi 3 décembre ......

Pour à nouveau échanger dans le calme, et également s'amuser un peu, je vais faire " classique " comme en décembre 2004, prévoir une rencontre en début d'aprés midi avec un RDV à l'hôtel le Petit Palais où on se trouve bien pour pouvoir discuter de notre passion en toute décontraction, libre à certains membres de se retrouver en petits comités pour déjeuner auparavant ..... on prévoiera un petit goûter quand même, et puis une sortie au restau le soir, certainement de nouveau à la cigale orientale qui avait ravi bon nombre d'entre nous ......

Et le Dimanche, nous tenterons de mettre quelquechose sur pied afin de pouvoir continuer la rencontre sur tout le week end .....

Avis à ceux qui ont des idées, à ceux qui peuvent héberger des membres, le Petit Palais mettra des chambres à disposition suivant un tarif avantageux pour les membres, mais plus sympa d'être hébergé chez les membres locaux...... Yann, je t'attend avec ta famille à la maison comme promis et si ta petite femme peut se libérer .....

Ce serait sympa que des belges, des canadiens, des parisiens, des lyonnais, et surtout des marseillais, etc ..... soient présents ........

A bientôt de vous rencontrer .....
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Travailler et vivre au Canada ou au Québec
Bonjour,

Moi, ma compagne et notre petit bout'chou de 20 mois, souhaitons nous installer au Canada pour y vivre et y travailler. Ma compagne est actuellement en poste chez un équipementier automobile en tant que "dessinateur projeteur" depuis 6 ans, et avant cela, elle travailla également dans le domaine aéronautique pour Airbus, soit plus de 10 ans dans le secteur industriel. Avec un salaire plus que satisfaisant, l'envie de changer d'horizon, de vie, nous amènes néanmoins à faire le grand choix de quitter l'hexagone pour nous sentir "revivre". A 40 pour moi, et 36 ans pour elle, il me semble qu'il n'est pas encore trop tard. De mon côté, ayant 15 ans d'immobilier derrière moi, et 5 ans d'activité commerciale (gérance de librairie), travailleur indépendant, je pense encore faire parti des "actifs". Afin de faire le grand saut, il faudrait que ma compagne trouve une entreprise comme Bombardier ou autres qui puissent la recruter. Pour moi, ma situation de travailleur indépendant n'est pas un soucis. A tous mes ami (es) du Canada ou du Québec, qu'avez-vous à nous dire sur ce projet de "français" voulant quitter ce vieux pays qu'est la France pour rejoindre le "Nouveau Monde" ?
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Retraités qui quittent la France
trouvez -vous normale que les retraités soient obligeaient de quitter La France pour vivre heureux avec une petite pension, après avoir cotisé 40 années, pour NON, attention les jeunes la belle retraite c'est un rêve.
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Urgent: s'installer à Londres en octobre!
Bonjour tout le monde !

J'ai déjà mis une annonce concernant ma future venue à Londres ; je compte y être pr la mi-octobre, j'ai repéré qq infos qui m'ont déjà pas mal aiguillé. Voila, je souhaiterai trouver une coloc ds londres pr commencer, avc une équipe sympa, ensuite, trouver un job assez rapidement. J'ai besoin d'infos, pr savoir comment puis-je m'y prendre, pr la coloc, pr le travail, pr ouvrir un compte, pr m'inscrire si possible dans une école afin d'apprendre mieux l'anglais, si possible gratuite, pour avoir mon numéro de sécu, faire un cv....bref, pr m'installer ! Si vous avez tout ces renseignements, cela m'aiderai grandement, surtout que mon départ est proche, je fini actuellement mon préavis, donc jaurai vraiment besoin d'infos ! N'hésitez pas a me donner des tuyaux, des adresses, tout me sera utiles. Pour le logement, je voudrais savoir comment ca se passe pr le "deposit", dois-je donner une caution, si oui, de kel manière, comment je l'a récupère....je vous remercie de répondre à mes questions. J'ai besoin de vous !!!!

A très bientot ! ninie
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Quatre saisons de petites balades en pays de Savoie
Je suis tombée amoureuse d'une très jolie région de France où j'ai eu la chance de vivre pendant quelques temps : le pays de Savoie.

Je lis, çà et là, sur divers forums, des comptes rendus, des récits de voyage instructifs, des impressions diverses et variées sur des pays magnifiques souvent très lointains… Moi aussi j'ai voyagé loin mais j'ai pensé qu'il n'y avait pas besoin d'aller au bout du monde pour raconter mon expérience personnelle concernant cette très belle région de Savoie.

Le pays de Savoie comprend, comme chacun le sait, deux départements : la Savoie et la Haute-Savoie. Je me suis promenée durant 4 ans le long des chemins de ce merveilleux écrin, magnifique boîte à bijoux qui renferme, entre autres, le plus beau des diamants : le MONT-BLANC ! Mais... Pas que !

De ces magnifiques massifs montagneux que l'on trouve dans cette partie des Alpes jusqu'à ces toutes petites fleurs qu'on ne découvre souvent qu'en ces lieux, en passant par toutes sortes d'animaux… Tout est source de beauté, de magnificence et parfois même, d'inspiration.

Je n'ai pas passé mon temps, lors de mes balades, à photographier tout ce que je voyais, heureusement, mais, grâce aux photos prises, je me souviens mieux de l'endroit où je me trouvais à ce moment-là. Parfois, j'étais au bon endroit au bon moment avec mon appareil parfois, c'est simplement mon regard qui s'est posé plus longuement sur ce qui m'entourait. Aujourd'hui, mes photos ne me paraissent pas toujours suffisantes, évidemment, car il y manquera toujours… Tout ce qui n'y figure pas !

Je débuterai mon récit par cette belle saison qu'est l'automne ! Parfois cela ressemble un peu déjà à l'hiver et parfois, l'été est encore bien présent pour quelques temps de résistance !

(tous les extraits qui suivent proviennent de mes notes personnelles inscrites dans mon journal de vie entre l'automne 2010 et l'été 2014).

… Pas de mot pour apprécier cette belle nature ! Juste mes yeux qui voyagent entre les minuscules petites merveilles des bords des chemins empruntés, le silence des sous-bois interrompu par quelque cascade bavarde, le chant des clarines lorsque les troupeaux sont de sortie, les couleurs changeantes des nombreuses prairies ou le gigantisme des massifs environnants qui nous invite à méditer. Il n'y a rien à comprendre dans cette démarche, juste apprécier ces moments, admirer les paysages et aimer cette région !...

...Je ne suis pas randonneuse dans l'âme, loin de là, mais j'aime marcher pour le plaisir des yeux, dans le calme et la sérénité des magnifiques paysages alentour...

L'AUTOMNE



… En très peu de temps, l'automne a déversé sur ces magnifiques contrées toute sa palette de couleurs plus belles les unes que les autres. Le ciel joue le jeu et a même revêtu son bleu le plus azuréen possible pour accentuer la beauté des lieux. Le soleil, quant à lui, s'invite dans le feu des couleurs qui s'installent et illumine de ses rayons encore puissants, la cime des arbres en les parant d'une beauté toute éphémère. Quelques nuages épars adoucissent cette explosion de teintes entre terre et ciel, comme des éclaboussures apaisantes voulues par un peintre génial. Tout est calme autour de moi on a presque l'impression de faire partie d'un immense tableau pas tout à fait animé mais pas, non plus, totalement inerte car plein de sons de toutes sortes surgissent çà et là et cet instant présent devient alors encore plus… Vivant !...

... Début octobre. Aujourd'hui l'automne très estival jusqu'à présent, a décidé de céder sa place semble-t-il, à un début d'hiver plutôt précoce. Un fin manteau neigeux descend de plus en plus bas au fur et à mesure des averses qui se sont intensifiées. Cela ne devrait pas durer : c'est juste un leurre, un semblant d'avertissement, une intimidation...





… Octobre poursuit sa route et l'automne est maintenant bien installé sur la région. Les arbres ont pris des teintes merveilleuses un peu partout. Dès que le soleil plonge avec délice ses rayons dorés au travers des feuillages roux, jaunes, orangés ou pourpres, le paysage s'illumine encore davantage et les sous-bois semblent soudain un peu plus clairs comme si l'été voulait se prolonger dans cette saison intermédiaire pour intimider l'hiver à venir et l'inciter à attendre encore un peu, juste pour nous faire plaisir, juste pour notre bonheur...





… En cette fin de journée, la neige lèche maintenant les portes des chalets il fait nettement plus frais et même les oiseaux semblent s'affoler et font la navette entre les arbres et la provision de nourriture bien à l'abri de la petite « cabane à oiseaux » installée pour eux au bord de mon balcon…





… Dans la nuit, la neige s'est vraiment imposée sur toutes les pentes environnantes et au réveil, le spectacle est sublime. Mais très vite, le soleil, enjôleur et taquin, apparaît et, peu à peu, la neige s'efface pour ne devenir plus qu'illusion et s'enfuit devant cet automne qui, décidément, n'en finit plus de nous surprendre…







… Un voile de brume s'étale peu à peu au fond de la vallée, caressant voluptueusement au passage, les massifs qui semblent rosir de plaisir sous le soleil couchant. Il s'enroule bientôt totalement autour d'eux les faisant apparaître encore plus beaux, plus majestueux et, dans la sérénité de la nuit qui approche, ils semblent aussi plus endormis, plus tranquilles comme de grandes îles perdues au milieu d'un océan imaginaire...



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De Arles à Rome par la Via Aurelia
Arles-Nice à pieds par la voie aurelia, première marche de printemps

Lyon-Marseille-Arles: je rêvais depuis plusieurs mois de marcher sur les traces des légions d'Auguste de Arles à Rome par la voie aurélienne(via aurelia). Première grande marche de printemps, après le canal de Midi et Garonne en 2008(550 kms) et la ruta de la plata entre Séville et Santiago (1000 kms ) en 2007 de l'andalousie à la Galice. Cette première marchede printemps peut se préparer le long des longues soirées d'hiver en surfant sur Google ou sur VF, croiser les informations des marcheurs au long cours, vérifier que le peuple étrange des voyageuses a pris son vol pour les premiers voyages de printemps. Gitanita croise toujours dans le continent amérindien, Béatrices s'est fixée aux pieds du Causse du Haut Languedoc en rêvant de voyages au long cours, d'autres préparent un second périple au pays des sassanides, périple de dix jours, avion, bus et train compris. On a les vacances qu'on peut... De son côté, la voyageuse du cirque a repris la tournée de son cirque en Turquie, à 300 kms d'Aleppo: bientôt, le petit cirque italien s'installera pour une longue tournée de six mois en Syrie, pour passer ensuite en Egypte... Mes compagnons de route au long cours ont préféré le Népal qu'ils préparent activement. Comme la météo est capricieuse, derrière le projet « Via Aurelia » en 37 jours(1000 kms) j'ai mis en réserve le ruta de levante de Valencia à Ourense, par Tolède et Avila et si la météo est vraiment capricieuse, le tour de Corse par le sentier littoral, la mer méditerranée est toujours pleine d'embruns...

31 Mars 2009: ARLES-SAINT MARTIN DE CRAU : Ière étape: 21 kms:

« préambule d'une longue marche de printemps »

Lyon-Marseille-Arles: il me faut rejoindre Arles, mais je passerai auparavant par Marseille au Consulat de Syrie déposer une demande de visa pour mon prochain voyage: les informations de VF m'ont révélé que la délivrance des visas syriens est beaucoup plus rapide à Marseille qu'à Paris. Recu courtoisement par le consul, je ne peux m'empêcher de penser qu'il représente une effroyable bureaucratie actuellement au pouvoir à Damas. Sa courtoisie n'efface pas ma mémoire.

A midi, je suis à Sainte Trophyme(Arles) que je connais déjà et comme la première étape projetée: Arles-Salon(39 kms) me paraît tartarinesque, je tente le coup de la partager en deux étapes: Arles-saint Martin de Crau cet après midi, Salon de Provence demain...

Pour une mise en jambe, il vaut mieux être prudent avant une marche au long cours: mes chaussures italiennes sont récentes: elles ont encore besoin d'être « faites », « culottées » ou « débridées » selon ce que l'on veut.

La bête, malgré ses piscines hebdomadaires, a besoin de remettre en route ses muscles longs et de vérifier l'état de ses tendons (tendinite 2007).

Le sac est neuf, il faut réapprendre à le remplir et à privilégier le choix des poches(clin d'oeil aux marcheurs au long cours...)

le jet de l'inutile se fait au cours des trois premiers jours. Bien entendu, j'ai une carte grossière de la Via Aurelia trouvée sur Google, que je complèterai par des cartes IGN au 1/100.000 et les informations précieuses des offices du tourisme traversés.

J 'ai l'intention d'être émerveillé par les paysages, les montagnes, les cieux, les floraisons et les odeurs de printemps, les oiseaux et les animaux que je rencontrerai, les hommes aussi tout au long de mon long chemin... 1 avril 2009: Saint Martin de Crau-Salon de Provence: (28 kms) « la plaine de la crau fait toujours 70 kms de large »

ma voiture garée sur le parking de la gare, je contourne le premier rond-point d'Arles pour buter sur le vieux moulin de Van Gogh(en cours de restauration, la restauration à l'identique de la toile de Vincent bute sur la reconstruction de l'annexe en briques rouges au pied gauche du moulin) j'oublie de photographier la relique, hypnotisé par les arcades d'un pont moyenageux qui enjambe les canaux. La météo n'est pas au beau fixe: j'ai capoté le marcheur: K-Way-casquette américaine à longue visière, le parapluie oublié et qui fait déjà défaut...Heureusement, Zeus, Ouranos, dans leur Olympe, sont cléments: la pluie se mue en un crachin breton qui autorise la marche au long cours...

J'ai eu le choix entre le parcours dit « du patrimoine » qui suit le GR des alpilles et la longue plaine de la Crau (70 kms de Arles à Aix) j'ai privilégié le second itinéraire, ayant déjà fortement transpiré sur le premier dans une autre vie...des alpilles au Ventoux.

La plaine de la Crau reste une large plaine alluviale où les mas s'égrènent le long du chemin, les portails des domaines ouvrant sur de longues allées de mûriers. La plaine est verte et humide: l'eau sourd de toutes parts, de multiples canaux de dérivations: les cheavux camarguais, les grues, les canards sauvages, les aigrettes sont en harmonie avec le vert de ce printemps tardif: les odeurs, les parfums, les cris d'oiseaux se répondent, couverts souvent par le rugissement des diesels de la petite départementale, diesels fous qui ont quitté l'autoroute proche que l'on suit...

Au détour d'une allée de buis, le beau tympan roman de saint Geniès, à l'entrée de Rafèle entre Arles et saint Martin: platitude, longueur des kilomètres, seule la montagne sainte Victoire émerge au loin et nous rappelle qu'on marche sur Aix..

2 avril 2009: Salon-de-provence- Aix: 27 kms: « où le château de l'Emperi prend des allures de Marlborough »

Salon de Provence est sous la pluie: redondance avec la Fontaine de mousse de la place de la Fontaine: même le château de l'Emperi, à l'architecture toscane, ne respire pas le blond de la pierre d'Orgon. N'empêche, Salon est une ville que l'on dédaigne souvent, mais qui a de vrais airs d'Italie et Saint Michel et son vieux tympan roman valent le détour...

L'hotel de la poste, recommandé aux compostelliens(cf.ww.compostelle-paca...) regorge de marcheurs au long cours: un italien arrive de Rome et part sur Compostelle, un autre marcheur arrive ce soir: je n'aurais pas le temps de connaître sa destination: Rome ou Compostelle. Sur cet itinéraire, il arrive que l'on croise des flux de randonneurs dont on ne sait s'ils vont sur Rome ou sur l'Espagne.

Je n'oublie pas de faire tamponner mon « credential » d'agnostique: les cachets des hotels ou des offices de tourisme suffisent à mon bonheur, je crains un peu les couvents et les nonnes, j'attend l'Italie... La D17 m'offre à la sortie de Salon 17 kilomètres de Voie Aurélienne parfaite jusqu'à Eguille, une borne miliaire est fièrement dressée au KM 6 à la sortie de Salon, ma première borne milaire, elle a encore au flanc, la petite niche boite aux lettres des coursiers de l'empereur. J'imagine, sous le goudron de la D17 les amoncellements de graviers et les milliers d'esclaves morts à dresser cette longue voie entre ROME et ARLES, les légions d'Aurélien, de Marius et de Claude, jeunes légionnaires de 20 ans marchant sur les itinéraires des tables de PEUTENGER( avec espérance de vie de 30 ans et souliers de bois cloutés) j'apprécie d'autant mes Merrell et mes Trezeta(chaussures de marcheurs du XXI siècle après J-C)..

3 avril 2009 : AIX-TRETS-SAINT MAXIMIN (36 kms) où les métamorphoses de PICASSO au Musée Granet

La pluie tombe d'abondance, j'abandonne une partie de l'étape pour me consacrer au Musée GRANET d'AIX où m'attendent « les métamorphoses de Picasso », parcours initiatique à l'oeuvre du peintre de Vauvenargues (inhumé dans le parc du château) La première salle d'exposition me semble un peu « disney », façon cité des sciences de la Villette, avec musique initiatique si l'on effleure les cartouches des oeuvres du peintre, je préfère la recréation d'une femme nue couché avec couches numériques révélant le miracle de la création: merveille du numérique et de la pédagogie inter-active... dehors, il pleut toujours: j'irai dormir à TRETS, cité médiévale à 21 kms d'Aix, au pied de PUYLOUBIER, d'où je reprendrai mon errance jusqu'à saint Maximin la sainte baume.

L'hotel du Val de Trets, vieille maison provencale au pied des remparts, me réconcilie avec l'hotellerie francaise: j'apprécierai d'autant après ma longue marche le long du tombeau de Marius dans la plaine des Loubières(bataille de Marius contre les teutons...je suis toujours sur le voie aurelia)

ici des chiens errants me prennent en affection et je mettrai sept kilomètres avant de m'en séparer, en suivant une voie ferrée désaffectée pour effacer mes traces. Heureusement, une belle provencale, inquiète de leur présence et de leur propriétaire, les gardera pour moi, le temps que je m'éloigne...

Une halte à POURCIEUX, avec bistrot tenu par un étrange personnage déguisé en souteneur(gourmette en or, veste prune, pantalon noir, teint illuminé par les veilles et les costières du Var...) et une belle boulangère à la poitrine aussi généreuse que ses croissants au beurre et ses pissaladières. Mon dieu, que que la France des chemins est bonne...

3 avril 2009: Saint Maximin – Brignoles: « Marie-Madeleine a désormais deux tombeaux »

je vais déchiffrer ma deuxième borne miliaire de la voie aurelia grâce à Evelyne, hôtesse de l'office du tourisme de saint Maximin, bien plus compétente que moi sur le »noli ne tangere »du crâne de Marie-Madeleine, enchâssé dans la crypte de la basilique de saint Maximin. Moi qui lui dis qu'il s'agit d'une supercherie, les révolutionnaires étant passé par là en I793, elle me confirme que les restes précieux de la sainte avaient été cachés pendant la révolution et que le morceau de chair sanctifié par les doigts du christ sur le front de la pénitente est tombé du crâne lors de sa redécouverte... elle me précise même que si les restes trouvés dans le sarcophage de la sainte sont d'un homme, c'est que les chrétiens de l'époque, craignant que les sarrazins fassent main basse sur les reliques de Marie-Madeleine, avaient mis à sa place la dépouille du pauvre saint Isidore... croyant comprenne que pourra...

il n 'empêche que les sarcophage de la crypte, sarcophages paléo-chrétiens, romains ré-employés, valent bien ceux du musée archéologique d'Arles...et que le retable d'Andre de ROZEN et ses dix sept prédelles(1510-1520) me préparent sérieusement aux fresques de Giotto que je verrai bientôt dans quelques jours.

J'apprécie de plus en plus la culture et le charme des hôtesses des offices de tourisme: elles vous donnent envie d'approfondir et d'aller plus loi sur le chemin(pour mémoire, la seconde borne miliaire de saint maximin est entreposée dans le cloître de la basilique, elle a été trouvée sur le mont aurélien sur la même commune...)

4 avril 2009: où le GR 99 croise la via aurelia:

on avait laissé notre héros en contemplation devant sa deuxième borne miliaire: on avait oublié de dire que nos ponts et chaussées successifs avaient fait disparaître toute trace de la monumentale autoroute romaine. En Espagne, on marche encore sur les pavés de la Via Augusta. Dans le Var et les Alpes-Maritimes, la via aurelia s'appelle D17, Nationale 7, autoroute provencale. Alors, de temps en temps, pour retrouver les maquis et les buis, la guarrigue, le GR ou sentier de grande randonnée est la meilleur formule.. A Brignoles, c'est le GR 99 qui croise la via aurelia, il descend de BARJOLS et de BRAS, il a des odeurs de sangliers, de feuilles mortes et de poudre à fusil, il croise la piste des chasseurs locaux, l'on s'attend à tout moment à voir surgir, apeurée, une laie et ses marcassins. Malheureusement, je pense à Peter Mayle, de redoutables propriétaires terriens entourent leurs territoires de barbelés et de miradors et obligent le poétique GR à gravir collines et descendre vallons, sans raison, sinon la fièvre « propriétaire » d'un hobereau local(avec 4x4 et fusil à 3 coups) voilà pour le GR 99. Il en sera de même pour le GR41 et le GR 55, mêmes itinéraires tourmentés, à forte déclivité, mais où l'ascension terminée, l'estérel et les maures valent le détour. A partir du Muy, le GR prend le nom de GR 51 pour longer les crêtes de l'Estérel. Le pélerin-randonneu a le choix entre les départementales dangereuses et les sentiers de chasseurs: selon son humeur, son envie d'écologie ou de verdure, de nature ou de vieilles pierres, il peut opter pour l'une ou pour l'autre formule.La formule GR est toujours plus coûteuse en énergie: St Maximin-brignoles par le GR: 8 heures de marche, le même itinéraire par la départementale: 4 heures de marche...

Dans le premier cas, des odeurs de trohens en fleur, des buis, des chênes-verts, des chênes lièges, des guarrigues sauvages... dans le second cas, les odeurs de diesels mal réglés, et la mauvaise humeur des automobilistes qui vous frôlent rageusement, jaloux de leur territoire sur lequel vous empiétez...

5 avril 2009: Brignoles-Le Thoronet-Fréjus: « où l'on s'apercoit que ce n'était pas Aurélien qui avait commandité la via aurelia »

je ne sais pas pourquoi en arrivant à Fréjus je fredonne une complainte bretonne « de Nice à Concarneau », ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas encore arrivé à Nice, même si mes étapes m'en rapprochent. Je devrais plutôt fredonner, comme Auguste en I7 avant JC, de ARLES à FREJUS et de ROME à FREJUS par la Turbie, voilà la belle idée de notre empereur, alors que nos légionnaires se gelaient à franchir les cols des Alpes et celui de Larche particulièrement, depuis des lustres...

Mais je vais être infidèle au parcours romain, à cause de mes amours cisterciennes: il me faut voir LE THORONET, après SENANQUE, SILVACANE et FONTFROIDE: THORONET, la plus simple, la plus sauvage, la plus austère des abbayes cisterciennes de Provence. Le randonneur des GR se sent en harmonie, avec son sac, avec la simplicité et l'évidence des architectures solesmiennes... il me faut cependant revenir à la Via Aurelia, et c'est à Fréjus que je prendrai mon troisième pied devant ma troisième borne miliaire, entreposée sous une arche des arènes, sans inscription, au milieu d'autres vestiges antiques. FREJUS est une vraie capitale archéologique romaine: on vient d'ailleurs de mettre au jour, en creusant un parking en face de la Poste, les vestiges du port antique de Fréjus: impressionnants...

Alors, que faire à Fréjus, sinon passer des arènes à l'aqueduc de la porte dorée, à la reconstitution d'une magnifique villa romaine au musée archéologique, contempler les colonnes romaines de ré-emploi du baptistère paléo-chrétien de la cathédrale, et surtout, comble du syndrome de Stendhal, tomber en pamoison devant les 18 prédelles du retable de Jacobo DRANDI (1410-1463) consacré à la vie de sainte Marguerite( la carte postale de ce retable est en vente au prix de 60 centimes à la librairie du cloître de la cathédrale)

FREJUS: Capitale gréco-romaine ou sarrazine ?

Voilà pour le patrimoine, que dire de la sociologie de ce chemin romain ? Les sarrazins ont depuis longtemps repris pieds en Provence et les défenses et les fortifications érigées au IX et X ièmes siècles sur les contreforts des Maures et de L'Estérel n'ont plus de signification et sont tombées depuis longtemps devant une immigration d'outre-méditerranée qui s'est installée curieusement au coeur des cités médiévales provencales...

Nous allons à prix d'or acheter les dars de leurs casbah qu'ils désertent pour les banlieues de leurs grandes villes, tandis qu'ils restaurent avec ardeur les vieux quartiers de nos bastides..les horribles ETAP-HOTEL, B and B, et autres F1 fleurissent dans nos banlieues et aux périphéries des villes traversées... subsistent avec bonheur des hotels Riviera (Fréjus) de l'avenir (Saint Martin de Crau) les kebbabs, les épiceries tenues 7/7 par Ahmed, Karim et Mamadou... Les petits-bourgeois gaulois paient sur trente ans leurs pavillons en parpaing, tandis que les descendants de Mohamed restaurent et font revivre de belles demeures médiévales oubliées au coeur de cités fortifiées.

Le soir, des brunes aux yeux de gazelle rient très fort entre elles aux terrasses des cafés construits sur les traces des anciennes fortifications. La provence sarrazine est une réalité dont il faut se réjouir: il n'y a pas de meilleure intégration que l'accent chargé d'ail et de senteurs provencales de Mahdi, Leila, Khaled et Mina, leur vitalité, leur humour et leur absence de qu'en dira-t-on. Parfois, je songe aux fantômes errants de ces belles demeures avec qui ils font si bon ménage.

Ce soir, je dormirai chez Mohamed, après avoir gravi les vieux escaliers aux tomettes provencales de son hotel chargé d'ans et d'histoires...

6 Avril: FREJUS – LES ADRETS : « où les crêtes de l'estérel font oublier la via aurelia »

si l'on suit le parcours historique de la via aurelia, on doit suivre le bord de mer de saint Raphael à Cannes, revêtu de bêton et de goudron... La via aurelia mérite mieux que çà: on choisira de remonter le cours du Reyron à Partir de Fréjus et de gagner l'ancien barrage de Malpasset: on franchira ensuite l'Estérel par les Adrets... Pas un véhicule, pas une moto, des allées de chênes-liège et des paysages sur l'arrière pays àvous couper le souffle.

Détail amusant, c'est aussi la région où l'on trouve le plus de l'espèce curieuse de « l'étrange peuple des voyageuses », surtout des voyageuses en « a », mais aussi des voyageuses en « o ».

Aux adrets, c'est une voyageuse en « o » qui va me faire découvrir l'estérel et son arrière-pays, nous échangerons sur nos raids réciproques, elle dans le sud-est asiatique et moi sur mes marches au long cours. Nous passerons deux heures sympas à échanger nos bons plans et nos itinéraires: demain, je suivrai à son initiative les rives du lac de saint Cassien pour rejoindre PEYMEINADE. Elle m'aura permis de raccourcir mon étape en m'offrant de découvrir les rives d'un lac walchensien. Je rejoindrais la via aurelia à MOUANS-SARTOU...

Je regrette déjà de laisser l'étrange voyageuse dans son petit village de l'Estérel, je sais qu'au détour d'un chemin, au retour d'un trek, je la retrouverai, plaine d'humour, de convivialité, de simplicité et d'ouverture aux autres.

Voyage-Forum a cela de bon qu'il nous laisse des amis dans les coins les plus inaccessibles et les plus surprenants. Je marchera demain en pensant à elle, la remerciant du fond du coeur des paysages qu'elle m'aura permis de découvrir et que mon itinéraire n'avait pas prévu.

L'Estérel laisse demain sa place pour le Massif du tanneron.

7 avril : Les adrets-Montauroux (14 kms) « où une vfiste change l'itinéraire de la voie aurélienne

Nostalgique de cette rencontre furtive avec « O » la belle vfiste(brune, 1, 77 m)je me retiens du sms de regret du style « n'ai je pas été trop tactile? Je me suis pourtant retenu »(lu dans les perles de VF)il me faut reprendre la route: mon compteur indique encore 764 kms avant ROME... heureusement, BORDIGHIERA, ma ville fantasmée approche...

I4 kms après les Adrets, après avoir suivi les rives du lac de Saint Cassien, prêt à aborder le virage de PEYMEINADE, les klaxons compulsifs d'un véhicule que j'aurais pu prendre pour celui d'une boulangère livrant son pain me font me retourner et voilà-t-y pas que je retrouve ma vfiste en « o » que le hasard ou le destin remettait sur ma route...

Il est l'heure du café de I0 heures, le soleil est de la partie, nous voilà dérivant vers MONTAUROUX, village non inscrit dans l'itinéraire...mon destin sera-t-il lui aussi bouleversé?

Ma bonne étoile me suggère que ce soir, le gîte et le couvert seront assurés par Voyage Forum, merci Francois... la solidarité des voyageurs ou du peuple étrange des voyageuses me fera découvrir la gentillesse, la générosité, l'ouverture d'esprit de certains habitués du Forum: je ne regretterai pas le détour: non seulement, je vivrai au rythme et au coeur d'un village provencal, mais les curiosité du patrimoine de MONTAUROUX et de CALLIAN(village de Christian DIOR et de soeur Emmanuelle) n'auront plus de secret pour moi.

La voyageuse en « 0 » me fera découvrir les rouges corsés des coteaux du Var, j'échangerai contre son accueil un saint Estèphe, château BONIS, élevé et mis en fût au château...
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A faire dans la vie
C'est un texte que j'avais ecrit dans les carnets de voyage mais en fait il a plus sa place ici. Sur les choses a voir ou a vivre dans la vie.

Voilá 2 ans de voyages et la vie est toujours une aventure, et parfois j'aimerais bien me caler devant un star wars avec ma femme qui me caresse les cheveux, en buvant un bon chocolat, tout ca dans un bon canape bien au chaud. Au lieu de ca, je me retrouve dans des chambres impersonnelles et gelées, a prendre des douches froides, a jamais dormir dans la meme chambre, a plus avoir aucune affaires personnelles et á attrapper des grippes intestinales ou a dormir dans des bus qui roulent sur des routes sans asphalte dans une atmosphere moite ou gelée, avec pour voisin ou voisine, une grosse mama peruvienne avec six couches de robe, qui transporte des poules et un cochon de laie qui me renifle les doigts de pieds toute la nuit, ou bien un Tamul habillé d'une tunique et un enorme turban sur la tete qui ronfle toute la nuit dans des cars ou ya pas de toilette, pas de peau d'echappement, qui creve un pneu en plein milieu de la jungle, a me faire triturer les doigts de pieds par des fourmis, qui ont des crocs aussi gros que leur corps et qui lachent jamais leur proies, a me faire attaquer par les thermites, a manger avec les pauvres dans les marchés, a me faire voler toutes mes affaires et a me retrouver en pyjama a l'autre bout du monde avec en main seulement mon passport et ma carte bleue, a pleurer sur les horreurs de la globalization qui est un poison pour tous les autres pays autres que le notre, a me rendre compte que ca va pas durer comme ca encore longtemps, car les civilizations, c'est comme les hommes, ca s'essouflent à un moment, ... a jongler entre les tremblements de terre et les tsunamis, a reconstruire des villages detruits, a danser toute la nuit chez des gens venus du monde entier, jusqu'a partir en trance et ouvrir mon esprit aux visions du monde, a faire des ceremonies chamaniques dans la vallee sacree a 4000m au milieu des etoiles ou dans la jungle, a revivre des moments de vies passées, a faire des seances de yoga trantrique avec des filles sur de la musique indienne dans un tourbillon d'amour et d'energie sensuelle, a dormir dehors sous les etoiles, a marcher pieds nus, jusqu'a plus etre habitué aux chaussures et a avoir les pieds élargis par la liberté, a nager avec les dauphins dans l'ocean indien, a vivre 15 jours dans un monastere boudhiste dans la jungle thailandaise, et a faire de la meditation de 4heures du mat jusqu'a 9 heures du soir, sans parler durant les 15 jours, a rencontrer des cobras, des mygales, des scorpions et des milles pattes de 20 centimetres qui peuvent te rentrer sous la peau pour aller y vivre, a faire de la plongee dans les eaux turquoises des iles tropicales, a me choper des crises de foie dans les restos argentins en bouffant toutes les viandes possibles, a vivre avec un paysan argentin, un pistolet a la ceinture et un businessman hollandais recemment convertit en apprenti guerisseur dans la pampa du sud, a faire la fete a Buenos Aires avec les argentines, a vivre avec des argentins dans le delta du Tigre ou les routes sont remplacees par les eaux, a aller voir des chutes d'eau paradisiaques, boire les meilleurs jus de fruit du monde au Bresil, me retrouver dans des villes de traficants de drogues et de tout et n'importe quoi au Paraguay, a traverser des deserts au Chili, a traverser trop de frontieres pour m'en rappeller, , a rencontrer des sages de montagnes, des maitres en medecine, un sorcier russe, des tibetains acupuncteur, des maitres en Shiatzu, a etre obligé de bouffer dans les fast food de Singapour, a traverser l'Australie en 4 jours, a me faire chier a attendre mon avion en Nouvelles Zelande, a dormir des dizaines de nuit dans les bus, dans les gares ou les aeroports, a depenser mon argent n'importe comment, a rencontrer des gens de tout horizons, de toutes croyances, de toutes spiritualité, des filles de toutes nationalités...et tout le reste.

Alors maintenant j'ai envie d'apprendre a cuisiner et d'etre content tous les jours de faire la popote, pendant que ma femme remplies les factures et les papiers que jamais je ne comprendrais, remplir le róle que je dois jouer ici, a etre content d'enculer le systeme, a aider les autres a vivre mieux et a leur devoiler leurs zones sombres, les aider a aller de l'avant et a accomplir ce pourquoi ils sont faits, a danser sur le bruit du monde, a faire des seances de yoga sur des musiques mystiques, a cultiver un petit jardin, un potager, des plantes medicinales et des fleurs et des arbres, a etre tranquille pour becher la terre du jardin, a entendre le telephone sonner ou la sonnerie de la maison, a inviter des amis a manger ou prendre un verre, a dormir dans un grand lit chaud avec une femme bien douce qui sait faire les massages et qui a l'esprit élargie a l'infini, a aller voir les derniers films au cinema, a arréter de me prendre pour un chevalier Jedi, a pas regarder les actualités pour pas etre au courant des mauvaises nouvelles qui font peur et qui inconsciemment influe notre systeme nerveux, notre facon de vivre, nos habitudes, nos croyances, nos certitudes sur ce qui est la réalité, ou ce qu'on croit etre la réalité, mais qui est juste ce qu'on a envie qu'on croit, et qui amplifie notre peur de tout, a pas fumer de cigarettes, a pas me deplacer en voiture, a pas vivre a Paris, a pas vivre avec les gens qui sont obligés de regarder les autres vivre pour savoir comment vivre leur propre vie, mais avec ceux qui se laissent vivre et porter tranquillement, en vivant toujours activement et pas en attendant le rien du tout ou la fin de la vie, a continuer a me demander pourquoi on vit, a chercher un moyen de voyager sans mon corps, a preférer vivre les films que de les regarder, a toujours essayer de percer les mystéres de notre Terre et de la vie, a comprendre que comme tout le monde je ne vais nulle part dans un monde incomprehensible ou les gens confondent le Monde avec ce que les gens font, oú les gens apportent plus d'importance a developper des boucliers pour se sentir en securité que de comprendre ce qu'ils font ici, a voir les gens s'ennuyer parcequ'ils croient avoir epuiser tout ce que le Monde peut offrir mais qui ont en fait juste epuisé ce que les gens font, a sourire comme reponse a la souffrance de la vie, a voir les vieux mourir, les oncles, les tantes, les parents, les amis, ma femme et puis moi meme nous eteindre inexorablement avec un sourire d'impuissance face au mystere de cette vie...puis a m'en aller dans le monde des esprits et plus jamais retourner sur cette Terre...
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Déréclusion!
Déréclusion !

Je ne suis pas à un néologisme près.

Parce que j’me demande : Suis-je libre ? En liberté surveillée ? Contrainte ? Coercition sanitaire et salubrité publique... J’crois que secouer les peurs est mille fois plus efficace qu’un bracelet électronique. Voir le monde entier en pause, je ne pensais pas le vivre. Je comprends aujourd’hui avec quelle rapidité pourrait s’installer une dictature.

J’me demande pourquoi je ne ressens aucune crainte, pourquoi je me sens à mille lieux des peurs dont j’entends parler. Suis-je normale ? Suis-je inconsciente ? J’ai vu des gens avec un masque en voiture, mettre des gants pour tenir un chariot de magasin, où s’arrête le bon sens ? C’est quand même horripilant de se sentir infantilisé. Quand j’entends toutes ces sommités parler, j’ai l’impression qu’elles s’adressent à une population de mômes.

Parait que certains sont porteurs sains et transmettent le virus, paraît que certains ont eu la maladie sans s’en apercevoir et ont des anticorps, paraît que certains ont été malades et ont développé des anticorps, paraît que certains n’ont jamais été en contact et ne seront jamais malades, paraît qu’il faut qu’il y ait 60 % au moins de gens avec des anticorps pour l’immunité collective. Ca s’appelle RO lala.

Et beaucoup sont morts et au regard de l’humanité sur nos plus de 7 milliards, c’est une goutte. Une goutte d’acide et de chagrin pour les familles et amis des décédés, c’est certain. Des cataractes de panique pour des millions d’autres qui tremblent d’entendre un reniflement ou un éternuement. J’me demande aussi combien sont morts de faim et de maladie dans le même temps et aussi combien vont mourir des dégâts induits par le monde à l’arrêt.

Combien de pandémies ont-elles eu lieu sans que le monde occidental ne bouge un cil ? Un virus à la volette et qui disparaîtra comme tous les virus avant qu’un autre ne prenne le relais. C’est ainsi depuis toujours.

Ma solution : je respecte les peurs et angoisses des autres. Je respecte les consignes assenées à longueur de temps. Mais dans l’absolu, au fond de ma p’tite tête, j’pense tout autre chose et me tiens coite.
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Coup de gueule au sujet de la Turquie
En 1997, lors de mon dernier "road trip" en Turquie, j'ai quitté un peuple attachant, souriant, honnête, libre, toujours prêt à vous aider. J'y suis retourné ce mois d'août après deux semaines à avoir sillonné la Grèce du Nord en famille. J'ai été profondément choqué par le changement que j'ai pu observer et vivre. Lors de mes 5 précédents voyages en 1985, 1989, 1991, 1996 et 1997, à avoir sillonné la Turquie d'est en ouest, et du Nord au Sud, je n'avais jamais vu de femmes vêtues intégralement de noir et intégralement voilées. Après avoir traversé la frontière Gréco-Turque, à la première grande ville traversée, j'ai pu voir de nombreuses femmes intégralement voilées de noir. N'ayant pas prévu de me rendre à Istanbul, je n'avais pas téléchargé la carte de Turquie dans mon GPS. Avec l'absence de panneaux clairs, à environ 2 ou 3 Km de Sultanahmet, j'ai demandé à un groupe de jeunes la direction à suivre pour rejoindre Sultanahmet. " Luetfen, could you please tell me the way to Sultanahmet ?". Il regarde ma plaque d'immatriculation et me répond "Yok" = "non". Cette première expérience d'antipathie a l'égard de nous, perçus comme occidentaux ou mécréants, ou les deux, je pourrais malheureusement la revivre régulièrement durant nos 3 jours passés à Istanbul. Quasiment toutes les femmes Turques d'Istanbul sont désormais voilées, inversement proportionnel à il y a 22ans. Plus moyen de boire une Efes Pilsen ou un vin Turc dans les restaurants où j'ai mangé, il n'y a plus de boissons alcoolisées proposées à la carte ! Je suis profondément triste pour ce peuple qui sombre dans l'obscurantisme de l'Akape et du fondamentalisme islamiste. Ce peuple si attachant, si aimable que j'ai quitté il y a 22 ans est devenu arrogant, fondamentaliste, antipathique. Dommage pour eux ... Il y a 20 fois moins d'occidentaux qu'auparavant à Istanbul ... Je comprends désormais pourquoi ...
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90 jours en vadrouille au Mexique
Rosa Venus, papier-cul parfumé, reductor de velocidad et AVP (bref résumé d’un séjour de 90 jours au Mexique)

Si vous avez déjà séjourné au Mexique, alors vous connaissez les 3 premiers termes. Pour les nouveaux, voici une devinette : elle est présente dans presque toutes les chambres d’hôtel du pays, elle ne sent pas véritablement mauvais mais contrairement à ce qu’indique son nom, elle ne sent pas les roses non plus, et elle est vraiment toute menue… Si vous répondu qu’il s’agissait d’une prostituée, alors vous avez tort… Il s’agit d’une marque de savonnette omniprésente au Mexique!

Cherchez tant que vous voulez: du papier-cul parfumé on n’en trouve ni au Canada ni aux É-U, mais au Mexique, c’est la norme ! J’aurais préféré un bon vieux bidet, mais sentir bon du cul, c’est quand même une expérience à vivre… Bon, ben maintenant vous êtes au parfum…

Plus sérieusement, les installations sanitaires mexicaines sont délicates, et on est instamment invité à laisser le papier hygiénique utilisé dans une corbeille plutôt que dans la cuvette, de là le papier-cul parfumé. Pas certain de l’effet vraiment désiré, cependant… Un conseil: les chasses d’eaux sont souvent en plastique, alors allez-y avec lenteur et ménagement quand le levier sera actionné.

Les «reductor de velocidad» aussi connus sous l’appellation: tope est une bande d’asphalte + ou - haute et + ou - large qui barre une voie de circulation aussi bien en ville, qu’en campagne, et parfois même là où onles attend pas, mais alors là vraiment pas… Ils ont le pouvoir de se confondre parfaitement avec leur environnement, et souvent on les voit trop tard et c’est la crise de hoquet sévère pour la voiture et les passagers…

Avec eux, les voitures qui roulent trop vite font un sacré soubresaut, et même si l’immense majorité des automobilistes étrangers aimerait bien les voir disparaître, je crois dur comme fer qu’ils ont assurément sauvé la vie de millions de Mexicain(e)s.

Prenez (très, très bonne) note que les automobilistes mexicains conduisent comme des pieds, et roulent à tombeau ouvert pendant que les piétons patientent pendant de très longues minutes aux intersections et attendent que les cons sur 4 roues aient disparu AVANT de traverser la rue , même si le feu est vert pour eux aussi. J��ai plusieurs fois «forcé» la note, pcq le temps d’attente devenait ridicule, et je n’ai jamais été même frôlé par un automobiliste… Leçon pour les autochtones?

AVP n’est pas seulement le titre d’un film (particulièrement) moche de science-fiction, c’est un acronyme inventé par moi qui signifie : Amants des Vieilles Pierres. J’en suis un, et je l’assume, et si vous n’en êtes pas, vous le deviendrai à la fin de la lecture de ce récit de voyage.

Comment ne pas aimer profondément ce pays ? Si vous pensiez, à l’instar de l’actuel locataire de la Maison Blanche qui sera évincé sous peu pour cause de malpropreté intellectuelle, que le Mexique n’est qu’une extension géographique, politique et économique du Guatémala, qu’il est rempli de voleurs, de violeurs, et de narcos, eh bien! vous êtes dans l’erreur…

Ce pays est à la fois vibrant, moderne, et ressemble à s’y méprendre aux clichés véhiculés par le Net (fiesta continuelle, catholicisme exacerbé et joyeux bordel). Cependant, comme le renard, il demande à être apprivoisé. Une fois que vous aurez compris ses codes, ses non-dits, et que vous les aurez acceptés et digérés, vous y reviendrez encore et encore. Promis!

Tout débute et se termine à Mexico. J’ai profondément aimé détester cette… mégalopole, polluée, bruyante et surpeuplée. C’était écrit dans le ciel : quand on habite un village de moins de 1000 h, ça paraît à tous les niveaux. Comme le disent les habitants des petites collectivités: c’est juste trop «gros», trop… trop tout, quoi. Quand on roule pour aller visiter Teotihuacan, et que le paysage urbain ne change pas une miette jusqu’à la destination, 42 km plus loin c’est que cette mégalopole est vraiment tentaculaire.

Que diriez-vous d’un tour de bus pour la découvrir? Au zocalo (la grande place centrale de toutes les villes mexicaines), des bus touristiques vous proposent plusieurs circuits. Nous avons commis l’erreur d’y aller un jour de semaine. Grave erreur. La circulation est carrément infernale dans cette mégalopole. Le circuit jaune nous a conduit vers le périphérique sud, l’hôpital militaire et tout le tralala dans les environs, mais on est resté pris exactement 24 minutes sans avancer d’un poil à une occasion et 15 autres minutes à faire du surplace dans un autre secteur… Avec la chaleur, et le soleil qui tapait sur nos têtes = pas une bonne idée. Conseil: si vous voulez faire une visite guidée en bus, attendez le samedi ou le dimanche.

Nous avions réservé au «Mexico city Hostel» situé sur Republica de Brasil 11. Il s’agit d’un établissement bien tenu avec dortoirs et chambres privées à 2 ou 3 lits. Ne peut vous parler des dortoirs, car étions en chambres. Nous avions réservé par le Net sans appeler, les sites d’appréciation étant favorables, mais pas un mot sur les chambres qui donnent sur la rue, évidemment. Elle ne sont pas particulièrement bruyantes le jour, mais le soir venu, quand les rideaux de fer des boutiques tombent, les systèmes d’alarme se déclenchent à la moindre vibration et rugissent pour 5 minutes, minimum.

Laissez donc mononcle Marc vous donner l’heure juste. Chambres à l’étage : évitez la 233, 3 lits, car elle donne sur la rue (sur le site de l’Hostel, il s’agit de la photo qui montre 2 lits près l’un de l’autre alors que le troisième est juché plus haut sur une mezzanine). La 232 (sa voisine) est dortoir, et donne sur la rue également. Évitez ces 2 chambres comme la peste! La 237, 2 lits ne donne pas sur la rue, alors calme.

Les chambres suivantes sont au r-d-c. La 119, 3 lits est silencieuse, la 117 , 2 lits est silencieuse, et enfin la 114, 2 lits, est silencieuse. Les ventilos de la 119 et 117 sont réglés au max, et impossible de les ralentir si on les mets en marche… Je présume que la situation est la même dans toutes les chambres. Super pour faire sécher la lessive, cependant… Toutes les chambres qui ne donnent pas sur Republica de Brasil sont aveugles, mais possèdent des puits de lumière.

Si vous êtes en chambre le p-déj est gratuit, si vous êtes en dortoir, c’est 30 P (P majuscule = peso mexicano). Le p-déj en vaut la peine : fruit frais, yogourt mexicain, i-e d’une couleur ringarde, et beaucoup trop sucré, café (à l’eau), lait, pain grillé, et omelette ou œufs/fromage, confiture. Le tout à volonté. Ramassez vos plats et ustensiles, SVP, et oui, il démarre bien la journée.

Le sans fil (désolé, mais je n’utilise pas l’expression: wi-fi (autre pays, autres mœurs, n’est-ce pas…)) est rapide et on peut s’y fier. C’est surtout la réception qui est couverte ainsi que le «salon». Tout l’Hostel est très propre, n’oubliez pas de donner 20 P par jour à la femme de chambre, n’est-ce pas? Les femmes de chambres mexicaines travaillent fort pour peu. Un détail qui vaut son pesant d’or: les serviettes de bain ne sont pas fournies…

Je recommande le Mexico City H. sans hésiter surtout que la localisation est à une enjambée du zocalo. Vraiment, un super emplacement. Marché de fruits/légumes miel et bouffe mexicaine situé à 15 minutes à pied sur Republica de Venezuela (le bâtiment aux arches). Évitez à tout prix le «buffet china» situé juste en face de la porte d’entrée de l’Hostel. Un autre conseil de mononcle Marc : évitez TOUS les buffets chinois au Mexique… et ce même si vous en avez marre des tacos… Cette nourriture est carrément infecte…

Il y a aussi Mundo Joven, un hostel situé encore plus près du Zocalo/cathédrale sur une rue calme malgré la proximité du Zocalo. N’y avons pas demeurés, mais avons fait souvent affaire avec son agence de voyage pour réservations de billets d’avions et locations de voiture. En passant, n’avions rien réservé AVANT notre départ… Billets d’avions pour Chihuahua et Palenque et 3 réservations de voitures effectuées facilement rendus sur place, et pour avoir comparé les prix, Interjet (cie aérienne) arnaque sa clientèle étrangère. Un conseil : achetez une fois rendus sur place. Sur les 4 vols intérieurs, tous avaient au moins 20 % de sièges encore disponibles lors des vols. Seule la classe moyenne/haute voyage en avion, les «vrais» mexicains voyagent en bus.

Je nedevrais vraiment pas mentionner cet endroit, car il risque d’être envahi par une horde de gringos qui suivent de trop près les recommandations de mononcle Marc: le Café Tacuba sur la rue éponyme situé à 10 minutes à pieds de l’Hostel déjà mentionné. À un jet de pierre du métro Allende.

On se croirait dans les années ’60. L’uniforme, et surtout la coiffe des serveuses est impayable. On y mange bien, les portions sont (trop) généreuses, mais la raison pour y aller, c’est les musiciens… Habillés comme des troubadours du M-âge, ils jouent solides et les voix sont beaucoup plus que «juste bonnes». À l’honneur, des chants typico mexicains.

Les hispanophones chanteront avec eux, les autres seront ravis de voir les locaux fredonner des airs archi-connus du répertoire du pays.

Mon moment AVP, maintenant. Le templo mayor en vaut plus que la peine. Juchez-vous sur la promenade qui surplombe ses ruines pour voir de plus près les superpositions d’enceintes des différents règnes, époques. Promenez-vous dans ce labyrinthe, et revivez la grandeur passée de ce peuple à la fois cruel, en guerres perpétuelles, mais bâtisseurs du sublime.

Faut jeter un coup d’œil sur différentes maquettes et cartes présentes dans plusieurs musées de la ville, et qui ont essayé de reproduire ce à quoi pouvait ressembler Tenochtitlan avant l’arrivée des barbares, pour se rendre compte du degré de raffinement de cette civilisation. Et tout cela, en 2 siècles et des poussières seulement…

Si votre temps est compté (le temps n’est jamais compté pour un v-é-r-i-t-a-b-l-e AVP mais enfin…), concentrez-vous sur le musée adjacent qui est époustouflant. Malheureusement, trop souvent les musées (putain, pourquoi un e muet à un mot masculin??? Oh! Oh! , les vieux en vert avec l’épée, vous m’entendez?) associés à des sites archéologiques sont quelconques. Pas celui-ci, loin s’en faut…

Le musé d’anthropologie: quoi ajouter qui n’a pas encore été écrit par d’autres? Ils ont mis le paquet et n’ont pas manqué leur coup, c’est certain… Juste la vue de la cour intérieure peut donner une érection intellectuelle, alors c’est peu dire… On défile d’une salle à l’autre, et on va de beauté en beauté, Du magnifique au sublime. Merde, j’ai encore les larmes aux yeux… J’y retourne un jour, c’est certain…

N’oubliez pas de visiter les salles du premier étage, souvent ignorées. L’ethnologie est souvent négligée par rapport à l’anthropologie/archéologie. Costumes, musique, vie quotidienne, nourriture etc…

La visite du musée Soumaya m’a causé des ulcères… Je suis loin d’être muséologue, mais des musés d’art, j’en ai visité un grand nombre. L’architecture du musé est audacieuse, mais l’idée de me retrouver dans un immense bâtiment de + ou - 8 étages sans lumière naturelle est… étrange car aucune fenêtre ni puis de lumière (sauf dernier étage). Claustrophobes, prenez note. Les issues de secours sont difficiles à localiser. Un feu ou une panne électrique, et bonjour la panique du troupeau! De plus, il fait froid dans cet endroit. Ne faites pas la gaffe d’y aller jambes et bras nus (même s’il fait 40 dehors) ou alors le veilleur de nuit vous retrouvera congelé au petit matin… Petite laine obligatoire.

La collection de toiles est moche, incroyablement redondante, et se limite à des peintures religieuses provenant d’illustres peintres… inconnus. Elles se ressemblent toutes. Mêmes thèmes, mêmes couleurs sombres, mêmes traitements stylistiques. Ennui assuré. Lors de l’acquisition, elles devaient être en solde, et Slim a fort probablement dû pouvoir compter sur un prix de gros… CQFD

La collection d’œuvres en ivoire est impressionnante, mais gardons en mémoire que des animaux ont été massacrés pour notre plaisir de visiteur. Elle devrait dormir dans l’entrepôt, et être présentée qu’une fois l’an aux écoliers pour illustrer la vacuité des êtres humains. Les dizaines de millions de $ engloutis dans ces collection, et dans le bâtiment sont supposés incarner un cadeau aux Mexicains par le richissime C. Slim. Celui-ci aurait mieux fait de consacrer ces sommes importantes dans un projet plus utile, comme la réfection du métro de Mexico qui tombe en ruines … Les résidents de la ville auraient appréciés…

Nous sommes arrivés à Mexico le 09 janvier, et comme ils disent de l’autre côté de la flaque: ça caillait solide le soir venu, mais comme on allait partir bientôt pour le Chihuahua, on avait prévu le coup. Soyez avertis: il faisait autour de 9 degrés la nuit venue à ce temps de l’année.

On a vu le Ballet folklorico de Mexico au Castillo de Chapultepec (juché sur une colline et avec un solide vent), et malgré le coût de 800 P, le spectacle en valait la peine. Bon danseurs/ses, beaux costumes, bons musiciens, beaux éclairages. Recommandé, mais n’oubliez pas votre laine… Admission générale, alors premiers arrivés, premiers assis. Débute à 19h00 pile.

Quand on passe 4 jours sur 6 dans des musées de l’ouverture à la fermeture, reste pas beaucoup de temps pour le shopping, mais les inconditionnels trouveront assurément un marché d’artisanat à se mettre sous la dent, mais vous paierai beaucoup plus que d’aller à la rencontre des artisans en province. Avoir affaire à un commerçant plutôt qu’à l’artiste, c’est frustrant surtout quand le premier ignore tout de la provenance, de l’artiste impliqué, des techniques utilisées etc… Je vous déconseille fortement le marché public de la Merced, car les pick-pokets y règnent et les porte-monnaie y disparaissent rapidement, hein Denis?

En route vers le Chihuhua

La voiture nous attendait à l’aéroport. Les 3 locations du voyage ont été avec Europcar, et nous avons été satisfait de l’état des véhicules, mais aurions apprécié que le personnel des agences de Chihuahua et Palenque soit un minimum à l’aise avec la langue anglaise…

Pour avoir visité le nord-est (Chihuahua) et l’extrême sud (Chiapas) du Mexique, je ne peux que conclure que sur un plan géographique la diversité de ce pays est fascinante. Les littoraux Atlantique et Pacifique, les différentes régions montagneuses (les montagnes du Michoacan sont passablement différentes de celles du Guerrero pourtant voisines), le Chiapas est tropical à souhait etc… Si vous aimez les dépaysements en neparcourant que 200 km entre deux destinations, ce pays est pour vous!

La ville de Chihuahua est riche, ça se sent dès l’arrivée. C’est une ville du nord, et la langueur que l’on pourrait retrouver au Chiapas ne s’y trouve absolument pas.

Besogneuse, elle se compare avantageusement à plusieurs villes américaines. Son zocalo est remarquable de propreté à l’image de sa cathédrale impec. Il y a plusieurs sites qui méritent le détour. J’ai particulièrement apprécié la Quinta Gameros, le musée Francisco «Pancho» Villa, le palais municipal, mais j’ai vraiment perdu mon temps au Museo del mamuth, un attrape touriste exécrable. Même les enfants n’apprécieront pas…

On était à l’hôtel Maria Dolorès. On a apprécié notre séjour là et Javier à la réception était une source inépuisable de renseignements, il a un bon anglais. Assez près du zocalo et vraiment pas loin d’un Soriana (grande épicerie)

Le but premier du déplacement était de se rendre à Creel. Pour le Chepe et les canyons, et je n’ai pas été déçu, mais alors là pas du tout.

On a quitté Chihuhua pour Cuauhtemoc (attention, il y a probablement 300,000 villes, rues, boulevards, statues du mec au Mexique). L’autoroute est super, et il y a un seul péage de 102 P. Cuauhtemoc est moche, et il y rien à visiter sauf observer de près les Mennonites besogneux qui ont, il faut quand même le dire, transformés les vallées et les environs de cette agglomération grâce à leur connaissances agricoles.

Cette région produit l’essentiel des pommes mexicaines. Je ne me ferai pas d’amis mexicains, mais aucune pomme produite au Mexique ne vaut la peine d’être mangé… Mononcle Marc connaît bien le domaine, croyez-le sur paroles et restez loin des «pommes» mexicaines. Gardez plutôt vos envies pour les divines mangues Ataulfo offertes à un prix ridicule dans tout le pays.

Si vous décidez d’arrêter là pour une pause-pipi ou repas. Il y a le restaurante Elvis Buffet comida mexicana (et autres mets moins typico mexicains) situé Avenida Juarez entre 4a y 6a au no 460-A Col Barrio Viejo tél : (625)122.30.00, (les infos viennent de leur carte d’affaire) Si mononcle Marc a pris la peine de prendre la carte, c’est qu’il a été particulièrement impressionné par la variété/qualité de la nourriture, et la propreté des lieux. L’endroit était bourré de Mennonites, alors c’est pour dire… Oui, ça reste genre buffet, mais encore une fois: bonne, bonne découverte.

Creel: un ville sortie de nulle part, une ville de far-west, remplie d’indiens et de cow-boys, et même un train qui fait hou-hou y passe chaque jour. Comment ne pas tomber amoureux, hein?

Si vous aimez ça avec de la boue, de la poussière, du vent à écorner les bœufs, et des températures sous zéro la nuit (en janvier en tout cas), alors il faut vous précipiter!

Si vous n’avez pas le temps de vous rendre à Mata Ortiz, et voir le site de Casa Grandes, vous pourrez vous rabattre sur la super-magnifique-extraordinaire poterie dite de cet endroit. Il y a une boutique à Creel qui en vend. Préparez vos valises de P, car c’est vraiment pas donné, mais ces poteries sont vraiment, vraiment très belles. Mata Ortiz est le nom de ce style.

Vous pourrez faire toutes sortes d’activités là-bas : vélo, 4 X 4, randonnée pédestres etc… Nous, on y était pour 3 choses : le parc d’aventure des quebradas, voir le canyon qui mène à Batopilas, et prendre El Chepe, of course! On s’est glané des infos numéro un auprès de l’agence de voyages : 3amigos. Ils sont sur le Net. Pour les forfaits, ils ne sont pas donnés, mais la qualité de la prestation est nettement persceptible.

Un site pour le parc: www.parquebarrancas.com La Via Ferrata n’est pas piquée des vers, la tyrolienne décoiffe en profondeur, et la vue sur le canyon est à couper le souffle. Y a aussi un téléphérique très, très cela qui rivalise avec ses cousins européens… Ils sont loin d’avoir défiguré les canyons, selon mon avis.

Pour le canyon de Batopilas, ce fut une aventure juste des’y rendre. La route asphaltée qui descend au fond du canyon est bordée de précipices, et les paysages (et les éboulis) sont tellement impressionnants que l’on doit conduire lentement et avec prudence pour ne pas se retrouver dans l’inframonde (une sorte de no man’s land Maya)… Les pierres, rochers, et blocs de pierre sont tellement nombreux que l’on doit souvent slalommer, et c’est sans compter tous les virages en épingles qui font passer la route des trolls en Norvège pour une sinécure. Oui, j’aime exagérer quelques fois…

Si vous vous décidez à y aller, Batopilas est une bourgade sympa où les manguiers sont légion. La température y est si élevée qu’on a l’impression d’être sous les Tropiques, et le contraste de températures qui règne avec le haut du canyon est quelque chose à expérimenter. Nous avons bien apprécié la cuisine de Carolina Nunez Gastelum du resto Carolina (restaurantcarolinabatopilas@gmail.com), tél : (649) 104.81.23. Essayez sa truite fourrée aux crevettes, super!

Si vous êtes à l’aise avec l’anglais, contactez Keith Albritton (www.mtsbek.com). Il vadrouille la région depuis 20 ans, parle super bien l’espagnol, et est une source précieuse de renseignements. Malheureusement, sa carte d’affaire ne donne pas ses coordonnées personnelles, il vous faudra donc passer par l’agence qui l’emploie. Par contre, en entrant son nom sur le Net, je suis tombé sur ceci: www.linkedin.com/...h-albritton-49376874.

Donc, en théorie, vous pourriez court-cuicuiter l’agence et le contacter directement par l’intermédiaire de Linkedin. Il est éminemment sympathique, et connaît super bien une grande partie du Chihuahua en plus d’être un ornithologue passionné.

Je vais terminer sur ce point. Très peu d’étrangers à Creel. La ville de San Cristobalde las Casas (Chiapas) semble beaucoup plus populaire aux yeux des gringos que le Chihuahua… Je vous jure que la région des canyons est d’une beauté à tomber à la renverse, et s’il n’y avait que le Chepe, ça vaudrait à lui seul le déplacement. Est-ce que je vends ma salade avec assez de vigueur? L’avenir le dira.

Maintenant la grosse, grosse cerise sur le gâteau : ElChepe

Si vous avez toujours pensé que les «westerns» américains avaient été tournés aux USA, alors grosse erreur… Le Moab, Zion, Grand canyon sont tous des parcs nationaux depuis des lustres, et y tourner un film serait impensable/impossible. À part les studios américains, ces westerns ont été tourné ici. C’est là que les montagnes mexicaines viennent mettre leur grain de sel… Vous serez au cœur de la Sierra Madre occidentale, car le Chepe la traverse de part en part.

Nous avons fait le trajet Creel (Chihuahua)/El Fuerte (Sinaloa) en A/R. Le coût a été de 796.40P pour une direction. Plusieurs sources concordaient pour dire que les sections El Fuerte/Los Mochis et Chihuahua/Creel étaient assez monotones, et nous avons décidés de les court-circuiter.

Dans la direction Chihuahua/Los Mochis, je confirme qu’il faut prendre un siège du côté gauche du corridor qui sépare les 2 banquettes. Le côté droit dans l’autre direction. Ceci étant dit, le 21 janvier dernier, il restait de très nombreuses places de libre en seconde classe. Réservations inutiles.

La seule différence entre le wagon de 1ièreet 2ième, c’est la couleur des banquettes. Ah ! oui, il y a aussi comme un wagon-resto qui sert une bouffe très, très ordinaire. Si ça vous chante de payer 2 fois plus pour la même prestation: libre à vous. Tout le train est non-fumeur, mais vous pouvez fumer à l’extérieur des wagons. Il s’y trouve de petites plates-forme. C’est vraiment l’idéal pour prendre des photos, mais pour le bol d’air faudra repasser, car les fumeurs s’y donnent rendez-vous…

Les toilettes sont dans un état…décent, mais pensez apporter vos lingettes mouillées (d’ailleurs, il faut T-O-U-J-O-U-R-S s’équiper de lingettes mouillées tout le long d’un voyage au Mexique). Nous, on a apporté notre bouffe, et c’est d’ailleurs exactement ce que font les mexicains. Mes produits de l’érable ont connu un succès fou. Pour initier une conversation, délier les langues ou pour goûter un plat maison cuisiné par mémé, le beurre d’érable agit comme un «sésame, ouvre-toi!

Un trajet quelque peu fatiguant, mais ô combien intéressant et photogénique. Nous n’avions aucune réservation à El Fuerte, et trouver un hôtel à été facile. Un aéroport devrait ouvrir sous peu à Creel, mais la date d’ouverture est repoussée depuis au moins… 5 ans !

En route pour le Chiapas

N.B. Il y aura beaucoup de moments AVP dans ce compte-rendu, soyez-en averti.

2ième location de voiture à «l’aéroport» de Palenque (une piste, la fouille des bagages soute se fait… entièrement à la main, l’endroit est manifestement neuf mais résolument vide de passagers). Lors de notre passage à la toute de fin de janvier 2018, il n’y avait que 2 vols/semaine. Un le mercredi et l’autre le samedi. Pas de blague.

Le site archéologique de Palenque est un des assez rares sites Mayas avec une vue/panorama un peu quelconque. On est en pleine forêt, et celle-ci a «avalé» et «grignotée» peu à peu une bonne partie du site original, mais n’empêche: où sont les montagnes, et le panorama grandiose, aimerions-nous dire… Franchement, les Mayas vous auriez pu mieux choisir le voisinage...

L’ensemble du site ainsi que les monuments présents sont dans une classe à part. Debout sur le promontoire le plus élevé du site, on se rend compte rapidement de l’importance des lieux. Pour le négatif, je dirais que la foule est nombreuse dès l’ouverture du site. Les vendeurs du Temple sont presque aussi nombreux que les visiteurs, et ne se gênent nullement pour offrir leur camelote en plein milieu du site! Plusieurs restos, genre «cocina mexicana economica».

Pour le positif, un musé (vous voyez, c’est pas si tant pire sans «e» final, non ?) moderne, aéré. J’aurais aimé vous en dire plus mais l’électricité a coupé moins de 15 minutes après notre arrivée, et on a dû évacuer illico. Frustrant, dites-vous? Surtout qu’on partait le lendemain matin tôt. Nous reviendrons, c’est certain.

Le bureau touristique près du Zocalo offre une brochure intitulée «mapa estatal». Au verso, toutes les routes et voies de communication de l’état. Ne partez pas du zocalo sans elle…

Nous avons quittés Palenque avec l’intention de voir le site de Bonampak dans la journée, et puis de coucher à Frontera Corozal pour pouvoir être les premiers le lendemain matin à visiter le site de Yaxchilan. En route, nous nous sommes restaurés dans la bourgade de Parador Turistico.

Pour Bonampak, il faut laisser la voiture dans un stationnement, et prendre une «navette» conduite par un autochtone du village appelé Yaxkin Lacadonia. Les pick-up sont dans un état assez lamentable, le trajet fait environ 5/6 kilomètres, mais il s’agit plus d’un vulgaire sentier cahoteux qu’une route… Attachez vos ceintures, et agrippez-vous aux sièges… Le prix demandé (70P) est exagéré, mais pas l’choix, car on nevous laissera pas marcher jusqu’au site. Oui, une arnaque, mais ces gens sont (relativement) pauvres, et semblent délaissés par les différents paliers de gouvernements. Ils ont la chance de demeurer près du site, et en profitent: peux-t-on raisonnablement les blâmer?

Bonampak m’a séduit à l’instant où j’y ai mis le pied. On dit que Bonampak était une succursale de Yaxchilan, car pas trop éloignée l’une de l’autre. Faux. Après avoir vu les 2 sites, on comprend mieux cette mauvaise affirmation, car il y a déjà eu la guerre entre les 2 endroits... et Yaxchilan a gagné. Les fresques du site sont fabuleusement fabuleusesssssssssssssss.

Elles sont situées sur les parois intérieures d’un petit bâtiment. On pourrait presque les toucher, mais elles sont juste assez éloignées des visiteurs (et des vandales) pour conserver une partie de leur mystère.

Les pigments des couleurs utilisées sont encore vifs: les ocres et le célébrissime «bleu maya» sont en vedette ici pour le régal de nos yeux devant un festin visuel si jouissif. AVP enthousiastes, soyez cependant avertis: les détails des scènes représentées sont légions, et les conditions de lumière pauvres.

Je vous conseille de regarder une fresque à la fois, car l’ensemble donne le tournis. Les informations foisonnent. L’ensemble ne raconte pas une histoire, mais des scènes explicites et chargées de détails. L’ensemble est prodigieusement merveilleux. Si vous aviez encore des doutes sur le génie artistiquedes Mayas, vous deviendrez un converti AVP, c’est certain… Verrez-vous les gouttes de sang couler des doigts des pauvres prisonniers? Non, il ne s’agit pas de coulisses de peinture… HA! HA! HA! «Simple» tourment ou sacrifice sanguinaire avant LE sacrifice final de la victime? Votre interprétation vaut la mienne…

Tout AVP sérieux ne voyage jamais sans une lampe frontale… La mienne pourrait éclairer la face cachée de la Lune. Sérieusement, si vous voulez tirer le maximum de vos visites dans les «inframondes» et bien voir en détails les fresques souvent situées dans des galeries sombres, il vous faut une lampe de poche ou frontale. Bonampak et Yaxchilan en sont la preuve.

Le bâtiment où les fresques sont présentes est malheureusement petit. Une seule entrée/sortie fait en sorte que la quiétude n’est pas au rendez-vous… Interpréter, déchiffrer, et juste faire en sorte de «comprendre» les différentes scènes peintes demande un minimum de temps et de concentration, et si j’avais su j’aurais planifié une visite plus tôt le matin, mais heureusement l’achalandage autour de Bonampak est ma foi, fort raisonnable. Pas de musée associé.

Frontera Corozal est l’archétype d’un village mexicain humide, boueux, et rempli de poules/coqs/chiens vagabonds. La normale, quoi! Il n’y a strictement rien à faire que d’aller voir le rio Usumacinta, et voir ô incommensurable béatitude le début du Guatemala (oui, c’est du cynisme…)

Semblerait que la région soit très chaude et humide en été, mais en janvier, le température était très supportable même pour un nordique comme bibi. Nous étions à la posada Lizbeth. Un édifice peinturé rose bonbon impossible à manquer dans un si petit village.

Il y plein d’embarcations en fibre de verre, des lanchas ou barquesprêtes à vous prendre pour Yaxchilan. Comme anticipé, il n’y avait que nous à l’embarcadère vers 08h10. On a craché 800P pour deux pour l’aller/retour. Somme très correcte, selon moi. L’essence coûte cher, et le mec a attendu 2h 1/2 notre retour, quand même…

La balade en barque est sympa, et on nous a remis des gilets de sauvetage. Pendant une quarantaine de minutes, on remonte ou descend le fleuve avec la jungle sur chaque rive d’un côté le Mexique, de l’autre le Guatémala. L’Oreille cassée, je vous dit…À l’arrivée sur le site, impossible de dire à prime abord que l’on va à la rencontre d’un grand moment AVP…

Si au moment de sa construction, le site était complètement dégagé d’arbres et de végétation, alors le panorama, avec la rivière en fond de toile, devait être absolument génial! L’adjectif est faible, chers AVP.

La Nature ayant repris ses droits, le site fait très «Indiana Jones», car cet endroit n’est pas manucuré comme Chichen Itza, loin s’en faut.

Bon, encore un rapide moment de romantisme… Se retrouver seul (enfin, deux personnes) sur un site archéologique est, assurément, un incommensurable privilège. Des fois, un AVP prend, inévitablement, ses désirs pour la réalité. Puis-je faire en sorte de créer les conditions parfaites pour être vraiment seul sur un site? Pour plusieurs méga sites mexicains comme Palenque, Chichen Itza, Teotihuacan etc… c’est fort probablement: mission impossible.

Par contre, pour plusieurs sites dont la plupart sont très, très loin d’être secondaires, c’est tout à fait possible. Yaxchilan, Bonampak, et Tonina en sont des exemples. Oui, ça demande de la planification stratégique/logistique, mais pour un vrai AVP (surtout s’il peut compter sur un conjoint presque qu’autant AVP), c’est un devoir… En quelque sorte, un devoir de mémoire, de commémoration, de souvenir. Il n’en tient qu’à vous d’enfin connaître l’extase de se retrouver seul sur un site archéologique…

Donc, nous voici sur le plancher des vaches après un trajet d’une trentaine de minutes. Pas d’autres embarcations en vue, personne dans les environs du quai. Hourra! Même le gardien des lieux est introuvable…

On commence la marche en suivant les indications, et là c’est la boule au ventre. Qu’est-ce que l’on va découvrir? Dans la mesure du possible, je ne jette qu’un regard distrait sur les photos et brochures touristiques qui représentent un site archéologique. J’aime le choc du premier regard. Je ne serai (vraiment) pas déçu…

Arriver devant Angkor Wat les yeux fermés à 07h00 du matin dans la brume évanescente, puis les ouvrir devant ce chef-d’œuvre est un sentiment inexplicable, et impossible à décrire à un non-initié…

Secrètement, j’espérais revivre ce moment à Yaxchilan, car l’entrée en matière (le voyage sur le cours d’eau), et puis cette forêt si luxuriante faisaient bonne impression… Au début, le sentier est engoncé dans cette forêt à l’apparence impénétrable, et puis il s’ouvre lentement et on arrive devant un bâtiment/temple plutôt impressionnant, pas par sa taille, mais par son architecture.

Et là, je réalise enfin que ça sera ma première visite dans l’inframonde. Êtes-vous prêt?

Ah! Vous pensiez vraiment qu’un AVP allait gâcher le plaisir d’un autre AVP en devenir? C’est hors de question, mais j’accepte de vous donner quelques impressions.

Le site est véritablement majestueux et tellement homogène. Tout est à l’échelle humaine, ici. Oubliez la démesure de Chichen Itza. Un site cérémonial, oui! c’est cela… Ça saute aux yeux dès que l’on a balayé du regard l’ensemble du site. L’harmonie des différents bâtiments est remarquable. Ici, pas de pyramide de 80 mètres qui côtoie un minuscule édifice. Toute est à l’échelle… Savante planification que fût la vôtre, les amis!

Prendre le temps de bien distinguer les différents édifices. On entre dans ceux-ci et on fait partie de l’Histoire. Et puis… et puis qu’est-ce que cet énigmatique et monumental escalier fait ici? Les pierres constituant les marches sont à la fois déplacées, usées, et super glissantes (prudence, si vous arrivez par une journée sombre et pluvieuse).

Je regarde tout en haut de l’escalier. Il y a quelque chose, mais le couvert forestier est important, et je distingue rien de précis. Il n’y a qu’une seule chose à faire: escalader ledit escalier.

La magie commence à opérer, et je distingue un immensément immense linteau. Quelque chose de véritablement majestueux, gigantesque, et d’une beauté architecturale sans nom. Je ne vous en dis pas plus… et vous laisse sur votre faim. Sachez cependant, que les linteaux présents sur le site sont tous plus beaux les uns des autres même si je garde un souvenir impérissable du numéro 33.

Vous passerez sur le site des moments enivrants qui resteront gravé dans votre mémoire pour longtemps., et vous donneront le goût de poursuivre vos goûts et intérêts AVP plus loin, au Mexique ou ailleurs.

Après un tel «high », c’est difficile de revenir à une simple narration touristique, mais en bon soldat, je vais essayer.

Ais-je déjà mentionné que le Chiapas se prête à un circuit en voiture, une boucle en quelque sorte dont voici, grosso modo, les détails.

Après Yaxchilan, ce sont des paysages, et une forêt luxuriante et omniprésente qui s’offriront à vos yeux. Nous avons donc continué à rouler pour atteindre Guacamayas, une petite bourgade. On a remarqué un projet éco-touristique éponyme, et on y a passé la nuit. Un beau site tranquille avec un bon resto, plusieurs activités extérieures et sportives possibles, et où on peut voir des animaux gardés en cage. Pour la portion «éco», on repassera…

Soyez avisés que la route asphaltée (la seule dans la région) n’est pas très bien entretenue. Oubliez le 80 km/heure et pensez plutôt 25 km/heure. Non, ce n’est pas une plaisanterie. Le revêtement de bitume manque à plusieurs endroits, et nous avons même eu droit à 2 glissements de terrain importants. N’ayez crainte, l’endroit n’est pas désert, et qui dit présence humaine dit aussi ingéniosité et débrouillardise des locaux face à l’adversité.

Aucun problème avec notre Chevrolet Aveo. L’essence n’est pas disponible partout, alors faites le plein même à mi-réservoir. On a fait cette bouche pour les paysages qui deviennent de plus en plus montagneux au fil des kilomètres, pas pour les activités culturelles ou autres, soyez prévenus.

On nous a parlé de plusieurs endroits à visiter: Las Nubes, Laguna Miramar entre autres.

Puis, il y a une série de lacs, certains assez grands, d’autres plus petits, mais tous situés dans des endroits charmants accessibles en voiture. C’est la région de Tziscao, et de la Laguna de Montebello. Au programme : Montebello, cinco lagos, Pojoj, et autres endroits. De légers frais sont demandés pour pénétrer dans ces zones: 25P, et 30P à une autre occasion.

Il s’agit d’une sorte d’administration locale des lieux par des autochtones.

C’est une région populaire pour le grand air, et les activités lacustres. Nous avons dormi au «Cabanas del centro» , sur les rives d’un joli lac. Grand espace, W-C, eau chaude, et sans fil pour 400P. Possibilité de manger sur place ou dans le village.

Particularité intéressante: on se trouve à un jet de pierre du Guatemala (400 mètres), et la frontière se traverse sans formalité aucune. On visite les marchés de 2 côtés facilement, et le retour au Mexique se fait sans problème.

Ensuite, cap sur Chiapa de Corzo pour visiter le canyon del Sumidero. Il s’agit d’une vallée inondée après la construction d’un barrage. La ballade en bateau rapide est intéressante pour voir les parois vertigineuses qui semblent émerger de l’eau. La vallée serpente beaucoup, et les différentes sections du canyon changent sans se répéter à outrance. Par contre, le narratif du capitaine genre : regardez-le-rocher-à-ma-droite-dont-le-profil-de-gauche-semble-être-la-tête-d’un-éléphant! est très redondant, surtout après la 6ièmesupposée ressemblance. Un conseil: gardez les yeux bien ouverts, mais mettez vos oreilles en position fermée.

La ville est très quelconque, mais populaire auprès des touristes mexicains, mais guichets bancaires, marché, restos, et hôtels en petite quantité, alors pourquoi ne pas dormir ici?

Quittez Chiapa de Corzo pour San Cristobal implique d’emprunter une route de montagne très escarpée située en altitude, expérience très intéressante en hiver car brouillard opaque, et plusieurs occasions de collisions…

Arrivée à San Cristobal machin truc. Remplie à satiété de gringos, de restos remplis de gringos, de cafés remplis de gringos, de rues remplies de gringos… Au secours! Le zocalo est animé, mais en pleine réno… La cathédrale est fermée, et n’ouvrira pas de sitôt. Plusieurs bâtiments importants aussi sont en chantier suite à un tremblement de terre.

Faut pas toujours suivre ce que disent les guides touristiques hein, et mononcle Marc s’est fait prendre… San Juan Chamula et Zinacantan. Le premier village avec son marché, son église pas-trop-catholique-mais-juste-assez-sauce-locale. Je me suis senti comme un épouvantable voyeur… Il y a tellement de touristes que les locaux ne peuvent pas les ignorer, c’est certain… et on se demande dans quelle mesure tout le cérémonial spirituel à l’intérieur de l’église est vrai, factice ou commandé la veille pour les tout risques.

Le second village est beaucoup moins visité, et j’ai trouvé que c’était moins spectaculaire (et factice?) que Chamula. On peut visiter les lieux de cultes sans se faire constamment harceler, et les locaux en costumes locaux nous sourient et nous approchent sans arrières pensées. Malheureusement, mon castillan étant limité, les conversations sont restées au niveau superficiel.

Puis ce fut une super agréable découverte : Comitan de Dominguez. Une ville de moyenne dimension, avec un zocalo animé, et bien entretenu. Je n’ai pas osé demander ce qui faisait la «fortune» de la ville, mais cet endroit tranchait beaucoup avec le reste de la région… Propreté, urbanisme recherché, musicien de rue etc…Tout sur place pour vous satisfaire, qui plus est: no gringo. Vaut assurément le détour. On peut y passer la journée, mais aussi pour un dodo.

Ensuite, on se rend à Ocosingo. La ville est quelconque. Par contre, c’est la base idéale pour visiter le site de Tonina, situé à environ 14 km de là.

Ah! Tonina… La route qui mène au site est bucolique à souhait. Quand vous verrez le panneau routier avec l’indication du site, regardez au loin en direction de la forêt, et essayez de localiser l’endroit le plus haut.

Au fur et à mesure de vos nombreux coups d’œil, l’ensemble de pyramides devrait se matérialiser. Si vous ne le voyez pas, c’est que votre regard n’est pas assez soutenu. Ne vous en formalisez pas, car vous aurez une autre occasion de voir le tout.

On gare la voiture dans un stationnement vide, on paie au guichet, et on suit un sentier découvert qui mène au site proprement dit. Et c’est dans ce parcours que réside votre 2ièmechance de jeter un regard relativement éloigné sur l’ensemble. Pendant la marche, regardez sans arrêt vers la droite, et en hauteur. Si l’ensemble des pyramides dans toute leur majesté n’apparaît pas c’est que vous êtes trop occupé à parler au lieu de r-e-g-a-r-d-e-r !!!

Quand l’orée de la forêt fait place au découvert, Tonina nous saute littéralement au visage. Quelle présence, quelle majesté! Ici aussi, présence de l’inframonde avec un bâtiment assez spectaculaire à 3 arches et croix Maya. Comme à Yaxchilan, présence de nombreuses chauves-souris. Vous les ignorez, et elles font la même chose. Pas besoin de crier ou d’agiter les bras, car elles ont sûrement plus peur de vous que le contraire…

Sur un grand mur, vous pourrez apercevoir la représentation d’un immense papillon, un peu comme une gigantesque murale. Les ailes sont déployées, c’est du grand art! À vous d’en découvrir le sens.

Il y a aussi, protégé par un grillage, une large représentation d’une scène mettant en scène un squelette format géant. Il arbore un sourire, et il est chevelu. Il est difficile à repérer, car un mur de pierre en cache la partie inférieure. Peut-être le Dieu de la mort, souvent représenté ainsi. Bel et rare exemplaire de celui-ci offert aux yeux du public.

On monte graduellement les multiples marches pour arriver au sommet de l’ensemble constitué de plusieurs bâtiments/temples/pyramides. La vue au sommet est spectaculaire. Y a vraiment pas à dire: les emplacements choisis par les Mayas, et autres peuples autochtones du pays sont tous plus spectaculaires les uns des autres, et Tonina en est un bel exemple. Musé adjacent. L’emplacement du site et son panorama, jumelé à la richesse architecturale du lieu rendent la visite de Tonina obligatoire…

On continue à boucler la boucle, et on arrive à Agua Azul, un ensemble de plusieurs cascades qui forment des bassins qui se jettent l’un dans l’autre. On indique à plusieurs endroits que la baignade est permise, mais le courant semble un peu trop fort. Pour les adultes, va encore mais pour les enfants je dirais, non. Grosse, grosse présences des vendeurs du Temple, mais beaucoup de cuisine de rue disponible. On peut y passer un bon moment de détente surtout si la journée est chaude.

Arrivée à Palenque, puis vol de retour vers Mexico le lendemain. Si jamais vous prenez un vol vers Mexico, faire exprès de regarder par les hublots pour voir les volcans Popo et Iztacchihualt. Profitez-en avant d’amorcer la descente vers Mexico, là où le ciel est jaunâtre en permanence.

58 jours en vadrouille dans la très grande région de Mexico

Bon, je vois que je m’épivarde, m’épivarde. Je vais essayer de faire plus court.

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"Dépression" post voyage
Rentrée de voyage depuis hier, à chaque fois, j'ai la même sensation de revenir dans cet horrible train train quotidien ! je ne suis pourtant pas partie très longtemps, mais les emotions sont si intenses en très peu de temps. Rencontrer des gens merveilleux, des endroits inoubliables, adopter un mode de vie différent, se comporter diferement même en voyage, se sentir autre.. et le dur retour à la réalité, aux petites habitudes, à la mauvaise humeur française (ou lyonnaise du moins je n'en fais pas une généralité)...

Comment faites-vous pour repartir du bon pied?? je suppose que je ne suis pas la seule à qui cette sensation arrive au retour d'un voyage?

si seulement les voyages pouvaient durer toujours... je ne sais pas comment font les personnes qui partent 1ans, voire plus et reviennent ensuite, sincerement.
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Voyager ou pas voyager: les deux sont honorables
Voilá 2 ans de voyages et la vie est toujours une aventure, et parfois j'aimerais bien me caler devant un star wars avec ma femme qui me caresse les cheveux, en buvant un bon chocolat, tout ca dans un bon canape bien au chaud. Au lieu de ca, je me retrouve dans des chambres impersonnelles et gelées, a prendre des douches froides, a jamais dormir dans la meme chambre, a plus avoir aucune affaires personnelles et á attrapper des grippes intestinales ou a dormir dans des bus qui roulent sur des routes sans asphalte dans une atmosphere moite ou gelée, avec pour voisin ou voisine, une grosse mama peruvienne avec six couches de robe, qui transporte des poules et un cochon de laie qui me renifle les doigts de pieds toute la nuit, ou bien un Tamul habillé d'une tunique et un enorme turban sur la tete qui ronfle toute la nuit dans des cars ou ya pas de toilette, pas de peau d'echappement, qui creve un pneu en plein milieu de la jungle, a me faire triturer les doigts de pieds par des fourmis, qui ont des crocs aussi gros que leur corps et qui lachent jamais leur proies, a me faire attaquer par les thermites, a manger avec les pauvres dans les marchés, a me faire voler toutes mes affaires et a me retrouver en pyjama a l'autre bout du monde avec en main seulement mon passport et ma carte bleue, a pleurer sur les horreurs de la globalization qui est un poison pour tous les autres pays autres que le notre, a me rendre compte que ca va pas durer comme ca encore longtemps, car les civilizations, c'est comme les hommes, ca s'essouflent à un moment, ... a jongler entre les tremblements de terre et les tsunamis, a reconstruire des villages detruits, a danser toute la nuit chez des gens venus du monde entier, jusqu'a partir en trance et ouvrir mon esprit aux visions du monde, a faire des ceremonies chamaniques dans la vallee sacree a 4000m au milieu des etoiles ou dans la jungle, a revivre des moments de vies passées, a faire des seances de yoga trantrique avec des filles sur de la musique indienne dans un tourbillon d'amour et d'energie sensuelle, a dormir dehors sous les etoiles, a marcher pieds nus, jusqu'a plus etre habitué aux chaussures et a avoir les pieds élargis par la liberté, a nager avec les dauphins dans l'ocean indien, a vivre 15 jours dans un monastere boudhiste dans la jungle thailandaise, et a faire de la meditation de 4heures du mat jusqu'a 9 heures du soir, sans parler durant les 15 jours, a rencontrer des cobras, des mygales, des scorpions et des milles pattes de 20 centimetres qui peuvent te rentrer sous la peau pour aller y vivre, a faire de la plongee dans les eaux turquoises des iles tropicales, a me choper des crises de foie dans les restos argentins en bouffant toutes les viandes possibles, a vivre avec un paysan argentin, un pistolet a la ceinture et un businessman hollandais recemment convertit en apprenti guerisseur dans la pampa du sud, a faire la fete a Buenos Aires avec les argentines, a vivre avec des argentins dans le delta du Tigre ou les routes sont remplacees par les eaux, a aller voir des chutes d'eau paradisiaques, boire les meilleurs jus de fruit du monde au Bresil, me retrouver dans des villes de traficants de drogues et de tout et n'importe quoi au Paraguay, a traverser des deserts au Chili, a traverser trop de frontieres pour m'en rappeller, , a rencontrer des sages de montagnes, des maitres en medecine, un sorcier russe, des tibetains acupuncteur, des maitres en Shiatzu, a etre obligé de bouffer dans les fast food de Singapour, a traverser l'Australie en 4 jours, a me faire chier a attendre mon avion en Nouvelles Zelande, a dormir des dizaines de nuit dans les bus, dans les gares ou les aeroports, a depenser mon argent n'importe comment, a rencontrer des gens de tout horizons, de toutes croyances, de toutes spiritualité, des filles de toutes nationalités...et tout le reste. Alors maintenant j'ai envie d'apprendre a cuisiner et d'etre content tous les jours de faire la popote, pendant que ma femme remplies les factures et les papiers que jamais je ne comprendrais, remplir le róle que je dois jouer ici, a etre content d'enculer le systeme, a aider les autres a vivre mieux et a leur devoiler leurs zones sombres, les aider a aller de l'avant et a accomplir ce pourquoi ils sont faits, a danser sur le bruit du monde, a faire des seances de yoga sur des musiques mystiques, a cultiver un petit jardin, un potager, des plantes medicinales et des fleurs et des arbres, a etre tranquille pour becher la terre du jardin, a entendre le telephone sonner ou la sonnerie de la maison, a inviter des amis a manger ou prendre un verre, a dormir dans un grand lit chaud avec une femme bien douce qui sait faire les massages et qui a l'esprit élargie a l'infini, a aller voir les derniers films au cinema, a arréter de me prendre pour un chevalier Jedi, a pas regarder les actualités pour pas etre au courant des mauvaises nouvelles qui font peur et qui inconsciemment influe notre systeme nerveux, notre facon de vivre, nos habitudes, nos croyances, nos certitudes sur ce qui est la réalité, ou ce qu'on croit etre la réalité, mais qui est juste ce qu'on a envie qu'on croit, et qui amplifie notre peur de tout, a pas fumer de cigarettes, a pas me deplacer en voiture, a pas vivre a Paris, a pas vivre avec les gens qui sont obligés de regarder les autres vivre pour savoir comment vivre leur propre vie, mais avec ceux qui se laissent vivre et porter tranquillement, en vivant toujours activement et pas en attendant le rien du tout ou la fin de la vie, a continuer a me demander pourquoi on vit, a chercher un moyen de voyager sans mon corps, a preférer vivre les films que de les regarder, a toujours essayer de percer les mystéres de notre Terre et de la vie, a comprendre que comme tout le monde je ne vais nulle part dans un monde incomprehensible ou les gens confondent le Monde avec ce que les gens font, oú les gens apportent plus d'importance a developper des boucliers pour se sentir en securité que de comprendre ce qu'ils font ici, a voir les gens s'ennuyer parcequ'ils croient avoir epuiser tout ce que le Monde peut offrir mais qui ont en fait juste epuisé ce que les gens font, a sourire comme reponse a la souffrance de la vie, a voir les vieux mourir, les oncles, les tantes, les parents, les amis, ma femme et puis moi meme nous eteindre inexorablement avec un sourire d'impuissance face au mystere de cette vie...puis a m'en aller dans le monde des esprits et plus jamais retourner sur cette Terre...
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Discovering the joys of camping in Namibia
This three-week trip to Namibia was a big first for us: - Visiting a country in winter, for someone who starts feeling comfortable at 25°C (77°F). - Camping, when we usually feel at home in a starred hotel. - Sleeping on the roof of a car—what an idea... when a comfy bed is waiting just a bit further. - Grocery shopping, cooking, doing the dishes... all the things we usually avoid to fully enjoy our vacation. - Washing up when and how we can, when we can’t imagine going a day without a shower. - Driving a big 4x4 on the left, with a manual transmission, when we usually opt for an automatic for more comfort.

Yep! You guessed it—we stepped way out of our comfort zone during this trip.

I had quite a few doubts while planning this adventure, but the more I read travel journals about Namibia, the more I wanted to go.

Personally, without this forum, I never would’ve dared to hit the Namibian roads in a 4x4. I was really anxious during the planning, so I want to thank everyone who contributed with their journals and forum discussions for helping me leave more peacefully.

At first, I wasn’t even considering sleeping in a tent. But after my husband’s persuasion—and my own curiosity to experience what I’d read in those travel journals—I gave in. So off we went in a double-cab Hilux with a rooftop tent.

And of course, let’s talk about me—the big cold-weather wimp. One of the biggest pre-trip challenges was choosing a sleeping bag. After a while, sleeping bags had no more secrets for me: temperature ratings (comfort, limit, extreme), shapes (mummy, rectangular), fillings (synthetic, down), compression rate, and weight... all these factors were a real puzzle. In the end, to make sure I wouldn’t be put off camping in winter (Australian winter, mind you), I went for a sleeping bag with a comfort rating of -10°C. And just to be *extra* sure I wouldn’t get cold, I bought a liner (never knew what that was before) in Thermolite, which boosts the sleeping bag’s temperature by 11°C. There are liners that add up to 15°C, but let’s not exaggerate—we’re not heading to the North Pole! My husband, on the other hand, got a sleeping bag with a -5°C comfort rating and a silk liner.

Was it enough? You’ll find out soon. In the meantime, another big thank you to everyone who helped me make this choice with their advice and experience.

Over a year in advance, we planned a three-week itinerary for our first trip to Namibia—classic route, nothing too out there. We chose to do the circuit clockwise because we wanted to finish on a high note in Etosha and its wildlife. They say it’s like Noah’s Ark out there! And why not, the cherry on top... some big cats.

We used Tourmaline’s services to book our accommodations and the 4x4.

Here’s our planned itinerary with campsites and lodgings—yes, there are a few solid roofs in there; we didn’t want to push it too far.

Day 1: Windhoek – Windhoek Gardens Guesthouse Day 2: Kalahari Anib Campsite Day 3: Namibrand Family Hideout Day 4: Sesriem Camp Day 5: Sesriem Camp Day 6: Rostock Ritz Camp Day 7: Swakopmund - Sea Breeze Guesthouse Day 8: Swakopmund - Sea Breeze Guesthouse Day 9: Spitzkoppe Camp Tented Day 10: Brandberg White Lady Campsite Day 11: Grootberg Lodge Day 12: Opuwo Country Campsite Day 13: Epupa Camp Day 14: Hobatere Lodge Day 15: Etosha Olifantsrus Camp Day 16: Etosha Okaukuejo Camp Day 17: Etosha Halali Camp Day 18: Etosha Namutoni Camp Day 19: Cheetah Eco Lodge Day 20: Windhoek – Londiningi B&B



Alright! Are you ready to follow this adventure with us in our Hilux?

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Colombie... dépaysement et enchantement
Bonjour à tous,

4 mois que nous sommes rentrés de notre tour d'amérique latine.... c'est pas tous les jours facile et un carnet finalement ça permettra de revivre et de temporiser l'envie de repartir ... (ou pas ?).

Nous avons donc passé 1 mois et demi en Colombie en juillet-août 2017 (après Cuba et avant le Pérou). Nous = couple d'une trentaine d'année. Mode de voyage : bus, transport locaux, occasionnellement l'avion. Nous n'avons pas choisi de voiture pour plusieurs raisons : - budgétaire (on est sur un voyage de 6 mois donc forcément...) - fatigue/timing (on a souvent pris des bus de nuit pour les grandes distances et on était toujours assez frais pour attaquer les visites ou chercher un logement après le bus... pas sûr que ça aurait été pareil si on conduisait) - sécurité : pour nous la conduite à Bogota nous a paru FOLLE donc on se sentait pas trop (bon après sur les routes de campagne c'était plus simple).

Après il est vrai que certains trajets sont beaucoup plus court en voiture (on en a parlé avec une famille qui voyageait comme ça) et surtout tu peux aller un peu ou tu veux quand tu veux. Bref un autre style de voyage qui n'était pas le nôtre sur ces 6 mois d'Amérique latine.

La Colombie, on nous en avait beaucoup parlé avant le départ mais peu d'info sur le net et peu de carnet. On a donc navigué à vue (mais j'avais la chance d'avoir un ami d'enfance qui s'y connait TRES bien sur la Colombie et qui se met à organiser des voyages durables et hors des sentiers battus donc je l'ai un peu sollicité pour les endroits qu'il connait bien).

Pour essayer de faire un "bilan" je dirais que c'est un pays qui nous a BEAUCOUP plu. Il est simple et sécurisé de voyager en Colombie. Le pays est un des plus varié que nous ayons vu au cours de nos 6 mois de voyage. Et c'est sans conteste celui où les gens ont été le plus adorable (mais bon on a rencontré que des gens adorable pendant 6 mois alors...) mais le smile et l'échange avec les Colombiens a été exceptionnel.

On a fait le choix de faire BEAUCOUP de choses en Colombie car c'est un pays encore peu visité et on s'est dit que c'était l'occasion d'en profité pour découvrir des choses AUTHENTIQUES. Et on n'a pas regretté.

Itinéraire à la grosse pour vous situer : - Amazonie Colombienne pendant quelques jours (avion et contact local trouvé sur ce forum ou celui du routard je me souviens plus) - Centre de la Colombie : les villages du Boyaca et du Santander - Caraibes : Parc de Tayrona / Guarija / Carthagène - Nord Ouest : Medellin / Guatapé / Jardin - Région du café : autour de Salento - Cali : salsa et excursion sur la côte pacifique - Centre Sud : Popayan / San Augustin / Désert de Tatacoa - Bogota

Je ne vais probablement pas mettre BEAUCOUP de photos parce que ça met du temps à charger. Mais je ferai au mieux pour vous donner l'eau à la bouche ! Quelques astuces : - Airbnb marche très bien dans les grandes villes et nous avons toujours rencontré des colombiens extraordinaires, ouverts à la discussion et disponibles ! Ideal pour manger local et se fondre dans la foule - Ne pas retirer à l'aéroport de Bogota (frais au distributeur) - Uber marche du tonnerre en Colombie ! Et c'est assez sûr et moins cher pour bouger. Comme il y a pas mal de wifi partout (étonnant mais c'est le pays où on a eu le plus de free wifi dans les zones publiques et même aéroport) donc ... - les colombiens ont tous whatsapp : idéal pour communiquer avec eux en amont (guide à Taganga, à Mongui, à la Guarija, ...) - maps.me : application essentielle de tout voyageur pour se repérer en ville et dans les rando ! Nous l'avons utilisé tous les jours (bon j'exagère mais à peine)

Allez hop je commence le récit !

5 jours en Amazonie Colombienne Avion pour Bogota depuis la Havane vers 16h. Arrivée à 19h (1h de décalage en plus, il y a donc 7h de moins qu'en France). Première impression... IL FAIT FROID! Bon tout est relatif mais après Cuba... à 2600m d'altitude on a à peine 20°C donc on le sent! Deuxième impression : ici le code de la route c'est la jungle!! C'est à celui qui s'imposera le plus!

Ce soir on va vite car on reprend l'avion demain a 11h pour Leticia en Amazonie. Du coup on a choisi un bon airbnb pas trop loin de l'aéroport. Bien nous en a pris, Cesar notre hôte est au petit soin : premiers arepas (plats typiques Colombiens) et premières bières!

A Leticia le lendemain on renoue avec la chaleur l'humidité et cette fois BEAUCOUP de moustiques. Nous arrivons vers 13h et nous nous installons dans un hôtel pour la nuit. Ici petite particularité, j'avais contacté depuis la France une française installée en Amazonie depuis 7 ans pour organiser nos 5 jours sur place au plus proche des locaux. On va donc se laisser guider sans considérations logistiques.

Pour les premiers jours nous sommes seulement tous les 2 avec Marine. On commence tranquilou par une découverte de Leticia (la plus grande Ville du département Amazonas de Colombie, au bord du fleuve Amazone). On découvre l'histoire du lieu et de ses indigènes (16 ethnies tout de même) et quelques unes de leur tradition (le petit musée est très bien fait et Marine nous explique tout bien). Puis on découvre les saveurs de l'Amazonie en se balladant dans la ville : de nouveaux fruits (guama mmmm, aguaré bof, d'autres dont j'ai oublié le nom mais qui sont pas mal non plus).

Puis on va faire un tour.... au Brésil ! Car Leticia c'est vraiment une ville frontière : on est en Colombie mais en 10 min de bateau on est au Pérou et en 10 min de tuk tuk (si si ils ont des tuk tuk comme en asie) tu es au Brésil ! L'ambiance est un peu différente (plus musicale et plus le bordel) mais bien sympa. On se fait notre premier coucher de soleil amazonien côté brésilien et on déguste le traditionnel Açaï. Puis Marine nous laisse et on mange en ville avant de rentrer à l'hostel.

Le lendemain on part tôt pour une communauté indigène au Nord de la ville. On va y passer la nuit et observer ainsi leur quotidien et leur environnement. Belle journée avec marche en forêt amazonienne primaire ( José nous montre comment fabriquer des pièges, explique les remèdes, nous montre les arbres à larves blanches comme dans koh lanta berkķkk) visite du village et des potagers qui nourrissent la famille où nous logeons (petite anecdote : au retour de la ballade on s'arrête à la nuit tombée dans un des potagers qui est aussi le terrain d'énormes tarentules qui sortent à cette heure ci. Même avec le guide et nos frontales on n'était pas très serein...), observation de la préparation du pain traditionnel et du mambé (mélange de feuilles de coca et de tabac). Le soir participation à la discussion journalière des hommes durant laquelle on testera aussi le mambé. Moment hors du temps. Nuit en hamac sous moustiquaire, on est réveillé par le froid matinal mais surtout les coqs qui ici hurlent une heure AVANT le lever du soleil ! Vilains!

Le troisième jour nous rentrons sur Leticia pour prendre un bateau taxi rapide qui en 2h sur la rivière Amazone nous emmène dans la deuxième ville du département : Puerto Nariño ! En chemin nous voyons quelques oiseaux et surtout.... nos premiers dauphins de l'Amazone, des roses et des gris!!!!! Trop bon! La ville est très chou et a comme d'habitude un grand terrain de foot. Après avoir déposé nos bagages dans un petit coin de paradis appelé Alto Aguila (lieu de réinsertion de singes et de perroquets) puis déjeuner et visite de la ville et de la fondation Natutama qui explique les écosystèmes spécifiques de la région.

Puis on retrouve au bateau les deux couples français qui vont nous accompagner pendant les derniers jours. On ne perd pas de temps et Obsimar (le guide) nous emmène sur son peque peque voir les dauphins roses et gris par dizaine, moment magique avec l'harmonica d'Obsimar pour les appeler (on se croirait dans Sauvez Willy). Puis direction les lacs de Tarapoto. Baignade bien appréciée par cette chaleur! On ne pense pas aux piranhas et autres bébêtes qu'il peut y avoir la dessous. Tant mieux on en profite. Puis on s'installe pour pêcher à la ligne. Piranha pour moi ! yes ! Magnifique coucher de soleil sur les lacs. La lumière ici est superbe.

De retour à Puerto Nariño nous passons 1h avec une conteuse qui nous raconte des légendes Ticuna (ethnie majoritaire ici). Puis il est l'heure de rentrer à l'hôtel car nous devons passer par l'école des bonnes soeurs qui lâchent des chiens méchants à 21h!! On est limite donc Marine nous dit de nous armer de bouts de bois pour les tenir à distance le cas échéant.... pas très rassurant... et on n'a pas l'air fin comme ça tous les 7! Au final on est dans les temps et on arrive sans encombre. On est tous épuisés donc on part se coucher!

Le 4ème jour le réveil se fait tôt vu le coucher à 22h... ça nous laisse bien le temps de profiter des petits singes qui viennent ici dormir le soir et déjeuner le matin avant de repartir en forêt. Ce sont d'anciens animaux domestiqués. Ils sont ADORABLES mais je doute qu'ils puissent un jour revenir complètement à l'état sauvage.... ici c'est la maison des animaux.... 2 chats, 2 chiens, 2 dindons et 4 perroquets ... le rouge a été maltraité par son ancienne propriétaire et du coup attaque les filles.... on a bien ri (et un peu flippé aussi) de son obstination à nous chasser. Par contre mon homme a kiffé qu'elle lui grimpe dessus dès qu'il le lui demandait! Vers 9h on prend le bateau pour s'enfoncer un peu plus sur la rivière du Loretoyacu afin de rejoindre une famille indigène Ticuna à San Juan del Zoco. En chemin on s'arrête dans la communauté de San Francisco (ticuna aussi). Et croyez le ou pas mais ce San Francisco là aussi a son propre pont! Là on va rencontrer un monsieur qui a son jardin médicinal et nous explique tout ça mais il a surtout des caimans blancs et noirs qu'il fait se reproduire pour repeupler le fleuve et les rivières car leur nombre avait trop baissé. Impressionnant de les voir d'aussi près et de les entendre! Ils peuvent faire jusque 8 mètres ! La vache!!

Malgré la chaleur et le soleil qui tape à fond les garçons ne résistent pas à l'envie de rejoindre les enfants qui tapent la balle sur le terrain de foot du village! Ils sont trempés!!!

Puis marche dans la forêt pendant 2h 3h. On revoit certains arbres du jour 2 et on détaille l'histoire du caoutchouc et des indigènes en chemin. On voit aussi de nouvelles choses comme les arbres dont ils se servaient pour leur vêtements et aujourd'hui comme toile pour peindre le plus souvent. Sur le chemin.... incroyable... on tombe sur un cèpe! Même odeur en plus!!!rhalala ça nous rappelle que cette année on va rater la saison !

Avant la nuit on reprend le bateau pour aller tenter d'observer les caimans dans leur milieu naturel. L'ambiance de nuit est differente et le ciel est MAGNIFIQUE! On les voit de loin (et seulement leurs yeux) donc on ne s'attarde pas trop). Sur le retour on arrête le moteur du bateau, les hommes rament et Eduardo notre guide depuis ce matin nous raconte des contes ticuna. Ambiance amazonienne!

Le lendemain c'est le retour a Leticia.... réveil 5h, on arrive tout juste à Puerto Nariño pour le bateau de 7h30. A 10h nous sommes arrivés et avons récupéré nos affaires... il est temps de se séparer des français. Marine (et son fils) nous accompagne à l'aquarium puis on file déjeuner.... au PEROU!!! En 10 min de bateau nous sommes à Santa Rosa. Déjeuner aux couleurs péruviennes donc, un bon avant goût de notre prochaine destination après la Colombie : bière et surtout Pisco Sour!

Cette fois c'est l'heure! Nous reprenons l'avion pour Bogota. Bye bye l'Amazonie! On se reverra en Bolivie !

(photos à venir) On a beaucoup aimé ces 5 jours avec Marine et son point de vue est très intéressant à partager. Par contre c'était un peu speed. On a beaucoup couru et peut-être que finalement il n'était pas nécessaire d'aller si loin. Passer 2 nuits un peu posés à Puerto Narino aurait aussi été une bonne option et moins contrainte niveau transport bateau. Il y a apparemment à faire dans le coin niveau rando mais on ne regrette vraiment pas la rencontre d'Eduardo et sa famille donc...
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Hawaï, entre plages et volcans, 3 îles en 3 semaines
Que faire de mieux par un dimanche d’automne où il ne fait pas bon mettre le nez dehors (pluie, vent, grêle sont de la partie)? Et pourquoi ne pas commencer un carnet de voyage et ainsi revivre les bons moments passés au soleil et les pieds dans l’eau 😎.

Tout est dans le titre, voici succinctement le programme de notre superbe séjour aux îles d’Hawaï. Ile d’Oahu : 6 nuits - Honolulu : Ioani Palace, Chinatown, plage de Waïkiki - Diamond Head - Pearl Harbour - Hanauma Bay - Koko Crater

Ile de Big Island : 7 nuits dont 4 sur la côte est et 3 côte ouest - Volcanoes National Park - Mauna Kea - Jardin botanique - Green Sand Beach - Capitain Cook Trail - Ile de Mauï : 7 nuits - Makena Bay - Ho’okipa Beach - Lahaina - Haleakala - Hana Road

Hawaï, paradis des surfeurs: le surf, une vraie institution mais en Août, les planches sont en cale sèche 🙁.

Heureusement, Hawaï a beaucoup plus à offrir...
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Découvrir la Nouvelle-Zélande en van
23 mai 2017 Nous sommes rentrés hier d'un voyage de 4 semaines en Nouvelle-Zélande, des images plein la tête, mais pas encore les mots pour décrire tout ce que nous avons vu et ressenti. Tout est encore si frais, et pourtant déjà si loin...

Comme d'habitude, ce forum m'a largement aidée à préparer ce voyage, mais paradoxalement, j'ai trouvé peu de carnets de voyage sur cette destination. Or, je lis toujours avec beaucoup d'intérêt les carnets d'autres voyageurs, et j'admire le temps qu'ils consacrent à partager leur vécu et leurs avis. Alors modestement, je vais tenter d'apporter ma petite pierre à l'édifice. C'est la première fois que je me lance, lors de nos précédents voyages (surtout aux Etats-Unis) je ne pensais rien apporter de bien nouveau ou original. Cette fois, je franchis le pas, peut-être ce compte-rendu pourra-t-il en aider certains dans leur préparation ou donner à d'autres le goût d'aller se balader en Terre du Milieu ! Je ne prétends pas à l'exhaustivité, ce sera simplement notre expérience et nos impressions. 🙂

Petite présentation rapide : nous sommes un couple de trentenaires adorant voyager, pas vraiment de grands randonneurs, mais pas tentés non plus par les tours organisés, un peu feignasses sur les bords 😄, mais toujours partants pour la découverte !
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Retour sur 3 semaines en Afrique du Sud
Amis forumeurs, bonjour,

Tout d'abord, un grand merci à toutes celles et tous ceux grâce à qui notre périple, à mon chéri et moi-même, a été une vraie réussite dans ce merveilleux pays que nous avons adoré. C'est en lisant tous vos conseils, idées, avis, que j'ai bâti notre itinéraire en fonction de nos goûts. Nous voulions être en mode cool, ne pas faire trop de kilomètres et avoir le temps de sentir le pays, de s'attarder, de traîner. J'ai donc j'ai choisi de me cantonner à la classique boucle Joburg Joburg, en zappant les villes, et en écartant LE CAP et sa région. Nous sommes partis du 20 Août au 11 Septembre, et pour une fois, j'avais réservé tous nos logements, ce que je n'ai pas l'habitude de faire. J'avais un peu peur d'avoir mal évalué des distances et des temps, mais, encore grâce à vos conseils, dans l'ensemble ce n'était pas trop mal. Alors à mon tour de faire part de ma petite expérience en Afrique du Sud et d'apporter mon humble contribution à tous les candidats à la découverte de ce pays. Par contre, pour les photos, je ne suis pas la pro, c'est la partie de mon mari, aussi je n'en mettrai pas ici. Nous en avons fait plus de 9000 à nous 2 et après une première épuration, il ne nous en reste "que" 6000 ... Je n'ai pas le talent littéraire de certains, mais j'espère quand même que vous aurez plaisir à me lire.

Tout d'abord, nos coups de coeur: Tembe Elephant Pak et son merveilleux lodge et, contre toute attente pour moi, le Drakensberg. En effet, je ne suis pas fan de montagne, mais vos avis m'ont encouragée à y passer 3 nuits, et là, quel bonheur quelle beauté ... Donc surtout ne zappez pas cette magnifique région. La déception: HluHluwe-Imfolisi Park, et oui au risque de vous faire bondir, non, nous n'avons pas apprécié ce lieu, mais je vous en dirai plus le jour venu. Alors prêts à revivre avec nous ce merveilleux voyage? Catherine
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10 jours en solo bien intenses en Inde du Nord
Bonjour à tous,

J'entame, après quelques mois déjà, le récit de mon voyage de 10 jours en solo en Inde du Nord, de Delhi à Calcutta, histoire de partager mon expérience et (surtout ?) de revivre ces 10 jours vraiment géniaux. (C'est évidemment très court mais à la base l'Inde ne devait être qu'une "étape" vers une autre destination)

Voilà, j'espère que ça va vous plaire, n'hésitez pas à laisser vos réactions, remarques etc 😉

Vol Paris-Delhi via Riyadh (14h d'escale, mais le prix en valait le coup: 300€ en aller simple) Vol Saudia Airlines: très bien, le seul problème est l'absence de tout alcool (il fallait bien s'y attendre). Avant le décollage, des paroles de Mahomet sont diffusées dans l'avion et une "salle" est aménagée pour la prière, avec un écran indiquant la direction de la Mecque. L'aéroport en lui même n'est vraiment pas terrible (rien à faire, même pas une librairie ...), mais comme déjà à Bahreïn lors de mon dernier voyage, c'est une merveilleuse occasion de voir plein de peuples différents et inconnus ! Principalement des travailleurs migrants d'Indonésie, des Philippines et du Pakistan. Mes "préférés" furent de loin les Pakistanais (Pachtounes ?) attendant leur vol pour Peshawar: vraiment TOUS en habit traditionnels (comme on peut les voir aux infos suite aux déboires de leur pays). Je m'assois parmi eux pour plus d'une heure, et parle même rapidement à un d'eux: il est chauffeur de taxi et retourne voir sa famille pour un mois chaque année, comme c'est le cas pour le si grand nombre de migrants dans les pays du Golfe.

Vol pour Delhi: que des travailleurs Indiens, à part une poignée de touristes occidentaux. Je suis entre deux d'entre eux et la conversation s'engage très vite (j'ai pu les épater en reconnaissant Salman Khan, le Chuck Norris Indien). Un me demande même de le prendre en photo, juste comme ça dans l'avion. On nous distribue les papiers pour les contrôles en Inde, et là ça s'agite dans tous les sens. La raison: les papiers ne sont qu'en anglais (logique ??) et ils ont pour la plupart vraiment du mal. J'aide donc mes deux voisins, leur expliquant le sens de chaque mot, du nom à la date d'arrivée, et en plus ils sont têtus quand je les corrige ! Au final, ce vol est passé très vite😛 Arrivée à Delhi dans ce fameux brouillard d'hiver: je n'ai vu le sol qu'une dizaine de seconde avant l'atterrissage ! A peine l'avion a commencé à ralentir que de nombreux Indiens se lèvent et descendent leurs bagages: les hôtesses de l'air leur crie de se rasseoir, et doivent même en pousser certains très têtus ! Le dépaysement commence donc très vite 🙂

Aucun problème pour les bagages, je prends le métro express tout moderne presque vide.

Arrivée à New Delhi Railway Station, et là c'est le choc total (c'est bien ce que je recherche !): foule immense, ça court et crie de partout. Je suis les indications du Routard, et me retrouve face aux voies de la gare qu'il faut traverser. C'est là que les ennuis commencent: les passerelles pour traverser et rejoindre Paharganj ont des panneaux grands "No Entry" l'air bien officiel. Voyant bcp de monde passer, je tente mais un soldat me dit que c'est impossible. Je tente autre part, même résultat et cette fois le soldat arrête d'autres gens pour appuyer ses propos, et personne ne dit rien ... Je tente par la gare, impossible et un mec commence à me raconter une histoire de permis à acheter pour entrer à Paharganj et veux m'emmener où il faut ... Je le quitte en chemin, il me dit "I no joke you" ... Enervé et fatigué je me redirige déterminé vers la passerelle en suivant tous ces Indiens qui passent tranquillement et, miracle, le soldat me laisse passer (il suffisait de ne pas douter !) Très bizarre cette histoire en tout cas, les soldats (et les banderoles No Entry) sont ils de mèche ?? Heureusement qu'en préparant ce voyage (merci VF notamment !) j'ai bien compris qu'il faut être méfiant !



M'installe au Srivinayak Hotel sur Arakashan Road, tout neuf et très bien (1000rs, un peu de luxe pour les premiers jours 🙂) Après un bref repos, me balade dans Pahar Ganj: les petites ruelles sont absolument géniales, on n'y croise presque pas de touristes et on assiste à la vie frénétique des rues indiennes que je désirais tant voir. Les constructions anarchiques sont très intéressantes aussi, et je n'y ai senti aucun sentiment d'insécurité.



Puis arrivée sur Main Bazar road: tout de suite beaucoup moins bien, plein de magasins pour touristes, de "Hello my friend" et compagnie ... Au bout de 10 minutes, arrivant dans une zone un peu sombre, deux jeunes viennent me parler et un me serre la main un peu trop longtemps ... Je sens alors qu'on touche à ma poche de jean (avec mon appareil photo) et me débat direct ... Ils partent en courant, heureusement sans avoir rien pris. C'est donc la confirmation que les poches de jean sont l'endroit le plus sûr, et que Main Bazar comme j'avais pu le lire est vraiment à éviter ... Retour vers Arakashan road assez perturbé: j'ai eu chaud ! Diner: délicieux thali à volonté pour 60rs, que ça fait du bien !!

Première demi-journée extrêmement riche en émotions, mais tout va bien 😉. M'endors direct dans mon palace (upgradé dans chambre quadruple !)
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