Destination Ladakh

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HI
Depuis le temps qu’on en rêvait … enfin … surtout moi. Louloute (désolée, c’est le surnom de mon homme), n’avait jamais été très tenté par l’Inde, et moi, je voulais y aller depuis des années. Au moins 30 ans. Comme c’est un montagnard, j’ai trouvé la parade au bout de tant d’années. On va au Ladakh. « T’inquiète, c’est l’Inde, mais c’est pas l’Inde. C’est l’Himalaya. Des montagnes, tu n’auras que ça. Et s’il reste du temps, on fera un petit tour au Rajasthan, juste quelques jours ». Le deal est fait, il accepte. Faut dire qu’il n’est pas bien difficile et ça tombe bien. Les billets sont pris longtemps à l’avance, tellement, qu’on en oublierait presque qu’on part. Et le mois de juin arrive vite, alors petit tour sur TD pour trouver de supers tuyaux. C’est à ce moment précis que l’impatience d’y être s’est faite ressentir fortement. Jusque là, cela n’était qu’un rêve. Il devenait réalité. D’entendre parler de Tar, de Rizong, de Chulichan ou de la Nubra plus quelques photos de Chris … ça y est, c’était urgent de partir. Les listes d’affaires à prendre et de choses à faire avant de partir s’allongent.

Le mois de juin est passé à une vitesse record. Faut dire que nous les profs, c’est le mois où on travaille le plus (lol). J-3 … laisser la maison nickel pour les copains qui viennent y habiter, regrouper toutes les plantes, dernières réunions au lycée, quelques coups de fils à passer. J-2 … ça y est, on y est presque. Les tas à côté des sacs augmentent. Le plein de croquettes pour les chats et le chien est fait. J-1 … il serait temps de boucler nos sacs et de passer le dernier coup d’aspirateur. Il est 18h … on a le temps. Bien sûr, c’est à ce moment précis que 15 étudiants ont décidé de débouler avec le champagne pour fêter les examens. Bien sûr qu’on est content, bien sûr qu’on a le temps … et ils papotent, et ils papotent … et l’heure tourne, et le jour baisse, et les sacs ne bougent pas. Enfin, à 22h … on est LIBRE. On peut finir de se préparer. Réunir les passeports, les billets d’avion, fermer les sacs, prendre les sous, tout laisser nickel … crevés, excités, la tête dans les nuages, on tente de dormir un peu.

Réveil à 4h55 …. C’est fou comme ça passe bien cette petite sonnerie lorsque c’est pour partir en voyage. L’avion est à 6h20, on a le temps. Tellement le temps qu’on part en retard de la maison. On n’a rarement fait les 12 Km qui nous séparent de l’aéroport à cette vitesse ; ça commence bien ! Garer la voiture hyper rapide, prendre les sacs sur le dos, monter l’escalator 4 à 4, courir à l’enregistrement … heureusement, l’aéroport de Pau n’est pas franchement immense. C’est bon, en peut enregistrer. Pau-Delhi … depuis le temps. On est les derniers à passer devant les agents de sécurité. Ce sera la première d’une longue série. Ils me piquent mon briquet au passage, comme si j’allais mettre le feu dans l’avion qui m’emmenait enfin en Inde. Pas grave, j’en avais un autre qu’ils n’ont pas vu. La salle d’embarquement est pleine. Premier appel pour Paris Orly. On ne bouge pas, on va sur Paris CDG. Les gens se lèvent les uns après les autres … la salle se vide … euhhh … il ne reste plus que nous. Aïe. C’est pourtant l’heure pour nous aussi. Qu’est ce que c’est que ce truc ? Inquiets quand même, on demande à une hôtesse si elle a une idée de ce qui se passe. « Mais bien sûr, vos billets sont sur les horaires d’hiver, et là, on est en horaire d’été ». OK. Il ne reste plus qu’à se rassoire et attendre l’avion de 7h20 qui arrivera à 8h45 à Paris. Normalement, ça passe, l’avion pour Delhi embarque à 10h20, on a le temps.

Premier vol, parfait. De très beaux nuages. A 9h, on passe du terminal 1 au terminal 2, et je savoure en prenant le temps une dernière cigarette avant demain matin. On se dirige tranquillement vers la queue qui doit nous amener devant les agents de la sécurité, et là, c’est pas une queue, c’est un tas, une foule, un monde fou. Grève des agents. Un homme au regard de nos billets nous dirige derrière un flot de personnes. Patience, il n’y a plus qu’à attendre. Rassurant, il nous dit de ne pas nous inquiéter, les avions partiront en retard. Soit … sauf que 40mn plus tard, on était quasiment toujours au même endroit, et l’heure avançait très vite. Et pourquoi, sur le côté, une petite queue avance beaucoup plus vite que les autres ? avec des passeports européens en plus. Finalement, on passe sous le cordon, et suivons ces voyageurs plus chanceux. On n’a jamais compris pourquoi, mais cela a marché. Trois quarts d’heure plus tard, on était devant les remplaçants de grévistes qui regardaient l’intérieur de nos chaussures sans trop savoir ce qu’ils cherchaient, et on finit par trouver la porte d’embarquement. Ouf !!! c’est bon, ça va le faire … et on rentre à peine à l’heure dans un avion quasi vide. Il décollera 1h30 en retard, en laissant 20 passagers au sol qui n’ont pu passer les services de sécurité. Après tout ça, un petit coup de champagne s’imposait. Je ne suis pas certaine qu’il fût d’une grande qualité, mais il nous a semblé divin au dessus des nuages.

L’arrivée à Delhi est fidèle à ce qu’on pouvait imaginer. Le premier pas dans l’aéroport, le premier pas en Inde. Des femmes en sari, des hommes en turban, des voitures blanches comme dans les vieux film et tout cela dans une véritable étuve. Je sors, je respire, je hume, je regarde, j’écoute ... une émotion m’envahie. J’y suis. Je suis en Inde. Louloute me rappelle à la réalité pour que l’on trouve de quoi rejoindre l’aéroport domestique pour les vols intérieurs, et on traverse en bus des pistes à n’en plus finir pour se retrouver devant un immense bâtiment en travaux. Il est tard, mais c’est plein de gens, de familles, d’enfants et beaucoup dorment par terre. Il n’y a pas le choix, les chaises sont toutes occupées. C’est pas faute d’avoir essayé, mais impossible de trouver le sommeil. Trop d’excitation et la peur de ne pas se réveiller pour l’avion de 6h30 de Leh. Cependant à regarder tout ce monde, le temps passe vite, entrecoupé de « momo » au poulet à 4h du mat’. C’est comme des raviolis. Vue l’heure, c’était pas mauvais. Sortant régulièrement griller une petite cigarette, je deviens « copine » avec le garde de l’entrée de l’aéroport. Magnifique, l’homme, avec sa barbe et son turban. Il essaye en vain de m’expliquer que le tabac est mauvais pour la santé, et me fait un grand sourire à chaque passage. Il n’a même plus besoin de vérifier le billet et le passeport.

Le vol de Leh arrivera rapidement. La tête en vrac, on embarque vite, et au bout d’une heure dans un ciel cotonneux, on découvre enfin sous nos pieds, à des mètres et des mètres de nous, un spectacle absolument grandiose. Les montagnes. Elles sont là, puissantes, imposantes, majestueuses. Même nos Pyrénées à côté font piètre figure. Des massifs à pertes de vue, secs et caillouteux, entre lesquels se déroulent des rubans verts où il semble y avoir davantage de vie, les quelques vallées fertiles avec celle de l’Indus entre autre, la plus grande.



L’avion se fraye un passage entre les rochers, jusqu’au moment où on a l’impression que l’aile droite va s’en prendre un. Impressionnant ce morceau de cailloux à quelques mètres de l’aile, et belle trouille.

L’aéroport de Leh est surprenant et tient d’avantage du hangar. C’est une base militaire qui ne sert à l’aviation civile que le matin jusqu’à 9h. Après, c’est l’armée. On est entouré d’homme en uniforme, mitraillette au poing, qui n’ont pas franchement l’air d’avoir envie de rigoler. Photos interdites évidemment, mais bien sur, je ne l'ai vu qu'après. Un taxi « prepaid », et on arrive à l’Oriental GH où on attend qu’une chose, celle de s’affaler sur un lit. L’accueil est chaleureux, la chambre vaste, le cadre comme on l’aime avec un grand jardin potager au milieu, et une vue à couper le souffle. Louloute s’enfonce aussi sec dans un sommeil profond. J’essaye d’en faire autant, me tourne, me retourne … impossible. Une seule chose à faire, aller envoyer quelques mails et attendre que mon homme sorte des bras de Morphée.
Pascale.
WA Wapiti74 Veteran ·
Cela ne fait que commencer (n'est-ce pas ?), et je savoure déjà avec délice... Morphée ne voudra pas de moi ce soir !! Je vais me tourner et me retourner d'impatience en attendant la suite... [;)]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
HI Hialle Veteran ·
Deux heures, plus tard, il émerge, les yeux encore en capote de fiacre. Manifestement, les miens ne sont pas mieux. On se regarde, on rigole … bonjour le début des vacances. Deux lavettes.

Histoire de ressusciter un peu, on part à la ville comme si on partait en excursion. On est à 3500m d’altitude, et mine de rien, la marche n’est pas aussi alerte que dans nos plaines. Le souffle est plus court, et la fatigue aidant, on se sent comme deux petits vieux, à la recherche d’un endroit pour manger un coup. Leh est une petite ville tranquille, touristique, mais il y a encore peu de monde début juillet. Il y a tout un tas de boutiques minuscules et poussiéreuses qui proposent des treks, des excursions, du rafting … les activités ne manquent pas à ceux qui ont la forme. Mais pour l’instant, cela nous semble encore inaccessible. Les rues, les gens sont calmes. Peu de bruit, assez propre … rien de ce que j’imaginais de l’Inde. Pas de saris ni turbans, mais l’habit classique des ladakhis. Une grande robe brune, rehaussée d’un foulard. Les traits des visages sont semblables à ceux des népalais. Les pommettes sont hautes et burinées, et les yeux en amande, le visage des peuples d’altitude qui font penser étonnement à ceux des péruviens sur les hauts plateaux andins.

On se pose pour déjeuner, et calamité, on cède à la tentation d’une petite bière avec des momos. Première fois qu’une malheureuse bière nous casse de cette façon. On se sent littéralement haché menu avec le mal de crâne qui monte. Pas grave, on continue notre découverte de Leh à travers les petites ruelles qui nous mènent on ne sait où, mais avec des moulins à prières gigantesques en meilleurs états que les maisons.



Sur les pentes des montagnes, les habitations semblent posées semblables à des cailloux, de la même couleur. Quelques bandes de chiens nous font croire qu’ils nous menacent, et comme on n’est pas très joueurs, on rebrousse chemin. On se retrouve dans la rue des fabricants de chapatis, ces petites galettes rondes qu’ils malaxent comme une pâte à pizza pour la coller ensuite à l’intérieur du four à bois. Un parfum terrible. Et à manger chaud, un régal. La boucherie elle, fait nettement moins envie. Les paysannes du coin s’installent le long des trottoirs pour vendre leur production. La fatigue se fait sentir de plus en plus sérieusement et la tête commence à peser lourdement. Une barre au front devient plus que pénible.

En plus, Leh n’est pas une ville franchement plate, et le moindre escalier nous coupe le souffle. Alors on décide de retourner dormir un peu, juste un peu. C’est terrible, une chambre au deuxième étage dans ces conditions. Ils devraient mettre les voyageurs qui arrivent au rez-de-chaussée. Quelques minutes après, on s’écroule, usés.

Et on ressuscite pour la deuxième fois de la journée pour une montée laborieuse vers le Shanti Stupa de Leh où la vue sur la ville et les montagnes enneigées derrière est superbe. Là encore, on n’aurait peut être pu s’en passer pour la première journée, on nous avait bien dit de ne rien faire en arrivant, mais …

On rencontre deux jeunes réfugiés tibétains de Dharamsala. Ils sont là pour étudier l’astrologie et l’acuponcture et discutons un bon moment avec eux. La nuit tombe vite, et comme des papis mamies, on se couche presque en même temps que les poules. Mais les sinus se bouchent, la gorge est sèche, l’insomnie guette et le mal de crâne est persistant. C’est la fatigue, sans doute ….
Pascale.
GI Gildadesiles Globetrotter ·
j'attends la suite avec impatience d'autant que ce sera peut être notre prochaine destination en Inde
HI Hialle Veteran ·
Fin de "l'acclimatation" ...

Meilleure forme quand même le lendemain pour continuer à déambuler dans Leh. Quel plaisir ! L’atmosphère est hyper sereine, les gens aimables et souriants, le soleil à point. On essaye de regagner le palais qui domine la ville par le chemin des écoliers et traversons des quantités de ruelles bourrées d’échoppes : fabricants de gâteaux, de chapatis, des tailleurs. Les maisons sont toutes pareilles. En terre crue surmonté d’une terrasse et les drapeaux de prières omniprésents. Le vent les balance inlassablement. Plus on monte, plus le contraste est saisissant entre les montagnes arides et caillouteuses et « l’oasis » de Changsa. Trois couleurs dominent : le brun de la terre et de la roche, le vert de la vallée et le bleu du ciel.

Le palais dominant la ville est magnifique.







En travaux, on passera un long moment à regarder les hommes et les femmes travailler le pisée, le bois, charger et décharger avec comme principal récipient une bassine calée sur la tête, le crépis étant lissé à la main sans taloche. La main d’œuvre doit revenir moins cher que l’achat d’une brouette ou de poulies, mais les visages sont exténués et il fait chaud. Pour déplacer un tas de sable d’un endroit à un autre, un homme avec une pelle et un autre tirant une code attachée à cette même pelle pour faciliter le mouvement. A coups de pelletés, le tas se bouge lentement.





Des dédales de couloirs nous mènent de pièces en pièces en plus ou moins bon état, mais qui attestent toutes de la splendeur des lieux à une époque. Dans certaines, des travailleurs dorment, dans d’autres, ils sont en plein boulot ou papotent.

On redescend sur Leh à une vitesse bien supérieur à celle de la montée. Plaisir de prendre le chemin au pas de course et on se retrouve sur Main Bazar à la recherche de boutiques pour enquêter sur les futures courses des petites nonnes. Avec un sens de l’orientation extraordinaire, on fera quasiment trois fois le tour de la ville pour essayer de trouver l’entrée d’un Stupa qui se trouve en son centre. Mais cela permet de continuer à déambuler dans touts ces rues et de découvrir la vie de cette petite ville, de rencontrer les gens et tenter de discuter un peu. Et l’intuition masculine s’est réveillée juste devant une petite ruelle avec tout au bout l’escalier qui mène au Stupa. Une fois, de plus, et je n’ai pas fini de le dire, on a une vue extraordinaire. Jamais la même, les couleurs, les ombres changent en permanence. La ville tranquille en bas, au deuxième plan des montagnes de rochers et au loin les hauts sommets couverts de neige. Dîner en tête à tête sous la silhouette du palais alors que quelques petites lumières s’allument par-ci par-là, et le muezzin qui nous rappelle régulièrement que c’est l’heure de la prière. Comme il y a plusieurs mosquées, cela fait échos, presque comme un canon. Retour dans les rues où les commerçants sont toujours actifs et attendent le dernier client de la journée pour finir dans la nuit noire jusqu’à la GH.

On tente d’attaquer notre deuxième nuit. Le mal de tête continue à monter, doucement mais sûrement. Les heures passent, il n’y a pourtant pas un seul bruit dans cette GH, mais impossible de trouver le sommeil. Plus la nuit avance, plus la tête semble prise dans un étau, et occupe tout l’esprit. Impossible de prendre un somnifère, c’est déconseillé au cas où ce serait le mal des montagnes. Même l’aspégic 1000 ne fait que peu d’effet. Et la nuit, tout est disproportionné. Je savais qu’en cas de MAM, le seul remède est de perdre de l’altitude et ce qui montre comme mon cerveau était embrumé, j’étais prête à descendre du deuxième étage pour aller dormir dans le couloir du rez-de-chaussée de la GH. Bon, mon homme m’en a empêché, mais il n’était pas plus brillant que moi. Pourtant, on ne se sentait pas très inquiet par rapport à l’altitude, pas franchement fragile. On a même douté que nos problèmes viennent de là. Mais maux de crâne + insomnie + perte d’appétit : en plein dans le mille. L’expérience de la montagne au Pérou ne nous avait pas fait ce tour et on se sentait hors d’atteinte. Grosse fatigue, usure ? de plus, quelqu’un de très bien attentionné m’avait assuré que les petits cerveaux ne risquaient rien, ils avaient plus de place que les autres dans la boîte crânienne. Toujours est il qu’on s’est endormi juste quelques heures avant que le réveil ne nous rappelle qu’on n’avait pas fait tout ce chemin pour rester sur un lit.

Pour rassurer ceux qui voudraient partir au Ladakh, on a vu quantité de gens qui n’ont pas souffert de l’altitude. Le lendemain, avec un peu de Diamox, seul remède quand le MAM est bénin comme pour nous, tout est rentré de l’ordre et on a enfin pu profiter pleinement de ce voyage … et l’appétit est complètement revenu.



Pascale.
HI Hialle Veteran ·
Je me rend compte que d'écrire ce petit compte rendu me fait replonger dans ce voyage avec un immense plaisir, me fait retrouver les sensations, les émotions, les ambiances. Alors même si le temps me manque, j'aime bien faire ce petit plongeon certains soirs, quand tout est calme et que la nuit s'avance. Je n'aime pas rédiger. Mais là, ça me plait bien, et si en plus cela peut donner l'envie d'y aller ... Comment trouver les mots justes et que ce ne soit pas "chiant" à lire. C'est aussi pour ça que je vous abreuve de photos, elles parlent mieux que les mots.

Après cette nuit franchement pas géniale, on a eu l’impression de renaître. Une énergie terrible est revenue, sans doute les globules rouges qui se sont démultipliés. Avant de partir à « l’aventure », on est resté aux alentours de Leh à visiter les monastères à l’Est de la ville. Le plus simple, une voiture avec chauffeur, trouvée la veille en allant directement à la sation de taxi de la ville. Pour faciliter les "discussions", les drivers de Leh ont tous des tarifs identiques pour une même destination. Inutile de discuter et tout le monde est content. A 9 heures pétantes, Abbas, qui ne parle que très peu l'anglais vient nous prendre à la GH dans une superbe voiture. Ma 206 ferait triste mine devant elle. Autant en France, on regarde les 4x4 d’un mauvais œil, autant ici, c’est le top. Ok, ça fait pas très routard, mais de ça, on commence à s’en fiche un peu. Le confort, c’est pas mal quand même pour les dos vieillissants. Et comme Chris l’a fait … (lol) … Notre driver est aimable, sans plus, mais il est surtout pressé, ou alors, c’est sa façon de conduire. S’il y a bien un truc qu’il n’aime pas, c’est d’avoir une voiture devant lui, c’est plus fort que lui. Le klaxon, comme dans beaucoup de pays d’Asie, cela veut juste dire « pousse toi ». Et il double, sans trop se poser de question, parfois de façon un peu périlleuse et le visage impassible, mais ça passe.

S’il y a bien une chose dont on ne se lasse pas, c’est les monastères. Comme les églises en Italie. Il y en a pas un semblable à un autre, et pourtant tellement de points communs. L’ambiance qui se dégage, la sérénité est propre à chacun. Que ce soit Shey, Thiksey ou Hemis, ils sont tous à flanc de montagne. En fait, compte tenu de la topographie de cette région, ce serait difficile de faire autrement. Les rares terres plates sont prises d’assaut par l’Indus, et quand le fleuve laisse un peu de place, c’est pour les cultures ou l’élevage. Ne pas gaspiller les terres fertiles pour les constructions.

Ce qui est surprenant, c’est que le phénomène est le même pour nos monastères en France. Ils sont toujours dans des endroits sublimes et des paysages extraordinaires. Sans doute que ça aide pour la méditation ! Toujours est-il que Le Ladakh ne déroge pas à la règle. Les vues sont fabuleuses. Vous ai-je dis qu’on était entouré de montagnes ? Grandes et massives, elles sont toujours là, en fond d’écran.

Autre point commun de ces monastères, ils sont tous en travaux, avec toujours les mêmes outils. Le dos des hommes et la tête des femmes ou des gamins. Sur les dos, des pierres énormes, et chaque travailleur reprend inlassablement les escaliers pour monter son fardeau. Sur la tête, toujours la même bassine remplie de mortier pour monter, et de gravats à la descente. On n’a pas bien compris comment ils s’organisaient ; il y en a toujours pour regarder les autres travailler. Un peu comme chez nous, en somme, mais ils sont loin des 35 heures. En tout cas, pour ces hommes et ces femmes qui participent grandement au fameux miracle indien … respect.

Le gompa de Shey est sans doute le plus petit et le plus intime et il nous étonne par les trésor qu'il recèle. De plus, c'est le premier que l'on voit en dehors de la ville et il s'en dégage une grande sérénité.





Le gompa de Thiksey est peut être le plus beau des trois. Il est habité par une vingtaine de moines. On le devine en arrivant sur sa crête depuis la route, et en contournant le piton rocheux, on découvre un dégradé de constructions en terrasse blanche, terre et ocre. Le temple où prie le gardien a des proportions particulièrement harmonieuses et les murs sont ornés de peintures raffinées représentant la vie de Bouddhas. Un second temple abrite une gigantesque statue toute dorée, de Bouddhas évidemment.









Le dernier des gompa, celui d’Hémis, est le plus vivant des trois. Il est au fond d’une vallée à l’entrée d’une sorte de gorge, comme au bout du monde. Des moinillons courent dans tous les sens, se chamaillent, se baignent dans une petite retenue, et en regardant au loin la montagne, on en distingue quelques uns (le orange et le rouge se distinguent facilement sur la roche) qui montent au sommet. C’est qui grimpent vite, ces gamins. En tongues en plus.









On a le sentiment d’être dans un petit coin de paradis. La chaleur est douce, le décor sublime, et ces petits moines qu’on entend rire dans ce fond de vallée. Combien de fois au cours de ce voyage on dira « putain, ce qu’on est bien ». Dans le petit resto aménagé à l’ombre d’une immense toile blanche, d’autres gamins sont là aussi. Ils ne rient pas, ont l’air triste et leurs habits sont plus qu’usés. Ce sont eux qui font le service. Ils marchent comme des automates et ne communiquent pas avec les jeunes moines qui sont venus manger leur assiette de riz. Deux groupes totalement à part, deux sorts différents.
Pascale.
WA Wapiti74 Veteran ·
Je n'aime pas rédiger. Mais là, ça me plait bien, et si en plus cela peut donner l'envie d'y aller ... Comment trouver les mots justes et que ce ne soit pas "chiant" à lire. C'est aussi pour ça que je vous abreuve de photos, elles parlent mieux que les mots.

Quoi ? Quoi ? Quoi ? Tu n'aimes pas rédiger ??? Et pourtant tu le fais si bien !!! [:)] Avec des mots justes et rien de "chiant" à lire, bien au contraire : Quel délice !!! En plus, les photos sont très belles... et n'étouffent pas tes mots (cela doit faire plaisir à Dolma [;)])

Si j'avais eu tes carnets ladakhis (Chulichan et celui-ci) sous les yeux voici quelques mois, j'aurais été bien en mal de raconter les aventures imaginaires de nos Etranges Voyageurs au Ladakh !!! (ici... cliquer ensuite sur les liens "la suite par ici...") Les recherches que j'avais dû faire alors m'avaient déjà donné terriblement envie de programmer un voyage au Ladakh... te lire ne fait que renforcer ce désir !! Alors, vivement l'été 2009 que je concrétise tout cela !! ... In'ch Allah.
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
BE Beatrices Regular ·
Merci Hialle pour ce beau carnet de voyage et ces photos. C'est vrai que cela donne très envie d'y aller. Mais ce problème d'altitude me préoccupe un peu. Cela semble avoir été juste un mauvais moment très court pour vous, tant mieux.

Je savais bien, en voyant sur la rubrique "carnets de voyages", votre carnet justement, que j'y trouverais une certaine Wapiti, toute vibrante et je l'imaginais déjà en vous lisant se dire : "ok c'est sûr cette fois, j'y vais l'année prochaine" ! C'est dommage que vous n'ayez pas lu l'histoire de Mado et Gérard au Laddak avant de partir car Wapiti avait fait ça très sérieusement avec beaucoup de recherches. Bref, son voyage de l'an prochain est déjà fin prêt et votre carnet ne fait que lui donner encore plus envie d'être en 2009 !!! Euh Wapiti, tu m'emmèneras ????

Bon dimanche Béatrice
WA Wapiti74 Veteran ·
Euh Wapiti, tu m'emmèneras ????

Vouiii ! [:)] mais STP, joue au loto, parce que mon misérable salaire de prof sans heures supp me permettra juste de financer ma place...
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
ML Mlefevre Globetrotter ·
Merci Hialle pour ce récit parfaitement dosé entre images et texte. Tu ne fais qu'attiser mon envie de découvrir le Laddakh! J'attends la suite avec impatience... Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
HI Hialle Veteran ·
Ton récit, Wapiti, c'est du vécu. Incroyable !! on y est en te lisant. autant de monastères bouddhistes typiquement tibétains, aux mêmes particularités : perchés sur des éperons rocheux, précédés d’une cascade de maisons blanches, couronnés de guirlandes de drapeaux de prières qui claquent au vent, abritant d’imposantes et éclatantes statues de Bouddha ou de magnifiques peintures lamaïstes, de précieux manuscrits… De leurs terrasses, la vue est splendide sur la large vallée ici fertile de l’Indus, sur fond de chaîne himalayenne, paysage minéral aux sommets enneigés dans le ciel bleu éclatant. Ils seront éblouis par la richesse des intérieurs et la ferveur des lamas en prières, éblouis par les splendides panoramas offerts.

Et en plus, la photo de la GH que tu as mise, c'est celle où nous étions, reculée de Leh dans son paradi vert.

Merci !!!!
Pascale.
CH Chris06 Veteran ·
[;)] Pascale je te "piste" sur tous les forums tu ne peux pas nous échapper ...[:P]
chris06
PH Phil64 Globetrotter ·
Salut Pascale, je vois que le voyage a été beau... je suis replongé en plein Ladakh car je bosse pour faire un calendrier 2009 Ladakh & Spiti, ton récit m'y replonge tout à fait. On pourrait peut-etre se programmer une soirée pour échanger nos voyages, en Bearn ? D'ailleurs je fais remonter mon carnet aux cotés du tien, car je viens d'être laureat d'un concours. [:)] A bientôt j'espère.
Phil Voyages du bout de mon pinceau...
HI Hialle Veteran ·
Merci Phil ... mais rien ne vaut un bon croquis ! Sans aucune fausse modestie, le jour où je serais lauréate d'un concours de carnet ...... ... je penserai qu'ils se sont trompés [;)]

Ce voyage .... oui ... il fut au delà de ce qu'on imaginait. Vraiment fabuleux !

Pour une soirée en béarn, oui, il va faloir y arriver depuis le temps, et je connais une mamina64 qui serait heureuse d'être de la partie [:)]
Pascale.
VA Val38 Regular ·
Bonjour Pascale,

Ton récit est passionnant à suivre, j'attends la suite avec impatience d'autant plus qu'il me permet de replonger dans mes propres souvenirs (j'étais au Ladakh en août 2004 durant 4 semaines).

Au passage, bonjour à Wapiti !

Valérie
blog : http://voyagesetcouleurs.over-blog.com/ galerie photo : http://www.flickr.com/photos/30330916@N02/collections/ livre : http://fr.blurb.com/bookstore/detail/2200703
DO Dolma Globetrotter ·
Elle a raison Wap' [:)] j'apprécie les photos dans ton carnet parce qu'elles ne viennent qu'en support d'un texte pas du tout "chiant" à lire mais au contraire très plaisant -et très intéressant ce qui ne gâche rien !

C'est vrai que je préfère (serais-je têtue ?) lire plutôt que voir ! Je fais une exception pour les albums de Marie -je dis bien albums, que je savoure toujours avec une grande curiosité ! C'est tout.

Donc chère Pascale, j'attends les prochains épisodes et que je les suive de loin et en décalage ne changera rien à mon plaisir !

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MA Mamina64 Veteran ·
Et voilà comment on se retrouve autour d'un carnet savoureux et pour lequel il ne va pas falloir nous faire trop languir... n'est-ce-pas Pascale ? Le passage chez les petites nonnes nous avait mis l'eau à la bouche, il manquait tout le reste ! Oui, il est grand temps qu'on se boive un petit "chaï" ensemble... Bises à tous et toutes... et à Louloute aussi au passage !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
HI Hialle Veteran ·
Merci mamina64 ... Dolma, j'ai mis les photos à la fin pour ne pas encombrer la lecture [:)] Pour rassurer Béatrice, on a vu plein de gens qui n'avaient pas eu les mêmes problèmes d'acclimatation que nous. Mais on était particulièrement crevés en partant pour ce voyage.

Enfin une bonne nuit sans maux de crâne. On est sauvé et prêt pour partir quatre jours. Nurbo, notre driver, vient nous chercher avec sa superbe voiture. Impossible de dire la marque, on s’en fiche et je l’ai oubliée. Une grande voiture juste pour nous trois et on se sent un peu comme des pachas, mais ça nous change des voyages en bus locaux. Nurbo est très chouette. Un grand sourire permanent, un rire sonore, un anglais aussi approximatif que le notre ce qui nous suffira pour discuter avec lui de tout et de rien. Il aime la musique à fond et du haut de ses 26 ans, il a bien l’intention de nous faire connaître les jeunes groupes ladakhis et népalais. Il passera son temps à se mettre en quatre pour que tout se passe au mieux pour nous, et sera inquiet à chaque fois qu’on partira en balade. Il aime négocier les prix pour nous sans qu’on veuille le lui demander, avec toujours ce petit geste de la main qui nous signifie de rester en retrait. C’était un plaisir, tout ce temps avec lui.

Voilà, c’est parti. Premier arrêt au monastère de Spituk, perché en haut de sa colline et surplombant une zone militaire impressionnante par sa taille (on en verra quantité tout le long de ce voyage au Ladakh, le Pakistan est proche). La route est étonnante pour une « nationale » très fréquentée mais elle est belle et le paysage toujours aussi remarquable. A moitié de la piste par endroit et une présence militaire très marquée, je ne sais pas combien de camions de soldats on a croisés.

On arrive sur un flanc de montagne qui domine l’endroit où la rivière Zanskar rejoint l’Indus. Pour ceux qui auraient vu les photos de Chris, on voit deux rubans bleus qui se mêlent ensemble. Pour nous, ce sera deux rubans d’une eau beige-grise très vaseuse. Les pluies récentes leur font transporter des tonnes de limons, l’eau est chargée et le courant semble violent. Curieux sentiment d’être dans un lieu où des rivières au nom mythique ne font plus qu’une.

Autre monastère, autre cadre, celui de Basgo encastré sur son piton, à moitié restauré et où les tours en pisée se confondent avec les montagnes. Je ne vais pas tous vous les raconter en détail. Il y en a trop, vous en aurez marre et vous n’aurez qu’à y aller. Mais dans celui-là, j’ai vu les plus beaux « cabinets » de ma vie. Une porte en bois marquée « Toilet ». On la pousse pour arriver dans une petite pièce de 2m sur 2, toute en terre du sol au plafond. Au milieu, juste un petit trou donnant au dessus d’une fosse invisible et inodore. Reste à se mettre au dessus, à faire ce qu’on a à faire, et devant soi … une large ouverture dans le mur, sans carreau et donnant sur la paroi rocheuse d’en face. Un spectacle tellement époustouflant qu’on en a du mal à se concentrer. Il y a des moments comme ça où tout devient magique.

De nouveau la route en piteux état. Il fait chaud, il y a beaucoup de poussière et à chaque arrêt, Nurbo passe le chiffon sur la carrosserie. Petit tour à Likir au fond d’une gorge verte, troisième monastère de la journée et on se surprend à ne même pas en avoir marre tellement l’atmosphère de chacun lui est propre. Celui-ci à une partie très rudimentaire et l’autre assez moderne avec un intérieur sublime, des fresques remarquablement bien conservées tellement l’air est sec. A chaque fois, c’est la même surprise à la vue des trésors cachés là, dans ce bout du bout du monde. Un jeune moine vient nous voir et nous tient la tchat pendant un bon moment, il veut améliorer son français, ce qui est rare ici. En général, c’est plutôt l’anglais. Il nous parle de son village et de ses 130 maisons, de la vie l’hiver, des touristes de passage plus ou moins sympas. Il est content d’échanger un peu.

La route d’Alchi monte en serpentant et se dégrade au fur et à mesure des Km. Elle devient carrément une piste et il est particulièrement difficile de croiser un bus, particularité de la majorité des routes du Ladakh. A chaque fois, c’est une véritable prouesse de Nurbo qui nous étonne toujours. Il est hyper prudent et calcule ses virages au millimètre près, klaxonne sous la main, tout en chantant. La bonne humeur en personne.

L’arrivée à Alchi est vraiment sympa. Petit village de paysans dominant l’Indus, calme et serein. Nurbo nous marchande une GH. Il met un point d’honneur à chaque fois et on le laisse faire. Il est trop content de nous arranger et nous envoie de grands clins d’œil malicieux. Et après ces éternelles discussions, on boit toujours ensemble le thé comme pour sceller quelque chose. Il ne veut jamais autre chose, même pas une bière.

Pendant qu’il retrouve des copains à lui, driver aussi, on part faire le tour du village. D’abord, se tremper les pieds dans l’Indus, cette eau froide et boueuse, impétueuse, déferlant à toute vitesse entre les parois en faisant un bruit terrible. On peut rester longtemps assis sur les cailloux à contempler ce spectacle. C’est comme le feu, l’œil est capturé. Mais mon homme étant fils, petit-fils … de paysans, ça le démange d’aller se promener dans les champs et de voir un peu ce qui pousse et ce qui se récolte. On rencontre une famille, les parents et leurs trois filles en train de couper à la faucille un champ de luzerne. On papote un peu, mais ils ont du boulot et on risque de les retarder. Impossible de rester planté là à les regarder, alors on prend chacun notre tour la faucille que le père nous affûte avec sa pierre et on se met au travail, à quatre pattes par terre. Au début, c’est très « rigolo ». D’une main, on saisit une touffe d’herbe, de l’autre on coupe en tenant le manche de l’outil fermement. Le geste doit être sec, vif et précis. Inutile de s’amputer un doigt, l’hôpital est loin, mais on veut aller à la même cadence que les filles et il ne faut pas mollir. Au bout de 20 mn, le poignet s’ankylose, le dos n’est plus d’accord … mais impossible de s’arrêter, on n’a pas voulu faire semblant de travailler et s’arrêter nous ferait passer pour des charlots. Un peu d’orgueil quand même. Avec Louloute, on s’échange la faucille. L’un coupe pendant que l’autre fait les bottes, les attaches avec de longues tiges et les mets en tas avant qu’elles soient ramenées ensuite sur le dos des filles.

Au bout d’un certain temps, le père prend pitié et nous dit d’arrêter. Il n’a pas eu besoin d’insister longtemps. Alors les filles nous demandent de les prendre en photos, et on leur donne l’appareil pour qu’elle se prennent elles mêmes et se regardent ensuite. Séance de fou rire, et elles finissent rapidement par bien cadrer l’image. Ils nous invitent à dîner pour le lendemain, mais on sera reparti. Dommage.

On les quitte en remontant le village par les terrasses et débouchons sur un champs d’orge où une vieille femme et probablement deux de ses filles arrachent la céréale. Le première chose qu’elles font en nous voyant est de nous proposer une tasse de thé. Difficile d’imaginer ça ailleurs. Papote sur la culture, séance de photos à leur demande avec les enfants qu’elles sont allées chercher, échange d’adresse pour leur faire parvenir les clichés. C’est difficile parce qu’elles ne savent pas écrire, et leur copine n’écrit que le ladakhi. Une des femmes donne le sein à son enfant devant nous et se fait interpeller par sa copine qui lui jette un foulard dessus pour le cacher. C’est étrange comme ces moments passés avec des inconnus qui ont des façons de vivre à des milliers de lieux des notres sont toujours intenses. La même curiosité discrète vis-à-vis de « l’autre » nous anime.

On revient au centre du village par la piste principale qui est pleine de monde. Des gamins jouent en se lançant des pierres et se faisant engueuler par les plus vieux, de vieilles femmes portent sur leur dos des masses impressionnantes de luzerne pour leurs bêtes, des hommes rentrent de chantier de construction … une femme, superbe, coupe de l’herbe et arrachent des chardons sur les bas-côtés avec ses neveux et nièces. Même chose, elle nous demande de la prendre en photo pour qu’on lui envoie ensuite. C’est confortable de prendre des gens qui le demandent. On ne sent pas gênés et eux sont contents.

Alchi est un village possédant une gompa des plus raffinées et des mieux préservée du Ladakh. Sa particularité est aussi d’être la seule à se situer sur un terrain plat. On la verra le lendemain. Mais les meilleurs souvenirs qui resteront sont ces rencontres dans les champs.

Les zones militaires envahissantes.



Les rivières ne font plus qu'une.

Toujours les zones militaires.

Les tours de pisées défient la montagne.

Route ou piste, on ne sait plus trop.

Gamins rentrant de l'école.



L'Indus tourbillonnant.

Comment se croiser ?

Récolte de la luzerne.

Les filles se prennent en photos.

Femme dans l'orge.



La femme au "chardon".

Les plus beaux "toilettes" de ma vie.
Pascale.
WA Wapiti74 Veteran ·
Merci Pascale de continuer à me (nous) faire rêver... [:)]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
NI Niclaude Regular ·
Quel bonheur de suivre ce voyage que je ne ferai jamais...

Ton récit est tellement détaillé que j'ai l'impression de suivre vos pas...

Les photos sont superbes et enrichissent un texte fluide.

Enfin... que du bonheur ! Un grand merci Pascale... j'attends les prochaines aventures !
Nicole
GI Gizmo94 Veteran ·
Merci pour ton récit qui me plonge dans cette région que je rêve de découvrir et j'attend la suite avec impatience.
Ma galerie de photos https://www.flickr.com/photos/31509204@N06/albums
HI Hialle Veteran ·
Direction Lamayuru sur une route exceptionnelle, poussiéreuse et toujours en aussi mauvais état. Les montagnes défilent, jamais les mêmes. Parfois du rocher graisseux, parfois de gigantesques tas de cailloux qui dévalent régulièrement les pentes abruptes, d’autres fois du sable couleur d’or comme compacté et sculpté par le vent et l’eau. Les nuages font des ombres chinoises dessus et mettent en valeur le relief impressionnant. La route navigue entre des gorges très resserrées et des vallées plus larges, mais on a toujours la même inquiétude quand on croise un camion. A une demie heure de Lamayuru, arrêt obligatoire, le temps qu’un bulldozer déblaie la route d’énormes éboulis rouges. C’est tout un pan de montagne qui a dévalé et à voir le dessus, tout le reste ne demande qu’à descendre. Des tonnes de caillasse sont déversées dans le vide en contre bas vers la rivière avec des rochers gros comme des maisons qui par miracle passent entre les quelques poteaux électriques. Au bout d’une bonne demie heure, les files de voitures s’ébranlent pour passer dans le petit passage dégagé par les hommes.

On quitte la vallée de l’Indus pour la très étroite vallée encaissée de Sangeluma et la montée est vertigineuse. Nurbo est toujours un as du volant, prudent. Il négocie à merveille les croisements de véhicules et on se retrouve sur une voie surplombant des gorges fabuleuses. Soudain, on voit comme une apparition, des falaises couleur crème puis des cirques ravinés de la même couleur qui tranche et donne une clarté saisissante avec le coucher du soleil. Des sortes d’énormes meringues, ou comme des œufs à la neige sur lesquelles on aurait envie de monter, des gros tas d’argile tout arrondis.

Passé ces énormes monticules, Lamayuru, perché sur sa montagne. Sublime spectacle avec ses maisons encastrées dans la roche. Peu de touristes, beaucoup de ladakhis et surtout des « petits » vieux agitant leur moulin à prière. En sortant pour rejoindre la gompa, on se trouve au pied des falaises de tuff sur lesquelles quelques maisons essayent de tenir debout tant bien que mal. Epoustouflant, avec en arrière plan, cette montagne vestige d’un ancien lac, aux allures de meringues. La montée pour rejoindre le haut du village est raide, et la moitié des maisons est en piteux état. Dans la gompa, de nouveaux des trésors cachés et on suit un groupe de villageois à la queue leu-leu qui nous précède et se courbe devant tous les objets de leurs divinités. On tente de monter encore au dessus du village pour voir cette piste qui semble monter au ciel, ou simplement au col. C’est la route de Srinagar, encombrée de poids lourds multicolores roulant très doucement, klaxonnant à chaque virage. Les parois qui l’entourent ressemblent aux monticules qu’on obtient quand on fait couler de la main un mélange de sable fin et d’eau sur la plage ; quelque chose qui tient, mais qui est extrêmement friable et qui donne le sentiment qu’il sera emporté à la première pluie. Au pied de ces monticules, de curieuses maisons, à moitié troglodyte, qui se confondent avec cette espèce de terre qui les porte et qui les constitue. Cela ressemble à un village dans le sud de l’Andalousie où l’on avait vu un violent orage emporter des tonnes de terre et lessiver les façades de ces maisons fragiles comme des châteaux de sable. Le soleil se couche doucement en faisant jouer la lumière sur Lamayuru, et après un rapide dîner, on redescend sous les étoiles et à la lumière de la lune dans le bas du village.

Impossible en repartant le lendemain de ne pas aller escalader ces meringues d’argile. Le soleil est chaud, bien accroché au ciel et leur donne une autre couleur que la veille. Il écrase ces mamelons, mais à les grimper, punaise qu’ils sont raides. On a l’impression de marcher sur une autre planète. Les gens du coin appellent ces « choses » des forces de la nature « terre lunaire » et ça ressemble bien à ça. Le dessus est très étrange, tout doux, tout en rondeur, avec des crevasses, des trous, des failles tous les trois pas, séparant de grosses protubérances bourrées de terriers de lapins. Rien ne pousse dessus et rien n’arrête la chaleur. Tout en grimpant le plus haut possible pour dominer la « chose », on imaginait un violent orage arrivant par surprise. Ce serait alors une véritable patinoire dangereuse à souhait et le moindre pas deviendrait impossible. Ne resterait plus pour descendre qu’attendre que ça sèche complètement. Coup de bol, il fait beau et on peut rejoindre Nurbo qui nous attendait, sans impatience, inquiet quand même. Il n’aime pas nous savoir partir sans trop connaître le chemin, mais il a fini par s’y habituer.

En cours de route, Nurbo vérifie la pression des pneus. Halte qui nous change des arrêts d’autoroute. Un pseudo garage avec un mécano qui a l’air d’être capable de réparer n’importe quel souci mécanique, et une minuscule boutique où on prend un thé brûlant. Un peu plus loin, deux femmes sont en train de laver des navets pour les vendre ensuite sur le marché. On papote un peu par geste, elle propose de nous les faire goûter crus ce que l’on refuse avec « délicatesse », et nous demande de les prendre en photo pour leur renvoyer ensuite. Ne reste plus qu’à leur poster.

Et la route défile de nouveau en sens inverse montrant le paysage sous un autre angle. Même arrêt que la veille, au même endroit pour cause de route « encombrée ». Les ladakhis repoussent inlassablement la montagne qui s’effrite et s’effondre sur la route. A coup de tractopelles et à dos d’homme, ils la dégagent, sachant qu’il faudra recommencer le lendemain. Et le défilé des voitures, des motos, des chevaux s’arrête ; attend ; observe ; et repart dans la pagaille. Tout le monde veut passer en même temps là où il n’y a de place que pour un seul véhicule. Nurbo, patient, se met sur le côté, attend que tout le monde y aille et quand il n’y a plus personne, reprend la route, tranquille, en chantant.

Arrêt impératif !

Gorges sur la route de Lamayuru.

Premier spectacle des meringues.

Lamayuru sur son rocher.

Jeu de lumière.

Ruelle de Lamayuru.

Route vers Srinagar.

Sommets omniprésents.

Châteaux de sable.

Maisons et roche mêlées.

Promenade lunaire.

Les laveuses de navets.

La route se dégage à dos d'homme.

Tout le monde passe.
Pascale.
WA Wapiti74 Veteran ·
... et à chacun de tes morceaux de carnet ladakhi... la magie et la beauté montent d'un cran... jusqu'où ??!!?? [:P]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
CL Claudie74 Regular ·
Grand merci pour ce voyage : je suis allée plusieurs fois au Ladakh et j'ai été envoutée par ce pays, la gentillesse de ses habitants . Malheureusement, je ne pourrais y retourner, ayant interdiction de séjourner au-dessus de 2000 mètres d'altitude depuis un accident cardiaque) ce voyage par procuration reactive l'émerveillement grâce à ce récit et les photos très évocatrices de l'ambiance de cette région de l'Inde.
chacha
HI Hialle Veteran ·
On avait assez peu préparé ce voyage, mais dans les envies, il y avait ce petit village de Tar dont Chris nous avait parlé, niché dans sa montagne juste sous le col de Tar La, à quelques heures de marche de la route.

A l’embranchement du chemin, Nurbo nous dépose et avant d’attaquer la montée, on se prend une petite soupe de nouille au bord d’une rivière au bruit fracassant. Quelques chapatis tout chaud cuits sous nos yeux, mieux qu’un gâteau de pâtissier. Nurbo nous regarde partir avec un grand sourire. S’il y a bien un truc qu’il ne comprend pas, c’est pourquoi on va marcher comme ça pour aller dans des villages qu’on ne connaît pas. On a bien essayé de lui proposer de venir avec nous, mais la marche, c’est vraiment pas son truc et il préfère rester à l’ombre dans sa voiture en écoutant de la musique et piquer un p’tit roupillon.

On commence par franchir l’Indus qui dépote un maximum sur une passerelle un peu branlante. Ceux qui ont le vertige, s’abstenir. Sur le bord des rives, des hommes et des femmes travaillent à la consolidation des berges dans des conditions plutôt périlleuses. L’inspection du travail aurait du boulot dans ce pays. Comme dans tous les chantiers de routes au Ladakh (hyper nombreux), les ouvriers se logent à proximité sous des tentes relativement sommaires. Quand de loin on aperçoit de grandes voiles blanches en forme de parachute entourant un mât, c’est qu’il y a des travaux. Quelques feux par-ci par-là pour se faire la popote, et les journées semblent se dérouler en alternant travail, repas et sommeil avec ces pics permanents en toile de fond.

Le chemin pour Tar démarre relativement tranquille, sous des arbres longeant un torrent. La montée fait un peu idyllique. Une douce chaleur, l’ombre des arbres, l’eau qui court et de temps en temps, un homme qui fait la sieste au bord du chemin. On arrive à une sorte de grand plateau très vert, avec quelques chèvres, moutons et leur bergère ; et en fond de vallée une gorge très étroite dans laquelle on s’enfile. Les parois sont vertigineuses, les rochers nous arrivent aux pieds et la cascade fait un boucan d’enfer. Le chemin est hyper bien entretenu, pas très large, mais praticable et manifestement très emprunté. C’est le seul lien entre les gens du village et le reste du monde et on se demande si on arriverait à vivre là haut, loin de tout. Pas de médecin, pas de commerce, pas d’Internet (lol) … et coupé de tout les mois d’hiver.

Au bout de quelques heures, les premières terrasses de Tar apparaissent et on arrive sur le chantier d’une maison en construction. Cinq hommes y travaillent, empilant les briques en pisée avec un liant de terre, juste de la boue en fait. Ils nous accueillent avec de grands sourires et « Julle, julle » lancé avec force et nous font visiter les différentes pièces qui commencent à se dessiner. On rigole avec eux, on papote toujours par mime, on monte quelques « parpaing » de terre en respectant les niveaux et le fil directeur et ça les fait rire. Ici, la maçonnerie est un truc d’homme. Les femmes se contentent de leur apporter le mortier dans les bassines sur la tête.

Je ne sais pas si ces hommes ont eu peur qu’on monte mal les murs, toujours est-il que rapidement, l’un d’entre eux insiste pour qu’on le suive jusque chez lui pour nous offrir le thé. Il abandonne le chantier et ses compagnons et nous emmène au village dans sa maison à travers les terrasses de sampa (orge) et de matha (pois). La première chose que l’on voit, c’est son potager. Superbe ! Des choux, des carottes, des navets … alignés comme des soldats. Manifestement ce n’est ni les limaces ni les chenilles du chou qui les embêtent et on a une pointe d’envie en pensant à toutes ces bestioles qui adorent le climat béarnais et nos salades.

La maison est très simple, 2-3 pièces pour toute la famille et un toit terrasse pour faire sécher le foin. On rentre dans la pièce principale qui tient lieu de salle à manger, de salon et de cuisine. Tout est parfaitement ordonné. Le poêle trône au milieu faisant office de fourneau et de chauffage l’hiver, sur des étagères, parfaitement rangés, de grands récipients en cuivre pour conserver les aliments et des pots en fer blanc. Quelques photos, quelques ustensiles de cuisine et des coussins. Son anglais est limité, la discussion aussi ; on boit le « milk –tea » ensemble avec quelques biscuits et de la farine de sampa. La maison a un panneau solaire qui donne un peu d’énergie, et quand je lui montre ma lampe de poche à dynamo manuelle, il très intrigué et fait tourner la manette vivement ; ça le fait rire. Il semble heureux de nous accueillir, on se sent presque gênés. Perché au fond de sa montagne, il aurait eu davantage à offrir, il l’aurait fait. Alors il nous montre les photos de sa femme et de ses 3 enfants et nous propose d’aller les retrouver dans le champ où ils travaillent. C’est parti à travers le village pour rejoindre avant les champs le gros moulin à prières tout rouge qui trône sous son abri. Un vieillard tout ridé égraine son chapelet et relance régulièrement le moulin en psalmodiant. Sa femme arrive, puis une autre avec un enfant sur le dos, puis la sœur, les cousins, les cousines … et on se retrouve entouré de ce qui semble être une grande famille. Chacun semble avoir un lien de parenté avec son voisin. Toujours la même demande de séance de photos avec les adresses pour les renvoyer. Ce petit jeu est toujours sympa. Il y a ceux qui rient, ceux qui se tiennent au garde à vous, ceux qui se cachent, ceux qui veulent être devant ... tout le monde rie.

La sœur du maçon, Tsewang, insiste pour nous inviter chez elle boire le thé, alors on reprend des petits chemins enjambant les minuscules canaux d’irrigation, suivi d’une bande de gamins. Ella a 18 ans et a envie de parler avec ces touristes de passage. On marche moitié dans l’eau, moitié au sec jusqu’à sa maison devant laquelle sa mère fait la lessive. Elle foule au pied avec une énergie terrible une couverture dans une sorte de bassine creusée à même le sol au milieu du chemin et recouvert d’une bâche. Elle semble bien plus timide que sa fille.

La cuisine de la maison est plus spacieuse que la précédente, moins sommaire, mais avec les mêmes objets. Toujours ces grands pots en cuivre, alignés soigneusement derrière une vitre, et l’électricité solaire. Il y a même un téléphone ce qui finit pas nous étonner dans ce lieu. Le poêle, au centre de la pièce, magnifique, sur lequel elle met l’eau à chauffer pour le thé. Même rite que tout à l’heure, le thé, les biscuits et la farine de sampa qui donne un goût assez particulier.

Tsewang est étudiante en art à Leh et elle vient passer les deux mois de vacances à Tar. Elle n’a pas envie de venir y vivre plus tard et voudrait trouver un boulot dans le business. Son père est chauffeur de poids lourd sur la fameuse route Leh-Manali-Delhi et repensant à toutes ces carcasses de camions qu’on voit régulièrement dans les ravins, cela fait froid dans le dos. L’hiver, tout s’arrête, il n’y a plus grand monde qui travaillent, les cols sont pour la plupart fermés et les températures descendent couramment en dessous de -20°C. Les vents violents du Ladakhs créent d’énormes congères, c’est la paralysie quasi totale et les gens restent chez eux. Aucune maison n’a de chauffage si ce n’est le poêle dans la pièce principale et tout le monde y passe sa journée pendant ces longs mois. La mère est curieuse de savoir comment se passe l’hiver chez nous. Difficile de lui raconter que lorsque le chauffage donne une température inférieure à 17°C dans la maison, je me caille, et qu’il fait rarement moins de -5°C. La neige ? des quantités de gens sont heureux de la voir tomber dans les stations de ski.

Echange d’adresse, on se dit au revoir, contents de s’être croisés pour ce court instant de partage.

La descente sera rapide, la tête pleine d’images. Un vent très violent se lève, d’énormes bourrasques font balancer les arbres dangereusement, le ciel est noir. On retraverse les champs, l’odeur de la coriandre envahit l’air.

On retrouve Nurbo, notre super driver, assoupit dans la voiture qui nous attend. Un petit « black tea » avec lui et c’est reparti sur la route chaotique de Likhir.















Pascale.
DO Dolma Globetrotter ·
Pasacale, j'ai bien hâte de faire un bout de route chaotique vers Likhir en compagnie de tes mots [:)]

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
WA Wapiti74 Veteran ·
Hmmm ! Que de magnifiques rencontres si bien racontées ! On y est avec toi. [:)][:)][:)]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
MA Mamina64 Veteran ·
En voilà un voyage ... prendre son temps, en voir moins peut-être mais le voir mieux, rencontrer le regard des gens, travailler et rire avec eux, faire un peu d'effort pour arriver au bout du chemin et au retour... savoir le partager... Merci Pascale !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
HI Hialle Veteran ·
Aujourd’hui, le temps est bien maussade. Le ciel est gris et la chaleur est partie. Une pluie fine est tombée toute la nuit et la neige a blanchi tous les sommets alentour. Le monastère de Likhir semble écrasé par ces masses énormes. Curieuse impression en plein juillet. En même temps, on est content de ne pas avoir emmené nos polaires pour rien, elles qui prenaient tant de place dans les sacs. Au moins, on les aura utilisées. On reprend la voiture, admirant une dernière fois cette petite vallée sous les nuages.

La route est toujours aussi merdique et on s’y habitue bien. Toujours le même sourire devant ces panneaux ladakhis encourageant les conducteurs à la plus grande prudence avec des messages on ne peut plus incitatifs. On file vers Sumdo, en longeant le Zanskar. Le passage est étroit et les eaux boueuses de la rivière sont particulièrement agitées. Les montagnes sont toujours aussi abruptes et il n’y a guère de place que pour le Zanskar et la route. La vallée est sombre, les couleurs dans les marrons gris, avec quelques taches vertes de temps en temps. Petit arrêt pour voir descendre des rafteurs dans les eaux tumultueuses. Franchement, on ne les envie pas. Il fait frais, une petite bruine arrose tout sur son passage, et le courant est violent, mais ils ont l’air contents dans leur coquille de noix au raz de l’eau.

Sumdo est un village minuscule qu’on voit à peine ; seulement quelques maisons en bord de route et une grande tente blanche faisant office de resto. Dans un virage en ressortant, une belle piste démarre et s’enfonce dans la montagne. On avait repéré sur la carte des villages blottis tout en haut, à quelques heures de marche, mais Nurbo était inquiet de nous laisser partir sans chemin très bien balisé. Longue discussion entre lui, une vieille femme et un muletier à laquelle il ne tient pas à ce qu’on participe. Toujours le même petit geste de la main l’air de dire : laissez, je m’en occupe. La femme dit que le village où on veut aller n’existe pas, le muletier dit qu’il est trop loin.

Finalement, malgré le temps plus que maussade, on décide de partir et empruntons la piste sans se rendre compte qu’un petit chemin part sur la droite, enjambant la rivière par un tout petit pont, et continue de l’autre côté de la rive. La montée est tranquille et régulière. Le bord du ruisseau est bordé d’arbres, mais plus on monte, plus curieusement il s’élargit. L’environnement est très minéral et encaissé. Au bout d’une heure, on voit au loin un nuage de poussière. Surprise, c’est juste un tractopelle qui est en train de tracer la piste sur laquelle nous sommes à flanc de montagne. Après, plus rien. Du coup, on se rend compte que le chemin à prendre est de l’autre côté de la rivière qui nous paraît infranchissable. Finalement, on finit par trouver une passerelle branlante qui nous emmène de l’autre côté, à quatre pattes. Une fois de plus, les gens sujets au vertige, s’abstenir. Si on avait correctement regardé la carte, ç’eut été facile de ne pas se planter, mais les cartes, sous la pluie, c’est moyen, alors on suit l’instinct.

Je rêvais doucement et silencieusement de ne pas trouver de pont pour franchir cette rivière. En face, pas d’alternative, monter à la verticale sur ce chemin raide, très raide et caillouteux pour aller dans les nuages. On doit se situer autour des 4200m et le souffle est court. C’est pas compliqué, il suffit d’aller doucement. De toute façon, aucun danger, j’allais pas courir.

C’est parti ! on monte, on monte … en voyant au loin la pelleteuse traçant sa route devenir de plus en plus petite. Ce qui est bien dans les montées, surtout quand elles sont aussi raides, c’est que le paysage change à vitesse grand V, et de nouveaux sommets apparaissent de minutes en minutes entre les nuages. Une heure après, une petite ferme où on aurait bien fait une pause. On a beau crier « julle, julle », personne. Alors on continue notre progression. Le cœur prend le rythme et s’emballe moins. Rien d’autre à dire que « bon dieu que c’est beau ». On se sent seul au monde à pouvoir jouir d’un tel spectacle. Le chemin débouche sur une sorte de promontoire avec mâts et drapeaux de pières. Autant la montée était très minérale, autant on se retrouve dans un petit jardin d’Eden. C’est vert à souhait.

En théorie, pour aller au village, on devrait filer sur la gauche en devers de la paroi. Le chemin en face semble aller nulle part, et c’est la grosse interrogation. Entre une carte et le terrain, c’est jamais pareil. S’il y a bien un truc que je n’aime pas, c’est marcher en devers sur un flanc de montagne avec le vide au dessous. Toujours la même pétoche. Louloute passe devant pour me montrer que cela ne glisse pas, mais évidemment, je n’avais pas voulu prendre mes grosses chaussures de montagne et je n’ose pas trop râler. Et le pire, c’est qu’il faudra faire la même chose en sens inverse. Nouvelle vallée sur la droite qui monte à un col, mais point de village. Sur la carte, il devrait être là ! Courageux, l’Homme part devant pour examiner le parcours, mais revient bredouille. Manifestement, il y a encore beaucoup de marche avant de rencontrer âme qui vive et le temps se gâte. Si la pluie se renforce, certains passages de l’aller deviendront dangereux. Il n’y a plus qu’à rebrousser chemin et rassurer Nurbo.

La descente est presque aussi rude et vertigineuse que la montée, à se demander comment on a fait. Les genoux et les cuisses souffrent.

On se retrouve devant la maison croisée à l’aller, mais là, deux splendides vieillards sont là, à l’abri de la pluie, à bricoler. Impossible de dire leur âge, ils ont au moins trois dents chacun. Ils nous proposent d’entrer chez eux, et après une certaine réserve polie, on rentre. Même si le temps est sombre à l’extérieur, nos yeux ont du mal à s’habituer à la pénombre intérieure. Une maison toute en terre, à leur image, le feu au milieu crachant sa fumée par un trou dans le toit après avoir tout enfumé, les ustensiles classiques de cuisine et toujours les mêmes pots en cuivre alignées soigneusement.

La femme jette quelques brindilles sur le feu et met de l’eau à chauffer. Elle nous offre deux grands verres de thé au lait chaud et sucré. Un régal, puis elle prépare des tasses avec un thé bien noir, dans lequel elle rajoute un gros morceau de beurre rance de yack … et nous les donne. Je goûte … finalement, c’est pas mauvais. Louloute goûte et me regarde. Il dit l’air de rien qu’il a l’impression de boire du roquefort liquide, et je lui réponds qu’il n’a pas le choix et qu’il est obligé de tout boire. Je roule une cigarette pour leur offrir, il l’a prend et l’allume aussitôt, tousse un peu, et se la garde pour la finir plus tard. Nos papi-mamie ont l’air tellement contents. Heureusement, on a toujours plein de petits cadeaux dans le sac pour ce type de rencontre. Notre papi sort de sa poche avec précaution un sac en tissu dans lequel il a des pierres du Zanskar, de beaux cristaux colorés et transparents comme de l’eau. Il veut nous les vendre, on lui achète sans même imaginer les marchander et aujourd’hui encore, je les regarde avec les yeux qui brillent en pensant à ce moment unique.

Ils ne parlent pas un mot d’anglais et on n’a pas pu vraiment discuter, mais on les imagine tous les deux l’hiver, entourés de neige et par des températures glaciales, coupés de tout. On imagine s’il y en a un des deux qui tombe malade. La femme commence à éplucher un chou en nous faisant comprendre qu’ils nous invitent à déjeuner, mais il est impossible de rester. Ces gens qui ont peu de choses voudraient le partager et on n’ose pas, et surtout, le temps est menaçant et il reste encore du chemin. A regret, on se quitte. Ils nous accompagnent sur le pas de la porte, et nous suivent du regard pendant la descente.

Rien que pour ces quelques instants, cela valait le voyage. Le retour se fait sous la pluie, un sourire béat aux lèvres. Le tractopelle continue imperturbablement sa piste dans la montagne, Nurbo est toujours là avec sa musique …..

























Pascale.
DO Dolma Globetrotter ·
Rien que pour ces quelques instants cela valait le voyage

Et moi je dis : rien que pour ces quelques grimpées, descentes, crapahutages, trouilles et vertiges, cela valait bien d'attendre 1 mois avant de te lire à nouveau Pascale [:)] !

Nurbo est toujours là et... moi aussi, alors à bientôt pour d'autres aventures, ok ?

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
HI Hialle Veteran ·
Merci de ta réponse, Patand, Aller au ladakh en hiver, là, j'admire. C'est intéressant de connaître cette région sous cet angle, tellement différente d'une saison à une autre. En ce moment, lorsque le mauvais temps réapparaît, je me demande souvent comment ça se passe là bas, où en sont les températures et comment se préparent'ils à passer l'hiver. Tu devrais faire un carnet sur ce voyage [:)]
Pascale.
HI Hialle Veteran ·
Merci Dolma pour ta gentillesse et tes mots. Une p'tite suite [;)]

Avant de reprendre la route, petite soupe de nouille (pour réchauffer au moins l’intérieur du corps) dans un « resto » tenu par une femme et ses trois enfants. Une toile de tente accrochée à son mât, des planches sur un carton faisant office de table, deux bols et chacun une cuillère. Les enfants nous regardent avec curiosité, il ne doit pas y avoir d’heure de pointe au déjeuner ici, cela semble carrément désolé.Comme à l’habitude, Nurbo nous demande de voir les photos qu’on a prises en balade et les regarde avec une grande curiosité. Autant, il n’aime pas marcher et trouve inutile de monter dans ces montagnes, autant il adore regarder ce qu’on a pris. Il est toujours étonné.

En revenant de Sumdo, un truc étrange, Nurbo éteint le moteur de la voiture au milieu de la route, plate comme un œuf … enfin, sans côte. De toute façon, elle était déserte. Il ne met pas le frein à main, puisque c’est plat. Et là, la voiture se met à reculer toute seule jusqu’à un panneau marqué « Magnetic Mountain ». On sort de la voiture sceptique, et effectivement, alors que la pente avoisine les 0% absolu, la voiture bouge doucement mais sûrement. Nurbo est plié de rire devant nos têtes.

Le chemin du retour montre le paysage sous des angles différents et on se rend compte de l’emplacement de certaines routes, sans jamais de protection sur les bas côtés. Et on retrouve Leh, toujours aussi calme et paisible. On pensait partir dès le lendemain pour la vallée de la Nubra, mais la neige rend la montée difficile, ce sera pour après demain. Alors en attendant, vacances à Leh. C’est l’occasion de prendre le temps de prendre son temps et de discuter avec des voyageurs de passage. C’est ça qui est bien aussi dans ces lieux, croiser des gens aux destinée si différentes des notres, des gens qui sont partis de chez eux depuis plusieurs mois et qui ont maintenant d’autres repères. On bulle en buvant le thé sur les terrasses, et ça fait du bien.

Départ pour la Nubra à 10h30, le temps d’attendre que le permis soit délivré. Il faudra s’arrêter à 3 endroits différents dans Leh pour l’obtenir, on ne sait pas trop pourquoi. Les mystères de l’administration. Faut dire que cette région est celle la plus au nord de l’Inde où un voyageur peut se rendre, enclavée entre la Chine et le Pakistan, sans frontières très précises.A 11h, ça y est, on attaque la montée, non sans une certaine angoisse. Vu nos petits problèmes d’acclimatation à 3500m, on se demande ce que va donner ce col à 5605m d’altitude, le plus haut du monde praticable en voiture, dixit les guides. Histoire de se rassurer, Louloute et moi prenons chacun un Diamox avant de partir, mais le conseil n’est certainement pas à suivre, c’était juste pour se rassurer. On ne sait pas si cela nous a fait du bien, mais en tout cas pas de mal.

La route s’élève tout de suite au dessus de Leh, elle est très raide. Les lacets se succèdent les uns après les autres. On commence par longer l’oasis, et le vert cède rapidement la place à cette couleur de roche marron, grise, noire. Très minéral. Plus on monte, plus la route se dégrade ; même si elle est perpétuellement en travaux, les éléments l’emportent. Entre le froid de l’hiver et la chaleur de l’été, elle ne résiste pas. A vol d’oiseau, on s’éloigne peu de Leh. On grimpe juste au dessus et on voit pendant très longtemps le paysage de la vallée qui rapetisse et de nouveaux sommets qui apparaissent.Petit arrêt à Southpulu à 4800m pour monter les permis et les passeports. Une fois de plus, Nurbo s’occupe de tout. Les toilettes sont en contre bas de la route. J’y vais le pas léger, ça descend un peu. Mais la remontée est nettement plus difficile. Les jambes sont molles et raides en même temps, les poumons commencent à chercher l’oxygène, les distances ne sont plus les mêmes. Il nous reste 800m à grimper, et je commence à imaginer plein de choses dans ma tête en voyant le paquet de cacahuète qui grossit à vue d’œil sur la banquette. Les yeux vont-ils sortir de leur orbite, les tympans vont-ils éclater, une rage de dents ne va-t-elle pas se déclancher, le cerveau va-t-il rester à sa place ? Autant de questions qui m’obsèdent de virages en virages. La route n’est plus une route, c’est de la piste à 150% avec le vide à 1m de la voiture. Les croisements deviennent de plus en plus délicats, surtout pour les camions et notre driver est hyper concentré. La neige s’approche, les nuages nous enveloppent, on a l’impression d’avoir le crâne très bien rempli, pour une fois, mais pas de douleur. Juste l’impression qu’on nous serre le crâne. Une chose étonnante, c’est qu’au fur et à mesure de l’ascension, j’ai les dents qui semblent se resserrer et des fourmis dans les lèvres comme après une anesthésie chez le dentiste. Cela s’en ira dans la descente.

Ça y est, on aperçoit le relais du sommet. On demande à Nurbo qui est en grande forme, de nous laisser à une centaine de mètres du col histoire de finir à pied. Nous sommes à Kardung La, le col carrossable le plus haut du monde. L’ambiance est particulière tout là haut, tout le monde semble euphorique. Les photos de groupes sont nombreuses devant les panneaux, et on fera bien pareil, touristes comme les autres. Une chose à savoir, les briquets indiens ne marchent pas à cette altitude, seuls fonctionnent les vieux « bic ». Une cigarette à cet endroit, c’est un peu de la provoc pour les poumons, mais elle est si bonne. Le passage ne ferme qu’une quinzaine de jours par an ce qui est étonnant compte tenu de la rudesse du climat, mais c’est sans compter sur les énormes bulldozers bien rangés qui doivent dégager la neige régulièrement et presque toute l’année.

La descente révèle un spectacle grandiose, une large vallée descend tranquillement … ou presque. Des carcasses de camions éparpillées témoignent du danger permanent. Des troupeaux de yacks et zos (croisement yack/vache) paissent les quelques brins d’herbe qui acceptent de pousser.A Northpulu, nouveaux contrôle des passeports. On se demande bien ce qu’on aurait pu faire entre les deux contrôles. Rejoindre des carabiniers pakistanais en reconnaissance dans le parc, ou entraîner au combat des résistants tibétains ? Toujours est-il que l’armée est omniprésente.

Vers 4500 m la verdure réapparaît le long des torrents, les champs deviennent verts pétards et jaune colza. En bout de vallée, le torrent s’enfonce dans une gorge et les massifs rocheux sont remplacés par du tuff et des montagnes plus ravinées. Enfin, on débouche sur la vallée de la Shyok. Emerveillement total, c’est un paysage fantastique et inattendu. Une grande étendue à fond plat, couverte de sable gris beige ; la rivière très large et laiteuse, le tout encadré de hauts massifs enneigés avec une grande perspective à l’Ouest et à l’Est qui lui donne un aspect majestueux et simplement extraordinaire. La lumière est très particulière, comme si elle était peinte. On ne cesse de s’émerveiller pendant les 25Km qui nous séparent de Diskit notamment quand on croise la vallée de la Nubra qui a la même allure, peut être un peu plus verte. De longues files de camions militaires et impossibles à doubler nous permettent de prendre un maximum de temps pour regarder ce paysage. On voit même un 4x4 toulousain. Quel chemin, putain-con !

La première chose que l’on voit de Diskit est son monastère accroché sur sa paroi au bord d’une profonde gorge, comme une tour de garde qui permet de surveiller la vallée donnant sur le Pakistan. Trouver une GH est facile, puis on monte au monastère. De toute façon, ici, on monte toujours et Nurbo est sans cesse étonné. « On peut y aller en voiture ». Ben non, on préfère à pied.

Une bonne demie heure de grimpette dans les cailloux et on arrive devant la maison d’un moine en pleine lecture d’un livre ancien, deux plaques rouges en bois qui enserrent des pages volantes. Il semble ravie d’avoir une petite pause et nous invite à prendre le thé. Kutche, originaire de Diskit, a 48 ans et vit au monastère depuis 35 ans dans sa petite maison composée de deux pièces. L’une pour la méditation et dormir, l’autre comme une cuisine. Après une bonne papote, il remonte jusqu’au gompa avec nous, portant le livre sacré sur l’épaule. Mais on ne verra pas l’endroit où il va le ranger, certainement tenu secret. Puis il nous emmène au temple des protecteurs, ouvert avec des clés grosses comme la main. Une ambiance très vivante et très cosy dans ce lieu, malgré une architecture assez quelconque. La rangée de fenêtre latérale avec vue sur la vallée donne une perspective spectaculaire. On restera longtemps à « traîner » dans les dédales de ce monastère, croisant des moines qui prient, d’autres qui tchatent, d’autres à leur téléphone portable, un autre qui s’installe pour la nuit sur une terrasse … la vie de tous les jours en somme. Rendez-vous est pris pour la puja, demain matin à 6h30.

De retour à la GH, dîner avec Nurbo. Il veut nous emmener le lendemain en voiture à la puja. « Si tu es réveillé, OK, si tu dors on te laisse dormir ». Je pensais qu’avec un peu de chance, il serait réveillé.On dîne tranquille tous les trois, essayant de regarder sur la carte les frontières compliquées de cette région entre l’Inde, la Chine et le Pakistan. Jamais les mêmes d’une carte à une autre. Et pendant qu’on tente de comprendre, le patron de la GH change les ondes de la radio et met à fond un air d’opéra italien, Rossini ! Magie de l’instant, au bout du bout du monde !!!

Au resto.



Route à flanc de montagne.

Avec Nurbo au col.



On imagine le cerveau comme le paquet de cacahuètes.



Difficultés de croiser les camions.

Armée omniprésente.







Vallée de la Shyok

Monastère de Diksit.



Vers le Pakistan.

Drôle de lumière.
Pascale.
FA Familleneau Veteran ·
Merci Pascale pour ton partage toujours aussi riche et envoutant ! Ton carnet nous rappelle nos longs moments dans les monastères tibétains, côté népalais, en 1994.... et nous met l'eau à la bouche avant de nous y retrouver en mars 2009 ! cécile
www.ceciletoulonneau.com
HI Hialle Veteran ·
Ci joint le message de Patand tel qu'elle me l'a envoyé. Elle désire qu'il soit à la suite de ce carnet :

[:)]Bonjour Hialle, merci de m'avoir répondu. J'ai souvent penser à écrire sur mon voyage au Ladakh en hiver mais je ne saurais pas écrire aussi bien que toi. Bien sur lorsque je te lis, je retrouve tout ce que j'ai fait et vu sauf que c'était sous moins 20° minimum. J'ai rencontré des gens extraordinaires, particuliers, il m'est arrivée de drôles d'aventures avec des particuliers et des lamas ladakhys; j'ai vue et participée à une soirée d'une chamane des environs de Leh. C'était assez spécial. Ayant pris froid à la gorge, grelottante de fièvre, je suis allée voir un médecin traditionnel herboriste tibétain. Ca n'a pas marché sur moi. Finalement j'ai été consultée à l'hôpital de Leh et un médecin de médecine classique m'a donné un traitement qui a été bénéfique sur mon angine. Mais si je racontais tout ce que j'ai fait et connu on me prendrait pour une "spéciale" au mieux, une givrée certainement. Ce que je ne suis pas. Je suis ou plutôt j'étais une aventurière aux semelles de vent. Je voulais vivre à tout berzingue. Je me savais atteinte d'une maladie génétique orpheline non encore déclarée, alors j'ai voyagé à ma manière en prenant des risques parfois, en vivant tout ce que j'avais envie de vivre avec force de peur de ne jamais pouvoir le faire. J'ai bien fait. Depuis mon opération du coeur, cette maladie s'est déclarée il y a 10 ans. Elle m'a rattrapée et sévèrement. Je ne suis que souffrance et je lutte tous les jours pour trouver un sens à ma vie, pour continuer. Tu vois il est tard et je suis devant mon écran mais je parle de voyages avec toi et je vis, j'oublie. Merci. Amicalement. Patand
Pascale.
SE Senmout Veteran ·
ENCORE !!!!!!!!!!!!!
il lui suffisait de voir une carte pour se mettre à l'étudier avec passion, puis, invariablement, il commençait à projeter quelque nouveau voyage impossible, qui, parfois, se transformait en réalité. » PAUL BOWLES : « Un Thé au Sahara »
DO Dolma Globetrotter ·
Hello Pascale,

Un truc qui me perturbe en te lisant : ils sont donc si nombreux que ça les touristes tout là-haut ? Il y a donc tant de monde que ça ? Hum...

A bientôt pour la suite, il me plait bien Nurbo qui se demande bien ce que vous allez faire la-haut [:)] !

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
HI Hialle Veteran ·
Coucou Dolma,

en fait, tout est relatif. Certes, il y a du monde, mais ce n'est pas non plus le Mont Saint Michel au mois d'août. Cela reste très mesuré. On n'est plus habitué au Ladakh à avoir de grosses concentrations de touristes, tout du moins dans les endroits où nous sommes allés. Il y avait 50 personnes "à tout casser", et il y a de la place pour tout le monde. Et dans ces personnes, un bon nombre d'indiens.

Un groupe d'indiens qui fait tout un raid en Inde pour une sensibilisation à l'environnement.

Pascale.
HI Hialle Veteran ·
Lever à 6h pour se diriger directement vers le gompa où se déroule la puja. Petit regard vers Nurbo … zut, il dort à poings fermés comme un bébé. On le laisse dormir et attaquons la montée, la tête encore dans le sac, sans café ni rien. Le démarrage est difficile et le soleil est bien plus matinal que nous, il fait déjà presque chaud. En fait, le rythme se prend rapidement. Curieusement, alors que c’est l’heure de la prière, le monastère est plein de vie. On retrouve notre moine d’hier en caleçon en train de balayer devant sa porte et ses voisins en pleine discussion.

On entre dans la salle de prière. Les rayons du soleil pénètrent par chacune des fenêtres et donne une lumière propre à la méditation. Une quinzaine de moine sont en ligne, se faisant face, et psalmodient sur un rythme très particulier, presque envoûtant. De façon régulière, un des moines hausse le ton comme pour relancer la prière et sa voix retombe au même niveau que celles des autres. Une vieille femme entre dans la salle, joint les mains, s’allonge au sol les bras écartés, se relève et recommence le même rituel plusieurs fois de suite. Puis elle va devant chaque petit autel pour joindre les mains, saluer et continue sa ronde.

Au bout d’un certain temps, la puja est interrompue par ce qui ressemble à un petit déjeuner. Difficile d’imaginer la même chose dans nos églises … distribution de café et croissant ! Ici, c’est plus simple, le thé est servi à tout le monde y compris Louloute et moi avec du beurre de yack et du lait, accompagné de sampa. Honnêtement, il est particulièrement difficile à avaler. Surtout, ne pas faire de grimace, mais il laisse un arrière goût assez « étrange ».

La collation terminée, les psalmodies reprennent avec toujours le même rythme, entrecoupées d’une voix qui s’élève au dessus des autres. Certains moines sont très concentrés dans leur méditation, mais devant nous, à quelques mètres, il y en a deux qui papotent, qui rigolent et cela semble ne gêner personne. A la fin, on s’éclipse discrètement. Un des moines nous propose de visiter la cuisine. Curieux, on pénètre dans la grande pièce sombre. Identique aux petites cuisines des ladakhis, le poêle avec son trou au dessus, les théières soigneusement alignées, les pots en cuivre, et des marmites … géantes pour faire la cuisine lors des grands repas communs.

Dernier regard sur cette vue extraordinaire, on quitte le monastère pour redescendre à la GH et retrouver Nurbo qui brique sa voiture et prendre enfin un vrai p’tit déj. Celui-là, on l’a trouvé vraiment succulent.

On poursuit un peu plus loin dans la vallée pour rejoindre Hunder, un village à 8 Km. Le paysage est des plus surprenant. Une grande étendue écrasée sous le soleil, pour moitié verte et marécageuse, et pour l’autre moitié un véritable désert de sable avec des dunes. On se croirait dans beaucoup d’autres endroits, mais pas dans l’Himalaya avec en fond d’écran les sommets du Tibet. Arrivé au bout de cette étendue, un troupeau de chameau attend tranquillement les quelques touristes de passage pour les emmener faire un tour dans ce désert.

On reviendra à Diskit à pied. Evidemment, le chemin est simple, il suffit d’aller toujours tout droit. Bien sûr, on se perdra pour déboucher sur des grillages ou des marécages peu profonds, vaseux à souhait qui nous laissent les jambes noires et puantes jusqu’aux genoux. Des chameaux sauvages flemmardent au loin, des zébus essayent de choper un peu d’herbes entre les épineux.

De temps en temps, les sommets sont cachés par les dunes de sables, et on se croirait au Sahara, drôle d’impression.

Enfin un ruisseau sans vase pour se rincer un peu. Un groupe d’hommes et femmes essayent de sortir de l’eau ce qui reste d’un pont en béton enfoui sous l’eau en faisant levier avec de grandes perches. Histoire de pas avoir l’air indifférent, on les aide. Mais même avec 15 personnes supplémentaires, on a du mal à imaginer pouvoir sortir un jour cet énorme truc. Un des indiens essaye de casser avec sa masse des morceaux de béton, rien à faire.

On abandonne et on se retrouve dans un quartier de Diskit, celui des élevages de poules. Nos élevages industriels n’ont rien à envier aux élevages ladakhis. Un nombre impressionnant de volatils dans une petite pièce aérés juste par une demie porte entrouverte, une poussière terrible mélangée de plumes, une chaleur étouffante.

Quelques minutes après, Nurbo nous rejoint pour siroter un petit thé sur une terrasse à l’ombre d’un parasol. Le soleil est haut et chauffe carrément bien, mais l’air est sec. Les chaussures et chaussettes sèchent en un clin d’œil …. On est bien ! La route continue pour aller à Sumur. Spectacle fascinant que de traverser ces immenses étendues de sable. Juste la route, et on arrive enfin dans la vallée de la Nubra en longeant la rivière qui ne sait plus par où passer et se ramifie en de multiples ruisseaux.

A Sumur, Nurbo nous « impose » une GH. « Si elle ne vous plait pas, on changera ». Il prend un petit chemin qui s’éloigne du village et s’arrête devant une petite ferme avec écrit sur un panneau de bois : Largail GH. Excellent choix. On est logés chez « l’habitant » et ils laissent l’été leurs chambres aux touristes de passage. C’est dans la chambre des parents qu’on nous installe. Des tapis, des coussins, des tables basses, des photos aux murs, le tout très colorés. Mon homme, fils de paysans, est heureux. Des vaches (trois), des champs de colzas et de légumes vendus sur le marché, du fourrage à ramasser … un ruisseau (génial pour la lessive) traverse le jardin. Le lieu est particulièrement calme et serein et le temps est superbe.

Les filles de la maison sont très souriantes et nous apportent le thé dès notre arrivée sous les abricotiers.

Balade l’après-midi vers Panamik et les sources d’eau chaudes (brûlantes), l’endroit le plus au nord permis aux touristes. Evidemment, on continue plus loin le chemin à pied, histoire de braver à peine l’interdit. Petit tout au monastère de Sumur, pas terrible de l’extérieur, et on revient à pied par le chemin des écoliers au village. Les chemins sont super bien entretenus, délimités par des murets en pierres sèches en excellent état.

La famille nous accueille de nouveau avec de grands sourires. Le père, la mère, le fils et sa femme avec leur petite fille de 9 mois.

A l’heure du dîner, ils nous invitent à entrer dans la grande pièce familiale pour manger une soupe de légume comme rarement on en a mangé. Un délice. En dessert, un thé.

Tout le monde est là, y compris la sœur de la mère avec son mari et leurs trois filles, venus passer une semaine de vacances. Elle, est instit à Leh, lui, militaire. Leur anglais est parfait et ils ont envie de discuter. Ils nous racontent les relations tendues avec le Pakistan voisin, la difficulté de vivre l’hiver ici quand tout est gelé, les problèmes de santé. Il n’y a pas de médecin à Sumur et il faut se rendre au dispensaire de Diskit. Toute une épopée quand un enfant est malade. Pour les accouchements, les femmes partent quelques jours avant la date prévue à l’hôpital. Mais seulement pour celles qui le peuvent. Les autres accouchent chez elles et parfois, cela finit mal. Dans la maison, il n’y a pas l’eau potable et on verra une des filles redescendre au village avec un jerrican sur le dos. Pour les études, quand les enfants en font, il faut aller au minimum jusque-là Leh et franchir le Kardung La. Une des filles étudient à Jamu, et quand elle part, c’est pour un an.

On retrouve la chambre des parents avec plein d’images en tête et beaucoup d’interrogations. Et cette nuit fut une des plus douces.





Cuisine au monastère.

























Pascale.
DO Dolma Globetrotter ·
Voilà qui s'appelle faire l'éloge de la lenteur [:)]... Mais le chemin est si beau et les rencontres si précieuses que tu as bien raison de nous laisser du temps pour savourer ton carnet !

A bientôt Pascale..

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
HI Hialle Veteran ·
Rien que pour te faire mentir, Dolma [;)], voilà la fin.

La meilleure nuit que nous ayons passée dans ce havre de paix. Pain, beurre tibétain, fromage blanc au petit déjeuner. Le ciel bleu profond présage d’une journée très chaude. Nous revenons sur Leh avec deux passagères de plus, la mère et sa fille Tensin Nordou qui ne porte ni le nom de son père ni celui de sa mère. Bizarre. Tensin repart pour Jamu où elle fait des études de géographie. 850 Km et 3 jours de bus à partir de Leh. Elle ne reviendra chez elle que dans un an, pour les prochaines vacances scolaires. La remontée du Kardung La se fait dans un paysage grandiose qu’on n’avait pu voir à l’aller, le temps étant trop maussade. On ne se lasse pas de ces sommets, pics et rochers. Le Ladakh est bien le pays des cols. Dans la montée, la mère est prise de forts maux de tête au fur et à mesure qu’on prend de l’altitude. Elle a sans doute aussi le mal des transports compte tenu de l’état de la route et de la conduite sportive que Nurbo nous inflige aujourd’hui. Autant il fut toujours un chauffeur calme et paisible, autant maintenant il ressemble au cheval qui sent l’écurie. La femme reste prostrée à l’arrière de la voiture, pâle, sans un mot, et demande régulièrement de s’arrêter. On n’est pas très tranquille, elle a l’air vraiment mal et les cachets qu’on lui donne font peu d’effet. Arrivé au col, on fait une bonne pause. Nurbo va boire son éternel black-tea, et on en profite pour grimper un peu plus haut histoire de défier l’altitude. Le spectacle est magique avec des sommets enneigés au nord et une très longue crête qui domine la plaine de l’Indus au sud. La tête et les poumons tiennent le coup mais on sent bien que les muscles n’ont pas leur dose d’oxygène. On est entouré d’une multitude de drapeaux à prière qui flottent au vent. La descente sur Leh sera rapide, entrecoupée d’arrêts réguliers pour la mère qui manifestement a l’estomac et les intestins bien dérangés. Une de ces petites pauses se situe juste au dessus d’un camion de lait qui a loupé son virage et qui s’est dispersé dans le ravin en amas de tôles éparses … la vie de tous les jours, la réalité de ces routes du Ladakh … On retrouve Leh. La mère et la fille sont contentes d’être arrivées et leurs joues ont retrouvé des couleurs. Nurbo nous dépose à la GH et on se fait nos adieux. Il a vraiment été extra. Dans ces cas là le plus difficile est de savoir quel est le « cadeau » correct à lui donner. On n’aura jamais la réponse si ce n’est celle de son sourire jusqu’aux oreilles. Petit resto face au pont fait de plaque de désensablement de l’armée où on déguste un massala au doux bruit des Royal Enfield monocylindre.

Le lendemain sera déjà notre dernière journée au Ladakh et comme souvent dans ces cas là, on a déjà la tête un peu partie, on traîne un peu sans but jusqu ‘au moment où on passe devant une boutique qui loue des motos. On n’a pas nos permis, mais le loueur s’en fiche totalement. Tant qu’on paye et qu’on ramène la moto entière, peu importe. Et nous voilà partis sur une Kawasaki Boxer pétaradante, sans casque ni permis, dans la campagne autour de Leh voir de plus près ces paysages qu’on devinait au fonds des vallées. Intense sentiment de liberté et de plénitude. Le soleil est chaud mais la « grande » vitesse de 50 km/h nous donne de l’air. Un peu anxieux au départ, un freinage pas vraiment franc, une circulation dans tous les sens où il faut s’imposer, on a l’impression de partir à l’aventure. Certes, l’aventure est petite, mais c’est tout comme. On va de villages en villages, prenant les routes au hasard, débouchant parfois sur de superbes vieux Gompas perdus sur leur colline, roulant à côté de troupeaux au galop. La route peut se finir parfois face à une rivière où le pont fut emporté par les eaux tumultueuses, où alors devant un panneau interdisant l’accès aux voyageurs sans permis. Il faut finir par rentrer, les fesses en bouillie. Ce fut notre dernière journée aux pays des cols, et le dernier repas fut pris sur une terrasse face au palais dominant la ville. Impossible de le quitter des yeux. Nous n’étions pas partis que déjà la nostalgie nous gagnait. Pourtant, notre route nous emmenait le lendemain vers Delhi, vers ce que j’imaginais depuis des années comme étant la « vraie » Inde, vers un rêve qui me tenaillait depuis toujours.

Le réveil nous sort du sommeil à 4h35 pour l’avion de 6h30 et des poussières. On retrouve ce petit aéroport qui tient plus du hangar qu’autre chose, ces militaires mitraillettes à la main et aux yeux inquisiteurs, le contrôle des bagages, enregistrement, puis de nouveau contrôle des bagages à main vidés intégralement, fouilles au corps, beaucoup de monde, beaucoup de bruit, ordre et contre-ordre … un vrai bordel. L’avion finit par décoller. En un seul regard, on retrouve tous ces kilomètres parcourus sur ces routes dangereuses, ces fonds de vallées, ces petits villages et ses sommets qui nous font passer nos Pyrénées pour des montagnettes presque ridicules. A peine partis qu’on regrette déjà ce pays, ses paysages et surtout ces gens qui nous ont ouverts leurs portes sans rien demander. Qu’est ce qu’on a préféré ? Tout. Avec un faible pour ce moment passé à l’abris de la pluie avec nos papi-mamie Zanskar et leur thé au beurre de yack, pour cet autre moment où on a parlé récolte à Alchi avec une famille, pour celui passé aussi à Tar où les gens savent ce que veut dire l’accueil et le sourire. D’accord, cela fait un peu niais de le dire, mais c’est pas grave. La rencontre avec ces façons de vivre et de réagir tellement aux antipodes des notre me laisse toujours pantoise. Ce qu’on n’a pas aimé ? Une chose … le mal de crâne. Comme s’il fallait passer par la douleur avant le plaisir … mais quel plaisir !

















Pascale.
WA Wapiti74 Veteran ·
On se doutait bien qu'il y aurait une fin un jour... mais ça faite tout drôle.

Que c'était beau, que c'était bon ! [:)] Merci Hialle. Enfin... pas merci pour avoir fait empirer cette terrible envie d'aller promener mes grolles dans ce coin de planète !! [:/][:P]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
DO Dolma Globetrotter ·
Une virée en moto pétaradante, fallait quand même pas rater ça !

Et voilà un carnet qui se ferme sur VF mais que je garde ouvert parce que, comme wap' avec ses grolles, j'ai bien l'intention d'aller poser mes godillots par-là ! D'ailleurs on me demandait il y a quelques jours "ça te dirait pas de faire un tour au Népal ?" et j'ai répondu "ça te dirait pas d'aller faire un tour au Ladakh ?"... Je pensais à ton carnet...

Merci et à bientôt pour un ailleurs chère Pascale..

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
DI Diamina Globetrotter ·
Salut Pascale,

Je viens seulement de découvrir ton carnet!!! Je pars dans 2 mois pour cette région que tu décris si bien, et ton carnet me permet de me délecter en avance de tous ces paysages splendides que je vais pouvoir découvrir.

Merci de l'avoir fait, et tu vois, 9 ans plus tard, il est toujours d'utilité publique!!!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
DI Diamina Globetrotter ·
J'ai continué la lecture de ton carnet, et le paquet de cacahuètes qui a gonflé quand vous êtes montés en altitude m'a rappelé un paquet équivalent que nous avions dans les andes, lorsque nous sommes passés de 300 à près de 5000 m, lors de notre dernier voyage dans la puna argentine. Je me souviens aussi, de cette impression de barre au niveau du cerveau, mais par contre, je mâchais systématiquement des chewing gums et ça m'aidait beaucoup. En homéopathie, la coca 9 ch aussi est très efficace, lorsqu'on la prend avant les montée brutales en altitude. Mais je confirme que le diamox est radical. Nous l'avons testé lors de notre atterrissage à el Alato, aéroport de La Paz situé à 4200m d'altitude en bolivie, alors que nous vivons au niveau de la mer!!!
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