Ce matin, comme presque tous les matins, je fais le tour de notre " chez nous " ...... rien que la vue sur les îles de Lérins et la baie de Cannes, délicatement écrasée par une brume annonçant quelque chaleur, est féérique et ne peut laisser que des soupirs de bonheur s'échapper de mon corps ......
Je regarde toutes ces fleurs qui poussent dans le jardin, cueille ici une rose pour le pdj de ma bien aimée, et au hasard d'un escalier je hume le délicat parfum de cette guirlande de fleurs ...... les volutes bleues de celles ci se mélangent dans les branches des mimosas et offrent de saisissants contrastes, les rosiers affichent encore une forme du tonerre et n'en finissent pas de monter et de nous offrir leurs plus belles couleurs .......
Charly, Bouly, Lola et Milou n'en finissent pas de cavaler sur les terrasses et arrivée en bas, à la vue de l'eau si bleu de la piscine face à ce bleu de la mer, mon corps est irrésisteblement attiré par un plongeon ....... les geais piquent des vols d'arbre en arbre en sifflotant aprés les pies, et les tarantes commencent à sortir de leur trou de la nuit pour réchauffer leur long corps au soleil, en surfant sur leurs pattes graciles ......
Ma mère me dit bonjour du haut de la terrasse de sa chambre et je lui lance ..... " c'est vraiment le paradis cet endroit " ........
Ma mère : " Tu dis ça, et quel besoin as tu de toujours partir voir ailleurs ... ? "
C'est vrai que dans un mois, nous repartons pour l'Indonésie ........
Comment lui expliquer ce que le voyage apporte de différent ..... comment lui communiquer cette irrésistible envie que l'on a d'être ne serait ce que sur la route ..... de pouvoir rencontrer d'autres personnes issues d'endroits si différents des nôtres et s'enrichir ainsi de nos discussions, comment lui expliquer le trouble que l'on a lorsque l'on est accueilli au fond de nulle part dans un petit village ou les gens vous sourient et vous offrent un thé, et cette impression de bonheur qui vous envahit alors ..... comment lui dire que les parfums issus de notre nourriture sont si différents de chez nous ..... comment lui expliquer simplement ce bonheur tout simple à échanger notre vie d'occidental pour ne serait ce que quelques jours, et avoir l'impression de découvrir d'autres mondes et d'être les premiers ......
Ma mère : " Oui je sais ce que c'est, ton père et moi partions souvent au Club méditerrannée, tu n'as rien inventé avec tes voyages sac au dos ..... "
J'ai finalement renoncé à lui expliquer ...... elle sait simplement au fond d'elle même que ces voyages m'apportent du bonheur, et l'envie de poursuivre mon chemin, et sans doute pour elle est ce le plus important ......
Les meres sont ainsi faites..........toujours elles sont heureuses de voir partir leurs enfants (ça leur prouve qu'elles ont bien fait leur "boulot"!!) mais toujours ça leur déchire le coeur............(Nathalie:maman de deux p'tits monstres que j'espere un jour "voyageurs!"mais qui me feront surement pleurer le coeur aussi..........)
Nos dirigeants n'ont que le pouvoir que nous leurs accordons. Ils ne peuvent exercer leurs tyrannie que dans la mesure ou nous l'acceptons.
Ma patrie, c'est le monde, ma famille c'est l'humanité!
Ce matin, comme tous les matins, mon fils Pierre, 2 ans, me réveille de ses cris de petit animal blessé. Le cadran fluorescent de ma montre transperce l'obscurité et m'indique qu'il est 6h30. Un coup de coude à ma femme pour lui signifier qu'il est bientôt l'heure lui arrache un soupir résigné.
Puis je me lève enfin, pas le temps de m'étirer, le petit monstre va réveiller ses soeurs.
Et si toute la marmaille se réveille en même temps la situation risque de se corser. Je me dirige donc rapidement vers la salle de bain, la lumière trop blanche me ferme les yeux. Dans le miroir les paupières gonflées sont les stigmates d'une nuit trop courte. J'enfile un peignoir et je me précipite dans la chambre du petit homme. Son air bougon s'éclaire un instant à ma vue. Puis il exige :"manman manman"Maman va arriver Pierre, maman se réveilleman veillé man veillé" approuve-t-il gravement.
Je l'amène dans la cuisine et l'installe sur sa chaise haute.
Par la fenêtre j'observe des carrés lumineux qui parsèment la façade de l'immeuble en face, "au moins je ne suis pas le seul à être debout", me dis-je, comme pour me rassurer.
Dans le même temps, j'entends un bruit qui précède quelques vibrations mais l'enfant m'a devancé :"RRain, rrain, hurle-t-il ravi en observant le monstre de fer qui
écrase les rails et traverse la nuit, repu des premiers travailleurs qui filent vers Paris.
Une douche et deux tranches de pain plus tard, me voici et à l'arret de bus. Je dois être le seul type qui habite sur des rails et qui, néanmoins, est contraint de prendre le bus. A l'arrêt je reconnais quelques têtes, le gars en costard qui porte une casquette, la "belle vieille", toujours en mini-jupe, quelquesoit la saison. Je l'aime bien celle-là, elle m'excite un peu avec ses longues jambes. Mais je ne le lui ai jamais dit. D'ailleurs, je ne lui ai jamais parlé. Personne ne s'adresse la parole parle sous l'abribus. C'est comme çà. Celà ne fait pas partie des usages et ce serait sans doute malvenu d'y déroger aux habitudes.
Quand le bus arrive, déjà presque rempli, un frémissement parcours ceux qui attendent sur le trottoir, sournoisement on bouscule un peu l'autre pour essayer de passer devant et quérir les dernières places assises.
Ce matin, je me suis mal débrouillé. C'est donc debout que je voyagerai, finissant le dernier "Amélie Nothomb". Très bien comme bouquin, je l'ai lu en deux jours de transport alors qu'il m'avait fallu 2 mois pour lire "Voyage au bout de la nuit".
Le bus nous lâche au bord des lèvres de la bouche du RER qui nous engloutit. J'attrape un journal gratuit, tendu par une main qui fait surement partie d'un corps dont je ne vois pas le visage.
Dans la rame, je choisis consciensement ma place. Le voyage dure 40 mn, il ne s'agit pas de se tromper. En général, je me mets à un endroit isolé, laissant au destin le choix de la personne qui viendra se mettre à côté de moi. Si le train est déjà bien rempli, je repère une femme au physique agréable et m'installe à proximité. Non pas par concupiscence, mais c'est que levant les yeux de mon livre, j'aime bien croiser un visage aux contours réguliers. J'évite aussi les personnes dont le parfum, trop fort, agresse les sens.
RER puis métro, me voici au travail. Je bosse dans une administration. Après avoir saluer mes collègues j'ouvre ma messagerie.
Ce matin un mail de ma mère, elle est en voyage en Corse et prévoit de partir en Indonésie. A 60 ans, elle n'avait jamais voyagé mais depuis qu'elle est à la retraite elle écume le monde.
Oh bien sur, elle est davantage "hotel" que "sac à dos", mais qu'importe...c'est sans importance...Certains lecteurs ici, dirait, avec une moue dédaigneuse que c'est une "touriste".....mais elle, elle s'en fou...je vous l'assure...Et quand elle évoque ces voyages, dans ces yeux, aux couleurs délavées par le temps, on aperçoit comme une étincelle...comme seuls en ont les enfants qui voient un train passer aux fenêtres...
Les voyages améliorent les sages et empirent les sots.
Super et merci ..... j'ai eu peur un moment que tu m'enmènes sur un autre terrain, mais non ....... voilà, c'est pour celà que j'aime écrire des posts, pour avoir de vrais témoignages comme celui là .....
J'en redemande ....... je ne te connais pas, mais touché en plein ........ 🙂
Moi ma mère... ou l'ancienne mère, car la nouvelle a bien changé, était:
Petitsoleil a commencé jeune, trop jeune selon sa chère maman, à s'intéresser aux voyages... Quand à 16 ans elle lui annonce qu'elle part sac à dos au Mexique, sa chère maman lui dit: "Tant que tu n'as pas 18 ans, c'est trop risqué"... 2 ans à attendre 🤪... Vu que c'est plus sécuritaire, et comme elle est impatiente, petitsoleil se résigne sur des tout-inclus où elle passera pratiquement tout son temps dans les ruelles des villages à parler aux habitants plutôt que de se faire dorer sur les plages... Elle adore!
Maman lui dit: "Tu verras, ca va te passer. C'était comment la plage? Est-ce que l'hôtel était propre? As-tu bien mangé?"
Décidément, elle n'a rien compris... 🙁
À 20 ans, alors qu'elle débute sa carrière dans une grosse boîte bien connue, petitsoleil se fait offrir un stage au Kosovo. "Es-tu folle", qu'elle lui répond sa maman. "Tu vas te faire tuer pour voir une ville détruite par les bombes et perdre ton job? Tu es bien mieux de garder ton emploi ici, monter dans la compagnie, faire un bon salaire et voyager agréablement ensuite"...
Décidément, elle n'a toujours rien compris... 🙁
Finalement, tannée d'attendre un signe du ciel, petitsoleil laisse tout tomber... L'emploi parfait, le salaire parfait et fait son sac à dos pour réaliser son rêve... pour le Pérou! 2 semaines plus tard, elle part seule. Sa pauvre maman n'en dors pas pendant des nuits avant le départ (et probablement très peu durant son voyage de 1 mois). Tous les jours, grâce à la technologie du net, maman demande: "Es-tu bien? Tu sais que si tu n'aimes pas ca, tu peux revenir! On va t'aider à payer ton billet si tu trouves que c'est trop dangereux"...
Décidément, elle ne comprend pas... 🙁
Suite à ce voyage, rien ne sera plus pareil pour petitsoleil qui a le voyage dans le sang. Comment lui faire comprendre? Sa pauvre mère n'a jamais été plus loin que la Floride... Quand elle parle de voyager, ce qu'elle voit, c'est un gros hôtel, des palmiers et du sable blanc.
"Tu sais maman, pour moi un voyage, c'est pas la mer... C'est de la musique, c'est des saveurs nouvelles, c'est une culture et des gens".
"Mais oui, mais oui... Tu vas attraper la tourista, tu vas danser et tu vas rencontrer des géos dans les formules tout-inclus et tu n'as pas besoin de t'inquiéter d'où tu dormiras"!!!
Alors là, j'abandonne... 🙁
Comme Alan, je me dis qu'elle ne peut comprendre, mais que c'est bien ainsi... Elle me laisse partir, elle accepte ma passion, pourquoi essayer de la lui transmettre?
Petitsoleil part vivre un autre rêve... 6 mois en Amérique latine, Equateur. Maman n'ose plus rien dire. Elle se contente de: "Si c'est ce que tu veux... mais si tu n'es pas heureuse, tu reviens!"
Et puis, coup de théâtre! Maman, récemment divorcée, décide contre toute attente d'affronter ses peurs, car elle s'ennuie de sa fille. Sur un coup de tête, elle se prend un billet d'avion destination Quito. 1er voyage, sans parler espagnol, comme une grande elle prend l'avion et atterri à Quito. Petitsoleil n'ose même pas imaginer le choc culturel de maman! Mais non!
Maman s'exclame "Que c'est beau!" à chaque coin de rue. Maman salue les habitants "Hola senor" au hasard dans la rue. Maman choisi l'itinéraire, négocie les autobus et les taxis mieux que les habitants du pays. Maman se met à danser la salsa, à parler l'espagnol et à manger du seco de pollo avec plaisir!
De retour d'Équateur, maman lui écrira un beau email qui se résume ainsi: "Maintenant je comprends. Vis ta vie, fonce. La chaleur humaine de ces gens vaut plus que beaucoup. Je comprends ton besoin de partir et je le partage".
Maman depuis ce jour regarde les nouvelles d'Amérique du Sud, danse la salsa, pratique son espagnol, refuse d'aller dans les tout-inclus et économiser pour son prochain voyage sac à dos.
🙂
Paradise is not a place you can look for, cause its not a place you go, it's how you feel for a moment in your life. (The Beach)
Je pense (et je le fais), que chaque année, le jour de notre anniversaire, nous devons téléphoner à notre mère pour lui souhaiter un merveilleux anniversaire, en lui rappelant que c'est elle qui nous a fait faire, ce jour là, notre premier et plus beau voyage. 🙂
🙂 ...... que j'ai bien fait d'ouvrir ce post et quelles belles tranches de vie on a là ..... Merci Petitsoleil de nous montrer que parfois aussi les mères savent se mettre au diapason de leurs enfants et revivre de par le départ de ce que nous voyageurs appelons l'ailleurs, et qu'ainsi mère et fille puissent enfin communier dans un même élan .....
CHRISTIAN06 ........ bien rattrapé ......et tellement vrai ...... 😉
Cela fait deux mois qu’Isabelle et Haitham se sont perdus dans l’Inde, et que l’Inde s’est perdue en eux, quand Danielle (la mère) et José leur annonce au téléphone qu’ils vont venir les rejoindre.
Isabelle : « Mes parents en Inde, c’est extraordinaire »
Danielle à déjà une idée de son itinéraire : voir le Taj mahal, monter en éléphant a Jaidpur, voir Jodpur la ville bleue, le fort d’Amber, Bikaner, Udaipur, faire du chameau à Jaisalmer, aller a Pushkar. En 14 jours a peine.
Aéroport de Delhi
José : « Je ne sais pas pourquoi en Inde on se sent tout de suite plus libre »
Isabelle : «Libre de roter, de péter, de se décrotter le nez… »
Danielle : « Je trouve tous cela surtout crado, j’ai bien fait d’emmener mes chaussures hautes de randonné c’est tellement dégelasse par terre »
Isabelle : « Merci maman pour les sandwich au roblechon j’en rêvais »
Delhi, ses forts, ses mosquées, ses palais moghols, ses merveilleux bazars, ses vaches, ses quartiers modernes, ses quartiers millenaires, ses rabatteurs, ses parcs, ses rickshaws, sa foule qui peut à tout moment vous écraser, ses nouveaux riches, ses éternelles pauvres, son romantique ciel couleur pollution, ses Champs Elysés, et ses boutiques.
Danielle : « je voudrais une nappe comme ci, des écharpes comme ça, des cartes de visites comme les votre, des tee-shirts, des sacs »
Haitham : « Do you have some... » “Yes, sir” coupe le vendeur.
José : « A force de ce perdre dans les magasins, on va louper l’essentiel »
Isabelle : « je suis bien d’accord avec toi »
Danielle : « mais, moi, je n’ai pas six mois de vacances ».
Ca y est le mot est laché.
Isabelle, essayant de se contenir : « je ne me sens pas en vacances, j’ai galérer pour réaliser un rêve, c’était pas évident »
Danielle n’en peu plus de Delhi : « vivement le Taj Mahal »
Le Taj Mahal
Mister Yato, le chauffeur nous conduit au Taj Mahal. Il a plus d'une heure de retard ce matin. Isabelle et Haitham crie sur Mr Yato. Danielle et José sont choqués des voir leurs enfants si pacifiques crié comme cela sur le pauvre Mister Yato.
Haitham oublie le temps et part à la recherche d’une photo qui ne soit pas un cliché. José et Danielle sont émouvants à se prendre en photo devant la merveille. Isabelle laisse ses pensées vagabonder. « De qui se mausolée éblouissant reflète-t-il l’amour ? L’amour de l’empereur pour son épouse morte en couche ou l’amour de l’architecte pour sa fiancée assassinée par l’empereur en vue de la réalisation de cette ode à l’amour ? »
Les photos prises, Danielle et José veulent partir. Isabelle et Haitham commençait seulement à prendre leur marque. «On n’a pas six mois de vacances, nous ».
Mister Yato : « vous pouvez mangé là ou là, mais moi je connais les restos ou l’huile n’est pas bonne, aussi je vous conseil de manger ici »
Mister Yato emmène la famille dans un resto plus dégueullase que ceux ou les indiens mangent pour 20 roupies. Il n’y a que des touristes, et des chauffeurs qui attendent à l’extérieur.
Isabelle : « Je suis sure qu’il a pris une commission, franchement c’était pas bon »
José : « Au contraire, il a du nous obtenir un tarif réduit, et s’il te dit qu’ailleurs l’huile n’est pas bonne nous on lui fait confiance, vous vous n’êtes jamais allé dans cette ville. »
José et Danielle ont peur de l’Inde et mister Yato le sait.
Fathepur Sikri
Danielle et José sont horrifiés par cette petite ville typiquement indienne et ses hôtels sans plus. « Vivement le Rajasthan, les 1000 et 1 nuits »
A la mosqué il y a des kawalistes.
Isabelle « Quelle chance qu’on a, vient maman, assis toi cinq minutes »
Danielle : « c’est un peu crade »
6h du matin, Nando, le patron de l’hôtel préparent de délicieux pancakes. Danielle n’oublie pas qu’il n’y avait pas d’eau ce matin sous la douche. Elle veut quitter au plus vite ce trou minable. Isabelle, Haitham et mister Yato l’ont convaincu de jeter un œil à la ville parfaite réalisée par Akbar, le sage empereur Moghol, lors d’un coup de folie.
Dans la cour de la belle mosqué rouge, la lumière et la fraîcheur matinale rendent l’instant parfait. Isabelle sympathise avec un gosse tout sourire qui lui propose de la guider. « Achetons son amitié maman, et savourons ce moment de paix » « non, partons au plus vite, si nous voulons arriver suffisamment tôt pour trouver un bel hôtel a Jaidpur qui ne soit pas complet, je ne pourrais pas repasser une nuit dans un hôtel pourri comme celui-là » « ah, oui, c’est vrai, j’allais oublié que tu n’as pas six mois de vacances »
Jaidpur. Une balade en éléphant.
Une fille de touristes attend pour monter au fort à dos d’éléphant.
Isabelle et Haitham : « on vous rejoins en haut, à pied ça le fait bien, et on pourra vous prendre en photo »
En attendant José et Danielle, Isabelle et Haitham, discutent avec des indiens, des touristes. L’Inde est tellement sociale. Une heure passe, l’éléphant n’est toujours pas là.
Isabelle : « dis moi, Krishna, maintenant que tu as compris que je n’achèterai pas tes éléphants en bois hors de prix, tu crois qu’ils sont heureux ces éléphants »
Krishna : « c’est horrible la vie de ces éléphants. Et tout ça c’est un peu de la faute aux touristes qui sont prêt à payer 400 roupies pour une balade »
Assud se joint a nous. Krishna continu : « les éléphants font leur première balade en 10 minutes, ensuite il leur faut ½ heure. Comme ils n’ont pas de griffe, ils n’arrivent pas à descendre la route du fort et se font très mal. Pour ne pas qu’ils se rebellent on leur fille des médicaments. Les éléphants n’appartiennent pas à ceux qui les conduisent, eux ne sont que des chauffeurs. Ils appartiennent à une compagnie…tu vois le gros male là-bas, il s’est révolté parcequ’il avait besoin de sexe. Le lac ou les éléphants se baignent n’est pas assez profond pour que la chose ai lieu. Du coup, le gros male, il a foncé sur les gens. On lui à mis des chaînes cloutés au pieds pour ne pas que cela se reproduise. Regarde comme il souffre… »
Un bébé éléphant s’écroule sur ses pattes avant, Isabelle pleure alors Krishna arrête de parler.
Isabelle : « non, Krishna, continue je t’en prie, je veux savoir ».
José et Danielle arrivent. Informés, ils regrettent d’être monté à éléphant. « Pourquoi ils l’ont pas dit ça dans le guide du routard ». Le fort d’Ambert est tout pourri, sans la balade, y aurait personne par ici.
Jaidpur, Jodpur, Jaisalmer…tout va de pire en pire. Une mère, sa fille et la confrontation de deux manières de vivre le monde, deux manières de voyager.
José et Danielle en partant : « allez, ne soyez pas triste, au moins grâce à nous vous aurez vu l’Inde des touristes »
Une Inde faites sur mesure pour le voyageur pressé, une Inde fausse, une blague, une arnaque, un monde étrange mis en scéne par des chauffeurs, des rabatteurs, des busnissmans, des mendiants...
6h du matin, aéroport de Delhi.
Danielle et José laisse des sous à leurs enfants, leur ramène les achats accumulés ces deux derniers mois. Isabelle est triste, elle trouve qu’elle a été dure avec sa maman. En plus elle est malade, à force de manger dans les restos de Mister Yato.
Isabelle et Haitham marchent dans Delhi une heure, peut être plus. Sans parler. L’instant est magique. Dans le silence, ils écoutent battrent le cœur de l’Inde.
Mais subitement c’est le Pakistan qui les appellent. José et Danielle ont, malgré eux, réveiller leur rêve d’extraordinaire, d’ailleurs, d’aventure, d’idéaux.
"La liberté de la graine réside dans l'accomplissement de sa nature qui est de devenir un arbre"
Rabindranath Tagora
Je n'attendais pas la suite des tribulations d'Iza et d'Haitham ici, mais le post d'Alan dédié aux mères était une inspiration pour ce Dehli de suite😉😉
Ce matin, ou plutôt cette nuit, le téléphone réveil toute la famille. Il est 2heure environ, peut-être plus, peut-être moins. Nous étions tous endormis, près les uns des autres, dans le sous-sol si chaleureux de ma grand-mère, tous encore un peu grisé des festivités de noel. Le téléphone sonne et c'est ma mère qui répond. À l'autre bout du fil, le seul membre de la famille qui ne soit pas avec nous : ma soeur qui est à l'autre bout du monde. C'est la deuxième fois qu'elle appel en 24heures, elle qui d'habitude, ne donne jamais de nouvelles. Le premier téléphone c'était durant le repas de Noel. Il y avait eu un un tremblement de terre, un vrai, un gros et elle était terrifiée. Et ma mère lui avait dit de ne pas s'en faire, que c'était fini et que tout allait allé mieux maintenant.
" Ne t'en fait pas ma belle, c'est passé maintenant. Fait comme tu fait tout les jours et va à la mer, oublie-tout ça et profite de la chance que tu as d'être dans un endroit si magnifique..."
Alors ma soeur a fait comme tout les matins et elle a fait une heure de bus pour aller jusqu'à la plage.
Et maintenant elle rappel. Elle pleure, elle est paniquée, encore plus.
"maman, maman, il y a eu une vague, une énorme vague, elle arrivait sur moi et j'étais figée....et à....enfin je suis en sécurité....c'est horrible...on m'a jeté quelquepart près de la route...je m'en vais d'ici..."
ALors ma mère raccroche et elle ne sait trop quoi penser. Elle nous parle de la vague et mon père lui dit de revenir se coucher, qu'il n'y a rien de grave. Mais l'instinct maternel étant ce qu'il est, ma mère se lève et va voir les nouvelles et on la suit tous, sauf mon père. À 4 h du mat, au bas de l'écran, on lit une petite ligne qui parle d'un tsunami et de quelques morts dans le sud de la thailande.
Ce n'est que le lendemain qu'on réalise tous l'empleur de l'événement, qu'on réalise que ma soeur a eue une sacré chance que ce garcon la jette dans le coffre d'une voiture pour la sauver de la vague. Qu'ell a vu la mort de près.
Alors ma mère réalise qu'il est temps qu'elle aille retrouver sa fille. Ma mère qui n'a jamais voyagée, autrement que dans les 5 étoiles tout inclus avec mon père. Mais l'amour l'emportant sur toutes les autres choses, et bien avec mon père, elle part sac au dos en thailande, retrouver sa fille.
Un mois qu'ils partent. Un mois d'émotions, de découvertes, la découverte d'un pays, d'un peuple, d'un drame mais aussi d'une autre façon de vivre, d'une autre façon de voir la vie, cette vie si fragile. Et ils réaprennent à ma soeur à aimer la mer, tranquillement, elle fait face à nouveau à cet océan immense qui peut donner et tout prendre.
Et mes parents reviennent de ce voyage avec cette impression nouvelle d'avoir vraiment vécu quelquechose, d'avoir vraiment découvert un pays, une autre partie de l'humanité. Ils parlent quelques mots thai, ils font de la cusine thai et jurent de ne plus jamais voyager dans les gros hotels. Et malgré les risques et devant l'évidente fragilité de la vie, ils décident de vivre encore plus à fond, de voyager encore, et le plus vite possible, pour le temps qui reste.
Et ma mère me comprend maintenant, quand je lui dit qu'il vaut mieux mourir à l'autre bout du monde, que de ne pas avoir vu le monde...
Il faut rajouter de la vie aux années...et non des années à la vie.
😊 ..... Petitsoleil, Izanora et maintenant ta maman à toi et tout ce torrent d'émotion là qui se déverse .... trop fort celui là, je l'ai beaucoup aimé et j'espère que de nombreux forumistes le liront, car il y a tellement d'amour maternel dans celui ci, face au cours du destin qu'une mère accepte de changer face au danger de perdre son enfant chéri ......
Mille mercis à tous, vous me faîtes pleurer ...... et c'est bon .....
Ce matin, ma mère ... n'a nulle envie de voyager. Vraiment, nulle envie, et ce n'est pas la peine d'insister ! Pas plus qu'hier, pas plus que depuis toujours. Elle déteste les voyages.
Elle a eu 80 ans cette année. Dans toute sa vie, des voyages, elle n'en a fait qu'un, il y a très longtemps. Ce fut le premier et le dernier. Elle avait 11 ans. Un grand voyage, un vrai voyage de routarde (comme on dit sur VF !). Plus de 1000 km entièrement à pied. Un voyage sans réservations, sans guide ni carte, un voyage sans argent, sans sac à dos, juste son petit baluchon de petite fille.
Rassurez-vous, la petite fille du grand voyage n'était pas seule. Son papa n'était pas là, mais elle voyageait avec sa maman, veuve depuis peu, et avec son frère et sa soeur à peine plus âgés qu'elle.
Comment le voyage avait-il commencé ?
Et bien voyez-vous, au départ, cette petite famille monoparentale (comme on dirait aujourd'hui ...) vivait dans un hameau perdu des montagnes d'Andalousie. Quelque part dans la Sierra de Ronda. Un hameau sans route, sans électricité, où la vie s'écoulait lentement, rythmée par les va-et-vient des ânes et par les travaux des champs. Les questions cruciales étaient de savoir si les pois-chiches seraient bien cette année, si la maladie n'allait pas frapper au hasard et prendre cet hiver un ou deux anciens, ou peut-être des enfants ...
Un jour des cavaliers sont passés, en sueur et couverts de poussière. Aux champs, ils ont hurlé aux hommes qu'il fallait vite fuir, quitter le village en quelques minutes, car les franquistes arrivaient ! Au lavoir, ils ont crié la même chose aux femmes, mais en ajoutant qu'avec les troupes franquistes arrivaient aussi « los moros », des fantassins du sahara espagnol enrôlés dans l'armée fasciste.
Dans l'imaginaire des gens simples de là-bas, les « maures », c'était l'horreur absolue. L'inconscient collectif perpétuait depuis des temps immémoriaux et sans se poser de questions, les images de guerriers sanguinaires, pillant tout sur leur passage, violant bien entendu les femmes et les jeunes filles à qui ils ouvraient ensuite le ventre en riant ... Fracassant contre les murs les nouveaux-nés baptisés, donc « infidèles », en les tenant par les pieds ...
Alors vous comprenez, dans ce contexte, quand vous êtes quelqu'un de simple et qu'on vous dit « Los moros estan llegando con los de Franco ! » (les maures arrivent avec les franquistes !), et bien vous ne vous le faites pas dire deux fois !
Ils ont fui.
Ils ont fui en quelques minutes, ils ont tout laissé car ils n'avaient pas le temps, et de toute façon, ils n'allaient qu'à la ville d'à côté, à une vingtaine de kilomètres, pour se mettre à l'abri, et ils pensaient revenir bientôt, dès demain peut-être.
Dans ces montagnes les gens qui savaient lire étaient rares. Dans sa grande majorité, la population ne savait même pas qu'une guerre civile avait commencé quelques mois plus tôt. Il y avait bien eu quelques rumeurs colportées par des commerçants de passage, mais la vie s'écoulait si calme et si immuable dans la Sierra que ces informations étaient restées très théoriques.
Ils ont fui, à pied, par dizaines sur les chemins. La petite fille ne lâchait pas la main de sa mère. Elle seule en avait le droit, car c'était la plus petite des « trois poussins » (« mis tres pollitos », disait la veuve).
A chaque croisée de chemins, leur petit groupe se trouvait grossi des gens des hameaux voisins qui, eux aussi, allaient se réfugier à la ville. Ils étaient une centaine lorsqu'ils entrèrent dans Ronda, après cinq ou six heures de marche. On les plaça sous la protection de la garnison, mais la ville était en émoi car les troupes franquistes avaient conquis les campagnes environnantes et menaçaient à présent de prendre la ville.
La garnison décrocha, et de nouveau ce fut le signal de la fuite. La fuite vers le Sud, vers la côte, puis vers Malaga qui était encore libre.
Parmi les villageois, il y en eut plusieurs pour dire qu'ils ne voulaient pas fuir. Qu'ils n'avaient rien fait ... qu'ils n'avaient jamais pris parti pour qui que ce soit dans cette affaire ... que de toutes façons ils n'y comprenaient rien ... que les gens de Franco n'auraient aucune raison de leur en vouloir ... qu'ils n'étaient que de pauvres paysans illettrés ... et qu'ils voulaient revenir au village !
Ne faites pas ça !!! ... leur dirent les gradés de la garnison et les édiles de Ronda. Maintenant que vous avez fui votre village, vous êtes des « Républicains », que vous le vouliez ou non. Sinon vous n’auriez pas fui ! Maintenant, vous vous êtes « marqués » politiquement ! Vous avez choisi votre camp ! Les franquistes vous tueront s'ils vous prennent !
Des « Républicains » ??? La plupart de ces gens ne savaient pas ce que voulait dire « Républicain », pas plus que « franquiste », d'ailleurs. Illettrés pour la plupart, ils n'avaient même pas idée de ce que pouvait être ni la politique, ni un parti, ni même le gouvernement de l'Espagne ! Ni même l’Espagne, d’ailleurs !
Alors avec sa maman, son frère et sa sœur, la petite fille a fui à nouveau. A pied, sur les chemins, puis sur les routes, abordant des provinces dont ils n'avaient même pas idée quelques jours avant et qui n'étaient pourtant qu'à 200 km de leurs montagnes ...
Ils ont grossi les interminables cohortes de fuyards sur les routes de la côte, en s'organisant en petits groupes qui reconstituaient plus ou moins le hameau originel, sous la conduite d'un ou deux hommes parmi les plus costauds et les plus valeureux. Ils marchaient le jour quand c'était calme, ou bien la nuit lorsque la menace « ennemie » leur était signalée comme proche. Ils vivaient de rapines et d'un minimum de solidarité des habitants, eux aussi apeurés et tentés tout naturellement par le « chacun pour soi » qui a vite fait de prévaloir dans les situations critiques.
C’est sur les routes en corniche de la région de Malaga que la petite fille a senti pour la première fois son ventre se tordre sous la peur. C’est là qu’ils ont subi les premières pertes. Depuis la mer, les canonnières de la marine franquiste bombardaient la falaise pour couper la route. Les éboulements, les éclats de roche et d'obus emportèrent quelques malheureux. La petite troupe continua sa progression à pied en laissant derrière elle des tombes de fortune.
Bien qu'on lui épargnât la vue des scènes les plus horribles, la petite fille de 11 ans était gravement traumatisée. Ses mâchoires continuellement crispées déformaient les traits de son visage et elle ne pouvait plus dire un mot. Ils abordèrent les grandes plaines de la région d'Almeria puis de Jaen. Pour se nourrir, ils avaient appris à mâcher les cannes à sucre dont les champs leur fournissaient aussi un abri pour se cacher des avions. Des avions vert-de-gris qui sillonnaient le ciel à basse altitude pour les repérer et voir si ces colonnes de pauvres gens ne cachaient pas en fait des troupes déguisées ...
Des troupes il y en eut, en effet, qui se joignirent à eux à certains moments. Des éléments défaits de l'armée Républicaine et des volontaires patriotes en déroute devant la progression du rouleau compresseur franquiste. Alors les avions changèrent d'attitude, ils se mirent à mitrailler les convois et les pertes furent énormes. C'est par miracle que la petite fille de 11 ans eut la vie sauve. C'est par un quadruple miracle que sa maman et « les trois poussins » furent épargnés.
Lorsque les avions surgissaient, les fuyards se précipitaient dans les champs de hautes cannes à sucre et s’aplatissaient entre les rangées. En deux ou trois passages, la mitraille hachait les cannes et fauchait des vies. Lorsque le bruit des avions s’éloignait, des 50 personnes qui étaient entrées dans le champ, seulement 40 en ressortaient. L’horreur était le quotidien. On ne faisait plus de tombes.
Ils avançaient malgré tout, au fil des semaines. Les disparus étaient remplacés par d’autres fuyards issus de rencontres improbables, maigres comme des loups, les yeux hagards remplis de tous les traumatismes vécus. Des enfants aussi parfois, muets et farouches, comme la petite fille, mais ceux-là n’avaient plus de parents.
Une nuit sans lune, harassés de fatigue, ils arrivèrent près d’un col où de nombreuses personnes dormaient. Ils se couchèrent auprès de ceux qu’ils pensaient être des compagnons d’infortune. Au lever du jour, l’horreur était au rendez-vous : ce n’étaient pas des dormeurs qu’ils côtoyaient mais seulement des cadavres, un groupe de fuyards comme eux qui avait été mitraillé dans ce passage. Le temps de mettre un foulard sur les yeux de la petite fille et on repartait, vite …
Leur fuite se poursuivit ainsi pendant des mois. Toujours à pied, le long des routes et des chemins, parfois à travers champs et bois quand on leur signalait des troupes. Ils traversaient des régions inconnues où les paysages, les cultures, les arbres même, étaient différents de ceux qu’ils avaient toujours vus dans leur sierra du Sud profond de l’Andalousie. Même les gens ne parlaient pas comme eux … Ils étaient en Catalogne maintenant, au Nord de Valence. On y parlait le Catalan. La petite fille ne savait pas ce qu’était une langue étrangère. Elle se demandait « pourquoi ces gens aboyaient comme des chiens au lieu de parler ».
Parfois ils restaient quelques jours au même endroit, parfois plusieurs semaines même, lorsque la menace franquiste s’éloignait et que les villageois du coin les toléraient en leur donnant un peu à manger pour qu’ils ne soient pas obligés de voler.
Et puis il fallait repartir … Les troupes fascistes gagnaient province après province, ville après ville. Partis du fin fond de l’Andalousie, ils se retrouvèrent tout au Nord-Est de la Catalogne, à mille kilomètres de chez eux, sur une terre qui était toujours l'Espagne mais où tout leur était étranger. C’était à quelques kilomètres de la frontière française, dans l'arrière-pays de Rosas.
On les installa avec des centaines d’autres « réfugiés » (c’est comme ça qu’on les appelait à présent) dans des écoles désaffectées, des hangars, des granges … Dans cette dernière poche de résistance Républicaine, la solidarité s’était un peu organisée. Des céréales et des rations alimentaires étaient distribuées chaque semaine aux chefs de famille, du lait en poudre pour les enfants. Quelques « partisans » français apportaient aussi, à dos d’homme à travers la montagne, de précieuses calories.
Parmi ces réfugiés, quelques hommes et femmes valides auraient pu apporter leur aide dans les fermes. Mais dans ces montagnes méditerranéennes où l’on vivait de quelques chèvres et de maigres oliviers en terrasses, personne n’avait besoin de bras. Peut-être aussi qu’on s’en méfiait car après tout, bien que dans leur propre pays, ils étaient « des étrangers ».
Une vie entre parenthèses, en somme, qui dura quelques mois. Parmi les réfugiés, un « lettré » s’était improvisé maître d’école pour apprendre à lire aux enfants. C’est ici que la petite fille apprit à lire. Elle n’était jamais allée à l’école avant, et ne devait plus jamais y aller par la suite.
Quelques mois artificiels mais quelques mois de répit pour la petite communauté venue à pied des montagnes andalouses, traquée depuis des mois, décimée, traumatisée, meurtrie. Quelques mois encore, jusqu’à ce que la machine de guerre franquiste, aidée par les nazis allemands et par le gouvernement fasciste de Mussolini, balaye les dernières résistances héroïques et place sous son joug sanglant toute l’Espagne, y compris ce petit coin des Pyrénées méditerranéennes.
Llegan los de Franco ! Ils arrivent … !
Alors ce fut la dernière marche … Quelques heures seulement, à travers les sentiers de chèvres, qui amenèrent la petite fille de l’autre côté de la frontière, en France.
Après trois ans de guerre civile en Espagne, une France où les bruits de bottes s’amplifiaient, une France qui n’allait pas tarder à son tour à connaître la guerre. On était en 1939.
La petite fille se retrouva dans un camp de réfugiés (on disait « camp de concentration », oui, ça s’appelait déjà comme ça, en France, en 1939), dans les Pyrénées-Orientales. Les conditions y étaient très dures mais elle était en vie. Sa maman qui avait vécu tant d’horreurs se disait qu’elle avait sauvé par miracle son bien le plus précieux … « sus tres pollitos » … ses trois petits poulets, selon son expression de toujours.
Quelques semaines plus tard, la petite famille était dirigée par la Croix Rouge vers une ville du Sud-Ouest de la France où elle était assignée à résidence, avec d'autres réfugiés, venus d'autres camps. Séparation avec les compagnons d’infortune, dont quelques uns du village natal qui avaient suivi jusqu’ici, vivants sans savoir pourquoi.
Au bout du voyage, au bout de l’enfer, la petite fille découvrait la France. Un autre monde, des gens bizarres qui parlaient une langue incompréhensible. Elle regardait tout avec des yeux ronds, elle se demandait comment faisaient les femmes pour marcher avec leurs drôles de chaussures, elle n’en revenait pas de voir qu’il y avait « une fontaine » à l’intérieur même de chaque maison ou appartement.
Quelques mois plus tard elle travaillait, à douze ans et demi. « Placée » dans une famille riche, douze heures par jour, pour faire la petite lessive, le ménage et s’occuper de deux bébés. Dans sa poche un crayon et un petit carnet où elle notait phonétiquement des dizaines de mots dont elle se débrouillait ensuite pour connaître le sens …
Elle a grandi comme ça, enchaînant après son grand voyage, comme une continuité maudite, les cinq ans de la 2ème guerre mondiale en France avec son cortège de peurs, de privations et de nuit, mais heureusement loin des combats.
Elle en est sortie adolescente. Une adolescente à la peau mate et aux cheveux noirs et ondulés qui a vite appris à ses dépens ce qu’est le racisme primaire (« ma mère ne veut pas que je sois ta copine parce que tu es une gitane »). Mais surtout, elle a gardé en elle, comme une plaie ouverte, le traumatisme du voyage, de son grand et unique voyage. Bien des années plus tard, même loin des champs de canne à sucre, un bruit d’avion d’aéroclub suffisait à la terrifier.
Elle a épousé un français, un garçon d’une famille peut-être un peu moins bête que la moyenne, une famille où on ne l’a pas traitée de « gitane » à cause de sa peau brune et de ses cheveux noirs et ondulés. Elle a travaillé dur pendant 50 ans, et puis elle a pris « la retraite », comme on dit …
Cette ville du Sud-Ouest où elle avait été assignée à résidence en 1939, la petite fille y vit encore aujourd’hui, à 80 ans …
A 80 ans, elle est en assez bonne forme pour son âge. Elle habite à la limite de la campagne, elle cultive son jardin, et ce n’est que parce qu’on le lui interdit qu’elle ne « descend » plus en ville à vélo.
Mais les voyages, il ne faut pas lui en proposer ! C’est une affaire pliée, emballée, réglée ! Elle déteste l’idée même de voyage. Rien que d’y penser, ça la rend malade. Au sens physique du terme.
Elle habite à 500 km de chez nous, et deux ou trois fois par an - quand même - elle vient nous voir. On lui prend son billet de train sur internet et elle le reçoit par la poste, longtemps à l’avance. Trois jours avant de partir, inévitablement elle a – selon son expression – « une crise de foie » … Et la veille du départ, elle s’offre en général une splendide allergie cutanée.
Une fois arrivée sur place, tout va bien. Mais quand le retour se profile, c’est le même scénario. L’idée même du voyage lui verdit le teint et lui sort par les pores !
Alors pour lui éviter le train, maintenant je vais la chercher en voiture. Mille bornes aller-retour d’un coup, heureusement que j’aime conduire !
Pour le trajet aller, je prépare ma musique, Liszt, Tchaïkowski, Elton John, Sting, Aznavour, Vaya-Con-Dios m’accompagnent.
Pour le retour ce n'est pas la peine, le lecteur de CD reste éteint : elle parle … elle parle … elle parle … je l’écoute … je l’écoute … je l’écoute …
Cinq cents kilomètres à l’écouter parler à débit continu, avec ce petit accent qui a traversé intact trois quarts de siècle et qui rappelle les montagnes andalouses d’où un jour, la petite fille qu’elle était est partie en voyage.
Un jour de Mai 2004 je suis parti au Cambodge pour y apprendre ce que je croyais être une détresse aussi profonde que nulle part ailleurs je ne pourrais la retrouver ...... je me disais qu'il fallait aller vraiment loin pour savoir ce que l'école de la vie pouvait faire endurer à la nature humaine ..... je me disais que nos contemporains, ici en Occident les pauvres .... ! ne connaisaient vraiment rien à la misère humaine .......
J'avais raison, car le peuple khmer a souffert plus que de raison ......
Mais par contre, ce soir il est 1H du matin, et là je me rends compte à quel point ma culture est profondément mitée par mon égoisme pro occidental ......
Je ne savais pas pourquoi il fallait que je rallume l'ordi ce soir ....... je sais maintenant qu'il existe des personnes qui savent raconter simplement toute une existence basée sur l'horreur et la peur, et qui l'ont retransmise à leurs enfants qui en souffrent eux mêmes ......
Je n'aurais même pas du répondre à ce post tant il se suffit à lui même ..... mais sans doute l'alcool aidant un peu, je me sens d'un seul coup tout petit, et souffrant moi même d'une profonde détresse, je suis tout simplement ébahie devant autant de simplicité et d'émotion racontée ......
🏴☠️ On a tous des cicatrices, quelque part … Celles qui marquent la peau ne sont pas les pires …
Merci à toi, Alan, pour avoir ouvert ce post qui est tout simplement à la mesure de ton grand cœur …
Catherine-la-sage, ta citation de « l’usage du monde » de Nicolas Bouvier est de circonstance …
Christian06, quand la vie nous lacère, il reste la Force de la Vie … Tu le sais, et c'est pour ça que tu dis : « Ne pas rire, c’est pas sérieux ! » … Tu as raison.
Une petite fille aux boucles emmêlées attend assise sur le trottoir dans cette rue pentue d'une bourgade minière.
Elle mange son goûter fait d'une tranche de pain bis et d'un oignon cru. Le froid mord ses joues dans cet hiver précoce de 1935.
Elle a six ans et elle attend. Elle attendit toujours..
Sa mère est partie. Jeune veuve amoureuse d'un homme qui faisait sa cour empressée ses derniers mois.
Elle devint ainsi pupille de la nation et, sans doute at-elle gardé au fond de ses pupilles cette peur qui ne porte pas de nom.
Dans la cour de l'orphelinat, sous les maronniers embellit de leurs bougies florales, elle rencontre un petit garçon et vit son premier et unique amour.
Adultes, tous deux construisirent amoureusement leur vie, enfantèrent une maisonnée d'enfants brouillons et turbulents.
Ils avaient crée une Famille. Ils donnèrent leur tendresse rugueuse d'écoute attentive.
Ma mère nous envoutait d'histoires de lutins malicieux, de fables exotiques de vizir et de maharadjas où le soleil brillait toujours.
Aujourd'hui, exaspérante d'inertie, éclatante de rides gravant des sourires éternels sur son visage creux elle raconte à ses arrières petits-enfants mes récits de voyage expurgés de ces violences et de ces laideurs.
Ses mains ont la douceur de la soie comme celles de toutes les vieilles femmes du monde et lors de mes départs, elle caresse ma joue:
"voyage ma fille, voyage mais ne pars pas. Reviens.. Surtout reviens.......
Et merci Alan pour ce beau post. Voici quelques lignes écrites par ma mère hier à mon intention .... je les partage ici.
" Il est des rêves comme des chemins, tu crois arriver au bout et là surprise ! le chemin va encore plus loin .. les rêves sont comme tous ces chemins jamais ils ne s'arretent ... Alors comme la terre est ronde, parfois on revient sur un même chemin. Bise et vive l'aventure "
"Aimer est un mot qu'il faut vivre
retour de Sydney ... prochaine etape bientot !
Merci à vous tous pour vos témoignages ..... tous superbement écrits, c'est comme un rêve ( encore ..... 😉 ) de voir tous vos textes, et c'est une belle chose à l'approche de Noël de parler ainsi de nos mères et de voir que ce post engendre d'aussi belles surprises qui font remonter à tout à chacun les souvenirs les plus sensibles, ou les plus poignants, ou tout simplement de mettre à l'honneur ces petits moments de plaisir que l'on a partagé ou recueilli tout au fond de soi de par la proximité que l'on partage avec celle que l'on aime plus que tout dans le fond, la mère qui nous a mis au monde et qui nous regarde grandir en distillant de ci de là ses petits conseils de vie afin que le destin ne se montre pas trop cruel envers sa progéniture ......
Je me souviens avoir quitté la maison vers les 18 ans, le sac en bandoulière, fier comme on peut l'être à cet âge là ..... sûr d'avoir eu raison d'abandonner le domicile familial, sans chercher à connaître les bouleversements qu'allait engendrer mon départ au sein du cercle familial, de par mon absence dans l'entreprise familiale alors même que mon père venait de rejoindre les " grands esprits" là haut, tout la haut ..... mais à mon goût, trop c'était trop et je ne supportais plus cette autorité de ma mère, et pourtant .....
Je me rappelle être debout au bord de la route, le pouce tendu, le sac contre la jambe, attendant cette voiture qui m'emporterait vers cette liberté à laquelle je voulais boire goulûment ...... je la vois encore passer devant moi en voiture, tourner plus loin et repasser doucement devant moi ..... juste comme ça, au cas ou son fils changerait d'avis, au cas ou celui ci voudrait rentrer à la maison, je vois ses yeux dans le rétroviseur alors que la voiture s'éloigne, je devine le désespoir au fond de ce regard ...... je sais alors quelle détresse j'installe au fond de son coeur, mais celà à l'époque ne changera rien à ma décision ......
Quand je la vois maintenant regarder toute sa vie vécue, et raconter à ses amis ou à la famille ses aventures passées, jamais elle ne fait une allusion à cette histoire qui je sais l'a perturbée longtemps, jamais elle ne m'en fait repproche ..... elle m'a laissé doucement revenir prés d'elle, et me considère autant que mon frère comme un fils duquel elle est fière et continue d'accepter toutes mes turpitudes " d'adolescent pas fini " .......
C'est certainement le destin de toute mère que d'être à l'écoute de ses enfants, et de lire auprés d'eux le grand livre de la vie pour pouvoir les accompagner sur le chemin qui nous mène tout au bout ...... d'ailleurs lorsque la vie nous sépare d'elle, on sent comme un grand vide s'installer et pour certains d'entre nous il est temps alors de se pencher sur les vies de nos propres enfants et de se rappeller que elle .........
Merci à Alan et Merci à Samira de nous avoir fait partager leurs rêves,
Vous avez la chance d'avoir encore vos mamans. Cela fait plus de 22 ans que la mienne s'en est allée et je sais que mes parents ne comprenaient pas toujours ma soif de découvrir "l'ailleurs".
Ces deux dernières années, je n'ai pu retourner en Amérique Latine. Mais cette fois, j'ai mon billet A-R Nice Buenos Aires avec l'intention non seulement de revoir mes amis des différentes provinces déjà visitées mais de découvrir celles que je ne connais pas encore et surtout de réaliser un rêve de jeunesse : pousser jusqu'au Pérou découvrir les sites de la Nasca, le Machu Pichu mais aussi de m'attarder dans les "pueblos" et "aldeas" loin de la foule des touristes pour partager la vie de tous les jours de leurs habitants. Peut-être Samira, puisque tu reviens de là-bas, pourrais-tu me parler de tes "découvertes" ?
Que mes amis de VF me pardonnent mon long silence. Me voici de retour et j'espère pouvoir à nouveau vous faire partager mes impressions de voyage.
Retraitée hyper-active
"Le plus beau cadeau que l'on puisse faire est de laisser à l'autre la liberté de le refuser" (Georges Renevey)
🙂 ..... Non seulement on te pardonne, mais vraiment content de te revoir toi qui était à la première rencontre Vf à Nice, et encore plus content de te savoir en possession de ce billet d'avion .......
J'ai souvent pensé à toi et à tous ces " tracas " de la vie qui te sont tombés dessus, et j'espère que cette fois ci les dieux seront avec toi et que tu vas pouvoir profiter de ce voyage qui t'attend, et en rapporter ce lot d'émotions qui saura nous inciter à découvrir ces pays ...... mais ça tu sais le faire ......
Ce matin c'est la mère qui a envie de l'ailleurs...
qui décide qu'elle aussi, elle a son sac à dos qui l'attend qui s'impatiente qui veut encore rêver...
mais elle sait ...
la mère,
elle sait que là-bas nous, voyageurs, nous sommes des consommateurs de sourires
et que nous devrions ici et maintenant sourirent aux autres qui nous entourent gentiment parfois sans rien dire.
On a souvent envie de ce que l'on n'a pas et c'est vrai que moi aussi ce soir j'ai envie de sourires que j'ai du mal à avoir dans mon coeur! à exprimer aux autres...
Mais là-bas...Les autres savent que nous errons à la recherche de quelque bonheur qui nous fuit... Et ils nous sourient pour nous consoler...
🙂
le regard est toujours une mise à distance, c'est déjà tout un voyage!
Moi aussi j’arrive après la bataille….. j’ai lu tous vos posts d’un coup, je suis allée chercher un kleenex, je me suis posée un peu pour y penser….que d’émotions… merci Alan d’avoir lancé ce sujet …
Elsie, ton témoignage….énorme, magnifique, les larmes me viennent. Que c’est beau de voir une mère qui accomplit son destin, qui abandonne tout sur place pour retrouver son enfant…
Chris, je viens de lire ton récit, il m’a pris aux tripes. Quel courage devant tant de difficultés et d'horreur subies … l’instinct de survie peut faire déplacer des montagnes….
Ce matin…. Ma mère….
Je rejoins le discours de Petitsoleil, ma mère étant toujours inquiète quand je pars, même si je ne suis jamais seule !!
Ma mère me demande aussi souvent pourquoi je pars loin, qu’est ce que je peux bien y trouver. J’ai renoncé à lui expliquer mais elle sait que c’est ma seule grande passion et que quelque part, mes meilleurs moments sont en voyage…..
Combien de fois, elle a pu s’angoisser, surtout quand je suis partie dans des endroits un peu sensibles ou tout simplement ce qu’elle considère comme très loin. Pas plus tard que ce week end, elle me demandait si mon voyage de fin d’année en Thailande était là où il y a eu le tsunami l’an dernier….
Depuis deux ans, elle m’épate néanmoins. Il y a deux ans, mes parents sont partis une semaine en Corse ; à presque 70 ans, ils ont pris l’avion pour la première fois. Bien sûr, maman n’a pas beaucoup dormi pendant les 15 jours d’avant, l’appréhension du voyage, de l’avion…. Mais elle est revenue enchantée…. Cette année, ils sont partis en Grèce, un voyage organisé pour visiter plusieurs îles des Cyclades et ils ont adoré ; du coup, ils repartiront peut être l’année prochaine. C’est super !!!
Ma maman a connu la guerre et les difficultés de beaucoup de français qui avaient à peine de quoi manger. Elle m’a toujours ému à me raconter que pour Noel, son cadeau était au mieux une orange. Elle m’a toujours ému à se priver pour moi quand j’étais petite. Aujourd’hui, ça va mieux pour elle mais je n’ai pas oublié….
Elle a acquis une sagesse magnifique, elle me soutient toujours quoique je fasse, envers et contre tout. Elle a toujours fait son maximum pour que je sois heureuse ... Ma maman est précieuse, elle compte tant pour moi….🙂
Je suis moi aussi émue par vos témoignages. Merci.
Ce matin ... ma mère... "T'es sûre que tu ne prends pas trop de risques? Tu n'emportes pas des médicaments? Et s'il t'arrive quelque chose? L'avion ne te fais pas peur? Je n'ai rien dormi cette nuit rien que de penser que tu partais si loin..."
2 ans après: "Maman, je vais me marier, je l'ai rencontré là bas. Nous nous marions au Sénégal en février prochain."
Je lui propose ou pas?
Après tout c'est mon mariage.
Elle ne voudra jamais.
bon je tente:
"Tu viens avec moi au Sénégal pour mon mariage?"
".....
????
????
OK je viens!"
Ce matin...ma mère..."Quand est-ce qu'on part? comment dois-je m'habiller? Qu'est-ce que j'emporte? Et tu crois que...? Et si je...Est-ce que je suis prête? Qu'est-ce que j'oublie? Au fait, et pour ça, comment...?.."
Et oui, nous serons quatre. Une amie qui sera mon témoin et qui connaît déjà très bien le sénégal et sa maman, future adepte... C'est trop à mon goût mais difficile de faire autrement.
A bientôt
Ce matin, en prenant mon p'tit déj (un bon munster fermier), je repense au temps passé... A cette époque, il y avait sur la table la fameuse boîte en carton…
Est ce une tare??? Oui la ce matin j, ai le moral en berne et c, est pourquoi je vous pose cette question amis voyageurs de tout ages et horizons... Oui il y a…
Ce matin je lis les messages de Ouais, Inextremis et Quinoa puis je tombe sur...Cancun et leurs questions terriblement existentielles...!... La rencontre de…
Samedi matin tranquille à Montréal. Je viens d'entendre ceci sur les ondes de notre radio nationale: '' l'aide humanitaire, ce sont les pauvres des pays riches…
J'ai trouvé ceci ce matin sur le site du "Figaro" (n'étant pas abonné, je n'ai pu lire tout l'article): j'en suis resté assez stupéfait, et je me demande bien…
Hi everyone,
I’m Loulou, a French expat who’s been living in Southeast Asia for about fifteen years, currently in Phnom Penh, Cambodia. A passionate walker at heart, I’ve trekked in Nepal (Thorung La, Mardi Himal), India, Vietnam, and I’m still planning new hikes (Char Dham, Langtang, Annapurna).
I’ve just published my first travel journal, recounting three months of walking and encounters across India. A portion of the sales goes to an educational center I support in Kep, for children whose parents work in the salt marshes.
I’m also working on a second book about Nepal with a musician friend, focusing on the Mardi Himal trek—two independent perspectives on the same journey.
Happy to swap stories with you about the Himalayas, India, Southeast Asia, or just the urge to hit the road and walk far from home.
Safe travels,
Loulou
Hi! It was totally by chance that I stumbled upon VoyageForum (an ad online and a story lol), and I’ve been reading some really old posts from 2011 about Thai massage schools—discussions on how to get by, accommodation, prices, etc. It reminded me of my own experience: I kept things simple by staying with a local family during my entire trip. I only shared all the expenses with them, which, I’ll admit, was super cheap… and I often traveled with them, which naturally opened a lot of doors for me. To start, at the school in Salaya, my Thai friend immediately connected me with Teacher Phong (the school’s mentor and teacher of teachers, a former monk). I was supposed to join a group session with other foreigners, but for some reason I don’t know, I got two days of private lessons for free with this expert… incredible! And on top of that, he loved France! It was an amazing experience. I "discovered" massage by chance—the Thai family just told me: "Try it, you’ll see!" (I’d had a pretty intense massage in the capital before 😅… but the next day, I felt unbelievably great!))
Every morning, I’d take a taxi (chosen by the Thai family at prices that beat all the competition) to this school—I’ve forgotten the name of the little village now… right in the heart of the countryside. Then, in the evenings, I’d keep practicing massage on all the family members… and they’d teach me Thai at the same time!))
Since then, I’ve practiced a bit, with lots of positive feedback. Following Teacher Phong’s advice—he thought my pressure was deep, firm, and precise—he strongly encouraged me to take this seriously.
I love Thailand so much. It’s a whole different way of living… and it’s a real blessing, even if I couldn’t live there full-time. Anyway, that was an unforgettable memory, and sometimes the Thai family and I still say hi—from 2011, 2013… right up to today!
Who’d like to share their best and worst travel memories in a few lines?
For me, it’s watching the TAJ MAHAL at sunrise and getting chased by dogs at the top of a mountain pass in GREECE on the way back from ISTANBUL.
THANKS GUYS
"It seems to me that poverty would be less painful in the sun" wrote Aznavour...
Not sure...😕 Who can prove that people in hot countries are happier than others?
What do you think?
Is it better to live in Montpellier than in Lille?
Are the Pygmies happier than the Inuit?
Are Canadians less happy than the people of Louisiana?
Are there more French expats in hot countries?
And your travels? Do you choose your destinations based on the climate?
Do you rejoice when a bit of sunshine appears?
Hi everyone, just this once I’m not posting for a travel story, but to share a thought for Venezuela.
If you didn’t know—since it’s not making headlines—the country was hit by two 7.5-magnitude earthquakes last week. Over 2,200 people have died, more than 50,000 are missing, and some coastal towns have been completely destroyed.
Maybe when the scale of the humanitarian crisis becomes clear, our media will cover it a bit more... especially since earthquakes with this many casualties usually make the front page, but there’s been nothing in France.
So here’s a thought for this country, which, whatever you think of its politics, is a true jewel of South America, both for its landscapes and its people.
hi there
I’d like to invite you to discover my coastal province in central Vietnam: Quang Ngai.
This year, my province has really improved its infrastructure—mountains, countryside, and sea are all authentic here.
No harassers or thieves, and no Russians either.
A local lunch costs around 1 €.
A *** hotel room is about 25 €, and you can find hotels right on My Khe Beach.
We have a specialty: *banh xeo*—10 crepes for just 1.5 €.
You can rent motorbikes to explore the province and maybe visit the many ethnic minorities.
I live here—I’m not selling anything, but I can help if needed (my father-in-law is a traditional Vietnamese doctor and he’s very skilled).
Hi everyone! 😉
I’m Typhaine, 35 years old. Five years ago, I left France for a solo round-the-world trip—no planes, just a van, hitchhiking, cycling, and even a canoe in the Amazon! Today, I work as a naturalist guide in Argentine Patagonia.
Wherever I go, my compass stays the same: observing and photographing wildlife, which I deeply admire and respect.
My project: I’d love to share this experience through a sustainable, authentic, and immersive nature tourism initiative. But to build something meaningful, I need to understand how other nature enthusiasts experience their own adventures.
If you:
Are over 20 years old
Have a true passion for Nature
Have already taken at least one trip lasting more than 3 nights (in your country or abroad) in your life
Promise: I’m not selling anything, this isn’t marketing. Your answers are 100% anonymous and will only help me shape this wild project.
A huge thank you to everyone for your help and kindness! Looking forward to chatting in this thread 😛
(Dear admins, this is purely a collaborative effort for my project study, with no commercial purpose. Thank you so much for your support!)
Photo: Grizzly Bear (Ursus arctos horribilis), female on the left and her cub on the right. Photo taken by me in Alaska, Denali National Park.
It’s something we often notice in this forum—and many others—this behavioral shift.
A long-time member, or even a new one, asks a question.
They get one or more answers, some brief, some detailed, and then... nothing???
Not even a simple thank you!!!
From what I’ve gathered, if the answers don’t align with what they wanted to hear, it seems natural for the asker to just disappear!! 😕
Unless—(and I fear this is the case)—basic politeness is no longer part of our society????
I spent 3 weeks in Bali last summer (+ 3 nights on Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java). So I wanted to see what ChatGPT could suggest for comparison...
Here’s the prompt I gave:
"You’re a local expert guide for Bali.
- Plan a 20-day itinerary for Bali with a side trip to Gili Meno and a day trip to Kawah Ijen in Java without staying overnight.
- I’m traveling with my wife, and I love visiting historical sites, hiking, relaxing at the beach, snorkeling, and exploring rice terraces...
- For the duration of the stay, I don’t want more than 8 places to sleep, and I’d like to stay at least 2 days at each stop to avoid unpacking too often. Except for the last night, where I’m okay with just one night near the airport.
- I prefer neighborhoods that are walkable and try to avoid typical tourist traps, though I don’t want to miss the must-see spots. So suggest a mix of iconic sites and hidden gems.
- Recommend hotels or guesthouses with a budget of 50 to 100 € per night, including breakfast. Make suggestions in areas popular with travelers, specifying the vibe (I prefer quiet), and consider safety and proximity to attractions.
- For lunch and dinner, suggest two to three restaurants that are well-rated by customers.
- Give me a day-by-day program with details on travel times, visiting times for each point of interest, and recommendations for transportation (taxi, train, bike, etc.).
Estimate the total cost of the trip, including accommodations, food, transportation, and activities, and suggest two tips for saving money in each category.
- Don’t make anything up—be realistic about travel times, take into account the opening dates and hours of sites, and give me the entry fees for places to visit.
- Ask me all the questions until you’re 95% sure you understand what’s being asked. Don’t generate your response until you’ve understood."
The AI asked for a few clarifications:
"Great request—I can build you a really optimized and enjoyable itinerary, but to be 95% sure I hit the mark, I need a few key clarifications (this will really influence the pace, areas, and accommodations)."
In the end, it proposed a program very close to what we actually did.
I’ll skip its accommodation and restaurant suggestions...
Its proposal:
"Ubud (4 nights) => we did 5 nights
Sidemen (2 nights)
Amed (3 nights) => we’d planned 2 nights
Gili Meno (3 nights) => we did Gili between Sidemen and Amed
Munduk (3 nights) => we did 2 nights before Pemuteran
Pemuteran (3 nights) with Ijen => we did 4 nights
Sanur (2 nights + 1 last night) => we chose Jatiluwih instead of Sanur
It suggested "activities" (and accommodations too):
IN UBUD:
- Walk around central Ubud (1–2h)
- Campuhan Ridge Walk
- Tegalalang Rice Terrace
- Tirta Empul
- Gunung Kawi
- Massage / market / slow café
IN SIDEMEN:
- Rice terrace hike (2–3h)
- Cooking class
IN AMED:
- Snorkeling
- Japanese Shipwreck
- Beach + relaxation
- Volcano sunset
ON GILI:
- Snorkeling at Gili Meno Turtle Point, Nest Underwater Statues
IN MUNDUK:
- Jungle & waterfall hike - Munduk Waterfall + Melanting Waterfall
- Loop: 3–4h (perfect for your level)
- Ulun Danu Bratan Temple
- Twin Lakes
IN PEMUTERAN
- Snorkeling: Menjangan Island
For Kawah Ijen, it detailed the day well:
👍 from Pemuteran = best possible option
12 PM: leave hotel (we left at 10 PM)
1 PM: ferry
3 PM: arrival in Java + transfer
11 PM: start ascent
2 AM–6 AM: volcano
Return to Bali around 11 AM–12 PM (we got back at 4 PM)
👍 still very intense, but doable with an agency
💰 ~80–120 €/person all-inclusive
IN SANUR:
- Relaxation
- Quiet beach
- Proximity to airport (30 min)"
I’ve kept the habit of blowing my nose in the sink and then washing my hands—a custom I picked up in India. Sometimes, non-travelers are shocked when they catch me in the act... 🤪
Also, when I run out of toilet paper, it doesn’t bother me—unless I’ve got company over... 🤪
Just got back from walking a friend’s dog (while they’re on vacation), wearing a djellaba and Tibetan boots... 😏😏😏 Oh, for sure, if I’d run into locals, I probably would’ve shocked them? 😏
Anyway, as long as I’m not spitting on the floor at a restaurant or squatting on the side of a highway with a water bottle in hand...
After taking a little trip around the world, I came back a few months ago with an idea in mind.
I mostly do diving, and I love observing animals in their natural habitat without disturbing them.
During the trip, I realized it was quite complicated to know where and when to see certain species.
For example:
where to dive with sharks or manta rays
where you might get a chance to swim with whales
I even discovered thresher sharks during my trip… I didn’t even know this species existed before, even though they’re incredible to see.
We spent a ton of time searching for info all over the place, especially on social media, without ever getting a clear picture.
So I started putting all this together on my own, in the form of a map, to make it easier to visualize where to go depending on the seasons.
I recently put a first version online (it’s called Fauneya).
There are probably mistakes, inconsistencies, or things to improve, and that’s partly why I’m posting here.
I’d really love to know how you all go about planning this kind of trip.
As part of my Master’s thesis, I’m currently conducting a public survey on a topic that concerns all of us when planning a trip: artificial intelligence and the role of human contact in travel planning.
These days, we’re using more and more digital tools to find ideas, compare options, and book trips... but is the role of human advisors still essential? At what moments? And for what types of trips?
The survey is anonymous and takes about 7 minutes.
It’s aimed at anyone who travels (or has traveled) for leisure, whether you plan everything yourself or go through an agency.
While browsing the forum to gather info for my upcoming trip to Thailand, I often see the terms "traveler," "great traveler," and also "tourist"—so what’s the nuance for you?
I've traveled quite a bit in Vietnam over the past few years—from the southern delta to bustling cities and even some small islands—but what really sticks with me is the north, the high mountains.
Up there, there's something different—maybe slower, more raw. The morning markets with ethnic groups, women in traditional clothes, the colors...
The stilt houses, kids following you and laughing for no reason, the terraced rice fields—it almost feels unreal at times, so vast and quiet, yet so human and simple.
You often hear that Sapa has become too touristy, and that's partly true, especially in the center. But as soon as you move a little farther away, everything changes quickly. The landscapes open up, encounters feel more natural, and you rediscover something truly authentic.
I think it's that contrast that struck me—the difference between what you imagine before going and what you actually discover when you take the time.
And you—what memory do you hold onto from Vietnam? A particular place that touched you more than others?
Hello,
We’re finalizing the plans for our upcoming trip to China in May 2025. The second-to-last stop will be in Zhangjiajie, where we’ve planned to stay for 2 full days before heading to Shanghai.
We’re traveling solo using local transport and have arranged to stay in the city of Zhangjiajie.
We’ve seen that there’s a lot to see:
Tianmen Mountain, the Grand Canyon and the glass bridge, Zhangjiajie National Park, and that the sites are quite far apart with fairly expensive entry fees.
We’re thinking of dedicating one day to the national park and the Grand Canyon (glass bridge) and one day to Tianmen Mountain.
But we’re not sure if this plan is realistic—any thoughts would be much appreciated!
I should be serving a warming drink to the participants in the discussion about gardens and parks that provide us with beautiful photos, I could mention the delicious buttery scent wafting from bakeries in the thread about returning to France, but my heart, its powerful pulse that nourishes my entire being, is elsewhere.
Dasht-e Lut, Yazd, Esfahan, Bam, Kerman, Qeshm, Hormuz—a melody, a prayer at the heart of desire.
A dream, an unattainable fantasy? No. Not anymore.
A very serious Italian travel agency is organizing this trip for 6 people this winter. I’m signed up, I’m going, I’m living. Maybe.
"But you’re completely crazy!!!!"
I know... I know that every civilization, every society has a vital need to create scapegoats to define and justify itself, pathetically. And Iran is one of them, top of the list. I laugh or sigh, and it doesn’t bother me.
But that unchanging red, deep red and garnet, so beautiful in itself, in all the Western chancelleries repeats, whispers, shouts: don’t go, don’t go, don’t go, you’re putting yourself in danger and we can’t do anything for you. You’ll be turned into mere bargaining chips, into arguments for endless negotiations. Fear must be instilled, its power absolutely preserved, no concessions made to the enemy. The information (how many French hostages, real or fake, compared to the number of travelers?) is always lacking.
Traveling becomes a merciless confrontation between desire, the vital pulse, and anxiety, its ghosts.
Hi everyone, here’s our itinerary. Arriving on the evening of December 13th. Departing on January 7th.
Thanks in advance for your tips and valuable feedback.
Manila – 1 night
Coron – 4 nights
Coron to El Nido cruise – 2 nights
El Nido – 4 nights
Port Barton – 5 nights
Flight from Puerto Princesa to Vigan
Vigan – 2 nights
Sagada – 2 nights
Banaue – 2 nights
Bagabag – 1 night
Manila – 1 night
I’ve only booked the flight to Manila and the Manila/Coron flight so far. Is it possible to book boat trips, accommodations, and the Puerto Princesa flight last-minute?
Really disappointed with Costa Rica! Pura vida? The scam of the century!
(Costa Rica pure emptiness).
The country where animals are free and people are in cages.
3 weeks in December in this country and never again. Imagine the trailer of a movie that seems interesting, and when you go see it, you realize it’s a flop and the best moments were in the trailer.
Well, that’s exactly how we felt with Costa Rica pure emptiness.
My wife and I have traveled quite a bit and didn’t expect to be so wrong about a place.
On the main routes, we visited:
San José
Alajuela
Limón, Cahuita, Puerto Viejo, Manzanillo (Caribbean side)
Jaco, Quepos, Manuel Antonio (Pacific side)
And a few short stops in intermediate towns.
Our dissatisfaction grew gradually like this:
When we arrived at the hotel, the taxi dropped us off on a small street in front of a white metal gate with ground-floor windows barred. We looked at it skeptically, but the sign matched.
He approached the gate, rang the bell, the buzzer sounded, and the door opened slightly. The hotel wasn’t bad for the price, a 10-minute walk from downtown, but with a "Fleury-Mérogis" vibe guaranteed.
So far, so good.
After showering and regaining our bearings, we headed downtown.
What started to unsettle us on the way was seeing houses with bars on the ground-floor windows and even on the second floor.
At first, we thought the hotel’s neighborhood wasn’t great.
Downtown San José:
It’s a generic city, not very exotic, with a pedestrian street and a small mercado where you can eat local food without frills. Very few tourists—if any—which let you blend in with the locals. We had lunch and struggled to make ourselves understood because, aside from one or two shops, English wasn’t spoken.
On the way back to the hotel, we took a different route, and while chatting and strolling, my wife pointed out a beautiful two-story white house completely barricaded like Fort Knox.
From that moment, we started noticing the facades of houses and buildings, and wow, it was creepy—most looked like prisons, some even with barbed wire.
Though put off, we told ourselves it was probably a big-city thing and the rest of the country couldn’t be like this.
So far, so good.
We relaxed at the hotel and had a drink at the bar. Night falls early, around 5:30 PM. By 7:30 PM, we headed back downtown for dinner. A bit unsettling for a capital—downtown was almost deserted, and aside from fast-food chains, very few restaurants were open, with hardly anyone on the streets.
Bars with security guards out front.
I won’t say we felt unsafe that night, but once it got dark, we realized the bars on the windows weren’t for nothing. First day in, and our impression was already mixed.
The next day, we explored the city and surroundings, and our feelings didn’t change.
So far, so good.
Off to Cahuita by bus—4 hours of travel.
The landscapes are very green but quickly become monotonous. The road runs alongside the forest and passes through a few towns and villages, and even in the countryside, there were just as many prison-like houses.
The bus dropped us off at Cahuita’s terminal station—only four of us got off. It’s a village, or rather, a small town. Cahuita is basically one straight road and a perpendicular one, and honestly, doubt started to creep in.
A few restaurants that add 13% tax and 10% service charge—so 23% extra. We dropped our stuff at the hotel and went to explore. In 20 minutes, we’d seen it all. We had lunch and planned to check out the famous park.
Entry is by donation—well, the "entry" is a joke. There’s a path along the forest by the sea, and that’s it.
Nothing’s going right anymore.
We thought it was a total scam, but since we hadn’t gone far, we decided to come back the next day to explore further.
We returned to the hotel, relaxed, and around 8:00 PM, we went out for dinner. Only two restaurants were open, and the streets were deserted.
Creepy!
The next day, we explored the so-called park more thoroughly and really got it.
A path along the forest by the sea—2 hours there and 2 hours back, where you see animals that feel like showing their faces.
A total joke—"all that for this?"
The beach was full of wood debris and coconut husks. We wondered if the photos online were edited because the sea, very rough, wasn’t the azure blue we’d seen in pictures.
But calling this a park is a joke—it’s like a new concept.
When we thought about the reviews online, we started to suspect that professionals with interests in the country were monitoring and countering any negative feedback that could harm their business.
Too bad we didn’t check the negative reviews beforehand—we did while we were there, and it helped. We wondered if we’d become too demanding after all our travels, but no—when something’s bad, it’s bad.
Manuel Antonio’s park is even more ridiculous—there’s a short path along the sea for about 500 meters, and then nothing. You have to climb through mud and hack your way through the forest. We ended up barefoot because the mud was up to our calves. All that to see a raccoon and a few parrots flying overhead.
We didn’t expect Noah’s Ark, but we’ve seen more animals in Bali, Mexico, and Thailand while visiting temples or just walking around than in these so-called parks!
Puerto Viejo, not far from Cahuita and supposedly livelier—well, it couldn’t be worse!
According to Lonely Planet, it had a Caribbean vibe and wild nights, but maybe that was a long time ago. The good reggae music playing everywhere isn’t enough.
In the evening, Puerto Viejo was a bit livelier than Cahuita, but that’s not saying much. Very few tourists—if any—no night market, just two or three shops open selling $20 T-shirts. Same vibe as San José.
No big deal—we enjoyed the beach and the sun, which was reliable.
Our itinerary was supposed to include Tortuguero Park, but after talking to other travelers who’d just been, we changed our minds, knowing we’d be visiting Manuel Antonio Park on the Pacific side.
To get back to the Pacific side, you have to take the bus and go through San José again—5 hours this time—then switch bus terminals and another 4.5 hours to Quepos.
A stopover town to get to Manuel Antonio’s beach and park!
A town just like the others we’d seen—deserted as soon as the sun sets, and not exactly bustling during the day either. (Where are all the tourists?)
Still as many bars on the windows and that feeling of being in the wrong place.
7 km later: Manuel Antonio beach and park.
The beach is very beautiful and quite large, but don’t expect turquoise blue water—the waves stir up the sand, giving the water a brownish color.
Along the beach, shops and restaurants for about 300 meters, and then nothing. At night, after sunset, the town shuts down too.
Manuel Antonio Park is highly praised for its wildlife, so we were eager to see it. When you express dissatisfaction with Cahuita or Manzanillo parks, the response is always, "But you should’ve gone to Monteverde or Manuel Antonio!" No matter what you do or say, they’ll tell you, "You should’ve gone there or here."
Back to our famous park—entry was about $16, and contrary to what we’d heard, it wasn’t crowded!
Guides at the entrance with spotting scopes offered their services for about $30.
The park: a mix of boardwalk and dirt paths through the forest, sometimes running alongside beautiful coves and beaches.
As soon as we entered, a crowd was taking photos of a deer eating leaves.
A little further on, a guide with a group of five stopped. The guide raised his arm and set up his spotting scope! He showed them, about 100 meters away, a hummingbird perched on a branch. Some, looking through the scope, exclaimed, "Oh my God! Amazing! Incredible!"
For a moment, we thought they’d discovered a unicorn or were in Jurassic Park and had just crossed paths with a T-Rex!
The concept is comical—looking at a bird or another animal through a spotting scope because it’s too far away. Isn’t that what TV is for?
For our part, we saw monkeys, ants, an armadillo, an iguana, and the backside of a sloth climbing a tree. Amazing, incredible!
We stayed a few days in Manuel Antonio to enjoy the beach, changing hotels often because prices varied wildly from one day to the next for shameful services. On top of that, they’d quote a price in dollars and convert it at their discretion—thieves!
Alajuela, a city near the airport, has a two-story mall and a local market downtown! No interest except its proximity to the airport.
What we liked:
The climate and, in hindsight, San José—the most authentic city we visited.
What we didn’t like, in addition to what we’ve already mentioned:
Costa Ricans aren’t very friendly or communicative. English is barely spoken, not even by doctors at Quepos Hospital, where my wife ended up with food poisoning (thanks, Google Translate). The widespread obesity among Costa Ricans, who eat like Americans. The insecurity. The eco-hipsters who leave their $150 lodges in minivans with guides to visit parks and other sites, then return to barricade themselves in their fortresses at nightfall (oh my God, amazing, incredible). The blue signs at the entrance of towns that accept this payment method: "We accept American Express." Parking lots that become paid just because a guy is watching your car. Prices displayed in dollars. The cost of living (hotels, restaurants, taxes). Landscapes that are too green and not flowery enough. Beaches—nothing exceptional. Pollution in cities where big American trucks rule. Sewage dumped directly into the sea. Aside from the jungle, there’s nothing to visit—no ruins, monuments, or anything worth seeing.
In short, my wife and I think the hype about this supposedly eco-friendly country is overrated. It’s just the trendy destination of the moment. There are much better, cheaper, and more authentic places.
In hindsight, we keep the good memories and our beautiful photos, but if we had to do it over...
Before signing off, a little message to those who don’t like hearing opinions different from theirs:
Well, some things aren’t up for debate. And to those who’d have us believe that in 3 weeks, we don’t have the right to criticize a country or express our feelings—how can you praise it in so little time? What a scam. Costa Rica is a money pit. Pura vida? Pure cosmic emptiness.
If you like spending your evenings barricaded in your cozy hotel after dark, this country is for you.
For everyone else: run!
Hello,
Since the war between Russia and Ukraine, nothing is simple anymore for traveling to Belarus due to sanctions.
No more direct flights from the EU to Minsk.
Driving is a huge hassle, especially crossing through Poland at the only open border in Brest—you can wait 2, 3, or even 4 days just to get through by car.
The least painful driving option is to come via Lithuania and cross at the only open border, with a minimum wait time of 8 hours, sometimes up to 20 hours or more!!
Controls are very strict and annoying on both the Lithuanian and Belarusian sides. Avoid bringing alcohol, food, or cigarettes—everything will end up in the trash, especially when leaving Belarus for Vilnius, where the Lithuanians are tough, even with EU citizens.
The joy I once knew when visiting my wife in Minsk is sadly over—it’s now a real ordeal.
The fastest solution is to fly. My wife travels to France by taking a bus to Kaunas in Lithuania, where you can catch a flight (though not daily) to Paris Beauvais or Charleroi in Belgium with Ryanair, for example.
For the return trip, it’s the same: a flight to Kaunas and then a direct bus from the airport to Minsk.
The bus crossing is quicker than driving—the 250 km journey, including border checks, takes about 6 to 8 hours for buses leaving Lithuania around midnight, but controls are still strict at the border.
The biggest challenge is finding flight schedules that align with the bus routes between the two countries, given the unpredictable border crossing times.
Now, my wife travels via Charleroi in Belgium (near Brussels), and you can take a train to Paris. Alternatively, you can fly into Beauvais and take a bus to Paris (Porte Maillot).
For those driving, note that EU insurance and assistance policies no longer work in Belarus or Russia. You’ll need to get local insurance, usually limited to third-party liability (I don’t think full coverage exists?), as well as mandatory medical insurance. This is available at the border.
You now have to pay highway tolls—no more BELTOLL boxes. Instead, you pay a flat fee for the duration of your stay. Stop at the first gas station after crossing from Lithuania to fill up on fuel and cigarettes.
From what I know, Lithuania bans carrying more than 60 € in cash, but there’s no limit for USD (though it’s capped at $10,000??).
With a Visa card, you can now withdraw 1,000 rubles per week (about 270 €)—two months ago, it was only 500 rubles!!
For now, you can still pay by card in shops and gas stations.
However, major retailers like KORONA (which may be Russian-owned??) no longer accept foreign Visa cards.
Unfortunately, the additional sanctions announced by the U.S. on August 5, 2025, against Russia—and possibly Belarus—aren’t promising for the future.
After 20 years of visiting Belarus, I’m truly saddened to see the joy of living in this country with my wonderful wife turn into such a bleak situation, all because of human folly.
Hi everyone!
I’m putting together our travel itinerary for Veneto at the end of April. And the more I look and research potential sites to visit, the more I find!
We’ll only be there for a week—my family and I—including 3 days in Venice. So we have to make some choices...
I plan to rent a car when we arrive in Venice and head straight to Bergamo, which would be our first stop. We’d leave the car at the airport when we return to Venice so we can explore the city at our leisure.
What do you think:
1 night in Bergamo (a 2h15 drive from Venice airport),
1 night in Garda,
1 night in Verona,
1 in Padua, and
3 in Venice—would that be doable?
Thanks in advance for your tips and experiences! :)
Now that the curtain has fallen on the past year, it’s time to see what’s happening around here.
It seems pretty quiet, but I’ll read more in detail later.
First, I need to tell you all an anecdote.
My eldest little girl, in her third year of law school, was really scared she wouldn’t pass the year.
I told her:
“Trust yourself, you’ve worked so hard, and worst case, if you fail, you’ll just redo the year.”
“But I don’t think I’ll make it—they changed the rules, and if I mess up even one unit, I have to start all over.”
I knew her grades weren’t exactly stellar, and with what I was about to say, I wasn’t taking much of a risk.
“Here’s the deal, sweetheart: if you pass, I promise I’ll take you to India, just the two of us.”
I have to admit, India is a country I’ve talked about so much to all my grandchildren that in their minds, it’s become a magical, mythical place (hmm).
July had barely begun when my phone rang, her name flashing on the screen.
“Mamido, I did it!”
My promise came rushing back—oh no, oh no, oh no!
“Congratulations, sweetheart!”
A little shyly, she said:
“Is the India trip still on?”
And me, replying:
“Of course it is!”
And that’s that—a promise is a promise, or you risk losing that precious trust that keeps hearts warm and at peace.
We’re leaving in February. Only 8 days—yikes, the carbon footprint!
But we can’t miss her tutorials, or she’ll be kicked out.
Personally, that works just fine for me.
Going to India has become a challenge for me. It’s far, it’s exhausting, I sweat, I hate mosquitoes, the spices bother my mouth when I used to love them. There’s noise all the time—at night, the dogs bark nonstop, and we almost get run over. I’ll get lost in the streets because my sense of direction has vanished. I don’t like rice anymore. All that chaos and those cultural differences that once enchanted me now just overwhelm me.
But I promised.
The upside—and it’s a big one—Raman, the same driver I’ve had forever, will be at the airport with a sign with our names. We’ll stop at the same little shop for chai (or tea, plain and simple) with that aroma that intoxicates me, halfway through the trip.
It’ll be a tiny trip—staying with friends, I’ll show her a few places I love: Chidambaram, Mamallapuram, and the clinic where I worked. Then we’ll head back.
My little girl will go home to her parents.
As for me, I’ll leave right away for our Scottish island with Homme for our chilly winter.
How can you love a country so much you want to live there, then suddenly reject it, no longer able to appreciate what once made it special?
That’s the mystery of love, I guess.
I’ve visited the U.S. four times myself, including two long road trips. The last one was just this past August...
I won’t be going back. I already felt guilty last August, but recent policies have finally convinced me: the humiliation of Zelensky, authoritarian excesses, Gestapo-like methods for detaining people of foreign origin, the murder of innocent people (a mother shot dead), corruption, insane "tariffs," skyrocketing healthcare costs for Americans, the abduction of foreign figures to secure oil, the requirement to disclose social media accounts, and now... threats and blackmail to forcibly take Greenland—a region that belongs to Denmark and thus the European Union!
The reality is that simply posting this could get me denied entry to the U.S.!
In this context, I just can’t keep spending money there. I loved my trips, but there are so many other countries with stunning landscapes to explore.
So I get why you’d want to travel there. I did, and I loved it. But once a country no longer respects any of the values that made us love it, why go?
How can we even consider traveling to a country that threatens to take one of our territories by force?
Hello everyone,
Controversial topic? Not necessarily—maybe just a reflection on a world to come.
I spent the last 15 days of August on a cruise in Greenland, from Kangerlussuaq to Tasiilaq.
I was utterly amazed by this unique world of rock and ice, the little houses in every color, a simple life that’s also complicated by isolation and climate, among other things...
I carry in my heart the kindness of the people I met, the raw and gentle majesty of the icebergs, the colors of the sky...
So, I can’t even imagine a massive presence of raw material prospectors, heavy machinery requiring roads to be built—if that’s even possible—changing their way of life... putting sled dogs out to pasture!
Do fast food and Greenland’s northern lights really mix?
I wouldn’t trade my memories for an ESTA!
All opinions are respectable, which is why this isn’t a controversy—but I’m sorry, I have a soft spot for *my* Greenland.
We’re a couple aged 58 and 63. We’ve just returned from a wonderful trip to South India in Tamil Nadu and a few days in Kerala. We traveled with a local French-speaking guide and his friend, the driver. They both live in Pondicherry. We spent 3 weeks with them in the most authentic way!
We covered just over 2,500 km and visited not only temples but also archaeological sites, museums, and small artisanal businesses making tiles, tea, sculptures, bronze, and silk spinning. We were lucky enough to visit a public school, attend a wedding, and even a death announcement in a small countryside village. We were fully immersed in the culture, food, noise, and colors—it was incredible!
The hotels and guesthouses we chose were very clean and mostly quiet. We’re returning from India with amazing discoveries!
We’re happy to share more info if you’d like!
M-Claire and Jean
This catchy and somewhat mysterious title comes from several questions I’ve been asking myself.
VF has been back open for a reasonable number of weeks and months now.
The number of visitors overall matches past averages, but the number of members online in the last 24 hours seems relatively lower than what we used to see.
Yet, to my surprise, I’m seeing fewer travel journals, way fewer messages, and way fewer questions.
I don’t see many new registered users online, and I notice a number of members who are logged in but either aren’t participating or have stopped participating.
Something’s not adding up for me because, in my opinion, VF is still appealing, and I don’t see which other sites could really compete.
Was there a real break between pre- and post-Covid?
Does it just take more time for some people to discover the site or learn that it’s active again?
Do people now prefer quick consumption on sites like FB or others I’m not familiar with?
Where have the site’s old-timers gone, and what are they doing with their time now?
What’s really going on here?
This isn’t exactly a traveler’s question... I’d like to know who handles the technical side of this forum?
I run a similar forum on a different topic (unrecognized children), and we’re dealing with a few technical issues that are slowly killing our forum... so I’d have one or two questions to ask 😊.
Also, I was wondering who created this forum... who the administrators or moderators are, etc.
I think this forum is great. Much better than Facebook, which I’ve been using since it shut down (so I’m happy to see it’s working again...)