Discussions similar to: Nouvel itinéraire Islande
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Itinéraire en Islande
Bonjour à tous !

Nous pensons aller en Islande début mai, pendant une dizaine de jours. Je rêve d'y aller depuis des années ! Mais notre budget est un peu serré (max 2000€ tout compris pour 2), et les prix des billets augmentent vite donc on doit se décider rapidement. On compte louer une voiture de base (j'ai trouvé certains modèles à 350€ les 7 jours), et donc rester sur la route 1. On va aussi privilégier le camping. Après pas mal de lectures sur ce forum et sur internet, voici mon idée d’itinéraire : Jour 1 : arrivée tardive à Reykjavik Jour 2 : location de la voiture et visite / randonnées à Thingvellir et Gulfoss. Nuit à Geyser (est-ce possible ?) pour y être seuls le matin (mais peut-être qu’en mai c’est tranquille ?) Jour 3 : Geysir et route vers la peninsule de Vatnsnes (est-ce que Vatnses vaut le coup ?), nuit à Vatnsnes Jour 4 : randonnées dans la région (à définir), nuit vers Akureyri Jour 5 : route vers Myvatn, bains chauds, balades, nuit dans la zone Jour 6 : journée de randonnées autour de Myvatn / volcan Stora Viti / Krafla, nuit dans la zone Jour 7 : longue route vers Hofn ou Jokulsarlon, nuit sur place Jour 8 : visite des glaciers de Breidalon, Jokulsarlon, cascade de Svartifoss, nuit dans la zone Jour 9 : retour vers Reykjavik

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que c’est faisable, et est-ce qu’on rate des sites magnifiques ou originaux sur le chemin ? Sachant qu'on aime beaucoup les sites volcaniques, les fumerolles, les sources chaudes...

Merci d’avance !!!

Yoann
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Itinéraire 7 jours en van en Islande en octobre
Bonjour Voila nous avons nos billets d'avion depuis hier , nous partirons du 20 au 27 octobre en van en laissant à la maison nos 4 enfants pour fêter nos 15 ans de mariage. Islande une première le van aussi (on est habitué à camper). Nous arrivons à 16h30 le 20 et repartons à 17h10 le 27/10. Avec l'aide du forum voici ce à quoi j'ai pensé (j'ai encore du mal avec les noms des sites désolé ...) J1 20/10 récupération van courses puis route vers reykjaladur (1h30) balade le lendemain J2 21/10 balade rivière chaude / route vers Dyrhólaey avec arrêt aux cascade et éventuellement au DC3 (3h de route + visites) J3 22/10 route vers Hofskirkja arrêt cascade canyon vik premier glacier (3h de route) J4 23/10 glacier de Jokulsarlon puis début retour nuit vers Ásólfsskáli (4h de route) J5 24/10 Hjalparfoss / Gjáin / Stöng /Óbyggðaferðir /Háifoss / Gamla Laugin (Secret Lagoon) Faxafoss (visite le lendemain) (4h de route) J6 25/10 Visite Faxafoss / Gulfoos / / Öxarárfoss /Laugarvatn /Bruarfoss / Geysir / Þingvellir (3h de route) J7 26/10 suite visite Pingvellir si besoin puis penissulle snaeffeljokul (4h de route) puis début retour vers rekjavik en soirée (1h30) J8 27/10 Peninsule rekjanes puis aéroport (4 h de route) (y être à 14h)

L'option snaeffeljokul rend elle le voyage trop speed ? rouler ne nous dérange pas mais on voudrait avoir le temps de balader quand même. Je pensais faire le point après le cercle d'or (le 25 au soir normalement ???) et décider aussi en fonction de la météo et de notre fatigue de faire le programme présenté ou juste la peninsule de rekjane ...

Qu'en pensez vous c'est un début, je suis à l'écoute. Merci beaucoup Anne
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Itinéraire de 21 jours en Islande en juillet
Bonjour,

Cela fait plusieurs années que nous rêvons de partir à la découverte de cette île du nord. Après avoir découvert d'autres régions du monde (ouest américain, Norvège, Egypte, Croatie....), nous nous lançons enfin dans l'organisation de ce road-trip familial.

Celui-ci est assez classique puisque nous allons suivre la route 1 mais l'objectif est également de sortir le plus possible de ce tracé pour aller à la découverte de chaque région traversée. Voici l'itinéraire prévu. Comme vous pourrez le voir, nous avons fait une croix sur les fjords de l'ouest (ce sera l'occasion de revenir) et du centre de l'île.

Jour 1 : Lyon> Genève > Reykjavik Jour 2 : Reykjavik : péninsule de Reykjanes + Reykjavik Jour 3 : Reykjavik > Cercle d'Or Jour 4 : Cercle d'Or > Vik Jour 5 : Vik : Iles Vestmann + alentours de Vik Jour 6 : Vik : région de Vik Jour 7 : Vik > Kálfafell Jour 8 : Kálfafell : randonnées Jour 9 : Kálfafell > Djúpivogur : arrêt à Jokulsarlon Jour 10 : Djúpivogur > Egilstadirr Jour 11 : Egilstadirr Jour 12 : Egilstadir Jour 13 : Egilstadirr > Mývatn Jour 14 : Mývatn : Husavik + Detifoss Jour 15 : Mývatn : Askja Jour 16 : Mývatn Jour 17 : Mývatn > Siglufjörður Jour 18 : Siglufjörður > Thingeyrar Jour 19 : Thingeyrar > Grundarfjörður (péninsule de Snæfellsjökull) Jour 20: Grundarfjörður (péninsule de Snæfellsjökull) Jour 21 : Grundarfjörður > Reykjavik Jour 22 : Reykjavik > Lyon

Voici les quelques questions que nous nous posons : - Cercle d'Or : sur 2 demie-journées, est-ce que nous avons le temps de faire tous les sites dont une rando à Thingvellir NP ? - Cercle d'Or > Vik : est-il possible d'inclure la visite des iles Vestmann dans cette journée ou est-il préférable de prévoir une nuit en route ? - pour se rendre dans les fjords de l'Est, nous avons prévu une étape intermédiaire après Kalfafell. Est-elle utile ? Ne faudrait-il pas la prévoir plus vers Höfn ? - pour se rendre à Askja : quelle est la meilleure option pour faire Askja : 1/ depuis les fjords de l'Est par la route F910 puis F88 vers Myvatn 2/ depuis Myvatn : un aller-retour par la F88. J'ai lu que la F88 pouvait être un peu difficile pour les non expérimentés. Quel est votre avis ? - Myvatn : nous avons prévu 4 nuits au même endroit pour avoir le temps de bien découvrir la région. Est-ce la meilleure option ou faut-il changer de lieu en fonction des visites (exemple : aller dormir vers Husavik pour les sorties baleines) ? - pour rejoindre la péninsule de Snæfellsness, nous avons prévu 2 haltes pour couper la route qui semble assez longue. Ce n'est peut-être pas nécessaire, ce qui nous permettrait d'ajouter une journée de plus sur une autre étape.

Pour la location de voiture, je suis preneur de vos bons tuyaux. J'ai commencé mais recherches mais je trouve les prix très chers. Si vous connaissez des loueurs locaux, je suis preneurs.

N'hésitez pas, si vous avez des conseils, des tuyaux...à partager. Merci par avance.😉
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Itinéraire 17 jours en Islande
Bonsoir,

Notre destination pour cet été est choisie : ça sera l'Islande. Nous envisageons de partir 17 jours, probablement du 16 juillet au 2 août (enfin si la réservation sur Wow air finit par fonctionner, car le paiement pour le moment est refusé...).

Je n'ai pas encore acheté de guide papier, donc je suis vraiment dans le flou. Grâce à un certain nombre de carnets de voyage, j'arrive à identifier quelques sites magnifiques que nous ne voulons pas manquer. Les voici :

Reykjavik, trek dans le Landmannalaugar, îles Vestmann et Vik, le Cercle d'Or, Jokulsarlon, Myvatn, Kerlingarfjoll, Laki. Nous pensons faire l'impasse sur les fjords de l'Ouest. Est-ce que ça paraît raisonnable pour 17 jours?

Pour le transport, nous serons sûrement en bus. Louer une voiture de tourisme ne nous parait pas intéressant puisqu'on veut aller dans le centre de l'île. Et un 4x4 n'est hélas pas dans nos prix... Est-ce une bonne option? J'ai vu qu'il y avait deux compagnies principales de bus : Sterna et Reykjavik excursions, mais je ne comprends rien à leurs passeports, horaires etc. Pourriez-vous me donner quelques infos là-dessus? Notamment quel serait le meilleur forfait vu ce que l'on souhaiterait faire? Est-ce qu'on peut s'arrêter quand on veut, ou bien les bus ne s’arrêtent-ils que dans quelques villages importants?

Pour l'hébergement, on souhaiterait faire un maximum d'auberges de jeunesse, sinon camping ou petits hôtels pas chers, voire b&b, on est ouverts à tout ce qui n'est pas onéreux! Faut-il forcément réserver à l'avance? Car, si j'ai bien compris, il est mieux de réaliser un trajet en fonction de la météo prévue... Egalement, les bus s'arrêtent-ils à proximité des hébergements? Parce que sinon, le trajet en bus tombe à l'eau...

Merci pour votre aide!
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Itinéraire de 12 jours en Islande
Bonjour à tous,

Grande lectrice de ce forum, j'écris mon premier post pour avoir vos avis et conseils sur notre itinéraire en Islande. Nous partons dans moins d'un mois, et après avoir lu quelques expériences et récits de voyage, nous avons réfléchis à un itinéraire assez précis. (Nous avons loué un 4x4 Suzuki Jimny) Nous nous sommes aussi inspirés des très bons blogs suivants, conseillés sur le forum : http://alafindelaroute.com/...lislande-en-un-tour/ et http://international-photographer.com/fr/roadtrips/islande-2009/islande-jours-index.htm (que l'on conseille à notre tour aussi)

Nous aurions besoin d'avoir vos avis et conseils sur l'itinéraire que nous avons prévu, car nous ne connaissons pas forcément bien les routes entre chaque point ou les durées de trajets. (ni les positions des différentes stations essences) Le Jour 7 par exemple nous semble peut-être un peu trop chargé ...

Bien sûr, nous sommes ouverts à toute modification de notre itinéraire : nous avons choisi les différents points à voir suite aux différents conseils du forum. Il y a peut-être des choses qui peuvent être supprimées (ou d'autres ajoutées)

Merci par avance à tous ceux qui auront la gentillesse de commenter/compléter notre parcours !

Autres questions plus logistiques: - Que faut-il prévoir comme type de vêtements ? (la dernière semaine de Août et la première de Septembre ) - Avez-vous des conseils/recommandations au niveau de l'hébergement ? Sachant que nous ne ferons pas de camping :)

Voici donc notre trajet. Est-il faisable? Sachant que ce sera notre premier voyage en Islande. Merci beaucoup !

Arrivée tard le soir Vendredi, nuit à Reykjavik

Jour 1 : Reykjavik / visite de la ville Blue Laggon Nuit à Reykjavik

Jour 2 : Cercle d'or revisité, avec : Thingvellir / Geysir / Gullfoss / Husafell / Sellfoss Nuit à Hella

Jour 3 : Háifoss + Seljalandsfoss + Skógar (nombreuses cascades) + Skogafoss + Dyrolaey Nuit à Vik

Jour 4 : Vik + Skaftafell + Svartifoss + début Jokulsarlon Nuit à Jokulsarlon ou Höfn

Jour 5 : Hofn + Jokulsarlon (randonnée sur glacier vatnajôkull + promenade bateau sur lagon glaciaire= 30min) Nuit à Egilsstaðir

Jour 6 : Hengifoss Track + Chutes de Dettifoss + Hljóðaklettar + Jokulsargljufur National Park Nuit à Husavik

Jour 7 : Krafla + Namaskardh + Namafjall + Dimmuborgir (sommet volcan) + Myvatn Myvatn nature Bath Chutes de Godafoss Nuit à Akureyri

Jour 8 : Route vers Hólmavík ( la pause déj :) ) Route vers Isafjprdur (arrêts sur la route pour les paysages) Nuit à Isafjprdur

Jour 9 : Route vers Hellissandur (arrêts sur la route pour les paysages) Nuit à Hellissandur

Jour 10 : Snaeffelness (le volcan et glacier Snaefelljökull ) Parc de Snaefellsness Nuit à Borgarnes

Jour 11 : Route vers Reykjavik (arrêts sur la route pour les paysages) Krisuvik Nuit à Reykjavik

Jour 12 : Reykjavik / souvenirs / grass' mat Avion France :)

Encore merci par avance pour toutes vos suggestions/idées !!
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Islande: avis sur itinéraire de trois semaines?
Bonjour,

La semaine prochaine, je pars en Islande. On prend le bateau et on se déplacera en 4x4 aménagé pour pouvoir y dormir. L’itinéraire était à peu près terminé, bien qu'ambitieux. Mais au vu des dernières infos, tout est chamboulé. A savoir : plusieurs pistes intérieures (dont la F762) sont toujours fermées à cause du dégel incomplet et un bout de la route 1 (à partir de Vik, vers l’Est) vient d’être démolie par une inondation.

J’ai donc établi un nouvel itinéraire et ça m’aiderait d’avoir l’avis de ceux qui ont déjà été en Islande. On ne cherche pas à ce que tout soit précisément établi. On peut très bien décider de chambouler le programme sur place. C’est l’avantage d’être flexible grâce au véhicule… Mais ce serait bien d’avoir quand même des grandes lignes pour nous guider. Je me rends mal compte des temps de déplacement et une rapide estimation via google m’a effrayée… Ces trajets sont-ils réalistes ? Ne va-t-on pas être tout le temps en voiture ? Nous n’avons pas prévu des randos sur plusieurs jours mais on aimerait quand même avoir le temps de faire des balades d’une demi à une journée à 2 ou 3 reprises.

Merci d’avance pour vos commentaires éclairés 🙂

J’essaye aussi de vous joindre une image de la carte.

Jour 1 - 21/07/2011 : Arrivée dans la matinée à Seydisfjordur. Langanes, nuitée près d'Asbyrgi Jour 2 - 22/07/2011 : Asbyrgi, Dettifoss. Bout de route vers Askja Jour 3 - 23/07/2011 : Askja / Kverkfjoll Jour 4 - 24/07/2011 : Myvatn et sa région Jour 5 - 25/07/2011 : Myvatn et sa région Jour 6 - 26/07/2011 : Godafoss, Akureyri, vers la F35 Jour 7 - 27/07/2011 : Hveravellir, Kerlingarfjoll Jour 8 - 28/07/2011 : Gulfoss, Geysir, nuit Landmannalaugar Jour 9 - 29/07/2011 : Landmannalaugar Jour 10 - 30/07/2011 : Thorisvatn, Eldgja, Landmannalaugar Jour 11 - 31/07/2011 : Thingvellir, route vers Holmavik Jour 12 - 01/08/2011 : Fjords de l’ouest Jour 13 - 02/08/2011 : Fjords de l’ouest Jour 14 - 03/08/2011 : Traversée de Breidafjordur, Snaefellsnes Jour 15 - 04/08/2011 : Reykjavik Jour 16 - 05/08/2011 : Selfoss, Vik et la côte Jour 17 - 06/08/2011 : Îles Vestmann Jour 18 - 07/08/2011 : Thorksmork, Laki Jour 19 - 08/08/2011 : Skaftafell Jour 20 - 09/08/2011 : Skaftafell Jour 21 - 10/08/2011 : Jokulsarlon, retour Seydisfjordur Jour 22 - 11/08/2011 : Embarquement
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Excursions en Islande (avec enfants)
Bonjour à tous,

J'aurai besoin de votre aide pour savoir combien de temps on reste sur une excursion.

Par exemple, on me propose de faire en une journée : - le parc national de Thingvellir, les chutes de Gullfoss, le geyser actif et des thermes bouillonnants. Nuitée dans la région de Selfoss. (depuis Reykjavik) - Les chutes d'eau de Seljalandsfoss et Skogafoss, ainsi que les falaises de Dyrholaey, nuitée dans la région de Kirkjubaejarklaustur. - le parc national de Skaftafell avec un tour en bateau sur le lagon glaciaire de Jokulsarlon , nuitée dans la région de Hofn. - les fjords de l'Est en direction d'Egilsstaoir, nuitée dans cette région. - Lac Myvatn avec un safari aux baleines depuis Husavik, nuitée dans cette région.

Je n'arrive pas à imaginer si on devra se lever tôt et que les visites seront au pas de course ou alors on pourra prendre notre temps. Pas trop envie de courir.

J'avais pensé rester dans le Triangle d'Or, le Sud mais jusqu'à Jokulsarlon. Mais du coup, on ne fait pas une boucle, on devra refaire la même route à l'envers. Est-ce si gênant que ça ?

Je dois prendre une décision avant le 17.01.15, j'espère que vous pourrez m'aider. Merci d'avance Lauryne
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Aurores boréales en Islande
Salut à tous !

J'aimerais réaliser le rêve de mon chéri qui est de voir un jour des aurores boréales et pour cela j'ai besoin de votre aide 😛. Après des jours et des jours de recherches sur le net j'ai choisi l'Islande comme destination. J'ai lu beaucoup de choses sur les blogs et sites sur l'Islande mais malheureusement avec toutes ces informations je suis complètement perdue 😕. En général, nous préférons partir sans tour opérateur et j'ai l'habitude de préparer seule tous nos voyages.

Je souhaiterais partir au mois de décembre environs 7-8 jours. Ce que j'aimerais faire : - aurores boréales - source d'eau chaude - et pour l'instant je n'ai pas d'autres priorités.

Nous aimons beaucoup la nature et découvrir les grands espaces.

Je ne sais toujours pas qu'elle zone ou ville choisir : nord, sud, Reykjavik, Myvatn ?? Sommes nous obligé de louer un 4x4 pour etre à l'aise ?? Il y a t'il des hôtels avec des prix abordables ou on pourrait "dormir en pleine nature" ?? Enfin bref je suis complètement perdue.

Je vous remercie d'avance pour l'aide que vous pourrez m'apporter ! J'ai vraiment envi de réaliser son rêve 😊
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Islande été 2010 - Circuit de 11 jours en 4x4
Bonjour à toutes et à tous !

J'ai trouvé sur ce forum une mine d'informations sur les possibilités de séjour en Islande, et je me suis également basé sur des récits de voyages, ainsi que sur des circuits "type" présentés par l'organisme des auberges de jeunesse islandaises (www.hostel.is).

J'ai un total de 14 jours sur place, dont 2 pris par l'arrivée et le départ en avion. J'ai pris une location de 11 jours complets pour un 4x4 Suzuki Jimny, et voilà la première idée de trajet pour lequel je souhaiterais avoir votre avis. Je me suis grandement basé sur le trajet "Islande en 11 jours" sur hostel.is, que j'ai adapté en essayant de ne pas trop l'allonger. J'ai pris mes repères sur la carte d'Islande Ferdakort au 1:500000, il me reste à calculer les distances journalières, mais j'ai tenté de ne pas dépasser 300km / jour.

J1 Arrivée à Reykjavik, prise de chambre en guesthouse, peut-être le Blue Lagoon en forfait bus + entrée.

J2 Prise du 4x4 à 14h Route 1 puis 36, arrivée et visite de Thingvellir Route 361 puis 365, arrivée Laugarvatn Route 37 puis 35, visite de Bjarnafell, Geysir, Gullfoss Route 30 puis 1, arrivée et nuit à Hella (guesthouse).

J3 Route 1, visite de Seljalandsfoss, puis Skogar et Skogafoss Route 1 puis 221, détour par la langue glacière de Solheimajokull Route 1 puis 215, falaises de basalte de Reynir, arrêt à Vik. Route 1 puis 208, arrivée et nuit au Landmannalaugar (refuge).

J4 Route 208 puis 1, arrivée dans le parc national de Skaftafell Route 1, passage par Svinafell, arrêt par Jokulsarlon Route 1, arrivée et nuit à Vagnsstadir (hostel).

J5 Route 1, le long de la côte, arrivée et nuit à Reydarfjordur (hostel).

J6 Route 92, passage par Egilsstadir Route 1 puis 864, visite de Selfoss et Dettifoss, passage par Asbyrgi Route 85 puis 852, arrivée et nuit à Bjarg (hostel).

J7 Route 852 puis 85 puis 87, passage par Reykjahlid et lac Myvatn Route 1, visite de Godafoss puis passage par Akureyri Route 75, arrivée et nuit à Saudarkrokur (guesthouse).

J8 Route 744, passage par Blonduos Route 716 puis 711, péninsule de Vatsnes Route 72 puis 1, arrêt et nuit à Saeberg (hostel).

J9 Route 1 puis 61 puis 59 puis 60, passage par Budarladur et Saurbaer Route 590, boucle en bordure de côte Route 60 puis 59 puis 54 puis 58, arrivée et nuit à Stykkisholmur (hostel).

J10 Route 58 puis 54, passage par Olafsvik Route 574, péninsule de Snaefellsnes, passage par Hellnar Route 54, arrivée et nuit à Borgarnes (hostel).

J11 Route 1 puis 50 puis 519 puis 518, visite de Barnafoss et Husafell Route 50, passage par Grund Route 508 puis 50 puis 1, passage par le tunnel de Hvarfjordur Route 1, traversée de Reykjavik Route 41 puis 43, visite de Grindavik Route 425 puis 44, arrivée et nuit à Njardvik (hostel).

J12 Journée de battement ...

J13 Route 41, retour sur Reykjavik, remise du 4x4

J14 Retour en France

Voilà pour le premier jet. Le jour 12 n'est pas programmé, s'il y besoin d'ajustements sur les journées précédentes, le seul impératif est la remise du 4x4 en J13 avant 14h.

Merci d'avance pour vos avis et votre aide !
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Croisière MSC Ecosse - Islande août 2017
Bonjour,

Nous envisageons de faire cette croisière en Août 2017, nous sommes une famille avec 2 enfants, une ado et un plus petit qui aura 6 ans l'été prochain. Pour des raisons professionnelles, nous ne pouvons réserver cette croisière qu'à partir de Septembre 2016. Selon vos expériences est-ce risqué d'attendre Septembre, risque t'il de ne plus y avoir de cabines familiales ? Nous prenons toujours une cabine intérieure mais nous réservons d'habitude beaucoup plus tard mais cette destination étant moins proposée je me posais la question sur la disponibilité des cabines. D'avance merci de vos réponses

bonne journée
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Itineraire 6 jours en Islande fin décembre?
Bonjour tous

Nous partons à 2 en Islande du 26 décembre au 2 janvier… donc 6 jours complets Nous savons que c'est une période où certaines routes sont fermées et pas mal de guesthouse ou auberges aussi. Cependant cela ne nous fait pas fait peur ; )

Avez vous chers voyageurs des bons conseils d'itinéraires?

On voudrait louer une voiture ou 4x4 si besoin. On est pas contre dormir dedans quelques nuits. nos envies: - Voir des aurores boréales - un peu de rando - volcans - chutes d'eau - baignades sources chaudes - voir des baleines - balade à cheval

liste non exhaustive

Nous allons donc passer le réveillon là bas… il y a t il des traditions?

Merci d'avance! Gael
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Itinéraire en Islande sur neuf-dix jours au mois d'août
Bonjour,

Après plusieurs recherches sur ce forum ainsi qu'une bonne partie des sites consacrés à l'Islande, j'ai pu préparer un itinéraire pour notre séjour en Islande début août

Nous aurons 9 jours complets sur place en comptant le jour d'arrivée (atterissage à 9h du matin) + la matinée du 10ème jour (départ à 16h)

Le but était de faire le tour de l'île avec une étape à chaque nuit. J'ai loué un 4x4 (Grand Vitara) afin de pouvoir revenir du nord par la route 35 en fin de parcours

Voici le planning prévu :

Jour 1 : arrivée à Reykjavik à 9h, Blue Lagoon, visite et nuit à Reykjavik Jour 2 : Cercle d’or (Pingvellir, Geysir, Gullfoss) nuit à Fludir Jour 3 : Skogafoss, Seljalandsfoss, Vik/Dyrholaey, nuit à Vik Jour 4 : Skaftafell, Fjallsarlon, Jökulsárlón, nuit à Stafafell Jour 5 : Fjords de l’est, nuit à Seydisfjördur Jour 6 : Dettifoss, Namafjall, Leirhnjukur/Viti, Myvatn, nuit à Godafoss Jour 7 : Godafoss, Husavik, Akureyri, nuit à Varmahlid Jour 8 : piste 35, Hveravellir, Kerlingarfjoll, nuit à Geysir Jour 9 : Landmannalaugar si météo clémente, sinon péninsule de Reykjanes, nuit à Reykjavik Jour 10 : Reykjanes si pas fait la veille, sinon balade dans Reykjavik, départ 16h

Nous ne sommes pas de gros marcheurs et perso je n'ai pas beaucoup d'endurance, donc les marches ce sera maxi 2-3h selon les sites

Les nuits d'hôtel sont déjà réservées pour les différentes étapes, cependant ce qui me préoccupe c'est plus le contenu de certaines journées que les distantes à traverser

En particulier :

- Jour 6 : pensez-vous que c'est faisable ou serait-il plus prudent de laisser les alentours du lac Myvatn pour le lendemain et supprimer la visite de Husavik (sachant qu'on est 2 sur 3 à avoir déjà pu voir des baleines en Afrique du Sud)

- Jour 8 : Kerlingarfjoll vaut-il la peine pour les petits marcheurs ? Peut-on en prendre plein les yeux en faisant 1-2 heures de marche et si oui quel est le chemin de randonnée le plus impressionant dans la catégorie "pas trop difficile" ?

- Jour 9 : même question, Landmannalaugar vaut-il la peine pour les petits marcheurs (2-3h de marche grand maximum) et est-ce que cela en vaut la peine par mauvais temps, j'ai lu par ci par là qu'il vallait mieux laisser tomber en cas de pluie. J'ai aussi peur que sur une journée, en conduisant soi-même, cela devienne plus fatiguant qu'autre chose...

Si vous avez d'autres conseils de visite sur notre itinéraire je suis preneuse !

Merci pour votre aide 🙂
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Itinéraire de 17 jours en Islande: vos avis?
Bonjour,

Nous prévoyons de partir l'été 2015 pour 3 semaines (trajet compris à partir de Nantes, d'où l'évaluation approximative de 17 jours sur place). Nous envisageons de louer un véhicule sur place et de faire exclusivement du camping.

Voici ce qui est envisagé (je n'ai pas encore affiné jour par jour, je commence tout juste à étudier ça ) : https://www.google.com/...heRHlrs.k0Ws3vOrdIcM

Pour donner un peu de contexte : le road trip est notre façon habituelle de voyager, nous avons notamment fait le tour de l'Ecosse en 3 semaines : road trip à raison de 200 km/ jour environ et "camping" sauvage dans le Partner. Nous aimons cette façon de découvrir le pays, rester plusieurs nuits au même endroit ne nous convient pas en général. Cependant le but n'est absolument pas de TOUT voir au détriment du plaisir de prendre son temps voire de glandouiller de ci de là selon les envies.

Je crains que cet itinéraire ne soit un peu trop ambitieux mais j'hésite encore beaucoup sur quelles parties sacrifier, il y en a même que j'ai envie d'ajouter ! Dans ce sens j'ai quelques questions précises mais toute critique ou proposition pour retirer un passage ou en ajouter un sera bienvenue.

- L'itinéraire tel quel est-il selon vous réaliste ou "trop speed" ? - Devrais-je ajouter un passage par le Laki (quitte à sacrifier autre chose en échange) ? - Même question que la précédente concernant les alentours du Langjökull (côté Kerlingarfjoll et côté Barnafoss ) - Est-ce préférable de passer par le ferry plutôt que par la route entre les péninsules de Vestfirdhir et Snaefellsnes ? - Je pensais louer un 4x4 mais en parcourant les forums je constate que ce n'est pas toujours indispensable (notamment possibilité de prendre le bus pour le Landmannalaugar). Pour cet itinéraire qui comporte quand-même quelques petites incursions vers l'intérieur du pays, n'est-ce pas fortement conseillé ?

Merci à vous :)

PS : je me suis très fortement inspirée des blogs suivants pour commencer à découvrir et faire mes choix, alors merci beaucoup à eux d'avoir partagé leur expérience : http://www.roadtrip-islande.com/ http://islande-ete-2009.blogspot.fr/
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Itinéraire de dix jours en Islande au mois de juin: votre avis?
Bonjour,

Nous partons du 18 au 28/06 en Islande. Nous allons louer une voiture de tourisme et nous souhaiterions faire les principaux sites du sud. Ci-après un 1ère idée d'itinéraire :

J1 - V : Arrivée à Keflavik le matin, départ pour le volcan Hekla et Skogafoss, nuit à Skogar ou Vik J2 - S : Skaftafell et Vatnajökull J3 - D : Jökulsarlon, nuit à Kirkjubaejarklaustur J4 - L : Landmannalaugar J5 - M : Retour vers Selfoss J6 - M : Visite du Cercle d'Or (Geysir, Thingvellir, Laugarvatn, Gullfoss), nuit à Borgarnes J7 - J : Péninsule de Snaefellsnes J8 - V : Retour de Snaefellsnes, nuit à Reyjkjavik J9 - S : Visite de Reyjkjavik J10 - D : Péninsule de Reykjanes, Blue Lagoon J11 - L : Départ de Keflavik tôt le matin

Qu'en pensez-vous ? Est-ce faisable ou trop long ? Avons-nous oublié des étapes indispensables ? Ou au contraire certaines étapes peuvent-elles être zappées/réduites car sans trop d'intérêt ? Doit-on pousser jusqu'à Stafafell ?

De plus pour le Landmannalaugar, nous n'aurons pas de voiture 4*4, comment est-ce possible de visiter le site sans faire une excursion au départ de Reyjkjavik ?

Merci d'avance pour vos conseils. Bon week-end de 3 jours !
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Islande... le tour de l'île et plus encore!
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !

La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :

sites.google.com/site/fabuleuxvoya...

Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.

Bonne découverte et à + 🙂

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Table des matières :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _

Présentation

Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.

Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.

Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.

Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.

Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.

Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.

Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !

J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !

J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :



Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie

J0 : Mercredi 27 juin 2013

Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.

Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !

Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?

A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.

Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.

A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !

Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !

J1 : Jeudi 28 juin 2013

Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !

Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !

A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.

Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !

Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.

La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.

Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !

Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !

C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.

Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.

A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !

C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)

Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.

Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !

Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !

Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !

Distance parcourue dans la journée : 220 km



Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013

Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !

Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !

Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.

Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.

En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.

Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.

Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.

Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.

Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.

En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.

Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.

Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.

Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.

Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.

Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.

C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.

En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)

En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.

Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !

Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.

Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.

En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208

J3 : Samedi 30 juin 2013

Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !

Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.

Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.

Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.

Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.

Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.

Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !

Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.

Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419

La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.

En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.

Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.

L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)

De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.

Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.

En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !

Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.

Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.

Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !

Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.

Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.

En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km



Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013

Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.

Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.

Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.

Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.

La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.

A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.

Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.

Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.

Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !

Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !

Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !

Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.

Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.

Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.

Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.

Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !

Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.

Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.

Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.

Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.

A retenir : première journée sans pluie !

Distance parcourue dans la journée : 150 km



Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013

Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.

Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.

800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.

C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.

En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.

Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.

Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !

Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.

Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).

Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !

En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.

Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années

Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.

Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.

Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.

Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.

Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !

Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !

L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.

Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !

Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !

Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.

Distance parcourue dans la journée :



Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013

Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.

En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.

Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.

Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.

Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !

Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.

Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.

Altitude de départ : 180 mètres

Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.

Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée

Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !

Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.

Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.

A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.

Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.

Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !

Altitude d'arrivée : 740 mètres

La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.

Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037

La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !

Fin d'après-midi à Vik.

D'abord sur la plage de Reynisdrangur.

Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.

Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !

Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).

Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.

Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.

A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.

Distance parcourue dans la journée : 215 km



Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013

Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !

En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.

Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".

Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.

Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres

Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.

En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !

Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.

En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.

Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.

La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !

Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.

Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !

Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).

La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.

Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.

Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.

Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !

En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.

Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.

Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !

Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !

Distance parcourue dans la journée : 100 km.



Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013

Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.

Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.

Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?

En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.

Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.

A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres

La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.

11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.

Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.

Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.

A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?

En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.

Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.

Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.

Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.

Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !

De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.

Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)

Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.

En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.

L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.

Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.

Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !

Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !

Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.

Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.

Encore plus abstraite… à la Dali !

Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.

Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.

Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.

Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.

Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.

Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.

On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !

Distance parcourue dans la journée : 240 km.



Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013

Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.

Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.

La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.

Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).

Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !

Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.

Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.

On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.

Ici des eiders à duvet.

Là un arlequin plongeur.

Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.

La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !

Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.

Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.

Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.

Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.

Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.

Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km.

J10 : Samedi 6 juillet 2013

Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !

En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.

Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !

Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.

Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !

A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !

A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !

A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.

Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.

La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.

Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."

Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.

D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.

Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.

Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.

A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.

Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.

Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.

Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.

En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.

Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.

Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.

Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.

Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"

Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.

Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !

Distance parcourue dans la journée : 195 km



Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013

85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !

Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)

Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.

Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.

A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?

C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.

Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.

Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.

Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.

Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.

Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.

Altitude : un peu plus de 300 mètres.

Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.

C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !

Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.

Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)

Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…

En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !

Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !

Distance parcourue dans la journée : 30 km

J12 : Lundi 8 juillet 2013

Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.

En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.

Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.

La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !

Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.

Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.

Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.

Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse o�� nous trouvons notre bonheur.

Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".

Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.

D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.

Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.

En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.

Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.

Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.

Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !

Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !

Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.

Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.

La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…

Distance parcourue dans la journée : 140 km



Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013

100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.

Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.

A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.

Au début, il y encore un peu de vert !

Mais bientôt tout n'est plus que cendre…

Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.

Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.

Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.

Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !

Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.

Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.

Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !

Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.

Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.

Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.

A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).

Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.

Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.

Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.

A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.

La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.

Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.

Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.

Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.

Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.

Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.

Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.

Distance parcourue dans la journée : 335 km



Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013

Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).

Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !

Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.

En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.

Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.

Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.

Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.

Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.

Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !

Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.

Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).

Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.

En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.

Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.

En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.

En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.

Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !

Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.

Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !

Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.

Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !

Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !

Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.

Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.

Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !

Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !

Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.



Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013

Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !

Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.

Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.

Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.

Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !

Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !

Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.

Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !

Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.

Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.

Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !

15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.

Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.

Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.

Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)

Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique

En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.

Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.

Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.

En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.

D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.

Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !

Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.

La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.

Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.

Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…

Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.



Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013

9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.

A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.

En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…

Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !

Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.

J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !

Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.

Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !

Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !

Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.

Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.

A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.

Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.

Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.

Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.

Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !

Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.

Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.

Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres

J17 : Samedi 13 juillet 2013

Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.

Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.

Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.

Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)

Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.

Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !

C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !

Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.

Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !

Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.

Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.

C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plongée. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !

Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.

C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.

Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !

Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.



Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013

Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.

Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.

Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.

Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.

Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.

Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !

Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.

Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.

Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !

Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?

Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?

Je lui laisse la parole :

Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.

La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.

L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement gérable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.

Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.

Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.

Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.

Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.

Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.

Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.

Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !

Finalement nous annulons la deuxième plongée.

Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.

Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.

Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.

Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.

Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres

J19 : Lundi 15 juillet 2013

Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.

Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.

Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.

A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !

Alors, raconte…

Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.

Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.

L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.

Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement

Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.

Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !

Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.

Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.

Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !

Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.

Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.

Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :

… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.

Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.

Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.

Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !

Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.

Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.

Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.

A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.

Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !

Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !

Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres



Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013

Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…

En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.

On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.

A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.

Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.

Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.

Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.

A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.

Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.

Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.

Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.

Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.

Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.

C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.

Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".

Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.

Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.

Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".

Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.

Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.

Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.

Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !

On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.

En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !

La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !

Distance parcourue dans la journée : 185 km.



De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013

Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !

Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?

En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.

Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?

Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.

Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.

C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".

C'est indiscutablement notre cascade préférée !

Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.

Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.

Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.

Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.

Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !

Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.

A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !

Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.

Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.

Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.

Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).

La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.

Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.

Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !

Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)

Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.

Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.

On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet

Distance parcourue dans la journée : 285 km



Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013

"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !

Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.

280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.

Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.

Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.

Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.

La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.

Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !

A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.

Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.

La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.

"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !

Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.

Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.

Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.

Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.

Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.

Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.

Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.

En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.

Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !

Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres

J23 : Vendredi 19 juillet 2013

Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.

A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.

Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.

Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.

Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.

La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.

Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !

Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.

Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !

Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.

Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.

Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.

C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.

Une juste récompense après une journée difficile !

Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.

Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !

Tout est bien qui finit bien !

Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !



Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013

Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.

Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.

Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.

Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.

Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.

Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.

Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.

En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.

Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".

Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !

Bref, pas vraiment de chance, cette fois !

Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.

En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !

Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres

J25 : Dimanche 21 juillet 2013

Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.

A ce propos…

Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.

Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !

Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.

Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.

Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.

Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.

Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.

Ils surgissent bien de terre en bord de mer !

Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.

A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.

Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J

Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !

Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.

Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.

La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.

La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.

Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !

Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.

L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !

Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.

Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013

Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !

Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.

Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !

Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.

A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.

A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.

A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.

Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.

En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.

La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.

En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !

Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.

Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !

Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !

A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.

Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.

Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.

Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.

Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.

Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.

Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.

Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".

Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.

Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !

A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.

Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.

Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.



De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013

Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !

Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.

Je le laisse commenter sa matinée :

"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.

Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.

Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.

Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !

L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.

Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.

Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.

La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.

Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.

Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.

Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.

L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.

Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.

Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.

C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.

Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.

Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.

Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.

Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.

Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…

… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)

… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande

… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville

… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie

… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.

Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.

A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !



Le mot de la fin

Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.

Alors, qu'en est-il ?

A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.

Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.

Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.

En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.

Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.

Nos coups de cœur !

C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.

- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.

- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.

- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.

- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.

- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.

- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.

- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.

Ce qu'on a moins aimé :

- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.

- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.

Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !

A propos de l'itinéraire

Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.

Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.

En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.

A propos du véhicule

Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.

Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.

A propos des hébergements et des réservations

Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.

Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.

Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.

Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.

Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.

Faut-il réserver ou pas ?

La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.

Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).

Ouvrages et sites Internet utiles

Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000

Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :

* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/

* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677

* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home

* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...

* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/

* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...

* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/

* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/

* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html

Un dernier mot…

Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.

Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !

C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.

A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

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Conseils sur itinéraire de quatorze jours en Islande?
bonjour !

voici mon premier message sur ce site, peut être le premier d'une longue liste, ayant plein plein de projets en tête...

Pour le moment, je pars en islande au moins de juillet(2010), en 4l (!, préparation spéciale cependant...), donc en prenant le bateau au nord du Danemark, et en arrivant à Seydisfjödur.

J'aimerais que vous me donniez des conseils quant à l'itinéraire que je viens de boucler en attendant de le modifier ;)

arrivée le Jeudi 8 juillet à 9h à Seydisfjödur trajet Seydisfjödur-Egilsstadir-Grimsstadir visite de Dettifoss nuit à Asbyrgi

Vendredi 9 juillet visite d'Asbyrgi Husavik et les baleines nuit à Reykjahlid

Samedi 10 juillet Lac Myvatn (Namafjall, leirhnjukur, cratere viti, krafla, hverfjall, vindbehgargjall) nuit a Akureyri

dimanche 11 juillet Trajet Akureyri-Varmalid-Blonduos-Hvammstangi nuit à Hvammstangi

lundi 12 juillet matin : péninsule de Vatnes trajet Hvammstangi-Holmavick-Reykjanes-IsafjÖrdur nuit à IsafjÖrdur

Mardi 13 juillet visite des chutes de Dynjandi trajet jusqu'à Patreksfjördur nuit à Patreksfjördur

Mercredi 14 juillet matin Latrabjarg puis trajet jusque Branslaekur-stykkisholmur nuit à Olafsvik

Jeudi 15 juillet trajet jusque Reykjavik visite de la ville Blue lagoon nuit à Gardur

Vendredi 16 juillet trajet Keflavik-Grindavik-Hveragerdi-Selfoss visite de Gullfos, Geysir, Thingvellir soirée et nuit à Reykjavik

Samedi 17 juillet trajet Reykjavik-Gullfos-Kerlingorfjöll-Hveravellir sources chaudes de Hverasverdi +/- lac blönduos nuit à Hveravellir

Dimanche 18 juillet trajet Hveravellir-Hella-Hvovöllur-Thorsmörk-Skogar-Vik-Landmannalaugar nuit au camping du refuge

lundi 19 juillet Landmannalaugar Eldja lakagigar trajet Kirkjubaerklausfur-Skaftafell nuit à Svinafell

Mardi 20 juillet piste jusqu'au Svinafellsjökull Fsallsarlon, Jokulsarlon nuit à Stafafell

Mercredi 21 juillet visite de Lonsöraefi trajet Djupivogur-Stödvarfjördur-Faskrudsfjördur nuit à Reydorfjördur

Jeudi 22 juillet départ du bateau à 12 de Seydisfjördur

Voilà!!!

j'espère ne pas avoir fait trop de fautes de recopiage des villes islandaises...l'orthographe ne m'est pas encore franchement familière !

J'ai une grosse tendance à vouloir tout faire, n'hésitez pas à me dire si c'est impossible, mais si c'est seulement "un peu chargé", alors tout y passera !!!

merci beaucoup pour vos conseils :)
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Impressions personnelles post 2 semaines en Islande (du 1er au 16 juillet 2017)
Bonsoir,

Je viens ici livrer mes coups de coeur et coups de gueule à l'issue de 2 semaines de road trip en Islande. Je préfère prévenir d'entrée : je ne vais pas être en mode "l'Islande c'est merveilleux, je rêve déjà d'y repartir". Je sais qu'en disant ça, je vais m'attirer les foudres des inconditionnels de l'Islande mais je demande juste que l'on tolère qu'il existe des avis différents. Personnellement j'aurais aimé avant mon voyage lire des commentaires avec du positif et du négatif.

Itinéraire : Reykjavik-Cercle d'or (Thingvellir, Geysir, Gullfoss)-Piste de Kjolur (Hveravellir, Kerlingarfjoll)-Glaumbaer-Saudarkrokur-Myvatn-Asbyrgi-Egilstadir-Borgarfjordur-fjords de l'est (quasi tous)-Hofn-Jokulsarlon-Ingolfshofdi-Skaftafell-Vik-Dyrrolaey-Skogafoss-Seljalandsfoss-Hvolsvollur-Landmannalaugar (piste 208 nord+sud et piste 225)-Borgarnes-Snaefellsness-péninsule de Rekjanes. Excusez les éventuelles fautes d'orthographe, je n'ai pas rouvert mon guide de voyage...

Points positifs : - les macareux à Borgarfjordur (tout au nord des fjords de l'est). On peut les y voir de très très près (2 mètres!) et très visibles alors qu'à de multiples autres endroits (Dyrrolaey, Reynisfjara, Ingolfshofdi, Snaefellsness) on ne les a vu que de loin (loin sur une falaise, loin dans l'eau ou loin dans le ciel) voire très loin. - les paysages de Landmannalaugar. On a eu une chance extraordinaire niveau météo : deux jours de 100% ciel bleu sur Landmannalaugar, c'était formidable pour les randos. - les endroits reculés avec très peu de monde et de grands espaces (piste de Kjolur, 208 sud au Landmannalaugar, etc)

Coups de gueule : - J'habite Paris et j'ai donc l'habitude de "raquer" 15€ pour une pizza (ce que n'importe quel être humain normalement constitué trouve cher). Et pourtant, pendant 2 semaines, j'ai eu l'impression d'être un mouton qu'on tondait (normal, vous me direz, on est en Islande, y a plein de moutons!). 1900 ISK la soupe (17€), plus de 3000 ISK la pizza (26€), dans les 40€ à 50€ le plat à base d'agneau, j'en passe et des meilleures. Il ne faut pas exagérer! Ils abusent totalement. Ils voient un afflux de touristes et en profitent au max. Même dans des lieux ultra-méga-touristiques (Paris, Venise, Santorin en plein mois d'août, Polynésie), je n'ai jamais vu un DELIRE pareil! Meme après deux semaines, je n'arrivais toujours pas à m'y faire. J'étais pourtant prévenue depuis plusieurs années (cela faisait 3 ans que nous réfléchissions à aller en Islande). Mais ca fait quand meme un choc. - L'accueil des Islandais. Nous avions fait un road trip au Québec l'an dernier. Quel contraste en termes d'accueil. Entre les B&B québécois et les "guesthouses" islandaises, c'est le jour et la nuit niveau chaleur, accueil, sympathie, sourire. Nous sommes peut-être mal tombés mais tout de même : environ 15 hébergements différents et 1 seul nous a dit plus de choses que juste "le prix c'est tant, voici la clé, le petit dej 8h-10h". Dans certaines guesthouses, la première chose que faisait la personne nous recevant était de brancher sa machine à carte bleue avant même de nous dire bonjour! Véridique! Nous avons halluciné de l'absence totale de sourire et de sympathie. Idem dans la plupart des restos. - Le manque de diversité. Au bout de deux semaines on finit un peu par tourner en rond : 25ème cascade (Skogafoss, Dettifoss, Solljalandsfoss, Godafoss, Gullfoss, Ofaerufoss, Svartifoss, etc etc). C'est joli mais bon à la fin c'est juste une 25ème chute d'eau. Idem sur les marmites de boue (quel intérêts à Seltun après avoir vu Myvatn?), sur les geysers, sur les fjords, etc. Vous allez me dire, je n'avais qu'à pas partir 15 jours. En effet, peut-être 10-12 jours est-ce mieux pour ne pas arriver à saturation de cascades.

Au final, un ami me dirait "j'ai un budget de X pour mes vacances et je pars en Islande", je lui conseillerais de réfléchir : préfère-t-il vraiment allez dépenser X en Islande où la moitié de ses journées seront peut-être pourries par le temps (certains jours, impossible de sortir de la voiture à certains points de vue tellement c'était le déluge de pluie) ou préfère-t-il partir par exemple à Madère (magnifiques randos, nourriture excellente) où pour le même budget il logera 10 fois mieux et mangera 50 fois mieux? Personnellement, OK, je voulais aller en Islande un jour et suis contente d'y être allée (je sais on dirait pas en me lisant), mais je trouve le rapport qualité-prix ultra méga très mauvais. Certes c'est beau mais c'est facile 2 à 3 fois plus cher que la Corse alors que je considère que ce n'est pas 2 à 3 fois plus beau que la Corse (je sais, ce ne sont pas deux destinations comparables).

Voilà, j'espère que ce relevé d'impressions personnelles aidera ceux qui s'interrogent sur leur envie d'aller ou non en Islande.

S.
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Islande en hiver
Bonjour à tous,

Nous désirons passer le 31 décembre en Islande. Nous voudrions rester 7 jours sur place en partant avec un vol sec, nous avons déjà trouver un billet. Est il facile de se deplacer en hiver ? Les routes sont bien degage ? Je sais que les jours sont plus courts. Je voudrais avoir l'avis de quelqu'un qui est parti en hiver (décembre / janvier). Merci de votre aide. Cordialement Davmax
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Tout sur l'Islande à vélo?
Bonjour Je suis nouveau sur le forum, j'ai 13ans mes parents mon ammener deja 2 fois en islandej'ai visiter la première fois le sud puis le nord en passant pas le centre, je les remmercie très fort car c'était très beau. Ce pays ma envouté, puis un jour, je trouve sur un forum de vélo (je fait du vtt en club)un topic sur l'islande en velo!!! je suis tout de suite intéréssé!!! Je voudrai dans plusieur années partir laba pour faire en partant de la capitale gulfoss et selfoss + geysir -> hekla-> landamannaulaugar->le centre-> myvatn et ces environs et encuite retourner en france...le tout en dormant dans la nature ou au pire dans des camping

A partir de quel age peut-on faire ce voyage de 1mois avec un copain ou avec un groupe en vélo ?? Est-ce dur? ya-t-il beaucoups de difficulté, pour traverser le centre et le landamannaulaugar?? les difficulté, le nombre de km ??

bref.... je suis très jeune mais cela me tiens vraiment à coeur pour mes prochaine années!!! voila je pense avoir tout dit et mintenant à vos réponses!!
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8 jours de trek dans le Hornstrandir (Islande)
Hello! Voilà une semaine que nous sommes rentrées... Le récit complet en photos, vidéos, avec cartes et traces wikiloc en cliquant ici.



Bonne lecture!

Marie

Texte seul:

RECIT ISLANDE HORNSTRANDIR 2018 Après plusieurs voyages en Islande, un peu effrayée par le boom touristique depuis quelques années, je décidai cette fois de visiter le Hornstrandir, cette péninsule un peu oubliée au nord des fjords du Nord-Ouest. Située à 300 km du Groenland, elle flirte avec le cercle arctique. Classée réserve naturelle depuis 1975, sans habitants permanents depuis 80 ans, cette région est très différente du reste de l’Islande. On n’y accède qu’en (petit) bateau ou à pied (mais au prix de plusieurs jours de marche) La presqu’île fut autrefois habitée par des fermiers et des pêcheurs. Aujourd’hui leurs descendants y viennent passer quelques semaines en été et le reste de l’année, les montagnes, baies, plages et ruisseaux sont rendus aux renards polaires, qui sont ici protégés (alors qu’ils sont chassés partout ailleurs en Islande) A l’époque, on se déplaçait entre fermes à pied ou à cheval, ou plus facilement si la météo le permettait en bateau. Aujourd’hui, 2 compagnies (Borea, et Sjoferdir/Westtours) desservent différentes baies du Hornstrandir, avec des rotations régulières mais des bateaux de faible capacité, si bien qu’il faut jongler avec les dates et les destinations pour établir son itinéraire, sachant qu’un aléa météo est toujours possible. Une fois rendu au Hornstrandir, c’est à pied, sur un terrain difficile, avec des sentiers pas toujours tracés ni même toujours cairnés. Il faut avoir le pied sûr (sentiers parfois vertigineux, éboulis instables, mousses profondes, gués innombrables et marécages à gogo) et un GPS est fortement recommandé, surtout par temps de brouillard (qui ne manquera pas d’arriver sur une rando de plusieurs jours, sauf chance exceptionnelle !) Pour la préparation et avoir une vue d’ensemble, j’ai utilisé la carte papier Ferdakort au 1/100000. Prévue au départ avec mes filles Caroline et Marion, la randonnée se fera finalement à 5 avec Muriel et Sophie (Hohl et Ablette 74 sur VF) Pour des raisons de souplesse (et de prix) j’ai loué (à prix d’or !) une voiture à l’aéroport de Keflavik, qui restera « à quai » au port de Isafjordur pendant les 8 jours de notre randonnée dans le Hornstrandir. Pas le plus petit modèle mais presque si bien que nous mettrons 2 sacs sur la galerie de toit gonflable emportée pour l’occasion. Après avoir hésité à organiser un ravitaillement à mi-parcours (possible via les compagnies de bateau mais un peu aléatoire selon la météo), nous décidons finalement d’emporter toute la bouffe nécessaire aux 8 jours de trek, afin de rester libres de notre parcours. Nous avons donc chacune un sac d’environ 12 kg, un peu moins pour Sophie et un peu plus pour Muriel. Nous porterons peu d’eau (1/2l/pers) car il y en a partout (même plus qu’il n’en faut !) et il est inutile de la filtrer ou de la traiter. J0 15/08/2018 Après un vol sans histoire, nous atterrissons vers 16h00 et filons chez Blue Car rental récupérer la voiture. En route vers Hafnafjordur, où j’ai réservé une chambre pour 4 (sans sanitaires privés, 140 €) au Lava Hostel. A quelques km de l’aéroport, je réalise que le réservoir noté comme plein lors de la remise de la voiture, ne contient qu’un 1/3 de sa capacité. Retour au guichet de Blue Car, où je dois insister pour faire rectifier le voucher. Pas d’excuses, l’employée est aussi agréable que lors du pick-up… A 1,70 €/l, il n’y a pas de petits profits…. Au Lava Hostel, au moment de payer par CB en couronnes islandaises, nouvelle tentative d’arnaque de 30 € ! Les temps ont bien changé en Islande…la faute à booking.com parait-il…. Je suis bien contente de savoir que dès demain soir, nous serons perdus dans la nature loin de tout ! Nous trouvons une bouteille de gaz quasi pleine laissée par un client précédent alors que Sophie nous rejoint. Elle est arrivée hier, a dormi à Reykjavik dans une autre auberge de jeunesse où elle a aussi trouvé du gaz pour elle et Muriel. Voilà une bonne chose de faite ! On profite des dernières heures de soleil pour aller faire un tour en bord de mer dans les environs de Hafnafjordur. J1 16/08/2018 Chaleur étouffante et isolation nulle, la nuit aurait pu être meilleure au Lava Hostel de Hafnafjordur… Nous sommes les premières levées car Muriel arrive ce matin à 8h à Keflavik. En route affublées de nos sacs poubelles ! Après d’interminables tours et détours le long des fjords du nord-ouest, un bref arrêt pour admirer des phoques et un bel arc en ciel sur la petite île de Vigur, nous arrivons vers 16h00 à Isafjordur. Passage chez Borea pour confirmer la traversée aller, puis chez West tours pour récupérer les vouchers pour la traversée retour, nous déposons les sacs au port et Marion va garer la voiture au grand parking proche du Musée Maritime (sur les conseils de Boréa, il semble qu’on ne peut pas la laisser au port ?) Eh non Sophie, notre bateau est le p’tit blanc ! En plus de nous 5, un ranger (qui travaille plus au sud et vient découvrir le coin pendant 2 ou 3 jours) avec sa copine, et un couple qui a une maison d’été à Saebol. La dame nous explique que son père est né à Fjlotavik (où nous irons demain) et que les grandes bottes qu’elle porte y sont recommandées ! Il nous faut 1h30 à 20 nœuds de moyenne (séance tape-cul alors que la mer est relativement calme) pour arriver sous un ciel bien bas dans la baie d’Adalvik, à l’extrême ouest du Hornstrandir. Nous embarquons dans le zodiac pour les dernières dizaines de mètres et débarquons sous le regard curieux de quelques enfants qui passent ici leurs grandes vacances avec leur famille. La journée a été longue, surtout pour Muriel qui a quitté l’Alsace ce matin aux aurores, il est presque 19h00, alors nous posons les tentes sur la zone de bivouac située à quelques centaines de mètres du hameau de Latrar. Le jeune couple Islandais fait de même. Un peu plus tard arrivent 2 néerlandophones très timides ou carrément misanthropes (mais hyper bavards, ils parlent TOUT le temps) et un Français, tous bien crevés et les pieds trempés après leur 1ère étape (ils viennent de Heysteri via Saebol) J2 17/08/2018 Il a plu cette nuit mais pas de vent, nous avons bien dormi ! Les prévisions pour la semaine à venir ne sont pas folichonnes, en particulier pour cette journée qui finalement débute avec quelques trouées de ciel bleu. Nous suivons d’abord une piste sur 1 ou 2 km puis ma trace GPS nous la fait quitter pour grimper sur la montagne : après avoir ronchonné après cette piste (à quoi bon marcher là où on pourrait rouler !), nous voilà désormais hors sentier et sans cairn : l’aventure commence ! Mais c’est plus fatigant ! Soulagement après un premier ressaut quand nous repérons un cairn, ma trace trouvée sur wikiloc est juste, nous sommes sur la bonne piste ! Nous traversons ensuite un haut plateau austère, très minéral, parfois égayé de quelques boutons d’or ou mousses fluorescentes, guidées par une succession de cairns bien visibles. Nous voilà en surplomb de la baie de Fjlotavik. Nous faisons une petite pause pic nic à l’abri de gros rochers, dérangeant à peine un lagopède en parure estivale. Arrivées au niveau de la mer, comme annoncé par la dame sur le bateau, Fjlotavik porte bien son nom, c’est hyper sploutch. Nous enfilons nos crocs afin de garder sèches nos chaussures de marche. Gare à la gadoue, qui a vite fait de capturer nos précieux escarpins ! Nous abandonnons finalement le sentier en dévers (pas facile en crocs !) pour patauger directement au fond de la vallée. Assez fun finalement pour qui ne craint pas l’eau glacée ! Des chaussettes néoprène auraient été parfaites, en plus des crocs… Nous longeons le lac sur plusieurs km, qui nous semblent d’autant plus longuets que la pluie menace (jusqu’ici nous avons été épargnées !) Après 5 bons km à patauger, nous posons les tentes dans la zone de bivouac : le sol est détrempé et le simple appui d’une chaussure fait apparaitre de l’eau… Mais il n’y a aucun endroit moins humide à moins de plusieurs heures de marche ! L’été a été exceptionnellement pourri cette année et ça se voit ! Par goût et par habitude, j’avais envisagé de plutôt éviter les zones de bivouac (qui sont en fait des zones avec quelques emplacements assez plats pour poser une tente et avec des toilettes sèches, sans autre équipement) mais je réalise qu’il est très difficile de trouver des coins propices en dehors du bord de mer. Dès qu’on grimpe dans la montagne, le sol est soit humide, soit caillouteux, soit pentu, et souvent les 3 à la fois ! Le temps de monter les tentes, la pluie arrive et va durer toute la nuit, soutenue… Les « Hollandais » arrivent un peu plus tard et s’installent aussi. Pas de nouvelles du Français parti ce matin avant nous (nous apprendrons plus tard qu’il a dormi à Atlastadir, mais je n’ai pas pensé à lui demander s’il avait franchi l’énorme gué qui permet de traverser le lac de Fjlotsvatn plutôt que d’en faire le tour. Les rangers contactés par Muriel avant le voyage nous avaient recommandé de l’éviter en cette fin d’été très humide) Bref, mauvaise nuit à « faire la planche » sur nos matelas gonflables en veillant à ne pas trop laisser tremper les couettes en duvet dans l’eau qui sourd à travers le tapis de sol… D’ordinaire je prends tjs une feuille de polycree pour mettre sous la tente mais cette fois j’avais pris une tente bien costaude avec un tapis de sol qui résiste normalement à l’herbe mouillée par la pluie – mais pas à un marécage !) Sophie plus prévoyante a bien dormi au sec… Muriel a surnagé comme nous… J3 18/08/2018 Petit rayon de soleil miraculeux au réveil qui permet de faire sécher la tente intérieure sur les toilettes ( ! ) Nous rechaussons nos crocs pour encore 1 ou 2 km afin de rejoindre, moyennant quelques traversées de rivières, le pied de la falaise qui doit nous mener au fjord suivant. Il nous semble impossible de passer par là et nous sommes rassurées quand nous rejoignons un balisage de piquets, qui pas de doute, mène au pied de ce mur ! Finalement en posant un peu les mains, ça passe ! On apprécie d’avoir du beau temps car ce passage ne doit vraiment pas être rassurant dans le brouillard ! Nous découvrons émerveillées, sous un soleil de fin d’été qui peine à réchauffer l’atmosphère, la baie de Hloduvik. Loin vers le nord, nous distinguons quelques icebergs, énormes, qui dérivent sur la mer du Groenland ! J’en suis toute émue (j’adoore les icebergs, ces masses de glace formées par la neige tombée il y a des centaines d’années, qui voyagent au gré des vents et des courants, et vouées à disparaitre lentement…nostalgie…) Il arrive que des ours polaires ayant dérivé sur la glace atteignent le nord de l’Islande. Ils sont systématiquement abattus, ce qui est rare heureusement (la dernière fois en 2016) Une houle paisible vient mourir sur la plage de galets, où nous descendons pour contourner la montagne de Alsfell, figure emblématique de la baie. C’est alors que nous apercevons 2 puis 3 petits renardeaux qui fouillent les algues à la recherche de poissons. Trop mignons (les renards, pas les poissons crevés) ! Muriel et Sophie, levées plus tôt que nous avant-hier avaient déjà aperçu fugitivement un renard à Adalvik. Ceux-ci sont absolument indifférents à notre présence et nous passons un long moment à les observer. Nous continuons à longer la baie, envahie d’énormes grumes venues de Sibérie (inépuisable source de bois si précieux dans cette contrée où les plus grands arbres – des saules arctiques-ne dépassent pas quelques dizaines de cm. Les feux sont interdits dans le Hornstrandir mais à vrai dire, ça manque de petit bois ! Ici comme partout, en l’absence de bétail, la végétation égaye le paysage. L’angélique si graphique est partout ! Il y a aussi profusion de myrtilles et de camarines, du moins là où il n’y a pas trop de renards car ils sont omnivores ! Oiseaux, œufs, baies, mollusques, poissons, petits rongeurs, toute calorie est bonne à engloutir avant le long hiver…Nous avons vu une vingtaine de renards, toujours près de la mer et/ou des falaises à oiseaux. Nous passons en contrebas de l’abri d’urgence (qui surplombe la zone de bivouac) qui a vraiment des allures de capsule extra-terrestre sous ces jolis nuages lenticulaires, et marchons encore une centaine de mètres après le gué qui nous sera ainsi épargné demain. Les « Hollandais » arrivent peu après nous et se posent au « camping ». Croisé un couple tout à l’heure, sinon personne d’autre aujourd’hui. Nous profitons du grand beau temps pour une toilette approfondie dans la belle rivière que nous venons de traverser. A l’est au-delà des qq maisons du petit hameau de Budir (désert en cette fin d’été), nous devinons le sentier escarpé où nous irons demain. Festival de cirrus en soirée, signe de changement de temps ! J4 19/08/2018 Très bonne nuit sans vent ! Après quelques minutes de marche, nous apercevons toute une colonie de phoques qui se prélassent sur des rochers où ils se sont hissés à marée haute. Trop drôle de les voir arquer leur corps musculeux quand une vague taquine cherche à les rafraichir : avachis mais l’œil aux aguets, hop, un petit coup de rein quand la vaguelette arrive, parfait timing ! Pas âme qui vive à Budir, l’été se termine… Nous grimpons à gauche de la cascade et après un long cheminement (balisé) à flanc dans une superbe vallée d’altitude surplombant l’océan, et le franchissement d’un 2ème petit col, nous découvrons la baie de Hornvik. Le beau temps se maintient, quelle chance ! Je suis ravie de pouvoir admirer le cap Horn, il est si souvent pris dans les brumes… Après une pause pic nic et même une petite sieste (oui il fait bon et pour une fois on peut s’allonger) sur une plate-forme en bois sans doute dédiée à l’observation des renards arctiques, nous terminons la descente jusqu’à la mer, et nous faisons à proximité de rochers à oiseaux la rencontre de plusieurs renards à peine effarouchés par notre présence ! Il y a en a de partout, on ne sait sur lequel focaliser notre attention, tous plus mignons les uns que les autres ! Plus loin, un passage un peu acrobatique, sécurisé par des cordes, nous permet après avoir dépassé un nouvel abri d’urgence, de rejoindre la zone de bivouac et la cabane des rangers. Il y a également une tente mess et quelques autres grosses tentes qui doivent rester là tout l’été (pour des scientifiques, des tours operators ?) 1 tente et 3 personnes au camping, sinon personne… Je prévois de faire demain le tour du Hornbjarg (les falaises du cap Horn) si bien que nous continuons pour aller camper de l’autre côté de la baie. Il nous faut pour cela traverser une large rivière, et nous choisissons de remonter un peu en amont pour éviter le goulet étroit et profond qu’elle forme juste avant la mer. Nous traversons un étrange désert de sable noir, où se mêlent eau douce et eau salée, et arrivons finalement à la rivière Hafnaros proprement dite. Traversée facile, eau à mi-cuisse, peu de courant, quelques sables +/- mouvants à la fin donc ne pas mettre les crocs mais rester pieds-nus. Au loin, nous apercevons les néerlandophones, qui coupent au plus court vers le goulet. Nous regagnons ensuite la mer en longeant d’étranges formations rocheuses faites d’orgues de basaltes horizontalisés. Puis nous longeons la mer sur un sentier souvent effondré, qui nous font lui préférer les galets de la « plage ». Nous rencontrons la rangerette qui rentre de balade et nous installons sur la zone de bivouac, bientôt rejointes par les Flamands (oui poussée par la curiosité, j’ai fait le 1er pas pour leur demander comment était le gué : jusqu’aux hanches avec du courant donc on a bien fait de faire un détour en amont) Sophie a la visite en soirée d’un petit renard curieux…Et un phoque roupille en contrebas. J5 20/08/2018 Temps clair mais nuageux ce matin, après encore une nuit paisible (c’est la 1ère fois que je campe plusieurs jours d’affilée avec aussi peu de vent, sans mettre mes boules Quiès ! Incroyable pour cette région !) En route pour le symbole du Hornstrandir, les hautes falaises du Hornbjarg. Après avoir dépassé une jolie maison (habitée cette fois), nous percevons le bruit d’un éboulement qui nous vient de l’autre côté de la baie. Au téléobjectif, je distingue les roches se fracassant dans la mer : gloups ! Nous n’irons pas trop près du bord ! A mi-pente, nous rencontrons encore 2 ou 3 renards, encore endormis… Nous voilà parvenues au Cap Horn, ravies d’avoir finalement bénéficié jusqu’à présent d’une météo tout-à-fait correcte, en dépit des prévisions. Il a plu certes, mais toujours quand nous étions sous la tente… Mais la rando continue, il nous faut longer une falaise escarpée, dont la découpe à contre-jour la rend encore plus impressionnante. La grimpette sur des hautes marches de terre glissante au milieu des angéliques n’est pas de tout repos, mais la vue depuis la crête de Midfell est grandiose. On aperçoit la rivière traversée hier et à droite de la baie la cabane des rangers. Au sud-est reflets mystérieux sur l’océan d’un calme inhabituel… Quelle peut donc être cette île ??? Peut-être la péninsule de Skagi vue dans sa largeur ? Bizarre… Encore un énorme iceberg ! Selon la lumière, ils apparaissent et disparaissent en quelques minutes…. Encore un passage un peu acrobatique avant de rejoindre le petit lac au pied du Kalfatindar. Gros plan sur le gué franchi hier. Il y a très peu d’oiseaux, la meilleure époque est le printemps, lors qu’ils nichent par milliers dans les falaises. Le temps se gâte et nous renonçons à l’ascension du Kalfatindar. Voilà le phare de Latravik ! Qui fait aussi refuge (avec douches !) Pour la 1ère fois, la pluie nous rattrape ! Légère et sans vent…et passagère ! Gros numéro de charme de la part de cette adorable bestiole rencontrée en chemin ! Semi-déception en arrivant au phare (je n’aime pas rompre le charme en retournant même brièvement à la « civilisation ») : il est fermé. Le coin est sale, des déchets trainent par ci par là et il n’y a pas d’eau à proximité immédiate. Pas envie de camper là… Pendant que nous hésitons, Marion trouve le code pour ouvrir le boitier contenant la clé ! Ah ces jeunes ! On ne résiste pas à l’envie d’une petite visite du refuge (et du phare) : tout est hiverné, les matelas sur la tranche, l’eau fermée et il y fait plus froid que dehors. Bref, on referme soigneusement et on marche un peu plus loin pour trouver une zone propice au bivouac. A peine avons- nous tourné le dos au refuge qu’un hélicoptère rouge surgit de derrière la falaise ! Aussitôt, on se sent coupable, aurions-nous déclenché un système d’alarme quelconque ? La coïncidence est tout de même incroyable ? Il se pose à une centaine de mètres du phare ! Nous sommes dans nos petits souliers… 4 ou 5 personnes toutes vêtues de combinaisons orange et bleues en descendent et se dirigent vers le phare… on n’ose plus bouger ! Bref, après avoir un peu trainé dans le coin, fait quelques photos, tout le monde rembarque et l’hélicoptère redécolle vers le Hornbjarg. Ouf ! Ils n’étaient pas là pour nous ! S’agissait-il d’une virée touristique, d’un entrainement des sauveteurs ? Mystère ?! Alors que nous installons les tentes, les Flamands passent et continuent vers la baie de Hornvik via le col de Kyskard. Grosse journée car ils ont aussi gravi le Kalfatindar. En soirée, nous avons encore la visite de renards curieux ! Ils viennent nous voir jusque dans la tente ! J6 21/08/2018 Encore une nuit paisible, posées sur 20 cm de moelleuse mousse… Pas de renard ce matin, un timide rayon de soleil… La grimpette jusqu’au col de Kyrskard est bien raide et la descente vers le gué de la baie de Hornvik ne l’est pas moins ! Brève rencontre avec un couple de Strasbourgeois (les pieds dans l’eau glacée du gué, la conversation ne s’est pas éternisée…) dont je me rends compte après-coup que nous nous connaissons, au moins virtuellement par email (Hello Guy !) Nous repassons par la zone de bivouac où arrive en même temps que nous le Français solitaire rencontré au début de la randonnée. Il vient du fjord de Veidileysufjordur -où nous serons ce soir, et a dû se résoudre à faire demi-tour car le passage obligé dans la mer lui a semblé trop profond. Il va donc aujourd’hui jusqu’à Hloduvik puis vers Hesteyri où il reprendra son bateau. En effet, pour faire une boucle et ne pas repasser par les mêmes chemins, j’ai choisi de passer par ce fjord. Ensuite il faut passer dans la mer sur une centaine de mètres en contrebas d’une falaise trop escarpée avant de continuer soit directement vers Hesteyri (mais sur ma carte aucun sentier n’est indiqué) soit vers le nord et Hloduvik. Je reste confiante car je pense qu’à marée basse, le passage doit être possible puisque figurant sur ma carte. Nous poursuivons vers le col de Hafnaskard par un sentier bien tracé offrant de superbes vues sur la péninsule de Hornbjarg. On aperçoit même encore quelques icebergs ! Vue époustouflante sur le fjord de Veidileysufjordur depuis le col ! Si grand que la descente va s’avérer interminable ! Nous arrivons enfin à la zone de bivouac, où nous retrouvons nos 2 flamands. Il y a une autre tente avec 2 gars à peine entrevus. Tous reprennent le bateau ici demain matin. Je n’ai pas pu trouver les horaires de marée pour le fjord (si tant est qu’ils existent !) aussi je pose quelques marques pour repérer le marnage. A priori, la mer devrait être basse demain vers 10h00… On aperçoit à droite la falaise noire en contrebas de laquelle il nous faut passer dans la mer. J7 22/08/2018 Comme annoncé par le couple de Strasbourgeois, la journée s’annonce maussade mais pour le moment il ne pleut pas et il n’y a pas de vent. Pas de ressac. Le fond de l’air est frais si bien que l’eau parait moins fraiche : conditions idéales pour faire trempette donc ! Après quelques tâtonnements, il s’avère qu’il n’y a d’autre solution que d’y aller carrément. Marion ouvre la marche avec de l’eau au-dessus du nombril. C’est au début du gué que c’est le plus profond, après c’est plus facile. Avec l’aide efficace de Caroline et Marion qui transportent nos sacs « à la népalaise », nous venons finalement assez facilement à bout de ce gué, plus impressionnant que dangereux. Le plus dur est de descendre dans l’eau sans glisser et seul avec un sac à dos c’est difficile. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous rhabillons quand arrive un couple d’Islandais qui s’apprête à franchir le gué dans l’autre sens. Selon eux la marée basse serait plutôt à midi. Mais le marnage ne m’a pas semblé très important donc je pense que la hauteur d’eau n’aurait pas été très différente, peut-être jusqu’aux hanches mais pas moins, sauf grand coefficient de marée. Une fois rhabillées, la pluie s’invite et ne nous quittera plus de la journée. Mon appareil photo restera donc dans son sac étanche ! 3 photos ce jour-là. De toute façon nous n’avons vu que de la caillasse et des nuages et avons navigué au GPS : pas de sentier, un unique cairn au niveau du col. Des éboulis très instables à la descente du col puis de la mousse gorgée d’eau. Dire que nous aurions pu avoir ce temps-là plusieurs jours de suite ! Nous mesurons la chance que nous avons eue jusqu’à présent : nos chaussures restées sèches jusqu’à ce matin -une gageure dans le Hornstrandir, sont trempées ! Nous arrivons sous la pluie dans la baie de Hornvik où nous avions profité quelques jours plus tôt d’un soleil insolent. Rencontre sympathique avec 2 Français dont l’un est guide dans une agence de trekking franco-islandaise. Demain ils continuent sur Hornvik d’où ils vont rayonner sur quelques jours avant de reprendre le bateau. Visite « à domicile » d’un ou deux renards. J8 23/08/2018 Dernière étape aujourd’hui jusqu’à Hesteyri d’où nous repartons en bateau demain après-midi. Le temps est bouché mais il ne pleut pas. Le sentier est parfaitement balisé et monte tranquillement jusqu’au col de Kjaransvikurskard. Il nous faut descendre un peu avant d’apercevoir le fjord de Hesteyri. Petite pause pic nic écourtée par l’arrivée des nuages qui descendent vers nous… La descente nous semble interminable ! Elle est très bien cairnée (certains cairns ont une pierre horizontale qui indique la direction) mais il n’y a pas de véritable sentier et on n’avance pas… Voilà enfin le village de Hesteyri, une dizaine de maisons éparpillées. Sophie s’arrête à « la maison du docteur » négocier une chambre, tandis que nous continuons jusqu’au « camping » situé au sud du hameau. Nous installons les tentes, sous l’œil curieux de quelques phoques et nous retrouvons pour un chocolat chaud, des crêpes et des gâteaux ! Nous sommes les seules clientes. En fait le café est virtuellement fermé, c’est déjà la fin de la saison. L’homme qui s’en occupe a succédé à sa mère et vient pour les mois d’été. Le reste de l’année il est ingénieur du son à Hambourg. Ses grands-parents sont nés et ont vécu ici. Il nous propose d’assister ce soir à la projection d’un film islandais tourné ici, un thriller dont l’histoire a l’air assez compliquée. Un bateau doit arriver ce soir avec les spectateurs, venu tout exprès de Bolungarvik (une bonne heure de navigation) De fait peu avant 20h, une poignée d’humains débarquent du petit bateau. La projection a lieu dans l’ancienne école. Nous sommes trop crevées pour nous concentrer sur un film en islandais sous-titré en anglais et restons au chaud sous nos couettes. Après la projection, la petite équipe s’est retrouvée au café se réchauffer avec une soupe de poisson, pousser la chansonnette et rigoler un bon coup avant de repartir en bateau dans la nuit vers Bolungarvik. Brrr… Marion a trouvé ce film « I remember you » en version française : http://www.televostfr.co/i-remember-you-vf-streaming On se félicite de ne pas l’avoir regardé sur place ! On aurait trop mal dormi ! J9 24/08/2018 Notre bateau est ce soir à 17h00, donc nous trainons un peu « au lit » ce matin. Puis nous rejoignons Sophie au café qui s’est régalée d’un petit déjeuner pantagruélique. Nous partons ensuite pour une petite balade vers Stekkeyri : une cheminée de pierre située à 1 ou 2 km au nord de Hesteyri nous intrigue. Une colonie de phoques se prélasse sur les rochers…. Stekkeyri est une ancienne usine baleinière, créée par les Norvégiens à la fin du 18ème siècle, rachetée par des islandais, transformée en ferme d’élevage de harengs en 1922 quand la chasse à la baleine fut interdite puis démantelée (les habitations en bois ont été démontées) après la 2ème guerre mondiale. On identifie encore les 3 aires de découpage des cétacés et quelques cuves. L’endroit est assez glauque (et encore plus si on a vu le film !) mais pas dénué d’un certain charme. Nouvelle pause avec les phoques sur le chemin du retour. On ne s’en lasse pas ! Pas de renards par contre à Hesteyri, il se dit que quelqu’un les aurait tué l’hiver dernier ! Le reste de la journée se passe au café où on nous annonce que le bateau partira plus tôt, à 16h00. Cette fois c’est Sjoferdir qui nous ramène à Isafjordur : le personnel est amical et le bateau confortable, accueille aussi 2 couples d’allemands venus juste pour l’après-midi à Hesteyri. Le patron du café profite du départ de ses derniers clients pour aller faire un tour en bateau avec son amie allemande. Un p’tit coup de Zodiac pour rejoindre le bateau et c’est parti pour une heure de navigation tranquille (à 20 nœuds mais sans taper !) A mesure que nous nous éloignons du Hornstrandir, le ciel s’éclaircit. Une bande de nuages reste accrochée sur les montagnes que nous quittons. Nous accostons, récupérons la voiture et je dépose Sophie et les filles à la petite maison louée à Isafjordur avant de déposer Muriel à l’aéroport prendre son avion vers Reykjavik puisqu’elle reste encore une semaine en Islande. Bonne douche, bon resto et mauvaise nuit : trop mangé et trop chaud ! J10-J11 le retour 25/08/18 Nous nous mettons en route dès 7h00 car Sophie a son avion cet après-midi vers 17h00. Finalement nous sommes très en avance et en profitons pour faire un tour à Reykjavik, en particulier pour visiter le Harpa que nous ne connaissions pas encore. Quel contraste avec la semaine écoulée ! Et ça construit encore de partout ! Nous déposons Sophie à l’aéroport puis allons nous poser dans notre guesthouse réservée à Keflavik. Notre avion décolle demain à 7h40, retour sans histoire…. Merci Muriel, Sophie, Caroline et Marion pour votre courage et votre bonne humeur ! J’ai adoré découvrir ce coin perdu en votre compagnie !

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Croisière Spitzberg - Groenland Nord-Est - Islande
Bonjour à toutes et à tous. Nous avons fait une superbe croisière expédition au Sptizberg - Groenland Nord-Est - Islande avec Grands Espaces du 31 Août au 15 Septembre 2016, sur l'Ortélius (ancien brise-glace) et j'avais envie de la partager avec vous.



Voici un résumé; Pour plus de détails sur cette croisière et de photos je vous invite à aller sur mon site ici

Départ Paris, arrivée à Longyearbyen et retour Reykjavik – Paris sans escale. Le passage au Spitzberg est très rapide, mais nous aurons un aperçu de celui-ci, l’essentiel de la croisière se déroule dans le Nord-Est du Groenland et le retour se fait par l’Islande en arrivant à Akureyri. Nous ferons en car le trajet Akureyri – Reykjavik ce qui nous permettra de revoir très brièvement cette partie de l’Islande.

31 Août Paris - Longyearbyen Notre rendez-vous à Roissy étant à 5 heures, nous avons donc passé la nuit à l’hôtel Ibis à Roissy qui se trouve tout près du terminal où nous devons décoller. Grands Espaces à spécialement affrété un avion de la Compagnie ASL qui nous amènera directement à Longyearbyen. Durant celui-ci je fais connaissance de visu avec Danièle (Amarante) avec qui j’ai eu de fréquents échanges sur mon forum de voyage préféré, nous sommes ravies de nous voir en vrai. Lorsque nous nous posons à Longyearbyen 78°de latitude nord, il fait 3°, les montagnes sont enneigées et il ne fait pas très beau. Nous sommes bien au Spitzberg! Des cars nous attendent à la sortie de l'aéroport pour nous emmener dans "l'Adventdalen" puis nous aurons du temps libre pour visiter la ville et le petit Musée Arctique de Norvège que j'ai bien aimée, même si je n'ai pas eu assez de temps.







Notre bateau est ancré au large, nous y allons donc en zodiac.

Jeudi 1er Septembre Glacier d’Erik (Erikbreen) et Glacier de Monaco Notre nuit a été bercée par une houle avec des vents de 20 nœuds, mais nous avons bien dormi. Nous naviguons le long des côtes de la Terre Albert 1er, nommée ainsi en l’honneur du Prince de Monaco qui a mené plusieurs expéditions scientifiques dans ce secteur entre 1898 et 1909. Nous longeons ensuite le Spitzberg par le Nord pour rejoindre le Woodfjord afin de prendre la direction du Liefdefjorden.



Nous longeons Reinsdyrflya cette immense étendue de toundra. La passerelle étant ouverte aux passagers je monte y faire un tour. Puis je ressors sur le pont admirer les magnifiques paysages enneigés qui défilent devant mes yeux.

L'après-midi nous avons le choix entre une sortie en zodiac et une sortie à terre, nous choisissons la 2ème solution. Nous allons donc voir le très beau Erikbreen. C'est un glacier qui a reculé en laissant derrière lui un lac. La marche n'etait pas toujours aisée, mais ça valait le coup de la faire; magnifique vues.

Plus tard nous avons fait une sortie en zodiac pour aller voir le superbe Glacier de Monaco. Il ne faisait pas beau, mais les couleurs étaient magnifiques.

A notre retour sur l’Ortélius, le Commandant nous offre le traditionnel cocktail de bienvenu. Le brise-glace se dirige plus au nord encore, vers le petit îlot de Moffen au delà de 80° de latitude Nord. Vers 23 h. nous passons les 80° de latitude Nord . Nous n'avons pas eu la chance de les voir trop de brouillard, le bateau devait rester à une certaine distance, c'est un de mes regrets, mais ce fût néanmoins une très belle journée ! A suivre

Liliane
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A la recherche des plus beaux paysages d'Islande - Notre aventure de 21 jours
Nous sommes partis en Islande du 08 au 30 juillet 2016. Une expédition de 21 jours au coeur des paysages complètement fous. Cette île n'aura cessé de nous faire rêver tout au long de notre périple que je vous propose de découvrir ici.

Je complèterai le récit au fil de l'eau afin d'apporter plus de détails et d'infos.

-- --Notre itinéraire --

Voici la carte qui retrace les étapes de notre parcours, assez atypique.



Les trajets en noir sont ceux fait avec en Clio et en rouge ceux avec le 4x4. Les trajets en pointillés représentent les pistes où seuls les 4x4 sont autorisés. Les points noirs représentent les demi-tours.

Voici quelques explications pour mieux comprendre notre itinéraire:

Nous avons été contraints de scinder notre séjour en 2 parties car la location d'un 4x4 pendant toute la durée du voyage était trop onéreuse. Nous avons donc opté pour la location d'une petite voiture (Clio) pendant les 8 premiers jours, puis nous avons loué un 4x4 pendant les 12 jours suivants afin de parcourir les pistes intérieures. Devant revenir à Reykjavik pour échanger les voitures, nous n'avons pas pu faire une boucle classique de l'île. Nous avions la chance d'avoir 4 nuits d'hôtel offertes à Reykjavik. Comme nous devions réserver les dates en avance, nous avons choisi les 4 derniers jours où nous avions notre Clio, afin de faire un break avec le camping. Sur place, nous avons donc rayonné pendant 3 jours depuis l'hôtel, ce qui explique les allers-retours depuis Reykjavik. Nous n'avions volontairement planifié aucun circuit avant de partir. Ainsi, nous avons adapté notre trajet à la météo islandaise qui a été plutôt capricieuse pendant les 15 premiers jours. Voila pourquoi nous avons fait quelques détours et autres boucles pour chercher un peu de soleil. Je précise aussi que nous avions un rythme plutôt soutenu avec de grosses journées bien chargées. En général on démarrait nos journées à partir de 8h-9h le matin pour finir jusqu'à 22h-minuit, voir 1h du matin.

-- --Vidéos de notre voyage --

Voici un trailer des plus belles images que nous avons filmé avec notre drone (Blade Chroma). Le film dure 3 min 30 et vous pouvez le visionner en 4K.

youtu.be/JPEkwg8RBS8

Voici une vidéo que j'ai réalisé rapidement au retour de notre voyage, afin que l'on garde un souvenir précieux de nos moments passés en Islande :) Cette vidéo retrace assez bien ce que nous avons vécu en 4 minutes.

www.youtube.com/watch?v=NoqO0bdKOvs

Cette troisième vidéo retrace notre itinéraire pas à pas de 2 jours dans les Westfjords (Fjords de l'ouest) , soit les jours 2 et 3 de notre voyage. Tous les lieux visités sont détaillés sur notre site.

https://youtu.be/IBXIrlynb0g

-- --Carnet de route - Jours après jours --

--Jour 1: Route au Nord!



Arrivée de bonne heure à Keflavik. Récupération de la Clio et ravitaillement à Reykjavik. On décide de nous rendre directement dans le nord des fjords de l'ouest, où le temps s'annonce meilleur. En route, détour pour découvrir les cascades de Hraunfossar et Barnafoss, la source de Deildartunguvher et la grotte de Víðgelmir (visite uniquement avec un guide). Nous voulions tenter d'atteindre la grotte de Surtshellir mais la route était vraiment trop défoncée. Nuit au camping de Drangsnes.

-- Jour 2: Le sud des fjords de l'ouest



Le beau temps attendu n'étant pas arrivé, on modifie nos plans pour chercher le soleil qui semble s'installer plus au sud. Au programme: la jolie route des fjords du sud, la magnifique plage de Rauðisandur et l'observation des macareux et autres oiseaux aux falaises de Látrabjarg. On termine par une baignade face au fjord Tálknafjörður dans les bains chauds de Pollurinn. Camping au bord de la route.

-- Jour 3: La suite des fjords de l'ouest



Poursuite de la visite des fjords de l'ouest avec le parcours de la sublime route 619 le long du fjord Arnarfjörður et découverte de l'impressionnante cascade de Dynjandi. En début d'après-midi, topo sur le timing restant. Comme il ne reste que 2 jours pour rejoindre Reykjvavik, on décide d'avorter notre balade dans les fjords de l'ouest. Le prix du ferry pour rejoindre directement Stykkisholmur étant trop élevé, on re-parcours le sud des fjords dans le sens inverse pour atteindre la péninsule de Snaefellsnes. Nuit au camping de Skjöldur (que l'on recommande).

-- Jour 4: Péninsule de Snaefellsnes



On débute notre tour de la péninsule par les très beaux paysages près de Grundarfjörður. Passage près du mont Kirkjufell et visite du petit cratère de Saxhóll. Arrêt sur l'immense plage de sable noir de Djúpalónssandur, découverte des formations rocheuses de Lóndrangar et du tout petit village d'Arnastapi. On se rend ensuite à Hellnar à pied en parcourant la jolie randonnée qui part d'Arnastapi permettant de découvrir l'arche de Gatklettur. On poursuit avec un petit saut à la faille impressionnante de Rauðfeldsgjá, suivi d'une pause à la plage d'Ytri Tunga pour voir les phoques. On termine avec un passage éclair aux colonnes de Gerduberg, car il était déjà plus de 22h. Nuit au camping d'Akranes.

-- Jour 5: Cascade de Glymur

Comme nous avons avancé plus vite que prévu, nous avons une journée pour rejoindre tranquillement Reykjavik. Au programme, l'ascension de la très haute cascade de Glymur que nous ferons en 2h30. Arrivée sur Reykjavik en début d'après-midi. Le temps d'une petite sieste à l'hôtel, nous repartons vers 21h découvrir Gulfoss et Geysir. A cette heure ci, il n'y a personne! Retour à l'hôtel à 1h du matin.

-- Jour 6: Þingvellir, Kerið et Hveragerði



Départ de Reykjavik en direction du parc de Þingvellir pour une ballade d'environ 3 heures au coeur des failles et crevasses. Poursuite avec la découverte du cratère rougeoyant de Kerið et exploration de la vallée géothermique de Reykjadalur, près d'Hveragerði. Randonnée d'environ 2h pour atteindre le canyon de Klambragil, suivi d'une baignade dans la rivière d'eau chaude de la vallée de Reykjadalur, un régal! Nuit à Reykjavik.

-- Jour 7: Péninsule de Reykjanes

Journée consacrée à la découverte de la péninsule de Reykjanes. Démarrage de la visite par un arrêt sur les berges du lac de Kleifarvatn suivi d'une longue balade dans les fumeroles du site géothermique de Krysuvík (Seltún). Poursuite avec une immersion fumante aux cratères d'Eldvörp et un arrêt au site géothermique de Gunnuhver, puis aux falaises de Reykjanesta. On termine cette journée par une baignade bien relaxante dans les eaux du Blue Lagoon. Nuit à Reykjavik.

-- Jour 8: Le sud de l'Islande, jusqu'à Vík



Excursion sur une grosse journée pour découvrir le sud de l'Islande. Départ de bonne heure pour nous rendre à Vík en 2h15. De là, retour sur nos pas en nous arrêtant à tous les points d'intérêt à proximité de la route 1. Premier arrêt à la plage de Reynisfjara et ses orgues basaltiques, puis ascension au joli cap de Dyrhólaey, à la recherche des oiseaux. Poursuite avec la découverte de l'impressionnante langue glacière du Sólheimajökull suivi d'une halte à la cascade de Skógafoss. On continue avec un petite balade pour nous rendre à la cascade de Kvernufoss (magique!), puis on terminera par une interminable marche (1h30) pour nous rendre à l'épave du DC3 en toute fin de journée afin d'éviter le monde. Retour à Reykjavik vers minuit.

-- Jour 9: En route vers la réserve de Fjallabak



Matinée consacrée au check-out de l'hôtel et à l'échange de voiture à Reykjavik (qui nous a fait perdre plus de 3 heures!). Départ de Reykjavik vers 13h. La météo clémente nous incite à nous diriger vers la réserve de Fjallabak et le Landmannalaugar. Nous choisissons une arrivée par le nord, ce qui nous permet d'emprunter la route 32 pour découvrir les sublimes cascades d'Háifoss et Granni. Détour ensuite pour nous rendre à l'oasis de Gjáin, puis on bifurque pour prendre la piste F225 pour nous rendre au Landamannalaugar. Découverte des premiers paysages grandiose du coeur de l'Islande et passage de nos premiers gués. Nuit dans la voiture au bord du lac de Ljótipollur.

-- Jour 10: Balade dans le Landmannalaugar

On se rapproche du Landmannaugar en prenant la piste F208 sur quelques kilomètres jusqu'à arriver au camping d'où débutent les randonnées. Départ pour une grande boucle de 5 heures (16 km) au coeur des collines de rhyolite aux couleurs incroyables qui débute par la traversée de la grande coulée de lave de Laugahraun, puis ascension du Brennisteinsalda. Découverte des superbes sommets colorés et enneigés, enchainé avec l'ascension du Bláhnúkur. Pause déjeuner au sommet puis descente vers le parking. Reprise de la route vers 15h pour reprendre la F208 vers le sud. En chemin, petit détour et balade d'1h pour atteindre la jolie cascade d'Eldgjá. Nuit dans la voiture près de Vík.

-- Jour 11: Le Maelifellsandur via les pistes F261- F210 et F232



Départ de Vík pour nous rendre dans le Maelifellsandur via la piste F261. Au passage, petit arrêt aux cascades de Seljalandfoss et Gluggafoss (Merkjárfoss). Le temps est au brouillard, mais la météo ne semble pas s'arranger sur les prochains jours. Départ pour une aventure de 7 heures sur les pistes qui débute avec un détour aux gorges de la rivière Markarfljót via une petite piste non indiquée (où l'on manque d'abimer le bas de caisse), puis l'expédition commence par la traversée très délicate du gué sur la Bláfjallakvísl avec 85cm d'eau mouvementée. Arrivée dans le sublime Maelifellsandur, un immense désert de cendres noires où plonge les contreforts du glacier Mýrdalsjökull. Superbe route dans les cendres et passage devant l'incroyable volcan Maelifell embrumé. On choisi de descendre vers la route 1 en passant par la F232. Nuit au camping de Kirkjubaejarklaustur.

-- Jour 12 : Expédition au Lakagigar



En route vers l'incroyable chaine du Laki que l'on atteint après 2 heures de route via la piste F206. Randonnée magique de 2 heures au coeur des cratères de l'immense faille jusqu'au sommet du Laki. Poursuite par la boucle du Laki en 4x4 via la piste F207 qui traverse des paysages incroyables, et propose d'autres randonnées. Retour par la F206 pour un total de 7 heures d'expédition. Petit arrêt pour découvrir la jolie cascade de Fragifoss, puis balade au bord du canyon de Fjaðrárgljúfur. Reprise de la route 1 jusqu'au camping de Skaftafell.

-- Jour 13 : Svartifoss et les langues glaciaires du Vatnajökull



Début de journée avec une randonnée de 2h dans le parc de Skaftafell pour découvrir la cascade de Svartifoss et ses orgues basaltiques, ainsi que des petites maisons traditionnelles conservées, au toit de tourbe, à Sel. Reprise de la route 1 avec plusieurs arrêts successifs aux langues et lacs glaciaires de Svinafellsjokull, Kviárjökull, Fjallsárlón puis Jökulsárlón. Descente pour voir les icebergs sur la plage près de l'estuaire de Jökulsárlón, puis poursuite de la route 1 jusqu'au petit village de pêcheurs de Djúpivogur en passant par le lagon de Lónsfjörður où se rassemblent des milliers de cygnes. Nuit dans la voiture, au bord d'une jolie cascade sur la route 939.

-- Jour 14: Les hautes terres de l'est, en route vers Askja



Poursuite du tour de l'île en direction d'Askja, situé des hautes terres de l'est. Reprise de la route 1 jusqu'à la bifurcation sur la route 931 qui longe le lac Lagarfjlót. Changement de décor avec un paysage boisé très agréable, avec une escale en bordure du lac pour apprécier les paysages. Arrêt suivant pour découvrir les cascades successives d'Hengifoss et Lítanesfoss lors d'une randonnée d'environ 1h30. Puis changement de décor avec l'entrée dans les highlands via la route 910 qui se transforme en piste après l'impressionnant barrage sur la Jökulsá. Petite pause détente sous la cascade d'eau chaude de Laugarvellir avant de continuer la piste qui nous emmène dans des paysages lunaires incroyables. Un contraste de paysages impressionnant pour arriver dans un désert de solitude. Arrivée au camping d'Askja vers 22h30 après 7h de piste.

-- Jour 15: Balades autour d'Askja



La journée démarre par la découverte de la dernière coulée de lave en date (2014) d'Holurhaun. Traversée d'un désert de cendres noires sur la F910 et balade sur le champ de lave encore fumant. Retour sur nos pas pour revenir au niveau du camping afin d'entamer l'ascension vers le volcan Askja. Petite randonnée d'1h30 pour aller admirer les sublimes couleurs du cratère Víti et du lac Öskjuvatn en arrière plan. Retour à la route 1 via la piste F88 en 2 heures en passant devant le volcan Herðubreið. Nuit au camping de Reykjahlið.

-- Jour 16: Autour de Mývatn



Grosse journée consacrée à la visite des nombreux sites regroupés autour du lac Mývatn. Première visite au champ géothermique de Námafjall (Hverir), puis direction la zone volcanique du Krafla. Balade autour du cratère Víti, puis promenade d'une heure sur la coulée fumante de Leirhnjúkur. Re-descente vers le lac Mývatn et petite escapade dans la jolie forêt d'Höfði, exploration des pseudos-cratères de Skútustaðir, puis ascension du grand cratère d'Hverfjall. Après le diner, retour aux abords du lac pour visiter les sites de Dimmuborgir et la crevasse de Grjótagja sans les hordes de touristes. Retour au camping de Reykjahlið à minuit.

-- Jour 17: Le nord de l'Islande



Départ de Mývatn pour nous rendre via la route 862 aux impressionnantes cascades de Dettifoss et Selfoss. Reprise de la route jusqu'à Vesturdalur. Randonnée de 2 heures pour découvrir les splendides formations basaltiques de Hjoðaklettar et la crête rouge de Rauðhòlar. Reprise de la route pour aller rejoindre le point le plus au Nord de l'Islande accessible depuis la route, situé à 3 km du cercle polaire, au phare de Hraunhafnartangi. Puis retour sur nos pas pour reprendre la route 1 vers l'ouest. Découverte de la très belle cascade de Goðafoss. Nuit dans la voiture aux abords du fjord Skagafjörður.

-- Jour 18: Le désert du Kjölur



Direction le désert du Kjölur via la piste F35. Balade sur le site géothermique d'Hveravellir puis départ pour une randonnée de 4h dans les Kerlingarfjõll en direction du site fantastique d'Hveradalir (accessible plus rapidement depuis la route). Balade magique dans les fumeroles. En repartant, arrêt rapide à la cascade de Gýgjarfoss puis poursuite de la F35 jusqu'à Gulfoss. Nouvel arrêt à Geysir avec un peu de soleil cette fois. Arrivée au camping de Laugaland à 23h.

-- Jour 19: Retour sur l'incroyable piste F210



Il nous reste encore 2 jours de 4x4 et notre tour de l'île est terminé. Nous en profitons pour re-parcourir la très belle piste F210 dont nous n'avions pas pu profiter la première fois à cause du brouillard. Cette fois nous la prenons dans son intégralité, depuis la route 264. Découverte des paysages sublimes aux abords de la réserve de Fjallabak et du lac Alftavatn. Retour dans le Maelifellsandur et découverte de l'imposant et somptueux volcan Maelifell. Traversée de la Hólmsa pour atteindre le splendide cratère de Rauðibotn lors d'une randonnée d'environ 1h30. Retour à la route 1 via la F210. Passage à nouveau devant Seljalandfoss au coucher du soleil (23h), absolument magique, puis nuit dans la voiture aux abords de l'embarcadère pour les îles Vestmann.

-- Jour 20: Les îles Vestmann - Heimaey



Comme il nous reste encore un jour, on en profite pour aller aborder à Heimaey, aux îles Vestmann. On prend le ferry de midi. Départ direction la grande coulée de lave de l'éruption de 1973 et ascension du volcan Eldfell et ses roches encore chaudes. Après 2 heures de marche, direction le musée Eldheimar qui reconstitue dans ses moindres détails l'incroyable éruption du volcan Eldfell, et met à nu une maison ensevelie sous les cendres. Puis direction les falaises du nord de l'île pour rendre une dernière visite aux macareux, mais le temps nous manquera pour atteindre le sommet. Retour en ferry en soirée et dernière nuit au camping de Selfoss (on recommande).

-- Jour 21: Visite de Reykjavik

Dernier jour en Islande et découverte à pied de l'agréable capitale Reykjavik. Balade au bord de l'océan, parcours des rues du centre ville, passage par la cathédrale et dégustation de poisson frais. Pause bien méritée au bord des lacs du centre-ville. Retour à l'aéroport en toute fin de journée. Départ d'Islande très tôt le lendemain matin.

-- --Notre avis --

En conclusion, ce voyage aura été grandiose par la découverte de paysages absolument époustouflants! Nous avons parcouru un total de 6155 km, soit 3016 km avec la Clio et 3139 km en 4x4. Avec du recul, un itinéraire de 3 semaines peut paraitre un long et fatiguant si comme nous, vous partez en camping. Les conditions en Islande peuvent être rudes, et le camping peut être assez éprouvant après 15 jours. Lire notre article complet: "nos impressions à chaud".

Si vous êtes bien équipés (4x4 aménagé, camping car...) ou que vous avez choisi l'hôtel, un séjour de 3 semaines nous semble être une bonne opportunité pour s'immerger complètement et faire le tour de l'île à votre rythme. Si vous êtes en camping, nous recommandons plutôt un séjour de 15 jours maximum pour s'économiser et mieux en profiter, à compléter par un autre voyage pour découvrir le reste plus tard.

Côté affluence, très honnêtement nous avons été déçus. Nous avons croisé beaucoup de monde, surtout sur la route 1. Quel dommage, surtout quand on voit les Islandais raser des paysages pour y construire de nouveaux parkings et bâtiments (je pense notamment à Fjallsárlón). Du coup nous avons fait beaucoup de visites à partir de 21h, heure à laquelle il y a beaucoup moins de monde. L'avantage c'est que la lumière du soir est superbe en été. Du coup, nous avons décalé nos journées et nous finissions généralement vers minuit.

Mais heureusement, il a été facile de retrouver la solitude en s'aventurant dans les highlands ou les fjords de l'ouest. Dès lors, on est à nouveau seuls face à cette nature incroyable. On se sent si petit... Les plus beaux souvenirs de ce voyage!!
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Un voyage haut en couleurs en Islande
Bonjour à tous. 4 mois après la Laponie (voir carnet ici : http://voyageforum.com/discussion/laponie-en-chaleur-en-fin-hiver-2014-d6524526/), j'ai décidé de passer le début d'été en Islande. Vous l'avez compris, je raffole de la Scandinavie.

Pour ce voyage, changement de programme : j'y suis cette fois allé seul, involontairement, après moult tergiversations de mes amis. Et alors que j'entendis toutes sortes de remarques négatives dans mon entourage comme notamment "tu vas t'ennuyer" ou "c'est dangereux", cette expérience a au final été une énorme réussite, à tel point que je compte organiser mon prochain voyage une nouvelle fois en solo.

Je suis parti du 26 juin au 14 juillet, pour profiter du soleil quasi permanent, et pour avoir le moins de pluie possible, tout en profitant de l'ouverture des pistes. Les déplacements se sont faits en bus via le Highland Circle Passport de Reykjavik Excursions et avec quelques bus locaux. Toutes les nuits (sauf à Reykjavik) se sont passées en camping.

L'itinéraire :

J1 : Reykjavik ; Cercle d'Or J2 : îles Vestmann J3 : cascades Seyjandlafoss et Skogarfoss ; Vik et sa plage J4 : cratères du Lakagigar J5 : Klaustur J6/J7 : parc national de Skaftafell J8 : lagune glacière de Skaftafell ; lac Jokulsarlon J9/J10 : Landmannalaugar J11 : désert de Sprengisandur J12 à J14 : autour de Myvatn J15 : Godafoss ; Akureyri J16 : Akureyri J17/J18 : Kerlingarfjoll



Préparatifs

Comme je ne voulais pas avoir de sac trop lourd, j'ai préféré acheter la nourriture sur place. Ainsi, j'ai amené deux sacs : un sac Bariloche de 50L (800g vide, 11 kg une fois rempli), et un sac de 28L pour les randos à la journée. J'ai en revanche mal choisi mes chaussures, qui ont vite été victimes des sols boueux islandais. Au niveau des vêtements, j'ai opté pour une grosse veste d'hiver, et d'une veste qui fait office à la fois de coupe-vent et de protection contre la pluie. Ensuite, plusieurs t-shirts à manches longues, 3 pulls, et des gants, utiles dans les hautes terres.

Modèle de tente : Mountain 2 DLX, achetée 119 €. Elle a très bien résisté au vent et à la pluie, sauf un matin au Landmannalaugar, où des rafales à 120 km/h sans interruption m'ont contraint à ranger la tente pour éviter qu'elle ne se déchire.

Sac de couchage : MICROPAK 1200, acheté 59 €. Temp confort : 3°C ; temp limite : -1°C ; temp extrême : -12°C. Il m'a bien tenu chaud, sauf un soir au Landmannalaugar où les températures étaient légèrement négatives.

Matelas : Essential Light Mat, de la marque CAMP, acheté 43 €. Matelas qui contrairement à ce que j'ai pu lire laisse très peu passer l'humidité du sol. Matelas confortable, hyper léger, long, mais manque de largeur (seulement 45 cm).
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Colors of Iceland 2013
Trois semaines en Islande, du 19 août au 6 septembre 2013

Octobre 2012 : notre destination 2013 est arrêtée, l’an prochain, ce sera l’Islande. Oui, oui, avec un « s », j’ai bien dit ISLANDE. On nous faisait souvent répéter : « Où cela, en Irlande ? » « Non, en Islande. » Vu l’air ébahi de nos amis, c’est comme si nous partions sur la Lune. Dans un sens, ce n’est pas tout à fait faux, vu les paysages traversés !

Commence une longue et agréable période de recherches et de lectures diverses. Les grandes lignes de l’itinéraire sont vite dessinées et les vols sont réservés dès janvier. Le parcours sera classique, dans le sens antihoraire, avec quelques incursions dans les hautes terres. Au vu des paysages tantôt montagneux tantôt désertiques des hautes terres, il est clair que nous ne voulons pas manquer cela. Cela nécessite donc la location d’un 4X4 pour emprunter certaines pistes interdites aux véhicules de tourisme et franchir les nombreuses rivières à gué. Notre choix se porte sur un Grand Vitara, loué chez Blue Car Rental.

Itinéraire prévu : J1 : Francfort - Kefkavik (arrivée à 15h35) - Geysir - Gulfoss - Reykholt J2 : Reykholt - Landmannalaugar J3 : Landmannalaugar J4 : Landmannalaugar - Vik J5 : Vik - Kirkjubaejarklaustur (ou se rapprocher du Laki) J6 : Kirkjubaejarklaustur - Laki - Svinafell J7 : Svinafell - Skaftafell - Jokulsarlon J8 : Jokulsarlon – Fjords de l’Est - Mjoifjordur J9 : Mjoifjordur J10 : Mjoifjordur- Askja (ou route vers Myvatn) J11 : Askja - Myvatn - Dettifoss - Selfoss - Hafragilfoss – Hljodaklettar –Asbyrgi – Myvatn J12 : Krafla - Viti - Leirhnjukur - Namafjall – Grjotagja – Skutustadir –Vindbelgjarfjall - Myvatn J13 : Myvatn – Husavik – Akureyri, Skagafjordur ou Varmalid J14 : Varmalid – Hveravellir - Kerlingarfjöll J15 : Kerlingarfjöll - Snaefellsnes J16 : Snaefellsnes J17 : Snaefellsnes - Reykjavik J18 : Reykjavik J19 : Reykjavik – Keflavik (départ à 16h05) - Francfort

Itinéraire suivi : J1 : Francfort - Kefkavik (arrivée à 15h35) - Geysir - Gulfoss - Reykholt J2 : Reykholt - Landmannalaugar J3 : Landmannalaugar - Vik J4 : Vik J5 : Vik - Kirkjubaejarklaustur J6 : Kirkjubaejarklaustur - Laki - Svinafell J7 : Svinafell - Skaftafell - Jokulsarlon J8 : Jokulsarlon – Fjords de l’Est - Mjoifjordur J9 : Mjoifjordur - Seydisfjordur - Litlanesfoss - Hengifoss - Mjoifjordur J10 : Mjoifjordur - Dettifoss - Selfoss - Hverir - Myvatn J11 : Myvatn - Grjotagja –Dimmuborgir - Hverfjall - Skutustadir - Krafla - Viti - Leirhnjukur - Namafjall- Myvatn J12 : Myvatn - Husavik - Myvatn J13 : Myvatn – Godafoss – Akureyri - Grundarfjordur J14 : Grundarfjordur - Péninsule de Snaefellsnes - Grundarfjordur J15 : Grundarfjordur - Stykkisholmur - Thingvellir - Reykholt J16 : Reykholt - Hveragerdi - Grindavik - Kerid - Reykholt J17 : Reykholt - Reykjavik J18 : Reykjavik - Péninsule de Reykjanes - Reykjavik J19 : Reykjavik – Keflavik (départ à 16h05) - Francfort



Pour plus de souplesse, nous faisons le choix de ne réserver qu’une partie des hébergements, quitte à dormir dans la voiture. Ainsi, nous pourrons aviser sur place, en fonction de nos envies et surtout des conditions climatiques. Nous savons qu’elles y sont rudes et sommes donc prêts à affronter tous les éléments.

19/08 - J1 :Francfort – Keflavik – Reykholt Jour J : Départ de Francfort à 14 h 05

Trois heures trente plus tard, nous survolons les côtes islandaises flanquées de falaises, de failles et d’un dédale de rivières glaciaires. Il fait beau, la température est de 12° et premier constat…ça décoiffe ! On nous avait prévenus que le vent islandais n’était pas à prendre à la légère et bien cela se vérifie.

Pas de temps à perdre, RDV en face du terminal dans les bureaux de Blue Car Rental pour la prise en charge de notre véhicule. Après avoir accepté l’assurance SAAP (protection contre les tempêtes de cendres et de sable - nous en étions informés et l’avions prévu), nous faisons une vérification rapide du Grand Vitara. Une fois n’est pas coutume (cf. voyage au Canada), les pneus arrières sont lisses et de surcroit pas du tout adaptés à la conduite sur pistes, (ce sont des pneus « route ») alors que nous avions bien précisé lors de la réservation que nous nous rendions dans les Highlands. L’agent, lui, nous assure qu’il n’y a aucun problème. Bah, on verra bien se dit-on…

Premiers contacts avec la terre islandaise et ses étendues de lave peu après l’aéroport. Le moins que l’on puisse dire c’est que le paysage est ici très tourmenté. Cela verdit et s’assagit petit à petit en direction de la capitale et de Reykholt où nous avons réservé une chambre à la guesthouse Husid. C’est même très champêtre : des ruisseaux, des fermes, des moutons… Arrivés à la guesthouse, nous découvrons une maison typique, au cœur d’un petit lotissement. Le rez-de-chaussée est entièrement consacré aux hôtes où 8 chambres se partagent 3 salles d’eau, une cuisine commune bien équipée et le WiFi. Accueil très sympathique de la propriétaire puis, en route pour Gullfoss et Geysir. Il n’est pas loin de 21h et il y a très peu de monde aux abords de la cascade qui nous impressionne par sa forme et son débit.



Nous avons la chance d’y observer le fameux arc en ciel qui a donné son nom à la chute (la chute d’or). Nous restons un moment à la photographier sous tous les angles avant de prendre la route pour le site géothermique très touristique de Geysir, qui a donné son nom au terme de geyser. Ce dernier n’est plus actif. Il y a peu de monde, mais tous attendent avec impatience la prochaine projection d’eau de Strokkur, le seul geyser encore actif. Nous avons vu que Litli Geysir l’était aussi, mais dans de moindres proportions (peut-être 4/5 mètres). Ce sont les premières zones géothermiques et sources chaudes que nous voyons (nous ne sommes pas encore allés à Yellowstone) et c’est assez divertissant. Autour de nous, ça fume, ça bouillonne, ça glougloute de partout et enfin, sans prévenir Strokkur se réveille et atteint une hauteur de 20/30 mètres. Parfois 3 fois de suite, puis plus rien pendant près de 10 minutes, mais c’est tout de même assez régulier. Pas évident de capturer l’instant avec un modeste appareil compact (désolée les photos sont floues).



Retour à Reykholt. Premier contact avec l’eau soufrée de la douche…c’est un peu déroutant mais on s’y fait vite. Du fait de sa position géographique et géologique, l’Islande regorge de ressources naturelles. Ainsi le chauffage, l’eau chaude et une grande partie de l’électricité sont d’origine géothermique, d’où l’odeur omniprésente de soufre.

Première journée et déjà ce pays nous séduit !

20/08 - J2 : Reykholt -Landmannalaugar Des vertes prairies aux hautes terres noires et arides

Avec le décalage horaire, je suis réveillée tôt et le soleil s’amuse à me narguer au travers de rideaux peu occultants. Le ciel est bleu azur et il n’y a pas un seul nuage : la journée s’annonce des plus belles. Je trépigne donc d’impatience au fond du lit en attendant le petit déjeuner qui n’est servi qu’à 8 h. Après le copieux petit déjeuner, départ vers Fludir pour retirer des couronnes et faire le plein de provisions. En chemin, nous nous arrêtons à la monumentale église de Skálholt et à une très belle petite chapelle couverte d’herbe trônant à ses côtés. Le cadre est bucolique et très verdoyant, à l’arrière plan 2 volcans, l’Hekla et l’Eyjafjallajökull, dont l’éruption le 14 avril 2010 a perturbé l’espace aérien international pendant quelques semaines.









Avant de nous rendre au Landmannalaugar, plusieurs détours sont prévus pour admirer quelques chutes. Nous prenons la route 32 en direction de l’Est pour un arrêt à Hjalparfoss, formée de deux chutes entourées de colonnes de basalte.



Puis la 327 vers l’Ouest, piste très caillouteuse, pour atteindre les gorges de Gjain. Les alentours sont très minéral et l’on se demande où peut bien se trouver cette oasis. Nous y parvenons enfin. Nous sommes seuls dans cet écrin de verdure, le soleil brille et il est près de midi. C’est l’endroit idéal pour la pause déjeuner.



Une fois les estomacs pleins, c’est le moment de secouer tout cela en reprenant la tôle ondulée de la 327 en sens inverse, puis la 332 pour Háifoss et Granni, deux autres cascades (122 mètres de haut), situées plus en amont.



Cette fois plus de détour, nous reprenons la 32, puis la 26 et enfin la F225 menant au Landmannalaugar. Cette piste, exclusivement réservée aux 4x4 est magnifique. Nous traversons un paysage lunaire, passant d’un désert noir à des montagnes aux couleurs irréelles. Nous ne savons plus où regarder et apprécions l’instant.









La piste est assez roulante, mais voilà qu’arrive le premier gué. Nous sommes novices en conduite de 4x4 et encore plus en traversée de gués. D’autant plus que la fonte des neiges a été assez tardive cette année et que le niveau des rivières est globalement plus élevé que d’ordinaire. On s’approche à pied, le niveau ne semble pas bien haut, on voit bien les traces des autres véhicules, mais nous hésitons tout de même. Et comme il l’est indiqué sur le panneau de prévention « les traces ne racontent pas toute l’histoire ». Quand on voit les 4x4 islandais préparés et surélevés, mieux vaut en effet ne pas suivre toutes les traces ! Heureusement la F225 est très fréquentée et un bus, suivi d’un véhicule du même type que le nôtre s’engagent dans la rivière. Ben maintenant, y’a plus qu’à. Enclenchement des vitesses courtes et c’est parti. Signalons que le véhicule n’est pas couvert en cas de « plantage » au milieu du gué. Oups, comment, je ne te l’avais pas dit chéri ? 🤪 C’est d’ailleurs assez sournois de la part des agences qui louent leurs 4x4 au prix fort, tout en connaissant les risques.

Ouf, ça passe pour cette fois. Plus loin, deuxième gué beaucoup plus large, nous attendons à nouveau le passage d’autres véhicules. Un Défender arrive et s’engage sur la mauvaise voie. Aucun problème pour lui, demi-tour et nouvelle traversée sur la bonne rive cette fois. Nous lui emboîtons le pas. L’autocollant qu’arbore à juste titre le Déf’ en dit long : « You can go fast but I can go anywhere – Vous pouvez aller vite mais moi je peux aller partout » 😛 Le panorama est toujours aussi beau et les montagnes de plus en plus majestueuses.





Nous arrivons bientôt à la hauteur du Frostastadavatn, puis à proximité du site de Landmannalaugar. Il y a avant le camp, deux gués dont la traversée peut s’avérer difficile. Nous observons attentivement les véhicules qui nous précèdent et audacieusement, mon conducteur de mari n’hésite même plus et va de l’avant. On a l’impression d’être des enfants qui sautent dans une mare.

Il est plus de 17 h, un instant pour souffler, un petit en-cas et c’est parti pour l’ascension du Mont Bláhnúkur (la montagne bleue) qui culmine à 940 m. Profitons-en tant qu’il y a encore quelques rayons de soleil. Le sentier est assez raide mais en vaut la peine. Les vues depuis le sommet sont époustouflantes. Le camp au pied du champ de lave et des massifs à perte de vue…





Retour au camp après environ 2 heures de rando. Après tous ces kilomètres de pistes, que c’est agréable de se dégourdir les jambes. Mais le plus appréciable, ce sont les sources chaudes qui se trouvent au fond du site. Rapide déshabillage à température ambiante brrr et baignade dans une eau à 40° dans laquelle nous restons bien 1h30. Nous sommes étonnés du nombre élevé de touristes français présents sur le camp (et dans tout le pays, comme nous le constaterons plus tard).



Nous sommes sur un camping au milieu de nulle part, sans réservation au refuge, ni tente. Notre véhicule sera donc notre abri pour cette nuit. S’en suit une séance de pliage des sièges arrière et passage des bagages à l’avant. Le Grand Vitara n’est pas très spacieux, mais ça va, les quelques différences de niveaux sont comblés avec vestes et serviettes, les sacs de couchage et couvertures sont déployés et notre cocon est prêt pour la nuit. Il reste encore à faire fonctionner le réchaud tout neuf sensé faire bouillir 1l d’eau en 3 minutes. Mouais, avec les bourrasques de vent ce n’est pas gagné. Il faudra en réalité plus de 3 minutes, mais les nouilles chinoises, ça cuit vite ! Coucher de soleil et au lit.

Première vraie journée en Islande, nous sommes toujours sous le charme. Cascades, paysages lunaires, montagnes multicolores, nous avons déjà eu un bel aperçu du pays.

21/08 - J3 : Landmannalaugar- Vik On en voit de toutes les couleurs

La nuit fut bonne quoique un peu fraîche. Ce matin le ciel est gris, il ne doit pas faire plus de 5° et la pluie est annoncée pour plusieurs jours. Par prudence et dans l’idée de repartir dès aujourd’hui, nous déplaçons le véhicule au-delà des 2 gués du camp et partons pour une rando de 3h à travers le champ de lave Laugahraun, le Mont Brennisteinsalda et la vallée de Grænagil.

C’est un festival de couleurs entre obsidienne et massifs rhyolitiques. Il y a là le jaune du sulfure, le bleu et le noir de la lave, le rouge du fer…c’est sublime. Plus loin de la mousse, ici des fumées, là des névés, plus loin des roches aux formes étranges.







Nous croisons plusieurs marcheurs solitaires arrivant du fameux trek Skogar-Þórsmörk-Landmannalaugar. Ils nous confient que les conditions climatiques ont été rudes et qu’ils sont heureux d’être parvenus au bout de leur rêve. On compatit, cela doit être éprouvant ! Nous contemplons le paysage depuis le sommet de Brennisteinsalda et retournons au camp par la vallée de Grænagil en longeant la rivière.



Le bus-épicerie est bienvenu pour nous réchauffer et déjeuner à l’abri du vent et de la pluie qui tombe par intermittence. Les prévisions météo ne sont pas bonnes et comme pressenti le matin, nous décidons de plier bagages et de prendre la direction de Vik, par la F208 Sud.

Cette piste réputée remarquable, comporte une dizaine de gués et n’est pas très roulante. D’autant qu’après une vingtaine de kilomètres, en plus de la pluie, c’est le brouillard qui s’abat sur nous. Les sommets environnants sont noyés dans la brume. Quel dommage !



Avec nos pneus « route », nous ne prenons aucun risque et progressons très lentement. La piste fait environ 80 km jusqu’à son embranchement avec la route 1 et nous ne croisons aucun véhicule si ce n’est une ou deux supers jeeps locales dont les occupants nous regardent étrangement. Serait-ce impraticable plus loin avec notre modeste véhicule ? Nous n’en menons pas large et la traversée de gués n’est plus aussi amusante que la veille. La piste qui traverse maintenant un col sans aucune visibilité, finit par miner notre moral. Il ne manquerait plus que la neige ! Pourtant plus le choix, il est tard et il nous faut avancer. Nous renonçons à la faille d’Eldgjá et la cascade d’Ófærufoss, tant pis aucun regret, dans ces conditions, nous n’aurions rien vu.

L’arrivée tardive à Vik ne nous permet plus de faire la tournée des guesthouses (ah si, on a été voir à l’AJ, mais c’était complet), ce sera donc une nouvelle nuit dans la voiture. Après un excellent dîner au Halldorskaffi situé à côté du centre d’information et quelques courses au supermarché, nous bivouaquons sur une plage de sable noir, au pied de Reynisfjall. Nouvelle technique : Monsieur occupe tout l’espace arrière et moi les sièges avant. Bonne méthode !

Pour ce troisième soir, l’ambiance est comme le ciel, plombée ! On a tellement stressé sur cette fichue F208 qu’il ne faut plus nous parler de piste pour l’instant. Mais les images du Landmannalaugar et de ses montagnes colorées sont là pour nous rappeler que cela en valait bien la peine. C’est un lieu surprenant à ne pas manquer !

22/08 - J4 : Vik – Reynisfjara– Dyrhólaey – Sólheilmajökull – Skogafoss – Seljalandfoss - Vik Noir c’est noir

Comme la nuit porte conseil, ce matin le moral est revenu. C’est déjà ça, car le temps lui n’est pas au beau fixe : aucun changement, le plafond est très bas, brume et tempête sont de la partie. C’est dingue, il pleut à l’horizontal. Le vent est tellement puissant qu’il soulève l’eau au sol. C’est très désagréable. Equipement coupe-vent et imperméable obligatoire ! Nous parcourons la belle plage de sable noir jouxtant notre bivouac et dans un camaïeu de gris, entrevoyons les roches de Reynisdrangar, qui seraient en réalité 3 trolls pétrifiés.





Nous empruntons une petite piste assez raide menant au sommet de la falaise de Reynisfjall, espérant une accalmie, mais le brouillard est toujours présent. J’aperçois tout de même un macareux à quelques mètres. C’est donc qu’ils sont encore là. Nous n’espérions plus en observer au-delà du 20 août.

Cap vers la plage de sable noir de Reynisfjara, sa petite église, ses colonnes basaltiques et ses grottes.







Ces formations rocheuses sont le résultat de coulées de lave figée qui une fois refroidie se contracte en colonnes régulières souvent hexagonales et ressemblant à des orgues. Dame Nature est vraiment fascinante. Le contraste entre l’écume et le sable volcanique noir est lui aussi saisissant.



Un peu plus loin, des falaises et ô miracle, des oiseaux par centaines dont les fameux macareux moine. Nous sommes venus pour eux et nous sommes comblés : ils sont trop mignons avec leur bec et pattes orange et encore plus drôles en vol. Nous restons bien une heure à observer le ballet de ces oiseaux-pêcheurs. La carte mémoire de l’appareil photo en prend un coup !

Nous poursuivons les visites par Dyrhólaey et nous approchons des falaises où nichent d’autres milliers d’oiseaux. Les macareux sont à nouveau présents et l’on peut ici les approcher d’assez près. Mais le vent est tellement fort qu’il serait imprudent de s’avancer davantage.







De timides rayons de soleil font leur apparition et nous en profitons pour parcourir les plages en contrebas, puis le sommet de la falaise surmonté d’un phare d’où l’on peut observer l’arche qui a donné son nom au site (l'île haute avec le trou de porte), ainsi qu’au Sud, l’étendue noire du Sólheilmasandur.





En route pour Skógar, nous repérons notre guesthouse pour cette nuit, la guesthouse Steig, puis nous dirigeons vers la piste 221 conduisant au Sólheilmajökull, une langue glaciaire du Mýrdalsjökull. Le vent s’est calmé, il fait relativement bon. Une petite marche nous mène jusqu’au front du glacier où quelques touristes s’initient à la marche sur glacier accompagnés de guides. C’est une alliance de pics noirs et blancs, fusion entre la glace et les cendres volcaniques.





Nous reprenons la route quand se déroule devant nous la très photogénique Skógáfoss, entourée de verdure. Petite marche jusqu’au sommet où d’autres chutes se succèdent sur ce sentier qui n’est autre que le départ du trek Skógar-Landmannalaugar.



Plus loin encore sur la route n°1, Seljalandsfoss et Glufrafoss.



A proximité, le centre d’information du volcan Eyjafjallajökull est sur le point de fermer, nous prévoyons d’y revenir le lendemain.

Le vent et la pluie reprennent de plus belle, le véhicule fait de dangereux écarts. Si, si, 1.5 tonnes et ça bouge ! Le vent formé par l’air froid des glaciers suit le relief et descend s’abattre sur la côte. Il peut passer de la force d’un ouragan au calme plat en moins d’une minute. C’est ce que l’on appelle un vent catabatique. C’est très impressionnant, je ne suis pas rassurée du tout.

Arrivée vers 18h30 à la ferme Steig sous des trombes d’eau. L’accueil est courtois et la chambre est spacieuse (ce qui est rarement le cas en Islande) et confortable. L’annexe à la ferme comprend une vingtaine de chambres, des salles de bain privées ou communes, une cuisine commune et un personnel composé, en partie, d’étudiants étrangers. Cela relève presque de l’hôtellerie. Il est possible de dîner sur place mais nous préférons retourner dans le même restaurant que la veille : agneau pour Monsieur, poisson pour Madame. Très bon ! Retour à la ferme, WiFi et au lit.

Malgré le temps maussade, les macareux et les côtes islandaises ont su nous réchauffer le cœur.

23/08 - J5 : Vik -Kirkjubaerjarklaustur Toute la pluie tombe sur...nous

Dehors, c’est toujours la tempête et nous traînons un peu. Après un solide petit déjeuner, nous emmenons au passage de petits sachets de cendres de l’Eyjafjallajökull, gracieusement mis à notre disposition par la ferme. Puis pour en savoir plus sur ce fameux volcan, direction le centre d’information repéré la veille. Le visitor center est en fait exploité par la famille de la ferme Þorvaldseyri installée au pied du volcan.



Le centre a été ouvert le 14 avril 2011, soit exactement un an après le début de l’éruption. Une petite exposition met en scène divers roches, objets et panneaux explicatifs liés au volcanisme, mais le clou du spectacle se trouve derrière le rideau. Une vidéo d’une vingtaine de minutes (nous avons pu voir la version française en compagnie d’un autre couple) nous présente la vie du volcan et de la ferme avant et après l’éruption. Ce n’est donc pas un simple film documentaire, mais l’histoire authentique et peu banale de cette famille. L’on y apprend notamment que les semences effectuées peu après l’éruption ont poussé un mois après et que la récolte n’en fut que meilleure ! Le film est bien réalisé et de très bonne qualité.

En route à présent pour une rencontre insolite dans le désert noir de Sólheimasandur. Il suffit d’entrer les coordonnées GPS trouvées sur le net et voilà où cela nous mène :

Ce DC3 de la Navy américaine s'est écrasé ici le 24 novembre 1973 suite à un atterrissage d'urgence dans le Sólheimasandur, où il a été abandonné.

(sources : http://en.wikipedia.org/...ing_the_DC-3_in_1973)

La mer est à quelques centaines de mètres et le vent souffle si fort qu’il nous est impossible d’ouvrir les portes et de sortir du véhicule sans quelques acrobaties. Certaines pièces de l’avion branlent dangereusement. Il pleut encore à l’horizontal. Nous ne sommes à l’abri qu’une fois dans les restes de la carlingue. Le vent, la brume, la pluie, le désert noir et cette unique épave blanche pour décor…c’est assez apocalyptique !

Direction Kirkjubæjarklaustur (ou Klaustur), à 70 km au Nord-Est. Des champs de lave moussue de l’Eldhraun en provenance du Laki s’étendent à perte de vue.



La météo s’est considérablement détériorée et la pluie redouble d’intensité. Passage obligé par le visitor center pour « tuer le temps » et pour prendre quelques renseignements concernant l’accès au Laki, où nous souhaitons nous rendre demain. Bonne nouvelle, pas de pluie avant 15 h, suivie d’une moins bonne, le niveau des rivières est trop élevé pour un Grand Vitara. Il semblerait même que le bus ait dû renoncer aujourd’hui au niveau du 2ème gué. Gloups ! Le circuit en bus se déroule tous les jours de 9 h à 18h/19h, c’est certes beaucoup plus long qu’en 4x4, mais notre véhicule n’est pas amphibie… Nous hésitons : retour tardif, 1h de route jusqu’à Svinafell où nous sommes attendus le lendemain avant 18 h, aïe, que faire ? Pas de problème, la charmante hôtesse du visitor center nous propose de prévenir la guesthouse de notre arrivée tardive. Un bel exemple de la serviabilité islandaise ! Nous prendrons donc le bus demain.

Que faire maintenant ? D’abord manger puis, pourquoi ne pas aller à la piscine. Mais malheureusement, comme la plupart des piscines en Islande, celle-ci est en plein air et avec cette pluie, c’est exclu. Il y a bien quelques courageux (islandais sans doute), mais nous ne souhaitons pas nous refroidir. Nous reprenons la voiture en direction du nord pour explorer tout ce que Klaustur et ses abords ont à nous offrir. D’accord il pleut, mais ce n’est pas une raison pour ne pas visiter, il suffit de bien s’équiper.

Systrafoss (cascade des 2 sœurs) et Dverghamrar (ensemble d’orgues basaltique très ancien) :



Le sol est détrempé, il vente terriblement et Monsieur préfère rester dans la voiture. J'affronte seule le vent qui manque de me jeter au sol à chaque pas.



Des champs de lave plus hauts les uns que les autres se succèdent, suivi du hameau de Nupstaður, dont l’accès est entravé par une barrière. Nous le rejoignons donc à pied depuis la route 1. Ces petites maisons traditionnelles au toit de tourbe ont été occupées jusqu’en 2011.



En chemin vers Klaustur, les eaux fougueuses des rivières glaciaires prenant leur source dans le Síðujökull viennent gonfler les ruisseaux situés en aval et les transforment en puissant fleuve. Le débit est impressionnant. Passage devant Foss a Síðu, Stjornarfoss et Kirkjugolf, ces jolis pavés de basalte érodés par les années.





Retour à Klaustur pour un dîner bien sympathique au Systrakaffi avant une nouvelle nuit dans la voiture sur le parking de l’école.

24/08 - J6 : Kirkjubæjarklaustur– Laki – Svinafell Mousses extraterrestres et cendres noires

Nous sommes prêts dès 8 h. Il ne pleut plus, les nuages vont et viennent mais les sommets sont dégagés. RDV à la station service, point de départ du bus pour Lakagigar. Le chauffeur me confirme qu’il a dû faire demi-tour hier et que rien n’est sûr pour aujourd’hui. Nous sommes cinq, un jeune couple allemand, une suissesse et nous. Un 4x4 à la mode islandaise dont les clients se rendent également au Laki nous précédera pour la traversée de gués.

9 heures tapantes, c’est parti pour la découverte de la plus grande chaîne de volcans. Il y a même un accès gratuit à internet dans le bus (et jusqu’au fin fond du Laki, incroyable !) Le Lakagigar (ou Laki du nom du volcan principal) est une succession d’une centaine de cratères sur plus de 25 km, formés en 1783 lors de la plus importante éruption du millénaire. Les coulées de laves ont recouvert une surface de plus de 500 km2. Ses conséquences furent désastreuses en Islande et dans toute l’Europe, provoquant perturbations climatiques et entrainant sécheresse et famine. L’éruption du Laki serait dit-on, à l’origine de la Révolution française de 1789 ! Les premiers kilomètres de la F206 traversent une verte vallée enchâssée entre des falaises à droite et des coulées de lave à gauche. Au 1er gué, un couple disposant d’un pickup surmonté d’une cellule, sonde courageusement la profondeur de l’eau en short (glagla) à l’aide de bâtons. L’eau leur arrive au niveau des genoux. Ils semblent perplexes. Le chauffeur du 4X4 rehaussé islandais se lance sans même les regarder. Le bus le suit très lentement, aucun problème. Le couple, lui, ne semble pas nous suivre. Dix minutes plus tard, 2ème gué, le niveau parait bien haut et c’est ici que le bus a fait demi-tour hier. Allons-nous en faire de même ? Le 4x4 a pris de l’avance et revient de la rive opposée !!??. Le conducteur fait tout simplement l’article à ses clients en franchissant la rivière à vive allure, dans un sens puis dans l’autre. C’est tout de même sacrément haut. L’eau atteint pratiquement le haut de ses roues. Le bus emprunte une autre voie un peu moins profonde et ça passe. Ouf, si tout va bien, on devrait voir le Laki aujourd’hui.



10h15, arrivée à Fagrifoss. « 30 mn d’arrêt» nous lance notre chauffeur. C’est une belle cascade, ressemblant un brin à Skogafoss.



Petite marche vers le canyon et cueillette de baies sauvages, sortes de petites myrtilles, dont les feuilles sont en forme d’aiguilles. Ce sont en fait des camarines noires (empetrum nigrum). Elles sont beaucoup moins sucrées que les myrtilles de nos montagnes vosgiennes.



Nous repartons. Les prairies ont disparu et laissent place à un tableau bicolore teinté de noir et de vert fluorescent d’une autre planète. C’est magnifique et le gris du ciel y apporte une ambiance particulière. La lave est partout. Nous arrivons sur le parking du Laki vers 11 h 45. Un grand Vitara et un Jimny sont déjà là. Comment ont-ils fait ? Vu le niveau des gués, cela me semble impossible avec ce type de véhicule, il fallait oser…

Le départ est fixé vers 13h30, ce qui nous laisse largement le temps de gravir le Laki et de découvrir les lieux. Pas une minute à perdre, le temps est changeant et le ciel ne va tarder à se couvrir.

Nous arrivons les premiers au sommet culminant à 812 mètres, ce qui nous permet d’apercevoir la fissure Nord avant qu’elle ne disparaisse totalement dans le brouillard. Patience, cela va s’éclaircir. Ne dit-on pas en Islande « si tu n’es pas satisfait du temps qu’il fait, attend 5 minutes ». Oui, ben ça ne marche pas à tous les coups ! Tiens voilà le pick-up de tout à l’heure qui arrive au parking, je suis contente qu’ils aient réussi à arriver jusqu’ici.



Nous avons un peu plus de chance avec l’alignement Sud. Nous patientions et profitons encore de ces instants en compagnie de nos compagnons de route, puis gagnons une zone de cratères située en contrebas. Nous sommes dans l’antre de la bête !



Retour dans le bus où nous pique-niquons bien au chaud en compagnie du ranger du refuge de Blagil. Après 1 ou 2 semaines passées ici, il rentre « en ville » ce soir et nous accompagnera avec son véhicule. Nous repartons par la F207 en longeant les cratères. Nouvel arrêt au lac volcanique Tjarnargigur où un sentier nous mène à travers fissures, cratères, fleurettes et champignons.



Noir et vert, encore et toujours. Nous adorons :







Sur le retour, le canyon de Fjaðrárgljúfur, profond d’une centaine de mètres débouche sur les coulées de lave de l’Eldhraun.



Après avoir regagné Kirkjubaejarklaustur, nous repartons aussitôt par la route 1 pour le parc national de Skaftafell où nous avons réservé une chambre en « sleeping bag» au camping Flosi de Svinafell.

Sur le parking de la station essence :

Elle est pas belle la bête ? Nous recroiserons Isak à plusieurs reprises tout au long de notre parcours.

Après les mousses vertes de l’Eldhraun, les volcans, les étendues de sable noir du Skeidararsandur et les restes d’un pont emporté lors de la dernière grande crue (jökulhlaup), le paysage tourmenté laisse peu à peu place à de belles vallées glaciaires. Le sommet du glacier est dans la brume, mais que c’est beau.

Nous arrivons à Svinafell où le camping et les cottages sont répartis autour d’un immense bâtiment abritant les sanitaires et la cuisine commune. Notre espace privatif se situe au bout du bâtiment et comprend 3 chambres se partageant une cuisine et une salle de bains. Excellent rapport qualité/prix et situation idéale, à 6 km de Skaftafell. Notre cuisine privée est monopolisée par trois jeunes allemands qui n’ont pas l’intention de nous laisser un peu de place. Aucune importance, nous passons dîner dans la grande salle commune d’à côté, occupée elle, par de nombreux français. Il y a ce soir un grand feu d’artifice sur le Jökulsárlón qu’il faut parait-il, ne pas manquer selon l’employé de la station service. Ce doit être grandiose, mais c’est à 45 minutes de route et le show débute à 23 heures.

Nous nous sommes endormis bien avant… songeant sans doute à cette belle journée et à cette superbe balade au cœur des volcans.

25/08 - J7 : Svinafell – Skaftafell – Fjallsarlon – Jokulsarlon Into the ice

Le ciel est encore couvert ce matin. Direction Skaftafell et les langues glaciaires du plus grand glacier d’Islande et d’Europe, le Vatnajökull. Il est aussi étendu que la Corse et son épaisseur atteint plus de 1000 mètres. Nous avons prévu une marche d’initiation sur le glacier. Deux compagnies de guides se partagent le marché, Icelandic Mountain Guides et Glacier Guides qui proposent des prestations et tarifs identiques. Nous commençons par IMG, mais il n’y a plus de possibilité avant 13h. Nous tentons notre chance à côté et nous inscrivons pour le prochain départ prévu à 11h30.

Notre guide, Thor quelque chose, attribue à chacun une paire de crampons et un piolet et fournit quelques explications. Départ en school bus jaune vers le Falljökull. Chaque compagnie se voit attribuer une zone par les instances dirigeantes du parc national du Vatnajökull et pour Glacier Guides, c’est CE glacier et pas un autre.

Une fois sur place, nous marchons une bonne demi-heure au milieu d’eau de fonte et de glaces anciennes recouvertes de cendres volcaniques, avant d’arriver au pied du glacier où nous nous équipons sous l’œil attentif de Thor.



Le groupe, composé d’une dizaine de personnes, progresse à bonne allure sous l’égide d’un guide passionné et passionnant, pas avare en commentaires. Crevasses, trous béants, formation et couleur de la glace n’ont aucun secret pour lui. Il pleut maintenant des cordes, mais peu importe, nous sommes bien, là, au milieu de cette immensité blanche, bleue et noire. Les strates de cendres volcaniques emprisonnées dans la glace sont du plus bel effet.



Formation de moulins sous l’effet des eaux de fonte :

Le plus grand atteint une profondeur de 40 mètres (si j'ai bien tout compris).

Dégustation d’eau de bédières : un grand cru château Lafonte !



Ce n’est qu’un au revoir…



Après environ 1h30 sur le glacier, nous regagnons le bus puis Skaftafell vers 15h. Le ciel laisse entrevoir quelques trouées bleues, bon présage pour la suite.

Petit en-cas et nous partons pour environ 2 heures de marche dans le parc national de Skaftafell. C’est un beau sentier courant le long d’un cours d’eau,



menant à la superbe chute de Svartifoss, ceinturée de colonnes de basalte noir.



Nous poursuivons un peu plus haut, vers Sjónarsker pour admirer le point de vue puis continuons la boucle en direction d’anciennes bergeries bâties au début du XXème siècle.





De retour au parking, le soleil est au rendez-vous et l’on se surprend à retirer plusieurs épaisseurs de vêtements… Profitons-en et c’est reparti pour 1 petite heure de marche vers une des langues du Skaftafelljökull.



Remarquez les roches fendues par le gel.



Reprenant la route 1, c’est maintenant le départ pour le lieu tant attendu, Jökulsárlón, le plus grand lac glaciaire d’Islande. Petit détour en route par son petit frère, le Fjallsárlón, déjà très photogénique. Nous sommes quasiment seuls face à ce panorama, nous sommes comblés ! La couleur des icebergs varie en fonction de la lumière passant du blanc au bleu et de l’opaque au transparent. Leurs formes ne sont pas en reste et évoquent poissons ou pièces de cristallerie.







Enfin, quelques kilomètres plus loin, en bordure de route, d’un côté la mer, de l’autre Jökulsárlón. De magnifiques icebergs, détachés du glacier, dérivent sur le lac avant de regagner la mer ou de s’échouer sur la plage de sable noir de l’autre côté du pont. Mais pour l’heure, côté plage, ce ne sont hélas plus que de gros glaçons…





Nous jouissons en cette fin d’après-midi ensoleillée d’une excellente lumière et les lueurs rougeâtres du soleil couchant embrasent l’horizon. Nous marchons une bonne heure entre lagune et mer et apercevons quelques phoques. Nouvelle nuit en mode bivouac face au plus beau des panoramas.





Encore une très belle journée à la rencontre de la glace. Le ciel est clair et dégagé offrant pourquoi pas une ouverture aux aurores boréales. Je scrute un bon moment l’horizon, avant que le sommeil ne me rattrape et diffère mes attentes à plus tard.

26/08 - J8 : Jökulsárlón– Fjords de l’Est – Mjoifjordur Diamants blancs et bout du monde

Les rayons du soleil inondent l’habitacle du Grand Vitara et nous invitent à l’extérieur. Nous déjeunons sur la terrasse de la petite boutique et partons à la découverte du lagon en direction du front du glacier.





Le lac est vraiment grand car le glacier ne semble pas vraiment se rapprocher au fur et à mesure de nos pas. Des pans entiers se détachent du glacier. Ça se déchire, ça craque, ça gronde tout autour. D’autres icebergs se retournent par la force du courant. Quel spectacle ! Et dire que cette glace a des milliers, voire des millions d’années, c’en est presque triste d’assister à cette inexorable fonte. Ce qui est le plus étonnant à ces latitudes, c’est la proximité des glaciers et de la mer. Nous sommes seuls et en profitons pleinement face à ces énormes diamants de taille, forme et couleur différentes.

Ici le monstre du loch ness émerge des eaux :



Là, un reflet parfait nous fait tourner la tête :



Quelle taille !



Un peu de "vie", juste pour l'échelle :



De retour sur le parking, nous traversons le pont pour vérifier la taille des glaçons entraînés sur la plage par la marée. Ils sont bien plus impressionnants que la veille et les reflets du soleil intensifient leur transparence. Une fois de plus, la carte mémoire de l’appareil photo est saturée en un instant !









Vous l'aurez deviné, j'aime beaucoup la glace !

Il est plus de 11 heures quand nous quittons le site à regret pour une longue journée de transition. 350 km et 5 heures de route nous séparent de notre prochaine destination, Mjoifjordur, dans les fjords de l’Est.

Première étape à Höfn, petit port de pêche charmant dominé au loin par le Vatnajökull. Petit tour de ville, ravitaillement et déjeuner au Kaffi Hornið. Service très lent mais les spécialités locales à base de langoustines nous ravissent le palais ! Nous poursuivons notre route et longeons les côtes découpées de fjord en fjord. Les montagnes elles-aussi découpées par les glaces présentes il y a quelques millions d’années forment d’autres beaux diamants.









De petits ports en petits ports, nous arrivons à Fáskrúðsfjörður où des marins français avaient élu domicile à la fin du XIXème siècle à la suite de campagnes de pêche. Un ancien hôpital, un musée, des panneaux de rues bilingues et un cimetière leur rend hommage.









Après avoir longé toutes ces montagnes et ces fjords nous pensons nous rapprocher de notre destination. C’était sans compter une dernière piste, la 953, qui au bout d’une trentaine de kilomètres et près d’une heure, nous mène enfin au minuscule hameau de Mjoifjordur. Cette piste est dans un premier temps très roulante, puis franchit un col à 600 mètres d’altitude avant de plonger sur le fjord en virage à lacets. Puis encore une dizaine de kilomètres jusqu’au hameau. C’est trèèèès long, mais quelle route ! Une fois au sommet du col, le fjord, les ruisseaux, les névés et les moutons se découvrent peu à peu.



Au bord du chemin, cette épave de péniche se corrode lentement au gré des intempéries



Arrivés à Mjoifjordur, nous trouvons facilement les jolis chalets de Solbrekka, mais avons du mal à trouver l’accueil. J’avais lu que c’était à l’école, mais elle est fermée. Nous sonnons donc à côté où une fillette et sa maman nous accueillent tout sourire. Elle nous indique où nous rendre et prévient la propriétaire de notre arrivée par téléphone. Encore une démonstration de la gentillesse des islandais. Nous prenons possession de notre hébergement, une superbe cabane où nous avons prévu 2 nuits. Dîner et au lit, cette journée était épuisante.

De magnifiques icebergs, des fjords qui n'ont rien à envier à ses cousins norvégiens, des jolis phares, une cabane au bout du monde, le tout sous un soleil radieux…c’est sûr la nuit sera bonne !

27/08 – J9 : Mjóifjörður – Seyðisfjörður – Egilsstaðir – Litlanesfoss – Hengifoss- Mjóifjörður Cascades d'eau-rores

Hier soir Johanna, la propriétaire des cottages, nous a demandé de passer ce matin à l’école régler notre séjour. L’école, inoccupée en été, fait office de camping, café et guesthouse du 15 juin au 15 août et dispose d’un terminal de paiement pour CB. Nous sommes fin août et les cours ont déjà repris. Nous y entrons vers 10 h, accueilli par sa fille institutrice et son mari qui lui prête main forte.

Il y a dans une salle 3 enfants en chaussettes (ah oui, c’est une des particularités de l’Islande qui veut que l’on se déchausse avant d’entrer dans une maison), très détendus, bayant aux corneilles et dans la cuisine (oui, c’est étrange), deux autres enfants un peu plus concentrés. Cela donne l’impression que ce sont les enfants qui organisent le programme et non l’équipe enseignante. Nous sommes amusés car on est loin de l’apprentissage à la française. Je discute un peu avec l’institutrice qui m’apprend que seules 20 personnes, dont 5 enfants vivent ici à l’année et qu’en hiver, l’accès au fjord ne peut se faire qu’en bateau !

Aucun programme n’est établi pour cette journée, il fait plutôt beau et comme tous les jours, il vente. Ma proposition de rando dans les environs ne remportant pas un grand succès auprès de Monsieur, nous décidons de visiter les fjords alentours et surtout Seyðisfjörður.

Les deux cottages :



Nous remontons lentement le fjord et la piste à 15 % en marquant quelques poses photographiques tout au long du col.

Mjóifjörður :



Klifbrekkufossar :



Mes fleurettes préférées, les linaigrettes :



Puis sur la 93 menant à Seyðisfjörður, arrêt à Mulafoss et Gufufoss.





Arrivés dans ce petit village de 700 âmes, le Norröna est à quai, prêt à rembarquer les passagers pour le Danemark, via les îles Féroé.



C’est un long et charmant fjord, encaissé entre de hautes montagnes où les maisons traditionnelles en bois apportent une jolie touche de couleur.







Comme il est plus de midi et que nous sommes gourmands, on se laisse tenter par le Skaftfell Bistró et ses bonnes pizzas. L’ambiance et l’accueil y sont chaleureux. Une grande table accueille beaux livres, l’étage fait office de galerie d’art et le WiFi est disponible gratuitement.

On repart le ventre plein vers une nouvelle cascade que nous avons repéré à l’aller, Fardagafoss.



Une petite demi-heure à travers myrtilles et herbes grasses est nécessaire pour rejoindre la cascade. Le passage est ensuite un peu difficile, mais l’accès se fait en toute sécurité à l’aide d’une chaîne.

Petit tour à Egilsstaðir, la plus grande ville de l’Est pour faire quelques courses, mais nous n’y trouvons pas un grand intérêt.

Nous longeons ensuite le lac Lagarfljót par la 931, traversons une partie de la forêt d’Hallormsstaður, et partons pour 2 heures de marche à la rencontre de deux autres cascades, Litlanesfoss et Hengifoss.



Elles sont totalement différentes. La première est entourée de colonnes de basalte et la seconde, d’une hauteur de 118 m, est une succession de strates d’argile rouge, emprisonnées entre des couches de laves basaltiques noires. C’est très différent des autres cascades que nous avons vues jusqu’ici.









Ces strates ne sont pas sans rappeler d’autres formations rocheuses bien connues.



L’Est et notamment la région d’Egilsstaðir est connue pour être peuplée par de nombreux rennes. Confiants, nous quittons donc le parking des chutes par la rive ouest du Lagarfljót. Ce sont de vastes plaines vallonnées couvertes de lichen, terrain idéal pour ces animaux. Autant vous le dire tout de suite, nous n’en verrons pas le moindre. Seuls ces moutons nous observerons fièrement regagner notre fjord et notre cottage.



Alors que l’on s’apprête à se coucher, quelque chose attire mon regard à l’extérieur. Il pleut ! Mais pas n’importe quelle pluie, c’est une majestueuse pluie de particules magnétiques, une AURORE BOREALE. Incroyable, indescriptible, bouleversant, MAGIQUE, les mots me manquent encore aujourd'hui. Je suis aussi excitée que les électrons qui s’entrechoquent et dansent dans le ciel, passant d’un côté à l’autre du chalet, au mépris du froid mordant. J’admirerai longuement ce ballet nocturne, alors que Monsieur s’est endormi depuis belle lurette.

Evidemment, avec un APN compact, le rendu est minable. Mais les images sont gravées dans mes souvenirs et les étoiles elles, sont toujours dans mes yeux.





Ces deux jours dans les fjords de l’Est auront été l’occasion de découvrir un joli coin d’Islande, bordé de montagnes sauvages, de côtes déchirées, de fjords s’enfonçant dans les terres et… d’aurores polaires. La côte Est s’achève pour nous ici, nous offrant, comme pour nous saluer, la plus belle danse d’adieu.

28/08 – J10 : Mjóifjörður – Dettifoss – Hverir – Mývatn Forces de la nature

Nous quittons Mjóifjörður avec le soleil. C'est le troisième jour d'affilée sans pluie. Dernier passage sur la 953 (nous y avons tout de même passé 4 heures en 2 allers/retours) puis en route pour la région de Mývatn. Il était initialement prévu de faire étape à Askja, une zone volcanique dont la dernière éruption remonte à 1961, mais nous décidons de faire l’impasse. Trop loin, trop de pistes et surtout trop de gués…Nous empruntons bien sagement la route 1 où après des dizaines de kilomètres de paysages sauvages, secs et désolés surgissent des déserts de dunes noires, rouges ou brunes. C’est ce que je préfère !









La région de Mývatn est l’une des plus actives d’Islande. C’est ici que l’on se rend réellement compte de la toute puissance de la nature. Volcans, solfatares, marmites de boue, coulées de lave à peine refroidie : un petit concentré d’Islande.

Souhaitant marquer une pause à Dettifoss, la chute la plus puissante d’Islande, nous laissons de côté la 864 permettant de s’y rendre par la rive Est, pour emprunter quelques kilomètres plus loin la 862.

Cette belle route nouvellement créée mène à un immense parking et à de petites guérites, signe d’une prochaine exploitation touristique du site. En effet, tout comme Geysir et Kerið, il faudra bientôt verser quelques couronnes pour saluer Dettifoss.

Le sentier menant à la chute en une trentaine de minutes louvoie entre désert lunaire et formations basaltiques.



Au détour d’un virage, une haute et large brume annonce la bête. La voici : 100 mètres de large, 45 de haut et près de 500 m3 de débit par seconde, quel gigantisme ! Le Vatnajökull crache toute sa puissance dans la Jökulsá á Fjöllum, les eaux grisâtres chargées en sédiments glaciaires sont déchaînées, c’est assourdissant.





Ça mouille ! Voyez la taille des personnes à droite, cela donne une idée des dimensions.

En amont, les anfractuosités de la Jökulsá á Fjöllum ont donné naissance à Selfoss, de multiples petites chutes hautes d’une dizaine de mètres qui s’étendent pour former un arc de cercle (la rive ouest n'est pas le meilleur côté pour les observer).



En aval, au bout de la 862 non pavée, se trouvent Hafragilsfoss, les gorges de Jökulsárgljúfur et le canyon d’Ásbyrgi.

De retour sur la route 1 et intrigués par le regroupement de voitures, motos, chevaux et quads, on bifurque à droite en direction des panaches de poussières. Nous sommes fin août, la neige est annoncée pour ce week-end et c’est l’heure du réttir, c'est-à-dire le rassemblement des moutons. Nous nous permettons de nous joindre aux fermiers qui rabattent les animaux depuis les hautes terres. C’est un super moment pour nous d’assister à cette tradition islandaise qui réunit toutes les générations. Des milliers de moutons arrivent en files sans fin dans un concert de bêêê. En moins d’une demi-heure les ovins sont rassemblés et parqués dans leur enclos, prêts à être triés et réattribués à leurs propriétaires. D’après l’un des fermiers, le tri aura lieu demain matin à 6 h.





Habituellement les corrals sont en forme de camembert facilitant le tri, comme celui-ci aperçu plus loin :



La visite se poursuit par le champ hydrothermal de Hverir, au pied de la colline de Námafjall. Une zone de solfatares et de marmites de boues aux couleurs variées, envahie par des vapeurs de sulfure d’hydrogène, mais aussi par des hordes de petites mouches noires (d’où le nom de Mývatn – le lac des mouches).



Pschhhhh

Bloup, bloup



De l’autre de côté de Námafjall, le jarðböðin við Mývatn – petit frère du célèbre blue lagoon de Reykjavik – est planté au milieu d’un désert de lave noire acérée contrastant avec le bleu turquoise de l’eau, chauffée à 40° par l'usine géothermique toute proche.



Cette zone très active est un festival de couleurs.





Arrivés à Reykjahlíð, le village bordant le lac Mývatn, nous dînons au Gamli Bærinn avant de se trouver un nouveau bivouac tranquille pour la nuit. Nous ne le savons pas encore à cet instant, mais ce sera notre dernière nuit en « camping » sauvage.

Encore une belle journée en tête à tête avec les puissances de la nature, nous sommes toujours émerveillés par ce pays. Demain, nous parcourrons le tour du lac, à la découverte d’autres beautés.

29/08 – J11 : Mývatn et alentours On a marché sur la lune

Le ciel est couvert ce matin, sans pluie. Le temps est idéal pour approfondir les visites de cette région riche en curiosités géologiques situées autour du lac de Mývatn. Il n’est pas encore 8 heures et nous sommes déjà sur le parking de Grjótagjá, un ensemble de grottes remplies d’eau chaude (trop chaude pour un bain !), espérant une belle lumière matinale. Mais il n’en est rien. Nous y repasserons le lendemain dans le même but…en vain. La grotte est en outre obstruée par un éboulis de roches, signe d’une récente activité sismique ou volcanique, rendant l’approche dangereuse. En revanche la faille qui la surplombe courant sur des kilomètres est de toute beauté.



Deuxième étape aux « châteaux sombres » de Dimmuborgir, formations de lave aux formes accidentées, succession de roches percées, de cavités ou d’imposantes colonnes envahies de petits arbustes.



Plusieurs sentiers de randonnées sillonnent le site et nous nous lançons sur le Church Circle long de 3 km, à la recherche de Kirkjan, une roche rappelant la voûte d’une cathédrale. Il n’y a pas âme qui vive en cette heure matinale et, dans cette noirceur, seuls les esprits des trolls semblent hanter les lieux. Au bout d’une heure, nous sommes de retour au parking et nous installons sur la terrasse du café encore fermé, pour petit-déjeuner à l’abri du vent.



Cap sur Hverfjall, un cratère d’explosion formé il y a 2 500 ans qui du haut de ses 250 mètres et 1 000 mètres de diamètre, domine toute la région. Arrivés sur le parking nous entreprenons son ascension par son versant Nord, parait-il plus aisé. Le sentier est plutôt raide et la progression n’est pas facile compte tenu de la nature du terrain composé de cendres. Le vent souffle fort ce qui n’arrange pas nos affaires. Au sommet, la vue se dégage sur un cône parfait trônant au centre du volcan, sur le lac à l’Ouest et sur les mamelons orange de Namaskard et du Krafla au Nord-Est. Nous faisons le tour du cratère en prenant le vent en pleine face puis regagnons la voiture.



Nous poursuivons notre tour du lac par Skútustaðir, une zone de pseudo-cratères située au sud du lac, puis laissons de côté le Vindbelgjarfjall pour retourner à notre point de départ et continuer vers la zone volcanique du Krafla. Le volcan, l’un des plus actifs d’Islande et dont la dernière éruption s’est produite en septembre 1984, abrite au sein de sa large caldeira une zone géothermale ainsi qu’une usine géothermique. De gros tuyaux argentés serpentent le long du relief contrastant avec les ocres du volcan ponctués de fumerolles.

Skútustaðir :



La zone du Krafla :



Au bout de la route, le cratère Viti, signifiant « enfer » enserre un lac aux eaux siliceuses bleu turquoise.



A proximité, les panaches de fumées remontant des entrailles de la Terre s’échappent des cheminées dans un boucan d’enfer, un simple cordage en gage de sécurité. Plus loin, un second cratère plus petit ainsi que solfatares, névés et marmites de boue complètent la visite.





Un dernier site reste à explorer dans cette zone de fractures, le mont Leirhnjúkur, encore fumant. Petit en-cas et c’est parti pour une rando d’une heure et demie à travers cet immense champ de lave tourmenté à souhait. Des coulées cordées, dégoulinantes, qu’on croirait de la veille. Des croûtes, des plaques, des gaz, des cratères à la gueule béante : c’est un vrai décor lunaire.









Et puis, de l’autre côté de la colline, un peu de vie. Ici des plantes grasses, là des lichens, marquant bien la frontière entre coulées récentes et anciennes.





Rapide visite de l’usine géothermique, puis nous repassons à Hverir afin de gravir Námafjall, une autre montagne faisant également partie du système volcanique du Krafla. Le sentier est assez escarpé et traverse de magnifiques rubans de soufres rythmés par des colonnes de fumées odorantes. Le panorama sur Hverir et les sommets environnants n’est pas en reste.







La descente est tout aussi abrupte que la montée et le retour sur le sol sablonneux est périlleux. Heureusement qu’il y a quelques prêles auxquelles se cramponner !





Il est maintenant l’heure de rejoindre notre guesthouse sur la rive ouest du lac, la ferme Stong, où nous avons réservé pour 2 nuits. Nous sommes chaleureusement accueillis par Svala, la propriétaire qui nous conduit à notre chambre sous les combles. La ferme en activité dispose d’une vingtaine de chambres, de 4 ou 5 cottages, de 2 hot pots, d’une grande salle à manger et offre une très belle vue sur la campagne. Comme il est possible de dîner sur place, nous réservons notre menu auprès de Svala et partons en attendant, à la découverte de la ferme. L’heure du repas est arrivée. Nous voici face à une énorme soupière garnie d’un excellent velouté de champignons, suivi d’un rôti d’agneau pour Monsieur et d’une truite pour Madame accompagnés de petits légumes, avant de conclure par une mémorable Skyrterta (sorte de cheesecake surmonté de myrtilles). Un vrai régal ! Cela restera notre meilleur repas en Islande.

La région de Mývatn nous a bien plu. Toutes les forces y sont réunies et s’expriment au travers de paysages variés ; les couleurs explosent, magnifiées par les camaïeux de gris du ciel.

30/08 – J12 : Mývatn – Húsavík – Mývatn Au pays des baleines…

Les prévisions météo ne mentaient pas : cette nuit il a neigé. Les sommets sont joliment saupoudrés d’une fine pellicule blanche. La température a chuté et comme tous les jours, il vente. Après le petit-déjeuner, nous partons pour Húsavik, petite ville portuaire du nord, connue pour être la capitale de l’observation des baleines en Europe. Plus on s’approche de la côte et plus le temps se dégrade. Arrivés au port, il pleut à verse et nous restons deux bonnes heures dans la voiture à observer l’activité des pêcheurs et à surfer sur le net à la recherche de nos prochains hébergements. Pas question de sortir en mer sous cette pluie. Profitant d’une petite accalmie, nous pouvons enfin arpenter la ville qui abrite une belle église en bois blanc.





Sur le port, tout rappelle la pêche, ici d’anciens cotres reconvertis en embarcation pour l’observation des cétacés, là quelques bouées de mouillage colorées et têtes de poissons séchées, plus loin des pêcheurs préparant leurs palangres dans des seaux et au fond la fabrique de glace. Au loin les sommets enneigés dominent majestueusement la baie.







Sur le port également, l’ancien abattoir transformé en musée de la baleine, nous offre une pause culturelle bienvenue. Au rez-de-chaussée l’on retrouve toutes les explications sur le cycle de vie des baleines, leur alimentation, leur migration et leur chasse. L’étage est réservé aux immenses squelettes de baleine à bosse, orque et autres cétacés. Une visite intéressante qu’apprécieront petits et grands.



Orque :

Baleine à bosse :

Il est près de 17 h et nous dévorons quelques fish and chips un peu trop gras avant de reprendre la route vers Mývatn.

L'Hverfjall, gravi hier :

Dernier passage à Grjótagjá pour la lumière du soir…qu’il n’y eût pas.

De retour à la ferme, nous apprenons qu’ici, il n’a plu qu’en début de matinée !

Stong :

Petite journée aujourd’hui, pas de montagnes colorées, pas de fumerolles, pas de sortie aux baleines non plus, juste une petite pause dans une coquette ville portuaire en proie aux averses. Cela nous aura au moins permis d’étudier les prévisions météo et d’établir la suite du programme.

31/08 – J13 : Mývatn – Goðafoss – Akureyri – Grundarfjörður De la Lune à Mars

Il fait plutôt beau ce matin, mais froid. Notre itinéraire devait nous mener par la F35 aux Kerlingarfjöll, de magnifiques montagnes de rhyolite dans le centre du pays, mais c’est à plus de 1000 mètres d’altitude et la neige est annoncée pour ces 2 prochains jours. Pas question de s’aventurer sur la F35 et encore moins aux Kerlingarfjöll dans ces conditions. Prenant un peu d’avance sur le programme établi, nous traverserons donc une bonne partie de l’île pour rallier directement la péninsule de Snæfellsnes, à l’Ouest. C’est parti pour 5 à 6 heures de route. Peu après Mývatn, premier arrêt à la chute des dieux, Goðafoss, composée de chutes en fer à cheval d’une hauteur de 12 mètres.



Nous traversons ensuite de vertes vallées agricoles avant de pénétrer dans l’Eyjafjörður, entouré de montagnes culminant à 1500 m et abritant la deuxième ville du pays Akureyri.





Nous parcourons le centre ville, désespérément vide en ce samedi matin. De jolies maisons colorées ainsi qu’une cathédrale dont l’architecture rappelle les orgues basaltiques, animent la cité portuaire.





Reprenant la route, nous voici au sommet d’un col enneigé. Pourvu qu’il n’y ait pas plus de neige sur la chaussée ! Comme dans la plupart des pays scandinaves, l’imagination des architectes donne naissance aux constructions les plus improbables.



Nous marquons une pause pique-nique à Blönduós, près de la piscine, où des enfants s’amusent dans les toboggans extérieurs alors qu’il ne fait que 2° C. On n’a manifestement pas la même résistance au froid.

Direction plein Ouest vers la péninsule de Snæfellsnes avec, à son extrémité, le volcan et glacier Snæfellsjökull, qui serait la porte d’entrée du « Voyage au centre de la Terre » de Jules Verne. Nous y arrivons vers 16 heures et passons devant l’Eldborg, un beau cratère d’une centaine de mètres.



De belles collines rouges dignes de la planète Mars nous font de l’œil avant d’atteindre Gerðuberg, un ensemble de colonnes de basalte s’étirant sur une centaine de mètres et enfin notre destination, Grundarfjördur où nous avons réservé 2 nuits à l’auberge de jeunesse.







Petite visite sur le port et au cœur du village, pizzas au Ruben et au lit.

Une grosse journée de transition qui nous a une nouvelle fois permis de découvrir des paysages totalement différents au fil des kilomètres.

01/09 – J14 : Tour de la péninsule de Snaefellsnes Que d’eau, que d’eau

La pluie est de retour et l’horizon est bouché par une épaisse brume. Nous prenons tout notre temps pour prendre le petit-déjeuner dans la cuisine commune de l’auberge de jeunesse, face à l’océan où des épaulards ont été aperçus ce printemps. Cette AJ est la plus moderne et la mieux équipée que nous ayons vue. Elle comporte deux bâtiments, l’un plus ancien en ville et l’autre situé sur le port, abrite une dizaine de chambres double ou familiale avec salle de bains privative. Une bonne adresse, même si les tarifs sont un peu élevés pour une AJ.

Nous débutons notre tour de la péninsule par Ytri-Tunga sur la côte Sud. La côte est sauvage et parsemée de roches sur lesquelles se prélassent phoques et cormorans. Nous parcourons la plage sur quelques centaines de mètres pour bien les observer, mais le terrain est glissant en raison des nombreuses algues accrochées aux rochers, ce qui nous empêche de les approcher davantage. Ils n’ont nullement l’air dérangés par notre présence et continuent leur sieste.





Plus loin, la magnifique église noire de Búðir perdue dans la brume confère au lieu une atmosphère mystérieuse. C’est étrange cette petite église au milieu de nulle part.



A quelques kilomètres, la statue en pierre du gardien des lieux, Barður, marque l’entrée du petit port d’Arnarstapi.



L’activité volcanique a donné ici naissance à d’impressionnants reliefs de basalte, parfois grignotés par la mer, formant ainsi cavités et arches où nichent plusieurs colonies d’oiseaux.







Un sentier permet de longer la côte et de rejoindre le petit port d’Hellnar. Au bout de quelques kilomètres sous cette pluie battante, nos vêtements techniques ne suffisent plus. Ça mouille et plus drôle, ça mousse !



De retour à la voiture, le chauffage ainsi que les sièges chauffants sont poussés à fond jusqu’à la prochaine étape. Justement, nous voici sur la plage de Malariff dominée par son phare où la mer et le vent forment d’énormes rouleaux bleu turquoise.







Plus loin, la plage de Djúpalón couronne la visite de la côte Sud. Le sentier y menant louvoie à travers de nouvelles sculptures volcaniques laissant place aux galets noirs et aux débris rouillés d’un chalutier anglais échoué ici en 1948. L’on y trouve également 4 pierres-étalons de 23 à 154 kg que les apprentis matelots du port de Dritvik devaient soulever pour mesurer leur force et espérer trouver une place à bord d’un bateau de pêche.







Arrivés à Hellisandur, le bout de la péninsule, nous n’avons toujours pas vu le Snæfellsjökull et nous ne le verrons jamais, tant le plafond restera définitivement bas. Il y a bien une piste qui y mène, mais avec cette purée de pois, pas la peine de s’y aventurer. Nous basculons sur la côte Nord en passant par Ólafsvík, qui n’a pas un grand intérêt si ce n’est sa splendide église contemporaine. Différentes figures triangulaires s’emboîtent harmonieusement pour enserrer de très beaux vitraux. L’intérieur est tout aussi original, mais chut, l’office est en cours.





La boucle est bouclée, nous voila de retour à Grundarfjördur. Nous terminons la soirée sur les plages de galets faisant face à l’AJ, puis au restaurant de l’hôtel Framnes.

Encore une journée bien arrosée, la fadeur des photos en témoigne. Il est bien dommage que la brume ne nous ait pas permis d’apprécier toutes les beautés de la péninsule et notamment son relief. Il aurait été préférable de prolonger les visites le jour de notre arrivée, seule journée ensoleillée. Mais c’est l’Islande, le temps change en 5 minutes…ou pas !



Demain, nous nous rapprochons de la Capitale où d’autres sites historiques et incontournables nous attendent.

02/09 – J15 : Grundarfjörður – Stykkishólmur – þingvellir – Reykholt Grisaille générale

Nous quittons la partie ouest de la péninsule de Snaefellsnes pour Stykkishólmur, petit port agréable et lieu d’embarquement pour les fjords de l’Ouest, dominé par un petit phare orange et une nouvelle église à l’architecture insolite. Petite marche sur le port, grimpette jusqu’au phare et ravitaillement.





En route pour le Sud par la route 1 puis la 522 pour rejoindre Deildartunguhver, des sources d’eau chaude à 100° C au débit le plus élevé d’Europe (180 litres par seconde) qui alimentent le chauffage des maisons d’Akranes et de Borgarnes et les nombreuses serres de cette région agricole. L’on trouve d’ailleurs à proximité plusieurs étals de fruits et légumes en libre service. Le principe est simple : déposez la somme indiquée dans la caissette, faites la monnaie s’il y a lieu et servez-vous. Imaginez la même chose en France…il ne se passerait pas 5 minutes avant disparition complète de la production, des recettes, voire de la roulotte 😛. Nous ne sommes pas très surpris, car nous avions déjà vu cela en Norvège. Quelle confiance tout de même !



On retrouve ces maisonnettes sur quelques kilomètres en bordure de la route 50.





Nous faisons le plein de légumes frais et poursuivons vers le Sud par la 52 et la 550 afin de rallier þingvellir. Cette route, que nous n’avions pas prévu d’emprunter se transforme vite en piste. A l’approche de la 550, le temps se gâte sérieusement et le ciel, subitement aussi noir que la piste de cendres sur laquelle nous évoluons, nous plonge instantanément dans l’univers de Tolkien. Les ténèbres du Mordor ne sont pas loin. Nous ne sommes pas tranquilles, d’ailleurs je n’ai pris aucune photo pendant le trajet, cela prouve bien notre état d’anxiété. L’arrivée à þingvellir se fait sous la pluie.

Þingvellir est un lieu mythique pour les islandais, où s’étend la plaine du premier parlement de la première démocratie (fondé en 930), mais c’est surtout le seul endroit avec l’Ethiopie où l’on peut observer la dorsale médio-atlantique en surface. La faille Almannagjá, orientée Sud-Ouest/Nord-Est s’écarte de 2 cm par an et sépare deux continents, avec d’un côté la plaque nord américaine et de l’autre, la plaque eurasienne.



Les nombreux sentiers sillonnant le parc nous mènent à Öxarárfoss puis à différents points de vue surplombant l’immense lac Þingvallavatn.



Nous repartons par les routes 365, 37 et enfin la 35 pour rallier notre hébergement, la guesthouse Husið dans laquelle nous avions séjourné le soir de notre arrivée en Islande. Comme nous souhaitions nous rapprocher de Reykjavik et que la maison d’hôtes est bien située, nous y avons réservé une chambre pour 2 nuits depuis Grundarfjörður. Nous y avons nos marques et y sommes presque comme à la maison. On se prépare donc notre petit dîner et au lit.

Journée un peu tristounette, d’abord en raison du temps, puis parce que l’on n’a pas vraiment été emballé par la région d’Akranes, ni réellement par Þingvellir. C’était une visite agréable avec de beaux sentiers, mais sans plus. Peu de couleur aujourd’hui…ça manque !

03/09 – J16 : Reykholt – Geysir – Gullfoss – Hveragerði –Reykholt A la recherche des eaux…bleues

Comme il fait plutôt beau ce matin, nous retournons à Geysir et à Gullfoss. Comparé à il y a quinze jours, l’affluence est nettement supérieure en journée, surtout à Gullfoss. Des cars entiers déversent leurs touristes, asiatiques pour la plupart, qui se pressent autour du site et dans l’immense boutique/cafétéria dès les premières gouttes de pluie. Nous prenons également un peu le temps de flâner dans la boutique et nous réchauffons autour d’un bon bol de soupe servie à volonté.

Sur le parking, David et Goliath :



A côté du 4x4 islandais, notre Grand Vitara a l’air d’une voiturette ! On ne joue pas dans la même cour pour traverser une rivière.

Nous partons ensuite à la recherche d’une chute bien cachée et peu connue : Bruárfoss, à proximité de la route 355. La chute n’est pas des plus sensationnelles, mais c’est la rivière toute entière, qui coupée en deux par une faille, forme des dizaines de petites chutes aux eaux d’un incroyable bleu turquoise. L’accès se fait au bout d’un dédale de ruelles au sein d’une zone de maisons de vacances. Nous parcourons le sentier et traversons un petit pont en bois et nous retrouvons très vite dans une zone marécageuse. Nous voilà avec 10 cm de boue collée à nos chaussures, ne sachant pas vraiment où se trouve la chute. On entend bien le bruit de la rivière, là pas très loin, mais le terrain est entièrement inondé. Tant pis, nous rebroussons chemin tout près du but !

Direction le Sud, vers Hveragerði, pour découvrir un autre site géothermique. La particularité des lieux est que la zone de géothermie, autrefois située au cœur de la ville, s’est déplacée à la suite d’un séisme en mai 2008. La zone d’activités se trouve désormais sur les hauteurs de la ville. Une forte odeur de soufre embaume les lieux. Canalisations rouillées et à l’abandon jalonnent le parcours.





Plus loin sur les hauteurs, un sentier de 3 kilomètres vous mène à l’une des rivières chaudes les plus connues d’Islande, Reykjadalur (la vallée des fumées).

Sur le chemin du retour, dernier arrêt à Kerið, un cratère volcanique vieux d’environ 6500 ans situé en bordure de la route 35. Ce cratère aux parois rouges, de 270 mètres de long sur 170 mètres de large et profond de 55 mètres, abrite un petit lac dont le niveau peut varier de 7 à 14 mètres. L’accès y est payant depuis juin 2013 (300 ISK, soit environ 2 €).



Comme la veille, dîner « à la maison » et au lit.

Aujourd’hui, nous avons renoué avec les cascades, geyser, fumerolles, volcan et vapeur de soufre : toutes ces couleurs qui caractérisent l’Islande et que nous aimons beaucoup.

04/09 – J17 : Reykholt – Reykjavik A la capitale

Voilà, nous quittons les terres pour la capitale, dernière étape de ce voyage.

100 kilomètres à peine nous séparent de Reykjavik, nous y arrivons en milieu de matinée et commençons par la visite du Perlan situé en périphérie. Le bâtiment, qui n’est autre qu’un grand réservoir géothermique qui alimentait autrefois la ville, ne représente pas un grand intérêt, si ce n’est sa terrasse panoramique circulaire offrant une vue remarquable sur toute la baie de Reykjavik. Un des réservoirs abrite le saga museum qui retrace les moments clés de l’histoire islandaise.



Nous prenons la direction du centre de Reykjavik afin de nous installer pour 2 nuits à la Guesthouse Sunna. La maison d’hôtes comprend de nombreuses chambres bien tenues (avec ou sans salle de bain) et une cuisine à chaque étage. L’adresse est très centrale, à deux pas de l’avenue commerçante (Laugavegur) et juste en face de Hallgrímskirkja, l’église luthérienne de Reykjavik, dont l’architecture en béton rappelle une fois de plus les orgues basaltiques. A l’intérieur, l’on peut y découvrir un gigantesque orgue de plus de 5200 tuyaux.



Nous arpentons les rues en direction du port. La ville est à taille humaine, facilement parcourable à pied en une demi-journée. De jolies maisons d’un à deux étages en bois ou en tôle ondulée, parfois colorées et typiques des pays scandinaves, bordent les rues. Parfois quelques gratte-ciel tutoient les nuages, mais ils restent peu fréquents. Le bâtiment le plus emblématique de la ville est sans aucun doute Harpa, la salle de concert et centre des congrès, entièrement revêtue de panneaux de verre de différentes couleurs. Située sur le vieux-port, les reflets de l’eau et des bateaux dansent avec la lumière. Restaurant et boutique occupent le rez-de-chaussée. Quel bel ensemble.







Plus loin, l’on découvre installée sur le front de mer, Sólfarið, une belle sculpture en inox rappelant sans aucun doute les drakkars vikings.

Nous remontons le port et arrivons au Seabaron, une adresse bien connue pour ses brochettes de poissons et sa soupe de homard (plutôt de la langoustine). Le local est petit et simple, chaleureusement décoré et tenu par un ancien pêcheur. Pour les brochettes, on peut choisir entre plusieurs poissons, St Jacques et même de la baleine. Nous nous sommes contentés de la soupe qui était excellente. Une bonne adresse sympathique où l’on se sent chez soi.

Nous sommes à présent dans le centre historique où se trouvent les plus anciennes maisons mais aussi le lac Tjörnin, occupé par de nombreux oiseaux. Au ras de l’eau, le hall de l’hôtel de ville, enferme une belle maquette en relief du pays, nous permettant de mieux visualiser notre parcours.





La journée se termine en déambulant au hasard des rues.

Belle journée à Reykjavik qui ne parait pas très grande, mais qui doit certainement receler des petits trésors cachés, que nous touristes pressés ne prenons pas le temps de découvrir. En tout cas il semble y avoir une vie culturelle assez intense, avec une population jeune et dynamique le tout, au cœur d’un cadre naturel unique.

05/09 – J18 : Reykjavik – Reykjanes - Reykjavik A la recherche des eaux…chaudes

Pour notre dernier jour entier en Islande…il fait très beau.

Direction la péninsule de Reykjanes, pour un dernier aperçu des trésors naturels de l’île. Cette péninsule est un petit condensé d’Islande, mêlant des champs de lave moussues, des sources d’eau chaude, des solfatares, des lacs et des petits ports. Premier arrêt à Hafnarfjörður, la 3ème ville du pays, sans grand intérêt. Puis nous empruntons la route 42, puis la 427, à travers un paysage volcanique de toute beauté, menant au lac Kleifarvatn, entouré de formations rocheuses et de plages de sable noir.







Un peu plus loin, le site géothermique de Seltun, équipé de passerelles en bois louvoyant au cœur des marmites de boue et des évents de vapeur, nous rappelle les autres aires géothermiques déjà rencontrées plus au Nord.



A proximité se trouve Skatalaug, une source chaude dans laquelle il est possible de se baigner. Munis de ses coordonnées GPS, nous partons à sa recherche. Autant vous dire que nous ne la trouverons pas. Soit les coordonnées n’étaient pas exactes, soit Skatalaug n’existe plus. La nature nous récompensera tout de même par la présence d’un cœur de verdure au milieu des sables volcaniques.



Nous poursuivons sur la route 427 jusqu’à Grindavik, minuscule port situé au sud de la péninsule avant d’emprunter la 426 pour Bláa Lónið (blue lagoon). Ce site thermal hautement touristique est construit à côté d’une centrale géothermique plantée au milieu d’un champ de lave. Ses eaux chaudes légèrement salées et riches en silice sont d’un bleu laiteux irréel. Nous pénétrons dans le hall d’accueil pour voir les bassins sans avoir l’intention de se baigner (à 40 € par personne la baignade, alors que le pays compte d’innombrables sources chaudes naturelles -encore faut-il les trouver-, pourquoi pas, mais là il y a beaucoup trop de monde).



Nous ressortons et nous promenons autour des autres bassins non aménagés, puis plus loin, aux abords de la centrale où les dépôts de silice sont bien visibles.





On peut se tartiner le visage avec cette pâte blanche, c’est même conseillé pour soigner certaines affections cutanées. Même si l’on a déjà vu les bains de Myvátn, cela vaut tout de même le déplacement.

Nous reprenons la route au milieu des champs de lave, nous arrêtons pour un nettoyage complet du véhicule et regagnons la capitale pour terminer la soirée sur le port et dîner à l’Icelandic Fish & Chips. Les beignets de poissons (morue, haddock, loup, plie…), réalisés à base de farine d’épeautre et plongés dans une friture légère sont accompagnés de pommes de terre persillées cuites au four et de différentes sauces au choix.

Voilà, l’aventure prend fin petit à petit, pas après pas dans les rues animées de Reykjavik. S’achève ici un voyage d’exception, sur les terres tourmentées d’une île de glace et de feu.



06/09 – J19 : Reykjavik – Francfort - Alsace Retour à la civilisation

Notre vol n’étant qu’à 16h05, nous profitons de la matinée pour les derniers achats souvenirs sur Laugavegur.



Nous quittons la ville pour Keflavik vers 12 heures, rendons le véhicule chez Blue Car et attendons notre vol avec une pointe de nostalgie.

Dernières couleurs au dessus des nuages avant d’atterrir à Francfort.



Changement de température : il fait 27°C à 22 heures et immersion brutale dans le bruit et le trafic routier : nous sommes vendredi soir et la circulation sur les autoroutes allemandes est infernale. On est loin des quelques voitures croisées en Islande, on avait oublié cette foule avec délectation.

Nos impressions :

L’Islande c’est d’abord la fusion des forces de la nature. Le vent, la pluie, le feu, la glace : toutes les manifestations terrestres qui nous font nous sentir petits ; C’est des volcans, des déserts, des montagnes, des glaciers, des rivières et des cascades ; C’est enfin une multitude de couleurs : le blanc des moutons, de la neige, de la glace et des panaches de fumées s’échappant des évents de vapeur ; le jaune du soufre, des déserts et des prairies asséchées par le vent ; le noir de l’obsidienne, de la lave et de la cendre rejetées par les volcans ; le vert tendre des toitures, des pâturages où paissent moutons et chevaux islandais ; le vert fluo des lits de mousses et des aurores boréales ; le rouge des cratères, des scories basaltiques et de l’oxyde de fer recouvrant les montagnes du Landmannalaugar ; l’ocre des plages et des montagnes de rhyolite ; le bleu des lacs, des fjords et des glaces de Jokülsarlón ; et pour finir le gris des rivières glaciaires tumultueuses, des colonnes de basalte et des ciels irréels déchirés par les nuages.

L’Islande est tout cela à la fois, mystérieuse et envoûtante, sublimée par une luminosité magique.

Nous avons adoré : Tout

- Les volcans, déserts, montagnes, glaciers, rivières, cascades, fjords - Les hautes terres et leurs pistes pour l’extrême beauté des paysages - Les moutons, chevaux, innombrables oiseaux, canards et surtout les incroyables clowns des mers : les macareux - La magie d’une aurore boréale aux confins des montagnes et des fjords

Nous avons moins aimé : Les gués et la longueur de certaines pistes (mais cela en valait bien la peine)

Hébergement / Restauration :

Tous les hébergements réservés ont été à la hauteur de nos attentes, avec une mention spéciale pour l'isolement et la vue à Mjoifjörður (Solbrekka), pour la table d’hôtes à Myvátn (Guesthouse Stong) et pour le confort à Grundarfjörður (Hostel).

Idem pour la restauration et/ou les ravitaillements en supermarché où nous n’avons manqué de rien.

Notre péché mignon islandais le Skyr (sorte de fromage blanc nature ou aromatisé) et les Hraun Bitar (gauffrette chocolatée aux petits morceaux croustillants de maïs soufflé ) -un peu de publicité islandaise- :





Infos pratiques :

- 3 800 km parcourus, 8 pleins, 365 litres d’essence - livres de route : guide du routard, bibliothèque du voyageur Gallimard, guide de randonnées Rother - infos complémentaires recueillies sur les forums de Voyage Forum, www.voyage-islande.fr et www.france-islande.com et sur les sites de Mlefevre, Grisemote, Aliza, Chris51 et d’International Photographer sans oublier celui de krikri et de Beregond

Remerciements :

Merci à Mlefevre pour ses différents récits qui m’ont fait découvrir toutes les beautés de ce pays et notamment les hautes terres.

Merci à Beregond, Pitimerguez, Pierre77N, Aliza, Timouss, Tidalo, Toopil, ArbreMojo, JeanMichel54, Clarée006 et Esethi pour votre contribution, votre aide précieuse à l’élaboration de l’itinéraire et vos réponses toujours détaillées.

Bonne lecture et, à ceux qui franchiront le pas, bon voyage en Islande.

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L'Islande à pied avec les copains
Bonjour à tous, j'espère que mon sujet ne fera pas trop redite avec les informations que j'ai eu le plaisir de lire dans les autres sujets de ce forum.

je suis un bonhomme de 26 ans qui cherche à partir en Islande avec ses amis et sa chérie, dans le trip rando/nature/paysages/campisme ou refuge. On compte partir 7 jours, avec un groupe de 5 personnes plus ou moins, avec un budget plutôt serré, et pas de problème de santé en général, capables d'encaisser la marche comme il faut mais pas sportif jusqu'au bout non plus :-) (on peut faire du 20 km/jour)

Du coup je me renseigne auprès des agences de voyage, elles ont un prix exorbitant pour de la rando ! Est-ce normal ?

Quelle est la meilleure saison pour partir ? je rêve d'aurores boréales mais apparemment ce n'est qu'au printemps ? Et côté finance ?

Avez-vous des conseils à donner concernant la marche ? Faut-il avoir un guide ? Est-ce dangereux de partir sans ? (j'ai un peu d'expérience en topo) (je vais déjà m'encaisser la lecture de ça et ça)

Merci de vos réponses !
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A summer in the sun in... Iceland!!
Ah, Iceland and us—it’s quite the story, or rather, a long wait... The first time we considered going was already 7-8 years ago, after reading travel journals describing breathtaking landscapes, countless active and dormant volcanoes, glaciers, and waterfalls with extraordinary flows. In short, this island, made of fire and ice, right at Europe’s doorstep with its own unique culture, had nothing but advantages, and it was urgent to visit without delay 😇

My *Routard* guidebook is actually from 2016. So why did Iceland make us wait so long before we finally gave in to its charms? Yes, why indeed?

Simply because reading other travel journals revealed the cost of living there—and especially the harsh climate, even in the middle of July 🤪! Some journals described entire weeks of rain and foggy weather, making it tricky to explore the island. The budget wasn’t spared either, because in the most touristy areas, especially in the south and around Myvatn, accommodation prices are downright indecent—even outright robbery. 😕

Plus, in the Highlands, there’s literally no permanent lodging, and the only way to spend several nights there is to camp. And camping in winter conditions wasn’t exactly part of our plans... 😄

So, year after year, this trip kept getting postponed...

until August 2023, when prices for Southern Africa, North or South America, or even Asia were all way too high for summer 2024!

That’s when I turned my attention back to the Land of Fire and Ice and scoured all the comparison sites for the best accommodation deals across the country. Planning for 20 nights, I found 13 nights in "proper" lodging for 5 people at an average cost of under 200 €! A miracle, considering that in the southern glacier region, around Vik or Myvatn, prices range from 300 to 1000 € per night 😮 😮!

Still, that means we’ll have to camp for 7 nights, mostly in the Highlands, near Askja or Landmannalaugar. 😎

For once, I built the daily itinerary entirely around the decently priced lodgings I found 11 months in advance! The shortage of places to stay in some areas forced me to plan a few long transition days and make some tough choices. No big deal, though—there’s so much to do on this island 🙂!

Once the main itinerary was set, everyone agreed to the plan: 2/3 in proper lodging and 1/3 camping, even the most camping-averse among us! *Follow my gaze...*

By the time we bought the flight tickets, I had to tweak the itinerary a bit because one or two places were already booked! Plus, it was impossible to wait for a more refined plan to adjust reservations, since almost all bookings are non-refundable!! The harsh law of supply and demand...

For the car rental, we booked a Hyundai Tucson, approved for the Highlands, from Lava Car Rental—a company I’d read good reviews about in a Facebook group—for a cool 2500 € with full insurance. A real 4x4, like a Defender, would’ve been more than double...! Welcome to Iceland 😕...

Activities and excursions also required some tough choices. We had two must-dos: whale watching in Húsavík (60 € pp on Getyourguide) and a Glacier and Summer Treasure Glacier Walk with BlueIceland (165 € pp with discount codes on Getyourguide).

For the baths, we skipped the Blue Lagoon—too expensive—in favor of the Secret Lagoon and the Myvatn Baths, the Blue Lagoon’s equivalent but half the price.

Two baths for the price of one... and even more, since I spotted several free hot-water swimming spots.

Itinerary: Day 1: Arrival in Reykjavik - Hraunfossar Waterfall - Surtshellir Cave Day 2: Grábrók Crater - Snæfellsnes Peninsula Day 3: Stykkishólmur - Sturlungalaug Hot Springs Day 4: Northwest Coast - Akureyri - Goðafoss Day 5: Myvatn Day 6: Myvatn - Dettifoss - Selfoss - Rauðhólar Day 7: Húsavík Whale Watching - Dettifoss - Selfoss Day 8: Stuðlagil Canyon - Seyðisfjörður Day 9: Puffin colony - Störurð Hike Day 10: Hengifoss - East Fjords, Mjóifjörður Day 11: Viking Village - Jökulsárlón - Fjallsárlón Day 12: Glacier Excursion - Svartifoss Day 13: Fjaðrárgljúfur Canyon - Vík Day 14: Þakgil - Lava Show Vík Day 15: Southern Waterfalls Day Day 16: Landmannalaugar - Skalli Hike Day 17: Landmannalaugar - Bláhnjúkur - Brennisteinsalda Day 18: Secret Lagoon, Kerlingarfjöll, and Gullfoss Day 19: Geysir - Reykjavik Day 20: Bruarfoss - Þingvellir - Kerid Crater - Krýsuvík Geothermal Area Day 21: Reykjanes Peninsula

Friday, July 5, 2024, is our last workday before driving up to Alsace overnight to leave the cockers at Grandpa’s for boarding. Then, at 1:30 AM, we’ll head to Frankfurt, where a direct flight to Iceland awaits.

We arrive at 4 AM. Since we leave at 7 AM, the "night" will only last the equivalent of a 30-minute nap 🤪... just enough to get us in the road-trip mood 😏!!
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Alaska 2018, The Last Frontier!
De retour sur VF après plusieurs mois d'errance entre un road-trip en Afrique du Sud, un contrat en Guadeloupe, un voyage en Tanzanie et un déménagement surprise en Guyane... Je commence, enfin et parallèlement à la préparation de notre prochain voyage en Patagonie, le récit de notre voyage de 3 semaines en Alaska réalisé en Juillet 2018. 🙂

C'est un voyage que nous avons organisé 6 mois en avance.

Après deux longs voyages en Afrique australe nous aurions adoré remettre ça, mais cette année je ne pouvais pas partir plus de 3 semaines et nous nous sommes laissés dire que ce serait bien aussi de voir autre chose et de visiter de nouveaux continents. Qu'a cela ne tienne !

Passionnés de faune sauvage et de grands espaces nous n'avons pas mit longtemps à nous décider et c'est tout naturellement vers le 49ème état des Etats Unis que nous nous sommes tournés. L'Alaska ! L'Alaska et sa faune exceptionnelle qui font rêver bien des amoureux de nature.

Nous avons rapidement prit nos billets d'avions pour Anchorage et en avons profiter pour organiser une escale de 2 jours en Islande afin de visiter la péninsule de Reykjanes que nous n'avions pas pu explorer l'année passée pour cause de tempête de neige.

Nous avons décidé de partir en Juillet plutot qu'en Aout car c'est la période qui semblait la plus sèche (tout est relatif) et la plus propice à l'observation des célèbres grizzlys.

En entamant la préparation de notre voyage, nous nous sommes vite rendu compte qu'organiser un road-trip en Alaska serait très différent de ce que nous connaissions.

Tout d'abord l'Alaska est une destination réputée pour être peu abordable, les locations de voitures via les agences internationales habituelles sont très chères, il y a peu de solution d’hébergement donc il faut réserver longtemps en avance et le rapport qualité prix varie entre mauvais et moyen.

En somme, la façon la plus simple d'y voyager est de louer un camping-car, ce qui n'est pas donné non plus.

En 2017 nous nous étions vraiment beaucoup investis dans l'organisation de notre road-trip de 2 mois en Afrique australe que nous avions commencé à préparer presque 1 an en avance. Cette année nous ne voulions pas nous prendre la tête, nous louerons donc un gros SUV et dormirons dedans pendant 3 semaines comme nous l'avions fait lors de notre tour d'Islande.

C'est une option qui peut paraitre peu confortable mais nous aimons beaucoup la liberté qu'elle offre et cela permet de faire de grosses économies sur l'hébergement pour pouvoir faire plus d'activités ou simplement partir plus longtemps...

Nous nous sommes dépechés de louer un Hyundai Sante Fe (or similar) à Alamo via Happytour et de réserver une journée de bear watching (activité phare et très chère qui s'organise des mois en avance).

Puis, pour des raisons d'hygiènes et de repos obligatoire, nous nous sommes également offert 4 nuits en dur et nous avons acheté quelques guide de voyage, dont The Millepost pour attendre patiemment (ou pas) le jour du départ. 🙂

Au final le seul impératif de notre road-trip était d’être à Homer le 14 Juillet pour le bear watching à Katmai NP et c'est autour de cette date que nous avons élaboré notre programme.

J1 (03/07/18) : Islande, Blue Lagoon

J2 (04/07/18) : Islande, Péninsule de Reykjanes, Reykjavic -> Anchorage

J3 (05/07/18) : Anchorage -> Denali NP

J4 (06/07/18) : Denali NP

J5 (07/07/18) : Denali NP

J6 (08/08/18) : Denali NP

J7 (09/07/18) : Denali NP -> Talkeetna

J8 (10/07/18) : Talkeetna -> Anchorage

J9 (11/07/18) : Anchorage -> Girdwood

J10 (12/07/18) : Girdwood -> Russian River

J11 (13/0718) : Russian River -> Homer

J12 (14/07/18) : Brooks Falls - Katmai NP

J13 (15/07/18) : Homer - Kachemak Bay

J14 (16/07/18) : Homer -> Seward

J15 (17/07/18) : Seward

J16 (18/07/18) : Seward -> Whittiez

J17 (19/07/18) : Whittier -> Valdez

J18 (20/07/18) : Valdez

J19 (21/07/18) : Valdez -> Kenicott

J20 (22/07/18) : Kenicott

J21 (23/07/18) : Kenicott -> Anchorage

J22 (24/07/18) : Départ à 8h pour moi destination Pointe à Pitre et à 16h pour Alison destination Paris.

N'ayant que 19 jours sur place, nous avons fait le choix de nous concentrer sur l'Alaska "continentale" en particulier la très belle péninsule de Kenai et le Denali NP qui était une des principales raisons de notre voyage. 🙂 Le Yukon, et l'Alaska maritime seront donc les destinations de prochains voyages, si la vie le permet !

Le cout total de ce voyage a été d'environ 9000€ à deux et je détaillerai nos différentes dépenses à la fin de ce carnet.

Après ce petit texte d'introduction dont tout le monde se fout, place au récit et aux photos !! 😎

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Islande mai 2016
Bonjour à tous,

Voici le récit illustré de notre récente virée islandaise



Il me reste à insérer pas mal de photos, ma connexion est capricieuse donc je ferai ça plus tard. Edit : le récit est achevé.

Une petite vidéo de la piste vers Thorsmork : 14 gués et un paysage fantastique!

En plus une petite vidéo de la piste vers Thorsmork, 14 gués dans un paysage fantastique!

Cliquer ici pour le récit illustré.

Bonne lecture!

Marie

Le texte seul:

ISLANDE MAI 2016 4ème voyage en Islande, on adore ce pays ! Juillet 2003 : 1er voyage en famille camping-car : émerveillement et petite frustration de ne pas pouvoir aller « partout » sites.google.com/...elaterreislande/Home

Juillet 2012 : 2ème voyage toujours avec nos 3 enfants en louant sur place un 4X4 et en emmenant le matériel pour bivouaquer où bon nous semble : même émotion que la 1ère fois, décidément ce pays a tout pour nous plaire. sites.google.com/...sterresdislande/home

Juin 2013 : 3ème voyage juste nous 2 les parents pour faire le trek Landmannalaugar Skogar, en tout début de saison : pas grand monde et météo sympa ! sites.google.com/...nnalaugarskogar/home

Pour ce 4ème voyage, nous avons la chance de disposer d’un fourgon aménagé 4X4 : la formule idéale je pense pour profiter en toute liberté de cette île au climat si fantasque. Nous n’avons pas de programme pré-établi mais avons répertorié les randos qui pourraient nous plaire. Nous allons avancer au fil de la météo : flexibilité et opportunisme sont au programme ! Les enfants ont grandi et sont maintenant (relativement) autonomes, c’est l’occasion de découvrir l’Islande autrement qu’en été ! Nous réservons donc en novembre la traversée sur le Norröna (Cie Smyril Line), appareillage du Danemark (Hirtshals) le samedi 14 mai à 15h, courte escale à Torshavn aux Féroé le 16 mai et arrivée à Seydisfjordur en Islande le mardi 17 mai à 9h00. Nous espérons voir des paysages encore enneigés, pouvoir profiter des longues journées de printemps, et d’une fréquentation touristique encore raisonnable. Certes la plupart des pistes de l’intérieur seront fermées mais comme nous y retournerons en août, aucune frustration ! Préparatifs : En plus de l’incontournable Google Earth, des cartes compatibles garmin pour mapsource ourfootprints.de/...apsource-island.html, j’ai utilisé la carte Michelin Islande (très bien mais échelle un peu grande), téléchargé l’appli wikiloc sur mon smartphone avec la carte d’Islande (utilisable offline) et les parcours qui nous intéressent, acheté un petit bouquin pas mal du tout qui répertorie les pistes : Trackbook, 58 highland adventures de Melina Lindenblatt et Mathias Gottenauer. Pour le fourgon, nous y avons rajouté un snorkel afin d’être sereins pour les gués, des plaques de protection à l’avant et pour la boite de transfert, des pneus tout terrain, procédé à la mise à l’air du pont arrière, embarqué mèches et compresseur, sangle de traction et manilles, pelle et plaques de désensablement. Après avoir hésité jusqu’au dernier moment, nous embarquons raquettes et crampounets (microspikes de Kahtoola) : l’étude des webcams sur le site www.road.is montre qu’il reste encore pas mal de neige dans le nord-est en particulier. Je mets en marque-page sur mon portable ce site www.road.is qui informe en temps réel sur l’état des routes et les ouvertures de pistes, et en.vedur.is/ pour suivre plusieurs fois par jour l’évolution de la météo. Je prévois d’acheter à notre arrivée une carte sim SIMINN, qui placée dans un petit routeur wifi va nous permettre une connexion facile à internet pour un coût très raisonnable www.siminn.is/prepaid/

Vendredi 13 mai 2016 Départ de Nancy vers 8h00, traversée pénible de l’Allemagne (70 km/h de moyenne par les autoroutes…), et nuit au Danemark un peu après la frontière en bord de mer. Déjà 1000 km au compteur, encore 240 jusqu’au bateau… Samedi 14 mai 2016 Route parfaite au Danemark, nous arrivons comme des fleurs avec 3h d’avance à Hirtshals. Le temps de faire un tour rapide sur le port où trainent 1 ou 2 plates-formes pétrolières (c’est graaand !), de voir arriver le Norröna, de manger un morceau, le guichet de pré-embarquement ouvre à 12h30. J’indique que je souhaite débarquer avec le fourgon aux Féroé (j’avais eu auparavant confirmation par mail que c’était possible), si bien que nous embarquons parmi les derniers, après une très longue attente due à l’inspection des innombrables semi-remorques (chien renifleur + miroir) qui composent au moins les 4/5ème du chargement. Quelques bus de tourisme, des voitures et quelques camping- cars plus ou moins équipés nous accompagnent. A cette époque, le Norröna transporte énormément de fret. Nous appareillons avec 3h de retard, alors que souffle un fort vent de nord-ouest.

Dimanche 15 mai 2016 Les heures s’écoulent lentement… Lundi 16 mai 2016 Enfin un peu d’action ! L’escale prévue de 5h à 14h est amputée des 3h de retard à l’appareillage, que le bateau face au vent et à la mer n’a pas pu rattraper. Nous arrivons donc à 8h à Torshavn, capitale des Féroé (50000 habitants, 80000 moutons). Le ciel est bien bas Peu importe, nous débarquons les premiers (enfin après un certain nombre de camions), ravis de respirer un peu d’air frais (les passagers des bus allemands et polonais fument et picolent 24/24, même en zone non-fumeur, beurk !) Il est déjà 9h00 et nous devons être de retour pour 13h : tout petit aperçu des îles Féroé en quelques photos. Les montagnes d’origine volcanique plongent dans la mer, quelques coquets villages reliés par des routes audacieuses où se serrent les unes contre les autres de jolies maisonnettes aux couleurs vives. Un climat très humide avec de rares lueurs solaires (températures moyennes de 11°C en été, 4°C en hiver), un printemps tardif (les arbres sont encore « tout nus ») Le pays vit de la pêche depuis « toujours » et la moindre crique même minuscule pas trop exposée aux vents dominants a permis l’implantation d’un petit hameau. Nous réembarquons rapidement, appareillons à 14h00, passons entre les îles, reconnaissons le petit village de Gjov où nous étions tout-à-l’heure, au pied du Slættaratindur, sommet de l’archipel (880 m), puis c’est la haute mer…

Mardi 17 mai 2016 Après une 3ème nuit à bord, notre 1er regard se porte vers le nord-ouest et oui ! C’est enfin l’Islande, encore bien enneigée comme nous l’espérions ! Nous embouquons le fjord de Seydisfjordur, sous les nuages mais une lueur d’espoir se profile au Nord-est… Au sud, l’atmosphère est franchement austère et hivernale mais de l’autre côté, ça sent le printemps ! Un regard en arrière sur l’entrée du fjord… Voilà Seydisfjordur, sous le soleil à présent ! Nous débarquons les premiers, avant les camions ! Petit salut des douaniers et nous voilà déjà sur la route qui monte sur les hauts plateaux dominant le fjord : de la neige d’un blanc éclatant partout, du ciel bleu orné de crème chantilly ! Nous jubilons ! Passage rapide à Egilstadir pour faire le plein de bouffe, acheter la carte sim pour les data (le beau temps devrait durer quelques jours !!), puis nous prenons la route 94 vers le nord et les monts Dyrfjoll. Et au milieu coule une rivière…. Il y a des centaines d’oies et de cygnes partout dans cette large vallée, nous n’en avons jamais vu en si grand nombre ! La brèche caractéristique du Dyrfjoll est à présent bien visible, énorme ! A l’est l’immense delta de la Lagafjlot. Nous nous arrêtons au col avant Bakkagerdi et partons équipés de nos crampounets (la neige est bien dure mais la pente est raide) sur la rando de Storurd. Le massif culmine à 1136 m et la neige est présente dès 300 m : atmosphère de haute montagne à quelques centaines de mètres de la mer ! L’heure avance, la neige se ramollit, il est illusoire d’aller jusqu’à Storurd (zone d’énormes éboulis en contrebas de la brèche) donc demi-tour jusqu’au fourgon, impatients que nous sommes de poursuivre notre exploration de ce coin magnifique. Nous longeons la côte ouest du Borgarfjordur, en examinant avec attention la côte est d’où part une rando vers la baie de Brunavik : hum, c’est encore très enneigé… Vue de la face est de la brèche du Dyrfjoll, pas mal non plus ! Au bout de la piste se trouve une ferme à eiders (on en verra plein partout sur la côte nord, elles sont facilement repérables d’abord grâce aux volatiles très nombreux mais aussi du fait de la présence de petits fanions et autres épouvantails destinés à éloigner les importuns- grands corbeaux, grands labes et labes parasites en particulier) Un éperon rocher permet d’observer des pétrels fulmar, espèce d’oiseaux de loin la plus représentée durant notre voyage. Nous prenons la (mauvaise) piste vers Brunavik sur quelques centaines de mètres puis nous préférons stopper avant d’être coincés par la neige. Nous poursuivons à pied, hélas sans les raquettes (les crampounets ne sont pas adaptés car la neige est très molle sur ce versant ensoleillé) et bien qu’avides de découvrir plus avant ces belles montagnes colorées, nous devons renoncer (il faudra revenir !) Vue grandiose sur le Borgarfjordur… Le village de Bakkagerdi est vraiment situé dans un environnement grandiose… Retour vers le sud par la piste 94, où nous essayons d’approcher les oies, fort méfiantes. La compagnie des chevaux leur est plus familière ! Nous trouvons une petite piste près de la route 94 pour passer notre 1ère nuit en Islande : c’est si beau dans la lumière rasante du soleil couchant que j’en ai les larmes aux yeux…

Mercredi 18/05/16 Nous repassons à Egilstadir et comme la route directe vers Vopnafjordur est encore fermée, nous prenons la route N°1 sur quelques dizaines de kilomètres très enneigés. En altitude (relative hein, 300 m environ) la fonte s’amorce timidement, Alors que quelques dizaines de mètres plus bas, elle est plus franche. Nous bifurquons ensuite sur la 85, que nous allons rebaptiser la vallée des cygnes tant ils sont nombreux ! Plein d’essence et pause déjeuner à Vopnafjordur, puis nous continuons sur la belle route 85 qui parcourt une sorte de bout du monde désolé, ponctué de rares fermes dont la plupart semblent abandonnées. Sans doute pas toutes puisque quelques chevaux sont toujours là. Encore des nids d’eiders, toujours situés à l’embouchure d’une rivière où les canards s’amusent à se laisser porter à toute vitesse par le courant ! Partout sur cette côte, du bois flotté venu des forêts de Sibérie : une source inépuisable de matériaux utilisés dans les fermes pour les clôtures. J’ai repéré sur la côte ouest du Thistilfjordur une rando vers Raudanes. Mauvaise surprise la piste d’accès est fermée…mais le départ de la rando n’est qu’à 1.5 km selon wikiloc. On hésite un peu puis on se décide et on a bien fait ! Très vite apparaissent les premières arches basaltiques, avec une profusion d’oiseaux : pétrels, eiders en majorité. A l’est la péninsule enneigée de Langanes miroite au soleil. La côté s’étire vers le nord, ponctuée d’arches volcaniques érodées par les flots. Soudain, alors que je pensais que nous étions trop tôt en saison, surgit un premier macareux, puis un autre ! Alors que sur la côte la végétation n’a pas quitté sa rousseur hivernale, le sommet des rochers abritant des oiseaux, fertilisé par le guano est tout fleuri ! Voilà une bonne place qui semble convoitée ! Un rocher tout blanc attire notre attention, quel succès auprès des oiseaux ! Encore quelques centaines de mètres et nous découvrons émerveillés le clou du spectacle ! Le temps de penser que ce serait fun de photographier l’escargot à travers l’arche, nous découvrons un petit sentier qui mène au bord de l’eau. Et voilà ! Avec du recul, nous remarquons que le rocher blanc est en fait aussi une arche, qui en plus possède une jumelle ! L’endroit est aussi apprécié des oiseaux et…des macareux en particulier, qui ont investi le sommet d’un promontoire herbeux, transformé en forteresse imprenable ! Un véritable HLM avec vue sur mer ! Nous n’avions jamais remarqué le comportement grégaire des macareux : ils décollent ensemble pour aller à la pêche et reviennent tous de façon synchrone, trop marrant ! Nous observons longuement leur manège puis le ciel commence à se voiler, la température fraichit, il est temps de regagner le fourgon (ne faites pas comme nous : mieux vaut revenir par la côte plutôt que de continuer la boucle, parcours plus long et pas palpitant) Nous faisons un petit détour par Asbyrgi, qui ne nous enthousiasme toujours pas (pas de photos), constatons que la piste vers Hjodaklettar est toujours fermée (dommage !) et trouvons un coin pour la nuit pas loin de la 85 après Vogar. Accueil bruyant des sternes qui s’habituent très vite à notre présence.

Jeudi 19/05/16 Derrière cette langue de terre, les montagnes de Viknafjoll : nous approchons de Husavik. Nous profitons des dernières heures de beau temps pour aller nous balader sur la plage et la falaise de Hedingshofdi. Ciel pommelé et femme fardée sont de courte durée, dit le dicton. Aussi nous équipons nous rapidement, ajoutons ce système anti-sterne improvisé mais très efficace (les sternes attaquent le point le plus haut), et nous partons vers la falaise qui surplombe le petit îlot de Lundey. Encore un parc à eiders, comme toujours protégé des prédateurs et piétineurs… Le vent soulève quelques embruns… Peu d’oiseaux sur la falaise en dehors des sempiternels pétrels, mais des chevaux très avides de contact dans la prairie de l’autre côté. Les voilà qui approchent Puis nous passent au nasomètre… C’est étonnant comme leur pelage est inodore et non gras, à la différence des chevaux de chez nous… Si quelqu’un a une explication… Voilà, le soleil est parti, nous reprenons la route, contents de notre bol d’air matinal sous le soleil (balade pas indispensable cependant) Ravitaillement à Husavik (pas d’excursion baleine pour nous, on a déjà donné il y a 13 ans et c’était…bof et très froid !), petite pause au lac chaud à la sortie d’Husavik, où nous nous étions baignés lors de notre premier voyage. Ici le printemps est en avance grâce au microclimat généré par les vapeurs d’eau chaude. Un tout petit zoziau trop mignon et peu farouche se laisse prendre en photo, si quelqu’un connait son nom ? Le ciel est franchement menaçant quand nous arrivons au lac Myvatn où le cratère de Hverfjall à l’arrière-plan semble bien austère. Il est encore partiellement gelé… Quelques beaux ciels

Puis le temps se couvre complètement et il se met même à neigeoter lorsque nous commençons la petite balade de Hofdi, sur la rive est du lac. Cette petite presqu’île boisée, repaire de quelques jolis oiseaux comme ce lagopède encore en tenue hivernale, permet d’avoir une vue rapprochée sur les formations de lave et les pseudocratères qui sont la caractéristique de ce lac, connu par ailleurs pour ses moucherons, déjà présents mais pas encore gênants. Il est encore un peu tôt pour apprécier la végétation printanière, mais mousses et lichens semblent déjà en pleine forme. Nous gardons un très bon souvenir du site de Leirhnjukur à Krafla mais cette fois il neige et le site semble inaccessible. Les quelques touristes présents se contentent d’un aller-retour jusqu’au lac de Viti. Pause-déjeuner, qui porte conseil, un œil sur wikiloc pour apprécier la distance qui nous sépare du site : à peine un peu plus d’un petit km ! (il fait si moche qu’il est difficile d’apprécier les distances) Le temps de chausser les raquettes, le temps s’améliore et il cesse de neiger. Nous arrivons au pied de la montagne orange, dépassons une belle flaque bleue et montons d’abord jusqu’au sommet de cette montagne, ce qui nous permet de réaliser que nous avons fait des émules, qui se dirigent dans notre direction (avec pas mal d’énergie car sans raquettes, on s’enfonce bien !) La neige donne une cartographie des températures du sol. On repart vers le joli cratère miniature en longeant une faille d’où s’échappent de nombreuses fumerolles, Puis pour faire une boucle nous rechaussons les raquettes afin de continuer dans la neige. Le temps de dire à Fred qui marche devant qu’il pourrait y avoir des trous cachés sous la neige, que gloups, le voilà qui disparait presque tout-à-coup ! Pas de mal, bonne rigolade rétrospective, puis on regagne le fourgon sans autre incident. Fred a encore le courage de marcher jusqu’au Viti : je me doute qu’il est gelé et je reste au chaud. Bof en effet, pas de belle couleur bleue of course, ni de bel écrin jaune non plus. Ravis de notre petite escapade « privée », nous prenons sous la pluie la route vers Dettifoss où nous arrivons en fin de journée. Il fait moche, on en a plein les pattes, alors on décide de dormir là (théoriquement no overnight parking mais il n’y a pas de night !) et d’en profiter demain. 2 kangoo aménagés et 2 voitures passeront aussi la nuit sur place.

Vendredi 20/05/16 Nous sommes restés calés sur l’heure française, afin d’éviter la foule et de profiter de la belle lumière du matin, si bien que nous démarrons souvent nos journées de bonne heure. Un 6ème sens ce matin- là me réveille encore plus tôt : il fait beau ! Taïau ! A 6h00, nous partons vers Dettifoss par un sentier bien tracé, raquettes sur le dos, car il reste encore une bonne couche de neige et nous envisageons de pousser jusqu’à Hafragilfoss. Voilà les embruns de Dettifoss ! La cascade étant orientée au nord et malgré l’heure matinale, elle est déjà à contre-jour (le soleil se lève vers 3h) Avec ce ciel clair, il gèle un peu et c’est par endroit une vraie patinoire, en particulier sur la plate-forme d’observation. Au-delà, quelques traces et cairns nous conduisent en aval vers la 2ème chute. On descend dans un canyon noir, Parsemés de jolies dunettes décorées de quelques brins d’herbe jaunie par l’hiver. Après avoir un peu cafouillé, nous comprenons qu’il nous faut descendre jusqu’aux berges de la rivière par un raidillon qui passe dans un pierrier très instable (puisque remanié par le gel hivernal et quasi non fréquenté depuis) On prend notre temps, ce n’est pas l’endroit pour se faire mal (d’autant que j’ai oublié de prendre la petite balise de détresse bien sûr), la photo comme toujours ne rend pas justice à la raideur du passage… Nous voilà au fond du canyon, où nous allons longer la rivière, parfois sur des corniches de neige où nous essayons de nous faire aussi légers que possible… Une vraie petite aventure dans un site sans doute hyper fréquenté en été, on jubile derechef ! Nous voilà à Hafragilfoss, Avec son petit lagon d’eau tranquille, qui contraste avec le grondement de la rivière qui résonne entre les parois du canyon. Petite pause vraiment bucolique un peu plus loin : il fait si bon à l’abri du vent au pied de la falaise de basalte qui renvoie la chaleur accumulée au soleil matinal. Il nous faut à présent remonter sur le plateau, d’abord par un sentier bien tracé, puis un peu au pif en faisant un compromis entre ma trace GPS estivale et la neige accumulée cet hiver. Arrivés en haut, il nous faut chausser les raquettes pour les derniers km jusqu’au fourgon. Ouf ! Superbe balade où nous n’avons vu absolument personne. 5h en prenant tout notre temps Alors que nous arrivons sur le parking où c’est l’effervescence (il y a même des bus immanquablement attirés par les toilettes), le soleil nous abandonne. Quel timing ! Un peu de neige à nouveau alors que nous retournons vers Myvatn, puis le soleil réapparait quelques instants alors que nous passons près de l’usine de diatomée aux eaux azur avant de retrouver quelques flocons épars. Check météo : c’est décidé, on file vers le nord-ouest ! C’est la course avec les nuages, on retrouve le soleil à Akureyri, capitale du Nord magnifiquement située où nous faisons quelques courses avant de poursuivre par la 1 puis la 68 vers Holmavik. Voilà, le mauvais temps est derrière nous. Pas grand-monde non plus par ici, quelques fermes isolées, quelques moutons et chevaux. On se pose pour la nuit près d’une plage où les billes de bois ont été soigneusement collectées et rangées. Il faut dire que ces troncs semi-immergés constituent un vrai danger pour les quelques petits bateaux de pêche qui sillonnent les fjords. Ici aussi plein d’oiseaux qui s’habituent très vite à notre présence et finissent par nous oublier.

Samedi 21/05/16 Beau temps ! La météo avait vu juste ! Plein d’essence à Holmavik puis nous poursuivons sur la 643 en direction de Krossness (la piste vient d’ouvrir !) Nous passons à Djupavik, certainement une ancienne station baleinière, où nous voyons notre premier phoque, assez farouche… La route longe patiemment les courbes de chaque fjord où les maisons se font de plus en plus rares. Puis elle s’élève jusqu’à un joli lac d’allure assez andine je trouve. Ici on est si loin de tout que l’on garde tout ce que la mer dépose sur les côtes, ça pourrait servir un jour ! Peu après cette inattendue montagne rouge, nous arrivons à Nordurfjordur (de ce village de pêcheurs, on peut affréter un bateau vers le Hornstrandir mais c’est plus loin et donc plus cher que depuis Isafjordur, à moins de viser la côte est bien sûr) puis à Krossness, terminus de la piste, pour une baignade bien méritée… Tentative avortée (neige) sur la piste 647 pour aller jusqu’à Munadarnes (nous y sommes allés à pied du coup, bof) Nous retournons vers Holmavik pour analyser la météo (à faire plusieurs fois par jour car ça change tout le temps) puis nous décidons d’aller via la route 61 sur la piste 635 qui vient d’ouvrir elle aussi ! Partout chevaux et cygnes sauvages semblent faire bon ménage. C’est fou comme le Hornstrandir semble accrocher les nuages ! D’ailleurs il est encore très enneigé… La lumière de fin de journée est superbe quand nous découvrons la baie de Kaldalon, au débouché d’une langue glaciaire du Drangajokull, seul glacier des fjords du Nord Ouest. Une piste mène jusqu’aux premières moraines glaciaires, d’où nous partirons demain pour marcher jusqu’au glacier. Mais d’abord profitons du beau temps et allons jusqu’au bout de cette très belle piste. Cette maison idéalement située sur cette petite presqu’île semble occupée, on est samedi… Nous arrivons à Unadsdalur et nous posons pour la nuit à côté de la mignonne petite église, au bord de l’eau, juste à l’embouchure d’une rivière : comme toujours c’est un spot idéal pour les oiseaux dont l’observation va nous occuper toute la soirée ! Je ne connais pas le nom de ces petits oiseaux marrons au sol et bicolores en vol. Un grand corbeau va à plusieurs reprises venir les embêter. Nous observerons aussi amusés un trio de canard colvert (une femelle et 2 mâles = problème !) Les eiders sont toujours aussi craintifs dès qu’ils aperçoivent une silhouette humaine (par contre indifférents au fourgon), c’est la débandade dès qu’on s’approche à pied. Au loin Isafjordur, capitale des fjords du Nord Ouest (base de départ pour des navettes en bateau vers le Hornstrandir) et un peu plus près le phare de l’Ile de Aedey.

Dimanche 22/05/16 Toujours autant d’activité chez les zoziaux au réveil ! Mais quand dorment-ils ? Beau temps comme prévu, quelle chance décidément avec la météo ! Nouvel éclairage sur Aedey qui semble plus proche. C’est là que nous avons dormi : nous n’avons vu personne dans le secteur, à part un camion de pompier allemand inoccupé garé un peu plus haut. Nous nous garons à l’extrémité de la piste au pied des grandes moraines : 5 km nous séparent du glacier lui-même. Il faut remonter la rivière en restant rive gauche, le sentier est cairné et quasi plat. Quelques flaques sont encore partiellement gelées. Ailleurs c’est déjà un peu le printemps. Encore quelques névés. Le glacier se mélange avec les nuages et seule l’ombre portée de la montagne sur le glacier le matérialise vraiment. L’eau des flaques gelées s’évaporant au fil des jours de beau temps, un tintement cristallin attire mon attention. La glace se fendille sous l’effet de la pesanteur comme les pierres se sont fendues sous l’effet du gel. Nous voilà au pied du glacier, d’allure vraiment débonnaire. Cette pente très douce nous incite à essayer d’y monter mais hélas, la neige est très molle (j’ai marché pendant quelques dizaines de minutes en T-shirt, seule fois de ces vacances) et la marche y est épuisante ! Erreur de casting, nous avons pris les crocs (nous attendant à devoir traverser moult ruisseaux, ce qui ne fut pas le cas) alors qu’il aurait fallu les raquettes ! Retour au fourgon (3h en prenant son temps pour cette balade à recommander !), puis nous reprenons la belle piste 635 vers le sud. Ces cailloux ont été déposés par le glacier qui allait autrefois jusqu’à la mer… Au sortir de la baie de Kaldalon, un aigle pêcheur décolle soudain sous nos yeux ébahis ! Ils sont deux, et vont se poser un peu plus loin sur un petit récif… Comme toujours nous n’avons pas le bon objectif : vite, vite on change et on déploie des ruses de sioux pour nous approcher à pied sans nous faire voir. C’est loupé pour le plus attentif, l’autre est toujours sur son rocher, un peu loin certes mais nous sommes ravis de cette rencontre inattendue. Une petite photo de pavot arctique au gros téléobjectif en passant… j’adore ces fleurs ! Pause-déjeuner tout au bout d’une amusante piste de sable qui mène au bord de la mer, puis nous reprenons la piste, quand, en pleine digestion, je diagnostique tout de go une baleine ! Fred, habitué à mon tempérament optimiste et prompt à voir des choses « inattendues » se retient de ricaner quand lui aussi aperçoit un souffle ! Ah ! Je n’avais pas rêvé ! Voilà les preuves ! En fait nous verrons (de très loin) une demi-douzaine de baleines (sans doute des rorquals communs) le long de la 635 donc puis de la 61 dans le fjord d’Isafjordur. Je détaille avec intérêt la péninsule du Hornstrandir où nous irons peut-être cet été, en particulier cette faille impressionnante (uniquement sous cet angle, en fait la vallée est plus douce et large qu’il n’y parait) Les fjords se succèdent Puis nous arrivons à Isafjordur dont le port abrite pour une fois de vrais voiliers ! La ville est agréable, bien que très calme en ce dimanche après-midi. Petit point routes et météo : la piste vers Skalavik vient d’ouvrir, allons-y ! Le temps se gâte un peu et au sortir du tunnel de Bolungarvik, le ciel est gris. La route (réservée aux 4X4) est très amusante puisqu’on chemine sur quelques dizaines de mètres entre de hauts murs de neige. On se pose au camping gratuit de Skalavik, où nous sommes seuls. L’endroit semble en tout cas très apprécié des oiseaux !

Lundi 23/05/16 Il fait beau, c’est inattendu mais on décide d’en profiter tant que ça dure. Nous sommes entourés de falaises abruptes et il n’est pas facile de randonner par ici alors nous quittons la baie, repassant dans la zone enneigée, puis devant les séchoirs à poissons de Bolungarvik, Faisons un petit tour sur le port du village (nombreux bateaux de pêche) puis prenons la piste 624 vers Saebol qui vient elle aussi d’ouvrir et est aussi réservée aux 4X4, d’autant plus qu’un petit panneau indique la possibilité d’y randonner. Pas de balisage mais on se doute qu’il faut grimper vers ce qui semble être un austère cirque hyper minéral. Nous voilà arrivés dans l’amphithéâtre, et nous remontons le joli ruisseau. Un peu plus tard en saison, le coin doit être vraiment charmant. Le beau temps se maintient pour le moment. On remonte jusqu’au pied des falaises mais de lac, point ! Redescente tranquille vers le fjord, avec une vue superbe, jusqu’au fourgon. La période de beau temps s’achève dans le nord, alors nous partons plus au sud, pour attraper le ferry Baldur à Brjanslaekur. Nous passons rapidement devant la cascade de Dyngjandi, faisons un petit détour pour une trempette à Reykjafjardarslaug (la piscine est HS, seul le bassin naturel est utilisable) Un huitrier pie pas très malin a pondu juste au bord de la route à 5m du bain chaud si bien qu’il abandonne ses œufs à chaque passage d’humain (mais les voitures ne le dérangent pas) Ces 3 œufs semblent mal partis… Il fait un temps pourri quand nous prenons le ferry presque vide (pas de photos) jusqu’à Stykkisholmur, sur la péninsule de Snaefellsness, où nous arrivons vers 20h30. On se pose pour la nuit près d’un petit lac pas loin de la ville, le vent se lève et va souffler toute la nuit. Jusqu’à présent, chose incroyable pour l’Islande, nous avons eu très peu de vent. Mardi 24/05/16 Voilà une semaine que nous sommes arrivés en Islande et nous avons eu jusqu’ici beaucoup de chance avec le temps. Aujourd’hui c’est différent : il fait gris et ça souffle très fort. 100 km/h selon la météo ! Les montagnes sont dans les nuages, les paysages sont bouchés, alors nous allons voir des zoziaux ! Même les énergiques sternes arctiques restent au sol, toutes dans le même sens, en attendant que ça se calme… Direction le phare de la pointe ouest de la péninsule de Snaefellsnes. Pas facile de faire des photos nettes dans ces conditions… Pour la première fois cette année, nous voyons des guillemots et bien sûr des pétrels, le plus souvent en couple, tandis que les guillemots sont plutôt en « tas » Activité intense chez les pétrels pour construire leurs nids : ils font des va et vient incessants entre la falaise et une zone herbeuse où se trouve en plus une mare de boue (asséchée) qui sert de liant à l’herbe qu’ils arrachent à grands coups de bec. Nous regagnons le fourgon, et reprenons la piste vers une zone autrefois habitée par des pêcheurs du temps des vikings: c’est le seul endroit sur la côte où celle-ci permet la mise à l’eau d’embarcations. En route, nous remarquons un couple de lagopèdes. Il reste quelques murs de pierre de lave et avec ce temps il est aisé d’imaginer ce qu’a pu être la vie de ces gens… La route 570 qui traverse la péninsule au niveau du Snaefellsjokull est dans les nuages et en plus fermée donc nous longeons la côte jusqu’à Arnastapi. Bonne surprise cet endroit ! Certes il y a du monde mais comme toujours dès qu’on fait 300 m il n’y a plus grand monde mais plein d’oiseaux (quasi uniquement des pétrels au nid, et des eiders en mer) et une côte très découpée et spectaculaire. J’adore cette maison et sa jolie clôture moussue ! Ne pas manquer depuis l’arche en face du parking de longer la côte vers l’est jusqu’au petit port de Arnastapi : plusieurs gouffres communiquant avec l’océan truffés d’oiseaux ! Nous reprenons la route vers l’est pour quelques km jusqu’au site de Ytri Tunga, connu pour sa colonie de phoques. Nous en voyons quelques- uns qui se prélassent sur un rocher jusqu’à ce que la marée montante les en déloge. Un local nous indique qu’ils sont toujours là le matin à marée haute, alors nous décidons de revenir le lendemain dans l’espoir de les voir dans de meilleures conditions. Nous trouvons un coin de bivouac au bord d’une piste qui mène à la rive est de la petite baie de Budir, où batifolent quelques phoques venus s’abriter du ressac.

Mercredi 25/05/16 Temps couvert au réveil et en arrivant à Ytri Tunga, et en plus pas de phoques ! Sans doute la mer est-elle trop agitée ? La mer n’est pas tout-à-fait haute alors on traine, on attend, mais de phoques…point. Je propose alors à Fred de remonter un peu la côte vers le nord, là où l’on voit de grosses vagues se briser sur la falaise. Nous effrayons quelques oiseaux, et alors que le soleil apparait soudain, de façon tout-à-fait imprévue, nous apercevons un phoque sur un rocher, en bordure d’une sorte de « piscine » d’eau calme cernée par le ressac. Il y a là quelques mamans phoques accompagnées de leurs petits, c’est trop mignon : les mamans n’ont d’yeux que pour nous et les petits que pour leur mère ! Cette éclaircie inespérée tombe à pic ! Au loin le Snaefellsjokull est toujours dans une épaisse couche de nuages : nous ne le verrons pas cette fois ! Il y a toujours autant de vent et ça creuse ! Après une pause déjeuner nous repartons vers l’est en direction des grottes de Surtshellir (après Reykholt et Husafell) Je réalise à l’occasion d’un point route/météo que la piste 550 a ouvert aujourd’hui ainsi que la 551 qui mène au glacier Langjokull : quelle chance ! Hop là, il y a une autre éclaircie, on file vers le glacier et on ira aux grottes demain ! On fuit donc le mauvais temps qui est juste un peu plus au nord…et nous arrivons au pied du glacier, où un bulldozer travaille au déneigement du bout de la piste qui mène au refuge, il n’est pas au bout de ses peines ! Une compagnie propose des tours en camion sur le glacier, on voit ici les traces du camion. Nous préférons y aller seuls, moins loin certes mais à notre rythme, alors nous chaussons les raquettes (il fait 8°C et la neige est très molle) Les sommets sont dans les nuages. On arrive bientôt à l’altitude du refuge. Il faut bien analyser le terrain pour ne pas se retrouver les pieds dans l’eau ! Le ciel est superbe mais la grimpette face au vent de plus en plus fort est épuisante. Tout petit sur l’immense glacier, nous apercevons le camion qui avance tout doucement. Finalement le vent forcit encore et le ciel se couvre, demi-tour, nous avons notre compte et retrouvons avec plaisir le confort douillet du fourgon. On reprend la piste 550 vers le nord puis tournons à droite vers la piste qui mène aux grottes. On se pose pour la nuit au bord de la rivière. Ouf !

Jeudi 26/05/16 Quelques km nous séparent du parking des grottes de lave : la dernière fois nous avions visité Surtshellir (1970 m de long), la plus proche et la plus aisée à explorer. Cette fois nous espérons trouver une entrée pour Stefanshellir (1520 m), non balisée (en dehors de quelques cairns) car assez labyrinthique et plus fragile car on y trouve quelques stalactites et mites de lave ou de glace. Il reste encore plein de neige dans les entrées des grottes ce qui complique un peu les choses. Nous trouvons tout de même assez facilement une entrée pour Stefanshellir (cairnée) et nous y descendons prudemment. Il est 7h du matin, il n’y a personne, le sol est tapissé de glace et absolument chaotique : ce n’est pas l’endroit pour se faire mal ! Au moins sommes-nous à l’abri du vent, qui se déchaîne aujourd’hui comme hier ! Nous n’allons pas bien loin tant le cheminement est difficile (d’autant que nous n’aurons l’idée de mettre nos crampounets qu’au bout d’un temps certain…ce qui change tout !) En effet nous découvrons quelques stalactites de glace et de lave, que nous éclairons tant bien que mal pour les immortaliser. Certes ce n’est pas Lascaux mais c’est amusant ! Nous retrouvons une sortie un peu plus aisée que notre entrée… Retour vers le fourgon sous une averse d’énormes gouttes de pluie (première vraie pluie depuis que nous sommes en Islande) horizontale, aïe, aïe, aïe ! Du coup nous allons faire un petit tour dans la grotte de Surtshellir (entrée N°1) histoire de comparer avec Stefanshellir : atmosphère complètement différente ! Elle est beaucoup moins froide et humide, pas de glace, pas de stalactites. Nous avançons un peu plus loin dans la grotte jusqu’à ce que je réalise que ma lampe frontale est à plat et que l’autre lampe est du Made In China ! Demi-tour donc tant qu’elle fonctionne ! Ouf, on a trop chaud dans ces grottes abritées du vent avec nos grosses doudounes + vestes de pluie. Déjeuner, puis on reprend la route vers le sud, longeant le lac Thingvallavatn où nous rencontrons une très sympathique bergère islandaise ! Dans les fermes on trouve surtout cette race de chien ou des border collies. Avec ce temps pourri, autant rouler, alors on pousse jusqu’à Hjorleifshofdi, un peu à l’est de Vik, où nous nous arrêtons pour la nuit. Vendredi 27/05/16 J’ai beau scruter la carte météo sous tous les angles, je ne vois guère d’espoir d’amélioration au niveau de la météo. J’avais plus ou moins envisagé d’aller dans la vallée de Thorsmork mais il nous semble idiot d’aller prendre des risques sur une piste réputée difficile pour ne rien voir avec ce temps bouché. Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur et comme la pluie n’est attendue qu’à partir de midi, nous décollons de bonne heure pour faire les « marronniers » que nous avions toujours évités lors de nos précédents voyages, craignant la foule. Il est 6h du matin quand nous arrivons à Reynisdrangar et il y a déjà quelques personnes ! Nous grimpons ensuite sur la falaise (un sentier part de la petite église de Reynir) dans l’espoir d’y voir des macareux, mais de macareux…point, uniquement des pétrels, et encore, pas beaucoup. La grimpette est tout de même récompensée par la vue, sur les pics basaltiques (c’est amusant car depuis Reynisdrangar on n’en compte que 2 !) et sur Dyrholaey à l’ouest, qui disparait peu à peu dans la soupe. En redescendant nous inspectons l’endroit bruyamment défendu par un couple d’huitriers pie et découvrons deux petits oisillons, posés à même le sol. Ces oiseaux ne font pas de nid ! Nous reprenons le fourgon pour aller à Dyrholaey, temps de plus en plus bouché ! Allons faire un tour au Solheymajokull, langue glaciaire du Myrdallsjokull, accessible par une piste qui vient d’ouvrir. Il pleut, il y a foule sur le parking, pas envie… On décide de revenir ce soir en clandestin car on est sûr de se faire regarder de travers par les guides touristiques si on va sur le glacier sans utiliser leurs services. Nous reprenons la route N°1 vers Hvolsvöllur, histoire de faire un point météo. En effet il est plus difficile dans cette région sud hypertouristique de trouver de la 3 ou 4G que partout ailleurs en Islande ! Alors que nous passons le pont sur la Markafjlot, nous remarquons une éclaircie sur l’embouchure de la vallée de Thorsmork… Plein d’eau et d’essence à Hvolsvöllur, prévisions météo toujours aussi décourageantes, puis nous repartons vers Solheymajokull. L’éclaircie sur la Markafjlot est toujours là, encore plus belle même ! On se regarde et hop c’est décidé, on tente Thorsmork. Il est 14h, nous ne reprenons l’avion qu’après-demain matin, on a le temps ! Nous voilà dans la vallée de la Markafjlot et il y a carrément du ciel bleu vers l’est et c’est là que nous allons, yes ! On croise quelques voitures impressionnantes, qui nous regardent bizarrement, ce qui n’est pas fait pour nous rassurer… 1er gué gentillet, annoncé à 30 cm d’après mon guide. Plutôt 20 aujourd’hui, hé, hé… 2ème gué débonnaire… Pour le 3ème gué, il y a plus de courant alors on ne s’arrête pas pour la photo. Nous avons le soleil dans le dos et les couleurs sont superbes sur la Markafjlot dont ce 4X4 s’amuse à explorer les méandres (le hors-piste est formellement interdit en Islande sauf apparemment dans le lit des rivières qui se remodèle à chaque crue) Nous sommes en contrebas du célèbre Eyjafjallajokull dont le volcan a défrayé la chronique en 2010. Les gués se succèdent alors que le ciel se couvre. La prudence est de rigueur dans cette eau opaque qui dissimule d’éventuels obstacles. Un tourbillon très localisé soulève d’énormes quantités de sable. Nous reconnaissons l’Einhymingur, emblématique montagne de Thorsmork, que tous ceux qui ont fait le trek du Laugavegur reconnaitront aussi. Le Gigjokull, langue glaciaire de l’Eyjafjallajokull apparait : 2 pistes y mènent. Nous choisissons au pif la 2ème , celle de l’est (sans doute le temps que l’idée d’y aller ne nous monte au cerveau), mais un passage avec de grosses pierres nous oblige à faire demi-tour et à prendre la piste ouest. Encore un ou deux gués avant d’arriver au pied du Gigjokull. Avant l’éruption de 2010, le Gigjokull vêlait dans un lagon parsemé d’icebergs. Une énorme coulée de lave a fait disparaitre le lac ! Vous trouverez des photos sur Google Image. La piste mène donc à présent presqu’au pied du glacier dont le front est percé d’une grotte de glace. Impossible toutefois sans se mouiller de traverser la rivière qui nous sépare de celle-ci : une autre fois car nous sommes pressés de finir la piste tant qu’il fait beau. Remarquez tout en haut de la falaise la petite arche, mais surtout les traces laissées autrefois par le glacier, très haut sur la falaise polie par son avancée. Impressionnant ! Quelle journée ! Le ciel est noir lorsque nous arrivons à la jonction de la Krossa et de la Markafjlot, au pied du Valahnukur. Il y a ici une passerelle pour ceux qui ne souhaitent pas tenter le très dangereux gué qui mène à Husadalur, le camp principal de la vallée de Thorsmork. Nous continuons en rive G de la Krossa vers Basar, autre refuge dont l’accès est plus aisé en voiture. Vers 19h (oui, nous prenons notre temps pour déguster cette piste et ces lumières incroyables !), nous nous arrêtons pour faire une petite rando vers la cascade de Stakkholtsgia. On remonte le ruisseau en rive gauche dans une vallée encaissée parfaitement éclairée par le soleil du soir. Nous gardons les pieds secs jusqu’aux derniers 50 m (c’est toujours comme ça) : nous déchaussons-rechaussons pour un premier gué, immédiatement suivi d’un deuxième beaucoup plus long puisqu’il faut carrément remonter la gorge dans la rivière. Les crocs sont bien sûr restées dans le fourgon. Je sacrifie mes chaussures pour aller voir en amont comment ça se présente : il faut ensuite grimper sur un pont de neige en voie de fonte et l’on découvre enfin la cascade qui n’est pas très photogénique car masquée par des replis rocheux. Bref, je fais quelques photos et les montre à Fred qui s’en contente et garde les pieds secs ! Demi-tour toujours sous le soleil et alors que nous arrivons au débouché du canyon, nous apercevons un…renard arctique, qui ne nous a pas vus, occupé qu’il était à gagner la rivière pour s’y désaltérer ! Bien sûr je n’ai que le 24-105, trop court pour la circonstance mais j’ai tout de même le temps de déclencher quand il détecte enfin notre présence et détale à toute vitesse. Quelle journée ! Allez c’est pas fini, on continue, encore un gué, et ce ciel ! Mais quelle journée ! On s’amuse comme des enfants à traverser et retraverser juste histoire de faire quelques photos, avec cette lumière d’apocalypse Qui rend cette mousse fluorescente ! Et voilà, le dernier gué, le plus gros, avec un arc en ciel en prime ! C’est l’apothéose ! D’après mon guide, le gué le plus profond serait de 80 cm (comme celui sur la Krossa vers Husadalur mais avec beaucoup moins de courant et de grosses pierres) Je ne pense pas que nous ayons eu plus de 60 cm, avec toujours un courant raisonnable.

Nous reconnaissons le camp de Langidalur où nous étions passés il y a 3 ans lors de notre trek vers Skogar, puis nous arrivons au camp de Basar vers 20h00, toujours accompagnés de notre arc-en-ciel ! Le gardien est là, nous nous acquittons des 3000 kr pour la nuit et allons nous poser dans le camping presque vide. Nous nous endormons alors que l’arc en ciel est encore là : il a donc duré au moins 2 heures ! Ah ! Quelle journée magique, tellement inespérée alors qu’elle avait commencé de façon si ingrate…

Samedi 28/05/16 Le miracle continue : en dépit des prévisions, il fait beau ! C’est incroyable, il y a bien un microclimat dans cette vallée. A l’est de Basar, c’est-à-dire plus haut dans la vallée de la Krossa, le ciel est sombre mais le Valahnukur resplendit dans le soleil matinal. Deux passerelles nous permettent de traverser sans risque les deux bras de la Krossa et de rejoindre le camp de Langidalur. Nous nous élevons sur les pentes du Valahnukur, ce qui nous permet d’apercevoir à nos pieds Langidalur et au loin de l’autre côté de la Krossa notre petit fourgon. Ici c’est le printemps, quel plaisir que ce vert tendre après 10 jours de neige et de cailloux. Je comprends à présent pourquoi les Islandais adorent cet endroit, que nous avons le privilège de découvrir seuls. A l’est c’est le Mordor. A l’ouest il fait beau même si l’Eyjafjallajokull reste coiffé de nuages. En contrebas on devine le chalet d’Husadalur et l’on peut suivre le cours de la Markafjlot jusqu’à l’océan.

Au nord-est l’Einhymingur et Hattafell, puis d’autres montagnes inconnues pour nous. Nous voilà presqu’en haut, nous surplombons les collines boisées où passe le Laugavegur juste avant l’arrivée à Langidalur. Au sud, Basar et la vallée de Hvanngil et derrière la crête escarpée qui mène vers Fimmvorduhals Gros plan sur les séracs de l’Eyjafjallajokull Voici en « vue aérienne » le gué vers Langidalur Vers l’ouest la Krossa et l’Eyja et au loin l’océan. Immédiatement à l’ouest du Valahnukur de jolies montagnes de rhyolite et le sentier qui mène de la première passerelle vers Husadalur (je suppose qu’il en existe un autre qui passe par le bas) Nous profitons à fond du panorama, et c’est un vrai plaisir de reconnaitre certains sommets (aidés en cela par la table d’orientation), puis nous descendons vers Husadalur, du côté abrité du vent de la montagne : aussitôt on enlève 2 couches ! Ah qu’il fait bon au soleil et à l’abri du vent ! Plus bas, nous traversons une jolie vallée boisée, par endroit fleurie de lupins, avec de vrais arbres même si les glaciers ne sont jamais bien loin. Il y a de petits airs de Norvège par ici… Nous remarquons l’absence totale d’eau dans les nombreux ruisselets rencontrés, alors que les glaciers sont « sales » comme en fin d’été et que la neige a complètement disparu sauf sur les plus hauts sommets. Comme une impression de sécheresse ! Du coup nous voilà complètement rassurés pour la piste du retour que nous parcourons tranquillement cette fois sans nous arrêter (1h15, 25 km et une dizaine de gués) Nous passons rapidement à Reykjavik, encore sur notre petit nuage dont nous avons du mal à redescendre (bah, on la visitera une autre fois) et poursuivons jusqu’au phare de Gardur, situé à une quinzaine de km de l’aéroport de Keflavik où il est permis de camper gratuitement. Bagages, nettoyage, rangement… Nous prenons l’avion demain à 7h40, passant le relai à notre plus jeune fille Marion et son amie Nadia… A suivre
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