Bonsoir à tous,
Je poste avec beaucoup de retard ce carnet, mais je n'aurais voulu en aucun cas faire l'affront à ceux qui m'ont aidée de ne pas leur offrir un retour. Car, comme chaque fois, aucun voyage ne serait réussi sans votre aide et vos conseils.
Non non, ce n'est pas bateau, c'est sincère.
Je vais par contre me faire maudire: il n'y aura pas de photos (ou si peu que cela ne vaut pas la peine d'en parler), car le chargement est beaucoup trop long, et je n'aurai jamais le temps avant notre départ le 21 mai pour le Grand Ouest (3e fois).
Il y a une version illustrée sur RoadTrippin. Pardon mille fois, ne m'en voulez pas SVP[:/].
En plus, comme je l'ai expliqué sur mon carnet précédent sur le Canada (posté il y a quelques semaines à peine), m'étant fait voler mon ordi en fin d'été lors d'un cambriolage à la maison, j'avais perdu toutes mes photos triées. Heureusement, elles étaient en brut sur un autre disque dur. Mais zut, tout le tri à refaire.
Du coup, il n'y aura pas de données chiffrées (souvent bien utiles pour les autres), car elles n'étaient que sur l'ordi volé.
Bref, comment nous sommes-nous retrouvés dans cette partie des USA, alors que j’avais prévu un voyage dans le Nord-Ouest ? Aux antipodes, carrément ! Tout simplement parce que JP a préféré que je nous emmène au soleil. D’autant qu’il s’était gelé au Canada à l’automne précédent.
Pour la petite histoire, quand je pense que ce super projet vers le Nord-Ouest était tout bouclé, avec toutes les cartes, les étapes chiffrées, les visites etc etc. et que c’était sur l’ordi volé.
Et pourquoi cette parenthèse antillaise en tout début de carnet, et que je ne vous narrerai pas en détail, et bien, parce que tout simplement un de nos amis mordu des Antilles et du bateau s’installe peu à peu à St-Martin où il compte bien passer sa retraite pour fuir les frimas de sa Suisse natale. Et oui, Suisse depuis des générations, et mordu de bateau. Non, ce n’est pas une blague, il y a donc bien des Suisses marins[;)], qui en plus détestent le froid et la neige.
« Vous n’allez quand même pas aller à Miami sans passer nous voir ? » - Tu parles, bien sûr qu’on va venir ! Et voilà comment nous avons passé une semaine de bulle complète avant notre périple en Floride et en Louisiane.
Nous, encore moins jeunes qu’avant (personne n’y échappe), pas très randonneurs, et surtout bien fatigués car JP a été rattrapé par une bien vilaine maladie, mais il a l’autorisation de voyager. On fait des étapes raisonnables, on prévoit des plages de repos. Et puis, les US, jusqu’à preuve du contraire, c’est un pays évolué. Isn’t ?
Nous avons embarqué un couple d’amis qui n’auraient pas voyagé seuls. Mon amie rêvait depuis toujours de découvrir la Louisiane (ils étaient aussi avec nous au Canada en automne, et on a renouvelé l’expérience, même si nous adorons voyager tous les deux).
Bon, j’arrête mon bavardage et dans un premier temps, je vous donne l’itinéraire.
Ah si, encore un truc pas top : à St-Martin, je trouvais mes photos bizarres, pas comme d’habitude. J’en ai eu l’explication en arrivant à Miami où cette saleté de Reflex m’a laissé tomber comme une vieille savate, après tant d’années de cohabitation. Je me suis rabattue sur le petit numérique de JP (lui il se charge plutôt de la caméra). Je suis nulle avec ce genre d’appareil, j’ai du mal à faire les cadrages, je bouge, donc c’est flou. Et puis, c’est lent ! Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est la cata, mais je suis déçue.
Du 20 au 27 mars : bulle complète à Saint-Martin
Du 28 mars au 30 avril : FLORIDE (16 jours sur place) – LOUISIANE (11 jours sur place)
J01 à J03 – 28-30 mars – Miami
J04 – 31 mars – Suite Miami, Everglades
J05 – Route vers Key West
J06 et J07 – 2-3 avril – Key West
J08 – 4 avril – Everglades – Route vers Naples
J09 – 5 avril – Naples, Fort Myers, Punta Gorda
J10 – 6 avril – Repos à Punta Gorda
J11 – 7 avril – Siesta Key Beach, Saratosa, St Petersburg, Tampa, Orlando (Kissimee)
J12 – 8 avril – Repos à Kissimee
J13 – 9 avril – Kennedy Space Center
J14 – 10 avril – Merritt Island, Daytona, Jacksonville
J15 – 11 avril – St-Augustine
J16 – 12 avril (étape de transition) Tallahassee (Canopy Roads en chemin)
J17 – 13 avril – Route vers Mobile (Alabama)
J18 – 14 avril – Mobile
J19 – 15 avril – Mobile : Les Jardins de Bellingrath
J20 – 16 avril – Route vers Baton Rouge (lac Pontchartrain, Plantations San Francisco et Destrehan)
J21 – 17 avril – Baton Rouge, St Francisville (Rosedown & Myrtles Plantations)
J22 – 18 avril – Route des Plantations (Houmas et Laura) – Houma
J23 – 19 avril – Swamp tour – Repos à Houma
J24 – 20 avril – Sud de la Louisiane à partir de Houma
J25 – 21 avril – De Houma à Lafayette : Morgan City, Franklin, Avery Island, New Iberia
J26 – 22 avril – Lafayette (Vermilionville), Opelousas
J27 – 23 avril – Lafayette : Breaux Bridge, Lake Martin, St Martinville
J28 à J30 – 24-26 avril – New Orleans (NOLA) – Festival de Jazz le 29
J31 – 27 avril – Retour
Original post
Mimi
Ça change du Groenland cet automne, hein ?
L’arrivée à St Martin est beaucoup moins impressionnante que ce que l’on a tous vu en boucle sur la toile en se disant « Mais non ! ».
Mais si ! Notre ami a photographié notre arrivée. Et là, je peux faire la maline : on était dedans.
A ce propos, il nous confie que c’est l’une des principales attractions de l’île : « Vous avez la Tour Eiffel, nous avons l’aéroport » (sic ).
A tel point que les horaires d’arrivée des avions sont affichés sur la plage, et que la foule se presse pour voir principalement l’atterrissage du gros Boeing de KLM.





Un endroit à voir sans modération, les jardins sont un havre de paix à deux pas de l’agitation de la ville que l’on voit de l’autre côté de la baie.
Cet édifice a été construit dans le style d'une villa nord-italienne du XVIe siècle entre 1914 et 1916 par l’industriel Charles Deering, qui avait beaucoup voyagé.
C’est dans ce quartier que l’on trouve le célèbre Panther Coffee, où tout bon petit Français amateur de café qui se respecte ira se délecter des saveurs les plus raffinées en choisissant l’arôme qui lui convient. Le café est torréfié sur place.
Et la façade arrière du Panther Coffee n’est pas en reste quant à son Mural.
Et que serait Little Havane sans ses joueurs de dominos que l’on trouve au Maximo Gomez Park
La fresque à l’arrière des joueurs représente tous les chefs d’état sud-américain… sauf Castro (of course !).
Le bruit qui prédomine, c'est le claquement des dominos que les joueurs abattent avec vigueur sur la table. On sent qu'il y a de la pression. J’ignorais que l’on pouvait être aussi concentré en jouant aux dominos.
des alligators en pagaille,




Certains le prennent même de haut.
C’est ici que nous voyons notre premier (et dernier) reqin.
C’est ici que nous voyons notre premier (et dernier) requin.


On est loin des Hard Rock que nous sommes habitués à voir ailleurs.


Mallory Square
Assister à un coucher de soleil à Mallory Square est un moment empreint d’une grande solennité. L’agitation du square, avec ses amuseurs publics, jongleurs, cracheurs de feu…, se calme soudain et fait place au recueillement (non, là j’abuse quand même[:P], mais honnêtement, on sent bien que ça se calme alentour).




N’allez pas vous coucher pour le plaindre quand même, du moins pour ses finances à l’époque[;)].
Ils ont même leur cimetière.
Nous restons un grand moment à regarder un dauphin joueur et des jolis petits poissons qui s’agitent dans l’eau; ça frétille tellement qu’on a l’impression qu’ils s’entraînent pour la friture qui les attend. Vu le nombre de pêcheurs sur la jetée, ils vont passer un mauvais quart d’heure.

Et comme nous savons que nous allons voir des maisons coloniales en Louisiane, nous avons choisi d’en faire l’impasse, nous contentant du jardin botanique, qui abrite un arbre des plus curieux.
Un seul et même arbre. Dingue non ?
Nous découvrirons qu’il s’agit d’une sculpture sur bois faisant partie d’une série de plusieurs «Whispering Giants». Il y en aurait une dans chaque état des USA.
La ville est agréable, les maisons rappellent un peu Key West.

Difficile d’en apprécier la beauté à sa juste valeur : elle est bondée.

Nous nous arrêterons de l’autre côté pour contempler encore son élégante architecture.
Si vous n’allez pas à St-Petersburg, vous pouvez toujours le voir d’en bas en allant vers Tampa, il y a un parking pour se garer.


Sans parler des cendriers disséminés sur les trottoirs.

Une sdb en bas, une autre en haut. Une véritable cuisine, un espace de vie commune. Le tout est très bien aménagé, très propre.
La piscine est extra (photo volée sur Internet), l’environnement très arboré.
Le petit déjeuner (cher) est délicieux.
Et à l’intérieur, l’impression est troublante.
Cette maison peut se visiter, mais on n’en a pas eu envie. Et c’est pas donné : 27$ HT (tarif 2016) pour les adultes, 21$ pour les enfants.

On voit des engins à chenilles monstrueux (les «crawlers») chargés d’acheminer les fusées jusqu’au pas de tir. Elles sont transportées à la verticale (ça doit être impressionnant).

En avançant dans le hangar, on peut voir tous les étages de la fusée, bien séparés.
Et je découvre l’imbroglio qu’il y a dans le moteur... et c'est comme ça à tous les étages. Certes, je n’ai aucun sens technique. Mais quand même! Je me demande s’il bien raisonnable d’envoyer des gens dans l’espace dans ces conditions. Un tout petit fil de rien du tout lâche, vas savoir lequel?

La jeep qui a servi lors de la première exploration lunaire.
Les combinaisons des astronautes.








La voiture prévaut sur le petit baigneur.
On sent bien qu’on est sur l’Océan : ça remue beaucoup et l’eau est plus fraîche.
*La Coquina: on trouve pas mal ce genre de matériau dans de vieux bâtiments du sud de Miami. Il y en a un par exemple près de Florida City, mais je ne me souviens plus du nom. Qui saura le retrouver?
Mais comme nous avons vu de nombreux forts, nous préférons nous consacrer à la ville.
Entièrement piétonnière, c’est la plus ancienne rue de la ville, le centre historique.


L’entrée et très discrète, on a vite fait de la manquer.



Les étages ne se visitent pas.



Le sheriff est toujours là, en cas de pépin.
Il y a une petite exposition de l'époque du Far West.
Et ceux-là se sont faits rattrapés.



On finit par trouver la bonne route qui nous amènera tout doucement à Tallahassee sous une voûte de verdure.
Tout baigne dans une lumière étrange : à la fois sombre et lumineuse.
Le genre de route où l’on n’aimerait pas tomber en panne la nuit.

Bon, c’est un Capitole, il y a des bureaux, circulez, on en verra un beaucoup plus beau ailleurs[:P].
A peine arrivons-nous dans la rue, que les vannes du ciel s’ouvrent, déversant des flots sur nos têtes. Heureusement, tous les magasins ici vendent des parapluies (j’avais oublié le mien à la maison). Nous aurions dû partir plus tôt. Cela ne nous a pas empêchés de découvrir le quartier, qui nous a donné comme un avant-goût de la Lousiane*.
*Il faut dire qu’à l’époque coloniale, Mobile fut la première capitale de la colonie française en Louisiane et qu’elle portait le nom de Fort Louis de la Louisiane. Ceci explique cela !
Nous rentrons nous mettre au sec en faisant bien attention à ne pas faire d’aquaplaning sur les routes. 
On peut également visiter la maison, mais nous avons choisi de nous cantonner au jardin.
Il est un peu tôt en saison pour avoir une pleine floraison, mais qu’importe, ce jardin incite à la rêverie et nous l’avons beaucoup aimé.

Et j'aime tellement les orchidées!

Un oiseau rouge orangé avec une petite crête, que je n'ai pas réussi à prendre comme il faut.[:(] Mais qu'il était beau!

Il y a même des bayous où nous avons vu plusieurs oiseaux, dont un aigle et tout un tas de tortues d'eau.




Une halte au Visitor Center (qui n’est pas terrible côté information il faut l’avouer).
Je ne vous parlerai pas ici de l’histoire de la Louisiane: c’est tellement compliqué…
Mais j’incite vivement toute personne intéressée par cet état à lire des ouvrages sur le sujet. C’est passionnant… et ceux qui ont déjà visité la Gaspésie retrouveront la suite de l’histoire ici.
Sauf que, non, nous ne sommes pas chez nous, et l’allée nous fait penser à ces Canopy Roads que nous avons traversées dans le Nord de la Floride.
Nous sommes quasiment seuls.
Deux toutes jeunes filles font trempette dans le lac.
Vu les infrastructures, le parc doit être bondé le week-end.
Au loin, le pont que nous emprunterons tout à l’heure pour rejoindre Baton Rouge.

Le pont mesure plus de 38km de long (ce qui en fait le 2e plus long pont du monde). Il s’agit en fait de deux ponts parallèles, soutenus par plus de 9000 piles en béton. S’il fut endommagé par l’ouragan Katrina, ses fondations, elles, n’ont pas bougé.
Le lac est le 2e plus grand lac d’eau salée des Etats-Unis (après celui de Salt Lake City: Great Salt Lake).
En surveillant le ciel, nous sommes très inquiets pour la suite du programme.
Mais cela serait compter sans notre chance.
Comme nous n’avons nullement l’intention de visiter des tonnes de plantations, nous en faisons jute le tour; les pelouses sont gorgées d’eau.




Ce petit château de style néogothique ne paie pas de mine de l’extérieur, mais l’intérieur est à tomber. Il a été reconverti en musée.






La visite guidée (en Anglais) est des plus intéressantes. Nous sommes les seuls francophones notre guide fait des efforts sur les 3-4 premiers mots de ses explications et le naturel reprend le dessus. Mon cerveau a du mal à conjuguer compréhension/ traduction/analyse/vision, et mon oreille se fait discrète. Je sortirai de là comme après une journée de cours intensif: zonée. Bien penser à prendre un guide papier en Français (sauf si «fluent English», veinards!).
La maison du médecin

On a quand même du mal à oublier que ce sont les esclaves qui officiaient ici, et que la vie n’était pas rose pour tout le monde.

























Julia m’a attribué la chambre avec sdb privative en tant que «coach» (comme au Québec) : ça a du bon de se montrer directif.[;)]
Le petit déjeuner est un délice et nos hôtes des amours. Nous aurons de longues discussions et ils nous aideront bien pour notre séjour dans la région.
Julia, américaine pure souche, parle même mieux le Français que son cajun (ou cadien). Elle l’a appris seule, en recevant des français dans leur gîte. J’en suis baba. Il faut dire que lorsque Ennis était jeune, les enfants étaient punis s’ils parlaient français à l’école; ça pouvait aller jusqu’au châtiment corporel. Et dire que cette pratique a duré jusqu’en 1979! dixit Ennis)






A certains endroits, c’est la mousse espagnole qui a pris le pouvoir.








On voit ça encore en France ?[:P] Galant, mais on garde le chapeau (comme dans l’Ouest)!









