Bonjour, voici notre plan (jeunes séniors!) et nos points d'interrogations !!!
Qui veux bien nous conseiller ?
Vol env. fin septembre 2016 pour Seattle
Seattle : rester 3 nuits sur place
une idée hôtel / B&B etc. bien situé et recommandable sans payer une fortune ?
Ensuite nous projetons de louer une voiture et voici le trajet que nous prévoyons (en 3 semaines / 1 mois) :
Seattle => Vancouver (CANADA) => Jasper N.P. => Lake Louise => Calgary => (USA) Glacier N.P. =>
Missoula => Yellowstone N.P. => Jackson => Twin Falls => Reno => Redding => Eureka => Coos Bay => sur la route 101 retour à Seattle.
Nos questions :
Y-a-t-il des problèmes connus au niveau de l’assurance et la location de voiture aux USA pour circuler au Canada ?
Quels documents sont nécessaires pour le passage des USA au Canada et surtout du Canada retour aux USA (de Calgary au Glacier N.P.)
passage de la frontière prévu sur la route No. 2 (du côté Canada) et no. 89 (aux USA) ?
Sommes reconnaissants pour toutes les indications à tous les niveaux par exemple:
à ne pas manquer d’aller voir sur notre itinéraire (dans tous les domaines)
des hôtels/B&B etc. que quelqu’un pourrait recommander
merci par avance aux heureux connaisseurs et qui veulent bien partager !!
Liens directs :
* Great Sand Dunes NP (1ère partie)
* Great Sand Dunes NP (2ème partie)
* Tent Rocks
* White Sands NP (1ère partie)
* White Sands NP (2ème partie)
* El Malpais et Window Rock
* Hoodoos vers Gallup et Pinedale, Window Rock et Venus Needle
* Ruines et pictogrammes
* Burnham badlands
* Crow canyon
* Valley of Dreams (1ère partie)
* Valley of Dreams (2ème partie)
* Valley of Dreams (3ème partie) et Angel Peak badlands
* Recapture Pocket
* Hovenweep NM et ruines de Tower House
* House on Fire et D… H… ruins
* Capitol Reef NP et Cathedral Valley
* Cathedral Valley (suite)
* Little Wild Horse canyon
* Arches NP
* Arches NP (suite) et Secret Spire
* Delta pool
* Route 128 et Cisco
* Crystal Mill
* Maroon Bells et Denver
Vendredi 10 juin
C'est encore reparti !
Notre dernier séjour dans l'ouest américain nous a tellement enchanté et nous avons encore tellement de trésors à y découvrir que nous n'avons pas pu résister longtemps. Après deux semaines hivernales à la fin de l'année dernière (ici), nous sommes en partance pour notre septième séjour dans le grand ouest. En cumulé nous avons déjà passé six mois dans ces contrées que nous adorons, mais plus nous y allons, plus la liste des sites que nous souhaitons découvrir s'allonge (près de 130 avant de démarrer ce voyage !). Sans compter tout ce que nous souhaiterions revoir. Autant dire que nous avons bien l'intention d'y revenir encore et encore !
Comme pour nos derniers séjours, nous n'avons pas de parcours préétabli. Aucun hôtel n'est réservé, il y a juste une voiture qui nous attend à l'aéroport de Denver. Cela nous permettra de nous adapter au mieux aux conditions climatiques (de plus en plus incertaines dans la région depuis ces dernières années) et de nous organiser au gré de nos envies. Même pas peur de ne pas trouver de quoi nous loger puisque nous emportons notre petite tente. Nous n'aurons donc aucune contrainte et aucun impératif. Bref, la liberté totale !
L'idée générale, si le temps s'y prête, c'est de profiter de notre arrivée et de notre départ de Denver pour visiter quelques sites au Colorado, le gros de notre séjour devant se partager entre le Nouveau-Mexique et le sud-est de l'Utah. L'objectif est de visiter principalement des sites que nous ne connaissons pas encore.
C'est la première fois que nous rejoignons les USA par Denver (via Londres). A notre arrivée, vers 17h30, nous ne retrouvons donc pas le sentiment d'être un peu chez nous comme lorsque nous atterrissons à Las Vegas, notre porte d'entrée habituelle. Les formalités s'enchaînent à un bon rythme : contrôle automatisé du passeport, immigration, récupération des bagages et douane. Tout cela en moins d'une heure, c'est plutôt très bien.
Il faut maintenant aller prendre possession de notre voiture. La personne qui s’occupe de nous est vraiment très sympa, mais quand le contrat de location arrive, il y a un surcoût de 160$. La préposé ne nous a rien demandé mais nous a tout de même rajouté d'office une assurance complémentaire. Malgré toutes ses tentatives, nous refusons et étonnamment, elle devient d'un seul coup beaucoup moins sympa avec nous.
C'est la première fois que cela nous arrive. D'habitude on nous propose ce type d'assurance avec plus ou moins d'insistance, mais la rajouter sur le contrat sans en parler, c'est une première et c'est presque du vol. Réflexion faite, ce n'est pas presque du vol, c'est du vol ! Surtout que si on ne fait pas attention, on ne se rend compte de rien. On signe le contrat et comme on a laissé une empreinte de carte bancaire, on se retrouve avec un débit imprévu. C'est imparable. Cette arnaque qui a échoué avec nous, mais qui doit cependant souvent fonctionner, nous est arrivé avec Alamo, mais méfiez-vous, ils sont loin d'être les seuls à procéder ainsi.
Les formalités administratives étant réglées, direction le parking où il y a une petite dizaine de SUV de notre catégorie. Notre choix s'arrête sur une Jeep Patriot. Cette voiture n'est pas très grande, mais dispose d'une transmission 4x4 et d'une garde au sol correcte. Les pneus sont neufs et un peu moins typés « route » que sur les autres SUV. Cette Jeep n’a pas l'air mal et nous sommes plutôt satisfaits de notre choix. Nous verrons bien son comportement lorsque la première piste sérieuse se présentera.

Nous quittons l'aéroport et nous effectuons un stop dans la banlieue de Denver, pour notre traditionnel arrêt ravitaillement dans un immense supermarché Wallmart ouvert 24h/24. Une glacière, un peu de matériel pour le camping, des réserves d'eau, ... Trois heures après avoir touché le sol américain nous sommes fin prêts pour débuter nos vacances. Nous décidons de rouler un peu, histoire de gagner du temps sur la journée de demain. Après une heure de route (plein sud) et une petite pause dîner dans un Taco Bell, la fatigue nous rattrape et nous nous arrêtons dans un motel le long de l'autoroute. Il est 23h (7h du matin heure française) et malgré l'intense circulation sur l'autoroute nous nous endormons en à peine quelques minutes.
Vendredi 10 juin
C'est encore reparti !
Notre dernier séjour dans l'ouest américain nous a tellement enchanté et nous avons encore tellement de trésors à y découvrir que nous n'avons pas pu résister longtemps. Après deux semaines hivernales à la fin de l'année dernière (ici), nous sommes en partance pour notre septième séjour dans le grand ouest. En cumulé nous avons déjà passé six mois dans ces contrées que nous adorons, mais plus nous y allons, plus la liste des sites que nous souhaitons découvrir s'allonge (près de 130 avant de démarrer ce voyage !). Sans compter tout ce que nous souhaiterions revoir. Autant dire que nous avons bien l'intention d'y revenir encore et encore !
Comme pour nos derniers séjours, nous n'avons pas de parcours préétabli. Aucun hôtel n'est réservé, il y a juste une voiture qui nous attend à l'aéroport de Denver. Cela nous permettra de nous adapter au mieux aux conditions climatiques (de plus en plus incertaines dans la région depuis ces dernières années) et de nous organiser au gré de nos envies. Même pas peur de ne pas trouver de quoi nous loger puisque nous emportons notre petite tente. Nous n'aurons donc aucune contrainte et aucun impératif. Bref, la liberté totale !
L'idée générale, si le temps s'y prête, c'est de profiter de notre arrivée et de notre départ de Denver pour visiter quelques sites au Colorado, le gros de notre séjour devant se partager entre le Nouveau-Mexique et le sud-est de l'Utah. L'objectif est de visiter principalement des sites que nous ne connaissons pas encore.
C'est la première fois que nous rejoignons les USA par Denver (via Londres). A notre arrivée, vers 17h30, nous ne retrouvons donc pas le sentiment d'être un peu chez nous comme lorsque nous atterrissons à Las Vegas, notre porte d'entrée habituelle. Les formalités s'enchaînent à un bon rythme : contrôle automatisé du passeport, immigration, récupération des bagages et douane. Tout cela en moins d'une heure, c'est plutôt très bien.
Il faut maintenant aller prendre possession de notre voiture. La personne qui s’occupe de nous est vraiment très sympa, mais quand le contrat de location arrive, il y a un surcoût de 160$. La préposé ne nous a rien demandé mais nous a tout de même rajouté d'office une assurance complémentaire. Malgré toutes ses tentatives, nous refusons et étonnamment, elle devient d'un seul coup beaucoup moins sympa avec nous.
C'est la première fois que cela nous arrive. D'habitude on nous propose ce type d'assurance avec plus ou moins d'insistance, mais la rajouter sur le contrat sans en parler, c'est une première et c'est presque du vol. Réflexion faite, ce n'est pas presque du vol, c'est du vol ! Surtout que si on ne fait pas attention, on ne se rend compte de rien. On signe le contrat et comme on a laissé une empreinte de carte bancaire, on se retrouve avec un débit imprévu. C'est imparable. Cette arnaque qui a échoué avec nous, mais qui doit cependant souvent fonctionner, nous est arrivé avec Alamo, mais méfiez-vous, ils sont loin d'être les seuls à procéder ainsi.
Les formalités administratives étant réglées, direction le parking où il y a une petite dizaine de SUV de notre catégorie. Notre choix s'arrête sur une Jeep Patriot. Cette voiture n'est pas très grande, mais dispose d'une transmission 4x4 et d'une garde au sol correcte. Les pneus sont neufs et un peu moins typés « route » que sur les autres SUV. Cette Jeep n’a pas l'air mal et nous sommes plutôt satisfaits de notre choix. Nous verrons bien son comportement lorsque la première piste sérieuse se présentera.

Nous quittons l'aéroport et nous effectuons un stop dans la banlieue de Denver, pour notre traditionnel arrêt ravitaillement dans un immense supermarché Wallmart ouvert 24h/24. Une glacière, un peu de matériel pour le camping, des réserves d'eau, ... Trois heures après avoir touché le sol américain nous sommes fin prêts pour débuter nos vacances. Nous décidons de rouler un peu, histoire de gagner du temps sur la journée de demain. Après une heure de route (plein sud) et une petite pause dîner dans un Taco Bell, la fatigue nous rattrape et nous nous arrêtons dans un motel le long de l'autoroute. Il est 23h (7h du matin heure française) et malgré l'intense circulation sur l'autoroute nous nous endormons en à peine quelques minutes.
Bonjour à tous et Bonne année
J'ai besoin de votre aide
Je pars aux états unis avec une amie du 18/04/08 au 04/05/08 (les billets sont pris) et je voudrais que vous m'aidiez avec mon itinéraire.Du 18/04 au 23/04: Austin, Texas ( la soeur de mon amie vit la-bas donc passage obligé pour voir la famille)23/04 à 10h du matin arrivée à San francisco. On a pensé prendre une chambre double à usahostels. Les 3 nuits sont à 210 USD, ça me semble honnête vu qu'on est étudiante et qu'on a des ressources limitéesDu 23 au 26/04 visite de SF et sa région26/04 départ pour végas en fin de matinée. On a trouvé deux allers simples SF-Végas à 115 USD avec virginamerica. Vous connaissez des compagnies low cost moins chers?26/04 végas et végas by night (strip, casinos....) Pour l'instant on n'a pas encore trouvé d'hotels abordables et pas trop loin du strip, donc si vous avez des suggestions.... (pour 2 nuits et bien sûr on tombe en plein week end!!!)
27/04 location de voiture (j'ai fait faire un devis chez elocationdevoiture (155€ avec un plein d'essence et pas de frais de drop-off) et un sur thrifty ( à 208€), j'ai pas encore choisi laquelle de ces compagnies j'allais choisir. D'ailleurs, si vous en connaissez des meilleures...
Visite de Death Valley
28/04 Départ pour Page ( 2 nuits à Bashful bob's motel 39 USD la nuit)
Visite de Bryce Canyon et Lake Powell29/04 Visite de Monument Valley30/04 Visite du Grand Canyon (Pour l'hotel, on s'est dit qu'on irait sans doute à Williams donc si vous avez des noms d'hotels, ça serait sympa)01/05 Départ pour Los angeles (on a trouvé 3 nuits à usahostels hollywood pour 201 USD) Restitution de la voiture de locationDu 01/05 au 04/05 visite de L-A: hollywood, les studios de cinéma, shopping, playa, Venice beach et santa monica... On a aussi envie d'aller une journée à San diego et passer la frontière du mexique pour voir Tijuana. j'ai vu que c'était possible en bus mais c'est long. Vous connaissez un bon moyen plus rapide autre que la location d'une autre voiture04/05 retour L-A/ paris à 21HMon message est long, merci de l'avoir lu jusqu'au bout. Est ce que mon itinéraire est faisable? Est ce que le choix des hotels est bon? Bref merci de m'aider afin que je puisse booker tous les hotels et pouvoir aborder mon séjour en toute sérénité.
Zohra
Vous trouverez ci-dessous le récit de notre voyage de quatre semaines, de l'ouest du Canada au nord-ouest des Etats-Unis, de la Colombie-Britannique à l'Etat de Washington, le long de la côte Pacifique ou jamais bien loin, en voiture, en ferry et à pied... 😉
La version accompagnée de photos et de cartes se trouve ici :
sites.google.com/...euxvoyagescanadausa/
Ci-dessous le texte accompagné d'une sélection de photos.
Bonne découverte ! 🙂

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Présentation Déjà six années se sont écoulées depuis nos derniers voyages en Amérique du Nord (Canada Ouest et Arizona/Nouveau-Mexique), ce qui n'est pas sans réactiver notre nostalgie du Nouveau Monde au moment de choisir notre prochaine destination. Une chose est sûre : l'été 2015 sera nord-américain.
Mais entre les roches rouges et la poussière de l'Ouest américain, les lacs, les cascades et la fraîcheur de l'Ouest canadien, notre cœur balance !
De cette confrontation sortira finalement un parcours un peu atypique entre Canada et Etats-Unis dont le fil conducteur sera l'océan Pacifique avec, comme point de départ, la ville de Vancouver au Canada.
De notre précédent séjour dans l'Ouest canadien, nous avions gardé en mémoire la possibilité d'aborder l'île de Vancouver par le Passage Intérieur, Inside Passage en anglais, cette voie maritime côtière de l'océan Pacifique située à l'ouest de la Colombie-Britannique. Ce critère devient prioritaire et c'est autour de ce point que vont s'articuler les différentes étapes.
Le circuit commence alors à prendre forme. De Vancouver, nous nous dirigerons vers le nord jusqu'à la pointe sud-est de l'Alaska où les ours ont rendez-vous avec les saumons dans la petite localité de Hyder. Ce sera le point le plus septentrional de notre parcours.
Après cette micro-incursion en Alaska, nous reviendrons un peu sur nos pas pour nous diriger vers Prince Rupert, port d'embarquement vers le Passage Intérieur mais aussi vers l'archipel de Haida Gwaii (anciennement îles de la Reine-Charlotte).
Ces îles mystérieuses et isolées, terres des tribus Haida, ne vont pas manquer d'attirer notre attention, nous leur consacrerons cinq jours.
Ensuite c'est à bord d'un ferry que nous continuerons vers Vancouver Island via le Passage Intérieur. Nous traverserons l'île du nord au sud avec des étapes différentes de celles de notre voyage de 2009.
Au sud de l'île de Vancouver, nous serons à quelques milles nautiques seulement de la côte nord-ouest des Etats-Unis. Une courte traversée en ferry nous déposera côté USA où nous finirons notre voyage par huit jours dans l'état de Washington entre les parcs nationaux de Olympic, Rainier et North Cascades.
Retour à Vancouver pour les deux derniers jours.
En tout 31 jours sur place entre le 13 août et le 14 septembre 2015, ce qui nous laissera tout loisir de randonner régulièrement comme nous aimons le faire. Hervé espère aussi réitérer son expérience de plongée sous-marine dans les eaux froides du Pacifique.
Moyen de transport prévu : un SUV type Ford Escape.
Hébergement : en hôtels, motels ou cabines. 25 nuits sur 31 ont été réservées d'avance.
Côté climat, nous sommes conscients de partir dans des régions potentiellement humides.
Néanmoins, nous espérons profiter encore un peu de l'été exceptionnellement chaud et sec que ces contrées ont connu cette année. En même temps, après deux mois caniculaires à Paris, un peu de fraîcheur ne nous fera pas de mal. Nous avons hâte !

Première étape au Canada : de Vancouver à Whistler J1 : Jeudi 13 août 2015
Comme en 2009, nous avons choisi Air Transat pour nous acheminer jusqu'à Vancouver depuis le Terminal 3 de Roissy. Rien à redire ou presque. On savait que les couvertures et les écouteurs étaient payants, on a donc prévu le nécessaire. Pour le reste, la prestation est correcte.
Arrivée à bon port à 14 h 30. Beau temps, 23 degrés. Chouette !
Au guichet d'immigration, les formalités sont vite expédiées. Ici ni photo, ni empreintes. Vive le Canada !
Récupération de la voiture de location dans la foulée. Dans le garage du loueur Avis, à l'emplacement B1, un SUV Hyundai Santafe, rutilant, nous attend. Je crains qu'il ne le reste pas longtemps ;-)
Spacieux et confortable, nous l'adoptons illico. Le voyage peut maintenant commencer.
Il est 16 heures, nous sommes prêts à prendre la route car, oui, la journée n'est pas finie. 130 km nous séparent de Whistler où nous avons prévu de passer notre première nuit. 130 km, une bagatelle en temps normal, mais après 10 heures de vol et 9 heures de décalage horaire, ça relève plus de l'exploit d'autant qu'il faut absolument faire des courses entretemps.
J'avais repéré un Walmart à Squamish, parfaitement placé sur notre itinéraire. Pour gagner du temps, la liste de course est prête.
Quelle ne fut notre surprise de découvrir qu'une grande surface de cette taille ne vende pas un seul fruit ni un seul légume. Dans son rayon frais, ce n'est pas mieux, il n'y a rien ou presque qui nous convient. En revanche, côté friandises, le choix ne manque pas.
Bon, ce n'est pas avec ce qu'on a dans le caddie qu'on va pouvoir manger ce soir. Alors un deuxième arrêt s'impose, quelques kilomètres plus loin, dans un supermarché plus normal où on a enfin pu faire le plein de produits sains.
Toutes ces allées et venues dans les couloirs de supermarché nous ont épuisés. Dans ces conditions, on laisse tomber toutes les chutes (d'eau) sur notre trajet. Dommage pour les Shannon Falls ou les Brandywine Falls.
On a du mal à garder les yeux ouverts et c'est complètement au radar qu'on boucle la distance restante.
19 h 30 : ouf, destination atteinte. On ne profitera ni de Whistler ni même de notre hôtel, sauf du coin cuisine pour nous préparer rapidement à dîner avant de tomber dans les bras de Morphée aussitôt après.
Il est 6 heures du mat' à notre horloge interne.
Distance parcourue dans la journée : 135 km
Notre SUV... rutilant !
De Whistler à Prince George, des lacs Joffre Lakes au parc provincial des Eskers J2 : Vendredi 14 août 2015
Le décalage horaire joue en notre faveur : réveil à l'aube à 3 heures du matin. A 5 heures, petit déjeuner. A 6 heures, check out !
La journée est à nous, le ciel pas terrible mais la température est douce et l'envie de randonner irrépressible. Pas de souci, j'ai tout prévu.
Première randonnée aux Joffre Lakes. Point de départ sur la Hwy 99 à une soixantaine de kilomètres de Whistler.
J'avais oublié de préciser que nous la suivons depuis hier. Appelée aussi "Sea to Sky Highway", cette route de la mer au ciel surplombe d'abord la baie de Howe à l'ouest de Vancouver, puis traverse les montagnes de la chaîne côtière avant de rejoindre la région des cow-boys à Lillooet. Assez large jusqu'à Whistler, elle se rétrécit ensuite pour devenir une route de montagne étroite et sinueuse.
Mais revenons à nos lacs. Le premier des trois (car oui, il y en a trois), le Lower Joffre Lake, se trouve à cinq minutes en contrebas du parking. Les deux suivants, situés au pied de glaciers impressionnants, nécessitent un peu d'effort mais pas autant que je ne le craignais car le sentier, récemment dévié et réaménagé, se parcourt à présent aisément.
A mi-chemin entre le premier et le deuxième lac, nous croisons un jeune randonneur, parti du parking juste un peu avant nous. Déjà sur le retour ? En fait, il nous avoue préférer faire demi-tour, il ne se sent pas tranquille tout seul car ce matin sur la Nationale il a croisé en voiture un couguar. Il n'aimerait pas se trouver nez à nez avec une telle bête en plein milieu de la forêt. Je lui propose de se joindre à nous, à trois on se sentira plus forts.
Mais en dehors d'un ours… en bois sculpté inoffensif et de quelques geais gris très coopératifs, rien d'alarmant !
La rive du Middle Lake marque le terminus pour notre co-randonneur slovaque. Il est maintenant plus rassuré par l'arrivée progressive d'autres randonneurs.
Quant à nous, nous poursuivons jusqu'au Upper Lake puis jusqu'au camping (rudimentaire) implanté sur sa rive Nord afin d'embrasser d'un seul regard l'étendue d'eau turquoise, la ceinture de pins qui l'enserre et la couronne de glaciers qui la coiffe. Waouh !
Si le soleil fait défaut pour mettre en valeur la réelle beauté de ces lacs, il ne semble pas indispensable pour rehausser la couleur jaune fluo des mousses qui frangent ici les branches des pins.
Bref, c'est une belle randonnée, avec un excellent rapport qualité/effort. Les chiffres le démontrent : entre 8 et 9 km en 3 heures et demie AR pauses comprises avec 400 mètres de dénivelé. Plutôt cool pour une première !
De retour à la voiture, nous enchaînons avec le pique-nique et à midi nous sommes prêts à reprendre la route alors que le soleil tente de timides percées.
Notre prochaine étape ? En réalité, nous n'avons pas de réservation pour ce soir ni pour les deux nuits suivantes afin de nous laisser toute latitude pour organiser ces premières journées. Néanmoins, l'idéal serait de pouvoir atteindre Williams Lake, soit 350 kilomètres. Ouille !
Une soixantaine de kilomètres plus loin, Lillooet marque l'entrée dans une région de steppe semi-aride : pins desséchés, collines pelées, prairies brûlées par le soleil. On a du mal à se croire au Canada !
Après quelques gouttes de pluie qui mouillent à peine le pare-brise, le soleil revient en force.
A Cache Creek c'est au tour de la Hwy 97 appelée aussi Cariboo Hwy de nous rapprocher du Nord dans des paysages à nouveau plus verts, à travers un plateau vallonné couvert de forêts de bouleaux et de ranchs immenses.
70 Mile House, 100 Mile House, 150 Mile House : ce sont aujourd'hui de petites localités émaillant cette route des Cariboo, mais à l'époque de sa construction au milieu du XIXe siècle, à la période glorieuse de la ruée vers l'or, c'étaient des relais de diligences où voyageurs et bêtes pouvaient faire une pause. Leur nom fait référence à la distance qui les séparaient de Lilloet, point de départ de la route.
Ces mêmes lieux nous permettent de nous relayer au volant afin d'arriver comme souhaité jusqu'à Williams Lake où nous n'avons pas de mal à trouver un toit.
Quelques brasses dans la piscine et une trempette dans le jacuzzi nous font tenir jusqu'au dîner au restaurant voisin, où nous commandons les premiers d'une longue série de fish and chips.
Distance parcourue dans la journée : 389 km
J3 : Samedi 15 août 2015
Départ à 7 h 30 avec déjà une heure et demie gagnée sur la veille. On se recale progressivement. Grand soleil et 15 degrés.
Nous n'avons pas d'impératif pour ce soir mais l'idéal serait qu'on dépasse Prince George à 250 km. Dans l'absolu rien d'infaisable même en ayant quelques projets de détours sur le trajet.
Premier arrêt à Quesnel, 120 km plus au nord, au parc provincial des Pinnacles pour voir des pinacles, ces aiguilles rocheuses qui s'élèvent le long d'une falaise.
A l'entrée, un panneau met en garde les visiteurs. Ours et couguars fréquentent assidûment les lieux. Si on en a vus ? Euh… seulement leurs traces.
Après ce petit intermède (1 heure), remettons-nous au volant. La route des Cariboo, toujours elle, traverse à présent le plateau du fleuve Fraser, couvert de forêts et émaillé de petits étangs si prisés des élans. Pourtant, pas un seul de ces fiers cervidés ne daigne se montrer. Juste quelques biches sur les bas-côtés attendent patiemment pour traverser.
C'est une très belle route, parfois à quatre voies, souvent à trois, où la circulation est très light bien que nous soyons en plein week-end de la mi-août. Nous apprécions vraiment beaucoup cette absence de pression touristique.
C'est donc très zen, tout en écoutant quelques airs de musique country diffusés par notre radio satellite, que nous arrivons comme une fleur vers midi à Prince George. Nous ignorons la ville en nous dirigeant immédiatement à 40 km au nord-ouest de l'agglomération vers Eskers Provincial Park.
En regardant la carte, j'avais imaginé que nous allions faire tranquillement le tour de ces lacs dans un terrain dégagé et sans beaucoup de dénivelé.
En réalité, un esker est une formation glaciaire se présentant sous forme de buttes allongées, rectilignes ou sinueuses, pouvant atteindre quelques kilomètres de longueur pour les plus grandes, et de quelques mètres de hauteur.
Or justement le parc provincial en question comprend un ensemble d'eskers formés jadis par des glaciers couvrant cette partie de la Colombie-Britannique.
Voilà qui explique pourquoi la randonnée n'est pas de tout repos, enchaînant montées et descentes incessantes en passant à chaque fois sur des crêtes entre deux lacs (ces fameux eskers !).
La vue sur les plans d'eau est souvent limitée, filtrée par un rideau d'arbres, ici des trembles… magnifiques par ailleurs.
Au final, le dénivelé et la distance dépassent ceux d'hier : 413 mètres et 13 km pour une durée d'un peu plus de trois heures sans pause significative. Bref, on a bien crapahuté !
Côté flore, une belle récolte !
Et côté animaux ? La documentation du parc indique la présence de moose, deer, squirrels, grouse, waterfowl, et surtout du résident principal, le castor.
Parmi tous ceux-là, nous avons bien aperçu un mignon petit écureuil qui nous a regardé d'un œil malicieux tout en croquant une noisette.
Bien que non mentionnés, nous avons entendu hurler des coyotes (enfin, c'est ce qu'on pense avoir entendu). Mais nous avons surtout subi l'assaut de nuées de moustiques, pas mentionnés eux non plus ;-) On était donc soulagés en arrivant à la voiture !
Une fois à l'abri dans l'habitacle et après nous être aspergés un peu tard de lotion, nous nous sentons néanmoins encore capables de remplir nos objectifs : dépasser Prince George pour nous rapprocher de Smithers, notre étape suivante.
Cap à l'ouest par la Hwy 16 ou Yellowhead Hwy pour une petite centaine de kilomètres supplémentaires.
Il est 19 h 30, en atteignant la petite ville de Vanderhoof, nous avons tenu notre objectif. Le Northern Country Inn fait motel et restaurant. C'est parfait !
Distance parcourue dans la journée : 410 km
Lac Joffre
Autour de Smithers : Babine Moutains, Harvey Mountain et Crater Lake J4 : Dimanche 16 août 2015
Soleil radieux et ciel d'azur. Pas de temps à perdre, à 8 heures nous sommes derrière le volant.
Toujours pas de réservation pour ce soir mais nous souhaitons faire une randonnée près de Smithers. Nous projetons par conséquent de passer la nuit dans cette petite ville.
Le trajet, un peu moins de 300 kilomètres, devrait nous prendre la matinée, ce qui nous laissera l'après-midi pour randonner.
Depuis Prince George hier, nous sommes sur la Highway 16 ou Yellowhead Highway, une route qui a ses racines dans les Prairies canadiennes à Winnipeg à plus de 3 000 kilomètres d'ici et qui traverse quatre provinces canadiennes. Elle ne nous est pas étrangère car nous l'avions déjà empruntée en 2009 entre Jasper et le mont Robson.
Après Vanderhoof, la route 16 serpente jusqu'au cœur du District des Lacs à Burns Lake avant d'atteindre la ville de Smithers, cernée de sommets escarpés propices aux activités outdoor hiver comme été.
Avec un tel potentiel, nous attendions à trouver foule dans les alentours de la ville. Or pour un dimanche, il n'y a pas plus de trois véhicules garés au départ de Harvey Mountain Trail dans le parc provincial des Babine Mountains.
Malheureusement le soleil si ardent ce matin a fini par se cacher. Nous craignons que dans ces conditions la balade perde de son intérêt.
Alors ?
Tout au long de la montée dans la forêt, le ciel est effectivement resté couvert mais miracle, au moment où nous débouchons dans les alpages, les nuages cèdent la place à un ciel uniformément bleu, nous laissant tout loisir de profiter de ces magnifiques paysages alpins : prairies fleuries, crêtes abruptes et surtout panorama d'exception. Nous sommes à 1744 mètres d'altitude.
Veines de gris et d'orangés irrigant le flanc des montagnes et tapis vert sombre couvrant leurs pieds : nous sommes fascinés par le tableau !
C'est une chèvre des montagnes qui va nous arracher à notre contemplation. Nous tentons de l'approcher mais elle ne l'entend pas de cette oreille.
A la disparition de la chèvre, notre intérêt déplace sur les fleurs et les baies encore présentes en cette fin d'été alors que plus loin, comme un signe annonciateur de l'automne, les champignons montrent déjà le bout de leur chapeau.
Dernière immortalisation de Harvey Mountain en espérant que l'été veuille bien jouer les prolongations.
Puis c'est le retour dans la vallée au bout 4 heures aller/retour pour 9,8 kilomètres et 863 mètres de dénivelé. Rude mais superbe !
Cette randonnée figure d'ores et déjà parmi les plus belles du voyage.
Pour finir la journée en beauté, il ne reste plus qu'à trouver un hébergement. A l'entrée de la ville de Smithers, une belle bâtisse blanche à colombages (un petit air normand !) nous tape dans l'œil et le tour est joué.
J5 : Lundi 17 août 2015
Un petit coup d'œil par la fenêtre confirme que le beau temps se maintient. Je propose de profiter encore un peu des alentours de Smithers ce matin avant de continuer notre progression vers le Nord-Ouest. Sait-on jamais !
Dans la station de ski de Hudson Bay Mountain, j'avais repéré le Crater Lake Trail dont la durée semble compatible avec notre timing.
A 8 heures, nous prenons la route de montagne qui dessert la station. Vu la taille des parkings on imagine l'affluence et l'activité qui doivent régner ici l'hiver. Aujourd'hui, il n'y a guère que quelques résidents en train de faire de l'entretien.
Le sentier débute à gauche des remontées mécaniques. Il dépasse rapidement la cime des sapins de sorte que nous ne tardons pas à apercevoir la crête colorée dans le creux de laquelle se cache le lac.
Au bout d'une heure le lac est à nous.
Un petit tour sur sa rive nous dévoile son écrin.
Par-delà les parterres de fleurs qui le bordent, par-delà les douces collines qui l'entourent, notre regard s'arrête sur les sommets le plus élevés où des glaciers immaculés scintillent au soleil.
En repartant, une dernière vue d'ensemble du lac qui, tel un œil dans la montagne, nous regarde nous éloigner.
Fin de la randonnée à 11 heures soit 2 heures et demie pour 6 kilomètres AR et 275 mètres de dénivelé. Facile et très belle !
Maintenant place au trajet en voiture. Ce soir, nous serons à la pointe sud-est de l'Alaska, à Hyder où les ours ont rendez-vous avec les saumons dans le ruisseau de Fish Creek.
De saumons, il en est déjà question à Moricetown, juste après Smithers, toujours sur la Yellowhead Highway. Sur la rivière Bulkley, en territoire amérindien, un piège à saumons, vieux de cent ans, est encore utilisé de nos jours par les autochtones. Les poissons sont capturés à l'aide de longues perches munies d'épuisettes. La dextérité dont font preuve les pêcheurs est impressionnante.
Au carrefour des routes 16 et 37, il est encore question de communautés Natives mais cette fois à travers ce qu'elles ont légué de plus caractéristique : les mâts totémiques. Ceux de Kitwanga méritent un arrêt.
Ils ont été érigés entre 1840 et 1942, chacun se rapportant à une famille ayant vécu sur le site et appartenant à l'un des trois clans : les aigles, les loups et les grenouilles. Les motifs sur les totems sont en rapport avec ces thématiques.
Curieusement ils font aujourd'hui directement face à l'église St Paul (1893) et à son clocher en bois (1974), preuves que culture amérindienne et religion chrétienne ne sont plus antinomiques.
Kitwanga, c'est aussi l'endroit où nous quittons la Yellowhead pour prendre la Stewart-Cassiar Highway (Hwy 37) une route où l'on voit, paraît-il, des animaux à tout bout de champ. Mais en dehors des panneaux nous prévenant de telles fréquentations, pas la moindre rencontre !
C'est donc très impatients que nous comptons sur la dernière portion de route, la Hwy 37A, pour nous rapprocher au plus vite de Stewart et Hyder où la chance de voir des ours dans le ruisseau de Fish Creek est quasi assurée.
Déjà à mi-chemin, le nom de ce glacier évoque le plantigrade. Bear Glacier : un nom prémonitoire ? On l'espère !
17 heures : nous atteignons Stewart, terminus de la route, côté Canada, au bord du canal de Portland, une sorte de fjord très étroit, long de 90 kilomètres. C'est ici que nous avons prévu de nous poser pour les deux prochaines nuits mais dans l'immédiat c'est vers la localité voisine que nous nous pressons.
Avant même de faire le check-in dans notre hébergement et après avoir traversé la frontière sans nous en rendre compte ou presque, nous voici à Hyder (60 habitants), sorte de village fantôme au bout du monde, situé en Alaska mais relié au reste de l'Etat uniquement par voie maritime ou aérienne. Un drôle d'endroit pourtant hyper connu et fréquenté par plus de 40 000 visiteurs par an, venus observer, depuis une passerelle au-dessus d'un ruisseau, le spectacle des ours pêchant le saumon entre juillet et septembre. Nous ne voulons pas rater ça.
Alors ?
Les saumons sont bien là en nombre, les uns frétillant dans l'onde claire…
… les autres terminant ici leur vie de poisson (c'est le triste sort des saumons du Pacifique de mourir après la reproduction et la ponte). La rivière devient alors leur cimetière. Une odeur de décomposition flotte d'ailleurs dans l'air.
Les visiteurs aussi sont nombreux, fébriles, agglutinés à la balustrade, l'appareil photo prêt à mitrailler. Certains y ont manifestement passé une partie de la journée.
En attendant, les goélands se régalent de ce festin de saumons et, faute d'ours, constituent un bon sujet photographique.
Les plantigrades, quant à eux, se font intensément désirer. Les visiteurs font les cent pas sur la passerelle et tuent le temps comme ils peuvent.
Soudain, un frôlement dans les buissons… produit une agitation chez les spectateurs qui resserrent les rangs. Chacun tente de se trouver la meilleure place pour surtout ne pas manquer le spectacle.
Les minutes passent, le suspense est insoutenable ! Sortira… ou ne sortira pas ?
Eh bien… aucun plantigrade n'est sorti du bois. Les spectateurs se dispersent à nouveau, l'attente reprend.
Au bout d'une heure, ni très patients ni très contemplatifs, nous décidons de reporter la suite de l'observation à demain matin à la première heure (ouverture du site à 6 heures). Peut-être serons-nous plus chanceux !
Pour le moment, retour à Stewart dont l'ambiance rétro nous fait faire un voyage dans le passé.
Distance parcourue dans la journée : 412 km
Babine Mountains
De Fish Creek à Salmon Glacier (Alaska), en attendant les ours J6 : Mardi 18 août 2015
Le réveil sonne à 5 heures et une heure plus tard, nous sommes parmi les premiers à l'entrée du site de Fish Creek.
Le jour commence tout juste à se lever. Dans le ruisseau, pour l'instant, rien d'excitant !
Les visiteurs, comme hier, vont et viennent. Tout d'un coup, quelques appareils photo se déclenchent. Se passerait-il quelque chose ? Rien, enfin si, mais c'est juste un héron qui vient de se poser dans la rivière.
Un héron qui se délecte, des goélands qui se disputent les meilleurs morceaux en piaillant, un aigle qui plane… mais toujours aucun ursidé affamé ! Mais où sont-ils donc passés ?
Au bout de presque deux heures à faire le pied de grue, on abdique ! Tant pis, on reviendra plus tard en espérant tomber à un meilleur moment.
Côté météo, ce n'est pas jojo, le ciel est couvert, avec des nuages bas et un crachin intermittent.
Le projet de la matinée consiste à prendre la Granduc Road, une piste de 37 kilomètres menant à un point de vue sur la langue glaciaire du Salmon Glacier.
Hum, pas sûr qu'on y voie grand chose mille mètres plus haut !
Effectivement, au fur et à mesure de la montée, on s'enfonce progressivement dans une épaisse purée de pois où seuls quelques reliefs fantomatiques se laissent brièvement entrapercevoir.
Au point de vue, c'est encore pire. Le glacier est tout bonnement invisible et la pluie nous cloue dans la voiture.
Après la pluie, le beau temps, dit le proverbe. Alors attendons un peu. Patience et longueur de temps…
Une heure plus tard, alors qu'une amélioration semble se profiler, Hervé sort de la voiture pour discuter avec le Bearman, le vendeur de CD et autres DVD, présent toute la saison au point de vue. Il s'y connaît en météo.
Il lui prédit une embellie et nous conseille de poursuivre un peu la piste, on serait alors sous les nuages et on distinguerait le glacier.
On suit ses recommandations mais on ne voit pas davantage le glacier. En revanche, le soleil fait des efforts considérables pour disloquer les nuages.
Il darde ses rayons pour éclairer cette gorge.
Il accroche des guirlandes de petites ampoules lumineuses à l'extrémité des branches des sapins.
Mais il a beau faire, les sommets et le glacier restent cachés.
Alors tant pis !
Pourtant, mille mètres plus bas, au niveau de la mer, the weather isn't too bad ! Petite balade au bord du canal de Portland au petit air de fjord norvégien !
Puis nouveau passage à Fish Creek sans être véritablement convaincus de la pertinence d'une visite en pleine journée mais sait-on jamais !
Autant ne pas faire durer le suspense : il n'y a pas plus d'animation que ce matin. Un petit tour et on s'en va, on reviendra encore ce soir !
Passage par la frontière canadienne car, si on entre comme on veut en Alaska à cet endroit, il faut en revanche montrer patte blanche pour revenir au Canada. Contrôle des passeports à chaque passage.
Après un moment de repli dans notre pied-à-terre à l'heure du midi, après toutes ces heures passées à attendre, il est temps de nous bouger un peu.
Parmi les randonnées que j'avais repérées aux abords de la ville, celle-ci me semble la plus adaptée :
One of the easier and more interesting local trails is Barney's Gulch Trail, otherwise known as the Sluice Box. This route follows the original railway bed leading out of Stewart and then climbs along a historic Sluice Box, once used by miners to channel water and search for gold. The end point offers a great view of Stewart and the Portland Canal.
Adjugé !
Un panneau au point de départ met en garde, forcément…
On y va quand même ? Oui, malgré les ours, malgré la pluie qui commence à tomber, malgré les papiers gras envolés de la décharge voisine et jonchant le début du sentier, malgré l'accès un peu raide au départ, allons-y !
Très vite, on est pris par une ambiance à la Jurassic Park. On se sent un peu comme des Lilliputiens, impressionnés par la taille des arbres et l'exubérance de la végétation et surtout par le nombre et la variété de champignons qui tapissent les sous-bois.
Incroyables, hallucinants (je n'ai pas dit hallucinogènes ;-) par leur forme, leur couleur et surtout par leur taille.
Bref, nous avons adoré cette randonnée qui nous a pris 3 heures pour 7 km AR et 400 mètres de dénivelé.
Hervé m'avoue même qu'il a préféré faire cette balade plutôt que de passer l'après-midi à attendre les ours. Ouf, ma préparation est sauve !
Mais comme nous sommes venus ici avant tout pour eux, nous passons une fois encore la frontière canado-américaine en début de soirée avec l'espoir de les apercevoir enfin.
Nous comptons y consacrer une heure avant le dîner et éventuellement encore une heure après, le site fermant à 22 heures et la frontière à minuit. C'est notre dernière chance, demain nous quittons la région.
Pour l'instant, c'est toujours le calme plat dans le ruisseau. Seul l'envol d'une nuée de goélands offre un peu de matière aux photographes.
En interrogeant nos voisins de passerelle, nous apprenons que leur chasse photographique n'a guère été plus fructueuse, mais pas nulle non plus. Certains ont eu la chance de voir un ours ou deux, parfois tout simplement sur la route.
Alors pourquoi pas nous ?
Au bout d'une heure, on craque à nouveau. Tant pis pour les ours, c'est l'heure du dîner.
Mais alors que nous sommes sur la route en direction du village, en nous interrogeant sur les raisons d'un tel manque de chance (trop tard en saison ? trop peu d'assiduité ?) je m'écrie tout d'un coup : "Regarde ce qui va là".
Un ours noir est en train de déambuler sur le bas-côté, une centaine de mètres devant nous. Mais le temps d'attraper l'appareil photo et d'arriver à sa hauteur, il a déjà disparu dans les fourrés. Peut-être se rend-t-il dans le ruisseau de Fish Creek ?
On y retourne ?
Non, maintenant qu'on est là, allons d'abord dîner.
Le restaurant est surprenant au premier abord, mais on y mange un excellent poisson grillé (saumon ou flétan), servi sans chichi dans de la vaisselle en plastique, attablés à l'extérieur, ou à l'intérieur dans une cabane annexe. Dans le bus, Diana cuisine le poisson pêché par son mari. Un restaurant à l'image de ce coin d'Alaska, simple et rustique !
C'est dans ce décor old style que se termine notre séjour dans ce coin perdu et même si l'observation des ours a été infructueuse (ou presque), nous avons apprécié le côté un peu décalé de ce bout du monde. Une étape attachante en somme !
Distance parcourue dans la journée : 90 km
Près de Salmon Glacier

En territoire des Premières Nations, Nisga'a et Haida J7 : Mercredi 19 août 2015
Avec notre pass valable 3 jours, nous aurions pu retourner une dernière fois à Fish Creek mais nous ne croyons plus trop à notre bonne étoile. De plus, nous avons une longue journée de route devant nous. Alors bye, bye les nounours… s'il en reste, car nous, on pourrait avoir des doutes ;-)
Ce soir, nous devons être à Prince Rupert, à 450 kilomètres, tout en ayant prévu la visite d'un parc provincial en cours de trajet. Autant dire que la journée va être bien remplie.
Stewart et Hyder étant les points les plus septentrionaux de notre circuit, nous retournons à présent vers le sud. Comme ces deux localités sont également situées dans un cul-de-sac, il nous faut revenir en partie sur nos pas, du moins jusqu'à Cranberry Junction.
En quittant Stewart, les nuages bas sont toujours accrochés aux montagnes mais avant même d'arriver sur la Highway 37, le soleil commence à faire de belles apparitions. Normal, nous prenons la direction du sud, celle du soleil ;-)
A Cranberry Junction (une petite intersection à peine signalée), une route forestière non bitumée constitue un raccourci pour rallier Prince Ruppert. Elle permet surtout de faire une incursion en territoire Indien, celui des Nisga'a, pour une découverte du parc provincial dont le nom exact est Anhluut'ukwsim Laxmihl Angwinga'asanskwhl Nisga'a dans la langue locale.
Retenons plus simplement son nom anglais : Nisga'a Lava Memorial Bed Park.
En effet, parmi les événements ayant marqué l'histoire des habitants de la vallée du fleuve Nass, il en est un qui a aussi transformé le paysage et dont le parc se veut le témoin.
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, une éruption volcanique massive (celle du Tseax Cone) projeta une épaisse couche de lave sur la vallée, détruisant des villages entiers, étouffant la végétation et tuant plus de 2000 ascendants des actuels Nisga'a. La lave a recouvert une zone de dix kilomètres de long sur trois de large, créé l'actuel Lava Lake et modifié le tracé du fleuve Nass.
Selon la légende Nisga'a, ce sont des enfants en s'amusant à maltraiter des saumons, source de vie, qui ont déclenché la colère de la Terre.
En voyant ces paysages, on ne peut s'empêcher de penser à l'Islande et à la catastrophe du Lakagigar qui curieusement s'est produite à peu près à la même époque.
Plus de 250 ans plus tard, la végétation commence tout doucement à reprendre le dessus. Le volcan dort aujourd'hui tranquillement au cœur du parc mais il pourrait encore se réveiller dans le futur et provoquer une nouvelle catastrophe.
En voyant les eaux si paisibles du Lava Lake, rien ne laisse deviner qu'un chaos d'envergure a été à l'origine de sa création.
Son espace de pique-nique sous les sapins tombe à point pour la pause de la mi-journée. Magnifique vue sur les glaciers au loin.
Avec les glaciers en ligne de mire, nous avançons jusqu'à Terrace où nous retrouvons la Yellowhead Higway, déjà empruntée entre Prince George et Kitwanga.
C'est cette dernière qui nous conduit ensuite jusqu'à Prince Rupert dans une très large vallée que se partagent la route, la voie ferrée et la rivière Skeena, bordée par une enfilade de pics escarpés.
Arrivée à 17 heures à Prince Rupert où il fait beau et chaud (21 degrés).
Que demander de plus ? Une belle vue ? Nous l'avons. Un beau coucher de soleil ? Egalement ! I Un bon dîner ? Evidemment ! Bref, tout baigne. J
Distance parcourue dans la journée : 440 km
J8 : Jeudi 20 août 2015
Aujourd'hui nous allons nous déplacer de 200 kilomètres sans faire grimper d'autant le compteur de notre voiture. Comment ? En empruntant un ferry.
Destination pour les quatre jours prochains : l'archipel de Haidai Gwaii, anciennement appelées îles de la Reine Charlotte.
Le départ du ferry est prévu à 10 heures mais la compagnie BC Ferries demande de se présenter deux heures avant, même en ayant une réservation. L'embarquement des véhicules est bien rodé. Avec notre SUV, nous attendons dans la ligne des undersized vehicles. C'est vrai qu'à côté de lui, les 4 x 4 locaux ont l'air de monstres mais ici ils sont la norme. Dans les oversized vehicles figurent quelques semi-remorques et quelques caravanes ou campings-cars extravagants.
Une fois le Santafe avalé dans le ventre du navire, nous montons dans les étages pour nous trouver une bonne place. Vu la taille des salons, pas de souci. C'est carrément d'une rangée entière dont nous pouvons disposer, sans oublier la fenêtre pour la vue. Certains passagers sont très bien organisés, ils ont même prévu couvertures et oreillers afin de s'allonger par terre entre les rangées.
Nous n'en sommes pas encore à ce degré d'organisation mais nous en prenons de la graine pour nos prochains déplacements en ferry.
A dix heures pile, le navire lâche les amarres. C'est parti pour sept heures de traversée. Le temps est plutôt maussade :-(
Depuis le pont, nous observons l'activité du port et des bateaux qui reviennent de la pêche. Celui-ci est sans doute sorti très tôt ce matin comme le laisse penser son nom de Pacific Sunrise.
Plus loin, le ferry louvoie entre plusieurs groupes d'îles sur une mer très calme avant d'effectuer une grande traversée en diagonale du détroit d'Hécate, en direction du port de Skidegate.
Grignotage, petite sieste, lecture et film vont alors occuper ces quelques heures en pleine mer. Pendant les dernières soixante minutes, l'approche des terres nous offre un nouveau divertissement, celui du spectacle de ces côtes, se déclinant dans le lointain, en cinquante nuances de gris.
Avec ses paysages de montagnes escarpées (s'élevant jusqu'à 1200 mètres) le long de la dorsale occidentale de l'archipel, avec ses fjords spectaculaires, ses colonies d'oiseaux marins et d'otaries, ses forêts d'épinettes géantes, de Sitka et de cèdres, ses vestiges de totems, les îles Haida Gwaii qui signifient "îles du peuple" en l'occurrence celles des tribus Haida, constituent une région unique au Canada.
L'archipel compte plus de150 îles. Toute la partie Sud, très préservée, est classée parc national et uniquement accessible via des tours organisés souvent de plusieurs jours. Les deux îles du Nord, Graham Island et la partie nord de Moresby Island, qui sont aussi les plus peuplées (mais tout est relatif), peuvent être parcourues sans intermédiaire.
Pour notre séjour, nous avons retenu l'île de Graham où nous passerons deux nuits à Masset suivies de trois nuits à Queen Charlotte.
A la descente du ferry, direction le port de Masset, à l'extrême nord de l'île de Graham, où il fait ce soir un temps superbe. Pourvu que ça dure !
Distance parcourue dans la journée : 106 km en voiture mais aussi 202 km en ferry.
Lava Lake
Naikoon Nord, randonnée de Tow Hill à Cape Fife J9 : Vendredi 21 août 2015
La pointe nord-est de l'île de Graham abrite le parc provincial de Naikoon caractérisé par un mélange de forêts côtières humides tempérées, de tourbières, de dunes de sable, et bordé par une centaine de kilomètres de plages sauvages.
A 25 km à l'ouest de Masset se trouve l'une des icônes naturelles du parc, à savoir Tow Hill, un affleurement basaltique dominant toute la région, du haut de ses 120 mètres.
C'est à ses pieds que nous nous garons mais repoussons à plus tard son ascension car dans l'immédiat nous avons un autre projet : profiter du temps sec pour nous lancer dans une randonnée nécessitant la journée, en direction de Cape Fife.
Le ciel dégagé de bon matin finit par se voiler. Dommage !
A 9 h 45 nous sommes prêts à nous attaquer à la traversée d'une dizaine de kilomètres de forêt dense et moussue jusqu'aux plages de sable de la côte Est.
Nous avons de la chance, il ne pleut pas. La progression se fait sur un sol mou et spongieux qui doit rapidement se transformer en bourbier en cas de pluie.
Dans cet écosystème humide, les arbres partent à l'assaut du ciel et rivalisent en taille. Ici des cèdres de l'ouest ou Thuya plicata. Heureusement que les thuyas de notre jardin n'atteignent pas cette taille ;-)
Les mousses sont parfaitement dans leur élément. Elles couvrent le sol d'un coussin douillet dans lequel on aimerait s'enfoncer.
Elles colonisent également les branches des arbres qui, ainsi parées, prennent des formes étranges. Main fourchue ? Animal cornu ?
Plus loin, dans les tourbières, les mousses s'habillent de rouge carmin pour mieux se distinguer.
Il va sans dire qu'avec de telles conditions, les champignons prolifèrent allègrement.
Trois heures trente seront nécessaires pour boucler la dizaine de kilomètres au cours desquels nous n'avons croisé aucun humain. En revanche, nous avons pu observer quelques animaux. Du plus grand au plus petit : daim, femelle de tétras, grenouilles et limaces.
Le refuge de Cape Fife marque la fin provisoire de notre balade. Un panneau met en garde contre les ours. Nous ne sommes donc pas vraiment étonnés de découvrir sur l'immense plage en contrebas un petit requin portant une trace de morsure. Sans doute le fait d'un ours.
En dehors de cette bête, nous pensions le lieu désert. Or à notre grand étonnement, nous distinguons au loin la silhouette d'un marcheur qui avance vers nous. Il s'agit d'un Britannique effectuant une randonnée de plusieurs jours en suivant le littoral (90 km). Nous lui laissons le reste de notre eau minérale. Ça change de son breuvage opaque résultant du filtrage de l'eau trouvée sur son trajet.
Une heure plus tard, nous reprenons le chemin inverse qui, à défaut de nouveautés, finit par nous paraître long et fatigant, au point de ne plus avoir le courage de grimper sur les hauteurs de Tow Hill à l'arrivée.
Cette randonnée de seulement 127 mètres de dénivelé mais de 19,3 km de long parcourus en un peu moins de 7 heures, nous a laissés sur les rotules.
Seul un groupe d'oies du Canada va réussir à interrompre notre retour vers Masset.
Nous serions sans doute allés nous coucher tôt si nous n'avions été invités par la maîtresse de maison à nous joindre aux autres hôtes ainsi qu'à quelques invités pour un sympathique dîner sur la terrasse. Malgré un ciel nuageux, la soirée, agrémentée par le survol de nombreux aigles et oies du Canada, est douce et agréable.
Deuxième nuit à Masset.
Distances parcourues dans la journée : 50 km en voiture mais aussi 20 km à pied.
Naikoon Nord
Naikoon Sud, sur la trace de l'épave du Pesuta J10 : Samedi 22 août 2015
Une nouvelle randonnée au programme ce matin ? Yes, off course, il ne faut pas s'arrêter sur une aussi belle lancée.
Elle sera moitié moins importante en distance et en temps que celle d'hier mais nécessite d'être faite à marée descendante. L'heure de la marée basse étant prévue à 12 h 13, il ne faut pas trop traîner surtout qu'il y a une heure de route entre Masset et l'aire de pique-nique de Tlell, point de départ du sentier.
Après des averses en fin de nuit, le ciel se dégage progressivement pour laisser place à un beau soleil alors que nous débutons notre marche. A 10 h 30, top départ !
L'objectif de cette randonnée est de découvrir l'épave du Pesuta, une barge dédiée au transport de grumes qui a sombré en 1928 au cours d'une tempête et dont les restes sont plantés dans le sable sur East Beach.
Nous commençons par une courte traversée de forêt en surplomb de la rivière Hiellen. Les arbres ne sont pas tout à fait les mêmes qu'hier mais surtout les rayons du soleil donnent à la forêt un tout autre éclairage.
Au bout d'une demi-heure, le chemin quitte la forêt. Nous continuons à présent en bord de rivière sur une large piste de galets tassés. Il fait très beau et même chaud.
Entre rivière et océan, les aigles marins s'envolent avec leurs proies.
Un peu avant midi, ce qu'il reste de l'épave apparaît devant nous.
Le photographe, inspiré, l'inspecte sous tous les angles. Vraiment très photogénique, cette épave !
Quant à la magnifique plage Est qui a l'air de se dérouler à l'infini, elle lui offre un décor hors norme.
Nous resterions bien à rêvasser sur le sable mais le ciel devient de plus en plus menaçant et risque de transformer le trajet de retour en galère.
Alors à l'heure de l'étale basse, nous nous dépêchons de quitter la plage mais finalement il ne tombera que quelques gouttes.
Après une tentative de variante le long de la rivière vite impraticable, nous réintégrons le sentier initial pour une arrivée à la voiture à 14 heures, après 3 heures et demie pauses comprises pour 10 km aller/retour.
Ce soir, nous dormons à Queen Charlotte (la ville). C'est donc cette direction que nous prenons en cours d'après-midi après un arrêt à Halibut Bight Rest Area.
Hervé n'hésite pas à fouler les galets de cette plage et à se tordre les pieds pour tenter de s'approcher d'un aigle sans savoir que quelques kilomètres plus loin, à l'entrée de la ville de Queen Charlotte, tout un groupe de rapaces est à portée d'objectif.
Après avoir oscillé à plusieurs reprises au cours de la journée entre soleil et pluie, le temps se gâte sérieusement ce soir alors que nous nous installons pour trois nuits au sud de l'île de Graham.
Distance parcourue dans la journée : 109 km
Epave du Pesuta
Graham Ouest, du lac Yakoun aux plages du Rennell Sound J11 : Dimanche 23 août 2015
Nous avons prévu d'explorer le côté ouest de l'île et aujourd'hui c'est le jour idéal pour le faire, non pas en raison de la météo (plutôt maussade) mais parce que nous sommes dimanche.
En effet, les routes qui desservent la côte ouest ne sont pas asphaltées. Ce sont des pistes prioritairement dédiées à l'exploitation forestière et fréquentées par des semi-remorques de taille. La circulation y est donc réglementée, uniquement tolérée à certaines heures. Régulièrement des panneaux rappellent que nous les empruntons à nos risques. et périls.
Vu les quantités de pluie tombées durant la nuit, les pistes trouées de nids-de-poule sont devenues boueuses et le Santafe rapidement repeint couleur gadoue.
Les sentiers sont eux aussi détrempés de sorte que nous enfilons des guêtres par-dessus nos chaussures afin de limiter les dégâts lors de notre première sortie de la journée.
En effet, vingt kilomètres après Queen Charlotte, un trail d'une trentaine de minutes doit nous conduire sur les rives du lac Yakoun. Mais avant d'atteindre le lac nous nous attardons au pied de plusieurs arbres géants à côté desquels nous avons l'air de nains !
La luminosité ambiante donne au Yakoun Lake un air de Loch Ness dont on verrait bien surgir LE monstre.
En guise de monstre apparaît un plongeon huard qui, dans son habit à damier noir et blanc, fend discrètement la nappe d'eau.
Après cette incursion au bord du lac (1 heure en tout), cap encore plus à l'ouest vers le Rennell Sound et ses plages après un passage de col à 300 mètres suivi d'une descente à 25 % vers le bord de mer.
On se croirait sur la route de la Traversée en Guadeloupe, même végétation, même humidité mais la chaleur en moins. Les températures ne dépasseront pas 13 degrés au meilleur de la journée aujourd'hui.
Plusieurs plages bordent cette côte ouest : dans l'ordre, du sud au nord, Five Mile Beach (dont on fera l'impasse pour cause d'averse passagère), Gregory Beach et Bonanza Beach dont tout le monde s'accorde à dire que c'est la plus belle.
C'est aussi la plus éloignée des trois et le terminus de la piste. C'est vrai qu'elle est belle, surtout sous le soleil.
Mais la préférée du photographe, c'est Gregory Beach. Elle possède un petit quelque chose d'artistique et de mystérieux. En outre, son sable noir lui confère un caractère plus sauvage.
Les grandes laminaires qui la jonchent exacerbent notre créativité. Nous laissons sur le sable une petite œuvre éphémère que nous ne manquons pas d'immortaliser.
Après un dernier arrêt au bord d'une parcelle forestière en cours d'exploitation à réaliser l'ampleur des dégâts, retour à Queen Charlotte en début d'après-midi.
Après la nature, un peu de culture est bienvenu ! La météo étant incertaine, autant rester à l'abri au musée du Haida Heritage Center à Skidegate afin d'en apprendre un peu plus sur l'histoire, la société, les arts et la nature dans l'archipel.
Le musée est construit comme un village Haida d'antan, composé de plusieurs maisons longues alignées. On y trouve de superbes pièces, notamment des masques, des boîtes en cèdre, de gigantesques totems sculptés, des canots, et de magnifiques créations en argilite noire.
De l'organisation de la société, nous retenons que chaque communauté Haida était divisée en deux groupes : Raven and Eagles. Les mariages se faisaient uniquement entre membres des deux différents groupes. Les enfants devenaient membres du groupe de leur mère. C'était donc une société matrilinéaire.
Après cet intermède culturel, l'état du ciel nous laisse l'opportunité de faire un saut jusqu'à Balance Rock, un bilboquet rocheux en équilibre au bord de mer.
Nous nous amusons à quelques jeux d'optique. Après avoir calé le rocher au creux de ma main, mue par une force herculéenne, je le hisse au-dessus de ma tête ;-)
Petit clin d'œil de fin de journée durant laquelle, en dépit d'une météo capricieuse, nous avons réussi à profiter de chaque instant. A l'image du rocher précédent, un équilibre parfaitement réussi !
Deuxième nuit à Queen Charlotte.
Distance parcourue dans la journée : 127 km.
Balance Rock
Excursion à Moresby Island et retour sur le continent J12 : Lundi 24 août 2015
Il a encore plu une partie de la nuit et même si ce matin, il ne pleut pas (encore), il fait bien couvert. Dans ces conditions, on peut faire une croix sur la randonnée réputée difficile vers l'un des sommets de l'île (1009 mètres), on n'y verrait rien. Autant rester au ras de l'eau !
Justement c'est en ferry que nous commençons la journée, avec une traversée d'une vingtaine de minutes vers Alliford Bay afin de voir à quoi ressemble l'île voisine de Moresby.
Pendant le court trajet, nous prenons place sur la viewing area afin d'être aux premières loges pour scruter les nombreux îlots qui constellent le fjord.
Les oiseaux y règnent en maîtres mais partagent volontiers les rochers avec quelques lions de mer.
A partir du débarcadère, une route circulaire fait le tour du nord de l'île, d'abord asphaltée jusqu'à Sandspit (qui accueille le principal aéroport de l'archipel) puis en terre sur le restant de la boucle. Nous l'empruntons dans le sens horaire.
Premier arrêt à Onward Point pour quelques minutes de marche dans une forêt littorale avant d'aboutir à un point de vue couvert. Vue sur Skidegate Inlet.
Après cette petite mise en jambes, nous poursuivons avec une randonnée un peu plus conséquente, juste avant l'entrée de la localité de Sandspit : Dover Creek Trail suivi de Hans Creek Loop.
Deux heures de marche au milieu d'une forêt de cèdres et d'épinettes majestueux, rivalisant en taille et en circonférence.
Avec de tels spécimens, pas besoin de construire de pont. Ici un de ces géants tombé en travers de la rivière fait office de passerelle naturelle.
Le couvert végétal est si épais qu'il nous abrite momentanément de la pluie. C'est un des avantages des promenades en forêt
Mais dans l'après-midi, des averses plus soutenues se succèdent, nous laissant juste un peu de répit pour jeter un œil à Secret Cove et pour ramasser quelques bolets et chanterelles au bord de la piste forestière qui nous ramène vers l'embarcadère.
Pendant le trajet de retour en ferry, c'est le déluge. Il est temps de rentrer !
Une journée en demi-teinte dont on retiendra surtout le goût de la poêlée de champignons ;-)
Troisième et dernière nuit à Queen Charlotte.
Distance parcourue dans la journée : 93 km
J13 : Mardi 25 août 2015
La journée est consacrée au retour à Prince Rupert. Départ du ferry à 10 heures, arrivée à 17 heures. Les cheminées fument, la sirène retentit, c'est parti !
A l'intérieur, nous avons maintenant nos habitudes : une rangée de sièges pour nous étaler, un pique-nique pour résister, une couverture pour somnoler, une baie vitrée pour ne rien manquer et sur l'écran de cinéma du navire, le film "The Musketeers" pour à la fois nous divertir et améliorer notre anglais. C'est parfait !
A ce rythme, le temps passe très vite.
Le navire commence par longer la côte Est de Graham Island jusqu'au niveau de Lawn Hill (au passage, nous apercevons Balance Rock) puis pique vers l'est en direction de Prince Rupert.
S'il fallait tirer un premier bilan de ces quatre journées passées sur l'archipel de Haida Gwaii, je dirais que nous avons été impressionnés par tous ces arbres gigantesques, que nous avons beaucoup aimé les paysages très préservés du parc provincial de Naikoon, mais remarqué que certaines parties des deux îles sont détériorées par l'exploitation forestière. C'est sans doute dans l'extrême sud de l'archipel classé parc national qu'il faut chercher les territoires les plus intacts, mais ça, c'est une autre aventure.
A l'approche du continent, nous finissons le voyage sur le pont à scruter les îles environnantes et surtout la couleur du ciel.
En effet, en avançant, le bateau laisse derrière lui la couverture nuageuse accrochée aux sommets des îles Charlotte.
Droit devant, le ciel est comme partagé en deux : bleu d'un côté, gris de l'autre. Mais qui des deux aura le dessus ?
Réponse à Prince Rupert à l'heure du coucher de soleil.
Comme par un coup de baguette magique, l'astre de feu transforme ce mélange un peu terne de bleu et de gris en une véritable explosion de couleurs, se déclinant du rose pâle au violet, du rose fuchsia à l'indigo avec... un arc-en-ciel en prime !
Bref, un moment rare que nous savourons pleinement en espérant qu'il annonce de belles journées à venir !
Distances parcourues dans la journée : seulement 15 km en voiture mais 200 km en ferry.
Coucher de soleil à Prince Rupert
Balades et baignade à Prince Rupert J14 : Mercredi 26 août 2015
Les horaires de correspondance entre le ferry de retour de l'archipel de Haida Gwaii et celui à destination de l'île de Vancouver via l'Inside Passage nous imposent aujourd'hui une journée de transit à Prince Rupert. Et cela tombe plutôt bien !
D'une part, parce qu'après deux semaines de voyage, ce passage en ville nous permet de régler quelques tâches d'intendance : lavage du linge, nettoyage de la voiture et surtout achat d'une paire de chaussures de randonnée, les miennes ayant rendu l'âme après plusieurs saisons de bons et loyaux services.
D'autre part, dans la ville la plus pluvieuse de la côte Nord-Ouest avec plus de 220 jours de pluie par an et le plus fort cumul de précipitations de tout le Canada, il fait aujourd'hui un temps exceptionnellement beau et chaud. La chance !
Alors une fois l'intendance réglée, profitons vite de cette belle journée.
Premier objectif : le parcours en boucle de Butze Rapids Trail. Le trailhead se trouve à cinq kilomètres de la ville par la Hwy 16.
Certes ce n'est pas de la grande randonnée, mais plutôt une balade pour "Papy Mamy et leur chien Youki" comme diraient certains. C'est une balade populaire où les Rupertois viennent volontiers faire leur jogging ou leur marche journalière.
C'est donc sous un ciel uniformément bleu, après avoir ressorti short et tea shirt (et ça fait du bien !) que nous nous engageons sur le chemin d'approche.
Au premier embranchement, nous ignorons ce panneau plein de malices et prenons ensemble la même direction ;-)
Le sentier, bien entretenu, traverse tour à tour une épaisse forêt de conifèreset une tourbière aux pins tordus, couverte de Droseras. Nous observons en détail cette plante carnivore ingénieuse.
Au bout d'une demi-heure, nous arrivons au niveau des Butze Rapids. C'est une curiosité naturelle liée au flux et au reflux de la marée autour de Kaien Island (l'île sur laquelle se trouve Prince Rupert), obligeant l'eau à se déverser dans l'étroit passage tantôt dans sens tantôt dans l'autre et créant des tourbillons à chaque inversion. Pas aussi spectaculaire que le maelström observé en Norvège mais curieux quand même !
Encore une demi-heure de plus en suivant le bord de mer et nous atteignons Grassy Bay. Ici les collines et îles boisées se mirent dans une eau si calme et si claire qu'on se croirait au bord d'un lac.
Pour finir, il n'y plus qu'à retraverser la forêt tout en s'informant au fil de quelques panneaux sur les différents types d'arbres, de baies, d'herbes et de plantes ainsi que sur leur utilisation actuelle et traditionnelle.
En bref, une balade tranquille de deux heures que cette belle météo a fait grimper dans notre estime.
Après un retour en ville pour le déjeuner, nous n'hésitons pas à reprendre la même direction dans l'après-midi vers Diana Lake, un lac situé lui aussi sur la Highway 16.
Dans notre sac, maillots de bain, serviette, crème solaire et couverture. Une idée en tête ?
En effet, le Diana Lake est apprécié pour la baignade. Or il fait tellement beau et chaud que tout est envisageable. A défaut nous prendrons au moins le soleil.
Alors ? Alors oui, nous l'avons fait.
En arrivant au bord du lac, la couleur du ciel, la douceur de l'air et la vue des baigneurs déjà à l'œuvre vont immédiatement nous convaincre de nous jeter à l'eau, mais juste pour quelques brasses car ce n'est pas la Méditerranée fin août, la température de l'eau doit tourner autour des 15 degrés.
En revanche, nous prenons tout notre temps pour lézarder au soleil, allongés sur notre couverture avec un bon bouquin. Nous serions sans doute restés davantage si nos voisins de gazon n'avaient fini par nous enfumer avec leur barbecue. En effet, en début de soirée, les bras chargés de victuailles, sont arrivés de plus en plus de pique-niqueurs, résolus à profiter de cette douceur exceptionnelle.
C'est le moment que nous choisissons pour migrer vers un autre lac, moins prisé par les amateurs de barbecue, Oliver Lake, toujours sur la 16.
Un havre de paix, seulement fréquenté par quelques canards, dans un décor de sphaignes, de mousses, de buissons et de pins rabougris aux allures de bonsaïs.
Le lac forme un miroir si lisse que les sapins qui s'y reflètent sont d'une netteté si parfaite qu'on les confondrait presque avec les originaux !
Les nénuphars, eux aussi, ont l'air irréels.
Une ambiance de calme et de sérénité que nous finissons par interrompre pour mener à bien les deux ou trois projets qui nous tiennent à cœur pour la soirée :
Recycler mes chaussures usagées en les déposant, non pas au pied du sapin de Nöel, mais au pied du Shoe Tree… Barboter dans le jacuzzi en plein air sur la terrasse de l'hôtel… Nous attabler un étage plus haut pour un délicieux dîner.
Vraiment une journée super agréable et, dans ces conditions, un petit faible pour Prince Rupert.
Il ne reste plus qu'à croiser très fort les doigts pour que cette météo exceptionnelle le reste demain tout au long du Passage Intérieur, le moment le plus attendu de notre voyage.
Distance parcourue dans la journée : 65 km
Oliver Lake, près de Prince Rupert
De Prince Rupert à Port Hardy par le Passage Intérieur J15 : Jeudi 27 août 2015
Réveil à 4 h 30 car il faut être dans la queue du ferry deux heures avant son départ prévu à 7 h 30. Il fait encore nuit alors que nous nous présentons pour les formalités. L'embarquement se fait à bon train.
Dans le garage, les voitures sont alignées au cordeau.
Ce navire est encore plus moderne, plus spacieux et plus confortable que les précédents. Certes, dans les étages supérieurs, les meilleures places, celles faisant directement face aux baies vitrées, sont déjà prises mais nous dénichons un petit salon silencieux et presque désert, dans lequel nous nous installons avec notre glacière, notre couverture et nos oreillers.
Au final, nous passerons le plus clair de notre temps sur le pont car il fait un temps magnifique alors que le ferry commence à s'engager dans Grenville Channel long de 70 km de long.
C'est parti pour 15 heures de navigation sur près de 500 kilomètres, à bord du Northern Expedition.
Pourtant, l'entrée progressive dans un banc de brouillard nous fait craindre le pire, mais cette brume très localisée va juste poser un voile de mystère sur les paysages alentour.
Une fois le brouillard dissipé, on prend pleinement conscience des sommets escarpés qui bordent le chenal, culminant entre 500 et 1 000 mètres. Dans sa partie la plus étroite, le passage ne fait que 400 mètres de large mais grâce à une profondeur de 500 mètres, les navires peuvent caboter au plus près du bord pour le plus grand plaisir des voyageurs.
C'est aussi l'occasion de croiser d'autres embarcations qui, du haut de notre ferry, ont l'air de joujoux.
Des plus classiques au plus original : Un voilier qui avance au moteur… Un bateau de pêche… Des grumes qui flottent toutes seules ? Euh, non, elles sont posées sur une barge tirée par un remorqueur !
De cap en baie, le ferry continue doucement sa route vers le Sud… quand tout d'un coup une annonce du capitaine fait l'effet d'une bombe dans les salons. Des baleines sont annoncées !
Nous ne les verrons qu'à distance mais elles sont des dizaines dans la baie. Partout à la ronde, on distingue leurs souffles, leurs dos et leurs queues.
Puis l'excitation retombe, la traversée suit gentiment son cours. Il est midi, nous en profitons pour nous retirer dans notre salon et casser la croûte.
Trois quarts d'heure plus tard, à proximité de Butedale, un site occupé par une conserverie en ruine, nouveau branle-bas de combat ! Le navire s'immobilise, un canot de sauvetage est mis à l'eau. Quelqu'un serait-il tombé à la mer ? Oui… un mannequin pour une séance d'entraînement. Le mannequin est rapidement repêché, ramené à bord du canot et pris en charge. Mission accomplie pour l'équipage ! Le ferry peut poursuivre sa route.
Sept heures trente après avoir quitté Prince Rupert, nous arrivons à hauteur de Boat Bluff, le plus joli des phares du passage. Il marque l'entrée de Tomie Channel.
Le spectacle se poursuit sur l'eau et dans le ciel, avec toute une série de nuages remarquables : moutonneux, pointillistes, alvéolés ou striés.
Sur le pont l'ambiance est décontractée. Casquette, lunettes et crème solaire sont des accessoires indispensables. Il fait tellement chaud en pleine après-midi qu'on se croirait en croisière en Méditerranée !
Les points d'intérêt se succèdent : Ivory Island, son phare et son jardin. Puis celui de Dryad Point qui annonce l'arrivée imminente à Bella Bella. Cela fait dix heures que nous avons quitté Prince Rupert.
Le navire fait une courte escale d'une demi-heure à Bella Bella avant de reprendre sa route.
C'est pendant le dîner qu'on nous annonce le passage à proximité du dernier point d'intérêt du voyage, le village amérindien de Namu. Il est 19 heures. Formule buffet à volonté au restaurant.
Après avoir fait un sort aux desserts, quelques pas sur le pont sont bienvenus dans l'attente d'un coucher de soleil qu'on espère spectaculaire. De curieuses volutes dans le ciel ? Je n'aimerais pas être dans cet avion. Le pilote a-t-il fumé ? ;-)
Le soleil tente d'embraser les nuages mais n'arrivera pas à y mettre le feu.
L'apparition de la lune et la tombée progressive de la nuit marquent la fin des attractions et le retour de la fraîcheur. Nous finissons la soirée dans les salons à lire et à somnoler pour les quelques heures restantes.
A 23 h 30, comme prévu, nous débarquons à Bear Cove et quelques minutes plus tard prenons possession de notre cabine pour deux nuits. Installation rapide et dodo illico.
Une sacrée journée et une chance inouïe avec la météo !
Distances parcourues dans la journée : seulement 8 km en voiture mais 500 km en ferry.
Dans le Passage intérieur
Sea stacks dans le parc provincial de Cape Scott J16 : Vendredi 28 août 2015
Il n'y a pas d'urgence ce matin, d'une part parce qu'il pleut (eh oui, région humide oblige), d'autre part parce que la randonnée que nous avons prévue doit se faire à marée descendante. Or la marée sera basse à 17 h 36. Nous avons donc tout le temps pour une grasse matinée, suivie de quelques courses à Port Hardy et d'un déjeuner dans notre cabine.
Finalement, le soleil réapparaît à la mi-journée, faisant grimper les températures et notre moral par la même occasion.
Aussitôt le repas avalé, ce beau temps inespéré nous incite à prendre immédiatement la route, même s'il semble un peu tôt par rapport aux horaires de marée. Direction : Cape Scott, plus de 60 kilomètres de route gravillonnée, dont la première portion publique est assez roulante. Elle devient ensuite une piste forestière privée. Les panneaux sont particulièrement explicites sur les dangers encourus.
En dépit des conditions décrites, nous sommes arrivés à destination en seul morceau, ouf !
Nous nous sommes néanmoins retrouvés à deux reprises capot à capot avec des semi-remorques lourdement chargés, ça fait drôle. Nous avons surtout essuyé un maximum de poussière. Le Santafe qui en a repris une couche est bon pour un nouveau passage au karcher.
Sur cette piste infernale, nous avons aussi fait un heureux : un autostoppeur néo-zélandais gagnant à pied le parc provincial afin d'y emprunter le North Coast Trail long d'une soixantaine de kilomètres.
En ce qui nous concerne, nos objectifs sont beaucoup plus modestes : en attendant que la marée soit favorable, nous comptons aller jusqu'à Eric Lake puis, plus tard, vers San Josef Bay qui abrite des sea stacks très photogéniques. Soit 11 kilomètres en 3 heures de marche environ.
Dans l'immédiat, nous prenons la même direction que notre Néo-Zélandais, vers le lac Eric. A notre grande surprise, le parcours se fait presque intégralement sur des planches. Ponctuellement des troncs font office d'escalier ou de pont. Une fois au bord du lac, demi-tour afin de rejoindre la baie de San Josef.
Sur le trajet, quelques arbres remarquables vont une nouvelle fois nous retenir. Ils sont toujours aussi impressionnants !
Mais à force de traîner, le ciel a fini par se couvrir, donnant quelques gouttes de pluie et surtout des rafales de vent à vous faire perdre l'équilibre.
En bord de plage, les fameux sea stacks, ces piliers de pierre détachés du littoral par l'érosion, manquent de contraste. Le photographe, aux abois, tente d'en tirer le meilleur avec les moyens du bord.
Un peu déçus sur ce coup-là, surtout que le trajet du retour nous réserve de belles couleurs. Grr !
Deuxième nuit à Port Hardy.
Tard dans la soirée, un mail nous prévient que le propriétaire de la maison que nous devions louer à Tahsis, sur la côte Ouest, annule notre réservation pour les trois prochaines nuits pour cause de problème important sur le réseau d'eau potable du village. C'est le pompon !
Distance parcourue dans la journée : 152 km
Stea stacks à Cape Scott PP
Autour de Campbell River : Elk Falls, Myra Falls et Ripple Rock J17 : Samedi 29 août 2015
La journée commence comme celle de la veille avec de pluie et un ciel encore plus bouché qu'hier.
Cela nous laisse le temps de finaliser notre recherche de logement pour les trois prochaines nuits. Suite à l'annulation de notre réservation à Tahsis, nous décidons de trouver un lieu plus central sur l'île. Nous trouvons au pied levé un chouette Urban Loft à Campbell River.
Nous pourrions ainsi explorer le parc provincial de Strathcona qui offre beaucoup de possibilités de randonnées, à condition que la météo soit avec nous.
En cours de matinée, la pluie s'arrête momentanément, nous en profitons pour charger la voiture et prendre la route.
Tout au long des trois heures de trajet jusqu'à Campbell River, les essuie-glace de la voiture passent de la position rapide à la position alternée mais ne s'arrêtent jamais de balayer.
Avec ses 30 000 habitants et sa zone industrielle très active, l'arrivée à Campbell River crée un choc en venant des contrées sauvages du Nord. La pluie n'arrange rien.
Pourtant, la verdure est aux portes de la ville avec notamment le parc provincial de Elk Falls qui va nous servir d'occupation en attendant de prendre possession de notre logement.
Après un pique-nique dans la voiture (or je déteste manger dans le voiture), nouveau flop en tentant de regagner les fameuses chutes à pied depuis la rivière avant de réaliser qu'elles étaient accessibles en voiture trois kilomètres plus loin. Heureusement nous avons rattrapé le coup !
Des plates-formes et une passerelle toutes neuves, inaugurées en mai dernier, permettent d'admirer la chute dans les meilleures conditions.
Bref, une journée pas vraiment inoubliable, dont on retiendra surtout la qualité de l'appartement et la gentillesse des propriétaires, dans un quartier résidentiel de Campbell River où nous nous installons pour trois nuits.
J18 : Dimanche 30 août 2015
Au réveil, le temps n'est pas aussi mauvais que prévu. Il y a même un peu de ciel bleu et de soleil sur la côte, mais déjà des nuages sur les montagnes.
Nous décidons malgré tout de partir vers le parc provincial de Strathcona, sans véritablement savoir à l'avance ce que nous y ferons. La randonnée que j'avais repérée (Crest Moutain, plus de 1000 mètres de dénivelé) ne me semble pas faisable au vu de la météo incertaine.
L'entrée du parc provincial se situe à 50 kilomètres à l'ouest de Campbell River sur la Hwy 28 mais beaucoup de sites s'étendent encore plus à l'ouest, quasiment jusqu'à Gold River sur la côte Ouest. Or nous ne voulons pas aller aussi loin.
Un autre axe quitte la route principale peu après l'entrée en suivant les rives du Buttle Lake. Il s'agit de la West Mine Road ponctuée de nombreux départs de trails plus ou moins longs. C'est l'option que nous retenons.
Sur place, le ciel est très menaçant, il va falloir s'adapter.
L'idée est de faire ce matin une randonnée de durée moyenne et si cet après-midi le temps se maintient de finir par quelques plus petites balades.
J'avais entendu parler sur mon forum préféré des Myra Falls, 6 kilomètres, 2 heures, une durée et une distance qui me semblent adaptées.
Bien que la route qui y mène aux chutes s'appelle West Mine Road, je n'avais pas imaginé qu'au cœur d'un parc provincial elle puisse nous conduire à un site industriel en activité, Myra Falls Mine, produisant du minerai contenant du zinc, du cuivre, du plomb, de l'or et de l'argent. Impressionnant !
Le parking jouxte la mine. Nous sommes les seuls, en tout cas les premiers. On est pourtant dimanche.
Nous partons sous une pluie débutante mais sous le couvert végétal, elle ne se ressent pas vraiment. Nous avançons dans une forêt luxuriante où les lichens sont aussi gros que des choux-fleurs.
A mi-chemin, nous nous faisons dépasser par un randonneur pressé, muni d'un bouquet de roses rouges. Aurait-il un rendez-vous galant au pied des chutes ?
Quand nous le retrouvons, à destination, nous apercevons une rose piquée dans une souche d'arbre. Il nous explique que les Myra Falls était le lieu favori de sa (défunte ?) épouse. Il a certainement éparpillé les autres roses tout le long du sentier.
Après une rapide photo, nous le laissons poursuivre sa méditation et rebroussons chemin jusqu'au parking.
En tout, 6 km, 2 heures et 100 mètres de dénivelé. Randonnée sympa mais néanmoins pas vraiment incontournable !
Entre-temps, il se met à pleuvoir de plus belle. Le pique-nique, comme hier, se passe dans la voiture (je déteste toujours autant !)
Dans l'après-midi, la pluie ne nous donne pas d'autre choix que de retourner directement à Campbell River.
Journée pourave :-( heureusement compensée par le confort de notre Urban Loft.
Distance parcourue dans la journée : 198 km
J19 : Lundi 31 août 2015
Côté météo toujours même topo : le ciel est couvert +++. Les montagnes aux alentours, contrairement à hier matin, ne sont même pas visibles, retourner vers Strathcona est compromis.
En attendant, nous prenons du bon temps dans notre Loft et en profitons pour déjeuner sur place.
La météo n'étant ni meilleure ni pire, nous décidons de sortir dans l'après-midi.
Direction Ripple Rock trailhead, 16 kilomètres au nord de Campbell River, sur la Hwy 19. Ripple Rock est le nom de deux masses rocheuses, autrefois situées deux à trois mètres sous la surface de l'eau au milieu de Seymour Narrows, un détroit séparant Maud Island et Vancouver Island. Ces rochers ont été la cause de nombreux accidents et naufrages jusqu'en 1958, date à laquelle on décida de les faire sauter. Un tunnel fut creusé depuis la berge jusque sous les roches et une charge de 1375 tonnes de TNT y fut déposée. Ce fut alors la plus grosse explosion non-nucléaire de l'histoire.
Au moment où nous démarrons la randonnée, devinez quoi ? Eh, oui, il se met à pleuvoir mais peu importe, on commence à en avoir l'habitude, en forêt on n'est pas vraiment mouillés.
Petit coup d'œil vers Nymph Cove au passage
Une série de marches métalliques amène au sommet et au point de vue final, complètement dans la "ouate" aujourd'hui. On distingue néanmoins le passage des Seymour Narrows, large de moins d'un kilomètre. L'île en face, c'est Maud Island et au fond, Quadra Island que nous avions visitée en 2009.
A défaut de s'attarder sur la vue, intéressons-nous à quelques détails au ras du sol. Des touffes herbeuses aux couleurs mordorées (annonciatrices de l'automne ?) qui tranchent avec le vert fluo de ce petit sapin. Enfin, gros plan sur celui à qui cette humidité ambiante sied le mieux…
Une randonnée de 8 km en trois heures avec 450 mètres de dénivelé et sous la pluie… à croire qu'on aime ça ! Peut-être un début d'explication dans la chanson de circonstance diffusée justement par l'autoradio pendant le trajet de retour.
I never liked the rain until I walked through it with you Like the rain I have fallen for you and I know just why you Like the rain always calling for you I'm falling for you… just like the rain.
C'est avec cet air de musique country (que je vous invite à écouter) que s'achève notre Loft Story à Campbell River. Demain départ vers le sud-ouest de l'île de Vancouver où nous espérons retrouver le soleil.
Distance parcourue dans la journée : 58 km
Piscines naturelles au pied des Elk Falls
Côte sud-ouest de l'île de Vancouver : de Port Renfrew à Victoria J20 : Mardi 1er septembre 2015
Notre séjour à Campbell River se termine. En dehors de l'excellence de notre hébergement, il n'a pas été une franche réussite, peut-être en raison de son improvisation, de notre déception liée à l'annulation du séjour prévu à Tahsis, mais surtout à cause d'une mauvaise météo.
Vivement la fin de cet épisode dépressionnaire !
Pourtant, ce n'est pas tout à fait gagné car, ce matin, le ciel est toujours aussi couvert. Le trajet jusqu'à notre étape suivante, Port Renfrew sur la côte sud-ouest, se fait sous une alternance d'averses parfois soutenues et de timides éclaircies.
Pour ce trajet, nous choisissons la Hwy 19 qui suit la côte Est à distance jusqu'à Duncan, puis traversons l'île d'est en ouest par la vallée de Cowichan.
Bonne nouvelle, à midi, le pique-nique a enfin lieu en plein air au bord du lac Cowichan, signe d'une nette amélioration.
Ensuite la Pacific Marine Road nous conduit à Port Renfrew après maints tours et détours. A un moment nous sommes à ce point déroutés que nous faisons demi-tour, croyant avoir loupé une bifurcation.
Nous atteignons finalement notre hébergement sur les hauteurs de Port Renfrew peu après 15 heures, ce qui nous laisse du temps pour explorer un peu les alentours, d'autant qu'il ne pleut pas.
Justement la localité est le terminus du Juan de Fuca Marine Trail. C'est un sentier de 47 kilomètres de long qui s'étire sur la côte sud-ouest de l'île à partir de Jordan River et qui se pratique en backpacking sur plusieurs jours.
Bien sûr, telle n'est pas notre ambition. Pour les moins endurants, le parc provincial a aménagé des points d'accès intermédiaires au Juan de Fuca Trail, dont l'un à Botanical Beach, tout proche, pour une petite boucle de 3 kilomètres qui nous convient très bien.
Mais dans ces contrées au bord du Pacifique il n'y a pas d'accès à la plage sans un passage en forêt avec toujours quelques arbres qui sortent du lot. Ici un arbre-lyre, là un arbre-fantôme
De Botany Bay à Botanical Beach, le sentier est directement exposé aux fureurs de l'océan.
Malgré les assauts des éléments, cet îlot tente de résister quoique… de profil il pourrait faire penser à un navire échoué.
En revanche, ce décor inhospitalier a l'air d'inquiéter ces canards qui ont trouvé refuge sous une voûte rocheuse.
Une petite balade sympa faite sous un ciel encore nuageux mais sans pluie et qui nous ouvre l'appétit.
Ça tombe bien. L'heure du dîner est fixé à 18 h 30 pour tous les hôtes du lodge. Un menu surprise nous attend, préparé uniquement à base de produits frais de la région, certains issus du jardin du lodge et cuisinés avec beaucoup d'inventivité par les deux chefs, deux frères Tim et Jon qui sont aussi les propriétaires du lieu. De loin, le meilleur des dîners de notre voyage, digne d'une bonne étoile au guide M…in :-)
Bref, une belle étape sur cette côte Ouest si sauvage !
Distance parcourue dans la journée : 320 km
J21 : Mercredi 2 septembre 2015 Ce soir nous serons de l'autre côté du détroit Juan de Fuca, dans la péninsule Olympique aux Etats-Unis. Avant cela nous avons la journée pour atteindre Victoria où nous avons réservé le ferry de 19 h 30. Avec seulement 120 kilomètres, l'étape pourrait être courte mais nous avons quelques projets auparavant.
D'abord un projet avorté : alors que nous faisons route vers Avatar Grove au nord de Port Renfrew pour y observer les arbres les plus noueux (gnarliest) de la côte, nous faisons finalement demi-tour sous une pluie diluvienne.
Au diable les arbres, prenons plutôt la direction du Sud et de Victoria. Une bonne décision car effectivement il fait soleil à hauteur de China Beach, autre point d'accès au parc provincial de Juan de Fuca.
De China Beach Trailhead, un sentier mène à Mystic Beach, un joli nom bien mystérieux qui ne fait qu'attiser notre curiosité. Si on allait voir ce qu'elle a de mystique…
Il faut d'abord parcourir un chemin couvert de racines glissantes dans une forêt sombre et humide, traverser une passerelle suspendue instable avant de déboucher sur le ruban de sable rendu encore plus dramatique à cette heure par la couleur noir d'encre des nuages juste traversés par un rai de lumière.
Mais quand le regard se tourne vers le sud, on découvre alors ce qu'elle révèle de magique ou de mystique.
Magique… le léger filet d'eau tombant en cascade sur la plage ! Magiques… ces signatures imprimées dans le sable comme autant d'autographes laissés par leurs auteurs. Magiques… ces napperons de fine dentelle d'écume que l'océan tisse délicatement en bord de plage.
Comme ces petits bonshommes de pierre bien rangés sur un tronc couché, nous nous posons alors un court moment afin de contempler l'horizon mais si nous voulons être ce soir dans la péninsule en face, il faut lever le camp et reprendre la route.
De Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, nous n'aurons finalement pas le temps de voir grand chose. Après des ralentissements en périphérie de la ville, après un arrêt pour déjeuner, un autre pour faire des achats, un autre encore pour attendre la fin d'une averse, il nous reste à peine une heure et demie pour faire un peu de tourisme. Il faut donc faire des choix.
Ce court moment, nous le consacrons alors au quartier flottant haut en couleurs de Fisherman's Wharf que nous abordons sous un beau soleil, chouette !
Il nous faut impérativement être de retour au port à 18 heures afin d'accomplir les formalités d'immigration pour l'entrée aux Etats-Unis. Ces démarches toujours aussi pointilleuses se font avant l'embarquement, côté canadien.
Une fois notre visa d'entrée aux USA en poche, nous montons à bord du Coho, un ferry vieillot (rien à voir avec les BC ferries !) qui tangue singulièrement bien que la mer soit d'huile.
Une heure et demie de traversée pour rejoindre Port Angeles où nous nous installons pour deux nuits en espérant que l'épisode dépressionnaire soit définitivement derrière nous.
Pour conclure, ces deux dernières étapes sur la côte sud-ouest nous ont réconciliés avec l'île de Vancouver. La côte Ouest est définitivement la plus belle.
Distance parcourue dans la journée : 127 km
Quartier flottant à Victoria
La suite aux Etats-Unis est par... ICI
La version accompagnée de photos et de cartes se trouve ici :
sites.google.com/...euxvoyagescanadausa/
Ci-dessous le texte accompagné d'une sélection de photos.
Bonne découverte ! 🙂

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Présentation Déjà six années se sont écoulées depuis nos derniers voyages en Amérique du Nord (Canada Ouest et Arizona/Nouveau-Mexique), ce qui n'est pas sans réactiver notre nostalgie du Nouveau Monde au moment de choisir notre prochaine destination. Une chose est sûre : l'été 2015 sera nord-américain.
Mais entre les roches rouges et la poussière de l'Ouest américain, les lacs, les cascades et la fraîcheur de l'Ouest canadien, notre cœur balance !
De cette confrontation sortira finalement un parcours un peu atypique entre Canada et Etats-Unis dont le fil conducteur sera l'océan Pacifique avec, comme point de départ, la ville de Vancouver au Canada.
De notre précédent séjour dans l'Ouest canadien, nous avions gardé en mémoire la possibilité d'aborder l'île de Vancouver par le Passage Intérieur, Inside Passage en anglais, cette voie maritime côtière de l'océan Pacifique située à l'ouest de la Colombie-Britannique. Ce critère devient prioritaire et c'est autour de ce point que vont s'articuler les différentes étapes.
Le circuit commence alors à prendre forme. De Vancouver, nous nous dirigerons vers le nord jusqu'à la pointe sud-est de l'Alaska où les ours ont rendez-vous avec les saumons dans la petite localité de Hyder. Ce sera le point le plus septentrional de notre parcours.
Après cette micro-incursion en Alaska, nous reviendrons un peu sur nos pas pour nous diriger vers Prince Rupert, port d'embarquement vers le Passage Intérieur mais aussi vers l'archipel de Haida Gwaii (anciennement îles de la Reine-Charlotte).
Ces îles mystérieuses et isolées, terres des tribus Haida, ne vont pas manquer d'attirer notre attention, nous leur consacrerons cinq jours.
Ensuite c'est à bord d'un ferry que nous continuerons vers Vancouver Island via le Passage Intérieur. Nous traverserons l'île du nord au sud avec des étapes différentes de celles de notre voyage de 2009.
Au sud de l'île de Vancouver, nous serons à quelques milles nautiques seulement de la côte nord-ouest des Etats-Unis. Une courte traversée en ferry nous déposera côté USA où nous finirons notre voyage par huit jours dans l'état de Washington entre les parcs nationaux de Olympic, Rainier et North Cascades.
Retour à Vancouver pour les deux derniers jours.
En tout 31 jours sur place entre le 13 août et le 14 septembre 2015, ce qui nous laissera tout loisir de randonner régulièrement comme nous aimons le faire. Hervé espère aussi réitérer son expérience de plongée sous-marine dans les eaux froides du Pacifique.
Moyen de transport prévu : un SUV type Ford Escape.
Hébergement : en hôtels, motels ou cabines. 25 nuits sur 31 ont été réservées d'avance.
Côté climat, nous sommes conscients de partir dans des régions potentiellement humides.
Néanmoins, nous espérons profiter encore un peu de l'été exceptionnellement chaud et sec que ces contrées ont connu cette année. En même temps, après deux mois caniculaires à Paris, un peu de fraîcheur ne nous fera pas de mal. Nous avons hâte !

Première étape au Canada : de Vancouver à Whistler J1 : Jeudi 13 août 2015
Comme en 2009, nous avons choisi Air Transat pour nous acheminer jusqu'à Vancouver depuis le Terminal 3 de Roissy. Rien à redire ou presque. On savait que les couvertures et les écouteurs étaient payants, on a donc prévu le nécessaire. Pour le reste, la prestation est correcte.
Arrivée à bon port à 14 h 30. Beau temps, 23 degrés. Chouette !
Au guichet d'immigration, les formalités sont vite expédiées. Ici ni photo, ni empreintes. Vive le Canada !
Récupération de la voiture de location dans la foulée. Dans le garage du loueur Avis, à l'emplacement B1, un SUV Hyundai Santafe, rutilant, nous attend. Je crains qu'il ne le reste pas longtemps ;-)
Spacieux et confortable, nous l'adoptons illico. Le voyage peut maintenant commencer.
Il est 16 heures, nous sommes prêts à prendre la route car, oui, la journée n'est pas finie. 130 km nous séparent de Whistler où nous avons prévu de passer notre première nuit. 130 km, une bagatelle en temps normal, mais après 10 heures de vol et 9 heures de décalage horaire, ça relève plus de l'exploit d'autant qu'il faut absolument faire des courses entretemps.
J'avais repéré un Walmart à Squamish, parfaitement placé sur notre itinéraire. Pour gagner du temps, la liste de course est prête.
Quelle ne fut notre surprise de découvrir qu'une grande surface de cette taille ne vende pas un seul fruit ni un seul légume. Dans son rayon frais, ce n'est pas mieux, il n'y a rien ou presque qui nous convient. En revanche, côté friandises, le choix ne manque pas.
Bon, ce n'est pas avec ce qu'on a dans le caddie qu'on va pouvoir manger ce soir. Alors un deuxième arrêt s'impose, quelques kilomètres plus loin, dans un supermarché plus normal où on a enfin pu faire le plein de produits sains.
Toutes ces allées et venues dans les couloirs de supermarché nous ont épuisés. Dans ces conditions, on laisse tomber toutes les chutes (d'eau) sur notre trajet. Dommage pour les Shannon Falls ou les Brandywine Falls.
On a du mal à garder les yeux ouverts et c'est complètement au radar qu'on boucle la distance restante.
19 h 30 : ouf, destination atteinte. On ne profitera ni de Whistler ni même de notre hôtel, sauf du coin cuisine pour nous préparer rapidement à dîner avant de tomber dans les bras de Morphée aussitôt après.
Il est 6 heures du mat' à notre horloge interne.
Distance parcourue dans la journée : 135 km
Notre SUV... rutilant !

De Whistler à Prince George, des lacs Joffre Lakes au parc provincial des Eskers J2 : Vendredi 14 août 2015
Le décalage horaire joue en notre faveur : réveil à l'aube à 3 heures du matin. A 5 heures, petit déjeuner. A 6 heures, check out !
La journée est à nous, le ciel pas terrible mais la température est douce et l'envie de randonner irrépressible. Pas de souci, j'ai tout prévu.
Première randonnée aux Joffre Lakes. Point de départ sur la Hwy 99 à une soixantaine de kilomètres de Whistler.
J'avais oublié de préciser que nous la suivons depuis hier. Appelée aussi "Sea to Sky Highway", cette route de la mer au ciel surplombe d'abord la baie de Howe à l'ouest de Vancouver, puis traverse les montagnes de la chaîne côtière avant de rejoindre la région des cow-boys à Lillooet. Assez large jusqu'à Whistler, elle se rétrécit ensuite pour devenir une route de montagne étroite et sinueuse.
Mais revenons à nos lacs. Le premier des trois (car oui, il y en a trois), le Lower Joffre Lake, se trouve à cinq minutes en contrebas du parking. Les deux suivants, situés au pied de glaciers impressionnants, nécessitent un peu d'effort mais pas autant que je ne le craignais car le sentier, récemment dévié et réaménagé, se parcourt à présent aisément.
A mi-chemin entre le premier et le deuxième lac, nous croisons un jeune randonneur, parti du parking juste un peu avant nous. Déjà sur le retour ? En fait, il nous avoue préférer faire demi-tour, il ne se sent pas tranquille tout seul car ce matin sur la Nationale il a croisé en voiture un couguar. Il n'aimerait pas se trouver nez à nez avec une telle bête en plein milieu de la forêt. Je lui propose de se joindre à nous, à trois on se sentira plus forts.
Mais en dehors d'un ours… en bois sculpté inoffensif et de quelques geais gris très coopératifs, rien d'alarmant !
La rive du Middle Lake marque le terminus pour notre co-randonneur slovaque. Il est maintenant plus rassuré par l'arrivée progressive d'autres randonneurs.
Quant à nous, nous poursuivons jusqu'au Upper Lake puis jusqu'au camping (rudimentaire) implanté sur sa rive Nord afin d'embrasser d'un seul regard l'étendue d'eau turquoise, la ceinture de pins qui l'enserre et la couronne de glaciers qui la coiffe. Waouh !
Si le soleil fait défaut pour mettre en valeur la réelle beauté de ces lacs, il ne semble pas indispensable pour rehausser la couleur jaune fluo des mousses qui frangent ici les branches des pins.
Bref, c'est une belle randonnée, avec un excellent rapport qualité/effort. Les chiffres le démontrent : entre 8 et 9 km en 3 heures et demie AR pauses comprises avec 400 mètres de dénivelé. Plutôt cool pour une première !
De retour à la voiture, nous enchaînons avec le pique-nique et à midi nous sommes prêts à reprendre la route alors que le soleil tente de timides percées.
Notre prochaine étape ? En réalité, nous n'avons pas de réservation pour ce soir ni pour les deux nuits suivantes afin de nous laisser toute latitude pour organiser ces premières journées. Néanmoins, l'idéal serait de pouvoir atteindre Williams Lake, soit 350 kilomètres. Ouille !
Une soixantaine de kilomètres plus loin, Lillooet marque l'entrée dans une région de steppe semi-aride : pins desséchés, collines pelées, prairies brûlées par le soleil. On a du mal à se croire au Canada !
Après quelques gouttes de pluie qui mouillent à peine le pare-brise, le soleil revient en force.
A Cache Creek c'est au tour de la Hwy 97 appelée aussi Cariboo Hwy de nous rapprocher du Nord dans des paysages à nouveau plus verts, à travers un plateau vallonné couvert de forêts de bouleaux et de ranchs immenses.
70 Mile House, 100 Mile House, 150 Mile House : ce sont aujourd'hui de petites localités émaillant cette route des Cariboo, mais à l'époque de sa construction au milieu du XIXe siècle, à la période glorieuse de la ruée vers l'or, c'étaient des relais de diligences où voyageurs et bêtes pouvaient faire une pause. Leur nom fait référence à la distance qui les séparaient de Lilloet, point de départ de la route.
Ces mêmes lieux nous permettent de nous relayer au volant afin d'arriver comme souhaité jusqu'à Williams Lake où nous n'avons pas de mal à trouver un toit.
Quelques brasses dans la piscine et une trempette dans le jacuzzi nous font tenir jusqu'au dîner au restaurant voisin, où nous commandons les premiers d'une longue série de fish and chips.
Distance parcourue dans la journée : 389 km
J3 : Samedi 15 août 2015
Départ à 7 h 30 avec déjà une heure et demie gagnée sur la veille. On se recale progressivement. Grand soleil et 15 degrés.
Nous n'avons pas d'impératif pour ce soir mais l'idéal serait qu'on dépasse Prince George à 250 km. Dans l'absolu rien d'infaisable même en ayant quelques projets de détours sur le trajet.
Premier arrêt à Quesnel, 120 km plus au nord, au parc provincial des Pinnacles pour voir des pinacles, ces aiguilles rocheuses qui s'élèvent le long d'une falaise.
A l'entrée, un panneau met en garde les visiteurs. Ours et couguars fréquentent assidûment les lieux. Si on en a vus ? Euh… seulement leurs traces.
Après ce petit intermède (1 heure), remettons-nous au volant. La route des Cariboo, toujours elle, traverse à présent le plateau du fleuve Fraser, couvert de forêts et émaillé de petits étangs si prisés des élans. Pourtant, pas un seul de ces fiers cervidés ne daigne se montrer. Juste quelques biches sur les bas-côtés attendent patiemment pour traverser.
C'est une très belle route, parfois à quatre voies, souvent à trois, où la circulation est très light bien que nous soyons en plein week-end de la mi-août. Nous apprécions vraiment beaucoup cette absence de pression touristique.
C'est donc très zen, tout en écoutant quelques airs de musique country diffusés par notre radio satellite, que nous arrivons comme une fleur vers midi à Prince George. Nous ignorons la ville en nous dirigeant immédiatement à 40 km au nord-ouest de l'agglomération vers Eskers Provincial Park.
En regardant la carte, j'avais imaginé que nous allions faire tranquillement le tour de ces lacs dans un terrain dégagé et sans beaucoup de dénivelé.
En réalité, un esker est une formation glaciaire se présentant sous forme de buttes allongées, rectilignes ou sinueuses, pouvant atteindre quelques kilomètres de longueur pour les plus grandes, et de quelques mètres de hauteur.
Or justement le parc provincial en question comprend un ensemble d'eskers formés jadis par des glaciers couvrant cette partie de la Colombie-Britannique.
Voilà qui explique pourquoi la randonnée n'est pas de tout repos, enchaînant montées et descentes incessantes en passant à chaque fois sur des crêtes entre deux lacs (ces fameux eskers !).
La vue sur les plans d'eau est souvent limitée, filtrée par un rideau d'arbres, ici des trembles… magnifiques par ailleurs.
Au final, le dénivelé et la distance dépassent ceux d'hier : 413 mètres et 13 km pour une durée d'un peu plus de trois heures sans pause significative. Bref, on a bien crapahuté !
Côté flore, une belle récolte !
Et côté animaux ? La documentation du parc indique la présence de moose, deer, squirrels, grouse, waterfowl, et surtout du résident principal, le castor.
Parmi tous ceux-là, nous avons bien aperçu un mignon petit écureuil qui nous a regardé d'un œil malicieux tout en croquant une noisette.
Bien que non mentionnés, nous avons entendu hurler des coyotes (enfin, c'est ce qu'on pense avoir entendu). Mais nous avons surtout subi l'assaut de nuées de moustiques, pas mentionnés eux non plus ;-) On était donc soulagés en arrivant à la voiture !
Une fois à l'abri dans l'habitacle et après nous être aspergés un peu tard de lotion, nous nous sentons néanmoins encore capables de remplir nos objectifs : dépasser Prince George pour nous rapprocher de Smithers, notre étape suivante.
Cap à l'ouest par la Hwy 16 ou Yellowhead Hwy pour une petite centaine de kilomètres supplémentaires.
Il est 19 h 30, en atteignant la petite ville de Vanderhoof, nous avons tenu notre objectif. Le Northern Country Inn fait motel et restaurant. C'est parfait !
Distance parcourue dans la journée : 410 km
Lac Joffre

Autour de Smithers : Babine Moutains, Harvey Mountain et Crater Lake J4 : Dimanche 16 août 2015
Soleil radieux et ciel d'azur. Pas de temps à perdre, à 8 heures nous sommes derrière le volant.
Toujours pas de réservation pour ce soir mais nous souhaitons faire une randonnée près de Smithers. Nous projetons par conséquent de passer la nuit dans cette petite ville.
Le trajet, un peu moins de 300 kilomètres, devrait nous prendre la matinée, ce qui nous laissera l'après-midi pour randonner.
Depuis Prince George hier, nous sommes sur la Highway 16 ou Yellowhead Highway, une route qui a ses racines dans les Prairies canadiennes à Winnipeg à plus de 3 000 kilomètres d'ici et qui traverse quatre provinces canadiennes. Elle ne nous est pas étrangère car nous l'avions déjà empruntée en 2009 entre Jasper et le mont Robson.
Après Vanderhoof, la route 16 serpente jusqu'au cœur du District des Lacs à Burns Lake avant d'atteindre la ville de Smithers, cernée de sommets escarpés propices aux activités outdoor hiver comme été.
Avec un tel potentiel, nous attendions à trouver foule dans les alentours de la ville. Or pour un dimanche, il n'y a pas plus de trois véhicules garés au départ de Harvey Mountain Trail dans le parc provincial des Babine Mountains.
Malheureusement le soleil si ardent ce matin a fini par se cacher. Nous craignons que dans ces conditions la balade perde de son intérêt.
Alors ?
Tout au long de la montée dans la forêt, le ciel est effectivement resté couvert mais miracle, au moment où nous débouchons dans les alpages, les nuages cèdent la place à un ciel uniformément bleu, nous laissant tout loisir de profiter de ces magnifiques paysages alpins : prairies fleuries, crêtes abruptes et surtout panorama d'exception. Nous sommes à 1744 mètres d'altitude.
Veines de gris et d'orangés irrigant le flanc des montagnes et tapis vert sombre couvrant leurs pieds : nous sommes fascinés par le tableau !
C'est une chèvre des montagnes qui va nous arracher à notre contemplation. Nous tentons de l'approcher mais elle ne l'entend pas de cette oreille.
A la disparition de la chèvre, notre intérêt déplace sur les fleurs et les baies encore présentes en cette fin d'été alors que plus loin, comme un signe annonciateur de l'automne, les champignons montrent déjà le bout de leur chapeau.
Dernière immortalisation de Harvey Mountain en espérant que l'été veuille bien jouer les prolongations.
Puis c'est le retour dans la vallée au bout 4 heures aller/retour pour 9,8 kilomètres et 863 mètres de dénivelé. Rude mais superbe !
Cette randonnée figure d'ores et déjà parmi les plus belles du voyage.
Pour finir la journée en beauté, il ne reste plus qu'à trouver un hébergement. A l'entrée de la ville de Smithers, une belle bâtisse blanche à colombages (un petit air normand !) nous tape dans l'œil et le tour est joué.
J5 : Lundi 17 août 2015
Un petit coup d'œil par la fenêtre confirme que le beau temps se maintient. Je propose de profiter encore un peu des alentours de Smithers ce matin avant de continuer notre progression vers le Nord-Ouest. Sait-on jamais !
Dans la station de ski de Hudson Bay Mountain, j'avais repéré le Crater Lake Trail dont la durée semble compatible avec notre timing.
A 8 heures, nous prenons la route de montagne qui dessert la station. Vu la taille des parkings on imagine l'affluence et l'activité qui doivent régner ici l'hiver. Aujourd'hui, il n'y a guère que quelques résidents en train de faire de l'entretien.
Le sentier débute à gauche des remontées mécaniques. Il dépasse rapidement la cime des sapins de sorte que nous ne tardons pas à apercevoir la crête colorée dans le creux de laquelle se cache le lac.
Au bout d'une heure le lac est à nous.
Un petit tour sur sa rive nous dévoile son écrin.
Par-delà les parterres de fleurs qui le bordent, par-delà les douces collines qui l'entourent, notre regard s'arrête sur les sommets le plus élevés où des glaciers immaculés scintillent au soleil.
En repartant, une dernière vue d'ensemble du lac qui, tel un œil dans la montagne, nous regarde nous éloigner.
Fin de la randonnée à 11 heures soit 2 heures et demie pour 6 kilomètres AR et 275 mètres de dénivelé. Facile et très belle !
Maintenant place au trajet en voiture. Ce soir, nous serons à la pointe sud-est de l'Alaska, à Hyder où les ours ont rendez-vous avec les saumons dans le ruisseau de Fish Creek.
De saumons, il en est déjà question à Moricetown, juste après Smithers, toujours sur la Yellowhead Highway. Sur la rivière Bulkley, en territoire amérindien, un piège à saumons, vieux de cent ans, est encore utilisé de nos jours par les autochtones. Les poissons sont capturés à l'aide de longues perches munies d'épuisettes. La dextérité dont font preuve les pêcheurs est impressionnante.
Au carrefour des routes 16 et 37, il est encore question de communautés Natives mais cette fois à travers ce qu'elles ont légué de plus caractéristique : les mâts totémiques. Ceux de Kitwanga méritent un arrêt.
Ils ont été érigés entre 1840 et 1942, chacun se rapportant à une famille ayant vécu sur le site et appartenant à l'un des trois clans : les aigles, les loups et les grenouilles. Les motifs sur les totems sont en rapport avec ces thématiques.
Curieusement ils font aujourd'hui directement face à l'église St Paul (1893) et à son clocher en bois (1974), preuves que culture amérindienne et religion chrétienne ne sont plus antinomiques.
Kitwanga, c'est aussi l'endroit où nous quittons la Yellowhead pour prendre la Stewart-Cassiar Highway (Hwy 37) une route où l'on voit, paraît-il, des animaux à tout bout de champ. Mais en dehors des panneaux nous prévenant de telles fréquentations, pas la moindre rencontre !
C'est donc très impatients que nous comptons sur la dernière portion de route, la Hwy 37A, pour nous rapprocher au plus vite de Stewart et Hyder où la chance de voir des ours dans le ruisseau de Fish Creek est quasi assurée.
Déjà à mi-chemin, le nom de ce glacier évoque le plantigrade. Bear Glacier : un nom prémonitoire ? On l'espère !
17 heures : nous atteignons Stewart, terminus de la route, côté Canada, au bord du canal de Portland, une sorte de fjord très étroit, long de 90 kilomètres. C'est ici que nous avons prévu de nous poser pour les deux prochaines nuits mais dans l'immédiat c'est vers la localité voisine que nous nous pressons.
Avant même de faire le check-in dans notre hébergement et après avoir traversé la frontière sans nous en rendre compte ou presque, nous voici à Hyder (60 habitants), sorte de village fantôme au bout du monde, situé en Alaska mais relié au reste de l'Etat uniquement par voie maritime ou aérienne. Un drôle d'endroit pourtant hyper connu et fréquenté par plus de 40 000 visiteurs par an, venus observer, depuis une passerelle au-dessus d'un ruisseau, le spectacle des ours pêchant le saumon entre juillet et septembre. Nous ne voulons pas rater ça.
Alors ?
Les saumons sont bien là en nombre, les uns frétillant dans l'onde claire…
… les autres terminant ici leur vie de poisson (c'est le triste sort des saumons du Pacifique de mourir après la reproduction et la ponte). La rivière devient alors leur cimetière. Une odeur de décomposition flotte d'ailleurs dans l'air.
Les visiteurs aussi sont nombreux, fébriles, agglutinés à la balustrade, l'appareil photo prêt à mitrailler. Certains y ont manifestement passé une partie de la journée.
En attendant, les goélands se régalent de ce festin de saumons et, faute d'ours, constituent un bon sujet photographique.
Les plantigrades, quant à eux, se font intensément désirer. Les visiteurs font les cent pas sur la passerelle et tuent le temps comme ils peuvent.
Soudain, un frôlement dans les buissons… produit une agitation chez les spectateurs qui resserrent les rangs. Chacun tente de se trouver la meilleure place pour surtout ne pas manquer le spectacle.
Les minutes passent, le suspense est insoutenable ! Sortira… ou ne sortira pas ?
Eh bien… aucun plantigrade n'est sorti du bois. Les spectateurs se dispersent à nouveau, l'attente reprend.
Au bout d'une heure, ni très patients ni très contemplatifs, nous décidons de reporter la suite de l'observation à demain matin à la première heure (ouverture du site à 6 heures). Peut-être serons-nous plus chanceux !
Pour le moment, retour à Stewart dont l'ambiance rétro nous fait faire un voyage dans le passé.
Distance parcourue dans la journée : 412 km
Babine Mountains

De Fish Creek à Salmon Glacier (Alaska), en attendant les ours J6 : Mardi 18 août 2015
Le réveil sonne à 5 heures et une heure plus tard, nous sommes parmi les premiers à l'entrée du site de Fish Creek.
Le jour commence tout juste à se lever. Dans le ruisseau, pour l'instant, rien d'excitant !
Les visiteurs, comme hier, vont et viennent. Tout d'un coup, quelques appareils photo se déclenchent. Se passerait-il quelque chose ? Rien, enfin si, mais c'est juste un héron qui vient de se poser dans la rivière.
Un héron qui se délecte, des goélands qui se disputent les meilleurs morceaux en piaillant, un aigle qui plane… mais toujours aucun ursidé affamé ! Mais où sont-ils donc passés ?
Au bout de presque deux heures à faire le pied de grue, on abdique ! Tant pis, on reviendra plus tard en espérant tomber à un meilleur moment.
Côté météo, ce n'est pas jojo, le ciel est couvert, avec des nuages bas et un crachin intermittent.
Le projet de la matinée consiste à prendre la Granduc Road, une piste de 37 kilomètres menant à un point de vue sur la langue glaciaire du Salmon Glacier.
Hum, pas sûr qu'on y voie grand chose mille mètres plus haut !
Effectivement, au fur et à mesure de la montée, on s'enfonce progressivement dans une épaisse purée de pois où seuls quelques reliefs fantomatiques se laissent brièvement entrapercevoir.
Au point de vue, c'est encore pire. Le glacier est tout bonnement invisible et la pluie nous cloue dans la voiture.
Après la pluie, le beau temps, dit le proverbe. Alors attendons un peu. Patience et longueur de temps…
Une heure plus tard, alors qu'une amélioration semble se profiler, Hervé sort de la voiture pour discuter avec le Bearman, le vendeur de CD et autres DVD, présent toute la saison au point de vue. Il s'y connaît en météo.
Il lui prédit une embellie et nous conseille de poursuivre un peu la piste, on serait alors sous les nuages et on distinguerait le glacier.
On suit ses recommandations mais on ne voit pas davantage le glacier. En revanche, le soleil fait des efforts considérables pour disloquer les nuages.
Il darde ses rayons pour éclairer cette gorge.
Il accroche des guirlandes de petites ampoules lumineuses à l'extrémité des branches des sapins.
Mais il a beau faire, les sommets et le glacier restent cachés.
Alors tant pis !
Pourtant, mille mètres plus bas, au niveau de la mer, the weather isn't too bad ! Petite balade au bord du canal de Portland au petit air de fjord norvégien !
Puis nouveau passage à Fish Creek sans être véritablement convaincus de la pertinence d'une visite en pleine journée mais sait-on jamais !
Autant ne pas faire durer le suspense : il n'y a pas plus d'animation que ce matin. Un petit tour et on s'en va, on reviendra encore ce soir !
Passage par la frontière canadienne car, si on entre comme on veut en Alaska à cet endroit, il faut en revanche montrer patte blanche pour revenir au Canada. Contrôle des passeports à chaque passage.
Après un moment de repli dans notre pied-à-terre à l'heure du midi, après toutes ces heures passées à attendre, il est temps de nous bouger un peu.
Parmi les randonnées que j'avais repérées aux abords de la ville, celle-ci me semble la plus adaptée :
One of the easier and more interesting local trails is Barney's Gulch Trail, otherwise known as the Sluice Box. This route follows the original railway bed leading out of Stewart and then climbs along a historic Sluice Box, once used by miners to channel water and search for gold. The end point offers a great view of Stewart and the Portland Canal.
Adjugé !
Un panneau au point de départ met en garde, forcément…
On y va quand même ? Oui, malgré les ours, malgré la pluie qui commence à tomber, malgré les papiers gras envolés de la décharge voisine et jonchant le début du sentier, malgré l'accès un peu raide au départ, allons-y !
Très vite, on est pris par une ambiance à la Jurassic Park. On se sent un peu comme des Lilliputiens, impressionnés par la taille des arbres et l'exubérance de la végétation et surtout par le nombre et la variété de champignons qui tapissent les sous-bois.
Incroyables, hallucinants (je n'ai pas dit hallucinogènes ;-) par leur forme, leur couleur et surtout par leur taille.
Bref, nous avons adoré cette randonnée qui nous a pris 3 heures pour 7 km AR et 400 mètres de dénivelé.
Hervé m'avoue même qu'il a préféré faire cette balade plutôt que de passer l'après-midi à attendre les ours. Ouf, ma préparation est sauve !
Mais comme nous sommes venus ici avant tout pour eux, nous passons une fois encore la frontière canado-américaine en début de soirée avec l'espoir de les apercevoir enfin.
Nous comptons y consacrer une heure avant le dîner et éventuellement encore une heure après, le site fermant à 22 heures et la frontière à minuit. C'est notre dernière chance, demain nous quittons la région.
Pour l'instant, c'est toujours le calme plat dans le ruisseau. Seul l'envol d'une nuée de goélands offre un peu de matière aux photographes.
En interrogeant nos voisins de passerelle, nous apprenons que leur chasse photographique n'a guère été plus fructueuse, mais pas nulle non plus. Certains ont eu la chance de voir un ours ou deux, parfois tout simplement sur la route.
Alors pourquoi pas nous ?
Au bout d'une heure, on craque à nouveau. Tant pis pour les ours, c'est l'heure du dîner.
Mais alors que nous sommes sur la route en direction du village, en nous interrogeant sur les raisons d'un tel manque de chance (trop tard en saison ? trop peu d'assiduité ?) je m'écrie tout d'un coup : "Regarde ce qui va là".
Un ours noir est en train de déambuler sur le bas-côté, une centaine de mètres devant nous. Mais le temps d'attraper l'appareil photo et d'arriver à sa hauteur, il a déjà disparu dans les fourrés. Peut-être se rend-t-il dans le ruisseau de Fish Creek ?
On y retourne ?
Non, maintenant qu'on est là, allons d'abord dîner.
Le restaurant est surprenant au premier abord, mais on y mange un excellent poisson grillé (saumon ou flétan), servi sans chichi dans de la vaisselle en plastique, attablés à l'extérieur, ou à l'intérieur dans une cabane annexe. Dans le bus, Diana cuisine le poisson pêché par son mari. Un restaurant à l'image de ce coin d'Alaska, simple et rustique !
C'est dans ce décor old style que se termine notre séjour dans ce coin perdu et même si l'observation des ours a été infructueuse (ou presque), nous avons apprécié le côté un peu décalé de ce bout du monde. Une étape attachante en somme !
Distance parcourue dans la journée : 90 km
Près de Salmon Glacier

En territoire des Premières Nations, Nisga'a et Haida J7 : Mercredi 19 août 2015
Avec notre pass valable 3 jours, nous aurions pu retourner une dernière fois à Fish Creek mais nous ne croyons plus trop à notre bonne étoile. De plus, nous avons une longue journée de route devant nous. Alors bye, bye les nounours… s'il en reste, car nous, on pourrait avoir des doutes ;-)
Ce soir, nous devons être à Prince Rupert, à 450 kilomètres, tout en ayant prévu la visite d'un parc provincial en cours de trajet. Autant dire que la journée va être bien remplie.
Stewart et Hyder étant les points les plus septentrionaux de notre circuit, nous retournons à présent vers le sud. Comme ces deux localités sont également situées dans un cul-de-sac, il nous faut revenir en partie sur nos pas, du moins jusqu'à Cranberry Junction.
En quittant Stewart, les nuages bas sont toujours accrochés aux montagnes mais avant même d'arriver sur la Highway 37, le soleil commence à faire de belles apparitions. Normal, nous prenons la direction du sud, celle du soleil ;-)
A Cranberry Junction (une petite intersection à peine signalée), une route forestière non bitumée constitue un raccourci pour rallier Prince Ruppert. Elle permet surtout de faire une incursion en territoire Indien, celui des Nisga'a, pour une découverte du parc provincial dont le nom exact est Anhluut'ukwsim Laxmihl Angwinga'asanskwhl Nisga'a dans la langue locale.
Retenons plus simplement son nom anglais : Nisga'a Lava Memorial Bed Park.
En effet, parmi les événements ayant marqué l'histoire des habitants de la vallée du fleuve Nass, il en est un qui a aussi transformé le paysage et dont le parc se veut le témoin.
Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, une éruption volcanique massive (celle du Tseax Cone) projeta une épaisse couche de lave sur la vallée, détruisant des villages entiers, étouffant la végétation et tuant plus de 2000 ascendants des actuels Nisga'a. La lave a recouvert une zone de dix kilomètres de long sur trois de large, créé l'actuel Lava Lake et modifié le tracé du fleuve Nass.
Selon la légende Nisga'a, ce sont des enfants en s'amusant à maltraiter des saumons, source de vie, qui ont déclenché la colère de la Terre.
En voyant ces paysages, on ne peut s'empêcher de penser à l'Islande et à la catastrophe du Lakagigar qui curieusement s'est produite à peu près à la même époque.
Plus de 250 ans plus tard, la végétation commence tout doucement à reprendre le dessus. Le volcan dort aujourd'hui tranquillement au cœur du parc mais il pourrait encore se réveiller dans le futur et provoquer une nouvelle catastrophe.
En voyant les eaux si paisibles du Lava Lake, rien ne laisse deviner qu'un chaos d'envergure a été à l'origine de sa création.
Son espace de pique-nique sous les sapins tombe à point pour la pause de la mi-journée. Magnifique vue sur les glaciers au loin.
Avec les glaciers en ligne de mire, nous avançons jusqu'à Terrace où nous retrouvons la Yellowhead Higway, déjà empruntée entre Prince George et Kitwanga.
C'est cette dernière qui nous conduit ensuite jusqu'à Prince Rupert dans une très large vallée que se partagent la route, la voie ferrée et la rivière Skeena, bordée par une enfilade de pics escarpés.
Arrivée à 17 heures à Prince Rupert où il fait beau et chaud (21 degrés).
Que demander de plus ? Une belle vue ? Nous l'avons. Un beau coucher de soleil ? Egalement ! I Un bon dîner ? Evidemment ! Bref, tout baigne. J
Distance parcourue dans la journée : 440 km
J8 : Jeudi 20 août 2015
Aujourd'hui nous allons nous déplacer de 200 kilomètres sans faire grimper d'autant le compteur de notre voiture. Comment ? En empruntant un ferry.
Destination pour les quatre jours prochains : l'archipel de Haidai Gwaii, anciennement appelées îles de la Reine Charlotte.
Le départ du ferry est prévu à 10 heures mais la compagnie BC Ferries demande de se présenter deux heures avant, même en ayant une réservation. L'embarquement des véhicules est bien rodé. Avec notre SUV, nous attendons dans la ligne des undersized vehicles. C'est vrai qu'à côté de lui, les 4 x 4 locaux ont l'air de monstres mais ici ils sont la norme. Dans les oversized vehicles figurent quelques semi-remorques et quelques caravanes ou campings-cars extravagants.
Une fois le Santafe avalé dans le ventre du navire, nous montons dans les étages pour nous trouver une bonne place. Vu la taille des salons, pas de souci. C'est carrément d'une rangée entière dont nous pouvons disposer, sans oublier la fenêtre pour la vue. Certains passagers sont très bien organisés, ils ont même prévu couvertures et oreillers afin de s'allonger par terre entre les rangées.
Nous n'en sommes pas encore à ce degré d'organisation mais nous en prenons de la graine pour nos prochains déplacements en ferry.
A dix heures pile, le navire lâche les amarres. C'est parti pour sept heures de traversée. Le temps est plutôt maussade :-(
Depuis le pont, nous observons l'activité du port et des bateaux qui reviennent de la pêche. Celui-ci est sans doute sorti très tôt ce matin comme le laisse penser son nom de Pacific Sunrise.
Plus loin, le ferry louvoie entre plusieurs groupes d'îles sur une mer très calme avant d'effectuer une grande traversée en diagonale du détroit d'Hécate, en direction du port de Skidegate.
Grignotage, petite sieste, lecture et film vont alors occuper ces quelques heures en pleine mer. Pendant les dernières soixante minutes, l'approche des terres nous offre un nouveau divertissement, celui du spectacle de ces côtes, se déclinant dans le lointain, en cinquante nuances de gris.
Avec ses paysages de montagnes escarpées (s'élevant jusqu'à 1200 mètres) le long de la dorsale occidentale de l'archipel, avec ses fjords spectaculaires, ses colonies d'oiseaux marins et d'otaries, ses forêts d'épinettes géantes, de Sitka et de cèdres, ses vestiges de totems, les îles Haida Gwaii qui signifient "îles du peuple" en l'occurrence celles des tribus Haida, constituent une région unique au Canada.
L'archipel compte plus de150 îles. Toute la partie Sud, très préservée, est classée parc national et uniquement accessible via des tours organisés souvent de plusieurs jours. Les deux îles du Nord, Graham Island et la partie nord de Moresby Island, qui sont aussi les plus peuplées (mais tout est relatif), peuvent être parcourues sans intermédiaire.
Pour notre séjour, nous avons retenu l'île de Graham où nous passerons deux nuits à Masset suivies de trois nuits à Queen Charlotte.
A la descente du ferry, direction le port de Masset, à l'extrême nord de l'île de Graham, où il fait ce soir un temps superbe. Pourvu que ça dure !
Distance parcourue dans la journée : 106 km en voiture mais aussi 202 km en ferry.
Lava Lake

Naikoon Nord, randonnée de Tow Hill à Cape Fife J9 : Vendredi 21 août 2015
La pointe nord-est de l'île de Graham abrite le parc provincial de Naikoon caractérisé par un mélange de forêts côtières humides tempérées, de tourbières, de dunes de sable, et bordé par une centaine de kilomètres de plages sauvages.
A 25 km à l'ouest de Masset se trouve l'une des icônes naturelles du parc, à savoir Tow Hill, un affleurement basaltique dominant toute la région, du haut de ses 120 mètres.
C'est à ses pieds que nous nous garons mais repoussons à plus tard son ascension car dans l'immédiat nous avons un autre projet : profiter du temps sec pour nous lancer dans une randonnée nécessitant la journée, en direction de Cape Fife.
Le ciel dégagé de bon matin finit par se voiler. Dommage !
A 9 h 45 nous sommes prêts à nous attaquer à la traversée d'une dizaine de kilomètres de forêt dense et moussue jusqu'aux plages de sable de la côte Est.
Nous avons de la chance, il ne pleut pas. La progression se fait sur un sol mou et spongieux qui doit rapidement se transformer en bourbier en cas de pluie.
Dans cet écosystème humide, les arbres partent à l'assaut du ciel et rivalisent en taille. Ici des cèdres de l'ouest ou Thuya plicata. Heureusement que les thuyas de notre jardin n'atteignent pas cette taille ;-)
Les mousses sont parfaitement dans leur élément. Elles couvrent le sol d'un coussin douillet dans lequel on aimerait s'enfoncer.
Elles colonisent également les branches des arbres qui, ainsi parées, prennent des formes étranges. Main fourchue ? Animal cornu ?
Plus loin, dans les tourbières, les mousses s'habillent de rouge carmin pour mieux se distinguer.
Il va sans dire qu'avec de telles conditions, les champignons prolifèrent allègrement.
Trois heures trente seront nécessaires pour boucler la dizaine de kilomètres au cours desquels nous n'avons croisé aucun humain. En revanche, nous avons pu observer quelques animaux. Du plus grand au plus petit : daim, femelle de tétras, grenouilles et limaces.
Le refuge de Cape Fife marque la fin provisoire de notre balade. Un panneau met en garde contre les ours. Nous ne sommes donc pas vraiment étonnés de découvrir sur l'immense plage en contrebas un petit requin portant une trace de morsure. Sans doute le fait d'un ours.
En dehors de cette bête, nous pensions le lieu désert. Or à notre grand étonnement, nous distinguons au loin la silhouette d'un marcheur qui avance vers nous. Il s'agit d'un Britannique effectuant une randonnée de plusieurs jours en suivant le littoral (90 km). Nous lui laissons le reste de notre eau minérale. Ça change de son breuvage opaque résultant du filtrage de l'eau trouvée sur son trajet.
Une heure plus tard, nous reprenons le chemin inverse qui, à défaut de nouveautés, finit par nous paraître long et fatigant, au point de ne plus avoir le courage de grimper sur les hauteurs de Tow Hill à l'arrivée.
Cette randonnée de seulement 127 mètres de dénivelé mais de 19,3 km de long parcourus en un peu moins de 7 heures, nous a laissés sur les rotules.
Seul un groupe d'oies du Canada va réussir à interrompre notre retour vers Masset.
Nous serions sans doute allés nous coucher tôt si nous n'avions été invités par la maîtresse de maison à nous joindre aux autres hôtes ainsi qu'à quelques invités pour un sympathique dîner sur la terrasse. Malgré un ciel nuageux, la soirée, agrémentée par le survol de nombreux aigles et oies du Canada, est douce et agréable.
Deuxième nuit à Masset.
Distances parcourues dans la journée : 50 km en voiture mais aussi 20 km à pied.
Naikoon Nord

Naikoon Sud, sur la trace de l'épave du Pesuta J10 : Samedi 22 août 2015
Une nouvelle randonnée au programme ce matin ? Yes, off course, il ne faut pas s'arrêter sur une aussi belle lancée.
Elle sera moitié moins importante en distance et en temps que celle d'hier mais nécessite d'être faite à marée descendante. L'heure de la marée basse étant prévue à 12 h 13, il ne faut pas trop traîner surtout qu'il y a une heure de route entre Masset et l'aire de pique-nique de Tlell, point de départ du sentier.
Après des averses en fin de nuit, le ciel se dégage progressivement pour laisser place à un beau soleil alors que nous débutons notre marche. A 10 h 30, top départ !
L'objectif de cette randonnée est de découvrir l'épave du Pesuta, une barge dédiée au transport de grumes qui a sombré en 1928 au cours d'une tempête et dont les restes sont plantés dans le sable sur East Beach.
Nous commençons par une courte traversée de forêt en surplomb de la rivière Hiellen. Les arbres ne sont pas tout à fait les mêmes qu'hier mais surtout les rayons du soleil donnent à la forêt un tout autre éclairage.
Au bout d'une demi-heure, le chemin quitte la forêt. Nous continuons à présent en bord de rivière sur une large piste de galets tassés. Il fait très beau et même chaud.
Entre rivière et océan, les aigles marins s'envolent avec leurs proies.
Un peu avant midi, ce qu'il reste de l'épave apparaît devant nous.
Le photographe, inspiré, l'inspecte sous tous les angles. Vraiment très photogénique, cette épave !
Quant à la magnifique plage Est qui a l'air de se dérouler à l'infini, elle lui offre un décor hors norme.
Nous resterions bien à rêvasser sur le sable mais le ciel devient de plus en plus menaçant et risque de transformer le trajet de retour en galère.
Alors à l'heure de l'étale basse, nous nous dépêchons de quitter la plage mais finalement il ne tombera que quelques gouttes.
Après une tentative de variante le long de la rivière vite impraticable, nous réintégrons le sentier initial pour une arrivée à la voiture à 14 heures, après 3 heures et demie pauses comprises pour 10 km aller/retour.
Ce soir, nous dormons à Queen Charlotte (la ville). C'est donc cette direction que nous prenons en cours d'après-midi après un arrêt à Halibut Bight Rest Area.
Hervé n'hésite pas à fouler les galets de cette plage et à se tordre les pieds pour tenter de s'approcher d'un aigle sans savoir que quelques kilomètres plus loin, à l'entrée de la ville de Queen Charlotte, tout un groupe de rapaces est à portée d'objectif.
Après avoir oscillé à plusieurs reprises au cours de la journée entre soleil et pluie, le temps se gâte sérieusement ce soir alors que nous nous installons pour trois nuits au sud de l'île de Graham.
Distance parcourue dans la journée : 109 km
Epave du Pesuta

Graham Ouest, du lac Yakoun aux plages du Rennell Sound J11 : Dimanche 23 août 2015
Nous avons prévu d'explorer le côté ouest de l'île et aujourd'hui c'est le jour idéal pour le faire, non pas en raison de la météo (plutôt maussade) mais parce que nous sommes dimanche.
En effet, les routes qui desservent la côte ouest ne sont pas asphaltées. Ce sont des pistes prioritairement dédiées à l'exploitation forestière et fréquentées par des semi-remorques de taille. La circulation y est donc réglementée, uniquement tolérée à certaines heures. Régulièrement des panneaux rappellent que nous les empruntons à nos risques. et périls.
Vu les quantités de pluie tombées durant la nuit, les pistes trouées de nids-de-poule sont devenues boueuses et le Santafe rapidement repeint couleur gadoue.
Les sentiers sont eux aussi détrempés de sorte que nous enfilons des guêtres par-dessus nos chaussures afin de limiter les dégâts lors de notre première sortie de la journée.
En effet, vingt kilomètres après Queen Charlotte, un trail d'une trentaine de minutes doit nous conduire sur les rives du lac Yakoun. Mais avant d'atteindre le lac nous nous attardons au pied de plusieurs arbres géants à côté desquels nous avons l'air de nains !
La luminosité ambiante donne au Yakoun Lake un air de Loch Ness dont on verrait bien surgir LE monstre.
En guise de monstre apparaît un plongeon huard qui, dans son habit à damier noir et blanc, fend discrètement la nappe d'eau.
Après cette incursion au bord du lac (1 heure en tout), cap encore plus à l'ouest vers le Rennell Sound et ses plages après un passage de col à 300 mètres suivi d'une descente à 25 % vers le bord de mer.
On se croirait sur la route de la Traversée en Guadeloupe, même végétation, même humidité mais la chaleur en moins. Les températures ne dépasseront pas 13 degrés au meilleur de la journée aujourd'hui.
Plusieurs plages bordent cette côte ouest : dans l'ordre, du sud au nord, Five Mile Beach (dont on fera l'impasse pour cause d'averse passagère), Gregory Beach et Bonanza Beach dont tout le monde s'accorde à dire que c'est la plus belle.
C'est aussi la plus éloignée des trois et le terminus de la piste. C'est vrai qu'elle est belle, surtout sous le soleil.
Mais la préférée du photographe, c'est Gregory Beach. Elle possède un petit quelque chose d'artistique et de mystérieux. En outre, son sable noir lui confère un caractère plus sauvage.
Les grandes laminaires qui la jonchent exacerbent notre créativité. Nous laissons sur le sable une petite œuvre éphémère que nous ne manquons pas d'immortaliser.
Après un dernier arrêt au bord d'une parcelle forestière en cours d'exploitation à réaliser l'ampleur des dégâts, retour à Queen Charlotte en début d'après-midi.
Après la nature, un peu de culture est bienvenu ! La météo étant incertaine, autant rester à l'abri au musée du Haida Heritage Center à Skidegate afin d'en apprendre un peu plus sur l'histoire, la société, les arts et la nature dans l'archipel.
Le musée est construit comme un village Haida d'antan, composé de plusieurs maisons longues alignées. On y trouve de superbes pièces, notamment des masques, des boîtes en cèdre, de gigantesques totems sculptés, des canots, et de magnifiques créations en argilite noire.
De l'organisation de la société, nous retenons que chaque communauté Haida était divisée en deux groupes : Raven and Eagles. Les mariages se faisaient uniquement entre membres des deux différents groupes. Les enfants devenaient membres du groupe de leur mère. C'était donc une société matrilinéaire.
Après cet intermède culturel, l'état du ciel nous laisse l'opportunité de faire un saut jusqu'à Balance Rock, un bilboquet rocheux en équilibre au bord de mer.
Nous nous amusons à quelques jeux d'optique. Après avoir calé le rocher au creux de ma main, mue par une force herculéenne, je le hisse au-dessus de ma tête ;-)
Petit clin d'œil de fin de journée durant laquelle, en dépit d'une météo capricieuse, nous avons réussi à profiter de chaque instant. A l'image du rocher précédent, un équilibre parfaitement réussi !
Deuxième nuit à Queen Charlotte.
Distance parcourue dans la journée : 127 km.
Balance Rock

Excursion à Moresby Island et retour sur le continent J12 : Lundi 24 août 2015
Il a encore plu une partie de la nuit et même si ce matin, il ne pleut pas (encore), il fait bien couvert. Dans ces conditions, on peut faire une croix sur la randonnée réputée difficile vers l'un des sommets de l'île (1009 mètres), on n'y verrait rien. Autant rester au ras de l'eau !
Justement c'est en ferry que nous commençons la journée, avec une traversée d'une vingtaine de minutes vers Alliford Bay afin de voir à quoi ressemble l'île voisine de Moresby.
Pendant le court trajet, nous prenons place sur la viewing area afin d'être aux premières loges pour scruter les nombreux îlots qui constellent le fjord.
Les oiseaux y règnent en maîtres mais partagent volontiers les rochers avec quelques lions de mer.
A partir du débarcadère, une route circulaire fait le tour du nord de l'île, d'abord asphaltée jusqu'à Sandspit (qui accueille le principal aéroport de l'archipel) puis en terre sur le restant de la boucle. Nous l'empruntons dans le sens horaire.
Premier arrêt à Onward Point pour quelques minutes de marche dans une forêt littorale avant d'aboutir à un point de vue couvert. Vue sur Skidegate Inlet.
Après cette petite mise en jambes, nous poursuivons avec une randonnée un peu plus conséquente, juste avant l'entrée de la localité de Sandspit : Dover Creek Trail suivi de Hans Creek Loop.
Deux heures de marche au milieu d'une forêt de cèdres et d'épinettes majestueux, rivalisant en taille et en circonférence.
Avec de tels spécimens, pas besoin de construire de pont. Ici un de ces géants tombé en travers de la rivière fait office de passerelle naturelle.
Le couvert végétal est si épais qu'il nous abrite momentanément de la pluie. C'est un des avantages des promenades en forêt
Mais dans l'après-midi, des averses plus soutenues se succèdent, nous laissant juste un peu de répit pour jeter un œil à Secret Cove et pour ramasser quelques bolets et chanterelles au bord de la piste forestière qui nous ramène vers l'embarcadère.
Pendant le trajet de retour en ferry, c'est le déluge. Il est temps de rentrer !
Une journée en demi-teinte dont on retiendra surtout le goût de la poêlée de champignons ;-)
Troisième et dernière nuit à Queen Charlotte.
Distance parcourue dans la journée : 93 km
J13 : Mardi 25 août 2015
La journée est consacrée au retour à Prince Rupert. Départ du ferry à 10 heures, arrivée à 17 heures. Les cheminées fument, la sirène retentit, c'est parti !
A l'intérieur, nous avons maintenant nos habitudes : une rangée de sièges pour nous étaler, un pique-nique pour résister, une couverture pour somnoler, une baie vitrée pour ne rien manquer et sur l'écran de cinéma du navire, le film "The Musketeers" pour à la fois nous divertir et améliorer notre anglais. C'est parfait !
A ce rythme, le temps passe très vite.
Le navire commence par longer la côte Est de Graham Island jusqu'au niveau de Lawn Hill (au passage, nous apercevons Balance Rock) puis pique vers l'est en direction de Prince Rupert.
S'il fallait tirer un premier bilan de ces quatre journées passées sur l'archipel de Haida Gwaii, je dirais que nous avons été impressionnés par tous ces arbres gigantesques, que nous avons beaucoup aimé les paysages très préservés du parc provincial de Naikoon, mais remarqué que certaines parties des deux îles sont détériorées par l'exploitation forestière. C'est sans doute dans l'extrême sud de l'archipel classé parc national qu'il faut chercher les territoires les plus intacts, mais ça, c'est une autre aventure.
A l'approche du continent, nous finissons le voyage sur le pont à scruter les îles environnantes et surtout la couleur du ciel.
En effet, en avançant, le bateau laisse derrière lui la couverture nuageuse accrochée aux sommets des îles Charlotte.
Droit devant, le ciel est comme partagé en deux : bleu d'un côté, gris de l'autre. Mais qui des deux aura le dessus ?
Réponse à Prince Rupert à l'heure du coucher de soleil.
Comme par un coup de baguette magique, l'astre de feu transforme ce mélange un peu terne de bleu et de gris en une véritable explosion de couleurs, se déclinant du rose pâle au violet, du rose fuchsia à l'indigo avec... un arc-en-ciel en prime !
Bref, un moment rare que nous savourons pleinement en espérant qu'il annonce de belles journées à venir !
Distances parcourues dans la journée : seulement 15 km en voiture mais 200 km en ferry.
Coucher de soleil à Prince Rupert

Balades et baignade à Prince Rupert J14 : Mercredi 26 août 2015
Les horaires de correspondance entre le ferry de retour de l'archipel de Haida Gwaii et celui à destination de l'île de Vancouver via l'Inside Passage nous imposent aujourd'hui une journée de transit à Prince Rupert. Et cela tombe plutôt bien !
D'une part, parce qu'après deux semaines de voyage, ce passage en ville nous permet de régler quelques tâches d'intendance : lavage du linge, nettoyage de la voiture et surtout achat d'une paire de chaussures de randonnée, les miennes ayant rendu l'âme après plusieurs saisons de bons et loyaux services.
D'autre part, dans la ville la plus pluvieuse de la côte Nord-Ouest avec plus de 220 jours de pluie par an et le plus fort cumul de précipitations de tout le Canada, il fait aujourd'hui un temps exceptionnellement beau et chaud. La chance !
Alors une fois l'intendance réglée, profitons vite de cette belle journée.
Premier objectif : le parcours en boucle de Butze Rapids Trail. Le trailhead se trouve à cinq kilomètres de la ville par la Hwy 16.
Certes ce n'est pas de la grande randonnée, mais plutôt une balade pour "Papy Mamy et leur chien Youki" comme diraient certains. C'est une balade populaire où les Rupertois viennent volontiers faire leur jogging ou leur marche journalière.
C'est donc sous un ciel uniformément bleu, après avoir ressorti short et tea shirt (et ça fait du bien !) que nous nous engageons sur le chemin d'approche.
Au premier embranchement, nous ignorons ce panneau plein de malices et prenons ensemble la même direction ;-)
Le sentier, bien entretenu, traverse tour à tour une épaisse forêt de conifèreset une tourbière aux pins tordus, couverte de Droseras. Nous observons en détail cette plante carnivore ingénieuse.
Au bout d'une demi-heure, nous arrivons au niveau des Butze Rapids. C'est une curiosité naturelle liée au flux et au reflux de la marée autour de Kaien Island (l'île sur laquelle se trouve Prince Rupert), obligeant l'eau à se déverser dans l'étroit passage tantôt dans sens tantôt dans l'autre et créant des tourbillons à chaque inversion. Pas aussi spectaculaire que le maelström observé en Norvège mais curieux quand même !
Encore une demi-heure de plus en suivant le bord de mer et nous atteignons Grassy Bay. Ici les collines et îles boisées se mirent dans une eau si calme et si claire qu'on se croirait au bord d'un lac.
Pour finir, il n'y plus qu'à retraverser la forêt tout en s'informant au fil de quelques panneaux sur les différents types d'arbres, de baies, d'herbes et de plantes ainsi que sur leur utilisation actuelle et traditionnelle.
En bref, une balade tranquille de deux heures que cette belle météo a fait grimper dans notre estime.
Après un retour en ville pour le déjeuner, nous n'hésitons pas à reprendre la même direction dans l'après-midi vers Diana Lake, un lac situé lui aussi sur la Highway 16.
Dans notre sac, maillots de bain, serviette, crème solaire et couverture. Une idée en tête ?
En effet, le Diana Lake est apprécié pour la baignade. Or il fait tellement beau et chaud que tout est envisageable. A défaut nous prendrons au moins le soleil.
Alors ? Alors oui, nous l'avons fait.
En arrivant au bord du lac, la couleur du ciel, la douceur de l'air et la vue des baigneurs déjà à l'œuvre vont immédiatement nous convaincre de nous jeter à l'eau, mais juste pour quelques brasses car ce n'est pas la Méditerranée fin août, la température de l'eau doit tourner autour des 15 degrés.
En revanche, nous prenons tout notre temps pour lézarder au soleil, allongés sur notre couverture avec un bon bouquin. Nous serions sans doute restés davantage si nos voisins de gazon n'avaient fini par nous enfumer avec leur barbecue. En effet, en début de soirée, les bras chargés de victuailles, sont arrivés de plus en plus de pique-niqueurs, résolus à profiter de cette douceur exceptionnelle.
C'est le moment que nous choisissons pour migrer vers un autre lac, moins prisé par les amateurs de barbecue, Oliver Lake, toujours sur la 16.
Un havre de paix, seulement fréquenté par quelques canards, dans un décor de sphaignes, de mousses, de buissons et de pins rabougris aux allures de bonsaïs.
Le lac forme un miroir si lisse que les sapins qui s'y reflètent sont d'une netteté si parfaite qu'on les confondrait presque avec les originaux !
Les nénuphars, eux aussi, ont l'air irréels.
Une ambiance de calme et de sérénité que nous finissons par interrompre pour mener à bien les deux ou trois projets qui nous tiennent à cœur pour la soirée :
Recycler mes chaussures usagées en les déposant, non pas au pied du sapin de Nöel, mais au pied du Shoe Tree… Barboter dans le jacuzzi en plein air sur la terrasse de l'hôtel… Nous attabler un étage plus haut pour un délicieux dîner.
Vraiment une journée super agréable et, dans ces conditions, un petit faible pour Prince Rupert.
Il ne reste plus qu'à croiser très fort les doigts pour que cette météo exceptionnelle le reste demain tout au long du Passage Intérieur, le moment le plus attendu de notre voyage.
Distance parcourue dans la journée : 65 km
Oliver Lake, près de Prince Rupert

De Prince Rupert à Port Hardy par le Passage Intérieur J15 : Jeudi 27 août 2015
Réveil à 4 h 30 car il faut être dans la queue du ferry deux heures avant son départ prévu à 7 h 30. Il fait encore nuit alors que nous nous présentons pour les formalités. L'embarquement se fait à bon train.
Dans le garage, les voitures sont alignées au cordeau.
Ce navire est encore plus moderne, plus spacieux et plus confortable que les précédents. Certes, dans les étages supérieurs, les meilleures places, celles faisant directement face aux baies vitrées, sont déjà prises mais nous dénichons un petit salon silencieux et presque désert, dans lequel nous nous installons avec notre glacière, notre couverture et nos oreillers.
Au final, nous passerons le plus clair de notre temps sur le pont car il fait un temps magnifique alors que le ferry commence à s'engager dans Grenville Channel long de 70 km de long.
C'est parti pour 15 heures de navigation sur près de 500 kilomètres, à bord du Northern Expedition.
Pourtant, l'entrée progressive dans un banc de brouillard nous fait craindre le pire, mais cette brume très localisée va juste poser un voile de mystère sur les paysages alentour.
Une fois le brouillard dissipé, on prend pleinement conscience des sommets escarpés qui bordent le chenal, culminant entre 500 et 1 000 mètres. Dans sa partie la plus étroite, le passage ne fait que 400 mètres de large mais grâce à une profondeur de 500 mètres, les navires peuvent caboter au plus près du bord pour le plus grand plaisir des voyageurs.
C'est aussi l'occasion de croiser d'autres embarcations qui, du haut de notre ferry, ont l'air de joujoux.
Des plus classiques au plus original : Un voilier qui avance au moteur… Un bateau de pêche… Des grumes qui flottent toutes seules ? Euh, non, elles sont posées sur une barge tirée par un remorqueur !
De cap en baie, le ferry continue doucement sa route vers le Sud… quand tout d'un coup une annonce du capitaine fait l'effet d'une bombe dans les salons. Des baleines sont annoncées !
Nous ne les verrons qu'à distance mais elles sont des dizaines dans la baie. Partout à la ronde, on distingue leurs souffles, leurs dos et leurs queues.
Puis l'excitation retombe, la traversée suit gentiment son cours. Il est midi, nous en profitons pour nous retirer dans notre salon et casser la croûte.
Trois quarts d'heure plus tard, à proximité de Butedale, un site occupé par une conserverie en ruine, nouveau branle-bas de combat ! Le navire s'immobilise, un canot de sauvetage est mis à l'eau. Quelqu'un serait-il tombé à la mer ? Oui… un mannequin pour une séance d'entraînement. Le mannequin est rapidement repêché, ramené à bord du canot et pris en charge. Mission accomplie pour l'équipage ! Le ferry peut poursuivre sa route.
Sept heures trente après avoir quitté Prince Rupert, nous arrivons à hauteur de Boat Bluff, le plus joli des phares du passage. Il marque l'entrée de Tomie Channel.
Le spectacle se poursuit sur l'eau et dans le ciel, avec toute une série de nuages remarquables : moutonneux, pointillistes, alvéolés ou striés.
Sur le pont l'ambiance est décontractée. Casquette, lunettes et crème solaire sont des accessoires indispensables. Il fait tellement chaud en pleine après-midi qu'on se croirait en croisière en Méditerranée !
Les points d'intérêt se succèdent : Ivory Island, son phare et son jardin. Puis celui de Dryad Point qui annonce l'arrivée imminente à Bella Bella. Cela fait dix heures que nous avons quitté Prince Rupert.
Le navire fait une courte escale d'une demi-heure à Bella Bella avant de reprendre sa route.
C'est pendant le dîner qu'on nous annonce le passage à proximité du dernier point d'intérêt du voyage, le village amérindien de Namu. Il est 19 heures. Formule buffet à volonté au restaurant.
Après avoir fait un sort aux desserts, quelques pas sur le pont sont bienvenus dans l'attente d'un coucher de soleil qu'on espère spectaculaire. De curieuses volutes dans le ciel ? Je n'aimerais pas être dans cet avion. Le pilote a-t-il fumé ? ;-)
Le soleil tente d'embraser les nuages mais n'arrivera pas à y mettre le feu.
L'apparition de la lune et la tombée progressive de la nuit marquent la fin des attractions et le retour de la fraîcheur. Nous finissons la soirée dans les salons à lire et à somnoler pour les quelques heures restantes.
A 23 h 30, comme prévu, nous débarquons à Bear Cove et quelques minutes plus tard prenons possession de notre cabine pour deux nuits. Installation rapide et dodo illico.
Une sacrée journée et une chance inouïe avec la météo !
Distances parcourues dans la journée : seulement 8 km en voiture mais 500 km en ferry.
Dans le Passage intérieur

Sea stacks dans le parc provincial de Cape Scott J16 : Vendredi 28 août 2015
Il n'y a pas d'urgence ce matin, d'une part parce qu'il pleut (eh oui, région humide oblige), d'autre part parce que la randonnée que nous avons prévue doit se faire à marée descendante. Or la marée sera basse à 17 h 36. Nous avons donc tout le temps pour une grasse matinée, suivie de quelques courses à Port Hardy et d'un déjeuner dans notre cabine.
Finalement, le soleil réapparaît à la mi-journée, faisant grimper les températures et notre moral par la même occasion.
Aussitôt le repas avalé, ce beau temps inespéré nous incite à prendre immédiatement la route, même s'il semble un peu tôt par rapport aux horaires de marée. Direction : Cape Scott, plus de 60 kilomètres de route gravillonnée, dont la première portion publique est assez roulante. Elle devient ensuite une piste forestière privée. Les panneaux sont particulièrement explicites sur les dangers encourus.
En dépit des conditions décrites, nous sommes arrivés à destination en seul morceau, ouf !
Nous nous sommes néanmoins retrouvés à deux reprises capot à capot avec des semi-remorques lourdement chargés, ça fait drôle. Nous avons surtout essuyé un maximum de poussière. Le Santafe qui en a repris une couche est bon pour un nouveau passage au karcher.
Sur cette piste infernale, nous avons aussi fait un heureux : un autostoppeur néo-zélandais gagnant à pied le parc provincial afin d'y emprunter le North Coast Trail long d'une soixantaine de kilomètres.
En ce qui nous concerne, nos objectifs sont beaucoup plus modestes : en attendant que la marée soit favorable, nous comptons aller jusqu'à Eric Lake puis, plus tard, vers San Josef Bay qui abrite des sea stacks très photogéniques. Soit 11 kilomètres en 3 heures de marche environ.
Dans l'immédiat, nous prenons la même direction que notre Néo-Zélandais, vers le lac Eric. A notre grande surprise, le parcours se fait presque intégralement sur des planches. Ponctuellement des troncs font office d'escalier ou de pont. Une fois au bord du lac, demi-tour afin de rejoindre la baie de San Josef.
Sur le trajet, quelques arbres remarquables vont une nouvelle fois nous retenir. Ils sont toujours aussi impressionnants !
Mais à force de traîner, le ciel a fini par se couvrir, donnant quelques gouttes de pluie et surtout des rafales de vent à vous faire perdre l'équilibre.
En bord de plage, les fameux sea stacks, ces piliers de pierre détachés du littoral par l'érosion, manquent de contraste. Le photographe, aux abois, tente d'en tirer le meilleur avec les moyens du bord.
Un peu déçus sur ce coup-là, surtout que le trajet du retour nous réserve de belles couleurs. Grr !
Deuxième nuit à Port Hardy.
Tard dans la soirée, un mail nous prévient que le propriétaire de la maison que nous devions louer à Tahsis, sur la côte Ouest, annule notre réservation pour les trois prochaines nuits pour cause de problème important sur le réseau d'eau potable du village. C'est le pompon !
Distance parcourue dans la journée : 152 km
Stea stacks à Cape Scott PP

Autour de Campbell River : Elk Falls, Myra Falls et Ripple Rock J17 : Samedi 29 août 2015
La journée commence comme celle de la veille avec de pluie et un ciel encore plus bouché qu'hier.
Cela nous laisse le temps de finaliser notre recherche de logement pour les trois prochaines nuits. Suite à l'annulation de notre réservation à Tahsis, nous décidons de trouver un lieu plus central sur l'île. Nous trouvons au pied levé un chouette Urban Loft à Campbell River.
Nous pourrions ainsi explorer le parc provincial de Strathcona qui offre beaucoup de possibilités de randonnées, à condition que la météo soit avec nous.
En cours de matinée, la pluie s'arrête momentanément, nous en profitons pour charger la voiture et prendre la route.
Tout au long des trois heures de trajet jusqu'à Campbell River, les essuie-glace de la voiture passent de la position rapide à la position alternée mais ne s'arrêtent jamais de balayer.
Avec ses 30 000 habitants et sa zone industrielle très active, l'arrivée à Campbell River crée un choc en venant des contrées sauvages du Nord. La pluie n'arrange rien.
Pourtant, la verdure est aux portes de la ville avec notamment le parc provincial de Elk Falls qui va nous servir d'occupation en attendant de prendre possession de notre logement.
Après un pique-nique dans la voiture (or je déteste manger dans le voiture), nouveau flop en tentant de regagner les fameuses chutes à pied depuis la rivière avant de réaliser qu'elles étaient accessibles en voiture trois kilomètres plus loin. Heureusement nous avons rattrapé le coup !
Des plates-formes et une passerelle toutes neuves, inaugurées en mai dernier, permettent d'admirer la chute dans les meilleures conditions.
Bref, une journée pas vraiment inoubliable, dont on retiendra surtout la qualité de l'appartement et la gentillesse des propriétaires, dans un quartier résidentiel de Campbell River où nous nous installons pour trois nuits.
J18 : Dimanche 30 août 2015
Au réveil, le temps n'est pas aussi mauvais que prévu. Il y a même un peu de ciel bleu et de soleil sur la côte, mais déjà des nuages sur les montagnes.
Nous décidons malgré tout de partir vers le parc provincial de Strathcona, sans véritablement savoir à l'avance ce que nous y ferons. La randonnée que j'avais repérée (Crest Moutain, plus de 1000 mètres de dénivelé) ne me semble pas faisable au vu de la météo incertaine.
L'entrée du parc provincial se situe à 50 kilomètres à l'ouest de Campbell River sur la Hwy 28 mais beaucoup de sites s'étendent encore plus à l'ouest, quasiment jusqu'à Gold River sur la côte Ouest. Or nous ne voulons pas aller aussi loin.
Un autre axe quitte la route principale peu après l'entrée en suivant les rives du Buttle Lake. Il s'agit de la West Mine Road ponctuée de nombreux départs de trails plus ou moins longs. C'est l'option que nous retenons.
Sur place, le ciel est très menaçant, il va falloir s'adapter.
L'idée est de faire ce matin une randonnée de durée moyenne et si cet après-midi le temps se maintient de finir par quelques plus petites balades.
J'avais entendu parler sur mon forum préféré des Myra Falls, 6 kilomètres, 2 heures, une durée et une distance qui me semblent adaptées.
Bien que la route qui y mène aux chutes s'appelle West Mine Road, je n'avais pas imaginé qu'au cœur d'un parc provincial elle puisse nous conduire à un site industriel en activité, Myra Falls Mine, produisant du minerai contenant du zinc, du cuivre, du plomb, de l'or et de l'argent. Impressionnant !
Le parking jouxte la mine. Nous sommes les seuls, en tout cas les premiers. On est pourtant dimanche.
Nous partons sous une pluie débutante mais sous le couvert végétal, elle ne se ressent pas vraiment. Nous avançons dans une forêt luxuriante où les lichens sont aussi gros que des choux-fleurs.
A mi-chemin, nous nous faisons dépasser par un randonneur pressé, muni d'un bouquet de roses rouges. Aurait-il un rendez-vous galant au pied des chutes ?
Quand nous le retrouvons, à destination, nous apercevons une rose piquée dans une souche d'arbre. Il nous explique que les Myra Falls était le lieu favori de sa (défunte ?) épouse. Il a certainement éparpillé les autres roses tout le long du sentier.
Après une rapide photo, nous le laissons poursuivre sa méditation et rebroussons chemin jusqu'au parking.
En tout, 6 km, 2 heures et 100 mètres de dénivelé. Randonnée sympa mais néanmoins pas vraiment incontournable !
Entre-temps, il se met à pleuvoir de plus belle. Le pique-nique, comme hier, se passe dans la voiture (je déteste toujours autant !)
Dans l'après-midi, la pluie ne nous donne pas d'autre choix que de retourner directement à Campbell River.
Journée pourave :-( heureusement compensée par le confort de notre Urban Loft.
Distance parcourue dans la journée : 198 km
J19 : Lundi 31 août 2015
Côté météo toujours même topo : le ciel est couvert +++. Les montagnes aux alentours, contrairement à hier matin, ne sont même pas visibles, retourner vers Strathcona est compromis.
En attendant, nous prenons du bon temps dans notre Loft et en profitons pour déjeuner sur place.
La météo n'étant ni meilleure ni pire, nous décidons de sortir dans l'après-midi.
Direction Ripple Rock trailhead, 16 kilomètres au nord de Campbell River, sur la Hwy 19. Ripple Rock est le nom de deux masses rocheuses, autrefois situées deux à trois mètres sous la surface de l'eau au milieu de Seymour Narrows, un détroit séparant Maud Island et Vancouver Island. Ces rochers ont été la cause de nombreux accidents et naufrages jusqu'en 1958, date à laquelle on décida de les faire sauter. Un tunnel fut creusé depuis la berge jusque sous les roches et une charge de 1375 tonnes de TNT y fut déposée. Ce fut alors la plus grosse explosion non-nucléaire de l'histoire.
Au moment où nous démarrons la randonnée, devinez quoi ? Eh, oui, il se met à pleuvoir mais peu importe, on commence à en avoir l'habitude, en forêt on n'est pas vraiment mouillés.
Petit coup d'œil vers Nymph Cove au passage
Une série de marches métalliques amène au sommet et au point de vue final, complètement dans la "ouate" aujourd'hui. On distingue néanmoins le passage des Seymour Narrows, large de moins d'un kilomètre. L'île en face, c'est Maud Island et au fond, Quadra Island que nous avions visitée en 2009.
A défaut de s'attarder sur la vue, intéressons-nous à quelques détails au ras du sol. Des touffes herbeuses aux couleurs mordorées (annonciatrices de l'automne ?) qui tranchent avec le vert fluo de ce petit sapin. Enfin, gros plan sur celui à qui cette humidité ambiante sied le mieux…
Une randonnée de 8 km en trois heures avec 450 mètres de dénivelé et sous la pluie… à croire qu'on aime ça ! Peut-être un début d'explication dans la chanson de circonstance diffusée justement par l'autoradio pendant le trajet de retour.
I never liked the rain until I walked through it with you Like the rain I have fallen for you and I know just why you Like the rain always calling for you I'm falling for you… just like the rain.
C'est avec cet air de musique country (que je vous invite à écouter) que s'achève notre Loft Story à Campbell River. Demain départ vers le sud-ouest de l'île de Vancouver où nous espérons retrouver le soleil.
Distance parcourue dans la journée : 58 km
Piscines naturelles au pied des Elk Falls

Côte sud-ouest de l'île de Vancouver : de Port Renfrew à Victoria J20 : Mardi 1er septembre 2015
Notre séjour à Campbell River se termine. En dehors de l'excellence de notre hébergement, il n'a pas été une franche réussite, peut-être en raison de son improvisation, de notre déception liée à l'annulation du séjour prévu à Tahsis, mais surtout à cause d'une mauvaise météo.
Vivement la fin de cet épisode dépressionnaire !
Pourtant, ce n'est pas tout à fait gagné car, ce matin, le ciel est toujours aussi couvert. Le trajet jusqu'à notre étape suivante, Port Renfrew sur la côte sud-ouest, se fait sous une alternance d'averses parfois soutenues et de timides éclaircies.
Pour ce trajet, nous choisissons la Hwy 19 qui suit la côte Est à distance jusqu'à Duncan, puis traversons l'île d'est en ouest par la vallée de Cowichan.
Bonne nouvelle, à midi, le pique-nique a enfin lieu en plein air au bord du lac Cowichan, signe d'une nette amélioration.
Ensuite la Pacific Marine Road nous conduit à Port Renfrew après maints tours et détours. A un moment nous sommes à ce point déroutés que nous faisons demi-tour, croyant avoir loupé une bifurcation.
Nous atteignons finalement notre hébergement sur les hauteurs de Port Renfrew peu après 15 heures, ce qui nous laisse du temps pour explorer un peu les alentours, d'autant qu'il ne pleut pas.
Justement la localité est le terminus du Juan de Fuca Marine Trail. C'est un sentier de 47 kilomètres de long qui s'étire sur la côte sud-ouest de l'île à partir de Jordan River et qui se pratique en backpacking sur plusieurs jours.
Bien sûr, telle n'est pas notre ambition. Pour les moins endurants, le parc provincial a aménagé des points d'accès intermédiaires au Juan de Fuca Trail, dont l'un à Botanical Beach, tout proche, pour une petite boucle de 3 kilomètres qui nous convient très bien.
Mais dans ces contrées au bord du Pacifique il n'y a pas d'accès à la plage sans un passage en forêt avec toujours quelques arbres qui sortent du lot. Ici un arbre-lyre, là un arbre-fantôme
De Botany Bay à Botanical Beach, le sentier est directement exposé aux fureurs de l'océan.
Malgré les assauts des éléments, cet îlot tente de résister quoique… de profil il pourrait faire penser à un navire échoué.
En revanche, ce décor inhospitalier a l'air d'inquiéter ces canards qui ont trouvé refuge sous une voûte rocheuse.
Une petite balade sympa faite sous un ciel encore nuageux mais sans pluie et qui nous ouvre l'appétit.
Ça tombe bien. L'heure du dîner est fixé à 18 h 30 pour tous les hôtes du lodge. Un menu surprise nous attend, préparé uniquement à base de produits frais de la région, certains issus du jardin du lodge et cuisinés avec beaucoup d'inventivité par les deux chefs, deux frères Tim et Jon qui sont aussi les propriétaires du lieu. De loin, le meilleur des dîners de notre voyage, digne d'une bonne étoile au guide M…in :-)
Bref, une belle étape sur cette côte Ouest si sauvage !
Distance parcourue dans la journée : 320 km
J21 : Mercredi 2 septembre 2015 Ce soir nous serons de l'autre côté du détroit Juan de Fuca, dans la péninsule Olympique aux Etats-Unis. Avant cela nous avons la journée pour atteindre Victoria où nous avons réservé le ferry de 19 h 30. Avec seulement 120 kilomètres, l'étape pourrait être courte mais nous avons quelques projets auparavant.
D'abord un projet avorté : alors que nous faisons route vers Avatar Grove au nord de Port Renfrew pour y observer les arbres les plus noueux (gnarliest) de la côte, nous faisons finalement demi-tour sous une pluie diluvienne.
Au diable les arbres, prenons plutôt la direction du Sud et de Victoria. Une bonne décision car effectivement il fait soleil à hauteur de China Beach, autre point d'accès au parc provincial de Juan de Fuca.
De China Beach Trailhead, un sentier mène à Mystic Beach, un joli nom bien mystérieux qui ne fait qu'attiser notre curiosité. Si on allait voir ce qu'elle a de mystique…
Il faut d'abord parcourir un chemin couvert de racines glissantes dans une forêt sombre et humide, traverser une passerelle suspendue instable avant de déboucher sur le ruban de sable rendu encore plus dramatique à cette heure par la couleur noir d'encre des nuages juste traversés par un rai de lumière.
Mais quand le regard se tourne vers le sud, on découvre alors ce qu'elle révèle de magique ou de mystique.
Magique… le léger filet d'eau tombant en cascade sur la plage ! Magiques… ces signatures imprimées dans le sable comme autant d'autographes laissés par leurs auteurs. Magiques… ces napperons de fine dentelle d'écume que l'océan tisse délicatement en bord de plage.
Comme ces petits bonshommes de pierre bien rangés sur un tronc couché, nous nous posons alors un court moment afin de contempler l'horizon mais si nous voulons être ce soir dans la péninsule en face, il faut lever le camp et reprendre la route.
De Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, nous n'aurons finalement pas le temps de voir grand chose. Après des ralentissements en périphérie de la ville, après un arrêt pour déjeuner, un autre pour faire des achats, un autre encore pour attendre la fin d'une averse, il nous reste à peine une heure et demie pour faire un peu de tourisme. Il faut donc faire des choix.
Ce court moment, nous le consacrons alors au quartier flottant haut en couleurs de Fisherman's Wharf que nous abordons sous un beau soleil, chouette !
Il nous faut impérativement être de retour au port à 18 heures afin d'accomplir les formalités d'immigration pour l'entrée aux Etats-Unis. Ces démarches toujours aussi pointilleuses se font avant l'embarquement, côté canadien.
Une fois notre visa d'entrée aux USA en poche, nous montons à bord du Coho, un ferry vieillot (rien à voir avec les BC ferries !) qui tangue singulièrement bien que la mer soit d'huile.
Une heure et demie de traversée pour rejoindre Port Angeles où nous nous installons pour deux nuits en espérant que l'épisode dépressionnaire soit définitivement derrière nous.
Pour conclure, ces deux dernières étapes sur la côte sud-ouest nous ont réconciliés avec l'île de Vancouver. La côte Ouest est définitivement la plus belle.
Distance parcourue dans la journée : 127 km
Quartier flottant à Victoria

La suite aux Etats-Unis est par... ICI
Présentation et préparation du voyage
Bonjour a tous,
Tout juste de retour de 6 semaines de voyage a VTT sur les sentiers Canadiens et surtout Américains de la Great divide mountain bike road, je tenais a faire un topo sur ce sentier car on n'en trouve encore aucun sur ce site, ni sur un autre site Français a ma connaissance.
Tout d'abord la Great divide qu'est ce que c'est ? La Great divide c'est le pendant cycliste du trek appelé la Continental divide, c'est a dire que c'est un itinéraire cycliste suivant au plus près la ligne de partage des eaux Américaines. En gros dans le sens Nord-Sud comme la plus majorité des gens le parcours, si une goutte d'eau tombe a notre gauche elle terminera sa course dans l'océan Atlantique et a notre droite elle terminera dans le Pacifique. Le point de départ normal de la Great divide est situé à Banff au Canada et se termine 4400 km et 60000 de d+ plus loin à Anteloppe Wells qui est à la frontière Mexicaine.

L'itinéraire est vendu comme la plus longue piste de VTT au monde. Ce n'est pas a proprement parler du VTT, plutôt du gravel car la trace emprunte a 75% les fameuses gravel road Américaines, a 23% des routes et a 2% des single track. Au niveau des états on démarre au Canada en Alberta puis en Colombie-Britanique avant de passer aux Etats-Unis dans le Montana, un micro passage en Idaho, puis le Wyoming, le Colorado et enfin le Nouveau-Mexique. L'itinéraire oblige a être en totale autonomie car il arrive de ne pas croiser une ville pour se ravitailler pendant 3 jours, voir beaucoup plus selon sa distance journalière. Il nécéssite en revanche d'être très léger, contradiction même a l'origine du courant très à la mode du bikepacking.
Si la Great divide est si connue c'est car une course la parcoure, le tour divide. Cette course a une telle renommée que c'est carrément elle qui a lancée les bikepacking races. Tout les ans a la mi-Juin une poignée d'ultra cycliste s'élance de Banff pour une course jusqu'à la frontière Mexicaine en une étape en autonomie complète avec juste des trackers GPS et une liste des endroits où se ravitailler tout au long du parcours. Le record est détenu par Mike Hall dans le temps astronomique de 14 jours et 11 heures. Certains beaucoup trop facile se lance des défis comme parcourir le Tour divide en single speed (?).

Pour faire cette traversée j'ai choisit de ne pas partir avec mon vélo habituel, un Lapierre tout suspendu. Je me suis donc commandé un Canyon semi rigide 29 pouces en carbone, ce qui fut le meilleur rapport poids-confort dans ces pistes, plus que ceux aperçus qui étaient en tout-suspendus, en gravel bike ou encore pire en vélo de voyage. Pour suivre l'itinéraire j'ai acheté le livre Cycling the great divide, véritable bible du parcours détaillant l'itinéraire, sa distance, sa difficulté, où dormir et se ravitailler, et les étapes conseillées. Son seul défaut étant qu'il date déja de 2013, quelques retouches ayant été faite au parcours et que la trace chargée dans mon téléphone date elle de 2011. Il décrit la Great divide en 70 étapes. En ayant posé quasiment tout mes congés de l'année dans ce voyage je ne disposerais sur place que de 40 jours. Je choisis donc de doubler quotidiennement toutes les étapes du livre. Le vélo paré, l'argent changé, tout semble prêt pour prendre l'avion.
Bonjour a tous,
Tout juste de retour de 6 semaines de voyage a VTT sur les sentiers Canadiens et surtout Américains de la Great divide mountain bike road, je tenais a faire un topo sur ce sentier car on n'en trouve encore aucun sur ce site, ni sur un autre site Français a ma connaissance.
Tout d'abord la Great divide qu'est ce que c'est ? La Great divide c'est le pendant cycliste du trek appelé la Continental divide, c'est a dire que c'est un itinéraire cycliste suivant au plus près la ligne de partage des eaux Américaines. En gros dans le sens Nord-Sud comme la plus majorité des gens le parcours, si une goutte d'eau tombe a notre gauche elle terminera sa course dans l'océan Atlantique et a notre droite elle terminera dans le Pacifique. Le point de départ normal de la Great divide est situé à Banff au Canada et se termine 4400 km et 60000 de d+ plus loin à Anteloppe Wells qui est à la frontière Mexicaine.

L'itinéraire est vendu comme la plus longue piste de VTT au monde. Ce n'est pas a proprement parler du VTT, plutôt du gravel car la trace emprunte a 75% les fameuses gravel road Américaines, a 23% des routes et a 2% des single track. Au niveau des états on démarre au Canada en Alberta puis en Colombie-Britanique avant de passer aux Etats-Unis dans le Montana, un micro passage en Idaho, puis le Wyoming, le Colorado et enfin le Nouveau-Mexique. L'itinéraire oblige a être en totale autonomie car il arrive de ne pas croiser une ville pour se ravitailler pendant 3 jours, voir beaucoup plus selon sa distance journalière. Il nécéssite en revanche d'être très léger, contradiction même a l'origine du courant très à la mode du bikepacking.
Si la Great divide est si connue c'est car une course la parcoure, le tour divide. Cette course a une telle renommée que c'est carrément elle qui a lancée les bikepacking races. Tout les ans a la mi-Juin une poignée d'ultra cycliste s'élance de Banff pour une course jusqu'à la frontière Mexicaine en une étape en autonomie complète avec juste des trackers GPS et une liste des endroits où se ravitailler tout au long du parcours. Le record est détenu par Mike Hall dans le temps astronomique de 14 jours et 11 heures. Certains beaucoup trop facile se lance des défis comme parcourir le Tour divide en single speed (?).

Pour faire cette traversée j'ai choisit de ne pas partir avec mon vélo habituel, un Lapierre tout suspendu. Je me suis donc commandé un Canyon semi rigide 29 pouces en carbone, ce qui fut le meilleur rapport poids-confort dans ces pistes, plus que ceux aperçus qui étaient en tout-suspendus, en gravel bike ou encore pire en vélo de voyage. Pour suivre l'itinéraire j'ai acheté le livre Cycling the great divide, véritable bible du parcours détaillant l'itinéraire, sa distance, sa difficulté, où dormir et se ravitailler, et les étapes conseillées. Son seul défaut étant qu'il date déja de 2013, quelques retouches ayant été faite au parcours et que la trace chargée dans mon téléphone date elle de 2011. Il décrit la Great divide en 70 étapes. En ayant posé quasiment tout mes congés de l'année dans ce voyage je ne disposerais sur place que de 40 jours. Je choisis donc de doubler quotidiennement toutes les étapes du livre. Le vélo paré, l'argent changé, tout semble prêt pour prendre l'avion.
Hello,
Sur le modèle du "famous" post du Tigre (pour le mois de juin 2009 ou septembre 2011, ou encore ma 1ère copie en mai 2009), je vous propose de poster ici vos dates dans l'Ouest des USA et un petit resumé de votre trip avec les étapes importantes pour des dates entre fin Mai et Juin 2011.
Ce topic est là pour discuter entre voyageurs partant en mai/juin 2011 pour l'Ouest (présentation du circuit, étapes...) et "éventuellement" s'y croiser en cas d'étapes communes, mais pas pour chercher un Compagnon de Voyage 😛
@+ Vnoa
Sur le modèle du "famous" post du Tigre (pour le mois de juin 2009 ou septembre 2011, ou encore ma 1ère copie en mai 2009), je vous propose de poster ici vos dates dans l'Ouest des USA et un petit resumé de votre trip avec les étapes importantes pour des dates entre fin Mai et Juin 2011.
Ce topic est là pour discuter entre voyageurs partant en mai/juin 2011 pour l'Ouest (présentation du circuit, étapes...) et "éventuellement" s'y croiser en cas d'étapes communes, mais pas pour chercher un Compagnon de Voyage 😛
@+ Vnoa
Bonjour!
J'avais posté quelques messages l'hiver dernier avec des demandes de renseignement au sujet de l'achat de voiture aux USA en prévision d'un voyage de 3 mois à travers le pays. La plupart des réponses avaient été très négatives et me disaient que c'était impossible sans permis de conduire américain, très compliqué, pas rentables, etc.
Hé bien c'est possible!
Je reviens de mon voyage de 3 mois aux Etats-Unis où mon ami et moi avons acheté au mois de mai un van GMC à San Francisco! Nous l'avons trouvé chez un particulier par un site de petites annonces, l'avons mis à notre nom, assuré, avons souscrit à AAA (assurance assistance), et avons passé 3 mois au volant de notre maison roulante dans laquelle nous dormions le soir! C'était absolument incroyable, un voyage unique!!
San Francisco, Yosemite, la côte pacifique, Los Angeles, Las Vegas, Grand Canyon, Flagstaff, Monument Valley, Santa Fe, Fort Worth, Houston, New Orleans, le golfe du Mexique, le crocos de Floride, The Keys, Orlando, Savannah, Charleston, Durham, Virginia Beach, Washington, Lancaster County, Philadelphie, New York, Cape Cod, Martha's Vineyard, Boston!!!!!
Nous l'avons revendue il y a 3 semaines à Boston à un particulier (pas pour un très bon prix, malheureusement, nous n'avions pas beaucoup de temps...), à la fin de notre trip.
Toutes les démarches ne sont pas forcément très compliquées, il faut seulement savoir comment on va procéder, prévoir suffisamment de temps, avoir une adresse sur place (un ami qui vit là, ça suffit) et être bien organisé. Mais c'est complètement possible!
N'hésitez pas à me poser des questions plus précises si vous en avez, je serai ravie de vous répondre, parce que ça vaut la peine de se démener un peu pour avoir l'occasion de faire un si beau voyage!
J'avais posté quelques messages l'hiver dernier avec des demandes de renseignement au sujet de l'achat de voiture aux USA en prévision d'un voyage de 3 mois à travers le pays. La plupart des réponses avaient été très négatives et me disaient que c'était impossible sans permis de conduire américain, très compliqué, pas rentables, etc.
Hé bien c'est possible!
Je reviens de mon voyage de 3 mois aux Etats-Unis où mon ami et moi avons acheté au mois de mai un van GMC à San Francisco! Nous l'avons trouvé chez un particulier par un site de petites annonces, l'avons mis à notre nom, assuré, avons souscrit à AAA (assurance assistance), et avons passé 3 mois au volant de notre maison roulante dans laquelle nous dormions le soir! C'était absolument incroyable, un voyage unique!!
San Francisco, Yosemite, la côte pacifique, Los Angeles, Las Vegas, Grand Canyon, Flagstaff, Monument Valley, Santa Fe, Fort Worth, Houston, New Orleans, le golfe du Mexique, le crocos de Floride, The Keys, Orlando, Savannah, Charleston, Durham, Virginia Beach, Washington, Lancaster County, Philadelphie, New York, Cape Cod, Martha's Vineyard, Boston!!!!!
Nous l'avons revendue il y a 3 semaines à Boston à un particulier (pas pour un très bon prix, malheureusement, nous n'avions pas beaucoup de temps...), à la fin de notre trip.
Toutes les démarches ne sont pas forcément très compliquées, il faut seulement savoir comment on va procéder, prévoir suffisamment de temps, avoir une adresse sur place (un ami qui vit là, ça suffit) et être bien organisé. Mais c'est complètement possible!
N'hésitez pas à me poser des questions plus précises si vous en avez, je serai ravie de vous répondre, parce que ça vaut la peine de se démener un peu pour avoir l'occasion de faire un si beau voyage!
Hello,
J ai une question ou quelques unes pour les habitués des road trip motorisés ou voyages au long cours a l etranger, surtout aux ameriques. Mais valable aussi pour l australie ou autres
J ai souvent lu des roads trip de 2 ou 4 mois, plus ou moins, avec achat et revente d un vehicule sur place apres le periple, aux usa ou autre.
Par contre, j ai lu quelques cas plus rares où des français, europeens ou arrivant avec visa touriste en principe, s achetent un van ou fourgon equivalent et decide d y vivre et voyager à durée indeterminée, parfois plus d un an ou encore plus, et pas forcement que des jeunes qui peuvent avoir le visa working holiday, maus des plus agés aussi.
Ma question est de savoir si c est possible ou legal a la fois de rester autant au dela des limites de visas autorisés, en general 3 mois aux usa, et autres, et s ils peuvent facilement etre autorisés a travailler sur place ? Car en tant que touriste officiellement , ca me semble interdit. Y a t il des possibilités , dans divers pays d amerique du nord et sud par exemple ? A moins de travailler au black, a leur risque et perils.
Bien sur pour rester au dela du visa autorisé, il y a l option de quitter le pays ou passer la frontiere un peu avant la fin, et revenir un peu apres (passage de frontiere canada -usa par exemple) mais a mon avis a force y a des risques que les douanes and co s en apercoivent ?, ou carrement de voyager dans plusieurs pays du sud, en errance continue . Mais j ai lu parfois que le passage de frontieres n est pas si facile partout en vehicule personnel, ou demande carrement un shipping par ferry ou cargo, tres chers entre amerique du sud et nord, etc.
Y a t il des possibilités de vivre comme ca indefiniment ou des limites ?
Merci s il y a des reponses
Bonjour tout le monde ,
Je suis en train d'organiser un voyage d'environ 3 semaine au etats-unis (depart le 12/09/11) mais il y a telement de ville qui me semble bien à visiter que je ne sais pas quoi faire ^^ .
Donc deja ce qui est sur c'est que je veux rester environ 1 semaine dans un hotel a las vegas 1 semaine et visiter ses alentours comme grand canyon etc...
mais je voudrai savoir si d'apres vous sa vaut le coup de se rendre à san fransisco et los angeles ( sachant que j'aimerai bien passer environ 3 jour sur les plages) et je voudrai aussi descendre en voiture une journée ou 2 au mexique (si selon vous c'est interessant car c'est juste a la frontiere).
Et si vous me dites qu'il y a juste las vegas et los angeles de bien j'irai surement 5 jour a new york .
Oui désolé je suis compliqué mais ça va etre mon premier voyage au etats-uni et j'ai un peu envie de tout faire 😛
Merci beaucoup d'avance à se qui me lisent et me repondront .
Comme beaucoup sur ce forum nous avons passé un été "à l'ouest" !
Comme beaucoup je me suis servie des commentaires, avis et conseils des Forumers pour construire un Roadtrip qui nous ressemble.
Ce post est l'occasion de remercier tous ceux qui partagent généreusement leurs expériences, bons plans ou galères et permettent à chacun de se concocter un voyage sur-mesure.
Je vous livre ici notre carnet de voyage, pour le plaisir du partage, le plaisir du voyage.
Pour planter le décor :
3ème voyage à l'ouest (1993 - 2014) 4 voyageurs : les parents + 2 ados de 15 et 18 ans 32 nuits sur place un goût pour les balades et les visites plus que pour les restos des logements réservés en amont de voyage avec pour critère principal le rapport qualité-prix, parfois au détriment d'une situation centrale, ou d'un hotel "de charme" une formule mixant camping et hotels
Ce carnet de voyage est également disponible sur mon site (cf signature) et sera complété par beaucoup d'autres photos, des fiches pratiques, des liens et infos diverses.
Bonne lecture, bon voyage !
vendredi 30 juin 2017 : Nantes - SFO
Ça y est, c'est le grand jour, ou plus exactement le petit matin. Il est 2h15 quand nous quittons la maison, direction Nantes Aéroport. Le check-in y est particulièrement long et comme toujours, beaucoup de monde dans cet aéroport qui semble sous-dimensionné. Nous embarquons à l'heure et décollons pour Madrid, à l'heure. Bien que les billets aient été achetés chez American Airlines c'est un sur un avion Iberia que nous volons, c'est ce qu'on appelle le "partage de codes". Un petit snack sera proposé sur ce vol, mais comme je m'effondre peu après le décollage, je ne le verrai même pas passer ! 4h de transit à Madrid, nous avons bien le temps de profiter des boutiques de l'aéroport !

Un parfum d'Espagne flotte dans l'air...

Les contrôles de sécurité sont strictes et Thom aura droit à la fouille corporelle complète dans une petite salle en retrait. A midi nous décollons pour Chicago. Ici encore vol Iberia. Le lunch nous est servi après 1h30 de vol. Simple mais bon. Le choix de films en français est tout à fait correct et nous permettra d'occuper ce vol aisément. Une collation nous sera servie peu avant l'arrivée. Nous atterrissons à Chicago à l'heure.
Il est 14h10, heure locale, plus de 21h en France. Nous commençons alors notre long périple pour passer les contrôles d'immigration, récupérer nos bagages et les réenregistrer pour notre dernier vol sur San Francisco. Nous filons ensuite vers le Terminal 3 pour l'embarquement. Ces petites formalités nous auront quand même pris 1h30 ! Notre vol pour San Francisco est annoncé en retard, comme à chaque fois que nous avons pris des vols intérieurs aux Etats-Unis. Il est 16h15 ici mais 23h15 pour nos petits organismes ; la fatigue commence à se faire sentir. L'ambiance espagnole est loin, on retrouve les plaisirs américains...

C'est finalement avec 1h de retard que nous décollons. Encore 4h de vol en vue... mais vue superbe à l'arrivée ! Il est 20h15.

Récupérer les bagages est ici très rapide, nous filons dans le Airtrain pour rejoindre l'agence de location de voitures. Elles sont toutes regroupées au même endroit. Surprise à l'arrivée chez Budget, la file d'attente est immense. On a vraiment hâte de se coucher et là, on se rend compte que ça n'est pas pour tout de suite ! Il s'agit de rester concentré pour éviter de signer un contrat avec un tas d'assurances inutiles ou avec des clauses non prévues dans notre devis. Le gars parle vite et je dois me concentrer pour ne rien manquer. Pas mécontente quand nous quittons le guichet avec la clé de notre carrosse ! Nous récupérons un joli SUV gris Mitsubishi, conforme à notre réservation. Nous passons un peu de temps pour en vérifier l'état, étudions rapidement sa prise en main et c'est parti.
Nous sortons assez facilement de l'aéroport et nous engageons sans erreur sur la bonne route, direction l'est, direction Tracy. Même si le snack offert lors du dernier vol était bien succinct, personne n'a le courage et l'envie de s'arrêter pour diner. Nous arrivons à l'Econo Lodge à 23h30. A cette heure tardive le check-in se fait par un petit guichet, sans accès direct à la réception. Autant dire que tout est très rapide. Je lui donne passeport et carte de crédit, elle me donne 2 cartes d'accès à la chambre. C'est réglé. La chambre est identique à bon nombre de motels, propre et calme. On n'en demandera pas plus pour ce soir. Extinction des feux à 00h30 ; il est déjà 9h30 en France !

Pour planter le décor :
3ème voyage à l'ouest (1993 - 2014) 4 voyageurs : les parents + 2 ados de 15 et 18 ans 32 nuits sur place un goût pour les balades et les visites plus que pour les restos des logements réservés en amont de voyage avec pour critère principal le rapport qualité-prix, parfois au détriment d'une situation centrale, ou d'un hotel "de charme" une formule mixant camping et hotels
Ce carnet de voyage est également disponible sur mon site (cf signature) et sera complété par beaucoup d'autres photos, des fiches pratiques, des liens et infos diverses.
Bonne lecture, bon voyage !
vendredi 30 juin 2017 : Nantes - SFO
Ça y est, c'est le grand jour, ou plus exactement le petit matin. Il est 2h15 quand nous quittons la maison, direction Nantes Aéroport. Le check-in y est particulièrement long et comme toujours, beaucoup de monde dans cet aéroport qui semble sous-dimensionné. Nous embarquons à l'heure et décollons pour Madrid, à l'heure. Bien que les billets aient été achetés chez American Airlines c'est un sur un avion Iberia que nous volons, c'est ce qu'on appelle le "partage de codes". Un petit snack sera proposé sur ce vol, mais comme je m'effondre peu après le décollage, je ne le verrai même pas passer ! 4h de transit à Madrid, nous avons bien le temps de profiter des boutiques de l'aéroport !

Un parfum d'Espagne flotte dans l'air...

Les contrôles de sécurité sont strictes et Thom aura droit à la fouille corporelle complète dans une petite salle en retrait. A midi nous décollons pour Chicago. Ici encore vol Iberia. Le lunch nous est servi après 1h30 de vol. Simple mais bon. Le choix de films en français est tout à fait correct et nous permettra d'occuper ce vol aisément. Une collation nous sera servie peu avant l'arrivée. Nous atterrissons à Chicago à l'heure.
Il est 14h10, heure locale, plus de 21h en France. Nous commençons alors notre long périple pour passer les contrôles d'immigration, récupérer nos bagages et les réenregistrer pour notre dernier vol sur San Francisco. Nous filons ensuite vers le Terminal 3 pour l'embarquement. Ces petites formalités nous auront quand même pris 1h30 ! Notre vol pour San Francisco est annoncé en retard, comme à chaque fois que nous avons pris des vols intérieurs aux Etats-Unis. Il est 16h15 ici mais 23h15 pour nos petits organismes ; la fatigue commence à se faire sentir. L'ambiance espagnole est loin, on retrouve les plaisirs américains...

C'est finalement avec 1h de retard que nous décollons. Encore 4h de vol en vue... mais vue superbe à l'arrivée ! Il est 20h15.

Récupérer les bagages est ici très rapide, nous filons dans le Airtrain pour rejoindre l'agence de location de voitures. Elles sont toutes regroupées au même endroit. Surprise à l'arrivée chez Budget, la file d'attente est immense. On a vraiment hâte de se coucher et là, on se rend compte que ça n'est pas pour tout de suite ! Il s'agit de rester concentré pour éviter de signer un contrat avec un tas d'assurances inutiles ou avec des clauses non prévues dans notre devis. Le gars parle vite et je dois me concentrer pour ne rien manquer. Pas mécontente quand nous quittons le guichet avec la clé de notre carrosse ! Nous récupérons un joli SUV gris Mitsubishi, conforme à notre réservation. Nous passons un peu de temps pour en vérifier l'état, étudions rapidement sa prise en main et c'est parti.
Nous sortons assez facilement de l'aéroport et nous engageons sans erreur sur la bonne route, direction l'est, direction Tracy. Même si le snack offert lors du dernier vol était bien succinct, personne n'a le courage et l'envie de s'arrêter pour diner. Nous arrivons à l'Econo Lodge à 23h30. A cette heure tardive le check-in se fait par un petit guichet, sans accès direct à la réception. Autant dire que tout est très rapide. Je lui donne passeport et carte de crédit, elle me donne 2 cartes d'accès à la chambre. C'est réglé. La chambre est identique à bon nombre de motels, propre et calme. On n'en demandera pas plus pour ce soir. Extinction des feux à 00h30 ; il est déjà 9h30 en France !

Bonjour,
J’aurais bien aimé avoir de nouveaux retours d’expérience des personnes qui ont récemment loué un véhicule en passant par le site d’elocationsdevoitures.
J'avoue que le fait que les tarifs soient quasiment moitié moins chers sur ce site qu’en passant par d’autres intermédiaires me laisse un peu perplexe par rapport à leur fiabilité…
D'autre part, par rapport à l’assurance CDW incluse dans le tarif, le terme ''suppression partielle de la franchise collision’’ me chiffonne un peu car p.ex. chez Autoescape, la CDW ne comporte aucune franchise… D’après-vous, cela signifie-t-il que l’on ne sera pas entièrement couvert en cas de pépin ? Et qu'en est-il de l'assurance responsabilité civile ? Serons-nous également couverts jusqu'à 1 Million de $ car rien n'est mentionné sur leur site à ce sujet ?
Merci par avance pour vos avis. 🙂
J’aurais bien aimé avoir de nouveaux retours d’expérience des personnes qui ont récemment loué un véhicule en passant par le site d’elocationsdevoitures.
J'avoue que le fait que les tarifs soient quasiment moitié moins chers sur ce site qu’en passant par d’autres intermédiaires me laisse un peu perplexe par rapport à leur fiabilité…
D'autre part, par rapport à l’assurance CDW incluse dans le tarif, le terme ''suppression partielle de la franchise collision’’ me chiffonne un peu car p.ex. chez Autoescape, la CDW ne comporte aucune franchise… D’après-vous, cela signifie-t-il que l’on ne sera pas entièrement couvert en cas de pépin ? Et qu'en est-il de l'assurance responsabilité civile ? Serons-nous également couverts jusqu'à 1 Million de $ car rien n'est mentionné sur leur site à ce sujet ?
Merci par avance pour vos avis. 🙂
Bonjour à tous,
Je pars aux Etats unis et au Canada à la fin du mois et j'ai déjà un circuit tout préparé (NYC-Boston-quebec-montreal-NYC). J'ai une étape entre montreal et NYC par contre je n'en ai pas entre Boston et quebec. J'aurais donc aimais que vous de donniez une idée d'étape (dans le vermont), pour éviter de faire beaucoup de voiture d'une seule traite, s'il vous plait. L'étape ne devant pas être extraordinaire (pas du niveau de NYC ou Boston si vous préférez) mais sympatique puisque nous n'y passerons qu'une apremidi (et une nuit).
Merci d'avance et bonnes vacances.
Bonjour à tous !
Suite à un périple autour des Etats-Unis durant l'été 2011, je me suis dit qu'un petit récit destiné aux visiteurs de voyageforum pourrait être utile ! Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir beaucoup plus (photos, vidéos, et nombreux détails), vous pouvez vous rendre sur mon blog à l'adresse suivante:
http://thebigtrip-northamerica.blogspot.fr/
Avant toute chose, sachez que le départ s'est fait depuis le ... Canada ! Eh oui, je résidais à Montréal pour quelques temps, et ai loué une voiture avec une amie pour 3 mois. Le loueur: "Discount", une compagnie Canadienne, mais pour la réservation (et le tarif imbattable vu la durée), je suis passé par le site autoescape.com , qui incluait un second conducteur. Pour avoir loué plusieurs fois des voitures en passant par ce site, je n'avais jamais trouvé de tarif plus bas.
Prix de la location pour 3 mois, avec toutes les assurances et kilométrage illimité : 2.800€ ! (2.200€ sans les assurances), ce qui reste "raisonnable" vu le type de véhicule (la toute dernière Ford Focus, toute neuve), et vu le nombre de kilomètres à parcourir (23.000 kms !).
- Etape 1 (18 au 20 Juin): Portland Départ de Montréal le 18 Juin, passage de la frontière au beau milieu de la campagne, loin des autoroutes. Premier moment délicat concernant mon passeport, le douanier m'informe que je ne pourrai rester sur le territoire que 10 jours (j'avais déjà eu un visa touristique deux mois et demi plus tôt, qui courait toujours). Après avoir insisté pendant plus d'une heure, la barrière s'ouvre et nous arrivons tard dans la nuit dans un camping KOA (la plus grosse chaîne de campings aux USA, généralement un peu plus chers qu'ailleurs, mais bons équipements assurés et tranquillité). Le 19 Juin, visite de la ville portuaire de Portland, dans le Maine, dégustation des homards typiques de la côte Est, et découverte des îles environnantes à bord d'un petit bateau de croisière. La ville fleure bon ce parfum de Nouvelle-Angleterre, avec un centre-ville "à l'européene" orné de briques rouges du plus bel effet. Une bien belle entrée en matière pour ce road trip.
- Etape 2 (20 au 22 Juin): Boston / Cape Cod Le 20 Juin nous quittons le camping de Portland pour longer la côte direction le Sud. Passage par une petite station balnéaire: Old Orchard Beach. L'été vient à peine de démarrer mais les vacanciers se pressent déjà sur le front de mer. Plus loin, nous nous arrêtons à Salem, la ville des sorcières du Massachusetts. Véritable aubaine touristique pour tous les marchands de sortilèges et autres déguisements gothiques, la ville ne présente que peu d'intérêt, et son musée consacré à l'histoire des sorcières est anecdotique. Dans l'après-midi, nous débarquons enfin à Boston, la première des grandes-villes de la côte Est dans notre circuit. Direction Harvard pour découvrir le campus de la plus prestigieuse université au monde, où règne un calme absolu, au pied des arbres majestueux plantés face à une bibliothèque aux colonnes titanesques. J'y reprendrai bien mes études ! Le 21 Juin, nous arrivons au centre-ville de Boston, très élégant, chargé d'histoire et aussi emprunt d'une ambiance Nouvelle-Angleterre du plus bel effet. Nous suivons alors la Freedom Trail, une ligne rouge tracée au sol qui permet au touriste de découvrir, sur plusieurs kilomètres, la majorité des sites historiques de la ville. Du Capitole au cimetière de Benjamin Franklin, en passant par le Quincy Market et l'USS Constitution, on ne s'ennuie pas une seconde, et le beau temps est au rendez-vous. Quelques emplettes dans la rue marchande, et nous reprenons la route vers le Sud, direction la baie de Cape Cod. Nous plantons la tente dans un camping situé dans ce gigantesque bras de terre qui s'avance, tel un crochet, dans les eaux de l'Atlantique. Le 22 Juin, nous roulons jusqu'à la pointe de la presqu'île, et la ville "open-minded" de Provincetown. Hélas, le temps est maussade et rend la visite un peu tristounette, dans cette ville réputée pour son côté festif et hyper animé. Je ne sais pas si cela est dû au fait que l'on se trouve encore en Juin, mais nous ne voyons pour ainsi dire que des bus de personnes âgées ! Le temps de visiter quelques boutiques, un passage au bord de mer, et un sex-shop fier de ses produits, nous repartons au Sud pour notre prochaine étape dans la Big Apple.
- Etape 3 (22 au 24 Juin): New-York City Après avoir roulé plusieurs heures à travers les Etats du Massachusetts et de Rhode Island (dieu que les autoroutes de la Côte-Est sont fréquentées !!!), nous posons nos bagages dans un motel Super 8 réservé la veille, et situé dans le quartier du Queens. Vu la période, tout Manhattan était bondée ou hors de prix. Par contre, il est toujours bon de se méfier des GPS. En effet, l'adresse rentrée au préalable nous a conduit directement dans une ruelle mal famée de Brooklyn (je pèse mes mots) où l'on nous dévisageait du regard avec insistance... autant dire que nous n'avons pas fait long feu là-bas ! Le 23 Juin, nous prenons le métro et déboulons au coeur de Manhattan, sur Times Square. Nous connaissions déjà tous les deux New-York, et ne passerons que deux jours ici. Nous arpentons l'inévitable boutique M et M's, le Toys R Us, apercevons le Naked Cowboy et la Naked Cowgirl, toujours prêts à gratter quelques accords pour de menus dollards. Nous continuons la ballade au coeur de Central Park (vive les écureuils) en passant par le Columbus Circle, et achevons la visite par une petite soirée sur BroadWay. C'est mon anniversaire !!! Nous allons assister à une comédie musicale au Winter Garden: Mamma Mia !, basée sur les succès mythiques du groupe Abba. Un vrai régal, du grand art ! Une précision d'artiste, une justesse sans faille, des gags à foison et des rythmes entraînants, que demander de plus ? Nous finissons par dîner au Bubba Gump, le fameux restaurant spécialisé dans les crevettes du film Forrest Gump. Enfin, à New-York, il est toujours possible de faire les boutiques même jusqu'à deux heures du matin ! Et il y a toujours du monde ! Le 24 Juin, pour cette dernière journée, nous partons visiter l'ONU (excellente visite, très intéressante, mais un peu courte), la gare centrale, lieu de tournage de nombreux films, et le site de Ground Zero, où l'on s'apprête à commémorer les tristes 10 ans du 11 Septembre 2001. En fin de journée, nous quittons l'île de Manhattan (sortir de la ville aux heures de pointe est une véritable prise de tête !) pour aller camper au coeur de la campagne du New-Jersey, entourés de lucioles.
- Etape 4 (24 au 26 Juin): Philadelphie - Atlantic City Le 25 Juin, nous mettons le cap sur la ville de Philadelphie. Après avoir vécu l'effervescence de New-York, la ville nous paraît décidément bien paisible. Nous visitons le musée des Sciences, découvrons la Liberty Bell (cloche de la liberté) réputée pour s'être brisé le jour de la proclamation de l'indépendance des USA, et d'autres monuments marquants de l'histoire de la ville. La ville paraît assez petite, et nous avons vite fait le tour du centre-ville, au demeurant très agréable. Le soir, nous quittons la zone en direction du front de mer. Nous plantons la tente au beau milieu d'une forêt, et partons passer la soirée à Atlantic City, le mini Vegas de la côte Est. La ville semble surgir de nulle part, les lumières virevoltent sur les façades d'hôtels tous plus démesurés les uns que les autres. La ville est pleine de contrastes, l'insécurité est omniprésente dès que l'on s'écarte du front de mer réservé aux touristes. Le Caesar Palace abrite des casinos à revendre, et de nombreux américains viennent se saouler dans des espaces délimités par des bandes en plastique. En résumé, un climat de fête incomparable, au détriment d'une authenticité qui manque clairement à cette cité artificielle. Le 26 Juin, nous reprenons la route pour la dernière ville de la côte Est de ce road trip.
- Etape 5 (26 au 30 Juin): Washington C'est parti pour trois jours d'une ville musée ! Washington est un bijou de culture, d'histoire, de sciences, de politique, qui n'a pas volé son titre de capitale des Etats-Unis. Nous nous installons dans un petit Holidays Inn de banlieue (à Alexandrie), qui inclut une navette nous amenant directement au métro. Pratique pour préserver son budget. Nous émergeons au coeur de la ville: la fameux National Mall, vaste parc de près de deux kilomètres de long, flanqué de nombreux musées gratuits, du Capitole (abritant le Congrès et le Sénat américains), de la Maison Blanche, et du Lincoln Memorial. Nous visitons plusieurs lieux, à commencer par la Bibliothèque du Congrès et la Cour Suprême du pays. L'entrée est gratuite, et les visites réalisées par des intervenants captivants (en anglais bien évidemment). Nous poursuivons avec le Capitole, emblême politique s'il en est, et la Maison Blanche, histoire d'aller prendre l'apéro avec l'ami Barack. Les 28 et 29 Juin, nous poursuivons les visites. Musée de l'air et de l'aviation, Museum d'histoire naturelle, Lincoln Memorial, Jefferson Memorial, nous passons au pied du bâtiment du FBI (Mulder et Scully nous font coucou à la fenêtre), et faisons étape au pied du Pentagone. Nous y découvrons le mémorial érigé en l'honneur des victimes du crash de l'avion qui s'est écrasé sur la façade le 11 Septembre 2001. Toutes les victimes ont vu leur nom gravé sur des stèles, élégantes sculptures de pierres, d'acier et d'eau. En résumé, Washington permet au visiteur de découvrir une culture incroyable, gratuitement (merci l'Etat américain et les fondations privées), dans une ville paisible et agréable. A voir absolument ! Le 30 Juin au matin, nous reprenons la route pour une grosse étape, direction le Sud !
- Etape 6 (30 Juin au 3 Juillet): le Sud - Charleston Pour parcourir les 1.400 kilomètres qui nous séparent de la Floride, nous faisons une étape en Caroline du Sud, au coeur des terres d'Autant en Emporte le vent. Nous partons visiter une plantation (Magnolia Plantation) et découvrons une nature luxuriante. Les premiers palmiers ont fait leur apparition, signe que nous nous sommes définitivement éloignés de la côte Nord-Est. L'atmosphère est chargée d'humidité, et nous croisons des alligators, des tortues et des insectes de plus en plus gros. Le 1er Juillet, nous partons découvrir la ville de Charleston, en bord de mer. Des petits airs de Cuba confèrent un côté exotique à cette cité portuaire où la foule se presse, et où de somptueuses villas ornent les rues de leurs couleurs vives. Le 2 Juillet, nous parcourons les quelques centaines de kilomètres restant avant de nous poser dans un petit motel au Nord de la Floride, assez fatigués par autant de kilomètres sous une chaleur écrasante ! Le 3 Juillet, nous débarquons dans la banlieue d'Orlando, posons nos bagages dans un motel au Sud-Ouest de la ville et allons nous emparer de nos tickets pour aller voir... Mickey !
- Etape 7 (3 au 10 Juillet): Orlando - Cap Canaveral 4 Juillet 2011, en avant pour 4 jours à Disney World. Orlando est le paradis des parcs à thèmes, Disney, Universal, SeaWorld, l'offre est alléchante mais il a fallu faire un choix, et nous avons préféré Mickey. Il faut dire que contrairement aux autres parcs de la franchise, celui d'orlando comporte pas moins de 4 secteurs différents. Le 1er, Magical Kingdom, ressemble au parc originel de DisneyLand Paris, en moins bien puisque les attractions fortes sont moins nombreuses et certains décors ont un peu vieilli. Le second, Hollywood Studios est très semblable à celui de Paris, avec un peu moins d'attractions également. Le troisième, Epcot, est un ersatz de Futuroscope affublé d'une zone de découverte culturelle des différents pays du monde: intéressant ! Quant au dernier parc, il s'agit, selon moi, du meilleur: Animal Kingdom, dédié aux animaux. Un travail phénoménal a été réalisé sur les décors, la présence d'animaux "sauvages" (le clou: un "vrai" safari au coeur de la savane avec des animaux en liberté), un arbre de Rafiki titanesque, des spectacles de comédie musicale très réussis, bref un MUST SEE. Pour résumer l'expérience DisneyWorld, ne perdez pas votre temps à Magical Kingdom et Hollywood Studios si vous connaissez déjà les parcs parisiens, vous serez déçus de la différence de qualité ! Profitez d'Epcot et Magical Kingdom sans modération ! Le 8 Juillet, nous partons vers le front de mer assister au dernier décollage pour l'espace de la navette américaine Atlantis. La foule se presse aux abords des étangs, un chrono retentit, Five, Four, Three, Two, One..., et une vive lueur apparaît au loin, qui finit par s'élever dans un panache de fumée à une vitesse prodigieuse ! Un moment unique, et c'était la dernière ! Le 9 Juillet, nous partons visiter le Kennedy Space Center à Cap Canaveral, musée de la Nasa consacré à l'exploration spatiale. Au menu, une visite d'une véritable navette spatiale mise à la retraite, de nombreuses conférences très intéressantes, des visites en bus des installations, une simulation de décollage de fusée, une fusée grandeur nature dans un hangar, et tout plein d'objets véritables issus de l'histoire de la Nasa depuis ses débuts. Un très très bon musée pour petits et grands, à recommander. Le 10 Juillet, nous repartons vers le Sud en direction de Miami.
- Etape 8 (10 au 12 Juillet): Miami Chaleur écrasante, soleil de plomb, l'arrivée dans le Sud de la Floride est terrible ! Nous avons réservé un petit motel cheap en front de mer (Ocean Surf, très bien situé) sur Miami Beach. Nous profitons de la plage de sable fin, de l'eau turquoise et incroyablement chaude, et nous prélassons pour une paire de jours de farniente. Le soir, nous sortons sur Lincoln Drive où bars et restaurants s'amassent, fréquentés par une horde de locaux. Le 12 Juillet, nous partons découvrir le quartier Art Déco près d'Ocean Drive et partons manger cubain au bord d'une Marina située au centre-ville de Miami (les Experts ne sont pas loin !). Dans l'après-midi, nous quittons l'étouffante Miami pour rejoindre la pointe de la Floride: les Keys.
- Etape 9 (12 au 15 Juillet): les Keys de Floride - les Everglades Nous débarquons en fin de journée dans un camping situé au coeur du chapelet d'îles des Keys de Floride (à SugarLoaf Key), et le massacre commence. Les moustiques et autres petites mouches voraces nous assaillent de toute part si bien qu'il est impossible de rester dehors sans se faire piquer de façon incessante. Je n'ai jamais vu ça ! Evitez si possible le camping KOA à cet endroit ! Le lendemain, nous repartons pour un petit motel au bord de la route, sur l'île d'Islamorada, histoire d'être plus sereins. J'en profite pour découvrir la faune et la flore de ces îles, véritable petit coin de Paradis à quelques encablures de Cuba. Les iguanes se promènent sur la route, des maquettes de requin géant ornent les devantures de boutique, les habitations locales donnent directement sur des petites criques d'eau turquoise... le pied quoi ! Le 14 Juillet, départ au pied levé pour une excursion en mer ! Vu l'heure (8h00), il y a peu de monde, et nous embarquons juste tous les deux avec un capitaine (qui ressemble au capitaine Igloo !) rien que pour nous. S'en suit une matinée à naviguer au coeur des eaux tropicales, à pratiquer de la plongée au tuba, découvrir les ruines de bateaux échoués au pied d'un ancien phare, des poissons exotiques, des lagunes où rodent des alligators, tout ça avec les explications de notre super capitaine ! L'après-midi, nous retournons sur le continent et arrivons au coeur des Everglades, à la pointe Sud de la Floride. Nous visitons une ferme d'alligators (vraiment très impressionnant), prenons des bébés (muselés !) dans nos bras, et dégustons des queues d'alligators frites. L'occasion également de pratiquer l'air boat au beau milieu des marécages. Ca fait un bruit du tonnerre, mais quelle bonne expérience ! Attention les oreilles ! Nous reprenons la route et passons la nuit dans un motel sur la côte Ouest de la Floride.
- Etape 10 (15 au 19 Juillet): la Louisiane Le 16 Juillet, après deux jours passés à avaler des kilomètres le long du Golfe du Mexique sous une pluie battante, nous arrivons au coeur de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans. Nous posons nos valises dans le motel le plus miteux qu'il nous sera donné de voir dans ce road trip. Des canards tout droits sortis de Tchernobyl gardent l'entrée, la devanture tient plus d'un dépôt de vieux meubles, et le type de l'accueil, bien que très chaleureux, nous file les chocottes en nous disant qu'on risque d'être agressés à tous les coins de rue si on se décide à sortir au centre-ville ce soir... bon on se contentera du dernier Harry Potter pour l'instant ! Le 17 Juillet, le temps est toujours à l'image de la région: hyper humide avec de lourds nuages noirs, le petit frère de Katrina ne serait-il pas loin ? Nous partons découvrir le French Quarter au coeur de la ville, véritable repaire des artistes, de la musique jazzy aux sculptures loufoques, il règne ici une ambiance unique. Des bars à tous les coins de rue, de douces notes musicales dans les rues, malgré les trombes d'eau. Une ambiance de carnaval également, et l'on prend un malin plaisir à essayer tous les masques possibles, vive les plumes colorées sur la tête ! Un petit détour pour goûter les "fameux" beignets du Café du Monde (véritable institution touristique), assez insipides, mais puisque c'est "réputé"... En fin de journée, nous quittons la ville pour nous diriger plus au Nord, en direction de Bâton Rouge. Le 18 Juillet, nous nous réveillons près de Bâton-Rouge (en référence aux poteaux rouges ornés de têtes d'animaux plantés dans la région par les Améridiens de l'époque) qui n'est autre que la Capitale de la Louisiane. Le Capitole de la ville (Sénat + Parlement) est comme toujours grandiose, et offre un point de vue imprenable sur la cité. Hormis ça, il n'y a pas foule, nous croisons quelques hommes d'affaires au centre-ville, déjeunons dans un succulent restaurant italien, mais face à l'absence totale d'animation, nous repartons assez vite en direction de Lafayette à quelques dizaines de kilomètres de là. Hélas, ici non plus, pas grand chose à signaler, nous nous promenons sur le campus de l'université, très British dans son architecture, et faisons le plein de provisions chez le géant WallMart pour les prochains jours de route.
- Etape 11 (19 au 21 Juillet): le Texas Le 19 Juillet, nous quittons les terres humides et orageuses de la Louisiane pour nous diriger vers l'Etat des cow-boys et de la famille Hewing (Dallaaaaaaas !!!). Nous ne ferons qu'une pause éclair à Houston, et poursuivons la route vers l'Ouest en direction de San Antonio. Et c'est là que nous voyons le paysage changer radicalement. Tandis que depuis le début de cette aventure, l'environnement se résumait à de hauts arbres verts obstruant la vue à des kilomètres à la ronde (excepté la Floride), nous voyons pour la première fois les bas-côtés se clairsemer progressivement. La terre jaunie par endroits se fait plus aride, et plus vallonée également. Les arbres sont de plus en plus rares, et les buissons remplacent leurs homologues à feuilles caduques... ça fleure bon le grand ouest tout ça ! Nous posons nos valises dans un petit motel à l'entrée de San Antonio, sous un orage exceptionnel. Le lendemain, le 20 Juillet, nous nous rendons au centre de la ville, où l'ambiance mexicaine fait son apparition. Nous visitons le Fort Alamo (là où Davy Crockett a trouvé la mort avec d'autres soldats), longeons la petite rivière au coeur de DownTown et dégustons de savoureux petits plats sous des parasols aux couleurs chatoyantes. En milieu d'après-midi, nous reprenons l'autoroute en direction d'Austin, que nous n'aurons pas l'occasion de visiter, hélas, pas plus que Dallas. Le planning est assez serré, et le Texas en a fait les frais. Coincés dans des embouteillages monstres, nous quittons la route pour trouver un magasin de camping histoire de trouver de quoi rafistoler notre tente qui a connu quelques pépins trois jours plus tôt. Le soir, nous arrivons à la nuit tombée dans un motel en bordure d'autoroute, à côté d'Abilène. La chaleur est écrasante, je pars courir pour me défouler et l'absence de vent manque de faire exploser ma tête tant il fait chaud !!!
- Etape 12 (21 au 24 Juillet): le Nouveau Mexique Le 21 Juillet, nous traversons les terres qui séparent le Texas du Nouveau-Mexique. Le paysage est de plus en plus désertique, nous voyons les silhouettes de Derricks se balancer d'un rythme lent et perpétuel en pompant le pétrole sous-terrain. Nous croisons également de gigantesques champs d'éoliennes, les plus grands qu'il m'ait été donné de voir jusqu'ici ! Qui aurait cru qu'un Etat comme le Texas puisse être autant en avance... La route est longue jusqu'au Nouveau-Mexique, mais à force de traverser de tous petits villages en bois que l'on croirait tout droit sortis d'un film de cow-boys, nous arrivons enfin aux portes du grand-ouest américain. Depuis le haut d'une colline, nous surplombons une gigantesque cuvette entourée de montagnes aux pentes arides et étouffées par la chaleur: devant nous se tient la petite ville de Roswell. Nous nous rendons au Visitor Center et sommes aimablement accueillis par une guide qui sait nous choyer comme nulle autre pareil. Les valises posées dans un motel, nous partons à la recherche d'un petit restaurant... mais hic, tout ferme à 21h00 ou presque ici ! Nous trouvons enfin un bar de rock où nous sommes servis par un jeune du cru, qui a grandi dans la ville: il nous confie que la réputation des petits-hommes verts attachée à Roswell, il en a ras la casquette ! Le soir, l'orage gronde, nous quittons la ville et partons faire des photos de cette ambiance surréaliste, nichés dans la campagne alien. Le 22 Juillet, nous visitons le centre-ville, son musée consacré aux OVNIS et à l'épisode du crash supposé d'une soucoupe volante en 1947. Le lieu est kitsch au possible, entretenu avec les fonds des visiteurs, mais très bien documenté et reflète assez bien ce qui s'est passé ici il y a longtemps. Nous découvrons ensuite une galerie de black painting tenue par un vieux monsieur en respirateur, des boutiques aux objets poussiéreux mais toujours très fun et prenons le large dans la campagne du Nouveau-Mexique, en direction de l'Ouest. Nous visitons la contrée de Billy the Kid, nous promenons sur un site de pétroglyphes plus au Sud pour finir par poser nos bagages dans un motel 6 situé à Alamogordo, près de la frontière mexicaine. Le 23 Juillet, réveil sous un soleil de plomb, nous partons au monument national de White Sands, qui comme son nom l'indique est une véritable mer de sable blanc, perdue au beau milieu de nulle part, et qui a servi accessoirement de test pour la première bombe nucléaire américaine, et est toujours une zone de tirs de missiles. Nous en profitons pour louer une "luge" et dévaler les pentes... hélas, la luge étant faite pour la neige, la glisse sur le sable est bien moins efficace, et l'on peut aisément s'en passer. Le paysage est lunaire, la chaleur écrasante mais la visite en vaut vraiment la peine ! Nous repartons vers le Nord, faisons une pause à Albuquerque au beau milieu d'un festival de musique urbaine, puis rejoignons le motel Super 8 de Santa Fe. Toutes les habitations de la région sont en Adobe (argile marron) et confèrent aux lieux des airs mexicains du plus bel effet. Le 24 Juillet, nous partons visiter le village de Taos, un des derniers vestiges des amérindiens (un peu surfait au passage...), franchissons le Gorge Bridge, puis traversons une partie du Colorado avant de rejoindre, tard dans la nuit, un camping situé à Moab, dans l'Utah.
- Etape 13 (24 au 26 Juillet): l'Utah Lundi 25 Juillet, réveil à Moab, direction le parc national des Arches. De quoi remplir une à deux journées, selon que vous êtes amateurs ou non de randonnées, le parc offre de nombreux points de vue sur des structures titanesques sculptées par le temps et l'érosion. A voir absolument, une vraie merveille de la nature ! Le soir, après une journée entière passée à arpenter les sentiers du parc, nous trouvons repos dans un petit motel de Moab, attention, si vous ne réservez pas à l'avance à cette période de l'année, vous risquez de vous en mordre les doigts ! Mardi 26 Juillet, nous partons visiter Monument Valley et nous la jouons Lucky Luke avec une randonnée au beau milieu des trois buttes ô combien connues. Le site est en plein territoire Navajo (tribu amérindienne ancestrale) qui gère elle-même le parc. Du coup, ici point de bitume pour se promener, les voitures doivent se la jouer tout terrain, au risque d'y laisser quelques eraflures et de bien jolies traces de boue (nous y avons subi des pluies torrentielles, suivies de très belles éclaircies). Le parc est assez petit, compter une journée maximum en prenant bien son temps. Il est possible d'y effectuer des balades à cheval. Quoiqu'il en soit, le panorama est à couper le souffle, et les lueurs d'un coucher de soleil ravivent les couleurs de la pierre à la nuit tombée. Le soir nous reprenons la route vers l'Ouest, en direction de l'Arizona.
- Etape 14 (26 au 30 Juillet): l'Arizona Une fois arrivés près de la ville de Page en Arizona, au bord du lac Powell, nous tombons vite des nues... la ville est overbookée ! Pas un camping à l'horizon, tous les motels sont complets, nous ne savons pas où passer la nuit. Après de multiples allers-retour à travers la ville et des erreurs de GPS, nous trouvons un motel perdu à 50 ilomètres de là, visiblement nous ne sommes pas les seuls à avoir trouvé notre roue de secours pour la nuit. Tenu par un couple de septuagénaires, le lieu est un vrai cri d'amour à la mère patrie américaine. Toute la décoration, des draps aux tableaux en passant par la nappe, la poubelle, la salle de bain ou les rideaux, absolument tout fait référence aux symboles américains ! Tout bonnement hallucinant ! Le 27 Juillet, après un repos bien mérité, retour à Page où nous visitons le barrage de Glen Canyon (dont la retenue d'eau n'est autre que le lac Powell, un gigantesque réservoir artificiel, lieu de nombreuses activités nautiques), puis, dans l'après midi, nous partons visiter Antelope Canyon, dont les méandres creusés par l'écoulement des eaux de pluie, donne lieu à de superbes prises de photos, surtout quand des rayons de lumières viennent zébrer le tunnel ! L'arrivée sur les lieux (entretenus une nouvelle fois par les amérindiens Navajos) est l'occasion d'une vraie séance de rallye avec une guide qui se la joue Sébastien Loeb dans une camionette qui commence à dater, bref une vraie partie de rigolade ! En fin d'après-midi, nous reprenons notre chemin vers l'Ouest, quittons la route le temps d'une petite randonnée en direction du Horseshoe Bend (méandre du Colorado en forme de fer à cheval), et arrivons enfin dans le parc national du Grand Canyon. Nous progressons depuis l'Est (Desert Point, superbe entrée en matière), et plantons la tente pour 3 nuits dans un camping situé à une dizaine de kilomètres au sud de l'entrée principale. Le 28 Juillet, nous passons par l'inévitable visitor center, puis longeons l'arête principale de South Rim ("rive sud") qui offre des points de vue à couper le souffle sur le Grand Canyon, sa rive Nord, et à de rares endroits, sur le Colorado, situé 1400 mètres plus bas. Des navettes de bus très fréquentes et bien réparties permettent au visiteur de ne pas se farcir des marches trop longues et nous avons testé le restaurant du lieu, vraiment très bon et pas trop l'arnaque. Nous avons croisé des biches pas farouches pour un sou, et le soir, pour le coucher de soleil, un arc-en-ciel plongeant droit dans la gorge est venu récompenser les visiteurs. L'image est absolument magique, empreinte d'une féerie indéniable. Le lendemain, le 29 Juillet, je me dis que je ne peux tout de même pas repartir du Grand Canyon sans avoir vu le Colorado de mes propres yeux. Je décide donc de partir pour une longue randonnée (la Bright Angel Trail), qui descend sur 13 kms avec 1400 mètres de dénivelé avant d'atteindre le fleuve, encore glacial même à cette saison. Le chemin est clairement balisé, et parsemé de trois points d'eau salvateurs tant la chaleur est rude. Je croise des biches avec leur faon, quelques rares autres randonneurs, et rejoins le point de départ en un peu moins de 6 heures. Éprouvant, mais ça en vaut la peine ! Je rentre au camping épuisé !
- Etape 15 (30 Juillet au 2 Août): Las Vegas - Le Nevada Le 30 Juillet, nous quittons la zone du Grand Canyon en direction du Nevada. Une petite pause au barrage Hoover sur le Colorado (bondé de monde, assez impressionnant), et nous voilà de retour en plein désert, quand surgit alors de nulle part une vaste cité entourée de montagnes lointaines... bienvenue dans l'empire du jeu, du luxe et de la démesure ! Mais détrompez-vous, bien que Vegas ait la réputation sulfureuse voire limite ostentatoire qu'on lui prête, la ville est très abordable ! La concurrence dans le secteur de l'hôtellerie-restauration est telle qu'en cherchant bien, on trouve des tarifs absolument imbattables, tant pour les motels que les restaurants, ou buffets à volonté à quelques 7$... Cependant, nous avions décidé de nous faire plaisir, et ce bien avant le début du road trip. Les nuits d'hôtel à Vegas étaient d'ailleurs les seules que nous avions réservé longtemps à l'avance dans ce road trip. Cette fois-ci, nous passerons deux nuits au Louxor (la gigantesque pyramide noire) et une dernière dans un petit motel 6. La foule est omniprésente à notre arrivée, il est 15h00 mais les femmes sont déjà en tenue de soirée, un verre à la main, prêtes à dilapider la fortune de leur mari !!! Nous récupérons les pass, grimpons jusqu'à la chambre dans un ascenseur oblique (au départ, on a tendance à tomber sur le côté), et partons profiter des lieux et de l'excellent buffet à volonté ! S'en suivent deux jours à parcourir la ville, visiter les expos de l'hotel (Bodies et Titanic), un spectacle de magie de Criss Angel, découvrir tous les hôtels du Strip, depuis le Mandalay jusqu'au César Palace de Céline en passant par le MGM (tous sont de véritables petites villes !) et la Stratosphère avec ses attractions au sommet de la tour. Nous récupérons au passage un ami à nous à l'aéroport qui nous accompagnera durant les deux semaines à venir. Au final, tout va très vite à Vegas, tout est disproportionné, le visiteur est comme noyé dans un abîme de lumière, de cris, de cliquetis incessants à donner le tournis. Vegas est inintéressant pour quiconque ne recherche pas la démesure et le côté festif du sex and money, pour les autres, ce sera un véritable petit paradis, parfait rejeton d'une industrie du tourisme déconnectée de la réalité.
- Etape 16 (2 au 4 Août): La Vallée de la Mort Le 2 Août, nous quittons la frénésie de Vegas en reprenant la route vers l'Ouest. Nous franchissons de petites montagnes, puis quittons l'autoroute principale pour entamer notre descente vers la Vallée de la Mort. Le soleil se couche paisiblement et pare le ciel d'un voil rouge du plus bel effet. Nous nous acquittons du droit d'entrée dans la Vallée auprès d'un guichet automatique alors que la nuit tombe pour de bon. Étonnamment, la température de diminue pas... mais continue d'augmenter plus on s'enfonce dans la Vallée ! Alors qu'il faisait 25°C sur les plateaux que nous venons de quitter, il règne pas moins de 43°C au coeur de la Vallée de la Mort, alors qu'il y fait nuit noire et qu'il est 23h00 !!! Toute sortie hors de la voiture climatisée se transforme en véritable épreuve. Nous arrivons au seul camping/hôtel du Parc National, que nous n'avions évidemment pas réservé, et qui est bien sûr complet. Nous nous approchons alors d'une zone, à quelques kilomètres de là, où il est paraît-il possible de planter la tente. Manque de bol, c'est fermé de Mai à Octobre ! Bon, eh bien il ne nous reste plus qu'à ressortir du Parc, pour finalement trouver refuge dans un motel d'une petite ville à une soixantaine de kilomètres de là. Vu l'heure, on téléphone avant, et on nous invite à récupérer la clef au fond du Casino (!) qui borde l'hotel. En effet, en débarquant sur le coup des 1h00 du matin, je traverse un petit casino où 3 personnes végètent devant des machines à sous, dans ce petit bled paumé ! Le 3 Août, nous retournons dans la Vallée de la Mort pour une journée, comment dire, infernale ! Nous démarrons par visiter le village fantôme de Rhyolite, abandonné au début du siècle suite à une panique bancaire qui a détruit l'exploration minière des environs. A l'entrée du village, nous découvrons les sculptures ubuesques d'un artiste belge: des spectres blancs, un canapé en pierre ou une bimbo sculptée version Lego, voilà qui est assez original pour un lieu comme celui-ci ! Nous partons vers le Sud, et la température à l'ombre atteint son record de la journée: 51°C !!! Heureusement, l'air est très sec, mais tout de même, c'est assez violent. Il faut dire que les mois d'Août et Juillet sont ceux à éviter pour venir dans la Vallée de la Mort... Nous arrivons au coeur d'un désert de dunes (Mesquite Sand Dunes), retournons à Furnace Creek (le fameux camping/hotel bondé), faisons étape à l'Artist's Pallete où la roche prend des teintes vertes, orangées, violacées et rougeâtres dignes d'une toile. Nous poursuivons avec le Zabriskie Point, puis la zone extraordinaire du Badwater Basin, lac de sel situé à 85 mètres sous le niveau de la mer ! La vision est à la fois idyllique et apocalyptique, tant la blancheur du sol nous éblouit et la chaleur nous écrase. En fin de journée, nous reprenons la route vers le Sud et quittons la Vallée de la Mort. Nous arrivons de justesse à trouver une station essence pour remplir le réservoir, et nous dirigeons vers l'Ouest et la Californie pour venir planter la tente (une nouvelle, achetée chez Walmart !) dans un camping KOA près de l'Autoroute.
- Etape 17 (4 au 9 Août): Los Angeles Le 4 Août, après des dizaines de kilomètres de banlieue, nous débarquons à Venice Beach, puis allons trouver un motel pas cher (technique du coupon) non loin d'Hollywood boulevard. Le soir nous sortons dans un restaurant "chic" du centre de Los Angeles (Gwen Stefani y avait organisé sa fête d'anniversaire une semaine auparavant), mais pas très bon, et nous prenons une prune pour erreur de stationnement ! Le 5 Août, au réveil, rebelote, la voiture n'était pas garée dans le même sens que les autres et de nouveau la prune ! Méfiez-vous des pervenches de Los Angeles, qui ont la dégaine facile ! Aujourd'hui, direction le parc des studios Universal, situé sur les collines d'Hollywood. Le parc en lui même est assez petit, mais propose une paire d'attractions à sensations (Jurassic Park, La Momie, simulateur Simpson), de nombreux décors splendides (on se croirait vraiment au coeur du film aux dinosaures), des spectacles ahurissants (Waterworld, Terminator), mais surtout la visite en petit train des studios Universal où sont tournées des films et séries comme Les Experts, Desperate Housewives (on pénètre même dans la rue des 5 ménagères !!!), les dents de la mer ... En résumé, un bon parc, divertissant et pas trop bondé de monde, à recommander ! Le 6 Août, nous arpentons le Walk of Fame, ensemble ultra-connu de trottoirs où les étoiles au sol récompensent des artistes dans des domaines aussi variés que la musique, le théâtre, le cinéma, la radio et la télévision. Une petite photo devant le Kodak Theatre (renommé depuis Dolby Theatre suite à la faillite de Kodak) dans les traces de Will Smith, et nous voilà repartis pour une petite balade au coeur des collines d'Hollywood, afin d'apercevoir les fameuses lettres blanches. Hélas, nous empruntons un chemin qui relève plus du parcours du combattant que de la promenade de santé. La pente est raide, les herbes hautes, la terre dévale sous nos pieds, nous nous agrippons au moindre caillou, quand enfin nous rejoignons ce qui était censé être le chemin d'accès. Ouf ! Clic-clac, quelques poses comme des stars, et vient l'heure de redescendre. Sauf qu'une fois encore, pour écourter, nous empruntons la mauvaise voie, et nous retrouvons sur le terrain d'une immense propriété privée (d'une star ???). Finalement, après maintes remontées et descentes, nous rejoignons enfin la voiture, couverts de terre. Sympa Hollywood ! Sur le retour, nous passons faire un détour à Beverly Hills, quartier très paisible comme dans la série télé, puis rejoignons le bord de mer pour nous installer pour deux nuits dans une auberge de jeunesse en front de mer à Hermosa Beach. Nous passons la soirée à Hollywood, et à notre retour, la zone est transformée en véritable beuverie digne des lus grands spring breaks. Une de nos colocataires est d'ailleurs très affairée avec un américain à notre arrivée dans la chambre, mais bon, ca n'a pas l'air de les gêner, et ca continuera toute la nuit, vive le spectacle ! Le 7 Août, seule journée de mauvais temps, nous passons du temps à la plage et avec les autres jeunes de l'auberge. Les cabines de sauveteurs sont les mêmes que dans Alerte à Malibu, mais l'eau est assez froide et pleine d'algues ! Le 8 Août, nous plions bagages, et nous rendons à Los Angeles pour payer nos deux amendes. Ensuite, direction le centre-ville (business), où les hommes d'affaires costume trois pièces côtoient les mendiants par dizaines. Le contraste est saisissant, la pauvreté criante. Rien de bien extraordinaire, un petit détour par la gare et le quartier Japonais, nous nous dirigeons en fin de journée vers le Dodgers Stadium, le stade de Baseball de l'équipe locale qui affronte ce soir les Phillies de Philadelphie. Près de 4 heures de match dans une ambiance du tonnerre où petits et grands partagent cette même soif de victoire, vraiment sympa ! Hélas, les Dodgers de L.A ont perdu... Il fait nuit noire, nous retournons à la voiture et prenons la direction du Nord. Nous plantons notre tente sur les 2h00 du matin, dans un camping KOA perdu dans les terres vallonées de la Californie.
- Etape 18 (9 au 13 Août): San Francisco Le 9 Août, nous passons la journée à rejoindre San Francisco, en alternant avec la côte brumeuse et fraîche, et les terres arides et ensoleillées (le contraste est frappant !). Nous débarquons dans la ville en plein festival de musique, du coup les tarifs des motels, déjà assez élevés dans le coin, ont pratiquement doublés... il faudra faire avec. Attention en revanche, tout ferme tôt à San Francisco, et trouver de quoi manger passés les 21h00 relève du défi ! Le 10 Août, il fait toujours aussi moche et frais, nous partons profiter de la plage au Nord de la ville. Une vue imprenable sur la baie, le Golden Gate et la prison d'Alcatraz. Nous continuons notre découverte du littoral plus à l'Ouest, avec China Beach et le Lincoln Park. Les pulls ne sont pas de trop ! Le soir, un petit tour dans le Castro où l'on a même pu voir l'ancienne boutique d'Harvey Milk. Le 11 Août, direction la rive Est de la ville, près du stade de Baseball. Nous nous rendons sur les quais et partons explorer les alentours en kayak ! L'eau est froide, le vent fort, mais le jeu en vaut la chandelle. Nous voilà face au centre-ville, au milieu des ferry, entre les piles titanesque du pont qui relie la ville à Oakland. Un éléphant de mer nous accompagne quelques instants, avant que le terrible courant qui sévit dans la baie de San Francisco ne vienne achever nos bras ! Nous changeons de motel pour notre dernière nuit et dînons dans un restaurant typiquement américain (déco, carte, service, tout y passe !). Le 12 Août, pour notre dernière journée tous les trois, nous débarquons au Fisherman's Wharf, la zone touristique portuaire au Nord de la ville. Au programme, dégustation du Clam Chowder dans un pain creux au Boudin Café, et découverte du Pier 39 et ses multiples combats d'otaries et autres éléphants de mer. Ca braille dans tous les sens, mais qu'est ce qu'on rigole ! Nous continuons la visite en nous dirigeant vers la Coït Tower, offrant une vue imprenable sur la ville, puis partons faire un petit tour au musée des Cable Car (les fameux tramways de San Francisco). En sortant, nous sautons dans un des wagons pour une petite virée au centre-ville: l'engin est archi-bondé, impossible de s'asseoir, et je manque de heurter les passagers qui arrivent en sens inverse et qui n'ont pas plus de place que moi. Enfin, nous découvrons la Lombard Street et son fameux passage aux virages serrés agrémentés de jardinières toutes plus colorées les unes que les autres. Voilà, s'en est finit de notre voyage à plusieurs, je raccompagne mes amis à l'aéroport, et quitte la ville le soir même, direction Oakland où je passerai la nuit dans un motel avant d'entamer le mois d'aventures qu'il me reste, en solitaire.
- Etape 19 (13 au 18 Août): Sierra Nevada 13 Août 2011, je passe la journée à rouler en direction du Sud-Est, et pose ma tente dans un camping de Fresno, le temps de faire le plein de provisions et de repos pour les jours à venir. La ville est coincée dans une large vallée aride, entre la côte Californienne et la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada. Le 14 Août 2011, je file vers l'Est au coeur du relief. Les terres sont désertiques, mais plus je grimpe en altitude, plus les conifères tapissent les versants. Je traverse la Sequoia National Forest, puis arrive à l'entrée d'un parc national qui en regroupe en réalité deux: le Sequoia National Parc, et le King's Canyon National Parc. Je m’acquitte des 20$ de droits d'entrée, et commence par le premier, au Sud. Je tombe sur le camping de Dorst Creek, par chance, il n'est pas complet. J'y plante la tente, et repars sur les routes sinueuses du parc. Je pars faire une randonnée aux chutes Tokopah (depuis le Lodgepole Village), aperçois un bébé ours noir, et contemple cette vallée fertile zébrée d'une rivière glaciale. Ensuite, je me rends dans la Giant Forest, qui comme son nom l'indique, a la particularité de rassembler les Séquoias géants parmi les plus imposants au monde, et ça n'est pas peu dire. On se sent pour le coup très, très petit face à l'immensité des colosses de bois, dont certains sont couchés à même le sol, leurs racines n'ayant pas été assez résistantes. Parmi eux se trouve le General Sherman Tree, l'arbre le plus gros du monde. Le 16 Août, après une fraîche nuit passée en montagne, je me rends au Sud de la Giant Forest, découvrir le point d'observation du Moro Rock (vue imprenable sur le parc moyennant quelques marches à gravir, et sur la vallée de Fresno), puis m'en vais rejoindre la Crescent Meadow, véritable vivier de jeunes pousses où règne un calme enchanteur. Je rebrousse ensuite chemin pour me rendre au Nord, dans le parc du King's Canyon. En effet, celui-ci s'articule le long d'une gorge qui descend petit à petit (sa hauteur cumulée est d'ailleurs supérieure à celle du Grand Canyon), avant d'arriver à "la fin de la route". Il n'est plus possible de continuer en voiture, je décide donc de partir en randonnée sur une quizaine de kilomètres, et découvre les chutes des Mist Falls, dans une brume troublante. La nuit tombe sur la Sierra Nevada, je rebrousse chemin, exténué, et plante de nouveau ma tente au camping de Fresno. Le 17 Août, je me rends au parc National du Yosemite, et y perds un temps précieux à trouver un camping qui ne soit pas encore complet. Hélas, tous le sont ! Du moins, sur les affiches de façade. Tentant le tout pour le tout, j'insiste auprès de l'un d'entre eux, qui m'annonce qu'il reste finalement des places: même si le panneau "complet" est affiché, c'est en réalité une 'tactique' des autorités du parc... mouais. Le Yosemite figure parmi les parcs nationaux les plus connus et fréquentés des Etats-Unis (4 millions de personnes chaque année), j'ai le sentiment de me retrouver au coeur d'une usine à touristes. Les voitures sont garées sur le bas côté comme lors d'une épreuve du tour de France, je ne compte plus les campings amassés au coeur de la vallée, un supermarché, des hotels, cafétérias, service de navette en veux-tu en voilà, bref, on est assez loin de l'intimité des parcs du Sequoia et du King's Canyon. Mais bon, passons. Je découvre les chutes Bridalveil, effectue une petite rando au Mirro Lake, et me dirige en fin de journée au Glacier Point, au beau milieu d'un incendie de forêt (commandé et maîtrisé par les pompiers) commun à cette saison. De là, la vue est simplement parfaite. La lueure rose pâle du coucher de soleil confère à la scène une douceur indescriptible. J'aperçois des chutes au loin, ainsi que l'énorme Half-Dome qui fait le bonheur des randonneurs. Plus bas, la vallée du Yosemite paraît ridiculement petite, tandis qu'un cerf et sa biche viennent se repaître au milieu des touristes, comme un petit cadeau de la nature après cette belle journée. Je passe la nuit au camping, sous un ciel rempli d'étoiles brillantes comme jamais ! Le 18 Août, je me dirige à l'Est du parc, vers les Tuolumne Meadows (prairies Tuolumne) autrefois recouvertes par un glacier. La randonnée me donne l'occasion de grimper sur un énorme amas rocheux au point de vue imprenable, et de découvrir un petit lac digne d'une carte postale. Je reprends la route dans l'après-midi et quitte les terres du Yosemite pour redescendre, à l'Est, dans les zones désertiques de la Californie. J'ai franchi la Sierra Nevada ! Un petit arrêt au Mono Lake, et je m'installe en fin de journée dans un petit motel à Carson City, qui marque mon retour dans le Nevada.
- Etape 20 (18 au 21 Août): Salt Lake City Le 18 Août, sur la longue route qui me mène au Nord de l'Utah, je m'arrête dans un motel de la ville d'Eiko, typique des bourgades moyennes au coeur du territoire américain, où les locaux roulent, chapeaux de cow-boys vissés sur le crâne, dans d'énormes 4x4. Le casino est directement intégré au motel, et je retrouve même une balle de 9mm (non utilisée...) dans ma chambre ! Le 19 Août j'aperçois les premiers reliefs annonciateurs des Rocheuses au pied desquels se cache l'imposante ville de Salt Lake City. Je débarque dans une très bonne auberge de jeunesse (Avenues Hostel), et part avec mon nouveau colocataire japonais visiter la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde: la Bingham Canyon Mine. Le soir, bonne petite bouffe entre jeunes et moins jeunes à l'auberge. Le 20 Août, nous partons avec deux de mes compères, visiter le centre-ville, évidemment marqué par l'omniprésence des Mormons. Nous découvrons le Temple, qui regroupe plusieurs édifices religieux, et sommes abordés par deux missionnaires mormones. Nous voilà donc un petit groupe d'origines diverses (Japon, Italie, France, Corée du Sud, Bangladesh), pendant quelques heures, à discuter philosophie, croyances et religions en traversant les bâtiments mormons. Unique et très instructif ! L'après-midi, je me rends aux abords du Great Salt Lake, plus particulièrement dans le State Park d'Antelope Island, vaste île assez bien préservée du tumulte touristique. Ici, des bisons par dizaines se promènent en liberté, des antilopes également, et il y a un petit musée sympathique à l'entrée. J'ai également pu me baigner dans le lac de sel (je confirme, on flotte bel et bien, mais pas autant que dans la mer Morte !), moyennant une rencontre avec des centaines de milliers de moucherons inoffensifs qui tapissent le rivage et se meuvent dans un bourdonnement terrible. Phobiques des insectes s'abstenir ! Je rentre passer la soirée avec les habitants de l'auberge. Le 21 Août, je quitte cette ville qui aura constitué une étape originale, pour prendre la direction du Nord, à travers les plaines de l'Idaho (où je croise une hideuse usine du géant Monsanto qui défigure le paysage) et les montagnes du Wyoming.
- Etape 21 (21 au 24 Août): le Yellowstone En suivant la Highway 89, je traverse la petite ville de Jackson avant de pénétrer dans la zone du Grand Teton et Yellowstone National Park. Le droit d'entrée donne accès aux deux parcs. J'ai cependant privilégie le second, ne serait-ce que pour sa diversité. Cette fois-ci, par mesure de prudence, j'ai réservé tous les campings à l'avance, car ressortir du parc (dont la superficie est colossale) pour rejoindre le premier motel prendrait des heures. J'installe la tente au camping du Grant Village, très agréable, puis part découvrir une zone de geysers et sources chaudes au bord du lac Yellowstone, au West Thumb Geyser Basin. Le jour tombe, et je réalise soudain que j'ai déjà avalé de nombreux kilomètres depuis la Californie, et la température vient me le rappeler violemment ! La nuit, bonjour pulls, doubles voire triple paires de chaussettes, duvets et couvertures, car on frise les 5°C même en été. Le 22 Août, je poursuis la visite du parc (en forme de grande boucle, pratique pour tout découvrir sans allers-retours incessants), franchis le Continental Divide (limite depuis laquelle les eaux s'écoulent soit en direction du Pacifique, soit vers le Golfe du Mexique). J'assiste à des éruptions de geysers (randonnée du Lone Star Geyser, Old Faithful Geyser au coeur du Geyser Basin), et respire les vapeurs souffrées des sources d'eau chaudes aux couleurs chatoyantes. Certaines d'entre elles ressemblent à de véritables piscines d'eau turquoise transparente. Je croise des coyottes, des biches, des criquets et savoure ces instants passés au beau milieu d'une nature luxuriante au possible. Je passe la nuit au camping Madison, au Nord Ouest du parc. Le 23 Août, je découvre l'Artist Paint Pot (véritable pot à peinture de boue en ébullition), et la zone de Mammoth Spring avec son petit village qui ressemble à s'y méprendre à un bourg des Pyrénées ! Par la suite, je réalise l'ascension du Mont Washburn qui offre un panorama à 360° sur l'ensemble du parc, et au loin, sur les montagnes du Grand Teton. J'y croise un petit écureuil, lointain cousin de Tic et Tac, qui prend un malin plaisir à jouer à cache-cache ! En fin de journée, je redescends au Sud-Est du parc, et me rend au bord du Yellowstone Canyon, d'où il est possible de contempler de somptueuses chutes d'eau plantées au beau milieu d'un décor unique balafrant le territoire comme une grosse cicatrice. Je reprends alors la voiture, et voilà qu'un troupeau de bisons en liberté a décidé de venir au bord de la route. Plusieurs mâles entament même des joutes sur le bitume, pour le plus grand bonheur des photographes amateurs présents. Je plante ma tente au camping de Lake Village, après m'être restauré dans le très bon établissement de l'hôtel local.
- Etape 22 (24 au 25 Août): le Mont Rushmore Le 24 Août, en quittant le parc du Yellowstone, je me retrouve planté derrière un bison qui a trouvé bonne l'idée de marcher droit sur la route en lieu et place des voitures. Et c'est qu'il prend son temps le bigre ! En chemin, je m'arrête au bord de petits lacs paisibles, quand progressivement, les montagnes fertiles des Rocheuses laissent la place à de vastes plateaux désertiques: je traverse aujourd'hui l'Etat du Wyoming d'Ouest en Est. Je me fais arrêter au passage par un flic pour excès de vitesse (comme dans les films, mais sans les mains sur le capot !). Par chance, il ne comprenait rien aux hiéroglyphes de mon permis de conduire français, et j'ai pu repartir avec un bon gros sermon, mais sans amende, ouf ! Je traverse les terres du terrible Buffalo Bill, qui chassait l'animal éponyme afin de nourrir les ouvriers constructeurs des voies de chemin de fer. Je finis par déposer mes bagages après 700 kilomètres de route, au coeur des Black Hills. Le 25 Août, je me dirige au Nord Est et débarque au Monument National du Mont Rushmore. L'entrée (10$) met aussitôt dans l'ambiance machine à touriste: un énorme hangar de postes de péages, suivi par un parking à plusieurs étages, tout cela planté au beau milieu de collines boisées qui n'ont rien demandé à personne. En progressant, je tombe sur une allée bondée de touristes, une boutique de souvenirs supermarché, et m'empresse de rejoindre un groupe qui écoute attentivement un ranger raconter moult choses intéressantes sur les lieux. C'est plutôt impressionnant de se retrouver face à ce célèbre monument à l'effigie de 4 présidents américains (Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln), et j'en apprends plus sur la construction de la sculpture par son créateur. La maquette est exposée dans un petit musée. Je m'enfile une glace à l'italienne et repars sur les chapeaux de roue en direction de l'Est pour trois jours de route, direction les bords du lac Michigan.
- Etape 23 (25 au 31 Août): Chicago Pas moins de trois jours me seront nécessaires pour rejoindre Chicago, à plus de 1500 kilomètres de là, sur d'interminables lignes droite assez peu fréquentées. J'ai traversé le Dakota du Sud, aussi désertique que l'Utah, franchi de nouvelles montagnes, puis ai progressivement vu le paysage changer, du Wisconsin au Minnesota, et jusqu'à l'Illinois. Les arbres touffus se sont faits de plus en plus nombreux, et j'ai retrouvé ce que j'avais laissé sur la côté Est. Le 28 Août, je débarque dans la ville, et gare la voiture près d'une des nombreuses plages de Chicago, dans un quartier populaire. De nombreuses familles afro-américaines partagent un goûter au bord du lac Michigan, à l'abri du tumulte de la ville, que je n'avais pas connu si violent depuis Los Angeles. Le 29 Août, je pose mes bagages dans une excellente auberge de jeunesse (Chicago Getaway Hostel), très bien située, près du parc Lincoln. Ni une ni deux, je prends mon ticket transports illimités 3 jours (14$) et m'empresse de monter à bord du métro aérien bien connu (le Loop). J'arrive au coeur du centre d'affaires, les tours sont gigantesques, je suis écrasé par la foule et le poids de la ville. Je pars à la rencontre du Millenium Park avec sa fameuse sculpture en forme de haricot argenté (Cloud Gate) qui déforme les silhouettes dans un jeu de contorsions diaboliques. Je me promène aux abords du port de la ville, puis arpente les rues au pied de quelques buildings historiques et de la statue géante de Marilyn Monroe. Le 30 Août, je me rends au Lincoln Parc, véritable poumon vert de la ville, et pénètre dans le zoo éponyme (et gratuit). Quel plaisir de voir un lieu public aussi intéressant, riche en découvertes, et où les petits (et les grands) s'amusent comme des fous. L'après-midi, je pars faire la visite de la Willis Tower (autrefois appelée Sears Tower), officiellement le bâtiment le plus haut du monde jusqu'en 1998, avec ses 440 mètres de hauteur. Le skydeck, au 103ème étage, nous donne la possibilité de marché sur des alcoves en verre, et d'être ainsi suspendus dans le vide... impressionnant, à faire absolument ! Le soir, je me rends dans l'autre tour réputée de la ville: le John Hancock Center, qui offre une terrasse d'observation, à ciel ouvert cette fois-ci (bon, ça reste une grille malgré tout). La vue est meilleure qu'à la Willis Tower, et surtout, la visiter la nuit procure une toute autre sensation. Le 31 Août, je me rends une dernière fois en bord de lac, il fait très beau et chaud, et je me croirais presque en Méditerranée. J'approche alors du Navy Pier, vaste quai reconverti en zone de loisirs avec attractions, cafés, restaurants, et une grande roue. Par la suite, je récupère la voiture et me retrouve coincé dans des embouteillages monstres pour quitter la ville. Chicago est une vraie pieuvre qui s'étend sur des dizaines et des dizaines de kilomètres ! J'ai cru que je n'en verrai jamais la fin ! J'arrive malgré tout à quitter l'Illinois, et me rend dans l'Ohio. Je débarque en plein territoire Amish, et croise des calèches tirées par des chevaux, et des habitants tout droit sortis du siècle dernier, à vélo le long des routes. La nuit venue, je plante ma tente dans un camping de l'Etat, seul au bord d'un lac infesté de moustiques.
- Etape 24 (31 Août au 2 Septembre): les chutes du Niagara Le 1er Septembre, je parcours la route qui me sépare de Buffalo, à l'extrêmité Ouest de l'Etat de New-York. Je ne m'arrête hélas pas à Cleveland, et arrive en fin de journée à Niagara Falls, côté américain. C'est un peu la douche froide. La fille de l'auberge (Wonderfall hostel, très bien, comme à la maison) me présente un plan de la ville, et s'empresse de marquer d'une grosse croix rouge la moitié du territoire en me conseillant d'éviter de me balader là-bas, sinon dieu sait ce qui pourrait m'arriver. En effet, en arrivant, j'avais trouvé que ca craignait un peu... Pour résumer, à Niagara Falls, un énorme boulevard coupe la ville en deux, d'un côté les pauvres (afro américains pour la plupart), de l'autre l'usine à touriste avec hôtel-casino. La nuit venue, je pars à la découverte des chutes illuminées par des projecteurs multicolores depuis le Canada. L'image est grandiose, les couleurs changent sans arrêt, et quand vient le tour du rose bonbon, on se croirait face à un nuage de barbe à papa. Le 2 Septembre, je retourne près des chutes pour les observer à la lueur du jour, et entame une randonnée sur les flancs de la gorge, là où les anciens tramways du début du siècle circulaient encore en promenant leur flot de touristes, avant que plusieurs d'entre eux ne valdinguent directement dans les eaux glaciales de la rivière Niagara. L'après-midi, j'enfourche mon fidèle destrier et prends la route de l'Est, pour la prochaine et dernière étape, de nouveau à New-York !
- Etape 25 (2 au 6 Septembre): New-York Le 2 Septembre, je passe la nuit dans un motel de Pennsylvanie. Le 3 Septembre, j'arrive à New-York, en roulant au pas à travers le Lincoln Tunnel. Je retrouve ma famille, venue passer quelques jours de vacances en Amérique du Nord. N'ayant une nouvelle fois pas réservé de motel longtemps à l'avance, et les campings n'étant pas monnaie courante sur les gratte-ciels de Manhattan, j'ai tenté le tout pour le tout en faisant confiance à une toute petite annonce internet de Bed and Breakfast, en plein coeur de Wall Street, et à deux pas de Ground Zero. Quasiment aucun avis de visiteur, tant pis, ça passe ou ça casse. Je me suis finalement retrouvé à dormir chez l'habitant, chez une petite grand-mère d'environ 70 ans ! Aux petits oignons avec moi, elle met sa chambre en location pour les touristes, avec petit déjeuner, histoire d'arrondir les fins de mois. En plus, elle a été très sympathique, et une vraie piplette, bref que du bonheur. S'en suivent deux jours typiques de touristes à New-York, visite de Ground Zero, embarquement sur un ferry pour Staten Island afin de voir la statue de la liberté sur fond de coucher de soleil, passage à Times Square, Central Park, Columbus Circle, le Rockefeller Center, et le MoMa. Je vous conseille tout particulièrement la Highline, située dans Chelsea/Greenwich, vers la 14ème, il s'agit d'une promenade herborée, en lieu et place d'une ancienne voie de chemin de fer aérienne, qui serpente au beau milieu des édifices art-déco du quartier. Vraiment chouette ! Le 6 Septembre 2011, je quitte New-York sous des trombes d'eau, et file tout droit vers le Nord pour passer quelques mois encore au Canada, à Montréal, avant de rentrer en France durant l'hiver prochain.
Au final, difficile de décrire ce sentiment de liberté que procure un road-trip comme celui-ci. Qu'il est bon de se laisser porter par les envies, les rencontres, le pays, sans tout planifier à l'avance. Finalement, j'aurai passé trois mois à arpenter le pays, mais je sais que je n'ai pu en saisir qu'une infime partie. Beaucoup d'autres étapes auraient pu être ajoutées, mais les limites administratives d'un passeport ne le permettent pas.
Les USA sont un territoire plein de contrastes, avec de vastes zones peu peuplées encore bien préservées des flots massifs de touristes. A l'inverse, on trouve de gigantesques mégalopoles où la vie frénétique des habitants nous happe comme des proies prises au pièges. Et c'est bien là tout l'intérêt de ce pays, il n'existe pas une Amérique, mais des dizaines, des centaines d'Amériques, qui n'attendent que nous pour être découvertes, et partagées, bien au-delà des clichés habituels.
Si vous avez des questions, ou si vous êtes tout simplement curieux, n'hésitez pas à m'en faire part, je me ferai un plaisir de vous répondre.
Suite à un périple autour des Etats-Unis durant l'été 2011, je me suis dit qu'un petit récit destiné aux visiteurs de voyageforum pourrait être utile ! Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir beaucoup plus (photos, vidéos, et nombreux détails), vous pouvez vous rendre sur mon blog à l'adresse suivante:
http://thebigtrip-northamerica.blogspot.fr/
Avant toute chose, sachez que le départ s'est fait depuis le ... Canada ! Eh oui, je résidais à Montréal pour quelques temps, et ai loué une voiture avec une amie pour 3 mois. Le loueur: "Discount", une compagnie Canadienne, mais pour la réservation (et le tarif imbattable vu la durée), je suis passé par le site autoescape.com , qui incluait un second conducteur. Pour avoir loué plusieurs fois des voitures en passant par ce site, je n'avais jamais trouvé de tarif plus bas.
Prix de la location pour 3 mois, avec toutes les assurances et kilométrage illimité : 2.800€ ! (2.200€ sans les assurances), ce qui reste "raisonnable" vu le type de véhicule (la toute dernière Ford Focus, toute neuve), et vu le nombre de kilomètres à parcourir (23.000 kms !).
- Etape 1 (18 au 20 Juin): Portland Départ de Montréal le 18 Juin, passage de la frontière au beau milieu de la campagne, loin des autoroutes. Premier moment délicat concernant mon passeport, le douanier m'informe que je ne pourrai rester sur le territoire que 10 jours (j'avais déjà eu un visa touristique deux mois et demi plus tôt, qui courait toujours). Après avoir insisté pendant plus d'une heure, la barrière s'ouvre et nous arrivons tard dans la nuit dans un camping KOA (la plus grosse chaîne de campings aux USA, généralement un peu plus chers qu'ailleurs, mais bons équipements assurés et tranquillité). Le 19 Juin, visite de la ville portuaire de Portland, dans le Maine, dégustation des homards typiques de la côte Est, et découverte des îles environnantes à bord d'un petit bateau de croisière. La ville fleure bon ce parfum de Nouvelle-Angleterre, avec un centre-ville "à l'européene" orné de briques rouges du plus bel effet. Une bien belle entrée en matière pour ce road trip.
- Etape 2 (20 au 22 Juin): Boston / Cape Cod Le 20 Juin nous quittons le camping de Portland pour longer la côte direction le Sud. Passage par une petite station balnéaire: Old Orchard Beach. L'été vient à peine de démarrer mais les vacanciers se pressent déjà sur le front de mer. Plus loin, nous nous arrêtons à Salem, la ville des sorcières du Massachusetts. Véritable aubaine touristique pour tous les marchands de sortilèges et autres déguisements gothiques, la ville ne présente que peu d'intérêt, et son musée consacré à l'histoire des sorcières est anecdotique. Dans l'après-midi, nous débarquons enfin à Boston, la première des grandes-villes de la côte Est dans notre circuit. Direction Harvard pour découvrir le campus de la plus prestigieuse université au monde, où règne un calme absolu, au pied des arbres majestueux plantés face à une bibliothèque aux colonnes titanesques. J'y reprendrai bien mes études ! Le 21 Juin, nous arrivons au centre-ville de Boston, très élégant, chargé d'histoire et aussi emprunt d'une ambiance Nouvelle-Angleterre du plus bel effet. Nous suivons alors la Freedom Trail, une ligne rouge tracée au sol qui permet au touriste de découvrir, sur plusieurs kilomètres, la majorité des sites historiques de la ville. Du Capitole au cimetière de Benjamin Franklin, en passant par le Quincy Market et l'USS Constitution, on ne s'ennuie pas une seconde, et le beau temps est au rendez-vous. Quelques emplettes dans la rue marchande, et nous reprenons la route vers le Sud, direction la baie de Cape Cod. Nous plantons la tente dans un camping situé dans ce gigantesque bras de terre qui s'avance, tel un crochet, dans les eaux de l'Atlantique. Le 22 Juin, nous roulons jusqu'à la pointe de la presqu'île, et la ville "open-minded" de Provincetown. Hélas, le temps est maussade et rend la visite un peu tristounette, dans cette ville réputée pour son côté festif et hyper animé. Je ne sais pas si cela est dû au fait que l'on se trouve encore en Juin, mais nous ne voyons pour ainsi dire que des bus de personnes âgées ! Le temps de visiter quelques boutiques, un passage au bord de mer, et un sex-shop fier de ses produits, nous repartons au Sud pour notre prochaine étape dans la Big Apple.
- Etape 3 (22 au 24 Juin): New-York City Après avoir roulé plusieurs heures à travers les Etats du Massachusetts et de Rhode Island (dieu que les autoroutes de la Côte-Est sont fréquentées !!!), nous posons nos bagages dans un motel Super 8 réservé la veille, et situé dans le quartier du Queens. Vu la période, tout Manhattan était bondée ou hors de prix. Par contre, il est toujours bon de se méfier des GPS. En effet, l'adresse rentrée au préalable nous a conduit directement dans une ruelle mal famée de Brooklyn (je pèse mes mots) où l'on nous dévisageait du regard avec insistance... autant dire que nous n'avons pas fait long feu là-bas ! Le 23 Juin, nous prenons le métro et déboulons au coeur de Manhattan, sur Times Square. Nous connaissions déjà tous les deux New-York, et ne passerons que deux jours ici. Nous arpentons l'inévitable boutique M et M's, le Toys R Us, apercevons le Naked Cowboy et la Naked Cowgirl, toujours prêts à gratter quelques accords pour de menus dollards. Nous continuons la ballade au coeur de Central Park (vive les écureuils) en passant par le Columbus Circle, et achevons la visite par une petite soirée sur BroadWay. C'est mon anniversaire !!! Nous allons assister à une comédie musicale au Winter Garden: Mamma Mia !, basée sur les succès mythiques du groupe Abba. Un vrai régal, du grand art ! Une précision d'artiste, une justesse sans faille, des gags à foison et des rythmes entraînants, que demander de plus ? Nous finissons par dîner au Bubba Gump, le fameux restaurant spécialisé dans les crevettes du film Forrest Gump. Enfin, à New-York, il est toujours possible de faire les boutiques même jusqu'à deux heures du matin ! Et il y a toujours du monde ! Le 24 Juin, pour cette dernière journée, nous partons visiter l'ONU (excellente visite, très intéressante, mais un peu courte), la gare centrale, lieu de tournage de nombreux films, et le site de Ground Zero, où l'on s'apprête à commémorer les tristes 10 ans du 11 Septembre 2001. En fin de journée, nous quittons l'île de Manhattan (sortir de la ville aux heures de pointe est une véritable prise de tête !) pour aller camper au coeur de la campagne du New-Jersey, entourés de lucioles.
- Etape 4 (24 au 26 Juin): Philadelphie - Atlantic City Le 25 Juin, nous mettons le cap sur la ville de Philadelphie. Après avoir vécu l'effervescence de New-York, la ville nous paraît décidément bien paisible. Nous visitons le musée des Sciences, découvrons la Liberty Bell (cloche de la liberté) réputée pour s'être brisé le jour de la proclamation de l'indépendance des USA, et d'autres monuments marquants de l'histoire de la ville. La ville paraît assez petite, et nous avons vite fait le tour du centre-ville, au demeurant très agréable. Le soir, nous quittons la zone en direction du front de mer. Nous plantons la tente au beau milieu d'une forêt, et partons passer la soirée à Atlantic City, le mini Vegas de la côte Est. La ville semble surgir de nulle part, les lumières virevoltent sur les façades d'hôtels tous plus démesurés les uns que les autres. La ville est pleine de contrastes, l'insécurité est omniprésente dès que l'on s'écarte du front de mer réservé aux touristes. Le Caesar Palace abrite des casinos à revendre, et de nombreux américains viennent se saouler dans des espaces délimités par des bandes en plastique. En résumé, un climat de fête incomparable, au détriment d'une authenticité qui manque clairement à cette cité artificielle. Le 26 Juin, nous reprenons la route pour la dernière ville de la côte Est de ce road trip.
- Etape 5 (26 au 30 Juin): Washington C'est parti pour trois jours d'une ville musée ! Washington est un bijou de culture, d'histoire, de sciences, de politique, qui n'a pas volé son titre de capitale des Etats-Unis. Nous nous installons dans un petit Holidays Inn de banlieue (à Alexandrie), qui inclut une navette nous amenant directement au métro. Pratique pour préserver son budget. Nous émergeons au coeur de la ville: la fameux National Mall, vaste parc de près de deux kilomètres de long, flanqué de nombreux musées gratuits, du Capitole (abritant le Congrès et le Sénat américains), de la Maison Blanche, et du Lincoln Memorial. Nous visitons plusieurs lieux, à commencer par la Bibliothèque du Congrès et la Cour Suprême du pays. L'entrée est gratuite, et les visites réalisées par des intervenants captivants (en anglais bien évidemment). Nous poursuivons avec le Capitole, emblême politique s'il en est, et la Maison Blanche, histoire d'aller prendre l'apéro avec l'ami Barack. Les 28 et 29 Juin, nous poursuivons les visites. Musée de l'air et de l'aviation, Museum d'histoire naturelle, Lincoln Memorial, Jefferson Memorial, nous passons au pied du bâtiment du FBI (Mulder et Scully nous font coucou à la fenêtre), et faisons étape au pied du Pentagone. Nous y découvrons le mémorial érigé en l'honneur des victimes du crash de l'avion qui s'est écrasé sur la façade le 11 Septembre 2001. Toutes les victimes ont vu leur nom gravé sur des stèles, élégantes sculptures de pierres, d'acier et d'eau. En résumé, Washington permet au visiteur de découvrir une culture incroyable, gratuitement (merci l'Etat américain et les fondations privées), dans une ville paisible et agréable. A voir absolument ! Le 30 Juin au matin, nous reprenons la route pour une grosse étape, direction le Sud !
- Etape 6 (30 Juin au 3 Juillet): le Sud - Charleston Pour parcourir les 1.400 kilomètres qui nous séparent de la Floride, nous faisons une étape en Caroline du Sud, au coeur des terres d'Autant en Emporte le vent. Nous partons visiter une plantation (Magnolia Plantation) et découvrons une nature luxuriante. Les premiers palmiers ont fait leur apparition, signe que nous nous sommes définitivement éloignés de la côte Nord-Est. L'atmosphère est chargée d'humidité, et nous croisons des alligators, des tortues et des insectes de plus en plus gros. Le 1er Juillet, nous partons découvrir la ville de Charleston, en bord de mer. Des petits airs de Cuba confèrent un côté exotique à cette cité portuaire où la foule se presse, et où de somptueuses villas ornent les rues de leurs couleurs vives. Le 2 Juillet, nous parcourons les quelques centaines de kilomètres restant avant de nous poser dans un petit motel au Nord de la Floride, assez fatigués par autant de kilomètres sous une chaleur écrasante ! Le 3 Juillet, nous débarquons dans la banlieue d'Orlando, posons nos bagages dans un motel au Sud-Ouest de la ville et allons nous emparer de nos tickets pour aller voir... Mickey !
- Etape 7 (3 au 10 Juillet): Orlando - Cap Canaveral 4 Juillet 2011, en avant pour 4 jours à Disney World. Orlando est le paradis des parcs à thèmes, Disney, Universal, SeaWorld, l'offre est alléchante mais il a fallu faire un choix, et nous avons préféré Mickey. Il faut dire que contrairement aux autres parcs de la franchise, celui d'orlando comporte pas moins de 4 secteurs différents. Le 1er, Magical Kingdom, ressemble au parc originel de DisneyLand Paris, en moins bien puisque les attractions fortes sont moins nombreuses et certains décors ont un peu vieilli. Le second, Hollywood Studios est très semblable à celui de Paris, avec un peu moins d'attractions également. Le troisième, Epcot, est un ersatz de Futuroscope affublé d'une zone de découverte culturelle des différents pays du monde: intéressant ! Quant au dernier parc, il s'agit, selon moi, du meilleur: Animal Kingdom, dédié aux animaux. Un travail phénoménal a été réalisé sur les décors, la présence d'animaux "sauvages" (le clou: un "vrai" safari au coeur de la savane avec des animaux en liberté), un arbre de Rafiki titanesque, des spectacles de comédie musicale très réussis, bref un MUST SEE. Pour résumer l'expérience DisneyWorld, ne perdez pas votre temps à Magical Kingdom et Hollywood Studios si vous connaissez déjà les parcs parisiens, vous serez déçus de la différence de qualité ! Profitez d'Epcot et Magical Kingdom sans modération ! Le 8 Juillet, nous partons vers le front de mer assister au dernier décollage pour l'espace de la navette américaine Atlantis. La foule se presse aux abords des étangs, un chrono retentit, Five, Four, Three, Two, One..., et une vive lueur apparaît au loin, qui finit par s'élever dans un panache de fumée à une vitesse prodigieuse ! Un moment unique, et c'était la dernière ! Le 9 Juillet, nous partons visiter le Kennedy Space Center à Cap Canaveral, musée de la Nasa consacré à l'exploration spatiale. Au menu, une visite d'une véritable navette spatiale mise à la retraite, de nombreuses conférences très intéressantes, des visites en bus des installations, une simulation de décollage de fusée, une fusée grandeur nature dans un hangar, et tout plein d'objets véritables issus de l'histoire de la Nasa depuis ses débuts. Un très très bon musée pour petits et grands, à recommander. Le 10 Juillet, nous repartons vers le Sud en direction de Miami.
- Etape 8 (10 au 12 Juillet): Miami Chaleur écrasante, soleil de plomb, l'arrivée dans le Sud de la Floride est terrible ! Nous avons réservé un petit motel cheap en front de mer (Ocean Surf, très bien situé) sur Miami Beach. Nous profitons de la plage de sable fin, de l'eau turquoise et incroyablement chaude, et nous prélassons pour une paire de jours de farniente. Le soir, nous sortons sur Lincoln Drive où bars et restaurants s'amassent, fréquentés par une horde de locaux. Le 12 Juillet, nous partons découvrir le quartier Art Déco près d'Ocean Drive et partons manger cubain au bord d'une Marina située au centre-ville de Miami (les Experts ne sont pas loin !). Dans l'après-midi, nous quittons l'étouffante Miami pour rejoindre la pointe de la Floride: les Keys.
- Etape 9 (12 au 15 Juillet): les Keys de Floride - les Everglades Nous débarquons en fin de journée dans un camping situé au coeur du chapelet d'îles des Keys de Floride (à SugarLoaf Key), et le massacre commence. Les moustiques et autres petites mouches voraces nous assaillent de toute part si bien qu'il est impossible de rester dehors sans se faire piquer de façon incessante. Je n'ai jamais vu ça ! Evitez si possible le camping KOA à cet endroit ! Le lendemain, nous repartons pour un petit motel au bord de la route, sur l'île d'Islamorada, histoire d'être plus sereins. J'en profite pour découvrir la faune et la flore de ces îles, véritable petit coin de Paradis à quelques encablures de Cuba. Les iguanes se promènent sur la route, des maquettes de requin géant ornent les devantures de boutique, les habitations locales donnent directement sur des petites criques d'eau turquoise... le pied quoi ! Le 14 Juillet, départ au pied levé pour une excursion en mer ! Vu l'heure (8h00), il y a peu de monde, et nous embarquons juste tous les deux avec un capitaine (qui ressemble au capitaine Igloo !) rien que pour nous. S'en suit une matinée à naviguer au coeur des eaux tropicales, à pratiquer de la plongée au tuba, découvrir les ruines de bateaux échoués au pied d'un ancien phare, des poissons exotiques, des lagunes où rodent des alligators, tout ça avec les explications de notre super capitaine ! L'après-midi, nous retournons sur le continent et arrivons au coeur des Everglades, à la pointe Sud de la Floride. Nous visitons une ferme d'alligators (vraiment très impressionnant), prenons des bébés (muselés !) dans nos bras, et dégustons des queues d'alligators frites. L'occasion également de pratiquer l'air boat au beau milieu des marécages. Ca fait un bruit du tonnerre, mais quelle bonne expérience ! Attention les oreilles ! Nous reprenons la route et passons la nuit dans un motel sur la côte Ouest de la Floride.
- Etape 10 (15 au 19 Juillet): la Louisiane Le 16 Juillet, après deux jours passés à avaler des kilomètres le long du Golfe du Mexique sous une pluie battante, nous arrivons au coeur de la Louisiane, à la Nouvelle-Orléans. Nous posons nos valises dans le motel le plus miteux qu'il nous sera donné de voir dans ce road trip. Des canards tout droits sortis de Tchernobyl gardent l'entrée, la devanture tient plus d'un dépôt de vieux meubles, et le type de l'accueil, bien que très chaleureux, nous file les chocottes en nous disant qu'on risque d'être agressés à tous les coins de rue si on se décide à sortir au centre-ville ce soir... bon on se contentera du dernier Harry Potter pour l'instant ! Le 17 Juillet, le temps est toujours à l'image de la région: hyper humide avec de lourds nuages noirs, le petit frère de Katrina ne serait-il pas loin ? Nous partons découvrir le French Quarter au coeur de la ville, véritable repaire des artistes, de la musique jazzy aux sculptures loufoques, il règne ici une ambiance unique. Des bars à tous les coins de rue, de douces notes musicales dans les rues, malgré les trombes d'eau. Une ambiance de carnaval également, et l'on prend un malin plaisir à essayer tous les masques possibles, vive les plumes colorées sur la tête ! Un petit détour pour goûter les "fameux" beignets du Café du Monde (véritable institution touristique), assez insipides, mais puisque c'est "réputé"... En fin de journée, nous quittons la ville pour nous diriger plus au Nord, en direction de Bâton Rouge. Le 18 Juillet, nous nous réveillons près de Bâton-Rouge (en référence aux poteaux rouges ornés de têtes d'animaux plantés dans la région par les Améridiens de l'époque) qui n'est autre que la Capitale de la Louisiane. Le Capitole de la ville (Sénat + Parlement) est comme toujours grandiose, et offre un point de vue imprenable sur la cité. Hormis ça, il n'y a pas foule, nous croisons quelques hommes d'affaires au centre-ville, déjeunons dans un succulent restaurant italien, mais face à l'absence totale d'animation, nous repartons assez vite en direction de Lafayette à quelques dizaines de kilomètres de là. Hélas, ici non plus, pas grand chose à signaler, nous nous promenons sur le campus de l'université, très British dans son architecture, et faisons le plein de provisions chez le géant WallMart pour les prochains jours de route.
- Etape 11 (19 au 21 Juillet): le Texas Le 19 Juillet, nous quittons les terres humides et orageuses de la Louisiane pour nous diriger vers l'Etat des cow-boys et de la famille Hewing (Dallaaaaaaas !!!). Nous ne ferons qu'une pause éclair à Houston, et poursuivons la route vers l'Ouest en direction de San Antonio. Et c'est là que nous voyons le paysage changer radicalement. Tandis que depuis le début de cette aventure, l'environnement se résumait à de hauts arbres verts obstruant la vue à des kilomètres à la ronde (excepté la Floride), nous voyons pour la première fois les bas-côtés se clairsemer progressivement. La terre jaunie par endroits se fait plus aride, et plus vallonée également. Les arbres sont de plus en plus rares, et les buissons remplacent leurs homologues à feuilles caduques... ça fleure bon le grand ouest tout ça ! Nous posons nos valises dans un petit motel à l'entrée de San Antonio, sous un orage exceptionnel. Le lendemain, le 20 Juillet, nous nous rendons au centre de la ville, où l'ambiance mexicaine fait son apparition. Nous visitons le Fort Alamo (là où Davy Crockett a trouvé la mort avec d'autres soldats), longeons la petite rivière au coeur de DownTown et dégustons de savoureux petits plats sous des parasols aux couleurs chatoyantes. En milieu d'après-midi, nous reprenons l'autoroute en direction d'Austin, que nous n'aurons pas l'occasion de visiter, hélas, pas plus que Dallas. Le planning est assez serré, et le Texas en a fait les frais. Coincés dans des embouteillages monstres, nous quittons la route pour trouver un magasin de camping histoire de trouver de quoi rafistoler notre tente qui a connu quelques pépins trois jours plus tôt. Le soir, nous arrivons à la nuit tombée dans un motel en bordure d'autoroute, à côté d'Abilène. La chaleur est écrasante, je pars courir pour me défouler et l'absence de vent manque de faire exploser ma tête tant il fait chaud !!!
- Etape 12 (21 au 24 Juillet): le Nouveau Mexique Le 21 Juillet, nous traversons les terres qui séparent le Texas du Nouveau-Mexique. Le paysage est de plus en plus désertique, nous voyons les silhouettes de Derricks se balancer d'un rythme lent et perpétuel en pompant le pétrole sous-terrain. Nous croisons également de gigantesques champs d'éoliennes, les plus grands qu'il m'ait été donné de voir jusqu'ici ! Qui aurait cru qu'un Etat comme le Texas puisse être autant en avance... La route est longue jusqu'au Nouveau-Mexique, mais à force de traverser de tous petits villages en bois que l'on croirait tout droit sortis d'un film de cow-boys, nous arrivons enfin aux portes du grand-ouest américain. Depuis le haut d'une colline, nous surplombons une gigantesque cuvette entourée de montagnes aux pentes arides et étouffées par la chaleur: devant nous se tient la petite ville de Roswell. Nous nous rendons au Visitor Center et sommes aimablement accueillis par une guide qui sait nous choyer comme nulle autre pareil. Les valises posées dans un motel, nous partons à la recherche d'un petit restaurant... mais hic, tout ferme à 21h00 ou presque ici ! Nous trouvons enfin un bar de rock où nous sommes servis par un jeune du cru, qui a grandi dans la ville: il nous confie que la réputation des petits-hommes verts attachée à Roswell, il en a ras la casquette ! Le soir, l'orage gronde, nous quittons la ville et partons faire des photos de cette ambiance surréaliste, nichés dans la campagne alien. Le 22 Juillet, nous visitons le centre-ville, son musée consacré aux OVNIS et à l'épisode du crash supposé d'une soucoupe volante en 1947. Le lieu est kitsch au possible, entretenu avec les fonds des visiteurs, mais très bien documenté et reflète assez bien ce qui s'est passé ici il y a longtemps. Nous découvrons ensuite une galerie de black painting tenue par un vieux monsieur en respirateur, des boutiques aux objets poussiéreux mais toujours très fun et prenons le large dans la campagne du Nouveau-Mexique, en direction de l'Ouest. Nous visitons la contrée de Billy the Kid, nous promenons sur un site de pétroglyphes plus au Sud pour finir par poser nos bagages dans un motel 6 situé à Alamogordo, près de la frontière mexicaine. Le 23 Juillet, réveil sous un soleil de plomb, nous partons au monument national de White Sands, qui comme son nom l'indique est une véritable mer de sable blanc, perdue au beau milieu de nulle part, et qui a servi accessoirement de test pour la première bombe nucléaire américaine, et est toujours une zone de tirs de missiles. Nous en profitons pour louer une "luge" et dévaler les pentes... hélas, la luge étant faite pour la neige, la glisse sur le sable est bien moins efficace, et l'on peut aisément s'en passer. Le paysage est lunaire, la chaleur écrasante mais la visite en vaut vraiment la peine ! Nous repartons vers le Nord, faisons une pause à Albuquerque au beau milieu d'un festival de musique urbaine, puis rejoignons le motel Super 8 de Santa Fe. Toutes les habitations de la région sont en Adobe (argile marron) et confèrent aux lieux des airs mexicains du plus bel effet. Le 24 Juillet, nous partons visiter le village de Taos, un des derniers vestiges des amérindiens (un peu surfait au passage...), franchissons le Gorge Bridge, puis traversons une partie du Colorado avant de rejoindre, tard dans la nuit, un camping situé à Moab, dans l'Utah.
- Etape 13 (24 au 26 Juillet): l'Utah Lundi 25 Juillet, réveil à Moab, direction le parc national des Arches. De quoi remplir une à deux journées, selon que vous êtes amateurs ou non de randonnées, le parc offre de nombreux points de vue sur des structures titanesques sculptées par le temps et l'érosion. A voir absolument, une vraie merveille de la nature ! Le soir, après une journée entière passée à arpenter les sentiers du parc, nous trouvons repos dans un petit motel de Moab, attention, si vous ne réservez pas à l'avance à cette période de l'année, vous risquez de vous en mordre les doigts ! Mardi 26 Juillet, nous partons visiter Monument Valley et nous la jouons Lucky Luke avec une randonnée au beau milieu des trois buttes ô combien connues. Le site est en plein territoire Navajo (tribu amérindienne ancestrale) qui gère elle-même le parc. Du coup, ici point de bitume pour se promener, les voitures doivent se la jouer tout terrain, au risque d'y laisser quelques eraflures et de bien jolies traces de boue (nous y avons subi des pluies torrentielles, suivies de très belles éclaircies). Le parc est assez petit, compter une journée maximum en prenant bien son temps. Il est possible d'y effectuer des balades à cheval. Quoiqu'il en soit, le panorama est à couper le souffle, et les lueurs d'un coucher de soleil ravivent les couleurs de la pierre à la nuit tombée. Le soir nous reprenons la route vers l'Ouest, en direction de l'Arizona.
- Etape 14 (26 au 30 Juillet): l'Arizona Une fois arrivés près de la ville de Page en Arizona, au bord du lac Powell, nous tombons vite des nues... la ville est overbookée ! Pas un camping à l'horizon, tous les motels sont complets, nous ne savons pas où passer la nuit. Après de multiples allers-retour à travers la ville et des erreurs de GPS, nous trouvons un motel perdu à 50 ilomètres de là, visiblement nous ne sommes pas les seuls à avoir trouvé notre roue de secours pour la nuit. Tenu par un couple de septuagénaires, le lieu est un vrai cri d'amour à la mère patrie américaine. Toute la décoration, des draps aux tableaux en passant par la nappe, la poubelle, la salle de bain ou les rideaux, absolument tout fait référence aux symboles américains ! Tout bonnement hallucinant ! Le 27 Juillet, après un repos bien mérité, retour à Page où nous visitons le barrage de Glen Canyon (dont la retenue d'eau n'est autre que le lac Powell, un gigantesque réservoir artificiel, lieu de nombreuses activités nautiques), puis, dans l'après midi, nous partons visiter Antelope Canyon, dont les méandres creusés par l'écoulement des eaux de pluie, donne lieu à de superbes prises de photos, surtout quand des rayons de lumières viennent zébrer le tunnel ! L'arrivée sur les lieux (entretenus une nouvelle fois par les amérindiens Navajos) est l'occasion d'une vraie séance de rallye avec une guide qui se la joue Sébastien Loeb dans une camionette qui commence à dater, bref une vraie partie de rigolade ! En fin d'après-midi, nous reprenons notre chemin vers l'Ouest, quittons la route le temps d'une petite randonnée en direction du Horseshoe Bend (méandre du Colorado en forme de fer à cheval), et arrivons enfin dans le parc national du Grand Canyon. Nous progressons depuis l'Est (Desert Point, superbe entrée en matière), et plantons la tente pour 3 nuits dans un camping situé à une dizaine de kilomètres au sud de l'entrée principale. Le 28 Juillet, nous passons par l'inévitable visitor center, puis longeons l'arête principale de South Rim ("rive sud") qui offre des points de vue à couper le souffle sur le Grand Canyon, sa rive Nord, et à de rares endroits, sur le Colorado, situé 1400 mètres plus bas. Des navettes de bus très fréquentes et bien réparties permettent au visiteur de ne pas se farcir des marches trop longues et nous avons testé le restaurant du lieu, vraiment très bon et pas trop l'arnaque. Nous avons croisé des biches pas farouches pour un sou, et le soir, pour le coucher de soleil, un arc-en-ciel plongeant droit dans la gorge est venu récompenser les visiteurs. L'image est absolument magique, empreinte d'une féerie indéniable. Le lendemain, le 29 Juillet, je me dis que je ne peux tout de même pas repartir du Grand Canyon sans avoir vu le Colorado de mes propres yeux. Je décide donc de partir pour une longue randonnée (la Bright Angel Trail), qui descend sur 13 kms avec 1400 mètres de dénivelé avant d'atteindre le fleuve, encore glacial même à cette saison. Le chemin est clairement balisé, et parsemé de trois points d'eau salvateurs tant la chaleur est rude. Je croise des biches avec leur faon, quelques rares autres randonneurs, et rejoins le point de départ en un peu moins de 6 heures. Éprouvant, mais ça en vaut la peine ! Je rentre au camping épuisé !
- Etape 15 (30 Juillet au 2 Août): Las Vegas - Le Nevada Le 30 Juillet, nous quittons la zone du Grand Canyon en direction du Nevada. Une petite pause au barrage Hoover sur le Colorado (bondé de monde, assez impressionnant), et nous voilà de retour en plein désert, quand surgit alors de nulle part une vaste cité entourée de montagnes lointaines... bienvenue dans l'empire du jeu, du luxe et de la démesure ! Mais détrompez-vous, bien que Vegas ait la réputation sulfureuse voire limite ostentatoire qu'on lui prête, la ville est très abordable ! La concurrence dans le secteur de l'hôtellerie-restauration est telle qu'en cherchant bien, on trouve des tarifs absolument imbattables, tant pour les motels que les restaurants, ou buffets à volonté à quelques 7$... Cependant, nous avions décidé de nous faire plaisir, et ce bien avant le début du road trip. Les nuits d'hôtel à Vegas étaient d'ailleurs les seules que nous avions réservé longtemps à l'avance dans ce road trip. Cette fois-ci, nous passerons deux nuits au Louxor (la gigantesque pyramide noire) et une dernière dans un petit motel 6. La foule est omniprésente à notre arrivée, il est 15h00 mais les femmes sont déjà en tenue de soirée, un verre à la main, prêtes à dilapider la fortune de leur mari !!! Nous récupérons les pass, grimpons jusqu'à la chambre dans un ascenseur oblique (au départ, on a tendance à tomber sur le côté), et partons profiter des lieux et de l'excellent buffet à volonté ! S'en suivent deux jours à parcourir la ville, visiter les expos de l'hotel (Bodies et Titanic), un spectacle de magie de Criss Angel, découvrir tous les hôtels du Strip, depuis le Mandalay jusqu'au César Palace de Céline en passant par le MGM (tous sont de véritables petites villes !) et la Stratosphère avec ses attractions au sommet de la tour. Nous récupérons au passage un ami à nous à l'aéroport qui nous accompagnera durant les deux semaines à venir. Au final, tout va très vite à Vegas, tout est disproportionné, le visiteur est comme noyé dans un abîme de lumière, de cris, de cliquetis incessants à donner le tournis. Vegas est inintéressant pour quiconque ne recherche pas la démesure et le côté festif du sex and money, pour les autres, ce sera un véritable petit paradis, parfait rejeton d'une industrie du tourisme déconnectée de la réalité.
- Etape 16 (2 au 4 Août): La Vallée de la Mort Le 2 Août, nous quittons la frénésie de Vegas en reprenant la route vers l'Ouest. Nous franchissons de petites montagnes, puis quittons l'autoroute principale pour entamer notre descente vers la Vallée de la Mort. Le soleil se couche paisiblement et pare le ciel d'un voil rouge du plus bel effet. Nous nous acquittons du droit d'entrée dans la Vallée auprès d'un guichet automatique alors que la nuit tombe pour de bon. Étonnamment, la température de diminue pas... mais continue d'augmenter plus on s'enfonce dans la Vallée ! Alors qu'il faisait 25°C sur les plateaux que nous venons de quitter, il règne pas moins de 43°C au coeur de la Vallée de la Mort, alors qu'il y fait nuit noire et qu'il est 23h00 !!! Toute sortie hors de la voiture climatisée se transforme en véritable épreuve. Nous arrivons au seul camping/hôtel du Parc National, que nous n'avions évidemment pas réservé, et qui est bien sûr complet. Nous nous approchons alors d'une zone, à quelques kilomètres de là, où il est paraît-il possible de planter la tente. Manque de bol, c'est fermé de Mai à Octobre ! Bon, eh bien il ne nous reste plus qu'à ressortir du Parc, pour finalement trouver refuge dans un motel d'une petite ville à une soixantaine de kilomètres de là. Vu l'heure, on téléphone avant, et on nous invite à récupérer la clef au fond du Casino (!) qui borde l'hotel. En effet, en débarquant sur le coup des 1h00 du matin, je traverse un petit casino où 3 personnes végètent devant des machines à sous, dans ce petit bled paumé ! Le 3 Août, nous retournons dans la Vallée de la Mort pour une journée, comment dire, infernale ! Nous démarrons par visiter le village fantôme de Rhyolite, abandonné au début du siècle suite à une panique bancaire qui a détruit l'exploration minière des environs. A l'entrée du village, nous découvrons les sculptures ubuesques d'un artiste belge: des spectres blancs, un canapé en pierre ou une bimbo sculptée version Lego, voilà qui est assez original pour un lieu comme celui-ci ! Nous partons vers le Sud, et la température à l'ombre atteint son record de la journée: 51°C !!! Heureusement, l'air est très sec, mais tout de même, c'est assez violent. Il faut dire que les mois d'Août et Juillet sont ceux à éviter pour venir dans la Vallée de la Mort... Nous arrivons au coeur d'un désert de dunes (Mesquite Sand Dunes), retournons à Furnace Creek (le fameux camping/hotel bondé), faisons étape à l'Artist's Pallete où la roche prend des teintes vertes, orangées, violacées et rougeâtres dignes d'une toile. Nous poursuivons avec le Zabriskie Point, puis la zone extraordinaire du Badwater Basin, lac de sel situé à 85 mètres sous le niveau de la mer ! La vision est à la fois idyllique et apocalyptique, tant la blancheur du sol nous éblouit et la chaleur nous écrase. En fin de journée, nous reprenons la route vers le Sud et quittons la Vallée de la Mort. Nous arrivons de justesse à trouver une station essence pour remplir le réservoir, et nous dirigeons vers l'Ouest et la Californie pour venir planter la tente (une nouvelle, achetée chez Walmart !) dans un camping KOA près de l'Autoroute.
- Etape 17 (4 au 9 Août): Los Angeles Le 4 Août, après des dizaines de kilomètres de banlieue, nous débarquons à Venice Beach, puis allons trouver un motel pas cher (technique du coupon) non loin d'Hollywood boulevard. Le soir nous sortons dans un restaurant "chic" du centre de Los Angeles (Gwen Stefani y avait organisé sa fête d'anniversaire une semaine auparavant), mais pas très bon, et nous prenons une prune pour erreur de stationnement ! Le 5 Août, au réveil, rebelote, la voiture n'était pas garée dans le même sens que les autres et de nouveau la prune ! Méfiez-vous des pervenches de Los Angeles, qui ont la dégaine facile ! Aujourd'hui, direction le parc des studios Universal, situé sur les collines d'Hollywood. Le parc en lui même est assez petit, mais propose une paire d'attractions à sensations (Jurassic Park, La Momie, simulateur Simpson), de nombreux décors splendides (on se croirait vraiment au coeur du film aux dinosaures), des spectacles ahurissants (Waterworld, Terminator), mais surtout la visite en petit train des studios Universal où sont tournées des films et séries comme Les Experts, Desperate Housewives (on pénètre même dans la rue des 5 ménagères !!!), les dents de la mer ... En résumé, un bon parc, divertissant et pas trop bondé de monde, à recommander ! Le 6 Août, nous arpentons le Walk of Fame, ensemble ultra-connu de trottoirs où les étoiles au sol récompensent des artistes dans des domaines aussi variés que la musique, le théâtre, le cinéma, la radio et la télévision. Une petite photo devant le Kodak Theatre (renommé depuis Dolby Theatre suite à la faillite de Kodak) dans les traces de Will Smith, et nous voilà repartis pour une petite balade au coeur des collines d'Hollywood, afin d'apercevoir les fameuses lettres blanches. Hélas, nous empruntons un chemin qui relève plus du parcours du combattant que de la promenade de santé. La pente est raide, les herbes hautes, la terre dévale sous nos pieds, nous nous agrippons au moindre caillou, quand enfin nous rejoignons ce qui était censé être le chemin d'accès. Ouf ! Clic-clac, quelques poses comme des stars, et vient l'heure de redescendre. Sauf qu'une fois encore, pour écourter, nous empruntons la mauvaise voie, et nous retrouvons sur le terrain d'une immense propriété privée (d'une star ???). Finalement, après maintes remontées et descentes, nous rejoignons enfin la voiture, couverts de terre. Sympa Hollywood ! Sur le retour, nous passons faire un détour à Beverly Hills, quartier très paisible comme dans la série télé, puis rejoignons le bord de mer pour nous installer pour deux nuits dans une auberge de jeunesse en front de mer à Hermosa Beach. Nous passons la soirée à Hollywood, et à notre retour, la zone est transformée en véritable beuverie digne des lus grands spring breaks. Une de nos colocataires est d'ailleurs très affairée avec un américain à notre arrivée dans la chambre, mais bon, ca n'a pas l'air de les gêner, et ca continuera toute la nuit, vive le spectacle ! Le 7 Août, seule journée de mauvais temps, nous passons du temps à la plage et avec les autres jeunes de l'auberge. Les cabines de sauveteurs sont les mêmes que dans Alerte à Malibu, mais l'eau est assez froide et pleine d'algues ! Le 8 Août, nous plions bagages, et nous rendons à Los Angeles pour payer nos deux amendes. Ensuite, direction le centre-ville (business), où les hommes d'affaires costume trois pièces côtoient les mendiants par dizaines. Le contraste est saisissant, la pauvreté criante. Rien de bien extraordinaire, un petit détour par la gare et le quartier Japonais, nous nous dirigeons en fin de journée vers le Dodgers Stadium, le stade de Baseball de l'équipe locale qui affronte ce soir les Phillies de Philadelphie. Près de 4 heures de match dans une ambiance du tonnerre où petits et grands partagent cette même soif de victoire, vraiment sympa ! Hélas, les Dodgers de L.A ont perdu... Il fait nuit noire, nous retournons à la voiture et prenons la direction du Nord. Nous plantons notre tente sur les 2h00 du matin, dans un camping KOA perdu dans les terres vallonées de la Californie.
- Etape 18 (9 au 13 Août): San Francisco Le 9 Août, nous passons la journée à rejoindre San Francisco, en alternant avec la côte brumeuse et fraîche, et les terres arides et ensoleillées (le contraste est frappant !). Nous débarquons dans la ville en plein festival de musique, du coup les tarifs des motels, déjà assez élevés dans le coin, ont pratiquement doublés... il faudra faire avec. Attention en revanche, tout ferme tôt à San Francisco, et trouver de quoi manger passés les 21h00 relève du défi ! Le 10 Août, il fait toujours aussi moche et frais, nous partons profiter de la plage au Nord de la ville. Une vue imprenable sur la baie, le Golden Gate et la prison d'Alcatraz. Nous continuons notre découverte du littoral plus à l'Ouest, avec China Beach et le Lincoln Park. Les pulls ne sont pas de trop ! Le soir, un petit tour dans le Castro où l'on a même pu voir l'ancienne boutique d'Harvey Milk. Le 11 Août, direction la rive Est de la ville, près du stade de Baseball. Nous nous rendons sur les quais et partons explorer les alentours en kayak ! L'eau est froide, le vent fort, mais le jeu en vaut la chandelle. Nous voilà face au centre-ville, au milieu des ferry, entre les piles titanesque du pont qui relie la ville à Oakland. Un éléphant de mer nous accompagne quelques instants, avant que le terrible courant qui sévit dans la baie de San Francisco ne vienne achever nos bras ! Nous changeons de motel pour notre dernière nuit et dînons dans un restaurant typiquement américain (déco, carte, service, tout y passe !). Le 12 Août, pour notre dernière journée tous les trois, nous débarquons au Fisherman's Wharf, la zone touristique portuaire au Nord de la ville. Au programme, dégustation du Clam Chowder dans un pain creux au Boudin Café, et découverte du Pier 39 et ses multiples combats d'otaries et autres éléphants de mer. Ca braille dans tous les sens, mais qu'est ce qu'on rigole ! Nous continuons la visite en nous dirigeant vers la Coït Tower, offrant une vue imprenable sur la ville, puis partons faire un petit tour au musée des Cable Car (les fameux tramways de San Francisco). En sortant, nous sautons dans un des wagons pour une petite virée au centre-ville: l'engin est archi-bondé, impossible de s'asseoir, et je manque de heurter les passagers qui arrivent en sens inverse et qui n'ont pas plus de place que moi. Enfin, nous découvrons la Lombard Street et son fameux passage aux virages serrés agrémentés de jardinières toutes plus colorées les unes que les autres. Voilà, s'en est finit de notre voyage à plusieurs, je raccompagne mes amis à l'aéroport, et quitte la ville le soir même, direction Oakland où je passerai la nuit dans un motel avant d'entamer le mois d'aventures qu'il me reste, en solitaire.
- Etape 19 (13 au 18 Août): Sierra Nevada 13 Août 2011, je passe la journée à rouler en direction du Sud-Est, et pose ma tente dans un camping de Fresno, le temps de faire le plein de provisions et de repos pour les jours à venir. La ville est coincée dans une large vallée aride, entre la côte Californienne et la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada. Le 14 Août 2011, je file vers l'Est au coeur du relief. Les terres sont désertiques, mais plus je grimpe en altitude, plus les conifères tapissent les versants. Je traverse la Sequoia National Forest, puis arrive à l'entrée d'un parc national qui en regroupe en réalité deux: le Sequoia National Parc, et le King's Canyon National Parc. Je m’acquitte des 20$ de droits d'entrée, et commence par le premier, au Sud. Je tombe sur le camping de Dorst Creek, par chance, il n'est pas complet. J'y plante la tente, et repars sur les routes sinueuses du parc. Je pars faire une randonnée aux chutes Tokopah (depuis le Lodgepole Village), aperçois un bébé ours noir, et contemple cette vallée fertile zébrée d'une rivière glaciale. Ensuite, je me rends dans la Giant Forest, qui comme son nom l'indique, a la particularité de rassembler les Séquoias géants parmi les plus imposants au monde, et ça n'est pas peu dire. On se sent pour le coup très, très petit face à l'immensité des colosses de bois, dont certains sont couchés à même le sol, leurs racines n'ayant pas été assez résistantes. Parmi eux se trouve le General Sherman Tree, l'arbre le plus gros du monde. Le 16 Août, après une fraîche nuit passée en montagne, je me rends au Sud de la Giant Forest, découvrir le point d'observation du Moro Rock (vue imprenable sur le parc moyennant quelques marches à gravir, et sur la vallée de Fresno), puis m'en vais rejoindre la Crescent Meadow, véritable vivier de jeunes pousses où règne un calme enchanteur. Je rebrousse ensuite chemin pour me rendre au Nord, dans le parc du King's Canyon. En effet, celui-ci s'articule le long d'une gorge qui descend petit à petit (sa hauteur cumulée est d'ailleurs supérieure à celle du Grand Canyon), avant d'arriver à "la fin de la route". Il n'est plus possible de continuer en voiture, je décide donc de partir en randonnée sur une quizaine de kilomètres, et découvre les chutes des Mist Falls, dans une brume troublante. La nuit tombe sur la Sierra Nevada, je rebrousse chemin, exténué, et plante de nouveau ma tente au camping de Fresno. Le 17 Août, je me rends au parc National du Yosemite, et y perds un temps précieux à trouver un camping qui ne soit pas encore complet. Hélas, tous le sont ! Du moins, sur les affiches de façade. Tentant le tout pour le tout, j'insiste auprès de l'un d'entre eux, qui m'annonce qu'il reste finalement des places: même si le panneau "complet" est affiché, c'est en réalité une 'tactique' des autorités du parc... mouais. Le Yosemite figure parmi les parcs nationaux les plus connus et fréquentés des Etats-Unis (4 millions de personnes chaque année), j'ai le sentiment de me retrouver au coeur d'une usine à touristes. Les voitures sont garées sur le bas côté comme lors d'une épreuve du tour de France, je ne compte plus les campings amassés au coeur de la vallée, un supermarché, des hotels, cafétérias, service de navette en veux-tu en voilà, bref, on est assez loin de l'intimité des parcs du Sequoia et du King's Canyon. Mais bon, passons. Je découvre les chutes Bridalveil, effectue une petite rando au Mirro Lake, et me dirige en fin de journée au Glacier Point, au beau milieu d'un incendie de forêt (commandé et maîtrisé par les pompiers) commun à cette saison. De là, la vue est simplement parfaite. La lueure rose pâle du coucher de soleil confère à la scène une douceur indescriptible. J'aperçois des chutes au loin, ainsi que l'énorme Half-Dome qui fait le bonheur des randonneurs. Plus bas, la vallée du Yosemite paraît ridiculement petite, tandis qu'un cerf et sa biche viennent se repaître au milieu des touristes, comme un petit cadeau de la nature après cette belle journée. Je passe la nuit au camping, sous un ciel rempli d'étoiles brillantes comme jamais ! Le 18 Août, je me dirige à l'Est du parc, vers les Tuolumne Meadows (prairies Tuolumne) autrefois recouvertes par un glacier. La randonnée me donne l'occasion de grimper sur un énorme amas rocheux au point de vue imprenable, et de découvrir un petit lac digne d'une carte postale. Je reprends la route dans l'après-midi et quitte les terres du Yosemite pour redescendre, à l'Est, dans les zones désertiques de la Californie. J'ai franchi la Sierra Nevada ! Un petit arrêt au Mono Lake, et je m'installe en fin de journée dans un petit motel à Carson City, qui marque mon retour dans le Nevada.
- Etape 20 (18 au 21 Août): Salt Lake City Le 18 Août, sur la longue route qui me mène au Nord de l'Utah, je m'arrête dans un motel de la ville d'Eiko, typique des bourgades moyennes au coeur du territoire américain, où les locaux roulent, chapeaux de cow-boys vissés sur le crâne, dans d'énormes 4x4. Le casino est directement intégré au motel, et je retrouve même une balle de 9mm (non utilisée...) dans ma chambre ! Le 19 Août j'aperçois les premiers reliefs annonciateurs des Rocheuses au pied desquels se cache l'imposante ville de Salt Lake City. Je débarque dans une très bonne auberge de jeunesse (Avenues Hostel), et part avec mon nouveau colocataire japonais visiter la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde: la Bingham Canyon Mine. Le soir, bonne petite bouffe entre jeunes et moins jeunes à l'auberge. Le 20 Août, nous partons avec deux de mes compères, visiter le centre-ville, évidemment marqué par l'omniprésence des Mormons. Nous découvrons le Temple, qui regroupe plusieurs édifices religieux, et sommes abordés par deux missionnaires mormones. Nous voilà donc un petit groupe d'origines diverses (Japon, Italie, France, Corée du Sud, Bangladesh), pendant quelques heures, à discuter philosophie, croyances et religions en traversant les bâtiments mormons. Unique et très instructif ! L'après-midi, je me rends aux abords du Great Salt Lake, plus particulièrement dans le State Park d'Antelope Island, vaste île assez bien préservée du tumulte touristique. Ici, des bisons par dizaines se promènent en liberté, des antilopes également, et il y a un petit musée sympathique à l'entrée. J'ai également pu me baigner dans le lac de sel (je confirme, on flotte bel et bien, mais pas autant que dans la mer Morte !), moyennant une rencontre avec des centaines de milliers de moucherons inoffensifs qui tapissent le rivage et se meuvent dans un bourdonnement terrible. Phobiques des insectes s'abstenir ! Je rentre passer la soirée avec les habitants de l'auberge. Le 21 Août, je quitte cette ville qui aura constitué une étape originale, pour prendre la direction du Nord, à travers les plaines de l'Idaho (où je croise une hideuse usine du géant Monsanto qui défigure le paysage) et les montagnes du Wyoming.
- Etape 21 (21 au 24 Août): le Yellowstone En suivant la Highway 89, je traverse la petite ville de Jackson avant de pénétrer dans la zone du Grand Teton et Yellowstone National Park. Le droit d'entrée donne accès aux deux parcs. J'ai cependant privilégie le second, ne serait-ce que pour sa diversité. Cette fois-ci, par mesure de prudence, j'ai réservé tous les campings à l'avance, car ressortir du parc (dont la superficie est colossale) pour rejoindre le premier motel prendrait des heures. J'installe la tente au camping du Grant Village, très agréable, puis part découvrir une zone de geysers et sources chaudes au bord du lac Yellowstone, au West Thumb Geyser Basin. Le jour tombe, et je réalise soudain que j'ai déjà avalé de nombreux kilomètres depuis la Californie, et la température vient me le rappeler violemment ! La nuit, bonjour pulls, doubles voire triple paires de chaussettes, duvets et couvertures, car on frise les 5°C même en été. Le 22 Août, je poursuis la visite du parc (en forme de grande boucle, pratique pour tout découvrir sans allers-retours incessants), franchis le Continental Divide (limite depuis laquelle les eaux s'écoulent soit en direction du Pacifique, soit vers le Golfe du Mexique). J'assiste à des éruptions de geysers (randonnée du Lone Star Geyser, Old Faithful Geyser au coeur du Geyser Basin), et respire les vapeurs souffrées des sources d'eau chaudes aux couleurs chatoyantes. Certaines d'entre elles ressemblent à de véritables piscines d'eau turquoise transparente. Je croise des coyottes, des biches, des criquets et savoure ces instants passés au beau milieu d'une nature luxuriante au possible. Je passe la nuit au camping Madison, au Nord Ouest du parc. Le 23 Août, je découvre l'Artist Paint Pot (véritable pot à peinture de boue en ébullition), et la zone de Mammoth Spring avec son petit village qui ressemble à s'y méprendre à un bourg des Pyrénées ! Par la suite, je réalise l'ascension du Mont Washburn qui offre un panorama à 360° sur l'ensemble du parc, et au loin, sur les montagnes du Grand Teton. J'y croise un petit écureuil, lointain cousin de Tic et Tac, qui prend un malin plaisir à jouer à cache-cache ! En fin de journée, je redescends au Sud-Est du parc, et me rend au bord du Yellowstone Canyon, d'où il est possible de contempler de somptueuses chutes d'eau plantées au beau milieu d'un décor unique balafrant le territoire comme une grosse cicatrice. Je reprends alors la voiture, et voilà qu'un troupeau de bisons en liberté a décidé de venir au bord de la route. Plusieurs mâles entament même des joutes sur le bitume, pour le plus grand bonheur des photographes amateurs présents. Je plante ma tente au camping de Lake Village, après m'être restauré dans le très bon établissement de l'hôtel local.
- Etape 22 (24 au 25 Août): le Mont Rushmore Le 24 Août, en quittant le parc du Yellowstone, je me retrouve planté derrière un bison qui a trouvé bonne l'idée de marcher droit sur la route en lieu et place des voitures. Et c'est qu'il prend son temps le bigre ! En chemin, je m'arrête au bord de petits lacs paisibles, quand progressivement, les montagnes fertiles des Rocheuses laissent la place à de vastes plateaux désertiques: je traverse aujourd'hui l'Etat du Wyoming d'Ouest en Est. Je me fais arrêter au passage par un flic pour excès de vitesse (comme dans les films, mais sans les mains sur le capot !). Par chance, il ne comprenait rien aux hiéroglyphes de mon permis de conduire français, et j'ai pu repartir avec un bon gros sermon, mais sans amende, ouf ! Je traverse les terres du terrible Buffalo Bill, qui chassait l'animal éponyme afin de nourrir les ouvriers constructeurs des voies de chemin de fer. Je finis par déposer mes bagages après 700 kilomètres de route, au coeur des Black Hills. Le 25 Août, je me dirige au Nord Est et débarque au Monument National du Mont Rushmore. L'entrée (10$) met aussitôt dans l'ambiance machine à touriste: un énorme hangar de postes de péages, suivi par un parking à plusieurs étages, tout cela planté au beau milieu de collines boisées qui n'ont rien demandé à personne. En progressant, je tombe sur une allée bondée de touristes, une boutique de souvenirs supermarché, et m'empresse de rejoindre un groupe qui écoute attentivement un ranger raconter moult choses intéressantes sur les lieux. C'est plutôt impressionnant de se retrouver face à ce célèbre monument à l'effigie de 4 présidents américains (Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln), et j'en apprends plus sur la construction de la sculpture par son créateur. La maquette est exposée dans un petit musée. Je m'enfile une glace à l'italienne et repars sur les chapeaux de roue en direction de l'Est pour trois jours de route, direction les bords du lac Michigan.
- Etape 23 (25 au 31 Août): Chicago Pas moins de trois jours me seront nécessaires pour rejoindre Chicago, à plus de 1500 kilomètres de là, sur d'interminables lignes droite assez peu fréquentées. J'ai traversé le Dakota du Sud, aussi désertique que l'Utah, franchi de nouvelles montagnes, puis ai progressivement vu le paysage changer, du Wisconsin au Minnesota, et jusqu'à l'Illinois. Les arbres touffus se sont faits de plus en plus nombreux, et j'ai retrouvé ce que j'avais laissé sur la côté Est. Le 28 Août, je débarque dans la ville, et gare la voiture près d'une des nombreuses plages de Chicago, dans un quartier populaire. De nombreuses familles afro-américaines partagent un goûter au bord du lac Michigan, à l'abri du tumulte de la ville, que je n'avais pas connu si violent depuis Los Angeles. Le 29 Août, je pose mes bagages dans une excellente auberge de jeunesse (Chicago Getaway Hostel), très bien située, près du parc Lincoln. Ni une ni deux, je prends mon ticket transports illimités 3 jours (14$) et m'empresse de monter à bord du métro aérien bien connu (le Loop). J'arrive au coeur du centre d'affaires, les tours sont gigantesques, je suis écrasé par la foule et le poids de la ville. Je pars à la rencontre du Millenium Park avec sa fameuse sculpture en forme de haricot argenté (Cloud Gate) qui déforme les silhouettes dans un jeu de contorsions diaboliques. Je me promène aux abords du port de la ville, puis arpente les rues au pied de quelques buildings historiques et de la statue géante de Marilyn Monroe. Le 30 Août, je me rends au Lincoln Parc, véritable poumon vert de la ville, et pénètre dans le zoo éponyme (et gratuit). Quel plaisir de voir un lieu public aussi intéressant, riche en découvertes, et où les petits (et les grands) s'amusent comme des fous. L'après-midi, je pars faire la visite de la Willis Tower (autrefois appelée Sears Tower), officiellement le bâtiment le plus haut du monde jusqu'en 1998, avec ses 440 mètres de hauteur. Le skydeck, au 103ème étage, nous donne la possibilité de marché sur des alcoves en verre, et d'être ainsi suspendus dans le vide... impressionnant, à faire absolument ! Le soir, je me rends dans l'autre tour réputée de la ville: le John Hancock Center, qui offre une terrasse d'observation, à ciel ouvert cette fois-ci (bon, ça reste une grille malgré tout). La vue est meilleure qu'à la Willis Tower, et surtout, la visiter la nuit procure une toute autre sensation. Le 31 Août, je me rends une dernière fois en bord de lac, il fait très beau et chaud, et je me croirais presque en Méditerranée. J'approche alors du Navy Pier, vaste quai reconverti en zone de loisirs avec attractions, cafés, restaurants, et une grande roue. Par la suite, je récupère la voiture et me retrouve coincé dans des embouteillages monstres pour quitter la ville. Chicago est une vraie pieuvre qui s'étend sur des dizaines et des dizaines de kilomètres ! J'ai cru que je n'en verrai jamais la fin ! J'arrive malgré tout à quitter l'Illinois, et me rend dans l'Ohio. Je débarque en plein territoire Amish, et croise des calèches tirées par des chevaux, et des habitants tout droit sortis du siècle dernier, à vélo le long des routes. La nuit venue, je plante ma tente dans un camping de l'Etat, seul au bord d'un lac infesté de moustiques.
- Etape 24 (31 Août au 2 Septembre): les chutes du Niagara Le 1er Septembre, je parcours la route qui me sépare de Buffalo, à l'extrêmité Ouest de l'Etat de New-York. Je ne m'arrête hélas pas à Cleveland, et arrive en fin de journée à Niagara Falls, côté américain. C'est un peu la douche froide. La fille de l'auberge (Wonderfall hostel, très bien, comme à la maison) me présente un plan de la ville, et s'empresse de marquer d'une grosse croix rouge la moitié du territoire en me conseillant d'éviter de me balader là-bas, sinon dieu sait ce qui pourrait m'arriver. En effet, en arrivant, j'avais trouvé que ca craignait un peu... Pour résumer, à Niagara Falls, un énorme boulevard coupe la ville en deux, d'un côté les pauvres (afro américains pour la plupart), de l'autre l'usine à touriste avec hôtel-casino. La nuit venue, je pars à la découverte des chutes illuminées par des projecteurs multicolores depuis le Canada. L'image est grandiose, les couleurs changent sans arrêt, et quand vient le tour du rose bonbon, on se croirait face à un nuage de barbe à papa. Le 2 Septembre, je retourne près des chutes pour les observer à la lueur du jour, et entame une randonnée sur les flancs de la gorge, là où les anciens tramways du début du siècle circulaient encore en promenant leur flot de touristes, avant que plusieurs d'entre eux ne valdinguent directement dans les eaux glaciales de la rivière Niagara. L'après-midi, j'enfourche mon fidèle destrier et prends la route de l'Est, pour la prochaine et dernière étape, de nouveau à New-York !
- Etape 25 (2 au 6 Septembre): New-York Le 2 Septembre, je passe la nuit dans un motel de Pennsylvanie. Le 3 Septembre, j'arrive à New-York, en roulant au pas à travers le Lincoln Tunnel. Je retrouve ma famille, venue passer quelques jours de vacances en Amérique du Nord. N'ayant une nouvelle fois pas réservé de motel longtemps à l'avance, et les campings n'étant pas monnaie courante sur les gratte-ciels de Manhattan, j'ai tenté le tout pour le tout en faisant confiance à une toute petite annonce internet de Bed and Breakfast, en plein coeur de Wall Street, et à deux pas de Ground Zero. Quasiment aucun avis de visiteur, tant pis, ça passe ou ça casse. Je me suis finalement retrouvé à dormir chez l'habitant, chez une petite grand-mère d'environ 70 ans ! Aux petits oignons avec moi, elle met sa chambre en location pour les touristes, avec petit déjeuner, histoire d'arrondir les fins de mois. En plus, elle a été très sympathique, et une vraie piplette, bref que du bonheur. S'en suivent deux jours typiques de touristes à New-York, visite de Ground Zero, embarquement sur un ferry pour Staten Island afin de voir la statue de la liberté sur fond de coucher de soleil, passage à Times Square, Central Park, Columbus Circle, le Rockefeller Center, et le MoMa. Je vous conseille tout particulièrement la Highline, située dans Chelsea/Greenwich, vers la 14ème, il s'agit d'une promenade herborée, en lieu et place d'une ancienne voie de chemin de fer aérienne, qui serpente au beau milieu des édifices art-déco du quartier. Vraiment chouette ! Le 6 Septembre 2011, je quitte New-York sous des trombes d'eau, et file tout droit vers le Nord pour passer quelques mois encore au Canada, à Montréal, avant de rentrer en France durant l'hiver prochain.
Au final, difficile de décrire ce sentiment de liberté que procure un road-trip comme celui-ci. Qu'il est bon de se laisser porter par les envies, les rencontres, le pays, sans tout planifier à l'avance. Finalement, j'aurai passé trois mois à arpenter le pays, mais je sais que je n'ai pu en saisir qu'une infime partie. Beaucoup d'autres étapes auraient pu être ajoutées, mais les limites administratives d'un passeport ne le permettent pas.
Les USA sont un territoire plein de contrastes, avec de vastes zones peu peuplées encore bien préservées des flots massifs de touristes. A l'inverse, on trouve de gigantesques mégalopoles où la vie frénétique des habitants nous happe comme des proies prises au pièges. Et c'est bien là tout l'intérêt de ce pays, il n'existe pas une Amérique, mais des dizaines, des centaines d'Amériques, qui n'attendent que nous pour être découvertes, et partagées, bien au-delà des clichés habituels.
Si vous avez des questions, ou si vous êtes tout simplement curieux, n'hésitez pas à m'en faire part, je me ferai un plaisir de vous répondre.
Titre du carnet bien sûr inspiré d'une chanson de Lana Del Rey...😉
A la genèse de ce voyage, il y avait mon envie d’emmener ma petite famille faire le plein de soleil au mois de février, au moment o�� on en manque le plus par chez nous… J’avais pensé à plusieurs destinations plutôt européennes et puis finalement, fin août 2016, j’ai eu vent de promos chez American Airlines. Il y avait des vols à moins de 400 € pour Los Angeles par exemple, mais on était dans l’Ouest à peine quelques mois auparavant et on avait envie de découvrir quelque chose de nouveau. Après plusieurs essais avec différentes villes, c’est finalement Miami qui a remporté la mise : 410 € par personne pour un vol de Paris à Miami aller/retour avec un vol direct à l’aller !🙂
Une fois les billets achetés, il fallait penser au circuit, à la voiture et au logement. En ce qui concerne le circuit, on avait envie de voir et faire plein de choses différentes, donc certains d’entre vous penseront peut-être qu’on a été trop gourmands pour 11 jours sur place, mais… on ne regrette rien (si ce n’est peut-être le dernier jour) et cela nous a donné des envies pour + nous poser une prochaine fois !
Voilà le circuit en quelques mots :
Jour 1 : le départ Jour 2 : John Pennekamp SP et repos à l’hôtel Jour 3 : Key West et Bahia Honda SP Jour 4 : Everglades Alligator Farm et Everglades NP Jour 5 : Everglades NP (Shark Valley) et Naples Jour 6 : Fort Myers Beach, Myakka River SP et Siesta Key Jour 7 : Siesta Key, Fort de Soto County Park et Tampa (Ybor City) Jour 8 : kayak sur la Weeki Wachee River et Homosassa Springs Wildlife SP Jour 9 : Universal Studios Jour 10 : Kennedy Space Center Jour 11 : route vers Fort Lauderdale Jour 12 : Fort Lauderdale, Miami Beach, downtown et Coral Gables
Ensuite, il a fallu trouver à se loger. Et là… ça n’a pas été la partie la plus facile ! En effet, la haute saison en Floride est de décembre à avril environ et les hôtels ou locations sont de ce fait plus chères. A titre d’exemple, un hôtel à Naples affiché à environ 100 € au mois de juillet sur Hotels.com était à 250 € en février… Ce n’était vraiment pas possible pour nous !😮 On a donc testé pour la première fois un site dont j’avais déjà entendu parler sur VF, mais que je n’avais jamais essayé : Hotwire. Pour les moins, il y a le fait qu’on ne connaisse le nom de l’hôtel qu’une fois qu’on a réservé et aussi le fait que ce soit non annulable. Pour les plus, il y a les réductions conséquentes qu’on a pu obtenir dans certains hôtels et aussi le fait que Hotwire donne le nom du dernier hôtel obtenu par le client avant nous : cela donne une bonne idée de l’endroit où l’on peut atterrir. On a donc fait un mix entre des réservations avec Hotwire, des réservations non annulables avec Hotels.com et une utilisation de nuit gratuite avec Hotels.com. La moyenne par nuit était de 110 €.
Pour la voiture, pas besoin d’un SUV en Floride. Nous avons décidé d’être raisonnables et de prendre la plus petite voiture possible pour nous 4 : nous avons choisi une berline standard (Chrysler 200). Nous avons annulé et refait une nouvelle réservation à chaque fois que les prix baissaient et nous avons obtenu le meilleur prix lors du Black Friday chez AutoEurope (loueur Alamo) : 243 € pour 11 jours.
A la genèse de ce voyage, il y avait mon envie d’emmener ma petite famille faire le plein de soleil au mois de février, au moment o�� on en manque le plus par chez nous… J’avais pensé à plusieurs destinations plutôt européennes et puis finalement, fin août 2016, j’ai eu vent de promos chez American Airlines. Il y avait des vols à moins de 400 € pour Los Angeles par exemple, mais on était dans l’Ouest à peine quelques mois auparavant et on avait envie de découvrir quelque chose de nouveau. Après plusieurs essais avec différentes villes, c’est finalement Miami qui a remporté la mise : 410 € par personne pour un vol de Paris à Miami aller/retour avec un vol direct à l’aller !🙂
Une fois les billets achetés, il fallait penser au circuit, à la voiture et au logement. En ce qui concerne le circuit, on avait envie de voir et faire plein de choses différentes, donc certains d’entre vous penseront peut-être qu’on a été trop gourmands pour 11 jours sur place, mais… on ne regrette rien (si ce n’est peut-être le dernier jour) et cela nous a donné des envies pour + nous poser une prochaine fois !
Voilà le circuit en quelques mots :
Jour 1 : le départ Jour 2 : John Pennekamp SP et repos à l’hôtel Jour 3 : Key West et Bahia Honda SP Jour 4 : Everglades Alligator Farm et Everglades NP Jour 5 : Everglades NP (Shark Valley) et Naples Jour 6 : Fort Myers Beach, Myakka River SP et Siesta Key Jour 7 : Siesta Key, Fort de Soto County Park et Tampa (Ybor City) Jour 8 : kayak sur la Weeki Wachee River et Homosassa Springs Wildlife SP Jour 9 : Universal Studios Jour 10 : Kennedy Space Center Jour 11 : route vers Fort Lauderdale Jour 12 : Fort Lauderdale, Miami Beach, downtown et Coral Gables
Ensuite, il a fallu trouver à se loger. Et là… ça n’a pas été la partie la plus facile ! En effet, la haute saison en Floride est de décembre à avril environ et les hôtels ou locations sont de ce fait plus chères. A titre d’exemple, un hôtel à Naples affiché à environ 100 € au mois de juillet sur Hotels.com était à 250 € en février… Ce n’était vraiment pas possible pour nous !😮 On a donc testé pour la première fois un site dont j’avais déjà entendu parler sur VF, mais que je n’avais jamais essayé : Hotwire. Pour les moins, il y a le fait qu’on ne connaisse le nom de l’hôtel qu’une fois qu’on a réservé et aussi le fait que ce soit non annulable. Pour les plus, il y a les réductions conséquentes qu’on a pu obtenir dans certains hôtels et aussi le fait que Hotwire donne le nom du dernier hôtel obtenu par le client avant nous : cela donne une bonne idée de l’endroit où l’on peut atterrir. On a donc fait un mix entre des réservations avec Hotwire, des réservations non annulables avec Hotels.com et une utilisation de nuit gratuite avec Hotels.com. La moyenne par nuit était de 110 €.
Pour la voiture, pas besoin d’un SUV en Floride. Nous avons décidé d’être raisonnables et de prendre la plus petite voiture possible pour nous 4 : nous avons choisi une berline standard (Chrysler 200). Nous avons annulé et refait une nouvelle réservation à chaque fois que les prix baissaient et nous avons obtenu le meilleur prix lors du Black Friday chez AutoEurope (loueur Alamo) : 243 € pour 11 jours.
Voyage Forum me demande de créer une nouvelle file parce que la précédente est trop longue. Donc, voici notre programme "à jour", jusqu'au 21 avril rien ne devrait plus bouger, au-delà ça peut encore évoluer.
Merci à tous qui m'avez tant aidée par vos conseils et vos commentaire, à choisir les sites et les randonnées. Nous ne passerons pas un jour certainement sans avoir une pensée pour vous.
1- mardi 29 mars - Maison > Las Vegas
2 - 30 mars - Las Vegas > Cameron (permis Grand Falls) > Flagstaff
3 - 31 mars - Flagstaff > Grand Falls > Sedona
4 - 1 avril - Sedona
5 - 2 avril - Sedona
6 - 3 avril - Sedona
7 - 4 avril - Sedona > Cottonwood > Payson > Tonto National Monument > Lost Dutchman
8 - 5 avril - Lost Dutchman SP > Goldfield
9 - 6 avril - Lost Dutchman SP > Boyce Thompson Arboretum > Saguaro National Park East > Saguaro NP West
10 - 7 avril - Saguaro West (Arizona Sonora Desert Museum) > Alamogrodo ou White Sands
11 - 8 avril - White Sands
12 - 9 avril - White Sands > Guadalupe NP (via Sacramento)
13 - 10 avril - Guadalupe NP
14 - 11 avril - Guadalupe NP > Carlsbad Caverns (Kings Palace Ranger led Tour)
15 - 12 avril - Carlsbad Caverns > Carrizozo > Santa Fe
16 - 13 avril - Santa Fe
17 - 14 avril - Santa Fe > Taos > Chaco Culture
18 - 15 avril - Chaco Culture > Bitsi Badlands
19 - 16 avril - Bisti Badlands (Peut-être Shiprock)
20 - 17 avril - Bisti Badlands > Shiprock > Canyon de Chelly
21 - 18 avril - Canyon de Chelly
22 - 19 avril - Canyon de Chelly (Crépuscule Hope Arch) > Retour Canyon de Chelly pour la nuit
23 - 20 avril - Canyon de Chelly > Gooseneck SP > Valley of Gods
24 - 21 avril - Valley of Gods > Monument Valley (The View)
25 - 22 avril - Monument Valley > Moky Dugway > Muley Point
26 - 23 avril - Muley Point > Mule Canyon > The Needles
27 - 24 avril - The Needles
28 - 25 avril - The Needles > Moab (Marching Men - Delicate)
29 - 26 avril - Moab
30 - 27 avril - Moab - Island in the Sky
31 - 28 avril - Island in the Sky (Mesa Arch)
32 - 29 avril - Island in the Sky > Deadhorse Point pour le coucher du soleil
33 - 30 avril - Dead Horse Point > Shafer Trail > White Rim
34 - 1 mai - White Rim > Potash Road > Five Hole Arch
35 - 2 mai - Five Hole Arch > Globlin Valley > Little Wild Horse Canyon
36 - 3 mai - Crack Canyon > Hanksville
37 - 4 mai - Hanksville > Factory Butte > Capitol Reef
38 - 5 mai - Capitol Reef
39 - 6 mai - Capitol Reef > Cathedral Valley
40 - 7 mai - Cathedral Valley > on sort par Thousand Lake
41 - 8 mai - Caineville Temples Moon and Sun > Nottom Road > Cedar Mesa Campground
42 - 9 mai - Nottom Road > Burr Trail > Devil's Garden
43 - 10 mai - Devil's Garden > Golden Cathedral
44 - 11 mai - Sur Hole in the Rock Road (programme cool Choprock canyon ?) On dort au RH de Coyotte Gulch
45 - 12 mai - Coyotte Gulch
46 - 13 mai - Coyotte Gulch > Harris Wash > Henrieville (The Blues) > Kodachrome Basin
47 - 14 mai - Kodachrome Basin > Mosy Cave > Bryce Canyon (Upper Inspiration Point ) > Kodachrome Basin
48 - 15 mai - Kodachrome Basin SP > Willis Creek > Kodachrome Basin
49 - 16 mai - Cottonwood Canyon Road
50 - 17 mai - Cottonwood Canyon Road (Wahweap – White Rocks) – Nuit Alstrom Point
51 - 18 mai - Page
52 - 19 mai - Page Croisière Rainbow bridge – Old Paria Movie Set
53 - 20 mai - Antelope Canyons – Waterhole Canyon – Cathedral Wash – Great Wall
54 - 21 mai - CBN
55 - 22 mai - Whire Pass - Buckskin Gulch
56 - 23 mai - Page
57 - 24 mai - Horse Shoe Bend > Petrified Forest
58 - 25 mai - Petrified Forest > Grand Canyon
59 - 26 mai - Grand Canyon
60 - 27 mai - Grand Canyon > Seligman
61 - 28 mai - Seligman > Havasupai
62 - 29 mai - Havasupai
63 - 30 mai - Havasupai > Seligman
64 - 31 mai - Seligman > Zion
65 - 1 juin - Zion
66 - 2 juin - Zion > Toroweap
67 - 3 juin - Toroweap > Mesquite
68 - 4 juin - Mesquite > Little Finland (Gold Butte)
69 - 5 juin - Gold Butte (Little Finland) > Valley of Fire
70 - 6 juin - Valley of Fire > Red Rock Canyon
71 - 7 juin - Red Rock Canyon > Death Valley
72 - 8 juin - Death Valley
73 - 9 juin - Death Valley
74 - 10 juin - Death Valley > Las Vegas
75 - 11 juin - Las Vegas > Maison
Merci à tous qui m'avez tant aidée par vos conseils et vos commentaire, à choisir les sites et les randonnées. Nous ne passerons pas un jour certainement sans avoir une pensée pour vous.
1- mardi 29 mars - Maison > Las Vegas
2 - 30 mars - Las Vegas > Cameron (permis Grand Falls) > Flagstaff
3 - 31 mars - Flagstaff > Grand Falls > Sedona
4 - 1 avril - Sedona
5 - 2 avril - Sedona
6 - 3 avril - Sedona
7 - 4 avril - Sedona > Cottonwood > Payson > Tonto National Monument > Lost Dutchman
8 - 5 avril - Lost Dutchman SP > Goldfield
9 - 6 avril - Lost Dutchman SP > Boyce Thompson Arboretum > Saguaro National Park East > Saguaro NP West
10 - 7 avril - Saguaro West (Arizona Sonora Desert Museum) > Alamogrodo ou White Sands
11 - 8 avril - White Sands
12 - 9 avril - White Sands > Guadalupe NP (via Sacramento)
13 - 10 avril - Guadalupe NP
14 - 11 avril - Guadalupe NP > Carlsbad Caverns (Kings Palace Ranger led Tour)
15 - 12 avril - Carlsbad Caverns > Carrizozo > Santa Fe
16 - 13 avril - Santa Fe
17 - 14 avril - Santa Fe > Taos > Chaco Culture
18 - 15 avril - Chaco Culture > Bitsi Badlands
19 - 16 avril - Bisti Badlands (Peut-être Shiprock)
20 - 17 avril - Bisti Badlands > Shiprock > Canyon de Chelly
21 - 18 avril - Canyon de Chelly
22 - 19 avril - Canyon de Chelly (Crépuscule Hope Arch) > Retour Canyon de Chelly pour la nuit
23 - 20 avril - Canyon de Chelly > Gooseneck SP > Valley of Gods
24 - 21 avril - Valley of Gods > Monument Valley (The View)
25 - 22 avril - Monument Valley > Moky Dugway > Muley Point
26 - 23 avril - Muley Point > Mule Canyon > The Needles
27 - 24 avril - The Needles
28 - 25 avril - The Needles > Moab (Marching Men - Delicate)
29 - 26 avril - Moab
30 - 27 avril - Moab - Island in the Sky
31 - 28 avril - Island in the Sky (Mesa Arch)
32 - 29 avril - Island in the Sky > Deadhorse Point pour le coucher du soleil
33 - 30 avril - Dead Horse Point > Shafer Trail > White Rim
34 - 1 mai - White Rim > Potash Road > Five Hole Arch
35 - 2 mai - Five Hole Arch > Globlin Valley > Little Wild Horse Canyon
36 - 3 mai - Crack Canyon > Hanksville
37 - 4 mai - Hanksville > Factory Butte > Capitol Reef
38 - 5 mai - Capitol Reef
39 - 6 mai - Capitol Reef > Cathedral Valley
40 - 7 mai - Cathedral Valley > on sort par Thousand Lake
41 - 8 mai - Caineville Temples Moon and Sun > Nottom Road > Cedar Mesa Campground
42 - 9 mai - Nottom Road > Burr Trail > Devil's Garden
43 - 10 mai - Devil's Garden > Golden Cathedral
44 - 11 mai - Sur Hole in the Rock Road (programme cool Choprock canyon ?) On dort au RH de Coyotte Gulch
45 - 12 mai - Coyotte Gulch
46 - 13 mai - Coyotte Gulch > Harris Wash > Henrieville (The Blues) > Kodachrome Basin
47 - 14 mai - Kodachrome Basin > Mosy Cave > Bryce Canyon (Upper Inspiration Point ) > Kodachrome Basin
48 - 15 mai - Kodachrome Basin SP > Willis Creek > Kodachrome Basin
49 - 16 mai - Cottonwood Canyon Road
50 - 17 mai - Cottonwood Canyon Road (Wahweap – White Rocks) – Nuit Alstrom Point
51 - 18 mai - Page
52 - 19 mai - Page Croisière Rainbow bridge – Old Paria Movie Set
53 - 20 mai - Antelope Canyons – Waterhole Canyon – Cathedral Wash – Great Wall
54 - 21 mai - CBN
55 - 22 mai - Whire Pass - Buckskin Gulch
56 - 23 mai - Page
57 - 24 mai - Horse Shoe Bend > Petrified Forest
58 - 25 mai - Petrified Forest > Grand Canyon
59 - 26 mai - Grand Canyon
60 - 27 mai - Grand Canyon > Seligman
61 - 28 mai - Seligman > Havasupai
62 - 29 mai - Havasupai
63 - 30 mai - Havasupai > Seligman
64 - 31 mai - Seligman > Zion
65 - 1 juin - Zion
66 - 2 juin - Zion > Toroweap
67 - 3 juin - Toroweap > Mesquite
68 - 4 juin - Mesquite > Little Finland (Gold Butte)
69 - 5 juin - Gold Butte (Little Finland) > Valley of Fire
70 - 6 juin - Valley of Fire > Red Rock Canyon
71 - 7 juin - Red Rock Canyon > Death Valley
72 - 8 juin - Death Valley
73 - 9 juin - Death Valley
74 - 10 juin - Death Valley > Las Vegas
75 - 11 juin - Las Vegas > Maison
préambule
L'ensemble de ce voyage a été réalisé par mon épouse et moi-même entre le 27 Juin 2011 et le 11 août 2011.
Les photos proviennent bien, en règle générale, de ce voyage de l'été 2011. Cependant, je ne m'interdis pas d'introduire occasionnellement quelques photos prises lors du voyage précédent assez semblable (2007), lorsqu'elles sont nettement meilleures que celles prises cette année.
La rédaction d'un carnet de voyage est une première pour moi, et probablement une dernière aussi, car je n'envisage pas de me lancer régulièrement dans ce type de récit, pour raison de temps. Mais, si bien des régions du monde font l'objet de nombreuses descriptions sur VoyageForum, bien peu de carnets détaillés existent pour l'Alaska, aussi j'ai souhaité y remédier. J'espère, malgré la qualité médiocre des photos incorporées (limitées chacunes à 100 Ko), donner envie à quelques uns de s'intéresser au grand Nord du continent Américain. Il le mérite bien. Nota (juillet 2013) : les photos dans le corps du texte ont, depuis quelque temps, parfois disparu (merci VF ?) surtout dans la deuxième partie de chaque page ; elles ont alors été remplacées par ... une vignette. Mais il suffit de cliquer sur cette vignette dans le corps du texte pour les retrouver à leur taille normale.
Il s'agit de notre quatrième voyage en Alaska. Nous avons insisté cette fois : - sur les lieux que j'avais le plus appréciés auparavant (négligeant certains endroits pourtant célèbres, comme Denali NP, qui ne nous tentent plus) ; un "Best Of" en quelque sorte. - sur la partie maritime Sud (l' "Inside Passage") que nous ne connaissions pas.
Enfin le voyage se termine par une extension en Arizona, car nous souhaitions retourner une fois de plus à CBN (The Wave) ; nous avons eu en Avril dernier la bonne surprise d'apprendre que nous avions gagné, via la loterie internet, deux permis d'accès au site (très difficile à obtenir), vers la fin de notre séjour Américain. Il nous fallait en profiter. ===================================================
Notre trajet a été le suivant :
(comme le texte est très long et entrecoupé par des commentaires, afin de retrouver un passage plus facilement, j'ai introduit un certain nombre de renvois avec lien vers le texte correspondant : cliquer alors sur les passages en gras dans la table suivante) :
- Vol Lyon-Paris-Los Angeles (voir juste ci-après) - vol pour Seattle - frontière Canadienne - Yoho N.P. - Lac Moraine, Lac Louise, Icefields Parkway (ours) - Jasper, Lac Maligne - Alaska Highway : 1/ traversée de la Colombie Britannique : Dawson Creek, Fort Nelson, généralités sur l'Alaska Highway, Muncho Lake (ours), Liard River Hot Springs, ours sur la route - Alaska Highway (suite) : 2/ entrée dans le Yukon, Watson Lake, Teslin Lake, Whitehorse - généralités sur la ruée vers l'or du Klondike - passage en Alaska, Skagway - retour au Yukon, Whitehorse à nouveau, route vers Dawson City, Dawson City, - Top of the world Highway, passage en Alaska, Tok, Glennallen, passage rapide à Anchorage - route vers Homer, Homer - Journée à Brooks Falls, Katmai NP (ours très nombreux) - péninsule de Kenai, Anchorage - route vers Glennallen et Kenny Lake (pipeline de l'Alaska) - Edgerton Hwy, Kennicott et McCarthy (ours), - route vers le parc de Kluane, passage à nouveau au Yukon, lac de Kluane - Haines Junction, survol des glaciers (Kaskawulsh et South Arm Glacier) - route vers Haines (retour en Alaska) Haines, Chilcoot River (ours) - A PARTIR DE MAINTENANT TRAJETS EN FERRY. Ferry vers Juneau, Juneau, Mendenhall Glacier - Tracy Arm Fjord, Sawyer Glaciers, retour à Juneau (ours) - ferry vers Sitka, Sitka - en route vers Wrangell, passage à Petersburg, Wrangell, vers Anan Creek (ours) - Anan Creek (ours très nombreux) - Ketchikan - retour à Bellingham en ferry, retour à Seattle. - vol vers Las Vegas, route vers Page - The Wave (route défoncée), autour de Page - Secret Canyon - Cottonwood Canyon Road Bryce NP, Red Canyon, Cedar Breaks NM, retour à Las Vegas - Havasupai - Palm Springs, retour à Los Angeles, retour en France.
===================================================
Le vol depuis Lyon vers Paris puis Los Angeles a été parfait (Air France en Affaire, grâce aux miles FlyingBlue).
Vol AF CDG-LAX
A l'arrivée nous prenons possession d'une petite voiture Hertz pour quelques heures, car nous devons changer rapidement d'aéroport ; direction John Wayne Airport (SNA) à 40 miles de là, à Santa Ana. Mais nous avons le temps sur le trajet de faire un détour pour nous dégourdir les jambes près de l’océan ; ce sera Huntington Beach, et son sympathique pier.
Huntington Beach
Vol ensuite vers Seattle avec Southwest Airlines, une compagnie low cost, mais qui fonctionne parfaitement, et au confort très correct. Enregistrement rapide (il n'y a pas de boarding pass avec siège pré-attribué, mais on reçoit un numéro qui signifie l'ordre de pénétration dans l'avion, où chacun choisit à sa guise un des sièges encore disponibles). Bagages gratuits ! Encore un vol sans problème, à l'heure, avec une escale de quelques minutes à Oakland. Tout cela pour environ 50$ ttc par personne !
Peu avant d'atterrir, nous survolons le Mt Rainier, repère mythique de la région de Seattle.
Mount Rainier
La réception de la voiture à Seattle sera un moment important, car nous devrons cohabiter un gros mois ensemble, sur plus de 10000 km. Et, outre une consommation raisonnable (le prix de l'essence n'est plus ce qu'il était ; nous l'avons trouvée dans certains coins reculés sensiblement plus chère qu'en France !), il nous fallait une longueur inférieure à 15', pour minimiser le coût de transport sur le ferry. Il fallait aussi qu'elle soit confortable, afin de ménager nos vieilles articulations. Le préposé au comptoir Hertz est compréhensif, efficace et compétent, il assimile nos exigences.
Il nous attribue une Hyundai Elantra. Bonne pioche, elle a été parfaite, à l'aise sur les pistes (faciles) telles que Top Of The World Hwy ou McCarthy Road, et confortable pour les très longs trajets routiers (je dirais que c'est comme une Mégane, en plus confortable. Le toit ouvrant sera un plus très apprécié (surtout par Madame qui a ainsi pu profiter du soleil Arctique, sans faire chuter notre moyenne), car nous avons eu sur la plus grande partie du trajet un temps anormalement beau et ensoleillé. La radio par satellite nous permettra de recevoir des centaines de chaînes, même très loin de toute zone habitée. Prix total payé pour cette voiture en km illimité, pour 1 mois complet : 1 175 US$ ttc, avec toutes les assurances raisonnablement nécessaires.
Petite remarque amusante : nous avons reçu une voiture immatriculée en Floride, et cela nous a attiré beaucoup de sympathie tout au long du parcours, car la Floride, c'est très looooooin de l'Alaska.
On nous a souvent fait confirmer que nous venions bien de Floride, et lorsque nous répondions "non, de France", on nous demandait alors généralement "où est situé cet état ?". Notre réponse habituelle, "encore plus à l'Est que la Floride" les a à peine surpris (l'Américain moyen ne connaît que très mal la géographie).
Notre première tâche a été de faire un très gros plein de nourriture et d'outillages de cuisine dans un Safeway et dans un Walmart à proximité de l'aéroport de Seattle, car, pour des raisons d'économie ou de diététique, nous ne mangerons pas très souvent au restaurant.
En fait, tous les midi nous prévoyons un picnic léger et rapide. Et le soir, nous ne fréquenterons les restaurants que de temps à autres, lorsqu'ils amèneront un plus significatif. Car au Canada et en Alaska, les restaurants sont rares dans les zones reculées, et ailleurs ils sont toujours très chers (environ le double de ceux qu'on rencontre dans le SW des USA à qualité comparable) ; ils sont en outre généralement très quelconques ou bourratifs.

De plus, les logements que nous fréquenterons (hôtels-motels-lodges, bungalows, BnB, roadhouses, cabanes, …) nous donneront souvent gratuitement accès à un barbecue (nous comptons bien faire une cure intensive de saumon sauvage grillé) ; et sinon nous aurons parfois une kitchenette, ou au moins un micro-onde disponible ; nous utiliserons une boite spéciale en plastique, très pratique, spécialement conçue pour préparer rapidement et facilement une plâtrée de riz ou de pâtes dans un micro-onde. Il nous a néanmoins fallu trouver des cartouches bleues Camping-Gaz. Et là, mauvaise surprise, elles ne sont plus distribuées aujourd'hui dans les magasins REI de Seattle "pour raison de sûreté" (?) nous explique-t-on (j'aurais plutôt pensé pour raison commerciale). Mais heureusement nous en trouverons rapidement dans un "Big 5" voisin.
Nous passons quelques minutes, pour le fun, au Pike Market de Seattle afin de retrouver l'ambiance inimitable des vendeurs de poissons.

Pike Market, Seattle
Nous faisons là notre première rencontre du voyage avec les fameux saumons sauvages d'Alaska, à la chair couleur rouge vif, incomparables avec les saumons d'élevage que nous connaissons en Europe.
Lancés par un assistant, ils rejoignent la caisse enregistreuse par dessus les têtes et les étalages pour y être pesés et emballés. Il est vrai (nous pourrons le confirmer plus tard) que les saumons d'Alaska sont bien des champions reconnus pour le saut, par exemple pour remonter une chute. Les poissons volent bas !
Un petit tour express, sur le front de mer près du marché nous permettra de saluer une dernière fois le Mt Rainier, omniprésent dans la ville.
Seattle waterfront
Notre premier picnic se déroulera sur la rive Est du Lac Union, dans une zone un peu rétro et hippie, assez sympa, avec des maisons flottantes (on se croirait au nord se Sausalito).
Lake Union
Mais nous ne nous attardons pas, et quittons bien vite la ville, direction Nord, par l'I5. Là, les difficultés commencent. Comme la dernière fois où j'ai emprunté cette autoroute en direction du Canada, elle est complètement engorgée sur 60 miles (la carpool est elle-même saturée). Contrairement à l'idée reçue, la vie ne doit pas être toujours rose dans la région de Seattle !
Nous arrivons enfin au Canada, et dormons à Abbotsford, une cinquantaine de km à l'Est de Vancouver (ville que nous éviterons complètement cette fois).
Le lendemain de bonne heure, nous nous engageons sur la "transcanadienne" direction Est, avant d'obliquer vers Kelowna et la vallée de l'Okanagan (région que nous ne connaissions pas), puis de rejoindre les Rocheuses Canadiennes.
la transcanadienne
pont flottant de Kelowna
des cultures à perte de vue
vallée de l'Okanagan
Nous n'avons pas vraiment apprécié cette région, pourtant réputée. Certains points de vue sont effectivement très beaux (le fond de la vallée est une succession de jolis lacs très longs), mais la circulation y est pénible, et les villages assez quelconques. La région est fameuse pour ses vergers, et ses fruits ; mais si ces derniers sont bien vendus en grand nombre dans des stands un peu partout au bord de la route, le tarif est dissuasif (bien plus cher qu'en supermarché, bien plus cher qu'en Europe). De plus il est très difficile de trouver à midi un coin sympathique avec tables de picnic.
Heureusement, la belle surprise de la journée sera notre ville étape, Revelstoke, au pied du Parc des Glaciers (le Canadien, pas l'Américain). Nous logeons dans un motel sympathique (Swiss Chalet), genre BnB. Et l'ambiance de ce gros bourg forestier est vraiment plaisante et relaxante : un orchestre de jazz dans un kiosque à musique anime agréablement une soirée bon enfant. Seul bémol, la ville est traversée en permanence par des trains interminables (on a compté 168 wagons), mais cela donne un coté folklorique indéniable.
L'ensemble de ce voyage a été réalisé par mon épouse et moi-même entre le 27 Juin 2011 et le 11 août 2011.
Les photos proviennent bien, en règle générale, de ce voyage de l'été 2011. Cependant, je ne m'interdis pas d'introduire occasionnellement quelques photos prises lors du voyage précédent assez semblable (2007), lorsqu'elles sont nettement meilleures que celles prises cette année.
La rédaction d'un carnet de voyage est une première pour moi, et probablement une dernière aussi, car je n'envisage pas de me lancer régulièrement dans ce type de récit, pour raison de temps. Mais, si bien des régions du monde font l'objet de nombreuses descriptions sur VoyageForum, bien peu de carnets détaillés existent pour l'Alaska, aussi j'ai souhaité y remédier. J'espère, malgré la qualité médiocre des photos incorporées (limitées chacunes à 100 Ko), donner envie à quelques uns de s'intéresser au grand Nord du continent Américain. Il le mérite bien. Nota (juillet 2013) : les photos dans le corps du texte ont, depuis quelque temps, parfois disparu (merci VF ?) surtout dans la deuxième partie de chaque page ; elles ont alors été remplacées par ... une vignette. Mais il suffit de cliquer sur cette vignette dans le corps du texte pour les retrouver à leur taille normale.
Il s'agit de notre quatrième voyage en Alaska. Nous avons insisté cette fois : - sur les lieux que j'avais le plus appréciés auparavant (négligeant certains endroits pourtant célèbres, comme Denali NP, qui ne nous tentent plus) ; un "Best Of" en quelque sorte. - sur la partie maritime Sud (l' "Inside Passage") que nous ne connaissions pas.
Enfin le voyage se termine par une extension en Arizona, car nous souhaitions retourner une fois de plus à CBN (The Wave) ; nous avons eu en Avril dernier la bonne surprise d'apprendre que nous avions gagné, via la loterie internet, deux permis d'accès au site (très difficile à obtenir), vers la fin de notre séjour Américain. Il nous fallait en profiter. ===================================================
Notre trajet a été le suivant :
(comme le texte est très long et entrecoupé par des commentaires, afin de retrouver un passage plus facilement, j'ai introduit un certain nombre de renvois avec lien vers le texte correspondant : cliquer alors sur les passages en gras dans la table suivante) :
- Vol Lyon-Paris-Los Angeles (voir juste ci-après) - vol pour Seattle - frontière Canadienne - Yoho N.P. - Lac Moraine, Lac Louise, Icefields Parkway (ours) - Jasper, Lac Maligne - Alaska Highway : 1/ traversée de la Colombie Britannique : Dawson Creek, Fort Nelson, généralités sur l'Alaska Highway, Muncho Lake (ours), Liard River Hot Springs, ours sur la route - Alaska Highway (suite) : 2/ entrée dans le Yukon, Watson Lake, Teslin Lake, Whitehorse - généralités sur la ruée vers l'or du Klondike - passage en Alaska, Skagway - retour au Yukon, Whitehorse à nouveau, route vers Dawson City, Dawson City, - Top of the world Highway, passage en Alaska, Tok, Glennallen, passage rapide à Anchorage - route vers Homer, Homer - Journée à Brooks Falls, Katmai NP (ours très nombreux) - péninsule de Kenai, Anchorage - route vers Glennallen et Kenny Lake (pipeline de l'Alaska) - Edgerton Hwy, Kennicott et McCarthy (ours), - route vers le parc de Kluane, passage à nouveau au Yukon, lac de Kluane - Haines Junction, survol des glaciers (Kaskawulsh et South Arm Glacier) - route vers Haines (retour en Alaska) Haines, Chilcoot River (ours) - A PARTIR DE MAINTENANT TRAJETS EN FERRY. Ferry vers Juneau, Juneau, Mendenhall Glacier - Tracy Arm Fjord, Sawyer Glaciers, retour à Juneau (ours) - ferry vers Sitka, Sitka - en route vers Wrangell, passage à Petersburg, Wrangell, vers Anan Creek (ours) - Anan Creek (ours très nombreux) - Ketchikan - retour à Bellingham en ferry, retour à Seattle. - vol vers Las Vegas, route vers Page - The Wave (route défoncée), autour de Page - Secret Canyon - Cottonwood Canyon Road Bryce NP, Red Canyon, Cedar Breaks NM, retour à Las Vegas - Havasupai - Palm Springs, retour à Los Angeles, retour en France.
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Le vol depuis Lyon vers Paris puis Los Angeles a été parfait (Air France en Affaire, grâce aux miles FlyingBlue).
Vol AF CDG-LAXA l'arrivée nous prenons possession d'une petite voiture Hertz pour quelques heures, car nous devons changer rapidement d'aéroport ; direction John Wayne Airport (SNA) à 40 miles de là, à Santa Ana. Mais nous avons le temps sur le trajet de faire un détour pour nous dégourdir les jambes près de l’océan ; ce sera Huntington Beach, et son sympathique pier.
Huntington BeachVol ensuite vers Seattle avec Southwest Airlines, une compagnie low cost, mais qui fonctionne parfaitement, et au confort très correct. Enregistrement rapide (il n'y a pas de boarding pass avec siège pré-attribué, mais on reçoit un numéro qui signifie l'ordre de pénétration dans l'avion, où chacun choisit à sa guise un des sièges encore disponibles). Bagages gratuits ! Encore un vol sans problème, à l'heure, avec une escale de quelques minutes à Oakland. Tout cela pour environ 50$ ttc par personne !
Peu avant d'atterrir, nous survolons le Mt Rainier, repère mythique de la région de Seattle.
Mount RainierLa réception de la voiture à Seattle sera un moment important, car nous devrons cohabiter un gros mois ensemble, sur plus de 10000 km. Et, outre une consommation raisonnable (le prix de l'essence n'est plus ce qu'il était ; nous l'avons trouvée dans certains coins reculés sensiblement plus chère qu'en France !), il nous fallait une longueur inférieure à 15', pour minimiser le coût de transport sur le ferry. Il fallait aussi qu'elle soit confortable, afin de ménager nos vieilles articulations. Le préposé au comptoir Hertz est compréhensif, efficace et compétent, il assimile nos exigences.
Il nous attribue une Hyundai Elantra. Bonne pioche, elle a été parfaite, à l'aise sur les pistes (faciles) telles que Top Of The World Hwy ou McCarthy Road, et confortable pour les très longs trajets routiers (je dirais que c'est comme une Mégane, en plus confortable. Le toit ouvrant sera un plus très apprécié (surtout par Madame qui a ainsi pu profiter du soleil Arctique, sans faire chuter notre moyenne), car nous avons eu sur la plus grande partie du trajet un temps anormalement beau et ensoleillé. La radio par satellite nous permettra de recevoir des centaines de chaînes, même très loin de toute zone habitée. Prix total payé pour cette voiture en km illimité, pour 1 mois complet : 1 175 US$ ttc, avec toutes les assurances raisonnablement nécessaires.
Petite remarque amusante : nous avons reçu une voiture immatriculée en Floride, et cela nous a attiré beaucoup de sympathie tout au long du parcours, car la Floride, c'est très looooooin de l'Alaska.
On nous a souvent fait confirmer que nous venions bien de Floride, et lorsque nous répondions "non, de France", on nous demandait alors généralement "où est situé cet état ?". Notre réponse habituelle, "encore plus à l'Est que la Floride" les a à peine surpris (l'Américain moyen ne connaît que très mal la géographie).Notre première tâche a été de faire un très gros plein de nourriture et d'outillages de cuisine dans un Safeway et dans un Walmart à proximité de l'aéroport de Seattle, car, pour des raisons d'économie ou de diététique, nous ne mangerons pas très souvent au restaurant.
En fait, tous les midi nous prévoyons un picnic léger et rapide. Et le soir, nous ne fréquenterons les restaurants que de temps à autres, lorsqu'ils amèneront un plus significatif. Car au Canada et en Alaska, les restaurants sont rares dans les zones reculées, et ailleurs ils sont toujours très chers (environ le double de ceux qu'on rencontre dans le SW des USA à qualité comparable) ; ils sont en outre généralement très quelconques ou bourratifs.

De plus, les logements que nous fréquenterons (hôtels-motels-lodges, bungalows, BnB, roadhouses, cabanes, …) nous donneront souvent gratuitement accès à un barbecue (nous comptons bien faire une cure intensive de saumon sauvage grillé) ; et sinon nous aurons parfois une kitchenette, ou au moins un micro-onde disponible ; nous utiliserons une boite spéciale en plastique, très pratique, spécialement conçue pour préparer rapidement et facilement une plâtrée de riz ou de pâtes dans un micro-onde. Il nous a néanmoins fallu trouver des cartouches bleues Camping-Gaz. Et là, mauvaise surprise, elles ne sont plus distribuées aujourd'hui dans les magasins REI de Seattle "pour raison de sûreté" (?) nous explique-t-on (j'aurais plutôt pensé pour raison commerciale). Mais heureusement nous en trouverons rapidement dans un "Big 5" voisin.
Nous passons quelques minutes, pour le fun, au Pike Market de Seattle afin de retrouver l'ambiance inimitable des vendeurs de poissons.

Pike Market, SeattleNous faisons là notre première rencontre du voyage avec les fameux saumons sauvages d'Alaska, à la chair couleur rouge vif, incomparables avec les saumons d'élevage que nous connaissons en Europe.

Lancés par un assistant, ils rejoignent la caisse enregistreuse par dessus les têtes et les étalages pour y être pesés et emballés. Il est vrai (nous pourrons le confirmer plus tard) que les saumons d'Alaska sont bien des champions reconnus pour le saut, par exemple pour remonter une chute. Les poissons volent bas !
Un petit tour express, sur le front de mer près du marché nous permettra de saluer une dernière fois le Mt Rainier, omniprésent dans la ville.
Seattle waterfrontNotre premier picnic se déroulera sur la rive Est du Lac Union, dans une zone un peu rétro et hippie, assez sympa, avec des maisons flottantes (on se croirait au nord se Sausalito).
Lake UnionMais nous ne nous attardons pas, et quittons bien vite la ville, direction Nord, par l'I5. Là, les difficultés commencent. Comme la dernière fois où j'ai emprunté cette autoroute en direction du Canada, elle est complètement engorgée sur 60 miles (la carpool est elle-même saturée). Contrairement à l'idée reçue, la vie ne doit pas être toujours rose dans la région de Seattle !
Nous arrivons enfin au Canada, et dormons à Abbotsford, une cinquantaine de km à l'Est de Vancouver (ville que nous éviterons complètement cette fois).
Le lendemain de bonne heure, nous nous engageons sur la "transcanadienne" direction Est, avant d'obliquer vers Kelowna et la vallée de l'Okanagan (région que nous ne connaissions pas), puis de rejoindre les Rocheuses Canadiennes.
la transcanadienne
pont flottant de Kelowna
des cultures à perte de vue
vallée de l'OkanaganNous n'avons pas vraiment apprécié cette région, pourtant réputée. Certains points de vue sont effectivement très beaux (le fond de la vallée est une succession de jolis lacs très longs), mais la circulation y est pénible, et les villages assez quelconques. La région est fameuse pour ses vergers, et ses fruits ; mais si ces derniers sont bien vendus en grand nombre dans des stands un peu partout au bord de la route, le tarif est dissuasif (bien plus cher qu'en supermarché, bien plus cher qu'en Europe). De plus il est très difficile de trouver à midi un coin sympathique avec tables de picnic.
Heureusement, la belle surprise de la journée sera notre ville étape, Revelstoke, au pied du Parc des Glaciers (le Canadien, pas l'Américain). Nous logeons dans un motel sympathique (Swiss Chalet), genre BnB. Et l'ambiance de ce gros bourg forestier est vraiment plaisante et relaxante : un orchestre de jazz dans un kiosque à musique anime agréablement une soirée bon enfant. Seul bémol, la ville est traversée en permanence par des trains interminables (on a compté 168 wagons), mais cela donne un coté folklorique indéniable.
Salut à tous,
Cette fois, c’est notre tour … , notre tour d’essayer d’apporter un (petit) plus au forum, notre tour d’apporter un petit retour d’expérience sur notre récent voyage de ce début 2015 en Amérique Centrale et du Nord. Ce n’est que justice d’apporter notre pierre après avoir été glaner des infos précieuses sur le site à l’occasion de la préparation de nos voyages précédents. Si, à l’époque, la vie professionnelle active ne nous laissait guère l’occasion faire un retour sur l’expérience acquise lors de ces voyages, il en va un peu différemment maintenant …
1) Nous …
Tous deux jeunes retraités dans la soixantaine naissante après une vie professionnelle active, affamés de découvertes et de voyages. Les enfants ont quitté le nid depuis quelques années et volent de leurs propres ailes et les 3 petits-fils poussent en taille (mais pas encore assez en sagesse).

2) Notre projet …
Si nous voyageons fréquemment en Europe (en moto de préférence, en city trip, en croisière ou en séjours divers), nous sommes également passionnés par l’Amérique du Nord (Canada et USA) où nous avons déjà fait une série de voyages touristiques sur une période de 35 ans, … notre premier voyage vers les USA datant en effet de 1980 …
Aux USA, comme au Canada, on se sent bien …, on s’y est toujours bien senti et on y a toujours été bien accueilli …
Cette fois, nous avons voulu y retourner en janvier 2015 : - pour quitter la morosité hivernale de nos régions durant cette période - pour flâner un peu au soleil en terre déjà largement connue … et ce sera donc la Californie du sud … et Las Vegas - pour découvrir une partie des USA que nous ne connaissions pas encore (à savoir la Floride et la Louisiane).
Le cahier des charges est donc clair : Repos et récupération en Californie (+ Las Vegas) et découverte des attraits essentiels de la Floride et de la Louisiane.
Ces deux pôles étant fort distants, voire assez incompatibles, un trait d’union entre eux s’imposait …
C’est là qu’un coup de chance s’est produit, à savoir la découverte de l’existence de croisières entre Los Angeles et Miami via le passage du Canal de Panama à cette époque de l’année.
Cette opportunité nous convenait parfaitement puisqu’elle faisait un lien « direct » entre Los Angeles et Miami, tout en nous permettant de faire une croisière et de découvrir très (trop) rapidement et très (trop) superficiellement malheureusement, des images du Mexique, du Costa Rica, de Colombie et de traverser le Canal de Panama.
Tenant compte que nous ne voulions pas dépasser les deux mois d’absence, notre calendrier fût donc le suivant de mi janvier à mi mars 2015 :
- deux semaines relax et cool en terrains connus en Californie - deux semaines de croisière entre Los Angeles et Miami en musardant le long de la riviera mexicaine avant de passer le canal de Panama - trois grosses semaines de découverte de la Floride et de la Louisiane
3) L’organisation et la préparation du voyage
Avant d’en arriver au récit de notre escapade, je me propose d’insister un peu plus largement que d’habitude sur la préparation et l’organisation de ce voyage. Expliquer un peu notre fonctionnement dans la préparation et la logistique peut peut-être aider à faciliter la réflexion de futurs nouveaux voyageurs.
Quand on est « jeune voyageur » avant que l’expérience (et les ans) ne vienne, il est précieux d’avoir l’éclairage de la manière dont d’autres s’y prennent. C’est dans cet esprit que j’ai développé un peu plus (voire trop) NOTRE fonctionnement. Que les vétérans du forum nous pardonnent …
La réussite d’un grand voyage est, pour nous, d’abord liée à la qualité de sa préparation et de son organisation avant départ.
Pour nous, la préparation fait partie intégrante du plaisir du voyage. Les 6 mois qui précèdent un tel parcours se passent à le préparer, à le mâcher, à y penser, à en rêver, à le peaufiner, à maltraiter internet, les guides, notre forum bien aimé, bref … c’est presque la plus belle phase du projet … et on se demanderait bien parfois, juste avant de partir, s’il est bien nécessaire de décoller, tant on l’a déjà fait de fois dans sa tête, ce voyage … (et aussi parfois parce qu’on a un peu peur d’être, parfois, déçus …)
Avertissement : Attention, ce qui sera mentionné dans la suite constitue « My Practices » et non « The Best Practices ». Autrement dit, il s’agit de nos pratiques convenant à notre personnalité et à notre mode de fonctionnement, sans autre prétention.
Et puis, quand même … comme le signale le sage adage « Chacun fait son lit comme il veut se coucher … ».
Micy
Cette fois, c’est notre tour … , notre tour d’essayer d’apporter un (petit) plus au forum, notre tour d’apporter un petit retour d’expérience sur notre récent voyage de ce début 2015 en Amérique Centrale et du Nord. Ce n’est que justice d’apporter notre pierre après avoir été glaner des infos précieuses sur le site à l’occasion de la préparation de nos voyages précédents. Si, à l’époque, la vie professionnelle active ne nous laissait guère l’occasion faire un retour sur l’expérience acquise lors de ces voyages, il en va un peu différemment maintenant …
1) Nous …
Tous deux jeunes retraités dans la soixantaine naissante après une vie professionnelle active, affamés de découvertes et de voyages. Les enfants ont quitté le nid depuis quelques années et volent de leurs propres ailes et les 3 petits-fils poussent en taille (mais pas encore assez en sagesse).

2) Notre projet …
Si nous voyageons fréquemment en Europe (en moto de préférence, en city trip, en croisière ou en séjours divers), nous sommes également passionnés par l’Amérique du Nord (Canada et USA) où nous avons déjà fait une série de voyages touristiques sur une période de 35 ans, … notre premier voyage vers les USA datant en effet de 1980 …
Aux USA, comme au Canada, on se sent bien …, on s’y est toujours bien senti et on y a toujours été bien accueilli …
Cette fois, nous avons voulu y retourner en janvier 2015 : - pour quitter la morosité hivernale de nos régions durant cette période - pour flâner un peu au soleil en terre déjà largement connue … et ce sera donc la Californie du sud … et Las Vegas - pour découvrir une partie des USA que nous ne connaissions pas encore (à savoir la Floride et la Louisiane).
Le cahier des charges est donc clair : Repos et récupération en Californie (+ Las Vegas) et découverte des attraits essentiels de la Floride et de la Louisiane.
Ces deux pôles étant fort distants, voire assez incompatibles, un trait d’union entre eux s’imposait …
C’est là qu’un coup de chance s’est produit, à savoir la découverte de l’existence de croisières entre Los Angeles et Miami via le passage du Canal de Panama à cette époque de l’année.
Cette opportunité nous convenait parfaitement puisqu’elle faisait un lien « direct » entre Los Angeles et Miami, tout en nous permettant de faire une croisière et de découvrir très (trop) rapidement et très (trop) superficiellement malheureusement, des images du Mexique, du Costa Rica, de Colombie et de traverser le Canal de Panama.
Tenant compte que nous ne voulions pas dépasser les deux mois d’absence, notre calendrier fût donc le suivant de mi janvier à mi mars 2015 :
- deux semaines relax et cool en terrains connus en Californie - deux semaines de croisière entre Los Angeles et Miami en musardant le long de la riviera mexicaine avant de passer le canal de Panama - trois grosses semaines de découverte de la Floride et de la Louisiane
3) L’organisation et la préparation du voyage
Avant d’en arriver au récit de notre escapade, je me propose d’insister un peu plus largement que d’habitude sur la préparation et l’organisation de ce voyage. Expliquer un peu notre fonctionnement dans la préparation et la logistique peut peut-être aider à faciliter la réflexion de futurs nouveaux voyageurs.
Quand on est « jeune voyageur » avant que l’expérience (et les ans) ne vienne, il est précieux d’avoir l’éclairage de la manière dont d’autres s’y prennent. C’est dans cet esprit que j’ai développé un peu plus (voire trop) NOTRE fonctionnement. Que les vétérans du forum nous pardonnent …
La réussite d’un grand voyage est, pour nous, d’abord liée à la qualité de sa préparation et de son organisation avant départ.
Pour nous, la préparation fait partie intégrante du plaisir du voyage. Les 6 mois qui précèdent un tel parcours se passent à le préparer, à le mâcher, à y penser, à en rêver, à le peaufiner, à maltraiter internet, les guides, notre forum bien aimé, bref … c’est presque la plus belle phase du projet … et on se demanderait bien parfois, juste avant de partir, s’il est bien nécessaire de décoller, tant on l’a déjà fait de fois dans sa tête, ce voyage … (et aussi parfois parce qu’on a un peu peur d’être, parfois, déçus …)
Avertissement : Attention, ce qui sera mentionné dans la suite constitue « My Practices » et non « The Best Practices ». Autrement dit, il s’agit de nos pratiques convenant à notre personnalité et à notre mode de fonctionnement, sans autre prétention.
Et puis, quand même … comme le signale le sage adage « Chacun fait son lit comme il veut se coucher … ».
Micy
J'ai remarqué que la rubrique Etats-Unis générait le plus grand nombre de discussions (31000😮) ouvertes sur ce forum. (La Thailande semblant être le deuxième pays sur ce critère)
Cette première place ne reflète pourtant pas l'importance du flux de vacanciers français (pour nos amis québécois, la Floride semble être à l'inverse une destination de choix😉)
Je me demande donc ce qui fascine tant les Vfistes dans cette destination :
- la nostalgie des westerns ayant bercé notre enfance ?
- l'envie de découvrir le Rêve Américain ?
- la facilité (pas de difficultés particulières hormis la langue) ?
- ????
Personnellement ce fut la facilité..... (premier voyage lointain hors du nid familial 😄)
Cette première place ne reflète pourtant pas l'importance du flux de vacanciers français (pour nos amis québécois, la Floride semble être à l'inverse une destination de choix😉)
Je me demande donc ce qui fascine tant les Vfistes dans cette destination :
- la nostalgie des westerns ayant bercé notre enfance ?
- l'envie de découvrir le Rêve Américain ?
- la facilité (pas de difficultés particulières hormis la langue) ?
- ????
Personnellement ce fut la facilité..... (premier voyage lointain hors du nid familial 😄)
Plus de 60 carnets de voyage sur les USA ont été publiés sur Voyage Forum depuis début 2014. La majorité sont des circuits "standards" dans le sud ouest avec les mêmes photos des mêmes lieux. Encore un ? je me demande s'il faut vraiment que je me remette à écrire ? Oui sans doute car cette année je n'ai vu presque que des lieux dont on a jamais parlé sur VF, et pourtant certains sont des National Parks.Pour ce 8ème et dernier séjour (?) dans le Grand West, j'avais bâti un circuit incluant les 3 parcs nationaux de l'ouest pas encore visités (sur 34 NP) + 3 sites particulièrement méconnus d'autres parcs célèbres + 3 lieux déjà vus dans de mauvaises conditions en 2008 et quelques jolies découvertes ça et là en Californie. Il fallait aussi inclure au programme un Pow Wow, choix délicat qui décida des dates et de l'organisation du circuit.
Pour suivre :
2 - Channel Island NP – Anacapa http://voyageforum.com/...post=6769354#6769354
3 - Journée de transition non sans surprises http://voyageforum.com/...post=6769377#6769377
4 - Dans la faille de San Andreas ! http://voyageforum.com/...post=6770338#6770338
5 - Le trail des 100 Géants http://voyageforum.com/...post=6771419#6771419
6 - Red Rock Canyon, State Park sans sous du State http://voyageforum.com/...post=6772723#6772723
7 - Pinnacles National Park, une curiosité, mais pas un grand parc http://voyageforum.com/...post=6774622#6774622
8 – Dans les vignes des Seigneurs http://voyageforum.com/...post=6777733#6777733
9 – Vers le nord de la Californie http://voyageforum.com/...post=6777757#6777757
10 - Lassen Volcanic NP http://voyageforum.com/...post=6780421#6780421 et http://voyageforum.com/...post=6781376#6781376
11 – Tunnel et Cascade http://voyageforum.com/...post=6782685#6782685
12 - Réserve paiute et hippie http://voyageforum.com/...post=6783883#6783883
13 - Tahoe, arrêt interdit http://voyageforum.com/...post=6784852#6784852
14 Tahoe Queen Emerald Bay Cruise http://voyageforum.com/...post=6785801#6785801
15 Tufa et bassins bleus http://voyageforum.com/...post=6788882#6788882
16 Bishop Paiute Pow Wow
17 Bishop Paiute Pow Wow suite
Vidéos danses du pow wow
Vidéos danses du pow wow femmes
18 Passage en terre connue
19 En route vers les roches rouges
Toroweap, le grand fossé
Un grand "Cedar Breaks"
Dans la foule du Strip
Ghost Town pour cars de touristes
Chez Batman
Mon classement des 34 parcs
Mon classement de 22 National Monuments
Mon classement des State Parks que je connais
Mon classement des "divers"

La carte des points visités
Jeudi 11 septembre 2014 – réponse à une question de l'an dernier
Prendre l'avion pour les États Unis un 11 septembre, on peu avoir une certaine appréhension. On évite d'y penser et quand le A380 d'AF se pose à l'heure à Los Angeles, ce sont les formalités puis la prise en charge de la voiture qui préoccupent. Formidable, chez Alamo, j'ai le choix : c'est bien la 1ère fois. Une Grande Cherokee – déjà eu en 2012, une Santa Fe – c'était celle de l'an dernier... tient, une Chevrolet Captiva – ç'a l'air pas mal, coffre ok, pas trop haut pour grimper dedans, on prend. 34000 miles au compteur – normal après l'été. Elle en aura 3850 de plus dans 3 semaines 1/2. Boite automatique avec accès aux rapports courts, ce sera utile en montagne.

Notre voiture cette année.
Et en route vers Oxnard, 100 km plus au nord par la Pacific Coast Hwy. Au niveau de Pepperdice University à Malibu, nous retrouvons l'étonnant champ de drapeaux vus au passage l'an dernier à la même époque. Cette fois, nous savons ce que c'est, la télé en a parlé récemment : ici, chaque année depuis 2008 les 2997 drapeaux commémorent les victimes du 11 septembre.

Les drapeaux de Alumni Park sont retirés le 22 septembre.
Étape au Walmart de Oxnard – misère, ils n'ont pas de glacière en polystyrène – puis direction le Best Western proche – très bien.
Vendredi 12 – à la découverte des Channels Islands NP
La préparation de cette journée avait été plus compliquée que pour tout autre parc national, car comme leur nom l'indique, les Channels Islands sont des îles, de plus, loin de la côte, inhabitées. Et personne sur VF pour donner des renseignements utiles. Sur nps.gov, site que chacun devrait consulter avant de poser des questions, on apprend entre autres qu'il y a 5 îles, dotées d'une station de ranger et d'un camping, qu'on peu aller en avion sur une et en bateau aussi vers deux autres. Et surtout, le visitor center est à terre, à Ventura. La desserte en bateau est assurée par Island Parkers Cruises, basés à Ventura et à Oxnard.
Première destination ce vendredi, le Vons de Ventura, un hypermarché beaucoup mieux achalandé que le Walmart de la veille. Puis route vers le Visitor Center au bout de Spinnaker Drive à Ventura Harbor.

Entre le port et la plage, l'entrée du Visitor Center.
Comme aux autres NP, rangers accueillants, vidéo de présentation, carte et maquette des îles du parc, animaux et fossiles, parcourt botanique et aussi un aquarium et un point de vue de haut sur la mer et le port.
Les maquettes nous montrent les 5 îles, Anacapa, la plus proche (mais à près de 20km de la côte), Santa Cruz et Santa Rosa, les plus grandes, San Miguel la plus éloignée et la petite Santa Barbara, beaucoup plus au sud.

La carte selon Google map.
La vidéo d'environ 20 minutes nous explique tout sur la géologie, l'historique, la faune, la flore, les anciens habitants Chumash et la préservation en monument puis en parc national en 1980.

Dans l'aquarium, poissons, moules et étoiles de mer géantes.

Spécimen d'un habitant peu recommandable.

Fossile de mammouth pygmée, espèce qui s'est développé sur les îles.

Le circuit botanique est court, dense et pas très entretenu.

Vu de l'étage, les îles ne sont pas perceptibles à l'horizon.

Entraînement de beach-volley sur la plage.
Mais la visite d'un parc national ne se limite pas à son visitor center ! La question s'était posée 2 mois auparavant : quoi voir et comment ? Le site de Island Parkers Cruise est un peu touffu mais offre un large éventail de solutions au départ de Ventura ou de Oxnard. Tout d'abord, il faut distinguer les bateaux qui accostent et ceux qui suivent la côte.
Accoster pour randonner sur l'une ou l'autre ? Nous ne sommes pas de grands marcheurs et voir la mer du haut des falaises n'est pas forcement l'idéal – longer les rives (d'après les photos du site) permet de voir la faune ailée et marine qui peuple les rochers et de photographier les roches découpées sous différents angles. C'est la solution sans accostage que nous avions retenue, après avoir hésiter pour une sortie plus longue promettant d'approcher les baleines. Le fait que ce soit la dernière sortie baleine de la saison (faible probabilité d'en voir ?) et la durée de navigation (7h) nous avait fait choisir la solution plus sage des 3 heures de la Channel Island Wildlife Cruise, et heureusement !
Le départ est au port de Oxnard. Lors de notre passage à l'agence d'Island Parkers pour échanger nos réservations contre les billets, l'hôtesse nous avertit qu'il y aurait un peu de mer et nous demanda si on voulait vraiment y aller ! On avait bien vu quelques moutons blancs sur l’immensité bleue du Pacifique, pas de quoi nous alarmer.

Le bateau (celui du milieu) où nous nous installons en haut.
La sortie du port est calme, quelques otaries bronzent sur un ponton. Dès le passage de la digue qui protège l'entrée du port, le bateau prend de la vitesse et nous commençons à être secoués à chaque grosse vague, il doit ralentir et à chaque retombée, nous décollons de nos bans – pas question de se promener. Les îles sont à plus d'une heure et ne sont pas visibles au début.

Le spectacle de la côte qui s'éloigne et des oiseaux marins qui nous suivent occupe un moment.
-- A suivre – Anacapa
Bonjour à tous et bienvenue sur la page de notre récit de voyage.Nous sommes Liliane et Théo, fans de l'Ouest américain, de sa roche rouge, son gigantisme et la gentillesse de ses habitants.
Ce texte a pour seul but de faire partager au plus grand nombre notre vécu dans cette partie du monde, et pourquoi pas, de donner l'envie d'y aller...
Nous tenons également à remercier très chaleureusement tous les membres de ce forum pour nous avoir permis de préparer notre séjour et en particulier:
aquilegia, bastinj, berenberg, cendryon, charlene1818, fabienneCA, frisoulette, Isap29, ITAT, JPEG13, krikri6792, lanfeust77, laurence49b, leSpartiate, le tigre, madikera,
Max68, Panisse, Papj59, pitimerguez, PSI31, roadtrippin, Sedonax, USAfan, Vazyvite, Virginath, Vnoa, Wavemaster, ...
Mille mercis pour leurs infos incontournables à Laurence et Dominique pour le site roadtrippin ainsi bien sûr qu'à Philippe et Thierry pour OuestUSA.fr.
NOTRE ROAD TRIP AU PAYS DE L'ONCLE SAM EN JUIN 2010:DE L'OUEST ARMORICAIN A L'OUEST AMERICAIN, SAN FRANCISCO ET LE GRAND CIRCLE
Dimanche 20 juin 2010:3 H15 le matin:Le réveil sonne mais nous sommes déjà éveillés, car ce matin nous repartons vers une destination fantastique:l'Ouest américain!!L'impatience liée au départ nous fait avaler très vite notre petit-déjeuner léger, nous sourions à l'idée de dîner ce soir à San Francisco.Pour nous, le début du voyage c'est déjà le moment où nous fermons la porte de la maison derrière nous.4H30:notre fidèle ami Bernard est pile à l'heure avec son dynamisme habituel pour nous amener à l'aéroport de Brest, première étape de notre périple, nous lui donnons une carte annotée qui lui permettra de nous situer jour après jour sur notre circuit.Nous traversons la campagne bretonne endormie, puis, 40 mn plus tard, se dessine dans l'aube naissante la silhouette caractéristique du très récent aéroport de la cité du Ponant, vision magique car presque toujours synonyme, pour nous, de porte d'entrée vers la découverte.Après avoir pris congé de notre ami, (surtout de l'avoir remercié de s'être levé si tôt pour nous!!), nous voici dans l'avion qui nous mène, d'un saut de puce de 55 mn, à Roissy où, 1H30 plus tard, nous nous asseyons dans le puissant Boeing 747 pour 11 H de vol vers San Francisco.Le vol se déroule tranquillement, nous discutons avec notre voisine, une Californienne de Sunny Valley très dynamique et sympathique (sa plus grande crainte est de ne pas réussir à faire passer à la douane américaine le camembert Le Rustique, qu'elle adore, acheté à Paris et caché dans son sac, ce qui nous fait bien rire!!).Enfin voici le sol américain, il est 13 h, le temps est radieux, l'avion se pose doucement, vite, l'Amérique nous attend!!Le passage devant un officier d'immigration plutôt zélé nous fait un peu stresser, car nous arrivons à la même date que l'an dernier, chose que son ordinateur a du mal à accepter!Après un certain nombre de vérifications et questions précises (Où travaillez-vous?En quoi consiste votre travail?...), nous poussons un ouf de soulagement lorsqu'il nous autorise à passer.Nous récupérons nos bagages sans encombre puis nous dirigeons vers la station de BART(le RER local) afin de nous rendre au centre ville, où nous attend notre chambre d'hôtel dans Sutter Street, à la limite du Financial district.Lorsque nous sortons à Montgomery Station, nous sommes si heureux de retrouver Market Street que nous en oublions la fatigue.
La Transamerica Pyramid veille sur le Financial District
10 mn à pied et nous voici au Galleria Park, un joli hotel de centre ville:personnel accueillant, chambre très propre et bien décorée..Mais nous ne sommes pas là pour rester à l'hôtel, nous posons nos bagages et filons prendre le bus pour nous rendre à Alamo Square, toute première visite de notre voyage.C'est un coin de verdure qui tire son intérêt de sa situation, en hauteur, et surtout des maisons victoriennes très célèbres qui le bordent:les Painted Ladies.Nous y restons une demi heure, le temps d'y flaner un peu au milieu des étudiants et promeneurs du dimanche profitant d'un air printanier, puis nous décidons de descendre dans les rues adjacentes avant de reprendre le bus qui nous ramène à l'hôtel.Diner frugal, nous n'avons pas faim, la fatigue se fait sentir, petite pensée pour la Bretagne où nous étions ce matin, magie du transport aérien, nous nous endormons enchantés de retrouver cette ville que nous aimons tant.
Les très célèbres "Painted Ladies" devant Alamo Square
Lundi 21 juin 2010 : Le bruit de la circulation du centre ville, l'effet du décalage horaire et l'excitation liée à l'arrivée aux USA, font que nous sommes levés à 6 H en ce lundi matin.Petit coup d'oeil à travers la fenêtre vers le coin de ciel aperçu entre les bâtiments du Financial District autour:le soleil est levé, il fait très beau.Nous décidons très vite de notre programme:ce matin ce sera la visite de la Coit Tower, puis la traversée du Golden Gate à vélo vers Sausalito et retour en ferry, il nous fallait du soleil pour cela, alors c'est aujourd'hui.Nous avalons une tasse de café dans la chambre, grâce à l'habituelle bouilloire et les sachets de café présents dans la chambre, comme dans tous les hôtels, puis nous sortons et nous dirigeons d'un bon pas vers le restaurant Lorie's Dinner dans Powell Street où nous pourrons prendre le petit déjeuner.Nous croisons une foule d'employés se rendant au travail, un gobelet de café Starbucks à la main.Nous aimons chez Lorie's pour son décor années 50, juke box, distributeur de cigarettes, larges banquettes de moleskine rouge, pompe à essence, le tout d'époque bien entendu, et une armée de serveurs et cuisiniers en tenue rétro avec le calot réglementaire.Bien sûr, nous aimons aussi Lorie' pour ses scrambled eggs and sausages, ses pancakes doubles ou triples et ses hash browns potatoes que nous nous empressons de commander et de dévorer sur fond de musique des fifties, of course!
Lorie's Dinner au matin dans Powell Street
Le petit-déjeuner avalé, nous repartons vers Grant Street pour attraper le bus qui va nous conduire à Washington Square à travers Chinatown, le quartier chinois, (la plus grande ville chinoise hors d'Asie), grâce au Muni pass acheté la veille à l'aéroport qui nous donne accès à tous les transports en commun de la ville (cable car compris).La traversée de Chinatown se fait rapidement dans une succession de petits commerces et restaurants innombrables le long de Grant Avenue pour aboutir à Washington Square où un spectacle insolite mais habituel nous attend:on dirait que toute la communauté chinoise s'est donné rendez-vous pour pratiquer le Taï Chi.
Washington Square, à la limite de Chinatown
Nous traversons le square et passons devant l'église St Peter and Paul, et nous attaquons la montée vers la Coit Tower.Quelques minutes au pied de la tour pour admirer la vue sur le Pacifique, puis nous achetons nos tickets pour l'ascenseur qui nous mène au sommet, et là, la vue est à couper le souffle sur le Financial District, Lombard Street, Nob Hill, le Fisherman's Wharf.Nous y restons un moment, pour contempler et photographier probablement l'un des plus beaux points de vue sur le centre ville.

Ensuite, nous faisons le tour des fresques du rez-de-chaussée, puis nous commençons la descente vers les célèbres Filbert's steps jusqu'à Levi's Plaza, le siège mondial du fabricant de jeans.Nous nous asseyons quelques instants parmi quelques employés de la firme, l'endroit est très agréable et frais grâce à ses fontaines, ses petits coins de verdure.Nous longeons alors le port vers Fisherman's Wharf, haut lieu (trop!) touristique et passage obligé, car c'est là où nous allons louer les vélos pour traverser le Golden Gate.Nous trouvons sans mal le loueur, car les employés crient sans arrêt « bike the bridge, bike the bridge, d'you wanna bike the bridge??!! »Yes we want!
So let's go!Après un court briefing sur le parcours et les réglages du vélo par les employés, nous voilà partis.Nos premiers coups de pédales nous font passer devant Ghirardelli Square, puis une petite montée au niveau de Fort Mason pour redescendre sur Marina Boulevard qui nous conduit tranquillement à Fort Point via Mason Street.Là nous faisons une petite pause sous le Golden Gate, en compagnie du tacot de Mr Toad's, de quelques Go Cars(ça, c'est pour demain!) et d'une poignée de surfeurs qui profitent de la vague d'entrée de la baie.Nous repartons après quelques minutes, et là, c'est moins drôle, la route se met à monter sérieusement pour se mettre au niveau du pont, alors faut y aller!Nous arrivons bien essouflés à l'entrée du pont, quelques photos sur un petit parking puis nous nous engageons sur le trottoir côté baie puisqu'il est moins de 15 h, au milieu des piétons et des autres vélos.La traversée du Golden Gate est un très bon moment, nous sommes particulièrement réjouis de rouler sur ce si célèbre ouvrage d'art.A la sortie, nous prenons Alexander Avenue pour nous laisser descendre très facilement vers Sausalito que nous connaissons déjà.Nous flanons un peu au bord de l'eau, puis nous décidons d'aller attendre le ferry, et là, surprise, il y a déjà une file impressionnante de cyclistes pied à terre à l'embarcadère.Heureusement, nous n'avons pas trop tardé!

Le ferry quitte Sausalito puis passe derrière l'île d'Alcatraz, en ralentissant, s'il vous plaît, pour nous laisser le temps de filmer le pénitencier, et c'est l'arrivée au Ferry Building.De là, nous longeons pendant quelques minutes le Fisherman's Wharf pour nous retrouver chez Blazzing Saddles, le loueur, où nous rendons les vélos ainsi que les tickets de ferry que nous n'avons pas utilisés car plus cher que sur le bateau (les petits malins!).Nous renonçons à prendre le cable car pour revenir à l'hôtel, car il y a foule comme d'habitude au terminus de Hyde Street, alors tant pis, ce sera retour en bus, c'est moins pittoresque mais plus rapide.Nous passons un peu de temps à flâner dans Market Street, puis nous dînons d'un morceau de pizza avant de rentrer nous coucher fatigués, mais heureux de cette autre journée à San Francisco.

Mardi 22 juin 2010 : Lever à 6h45, puis, comme d'habitude, petit café dans la chambre avant de sortir.Ce matin nous avons décidé de prendre le petit-déjeuner chez Sear's Fine Food dans Powell Street.Quelques minutes à pied et nous y sommes, le restaurant se trouve un peu au delà de Union Square.Nous y entrons et découvrons une immense salle dont toutes les tables semblent occupées, les serveurs courent partout, on entend un brouhaha intense.Une serveuse nous indique notre table et nous tend le menu à la volée avant de courir servir le café à la table d'à côté.La carte des omelettes est impressionnante, comme le reste d'ailleurs!Nous prenons un succulent et copieux petit-déjeuner, avec café à volonté bien sûr, nous sommes aux Etats-Unis!Nous prenons notre temps mais la serveuse vient voir souvent si nous avons fini, c'est un peu l'usine, les tables s'emplissent et sont desservies sans arrêt.Lorsque nous sortons après avoir passé un très bon moment, nous longeons la file impressionnante de clients attendant sur le trottoir une table chez Sear's, contents d'être arrivés à la bonne heure!
Bien maintenant, il est temps d'attaquer le programme de la journée:un coup d'oeil au plan de bus et nous voilà partis à pied vers le Civic Center pour attraper le bus qui va nous mener au coeur du quartier hispanique:Mission.L'hôtel de ville de San Francisco est massif, immense et possède, nous trouvons, quelque chose de parisien avec sa grande coupole grise et dorée.
L'imposant City Hall de San Francisco au Civic Center
Quelques vendeurs de tacos, Mexicains sans doute, discutent entre eux du match Uruguay-Mexique, nous passons tête basse car la France a piteusement perdu le match contre le Mexique plusieurs jours auparavant!!A deux pas du City Hall, voici notre arrêt de bus, nous embarquons dans le 49 jusqu'à la station de la 24ème rue.Nous descendons alors au milieu des petites maisons très colorées et nous engageons dans la 24th Street jusqu'à notre destination:Balmy Alley.C'est une toute petite rue dont toutes les façades, garages, murs sont recouverts de fresques très colorées, la plupart sur le thème de l'immigration.Nous admirons plus particulièrement celle qui s'appelle « la lettre » de par le dessin et surtout son texte en Espagnol bien sûr.En revenant à l'arrêt de bus, nous passons devant d'autres peintures tout aussi belles mais plus espacées.

La lettre:elle travaille dur en Californie, il est resté au pays, elle espère qu'il pourra la rejoindre...


Nous reprenons la ligne 49 encore une fois jusqu'à Fisherman's Wharf, là nous nous dirigeons vers Blazzing's saddles, où nous entendons « d' you wanna bike the bridge? », alors nous répondons « no, we wanna rent a Go Car!! »
Le Go Car c'est cet espèce de petit véhicule à 2 places mû par un moteur de scooter, et qui va nous permettre de découvrir San francisco grâce à son GPS parlant (en Français s'il vous plaît!!) intégré.Après une courte formation, nous voilà partis dans les rues, pas très fiers vu la taille de notre engin à côté des grosses berlines américaines, mais nous rions sans cesse en conduisant car ces véhicules jaunes font le spectacle partout où ils passent.Nous longeons le port vers Fort Point, nous peinons en côte et là nous entendons le GPS: »vous n'auriez jamais pensé que nous y serions arrivés n'est-ce pas ??!! ».Ensuite, direction le Golden Gate, où nous sommes à 2 doigts de prendre la bretelle (le pont est strictement interdit aux Go Car), le GPS s'affole «you're going the wrong way, you're going the wrong way », il ne sait plus s'il doit parler Français ou Anglais alors que nous faisons demi-tour en plein virage!!Encore une crise de rire!!

2 minutes plus tard, nous nous égarons en cherchant Lincoln Boulevard, nous nous arrêtons pour regarder le plan de la ville.Une voiture s'arrête alors à notre hauteur, nous pensons lui demander le chemin, pas de chance il est perdu aussi et nous demande le chemin du Golden Gate, que nous savons lui indiquer!Nous repartons, et enfin, le GPS trouve la route, sauvés!Plus loin, nous passons devant le monument de la Légion d'Honneur, c'est alors qu'un groupe d'officiers de l'US Navy en grand uniforme blanc immaculé, sort d'un bus, les militaires s'empressent tous de sortir leur appareil photo et nous voilà mitraillés, faisant des coucous dans notre petit engin, chose qu'ils n'avaient sans doute jamais vu!!Une crise de rire de plus!!
Le temps change, il fait très frais maintenant, et nos polaires ne sont pas de trop alors que nous traversons le Golden Gate Park.Au croisement avec l'autoroute 101, nous ne savons pas trop où aller, nous démarrons et nous apercevons trop tard que nous nous engageons sur la 101, alors que le GPS nous avait bien dit de faire attention aux files, les filles derrière nous aussi en Go Car font une manoeuvre in extremis pour ne pas nous suivre, tandis que nous nous garons sur le trottoir.Un passant avec son chien nous aperçoit, attache son chien à un arbre et vient aider Liliane à pousser le Go Car, il n'y a pas de marche arrière.Liliane saute dans la voiture, nous remercions le passant et prenons à contresens( bien sûr!!), la bretelle de l'autre côté, alors qu'aucune voiture ne vient.Ouf, nous voilà sauvés, heureusement qu'il n'y avait pas de policeman à l'horizon, car j'ai encore besoin de mon permis pour la suite de notre voyage!Nous traversons alors le quartier branché de Haight Ashbury avec ses boutiques extravagantes, dommage, nous n'avons pas trop le temps de nous y arrêter, ça a l'air très sympa.Le GPS nous propose d'agrandir notre boucle par un passage aux célèbres Twin Peaks pour une magnifique vue sur la ville, mais, au vu du brouillard autour de nous, nous décidons de ne pas y aller.Nous continuons par le Presidio, ex base militaire qui sert aujourd'hui entre autres, de siège à Lucasfilm, la société de production de George Lucas.Le GPS nous accompagne fidèlement en nous racontant l'histoire des différentes parties de la ville.Nous voici arrivés au nord, prêts à descendre, debout sur les freins, la plus connue des rues en pente du pays:Lombard Street.Nous attaquons dare-dare l'enfilade des 8 virages de la pente à 26°, tout en filmant et toujours mitraillés par les touristes présents au milieu des parterres d'hortensias en fleurs, que nous faisons, encore une fois, bien rire!!Il est alors temps de prendre le chemin du retour vers Blazzing's Saddles, où nous quittons à regrets notre petit engin jaune, après 3 heures de circulation à 35 mph maximum dans toute la ville.
Un petit goûter au Starbucks du coin, nous reprenons le bus vers les Yerba Buena Gardens pas loin du Civic Center, très beaux jardins modernes de centre ville, alliance réussie entre les matériaux urbains et les végétaux.Liliane en pince pour le joli manège à chevaux de bois installé là.



Le soir arrive, nous allons diner tôt au Mason Café, un petit restaurant très sympa dans Mason street, où l'on mange de délicieuses salades et où le patron est fan de Paris, on y voit des aquarelles de la ville partout accrochées au mur.Le retour à l'hôtel se fait à pied, nous nous couchons tôt, un peu fatigués encore, et le lendemain matin, pas de temps à perdre, nous avons un avion à prendre!
Mercredi 23 juin 2010 :Lever à 6h:ce matin, il faut faire vite, nous partons pour...Las Vegas!!Nous prenons un rapide petit-déjeuner au Starbucks du coin de la rue (eh oui, nous adorons Starbucks!!), puis nous nous pressons vers la station de BART de Montgomery à 10 mn à pied.Là, nous ne trouvons pas l'escalator pour y descendre, c'est alors que 3 personnes nous proposent successivement leur aide, le dernier quittera même spontanément la file de son petit-déjeuner pour nous aider à descendre 3 volées de marches jusqu'au quai du BART avec nos bagages, ce dont nous le remercions chaleureusement!!Encore une fois, vive l'attention aux autres des Américains!!

Arrivés à l'aéroport, nous nous dépêchons d'attraper l'Airtrain qui nous conduit au terminal 1, où nous apprenons que notre vol aura 2 h de retard!
Bon, c'est les vacances alors nous restons philosophes, ce n'est pas grave!Nous décollons donc à 12H40 sur Southwest, nous survolons la Sierra Nevada, puis le désert brûlant du Nevada, enfin nous apercevons les premiers quartiers de Las Vegas.Nous atterrissons à l'aéroport MacCarran à 14h20, nous voyons déjà les silhouettes familières du Mandala Bay, du Luxor, du MGM à travers le hublot.
Le « baggage claim » de MacCarran donne le ton:il y a des machines à sous partout et nous nous en amusons.Nous sortons du terminal climatisé et là, la chaleur nous tombe dessus, il fait 103°F(39,5°C) le vent brûlant nous déssèche instantanément, quel contraste, il faisait 18°C à San Francisco.La navette nous conduit au Car Rental Center, distant de 3 km du terminal, nous passons très vite chez Alamo car il n'y a personne à attendre et nous avions réservé depuis la France.

Nous choisissons un Ford Escape blanc parmi la douzaine de véhicules prêts à la location, il est très récent, a une bonne garde au sol (pour les pistes!) et est très bien équipé.Nous sortons notre fidèle ami TomTom (merci Elodie!) qui a fait aussi le voyage depuis la France, et c'est parti, direction le Premium Outlet par l'I15 North pour une petite après-midi shopping.Nous passons trois bonnes heures à déambuler dans cet immense centre commercial, faire quelques achats, un petit goûter au Starbucks évidemment, puis nous reprenons l'I15 vers le sud pour rejoindre notre hôtel au coeur du Strip:l'Imperial Palace.Nous garons la voiture dans le parking à étages, nous dirigeons vers la réception en traversant bien sûr tout le casino, enfin entrons dans notre chambre au 13ème étage dont la vue donne sur la piscine et sur le Flamingo voisin.
Le (difficile!) choix de la voiture au car rental center

Il est 19h mais pas le temps de se reposer, nous sommes à Vegas et nous voulons en profiter, alors on repart tout de suite!Nous marchons vers le sud du Strip nous frayant un passage parmi la foule qui commence à grandir sur les trottoirs, eh oui, Las Vegas vit essentiellement le soir.Nous commençons par le Harley Davidson Café, plutôt ringard, ou alors pour les fans, et nous sommes contents de retrouver les 4 étages de la boutique M&M's, un magasin délirant où il y a foule pour admirer ou acheter tous les objets à l'effigie de la marque, du distributeur de M&M's au pyjama en passant par la cravate et la déco de Noël!Géniale cette boutique!



Il fait faim alors où allons-nous manger?!Il n'y a que l'embarras du choix, nous décidons d'essayer le restaurant mexicain du Planet Hollywood.L'endroit est assez branché, un groupe d'américains, la trentaine, fait la fête sur la table à côté de nous, à grand renfort de Corona.Le repas est excellent, nous ne sommes pas déçus, nous quittons assez vite le restaurant alors que nos voisins de table commencent à ne plus savoir où ils sont!
La fatigue se fait sentir mais notre envie de parcourir le Strip est la plus forte alors nous continuons par la boutique Coca-Cola, dans le même esprit que M&M's mais sur deux étages seulement.Petit achat de teeshirts au Hard Rock Café à côté, nous remontons tranquillement vers l'Imperial Palace dans la chaleur plus supportable du soir, maintenant le Strip est tout illuminé (c'est peu de le dire!), nous atteignons notre chambre à 23h30, très fatigués, nous tombons aussitôt dans un profond sommeil.
Jeudi 24 juin 2010 :Lever difficile à 7h.Nous avions prévu d'aller visiter Red Rock Canyon à une demi heure de Vegas, mais nous abandonnons l'idée et décidons de rester en ville pour nous reposer un petit peu, les vacances ne font que commencer!
Petit-déjeuner rapide au fast food de l'hôtel, nous voici dehors, nous passons voir les flamands roses au Flamingo, traversons le Strip pour nous rendre au Bellagio, où nous sommes soufflés par la beauté des très fleuris jardins saisonniers.

Un saut à l'imposant et célébrissime Caesar's Palace avec son atrium, ses statues, son aquarium, son Apple Store(!) et bien sûr, comme toujours, le casino démesuré avec ses machines, tables de poker, roulettes...Nous descendons, il commence à faire chaud encore du shopping dans le Miracle Mile Shop, immense galerie commerciale dans le Planet Hollywood.Nous déjeunons chez Earl of Sandwich et retournons à l'hôtel pour une petite sieste réparatrice d'une heure.

Allez, on repart, direction le Nord du Strip nous allons visiter le très luxueux Wynn.

Nous ne sommes pas déçus, la galerie est grandiose et très élégante, le couloir longe les boutiques de luxe et débouche dans un superbe espace végétalisé.


Un petit passage à l'Encore, le jumeau du Wynn et nous continuons vers Bonanza « le plus grand magasin de souvenirs du monde », pour y acheter une dizaine de jeux de cartes des différents casinos de Vegas.En sortant, nous attendons le Deuce qui nous amène tout au nord du Strip, dans le vieux Vegas, à Fremont Street, alors que la nuit tombe.

Le bus nous dépose, nous courons vers l'écran géant au dessus de la rue car le Fremont Street Experience a commencé:une foule dense a les yeux tournés vers l'écran géant qui recouvre entièrement la rue de bout en bout alors que « Light my fire » des Doors arrive à nos oreilles.Extraordinaire!


La projection est finie, nous nous dirigeons vers les 4 casinos qui ont fait connaître Las Vegas:le Binion's, le 4 Queens, le Fremont et le Golden Nuggets qui renferme la plus grosse pépite d'or connue au monde.


C'est dans ce dernier casino que nous décidons de dîner au buffet, excellent, et pas très cher, puis nous déambulons dans la salle de casino qui connaît maintenant (il est 22h) une intense activité, nous nous amusons à observer les joueurs et badauds parmi lesquels on peut croiser des hommes et des femmes à l'apparence hypersophistiquée, tenue de soirée impeccable, maquillage et coiffure soignés, comme des personnes tout droit sorties de l'Amérique profonde en running shoes et maillot de basket, c'est ça Las Vegas!!
A 23 h nous décidons de rentrer en bus, le problème c'est que tout le monde a décidé de descendre vers le sud du strip à cette heure-là, le Deuce est archi bondé, nous mettons presque une heure à regagner notre hôtel à 4,5 miles, il est grand temps de se coucher à plus de minuit, nous sommes épuisés une fois de plus, et il y a de la route le lendemain!
Vendredi 25 juin : Lever à 7h encore difficile!!Bon anniversaire Liliane!Au revoir Las Vegas, nous partons ver l'Est, direction Grand Canyon!Nous aimons bien Sin City, la ville de tous les délires, nous la prenons au second degré, comme un immense parc d'attraction malgré certains aspects pas très reluisants, c'était notre 2ème séjour et nous y retournerons probablement.Pour l'heure, il est temps de monter à bord de notre Ford Escape au garage de l'Imperial Palace et de prendre la route.Après une heure, nous arrivons à l'impressionnant Hoover Dam, le barrage sur le lac Mead, que nous traversons, nous faisons un bref arrêt sur le parking de l'autre côté pour la photo et le film, il fait déj�� très chaud, 103°F(39,5°C) il est 10h.
Le niveau d'eau descend toujours dans le lac Mead...

Nous reprenons la route, des ouvriers construisent une autoroute parallèle à notre voie, nous nous demandons comment ils peuvent supporter la chaleur du désert tout en travaillant!
C'est alors que le GPS nous induit en erreur, au lieu de prendre la fameuse route 66 à Kingman, nous tournons sur l'interstate 40 jusqu' à Seligman où nous nous arrêtons pour déjeuner au Canyon Café.Bon, pas grave pour la 66, ce n'était pas non plus un temps fort du voyage!Seligman nous déçoit aussi un peu, tout ce décor authentique avec ses motels, ses vieilles voitures, ..., fait désuet, voire, allez j'ose, ringard, le mythe en prend un coup!Les commerces en bois façons western et la profondeur du paysage alentour en font quand même un lieu particulier.



Nous continuons vers Grand Canyon, le temps change, nous essuyons quelques gouttes de pluie et nous perdons 15°C au passage, ce qui nous rend un peu inquiets pour le coucher de soleil.Arrivée vers 16h30 au Maswik Lodge, nous prenons possession de notre petite cabine sous les arbres, puis nous rendons au bord de la rim, contempler cet abîme sublime dont la beauté nous a fait revenir cette année encore...
Nous ne nous attardons pas trop longtemps car nous avons prévu d'aller admirer le coucher de soleil plus loin.Nous allons en voiture jusqu'au petit parking, puis nous engageons d'un bon pas dans un large chemin forestier pour une marche de 3/4 d'heure jusqu'à un endroit unique sur la rim:Shoshone Point.



C'est un promontoire naturel qui s'avance tel une proue de navire dans le Canyon, à l'extrémité duquel se dresse un monolithe qui semble veiller, sentinelle immobile, sur cette splendeur de la nature.Le point de vue dépasse toutes nos espérances, nous sommes absolument seuls, le spectacle du soleil qui descend lentement sur les roches, les fait passer par toutes les couleurs chaudes, pour finalement les embraser de rouge flamboyant, nous chavire et nous procure un grand sentiment de plénitude et d'émerveillement(encore un grand merci à Ouestusa.fr, Philippe et Thierry qui nous ont indiqué ce lieu)...
Nous y restons un long moment, puis dès que le soleil s'est couché, il faut repartir très vite vers la voiture, car le chemin du retour s'effectue dans la pénombre et nous ne voulons pas tomber nez à nez avec un puma!
Le dîner à la cafétéria du Maswik est rapide, nous sommes encore absorbés par le coucher de soleil sur le canyon et nous allons dormir dans la foulée.
Samedi 26 juin : Lever à...4h45:Oui, pour le lever de soleil!

Nous sortons silencieusement de notre cabane dans les bois, quelques minutes de marche et nous voilà à nouveau au bord de la rim avec quelques autres lève-tôt, tous transis de froid.Le lever de soleil est très beau, mais nous ne sommes pas au meilleur endroit, nous apercevons 2 elks qui grimpent, presque à la verticale la pente devant nous, alors que les premiers randonneurs descendent dans le canyon par le Bright Angel Trail.
Retour à la caféteria pour un petit-déjeuner rapide, et nous voici dans la navette qui nous dépose à Hopi Point pour une petite randonnée au matin sur la rim vers Mohave Point.Le chemin d'Hermit Rest Road tutoie l'abîme et serpente de point de vue en point de vue pour une ballade tranquille.
Nous quittons un peu vite et à regret le site de Grand Canyon, la faute à un programme chargé!On reprend la route vers l'Est par le Desert Drive, nous descendons doucement et la végétation change à mesure que la température augmente!Nous pique niquons à Cameron, un trading post au milieu du désert, nous avons retrouvé la chaleur il fait 98°F(36,5°C).Un petit arrêt photo à Navajo Bridge, un double pont métallique au dessus du Colorado puis c'est l'arrivée à Lee's Ferry, l'endroit d'où partent les rafts sur le Colorado.



Il y en a un en préparation, il est démesuré et suréquipé.La chaleur est difficilement supportable alors nous voulons nous rafraîchir dans la rivière, mauvaise idée, l'eau est glacée, nous sortons aussitôt tandis que les préparateurs du raft, eux, s'y baignent facilement!
Nous repartons, quelques photos aux mushrooms et nous laissons la voiture sur le bord de la route, au départ d'une randonnée un peu hors des sentiers battus:Cathedral Wash.

Petite hésitation au départ, nous en avons pour trois heures de marche et il fait très chaud.Allez, on est courageux et là pour ça, alors on part!La ballade commence tranquillement dans un wash très facile à suivre, le sol est sableux.



Le chemin se fait plus étroit, les parois s'élèvent, nous comprenons vite qu'il faut quitter le fond pour grimper sur les parois pour pouvoir continuer.C'est l'intérêt de la rando:le jeu consiste à chercher son chemin sur les roches en réfléchissant bien aux endroits où monter et descendre, et à utiliser une technique de sioux (pardon, de Navajo!) pour trouver les empreintes de pas de nos prédécesseurs!
A environ une heure du départ, nous sommes à présent bien engagés dans le canyon et donc, à l'ombre, c'est important!La fatigue se fait sentir et Liliane décide de ne pas continuer et de m'attendre, la ballade est un aller-retour et non pas une boucle.Je continue seul, donc, à passer d'un rocher à l'autre, puis, au bout d'une demi heure un murmure s'élève, le vent? non, je crois savoir de quoi il s'agit, à ce moment les parois du canyon s'abaissent puis disparaissent, un large chemin sableux apparaît, le murmure se fait plus fort, encore quelques centaines de mètres et, oui , c'est le fleuve Colorado qui coule là devant moi, large et puissant.Comme Philippe et Thierry dans OuestUSA.fr l'ont écrit, je ressens un sentiment de joie et d'accomplissement à la vue de l'eau, quelle récompense au bout du chemin!

Enfin, le Colorado!!!
Je reste là quelques minutes espérant voir passer un raft, puis je repars, Liliane doit m'attendre.Je la rejoins au bout de ¾ d'heure de marche et je lui raconte la superbe fin de la rando, elle regrette alors de n'avoir pas continué car la dernière partie était, je pense, tout à sa portée.Nous retournons tranquillement au petit parking, il fait toujours très chaud (104°F/40°C à 17h15), nous remontons dans la voiture direction Page, petite ville dortoir au bord du lac Powell en plein désert.Nous dînons au Dam Bar Grill, très bon et service très sympathique et agréable, puis nous retournons au Quality Inn pour une nuit bien méritée!
Dimanche 27 juin : Lever à 7h, nous prenons un solide et succulent petit-déjeuner à l'hôtel, puis nous sortons de Page passant devant la quinzaine d'églises différentes de la ville, pour nous rendre pas très loin, pour un autre temps fort du voyage:Lower Antelope Canyon.
Arrivés à la cahutte au bord de la route, nous nous inscrivons pour le tour de 10h, puis nous patientons sous l'abri en tôles, il fait déjà 84°F(29°C), le temps est superbe.
Notre guide arrive, il s'appelle Brad, c'est un jeune Navajo d'une vingtaine d'années, il appelle le groupe de 10h, nous sommes à peine 10, et c'est parti!
Nous marchons dans le sable jusqu'à la plaque installée à la mémoire des 11 personnes (dont 7 Français) victimes d' un flash flood en 1997:un orage s'est déclenché en amont du slot canyon, l'eau est montée très vite et a piégé le groupe au fond, qui n'a pu remonter en raison de l'étroitesse de l'endroit et du nombre insuffisant d'échelles.Brad nous rassure en nous indiquant que, depuis, l'entrée et la sortie ont été inversées et le nombre d'échelles, adapté.
Nous continuons jusqu'à la faille d'entrée en nous demandant comment nous allons pouvoir y pénétrer tant c'est étroit.

Nous nous glissons pas après pas et découvrons une première échelle métallique qui nous conduit d'une volée de marches, au fond du canyon.Nous progressons lentement, encadré par les parois, subjugués par la beauté de la roche ocre sculptée patiemment par l'eau, découvrant, grâce à Brad, les formes inscrites autour de nous.Nous croisons un ou deux autres groupes, et Brad nous propose naturellement de prendre des photos ou de nous indiquer les meilleurs endroits pour le faire.



La visite s'achève au bout d'une heure de déambulation, nous remontons par une dernière grande échelle qui nous fait quitter la fraîcheur relative du canyon pour arriver dans la fournaise du désert.

Quelques dizaines de mètres dans le sable, et nous voici à notre point de départ.Nous remercions chaleureusement Brad grâce à qui nous avons fait une visite mémorable du canyon, puis nous reprenons la 98, vers l'Est.
Nous déjeunons rapidement dans la voiture après nous être arrêté dans une supérette au bord de la route, enfin, nous arrivons dans un autre endroit mythique de l'Ouest:Monument Valley
Il est 15h mais à cause du jeu subtil des différences d'heures entre l'Arizona et la réserve Navajo, nous devons avancer nos montres d'une heure lorsque nous arrivons au coeur du parc.Nous allons prendre notre chambre au View, l'hôtel qui fait face au site et nous ne sommes vraiment pas déçus, nous avons rarement vu un hôtel implanté dans un lieu si exceptionnel tout en y étant parfaitement intégré.Nous reprenons alors la voiture pour emprunter la piste de 17 miles qui passe au pied des différentes Buttes, heureusement nous avons un SUV avec une garde au sol importante, car la piste est en mauvais état, les voitures type berline paraîssent avoir quelques difficultés à passer dans les trous et dans le sable mou, il y a même un camping-car et nous ne l'envions pas du tout!





Nous parcourons la piste à vitesse réduite, dépassés souvent dans un nuage de poussière par les 4X4 des Navajos auxquels on peut acheter un parcours.Monument Valley se dévoile à nous majestueusement à mesure que nous avançons, John Ford's Point, Artist's Point, les Buttes, nous touchons du doigt le symbole de l'Ouest américain, on a l'impression qu'on va croiser à tout moment une diligence poursuivie par des Indiens!
2H plus tard nous finissons la boucle, avec un goût de trop peu, notre SUV blanc est couvert de sable rouge, c'était un super moment!!
Nous dinons au restaurant du View, très bon, le service avec le sourire et pas cher contrairement à ce que l'on peut penser, la vue en plus et quelle vue!Nous profitons de la douceur du soir pour contempler une fois de plus les Buttes depuis la terrasse du visitor center, on ne s'en lasse pas, une musique planante s'élève dans la quiétude du crépuscule, on est loin de tout c'est le bonheur!


La nuit est maintenant tombée, pour bien finir la journée un vieux western en noir et blanc avec John Wayne (le titre?Ne sais plus, pas grave!!) est projeté sur le mur de l'hôtel avec en guest star bien sûr, le fabuleux paysage là, en bas, qui a servi de décor maintes et maintes fois dans des films.Encore un moment unique!
Lundi 28 juin : Lever à... 4h30, eh oui, pour les photos des Buttes à l'aurore!C'est vraiment pas compliqué au View, on sort du lit, on fait trois pas pour atteindre le balcon, le paysage s'offre à nous, moins impressionnant, c'est vrai, qu'au sunset mais quand même magique.Le temps de faire la photo, hop, trois pas dans l'autre sens, je retourne au lit pour un moment, pas fou quand même!!

Nous nous levons réellement à 7h pour retrouver ce paysage de carte postale alors que le soleil est déjà haut, nous allons avaler un copieux et délicieux petit-déjeuner, toujours servi avec le sourire.Pas à dire l'hospitalité Navajo n'est pas un vain mot quoiqu'on en dise.Un petit tour au visitor center pour en apprendre plus sur la nation Navajo, intéressant mais dirigé presqu'exclusivement vers le rôle qu'ont tenu les Navajos pendant la seconde guerre mondiale (voir le film Windtalkers) pour assurer les communications de l'US Army dans le Pacifique, donc un exposé pour le moins incomplet.La boutique de l'hôtel présente de beaux objets, mais hors de prix, nous ne nous y attardons pas.John Wayne y est omniprésent, il y a un portrait géant de lui sur le mur avec sa fameuse devise: »A man has got to do what a man has got to do », trop fort John, quel philosophe!
Nous quittons vraiment à regrets le parc, c'est l'un des endroits qui nous a marqués le plus dans notre voyage, mais nous avons encore plein de choses à découvrir.Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour prendre la célèbre photo, en pleine ligne droite, la route qui rejoint l'horizon près des silhouettes lointaines de Monument Valley, donnant au tableau une formidable impression de profondeur et d'espace.Mythique!

Un peu plus loin nous bifurquons pour aller jeter un coup d'oeil aux lacets de la San Juan River, c'est Gooseneck Overlook où nous restons peu de temps car une autre piste nous attend:Valley of the Gods.Semblable à la piste de Monument Valley, elle mesure aussi 17 miles, mais nous ne sommes vraiment pas nombreux à la parcourir à allure assez soutenue dans un nuage de poussière, cette fois notre valeureux Ford Escape est complètement rouge!


1h30 de virages, de creux et de bosses plus tard, le tout dans un environnement grandiose, nous sortons pour nous attaquer quasiment tout de suite, à une fameuse route en lacet, non goudronnée bien sûr:Moky Dugway.Cette étroite piste à flanc de montagne grimpe vertigineusement en lacets, la plaine que nous venons de quitter se fait toute petite au fur et à mesure, et...non, il vaut mieux ne pas trop regarder en bas!
Une petite frayeur, nous croisons un énorme camion benne en charge, il roule comme sur le périph' à Paris, seulement il descend, lui, il est donc du bon côté de la montagne, pas nous, petit instant de tension, on garde bien la ligne et ça passe plutôt bien alors que nous traversons tant bien que mal le nuage de poussière qu'il a soulevé.Nous atteignons le sommet sans encombre, sans croiser personne d'autre, regrettant presque d'y être déjà!
Petit arrêt à Monticello, nous galérons un peu pour trouver notre déjeuner, nous nous rabattons sur des sandwichs de station service vite avalés, car nous ne sommes pas en avance sur le timing, nous prenons la route de Canyonlands, The Needles, où nous avons prévu une petite randonnée.
La route est un peu monotone, nous traversons de grandes étendues « open range », mais sans apercevoir aucun animal.Nous arrivons au visitor center de The Needles à 16h45, nous y passons un peu de temps, nous reprenons la voiture pour atteindre le départ de notre rando, c'est tout au fond du parc:Slickrock Trail.Il fait encore très chaud (96°F/35,5°C) lorsque nous attaquons la marche sur le slickrock.Nous progressons rapidement, le chemin est très bien balisé par les nombreux cairns présents, nous nous permettons même d'indiquer le chemin de retour à un groupe d'Américains qui a trouvé le moyen de se perdre!


La rando est superbe, dans un environnement très minéral, la progression est très facile car ce n'est que du rocher sans dénivelé important.Nous apercevons au loin les aiguilles rocheuses qui donnent leur nom au parc, nous passons une succession de points de vue dégagés sans croiser personne.
Nous terminons la boucle à 18h10, ravis, mais nous regrettons de n'avoir pas eu plus de temps pour parcourir la rando reine de The Needles:Chesler Park.Il faudra revenir!
Retour en voiture, nous avons encore quelques miles à avaler jusqu'à notre hôtel à Moab.Nous mettons plus d'une heure et demie à rallier la mecque du VTT, et nous ne sommes pas fâchés lorsque nous arrivons devant la réception de l'Inca inn, bien fatigués de la journée et des kilométres parcourus.L'accueil du réceptionniste nous remet d'aplomb, il est très jovial et sympathique, nous explique plein de choses sur Moab et nous indique last but not least, le restaurant d'à côté, où, paraît-il, on sert d'énormes assiettes de spécialités américaines et mexicaines, c'est le restaurant où aiment se retrouver les locaux.Ni une ni deux, nous avons faim et décidons de le tester, nous ne sommes pas déçus, c'est excellent et vraiment pas cher.Enfin nous allons nous coucher, nous sommes vannés et nous devons être en forme pour le lendemain, car il y a de la rando au menu!
Mardi 29 juin 2010 : Lever à 6h30.Petit-déjeuner vite pris à la réception de l'hôtel, nous nous mettons en route pour le parc d'Arches, tout à côté de Moab.Comme d'habitude, nous nous arrêtons au visitor center pour en apprendre le plus possible sur l'endroit où nous nous trouvons, même si nous savons déjà quelle rando nous allons faire.Celui d'Arches ne nous déçoit pas, tout est bien expliqué, voire bien approfondi, notamment sur la géologie, les rangers sont disponibles et très accueillants.Nous parcourons ensuite les 18 miles qui nous séparent du fond du parc car nous avons choisi d'explorer Devil's Garden avant que la chaleur ne nous écrase.
Nous sommes au départ du trail à 9h25, ce n'est pas tôt, mais tant pis, il y a déjà beaucoup de voitures sur le parking.Sacs au dos, crème solaire, vérification de l'eau (très important) et nous voilà partis.
A l'entrée de Devil's Garden, le matin
Les premiers yards, jusqu'à Pine tree Arch, nous sommes relativement nombreux, puis à mesure que nous avançons, nous nous retrouvons presque seuls, alors que le soleil monte dans le bleu azur du ciel de l'Utah et que la chaleur se fait déjà bien sentir.

Le trail est magnifique, mais pas des plus faciles, c'est une alternance de montée sur le slickrock, de passages dans le sable très fin, puis sur un sentier caillouteux.Nous marchons parfois sur une crête arrondie avec du vide de chaque côté, j'adore!!

Les arches naturelles se succèdent, plus élégantes les unes que les autres:Landscape Arch, Partition Arch, Navajo Arch, encore une fois, la nature a fait un sans-faute.

Au bout d'1h30 de marche nous arrivons au bout du trail, c'est Double O Arch, qui nous attend pour nous offrir son ombre protectrice et bienvenue.Cette arche est en fait une superposition de deux petites arches, d'où son nom.Le propre de l'humain étant la curiosité, nous ne résistons pas à l'envie de passer à travers l'arche inférieure pour aller voir derrière:outre la fraîcheur, nous rencontrons deux autres randonneurs qui ont eu la même idée que nous, et nous sommes rejoints par d'autres personnes encore.Nous prenons quelques minutes pour manger quelques biscuits, nous réhydrater et surtout, profiter de l'endroit superbe, entourés de roche ocre parsemée d'une pauvre végétation.



Nous repartons non sans avoir jeté un coup d'oeil à travers Double O à un monolithe à l'allure un peu inquiétante (et qui porte bien son nom!):Dark Angel, un rocher de couleur noire qui semble planté là depuis toujours.

Nous décidons de repartir par le même chemin et de ne pas faire la boucle par Primitive Trail car elle est réputée ardue.
Le retour nous semble rapide, le paysage en sens inverse est toujours grandiose et nous croisons beaucoup plus de monde, lorsque nous arrivons au parking celui-ci est bondé, il n'y a plus une place, et pas question de se garer sur le bas-côté, les rangers veillent!

Il est 12h30, il fait 87°(30,5°C) nous reprenons la voiture pour revenir vers l'entrée du parc et nous nous arrêtons au parking des Windows.Nous partons pour une courte marche vers ces deux arches juxtaposées que nous atteignons non sans mal, la fatigue de la précédente rando ainsi que la chaleur se font bien sentir.Nous restons sous les Windows un petit moment, il y a beaucoup de monde avec nous, mais nous nous avouons vaincus, incapables de continuer, nous décidons de redescendre à Moab.
Quelques courses au City Market, puis nous regagnons l'hôtel pour une petite sieste réparatrice pendant les heures les plus chaudes, il fait 98°F(36,5°C).
Nous nous réveillons au bout d'une heure, trop tard pour nous rafraîchir dans la piscine, bon, ce n'est pas grave, nous allons acheter des sandwichs pour le soir et nous flânons un peu dans les rues de la ville.A 17h45 nous remontons en voiture, direction le parc d'Arches pour la 2ème fois aujourd'hui, car nous avons rendez-vous avec le joyau d'Arches, le symbole de l'Utah:Delicate Arch, la bien-nommée.
Nous nous garons à 19h00 sur le (trop!) petit parking du départ de la randonnée.L'intérêt de la promenade est de contempler Delicate Arch au sunset, c'est pourquoi il faut partir assez tôt pour être sûr d'y être juste au couchant et aussi... pour trouver une place sur le parking (merci encore OuestUSA.fr)!Nous empruntons le sentier bien balisé, loin d'être seuls, cependant sans entendre une parole.En levant la tête on aperçoit plus loin les randonneurs qui nous précèdent gravir lentement le slickrock comme en procession.

Le chemin est facile, nous avançons d'un bon pas jusqu'au slickrock, et là, ça se corse, il faut grimper une pente assez raide sur une distance importante.

Nous soufflons arrivés au sommet, mais il faut continuer, nous retrouvons le sentier qui serpente entre les rochers, tantôt dans du sable mou, tantôt sur le rocher.

Nous approchons maintenant une corniche, extraordinaire chemin à flanc de montagne, le soleil est bien bas maintenant, il illumine la roche rouge qui irradie, nous sentons que nous touchons au but.

Au bout de la corniche, nous sommes saisis par le panorama qui s'offre à nous:Delicate Arch est là, devant nous, élégamment posée au bord de l'abîme, un sentiment d'accomplissement s'empare de nous, nous l'avions rêvé et maintenant réalisé, moment magique de notre voyage.


La nature prévoyante a poussé le raffinement jusqu'à laisser un amphithéâtre naturel creusé dans la roche pour nous permettre de jouir de ce spectacle à couper le souffle.

Il faut dire que nous ne sommes pas seuls, il y a bien autour de nous une centaine de personnes appareil photo en main, trépied installé pour prendre le cliché ultime, lorsque les derniers rayons de l'astre du jour éclaireront la perle de l'Utah.

Nous profitons au maximum nous aussi, au milieu de ces gens de toutes nationalités venus admirer Delicate Arch.Certains se font photographier sous l'arche, déclenchant assez vite une vive protestation de la part des amateurs de la photo parfaite.Nous y restons un bon moment, personne n'a envie de redescendre, il faut quand même s'y résoudre lorsque le soleil s'est couché.

Nous reprenons alors le chemin du retour et nous croisons des randonneurs qui montent alors que la nuit est toute proche, et qu'il n'est pas possible de retrouver son chemin dans l'obscurité.Bon, normalement ils savent ce qu'ils font, alors...
La descente s'avère beaucoup plus facile, en 45 minutes nous sommes de retour au parking alors qu'il fait quasiment nuit.Nous jetons un dernier regard derrière nous, puis nous quittons le parc à la lumière des phares, l'obscurité est maintenant totale alors que nous retournons à Moab.
Mercredi 30 juin : Lever à 6h!!Petit déjeuner rapide à l'Inca inn, de toutes façons la salle est petite, il faut y arriver tôt, car bien sûr, tout le monde arrive à la même heure pour partir en randonnée.Nous nous promettons de mieux nous organiser le matin car il est déjà 8h lorsque nous quittons l'hôtel, nous ne sommes pas tôt!
Nous prenons la 191 vers le nord puis nous bifurquons à gauche direction le parc de Canyonlands, Island in the Sky(j'adore ce nom!).Encore une fois le temps est superbe, il fait 76°(24,5°C) lorsque nous arrivons à 8h45 sur le parking de départ de la toute petite randonnée de Mesa Arch.Nous empruntons le petit sentier qui monte légèrement puis contourne une petite butte et enfin nous amène à Mesa Arch, une jolie arche posée au bord de l'abîme qui a la particularité d'accrocher la lumière du soleil levant, et...oui! il est encore temps, nous courons jusqu'à elle, juste à temps pour admirer le dessous de l'arche éclairé.


Bon, c'est sûr, une heure plus tôt aurait été certainement mieux, mais le spectacle est encore au rendez-vous, c'est magnifique et en plus nous sommes seuls!L'arche est un vrai entonnoir pour le vent qui remonte la pente et se renforce en passant à travers à tel point qu'il est difficile de tenir à côté.Une famille américaine arrive, et comme souvent, le père nous propose spontanément de nous prendre en photo devant Mesa Arch, ce que nous acceptons avec plaisir!Nous discutons quelques minutes avec eux, puis nous les laissons à leur contemplation, car pour nous, la journée ne fait que commencer.
Retour au parking, un petit parcours en voiture nous amène au parking de White Rim, c'est une randonnée qui longe sur sa plus grande partie une falaise abrupte laissant le regard accrocher plus bas le fameux « white rim », la rive blanche, qui suit le fleuve Colorado creusant un chemin tortueux dans le plateau rocheux.Le chemin débouche au bout d'une demi heure sur un cul-de-sac au bord de la falaise, où nous apercevons au loin le fleuve apportant une note de fraîcheur dans le désert environnant.

Nous faisons demi-tour alors que la chaleur commence à se faire sentir et nous apprécions les endroits où le vent arrive jusqu'à nous.Sur le parking, un ranger a disposé un panneau indiquant l'heure de sa prochaine « conférence en plein air », dommage c'est un peu tard pour nous, mais ça aurait pu être très intéressant.Nous décidons alors d'aller au point de départ de notre prochaine rando:Grand View Trail.Petit pique nique sur les tables mises à disposition, et bonne surprise, les yaourts que nous avons apportés dans notre sac à dos isotherme sont restés très frais malgré la chaleur.Quel luxe de pouvoir les déguster ainsi dans un tel endroit!Nous ne traînons pas au pique nique car nous sommes attaqués par des insectes volants, genre moustiques, qui ne veulent pas nous lâcher!
Alors nous partons pour Grandview Point sur un chemin caillouteux un peu accidenté.Partout dans l'Ouest, mais en particulier ici car le terrain nous paraît favorable, nous faisons attention où nous mettons les pieds, car il peut y avoir des rattlesnakes, et nous n'avons pas envie de marcher sur la queue d'un specimen, même si c'est assez rare et que ce sont des animaux timides avant tout!Nous arrivons à Grandview Point un peu fatigués, le soleil est maintenant au plus haut, la chaleur est écrasante.Le site est grandiose, c'est un promontoire avec une vue exceptionnelle sur le plateau en dessous et nous allons au point le plus loin en sautant de rocher en rocher.

Nous nous mettons ensuite à l'ombre pour une petite pause bien méritée, encore une fois nous sommes seuls, c'est ce que nous apprécions dans Canyonlands, ce n'est jamais la foule!

Le retour se fait agréablement au milieu d'une végétation très clairsemée de type méditerranéenne, sans croiser beaucoup de monde.Nous quittons le parking pour nous rendre un peu plus loin, nous avons choisi de faire une petite balade sur le dos de la baleine:Whale Rock.
C'est en fait un énorme rocher de couleur ocre, d'une quinzaine de mètres de hauteur aux formes arrondies sur lequel nous allons grimper.La première partie se fait sans problème sur du slickrock et un sentier classique, jusqu'à une pente rocheuse très abrupte devant laquelle nous hésitons.Bon, pas le choix, il faut l'escalader...à quatre pattes, impossible de faire autrement!
Arrivés au sommet, nous retrouvons un vent à décorner les bisons(!) qui nous fait progresser prudemment, car ce n'est pas facile de garder son équilibre, et le bord n'est jamais loin!Le point de vue est très beau, nous embrassons d'un regard une grande partie d'Island in the Sky, une famille pique-nique au sommet tout en profitant du paysage, alors que nous marchons sur tout le pourtour du « dos de la baleine ».

A présent il faut redescendre, oui mais par où?!La seule voie possible semble être celle que nous avons emprunté pour l'aller, mais la pente est trop raide?!C'est alors qu'un groupe de rangers arrive au sommet, nous les avions vus, car au parking ils avaient garé leur énorme Chevrolet Suburban à côté de notre petit Ford Escape.Je décide d'aller leur demander quel est le chemin le moins risqué, et ils nous indiquent, le geste accompagnant la parole, un endroit de la pente un tout petit peu moins abrupt que nous pouvons descendre en faisant de petits lacets.Merci encore les rangers!

Nous rions encore de cette petite balade un peu insolite en arrivant à la voiture vingt minutes plus tard!
L'après midi est bien entamée lorsque nous quittons le parc, non sans s'être arrêté au visitor center, toujours très intéressant.Au lieu de retourner de suite à Moab, nous tournons vers le petit parc de Dead Horse Point.Comme d'habitude, un petit arrêt au visitor center, qui nous apprend que, durant la conquête de l'Ouest, les cowboys utilisaient les anfractuosités au bas des falaises pour créer des enclos naturels pour capturer et parquer des chevaux sauvages.C'est ainsi que fit un jour un cowboy, puis, il oublia le troupeau dans son enclos, les animaux abandonnés sans ressources moururent les uns après les autres.Véridique ou pas?Toujours est-il que cette légende a créé le nom de ce state park:Dead Horse Point.
Nous nous garons plus loin, puis nous cheminons tranquillement le long de la rim, c'est très facile, le large chemin est goudronné pour permettre le passage des fauteuils roulants.Encore une fois c'est un endroit d'une grande beauté, le Colorado passe presque au pied de la falaise, la roche rouge est éclatante et contraste fortement avec le bleu azur des bassins de potasse sur la gauche.nous regrettons de n'avoir pas réservé plus de temps pour ce parc car il est plus grand qu'il n'y paraît.Tant pis!Il est temps de prendre le chemin du retour car nous avons encore une heure de route jusqu'à Moab.Pour la petite histoire, c'est ici qu'a été tournée la scène d'ouverture du film Mission impossible 2, lorsque Ethan Hunt alias Tom Cruise, reçoit son ordre de mission alors qu'il escalade la spectaculaire falaise.


Une fois rentrés, bien fatigués, il faut le dire, nous décidons d'aller dîner à La Hacienda, le restau mexicain juste à côté de l'Inca Inn là où nous avons mangé deux jours plus tôt.Le patron, un colosse très très sympathique nous reconnaît et se met à discuter avec nous.A côté de nous, quatre jeunes locaux commandent puis mettent moins de 10 minutes à manger, emportent ce qui reste dans le même « doggy bag » et s'en vont!Etonnant!
Nous nous régalons encore une fois des salades mexicaines servies dans des galettes de maïs légères et croustillantes, un délice!Nous sortons lorsque le patron nous demande si nous revenons le lendemain, hélas, nous partons alors non, mais peut-être l'année prochaine!!Nous l'assurons également de faire de la pub pour son restaurant, excellent et pas cher, (voilà c'est fait!) il est ravi et nous souhaite une bonne fin de séjour aux US!

Jeudi 1er juillet 2010 :Lever à 6h30, puis départ de Moab à 8h par la belle route 128 qui longe le Colorado dévoilant au passage quelques plages de sable fin sur le bord et toujours entourée de roche rouge.Le changement de décor est radical lorsque nous tournons sur l'I70, l'Interstate qui vient de Denver est très monotone, son seul intérêt est de nous faire filer vers l'Ouest à la vitesse très honorable de 75mph(120km/h)!
Enfin nous laissons cette Interstate pour nous engager sur la petite UT 24 qui nous conduit doucement à notre destination juste à côté de Goblin Valley, c'est Little Wild Horse Canyon où nous arrivons en fin de matinée.Ce canyon est un « slot » comme nous les aimons, c'est même une référence en la matière, par contre, j'aurais souhaité connaître l'origine de ce nom, mais je n'ai trouvé personne pour me la communiquer, on va alors s'arrêter au fait qu'il porte un joli nom!
Après avoir signé le classique registre, nous voilà partis pour un aller retour de 3h normalement dans le canyon.La première partie nous fait emprunter un wash, très facile jusqu'à l'entrée proprement dite du canyon que nous atteignons en 10 minutes, et là, premier problème:nous sommes face à une roche de plus de 2m de hauteur, lisse comme les parois autour, pas question d'escalader.Nous doutons, l'entrée est-elle par ici?Il n'y a pas d'indication ni de cairn pour nous aider.Nous décidons de revenir sur nos pas, c'est alors que nous trouvons la solution (bon sang mais c'est bien sûr!!), il suffit de monter sur la pente rocheuse à la sortie du wash, puis de redescendre dans le canyon en contournant la roche abrupte et le tour est joué!C'est ce que nous faisons et 3 minutes plus tard nous retrouvons le fond sablonneux canalisé par les parois.
C'est par là l'entrée de Little Wild Horse Canyon
La suite de la progression se fait sans aucun problème, nous marchons même plutôt vite, nous rencontrons des passages très larges suivis de long passages très étroits, où parfois, nous devons nous mettre de côté ou bien marcher avec le corps incliné à gauche ou à droite, grimper sur des rochers en s'aidant des parois, c'est très fun et nous sommes vraiment ravis de la balade!


Nous rejoignons trois américains dont l'un observe les oiseaux qui nichent sur les hautes parois à l'aide d'une lunette sur trépied, puis nous dépassons une famille suisse-allemande avec laquelle nous discutons quelques instants, c'est ça aussi (et surtout!) les voyages.
Plus loin, alors que le canyon s'est élargi, nous marchons depuis environ 1h30 lorsque nous faisons notre pause pique-nique assis sur des rochers.Nous remarquons alors que le ciel s'est assombri, ce qui nous inquiète un peu, car nous craignons l'orage.C'est alors que nos trois américains amateurs d'oiseaux arrivent, nous leur demandons s'ils sont de l'Utah et s'ils savent s'il y a une menace d'orage ou pas:oui, il habitent l'Utah, mais non ils ne savent pas plus que nous s'il va pleuvoir ou pas!Bon, nous voilà plus avancés!Le plus jeune d'entre eux ajoute quand même qu'il n'est pas tranquille et qu'ils vont rebrousser chemin, ce qu'ils font tout de suite après nous avoir salués chaleureusement.Le problème c'est que nous n'avons pas envie de faire demi-tour maintenant, nous voulons toujours voir ce qu'il y a derrière le prochain virage, la roche suivante à grimper, ...alors... nous continuons un bon quart d'heure!Nous ne savons pas si nous sommes au bout du canyon, il est très large maintenant, il n'y a aucune indication, mais le ciel est très sombre et le vent se lève.Le fait d'être complètement seuls dans cet endroit si isolé à presque deux heures de marche de notre voiture avec un temps qui se dégrade, nous fait retourner sur nos pas, à regrets, nous aurions souhaité continuer, mais bon, il faut être raisonnable.Le retour est tout aussi intéressant, nous découvrons Little Wild Horse dans l'autre sens, c'est comme si c'était un nouveau canyon.Nous prenons plus le temps d'observer le travail de l'eau sur la roche et de faire des photos.

Nous ne croisons personne, excepté une famille américaine dont nous aidons les ados à passer un enchevêtrement de rochers, nous restons alors échanger un moment avec eux, les parents s'expriment en Français sans aucun accent, à tel point que nous leur demandons s'ils sont Américains:oui nous répondent-ils, ils habitent Provo près de Salt Lake City, mais ils ont vécu plusieurs années à Paris et Bordeaux, ceci explique celà!Nous repartons d'un bon pas après ce moment très sympa, mais nous sommes moins inquiets par rapport au temps car le soleil est revenu, nous le voyons lorsque le canyon s'élargit, mais la chaleur est lourde et suffocante.Nous arrivons à la voiture à 16h30, enchantés de cette superbe rando, car oui, on adore les « slots », définitivement!
Nous prenons la voiture, il fait 96°(35,5°C) et nous quittons la piste pour reprendre l'US 24 vers le sud, sans visiter Goblin Valley qui est juste à côté, mais bon, il faut faire des choix!La route est assez monotone jusqu'à l'approche de notre prochaine étape, c'est Fruita une petite oasis de verdure nichée au coeur d'un massif de roche rouge et ocre, traversée par une petite rivière dans le parc de Capitol Reef.Un petit arrêt d'abord pour observer les pétroglyphes inscrits dans la roche par d'anciens habitants du lieu, puis nous arrivons à la charmante et toute petite école bâtie par les Mormons pour les enfants de Fruita.Un enregistrement sonore nous permet d'écouter la dernière institutrice raconter sa vie de tous les jours, car l'école est fermée, nous ne pourrons pas la visiter, seulement regarder par les vitres l'intérieur sobre avec les pupitres en bois, le bureau surélevé, le tableau noir et le poêle au milieu de la pièce, qui est là pour nous rappeler que l'hiver est très froid ici, bien qu'aujourd'hui il fasse très chaud.

En repartant, nous laissons passer un petit bambi qui semble perdu.Ici, les animaux sont en liberté complète, il y a des elks, des chiens de prairie, des marmottes et nous sommes sur leur territoire!Nous le prenons en photo mais nous ne pouvons rien pour lui, mais sa mère va sans doute le retrouver très vite.Nous allons voir le camping abrité par des grands arbres et nous retrouvons là les elks tranquilles au milieu des tentes et des camping-cars, nous pouvons les approcher, ils sont habitués à la présence humaine...


19h arrive, nous sommes un peu loin de tout dans cette oasis paisible, mais il nous faut rejoindre notre hôtel à quelques miles de là.Peu de temps après nous nous garons sur le parking de notre hôtel, le Rim Rock Inn, et là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu.Le Rim Rock est un petit hôtel en longueur, construit en bois au beau milieu de nulle part:il faut voir les reliefs rocheux derrière, majestueux, les badlands autour balayés par le vent qui fait se lever la poussière, c'est un vrai décor de western comme on les imagine, et on y est!Nous nous enregistrons et la réceptionniste nous indique le restaurant de l'hôtel pour dîner.Nous nous y rendons à 19h30 (les Américains mangent tôt!), il n'y a pas beaucoup de monde, la salle à manger est complètement vitrée et donne à contempler ce paysage fabuleux.Comme partout aux US, la jeune serveuse est très souriante et très attentionnée, nous commandons la spécialité maison, le Rim Rock chicken, un poulet rôti avec du miel, délicieux, nous nous régalons autant du repas que de la vue.Nous passons un très bon moment, puis nous sortons alors que la nuit tombe, il fait encore chaud, c'est le silence, on a l'impression d'être un peu seuls au monde, il n'y a que l'impersonnel Best Western de l'autre côté de la route qui joue l'intrus, dommage!!

Le restaurant du Rim Rock Inn
Vendredi 2 juillet 2010 :Lever à 6h30, nous mangeons le petit-déjeuner continental de l'hôtel pour ne pas perdre du temps en allant à Torrey, puis nous repartons vers Fruita pour une randonnée.Nous quittons à regret le Rim Rock qui restera le gros coup de coeur de toutes les nuitées de notre séjour, de par son charme qui sentait si bon le wild wild West.De retour à Fruita sous un soleil radieux, nous attaquons la rando de Cohab Canyon à 8h45 dans une fraîcheur toute relative, il fait 74°F(23°C).La première partie grimpe dur, en lacet à flanc de colline pour rejoindre ce fameux Cohab Canyon.En se retournant, on a une vue globale de l'oasis, avec la ferme, l'école, la maison d'habitation et le camping.

Le contraste entre la verdure des pâturages et des vergers touffus et l'aridité de la roche alentour est saisissant, les Mormons ont bien choisi et bien valorisé cet endroit...Arrivés sur le plateau, nous nous enfonçons dans le canyon, qui est très large.La progression est facile, le sentier est plat et le sol est sablonneux.


Il est joli ce canyon, mais à côté de ce que nous avons vu les derniers jours, il fait figure de « petit ».Nous arrivons à l'embranchement de Frying Pan, une fois de plus la légende raconte que c'est par ce chemin que Butch Cassidy le célèbre hors-la-loi, a fui jusqu'à une arche naturelle qui lui servait d'abri:personne ne l'a jamais retrouvé.Nous n'avons pas le temps d'y aller, alors nous continuons vers la sortie de Cohab Canyon.Nous en atteignons l'extrémité après un peu plus d'une heure de marche, c'est la route UT 24 par laquelle nous sommes arrivés hier.Le point de vue est quelconque, alors nous ne mettons pas longtemps à repartir.Le chemin inverse est, bien sûr, tout aussi facile et nous sommes à la voiture à 10h30.De là nous prend l'envie de visiter la maison-musée d'une famille de Mormons dans les années 1920 (je crois!), juste à côté.Nous la visitons pièce par pièce, c'est assez intéressant à voir, car tout le mobilier occupe encore la maison avec les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de tous les jours...Dans la cuisine se tient une dame, et surprise, dans tous les meubles autour d'elle sont posés des gâteaux et autres confiseries, des pots de confiture, de miel...c'est en fait la boutique du musée!!Nous ne résistons pas à l'envie et nous lui achetons des scones à la myrtille qui ont l'air délicieux, ce sera pour plus tard dans la journée.En sortant de la maison nous décidons d'aller jeter un oeil aux vergers pas loin.Il suffit de pousser le portail, de prendre une échelle, de se servir en fruits dans les arbres puis de les peser et enfin de verser dans une boîte l'argent correspondant à la quantité de fruits, le tout sans que personne ne soit là, nous savons juste le nom du propriétaire grâce au panneau à l'entrée.La confiance n'est pas un vain mot aux USA!!

Un petit aller-retour sur la scenic road (qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable) et nous reprenons l'UT 24 vers le sud, cette fois nous quittons Capitol Reef.

De l'environnement désertique nous passons rapidement à un paysage de montagne au fur et à mesure que la route s'élève.Les sapins et autres arbres d'altitude deviennent alors nos compagnons, nous traversons de grandes étendues boisées et très faiblement habitées.Nous nous arrêtons pour pique- niquer alors que nous avons bien entamé l'interminable descente sur Boulder.Arrivés là nous tournons à gauche pour nous engager dans l'une des plus belles pistes de l'Ouest:la Burr Trail.Bitumée au départ, elle serpente doucement dans un paysage à nouveau aride, à la végétation éparse.Nous arrivons assez vite à Long Canyon, la piste se retrouve alors canalisée entre deux hautes parois de roche ocre pour déboucher plus loin sur des badlands colorés qui portent vraiment bien leur nom!A présent, le bitume a disparu, nous roulons dans la poussière mais le paysage qui s'offre à nous est toujours fabuleux.

Nous avons prévu de réaliser la rando de Strike Valley Overlook, mais nous passons devant l'accès sans nous en rendre compte.Nous voilà à un col avec devant nous les fameux switchbacks (lacets) qui vont nous faire descendre au fond de la vallée, non sans stress!De là, nous décidons de prendre la Nottom Road vers le nord, puis après quelques minutes, il faut se rendre à l'évidence, on s'est planté!Allez, demi-tour sur la Nottom, puis ascension des switchbacks, une voiture descend à tombeau ouvert, nous nous rangeons prêts à protester lorsque nous lisons « Sherif » sur sa portière, il nous recouvre de poussière en passant, bon, on ne va rien dire mais on en pense pas moins!!
Peu de temps après, nous trouvons enfin la route du parking, c'est indiqué Upper Muley Twist Canyon, c'est ce qui nous a induit en erreur.Ce n'est pas grave, nous commençons quand même la rando après avoir émargé sur le cahier au parking.Nous tenons à la faire car la vue sur le Waterpocket Fold est simplement magnifique et à ne pas rater, nous sommes prévenus(n'est-ce pas Alain-Pierre?!).Nous pressons le pas, la marche est très facile car c'est une piste empruntable par des 4*4.


En chemin nous nous souvenons des scones de Fruita et nous nous offrons un petit goûter bien sympa sur les rochers.Nous continuons et malheureusement le temps se gâte très vite, des nuages d'orage approchent et le vent se lève.Lorsque les premières gouttes arrivent nous décidons à contrecoeur de rebrousser chemin, sans être allé jusqu'au bout ce ne serait pas prudent, mais nous sommes quand même déçus, quel dommage!Bon, on ne va pas se plaindre, le paysage est toujours superbe, alors...
A cause de notre erreur nous ne sommes pas en avance lorsque nous quittons le parking d'Upper Muley Twist Canyon.Le chemin du retour sur la Burr Trail se passe très bien et les nuages ont disparu, c'est rageant!!Nous rejoignons la fameuse UT 12 qui doit nous mener à Cannonville, notre étape de ce soir.Cette route est grandiose, elle traverse d'immenses espaces en se jouant des reliefs, on dirait qu'elle surfe sur la roche:par moments nous roulons sur une crête à 2 mètres du précipice d'un côté et de l'autre, puis nous e ntamons une descente prononcée à flanc de massif avant de remonter tout aussi vite alors que le soleil couchant nous accompagne.La route se termine tranquillement en traversant quelques forêts paisibles en plaine.Nous arrivons à Cannonville, une toute petite bourgade, vers 19h nous y avons réservé une chambre au Grand Staircase Inn qui fait hôtel, restaurant, épicerie, station service!Fatigués de notre journée, nous décidons de laisser la voiture et de pique-niquer dans la chambre avec ce que nous trouverons à l'épicerie.Nous avons envie de déguster une bière bien fraîche mais nous avons beau chercher partout dans l'immense mur de vitrines remplies de boissons, il n'y a pas l'ombre d'une cannette.C'est alors que nous comprenons:nous sommes en Utah et la consommation d'alcool est très réglementée, les abus fortement punis, nous ne trouverons pas la Bud que nous cherchions.Bon, eh bien on va se contenter d'un Pepsi alors!!
Samedi 03 juillet 2010 :Lever à 6h30 pour notre dernier jour de visite...Nous attendons l'employée de l'hôtel qui est en retard pour ouvrir la petite salle attenante à l'épicerie où sont servis les petit-déjeuners...Nous en profitons pour discuter avec un couple de Français qui viennent de parcourir la Cottonwood Road la veille.Enfin elle arrive, pas de très bonne humeur, nous avalons vite nos quelques tartines, puis nous prenons la route direction Bryce Canyon à ½ heure de là, le soleil est avec nous mais il fait assez frais:58°F(14,5°C).
Nous avons déjà visité Bryce mais ce parc est si fabuleux que nous avons décidé d'y repasser cette année.Nous nous garons sur le parking de Sunset point, puis nous descendons dans l'amphithéâtre par le début du trail de Navajo Loop que nous allons prolonger par Queens Garden Trail, la partie Wall Street étant fermée.La magie du plus beau parc de l'Ouest (à notre avis!) opére tout de suite:le sentier louvoie entre les hoodoos, ces fameuses cheminées de fées, vient cotoyer des parois abruptes de roches d'une couleur orange pastel très douce, enfin, se déroule franchement arrivé au fond du canyon où il nous fait découvrir la maigre végétation établie là.

De petits écureuils très curieux nous accompagnent en bondissant d'arbuste en arbuste, assurant le spectacle en grignotant aidés de leurs deux pattes avant.

Nous levons la tête tout en cheminant, l'amphithéâtre de Bryce se découvre maintenant dans toute sa splendeur, ses formes délicatement dentelées se découpent sur le bleu azur profond du ciel de l'Utah.Fabuleux, je vous dis!!



Nous sommes en milieu de matinée, la température est parfaite pour randonner et, bien que nous soyons samedi nous rencontrons peu de gens.Deux heures après notre départ de Sunset Point, le sentier commence à remonter, signe que nous approchons de Sunrise Point et de la fin de la ballade.Au fur et à mesure de l'ascension, nous croisons de plus en plus de monde et de plus en plus bruyant.Nous sommes toujours sidérés de constater qu'énormément de gens s'aventurent dans le canyon chaussés de simples tongs qui font trébucher au moindre caillou, et surtout sans une bouteille d'eau.
Nous restons un moment au bord de la rim à contempler le paysage qui s'offre à nous.Plus bas, on aperçoit des touristes à dos de mule s'apprêtant à descendre accompagnés d'un guide.

Nous rejoignons alors Sunset Point où nous retrouvons la voiture.N'étant pas décidés à quitter Bryce maintenant, nous décidons de pousser jusqu'à Inspiration Point pour encore profiter du parc.Sur la rim un touriste asiatique déchire un emballage plastique, c'est alors qu'un écureuil vif comme l'éclair lui saute dessus, grimpe le long de son pantalon, pour s'apercevoir, déception totale, qu'il s'agissait d'un emballage de piles et non de nourriture!Décidément pas farouches ces petites bêtes!
Inspiration Point porte bien son nom, très fréquenté, il reste sans doute le plus beau point de vue de Bryce.Nous retournons à regrets à la voiture où un Américain nous demande si nous avons traversé tout le pays en voiture au vu de l'état de notre calandre pleine d'insectes écrasés!

En quittant Bryce nous nous arrêtons brièvement au visitor center, il y a beaucoup de monde maintenant car il est presque midi.C'est alors que nous découvrons toutes les affiches collées un peu partout jusque sur la porte des toilettes indiquant que des serpents à sonnettes ont été aperçus près des sentiers, appelant à la plus grande prudence et recommandant de ne pas s'éloigner du trail!Nous éprouvons un petit sentiment de crainte rétrospective, en même temps qu'une petite pensée pour tous les gens qui se promenaient en tongs!!
Cette fois il faut partir, nous reviendrons peut-être randonner sur Fairyland Loop Trail, mais ce sera une autre fois.
Sortant de Bryce, la roche ocre ne veut pas non plus nous quitter, la jolie route de Red Canyon se charge de nous dire au revoir, avant de laisser place brutalement à un paysage verdoyant de prairie à l'horizon lointain...
La route de Zion étant en travaux, pour ne risquer de perdre du temps nous bifurquons vers l'Ouest en direction de Cedar City par une petite route de montagne assez tortueuse.Ce doit être le pays du quad car nous en apercevons des dizaines sur des pistes qui leur semblent dédiées au beau milieu d'un très grand massif de conifères.
A Cedar City nous trouvons par hasard une station de lavage de voiture qui nous permet de laver notre Ford Escape car nous devons le rendre ce soir à Las Vegas.Nous empruntons maintenant le long et monotone ruban goudronné de l'I-15, l'interstate qui file droit vers le sud sur Sin City.A St George nous achetons un petit pique-nique au Walmart, pas de table en vue nous nous mettons alors à manger à l'ombre de notre voiture sur le parking car nous avons récupéré à nouveau la terrible chaleur du désert, il fait 100°F(38°C)!

A une heure de route de Las Vegas, nous tournons à gauche pour l'ultime visite de notre séjour:Valley of Fire.Ce parc porte très bien son nom car en effet, c'est une fournaise qui nous attend lorsque nous arrivons au visitor center, il fait 106°F(41°C).L'environnement est exclusivement minéral, presqu'aucune plante ne peut survivre ici, mais encore une fois les formations rocheuses y sont magnifiques, mêlant le rouge, l'ocre, le chocolat et même le crème en une superbe palette comme seule la nature sait le faire.



Nous avions prévu de parcourir la petite rando de White Domes mais au vu des conditions extrêmes rencontrées, nous pensons qu'il est plus prudent de visiter le parc en voiture!
Après une petite heure à rouler à vitesse réduite pour admirer le paysage, nous reprenons la route de Vegas, accompagnés par un vent puissant et brûlant.
Nous arrivons sans encombre à notre hôtel à côté de l'aéroport Mc Carran malgré la circulation, très dense car nous sommes samedi soir.Nous déposons notre voiture chez Alamo où, comme d'habitude c'est très rapide et on ne nous demande absolument rien.Un petit regard à notre vaillant Ford Escape qui nous a transporté durant les 2700 miles de notre parcours sur toutes sortes de routes, puis nous allons attendre la navette de courtoisie de l'hôtel.Un petit malentendu nous fait perdre quand même une heure nous n'avions pas bien compris l'endroit exact où elle nous attendait, quand nous la rejoignons, le chauffeur nous dit qu'il est venu 3 fois nous chercher!Oups!!
A cause de ce contretemps il fait nuit lorsque nous arrivons à l'hôtel La Quinta et nous n'avons pas mangé.Le Starbucks de l'autre côté de la route nous tend les bras, c'est là où nous irons dîner, assez rapidement car nous sommes très fatigués.Le reste de la soirée se passe à se battre avec les bagages pour essayer de tout caser, nous avons fait quelques achats quand même, et demain c'est le retour.
Dimanche 4 juillet 2010:Lever à 5h, la nuit a été très courte!Aujourd'hui c'est la fête nationale, mais pour nous c'est le départ.La navette nous amène à Mc Carran à 6h30 où nous embarquons pour notre vol sur Southwest à 8h30 pour San Francisco.Au revoir Las Vegas!Quelques mails expédiés vite fait depuis la salle d'embarquement, nous montons à bord très vite et l'avion décolle aussi sec, low cost oblige!Un dernier regard au Mandalay Bay, Sin City s'éloigne dans la belle lumière du matin, puis c'est le désert, la montagne, enneigée parfois et enfin l'atterrissage presque dans la mer à San Francisco.
Nous avons 5 h à passer dans le terminal, c'est long, nous en profitons pour manger une dernière fois chez Lorie's Dinner (dans le terminal international) un hamburger frites avec un grand coca glacé, of course!!

Enfin, nous montons dans le grand 747 qui nous ramène à Roissy après un vol sans histoire, encore 5 h d'attente dans l'indigent terminal 2G et c'est le retour à Brest où nous attend notre ami Bernard, toujours avec son grand sourire, pour nous ramener dans le Sud-Finistère où l'été commence...Au revoir les USA, à l'année prochaine peut-être!
Epilogue:A la suite de ce périple, nous avons resigné pour un troisième voyage dans l'Ouest américain en juin 2011 au départ et à l'arrivée de Denver, CO, en passant par le Yellowstone et, encore et toujours, la roche rouge de l'Arizona et de l'Utah.Pas eu le temps de réaliser un carnet que nous sommes déjà repartis aux US en juin 2012 pour une première visite à New York, puis le Southwest à nouveau, carnet à venir courant octobre ou novembre 2012...
Ce texte a pour seul but de faire partager au plus grand nombre notre vécu dans cette partie du monde, et pourquoi pas, de donner l'envie d'y aller...
Nous tenons également à remercier très chaleureusement tous les membres de ce forum pour nous avoir permis de préparer notre séjour et en particulier:
aquilegia, bastinj, berenberg, cendryon, charlene1818, fabienneCA, frisoulette, Isap29, ITAT, JPEG13, krikri6792, lanfeust77, laurence49b, leSpartiate, le tigre, madikera,
Max68, Panisse, Papj59, pitimerguez, PSI31, roadtrippin, Sedonax, USAfan, Vazyvite, Virginath, Vnoa, Wavemaster, ...
Mille mercis pour leurs infos incontournables à Laurence et Dominique pour le site roadtrippin ainsi bien sûr qu'à Philippe et Thierry pour OuestUSA.fr.
NOTRE ROAD TRIP AU PAYS DE L'ONCLE SAM EN JUIN 2010:DE L'OUEST ARMORICAIN A L'OUEST AMERICAIN, SAN FRANCISCO ET LE GRAND CIRCLE
Dimanche 20 juin 2010:3 H15 le matin:Le réveil sonne mais nous sommes déjà éveillés, car ce matin nous repartons vers une destination fantastique:l'Ouest américain!!L'impatience liée au départ nous fait avaler très vite notre petit-déjeuner léger, nous sourions à l'idée de dîner ce soir à San Francisco.Pour nous, le début du voyage c'est déjà le moment où nous fermons la porte de la maison derrière nous.4H30:notre fidèle ami Bernard est pile à l'heure avec son dynamisme habituel pour nous amener à l'aéroport de Brest, première étape de notre périple, nous lui donnons une carte annotée qui lui permettra de nous situer jour après jour sur notre circuit.Nous traversons la campagne bretonne endormie, puis, 40 mn plus tard, se dessine dans l'aube naissante la silhouette caractéristique du très récent aéroport de la cité du Ponant, vision magique car presque toujours synonyme, pour nous, de porte d'entrée vers la découverte.Après avoir pris congé de notre ami, (surtout de l'avoir remercié de s'être levé si tôt pour nous!!), nous voici dans l'avion qui nous mène, d'un saut de puce de 55 mn, à Roissy où, 1H30 plus tard, nous nous asseyons dans le puissant Boeing 747 pour 11 H de vol vers San Francisco.Le vol se déroule tranquillement, nous discutons avec notre voisine, une Californienne de Sunny Valley très dynamique et sympathique (sa plus grande crainte est de ne pas réussir à faire passer à la douane américaine le camembert Le Rustique, qu'elle adore, acheté à Paris et caché dans son sac, ce qui nous fait bien rire!!).Enfin voici le sol américain, il est 13 h, le temps est radieux, l'avion se pose doucement, vite, l'Amérique nous attend!!Le passage devant un officier d'immigration plutôt zélé nous fait un peu stresser, car nous arrivons à la même date que l'an dernier, chose que son ordinateur a du mal à accepter!Après un certain nombre de vérifications et questions précises (Où travaillez-vous?En quoi consiste votre travail?...), nous poussons un ouf de soulagement lorsqu'il nous autorise à passer.Nous récupérons nos bagages sans encombre puis nous dirigeons vers la station de BART(le RER local) afin de nous rendre au centre ville, où nous attend notre chambre d'hôtel dans Sutter Street, à la limite du Financial district.Lorsque nous sortons à Montgomery Station, nous sommes si heureux de retrouver Market Street que nous en oublions la fatigue.
La Transamerica Pyramid veille sur le Financial District 10 mn à pied et nous voici au Galleria Park, un joli hotel de centre ville:personnel accueillant, chambre très propre et bien décorée..Mais nous ne sommes pas là pour rester à l'hôtel, nous posons nos bagages et filons prendre le bus pour nous rendre à Alamo Square, toute première visite de notre voyage.C'est un coin de verdure qui tire son intérêt de sa situation, en hauteur, et surtout des maisons victoriennes très célèbres qui le bordent:les Painted Ladies.Nous y restons une demi heure, le temps d'y flaner un peu au milieu des étudiants et promeneurs du dimanche profitant d'un air printanier, puis nous décidons de descendre dans les rues adjacentes avant de reprendre le bus qui nous ramène à l'hôtel.Diner frugal, nous n'avons pas faim, la fatigue se fait sentir, petite pensée pour la Bretagne où nous étions ce matin, magie du transport aérien, nous nous endormons enchantés de retrouver cette ville que nous aimons tant.
Les très célèbres "Painted Ladies" devant Alamo SquareLundi 21 juin 2010 : Le bruit de la circulation du centre ville, l'effet du décalage horaire et l'excitation liée à l'arrivée aux USA, font que nous sommes levés à 6 H en ce lundi matin.Petit coup d'oeil à travers la fenêtre vers le coin de ciel aperçu entre les bâtiments du Financial District autour:le soleil est levé, il fait très beau.Nous décidons très vite de notre programme:ce matin ce sera la visite de la Coit Tower, puis la traversée du Golden Gate à vélo vers Sausalito et retour en ferry, il nous fallait du soleil pour cela, alors c'est aujourd'hui.Nous avalons une tasse de café dans la chambre, grâce à l'habituelle bouilloire et les sachets de café présents dans la chambre, comme dans tous les hôtels, puis nous sortons et nous dirigeons d'un bon pas vers le restaurant Lorie's Dinner dans Powell Street où nous pourrons prendre le petit déjeuner.Nous croisons une foule d'employés se rendant au travail, un gobelet de café Starbucks à la main.Nous aimons chez Lorie's pour son décor années 50, juke box, distributeur de cigarettes, larges banquettes de moleskine rouge, pompe à essence, le tout d'époque bien entendu, et une armée de serveurs et cuisiniers en tenue rétro avec le calot réglementaire.Bien sûr, nous aimons aussi Lorie' pour ses scrambled eggs and sausages, ses pancakes doubles ou triples et ses hash browns potatoes que nous nous empressons de commander et de dévorer sur fond de musique des fifties, of course!
Lorie's Dinner au matin dans Powell StreetLe petit-déjeuner avalé, nous repartons vers Grant Street pour attraper le bus qui va nous conduire à Washington Square à travers Chinatown, le quartier chinois, (la plus grande ville chinoise hors d'Asie), grâce au Muni pass acheté la veille à l'aéroport qui nous donne accès à tous les transports en commun de la ville (cable car compris).La traversée de Chinatown se fait rapidement dans une succession de petits commerces et restaurants innombrables le long de Grant Avenue pour aboutir à Washington Square où un spectacle insolite mais habituel nous attend:on dirait que toute la communauté chinoise s'est donné rendez-vous pour pratiquer le Taï Chi.
Washington Square, à la limite de ChinatownNous traversons le square et passons devant l'église St Peter and Paul, et nous attaquons la montée vers la Coit Tower.Quelques minutes au pied de la tour pour admirer la vue sur le Pacifique, puis nous achetons nos tickets pour l'ascenseur qui nous mène au sommet, et là, la vue est à couper le souffle sur le Financial District, Lombard Street, Nob Hill, le Fisherman's Wharf.Nous y restons un moment, pour contempler et photographier probablement l'un des plus beaux points de vue sur le centre ville.

Ensuite, nous faisons le tour des fresques du rez-de-chaussée, puis nous commençons la descente vers les célèbres Filbert's steps jusqu'à Levi's Plaza, le siège mondial du fabricant de jeans.Nous nous asseyons quelques instants parmi quelques employés de la firme, l'endroit est très agréable et frais grâce à ses fontaines, ses petits coins de verdure.Nous longeons alors le port vers Fisherman's Wharf, haut lieu (trop!) touristique et passage obligé, car c'est là où nous allons louer les vélos pour traverser le Golden Gate.Nous trouvons sans mal le loueur, car les employés crient sans arrêt « bike the bridge, bike the bridge, d'you wanna bike the bridge??!! »Yes we want!
So let's go!Après un court briefing sur le parcours et les réglages du vélo par les employés, nous voilà partis.Nos premiers coups de pédales nous font passer devant Ghirardelli Square, puis une petite montée au niveau de Fort Mason pour redescendre sur Marina Boulevard qui nous conduit tranquillement à Fort Point via Mason Street.Là nous faisons une petite pause sous le Golden Gate, en compagnie du tacot de Mr Toad's, de quelques Go Cars(ça, c'est pour demain!) et d'une poignée de surfeurs qui profitent de la vague d'entrée de la baie.Nous repartons après quelques minutes, et là, c'est moins drôle, la route se met à monter sérieusement pour se mettre au niveau du pont, alors faut y aller!Nous arrivons bien essouflés à l'entrée du pont, quelques photos sur un petit parking puis nous nous engageons sur le trottoir côté baie puisqu'il est moins de 15 h, au milieu des piétons et des autres vélos.La traversée du Golden Gate est un très bon moment, nous sommes particulièrement réjouis de rouler sur ce si célèbre ouvrage d'art.A la sortie, nous prenons Alexander Avenue pour nous laisser descendre très facilement vers Sausalito que nous connaissons déjà.Nous flanons un peu au bord de l'eau, puis nous décidons d'aller attendre le ferry, et là, surprise, il y a déjà une file impressionnante de cyclistes pied à terre à l'embarcadère.Heureusement, nous n'avons pas trop tardé!

Le ferry quitte Sausalito puis passe derrière l'île d'Alcatraz, en ralentissant, s'il vous plaît, pour nous laisser le temps de filmer le pénitencier, et c'est l'arrivée au Ferry Building.De là, nous longeons pendant quelques minutes le Fisherman's Wharf pour nous retrouver chez Blazzing Saddles, le loueur, où nous rendons les vélos ainsi que les tickets de ferry que nous n'avons pas utilisés car plus cher que sur le bateau (les petits malins!).Nous renonçons à prendre le cable car pour revenir à l'hôtel, car il y a foule comme d'habitude au terminus de Hyde Street, alors tant pis, ce sera retour en bus, c'est moins pittoresque mais plus rapide.Nous passons un peu de temps à flâner dans Market Street, puis nous dînons d'un morceau de pizza avant de rentrer nous coucher fatigués, mais heureux de cette autre journée à San Francisco.

Mardi 22 juin 2010 : Lever à 6h45, puis, comme d'habitude, petit café dans la chambre avant de sortir.Ce matin nous avons décidé de prendre le petit-déjeuner chez Sear's Fine Food dans Powell Street.Quelques minutes à pied et nous y sommes, le restaurant se trouve un peu au delà de Union Square.Nous y entrons et découvrons une immense salle dont toutes les tables semblent occupées, les serveurs courent partout, on entend un brouhaha intense.Une serveuse nous indique notre table et nous tend le menu à la volée avant de courir servir le café à la table d'à côté.La carte des omelettes est impressionnante, comme le reste d'ailleurs!Nous prenons un succulent et copieux petit-déjeuner, avec café à volonté bien sûr, nous sommes aux Etats-Unis!Nous prenons notre temps mais la serveuse vient voir souvent si nous avons fini, c'est un peu l'usine, les tables s'emplissent et sont desservies sans arrêt.Lorsque nous sortons après avoir passé un très bon moment, nous longeons la file impressionnante de clients attendant sur le trottoir une table chez Sear's, contents d'être arrivés à la bonne heure!
Bien maintenant, il est temps d'attaquer le programme de la journée:un coup d'oeil au plan de bus et nous voilà partis à pied vers le Civic Center pour attraper le bus qui va nous mener au coeur du quartier hispanique:Mission.L'hôtel de ville de San Francisco est massif, immense et possède, nous trouvons, quelque chose de parisien avec sa grande coupole grise et dorée.
L'imposant City Hall de San Francisco au Civic CenterQuelques vendeurs de tacos, Mexicains sans doute, discutent entre eux du match Uruguay-Mexique, nous passons tête basse car la France a piteusement perdu le match contre le Mexique plusieurs jours auparavant!!A deux pas du City Hall, voici notre arrêt de bus, nous embarquons dans le 49 jusqu'à la station de la 24ème rue.Nous descendons alors au milieu des petites maisons très colorées et nous engageons dans la 24th Street jusqu'à notre destination:Balmy Alley.C'est une toute petite rue dont toutes les façades, garages, murs sont recouverts de fresques très colorées, la plupart sur le thème de l'immigration.Nous admirons plus particulièrement celle qui s'appelle « la lettre » de par le dessin et surtout son texte en Espagnol bien sûr.En revenant à l'arrêt de bus, nous passons devant d'autres peintures tout aussi belles mais plus espacées.

La lettre:elle travaille dur en Californie, il est resté au pays, elle espère qu'il pourra la rejoindre...

Nous reprenons la ligne 49 encore une fois jusqu'à Fisherman's Wharf, là nous nous dirigeons vers Blazzing's saddles, où nous entendons « d' you wanna bike the bridge? », alors nous répondons « no, we wanna rent a Go Car!! »
Le Go Car c'est cet espèce de petit véhicule à 2 places mû par un moteur de scooter, et qui va nous permettre de découvrir San francisco grâce à son GPS parlant (en Français s'il vous plaît!!) intégré.Après une courte formation, nous voilà partis dans les rues, pas très fiers vu la taille de notre engin à côté des grosses berlines américaines, mais nous rions sans cesse en conduisant car ces véhicules jaunes font le spectacle partout où ils passent.Nous longeons le port vers Fort Point, nous peinons en côte et là nous entendons le GPS: »vous n'auriez jamais pensé que nous y serions arrivés n'est-ce pas ??!! ».Ensuite, direction le Golden Gate, où nous sommes à 2 doigts de prendre la bretelle (le pont est strictement interdit aux Go Car), le GPS s'affole «you're going the wrong way, you're going the wrong way », il ne sait plus s'il doit parler Français ou Anglais alors que nous faisons demi-tour en plein virage!!Encore une crise de rire!!

2 minutes plus tard, nous nous égarons en cherchant Lincoln Boulevard, nous nous arrêtons pour regarder le plan de la ville.Une voiture s'arrête alors à notre hauteur, nous pensons lui demander le chemin, pas de chance il est perdu aussi et nous demande le chemin du Golden Gate, que nous savons lui indiquer!Nous repartons, et enfin, le GPS trouve la route, sauvés!Plus loin, nous passons devant le monument de la Légion d'Honneur, c'est alors qu'un groupe d'officiers de l'US Navy en grand uniforme blanc immaculé, sort d'un bus, les militaires s'empressent tous de sortir leur appareil photo et nous voilà mitraillés, faisant des coucous dans notre petit engin, chose qu'ils n'avaient sans doute jamais vu!!Une crise de rire de plus!!
Le temps change, il fait très frais maintenant, et nos polaires ne sont pas de trop alors que nous traversons le Golden Gate Park.Au croisement avec l'autoroute 101, nous ne savons pas trop où aller, nous démarrons et nous apercevons trop tard que nous nous engageons sur la 101, alors que le GPS nous avait bien dit de faire attention aux files, les filles derrière nous aussi en Go Car font une manoeuvre in extremis pour ne pas nous suivre, tandis que nous nous garons sur le trottoir.Un passant avec son chien nous aperçoit, attache son chien à un arbre et vient aider Liliane à pousser le Go Car, il n'y a pas de marche arrière.Liliane saute dans la voiture, nous remercions le passant et prenons à contresens( bien sûr!!), la bretelle de l'autre côté, alors qu'aucune voiture ne vient.Ouf, nous voilà sauvés, heureusement qu'il n'y avait pas de policeman à l'horizon, car j'ai encore besoin de mon permis pour la suite de notre voyage!Nous traversons alors le quartier branché de Haight Ashbury avec ses boutiques extravagantes, dommage, nous n'avons pas trop le temps de nous y arrêter, ça a l'air très sympa.Le GPS nous propose d'agrandir notre boucle par un passage aux célèbres Twin Peaks pour une magnifique vue sur la ville, mais, au vu du brouillard autour de nous, nous décidons de ne pas y aller.Nous continuons par le Presidio, ex base militaire qui sert aujourd'hui entre autres, de siège à Lucasfilm, la société de production de George Lucas.Le GPS nous accompagne fidèlement en nous racontant l'histoire des différentes parties de la ville.Nous voici arrivés au nord, prêts à descendre, debout sur les freins, la plus connue des rues en pente du pays:Lombard Street.Nous attaquons dare-dare l'enfilade des 8 virages de la pente à 26°, tout en filmant et toujours mitraillés par les touristes présents au milieu des parterres d'hortensias en fleurs, que nous faisons, encore une fois, bien rire!!Il est alors temps de prendre le chemin du retour vers Blazzing's Saddles, où nous quittons à regrets notre petit engin jaune, après 3 heures de circulation à 35 mph maximum dans toute la ville.
Un petit goûter au Starbucks du coin, nous reprenons le bus vers les Yerba Buena Gardens pas loin du Civic Center, très beaux jardins modernes de centre ville, alliance réussie entre les matériaux urbains et les végétaux.Liliane en pince pour le joli manège à chevaux de bois installé là.



Le soir arrive, nous allons diner tôt au Mason Café, un petit restaurant très sympa dans Mason street, où l'on mange de délicieuses salades et où le patron est fan de Paris, on y voit des aquarelles de la ville partout accrochées au mur.Le retour à l'hôtel se fait à pied, nous nous couchons tôt, un peu fatigués encore, et le lendemain matin, pas de temps à perdre, nous avons un avion à prendre!
Mercredi 23 juin 2010 :Lever à 6h:ce matin, il faut faire vite, nous partons pour...Las Vegas!!Nous prenons un rapide petit-déjeuner au Starbucks du coin de la rue (eh oui, nous adorons Starbucks!!), puis nous nous pressons vers la station de BART de Montgomery à 10 mn à pied.Là, nous ne trouvons pas l'escalator pour y descendre, c'est alors que 3 personnes nous proposent successivement leur aide, le dernier quittera même spontanément la file de son petit-déjeuner pour nous aider à descendre 3 volées de marches jusqu'au quai du BART avec nos bagages, ce dont nous le remercions chaleureusement!!Encore une fois, vive l'attention aux autres des Américains!!

Arrivés à l'aéroport, nous nous dépêchons d'attraper l'Airtrain qui nous conduit au terminal 1, où nous apprenons que notre vol aura 2 h de retard!
Bon, c'est les vacances alors nous restons philosophes, ce n'est pas grave!Nous décollons donc à 12H40 sur Southwest, nous survolons la Sierra Nevada, puis le désert brûlant du Nevada, enfin nous apercevons les premiers quartiers de Las Vegas.Nous atterrissons à l'aéroport MacCarran à 14h20, nous voyons déjà les silhouettes familières du Mandala Bay, du Luxor, du MGM à travers le hublot.
Le « baggage claim » de MacCarran donne le ton:il y a des machines à sous partout et nous nous en amusons.Nous sortons du terminal climatisé et là, la chaleur nous tombe dessus, il fait 103°F(39,5°C) le vent brûlant nous déssèche instantanément, quel contraste, il faisait 18°C à San Francisco.La navette nous conduit au Car Rental Center, distant de 3 km du terminal, nous passons très vite chez Alamo car il n'y a personne à attendre et nous avions réservé depuis la France.

Nous choisissons un Ford Escape blanc parmi la douzaine de véhicules prêts à la location, il est très récent, a une bonne garde au sol (pour les pistes!) et est très bien équipé.Nous sortons notre fidèle ami TomTom (merci Elodie!) qui a fait aussi le voyage depuis la France, et c'est parti, direction le Premium Outlet par l'I15 North pour une petite après-midi shopping.Nous passons trois bonnes heures à déambuler dans cet immense centre commercial, faire quelques achats, un petit goûter au Starbucks évidemment, puis nous reprenons l'I15 vers le sud pour rejoindre notre hôtel au coeur du Strip:l'Imperial Palace.Nous garons la voiture dans le parking à étages, nous dirigeons vers la réception en traversant bien sûr tout le casino, enfin entrons dans notre chambre au 13ème étage dont la vue donne sur la piscine et sur le Flamingo voisin.
Le (difficile!) choix de la voiture au car rental center
Il est 19h mais pas le temps de se reposer, nous sommes à Vegas et nous voulons en profiter, alors on repart tout de suite!Nous marchons vers le sud du Strip nous frayant un passage parmi la foule qui commence à grandir sur les trottoirs, eh oui, Las Vegas vit essentiellement le soir.Nous commençons par le Harley Davidson Café, plutôt ringard, ou alors pour les fans, et nous sommes contents de retrouver les 4 étages de la boutique M&M's, un magasin délirant où il y a foule pour admirer ou acheter tous les objets à l'effigie de la marque, du distributeur de M&M's au pyjama en passant par la cravate et la déco de Noël!Géniale cette boutique!



Il fait faim alors où allons-nous manger?!Il n'y a que l'embarras du choix, nous décidons d'essayer le restaurant mexicain du Planet Hollywood.L'endroit est assez branché, un groupe d'américains, la trentaine, fait la fête sur la table à côté de nous, à grand renfort de Corona.Le repas est excellent, nous ne sommes pas déçus, nous quittons assez vite le restaurant alors que nos voisins de table commencent à ne plus savoir où ils sont!
La fatigue se fait sentir mais notre envie de parcourir le Strip est la plus forte alors nous continuons par la boutique Coca-Cola, dans le même esprit que M&M's mais sur deux étages seulement.Petit achat de teeshirts au Hard Rock Café à côté, nous remontons tranquillement vers l'Imperial Palace dans la chaleur plus supportable du soir, maintenant le Strip est tout illuminé (c'est peu de le dire!), nous atteignons notre chambre à 23h30, très fatigués, nous tombons aussitôt dans un profond sommeil.
Jeudi 24 juin 2010 :Lever difficile à 7h.Nous avions prévu d'aller visiter Red Rock Canyon à une demi heure de Vegas, mais nous abandonnons l'idée et décidons de rester en ville pour nous reposer un petit peu, les vacances ne font que commencer!
Petit-déjeuner rapide au fast food de l'hôtel, nous voici dehors, nous passons voir les flamands roses au Flamingo, traversons le Strip pour nous rendre au Bellagio, où nous sommes soufflés par la beauté des très fleuris jardins saisonniers.

Un saut à l'imposant et célébrissime Caesar's Palace avec son atrium, ses statues, son aquarium, son Apple Store(!) et bien sûr, comme toujours, le casino démesuré avec ses machines, tables de poker, roulettes...Nous descendons, il commence à faire chaud encore du shopping dans le Miracle Mile Shop, immense galerie commerciale dans le Planet Hollywood.Nous déjeunons chez Earl of Sandwich et retournons à l'hôtel pour une petite sieste réparatrice d'une heure.

Allez, on repart, direction le Nord du Strip nous allons visiter le très luxueux Wynn.

Nous ne sommes pas déçus, la galerie est grandiose et très élégante, le couloir longe les boutiques de luxe et débouche dans un superbe espace végétalisé.


Un petit passage à l'Encore, le jumeau du Wynn et nous continuons vers Bonanza « le plus grand magasin de souvenirs du monde », pour y acheter une dizaine de jeux de cartes des différents casinos de Vegas.En sortant, nous attendons le Deuce qui nous amène tout au nord du Strip, dans le vieux Vegas, à Fremont Street, alors que la nuit tombe.

Le bus nous dépose, nous courons vers l'écran géant au dessus de la rue car le Fremont Street Experience a commencé:une foule dense a les yeux tournés vers l'écran géant qui recouvre entièrement la rue de bout en bout alors que « Light my fire » des Doors arrive à nos oreilles.Extraordinaire!


La projection est finie, nous nous dirigeons vers les 4 casinos qui ont fait connaître Las Vegas:le Binion's, le 4 Queens, le Fremont et le Golden Nuggets qui renferme la plus grosse pépite d'or connue au monde.


C'est dans ce dernier casino que nous décidons de dîner au buffet, excellent, et pas très cher, puis nous déambulons dans la salle de casino qui connaît maintenant (il est 22h) une intense activité, nous nous amusons à observer les joueurs et badauds parmi lesquels on peut croiser des hommes et des femmes à l'apparence hypersophistiquée, tenue de soirée impeccable, maquillage et coiffure soignés, comme des personnes tout droit sorties de l'Amérique profonde en running shoes et maillot de basket, c'est ça Las Vegas!!
A 23 h nous décidons de rentrer en bus, le problème c'est que tout le monde a décidé de descendre vers le sud du strip à cette heure-là, le Deuce est archi bondé, nous mettons presque une heure à regagner notre hôtel à 4,5 miles, il est grand temps de se coucher à plus de minuit, nous sommes épuisés une fois de plus, et il y a de la route le lendemain!
Vendredi 25 juin : Lever à 7h encore difficile!!Bon anniversaire Liliane!Au revoir Las Vegas, nous partons ver l'Est, direction Grand Canyon!Nous aimons bien Sin City, la ville de tous les délires, nous la prenons au second degré, comme un immense parc d'attraction malgré certains aspects pas très reluisants, c'était notre 2ème séjour et nous y retournerons probablement.Pour l'heure, il est temps de monter à bord de notre Ford Escape au garage de l'Imperial Palace et de prendre la route.Après une heure, nous arrivons à l'impressionnant Hoover Dam, le barrage sur le lac Mead, que nous traversons, nous faisons un bref arrêt sur le parking de l'autre côté pour la photo et le film, il fait déj�� très chaud, 103°F(39,5°C) il est 10h.
Le niveau d'eau descend toujours dans le lac Mead...
Nous reprenons la route, des ouvriers construisent une autoroute parallèle à notre voie, nous nous demandons comment ils peuvent supporter la chaleur du désert tout en travaillant!
C'est alors que le GPS nous induit en erreur, au lieu de prendre la fameuse route 66 à Kingman, nous tournons sur l'interstate 40 jusqu' à Seligman où nous nous arrêtons pour déjeuner au Canyon Café.Bon, pas grave pour la 66, ce n'était pas non plus un temps fort du voyage!Seligman nous déçoit aussi un peu, tout ce décor authentique avec ses motels, ses vieilles voitures, ..., fait désuet, voire, allez j'ose, ringard, le mythe en prend un coup!Les commerces en bois façons western et la profondeur du paysage alentour en font quand même un lieu particulier.



Nous continuons vers Grand Canyon, le temps change, nous essuyons quelques gouttes de pluie et nous perdons 15°C au passage, ce qui nous rend un peu inquiets pour le coucher de soleil.Arrivée vers 16h30 au Maswik Lodge, nous prenons possession de notre petite cabine sous les arbres, puis nous rendons au bord de la rim, contempler cet abîme sublime dont la beauté nous a fait revenir cette année encore...
Nous ne nous attardons pas trop longtemps car nous avons prévu d'aller admirer le coucher de soleil plus loin.Nous allons en voiture jusqu'au petit parking, puis nous engageons d'un bon pas dans un large chemin forestier pour une marche de 3/4 d'heure jusqu'à un endroit unique sur la rim:Shoshone Point.



C'est un promontoire naturel qui s'avance tel une proue de navire dans le Canyon, à l'extrémité duquel se dresse un monolithe qui semble veiller, sentinelle immobile, sur cette splendeur de la nature.Le point de vue dépasse toutes nos espérances, nous sommes absolument seuls, le spectacle du soleil qui descend lentement sur les roches, les fait passer par toutes les couleurs chaudes, pour finalement les embraser de rouge flamboyant, nous chavire et nous procure un grand sentiment de plénitude et d'émerveillement(encore un grand merci à Ouestusa.fr, Philippe et Thierry qui nous ont indiqué ce lieu)...
Nous y restons un long moment, puis dès que le soleil s'est couché, il faut repartir très vite vers la voiture, car le chemin du retour s'effectue dans la pénombre et nous ne voulons pas tomber nez à nez avec un puma!
Le dîner à la cafétéria du Maswik est rapide, nous sommes encore absorbés par le coucher de soleil sur le canyon et nous allons dormir dans la foulée.
Samedi 26 juin : Lever à...4h45:Oui, pour le lever de soleil!

Nous sortons silencieusement de notre cabane dans les bois, quelques minutes de marche et nous voilà à nouveau au bord de la rim avec quelques autres lève-tôt, tous transis de froid.Le lever de soleil est très beau, mais nous ne sommes pas au meilleur endroit, nous apercevons 2 elks qui grimpent, presque à la verticale la pente devant nous, alors que les premiers randonneurs descendent dans le canyon par le Bright Angel Trail.
Retour à la caféteria pour un petit-déjeuner rapide, et nous voici dans la navette qui nous dépose à Hopi Point pour une petite randonnée au matin sur la rim vers Mohave Point.Le chemin d'Hermit Rest Road tutoie l'abîme et serpente de point de vue en point de vue pour une ballade tranquille.
Nous quittons un peu vite et à regret le site de Grand Canyon, la faute à un programme chargé!On reprend la route vers l'Est par le Desert Drive, nous descendons doucement et la végétation change à mesure que la température augmente!Nous pique niquons à Cameron, un trading post au milieu du désert, nous avons retrouvé la chaleur il fait 98°F(36,5°C).Un petit arrêt photo à Navajo Bridge, un double pont métallique au dessus du Colorado puis c'est l'arrivée à Lee's Ferry, l'endroit d'où partent les rafts sur le Colorado.



Il y en a un en préparation, il est démesuré et suréquipé.La chaleur est difficilement supportable alors nous voulons nous rafraîchir dans la rivière, mauvaise idée, l'eau est glacée, nous sortons aussitôt tandis que les préparateurs du raft, eux, s'y baignent facilement!
Nous repartons, quelques photos aux mushrooms et nous laissons la voiture sur le bord de la route, au départ d'une randonnée un peu hors des sentiers battus:Cathedral Wash.

Petite hésitation au départ, nous en avons pour trois heures de marche et il fait très chaud.Allez, on est courageux et là pour ça, alors on part!La ballade commence tranquillement dans un wash très facile à suivre, le sol est sableux.



Le chemin se fait plus étroit, les parois s'élèvent, nous comprenons vite qu'il faut quitter le fond pour grimper sur les parois pour pouvoir continuer.C'est l'intérêt de la rando:le jeu consiste à chercher son chemin sur les roches en réfléchissant bien aux endroits où monter et descendre, et à utiliser une technique de sioux (pardon, de Navajo!) pour trouver les empreintes de pas de nos prédécesseurs!
A environ une heure du départ, nous sommes à présent bien engagés dans le canyon et donc, à l'ombre, c'est important!La fatigue se fait sentir et Liliane décide de ne pas continuer et de m'attendre, la ballade est un aller-retour et non pas une boucle.Je continue seul, donc, à passer d'un rocher à l'autre, puis, au bout d'une demi heure un murmure s'élève, le vent? non, je crois savoir de quoi il s'agit, à ce moment les parois du canyon s'abaissent puis disparaissent, un large chemin sableux apparaît, le murmure se fait plus fort, encore quelques centaines de mètres et, oui , c'est le fleuve Colorado qui coule là devant moi, large et puissant.Comme Philippe et Thierry dans OuestUSA.fr l'ont écrit, je ressens un sentiment de joie et d'accomplissement à la vue de l'eau, quelle récompense au bout du chemin!

Enfin, le Colorado!!!Je reste là quelques minutes espérant voir passer un raft, puis je repars, Liliane doit m'attendre.Je la rejoins au bout de ¾ d'heure de marche et je lui raconte la superbe fin de la rando, elle regrette alors de n'avoir pas continué car la dernière partie était, je pense, tout à sa portée.Nous retournons tranquillement au petit parking, il fait toujours très chaud (104°F/40°C à 17h15), nous remontons dans la voiture direction Page, petite ville dortoir au bord du lac Powell en plein désert.Nous dînons au Dam Bar Grill, très bon et service très sympathique et agréable, puis nous retournons au Quality Inn pour une nuit bien méritée!
Dimanche 27 juin : Lever à 7h, nous prenons un solide et succulent petit-déjeuner à l'hôtel, puis nous sortons de Page passant devant la quinzaine d'églises différentes de la ville, pour nous rendre pas très loin, pour un autre temps fort du voyage:Lower Antelope Canyon.
Arrivés à la cahutte au bord de la route, nous nous inscrivons pour le tour de 10h, puis nous patientons sous l'abri en tôles, il fait déjà 84°F(29°C), le temps est superbe.
Notre guide arrive, il s'appelle Brad, c'est un jeune Navajo d'une vingtaine d'années, il appelle le groupe de 10h, nous sommes à peine 10, et c'est parti!
Nous marchons dans le sable jusqu'à la plaque installée à la mémoire des 11 personnes (dont 7 Français) victimes d' un flash flood en 1997:un orage s'est déclenché en amont du slot canyon, l'eau est montée très vite et a piégé le groupe au fond, qui n'a pu remonter en raison de l'étroitesse de l'endroit et du nombre insuffisant d'échelles.Brad nous rassure en nous indiquant que, depuis, l'entrée et la sortie ont été inversées et le nombre d'échelles, adapté.
Nous continuons jusqu'à la faille d'entrée en nous demandant comment nous allons pouvoir y pénétrer tant c'est étroit.

Nous nous glissons pas après pas et découvrons une première échelle métallique qui nous conduit d'une volée de marches, au fond du canyon.Nous progressons lentement, encadré par les parois, subjugués par la beauté de la roche ocre sculptée patiemment par l'eau, découvrant, grâce à Brad, les formes inscrites autour de nous.Nous croisons un ou deux autres groupes, et Brad nous propose naturellement de prendre des photos ou de nous indiquer les meilleurs endroits pour le faire.



La visite s'achève au bout d'une heure de déambulation, nous remontons par une dernière grande échelle qui nous fait quitter la fraîcheur relative du canyon pour arriver dans la fournaise du désert.

Quelques dizaines de mètres dans le sable, et nous voici à notre point de départ.Nous remercions chaleureusement Brad grâce à qui nous avons fait une visite mémorable du canyon, puis nous reprenons la 98, vers l'Est.
Nous déjeunons rapidement dans la voiture après nous être arrêté dans une supérette au bord de la route, enfin, nous arrivons dans un autre endroit mythique de l'Ouest:Monument Valley
Il est 15h mais à cause du jeu subtil des différences d'heures entre l'Arizona et la réserve Navajo, nous devons avancer nos montres d'une heure lorsque nous arrivons au coeur du parc.Nous allons prendre notre chambre au View, l'hôtel qui fait face au site et nous ne sommes vraiment pas déçus, nous avons rarement vu un hôtel implanté dans un lieu si exceptionnel tout en y étant parfaitement intégré.Nous reprenons alors la voiture pour emprunter la piste de 17 miles qui passe au pied des différentes Buttes, heureusement nous avons un SUV avec une garde au sol importante, car la piste est en mauvais état, les voitures type berline paraîssent avoir quelques difficultés à passer dans les trous et dans le sable mou, il y a même un camping-car et nous ne l'envions pas du tout!





Nous parcourons la piste à vitesse réduite, dépassés souvent dans un nuage de poussière par les 4X4 des Navajos auxquels on peut acheter un parcours.Monument Valley se dévoile à nous majestueusement à mesure que nous avançons, John Ford's Point, Artist's Point, les Buttes, nous touchons du doigt le symbole de l'Ouest américain, on a l'impression qu'on va croiser à tout moment une diligence poursuivie par des Indiens!
2H plus tard nous finissons la boucle, avec un goût de trop peu, notre SUV blanc est couvert de sable rouge, c'était un super moment!!
Nous dinons au restaurant du View, très bon, le service avec le sourire et pas cher contrairement à ce que l'on peut penser, la vue en plus et quelle vue!Nous profitons de la douceur du soir pour contempler une fois de plus les Buttes depuis la terrasse du visitor center, on ne s'en lasse pas, une musique planante s'élève dans la quiétude du crépuscule, on est loin de tout c'est le bonheur!


La nuit est maintenant tombée, pour bien finir la journée un vieux western en noir et blanc avec John Wayne (le titre?Ne sais plus, pas grave!!) est projeté sur le mur de l'hôtel avec en guest star bien sûr, le fabuleux paysage là, en bas, qui a servi de décor maintes et maintes fois dans des films.Encore un moment unique!
Lundi 28 juin : Lever à... 4h30, eh oui, pour les photos des Buttes à l'aurore!C'est vraiment pas compliqué au View, on sort du lit, on fait trois pas pour atteindre le balcon, le paysage s'offre à nous, moins impressionnant, c'est vrai, qu'au sunset mais quand même magique.Le temps de faire la photo, hop, trois pas dans l'autre sens, je retourne au lit pour un moment, pas fou quand même!!

Nous nous levons réellement à 7h pour retrouver ce paysage de carte postale alors que le soleil est déjà haut, nous allons avaler un copieux et délicieux petit-déjeuner, toujours servi avec le sourire.Pas à dire l'hospitalité Navajo n'est pas un vain mot quoiqu'on en dise.Un petit tour au visitor center pour en apprendre plus sur la nation Navajo, intéressant mais dirigé presqu'exclusivement vers le rôle qu'ont tenu les Navajos pendant la seconde guerre mondiale (voir le film Windtalkers) pour assurer les communications de l'US Army dans le Pacifique, donc un exposé pour le moins incomplet.La boutique de l'hôtel présente de beaux objets, mais hors de prix, nous ne nous y attardons pas.John Wayne y est omniprésent, il y a un portrait géant de lui sur le mur avec sa fameuse devise: »A man has got to do what a man has got to do », trop fort John, quel philosophe!
Nous quittons vraiment à regrets le parc, c'est l'un des endroits qui nous a marqués le plus dans notre voyage, mais nous avons encore plein de choses à découvrir.Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour prendre la célèbre photo, en pleine ligne droite, la route qui rejoint l'horizon près des silhouettes lointaines de Monument Valley, donnant au tableau une formidable impression de profondeur et d'espace.Mythique!

Un peu plus loin nous bifurquons pour aller jeter un coup d'oeil aux lacets de la San Juan River, c'est Gooseneck Overlook où nous restons peu de temps car une autre piste nous attend:Valley of the Gods.Semblable à la piste de Monument Valley, elle mesure aussi 17 miles, mais nous ne sommes vraiment pas nombreux à la parcourir à allure assez soutenue dans un nuage de poussière, cette fois notre valeureux Ford Escape est complètement rouge!


1h30 de virages, de creux et de bosses plus tard, le tout dans un environnement grandiose, nous sortons pour nous attaquer quasiment tout de suite, à une fameuse route en lacet, non goudronnée bien sûr:Moky Dugway.Cette étroite piste à flanc de montagne grimpe vertigineusement en lacets, la plaine que nous venons de quitter se fait toute petite au fur et à mesure, et...non, il vaut mieux ne pas trop regarder en bas!
Une petite frayeur, nous croisons un énorme camion benne en charge, il roule comme sur le périph' à Paris, seulement il descend, lui, il est donc du bon côté de la montagne, pas nous, petit instant de tension, on garde bien la ligne et ça passe plutôt bien alors que nous traversons tant bien que mal le nuage de poussière qu'il a soulevé.Nous atteignons le sommet sans encombre, sans croiser personne d'autre, regrettant presque d'y être déjà!
Petit arrêt à Monticello, nous galérons un peu pour trouver notre déjeuner, nous nous rabattons sur des sandwichs de station service vite avalés, car nous ne sommes pas en avance sur le timing, nous prenons la route de Canyonlands, The Needles, où nous avons prévu une petite randonnée.
La route est un peu monotone, nous traversons de grandes étendues « open range », mais sans apercevoir aucun animal.Nous arrivons au visitor center de The Needles à 16h45, nous y passons un peu de temps, nous reprenons la voiture pour atteindre le départ de notre rando, c'est tout au fond du parc:Slickrock Trail.Il fait encore très chaud (96°F/35,5°C) lorsque nous attaquons la marche sur le slickrock.Nous progressons rapidement, le chemin est très bien balisé par les nombreux cairns présents, nous nous permettons même d'indiquer le chemin de retour à un groupe d'Américains qui a trouvé le moyen de se perdre!


La rando est superbe, dans un environnement très minéral, la progression est très facile car ce n'est que du rocher sans dénivelé important.Nous apercevons au loin les aiguilles rocheuses qui donnent leur nom au parc, nous passons une succession de points de vue dégagés sans croiser personne.
Nous terminons la boucle à 18h10, ravis, mais nous regrettons de n'avoir pas eu plus de temps pour parcourir la rando reine de The Needles:Chesler Park.Il faudra revenir!
Retour en voiture, nous avons encore quelques miles à avaler jusqu'à notre hôtel à Moab.Nous mettons plus d'une heure et demie à rallier la mecque du VTT, et nous ne sommes pas fâchés lorsque nous arrivons devant la réception de l'Inca inn, bien fatigués de la journée et des kilométres parcourus.L'accueil du réceptionniste nous remet d'aplomb, il est très jovial et sympathique, nous explique plein de choses sur Moab et nous indique last but not least, le restaurant d'à côté, où, paraît-il, on sert d'énormes assiettes de spécialités américaines et mexicaines, c'est le restaurant où aiment se retrouver les locaux.Ni une ni deux, nous avons faim et décidons de le tester, nous ne sommes pas déçus, c'est excellent et vraiment pas cher.Enfin nous allons nous coucher, nous sommes vannés et nous devons être en forme pour le lendemain, car il y a de la rando au menu!
Mardi 29 juin 2010 : Lever à 6h30.Petit-déjeuner vite pris à la réception de l'hôtel, nous nous mettons en route pour le parc d'Arches, tout à côté de Moab.Comme d'habitude, nous nous arrêtons au visitor center pour en apprendre le plus possible sur l'endroit où nous nous trouvons, même si nous savons déjà quelle rando nous allons faire.Celui d'Arches ne nous déçoit pas, tout est bien expliqué, voire bien approfondi, notamment sur la géologie, les rangers sont disponibles et très accueillants.Nous parcourons ensuite les 18 miles qui nous séparent du fond du parc car nous avons choisi d'explorer Devil's Garden avant que la chaleur ne nous écrase.
Nous sommes au départ du trail à 9h25, ce n'est pas tôt, mais tant pis, il y a déjà beaucoup de voitures sur le parking.Sacs au dos, crème solaire, vérification de l'eau (très important) et nous voilà partis.
A l'entrée de Devil's Garden, le matinLes premiers yards, jusqu'à Pine tree Arch, nous sommes relativement nombreux, puis à mesure que nous avançons, nous nous retrouvons presque seuls, alors que le soleil monte dans le bleu azur du ciel de l'Utah et que la chaleur se fait déjà bien sentir.

Le trail est magnifique, mais pas des plus faciles, c'est une alternance de montée sur le slickrock, de passages dans le sable très fin, puis sur un sentier caillouteux.Nous marchons parfois sur une crête arrondie avec du vide de chaque côté, j'adore!!

Les arches naturelles se succèdent, plus élégantes les unes que les autres:Landscape Arch, Partition Arch, Navajo Arch, encore une fois, la nature a fait un sans-faute.

Au bout d'1h30 de marche nous arrivons au bout du trail, c'est Double O Arch, qui nous attend pour nous offrir son ombre protectrice et bienvenue.Cette arche est en fait une superposition de deux petites arches, d'où son nom.Le propre de l'humain étant la curiosité, nous ne résistons pas à l'envie de passer à travers l'arche inférieure pour aller voir derrière:outre la fraîcheur, nous rencontrons deux autres randonneurs qui ont eu la même idée que nous, et nous sommes rejoints par d'autres personnes encore.Nous prenons quelques minutes pour manger quelques biscuits, nous réhydrater et surtout, profiter de l'endroit superbe, entourés de roche ocre parsemée d'une pauvre végétation.



Nous repartons non sans avoir jeté un coup d'oeil à travers Double O à un monolithe à l'allure un peu inquiétante (et qui porte bien son nom!):Dark Angel, un rocher de couleur noire qui semble planté là depuis toujours.

Nous décidons de repartir par le même chemin et de ne pas faire la boucle par Primitive Trail car elle est réputée ardue.
Le retour nous semble rapide, le paysage en sens inverse est toujours grandiose et nous croisons beaucoup plus de monde, lorsque nous arrivons au parking celui-ci est bondé, il n'y a plus une place, et pas question de se garer sur le bas-côté, les rangers veillent!

Il est 12h30, il fait 87°(30,5°C) nous reprenons la voiture pour revenir vers l'entrée du parc et nous nous arrêtons au parking des Windows.Nous partons pour une courte marche vers ces deux arches juxtaposées que nous atteignons non sans mal, la fatigue de la précédente rando ainsi que la chaleur se font bien sentir.Nous restons sous les Windows un petit moment, il y a beaucoup de monde avec nous, mais nous nous avouons vaincus, incapables de continuer, nous décidons de redescendre à Moab.
Quelques courses au City Market, puis nous regagnons l'hôtel pour une petite sieste réparatrice pendant les heures les plus chaudes, il fait 98°F(36,5°C).
Nous nous réveillons au bout d'une heure, trop tard pour nous rafraîchir dans la piscine, bon, ce n'est pas grave, nous allons acheter des sandwichs pour le soir et nous flânons un peu dans les rues de la ville.A 17h45 nous remontons en voiture, direction le parc d'Arches pour la 2ème fois aujourd'hui, car nous avons rendez-vous avec le joyau d'Arches, le symbole de l'Utah:Delicate Arch, la bien-nommée.
Nous nous garons à 19h00 sur le (trop!) petit parking du départ de la randonnée.L'intérêt de la promenade est de contempler Delicate Arch au sunset, c'est pourquoi il faut partir assez tôt pour être sûr d'y être juste au couchant et aussi... pour trouver une place sur le parking (merci encore OuestUSA.fr)!Nous empruntons le sentier bien balisé, loin d'être seuls, cependant sans entendre une parole.En levant la tête on aperçoit plus loin les randonneurs qui nous précèdent gravir lentement le slickrock comme en procession.

Le chemin est facile, nous avançons d'un bon pas jusqu'au slickrock, et là, ça se corse, il faut grimper une pente assez raide sur une distance importante.

Nous soufflons arrivés au sommet, mais il faut continuer, nous retrouvons le sentier qui serpente entre les rochers, tantôt dans du sable mou, tantôt sur le rocher.

Nous approchons maintenant une corniche, extraordinaire chemin à flanc de montagne, le soleil est bien bas maintenant, il illumine la roche rouge qui irradie, nous sentons que nous touchons au but.

Au bout de la corniche, nous sommes saisis par le panorama qui s'offre à nous:Delicate Arch est là, devant nous, élégamment posée au bord de l'abîme, un sentiment d'accomplissement s'empare de nous, nous l'avions rêvé et maintenant réalisé, moment magique de notre voyage.


La nature prévoyante a poussé le raffinement jusqu'à laisser un amphithéâtre naturel creusé dans la roche pour nous permettre de jouir de ce spectacle à couper le souffle.

Il faut dire que nous ne sommes pas seuls, il y a bien autour de nous une centaine de personnes appareil photo en main, trépied installé pour prendre le cliché ultime, lorsque les derniers rayons de l'astre du jour éclaireront la perle de l'Utah.

Nous profitons au maximum nous aussi, au milieu de ces gens de toutes nationalités venus admirer Delicate Arch.Certains se font photographier sous l'arche, déclenchant assez vite une vive protestation de la part des amateurs de la photo parfaite.Nous y restons un bon moment, personne n'a envie de redescendre, il faut quand même s'y résoudre lorsque le soleil s'est couché.

Nous reprenons alors le chemin du retour et nous croisons des randonneurs qui montent alors que la nuit est toute proche, et qu'il n'est pas possible de retrouver son chemin dans l'obscurité.Bon, normalement ils savent ce qu'ils font, alors...
La descente s'avère beaucoup plus facile, en 45 minutes nous sommes de retour au parking alors qu'il fait quasiment nuit.Nous jetons un dernier regard derrière nous, puis nous quittons le parc à la lumière des phares, l'obscurité est maintenant totale alors que nous retournons à Moab.
Mercredi 30 juin : Lever à 6h!!Petit déjeuner rapide à l'Inca inn, de toutes façons la salle est petite, il faut y arriver tôt, car bien sûr, tout le monde arrive à la même heure pour partir en randonnée.Nous nous promettons de mieux nous organiser le matin car il est déjà 8h lorsque nous quittons l'hôtel, nous ne sommes pas tôt!
Nous prenons la 191 vers le nord puis nous bifurquons à gauche direction le parc de Canyonlands, Island in the Sky(j'adore ce nom!).Encore une fois le temps est superbe, il fait 76°(24,5°C) lorsque nous arrivons à 8h45 sur le parking de départ de la toute petite randonnée de Mesa Arch.Nous empruntons le petit sentier qui monte légèrement puis contourne une petite butte et enfin nous amène à Mesa Arch, une jolie arche posée au bord de l'abîme qui a la particularité d'accrocher la lumière du soleil levant, et...oui! il est encore temps, nous courons jusqu'à elle, juste à temps pour admirer le dessous de l'arche éclairé.


Bon, c'est sûr, une heure plus tôt aurait été certainement mieux, mais le spectacle est encore au rendez-vous, c'est magnifique et en plus nous sommes seuls!L'arche est un vrai entonnoir pour le vent qui remonte la pente et se renforce en passant à travers à tel point qu'il est difficile de tenir à côté.Une famille américaine arrive, et comme souvent, le père nous propose spontanément de nous prendre en photo devant Mesa Arch, ce que nous acceptons avec plaisir!Nous discutons quelques minutes avec eux, puis nous les laissons à leur contemplation, car pour nous, la journée ne fait que commencer.
Retour au parking, un petit parcours en voiture nous amène au parking de White Rim, c'est une randonnée qui longe sur sa plus grande partie une falaise abrupte laissant le regard accrocher plus bas le fameux « white rim », la rive blanche, qui suit le fleuve Colorado creusant un chemin tortueux dans le plateau rocheux.Le chemin débouche au bout d'une demi heure sur un cul-de-sac au bord de la falaise, où nous apercevons au loin le fleuve apportant une note de fraîcheur dans le désert environnant.

Nous faisons demi-tour alors que la chaleur commence à se faire sentir et nous apprécions les endroits où le vent arrive jusqu'à nous.Sur le parking, un ranger a disposé un panneau indiquant l'heure de sa prochaine « conférence en plein air », dommage c'est un peu tard pour nous, mais ça aurait pu être très intéressant.Nous décidons alors d'aller au point de départ de notre prochaine rando:Grand View Trail.Petit pique nique sur les tables mises à disposition, et bonne surprise, les yaourts que nous avons apportés dans notre sac à dos isotherme sont restés très frais malgré la chaleur.Quel luxe de pouvoir les déguster ainsi dans un tel endroit!Nous ne traînons pas au pique nique car nous sommes attaqués par des insectes volants, genre moustiques, qui ne veulent pas nous lâcher!
Alors nous partons pour Grandview Point sur un chemin caillouteux un peu accidenté.Partout dans l'Ouest, mais en particulier ici car le terrain nous paraît favorable, nous faisons attention où nous mettons les pieds, car il peut y avoir des rattlesnakes, et nous n'avons pas envie de marcher sur la queue d'un specimen, même si c'est assez rare et que ce sont des animaux timides avant tout!Nous arrivons à Grandview Point un peu fatigués, le soleil est maintenant au plus haut, la chaleur est écrasante.Le site est grandiose, c'est un promontoire avec une vue exceptionnelle sur le plateau en dessous et nous allons au point le plus loin en sautant de rocher en rocher.

Nous nous mettons ensuite à l'ombre pour une petite pause bien méritée, encore une fois nous sommes seuls, c'est ce que nous apprécions dans Canyonlands, ce n'est jamais la foule!

Le retour se fait agréablement au milieu d'une végétation très clairsemée de type méditerranéenne, sans croiser beaucoup de monde.Nous quittons le parking pour nous rendre un peu plus loin, nous avons choisi de faire une petite balade sur le dos de la baleine:Whale Rock.
C'est en fait un énorme rocher de couleur ocre, d'une quinzaine de mètres de hauteur aux formes arrondies sur lequel nous allons grimper.La première partie se fait sans problème sur du slickrock et un sentier classique, jusqu'à une pente rocheuse très abrupte devant laquelle nous hésitons.Bon, pas le choix, il faut l'escalader...à quatre pattes, impossible de faire autrement!
Arrivés au sommet, nous retrouvons un vent à décorner les bisons(!) qui nous fait progresser prudemment, car ce n'est pas facile de garder son équilibre, et le bord n'est jamais loin!Le point de vue est très beau, nous embrassons d'un regard une grande partie d'Island in the Sky, une famille pique-nique au sommet tout en profitant du paysage, alors que nous marchons sur tout le pourtour du « dos de la baleine ».

A présent il faut redescendre, oui mais par où?!La seule voie possible semble être celle que nous avons emprunté pour l'aller, mais la pente est trop raide?!C'est alors qu'un groupe de rangers arrive au sommet, nous les avions vus, car au parking ils avaient garé leur énorme Chevrolet Suburban à côté de notre petit Ford Escape.Je décide d'aller leur demander quel est le chemin le moins risqué, et ils nous indiquent, le geste accompagnant la parole, un endroit de la pente un tout petit peu moins abrupt que nous pouvons descendre en faisant de petits lacets.Merci encore les rangers!

Nous rions encore de cette petite balade un peu insolite en arrivant à la voiture vingt minutes plus tard!
L'après midi est bien entamée lorsque nous quittons le parc, non sans s'être arrêté au visitor center, toujours très intéressant.Au lieu de retourner de suite à Moab, nous tournons vers le petit parc de Dead Horse Point.Comme d'habitude, un petit arrêt au visitor center, qui nous apprend que, durant la conquête de l'Ouest, les cowboys utilisaient les anfractuosités au bas des falaises pour créer des enclos naturels pour capturer et parquer des chevaux sauvages.C'est ainsi que fit un jour un cowboy, puis, il oublia le troupeau dans son enclos, les animaux abandonnés sans ressources moururent les uns après les autres.Véridique ou pas?Toujours est-il que cette légende a créé le nom de ce state park:Dead Horse Point.
Nous nous garons plus loin, puis nous cheminons tranquillement le long de la rim, c'est très facile, le large chemin est goudronné pour permettre le passage des fauteuils roulants.Encore une fois c'est un endroit d'une grande beauté, le Colorado passe presque au pied de la falaise, la roche rouge est éclatante et contraste fortement avec le bleu azur des bassins de potasse sur la gauche.nous regrettons de n'avoir pas réservé plus de temps pour ce parc car il est plus grand qu'il n'y paraît.Tant pis!Il est temps de prendre le chemin du retour car nous avons encore une heure de route jusqu'à Moab.Pour la petite histoire, c'est ici qu'a été tournée la scène d'ouverture du film Mission impossible 2, lorsque Ethan Hunt alias Tom Cruise, reçoit son ordre de mission alors qu'il escalade la spectaculaire falaise.


Une fois rentrés, bien fatigués, il faut le dire, nous décidons d'aller dîner à La Hacienda, le restau mexicain juste à côté de l'Inca Inn là où nous avons mangé deux jours plus tôt.Le patron, un colosse très très sympathique nous reconnaît et se met à discuter avec nous.A côté de nous, quatre jeunes locaux commandent puis mettent moins de 10 minutes à manger, emportent ce qui reste dans le même « doggy bag » et s'en vont!Etonnant!
Nous nous régalons encore une fois des salades mexicaines servies dans des galettes de maïs légères et croustillantes, un délice!Nous sortons lorsque le patron nous demande si nous revenons le lendemain, hélas, nous partons alors non, mais peut-être l'année prochaine!!Nous l'assurons également de faire de la pub pour son restaurant, excellent et pas cher, (voilà c'est fait!) il est ravi et nous souhaite une bonne fin de séjour aux US!

Jeudi 1er juillet 2010 :Lever à 6h30, puis départ de Moab à 8h par la belle route 128 qui longe le Colorado dévoilant au passage quelques plages de sable fin sur le bord et toujours entourée de roche rouge.Le changement de décor est radical lorsque nous tournons sur l'I70, l'Interstate qui vient de Denver est très monotone, son seul intérêt est de nous faire filer vers l'Ouest à la vitesse très honorable de 75mph(120km/h)!
Enfin nous laissons cette Interstate pour nous engager sur la petite UT 24 qui nous conduit doucement à notre destination juste à côté de Goblin Valley, c'est Little Wild Horse Canyon où nous arrivons en fin de matinée.Ce canyon est un « slot » comme nous les aimons, c'est même une référence en la matière, par contre, j'aurais souhaité connaître l'origine de ce nom, mais je n'ai trouvé personne pour me la communiquer, on va alors s'arrêter au fait qu'il porte un joli nom!
Après avoir signé le classique registre, nous voilà partis pour un aller retour de 3h normalement dans le canyon.La première partie nous fait emprunter un wash, très facile jusqu'à l'entrée proprement dite du canyon que nous atteignons en 10 minutes, et là, premier problème:nous sommes face à une roche de plus de 2m de hauteur, lisse comme les parois autour, pas question d'escalader.Nous doutons, l'entrée est-elle par ici?Il n'y a pas d'indication ni de cairn pour nous aider.Nous décidons de revenir sur nos pas, c'est alors que nous trouvons la solution (bon sang mais c'est bien sûr!!), il suffit de monter sur la pente rocheuse à la sortie du wash, puis de redescendre dans le canyon en contournant la roche abrupte et le tour est joué!C'est ce que nous faisons et 3 minutes plus tard nous retrouvons le fond sablonneux canalisé par les parois.
C'est par là l'entrée de Little Wild Horse CanyonLa suite de la progression se fait sans aucun problème, nous marchons même plutôt vite, nous rencontrons des passages très larges suivis de long passages très étroits, où parfois, nous devons nous mettre de côté ou bien marcher avec le corps incliné à gauche ou à droite, grimper sur des rochers en s'aidant des parois, c'est très fun et nous sommes vraiment ravis de la balade!


Nous rejoignons trois américains dont l'un observe les oiseaux qui nichent sur les hautes parois à l'aide d'une lunette sur trépied, puis nous dépassons une famille suisse-allemande avec laquelle nous discutons quelques instants, c'est ça aussi (et surtout!) les voyages.
Plus loin, alors que le canyon s'est élargi, nous marchons depuis environ 1h30 lorsque nous faisons notre pause pique-nique assis sur des rochers.Nous remarquons alors que le ciel s'est assombri, ce qui nous inquiète un peu, car nous craignons l'orage.C'est alors que nos trois américains amateurs d'oiseaux arrivent, nous leur demandons s'ils sont de l'Utah et s'ils savent s'il y a une menace d'orage ou pas:oui, il habitent l'Utah, mais non ils ne savent pas plus que nous s'il va pleuvoir ou pas!Bon, nous voilà plus avancés!Le plus jeune d'entre eux ajoute quand même qu'il n'est pas tranquille et qu'ils vont rebrousser chemin, ce qu'ils font tout de suite après nous avoir salués chaleureusement.Le problème c'est que nous n'avons pas envie de faire demi-tour maintenant, nous voulons toujours voir ce qu'il y a derrière le prochain virage, la roche suivante à grimper, ...alors... nous continuons un bon quart d'heure!Nous ne savons pas si nous sommes au bout du canyon, il est très large maintenant, il n'y a aucune indication, mais le ciel est très sombre et le vent se lève.Le fait d'être complètement seuls dans cet endroit si isolé à presque deux heures de marche de notre voiture avec un temps qui se dégrade, nous fait retourner sur nos pas, à regrets, nous aurions souhaité continuer, mais bon, il faut être raisonnable.Le retour est tout aussi intéressant, nous découvrons Little Wild Horse dans l'autre sens, c'est comme si c'était un nouveau canyon.Nous prenons plus le temps d'observer le travail de l'eau sur la roche et de faire des photos.

Nous ne croisons personne, excepté une famille américaine dont nous aidons les ados à passer un enchevêtrement de rochers, nous restons alors échanger un moment avec eux, les parents s'expriment en Français sans aucun accent, à tel point que nous leur demandons s'ils sont Américains:oui nous répondent-ils, ils habitent Provo près de Salt Lake City, mais ils ont vécu plusieurs années à Paris et Bordeaux, ceci explique celà!Nous repartons d'un bon pas après ce moment très sympa, mais nous sommes moins inquiets par rapport au temps car le soleil est revenu, nous le voyons lorsque le canyon s'élargit, mais la chaleur est lourde et suffocante.Nous arrivons à la voiture à 16h30, enchantés de cette superbe rando, car oui, on adore les « slots », définitivement!
Nous prenons la voiture, il fait 96°(35,5°C) et nous quittons la piste pour reprendre l'US 24 vers le sud, sans visiter Goblin Valley qui est juste à côté, mais bon, il faut faire des choix!La route est assez monotone jusqu'à l'approche de notre prochaine étape, c'est Fruita une petite oasis de verdure nichée au coeur d'un massif de roche rouge et ocre, traversée par une petite rivière dans le parc de Capitol Reef.Un petit arrêt d'abord pour observer les pétroglyphes inscrits dans la roche par d'anciens habitants du lieu, puis nous arrivons à la charmante et toute petite école bâtie par les Mormons pour les enfants de Fruita.Un enregistrement sonore nous permet d'écouter la dernière institutrice raconter sa vie de tous les jours, car l'école est fermée, nous ne pourrons pas la visiter, seulement regarder par les vitres l'intérieur sobre avec les pupitres en bois, le bureau surélevé, le tableau noir et le poêle au milieu de la pièce, qui est là pour nous rappeler que l'hiver est très froid ici, bien qu'aujourd'hui il fasse très chaud.

En repartant, nous laissons passer un petit bambi qui semble perdu.Ici, les animaux sont en liberté complète, il y a des elks, des chiens de prairie, des marmottes et nous sommes sur leur territoire!Nous le prenons en photo mais nous ne pouvons rien pour lui, mais sa mère va sans doute le retrouver très vite.Nous allons voir le camping abrité par des grands arbres et nous retrouvons là les elks tranquilles au milieu des tentes et des camping-cars, nous pouvons les approcher, ils sont habitués à la présence humaine...


19h arrive, nous sommes un peu loin de tout dans cette oasis paisible, mais il nous faut rejoindre notre hôtel à quelques miles de là.Peu de temps après nous nous garons sur le parking de notre hôtel, le Rim Rock Inn, et là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu.Le Rim Rock est un petit hôtel en longueur, construit en bois au beau milieu de nulle part:il faut voir les reliefs rocheux derrière, majestueux, les badlands autour balayés par le vent qui fait se lever la poussière, c'est un vrai décor de western comme on les imagine, et on y est!Nous nous enregistrons et la réceptionniste nous indique le restaurant de l'hôtel pour dîner.Nous nous y rendons à 19h30 (les Américains mangent tôt!), il n'y a pas beaucoup de monde, la salle à manger est complètement vitrée et donne à contempler ce paysage fabuleux.Comme partout aux US, la jeune serveuse est très souriante et très attentionnée, nous commandons la spécialité maison, le Rim Rock chicken, un poulet rôti avec du miel, délicieux, nous nous régalons autant du repas que de la vue.Nous passons un très bon moment, puis nous sortons alors que la nuit tombe, il fait encore chaud, c'est le silence, on a l'impression d'être un peu seuls au monde, il n'y a que l'impersonnel Best Western de l'autre côté de la route qui joue l'intrus, dommage!!

Le restaurant du Rim Rock InnVendredi 2 juillet 2010 :Lever à 6h30, nous mangeons le petit-déjeuner continental de l'hôtel pour ne pas perdre du temps en allant à Torrey, puis nous repartons vers Fruita pour une randonnée.Nous quittons à regret le Rim Rock qui restera le gros coup de coeur de toutes les nuitées de notre séjour, de par son charme qui sentait si bon le wild wild West.De retour à Fruita sous un soleil radieux, nous attaquons la rando de Cohab Canyon à 8h45 dans une fraîcheur toute relative, il fait 74°F(23°C).La première partie grimpe dur, en lacet à flanc de colline pour rejoindre ce fameux Cohab Canyon.En se retournant, on a une vue globale de l'oasis, avec la ferme, l'école, la maison d'habitation et le camping.

Le contraste entre la verdure des pâturages et des vergers touffus et l'aridité de la roche alentour est saisissant, les Mormons ont bien choisi et bien valorisé cet endroit...Arrivés sur le plateau, nous nous enfonçons dans le canyon, qui est très large.La progression est facile, le sentier est plat et le sol est sablonneux.


Il est joli ce canyon, mais à côté de ce que nous avons vu les derniers jours, il fait figure de « petit ».Nous arrivons à l'embranchement de Frying Pan, une fois de plus la légende raconte que c'est par ce chemin que Butch Cassidy le célèbre hors-la-loi, a fui jusqu'à une arche naturelle qui lui servait d'abri:personne ne l'a jamais retrouvé.Nous n'avons pas le temps d'y aller, alors nous continuons vers la sortie de Cohab Canyon.Nous en atteignons l'extrémité après un peu plus d'une heure de marche, c'est la route UT 24 par laquelle nous sommes arrivés hier.Le point de vue est quelconque, alors nous ne mettons pas longtemps à repartir.Le chemin inverse est, bien sûr, tout aussi facile et nous sommes à la voiture à 10h30.De là nous prend l'envie de visiter la maison-musée d'une famille de Mormons dans les années 1920 (je crois!), juste à côté.Nous la visitons pièce par pièce, c'est assez intéressant à voir, car tout le mobilier occupe encore la maison avec les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de tous les jours...Dans la cuisine se tient une dame, et surprise, dans tous les meubles autour d'elle sont posés des gâteaux et autres confiseries, des pots de confiture, de miel...c'est en fait la boutique du musée!!Nous ne résistons pas à l'envie et nous lui achetons des scones à la myrtille qui ont l'air délicieux, ce sera pour plus tard dans la journée.En sortant de la maison nous décidons d'aller jeter un oeil aux vergers pas loin.Il suffit de pousser le portail, de prendre une échelle, de se servir en fruits dans les arbres puis de les peser et enfin de verser dans une boîte l'argent correspondant à la quantité de fruits, le tout sans que personne ne soit là, nous savons juste le nom du propriétaire grâce au panneau à l'entrée.La confiance n'est pas un vain mot aux USA!!

Un petit aller-retour sur la scenic road (qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable) et nous reprenons l'UT 24 vers le sud, cette fois nous quittons Capitol Reef.

De l'environnement désertique nous passons rapidement à un paysage de montagne au fur et à mesure que la route s'élève.Les sapins et autres arbres d'altitude deviennent alors nos compagnons, nous traversons de grandes étendues boisées et très faiblement habitées.Nous nous arrêtons pour pique- niquer alors que nous avons bien entamé l'interminable descente sur Boulder.Arrivés là nous tournons à gauche pour nous engager dans l'une des plus belles pistes de l'Ouest:la Burr Trail.Bitumée au départ, elle serpente doucement dans un paysage à nouveau aride, à la végétation éparse.Nous arrivons assez vite à Long Canyon, la piste se retrouve alors canalisée entre deux hautes parois de roche ocre pour déboucher plus loin sur des badlands colorés qui portent vraiment bien leur nom!A présent, le bitume a disparu, nous roulons dans la poussière mais le paysage qui s'offre à nous est toujours fabuleux.

Nous avons prévu de réaliser la rando de Strike Valley Overlook, mais nous passons devant l'accès sans nous en rendre compte.Nous voilà à un col avec devant nous les fameux switchbacks (lacets) qui vont nous faire descendre au fond de la vallée, non sans stress!De là, nous décidons de prendre la Nottom Road vers le nord, puis après quelques minutes, il faut se rendre à l'évidence, on s'est planté!Allez, demi-tour sur la Nottom, puis ascension des switchbacks, une voiture descend à tombeau ouvert, nous nous rangeons prêts à protester lorsque nous lisons « Sherif » sur sa portière, il nous recouvre de poussière en passant, bon, on ne va rien dire mais on en pense pas moins!!
Peu de temps après, nous trouvons enfin la route du parking, c'est indiqué Upper Muley Twist Canyon, c'est ce qui nous a induit en erreur.Ce n'est pas grave, nous commençons quand même la rando après avoir émargé sur le cahier au parking.Nous tenons à la faire car la vue sur le Waterpocket Fold est simplement magnifique et à ne pas rater, nous sommes prévenus(n'est-ce pas Alain-Pierre?!).Nous pressons le pas, la marche est très facile car c'est une piste empruntable par des 4*4.


En chemin nous nous souvenons des scones de Fruita et nous nous offrons un petit goûter bien sympa sur les rochers.Nous continuons et malheureusement le temps se gâte très vite, des nuages d'orage approchent et le vent se lève.Lorsque les premières gouttes arrivent nous décidons à contrecoeur de rebrousser chemin, sans être allé jusqu'au bout ce ne serait pas prudent, mais nous sommes quand même déçus, quel dommage!Bon, on ne va pas se plaindre, le paysage est toujours superbe, alors...
A cause de notre erreur nous ne sommes pas en avance lorsque nous quittons le parking d'Upper Muley Twist Canyon.Le chemin du retour sur la Burr Trail se passe très bien et les nuages ont disparu, c'est rageant!!Nous rejoignons la fameuse UT 12 qui doit nous mener à Cannonville, notre étape de ce soir.Cette route est grandiose, elle traverse d'immenses espaces en se jouant des reliefs, on dirait qu'elle surfe sur la roche:par moments nous roulons sur une crête à 2 mètres du précipice d'un côté et de l'autre, puis nous e ntamons une descente prononcée à flanc de massif avant de remonter tout aussi vite alors que le soleil couchant nous accompagne.La route se termine tranquillement en traversant quelques forêts paisibles en plaine.Nous arrivons à Cannonville, une toute petite bourgade, vers 19h nous y avons réservé une chambre au Grand Staircase Inn qui fait hôtel, restaurant, épicerie, station service!Fatigués de notre journée, nous décidons de laisser la voiture et de pique-niquer dans la chambre avec ce que nous trouverons à l'épicerie.Nous avons envie de déguster une bière bien fraîche mais nous avons beau chercher partout dans l'immense mur de vitrines remplies de boissons, il n'y a pas l'ombre d'une cannette.C'est alors que nous comprenons:nous sommes en Utah et la consommation d'alcool est très réglementée, les abus fortement punis, nous ne trouverons pas la Bud que nous cherchions.Bon, eh bien on va se contenter d'un Pepsi alors!!
Samedi 03 juillet 2010 :Lever à 6h30 pour notre dernier jour de visite...Nous attendons l'employée de l'hôtel qui est en retard pour ouvrir la petite salle attenante à l'épicerie où sont servis les petit-déjeuners...Nous en profitons pour discuter avec un couple de Français qui viennent de parcourir la Cottonwood Road la veille.Enfin elle arrive, pas de très bonne humeur, nous avalons vite nos quelques tartines, puis nous prenons la route direction Bryce Canyon à ½ heure de là, le soleil est avec nous mais il fait assez frais:58°F(14,5°C).
Nous avons déjà visité Bryce mais ce parc est si fabuleux que nous avons décidé d'y repasser cette année.Nous nous garons sur le parking de Sunset point, puis nous descendons dans l'amphithéâtre par le début du trail de Navajo Loop que nous allons prolonger par Queens Garden Trail, la partie Wall Street étant fermée.La magie du plus beau parc de l'Ouest (à notre avis!) opére tout de suite:le sentier louvoie entre les hoodoos, ces fameuses cheminées de fées, vient cotoyer des parois abruptes de roches d'une couleur orange pastel très douce, enfin, se déroule franchement arrivé au fond du canyon où il nous fait découvrir la maigre végétation établie là.

De petits écureuils très curieux nous accompagnent en bondissant d'arbuste en arbuste, assurant le spectacle en grignotant aidés de leurs deux pattes avant.

Nous levons la tête tout en cheminant, l'amphithéâtre de Bryce se découvre maintenant dans toute sa splendeur, ses formes délicatement dentelées se découpent sur le bleu azur profond du ciel de l'Utah.Fabuleux, je vous dis!!



Nous sommes en milieu de matinée, la température est parfaite pour randonner et, bien que nous soyons samedi nous rencontrons peu de gens.Deux heures après notre départ de Sunset Point, le sentier commence à remonter, signe que nous approchons de Sunrise Point et de la fin de la ballade.Au fur et à mesure de l'ascension, nous croisons de plus en plus de monde et de plus en plus bruyant.Nous sommes toujours sidérés de constater qu'énormément de gens s'aventurent dans le canyon chaussés de simples tongs qui font trébucher au moindre caillou, et surtout sans une bouteille d'eau.
Nous restons un moment au bord de la rim à contempler le paysage qui s'offre à nous.Plus bas, on aperçoit des touristes à dos de mule s'apprêtant à descendre accompagnés d'un guide.

Nous rejoignons alors Sunset Point où nous retrouvons la voiture.N'étant pas décidés à quitter Bryce maintenant, nous décidons de pousser jusqu'à Inspiration Point pour encore profiter du parc.Sur la rim un touriste asiatique déchire un emballage plastique, c'est alors qu'un écureuil vif comme l'éclair lui saute dessus, grimpe le long de son pantalon, pour s'apercevoir, déception totale, qu'il s'agissait d'un emballage de piles et non de nourriture!Décidément pas farouches ces petites bêtes!
Inspiration Point porte bien son nom, très fréquenté, il reste sans doute le plus beau point de vue de Bryce.Nous retournons à regrets à la voiture où un Américain nous demande si nous avons traversé tout le pays en voiture au vu de l'état de notre calandre pleine d'insectes écrasés!

En quittant Bryce nous nous arrêtons brièvement au visitor center, il y a beaucoup de monde maintenant car il est presque midi.C'est alors que nous découvrons toutes les affiches collées un peu partout jusque sur la porte des toilettes indiquant que des serpents à sonnettes ont été aperçus près des sentiers, appelant à la plus grande prudence et recommandant de ne pas s'éloigner du trail!Nous éprouvons un petit sentiment de crainte rétrospective, en même temps qu'une petite pensée pour tous les gens qui se promenaient en tongs!!
Cette fois il faut partir, nous reviendrons peut-être randonner sur Fairyland Loop Trail, mais ce sera une autre fois.
Sortant de Bryce, la roche ocre ne veut pas non plus nous quitter, la jolie route de Red Canyon se charge de nous dire au revoir, avant de laisser place brutalement à un paysage verdoyant de prairie à l'horizon lointain...
La route de Zion étant en travaux, pour ne risquer de perdre du temps nous bifurquons vers l'Ouest en direction de Cedar City par une petite route de montagne assez tortueuse.Ce doit être le pays du quad car nous en apercevons des dizaines sur des pistes qui leur semblent dédiées au beau milieu d'un très grand massif de conifères.
A Cedar City nous trouvons par hasard une station de lavage de voiture qui nous permet de laver notre Ford Escape car nous devons le rendre ce soir à Las Vegas.Nous empruntons maintenant le long et monotone ruban goudronné de l'I-15, l'interstate qui file droit vers le sud sur Sin City.A St George nous achetons un petit pique-nique au Walmart, pas de table en vue nous nous mettons alors à manger à l'ombre de notre voiture sur le parking car nous avons récupéré à nouveau la terrible chaleur du désert, il fait 100°F(38°C)!

A une heure de route de Las Vegas, nous tournons à gauche pour l'ultime visite de notre séjour:Valley of Fire.Ce parc porte très bien son nom car en effet, c'est une fournaise qui nous attend lorsque nous arrivons au visitor center, il fait 106°F(41°C).L'environnement est exclusivement minéral, presqu'aucune plante ne peut survivre ici, mais encore une fois les formations rocheuses y sont magnifiques, mêlant le rouge, l'ocre, le chocolat et même le crème en une superbe palette comme seule la nature sait le faire.



Nous avions prévu de parcourir la petite rando de White Domes mais au vu des conditions extrêmes rencontrées, nous pensons qu'il est plus prudent de visiter le parc en voiture!
Après une petite heure à rouler à vitesse réduite pour admirer le paysage, nous reprenons la route de Vegas, accompagnés par un vent puissant et brûlant.
Nous arrivons sans encombre à notre hôtel à côté de l'aéroport Mc Carran malgré la circulation, très dense car nous sommes samedi soir.Nous déposons notre voiture chez Alamo où, comme d'habitude c'est très rapide et on ne nous demande absolument rien.Un petit regard à notre vaillant Ford Escape qui nous a transporté durant les 2700 miles de notre parcours sur toutes sortes de routes, puis nous allons attendre la navette de courtoisie de l'hôtel.Un petit malentendu nous fait perdre quand même une heure nous n'avions pas bien compris l'endroit exact où elle nous attendait, quand nous la rejoignons, le chauffeur nous dit qu'il est venu 3 fois nous chercher!Oups!!
A cause de ce contretemps il fait nuit lorsque nous arrivons à l'hôtel La Quinta et nous n'avons pas mangé.Le Starbucks de l'autre côté de la route nous tend les bras, c'est là où nous irons dîner, assez rapidement car nous sommes très fatigués.Le reste de la soirée se passe à se battre avec les bagages pour essayer de tout caser, nous avons fait quelques achats quand même, et demain c'est le retour.
Dimanche 4 juillet 2010:Lever à 5h, la nuit a été très courte!Aujourd'hui c'est la fête nationale, mais pour nous c'est le départ.La navette nous amène à Mc Carran à 6h30 où nous embarquons pour notre vol sur Southwest à 8h30 pour San Francisco.Au revoir Las Vegas!Quelques mails expédiés vite fait depuis la salle d'embarquement, nous montons à bord très vite et l'avion décolle aussi sec, low cost oblige!Un dernier regard au Mandalay Bay, Sin City s'éloigne dans la belle lumière du matin, puis c'est le désert, la montagne, enneigée parfois et enfin l'atterrissage presque dans la mer à San Francisco.
Nous avons 5 h à passer dans le terminal, c'est long, nous en profitons pour manger une dernière fois chez Lorie's Dinner (dans le terminal international) un hamburger frites avec un grand coca glacé, of course!!

Enfin, nous montons dans le grand 747 qui nous ramène à Roissy après un vol sans histoire, encore 5 h d'attente dans l'indigent terminal 2G et c'est le retour à Brest où nous attend notre ami Bernard, toujours avec son grand sourire, pour nous ramener dans le Sud-Finistère où l'été commence...Au revoir les USA, à l'année prochaine peut-être!
Epilogue:A la suite de ce périple, nous avons resigné pour un troisième voyage dans l'Ouest américain en juin 2011 au départ et à l'arrivée de Denver, CO, en passant par le Yellowstone et, encore et toujours, la roche rouge de l'Arizona et de l'Utah.Pas eu le temps de réaliser un carnet que nous sommes déjà repartis aux US en juin 2012 pour une première visite à New York, puis le Southwest à nouveau, carnet à venir courant octobre ou novembre 2012...
j'envisage d'aller au mexique, plus précisement en basse californie en arrivant par san diego, pouvait -vous me renseigner au sujet des passeport et du passage de la frontière, merci d'avance pour vos réponses !
Bonjour
Je pense que l'on pourrait mettre en commun nos codes de réductions récents qui marchent (j'en ai noté plein mais j'ai bien l'impression qu'ils ne marchent plus)
Pour AVIS j'ai J046307 mais il ne marche pas.
Par contre bon plan -5% chez avis avec Igraal
Igraal marche aussi chez hertz et autoeurope
Je cherche activement un bon tarif pour cet été je suis passé à côté d'un bon tarif sur avis.es
Je suis super déçue alors je fouille
Je cherche activement un bon tarif pour cet été je suis passé à côté d'un bon tarif sur avis.es
Je suis super déçue alors je fouille
Bonjour,
Comme j'ai passé deux jours à lire tous les sujets du forum sur ce thème, avec toujours des infos mais jamais tout ce qu'il faut... voilà un nouveau sujet pour vous donner les infos recueillies et aider chacun dans sa recherche ... et pour que chacun complète si nécessaire...
Par qui passer ? passer en direct auprès des loueurs depuis les US passer en direct auprès des loueurs depuis internet pour un français (avis, hertz, budget, alamo, national, etc). passer par des intermédiaires internet pour un français.
Mon expérience est que la moins chère des options est la dernière. Les prix ne sont pas applicables pour un américain. On peut alors passer par les intermédiaires suivants (non exhaustif) : elocation ebookers autoescape voituredelocation
Pour moi les deux les plus intéressants étaient les deux derniers. Coordonnées ci-dessous :
http://www.autoescape.com/ 0820 150 300 (0.12€/min)
http://www.voituredelocation.fr/ 0800 73 33 33 (n° vert)
J'ai fait les deux services client, accueil très bien, informations claires. J'ai pas encore vérifié sur place mais les retours sont bons sur le forum et hormis quelques points un peu compliqués (plusieurs conducteurs, jeunes conducteurs) tout est très clair et leur réponse précise. Finalement j'ai retenu voituredelocation largement le moins cher de tout ce que j'ai regardé et un peu moins que autoescape.
Assurances : Chacun ses besoins/préférences en termes d'assurances, mais selon moi l'essentiel : Responsabilité civile en location de voiture : ne pas lésiner, c'est pas très cher mais une couverture à 5000$ est insuffisante, il faut taper dans le 1M$. En cas d'accident grave pour un tiers vous éviterez de payer toute votre vie et regretter les 2$ par jour que coute l'assurance en gros. Cette assurance n'est pas incluse avec les carte gold (mastercard) /premium (visa), il faut donc qu'elle soit proposée par le loueurou y souscrire de votre côté. Soit vous avez une gold/premium et vous vous fichez des tous risques / vols / pneus / bris de glace. Soit vous n'avez pas de gold et je conseille de taper dans "tous risques sans franchise", "vol sans franchise". l'intermédiaire "Voiture de location" le propose quasiment tout le temps (via les loueurs drivefti ou cardelmar notamment).
Autant il ne faut pas se faire avoir sur place avec des options d'assurance qui coutent cher et que le louer souhaitera caser, autant les assurances proposées par ces intermédiaires sont largement moins cher, mieux vaut donc se décider avant le départ via les infos recueillies sur le site de l'intermédiaire.
Les options Je n'ai croisé que des "kilomètres illimités" dans toutes les propositions, mais vérifier que c'est toujours bon si on change d'état. La clim est sur toutes les bagnoles Sur les caisses, au minimum lecteur CD, souvent prise ipod et/ou lecteur CD MP3 Souvent, pas de frais d'annulation avec ces intermédiaires. Conducteurs supplémentaires : ça peut vite chiffrer (10$ par jour par conducteur sup sans les taxes...). Autoescape propose des formules "gold" pour plusieurs conducteurs (4 apparemment) qui ne sont pas sur leur site donc il faut appeler. C'est pas trop cher. Voituredecalotion propose suivant le loueur des choses différentes. Moi avec Cardelmar, pour la californie, normalement pas de supplément pour un conducteur supplémentaire. A noter que tous les conducteurs doivent être présents avec leur permis au moment du retrait du véhicule. Conducteur moins de 25ans : rapidement ça peut chiffrer, ça ne me concerne pas mais beaucoup en parlent dans les vieux sujets du forum. La différence entre loueurs peut être sur ce sujet spécifique énorme apparemment. Frais d'abandon : pas mal d'intermédiaires que j'ai regardés ne rajoutent pas de frais, donc option intéressante à considérer lorsqu'on fait pas des boucles complètes. GPS : parfois inclus sans supplément.
Quelle voiture ? J'ai choisi une midsize 4x4 jeep parce qu'on est 4 et qu'on veut de l'espace et de la facilité. On aurait pu prendre une mid SUV intermédiaire sans souci, c'était pas moins cher et c'est amplement suffisant. D'autres préféreront de la toute petite voiture en espérant en plus se faire gratuitement réhausser d'un niveau (fréquent), question de budget et de temps sur la route.
Durée de location et prix associé On est facturé par périodes de 24h. Donc si vous prenez la bagnole à 13h et la rendez à 14h, c'est con vous paumez une journée de loc.
Conseil Respectez les limitations de vitesse, même quand il n'y a personne sur des routes droites de 100km... ils surveillent par hélico et ne sont pas forcément très arrangeants. En plus les routes sont belles, c'est les vacances, faut se détendre :o)
Prix et dispos des véhicules Ca peut varier d'un jour à l'autre, vu qu'il n'y a généralement pas de frais d'annulation, vous pouvez refaire quelques simulations de temps en temps et éventuellement économiser des sous.
A titre d'info parce que ça dépendra de vos besoins/options... et même si je pense qu'on peut faire mieux en s'y prenant plus tôt (nous on a fait ça une semaine avant :D) ... on paiera 394€ TTC pour 15 jours une jeep liberty 4x4 avec toutes les assurances à fond, km illimités, 2 conducteurs, prise et dépot à des endroits différents (SF aéroport et SF centre), pas de frais d'annulation. Chez voituredelocation.
Bon courage et n'hésitez pas à compléter/corriger pour ceux qui ont déjà eu une expérience précise sur place.
A+
Aurélien
Comme j'ai passé deux jours à lire tous les sujets du forum sur ce thème, avec toujours des infos mais jamais tout ce qu'il faut... voilà un nouveau sujet pour vous donner les infos recueillies et aider chacun dans sa recherche ... et pour que chacun complète si nécessaire...
Par qui passer ? passer en direct auprès des loueurs depuis les US passer en direct auprès des loueurs depuis internet pour un français (avis, hertz, budget, alamo, national, etc). passer par des intermédiaires internet pour un français.
Mon expérience est que la moins chère des options est la dernière. Les prix ne sont pas applicables pour un américain. On peut alors passer par les intermédiaires suivants (non exhaustif) : elocation ebookers autoescape voituredelocation
Pour moi les deux les plus intéressants étaient les deux derniers. Coordonnées ci-dessous :
http://www.autoescape.com/ 0820 150 300 (0.12€/min)
http://www.voituredelocation.fr/ 0800 73 33 33 (n° vert)
J'ai fait les deux services client, accueil très bien, informations claires. J'ai pas encore vérifié sur place mais les retours sont bons sur le forum et hormis quelques points un peu compliqués (plusieurs conducteurs, jeunes conducteurs) tout est très clair et leur réponse précise. Finalement j'ai retenu voituredelocation largement le moins cher de tout ce que j'ai regardé et un peu moins que autoescape.
Assurances : Chacun ses besoins/préférences en termes d'assurances, mais selon moi l'essentiel : Responsabilité civile en location de voiture : ne pas lésiner, c'est pas très cher mais une couverture à 5000$ est insuffisante, il faut taper dans le 1M$. En cas d'accident grave pour un tiers vous éviterez de payer toute votre vie et regretter les 2$ par jour que coute l'assurance en gros. Cette assurance n'est pas incluse avec les carte gold (mastercard) /premium (visa), il faut donc qu'elle soit proposée par le loueurou y souscrire de votre côté. Soit vous avez une gold/premium et vous vous fichez des tous risques / vols / pneus / bris de glace. Soit vous n'avez pas de gold et je conseille de taper dans "tous risques sans franchise", "vol sans franchise". l'intermédiaire "Voiture de location" le propose quasiment tout le temps (via les loueurs drivefti ou cardelmar notamment).
Autant il ne faut pas se faire avoir sur place avec des options d'assurance qui coutent cher et que le louer souhaitera caser, autant les assurances proposées par ces intermédiaires sont largement moins cher, mieux vaut donc se décider avant le départ via les infos recueillies sur le site de l'intermédiaire.
Les options Je n'ai croisé que des "kilomètres illimités" dans toutes les propositions, mais vérifier que c'est toujours bon si on change d'état. La clim est sur toutes les bagnoles Sur les caisses, au minimum lecteur CD, souvent prise ipod et/ou lecteur CD MP3 Souvent, pas de frais d'annulation avec ces intermédiaires. Conducteurs supplémentaires : ça peut vite chiffrer (10$ par jour par conducteur sup sans les taxes...). Autoescape propose des formules "gold" pour plusieurs conducteurs (4 apparemment) qui ne sont pas sur leur site donc il faut appeler. C'est pas trop cher. Voituredecalotion propose suivant le loueur des choses différentes. Moi avec Cardelmar, pour la californie, normalement pas de supplément pour un conducteur supplémentaire. A noter que tous les conducteurs doivent être présents avec leur permis au moment du retrait du véhicule. Conducteur moins de 25ans : rapidement ça peut chiffrer, ça ne me concerne pas mais beaucoup en parlent dans les vieux sujets du forum. La différence entre loueurs peut être sur ce sujet spécifique énorme apparemment. Frais d'abandon : pas mal d'intermédiaires que j'ai regardés ne rajoutent pas de frais, donc option intéressante à considérer lorsqu'on fait pas des boucles complètes. GPS : parfois inclus sans supplément.
Quelle voiture ? J'ai choisi une midsize 4x4 jeep parce qu'on est 4 et qu'on veut de l'espace et de la facilité. On aurait pu prendre une mid SUV intermédiaire sans souci, c'était pas moins cher et c'est amplement suffisant. D'autres préféreront de la toute petite voiture en espérant en plus se faire gratuitement réhausser d'un niveau (fréquent), question de budget et de temps sur la route.
Durée de location et prix associé On est facturé par périodes de 24h. Donc si vous prenez la bagnole à 13h et la rendez à 14h, c'est con vous paumez une journée de loc.
Conseil Respectez les limitations de vitesse, même quand il n'y a personne sur des routes droites de 100km... ils surveillent par hélico et ne sont pas forcément très arrangeants. En plus les routes sont belles, c'est les vacances, faut se détendre :o)
Prix et dispos des véhicules Ca peut varier d'un jour à l'autre, vu qu'il n'y a généralement pas de frais d'annulation, vous pouvez refaire quelques simulations de temps en temps et éventuellement économiser des sous.
A titre d'info parce que ça dépendra de vos besoins/options... et même si je pense qu'on peut faire mieux en s'y prenant plus tôt (nous on a fait ça une semaine avant :D) ... on paiera 394€ TTC pour 15 jours une jeep liberty 4x4 avec toutes les assurances à fond, km illimités, 2 conducteurs, prise et dépot à des endroits différents (SF aéroport et SF centre), pas de frais d'annulation. Chez voituredelocation.
Bon courage et n'hésitez pas à compléter/corriger pour ceux qui ont déjà eu une expérience précise sur place.
A+
Aurélien
Bonjour,
Nous devons arriver sur Boston et repartir de Montreal....Est-ce possible avec une voiture de location ?
D'avance merci
Bonjour,
Nous partons en Floride fin mars. Deux questions: 1. Nous avons loué une voiture. Pour ma fille de 2 ans, nous allons avoir besoin d'un siège auto. Connaissez vous le prix journalier de la location pour un siège auto? J'ai lu qu'il fallait compter autour de 12 dollars par jour. Je me demande s'il ne serait pas plus économique de prendre le nôtre même si c'est un peu pénible avec l'avion...
2. Avec ma fille de 2 ans, quel parc d'attraction à Orlando serait-il le plus adapté pour elle si on ne va pas à Magic Kingdom (nous venons de faire celui de Paris)? - sea world, epcot, typhoon lagoon (si on peut se baigner fin mars - début avril ?) ?
Merci de vos réponses.
Nous partons en Floride fin mars. Deux questions: 1. Nous avons loué une voiture. Pour ma fille de 2 ans, nous allons avoir besoin d'un siège auto. Connaissez vous le prix journalier de la location pour un siège auto? J'ai lu qu'il fallait compter autour de 12 dollars par jour. Je me demande s'il ne serait pas plus économique de prendre le nôtre même si c'est un peu pénible avec l'avion...
2. Avec ma fille de 2 ans, quel parc d'attraction à Orlando serait-il le plus adapté pour elle si on ne va pas à Magic Kingdom (nous venons de faire celui de Paris)? - sea world, epcot, typhoon lagoon (si on peut se baigner fin mars - début avril ?) ?
Merci de vos réponses.
je pars aux Etats-Unis au mois de mai 2006. J'ai un passeport optique obtenu avant octobre 2005 et n'ai donc pas besoin de visa. J'ai l'intention de passer au Canada (niagara falls) pendant 4 jours. Y a t il des formalités particulières à prévoir et est ce possible avec une voiture de location prise à NY.
Merci
Merci
Bonjour,
en août je vais chez une amie habitant au Texas et elle aimerait que nous nous rendions à Acuna au Mexique pour que je vois sa ville natale. Mais j'aimerai savoir quels sont les documents nécessaires car apparemment ce n'est pas la même chose de faire France-Mexique et France-USA-Mexique.
Merci pour votre aide 😉
Pour notre prochain voyage au Québec nous désirons faire une incursion de quelques jours en Nouvelle Angleterre, puis revenir à Montréal pour notre vol de retour et y déposer la voiture de location.
Comment se font les passages à la frontière Canada-USA? Le formulaire ESTA est-il indispensable comme pour une entrée directe depuis la France?
Merci à tous pour votre expérience.
Bonjour,
je m'appelle Nadia et en 2014 je vais enfin réaliser mon rêve: partir aux Etats Unis!
Je suis très très excitée, et à la fois angoissée car je pars en terre inconnues! Du coup je me pose pleins de questions, du style : Quelles sont les choses à ne pas rater! je pense faire 4 jours à NY et ensuite partir vers l'ouest pour faire LV, LA, SF ET LE GRAND CANYON bien sûre!
Je pense partir par une agence avec location de voitures! Quelles sont les choses à savoir, les formalités pour les vols intérieurs pour les pourboire et pleins d'autres choses!
Tous vos conseils seront les bienvenus!
Merci!











