Discussions similar to: Trajet rester été toute année
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Ile de Hainan en Chine
J'ai été sur l'ile de Hainan en Chine... c'est vraiment fantastique... je conseille à tous d'y aller. Je suis en train de faire un site avec mes photos. Mais en attendant allez voir sur:

J'aimerais savoir ce que ceux qui connaissent pense de cet endroit en chine
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Attention, mutation à Mayotte
Salut, Je suis passé par là il y a 1an. Réfléchi bien avant de demander ta mutation !!!!!!!!! Voici pourquoi : 1 - Mayotte est extrêmement polluée. Les déchets se trouvent partout, pas de système de ramassage d'ordure efficace, bonjour les odeurs et l'hygiène (elle est loin la carte postale !!!) 2 - l'indemnité d'éloignement est versée systématiquement avec retard et elle est calculée sur le traitement net et non brut (11, 5 mois). Il faut donc retrancher les charges 2 fois !!!!, environ 25% 3 - IFCR, c'est environ 8000 euros pour une famille avec 2 enfants . Attention au frais réels de déménagement (environ 7000 euros). Tu es obligé d'emmener tes meubles et ta bagnole (ici, contrairement à la légende, tout est hyper cher, meuble, électroménager, voiture ...) 4 - le coût de la vie est prohibitif!!!!!!!!!!!!! l'indemnité d'éloignement et l'IFCR te servent tout juste à avoir le même niveau de vie qu'en métropole. en plus, le racisme ambiant fait que les prix pour les insulaires et les prix pour les blancs ne sont pas les mêmes - vive l'arnaque !!! 5 - Le logement c'est la galère - la société SIM te fait payer des frais de réservation non justifiés - tu es obligé d'accepter un logement pourri au début et changer par la suite. 6 - Les mahorais et les blancs ne se mélangent pas !!!!!!!! impossible d'aller vers les locaux sans qu'ils te demandent du pognon pour tout. La vie en communauté recluse de blanc n'est pas toujours facile. 7 - faut pas venir ici pour voyager !!!!!! les prix des billets d'avions sont indécents - ne comptez pas sur l'indemnité d'éloignement pour voyager ou voir votre famille en métropole. 8 - le système éducatif ici c'est n'importe quoi. Les gosses ne parlent pas français et retardent considérablement l'évolution des petits blancs (obligé d'inscrire tes gosses dans une école privée - c'est hyper cher) 9 - les déplacements sur l'île sont infernaux, bouchons à l'approche de Mamoudzou, les gens ne savent pas conduire, les taxi ne sont pas fiables et les routes sont pourries !!!!!! 10 - coté culturel c'est proche du néant !!!!!! faut pas venir ici pour voir autre chose que la mer ... 11 - coté sécurité, vous avez 1 chance sur 1 (100%) de vous faire voler, agresser ou cambrioler tous les 6 mois. N'achetez rien qui dépasse les 50 euros ..... et prévoyez d'acheter une télé et un lecteur DVD tous les 6 mois !!! 12 - coté boulot, en gros y a que les blancs qui bossent ici, dans l'administration les locaux ne foutent rien ... les métros se tapent tout le boulot et du coup c'est l'enfer (horaires, ambiance, ...) 13 - coté climat faut aimer (chaud, chaud, humide et pluie d'enfer pendant plusieurs jours ... de la boue et des routes défoncées) BIEN SUR CE TÉMOIGNAGE EST HYPER NÉGATIF, MAIS IL A LE MÉRITE DE DIRE CE QUE LES AUTRES NE DISENT JAMAIS DANS CE GENRE DE FORUM... ALORS FAITE VOTRE CHOIX ...
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La crise...
Juste une petite pensée de retour en France après un an "d'exil"... Je suis effarée... effarée par le fait que la politique de la peur marche si bien. Certes, on voit des annonces de licenciements, des gens qui font la manche, toussa toussa... Mais je vois surtout, autour de moi, des gens qui, bien que pas riches, mangent à leur faim, ont un toit, sortent boire des coups, s'amusent, ont de quoi se payer un peu de superflu, etc...

Et pourtant, dès que j'allume la télé, je finis par l'éteindre dès que ça parle de crise, tellement c'est déprimant. A les écouter, c'est la fin du monde et on va tous mourir. Et tout le monde marche dans la combine. Pourtant les ficelles paraissent tellement grosses: foutre la trouille aux gens le plus possibles pour qu'ils acceptent des conditions de travail de pire en pire et permettent ainsi aux plus riches d'être encore plus riches.

C'est vrai, quand je suis rentrée, j'étais un peu inquiète: pas de chez-moi, besoin de trouver un appart' au plus vite, un boulot, pas d'argent... Résultat, si j'allumais la télé, si j'écoutais les gens autour de moi, ça me fichait le bourdon, et j'avais super peur de ne plus trouver ni appartement ni boulot ni rien du tout et de finir je sais pas où... Bien sûr, rien de tout ça n'est arrivé: d'une on trouve du boulot, même si c'est pas celui de nos rêves, ça dépanne en attendant de trouver ou de créer autre chose, ou de se former (ben oui parce que quand même en France, c'est formidable, la formation continue!! Et des métiers où il y a de l'embauche, il y en a pour tous les goûts, si si!). l'appart, même pas besoin de montrer un dossier avec 150 fiches de salaires et 3 millions d'euros d'inscrit dessus... non, le proprio, lui, a décidé qu "on se faisait confiance", même quand je lui ai dit: "z'êtes sûrs, moi je suis sansa emploi et mon mari est en intérim"...

Mon message sert à quoi? à pas grand chose, si ce n'est de dire que dans la vie, il n'y a que l'optimisme qui paie, et l'énergie. Sans l'un ni l'autre, alors là, c'est sûr, on est foutu.
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Côte Caraïbes ou Pacifique au Costa Rica/Panama?
Salut,

on est a San jose au costa, et impossible de savoir si c'est plus intelligent de partir du cote caraibe ou pacifique au niveau du temps et de la beaute des plages, ou si c'est mieux de passer au panama (vu le prix de la vie) mais la, la question est la meme : caraibe ou pacifique? Dur dur..🙂

Merci!
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Review of a Norway cruise on the Emerald Princess in June 2025 (1)
Hello everyone,

I’ve wanted to take this Norway cruise for a very long time. The first time I booked it was in July 2020 with Azamara. Unfortunately, it was canceled, as everyone remembers. When I tried to book it again, the prices (already a bit high with Azamara) had simply doubled. So, since then, I’ve been keeping an eye out every year for any opportunities...

The last time we sailed with Princess was eleven years ago, and things didn’t go very well. I came back pretty unhappy with their service and quite disappointed. Despite the $600 they gave me as credit for a future cruise, I’d never set foot on one of their ships again.

But this time, the opportunity arose—a fantastic itinerary with lots of stops, a reasonable price for 16 nights (I’ll share the details in the conclusion), and a ship that’s not too big, so to speak, with only 3,000 passengers. I’m not expecting much from the cruise line this time and am boarding the ship with low expectations beyond the itinerary.

Princess has introduced an app to download before the cruise. It’s essential because online check-in is no longer available, and the agency doesn’t send a travel journal. Everything is done through the app. After completing the check-in on the app, we only know that we’ll need to pick up our key, the Medallion, at embarkation by following the blue line in the terminal and presenting our passport.



Up until our departure, the weather forecast for the coming week in Norway is disastrous—rain, rain, and more rain. It was pretty much the same two years ago before our Iceland cruise, and in the end, the weather turned out fine.

If you’re ready to embark on the Emerald Princess to discover this beautiful cruise and the stunning landscapes of Norway, let’s go!

Southampton - Sea day - Bergen - Olden - Åndalsnes - Sea day - Tromsø - Honningsvåg (North Cape) - Alta - Sea day - Molde - Trondheim - Two sea days - Edinburgh - Sea day - Southampton
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Elles voyagent seules...
Elles voyagent seules . Pour le plaisir pour certaines , par obligation pour d’autres . Vous les avez peut être rencontrées au cours de vos voyages . Un homme qui voyage seul ça se fond dans le paysage , une femme ça intrigue souvent , ça interroge , en avez vous rencontré ? Quelles interrogations , envie , peur , perplexité ont émergé de ces rencontres .

Si vous voyagez seule quelles sont vos motifs , vos expériences , vos conseils , vos motivations . Précision , je voyage seule et en couple chaque année . Le voyage en solitaire est pour moi source de plaisir et de liberté depuis plus de quarante ans et je ne saurais m’en passer .

A vos claviers d’ete 😎😎😎
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Cols entre Turquie et Géorgie praticables à moto en mars?
Bonjour,

Nous avons le projet de nous rendre en Iran via la Géorgie et l'Arménie, (4 motos) en mars 2018. Nous utiliserons les services d'Hossein pour le Carnet de Passage en Douane.

La question est dans le titre: Pour le passage de la frontière entre Turquie et Géorgie, quelqu’un saurait il si les cols par posof-valle (2550m) ou celui par Batumi (+2000m) sont ouverts à la circulation à partir de la mi-mars.

Nous craignons qu'ils ne soient encore fermés à cette saison du fait de l’enneigement.

Par avance merci, Cordialement, PK
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Loin de la retraite mais déjà j'y pense
Salut tout le monde,

Je ne sais pas si je poste dans le bon post, mais j'ose quand même, vu que c'est le post des "réflexions des voyageurs".

Je suis encore loin de la retraite, mais, pour X raisons, je commence à déjà penser où irais-je vivre ma retraite.

Comme vous je pense que du fait d'aimer voyager, cela ne me pose à ce jour pas trop de problèmes sur le fait d'une éventuelle expatriation pour ma retraite.

En effet, lorsque je voit quel type de bien l'on peut s'offrir en achat ou en location, je me dis que cela ne vaut pas la peine de se priver de faire de sacrées économies, sans parler, bien entendu d'avoir le soleil en plus.

Il va de soit que je suis tout à fait consciente que d'ici là, bien de l'eau coulera sous les ponts, peut-être même que l'âge du départ à la retraite aura encore été décalé...

En tous cas, ça fait déjà quelque temps que j'y pense et que je me rends sur des forums afin de regarder au jour d'aujourd'hui avec un montant de X comme retraite, qu'est-ce que je trouve comme bien à un prix moindre du loyer que je paie à ce jour.

Suis-je la seule ou bien y-a-t-il d'autres personnes comme moi qui ont déjà commencé à prospecter ?

Merci pour vos réponses : Laure
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Exclusivement Washington et Oregon, 3 semaines dans le Nord-Ouest américain
L'idée de ce voyage a germé à l'hiver 2014 avec le magnifique carnet de Yeahmax.

Alors quand est venu le moment de trouver la destination de l'été 2015, j'ai creusé et trouvé de quoi faire un très beau et très varié voyage qui nous corresponde.

Nous, c'est à dire mon cher et tendre, moi et nos 3 grands enfants de 15, 17 (2 garçons) et 19 ans (1 fille).

Rapidement évacuée la côte (ça n'intéresse que moi, snif), ainsi que le Yellowstone (dejà fait, mais snif quand même) et Glacier (re-snif), trop de km en 3 semaines.

Alors c'est décidé, pour notre 4ème voyage aux US, ça sera résolument et exclusivement l’état du Washington et celui de l’Oregon, un voyage très ciblé nature qui conjugue du potentiellement très humide et du surement très sec.

Un coup d'oeil au programme + une carte grosse maille :

J1 : Vol aller (nuit Des Moines) J2 : Seattle (nuit Edmonds) J3 : Olympic NP : Hurricane ridge, lac Crescent (nuit Sol Duc resort) J4 : Olympic NP : Sol Duc falls, Hoh rain forest, Ruby beach (nuit Aberdeen) J5 : Mt St Helens (nuit Kelso) J6: Portland - Outlet de Woodburn (nuit Woodburn) J7 : Siver falls SP (nuit Bend) J8 : Newberry NM (nuit Bend) J9 : Crater lake (nuit Bend) J10 : Three sisters wilderness : rando green lakes - Bend (nuit Bend) J11 : Smith Rock SP - John Day Fossils Beds : Clarno unit et Painted Hills (nuit Mitchell) J12 : John Day Fossils Beds : sheep rock unit (nuit Hines) J13 : Malheur National Wildlife refuge - Steens mountain (nuit Hines) J14: rien, nada, route, lessive, piscine (nuit Ontario) J15 : Leslie Gulch et Succor creek (nuit Ontario) J16 : Hells canyon (nuit Halfway) J17 : Hells canyon overlook – Joseph(nuit Joseph) J18 : Wallowa mountains : rando maxwell lake et Mt Howard (nuit Joseph) J19 : Route jusqu'à Packwood (nuit Packwood) J20 : Mt Rainier secteur Paradise (nuit Packwood) J21 : Mt Rainier secteur Sunrise - sites de tournage de Twin Peaks (nuit Renton) J22 : Vol retour Pour le bilan, c'est ici...



Oui, oui, je sais, il manque les rives de la Columbia et ses impressionnantes chutes! Mais d'une, je ne les sentais pas ces chutes (trop touristiques) et de deux, elle ne s'intégrait pas au mieux dans ce programme alors ...

Ah, une dernière chose avant d’attaquer, un grand grand merci à ceux qui m’ont aidée dans la préparation de ce voyage, amis forumeurs que ferais-je sans vous !

Allez, c'est parti 😎!
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Red Rocks 2012
Nous y revoilà ! A croire qu’on ne peut plus s’en passer… Quand j’annonce à mes collègues que nous repartons dans l’ouest américain, la réponse est « encore ?!!! » Sous-entendu : le monde est si vaste alors pourquoi ne pas aller voir ailleurs…

La réponse tient en peu de mots : nous nous sentons si bien là-bas. Nous adorons la rando et la photo. Passionnés de paysages désertiques et reds rocks, nous apprécions aussi le bon accueil et la facilité de voyager dans ces contrées. Le wilderness permet de pimenter à sa juste mesure notre goût de l’évasion sans exagération. Clairement, nous ne sommes pas faits pour les voyages extrêmes et l’aventure en terrain « non civilisé ». C’est pourquoi l’Amérique correspond si bien à nos envies. De plus nous y avons pris nos « habitudes » ce qui calme volontiers mon côté un peu anxieux.

Nous sommes 2 au départ cette année encore pour 19 jours (dont 3 de voyage) du 22 septembre au 10 octobre. Je n’ai rien réservé en dehors de la première et de la dernière nuit, nous laissant champ libre pour adapter notre idée de circuit selon la météo et nos envies. Malgré tout, il y a encore beaucoup de touristes à cette période et nous aurons parfois du mal à nous loger.

Samedi 22 septembre :

Tout est prêt. Nous laissons l’appartement aux 2 garçons. C’est l’aventure aussi pour eux car ils resteront seuls pendant notre absence sous la supervision plus théorique que pratique des grands-parents et de fréquents mails de notre part. Tout va bien et quand nous rentrons, la maison n’a pas brûlé et même le ménage est raisonnablement fait. Ils nous souhaitent de bien nous amuser pendant qu’eux travailleront dur ! Le monde à l’envers…

L’avion est fin prêt et tout se déroule on ne peut mieux. La pause de 1h40 à NYC est parfaite : ni trop, ni trop peu. Le vol transatlantique est correct et mais le vol intérieur manque un peu de classe. Films payants et cacahouètes en guise de repas. Nous arrivons à Las Vegas.

L’étape habituellement redoutée de la location de voiture s’annonce : tout un poème comme d’habitude. J’ai loué un SUV STANDARD chez Dollar par l’intermédiaire de FTI sur le site de Voituredelocation .fr On nous amène une Ford d’office. Je la refuse au premier coup d’œil : on dirait une tondeuse à gazon et j’ai besoin d’un modèle High clearance (haut sur pattes…). La préposée s’énerve car elle n’a que 2 véhicules dans la catégorie. Nous partons voir les autres modèles dans la catégorie inférieure. Elle finit par faire venir le second modèle : une Jeep Grand Cherokee marquée 4x4. Elle est plus haute et les sièges à l’arrière s’abaissent parfaitement à l’horizontale ce qui convient à nos plans. Il y a une vraie roue de secours et les pneus sont corrects même si je regrette la Jeep Wrangler de l’an dernier qui avait de vrais pneus tout terrain. Au moment de partir : un doute me prend. Je cherche désespérément les boutons de passage en 4x4 car il n’y a pas de second levier de vitesse. La fatigue aidant, un gars m’embobine en me montrant qu’en position Drive on accède à 4 vitesses qui seraient sensées être le mode 4x4. De toute façon, c’est ça ou choisir une midsize pour le même tarif et en plus on avait rien vu de sympa. Nous repartons avec.

Dernière étape : on a choisi de prendre une chambre économique mais correcte au Microtel pas très loin de l’aéroport. Cool… Sauf quand le GPS bugue et ne se met pas en marche, qu’il fait nuit, que nous sommes épuisés, que l’hôtel en question est dans une minirue dont tout le monde a entendu parler mais personne ne sait précisément où elle est. Une heure plus tard, à bout de force et juste avant de rendre l’âme, le GPS montre enfin un peu de coopération. Sauf que la rue est en travaux. C’est reparti pour 1/2h de « tourne en rond ». Bref quand nous arrivons à notre chambre, c’est le moral dans les genoux, et les genoux sur la moquette, humiliés par tant de difficultés pour si peu de choses ! Demain est un autre jour…

Dimanche 23 septembre :

Après le petit déjeuner un peu light de l’hôtel mais revigorant sur un coin de banquette, départ pour le Walmart habituel. En plus de l’habituelle glacière et autre courses de début de voyage, nous cherchons tout le nécessaire pour utiliser, éventuellement, le coffre du véhicule comme chambre d’hôtel. Nous n’avions pas pris de matelas autogonflants avant de partir, rebutés par leur prix et la place qu’ils occupent dans une valise. Soudain en tête de gondole, j’aperçois des matelas dans une drôle de matière, taille matrimoniale. C’est parfait car suffisamment fin pour s’adapter aux formes de la voiture. Nous en prenons 2 à 12$ pièce et ils s’avèreront parfaits, étonnamment confortables à l’usage. 2 sacs de couchages à 16 $ pièce pour nuits entre 40 à 60° F et une grande couverture en polaire à 17$ pour compléter, et surtout pour cacher les bagages. Bref pour 73$, le prix d’une nuit en motel, nous avons de quoi dormir dans le véhicule et faire des économies. Ce sera une première…

En route pour la région de Page où nous avons RDV avec 2 membres du forum pour faire Alstrom Point. Un léger cafouillage et nous nous retrouvons sur place au premier point de vue. Il fait gris, il a même plu un peu.







Cela nous a permis de repérer le trajet. Nous restons peu de temps sur place. Après ce sympathique moment partagé, ils repartent pour de nouvelles aventures tandis que nous regagnons Kanab, avec la ferme intention de participer à la loterie de The Wave. Nous avions prévu d’inaugurer le véhicule version « night » mais le temps trop incertain a eu raison de nous. Au moins pourrons-nous nous lever un peu plus tard demain. Une chose est sûre : nous referons Alstrom Point au soleil ! A Kanab nous aménageons dans un petit motel : le Red Rock Inn, économique mais très spartiate. (aucune allusion à notre forumer bien connu…). Dîner au Nadra’s mais ce n’est plus aussi bien que l’an passé.

Lundi 24/09 :

Nous voilà fin prêts pour la loterie de The Wave. Nous avons bien préparé notre projet pour cette éventuelle 3ème visite dans ce lieu mythique et fantastique. Mais, rien qu’à regarder les voitures sur le parking, nous commençons à déchanter. Au top départ, nous sommes environ 80 et 36 boules sont lancées. Raté ! mais le plaisir d’un japonais qui hurle de joie en expliquant qu’aujourd’hui, c’est sa 10ème tentative, et les pleurs de joie de 2 jeunes italiens diminuent notre peine. Il faut savoir partager. Nous l’avons déjà vue 2 fois nous… Entretemps, une idée m’est venue : Et si nous faisions la loterie pour CBS. Nous n’avions pas vu la partie de Paw Hole avec le guide en 2009. D’ailleurs, nous pourrions dormir sur place pour commencer tôt le matin. Mon mari est absolument pour. Je discute avec le ranger en lui traduisant et effectivement, il me dit que c’est possible et nous propose même 2 permis pour aujourd’hui même car il reste de la place. Ouhaou ! Pourquoi pas ? D’après eux, des orages sont prévus mais pour le soir seulement et qui sait d’ailleurs, si les heureux gagnants pourront se rendre sur le parking du départ du trail demain… Par contre, l’accès à partir de Lone Tree est vraiment difficile avec un chemin de sable profond par endroit. Nous partons donc et décidons de faire à pied la portion en question.



Nous débutons sous un soleil de plomb mais plus nous avançons plus le temps se couvre et nous arriverons sur les lieux sous les nuages. Nous y restons environ 2 ou 3 heures et il resterait bien encore une partie à visiter mais les nuages menacent et la pluie commence à tomber. Nous repartons en hâte au véhicule. Tout cela pour rien, car finalement il s’arrête rapidement de pleuvoir.















C’est en regardant après des photos prises par Philippe (alias Sedonax sur le forum), que j’ai l’impression d’avoir manqué les plus belles striures. Mais nous sommes quand même ravis de la ballade et de cette première dose de red rocks. Le temps reste trop incertain pour une première nuit dans la voiture. Nous nous installons donc au Royal Inn Motel cette fois qui s’avèrera correct pour la nuit. Effectivement, l’idée c’est de tenter une autre fois la loterie. En attendant, nous retournons au Nadra’s qui reste correct pour un prix sympa.

Mardi 25/09

Après un excellent petit déjeuner (c’est toujours ce que je dis quand il y a une machine à wafles !) et pleins d’espoir pour cette seconde tentative, nous profitons de l’humour de nos 2 rangers qui préparent la loterie. La petite salle se remplit rapidement. Gloups ! Nous sommes 96 et il y a 42 boules. Le ranger s’amuse et en rajoute une 43ème sensée annuler toutes les autres si elle est tirée. Le plus amusant, c’est qu’effectivement, la première sortante est la n° 43 ! Hier, j’avais la n° 19 qui sort aujourd’hui mais hélas, aujourd’hui j’ai le 3 qui ne sort pas… Bon il ne reste plus qu’à organiser notre journée déjà bien entamée mais enfin ensoleillée. Je suggère de refaire ce que nous avions raté l’an dernier : Stud Horse Point. Après quelques difficultés et un petit détour mais avec l’aide du Gps de rando que nous commençons à apprécier un peu plus, nous arrivons sur place. J’aime beaucoup le coin et les nuages permettent de prendre des photos sympas.





Ensuite, l’après-midi est idéale pour enfin réaliser Alstrom Point sous le soleil. Nous refaisons la piste et admirons les Smoky Montains. Je suis enfin un peu rassurrée pour la voiture car Philippe à qui j’ai fait part de mes doutes me confirme 2 choses : que les 4 marches accessibles en positions Drive sont un genre de boîte manuelle à utiliser pour les montées ou descentes et n’ont rien à voir avec le mode 4x4 mais par ailleurs que si la mention 4x4 apparaît bien sur la voiture (ce qui est le cas), c’est qu’elle est au moins AWD. Donc elle gère seule la fonction roues motrices (même sans aucun bouton) et c’est mieux que 2WD. D’ailleurs, je suis assez à l’aise sur piste ce qui me confirme le bien fondé des renseignements.







Puis c’est le premier point de vue et l’arrivée sur la première difficulté rocheuse. Nous laissons tomber après une première timide tentative. De toute façon, nous sommes là pour marcher aussi, donc nous parcourons le reste de la piste pour atteindre le promontoire principal. Heureusement que nous avons beaucoup d’eau vu la chaleur qu’il fait. Nous mettrons environ ¾ d’heure pour atteindre la magnifique vue sur ce merveilleux lac Powell.







Panorama de 2 photos



L’idée au début était de rester et faire le coucher de soleil mais finalement, nous décidons de retenter la loterie une dernière fois demain matin et pour nous éviter la piste et la route de très bonne heure, nous préférons rejoindre une fois de plus Kanab. Le motel de la veille est complet. Nous commençons donc une tournée, refusons une chambre à un second étage sans ascenseur (pas envie de porter les valises), et mettrons plus d’une heure pour dénicher enfin quelque chose. Ce sera le Rodeway Inn où nous visitons la dernière chambre « fumeur » qui empeste effectivement pour des narines de non fumeur. Mais quand nous repartons, finalement on nous trouve une autre chambre dispo et qui nous convient enfin. Un pizza au Pizza Hut du coin fera l’affaire avant une nuit réparatrice.

Mercredi 26/09

Nous nous présentons pour la dernière fois à la loterie. : 87 personnes et 40 boules. J’ai la 1 mais elle ne sort pas. Snifff…

Pour nous remonter le moral, je suggère à mon mari de faire une superbe ballade repérée par hasard dans une conversation sur le forum agrémentée de photos prises par Philippe et qui m’avaient tout de suite emballée. J’ai imprimé le détail de ses conseils ainsi que les éléments retrouvés sur le site de Joe Braun (Citrusmilo.com) avec notamment le point gps de White Dome. Nous nous retrouvons après le trajet depuis Kanab jusqu’à Hildale au départ de la ballade. La piste d’accès au parking nécessite vraiment un véhicule avec High Clearance et il ne faut pas espérer s’y aventurer par temps de pluie ou juste après une grosse averse. Mais là, tout va bien. Le temps de préparer les sandwiches, il est déjà 11h00 lorsque nous attaquons. Il nous faut presque une heure pour rejoindre Water canyon.





Malheureusement, il y a très peu d’eau en cette période. Ensuite nous attaquons la montée à Top Rock sur le plateau.



Puis, nous redescendons vers le wash sur la droite, déjeunons en vitesse, et recommençons à grimper sur le slickrock pour atteindre le sommet de l’autre colline.





Il n’y a plus de chemin depuis Top Rock et non seulement cela grimpe dur sous le cagnard, mais en plus ce n’est pas évident de se repérer. Je rentre donc les coordonnées de White Dome. Il reste encore 1k500 de montée en pleine chaleur. L’heure avance et le soleil se couchant plus tôt à cette période, nous avons la pression pour arriver vite sur place. Mes poumons vont exploser quand nous rejoignons enfin le sentier sableux dont parle Philippe qui nous permet de rejoindre l’objet du désir. Nous y arrivons à 3h00 et oublions vite notre fatigue devant cette merveille qui nous compense largement la déception de notre Wave manquée. Nous sommes à contrejour et souvent les nuages ne donnent pas la bonne lumière, ce que je regrette pour les photos.















Nous repartons un peu avant 4h00 et j’avoue que la descente est encore très longue et pénible. Il faut parfois mettre les mains pour s’assurer. La fatigue se fait sentir et la dernière partie dans la caillasse est interminable.

Bilan : 4h00 de montée + 2h30 de descente + le temps sur place. Nous l’avons commencée trop tard pour faire tout cela plus en douceur. C’est toutefois notre must de cette année sans aucun doute et pour tous les deux ! Je serais encore plus ravie quand Philippe m’apprendra que cette ballade va être mise au sommaire de la réédition de PTS 1 et que nous sommes donc en quelque sorte des précurseurs pour la France et l’Italie, après Laurent Martres et lui-même. C’est sympa d’innover !

En tout cas, nous sommes épuisés quand nous arrivons au véhicule. Hildale est une petite ville mormone et effectivement 2 femmes et beaucoup d’enfants très blonds s’amusent au bord de la rivière. Ils sont tous habillés de leur style inimitable « Petite maison dans la prairie » et nous croisons une fière jeune fille montant à cru un poulain. Nous saluons tout le monde. Nous sommes regardés avec méfiance mais le salut nous est rendu gentiment. Nous n’avons qu’une envie, c’est d’une bonne douche et d’un bon lit. Ce n’est donc pas encore pour ce soir, le camping. Nous partons sur Hurricane au Travelodge et dînons dans un petit resto où la serveuse servira notre commande à la table d’à côté. Les clients ne diront rien et quand nous sommes enfin servis, nous comprenons la méprise. Il n’y a plus qu’à attendre que la commande soit refaite. Je suis sur le point de dévorer le skaï du divan quand enfin arrive mon hamburger et les enchiladas au poulet de mon mari. Même pas une ristourne…

Jeudi 27/09

Puisque nous sommes à côté de Zion, autant en profiter ! Nous nous rendons au Visitor Center pour regarder les ballades et je propose un classique facile pour nos jambes courbatues de la veilles: Emerald Pools dans l’espoir de faire quelques photos sympa. Nous prenons donc le shuttle obligatoire qui nous amène à notre point de départ. Lower, Middle et Upper sont vite enchaînés et j’avoue que c’est franchement une déception. Manque d’eau, beaucoup de monde… Grosse désillusion qui nous a fait perdre pas mal de temps !





Pour la suite, nous nous dirigerons logiquement vers Bryce ou nous n’avions pu randonner pour cause de mauvais temps en 2009. Mais avant de faire la route, je propose à mon mari de rester déjeuner dans le parc, et pourquoi pas dans la partie qui nous plaît le plus : l’East entrance. Nous nous arrêtons sur un parking au hasard, prenons nos sacs à dos. Nous grimpons un peu et déjeunons enfin dans le slickrock rose que nous aimons tant.



Avant de reprendre la voiture, nous décidons de faire quelques pas supplémentaires pendant lesquels j’explique à Francesco que c’est vraiment dommage : j’ai oublié d’emmener les infos de Many Pools et j’aurais aimé faire cette ballade. Chemin faisant, nous rejoignons un wash où de nombreuses traces de pas sont visibles. Curieux, nous les suivons. Quand je tombe sur la première mini pool, mon sourcil droit se lève. A la seconde, j’ai compris. Nous avons trouvé Many Pools par hasard ! Un vrai coup de chance. Le seule dommage, c’est que c’est vraiment la mauvaise heure pour les photos avec un lumière très dure. Mais nous sommes tout de mêmes ravis et réconfortés après la désillusion de la matinée.



Nous partons ensuite pour Bryce.





En avant goût, nous passons à Mossy Cave. Toutefois, il est un peu tard et nous arrivons juste quand la chute passe dans l’ombre.



Il y a encore un peu de soleil mais l’orage gronde et les éclairs nous dissuadent de tenter l’aventure de dormir dans la voiture. Nous cherchons donc un motel proche et dans nos prix. Ce sera le Bryce Canyon Resort avec une petite cabine triste et peu agréable pour quand même 100$. Toujours mieux que les 230£ demandé par celui d’à côté. Un dîner rapide au Subway attenant complète l’affaire. Nous nous couchons tôt car nous souhaitons faire le lever de soleil sur Bryce puisque le temps ne nous autorise pas le coucher de soleil même si nous nous autorisons quelques photos.





Vendredi 28/09 :

Lever de soleil splendide avec tous les photographes au garde-à-vous . J’adore cet arbre qui semble lui-même s’être approché pour mieux admirer le spectacle.









Ensuite nous attaquons les randos sous un soleil de plus en plus chaud. Queen’s Garden nous met en appétit que nous enchaînons avec Peekaboo.



Là j’aime beaucoup moins car nous redescendons dans la forêt avec plein d’arbre et nous ne voyons plus les magnifiques hoodoos. De plus rapidement se présente une bifurcation. Le plan présente un seul trail. Nous partons donc au hasard, ainsi qu’à la bifurcation suivante, toujours sous les arbres et finissons par nous égarer. C’est un bien grand mot car nous savons où aller pour remonter sur la rime mais tout ceci nous fait perdre beaucoup de temps pour ne presque rien voir. Nous suivons un trail avec les traces de mules. l faut se boucher le nez et éviter les flaques. Nous avons donc suivi le Horse trail. Pfff… C’est vraiment nous les mules ! Nous repartons pour Tower bridge qui est déjà beaucoup plus sympathique même si à contre jour à notre arrivée. Après le pique-nique sous quelques goûtes d’eau, nous attendons plus d’une heure et un mariage pour profiter du retour du soleil et faire Navajo Loop avec grand plaisir. Je m’attendais à pire pour la remontée mais notre entraînement à White Dome nous a laissé des mollets d’acier.





Nous profitons de la fin d’après-midi pour rejoindre Escalante. Une fois de plus la question se pose : où dormir ? Voiture, motel. Mais en ville, nous ne nous voyons pas nous mettre sur un côté de route et le camping ne nous attire pas. Nous trouvons une place au Padre Motel car l’après-midi, nous avions appelé Catherine au Rainbow Country B&B, et c’était évidemment complet. Un repas encore au Subway (et oui, cette année, nous essayons de dépenser un peu moins).

Samedi 29/09 :

Cette fois, la piste nous attend. Hole In The Rock Road est enfin sous le soleil et nous commençons par Devil’s garden (orage de grêle en 2009) avec la très jolie Metate Arch. Francesco est emballé par le site très sympathique au demeurant. Nous le parcourons un bon moment et déjeunons sur place.









L’après-midi sera consacrée aux slots canyons. Le matin, nous avons anticipé en allant au Visitor Center. Zebra slot : c’est de l’eau jusqu’à la taille. Donc pas pour nous.

Après une belle marche d’approche, nous tentons donc Peek-A-Boo Gulch. Mais à l’entrée une difficulté qui nécessite de la grimpette. Les genoux ne sont guère d’accord mais les petites marches aident et nous arrivons au premier palier. Mon mari tente le second avec difficulté pour constater qu’il y a plusieurs pools. Nous n’avons guère envie de traverser vu la profondeur. Mais là, le problème c’est de redescendre… Après plusieurs tentatives et le stress arrivant vite, il est épuisé. Il tente de traverser les pools et de ressortir plus loin car nous avions cherché l’entrée et avions navigué dans les parages auparavant (oui, toujours notre fameux sens de l’orientation…) Enfin arrive quelqu’un. Il nous aide et le voilà sorti d’affaire. C’est épuisant. Nous décidons de faire Spooky Gulch. Cette fois il faut progresser comme les crabes : en biais en tenant nos affaires de côté. C’est tellement étroit que les branches des lunettes de mon mari touchent parfois. C’est donc impressionnant. Nous aurons dû faire une centaine de mètres . Je craignais de me sentir mal à l’aise dans cet espace confiné et bizarrement, ne le suis pas. Par contre mon mari lui, déjà échaudé par sa précédente mésaventure, n’apprécie pas vraiment et nous nous extirpons de là.



Petite tentative pour rejoindre Spooky Gulch par le côté le plus ouvert mais là encore il faut marcher pas mal et il y a beaucoup de vent qui soulève le sable. Nous repartons donc pour faire un morceau de Dry Fork Canyon qui est un vrai boulevard après cela. Mais la lumière n’entre plus et les photos ne rendent rien. Marche fatigante (et oui, au retour, ça grimpe…). Nous rejoignons une américaine de Salt Lake City et son fils de presque 3 ans, avec qui nous discutons avec plaisir. Evidemment, ils n’ont fait que Dry Fork et le petit est déjà épuisé avec un bon coup de soleil sur sa bonne bouille blonde aux jolis yeux bleus.

Bon, ce soir, c’est le moment où jamais ! Si nous ne dormons pas dans la voiture, ça ne sert plus à rien d’avoir acheté tout le nécessaire. Je suggère donc de nous rendre à Sunset Arch pour y passer la nuit. Nous arrivons au parking à côté du water tank qui est le début de la ballade. Toutefois il n’y a pas de sentier et le soleil est en train de se coucher.



Il est plus raisonnable de laisser tomber pour ce soir et de préparer enfin le véhicule pour la nuit. Nous avions préparé un sac avec les affaires nécessaires pour la nuit et tout le reste passe à l’avant. Les 2 matelas sont étalés et nous posons dessus les sacs de couchage et les petits oreillers. C’est très cosy et douillet. Lingettes, serviette, eau nous permettent de nous débarbouiller convenablement. Pique-nique au milieu des moustiques mais nos bracelets anti-moustiques sont efficaces. La nuit sera tout de même courte car j’écoute les moindres bruits et je trouve ce silence impressionnant. Nous sommes à des dizaines de miles sur une piste au fin fond du wilderness, seuls et cela fait un drôle d’effet. Mais nous apprécions et savons déjà que nous recommencerons si possible.



Dimanche 30/09 :

Un peu galère pour trouver l’arche. Nous nous dirigeons au Gps et le point que j’ai rentré m’amène largement au-delà de l’arche, que, très concentrés sur l’écran de la modernité, nous passons sans voir. Décidément, ça finit par devenir pathétique cette façon de multiplier les distances pour arriver au point qui nous intéresse. Bref, on repasse sous une clôture et nous y voilà enfin. D’ailleurs il y en a une autre tout près aussi. Par contre, c’est évident qu’elle était bien nommée. Sunset arch n’est pas une sunrise arch ! Il faudra bien faire avec.



Nous repartons et décidons de faire une pause à Redwell que nous espérons bien nommé. Effectivement, au départ nous hésitions avec Volcano mais il fait une chaleur terrible. Pourtant j’avais rentré toutes les données fournies par Vnoa avec qui nous communiquons depuis quelques jours, espérant nous rencontrer à l’occasion. Mais les 12 km en plein soleil à la mauvaise heure ne nous font pas envie. Pourtant nous avons fait bien plus à White Dome mais là, il fait si chaud… Donc Red well : un trail aboutit à un wash avec un canyon. C’est sympathique et nous parcourons tout cela sans but précis.



Nous rejoignons enfin la route pour Boulder : cette splendide Scenic Byway 12 développe ses magnifiques paysages sur plusieurs kilomètres enchanteurs. Nous nous arrêtons et grimpons pour profiter de ses charmes pendant un long moment.









Ensuite, nous rejoignons enfin Boulder.





Je commence à craindre vu la taille du patelin de ne pas trouver de chambre. Le premier motel est hors de prix, le second motel ne nous plaît pas. Le Troisième n’a pas le wifi mais il faudra faire avec : il s’agit du Boulder 88. La propriétaire soupire quand je demande à voir la chambre, soupire quand je dis que je reviens si cela m’intéresse, soupire quand je reviens en me disant que c’était la dernière et que j’ai bien fait, soupire en m’expliquant le fonctionnement de la serrure de la porte d’entrée. Sauf, que quand je reviens car effectivement, la serrure est plus compliquée que prévue, là elle ne soupire plus mais manque de s’étouffer de colère. Je fais ce que je peux pour apaiser son courroux. Puis nous partons faire quelques courses, prendre de l’essence et surtout passons au Burr trail Outpost pour un excellent expresso, avec wifi please ! Nous dînerons très agréablement au Burr Trail Grill renommé pour ses jolies serveuses et ses délicieuses pies.

Lundi 1/10 :

En pleine forme, nous attaquons la Burr Trail Road très jolie sous cette matinée ensoleillée. Un arrêt permet d’apprécier un rapace.







Ensuite, les gorges sont en partie à l’ombre mais c’est un plaisir pour les yeux et nous prenons tout notre temps.





Notre but : Strike Valley overlook, cet incroyable et immense pli géologique de 80km de long, dont je me fais une fête à l’avance. Effectivement, après la longue marche d’approche car nous avons laissé la voiture au 1er stationnement (juste avant l’écriteau 4x4 recommandé, mais franchement on aurait pu la faire en voiture), c’est étonnant et même Francesco reste bouche bée. Mais encore une fois, nous y sommes à 11h00, donc la mauvaise heure. Nous restons sur place presque 3h00 pour profiter du lieu, y pique-niquer et attendre que la lumière soit légèrement moins haute. Franchement, novembre, c’était un bon plan pour la lumière malgré les journées plus courtes. L’an prochain…









Panorama ou comment faire entrer 80 km sur une seule photo : panorama de 4 photos



Nous reprenons la piste jusqu’à Bullfrog Marina. J’ai le n° de téléphone mais n’ayant pas appelé, je ne sais pas si le ferry fonctionne. Effectivement, arrivés à l’entrée du Glen Canyon National Recreation Area, une jolie pancarte nous indique que le ferry est « closed ». Je demande et j’apprends que tout d’abord le ferry est « broken » puis que de toute façon nous sommes en octobre donc hors saison. Voilà qui nous oblige à reprendre la 276 et rejoindre la 95 pour traverser le lac plus haut. Cela nous prend beaucoup de temps mais nous apprécions les paysages.



Il est 19h00 passé et le soleil est sur le point de se coucher. Nous allons donc à Hite Marina et trouver un emplacement tranquille. Ce sera notre seconde nuit dans la voiture qui se déroule encore mieux que la précédente.





Mardi 2 octobre :



Nous partons assez tôt et refaisons la Mocky Dugway, cette fameuse route pleine de lacets à la vue impressionnante sur toute la vallée permettant d’arriver justement à Monument Valley.



Nous profitons de la matinée pour faire le long circuit de Valley of Gods qui nous offre de jolis points de vue. Mais nous sommes à contrejour et les photos ne rendent pas bien, même si nous l’avons bien apprécié. Nous nous arrêtons ensuite à San Juan pour déjeuner. Un jeune couple s’occupe de l’affaire. Chaque tentative de commande se solde par un « y’en a plus ». Et même quand nous croyons que c’est bon, il revient avec « y’en a plus ». Bref nous avons dû commander le dernier repas disponible dans tout l’établissement mais ce n’est pas mauvais.

Nous nous rendons au Visitor center de Monument Valley ou j’essaie d’avoir du wifi mais aucun des mots de passe fournis ne fonctionnent.



Nous décidons de nous faire plaisir et nous organisons un tour privé pour voir d’autres zones que le circuit traditionnel avec sa propre voiture fait il y a 3 ans. Il était trop tard pour organiser un autre tour car nous voulions au départ faire Mesa Hunts avec nuit à la belle étoile. Mais personne n’avais répondu à mon mail et ne sachant pas quand nous arriverions sur place, nous n’avons pas appelé d’avance. Le tour en véhicule privé fait quand même 190 $ plus le pourboire. Mais pour 3h00, nous parcourons le parc, découvrant des arches et notamment la sone sableuse devant Totem Pôle que nous avions tant envie de voir.





Bref, c’est une excellent après-midi qui se termine par le coucher de soleil.



Evidemment tout est complet donc nous repartons et je dois conduire de nuit ce qui ne m’amuse guère depuis l’histoire de la vache. Ceci dit, tout se passe bien. Tout est complet ou fermé jusqu’à Tuba où nous dormons au Quality Inn qui n’est vraiment pas donné mais très bien.

Mercredi 3 octobre :

La journée à oublier… Nous attaquons cette belle journée par Coal Mine Canyon.









Cependant nous avons ensuite 2 soucis : un souci domestique qui mettra presque toute la journée à se régler et le vent que la météo a bien prévu pour aujourd’hui et demain et qui souffle en force. Cela remet en question nos plans de la journée et même du jour suivant. Nous avions prévu « Red and white canyon » et Eechi cliffs. Raté. En plus c’était notre anniversaire de mariage : 20 ans tout rond… Encore plus raté. Les anniversaires ne nous ont jamais réussi, il vaut mieux qu’on les oublie !

Bref, nous irons dormir à Flagstaff au Days Inn qui nous coûte encore assez cher comme la veille après un mini passage à Grand Canyon le temps d’un point de vue à contrejour.

Jeudi 4 octobre :

Vu qu’il vaut mieux s’occuper du jour suivant que de la veille, nous nous demandons puisque le vent souffle toujours où repartir. Finalement, nous ne sommes pas très loin de Sedona. Pourquoi ne pas y faire un saut. Aussitôt pensé, aussitôt en route. Nous récupérons une carte au Visitor Center puis faisons quelques points de vue



avant de grimper au joli point de vue de Airport Road. (Panorama)



La ville que nous avons traversé m’apparaît un peu comme St Georges, bien tenue, avec de jolis quartiers, plein de petits magasins sympas et un décor de montagnes rouges à ne pas dédaigner. Bizarrement, cela ne fait pas du tout le même effet à mon conjoint qui trouve que la ville s’étend beaucoup et empiète un peu trop sur la nature. Et puis, nous faisons la queue aux feux rouges ce qui l’agace un peu. Pour l’après-midi, je prévois une petite ballade très sympa et sans difficultés particulière : West Fork of Oak Creek Canyon. Nous commençons par un pique-nique sur une aire prévue (avec fee mais nous avons pris le pass pour la journée au VC) puis nous rendons au parking (payant : 9$). Nous attaquons la ballade un peu tard car évidemment, nous sommes dans un canyon et le soleil finit par passer derrière les roches.





Mais c’est très agréable et nous longeons ou traversons la jolie petite rivière.







Nous arrivons à un moment où il faut traverser une fois de plus. Je suis mon époux. En fait il souhaite prendre une photo et décide de traverser un peu plus loin, des enfants jouant au passage le plus facile. Malheureusement, il glisse sur la mousse du rocher sous l’eau et se retrouve les 4 fers en l’air, abasourdi. Je lui dis de relever tout de suite son appareil compact qui est heureusement dans l’étui mais il lui faut un peu de temps car en essayant de se rattraper, il s’est un peu foulé le poignet et tiré un nerf dans l’épaule. Une seconde tentative pour se relever aboutit au même résultat. La famille sur place n’a pas une seconde tenté de nous venir en aide et c’est avec un regard noir que j’accueille le commentaire d’un des leurs sur le fait que le sentier passe derrière nous. Bref, une bonne douche, quelques douleurs et l’appareil qui semble faire des siennes mais après avoir bien séché, fonctionnera de nouveau normalement. Sauf que du coup, l’idée de rester à Sedona pour la nuit ne lui sourit plus guère et après s’être changé à la voiture il me demande de quitter cette ville un peu trop VIP à son goût. Moi… j’aimais bien. Nous refaisons tout de même une halte à l’autre point de vue accessible depuis la route de l’aéroport ce qui est l’occasion d’une autre photo panoramique.



Bon, il est temps de partir enfin en Californie.



C’était un désidérata de Francesco depuis longtemps même si cela nous rajoute beaucoup de route par rapport à notre circuit. Je suggère donc de commencer la route mais sans prendre l’autoroute pour Phoenix. Du coup, nous prenons les chemins de traverse et passons par Jérome, une route toute en lacets dans la montagne. C’est l’heure de trouver un logement. Nous nous dirigeons vers un campground mais celui-ci semble très éloigné, sur une route pas sympa de nuit et il y a encore plusieurs miles à faire avant d’y arriver. Nous rebroussons chemin et repartons jusqu’à Prescott Valley où nous logerons dans un motel du même nom où l’on nous donnera la dernière chambre. C’est très spartiate de nouveau mais il y a le wifi et c’est tout ce que je demande. Et puis, on ne va pas trop demander pour 46$.

Vendredi 5 octobre :

Nous reprenons la route pour Twenty Nine Palms. Enfin des saguaros !



Autant dire que nous traversons le désert de Mojave, qui est… comment dire… désertique !!!



D’immenses vallées se suivent et se ressemblent, des centaines de km sans âme qui vive ou une pompe à essence (il vaut mieux prévoir le coup !). Et au milieu de tout cela, une âme courageuse avec une pancarte indiquant qu’il marche depuis New York jusqu’en Californie. Sinon, la seule incongruité se révèle être un contrôle du California Department of Agriculture’s entre l’Arizona et la Californie. Mais comme je n’ai ni oranges, ni citrons, je ne les intéresse pas…

Après quelques heures de route sous un soleil de plomb, nous arrivons enfin à Twenty Nine Palms. Dans les faubourgs, (façon de parler), beaucoup de baraques délabrées finissent leur vie et donnent un aspect désolant aux abords de la ville.

Nous déjeunons au pompeux Rocky’s New York Pizza. Nous tournons longuement en rond pour découvrir un supermarché capable d’alimenter notre glacière et nous trouvons un triste Save a Lot genre Leader price de chez nous. Tiens, pour une fois, les noix de cajou que nous dévorons pendant les trajets ne sont pas chères. Par contre, le prix de l’essence bat des records. Nous la prenons à 4,40 (et encore, nous l’avons vue à plus de 4.65 !) au lieu des habituels 3.90 et des poussières. Nous passons prendre une carte au Visitor Center et montons nous installer au campground de Joshua Tree qui nous intéresse : Jumbo Rock. Effectivement, cette section granitique du parc nous intéresse pour son potentiel photo. Par contre les températures sont évidemment beaucoup plus chaudes qu’en Utah ou Arizona ce qui nous avait amené à reculer ce déplacement au plus tard de notre voyage.











Le camping est un système Self payment et nous entrons choisir notre place puis la réserver en plaçant les 10$ dans l’enveloppe dont la partie détachable s’accroche devant l’emplacement choisi. Le coin est splendide et nous le parcourons sous la chaleur et le temps du coucher de soleil avec plaisir.









Dînette sur la table du camping puis dodo dans la voiture… Sauf que les voisins eux… pas dodo, mais grandes discussions jusqu’à 4h du matin ainsi que beaucoup d’autres aux emplacements plus éloignés. Bref, Joshua Tree est en fait un vrai bar à ciel ouvert pour nightclubber !

Samedi 6 octobre :

Nous nous levons tout de même tôt mais le sunrise est trop rapide.











Nous partons à la recherche de quelques points intéressant particulièrement mon mari dont notamment le lieu de prise de vue de certaines photos de Mickael Fatali. Nous le repérons beaucoup plus facilement que prévu avec plaisir. Mais évidemment, trouver le bon emplacement n’est pas suffisant pour réussi The Photo. Faut-il encore avoir les qualités de l’auteur… Bref, nous ferons donc notre version de ces jolis rochers granitiques et continueront la découverte de cette jolie portion du parc après avoir admiré un coyote sur le bord de la route (pas eu le temps de le shooter !).







Nous partirons ensuite faire la ballade de Parker Dam mais l’absence d’eau enlève tout le charme de ce joli coin. En début d’après-midi, nous nous demandons si nous continuons ou non. Bien non puisque nous avons réalisé nos souhaits en passant la nuit dans ce bel endroit. Les températures autour de 30 degrés ne nous incitent pas à prolonger le séjour. Nous décidons de remonter sur Las Végas. Par contre, vu qu’il s’agit de samedi soir, les prix ne seront pas tendres. Je propose donc que l’on termine avant Las Vegas par notre petit parc fétiche de Valley of Fire. En effet, nous pourrons loger moins cher là-bas et de plus nous utiliserons ainsi toute l’essence avec le retour sur Las Vegas puisque nous pouvons rendre la voiture réservoir vide. Adjugé.

Nous traversons de nouveau le désert de Mojave… comment dire… toujours aussi désertique ! Nous prenons une toute petite portion de la route 66 et remontons plein nord en passant cette fois par de magnifiques forêts de Joshua tree le long de la route. Nous arrivons sur Valley of fire trop tard pour y faire le coucher de soleil et nous rendons donc directement au North Shore Inn qui nous avait accueillis l’an dernier. Toujours autour de 90$, nous décidons de tester les 2 motels un peu plus loin. Le premier est fermé et quand nous arrivons au second, une femme est menottée devant nous par des agents de police dans le parking vide. Retour à la case départ. Les propriétaires se rappellent de nous et vantent les travaux d’amélioration faits dans l’établissement. C’est vrai que c’est mieux. Il y a même une machine à gaufres que j’utiliserai au petit-déjeuner. Je ne manque d’ailleurs jamais une occasion de m’en servir quand il y en a : c’est tellement bon… Ils ont installé frigo et micro ondes neufs dans les chambres et rénové l’accueil et la partie petit-déjeuner.

Une fois installés, je vais m’employer à réserver une nuit d’hôtel supplémentaire à l’hôtel où j’ai déjà retenue la dernière nuit de notre séjour : le Elara a Hilton Grand Vacations Hotel par l’intermédiaire d’Expedia France. Quelle erreur. L’hôtel me répond qu’il ne pourront garantir d’avoir la même chambre les 2 nuits d’affilée. C’est ridicule de refaire les bagages, récupérer la voiture au valet parking, et attendre l’heure du check in pour la nuit suivante. Ils me disent donc d’appeler Expedia. Sauf que je n’ai pas de n° 24/24 et qu’en France, c’est la nuit. Ils me donnent le n° Expedia USA. Là, c’est terrible car je reste 50mn en ligne avec un gars qui me fait répéter 15 fois les mêmes choses et comme je viens de sortir de mon petit forfait de 15 jours pour 12 euros chez sfr, je vais payer le téléphone plein pot ce qui va plus que doubler le prix de la chambre. Bref, tout semble résolu à part la future note salée de téléphone. Nous dînons dans la chambre et terminons ce que nous avons dans la glacière.

Dimanche 7 octobre :

En route pour Valley of Fire que nous arpentons avec délice. De l’an dernier, il me restait une envie non aboutie : Crasy Hill. Cette fois, nous n’avons aucun problème. Le site est splendide même si la forte lumière n’est pas facile à gérer.







Panoramique : 2 photos



Au retour à la voiture quelques bighorns :





Nous poursuivons avec Nike Rock qui est effectivement très parlant et que nous trouvons très facilement.



Nous partons ensuite vers le début de Mouse Tank mais la route est en travaux. Nous l’entamons mais la forte chaleur nous fait rebrousser chemin.



Après une matinée bien employée, direction Las Vegas et ses outlets pour l’après-midi. Quelques courses pour les garçons et arrivée au fameux Elara Hilton Grand Vacation. Evidemment, ça se corse et nous restons une cinquantaine de minutes au check-in car l’employé ne trouve qu’une seule nuit sur les 2 réservées. Grrrr…. Après tout ce temps passé au téléphone ! Il veut que l’on rappelle Expedia ! Au prix où ça nous a déjà coûté hier ??? Hors de question. Bref, il nous suggère (surtout pour lui je pense) de nous installer et de revenir plus tard nous occuper du problème. Au retour, je demanderai à parler au Manager qui elle, décèle rapidement le problème : simple erreur sur la première lettre de notre nom malgré le fait que je l’ai épelé à plusieurs reprises. C’est résolu en un quart d’heure et nous n’aurons pas à changer de chambre. Toutefois, on nous a refilé une chambre au 4ème étage quand l’hôtel en compte 56 ! Bref, presque pas de vue… Ceci dit, la chambre est très agréable.



Une animation du « mall » attenant à notre hôtel : l’espace tempête ! Toutes les heures, une tempête se déclenche avec tonnerre, éclairs, brume et pluie tombant du plafond…



Fatigués et l’estomac dans les talons, nous dînerons au Todai, un buffet japonais qui a le mérite d’être proche de notre chambre. Sauf que c’est dimanche soir et qu’avec les 2 bières, la note va se monter à presque 100 $ !!! C’est correct mais sans plus. Nous sommes un peu déçus. Nous tournons dans le Mall et les magasins finissent de nous achever. Tant pis, nous retournerons à la chambre pas trop tard. Demain sera un autre jour.

Lundi 8 octobre :

Cette fois, c’est grasse matinée ! Nous nous levons vers 10h et partons enfin à l’assaut de la ville.



Nous visitons plusieurs hôtels









Mais le must pour nous sera le magnifique Bellagio et ses décorations d’Halloween et son fameux plafond.





L’arbre parlant (il a aussi les yeux qui roulent…)











A midi, sur les conseils avisés du Tigre (membre de notre cher forum), nous tentons le Wicked Spoon, buffet du Cosmopolitan que nous visitons au passage.







Cette fois, c’est lundi midi et nous ne payons pour 2 que 48 $. Et c’est TOP !!! Un régal. Tout ce que l’on prend est d’une grande finesse, bien assaisonné et délicieux. Excellent, frais, appétissant, bien présenté. Notre meilleur souvenir culinaire de cette année ! Une coupe de champagne offerte agrémente le tout et nous repartons de belle humeur. Retour à la chambre pour un petit repos bien mérité. Tiens ! la chambre n’est pas faite !!! Ben voilà, il y a un voyant à appuyer pour demander le Housekeeping et je ne l’avais pas vu. Nous repartons un peu plus tard en ayant bien appuyé cette fois. 1ère étape, le Tix4tonight du quartier pour prendre 2 tickets pour le Show « The Dream » au Wynn. Pas donné, mais ce sera notre second cadeau après la visite privée de Monument Valley. Nous repartons à pied vers le Wynn continuant de visiter au passage les luxueux hôtels.













Enfin, c’est l’heure du show. C’est réellement un rêve !



Nous adorons ce spectacle à la fois dans les airs et dans l’eau, mélangeant l’art et la performance sportive, appréciant la grâce des danseurs et la beauté des costumes et des mises en scène. Bref c’est splendide ! En sortant nous prendrons un taxi qui nous emmènera au Hard Rock Café que nous avions bien aimé à NYC. Un serveur très sympa s’occupe bien de nous et la musique met dans l’ambiance comme d’habitude.



Encore quelques photos de nuit puis nous rentrons.





La chambre n’est pas faite ! Quand même, ils exagèrent. Un message téléphonique prévient qu’il aurait fallu appeler le Housekeeping par téléphone. Pfff….. Elara et Expédia : même combat ! Il est presque minuit quand nous sommes prêts car nous avons dû préparer tout pour notre départ si tôt demain matin. Effectivement, quelques semaines avant de partir, nous avons appris que notre vol de 10h50 était annulé et que nous devions prendre celui de 7h00. Sans commentaire ! Réveil 3h15…

Mardi 9 octobre :

Comme des robots, nous préparons les derniers détails et partons au Car Return rendre la voiture. Nous y laissons les matelas et un des deux sacs de couchage. Le reste a été casé dans les valises. L’une des 2 est d’ailleurs en surpoids mais ne donnera pas lieu à surtaxe.









Tout se passe bien et nous arrivons à NYC où nous devons attendre 5h15. Nous dînerons très mal sur place et ce sera la partie la plus pénible. L’embarquement commence avec une demi -heure de retard mais les passagers disciplinés embarqueront vite et bien ce qui fait que nous partirons à l’heure et arriverons à Nice comme prévu mercredi matin. La journée s’enchaînera avec pas mal de soucis à régler imprévus. La nuit sera bienvenue avant la reprise du travail jeudi matin. Je supporte de mieux en mieux le décalage horaire.

On repart quand ?...

Merci encore à Philippe pour ses précieux conseils et surtout la découverte de cette randonnée qui nous a tellement enchanté aussi : le must do de cette année « White Dome » Et merci au forum ainsi qu’à Vnoa pour ses documents et renseignements qui nous ont bien aidé aussi.

Pour la période, nous avons nettement préféré les fabuleuses journées de novembre 2011 avec des températures plus basses , une lumière plus photogénique, beaucoup moins de touristes, plus de facilité et de tarifs négociés pour le logement. Si le boulot ne m’avait pas contrainte à choisir cette période encore estivale, j’aurais préféré partir un peu plus tard.
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Randonnée au Ladakh
Bonjour, Nous préparons un voyage au Ladakh en partant de Leh, avec un guide. Nous sommes à la phase 1 de la préparation. Connaissez vous la meilleurs période, quel tour à faire, durée minimum? Je précise que nous sommes de bon marcheur, en montagne on a l'habitude d'aller dans les alpes mais sur gr, 3 ou 4 chaussures mais pas escalade ni glacier. Merci à vous.
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Rando-rencontre dans la forêt de Fontainebleau le dimanche 19 août 2007
🙂Voyageurs-randonneurs voyageuses-randonneuses,

Nous qui sommes abandonnés comme de vieilles paires de tongs durant cette période estivale par notre famille et nos amis, Nous qui ne nous satisfaisons pas de Paris-Plage, 😕 Nous qui donnons à manger au chat de la voisine du dessus partie en croisiére sur les mers chaudes, 😕 Nous qui arrosons les plantes de notre tante partie sur les rivages de l'Atlantique, 😕 Nous qui ramassons le courrier de notre meilleur ami parti vadrouiller sur les montants de l'Himalaya, 😕

je propose alors aux quelques abandonnés franciliens une rando-rencontre (je dirai alors une randocontre !!😏) en forêt de Fontainebleau le dimanche 19 aout 2007 pour aller écouter les chants des oiseaux, entendre le brame des cerfs, observer le vol des papillons, contempler la pousse des jeunes arbres, etc...

Pour ceux qui me connaissent un peu, il n'y aura ni enigmes, ni questions, ni temps imposé, ni course contre la montre mais juste le plaisir de faire une ballade sympa dans la nature sans itineraire etabli tout en improvisation !!!(tout le contaire de ce que j'ai deja fait !)

Vu la date choisie je ne m'attends pas à une multitude d'inscription alors s'il y a de 1 à 4 abandonnés decidés à faire cette petite ballade en forêt, le RDV se fera certainement porte d'Italie le matin (prevoir pique nique pour le midi ) et on partira avec ma voiture ( aucun frais de participation de transport ) S'il y a plus de participants, j'aviserai le moment voulu (faudra voir alors s'il y aura d'autres véhicules disponible )mais sinon il faudra penser au train (faudra alors que je me renseigne des horaires de trains et du prix du billet )mais là chacun devra payer son trajet ... Si personne pour cette randocontre, je vous raconterai comment c'etait ....
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Corée du Nord
En octobre 2003, je suis parti en vacances en Corée du Nord, dans le cadre d'un voyage bien évidemment organisé qui a duré cinq ou six jours. Extrêmement dense, ce voyage fut étonnant à tous les égards, même si je n'ai évidemment vu que ce qu'on m'autorisait à voir. Ces visites, ainsi que la propagande omniprésente qui nous était assenée ont fait de ces quelques jours mon expérience de voyage la plus dépaysante: voyage dans un pays étonnant bien sûr, mais surtout voyage dans le temps. A quelques petits détails près, on se serait cru dans l'Europe de l'Est des années 60, et c'est bel et bien "une autre planète" que j'avais l'impression de visiter.

A mon retour, j'ai donc rédigé un carnet de route - ce que je ne fais en principe jamais -, tant que mes souvenirs étaient encore frais, et y ai noté presque tous les détails de ce voyage. Je l'ai posté sur le forum généraliste que j'ai l'habitude de fréquenter, et l'ai divisé en 27 chapitres. Vous le voyez, c'est plutôt long pour un voyage de même pas une semaine! Puisque je vois ici qu'on a l'habitude de poster ses carnets de voyage, je vais aussi vous en faire profiter, en vous demandant d'être indulgent pour les nombreuses maladresses de style et les idées parfois quelque peu extravagantes qui me traversent l'esprit. Je ne vais tout poster d'un coup, car il faut que j'épure le récit initial (pas mal de fautes à corriger, et des références à l'autre forum - réponses à des intervenants à supprimer).

Naturellement, vos commentaires sont les bienvenus.
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Motel or RV in the American West?
Hey everyone, we’re heading to the American West for 21 days in August. Two options for us: renting a regular car and staying in motels, or going with an RV. We’ve traveled a lot in Southern Africa on our own with a 4x4 roof-top tent, but the US is a whole different story. I’d love to hear your thoughts—budget-wise, we’re probably looking at similar costs. Thanks for your input! Thierry
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Une TransEuropa 2019: Paris,Lyon,Budapest,Wien,Praha et OPorto
V🙂ici ! Camarades voyageurs, le récit étalé sur 2019 de visites Capitalistes Européennes, certaines pour nousautes au goût du , d'autres de découverte.

1Ere Etape: Paris !

Si nous sommes curieux-de-Tout et aimons expérimenter les multi-facettes/envers de décor d'une Destination, aimons prioritairement découvrir Son identité singulière, ce qui fait d'Elle un Lieu unique.Dans le cas spécifique de Paris (enfin selon notre perception, hein) : l'Elégance, le Raffinement <à la Parisienne>, la Culture, la Gastronomie, qui sont donc les goals/buts de notre court séjour.

www.youtube.com/watch?v=x-E7s9vZ-_o

Sur 3 jours pleins, à la mi-janvier (à noter que cette période est d'entre-deux culturel/évennementiel, toutes proportions gardées pour la Ville -c'était la Fashion Week, quand mêêêême!- , checker l'programme sur la toile, en filtrant ses propres centres d'intérêt, hein.... ) Nous logeâmes dans le très "central"/stratégique XI° arrondissement, dans un studio sympa, bien équipé, pour <50 euros/nuit via Airbnb (la raison l'a emporté sur le coeur, ne sommes pas grands fans du site bah...).

Allez, on lance le Paris, nos highlights de la Ville Lumière:

* Intemporels:

La Fondation Louis Vuitton Visitez la Fondation Louis Vuitton Paris Musée d'art contemporain

Visitez la Fondation Louis Vuitton Paris Musée d'art contemporain La Fondation Louis Vuitton est un musée incontournable à Paris dédié à l’art moderne et aux artistes contemporai...

Le Quartier du Marais: Version LGBT: J'adooore l'idée de passages cloutés & plaques de rue aux couleurs rainbow.Et of course sa mythique Librairie . Version Feuje: une ptite faim? falafel&kefta Chez Marianne. Les galeries d'art, principalement Place des Vosges mais pas que: Benoît Trimborn (galerie Ariel Jakob), Juan Miguel Palacios (Next street gallery), Dhoffer (galerie Mickael Marciano) et quelques Autres ont accroché notre "arttention".

Notre Dame de Paris (à l'heure des Vèpres): pour les géographes The KM 0 !! de la Capitale/France , mais aussi ptêtre, pour les Spirituels, The plus Haut Lieu de la Fille aînée de l'Eglise: Bref, The Là de Panâme.

Le Musée du Louvre: visite ciblée de 2 heures pour se remplir les yeux et l'hémisphère droit du cerveau d'entre autres: de Kohei Nawa (à l'entrée), d'Antonello da Massina, de François-Marius Granet, de Véronèse, de Pierre Narcisse Guérin...Les sculptures: d'Edmé Bouchardon, de Jean-Baptiste Pigalle, de James Pradier....Tant de beauté, c'est ouf !!!!

* Temporaires:

by Jean Paul Gaultier aux Follies bergères ( suivre son World Tour). Show Total sur le vie & l'Oeuvre de /pluridisciplinaire: danse, accrobatie, video, costumes & vêtements iconiques... jpgfashionfreakshow.com/,

au Grand Palais (expo itinérante en Europe).Scusez du Peu: A.Wharol, K.Haring, D. Lachapelle, G.Perry, K.Wiley, entre Autres, ont portraituré The . www.bfmtv.com/...a-paris-1119772.html

* Au hasard-Balthazar de balades à pied (privilégiées au métro-crado) :

superbe oeuvre cartonnée d'Eva Jospin au hype Beau Passage (VII°) beaupassage.fr/fr/art/la-traversee

Le Bon Marché: Un des temples marchands de la chicitude Parisienne, avec en bonus++ sa pause arty (lors de notre passage, la génialissime Joana Vasconcelos et sa très inspirée installation (en vitrine+intérieur) www.24sevres.com/...asconcelos-interview

Nos best of food:

-Tea time au Prince de Galles*****: soo chic & gourmand; www.bar-les-heures.fr/fr/tea-time

-Dîner au Restaurant: fantastik (en quality&choix) buffet-à-volonté Boulom - Le Restaurant

Boulom - Le Restaurant MAIS LE BUFFET À VOLONTÉ C'EST QUOI ?​ C’est un ensemble de plats chauds, froids, sucrés, salés que nous avons p...

Une déception dans le programme réservé: le match d'impro théatrale à La Cigale, pas à la hauteur de l'affiche des 2 Equipes: on a vu mieux, sauf le respect pour les comédiens.

Bon ben Paris, c'est fait! Je reviens, plus tard dans 2019 et avec d'autres cieux, poursuivre ce tour à UE et à dia des Capitales du Vieux Continent.

Merci! de votre lecture et @++ incha Allah.

Sân😎uk30.
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Voyager seule en Asie du Sud-Est, inconscience?
Bonjour à tous!

Ça y est la décision est prise, le travail informé je pars d'ici quelques mois pour 6 mois d'évasion!

Cependant voilà, en dehors des personnes qui me soutiennent à 100% sur ce projet, il y a ceux qui s'inquiètent à tel point que les angoisses me viennent...

En effet, j'ai décidé de partir seule, sac sur le dos au Cambodge, Laos, Vietnam, Malaisie et éventuellement terminer par la Birmanie....

On m'a traité de folle, d'inconsciente, d'irresponsable et j'en passe... On m'a parlé d'insécurité pour une femme d'entreprendre un voyage comme celui ci dans des pays où les drogues peuvent être mises dans notre sac et donc de se retrouver si facilement en prison sans espoir de pouvoir en sortir avant de longues années et la ruine des ses proches... on m'a dit que dans ces pays le viol est chose courante, le meurtre également...

Bien sûr, avant d'entendre tout ça j'avais regardé, je me suis renseignée mais d'un coup le doute me gagne. .. peut être parce que je suis vraiment prête au départ mais aussi parce que la crainte de voyager seule en tant que femme me taraude....

J'ai besoin de connaître votre ressenti et surtout l'avis de ces femmes ayant tenté cette expérience avant moi!

Je vous remercie d'avance pour vos précieux commentaires.

Vanessa
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Pour ou contre bébé (moins de 2 ans) en voyage?
Bonjour,

Le débat fait rage sur le pour et le contre de voyager avec un bébé…

Je crois avoir vu des postes sur le sujets, mais je ne les retrouves plus… Donc pour en discuter, j’ouvre ce nouveau post avec une discussion uniquement sur les bébés de moins de 2 ans (pour ne pas lancer la polémique du : un enfant de 12 ans ne devrait pas voyager car il n’en profite pas…)

Et si certains veulent apporter des conseils sur comment gérer leurs enfants en voyage, cela serait un plus. :) Par exemple, les classiques : on ne laisse pas un enfant dans sa voiture seule pendant qu’on fait une randonnée, un bébé est un être vivant qui a besoin d’être hydraté plus qu’un adulte (pour rappel, quand on a soif, c’est qu’on aurait déjà dû boire !), etc.

Donc : Pour ? Contre ? Mais si possible, surtout, Pourquoi ? Et sans insulte si possible : Car je sens que pour certains, cela va être impossible....

Pour commencer, voici un début de débat.

· Pour : bébé a-t-il plus besoin d’être dans un lieu rassurant ou de ses parents (enfin surtout sa maman) ? Ses parents sont leurs piliers, il est préférable de les garder… Surtout quand ses parents seront détendu par le voyage ! Le bébé le ressentira. :)

· Pour (et contre pour certains) : Changer le bébé de son domaine l’ouvre au monde ? Cela dépend fortement du bébé. Ce point est à l’image de la poussette : orienté vers papa/maman ou vers l’extérieur et l’inconnu ? Pour ma part, mon fils aime découvrir le monde et dans le caddie, il ne veut pas nous voir, mais voir ou l’on va !

· Contre : Voyager dans un pays n’ayant pas les mêmes normes d’hygiène qu’en France. Il ne faut pas oublier que si on peut attraper la tourista… Cela serait pire si le petit l’attrape !

· Contre : L’avion c’est trop long ? 10, 15, 20 h de vol, c’est long pour un bébé… Mais, comme les adultes, un bébé besoin de se dépenser en grandissant… Une solution serait donc de couper le vol et de privilégié 2 vol de 6 h avec 3 heures d’escales pour se dépenser, plutôt qu’un gros vol d’un coup…

· On s’en fout : o Bébé va pleurer dans l’avion et déranger les gens (C’est le classique : « Espérons pour les autres passagers des vols que vos enfants seront calmes ! ») : c’est pas notre problème ! La place est payante (même quand il n’y a pas de place physique) ! Notre bébé a donc le même droit qu’un autre passager… Sinon, merci de faire en sorte que celui qui ne s’est pas lavé, qui parle fort avec sa femme, qui aime ouvrir et fermer sa tablette durant tout le vol, qui ronfle, qui pete, etc. ne soit pas également admis ! Un bébé qui pleure au décollage est-il aussi insoutenable qu’un ado de 14 ans qui va mettre ses pieds contre votre dossier pendant tout le voyage ? Ou une petite fille de 8 ans qui va vous poser des questions pendant tous le voyages ? Oui, certains parents sont négligeant et non aucune manière… Cela reflète hélas la société… C’est du même ordre que la réputation des français à l’étranger ! On a beau donner 20 % de TIPS pour un service moyen, on nous regarde encore comme des radins, alors que mon beau-frère canadien anglophone qui ne larguera que 15% n’aura pas ces regards…

@ vous,

Geoffroy
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Islande... le tour de l'île et plus encore!
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !

La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :

sites.google.com/site/fabuleuxvoya...

Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.

Bonne découverte et à + 🙂

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Table des matières :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _

Présentation

Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.

Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.

Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.

Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.

Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.

Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.

Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.

Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !

J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !

J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :



Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie

J0 : Mercredi 27 juin 2013

Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.

Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !

Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?

A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.

Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.

A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !

Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !

J1 : Jeudi 28 juin 2013

Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !

Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !

A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.

Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !

Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.

La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.

Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !

Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !

C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.

Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.

A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !

C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)

Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.

Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !

Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !

Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !

Distance parcourue dans la journée : 220 km



Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013

Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !

Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !

Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.

Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.

En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.

Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.

Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.

Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.

Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.

En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.

Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.

Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.

Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.

Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.

Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.

C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.

En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)

En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.

Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !

Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.

Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.

En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208

J3 : Samedi 30 juin 2013

Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !

Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.

Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.

Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.

Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.

Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.

Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !

Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.

Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419

La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.

En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.

Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.

L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)

De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.

Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.

En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !

Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.

Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.

Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !

Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.

Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.

En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km



Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013

Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.

Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.

Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.

Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.

La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.

A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.

Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.

Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.

Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !

Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !

Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !

Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.

Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.

Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.

Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.

Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !

Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.

Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.

Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.

Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.

A retenir : première journée sans pluie !

Distance parcourue dans la journée : 150 km



Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013

Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.

Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.

800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.

C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.

En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.

Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.

Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !

Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.

Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).

Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !

En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.

Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années

Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.

Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.

Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.

Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.

Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !

Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !

L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.

Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !

Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !

Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.

Distance parcourue dans la journée :



Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013

Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.

En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.

Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.

Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.

Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !

Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.

Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.

Altitude de départ : 180 mètres

Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.

Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée

Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !

Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.

Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.

A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.

Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.

Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !

Altitude d'arrivée : 740 mètres

La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.

Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037

La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !

Fin d'après-midi à Vik.

D'abord sur la plage de Reynisdrangur.

Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.

Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !

Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).

Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.

Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.

A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.

Distance parcourue dans la journée : 215 km



Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013

Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !

En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.

Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".

Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.

Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres

Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.

En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !

Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.

En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.

Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.

La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !

Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.

Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !

Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).

La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.

Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.

Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.

Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !

En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.

Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.

Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !

Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !

Distance parcourue dans la journée : 100 km.



Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013

Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.

Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.

Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?

En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.

Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.

A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres

La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.

11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.

Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.

Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.

A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?

En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.

Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.

Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.

Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.

Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !

De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.

Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)

Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.

En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.

L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.

Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.

Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !

Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !

Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.

Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.

Encore plus abstraite… à la Dali !

Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.

Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.

Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.

Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.

Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.

Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.

On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !

Distance parcourue dans la journée : 240 km.



Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013

Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.

Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.

La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.

Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).

Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !

Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.

Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.

On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.

Ici des eiders à duvet.

Là un arlequin plongeur.

Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.

La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !

Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.

Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.

Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.

Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.

Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.

Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !

Distance parcourue dans la journée : 180 km.

J10 : Samedi 6 juillet 2013

Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !

En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.

Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !

Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.

Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !

A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !

A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !

A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.

Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.

La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.

Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."

Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.

D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.

Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.

Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.

A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.

Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.

Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.

Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.

En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.

Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.

Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.

Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.

Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"

Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.

Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !

Distance parcourue dans la journée : 195 km



Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013

85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !

Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)

Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.

Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.

A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?

C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.

Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.

Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.

Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.

Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.

Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.

Altitude : un peu plus de 300 mètres.

Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.

C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !

Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.

Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)

Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…

En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !

Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !

Distance parcourue dans la journée : 30 km

J12 : Lundi 8 juillet 2013

Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.

En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.

Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.

La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !

Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.

Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.

Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.

Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.

Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".

Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.

D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.

Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.

En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.

Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.

Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.

Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !

Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !

Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.

Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.

La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…

Distance parcourue dans la journée : 140 km



Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013

100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.

Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.

A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.

Au début, il y encore un peu de vert !

Mais bientôt tout n'est plus que cendre…

Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.

Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.

Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.

Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !

Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.

Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.

Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !

Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.

Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.

Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.

A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).

Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.

Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.

Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.

A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.

La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.

Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.

Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.

Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.

Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.

Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.

Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.

Distance parcourue dans la journée : 335 km



Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013

Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).

Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !

Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.

En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.

Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.

Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.

Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.

Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.

Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !

Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.

Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).

Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.

En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.

Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.

En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.

En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.

Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !

Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.

Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !

Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.

Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !

Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !

Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.

Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.

Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !

Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !

Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.



Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013

Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !

Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.

Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.

Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.

Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !

Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !

Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.

Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !

Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.

Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.

Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !

15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.

Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.

Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.

Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)

Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique

En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.

Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.

Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.

En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.

D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.

Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !

Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.

La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.

Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.

Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…

Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.



Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013

9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.

A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.

En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…

Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !

Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.

J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !

Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.

Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !

Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !

Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.

Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.

A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.

Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.

Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.

Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.

Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !

Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.

Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.

Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres

J17 : Samedi 13 juillet 2013

Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.

Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.

Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.

Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)

Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.

Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.

Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !

C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !

Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.

Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !

Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.

Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.

C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plongée. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !

Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.

C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.

Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !

Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le d��but de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.



Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013

Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.

Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.

Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.

Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.

Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.

Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !

Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.

Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.

Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !

Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?

Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?

Je lui laisse la parole :

Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.

La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.

L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement gérable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.

Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.

Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.

Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.

Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.

Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.

Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.

Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !

Finalement nous annulons la deuxième plongée.

Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.

Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.

Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.

Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.

Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.

Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres

J19 : Lundi 15 juillet 2013

Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.

Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.

Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.

A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !

Alors, raconte…

Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.

Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.

L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.

Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement

Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.

Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !

Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.

Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.

Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !

Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.

Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.

Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :

… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.

Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.

Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.

Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !

Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.

Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.

Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.

A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.

Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !

Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !

Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres



Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013

Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…

En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.

On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.

A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.

Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.

Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.

Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.

A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.

Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.

Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.

Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.

Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.

Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.

C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.

Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".

Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.

Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.

Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".

Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.

Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.

Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.

Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !

On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.

En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !

La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !

Distance parcourue dans la journée : 185 km.



De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013

Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !

Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?

En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.

Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?

Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.

Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.

C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".

C'est indiscutablement notre cascade préférée !

Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.

Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.

Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.

Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.

Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !

Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.

A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !

Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.

Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.

Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.

Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).

La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.

Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.

Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !

Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)

Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.

Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.

On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet

Distance parcourue dans la journée : 285 km



Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013

"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !

Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.

280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.

Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.

Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.

Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.

La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.

Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !

A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.

Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.

La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.

"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !

Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.

Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.

Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.

Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.

Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.

Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.

Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.

En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.

Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !

Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres

J23 : Vendredi 19 juillet 2013

Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.

A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.

Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.

Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.

Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.

La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.

Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !

Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.

Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !

Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.

Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.

Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.

C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.

Une juste récompense après une journée difficile !

Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.

Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !

Tout est bien qui finit bien !

Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !



Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013

Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.

Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.

Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.

Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.

Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.

Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.

Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.

En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.

Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".

Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !

Bref, pas vraiment de chance, cette fois !

Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.

En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !

Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres

J25 : Dimanche 21 juillet 2013

Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.

A ce propos…

Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.

Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !

Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.

Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.

Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.

Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.

Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.

Ils surgissent bien de terre en bord de mer !

Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.

A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.

Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J

Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !

Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.

Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.

La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.

La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.

Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !

Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.

L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !

Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.

Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)

Distance parcourue dans la journée : 205 km



Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013

Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !

Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.

Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !

Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.

A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.

A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.

A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.

Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.

En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.

La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.

En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !

Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.

Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !

Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !

A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.

Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.

Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.

Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.

Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.

Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.

Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.

Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".

Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.

Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !

A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.

Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.

Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.



De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013

Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !

Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.

Je le laisse commenter sa matinée :

"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.

Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.

Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.

Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !

L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.

Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.

Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.

La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.

Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.

Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.

Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.

L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.

Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.

Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.

C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.

Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.

Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.

Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.

Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.

Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…

… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)

… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande

… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville

… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie

… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.

Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.

A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !



Le mot de la fin

Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.

Alors, qu'en est-il ?

A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.

Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.

Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.

En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.

Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.

Nos coups de cœur !

C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.

- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.

- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.

- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.

- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.

- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.

- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.

- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.

Ce qu'on a moins aimé :

- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.

- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.

Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !

A propos de l'itinéraire

Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.

Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.

En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.

A propos du véhicule

Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.

Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.

A propos des hébergements et des réservations

Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.

Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.

Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.

Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.

Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.

Faut-il réserver ou pas ?

La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.

Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).

Ouvrages et sites Internet utiles

Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000

Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :

* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/

* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677

* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home

* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...

* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/

* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...

* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/

* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/

* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html

Un dernier mot…

Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.

Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !

C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.

A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

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Tour du monde en famille
Bonjour à tous

Voilà je cherche des infos qui concerne notre projet de tour du monde avec ma femme et mes 2 filles ( 3 ans et 6 ans ). Voici notre projet en état actuel, départ le 15 septembre 2011 pour environ 8 mois. Les destinations dans l'ordre de départ : - Amérique central et sud : Costa Rica, Pérou et Chili - Océanie : îles Fidji, Nouvelle-calédonie, Nouvelle Zélande et Australie - Asie : Malaisie, Bali, Vietnam

Et ensuite retour à la maison, je cherche tout d'abort des infos sur le climat pour la premier destination qui s'effectura de mi-septembre à fin Octobre. Et bien sur d'autre infos seront le bien venu en sachant que nous partons avec 2 enfants.

Merci d'avance à tous
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Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route
J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.

Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route

fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique



PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES

19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul

Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie. Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique Infos pratiques Arrivée à l'aéroport Ataturk prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue. Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar Pour aller au bord de la Mer Noire Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos

SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN

Istanbul-Erzurum 24-25 octobre

Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant. Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉 Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂. Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin. Mes 4 premieres nuits 1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎

Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
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Vivre à Mayotte
Bonjour à tous!

On m'a proposé un poste à Mayotte à partir du 15 novembre alors j'aimerais avoir plusieurs renseignements sur cette île que je connais très peu, mais que je ne demande qu'à connaître!

1)Tout d'abord au niveau santé, l'eau du robinet n'est-elle vraiment pas du tout potable? Quels sont les vaccins recommandés, fièvre jaune, etc?? et combien de temps faut-il les faire avant le départ? La carte vitale française fonctionne t-elle là bas ou faudra t-il que je m'inscrive dans un autre organisme? De même au niveau des mutuelles, peut-on en conserver une de métropole? (celle de sa banque par exemple)? Au niveau des moustiques, quelles précautions prendre? Traitement préventif anti-palu même pour un long séjour (trois mois au moins)? comment se protéger du chikungunya? est-ce qu'il sévit vraiment là bas ou est-ce juste des rumeurs? Enfin au niveau protection solaire, car j'ai malheureusement la peau assez sensible (bcp de grains de beauté), qu'est ce qu'il faut prévoir?

2) maintenant au niveau bancaire, une carte bleue (eurocard mastercard credit agricole) fonctionne t-elle la bas? peut-on retirer et payer partout avec ? de même pour les chèques?

3)au niveau logement, quels sont les prix d'une location à peu près pour une personne, appart ou petite maison? trouve-t-on facilement?

4) au niveau "ambiance" : en tant que métropolitaine, serais-je bien accueuillie ou dois-je m'attendre à quelques hostilités? est-ce que les locaux sont énervés par l'arrivée de métropolitains pour s'installer sur leur ile?

5) au niveau "rumeurs en tous genres", la majorité de la population étant musulmane, est-il vrai qu'en tant que femme, il vaut mieux ne pas trop s'exposer, genre pas d'épaules nues, pas de jambes nues, etc... Et est-il vrai que les vols et cambriolages sont nombreux?

6) au niveau climat, je pars définitivement là bas pour m'y installer alors que me conseillez vous d'emmener d'indispensable au niveau vêtements ou autres? je suppose que le manteau d'hiver et les bottes ne sont pas forcément obligatoires!

7) au niveau billet d'avion, y-a t'il des vols directs? où peut-on trouver les billets d'avion les moins chers, sachant que je ne prendrais qu'un aller simple vers le 13-14 ou 15 novembre.

Si vous voyez d'autres choses importantes à me préciser, n'hésitez pas! je sais que je pose beaucoup de questions, et que certaines peuvent peut-etre vous paraitre idiotes, mais je pars là bas en m'étant renseigné un petit peu mais en ne sachant pas vraiment déméler le vrai du faux de tout ça...le mieux serait donc que quelqu'un qui vive actuellment là bas ou qui y a vécu il n'y a pas longtemps me fasse part de son expérience et m'apporte ses réponses!

merci beaucoup d'avance!!!

Emilie
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Préparation sur croisière Msc Splendida le 20 août 2011
Avec mon mari nous avions du annuler cette même croisiere (msc splendida) le 7 mai 2011. Après avoir régler nos soucis nous nous sommes décidé a partir le 20 aout pour notre voyage de noce (7 ans de mariage).

Nous avons pas encore fait de réservation. Je me tate beaucoup a attendre les offres de dernière minute mais croyez vous qu'il y aura encore des cabines ou si j'attend trop il y a possibilité que je me retrouve sans cabine a réserver? J'hésite avec une cabine exterieur balcon et une interieur ou je c c l'opposé lol mais le prix n'est pas le même.

Nous partirons de marseille et on laissera notre voiture au parking 13 euros par jour ya pire en prix.

Je ferais l'enregistrement avec le check in ça ira plus vite comme ça.

J'ai regarder déjà pas mal de post sur les escursions voilà pour l'instant ce que j'ai trouvé :si des personnes veulent rajouter leurs infos ya pas de soucis.

Gênes : Un petit train qui dure 45mn le prix je crois 8 euros/pers ou il ya une navette 2.50 euros pour le centre ville ou bien le bus touristique à 20euros/pers. une navette msc ?

Naples : bonne question ya til des navettes msc ?et pour pompéi quel est le moyen de transport le + facile ?

Palerme : Un petit train à la sortie du port à 8euros/pers ou quand on sort du port en face il y a une grande rue et au milei un arret de bus touristique le prix ?une navette msc ?

Palma : A 200m du port un bus de ville a 2euros/pers.une navette msc ?

Barcelone : Navette msc à 8euros-pers ou bus bleu 4euros/pers ou le bus touristique 20euros/pers.

La soirée du commandant est t-elle bien le mercredi ? Le prix de la photo est de 20 euros ou bcp + cher ?

Niveau bagage ya t il une limite niveau poids et nombre de bagages par personne ?

Je suis plus bain a remous que piscine mais avec le monde qu'il y aura je me demande si il y a un bain a remous jaccuzi a aurea spa et le prix.

Pour l'instant je m'arrete là niveau question vu qu'il y en a pas mal je vous remercie d'avance pour vos conseils avis ect....
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Retour de croisière "Adventure of the Seas" dans les Caraïbes
ME VOICI DE RETOUR apres un mois passé en Floride dont 1 semaine en croisiere dans les Caraibes sur l'adventure of the seas. Jusqu'au present je ne connaissais que COSTA CROISIERES, il me semble interessant de comparer ces 2 compagnies dans mon compte rendu

1) LES PAPIERS DE VOYAGES - Sur costa on dispose d'un carnet de voyage pre imprimé avec les papiers necessaires, les descriptions des excursions, et les etiquettes bagages autocollantes avec notre nom et numero de cabine - sur RCI, 9 vulgaires feuilles imprimées, on vous demande de vous pre enregistré en ligne et d'imprimer les papiers, pas d'etiquettes bagages 😠

2) L EMBARQUEMENT - Sur Costa, on dépose immediatement les bagages et ensuite on vous guide vers le hall d'embarquement on vous attribue un numéro et vous attendez votre tour - sur RCI , arrivés a SAN JUAN, on fait la queue dehors !!!! avec les valises !!!!! on arrive ensuite devant un guichet, vous montrez vos papiers et un gars vous imprime des etiquettes valises et vous demande un pour boire !!!!!!!!!!!! j 'ai trouvé ça scandaleux, on attend deja en pleine chaleur avec les valises, s'ils nous donnaient les etiqettes preinmprimées, on n'aurait pas à faire ça !!! la queue continue mais on est debarrassé des valises, on passe nos bagages a main aux detecteurs, puis il faut refaire la queue a un autre guichet , remontrer nos papiers de voyage et enregistrer la carte bleue, ça c bien que ça soit fait tout de suite, avec costa il faut faire la queue dans le bateau un jour de la semaine. Ils vous donnent votre carte d'embarquement, et la on refait la queue pour embarquer, on doit remontrer passeport et carte d'embarquement !!

3) L ARRIVEE A BORD - sur COSTA vous avez droit a du personnel en gant blanc pour vous guider vers votre cabine - sur RCI RIEN ! vous vous debrouillez !

4) LA CABINE Nous avions une cabine avec balcon superieure pour nous 2 et une cabine interieure pour les 3 enfants. Un bon point pour RCI cette fois, les cabines sont plus grandes ! l'exterieure avec balcon est plus grande que sur COSTA, l'interieure aussi, les enfants ont aussi un canapé. J'aime la deco avec le rideau qui separe le coin salon du lit ! curieusement le balcon semble par contre plus petit ???

5) LE BATEAU L'adventuire of the seas est tres beau, la decoration est beaucoup plus sobre que sur COSTA, parfois cela manque un peu de deco notamment dans les couloirs plus jolis chez costa, sinon c'est une affaire de gout, mais il faudrait etre difficile le bateau est tres beau, la royale promenade impressionnante, les piscines plus grandes et plus nombreuses, les jaccuzis egalement tres grands, c'est tres agreable, on peut allonger les jambes sans rencontrer les jambes de la personne d'en face et il y a toujours de la place ! par contre il faut aimer l'eau chaude car c vraiment bouillant ! il y a toujours de la place aux jaccuzis et jamais d'enfants dans ceux qui leur sont interdits contrairement a COSTA ou ce n'est pas respecté !! j'ai adoré aussi l'espace solarium tres calme avec ses 2 jacuzzis les piscines de dehors sont plus animées un groupe de regaae vient jouer frequemment. A NOTER EGALEMENT QUE CERTAINS PISCINES ET JACCUZIS SONT OUVERTS 24H SUR 24 Les activités sont plus nombreuses car le bateau est bien plus grand que le plus grand de chez COSTA, on peut donc faire du mini golf, de l'escalade, aller a la patinoire ect !!! un plus sur ces activités !

6) LA RESTAURATION Le restaurant vivaldi est tres beau, nous avions une table pres d'une fenetre non cachée par les chaloupes commme sur beaucoup de bateaux de COSTA. PAR CONTRE GROSSE SURPRISE QUANT AU MENU, sur COSTA 7 PLATS (entrée, soupe, plat de pates, plat de resistance, salade, fromage, dessert) sur RCI, c'est entrée, plat, dessert !!!!!!!!!!!!!!!!!!! une sacrée difference 🤪 avec des plats qui etaient tous les jours la (exemple la salade cesar en entree !!!!) sinon les plats etaient bons mais on a reclamé du fromage, ils nous l'ont donné mais ct tous les soirs pareil, du brie !! - aucune difference pour les soirées de gala, sur costa c'est parchemin pour le menu et repas aux chandelles sur RCI RIEN ! il ne faut pas s'attendre non plus a une danse des serveurs ou quoi que ce soit tout juste un petit chant...... - le buffet WINDJAMMER offre plus de choix pour le petit dejeuner que sur COSTA par contre pour le midi c'est plutot repetitif, pas de buffet tea time, et JAMAIS UN SEUL BUFFET DE MINUIT, donc aucune vite des cuisines UN GROS POINT NEGATIF POUR RCI - un petit café (le café promùenade ) est ouvert 24h sur 24 pour manger des petites choses ou boire du café

7) LES SOIREES Les danseurs seront quelque peu déçus !!!! beaucoup moins de bars dansants que sur COSTA et plus de jeux assez idiots un plus des parades sur la royale promenade, helas on a vu que la fin c'etait pendant l'heure du repas. Il y a eu une soiree disco sur la royale promenade, quand l'ambiance commencait a monter ils ont arreté, il fallait aller sur le pont piscine pour continuer sur une autre soiree, un peu bizarre ???? les spectacles sont de tres bonne qualité, à noter un véritable orchestre au theatre pour chaque soir quelque soit le spectacle un tres beau spectacle sur glace !! LA SOIREE DU COMMANDANT EST NULLE, aucun cocktail organisé dans la salle de spectacle, juste un petit truc en vitesse sur la royale promenade, comme deja dit precedemment rien au restaurant pour l'occasion, la seule raison pour laquelle on s'habille c pour les photos , c'est un peu dommage !! ça nous a manqué sur COSTA la soirée du commandant est beaucoup plus marquante avec le cocktail et le repas aux chandelles, le magnifique buffet de minuit !

8) LE SERVICE A BORD Nous avons beaucoup profité du balcon, il faut toujours chaud a nimporte quelle heure dans les caraibes, ça c super, on s'est fait livré 3 fois le petit dej sur le balcon, ct divin, il y a plus de choix que sur COSTA pour le petit dej en cabine (oeuf bacon assiettes de fruits ect) la cabine est egalement nettoyée 2 fois par jour mias pas plus (chez costa notre cabinier repassait souvent le midi, mais le service n'est pas aussi attentionné que sur COSTA, aucun rangement alors que sur costa notre cabinere a souvent la gentillesse de remettre un peu d'ordre. De meme le personnel est beaucoup moins souriant. Sinon le service au buffet est bon, ils vous apportent a boire et debarrassent rapidement. Comme deja dit precedemment personne pour vous accueillir a bord et personne non plus pour dire au revoir quand vous partez. Le journal de bord est sommaire, on ne sait jamais quel spectacle on verra le soir, aucune indication concernant la navigation touristique (sur le today de COSTA il est précisé les interets de la navigation et vers quelle heure on sera devant telle ile ou autre) aucune indication concernant l etat de la mer ou la meteo et enfin aucune indication concernant le debarquement lors des escales !!! PENIBLE au début !!! meme quand on prend une excursion !!!

9) LES ESCALES NOUS AVONS ADORE LES CARAIBES !

point positif pour RCI le débarquement est tres rapide, plus rapide que sur COSTA

ARUBA Nous avons pris un mini bus pour faire un petit tour de l'ile, pour 25 dollars par personne, mon plus jeune n'a pas payé, on a ensuite repris un bus pour aller a eagle beach, la plage est magnifique aussi belle que sur une carte postale, nous avons ensuite visité la capitale, ça nous a bien plu

CURACAO IDEM Nous avons repris un minibus pour faire un tour, visite d'une distillerie pour nous vendre du curacao sans grabd interet, puis arret sur quelques points culminants de l'ile, c'est tres coloré plein de toits oranges, nous avons décidé de nous arreté à MAMBO BEACH une plage pardidsiaque, nous avons pu nager et voir des poissons, on voulait aller ensuite au seaquarium mais il nous aurait rester trop peu de temps piour la ville, on est donc revenu a WILLEMSTAD, tres belle capitale aux maisons de toyutes les couleurs, c'est vraiment beau

LA DOMINIQUE Une ile montagneuse et volcanique, nous avons pris un taxi pour une visite privée de la foret tropicale des trafalgar falls et de la emerald pool, c'etait tres tres beau par contre les routes ne sont plus dans un tres bel etat !! et ce que l'on ne vous dit pas c'est que lorsque vous faites un tour privé on vous fait payer 5 dollars par personne l'entree des trafalgar falls et de l emerald pool, un peu l'arnaque !!😠 mais bon ! en plus ils ne sont pas aimables !!!!! sinon toute cette vegetation est vraiment superbe, on a demandé a ce qu'il nous amene sur une plage à la fin. C'etait du sable gris car c'est une ile volcanique mais l'eau etait tres chaude et la aussi on a pu voir des poissons ! vraiment une super escale !!! la capitale ROSEAU ne presente aucun interet GROSSE CERISE SUR LE GATEAU: au départ de la Dominique des dauphins nageaient a coté du bateau tout en faisant des sauts, un magnifique souvenir

ST THOMAS Nous devions arrivés a st THOMAS le matin, helas un passager a eu dans la nuit un gros probleme medical, il a du etre debarqué en GUADELOUPE et de ce fait grosse perte de temps nous sommpes arrivés a st thomas qu'a 13h et au lieu de repartir a 18h, on est reparti a 20h on a pris le telepherique pour avoir une belle vue sur l'ile c'est tres beau, dommage que c'etait nuageux Nous sommes ensuite allés à COKI BEACH pour nous baigner, on a vraiment nagé avec des centaines voire des milliers de poissons, certains minucules d'autres assez gros de pas mal de sortes, c'est un excellent souvenir ! Nous avons ensuite repris le taxi pour voir la fameuse plage tant citée "magen's bay", nous ne sommes restés que 10mn pour prendre des photos et c'est vrai qu'elle est de toute beauté. Nous sommes enfin revenus au bateau, nous avons fait un peu de shopping avant de remonter à bord.

SAN JUAN Nous avions cette fois reservé une excursion avec royal caribbean pour ce dernier jour car il etait tres pratique qu'ils aillent nous porter nos valises à l'aeroport et nous reconduisent aussi a laeroport à la fin de l 'excursion. Nous avons choisi l'excursion dans la foret tropicale ou etait decrite une excursion de 5h dans la foret. La réalité a été malheusement toute autre, apres un trajet de 45mn on arrive dans la foret tres belle avec des cascades, on s'arrete 10mn puis on continue on nous arrete a un autre endroit ou l'on parche 30mn dans la foret, c'est tres bien mais vraiment court, enfin on nous emmene a une sorte de phare qui nous permet de surplomber le paysage tres joli (duree 20mn) et ensuite retour vers l'aeroport !!! pour nous deposer dans un restaurant mexicain minable pendant 1h15 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! j'etais en colere de ce temps inutile qu'on aurait pu passer dans la foret ! le guide n'a pas eu un centime de pourboire , c'est vraiment du foutage de gueule, cet arret n'etait pas mentionnné dans l'excursion ???? ENSUITE ON NOUS RECONDUIT A LAEROPORT, celui qui a gardé nos valises lui aussi reclame un pourboire ! tous ces pourboires ça m'enerve !!! je me demande bien pourquoi a mon boulot je ne demande pas de pourboire 😎

10) CONCLUSION D'un point de vue rapport qualité prix, COSTA est à mon sens largement superieur notamment pour les familles avec enfants car chez RCI aucune remise pour les enfants qui sont meme supposés payer les pour boires commme les adultes ! Si on avait suivi les recommandations on aurait du payer 350 dollars de pourboires, je trouve ça exhorbitant, on a laissé 150 dollars, je trouve que c deja bien car le service n'est pas aussi bon que sur COSTA. RCI a des avantages surtout concernant les infrastructures du bateau, les cabines plus spacieuses mais le coté festif et chaleureux leur fait cruellement defaut. Nous avons malgré tout beaucoup aimé cette croisiere par ces tres belles escales, les bons moments passés en famille, la cabine et le balcon que j'ai adorés ! C SUR ON RETOURNERA FAIRE UNE CROISIERE DANS LES CARAIBES mais pas forcement sur RCI !

PS N HESITEZ PAS LES FUTURES CROISIERSITES SI VOUS AVEZ DES QUESTIONS, je me ferai un plaisir d'y répondre
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Trajet au Costa Rica: commencer par les Caraïbes ou le Pacifique?
Bonjour tout le monde,

Je vais peut-être partir au Costa Rica fin novembre pour 2 semaines et j'aimerais savoir, selon vous, de quel côté je dois commencer, par les Caraibes ou par le Pacifique? Je pense commencer par les Caraibes. Je me suis fait un mini itinéraire, dites moi ce que vous en pensez.. 😉

1. Arriver a San José, donc dodo ici ou bien a Alajuela (quel place selon vous?) 2. En route vers Cahuita, là je ferais la visite du Parc National avec ses belles plages. 3. Tortuguero. Ya des tortues en novembre-dévu décembre? 4. Fortuna, volcan Arenal (les autres volcans valent ils la peine?) Ou se trouvent les sources thermales? 5. Monteverde 6.Tamarindo (j'aimerais bien essayer le surf) 7. Montezuma 8. Parc Manuel Antonio 9. Retour à San José Que devrait ajouter ou que devrait je enlever?? Merci de m'éclairer car, si nous partons, ce sera la premiere fois sac a dos pour moi et mon copain. Bien sur, nous ne voulons rien manquer, mais en 2 semaines, c'est fesable? Nous allons utiliser le bus et les auberges de jeunesses (cabinas) et, bien sur, le guide Lonely Planet!

Muchas Gracias! 😎

Oceane xx
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Que pensez-vous de la République Dominicaine?
Bonjour,

Toute nouvelle sur ce forum, j'attend vos impressions sur la République Dominicaine. Je dois y partir au mois de novembre, et depuis que j'ai fait ma réservation, de nombreuses personnes m'ont dit que je n'avais pas fait le bon choix 🙁.... que je serai déçue, que le pays, mis à part ses plages n'avait rien d'extraordinaire et que l'insécurité était quasi permanente.... Sympa, à présent je flippe un peu et espère ne pas avoir à regrtetter mon choix. Qu'en pensez vous?
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Sur les routes d'Europe
allez je me lance...voilà mon carnet de route de cet été , version intégrale ( désolée c'est un peu long...). Traversée de l'Europe, de la France à la Moldavie en stop. Tous les commentaires sont les bienvenus! Merci Marion

Sur les routes d’Europe

Prélude au voyage

Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.

J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !

C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !

Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….

Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.

Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.

Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …

Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.

Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !

Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu

C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…

Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !

Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !

Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.

Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.

On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…

On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »

On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.

On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !

J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !

Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !

Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !

Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.

Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse

Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…

Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :

« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !

Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »

Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!

Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!

Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…

Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!

Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.

Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !

Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !

Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!

On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.

On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.

On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »

Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !

Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!

Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…

C’est notre première petite galère de voyage.

On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…

En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!

Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !

On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.

On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !

Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!

La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”

Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…

A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…

Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….

Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…

Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !

On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.

Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…

On continuera sur Innsbruck demain.

Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !

Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…

On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…

Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.

De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.

On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !

On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !

PHOTO 1

On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…

C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…

Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !

Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !

Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…

Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!

Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…

Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !

Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…

David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…

Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…

On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…

Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…

PHOTO 2

On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!

Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »

La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!

Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…

Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac

Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.

On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !

On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…

PHOTO 3

L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…

On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !

Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !

Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…

On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.

Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !

C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!

On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…

On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)

Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…

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Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…

Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.

Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !

Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …

Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…

J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !

On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !

Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.

On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !

Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !

On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??

Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.

Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !

Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…

Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.

On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…

On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.

Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.

Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.

Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !

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Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!

On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.

Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.

Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !

Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !

On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.

Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !

On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !

Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.

Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.

J’aime sa façon de penser…

On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !

Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.

A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.

On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !

Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor

Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !

J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…

On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »

Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??

On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…

Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…

On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !

On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…

Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !

Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.

On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !

Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…

On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.

Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.

Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.

Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie

Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !

Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !

On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !

J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !

Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !

Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….

Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.

Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…

Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!

Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !

Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.

Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante

Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !

Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !

On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…

Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !

On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.

Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…

Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.

Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !

Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!

Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !

La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…

Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.

On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.

La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…

Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !

On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !

Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!

Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !

Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!

Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !

Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.

On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.

Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….

On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…

Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !

Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!

Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!

Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…

On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !

Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!

Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !

Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.

Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…

On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.

Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…

On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !

Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !

Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.

La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !

On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??

On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”

Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.

Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »

Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.

Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!

Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…

Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…

En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »

En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »

En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !

Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !

On se débrouillera autrement…

Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.

Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.

On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !

La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.

Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.

Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.

Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!

Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…

On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !

Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.

Ca fait froid dans le dos…

Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.

Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !

On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.

Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).

Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)

Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.

On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?

Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!

Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !

Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…

Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…

On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!

Cependant cela fait du bien !

On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…

Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !

Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!

J’ai du mal à suivre…

On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !

On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.

Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka

On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !

On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !

On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…

On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.

Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !

On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.

On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.

Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…

Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !

On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)

Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !

Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.

Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…

On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.

Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !

Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…

Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)

On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…

Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…

Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !

On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.

Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…

On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !

On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?

Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.

Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.

Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?

Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !

Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.

Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !

La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »

Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !

On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.

Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !

Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !

Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire

On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…

Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!

Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.

Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.

C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.

PHOTO 6

On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !

La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !

Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !

Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.

Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.

Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.

Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.

A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.

On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.

Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.

On ne le sent pas trop….

Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.

Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.

En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.

On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !

On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;

Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:

“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”

“Everybody wants to fuck!”

“You don’t understand, I want a fork on my table!”

“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”

Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”

Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh

Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !

On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.

On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.

On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…

Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.

On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !

Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.

On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…

On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!

On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!

On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.

Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn

Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.

Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.

On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !

Finalement on repartira avec du pain…

C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…

On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.

Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.

On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !

On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !

Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !

Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.

C’est resté dans les anales….

Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!

Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.

Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !

Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.

Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !

Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !

On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?

On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…

Ce n’est décidément pas notre jour de chance !

Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.

On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !

On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.

Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)

On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n’a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !

La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.

On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…

Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.

On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !

On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !

Ou alors ils ont crevé à leur tour…

On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…

Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…

Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??

Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.

Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.

On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!

On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.

Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???

Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »

Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.

Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…

Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…

Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !

Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !

On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.

On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…

Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…

On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.

On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »

Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !

Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.

Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !

Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !

On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !

Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)

Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…

On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…

Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »

Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.

Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.

Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.

C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »

Sidérée, je ne veux pas y croire.

Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »

Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.

Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !

Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »

Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.

Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.

On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »

Sorry mon cul, oui !

Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)

Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…

Il finit par repartir.

Je rie nerveusement.

Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…

On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.

On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.

Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…

On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.

On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…

On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.

Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !

Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…

Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…

En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…

On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…

La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.

Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.

Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…

Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.

Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.

On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.

On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.

Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…

Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire

Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.

A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.

Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !

On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.

Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…

Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.

On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !

Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.

Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :

En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :

Dole Nicolas

Nole dit « colas »

Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…

Devant mon hilarité elle en invente une autre :

Nole me soûlait

Nole se moulait

Bref bref…

On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.

Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.

Mais il semble plus distant, plus réservé.

Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…

Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?

Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?

Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…

Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…

Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…

Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…

Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties

(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)

Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.

Mais pour les français, pas de changements.

Privilège…

On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…

Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…

Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !

Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.

Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…

Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.

Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !

Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….

Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !

Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !

Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.

Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !

Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.

Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…

Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.

Non mais sur qui on est tombé ??

Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…

Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…

Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…

Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…

Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates

Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.

Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !

Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.

On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.

Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.

Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.

On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.

Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!

On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.

Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.

Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…

De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !

Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !

Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.

Bizarre, espérons que ça passera vite !!

Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions

Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !

Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.

J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.

Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !

Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…

On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.

Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.

Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.

Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.

Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.

Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.

Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.

Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !

Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !

On arrive vite à Apold.

PHOTO 7

Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.

En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.

Musique, chants, feu.

On est bien

On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…

Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.

Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.

Mal au genou…

On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…

Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…

Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!

Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.

PHOTO 8

Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.

On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.

Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.

On reste sur le cul.

Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.

Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?

Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.

Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.

J’ai du mal à comprendre….

On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…

En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !

Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.

Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !

La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.

Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.

Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.

Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.

Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!

Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…

Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !

Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.

Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…

En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??

Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite

Pas mécontente de quitter cette forêt !

Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !

On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.

Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »

C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.

Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.

Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !

Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)

On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….

On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).

Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?

Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.

On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.

En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.

Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?

On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.

Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !

PHOTO 9

On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.

Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…

Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !

Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !

Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !

On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.

La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.

A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.

On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !

Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !

On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?

Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.

Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !

Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…

Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.

Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.

On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !

On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !

On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.

Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…

On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.

Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.

Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !

Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.

A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.

On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !

Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…

Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.

On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !

Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.

Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.

Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.

Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau

Chisinau n’a pas changé.

Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.

Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.

Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.

Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.

Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.

Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.

C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !

Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.

Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !

Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.

Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.

Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.

Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.

Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.

Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.

Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.

Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.

Dimanche 12 Juillet : Madame poulet

Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.

Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.

On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…

Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…

Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…

Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut

Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.

On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !

On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.

On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.

Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.

Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.

Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route

Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.

Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.

Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.

Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…

Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?

J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.

Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.

On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.

On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.

Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.

J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.

On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.

Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…

On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.

Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !

Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !

Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.

Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !

C’est parti pour trente-six heures de bus…

Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !

Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”

Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !

L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.

Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.

On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !

On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?

Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !

Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…

La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…

Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !

Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !

On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
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Voyage 4x4 au Maroc en avril 2009
Bonsoir a tous, voilà je prépare un voyage au Maroc en 4x4 pour le moi d'avril 2009 ( vacances scolaires), mon problème, je ne sais pas par ou commencer, surtout en ce qui concerne l'itinéraire, j'ai lu plusieurs postes et je me rend compte que la météo n'est pas des plus favorable a cette époque de l'année, surtout que si nous allons au Maroc, nous aimerions eviter la neige et les temperatures trop bases. le problème c'est que nous ne pouvons partir qu'a cette période là. notre sejour sera de deux semaines au depard et retour de notre domicile. si quelqu'un a une idée de base, je serais preneur, a savoir que nous pratiquons le 4x4, mais que ce voyage se veux familliale et que le but est découvrir le pays et ses habitants. j'attend vos conseilles et je vous remercie par avance
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Masai Mara and Melting Pot Safari... So disappointed!
Hello everyone,

I imagine many of you have been captivated by the Masai Mara park and/or your safari experience with Tony Crocetta/Melting Pot Safari. Still, I’d like to share my perspective. First, I’m an avid traveler, especially in love with Africa, which my partner and I have explored a bit (Zambia, South Africa, Botswana, Kenya, Zimbabwe, Namibia...). That said, I want to express my deep disappointment with both the Masai Mara and Tony Crocetta’s camp, Melting Pot Safari, where we stayed last year.

First, about the park: it’s stunning, no doubt. But what a highly touristy place! I can’t find the words to describe the horror of being among 30 4x4 vehicles lined up in front of a lioness hunt, let alone encircling her right after her kill while her prey is still alive in her jaws... no respect for wildlife. The same goes for surrounding a young leopard playing with its small prey, a moment when I counted over 50 vehicles, most with their engines running... sickening. I turned away, both my gaze and my camera. What a disaster to see this natural wonder of Africa turned into a tourist hotspot.

Yes, I loved this place on Earth, but no, I won’t "promote" it anywhere or to anyone.

Next, I also wanted to share my dissatisfaction with Tony Crocetta’s famous camp, Melting Pot Safari: where to begin? We booked a private vehicle for four with two friends, and I have no complaints about the vehicle itself (though it obviously came at a cost). The windows and the vehicle weren’t very photo-friendly, but let’s move on. The trip between the sisters’ guesthouse (which was fine) and the camp went smoothly, except we arrived a bit too late. Result: "We’ll leave for the safari an hour later today because the driver has to respect his rest hours." Perfect—with park formalities, we only spent about an hour in the park that evening. The safari got off to a great start... During our 12-day stay, we saw some amazing things. Tony wasn’t at the camp—I don’t know what the atmosphere is like when he’s there, but it was rather cold during our trip. Sylvie, his wife, barely looked at us, never asking how our day, night, or game drive went (I think she spoke to us once during the stay, plus the day we arrived, of course). We felt invisible... (if I were mean, I’d say the money had already been deposited into Melting Pot’s bank account.) The evening meals, if I may say so, were a joke: not enough dessert (aside from fruit, but the few elaborate desserts—like 10 for 18 guests) for everyone, barely enough meat or sides. If you were unlucky like us and ended up with a group of 15 people who decided to skip the starter, you’d better hurry to get your main course, or there might not be any left—and no refills... We always ate our fill, but sometimes we had to serve ourselves in advance. Finally, I want to correct something about the quality of the meals: seriously, this buffet was really mediocre and far from the culinary standards I’d read about in my pre-trip research (see their Facebook page). Anyway, let’s move past the food—after all, the avocados were sublime, and we’re not there primarily to eat.

About the tent: the river views were beautiful, and the beds were very comfortable. No running water, individual showers outside the tent, and dry toilets—but it’s Africa, so we weren’t shocked. However, I’m disappointed that for this "modest" price, I wasn’t warned there’d be no soap (and no, I don’t travel with my own soap—and for the price, a little bar in the tent wouldn’t be a luxury). But let’s move on—the hippo views were fantastic. Oh, and to preserve the Masai Mara’s water (which makes sense) and for hygiene reasons, underwear isn’t washed by the camp staff—fair enough. But then what’s that little sign next to the bed? Oh right, for a hefty sum, underwear suddenly becomes "washable"...

Finally, my biggest gripe is about the essential part: the game drives. In France, they sell you a dream with a "photo safari" (what’s the difference, really? A room with a few more electrical outlets?). They promise guides especially suited for photography (not a given, sorry) and vehicles that can get close to animals and go off-road... but here’s the catch: the guides are bound by park laws and hounded by rangers looking to fine rule-breakers. Result: as soon as a white ranger vehicle is spotted, we have to abandon our spot for a wild chase through the grass. Fun once... The next day, we learned that another group’s guide got caught and had to pay $100 for breaking the rules—a sum he casually asked the travelers in his vehicle to cover... because of course, Melting Pot lures tourists with dreams, the poor rangers try to get close, all while breaking park laws... and they break those laws for Crocetta’s company, which, of course, won’t dip into its profits to pay the fines. Basically, it’s "keep the clients happy, but don’t get fined—or the fines are on you or you’ll have to ask the clients directly." Nice boss! Anyway, there were long discussions about this last year, especially among the guests in the fined vehicle. My partner and I found these practices unacceptable, and we were deeply disappointed by this attitude.

I know many people adore this park and/or this company—maybe you were luckier... or maybe you’re less demanding than we are when it comes to respecting rules, nature, and clients. But after traveling through much of southern Africa, I can tell you we personally came back frustrated from this experience and aren’t eager to return... You’ve been warned.
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Ladakh et Zanskar en août 2019
Bonjour, Je vous propose un compte-rendu de notre voyage en Inde et plus précisément au Ladakh et au Zanskar effectué au mois d'Août 2019.

Le voyage a été réalisé en couple (la trentaine).

C'est une destination que nous avions en tête depuis 2014 et les différents échanges sur le forum nous ont convaincu en début d'année.

Voici le parcours finalement réalisé : - J0 : Tentative de départ le soir de Paris (Air India) pour Delhi - J1 : Départ le soir de Paris (Air India) pour Delhi - J2 : Delhi - J3 : Départ pour Leh et visites de la ville - J4 : Leh -> Basgo -> Likir -> Alchi -> Lamayuru - J5 : Lamayuru -> Mulbek -> Shargole -> Sankoo - J6 : Sankoo -> Rangdum - > Sani - J7 : Festival de Sani - J8 : Sani -> Cha - J9 : Cha -> Phuktal - J10 : Phuktal - J11 : Phuktal -> Purne -> Tangze - J12 : Tangze -> Zingchan - J13 : Zingchan -> Phirtse La -> Chumik Marpo - J14 : Chumik Marpo -> Umlong - J15 : Umlong -> Sarchu -> Tso kar - J16 : Tso kar -> Tso Moriri - J17 : Tso Moriri -> Leh - J18 : Leh - J19 : Leh Palace et Tsomo complex - J20 : Hémis, Spituk - J21 : Stok, Shanti Stupa - J22 : Leh -> Amritsar - J23 : Amritsar - J24 : Amritsar - J25 : Retour à Paris
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