Sous l'immense verrière de l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, une énorme explosion retentit, faisant trembler sols et vitres... Un bagage abandonné vient d'être proprement pulvérisé par les services de sécurité. Incident ordinaire en ces lieux sensibles où le moindre sac oublié par son propriétaire n'a qu'une très courte durée de vie.
Nous meublons l'attente du vol Air-France pour Saïgon en allant déjeuner à la Brasserie Flo du terminal F. Agréable manière de passer les quelques heures en savourant une choucroute bien française, avant l'aventure indochinoise que nous avons choisie en cet automne de l'an 2000.
Déception lorsqu'on nous délivre nos cartes d'embarquement : rangée de sièges n° 43 ! Tout à l'arrière du gros Boeing 777-200... Les passagers sont comprimés dans l'énorme zinc comme sardines en boîte. Une jeune femme très enceinte est assise près de nous, sans égard particulier pour son état : c'est la zone de l'avion la plus exposée aux turbulences. Et turbulences il y a, tout au long de l'interminable vol sans escale jusqu'à Singapour. Nous traversons des tempêtes qui brassent le Jumbo-jet comme un fétu de paille. Le personnel de bord ne brille pas par sa courtoisie. Le steward daigne nous servir, du haut de sa grandeur, quelques plateaux-repas sans le moindre sourire. Il faut insister longuement pour obtenir un verre d'eau. "Vous devriez louer un avion privé" nous dit ce malappris à qui nous marquons notre mécontentement d'être si mal accueillis.
Courte escale à Singapour, dans l'aéroport éclaboussant de luxe, le plus beau d'Asie, où nous dégustons un succulent café dans la zone-transit. Au lever du soleil, voici la terre indochinoise noyée sous les flots du Mékong qui ont envahi la plaine qui miroite comme un lac immense. Comprimés pendant des heures dans l'espace étriqué de la classe Canigou, les passagers posent enfin le pied sur la terre ferme. Derrière le guichet d'accueil, les préposés à la vérification des passeports et visas ont tous une mine sévère et peu engageante... Ils scrutent attentivement chaque étranger et tamponnent comme à regret les documents dont il ne faudra se séparer à aucun prix : cette demande de visa qu'il a fallu remplir pour l'obtenir, et qu'il faudra présenter à nouveau au moment du retour en France...
Un taxi nous dépose à l'hôtel Saïgon-Prince, établissement touristique de belle allure sur le boulevard Nguyen-Hue, quartier des affaires de cette ville cosmopolite que tous les français continuent de nommer Saïgon, malgré le vilain nom "Ho-Chi-Minh-Ville" de la réunification... L'arrivée sur le sol vietnamien n'est pas dépaysant : il règne dans ce pays une atmosphère de France d'autrefois qui a laissé une profonde empreinte sur ses habitants. Dans le hall imposant du palace, on remarque surtout des clients japonais.
Confortable et silencieuse, la vaste chambre donne sur une cour intérieure, à l'écart des bruits de la circulation très dense sur le boulevard.
L'Agence Vietnam-Tourist nous a été fermement recommandée pour organiser notre séjour. C'est un organisme d'état (le pays est sous le régime "communiste-libéral") et son directeur francophone établit un plan de visites selon nos désirs, qui suivent de près ses conseils appuyés. Cette ville active, grouillante et surpeuplée est consacrée en premier lieu aux affaires et au commerce tout azimut. Malgré trente années de guerre meurtrière, le Vietnam se relève du cauchemar à une vitesse vertigineuse, grâce au courage et au dynamisme exceptionnel de la population. A maintes reprises, nous allons voir des preuves tangibles de la grande force de vie qui s'exprime à travers le pays.
Parfum de cuisine française, au "Bistro Augustin", le patron est vietnamien, mais il a séjourné en Bretagne de longues années. A nous le filet de porc à la moutarde, le bar grillé et la crème brûlée ! Tout est délicieux, servi par une mignonne jeune fille au fin minois de porcelaine. C'est sûr : on va revenir souvent chez Augustin pour d'autres agapes.
On marche avec plaisir sur les larges trottoirs des avenues dont certaines portent l'ancien nom colonial avec la nouvelle dénomination. L'ex-rue Catinat a été rebaptisée Dong Khol. Seules trois rues gardent encore leur nom d'origine: rue Pasteur, rue Calmette et rue Yersin. A noter que ce sont trois scientifiques-bienfaiteurs de l'humanité ayant inventé des vaccins contre des maladies redoutables.
Les monuments officiels de Saïgon sont des vestiges intacts construits par les français entre 1900 et 1908. L'Hôtel de Ville, pâtisserie de stuc rose et blanc, colonnettes et frises rococo, ferme la perspective de l'avenue Nguyen-Hue. Il faut braver le joyeux désordre des innombrables engins à deux roues qui sillonnent en rangs serrés les grandes artères. Le directeur de l'agence nous a donné ce conseil : "Vous traversez, sans courir ni vous arrêter, les conducteurs vous évitent et vous ne risquez rien !"... Facile à dire, mais il faut garder tout son sang-froid pour se lancer dans ce magma en mouvement perpétuel environné de vapeurs d'essence.
Nous pouvons témoigner de l'efficacité de la méthode, puisque nous reviendrons sains et saufs d'un audacieux périple de 30 jours. Autre recommandation : se méfier des nombreux pickpockets qui sévissent autour de l'hôtel. Et pas plus tard que ce premier soir, quand nous allons à pied au restaurant, de l'autre côté de l'avenue, mon compagnon est abordé et serré de près par deux gus, dans l'intention manifeste de lui piquer sa sacoche. Mais l'homme a déjà été piégé, à Istanbul, par de semblables individus, et il repousse l'assaut en gueulant si fort que les gars s'enfuient sans insister ! Que dit-on ? "Seul le fou tombe deux fois dans le même piège..."
Demain, destination : le delta du Mékong, le fleuve jaune dont nous avons aperçu de l'avion les méandres débordant sur la campagne inondée...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Une découverte très agréable de Saïgon (l'inconnue pour moi), au travers de tes lignes ... J'attends, avec plaisir, la suite qui prendra les teintes du Mékong.🙂
Une voiture de l'agence Vietnam-Tourist nous attend devant l'hôtel ainsi qu'une jeune fille au visage sévère dans le rôle de guide officiel. La demoiselle répond au doux nom de Kiou. Elle se distingue par son appartenance à une grande famille du Vietnam du nord, à Hanoï, où elle poursuit des études supérieures. Elle nous fait l'honneur de sa présence, s'exprime exclusivement en anglais, qu'elle prononce avec un accent asiatique un peu gênant pour nos oreilles, mais nous faisons l'effort d'écouter attentivement ses commentaires tout au long de la journée.
A bord de notre voiture, nous roulons à travers le quartier chinois de Cholon, après avoir circulé dans des rues étroites, surchargées de véhicules hétéroclites, bordées d'échoppes dégoulinant de marchandises diverses : pyramides de paniers d'osier, chapelets d'offrandes, fagots de bâtonnets d'encens, bouteilles dans lesquelles flottent des serpents ou des scorpions imbibés d'alcool de riz, linges brodés, objets de bois précieux incrustés de nacre...
Sur l'un des bras du Mekong, la ville de My-Tho s'étale dans les mares d'eau boueuse. Miss Kiou nous confie aux bons offices d'une guide locale, Mrs Hoa, jeune femme francophone au joli sourire. Nous montons sur un vieux bateau amarré le long du débarcadère, dont nous sommes les seuls passagers avec notre nouvelle hôtesse. La croisière sur le fleuve jaune se déroule dans les pétarades du vieux moteur à gazoil, qui empeste et gâche un peu le plaisir d'évoluer le long des rives pittoresques de la lagune. Le Mékong mérite plus que jamais son adjectif : gonflées d'alluvions, les eaux sont d'une couleur ocre et palpitent en vagues qui déferlent sur les rives. Les pêcheurs s'affairent à remonter les casiers pleins de poissons frétillants et nous saluent d'un grand sourire.
Le circuit touristique tracé selon les directives de l'agence comporte, hélas, une halte commerciale sur une île consacrée à la vente des produits artisanaux du delta : fruits cueillis dans les vergers et servis aux visiteurs canalisés sous les tonnelles, thés aux parfums insolites, bonbons caramels et noix de coco... Et l'inévitable traversée des boutiques de nappes brodées, kimonos, robes chinoises de satin broché, maroquinerie, jades, multiples gri-gri dont les orientaux sont si friands... On achète quelques gadgets pour ne point sortir les mains vides de ce piège à touristes.
La surprise du jour, réservée à tous les visiteurs étrangers, c'est un retour à bord d'une barque fuselée à travers les canaux d'irrigation, les "aroyos", ruisseaux sinueux sous une voûte de bambous arborescents. Une rameuse à l'avant du frêle esquif, un barreur à l'arrière, et nous avec Mrs Hoa, coiffés du classique "nan", ce fameux chapeau chinois conique. Cette coiffure n'est pas superflue : elle protège nos crânes des petits serpents qui se laissent parfois choir des hauts feuillages sur la tête des passants... Pierre Loti a parlé de la spécialité de ces bestioles dans son récit "Un pèlerin à Angkor". Un siècle et demi plus tard, les habitants de la région s'en méfient toujours autant !
Amarrée au quai de l'arrivée, la grande barcasse à moteur nous ramène à My-Tho, où Miss Kiou nous récupère. Nous remercions vivement Mrs Hoa de sa délicate présence, en la félicitant pour l'excellence de ses commentaires, et son parfait français. Elle avait bien voulu répondre à toutes nos questions, notamment à propos de la condition des femmes vietnamiennes dans la société actuelle. Soumises au bon vouloir de leur époux, qui détient, en apparence, le pouvoir à l'extérieur de la famille. La censure s'applique avec rigueur sur les programmes et les films diffusés sur les deux chaînes de la télévision d'état. Même si les réseaux de télé par satellites sont théoriquement accessibles au Vietnam, les postes sont trafiqués pour bloquer leur réception. On est encore très loin d'une véritable démocratie à l'occidentale.
Un déjeuner typique nous est servi dans une charmante auberge, entièrement consacrée aux étrangers. Un "poisson-éléphant" est présenté dressé sur un plat entouré de pétales de légumes ciselés comme des bijoux. Suivi de crevettes géantes, puis un pot-au-feu à la Viet avec boule de riz, complété de desserts multiples...
Miss Kiou et le chauffeur ont refusé de se joindre à cet énorme festin, préférant les coulisses du restaurant et des nourritures plus discrètes.
La route du retour vers Saïgon mène inévitablement (encore...) à un atelier de Laques, dont la visite est programmée dans le but de nous soutirer quelques milliers de dongs, ou mieux, des dollars, le roi vert dominant toutes les autres devises comme partout ailleurs dans le monde. Tous les objets exposés sont parfaitement réalisés, selon une technique ancestrale dont les étapes de fabrication présentent, à nos yeux, tout l'intérêt de cette halte à but lucratif. Nous n'achetons rien, malgré la déception d'une vendeuse qui a pourtant déployé tous ses talents de sirène en pure perte !
La circulation est intense sur la route inondée, défoncée par les pluies récentes de la mousson, si violente cette année. C'est un slalom-stock cars auquel se livrent les milliers de véhicules roulant en tous sens sur des pistes à peine praticables. Les conducteurs n'en perdent jamais leur sang-froid, évitant à tout moment des collisions prévisibles sans échanger la moindre injure. Contrôle de soi et flegme oriental oblige.
Un dîner à la française, à "La Fourchette", un fameux troquet à l'enseigne hexagonale qui nous régale de ... rillettes et d'un hâchis Parmentier ...
La pagode Giac-Lam est enfouie sous de hauts arbres, dans un quartier excentré : oasis de paix et de verdure, où se rassemblent de nombreux étudiants, assis sur les pelouses, révisant leurs cours à haute voix. Tout près, le temple bouddhique ouvre ses portes aux visiteurs, et je suis autorisée à photographier tout ce que je désire.. Dans la première salle, tables et chaises invitent à la dégustation d'un thé parfumé, breuvage délicat servi par une dame attentive.
Dans le coeur du sanctuaire, un très vieux bonze au visage parcheminé est assis dans un coin sombre. Il ponctue chaque minute du jour en actionnant un puissant levier de bois qui frappe sur le gong rituel, pour marquer la marche inexorable du temps.
Dans le parc, des stèles hautes en couleurs, vrais chefs d'oeuvre kitsch, s'élèvent à la mémoire d'on ne sait quels dieux rigolards, dont les effigies ressemblent à des dessins de Cabu : frappant contraste avec le dépouillement du bouddhisme environnant.
La visite du marché Bin Tranh est une vraie plongée dans la vie saïgonnaise, avec ses étalages de légumes, fruits, épices exotiques exhalant des senteurs de nioc-mam, ce condiment sans qui nulle préparation culinaire digne du pays ne saurait être servie. Odeur à la limite du supportable pour mes narines : mélange de poisson pourri et bouillon aigre qui me soulève le coeur !
Ce soir, je me contenterai d'un banal bouillon de légumes à l'occidentale, sous l'oeil déçu du maître-cuisinier de l'hôtel en grande tenue... Mon compagnon, qui n'a peur de rien, va se servir abondamment dans les multiples chaudrons qui mijotent sur l'immense table du "buffet"... Cet homme vit dangereusement ! 😉
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Tu me transportes au travers de ces flux ocres du Mekong ...je vais au devant de l'inconnu ...je m'ennivre de tes lignes (quelle poésie! si si dans le verbe exprimé!😊) ...je respire les bâtonnets d'encens ainsi que les épices du marché Bin Tranh, je frisonne à l'idée que le "serpiente" ne me tombe sur la tête (en tombant d'un de ces feuillages), je déguste ces mets asiatiques ... je voyage en te lisant
Fabricia, s'il te plaît, tu veux bien continuer à m'enchanter ? Avec toi, le rêve devient réalité, alors j'attend de poursuivre ton voyage qui, par la magie de tes mots, devient aussi un peu le mien...
A bientôt
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
Dans l'avion Vietnam-Airlines, destination Siem Reap (Cambodge), nous ne sommes que des étrangers ou presque, la destination est célébrissime : Angkor et ses temples mythiques, dont la seule évocation fait rêver à des splendeurs.
Le pilote a dû faire ses premières armes dans les commandos... Il pose son avion dans un rugissement de réacteurs emballés et il nous semble que la piste de Siem Reap ne sera jamais assez longue pour s'arrêter avant les grillages... Il me revient, à cet instant, une réflexion entendue avant notre départ de France. Un de nos amis, commandant de bord et instructeur à Air-France, a évoqué les risques à craindre sur les vols Vietnam-Airlines : "Ils cassent assez souvent le matériel... un peu comme des kamikases !" A Dieu vat...
On vient d'atterrir en pleine campagne. Un taxi nous embarque vers le centre de l'agglomération où nous n'avons que l'embarras du choix... Guest-houses, hôtels de toutes catégories, attendent de rares clients. "Freedom hôtel" : un joli nom plein de promesses...
La directrice de l'établissement est une rescapée des atrocités khmers rouges qui ont martyrisé et massacré des milliers de cambodgiens entre 1975 et 1978. Elle n'a dû sa survie qu'en masquant son érudition : ces monstres éliminaient systématiquement tous ceux qui étaient instruits... Faisant semblant de ne savoir ni lire ni écrire, elle a pu se fondre dans la masse des prisonniers. Au prix de privations inouies, un travail harassant dans les rizières, maigre nourriture (elle attrapait grenouilles, lézards, insectes divers qu'elle dissimulait dans son sarong, et qu'elle mangeait en cachette, le soir, couchée sur sa paillasse). Terreur, supplices, jamais elle n'oubliera ces "trois ans-huit mois-vingt quatre jours" d'horreurs. D'où le beau nom de "Freedom" de son hôtel tout neuf...
Dans les rues, de très nombreux mutilés, bras ou jambe manquants, résultat de milliers de mines anti-personnel qui pullulent encore partout au Cambodge. Nous avons la gorge serrée devant ces misérables clopinant, appuyés sur des béquilles de fortune, mendiant quelques riels pour survivre. Un organisme caritatif, "Handicap international", se dévoue dans toute l'Asie du sud-est pour secourir et équiper les malheureux estropiés. Mais il reste encore des territoires immenses truffés de ces saloperies, larguées sur le pays durant plus de trente ans.
Il règne une chaleur et une pesante humidité sous un ciel souvent brumeux. D'énormes ravines ont déformé les routes, creusé d'énormes trous remplis d'eau stagnante, qu'il faut contourner sans cesse pour ne pas s'embourber. Des équipes de cantonniers s'affairent à combler les ornières avec des tonnes de graviers, au milieu d'une circulation infernale. Il est exclus, ici aussi, de s'aventurer au volant d'une voiture : seul un chauffeur local navigue avec aisance dans ces tourbillons incessants.
Voici notre guide (inévitable) qui va nous accompagner jusqu'à Angkor : un personnage d'une minceur extrême, âge indéterminé, francophone, visage peu amène, regard perçant et indéchiffrable... Il me fait une impression un peu désagréable, comme un frisson à l'idée qu'il a peut-être été un de ces khmers rouges reconvertis dans la vie civile, comme tant d'autres sinistres personnages, qui ont réussi à se fondre dans le nouveau Cambodge...
L'entrée sur les sites des temples d'Angkor implique un passage obligé par le sas des contrôleurs : il faut se plier à la séance-photo d'identité qui va être apposée sur un badge autorisant trois jours de visites, moyennant une coquette somme à payer en dollars, exclusivement. Sous la houlette impérieuse de notre mentor, nous pénétrons enfin dans les mystérieux sanctuaires.
Une clairière a été dégagée dans la jungle foisonnante, où divers véhicules peuvent stationner. Certains d'entre eux, les plus insolites, sont de pacifiques pachydermes abrités sous les arbres en compagnie de leur cornac, attendant de possibles amateurs de balades en forêt. Cette Atlantide orientale me fait irrésistiblement penser, une fois encore, au cher Pierre Loti, qui a décrit "cette basilique fantôme, immense et imprécise, ensevelie sous la forêt tropicale"... Autant dire immédiatement que j'ai ressenti la plus belle émotion de mes voyages en Asie en pénétrant sous ces voûtes de végétation légendaires...
Une allée majestueuse bordée, de part et d'autre, d'une procession de dieux sculptés dans une roche gris sombre, soutenant un interminable serpent, mène au fronton du Bayon, nom qui signifie "montagne magique", monumentale architecture aux 200 visages de pierre. Regard perdu sur l'infini, sourire énigmatique. Depuis dix siècles, ces divinités président aux destins humains.
Mon appareil photo en main, lourdement chargée d'une sacoche contenant pellicules et objectifs à zoom variable, je suis fascinée par les beautés qui m'entourent. Je largue mon compagnon, aux prises avec le guide intarissable qui le noie sous un flot de commentaires rasants et superflus, mais qu'il n'ose interrompre pour ne pas l'offenser. Fou-rire difficile à dissimuler lorsque je reviens vers les deux hommes, et que le guide veut répéter à mon intention le discours indigeste que B. vient de subir... "Non, non, continuez, je vous prie, je lui raconterai tout cela plus tard" s'exclame mon mari, épuisé par l'infatigable bavard. Tant pis pour ma fierté, je préfère passer pour une ignare à ses yeux plutôt que d'écouter ses explications insipides. Je retourne à ma passion, photographiant toutes ces merveilles exhumées de leur gangue végétale.
Dans un inextricable fouillis de lianes et de blocs sculptés, les vestiges sont enlacés par les énormes racines des fromagers, ces arbres immenses hauts de plusieurs dizaines de mètres, dont on ne sait plus qui soutient l'autre. Les explorateurs ont renoncé à séparer l'ensemble, ce qui aurait pour résultat l'irrémédiable destruction de ces gigantesques accumulations, unies "à la vie-à la mort" !
Des heures durant, nous suivons notre berger qui nous guide à travers les sentiers boueux, dont il ne faut s'écarter sous aucun prétexte : gare aux mines tueuses, aux serpents venimeux et aux scorpions sournois... Toutes ces sortes de choses plaisantes qui guettent les imprudents hors des sentiers battus. Dans cet incroyable décor de contes psychédéliques, le monde s'est arrêté, figé comme sous l'effet d'un mystérieux sortilège. Nulle part ailleurs, je n'ai ressenti une telle magie.
Devant la célèbre perspective du temple d'Angkor-Vat, dont les reflets miroitent dans les eaux du lac, des enfants jouent et barbotent. Un gamin propose une promenade sur son superbe cheval caparaçonné comme une enluminure. Des bonzes en robe safran et violette se poursuivent en chahutant. Images d'une gaieté surprenante.
Epuisés par tant de beautés, nous retrouvons notre chambre-sauna et la douce Mrs. Freedom qui nous sert une simple "soupe de nouilles" aux parfums délicats.
Dès le lever du soleil, "Petit circuit" annonce notre guide, la mine toujours aussi renfrognée d'avoir à piloter des clients aussi rebelles. La chaleur est intense, démultipliée par l'humidité à son maximum, qui nous transforme rapidement en éponges dégoulinantes. Il faut que le spectacle soit vraiment grandiose pour oublier l'inconfort physique.
Une halte devant une mare d'eau, quelques enfants pêchent de minuscules poissons piégés dans les mailles d'un large filet qu'ils déploient sur la vase. Comme tous les enfants du monde, ils s'amusent et font les clowns, tout en continuant leur besogne. Des petites baraques vendent les traditionnels "krama", ces carrés de tissus dont se coiffent les travailleurs de la région.
Près du marché de Siem Reap, un français a ouvert un restaurant fameux, depuis quelques années : c'était à l'origine le premier et le seul restaurant de la ville, qu'il a nommé "The Only One"... Une petite salle meublée de rotin, des photos sépia décorent les murs, jolies lanternes de fer forgé, des ventilateurs brassent vigoureusement la moiteur ambiante : une délicieuse atmosphère rétro vraiment agréable après les déambulations dans la nature échevelée...
Le patron, Yves, architecte, s'est reconverti dans la restauration par amour d'une jolie vietnamienne qu'il a épousée et dont il a une mignonne petite fille. Il est très loquace. On le sent passionné par l'Asie, qu'il connaît parfaitement puisqu'il a participé à une mission de reconstruction au Cambodge, en 1993. L'histoire politique et économique de ce pays, ainsi que les rebondissements multiples de Norodom Sihanouk n'ont aucun secret pour lui. Nous l'écoutons raconter ses expériences avec beaucoup d'intérêt, car il sait faire partager son enthousiasme et sa tendresse pour son nouveau pays avec énormément d'authenticité.
Même passion pour la cuisine qu'il affiche au menu : peu de plats, mais cuisinés traditionnellement avec d'excellents produits par un chef cambodgien. Un mémorable souvenir de cet "Only One" dont je ne sais s'il existe encore, quatre ans après notre visite...
Dans les rues, toujours le même magma de véhicules enchevêtrés où se faufile notre voiture, qui slalome entre les énormes trous remplis d'eau et les obstacles des deux roues et des charrettes encombrant tout l'espace. Absence totale d'un semblant de code de conduite, et pourtant, comme par miracle, nous n'assistons à aucune collision. Sur le fronton d'une immense bâtisse, à l'angle du carrefour central, une fresque voyante attire l'oeil : peints de couleurs agressives, ce sont les portraits de Sihanouk et de son épouse, qui sourient de toutes leurs dents à leurs humbles sujets, dans l'indifférence générale...
Nous avions l'intention de visiter un atelier de tissage de "batiks" (tissus de soie incrustés de motifs moirés), mais c'est fermé le dimanche... Autre spécialité du cru, les crocodiles dont on fait l'élevage dans une ferme ouverte aux visiteurs. Dans leurs marigots puants, toute la gamme des sauriens patauge, la gueule ouverte et l'oeil mi-clos, en observant leurs admirateurs, prudemment juchés sur des passerelles dominant les bassins. Hallucinant spectacle que ces centaines de monstres, élevés non seulement pour leur peau d'une valeur considérable, mais dont les locaux consomment la chair, délicieuse, paraît-il.
Un tour dans le marché couvert, épreuve pour les étrangers, proies désirables harcelées par tous les vendeurs. Quelques bricoles attirent notre porte-monnaie, petits achats-souvenirs. Une visite à la "Maison de la Paix" : sous des paillottes, quelques artisans initient les jeunes aux multiples techniques du travail du cuir, pour confectionner des objets utiles ou décoratifs. Le profit des ventes est destiné à l'entraide des défavorisés, sponsorisés par des catholiques dévoués.
Sur la grand'route qui mène vers Angkor, pompeusement baptisée avenue du Général de Gaulle, des échoppes de potiers, dont les façades garnies de céramiques multicolores se reflètent dans les flaques d'eau. Un grand complexe hôtelier tout blanc nous invite à pénétrer dans ce temple du bon goût et du savoir-faire bien de chez nous... A peine inaugurée, cette luxueuse résidence est un chef d'oeuvre de confort et de beauté. Nous ne résistons pas à l'invite du salon et un véritable café expresso au parfum exquis, vautrés dans de profonds fauteuils, revigorés par la fraîcheur climatisée de ce paradis. Le manager français vient nous saluer amicalement et nous propose une visite guidée de son bel hôtel tout neuf.
Deux jeunes garçons, dont l'un parle bien notre langue, sa mère est française, nous pilotent à travers salons, vastes salles de réception, chambres et suites et, clou du lieu, un spa disposant des plus récentes innovations. Cet espace est destiné aux activités sportives, sous la houlette de moniteurs et masseurs spécialisés. Réservé, comme il se doit, à une clientèle richissime. Le vaste parc est aménagé de massifs débordant de fleurs tropicales, arrosés par une armée d'employés. Une piscine hollywoodienne de dimensions olympiques est incrustée sous une voûte de palmiers frissonnants. Il ne manque plus que l'arrivée espérée de la manne : des clients fortunés à la recherche du luxe et de solitude dans cet ilôt privilégié...
Ce soir, de retour au Freedom, un frugal dîner équilibre le budget repas fortement ébranlé par la folie du déjeuner dans le palace... De l'espace informatique, de plus en plus fréquent dans tous les hôtels cambodgiens, nous envoyons un mail à notre petite famille restée en France.
Demain, nous retournerons à Saïgon, pour continuer notre périple à travers le Vietnam...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Lundi 23 octobre 2000. Retour de Siem Reap à Ho Chi Minh-ville... Nous avons choisi un nouvel hôtel, "Le Mondial", rue Dong Khoï (ex-Catinat) pour deux nuits. C'est un quartier hautement touristique, par conséquent une foule de mendiants nous prend d'assaut dès qu'on sort du hall. Spectacle pénible de ces exclus, jeunes enfants mutilés, victimes de la poliomyélite, aveugles, maigres femmes portant des bébés squelettiques qu'elles brandissent en réclamant l'aumône, rabatteurs qui tendent des cartes de magasins où "tout est pas cher..." Impossible de rester indifférent devant tant de misères..
Quelques démarches utiles à la Vietcom-Bank, pour échanger des chèques de voyage, puis nous plongeons dans la grande librairie riche en littérature anglaise et francophone. Le manège bizarre d'une femme vietnamienne entre deux âges m'intrigue : elle tend un bout de papier à mon mari, sur lequel elle a griffonné son adresse... A mon humble avis, c'est une prostituée... Je suppose qu'il en est arrivé à la même conclusion...
Un vieux monsieur très digne nous entend parler et s'approche de nous. Il se présente : c'est un médecin qui a dû renoncer à son métier, chassé par les autorités viets lors de la réunification en 1975. A l'époque, le nouveau régime politique a refusé toute activité aux intellectuels et aux professions libérales, qui incarnaient, à leurs yeux, l'ancienne société coloniale. Tous ces exclus se sont résignés à occuper de modestes emplois. Celui-ci survit en donnant des leçons particulières de langue française et anglaise à quelques étudiants. Il évoque le passé avec mélancolie.
Une incursion à "La Caravelle", palace 5 étoiles, fief des riches hommes d'affaires étrangers qui viennent signer de juteux contrats avec leurs homologues locaux. Le communisme n'interdit plus les échanges internationaux : le Vietnam ayant compris tout l'intérêt du capitalisme mondial. Implantations des usines Mercédès, General Motors, Renault, etc... Les boutiques de l'hôtel vendent de très beaux objets artisanaux dont les prix sont à la mesure des portefeuilles bien garnis.
Place Lam Son, le Théâtre "Belle époque" inauguré en 1900, a retrouvé sa vocation après avoir été pendant quelques années le siège de l'Assemblée nationale. Pimpante architecture rococo blanche et rose. Juste en face du Caravelle, la façade fraîchement repeinte du Grand Hôtel Continental évoque les heures de gloire de cet établissement mythique. Au temps de l'empire indochinois, c'était le lieu de rendez-vous des célébrités : André Malraux, Lucien Bodard, Graham Greene, y ont pris pension. C'était le quartier général des journalistes et correspondants de guerre qui venaient boire leur apéritif favori à l'ombre des palmiers. La restauration du palace a respecté l'atmosphère et le style d'autrefois, ambiance feutrée et musique nostalgique... Les fantômes du passé errent encore dans le grand salon. Concession à la mode actuelle, une pizzéria propose ses spécialités italiennes dans la jolie cour intérieure.
A proximité, un autre établissement célèbre, l'Hôtel Rex, refuge des militaires américains durant les années de guerre, est une des gloires du quartier. On peut y déguster des plats traditionnels dans le restaurant raffiné situé au 5ème étage, d'où l'on domine la ville de Saïgon... Assis sur la jolie terrasse, un violent orage et des trombes d'eau nous chassent vers la salle du restaurant, où nous attendrons le retour du soleil...
Dans une des boutiques de la galerie marchande, une jeune française essaye des sandales en vrai python sous le regard indulgent de son compagnon... Leur prix est très modique. Elle me prend à témoin : "elles sont ravissantes"... "Oui", répond-elle, "j'en ai très envie... mais j'ai déjà acheté cinq paires de chaussures depuis le début de mon voyage..." Je ne saurai pas la fin de l'histoire mais je l'ai trouvée si attendrissante...
Il faut de nouveau s'infiltrer à travers la circulation intense qui règne sur ces avenues centrales, dans les vrombissements des motos, scooters et mobylettes innombrables... Du matin au soir, c'est la même cohue qui traverse l'immense fourmilière.
Les marchands à la sauvette installent leurs étalages sur les trottoirs en un temps record, prêts à tout replier dès qu'ils voient les voitures des patrouilles freiner dans un hurlement de pneus à leur hauteur : ces commerces sont strictement interdits et durement sanctionnés par des policiers impitoyables...
Au crépuscule, B. ("qui n'a peur de rien") va faire une balade sur le bord de la rivière Saïgon, non loin de l'hôtel... Malgré toute son audace, il doit renoncer à poursuivre son exploration suicidaire tant la circulation devient démentielle...
Nous sommes dorénavant les seuls maîtres de la poursuite de notre voyage à travers le Vietnam, malgré les fortes incitations des organismes officiels qui aimeraient bien surveiller de près tous ces étrangers, parfois trop curieux...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Autour de l'hôtel Mondial, la circulation est incessante, jour et nuit. Des boutiques de soies, laques, jades, bois précieux, estampes, meubles de rotin, attirent continuellement les acheteurs. Dans la rue, un ballet de scooters et motos vrombissent dans des vapeurs bleutées, souvent conduits par des jeunes femmes casquées, nez et bouche voilés par un foulard, longs gants qui protègent leurs bras nacrés des brûlures du soleil.
Sur les trottoirs des avenues, à l'ombre des grands arbres, tamariniers, manguiers et badamiers, des cuisines à roulettes proposent des brochettes grillées et des soupes locales aux promeneurs.
Place Commune de Paris, la cathédrale Notre-Dame, construite en 1880 par les français, style néo-roman, en brique rouge, et ses deux clochers carrés surmontés de flèches, célèbre toujours des messes pour quelques fidèles. Contemporaine, sa voisine la Poste centrale est une oeuvre de Gustave Eiffel, avec une charpente métallique inspirée de notre Tour parisienne. Une majestueuse verrière coiffe la structure qui enveloppe la salle principale, avec ses guichets numérotés. Murs peints de tons vert-bleuté, un immense portrait du grand homme, Ho Chi Minh, fait face à un plan de Saïgon datant de 1892.
Clin d'oeil futuriste à proximité de ces anciens monuments, le "Diamond Plaza" est un building ultra-moderne qui abrite des bureaux, des logements luxueux et un espace commercial de grand standing.
De nombreux restaurants locaux proposent à leur menu des plats étranges : "Ragoût de singe", "Serpent en matelotte", et... "Oeuf de cane couvé"... Ce dernier mets ne se déguste que dans les grandes occasions. Interrogé, notre ami vietnamien répond : "on le mange sans trop le détailler"... A cette évocation, je prends mes jambes à mon cou pour me réfugier au salon de thé "Brodard", célèbre institution où des plats plus familiers sont servis aux gourmands européens. La pâtisserie "Givral" attire, elle aussi, les voyageurs en manque de douceurs, salivant à la vue des pyramides de gâteaux somptueux présentés dans la vitrine.
Adieu à Saïgon dans sa marche inexorable vers le futur, qui efface progressivement les charmes surannés de cette ville dynamique.
Destination : Dalat, ville d'altitude située à 308 km. On traverse une campagne d'un vert éblouissant, arrosée par les récentes pluies de mousson. Notre pilote s'est arrêté devant les plantations de caféiers et théiers, qui font la richesse de la région. C'est en connaisseur qu'il nous montre les variétés de grains et feuilles sélectionnées pour d'abondantes récoltes.
La route quitte la plaine et grimpe à travers les hautes collines couvertes de forêts. Au détour d'un virage, nous nous arrêtons dans une vallée creusée par un torrent, un troquet rustique et ses bancs de bois nous accueille pour thé et boissons fraîches dans ce décor de carte postale. Et nous arrivons à Dalat, altitude 1500 m, ancienne villégiature de l'ex-empereur Bao-Daï. Nous renonçons au "Sofitel", cher et tristounet, pour le "Golf", grand building sans charme particulier.. propre et fonctionnel, situé en centre-ville, près du lac. Mais ce qu'on ignore encore, c'est l'existence d'une boîte de nuit au sous-sol...Le réceptionniste applique strictement les consignes des autorités locales : nos passeports sont confisqués jusqu'au lendemain, contrôle des voyageurs qui sont suivis tout au long de leurs déambulations dans le Vietnam.
Promenade au bord du lac, bordé d'allées fleuries, attraction locale. Des familles s'amusent et barbotent dans l'eau cristalline, des jeunes juchés sur des pédalos font la course à coups de mollets vigoureux. Une atmosphère de détente qui contraste avec la furia citadine de Saïgon.
A l'heure du thé, nous allons au "Larry's Bar" qui reproduit à l'identique les clubs britanniques, avec ses profonds fauteuils, tapis moelleux, boissons d'origine anglo-saxonne, et gravures sépia sur les murs. Juste en face de l'hôtel, des dizaines de restaurants locaux affichent leurs spécialités de soupes et riz composés pour 100 000 dongs (2500 dongs valaient 1 fr français en 1999). Avant 1975, la monnaie indochinoise était la piastre.
Ah, quelle nuit ! Comme partout sur la planète Terre, à cette extrêmité orientale de la péninsule comme sur la rive ouest américaine, du pôle nord au cap Horn, une frénésie s'empare des jeunes humains dès que sonnent les dix coups post-meridiem. De notre chambre, nous sommes matraqués par un incessant martelage musical qui fait vibrer les cloisons du grand édifice. C'est la foire-disco de la boîte de nuit, qui résonne du sous-sol, six étages plus bas, de toute la puissance de ses énormes amplis. La tête sous l'oreiller, boules Quiès, il faut absolument ignorer le vacarme et rester zen : moins on y pense, plus vite on sombre dans le sommeil.
Fraîcheur du petit matin calme, silence divin : les fêtards sont enfin couchés, le monde est à nous ! L'agence Dalat-Tourist-Travel et son directeur, francophone, à qui nous indiquons nos projets pour la suite du voyage, établit un devis convenable.
Il fait un temps radieux, au bord du lac, assis à l'ombre d'un arbre à fleurs en grappes rouges. Dans un bassin d'eau trouble, des poissons-chats aux yeux globuleux évoluent dans l'ignorance de leur destin. Les occupants de ce vivier vont griller sur les braises du restaurant voisin. "Ne craignez rien, vilains poissons, je ne vous mangerai pas"... Quelques jours avant notre départ, j'ai vu un documentaire de Thalassa sur ces élevages dans le delta du Mekong. Au milieu du fleuve jaune, des baraques sur pilotis surmontent des nasses grouillant de ces immondes bestioles, que les pêcheurs nourrissent d'une bouillie répugnante en ouvrant une trappe dans le plancher de leur habitation. Sur l'écran, le spectacle est repoussant, et j'imagine sans peine l'horrible odeur qui s'en dégage. De quoi me dégoûter des poissons d'élevage pour le restant de mes jours.
Dalat est une ville qui n'a pas de cachet asiatique, et qui fait plutôt penser à une station thermale de province française d'autrefois. Sur une colline plantée de pins, des villas laissées à l'abandon ont abrité des coloniaux qui fuyaient la fournaise du littoral pour la fraîcheur des montagnes environnantes. On peut visiter l'ancienne résidence de Bao-Daï, une grande bâtisse assise dans un parc, de style 1930. Converti en musée, ce palais d'été est demeuré tel qu'il a été conçu, mobilier ringard, bibelots kitsch, trophées dérisoires, photos jaunies, témoins muets d'une gloire éteinte.
Curiosité, la gare ferroviaire de Dalat, -Ga Dalat-, fait irrésistiblement penser à celle de Deauville avec ses façades crépies de blanc aux chevrons de bois sombre, vrai style normand. Il y a belle lurette que le train ne roule plus, la locomotive à vapeur et ses trois wagons sont figés pour l'éternité sur les rails envahis d'herbes folles.
Devant la cathédrale dont le clocher s'orne d'une girouette-coq, le chauffeur du taxi s'exclame : "Look at the chicken". A côté, la Pagode Lam Ty Ni et son unique occupant, un bonze aux multiples talents de peintre-sculpteur-poète que nous saluons avec déférence.
Un bistro au nom insolite, "Café de la Poste", rendez-vous des rares promeneurs français venus boire quelque apéritif en rêvant à leur lointaine patrie.
Grande balade en véhicule tout-terrain sur les collines autour de Dalat. Un immense barrage hydro-électrique a été construit sur le site d'un village, noyé il y a quelques années. Les habitants ont été transférés, parqués en réalité, dans une réserve non loin de là. Chutes d'eau tourbillonnantes, buissons de fleurs sauvages : le lac artificiel a englouti à jamais la vie précédente. Entouré de clôtures, on pénètre dans le village Lat dont les solides grilles ont été ouvertes à notre arrivée, et prestement refermées derrière notre voiture. Impression pénible d'entrer dans une semi-prison... Dès qu'on ouvre la portière, des filles et des garçons se précipitent pour nous vendre des bracelets de coton tressés qu'ils fixent à nos poignets : cordonnets porte-bonheur.
Venu à notre rencontre, le notable du village, en la personne du curé, nous emmène dans son tipi pour partager le calumet de la paix : sous forme d'un long tube de bambou plongé dans une jarre de vin-maison. Il aspire quelques lampées du breuvage, puis me tend le "cân" : "à vous, Madame.." Comment pourrais-je décliner un tel honneur ? Je m'exécute bravement et à ma grande surprise, c'est une liqueur à base de mandarines d'un goût agréable, bien que fort alcoolisée. L'homme tète, lui aussi, à plusieurs reprises, tenant compagnie au curé réjoui qui ne rate pas une occasion de pécher par gourmandise, sous le regard indulgent de son Seigneur.
L'autre personnage important du village, c'est un infirmier-guérisseur dont le rôle est primordial en cas de maladie ou d'accident. Il faut encore sacrifier aux traditions, sous forme de bière locale de piètre qualité. Il s'empare d'une flûte en bois dont il tire des mélopées grinçantes qui écorchent les oreilles.. Il montre un cahier d'écolier où les visiteurs ont laissé quelques mots... Un certain grassois dont il dit que c'est son grand ami : de retour, nous promettons de porter le message griffonné pour se rappeler à son bon souvenir. Et par la même occasion, le bonhomme avisé réclame quelques dongs à B. pour refaire sa provision de bière.
Les grilles du village-prison se referment... Nous retrouvons Dalat et une curieuse pension, "Hang-Nga", surnommée "Crazy House". Construction complètement dingue, oeuvre d'une architecte déjantée, qui a bâti un édifice de béton en forme de tentacules gigantesques imitant une forêt de cauchemar. Dans ces boyaux tordus, des alvéoles abritent des chambres que l'on peut louer si on aime le fantastique... ça ressemble à des décors de Dali, pittoresques et extravagants... ça vaut le déplacement !.
Un tour au grand marché couvert, aux allées si étroites qu'on croit marcher sur les pieds des vendeurs vautrés sur le seuil des étalages. Derrière le bâtiment, c'est l'envers du décor, avec ses monticules de déblais et d'ordures dégoulinant des vieux immeubles.
Prochaine étape : Nha Trang, à 208 km, sur la côte de la mer de Chine.
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Voici notre nouvel ange-gardien au volant d'une belle voiture blanche : Anh Tuan, qui nous emmène ce matin 28 octobre, à Nha-Trang, station balnéaire sur la mer de Chine. Nous apprécions immédiatement ses qualités de conducteur, calme et prudent. Après nous avoir demandé notre accord, il allume un lecteur de cassettes qui diffuse de superbes mélodies orientales ainsi que des chansons de quelques célèbrités, telles que Beatles, Cat Stevens, Jean Ferrat et Paolo Conte... Très éclectiques, les goûts du chauffeur sont aussi les miens. Il raconte que ses parents ont des liens familiaux avec la France, et son prénom n'est autre que la version vietnamienne d'Antoine.
Le trajet est superbe et les paysages grandioses : on s'arrête au Col des Nuages, entouré de brumes qui noient les sommets couverts de sapins. Au loin, Anh Tuan désigne une saignée dans la colline escarpée : c'est l'ancien tracé d'une voie de chemin de fer, dont les rails ont été enlevés et transportés sur des vélos, pendant l'interminable guerre contre les américains. Prodigieux, le courage de ces populations en lutte pour recouvrer leur liberté.
Une halte au milieu du parcours, dans un café tenu par une jeune femme souriante, amie d'Anh Tuan. Un drame est survenu dans la vie de notre conducteur : sa femme est morte il y a quelques mois d'une grave maladie, le laissant avec deux adolescentes... La dame des lieux semble toute prête à le consoler et, ma foi, Anh Tuan est assez sensible à ces subtiles douceurs, puisqu'il promet de s'arrêter un peu plus longuement au retour.
Peu à peu, la route redescend vers la plaine verdoyante, traversée d'un ruisseau où s'ébat une file de canards. Une maisonnette s'abrite sous une voûte de palmiers. Des buffles se vautrent dans la mare avec des grognements de plaisir. Voici Nha-Trang, son petit port de pêche et sa flottille de barques multicolores, de grands filets carrés se balancent au ras de l'eau. A l'écart des typhons, grâce à sa situation protégée dans une anse, bordée de sable fin, cette longue plage a été le refuge d'Alexandre John Emile Yersin, médecin qui découvrit le microbe responsable de la peste en 1894. Vénéré, encore maintenant, par les vietnamiens qui l'ont honoré en donnant son nom à plusieurs rues dans les principales villes du pays.
Situé sur la promenade du bord de mer, le "Que Huong" a belle allure, tout blanc avec des volets bleus. Un jardin intérieur entouré de buissons fleuris cache une piscine au bord de laquelle sont disposés tables et fauteuils. Un patio et un kiosque jouxtent la grande salle à manger. Nous invitons Anh Tuan à partager notre déjeuner. Il nous parle de ses deux filles, étudiantes, et pour lesquelles il fera tout pour qu'elles aient un métier... Etre des femmes modernes, libres et autonomes... Une de ses belles soeurs tient un restaurant à Cagnes-sur-mer, "Le Petit Jade", en face de l'hippodrome que nous connaissons bien. Peut-être irons-nous y dîner à notre retour.
Dans les années 1970, Nha Trang était la station balnéaire réservée aux militaires américains qu'on envoyait ici pour oublier provisoirement les horreurs de la guerre. Elle est maintenant très fréqentée par les vietnamiens aisés, pour les farnientes au bord d'une mer tranquille, parsemée d'ilôts.
Ce soir, très tard, sous les fenêtres de notre chambre qui domine la piscine, des clients bruyants s'attardent devant leurs bières. Il suffit de quelques mots pour qu'ils mettent fin à leurs libations.
Sur une colline boisée qui domine la mer, le souverain déchu Bao Daï (encore lui...) possédait plusieurs villas blotties dans un grand parc, dont certaines sont visitables. D'autres ont été aménagées en bar-restaurants. Ce bonhomme s'est largement servi dans les caisses de son royaume, où il a puisé sans scrupule pour satisfaire sa folie des grandeurs. Comble du scandale, on sait qu'il n'a jamais vécu dans ces immenses maisons, construites uniquement pour la parade.
Dans le port de plaisance, un paquebot de croisière, "Royal Princess P & O", attend ses riches passagers descendus à terre et éparpillés dans la ville, à la recherche de boutiques hors taxes. J'imagine qu'ils sont d'origine yankee, attirés par les prix dérisoires pour leurs poches pleines de mirifiques dollars.
Dans les aquariums du musée océanographique, nous découvrons des crabes étranges appelés limures : ce sont des "fossiles vivants" de 200 millions d'années, ainsi que des tortues, hippocampes, holoturies, crevettes géantes et rémoras. Au milieu de la salle, un gigantesque squelette de baleine découvert, il y a quelques années, en pleine campagne, enfoui dans les profondeurs d'une rizière.
Le ciel se répand en fortes ondées qui fouettent les vitres de notre chambre avec violence... Juste assez pour une sieste bienvenue au milieu de nos promenades.
Des vestiges des tours Chams, édifiées du 7ème au 12ème siècles, il ne reste que quelques pans de murs ocres, en partie écroulés dans la végétation qui a envahi les sanctuaires dédiés à d'anciennes divinités hindoues.
Hom Chang : le littoral se découpe en falaises rocheuses couvertes de buissons qui ressemblent aux côtes bretonnes. Quelques baigneurs fouillent dans les entailles des rochers de granit battus par les vagues écumantes.
Une porte de la ville ancienne, la Citadelle, domine une avenue où se bousculent des écolières à vélo, qui s'envolent du collège comme un nuage d'oiseaux. La petite pagode Haï Duc abrite un orphelinat bouddhiste pour adolescents. Petite obole en guise de participation aux frais...
Dernier dîner en ville au "Coco vert", une bonne adresse pour savourer thon sur barbecue et crêpes au sucre et citron (on se croirait toujours en Bretagne !). Un vendeur de livres passe par là : on achète une édition locale bricolée dont le titre accroche immédiatement notre regard. "Les Tunnels de CuChi", fantastique réseau de galeries profondément creusées dans le sol, à 75 km au nord de Saïgon, où se terraient les guerriers vietcongs durant la guerre contre les armées des U.S.
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Notre ami Anh Tuan est reparti vers sa belle amie... On a pris un avion pour Danang, une grande ville sans charme que nous quittons dès l'arrivée pour la petite Hoï Anh, posée sur les bords de la rivière Thu Bon. Autrefois nommée Faï-Foo, c'était au 15ème siècle un très important port de commerce, transitant épices, thés, porcelaines chinoises de l'Asie vers l'Europe. La mer s'est retirée au long des siècles et Hoï-Anh se trouve maintenant à l'intérieur des terres. A mi-chemin entre Saïgon et Hanoï, la jolie petite ville ressemble à un livre d'images : temples chinois, pont japonais, marché vietnamien, habitations traditionnelles avec autels dédiés aux ancêtres. Toutes ces merveilles se découvrent en flânant dans des petites rues calmes, sous un chaud soleil d'automne.
Nous sommes logés à l'hôtel Vinh-Hung, propriété d'une riche famille d'origine chinoise dont c'était la résidence au début du 20ème siècle. Belle construction à l'ancienne reconvertie en hôtel confortable. Les chambres sont disposées autour d'une cour intérieure, creusée d'une minuscule piscine. La petite fille de la maison joue "La lettre à Elise" sur le beau piano du salon, sous le regard attendri de ses parents...
Une maison de thé où il fait bon se délasser, au premier étage d'une maison ancienne, avec quelques tables installées sur le balcon surplombant la rue principale. De là, le spectacle de la vie quotidienne se déroule au ralenti, tout un petit monde actif se propulse au milieu des charrettes de légumes et de fruits, porteurs ployant sous des montagnes de ballots qui se dirigent vers le marché permanent installé sur le bord de la rivière. Des échoppes d'artisans et des boutiques d'antiquités s'alignent des deux côtés de la rue, pour le plaisir des promeneurs en quête de souvenirs.
Quel bonheur de marcher les mains dans les poches, le nez au vent, admirant les pêcheurs à la ligne qui somnolent en attendant l'improbable poisson qui voudra bien mordre à l'appât... On traverse la rivière sur une passerelle réservée aux piétons, pour gagner l'autre rive bordée de palmiers. Un amusant bateau-panier ondule sur l'eau à coups de godille.
Dans les magasins de porcelaine, tenus par de vieux bonshommes couleur de cire, voici des assiettes anciennes bleu de Chine, du 19ème siècle, avec leurs fins décors de paysages traditionnels.
Un étroit sentier mène de notre hôtel jusqu'au coeur de la ville, où l'on a tout juste la place de marcher tant il y circule de vélos encombrés de marchandises, obligeant à se plaquer contre le mur pour ne pas se faire écharper. Le sable qui recouvre cette allée s'envole sous les pas, et dès la nuit tombée, on est plongé dans l'obscurité complète. Seules les petites lueurs de nos loupiotes nous aident à éviter les nombreux obstacles.
Le marché est déjà très animé à cette heure matinale. Haut en couleurs et en odeurs, dégorgeant de marchandises infinies, des légumes et des fruits de toutes sortes, des poissons frétillants, des épices fortes, jusqu'à l'éventaire des boulangers. Ici, comme partout au Vietnam, ces artisans ont perpétué la tradition française. Baguettes, pains de campagne, michettes, ficelles, d'une belle couleur dorée, mie fine et blanche, dont tous se régalent comme d'une pâtisserie. Habitants et voyageurs grignotent à longueur de journée ces pains exquis sortant du four.
Sur la rivière qui clapote sur les trottoirs à fleur d'eau, les étranges bateaux-paniers flottent en tourbillonnant. Tout juste assez grand pour deux minces passagers, il faut toute l'habileté du rameur-barreur pour manoeuvrer ce minuscule esquif, qui a tendance à tourner comme une toupie, sans perdre le cap.
Une charmante maison chinoise à la façade enluminée de vives couleurs attire tous les amateurs de photos. Pagodes et cages d'oiseaux exotiques, silhouettes gracieuses des jeunes demoiselles en "ao-daï" sur leur grand vélo, pont japonais et filet de pêche chinois suspendu au-dessus de l'eau, restaurant flottant sur la rivière : images précieuses à fixer pour toujours dans les albums-souvenirs.
Le "ao-daï", ravissant costume traditionnel des vietnamiennes, tunique trois-quarts à col "mao" et longues manches en soie blanche sur pantalon large de couleur noire reste l'uniforme des étudiantes à vélo. Ces belles cyclistes, minces comme des lianes, sillonnent les ruelles de la cité au son du grelot accroché au guidon.
Amarré le long du quai, un beau bateau de bois sombre évoque les voyages anciens des marchands venus de tous les horizons. Une boutique a suspendu des tee-shirts brodés à l'effigie du célèbre Tintin et son étonnante inscription, "Tintin au Vietnam" : tous les lecteurs de ses aventures savent que le héros n'y est jamais allé...
Une maison particulière, la "Tran's family chapel" a été transformée en musée. Appartenant à de riches commerçants, la nombreuse descendance accueille les visiteurs et les guide dans les salons. L'autel des ancêtres, élevé au coeur de la demeure à la mémoire des aïeux, est orné de photos jaunies décorées de fleurs séchées, ex-votos, bouquets de bâtonnets d'encens fumants piqués dans des vasques de sable.
Des visites incontournables : les cinq sites -musées, pagodes-, avec achat du pass à 50 000 dongs, font la gloire de Hoï-Anh. Jardins raffinés, sculptures, fresques symboliques, dragons de pierre crachant des jets d'eau au milieu des parterres de plantes vertes foisonnantes...
C'est un des plus jolis sites sur notre parcours indochinois, qui se poursuit vers la ville historique de Hué...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Ta belle " Nostalgie Indochinoise " est contagieuse... En plus les photos sont très belles, beaucoup si ce n'est la majorité ont leur place dans le topic " Scènes de vie d'ailleurs " ... Vivement que l'on aille à Hué !
Au plaisir renouvelé de te lire. Nawal.
" En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle..." Amadou Hampaté Bâ.
Mon retour sur VF et voilà je suis transportée, émerveillée je délecte chaque phrase chaque mot... je ferme les yeux... merci Fabricia pour cette nostalgie indochinoise... je frémis... j'y suis... merci encore je vais revenir te relire je ne m'en lasse pas !
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
Merveilleuse ville impériale, classée patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Les souverains impériaux y avaient leur résidence dans la "Cité interdite" édifiée selon les rigoureux principes obéissant à des critères sacrés. L'hôtel Tanh Noï est situé dans l'enceinte de la citadelle, à une centaine de mètres du palais. D'époque coloniale, restauré et entouré de pavillons tranquilles, nous devrions y goûter une paix ... royale.
On est arrivé dans l'après-midi, l'estomac dans les talons... La salle du restaurant est vide, un serveur nonchalant, qu'on a manifestement réveillé de sa sieste traditionnelle, nous apporte, en traînant les pieds, un infâme brouet liquide et tiède : dans l'assiette, c'est un fagot d'osselets broyés dans de l'eau de vaisselle... Si vous n'aimez pas ça, d'autres plats figurent à la carte des restaurants voisins : ragoût de chien, cervelle de singe, fricassée de méduse, cuisses de chauve-souris, poissons-chats du delta du Mekong ! Je jure que tout ceci est véridique.
A quelques encâblures, le Saïgon-Morin est un hâvre de paix et de fraîcheur, où des nourritures plus réjouissantes viennent combler nos appétits. Le jardin intérieur est planté d'arbres et de buissons odorants où s'abritent des oiseaux de toutes les couleurs. Petite pause pour -a nice cup of tea-.
Hélas, le dîner de notre hôtel n'est pas appétissant : une soupe végétale aux liserons d'eau (de l'eau tiède, où flottent quelques brindilles verdâtres insipides), suivie d'une pauvre omelette... Un boucan d'enfer, provenant de la réception nous matraque les tympans toute la nuit : la télévision reste allumée et diffuse à plein tube la retransmission d'un tournoi de football. Un changement de chambre s'impose : le lendemain matin, nous obtenons de haute lutte une chambre donnant sur le jardin. Ces problèmes d'intendance étant réglés, nous partons à la découverte des hauts lieux voisins.
La Citadelle et sa Cité interdite sont un des points forts de Hué. On se croirait transporté dans le glorieux passé des mandarins qui ont vécu, durant des siècles, derrière ces hautes murailles, préservés du commun des mortels comme des divinités sacrées. Les vestiges ont malheureusement souffert des combats de la guerre américano-vietnamienne, bombardés sans égard pour l'irremplaçable patrimoine. De nombreuses restaurations ont essayé de ressusciter les mytérieux édifices où nul étranger ne pouvait pénétrer à la haute époque impériale.
Des remparts entourent les palais, cernés de fossés remplis d'eau stagnante. Plusieurs femmes pataugeant dans la vase cueillent de larges feuilles vertes flottant comme des algues à la surface : ce sont les fameux liserons d'eau utilisés à toutes les sauces dans la cuisine locale.
Ce matin, nous partons vers les tombeaux impériaux, impressionnants mausolées à la gloire des souverains qui se sont fait bâtir de leur vivant, tels les pharaons égyptiens, des temples tout entiers consacrés à leur mégalomanie. D'abord, celui de Sa majesté Tu Duc, dans un parc boisé entourant un lac, avec pagode baignant dans les eaux couvertes de nénuphars. Au bout d'une longue allée, un pont à trois arches mène vers le saint des saints gravé de formules magiques, célébrant le seigneur pour l'éternité.
Il faut franchir la rivière des Parfums sur une barque où quelques habitants sont déjà assis. Notre bonne figure d'étrangers incite le batelier à nous faire payer le prix fort pour nous embarquer : grâce à notre généreuse contribution, il va empocher en une seule traversée son gagne-pain quotidien...
Sur la rive opposée, le mausolée de Minh Mang culmine au sommet d'une colline, entouré de colonnes de bronze. Les plans en ont été dessinés par le souverain en personne, et fut construit après sa mort. Pour la petite histoire, cet empereur n'a eu "qu'une trentaine d'épouses légitimes, 300 concubines et 142 enfants" !...
La série des tombeaux s'achève par le plus kitsch, celui de Khaï Dinh, entièrement recouvert de mosaïques bariolées qui tranchent étonnamment avec les sombres granits gris de ses prédécesseurs.
Cette longue marche nous a affamés : vite, retour au centre ville de Hué, pour s'attabler au Saïgon-Morin devant des ... spaghettis bolognaise et un fruit-punch Copacabana... qui nous font oublier un moment l'infecte cuisine de l'hôtel...
Je passe l'après-midi dans la chambre dont les fenêtres s'ouvrent sur le jardin : sieste et lecture en compagnie d'un charmant gecko qui se propulse à toute allure sur les murs de la chambre, allant des doubles-rideaux jusque derrière les gravures murales.
Le dimanche est consacré au musée des trésors impériaux, qui expose les trophées de la dynastie dans des vitrines poussiéreuses, sous la garde nonchalante d'un couple qui passe le temps en jouant aux dames.
Quelques kilomètres en taxi et nous arrivons à la pagode Thien-Mu, autrement dite "pagode de la vieille dame céleste", sur le bord de la rivière des Parfums. Haute montée de marches, trois portes symbolisent les étapes bouddhiques, génies du Bien et du Mal, perspective magnifique sur l'immense jardin éclatant de fleurs. Fondée en 1601, puis complétée en 1841, la grande pagode est surmontée de sept étages ornés de stupas finement sculptés.
Lieu de recueillement et de dévotion à la mémoire d'un bonze, Thich Quang Duc qui, en 1963, s'est immolé en s'arrosant d'essence enflammée, au coeur de Saïgon, pour protester contre le pouvoir dictatorial. Plus tard, une répression féroce dès 1975 contre des milliers de moines bouddhistes, envoyés dans des camps de concentration, a généré d'autres nombreux suicides en place publique, dont le monde entier a pu voir l'horrible spectacle sur toutes les télévisions. Visite très émouvante, sous un ciel bleu saphir, dans une atmosphère de sérénité retrouvée.
Nous explorons maintenant le quartier moderne de Hué, avec ses hôtels internationaux, Huong Giang et Century River, qui dominent de leurs hautes structures bétonnées la douce rivière parfumée. Les galeries marchandes de ces palaces exposent les plus beaux objets artisanaux de la région : soieries, nacres, porcelaines délicates, argent ciselé, bronzes, paravents anciens, ombrelles, boules yin-yang... Tentations irrésistibles !
Un avion Fokker à hélices, tout neuf, nous emporte vers Hanoï, capitale du Vietnam...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Je voulais m'accorder le temps nécessaire pour lire tranquillement ce récit.
Le temps de cette lecture je me suis toatement évadée, transportée que j'étais en Asie. A la lecture on voit les scènes, on sent les odeurs..on a l'impression d'y être.
J'ai bien sûr été sensible aux allusions à Loti (goût commun pour cet écrivain), d'autant que je venais de finir la lecture du "pélein d'Angkor".
Je constate que lorsqu'on se retrouve loin de chez soi avec des cuisines très dépaysantes (çà ne doit pas être gros des cuisses de chauve-souris!!), une petite crêpe fait toujours plaisir!!!!
Vraiment j'ai pris plaisir à lire ce voyage au Cambodge et au Vietnam.
C'est dans un avion Fokker à hélices, tout neuf, que nous décollons en direction de la capitale du nord, Hanoï, où nous atterrissons à 15h. Un taxi nous promène d'hôtel en résidence, établissements situés dans les artères surpeuplées du centre-ville, où règne une cacophonie intense qui ne dit rien de bon... pour notre repos nocturne. On tourne longtemps dans les rues grouillantes de motos, scooters, vélos, charrettes, piétons, lorsqu'enfin nous arrivons à l'hôtel Huyen-Trang, dont les chambres donnent sur une cour intérieure.
C'est au petit restaurant à l'entresol de l'hôtel, minuscule salle sans fenêtre, que nous dînons d'une soupe végétale, assortie d'un riz cantonnais et de maigres cuisses de poulet. Demain et les jours suivants, nous ferons des découvertes culinaires réjouissantes dans cette jolie ville. Contraste frappant avec Saïgon, surnommée "la dévergondée" à l'inverse d'Hanoï-la prude, selon les résidents français qui ont le sens de la formule-choc.
Nous préparons le point d'orgue de la région : la célébrissime baie d'Ha-Long, que nous explorerons seuls en voiture avec chauffeur et un guide francophone, Luong, étudiant qui rêve de s'inscrire dans une université française. Quelques démarches au bureau d'Air-France pour reconfirmer nos billets de retour. Incursions dans les librairies, nombreuses, puis halte gourmande chez le traiteur Beaulieu, la boutique des gastronomes de l'hôtel Sofitel.
Ce luxueux palace de la chaîne française trône sur la plus belle avenue de Hanoï. Devant la façade blanche à colonnades, une "traction-avant" Citroën noire, au charme rétro, est garée en face de l'entrée du Sofitel, telle une icône personnifiant l'élégance des belles années du colonialisme défunt. La plus chic brasserie de la ville, c'est indéniablement "Le Club" du Sofitel, où se retrouvent les expatriés pour leurs repas d'affaires ou de plaisir. Dans un décor très élégant, un somptueux buffet présente une montagne de délices auxquels on ne résiste pas : foie gras, caviar, saumon, fraîches salades, viandes et poissons et irrésistibles desserts composent un festin royal. Je n'ai vu, nulle part ailleurs, même en France, un buffet aussi raffiné.
Poussant nos estomacs devant nous (se souvenir de Peter Mayle, dans "Un bonheur en Provence"...), il faut se faire une douce violence pour ne pas manquer la visite du musée d'ethnologie fortement recommandé par mon neveu Ky, d'origine vietnamienne. Le trajet semble obscur au chauffeur de taxi, qu'on remet plusieurs fois sur la bonne route à l'aide d'un plan de la ville. Ce n'est pas la première fois que nous remarquons les difficultés des conducteurs, que ce soit en Inde, en Indonésie ou au Vietnam, quand on leur précise une destination où ils ne sont encore jamais allés. Ce musée est loin de tout, très excentré et fort peu visité par les clients des taxis. Consacrées aux traditions millénaires du Vietnam, d'immenses salles présentent les divers aspects historiques du pays. Eblouissant, fascinant. Une foison d'objets rituels artisanaux, évocations des moeurs, richesses des documents, reconstitution de l'habitat des provinces, démonstrations de leurs techniques, cérémonies chamaniques, instruments de musique traditionnelle. Comment on fabrique les chapeaux coniques, le "nan", coiffures si typiques de l'Indochine de nos livres d'images, qui servent à la fois de protection contre le soleil et la pluie.
Tout près de notre hôtel, comble de bonheur pour les fines gueules nostalgiques de la bonne bouffe française : un coquet restaurant, "Le Café des Arts", tenu par un compatriote, un voisin, puisqu'il vient de Nice. Sur le tableau noir devant le portail, des plats qui font saliver, tels que "brochettes de filet de boeuf-frites" et "crème brûlée"... Jolie salle au premier étage, tables placées devant les fenêtres d'où l'on a une vue plongeante sur la rue très animée.
Incessant ballet des petits commerces, portés dans les lourdes "palanches" sur les épaules de frêles marchands qui sillonnent inlassablement les ruelles encombrées. Ce sont deux paniers accrochés en équilibre sur un balancier, très lourds, qui obligent les porteurs et les porteuses à courir sans à-coups pour ne pas renverser le contenu : sur l'un des paniers d'osier, un réchaud et du charbon de bois, sur l'autre tous les ingrédients -légumes-poisson-poulet- pour cuisiner le "phö", ce pot-au-feu traditionnel qu'on mange à toute heure, accroupi sur le trottoir, au milieu de la cohue habituelle. Il n'est pas rare que des familles entières soient installées en rond devant leur porte, assis sur de minuscules tabourets, pour partager leur repas : on a l'impression, très gênante, de traverser leur salle à manger !
L'agitation de la ville donne le tournis à tous les visiteurs étrangers, quand on se trouve encerclé par des milliers de véhicules pétaradants qui engloutissent les piétons au moment du crépuscule, à l'heure des sorties de bureaux... Gare à ne pas se faire écharper par ces engins lancés à toute allure, à peine freinés par les feux de signalisation parfois "facultatifs" !...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Cette furia dans les rues cesse lorsque la nuit est tombée, et Hanoï retrouve alors sa douceur et le charme particulier qu'elle inspire au voyageur.
Lovée autour du lac Hoan Kiem (lac de l'épée restituée) bordé de flamboyants et de buissons fleuris, une avenue circulaire ponctuée de bancs publics invite les passants à une longue rêverie en contemplant les eaux calmes où se reflètent les lumières de la ville. Haut lieu des rencontres amoureuses des jeunes citadins. On s'arrête pour admirer les évolutions des canards au plumage irisé. Un petit temple consacré aux divinités du fleuve veille au milieu du lac, un joli pont rouge permet de traverser d'une rive à l'autre, pour se perdre dans les ruelles du vieux quartier chinois et ses échoppes proposant mille objets rituels. Délicieux contraste avec sa soeur saïgonnaise, emportée dans un tourbillon diabolique qui lui fera perdre irrémédiablement son âme...
Au matin de ce troisième jour à Hanoï, la voiture et son guide nous emmènent vers la baie d'Ha-Long, pour un trajet d'environ trois heures, sur de bonnes routes. Paysage de plaines cultivées à perte de vue. De chaque côté de l'autoroute, on voit de curieuses maisons étroites, tout en hauteur, à peine deux mètres de façades, une porte unique s'ouvrant sur un long couloir qui mène à des jardinets minuscules. Le prix du m2 de terrain est si élevé et les ressources des habitants tellement faibles qu'ils n'achètent qu'une mince portion pour y bâtir leur humble demeure... Elles semblent si fragiles qu'un coup de vent pourrait les renverser...Subitement, tout devient noir : terre et habitants sont recouverts d'une grasse poussière de charbon, ce sont des mines à ciel ouvert sur des kilomètres, exploitées par une main d'oeuvre nombreuse dont c'est là un moyen de survivre pour des salaires dérisoires. Les ouvriers charrient à longueur de temps des brouettes chargées du combustible crasseux. Tristes fantômes aux yeux brillants dans leurs visages d'ébène.
Alors s'ouvre devant nos yeux l'un des plus célèbres paysages du monde, la fabuleuse baie d'Ha-Long au bord du golfe du Tonkin. Notre hôtel est juché sur la colline résidentielle qui domine la petite ville tout entière vouée au tourisme international. Menu unique pour un rapide déjeuner dans la pinède, sur le bord de mer.
Des centaines de bateaux de croisière amarrés le long des quais attendent leurs passagers. Vers 13h, nous embarquons dans un drôle de rafiot déglingué, primitivement utilisé par les groupes vu sa longueur et ses multiples sièges rouillés sur le roof. Bien obligés d'accepter cette vieille barcasse dont je me demande si elle ne va pas sombrer dans l'heure ! Une jeune femme et un gamin sont montés à bord avec nous : avec le pilote et son second, plus notre guide-étudiant, cela fait sept passagers alors qu'il y tiendrait au moins quarante personnes.
Mais la magie des lieux, uniques de beauté, nous fait oublier l'inconfort du vieux bateau, qui sort vaillamment du port dans une pétarade aux senteurs de gasoil compact. Quelques minutes de navigation et nous accostons au pied d'un rocher truffé de cavités : c'est la visite incontournable d'une grotte marine, à pied, au bout d'une longue montée de marches noires de monde. Ce sont des curiosités bien classiques, ces stalactites et ces stalagmites de calcaire, formant un décor sans surprise. J'éprouve là-dedans la même hâte d'en ressortir, comme à chaque fois que je pénètre dans ces caves humides et surpeuplées...
A peine sommes-nous revenus à l'air libre que notre cornac nous annonce une autre grotte... puis un arrêt de quelques heures sur une plage, pour se baigner dans les eaux du lagon. Il n'est pas question de perdre un temps précieux, que nous désirons consacrer à la croisière dans les eaux de la baie, hérissées de ces fantastiques rochers. Ha-Long signifie "lieu de la descente du dragon", et selon la légende, ce sont les écailles de cet animal fabuleux émergeant des eaux qui se dressent comme des fantômes disséminés dans l'immense baie. A un rythme lent, nous évoluons sur l'émeraude liquide, croisant des barques de pêcheurs dont certains rançonnaient, il y a peu de temps encore, les visiteurs étrangers... Fines apparitions de jonques chinoises de bois sombre et des sampans aux voiles semblables à des ailes de chauves-souris géantes. Le bateau s'infiltre parmi les cônes déchiquetés ornés d'une végétation têtue qui donne un relief différent à chacune de ses concrétions, baptisées "combat de coq", "marionnettes" et autres dénominations d'une vague ressemblance avec certains personnages célèbres... Beaucoup d'imagination pour l'oeil du visiteur. Nous sommes sous le charme de cette longue traversée dans un silence impressionnant.
Intrigués par la présence de la femme et du jeune garçon, nous découvrons très vite la raison qui les a fait monter à bord. Ils ont tous deux des marchandises à vendre : de temps à autre, ils sortent de leurs paniers quelques bricoles fabriquées dans la région, napperons brodés, tuniques, tableautins représentant la baie et ses reliefs de pierre noire, cartes postales... Petit marché auquel nous succombons de bonne grâce.
On suit le soleil dans sa course, la croisière "doit" s'achever après le sunset réclamé par tous les photographes. Le capitaine fait traîner la balade, et c'est par une nuit noire que nous regagnons le port. Un pâle lumignon signale la présence de notre vieux sampan, sur lequel se précipite, tous feux éteints, un autre rafiot, percutant l'arrière de notre coque, sans dégât apparent... On l'a échappé belle : un naufrage dans les eaux troubles du bassin aurait un peu gâché une si belle journée. J'ai pris des dizaines de photos souvenirs d'une promenade inoubliable.
Nuit tranquille, pour rêver encore. Retrouvé au petit déjeuner, notre jeune étudiant n'a plus la grande forme, il se plaint de maux de tête et n'a qu'une hâte, rentrer à Hanoï (peut-être a-t-il un peu trop fêté sa folle nuit à Ha-Long ?). Ce qui nous épargne les arrêts prévus dans ces coopératives multiples à but touristique.
Revenus par le lac Hoan Kiem, nous longeons le joli bassin rafraîchissant, cerné d'édifices culturels qui drainent les amateurs d'opéras, de théâtres et de grandes bibliothèques ouvertes aux nombreux étudiants. Il règne ici une atmosphère au charme un peu décadent, à l'écart de la circulation infernale des avenues périphériques dont on perçoit à peine le brouhaha quotidien. Les book-shops sont hélas très fournies en littérature anglophone exclusivement... Il est loin, maintenant, le temps de la prédominance française, et les jeunes se jettent tous sur la langue british, désormais seul sésame dans le monde entier.
Dîner au Café des Arts : nous sommes accueillis par Mr. Gastel qui vient partager un apéritif convivial, pour évoquer quelques instants ses activités locales. Sur les murs, une exposition de tableaux d'artistes vietnamiens, parrainés par le patron qui est un amateur éclairé, donnant ainsi leurs chances à ces jeunes peintres. Il nous dit aussi qu'il sponsorise des actions caritatives à but humanitaire un peu partout dans la région d'Hanoï. Faisant appel aux bonnes volontés de ses clients sur son site internet, nous prenons note de son adresse électronique pour rester en contact avec lui...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Petit matin à Hanoï. Dès le lever du soleil, les rues retrouvent leur animation bourdonnante. Au coeur de la ville, une étrange construction posée sur un socle de béton, trempant dans un bassin fleuri de lotus au milieu d'un jardin public où se pressent quelques visiteurs : la "Pagode à pilier unique" est devenue l'emblème de Hanoï.
A proximité de ce charmant pagodon, un édifice de pierre dorée abrite le musée consacré à Ho Chi Minh et le mausolée du grand homme. Comble de malchance pour nous : tout est fermé au public. Tous les ans, à pareille époque (novembre), la dépouille de l'Oncle Ho est envoyée à Moscou chez les spécialistes de l'entretien des momies célèbres, à l'instar de Lénine qui subit, lui aussi, le "lifting" annuel obligatoire... Il reste à visiter la dernière demeure du héros de la réunification, une petite maison de bois blottie dans un jardin zen. C'est un chalet de style alpin, de modestes dimensions, que ce personnage discret avait choisi comme résidence, dédaignant le palais officiel, bien trop luxueux à ses yeux. Quelques soldats en uniforme viennent relever la garde permanente autour de ces lieux protégés.
Un grand gaillard souriant s'approche de nous, il plaisante mon compagnon sur sa barbichette qui lui rappelle son grand'père : le ci-devant J.M. Roujeau est originaire de Los Angeles et vit maintenant en Virginie, district de Shenandhoa.Je le surprends quand je traduis ce nom amérindien, qui signifie "rêve réalisé". (Un étonnant français a construit dans son jardin, il y a quelques années, une fabuleuse goélette qu'il avait baptisée de ce nom étrange, resté à jamais gravé dans ma mémoire...) Nous partageons une boisson fraîche en sa compagnie, dans le parc voisin. Ses ancêtres sont d'origine vendéenne, émigrés en Amérique il y a quelques siècles. Un de mes lointains cousins...peut-être ?
Nous suivons le conseil de notre Routard, dont les pages gourmandes de la ville signalent "L'Indochine", une ancienne maison coloniale aménagée dans un jardin de bambous et de bananiers. Les élégants serveurs s'empressent : dans une jolie salle aux murs ornés des photos de leurs plus célèbres clients, en particulier celle de notre président Chirac le représente dégustant les spécialités de la maison, manifestement conquis par son repas d'après sa mine épanouie... Des plats fins, recettes de gastronome appliquées à la façon asiatique, composent un déjeuner exquis.
Retour vers le lac Hoan Kiem, coeur palpitant du vieil Hanoï, on franchit le pont rouge pour pénétrer dans la pagode laquée de carmin, exhalant des parfums d'encens. Lieu de recueillement et de sérénité bouddhique. Dans les rues voisines, les boutiques des lingères exposent des nappes brodées à la main. Payées de quelques dongs, ces humbles brodeuses ne sauront jamais le prix de revente de leurs oeuvres, que je trouverai également en France, au retour, encore augmentées des taxes et bénéfices intermédiaires. C'est notre avant-dernier jour ici, vite les derniers achats de souvenirs : coussins brodés, jouets en bois, petits bijoux délicats.
Ce soir, nous allons dîner au "Cyclo", dont le patron est un compatriote. A la table voisine, on parle français avec un accent yankee très reconnaissable : revoici notre ami Joe, rencontré ce matin chez Oncle Ho. Il dîne souvent dans ce restaurant, qu'il connaît depuis tant d'années qu'il sillonne le Vietnam. Son premier contact avec ce pays a eu lieu en 1968, avec l'US Air-Force... Plus tard, il a parcouru l'ex-empire colonial français à titre d'expert militaire auprès de l'armée française. C'est un heureux caractère, moqueur et enjoué, voyageant avec son copain Spencer qu'il pilote à travers le Vietnam depuis quelques semaines. Soirée très gaie, évocation de nos vies et échanges d'adresses, pour le jour où ces deux joyeux lurons viendront en France.
Samedi 11 novembre : dernier jour. Tournée des grands palaces, dont le "Daewoo", récent 5 étoiles ultra-moderne construit à l'intention des voyageurs fortunés. La galerie marchande est à l'image du luxueux building. J'y achète trois poupées revêtues de l'ao daï, pour la collection de mes petites filles.
On ne saurait quitter Hanoï sans faire un dernier tour en ville, admirer encore l'Opéra, et déguster le plat du jour au Café des Arts, accoudés aux fenêtres du premier étage pour contempler le spectacle inlassable de la rue. Les marmites où bouillonne le phö sont posées sur le trottoir, et chacun plonge sa cuiller en porcelaine dans la soupe fumante. Attaché par une corde à un tronc d'arbre, devant la porte, un chien de race indéterminée somnole, sans penser au lendemain. Je soupçonne qu'il figurera au menu comme plat unique d'un prochain jour de ripaille !
Nous réglons notre note d'hôtel avec notre carte bancaire, que l'employée utilise au "fer à repasser", ne réussissant pas à obtenir une liaison téléphonique avec la banque, fermée cet après-midi. Nous remontons dans notre chambre pour boucler nos bagages : deux domestiques ont refait les lits pour les clients suivants... Ciel, que font-ils ? Ils ont vaguement rincé les verres du plateau posé sur table et les essuient avec... les draps qu'ils ont sortis de nos lits... et les enveloppent dans un sachet "sanitized for you" ! Nous sommes estomaqués, et nous réalisons brusquement que nous avons bu dans ces verres, essuyés avec... les draps usagés de nos prédécesseurs...
Un taxi nous dépose à l'aéroport international quatre heures avant notre décollage, selon les consignes habituelles. Quelques minutes plus tard, notre chauffeur revient en courant : la secrétaire de l'hôtel demande qu'on paie à nouveau la note de notre séjour, cette fois en espèces, car la transaction n'a pas été enregistrée. Elle promet que notre compte bancaire ne sera pas débité. Un peu inquiets tout de même, nous raclons nos derniers francs et dollars pour calmer la pauvre fille. Nous serons rassurés, à notre retour : aucun retrait n'a été effectué sur notre compte.
Longues heures d'attente dans la salle d'embarquement grouillante de voyageurs. Décollage just in time. Escale à Bangkok : un jeune homme vient s'asseoir sur le siège libre à côté du mien. Il a sorti de son sac un livre passionnant que j'ai lu il y a quelques semaines : "Le Portail" de François Bizot raconte les atrocités commises par les khmers rouges au Cambodge. Mon voisin est un employé d'Air-France qui revient d'un périple en Asie : excellent sujet d'échanges et d'impressions qui vont me faire oublier les longues heures d'un retour en Occident.
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Une incursion à "La Caravelle", palace 5 étoiles, fief des riches hommes d'affaires étrangers qui viennent signer de juteux contrats avec leurs homologues locaux. Le communisme n'interdit plus les échanges internationaux : le Vietnam ayant compris tout l'intérêt du capitalisme mondial. Implantations des usines Mercédès, General Motors, Renault, etc... Les boutiques de l'hôtel vendent de très beaux objets artisanaux dont les prix sont à la mesure des portefeuilles bien garnis.
Place Lam Son, le Théâtre "Belle époque" inauguré en 1900, a retrouvé sa vocation après avoir été pendant quelques années le siège de l'Assemblée nationale. Pimpante architecture rococo blanche et rose. Juste en face du Caravelle, la façade fraîchement repeinte du Grand Hôtel Continental évoque les heures de gloire de cet établissement mythique. Au temps de l'empire indochinois, c'était le lieu de rendez-vous des célébrités
Que de souvenirs ... Je suis né et j'ai passé mon enfance dans ce quartier Cong Truong Lam Son ( Place Lam Son ) jusqu'en 1975. J'ai quitté ma famille pour arriver au Canada. Je suis revenu en 1995, après 20 ans de séparation. J'ai encore l'image des soirées chaudes et humides, nous étions au parc, en face du théâtre avec les amis. Que de souvenirs... 😕😕😕
Bonjour Fabricia,
Bravo pour ton merveilleux compte rendu sur l'Indochine!!
J’ai glané des infos dans de nombreux guides touristiques pour préparer ce prochain voyage et faire mes choix de visites. Voilà qu’en lisant ton CR, tout s'éclaire comme par magie; je me sens tout à fait rassurée sur mes choix (itinéraire, visites, certains hôtels...).
Je trouve ton CR un condensé du meilleur des meilleurs guides touristiques – imagé, pratique, informatif en tout point, humoristique et si agréable à lire. Quel magnifique résumé! MERCI!
Il m'a rappelé de beaux souvenirs du Vietnam: «jeunes demoiselles en ao-daï sur leur grand vélo», les chapeaux coniques, le beau, le moins beau.... J’ai bien ri quand tu parlais des «haltes commerciales inévitables, d'un guide aux paroles insipides» - oui, leurs explications sont souvent beaucoup trop longues surtout quand on a lu sur le sujet.
Merci et félicitations pour ce captivant CR digne d’un écrivain.
J’appuie sans réserve, 10 ans plus tard 😉, tous les commentaires élogieux que tu as reçus.
MoniqueM
« Emmenez- moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles...»
un livre passionnant que j'ai lu il y a quelques semaines : "Le Portail" de François Bizot raconte les atrocités commises par les khmers rouges au Cambodge.
J'ai lu sur ce sujet:
«L’enfant kmère ou l’instinct de survie» de Gail Sheehy – émouvant, bouleversant! Peux-être l'as-tu lu?
Quand tu auras le temps, pourrais-tu me recommander deux ou 3 autres livres captivants (qui se lisent aussi bien que ton CR si possible 😉...), que je pourrais apporter en voyage (donc, pas trop encombrants) pour m’aider à mieux supporter les longues heures d’attente dans les aéroports?
Je constate que tu es une lectrice hors pair et que tu as lu d’innombrables romans fondés sur des récits historiques.
Je cherche des romans incontournables qui se rapportent soit aux temples d’Angkor ou à Luang Prabang (Laos) ou au Vietnam.
Je pensais aux suivants:
«Un pèlerin à Angkor» de Pierre Loti
«Un Américain bien tranquille» de Graham Green ?
Qu'en penses-tu?
Autres suggestions?
Monique
MoniqueM
« Emmenez- moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles...»
🙂 Merci beaucoup, Monique, d'avoir lu et apprécié ma "Nostalgie" !
Ce fut un merveilleux voyage qui m'a laissé d'excellents souvenirs et je t'envie de partir vers ce Sud lointain au passé riche et émouvant.
Une belle saga fut écrite par Erwan BERGOT, au joli titre de "Sud Lointain", consacrée à l'Indochine et que j'ai lue avec plaisir avant d'aller dans ce Vietnam d'aujourd'hui. Trois tomes existent en édition Poche : 1/ Le courrier de Saïgon - 2/ La rivière des parfums - 3/ Le maître de Bao Tan.
Tu trouveras certainement ces livres à la superbe librairie "INDIGO", rue Ste Catherine à Montréal : lors de mon séjour dans cette ville, en 2011, j'ai eu le coup de foudre pour ce paradis des lecteurs et ce fut une visite presque quotidienne et à chaque fois, j'ai trouvé de quoi satisfaire ma passion des livres !
Amicalement à toi.
P.S. Quel bonheur d'avoir découvert, visité et aimé Montréal-Québec et leurs environs durant 3 belles semaines... Coup de coeur immédiat !
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Merci, Fabricia, pour toutes ces belles suggestions. Oui, la littérature ne manque pas sur les pays d'Indochine - on n'a que l'embarras du choix!
J'aime bien la librairie Indigo moi aussi, mais j'avoue que j'essaie le plus souvent de me procurer mes livres de lecture à la bibliothèque. Je viens de vérifier leur catalogue et aucun des livres que tu m'as suggérés n'y figure 😕 - sauf celui de Graham Greene que j'irai chercher sous peu.
Il me faudra donc me résoudre... à aller bouquiner chez Indigo bientôt - remarque qu'une fois sur place, j'adore - c'est le déplacement qui me pèse car on n'a plus d'Indigo près de chez nous - ce que je le manque!
J'aurai la chance de connaître 2 des hôtels dont tu as parlé: le Vinh Hung Resort à Hoi An et le Saigon Morin à Hué. Tes remarques me seront très utiles.
Merci vivement!
MoniqueM
« Emmenez- moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles...»
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June 2024.
While hiking with my brother on the GR 36 Tour du Morvan, I catch sight now and then of strange rectangular markers fixed to tree trunks. Against a bright orange background, a deep black Greek tau topped with a white dove. My first encounter with the Assisi Way.
The Way of St. Francis: a pilgrimage route linking Vézelay in Burgundy to Assisi in Italy, covering nearly 1,800 km.
It felt like an obvious next step—I immediately knew I’d take it on, attempt the adventure solo.
In the months that followed, I talked about my project to everyone—family, friends, my partner. An avalanche of comments, more or less the same but varying depending on each person’s character and life experiences. But deep down, it all boiled down to one legitimate question: why?
And the answers?
Hesitant, awkward, partial, even confused. I quickly realized they weren’t so easy to find. It was as if my project seemed more like a whim, a kind of intimate caprice, rather than a well-thought-out plan.
Of course, I knew the reasons that pushed me to leave—you always have to give some. Loved ones need to understand to feel reassured, and that’s understandable.
But I fear that when I list them, they’ll sound like the same old checklist anyone embarking on this kind of journey might give.
Of all the reasons I could mention, I’ll highlight just one here: the call of the road, the solo adventure that brings a powerful sense of freedom.
A bit like Monsieur Seguin’s goat, who from her comfortable pen gazes longingly at the unconstrained horizon of the mountain.
But if I’m being honest, I think I didn’t really know what I was looking for—or, more importantly, what I’d find. Deep down, when I reflect on it, one word keeps coming up that explains nothing and everything at once: desire.
Now well past sixty, I know that when I ask myself who I am or where I’m going, two things bring me fully back to myself: hiking and writing.
And my intention was also to anchor this adventure through words, day by day. Writing down my feelings, emotions, discoveries, and reflections each evening. The famous travel journal that grounds the daily experience in reality.
When I discovered the app "Polarstep," which was initially just meant to keep my loved ones updated and reassured, inform them of my progress, and maintain a connection, I found an opportunity to do it a little differently than usual.
No retrospective notes polished up after returning, but spontaneous writing—recounting everything that crossed my mind during the day and publishing it immediately. A journey lived in real time.
This text is the exact transcription of my daily writings. Rereading them, I didn’t change a thing—just corrected a few mistakes and tweaked some awkward phrasing here and there. Short texts, fitting the format imposed by this kind of app. Writing as if addressing others.
Now, all that was left was to walk.
April 18, 2026 – Vézelay.
This travel journal summarizes a trip I took in March to Argentine and Chilean Patagonia. It starts in El Calafate and ends in Ushuaia. During my planning, I considered looking into the Australis cruise from Punta Arenas to Ushuaia, as well as the W trek in Torres del Paine National Park. In both cases, I was put off by the prices. Instead of the cruise, I found two interesting wildlife excursions from Punta Arenas: whale watching in the Strait of Magellan and observing king penguins in Tierra del Fuego. The journey to Ushuaia was by bus. For Torres del Paine, things were a bit confusing, so I reached out to two agencies. In the end, I went with a rental car option, overnight stays on-site, and day hikes. I shared my full itinerary with the agency and ended up being taken care of by a local Argentine agency and a Chilean one.
So, here we go...
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rentals kept making me postpone the project.
And then, everything fell into place—I told myself, now’s the time!
Preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not?
Yes, in the end.
Pre-book or play it by ear?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela on this destination (the guide has been updated since).
---/---
You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(‘Beefsteak’ for my partner’s mischievous nephews...)
02 mars — Départ en bus de Latour à 6 h 50. Le trajet n’est pas direct : nous traversons Elne puis Corneilla. À Perpignan je change de bus pour un BlablaBus en direction de la gare routière nord de Barcelone. Avant d’arriver au Perthus, la police française nous arrête pour vérifier les papiers d’identité. Plusieurs personnes ne sont pas en règle, mais après environ un quart d’heure nous repartons. Nous sommes de nouveau contrôlés à La Jonquera : cette fois l’attente dure presque trois quarts d’heure pendant que la police identifie les personnes en infraction et attend qu’un véhicule vienne les récupérer. Le chauffeur essaie ensuite de rattraper le retard ; nous arrivons finalement à destination avec une demi‑heure de retard.
Je me rends rapidement à la station de métro Arc de Triomphe, située à 200 m : il faut traverser le pont le long du parking des bus, puis traverser un grand jardin ; la station se trouve à droite avant l’entrée du jardin. Le trajet vers l’aéroport n’est pas direct : je dois changer à Tomasso et prendre la ligne pour l’aéroport, où j’arrive à 13 h.
Au comptoir d’Emirates j’apprends que mon vol vient d’être annulé en raison de la guerre en Iran ; on me propose un autre vol pour le lendemain. Je dois attendre à l’aéroport jusqu’à 19 h avant d’être conduite à un hôtel ; le lendemain matin je prendrai un vol pour Vienne (avec une escale de 8 h), puis un vol Air India pour Delhi et enfin un vol pour Kolkata. J’accepte : je ne connais pas Vienne, ce sera une découverte imprévue.
À 19 h, un petit groupe est conduit à l’hôtel, à 35 minutes de l’aéroport, où l’on nous sert un léger dîner à notre arrivée.
03 mars — Un taxi vient me chercher à 6 h 30 ; le vol pour Vienne décolle à 9 h 30 et arrive à 12 h. Je suis libre jusqu’à 19 h ; le métro est direct pour rejoindre le centre‑ville. Le temps est agréable et pas trop froid, heureusement, car mes vêtements sont légers.
À la sortie du métro j’aperçois au loin la tour de la cathédrale Saint‑Étienne et je m’en approche : la toiture, faite de tuiles vernissées, est remarquable.
L’entrée est gratuite et l’intérieur, de style gothique et baroque au centre, est grandiose.
Non loin de là se trouve l’église Saint‑Anne
, également baroque, ornée de belles fresques
un concert de musique ajoute une atmosphère envoûtante à la visite.
Je poursuis ma promenade au hasard dans les rues piétonnes aux magnifiques bâtiments : je suis séduite par la ville.
Avant de repartir pour l’aéroport, je fais une halte dans un joli salon de thé. Mon vol partira finalement avec du retard.
Mercredi 4 mars — Delhi et petite frayeur bagages
Nous arrivons à Delhi peu après midi. Le passage à l’immigration est rapide et, bonne nouvelle, mon sac a été enregistré depuis Barcelone pour Kolkata. Je me rends donc au terminal de correspondance et arrive une demi‑heure avant l’embarquement : le vol se déroule sans problème. À l’arrivée, les bagages sortent vite… sauf le mien. Après avoir fait une déclaration, on me signale que mon sac est à Delhi — il faut aller le récupérer avant de prendre un autre vol. Je l’ignorais (ou l’avais oublié) : avec le retard accumulé, je n’aurais pas eu le temps de le récupérer et de prendre la correspondance.
Je prends un taxi pour l’hôtel Ichamati. L’accueil est chaleureux et la chambre propre, mais très petite. Sans mon sac, je me sens un peu désemparée — je n’ai rien pour me changer.
Ce soir je dîne avec Raja et ses amis dans un beau resto, une ancienne maison coloniale transformée en hôtel.
Nous sommes heureux de nous voir et passons une bonne soirée réconfortante.
After a pretty disastrous weather-wise trip to Gran Canaria, we’re hoping this time the sun will shine in Puglia.
It’s not a sure thing, though—the weather’s been awful all over Europe in early May.
For those who’d like to (re)read the story without the digressions, it’s here.
Saturday, May 16:
This time we’re flying out of Charleroi (Brussels South): the ticket prices, flight times, and proximity all worked for us.
The airport (Ryanair) was recently renovated... but it’s still not very well organized. There are hardly any seats in the boarding areas, and... the restrooms cost money!!!
The flight goes smoothly, though, and we land in Bari a little late.
We quickly pick up our rental car, a very local-looking Pandina (even more so than the Fiat 500 in this region), and hit the Italian roads... and their unique driving quirks (like the fact that the countless road signs along the streets and in towns are purely decorative 😏, and that Italian cars don’t have turn signals 😮... except for rental cars).
About an hour later, we arrive at our first accommodation, right in the middle of the countryside near Monopoli.
The owner isn’t there, but they’ve left us a ton of info via messages and even turned on the space heater, which is a nice touch.
We explore the property:
And the next morning before breakfast, its immediate surroundings:
Sunday, May 17:
After our "seaside" experience in Gran Canaria last weekend (packed with people and locals), we decide to start inland.
After a hearty breakfast,
we head toward Alberobello, a super touristy village famous for its trulli—those stone houses with conical roofs.
We easily find a free parking spot on a street near the Aia Piccola district, where some trulli are still lived in year-round.
We almost immediately come across the Trullo Sovrano (the only two-story one), which you can visit (but we skip it—it’s opening time, and there’s already a line).
From there, we head down toward the Basilica of Cosma e Damiano... but we don’t go in because there’s a mass.
Now we’re on the main Piazza del Popolo, which connects the two districts of Alberobello: Rione Aia Piccola and Rione Monti, the more touristy one.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
Here’s a little story about my first trip to Japan with my partner.
We went for our first visit from October 29 to November 13, 2024.
I had planned this entire trip back in November 2020, but given the health situation at the time, I had to cancel...
Here’s the classic route we took:
We booked everything ourselves and got a regional pass for the area from Kyoto to Hiroshima.
The hotels were reserved 3 months in advance on Book... and Agod... (1030 € for 2 people for 13 nights = 80 €/night).
For the flight, we chose a Qatar Airways flight with a layover to break up the long journey (950 € per person).
We also got a pass on the same site (Japan-Experience) to take the train connecting Narita Airport to Shibuya Station (the N'EX Narita Express).
Since the airport is 75 km from central Tokyo, we opted for this mode of transport, even though there are cheaper alternatives.
After reading various posts on VoyageForum, I understood how important it was to have a Welcome Suica card to pay for public transport (subway, tram, bus, boat throughout the country), and we were able to buy one at Narita Airport.
It turned out to be super useful!
After a long but smooth journey, we found ourselves at Narita Airport in the evening.
Even though we had a pass for the Narita Express, we had to go to a counter to make a reservation for the train (mandatory).
Then, once we arrived at Shibuya Station, we took the subway for 2 stops and finally reached our hotel, exhausted (Hotel Asia Center of Japan – 270 € for 3 nights with breakfast included).
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far-from-exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that dot city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the "vintage" vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a colorful mix of tourists, pilgrims (thanks to the nearby Asakusa Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, the Nishiki Market:
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
After summer 2022 left me with a sense of unfinished business, here I am back in Swedish Lapland in summer 2024, ready to attempt the Sarek crossing again—and this time, to tackle part of the Kungsleden trail too.
After much hesitation, my companion Jean Marie and I decided to start with the Kungsleden, which is, from what we’ve read, stunning but very crowded (and it really is!!), and finish with the wilder option: Sarek! This park is known as Europe’s last true wilderness—sounds like a dream, right?!
The downside of this choice is that there’s no way to resupply in Sarek, and the Kungsleden isn’t exactly set up for long treks either, so we’ll have to carry a lot of food for the first part with the Sarek in mind.
Oh well, we’re motivated!
Our plan is to start in Abisko (classic), head to Vakkotavare (also classic, but with some variations to avoid the official route and the crowds), then continue the Kungsleden from Saltoluokta. Before Aktse, we’ll set off on an east-to-west crossing of Sarek (weather-dependent, since aside from the Skarja hut in the center of the park, there’s no shelter if conditions turn bad).
But at least we’ll be on the right side of the park to climb Skierfe and enjoy the jaw-dropping view of Rappaladen if we have to bail on Sarek.
That adds up to 17 days of trekking, including 1 rest day + 1 buffer day for weather hiccups.
So if you’re interested, come follow our overstuffed backpacks!
08/03 - Abisko – 5km before Abiskojaure
Some info (guides we used for prep, SFT map, sending food to Saltoluokta)
08/04 – 5km before Abiskojaure - on the east shore of Lake Alisjavri
08/05 – East shore of Lake Alisjavri – just before Tjaktja
08/06 – just before Tjaktja – above the Salka hut via Nallo
08/07 - Salka – just past Singi + round trip to Djalson Lake
08/08 - Singi – Teusajaure
08/09 - Teusajaure - Vakkotavare (end of the first section of the Kungsleden)
08/10 – rest day in Saltoluokta + round trip to the Sámi village of Pietjaure
08/11 – Saltoluokta – Sitojaure
08/12 - Sitojaure - Skierfe - Sarek or no Sarek?
08/13 – Skierfe – somewhere above Rapadalen
Coming up:
08/13 – Somewhere above Rapadalen – Above the Skarki hut
We went to Albania in August 2025.
Our itinerary included adventure (sporty activities, site visits), naps on the beach interspersed with swims, incredible natural sites, and a bit of culture.
I booked all our accommodations on Booking.com. Note: almost all places ask to be paid in cash!! You can obviously withdraw from banks, but the fees are pretty high. Luckily, we had plenty of cash, and the country is very safe. You can pay in euros most of the time, which avoids exchange fees.
We started in Tirana. I’d read a really interesting post about Albania’s bunkers (link in my profile). We chose to visit Bunk’Art with a guide from the agency that wrote the post. It was fascinating—not only to better understand the country’s history but also because her grandfather was repressed by the regime, and she shared her family’s experience with us.
Bunkers are everywhere! In Tirana, Bunk’Art is the most interesting and largest. You’ll see the dictator Enver Hoxha’s office, where he would’ve taken refuge in case of an attack on the country. Bring a sweater—it’s really cold in the underground tunnels and their huge corridors.
You can visit other bunkers around the country, in Tirana and elsewhere. Almost all are just abandoned.
The cable car up Mount Dajti is right next to Bunk’Art. The view is stunning—you realize Tirana is so close to the mountains and the sea... But otherwise, it’s not that exciting for older teens (17 and 19) and their parents.
We picked up a rental car in Tirana—it’d be ours for the next three weeks. We used Goalbania’s agency to avoid any hassles. First, there aren’t many cars available in Albania in summer. Second, French credit cards can be a nightmare abroad. So we preferred to sort that out in advance.
After Tirana, we headed to Permet. Just a heads-up: the roads are in great condition except in the mountains. And Albanian drivers aren’t stressful to deal with. Though you might suddenly encounter a herd of goats crossing the road—haha—but if you’re not going too fast, it’s fine.
In Permet, I’d been dreaming of rafting on the Vjosa, one of Europe’s last wild rivers. And we did it with a local agency! It’s beautiful, accessible to everyone, not too physical but still a bit lively—just how we like it. You can even jump into the river in some spots.
In Permet, we also hiked through a canyon and visited a lovely little church.
And we took a workshop to make their local culinary pride: gliko. It’s a jam with whole fruits inside. We’d seen it on Goalbania’s site, and it was really fun. We were with a family where the secret to making gliko has been passed down for generations...
Next, we headed to Gjirokastër. A city we loved: its old traditional houses (Skendulli and Zekate), its grand castle, the Ali Pasha Bridge. Along the way, we stopped for artisanal ice cream at a little shop run by a grandmother who’s been making it herself for ages.
One afternoon, my husband *had* to go to the coast in the south, to Ksamil (he’d read it was better than Sarandë). Verdict: we didn’t like it. Parking is a nightmare, the beaches are super noisy and crowded. The sea is packed with jet skis, boats, pedalos, and ropes. Avoid it.
On the other hand, we really liked Himarë, where we went next. We stayed at a campsite where we rented tents with mattresses and sheets inside. Right by the sea, on a low cliff (about 2 meters high). You can hear the waves at night... Magical!! To swim, you either jump straight into the sea (almost from the tent) or climb down a ladder, which you’ll need to climb back up to get out.
I was a little worried the campsite wouldn’t be very comfortable, so afterward, I’d booked a small place in Gjilek. Turns out, the place was really tiny (one room for four, no kitchen) and pretty expensive (over 100 € a night). We’d drive to the beach or restaurants—it’s on a steep slope, so not very accessible. Parking near the sea is tricky. But the (private) beaches were nice—we’d rent an umbrella not too close to the music and spend the day there. We also went to a wilder beach, harder to reach, via a long path. Behind the beach, there’s an amazing canyon where we’d sometimes climb using ropes (already in place, no need to bring your own) over big boulders rolled around by the stream, which must swell a lot in spring.
So, the sea in Albania: it’s nice if you like swimming and relaxing, but it’s not the most interesting part of the country. There are so many other amazing things to see and discover—so many stunning sites! Maybe an agency could’ve helped us find more practical accommodations and avoid Ksamil and its surroundings.
We left the coast to head to the beautiful city of Berat and its "thousand windows." We explored the city, its fortress, and its icon museum.
Then we discovered the Osum Canyon—it’s incredible. The view from the top is breathtaking. And at the bottom, it’s magical. There’s little water in summer, so rafting isn’t an option. We weren’t tempted by the big-tube descent offered by an agency—it looked fun, but the group had 40 people. We preferred hiking on our own as a family of four. We scouted the area on Google Maps... and found where to descend. We walked in the water, then it rose to our waists, then our shoulders... We weren’t moving fast. And how to get back up?? Eventually, we followed a group with a guide—the path was hard to find.
After that unforgettable hike, we visited the Bogovë Waterfalls. It’s pretty, and we swam, but the water was *really* cold.
We passed through Tirana again and then headed to Shkodër. We explored a bit—its charming little streets, the Rozafa Fortress. There’s a tiny museum where you can see *huge* Ottoman stone cannonballs. And they tell you the (charming) story of the young woman who was walled alive in the castle’s foundations to ensure its strength...
Shkodër is mostly a stopover to head into the mountains and discover Theth. Our goal: hiking in the Valbona Valley, from Valbona to Theth. We organized the trip ourselves, without an agency, but it took some time to figure everything out. So I’ll save you the trouble—haha. Book your tickets on the Komanilakeferry website. The ticket includes:
🙂 minibus transfer from downtown Shkodër to Koman
🙂 ferry ticket from Koman to Fierze. This ferry ride is *gorgeous*—between mountain slopes covered in pine trees, and sometimes a little house with a few fields...
🙂 minibus ticket from Fierze to Valbona. Now you’re in the mountains! The minibus drops you off near your accommodation—pick one as close as possible to the start of the hike (if that’s your goal!). The ones at the far end of the village add up to 1.5 hours of walking. Our choice: Guesthouse Dioni. The host is really lovely, it’s in the woods, and it’s basic but great.
After a day of hiking, we arrived in Theth. What beautiful mountains! Then we explored Theth and the surrounding area. It’s pretty busy, but you can still enjoy the Blue Eye of Theth and its swim. It’s *so* cold! But so beautiful!
🙂 minibus ticket from Theth back to Shkodër.
After a night in Shkodër, we drove to Kepi i Rodonit. A guidebook (I forget which one) raved about its beauty. And it *is* beautiful!
But the view is ruined by plastic bottles and other trash in the bushes, along the paths, and of course on the beaches. The only peaceful spot: the private beach at Kepi i Rodonit, which is cleaned. You can rent an umbrella and have lunch there. That’s where we spent our last few days—very relaxing.
In short... Albania turned out to be perfect for us and our teens!
I’m diving into a recap of our loop—pretty classic, really—Denver-Yellowstone-Denver this past summer, from July 24 to August 17. Given the sheer number of trip reports already out there (or in the works), and since I don’t have the writing chops or the photography skills of many of you, I’ll keep it practical—well, I’ll try, at least—to share our take on some of the less-visited parks and spots.
First off, a huge thank you to everyone whose trip reports, blogs, websites, comments, and more helped us put together this itinerary. Looking back, it could’ve been even better optimized: a few disappointments when we missed out on some great discoveries, often because we were short on time. Plenty of reasons to come back to the area!
We’re traveling with our four (almost) teens—18, 16, 14, and nearly 12 years old. To keep the trip enjoyable for everyone, we had to make compromises on both sides: cutting a visit short to spend more time swimming, waking up at dawn, and so on. But logistics also played a big role—things like laundry, grocery shopping, and keeping luggage organized could’ve quickly become time-consuming without a little planning.
And honestly, I think we visited every Walmart along the way! Blame it on the lack of fridges in some accommodations and, more importantly, the *very* limited space in the car, which made it impossible to bring a proper cooler. I’ll come back to the car saga later.
For accommodations, this year we alternated between basic cabins in KOA campgrounds and Yellowstone (when staying more than one night in the same place) and hotels. Always with a pool (except in Yellowstone, of course), which let the kids burn off energy—because they always have reserves, even after packed days!—and, let’s be honest, gave us a chance to relax. No Wi-Fi issues either; we all had plans with 25 GB of data (a big thanks to Gilles for the amazing deal at 0.99 €). It worked perfectly, even for texts and calls between phones—no extra charges.
Now, onto our route: as I mentioned, a classic Denver-Yellowstone-Denver loop. To avoid rushing through the parks or spending all our time on the road, we prioritized staying as close to them as possible, with at least two nights in each place. And I’ve got to say, it’s really nice to settle in, even if it’s just for two nights. It also helped us deal with the weather, which wasn’t always great during this trip. The trade-off? With vacation time being limited, some driving days ended up being long. We knew that going in, but since we kept a relaxed pace with no time constraints (don’t ask me for timings—I don’t keep track of the clock on vacation, except in the morning to get everyone up before noon!), we sometimes ended up with marathon days.
With that said, I’ll dive into the trip itself in the next post.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
Hello,
Since I enjoy not only the countryside but also everything related to rail travel, I’m starting this photo thread dedicated to trains in Thailand (I’d guess most of us have taken one at some point...).
Feel free to post your pictures here as long as they fit the theme: rolling stock**, stations**, platforms, tracks (even without a train on them), technical equipment, engineering structures (bridges, viaducts), etc.—all in Thailand.
For each photo, I’ll (or you can) note the station or line where it was taken.
Comments and questions are welcome.
As I’ve mentioned elsewhere, I inherited my love of travel from my parents and some of my grandparents. A strong passion, but one that was unfortunately limited by our family’s modest resources. Back then, living in northern Alsace, a simple trip to the southern part of the region—with the Wine Route as our destination—felt like an extraordinary journey to a land of plenty for the little boy I was in the late 60s and early 70s.
Everything seemed so huge when you were still just a kid.
Back then, I was overwhelmed by countless sensations—I was already highly sensitive, with a keen mind and a nose and taste buds that were developing like a pro’s. Which, as I’d later realize, wasn’t always an advantage.
Those magical days always began with a gentle late-spring or midsummer morning. The interior of the white Peugeot 404, license plate 210 LZ 67, had already soaked up the sun before the engine purred to life, and the cabin gave off a scent I could still recognize today—a fragrance I found so pleasant. Back then, I had no idea it was just the smell of warm plastic from the car’s interior.
Yes, the scents of the 404 on sunny days became my madeleine de Proust...
What’s more, the whole family was unusually cheerful because those moments of relaxation and leisure were rare. Everyone worked, and no one had an easy job or was well paid. Without the *Trente Glorieuses*, these experiences might never have happened.
Once we crossed the canton’s borders, I felt like I was light-years away from my everyday surroundings, and every kilometer plunged me deeper into *terra incognita*. It was thrilling. Far from my so-called "medium-sized" town, wheat fields, cornfields, and cabbage patches stretched out, punctuated by tall poles connected by long wires and topped with vegetation—like giant clotheslines without laundry, where magical beanstalks might grow to touch the sky. Back then, I was still far from tasting their product, which was simply beer. At the time, there was still a significant local hop production. Fun fact: it wasn’t until 2002 that Anglo-Saxon scientists proved hops and cannabis belong to the same biological family.
After the fields, the landscape took another step up as it rolled past the little boy’s eyes, often glued to the windows. First came modest hills, then a succession of rolling slopes that soon formed an unbroken chain. Their 700 meters in altitude felt like Himalayan peaks to me—impressive, inert giants, a whole new world. Gazing at them, an intense emotion welled up somewhere between my stomach and lungs, nearly taking my breath away. What mysteries, what treasures did these heights hold?
And then there were the cherries on top—the crowning touch that made the scene even more magical: proud, majestic castles perched on the summits like impassive sentinels. Monuments from the past, yet firmly rooted in the present on their rocky spurs.
The little boy’s eyes sparkled—he’d been given a castle for Christmas, complete with battlements, towers, a drawbridge, and fully armed knights. He’d watched and lived *Ivanhoe* on the only French TV channel that existed back then.
Only once did my paternal grandfather join us on one of these trips. A tall, intelligent man with a face that could shift from stern to mischievous, clearly full of humor and charisma. Sadly, his relationship with alcohol had taken a toll on his life and, by extension, those of his loved ones. He had a strong personality—if his boss crossed the line, he wouldn’t hesitate to punch him, which meant he went through a lot of different jobs. Back then, you could quit one job and easily find another. It was quite something to see him in his final stages, hallucinating pink elephants and even drinking perfume when he had nothing else left. The last time I saw him, he’d slipped away from the doctors and nurses while hospitalized in pretty bad shape—at least, I assume his liver was the issue. We were sitting down for a family lunch when the door burst open, and there he stood in his pajamas, eyes twinkling with mischief, clearly pleased with the dramatic entrance. That theatrical moment didn’t spare us from burying him a few months later at the age of 71. One day, my mother told me the family doctor had quietly remarked that it was a shame—with his robust constitution, he could’ve lived to be a hundred. Yes, the family doctor—this was the man who’d come treat you any day, at almost any hour, just for a phone call. It really existed, it’s not a myth!
That day, his wife—my paternal grandmother—was also along for the ride. Everyone agreed that Jeannette was a good woman. She worked as a waitress at *Le Tigre*, the biggest brasserie in town, right in the center. Most customers preferred to be served by her, including local dignitaries and even the mayor. As a kid, I didn’t find her very fun, open, or warm—she seemed a bit stern. Back then, women in their fifties already had the face and build of grandmothers. Same went for men, don’t get me wrong. I had no idea about the struggles she faced because of her husband. I didn’t know that 30 years earlier, she’d had to flee Alsace while pregnant, under threat from Nazi fighter-bombers. I didn’t know she’d had several miscarriages, and that my father—her only surviving child, born prematurely in March 1940 at the other end of France—weighed less than a kilo at birth and was so tiny he could fit in a shoebox. Hard to imagine he’d grow into a strapping man nearly 1.80 meters tall, tipping the scales at 100 kilos.
When you come back from summer camp in early August and ask why she didn’t pick you up with your parents, and they gently tell you she’s "in heaven," you don’t realize she passed away at 54 after suffering greatly from stomach cancer that had spread.
Back to that family outing, that enchanted parenthesis. I even remembered where we’d had lunch when I passed through Dambach-la-Ville decades later. One of those charming, flower-filled towns Alsace produces in abundance—and preserves so well. This one sits high on a hill, and I was a bit stunned on the parking lot because the view stretched far, revealing the Alsace plain below—its fields, villages, hills, and forests. The world seemed so vast and enticing that day, even though I was only glimpsing a tiny fraction of it.
The region was already very touristy, but I wouldn’t notice the downsides until much later. That Sunday noon, I discovered a large restaurant filled with diners. I can still see the enormous piece of meat they served me, decorated with a little wooden skewer topped with a flag. I kept that one for a long time. Those were the golden days of rich, flowing, thick sauces—so flavorful—and the era of the world’s best fries, made on the spot with the best potatoes. To top it off, I was *exceptionally* allowed a small bottle of apple juice, Orangina, or—even better if possible—Sinalco. Yes, Sinalco—like Orangina, but better. A brand that must’ve disappeared in the 70s, but why, and what a shame! Since then, Orangina’s little bubbles have taken the brand to the other side of the planet—it’s now Japanese.
Year after year, I’d eagerly await that ecstatic moment when the most beautiful castle in Alsace, the Haut-Koenigsbourg, appeared in my field of vision. The perfect model, the archetype that blended into the landscape at the height of a child’s dreams.
The trip home always felt like a reality check—less jarring than an alarm clock, but more diffuse and melancholic. From then on, there was only one wish: *When do we leave again?*
Hi there,
Here’s a recap of a trek through the Balkans covering three countries: Albania, Montenegro, and Kosovo. I was with a friend, and we didn’t do the full route (only one day in Kosovo).
It was a wonderful trek through snow-capped mountains and vast flower-filled meadows, meeting incredibly welcoming people.
At the end of the travel journal, I’ll share what I loved and what I liked less.
Day 1: Flight from Paris-Beauvais to Tirana with Wizz Air.
Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
Then, a transfer the same day to Shköder, about a 2-hour bus ride. Cost: 10 € per person. Tickets bought directly on the bus. We spent the night in Shköder at a very clean guesthouse, Open Doors B&B. It had a small balcony overlooking the city.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.
Day 2: Bus ride to Theth, about 1,100 meters in elevation gain, the starting point for our hike the next day.
The trip took 2 hours and 40 minutes with a break in the middle. The bus was affordable, but taxis also make the trip—though they’re very expensive.
We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.
The family was adorable. The husband is a handyman and built almost everything himself. Their baby is named "Sky"—such a cute name, right? :-) Throughout the trek, I found the guesthouses very clean, and the hosts think of everything—no need to bring soap or shampoo; they provide it.
Lunch in Theth at a traditional restaurant on the main road. We tried "Tave Dheu," an Albanian dish with beef, cabbage (very common), and cottage cheese. Delicious but not quite filling enough. For dessert, a honey cake that was perfectly moist—such a treat! Desserts like this are rare; sometimes they serve watermelon instead.
We took a small private bus for 5 € to the "Blue Eye" parking lot, then walked for about 45 minutes to reach a stunning natural site—a kind of lagoon with incredibly blue water. The bravest can swim, but the water’s freezing!
That evening, we dined at "La Montagne Blanche"—excellent! A delightful mix of grilled meats with potatoes and grilled peppers. Some watermelon slices (which I’m not a fan of) and the famous Raki, a brandy served in Turkey and the Balkans! It was my first time drinking brandy "bottoms up." 😉
I’d like to share my family trip to Colombia with kids aged 8. After spending hours browsing the forum and only having two weeks there, we decided to focus on two regions: the Coffee Zone for one week and the Caribbean coast for another. We traveled from August 8 to 23.
Day 1 – First stop: Bogotá
We arrived in Bogotá in the evening on an Air France flight—nothing to complain about, decent service, comfortable, and on time. However, the first night was a miss. We’d booked a hotel near the airport (Abitel Prime) for convenience, but the soundproofing was almost nonexistent; we heard planes as if we were on the runway. Luckily, exhaustion helped us sleep well anyway.
Day 2 – Off to the Coffee Zone and Salento
The next morning, we headed to the airport for a domestic flight to Pereira with LATAM. No issues: punctual and efficient, and in 30 minutes, we landed in Pereira. The landing already set a different mood: lush valleys, endless plantations, and humid air.
We picked up our rental car from Localiza. Unfortunately, the experience wasn’t smooth—the paperwork took forever, and the wait tested our patience. Finally free, we hit the road to Salento, one of Quindío’s gems.
We arrived in the late afternoon and discovered a colorful village bustling with artisan shops and cafés. Our first stroll helped us soak in the atmosphere before dinner at Bambú restaurant—a great surprise with careful cooking and local flavors. We spent the night at Casa Serafín, a charming little hotel, nicely decorated and well-located… but unfortunately very noisy.
Day 3 – The magic of Cocora Valley
This was one of the trip’s highlights. We set off early for Cocora Valley, famous for its giant wax palms, Colombia’s emblem. We chose the 12 km loop recommended by the *Routard*. The landscapes were spectacular: towering palms, rivers, suspension bridges. It felt like walking through a postcard. The weather was perfect.
That evening, we dined at Barnabé restaurant—pleasant setting, decent food, but the bill was a bit steep for what it was. Back to Casa Serafín.
Day 4 – Coffee and panoramic views
The plan was a visit to Finca El Ocaso. For 1.5 hours, we followed a passionate guide who explained the entire coffee process, from harvest to cup. Very educational, accessible for both kids and adults, all in a stunning setting. The tour was in English for us, and we translated for our kids, who aren’t bilingual yet.
In the afternoon, we climbed to Salento’s viewpoint. The valley view was superb. That evening, we ate at Veggie Garden, a simple and pleasant spot that was a nice change from the heavier meals of previous days.
Day 5 – Horseback ride to Santa Rita Waterfall
We booked a horseback ride with Cocora Magic. It was a real success: calm horses, a beautiful trail, mountain and meadow landscapes, and finally the refreshing and wild Santa Rita Waterfall. Without a doubt, one of the best moments of our time in the region. We even got a bonus ride up a 300-meter hill.
We then headed to Filandia, less known than Salento but just as charming. We spent the late afternoon enjoying the pool at MuchoSur Filandia. The hotel is beautiful, in an idyllic setting. However, we also had soundproofing issues and could hear our neighbors.
Day 6 – Rainy detour through Filandia and Manizales
Rain caught up with us in the early morning: torrents of water made it impossible to go out. We stayed at the hotel, reading quietly. By noon, the rain let up: a quick walk in Filandia, a quick lunch, then off to Manizales. We chose to stay at El Otoño hot springs. Great choice: as soon as we arrived, we plunged into the hot pools, perfect after hours on the road.
Day 7 – Hiking and hot springs
In the morning, we hiked the Camino de Super Coco (found somewhat randomly on Google). A pleasant trail with mountain views and a peaceful atmosphere. The afternoon was spent in the hotel’s thermal pools, with a short marked hike down to the river. Dinner on-site at the hot springs’ restaurant. A simple but very relaxing day.
Day 8 – Rain, jacuzzi, and games
We continued to Finca Los Alpes. The rain greeted us again, but this time it turned into an asset: nothing like a steaming jacuzzi with a view of the misty mountains. The kids enjoyed the facilities too: mini-golf, ping-pong, billiards. Dinner and night at the hotel, cozy vibes.
Day 9 – Off to the Caribbean coast
Back to the airport to return the car (still a bit long). Flight to Cartagena with Avianca: punctual and comfortable. Upon arrival, we picked up another car and headed straight to the Hyatt Regency, a modern hotel with a pool. That evening, we dined at the hotel—practical after a travel day.
Day 10 – Colonial Cartagena
We set off to explore Cartagena’s old town. It was enchanting: colorful facades, flowered balconies, colonial charm—just magical. However, the heat was stifling and very humid. Afternoon relaxation by the pool. Dinner at Gestlani, a good restaurant in town.
Day 11 – Road to Barú
A hearty breakfast, then one last swim in the pool before heading to Barú. We checked into Las Islas Hotel. The setting was enchanting: wooden cabins nestled in the vegetation, a private beach, turquoise sea, impeccable service. Dinner at the hotel’s restaurant.
Day 12 – Beach and relaxation
A full beach day in Barú. Warm water, white sand, coconut trees, peace and quiet. A real postcard scene with iguanas and birds.
Day 13 – On to Santa Marta
Another morning at the beach before hitting the road to Santa Marta. The drive was a bit long (6 hours), especially with traffic jams in Barranquilla. It was the longest car ride of the trip. We spent the night at Villa María Tayrona, a beautiful place near the park.
Day 14 – Tayrona Park
We left early for Tayrona Park. We entered through **El Zaino**, parked the car, and set off on a hike to La Piscina (about 2 hours). We stopped along the way at Playa Arenilla, a stunning little beach, to rest. Lunch on-site, a swim, then back by 4 PM. The hike was a bit tiring, but the nature was spectacular: dense jungle, the sound of waves, and even a monkey encounter along the way. Evening and dinner at the hotel.
Day 15 – Last swim and return flight to Bogotá
Our last morning was split between the pool and the beach (the hotel has direct access via a 7-minute trail through vegetation and flowers)—hard to leave this paradise. We drove to Santa Marta’s airport to return the car, then flew back to Bogotá. We spent the night at Casa Dann Carlton, a comfortable hotel. We simply ordered room service, arriving too late to go out.
Day 16 – Bogotá and the end of the trip
Our last day in Colombia. After a good breakfast, we explored La Candelaria. Its cobbled streets and colorful houses were worth the visit. We visited the Botero Museum (free) and the Gold Museum, both fascinating. Back to the airport for our 11:55 PM Air France flight.
That’s a wrap on a varied trip—lush mountains, colorful villages, dream beaches, and tropical jungle.
The pace was pretty relaxed, well-suited for our kids. They absolutely loved the trip to Colombia.
Driving in Colombia was very easy, and we didn’t regret renting a car at all—it gave us more freedom to get around.
If I were to do it again, here’s what I’d change:
- I’d spend less time in the Coffee Zone to stay a bit longer on the Caribbean coast, which was more relaxing for the kids. Or I’d head to Medellín, but I didn’t think the city was very kid-friendly.
- Bogotá is a city that deserves a day’s visit, but it’s not a must-see. Maybe I’d have taken the KLM flight from Cartagena to Amsterdam instead.
Since I didn’t have time to write a proper travel journal, I thought I’d share a few photos of Bologna—a really lovely city I discovered in 2017 while stopping on my way to Tuscany.
Around Piazza Maggiore, which was packed with a stage and chairs for a show, stands the Basilica of San Petronio, massive and Gothic in style, with an unfinished façade (a common sight in Italy).
Another building near the square:
But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.
Okay, it wasn’t a total disaster either. Actually, I hesitated before starting this travel journal: is it even worth writing about a holiday that won’t leave an unforgettable memory?
In the end, I went for it (there aren’t many recent travel journals about this destination).
So, read on... or don’t .
Every time we’ve been to the Canary Islands, it’s been by default (basically: where can we go in winter or early spring when we only have a week—so not too far, not too much jet lag, but with decent weather?).
This time, we had two weeks, but the winter plan kept changing: first Thailand (dropped for personal reasons), then Martinique (dropped because of work leave dates that weren’t up to me), and finally, the Canary Islands.
We’ve already been to Tenerife (which we really liked) and Lanzarote (which we liked a little less).
This year, two options: Gran Canaria or one of the smaller islands west of Tenerife (La Palma, or even La Gomera or El Hierro).
We chose Gran Canaria... not sure it was the right call!
Whose fault is it?
Storm Thérèse’s!
Yes, Storm Thérèse followed us on arrival, and its effects lasted quite a while. We had to adapt, cancel visits, change activities...
But even without Thérèse...
Saturday 21/03
Departure from Orly at 6:10 AM with Transavia.
The plane took off on time and landed a little early, tossed around by strong winds before touching down.
It had just rained, but it was (almost) no longer raining.
We quickly picked up our luggage and then the car at the Cicar counter.
We got a Seat Arona instead of the Corsa we’d booked. Well, while the driving position didn’t feel great at first (I got used to it), the engine’s smoothness and power were much appreciated on the island’s winding and sometimes steep roads.
It was only 10 AM, and we couldn’t theoretically check into our accommodation until 3 PM (the owner promised to message me if it was ready earlier).
So, we headed to the (big) *Jardín Botánico Viera y Clavijo*, where we planned to spend a few hours.
We found a huge parking lot... empty.
The passenger in the car in front of us (yes, we weren’t the only ones at the closed gate—there was a car in front and one behind) went to ask for info: it was closed due to the storm 😕.
So, we calmly headed toward Puerto de las Nieves, on the northwest coast of the island.
The plan: go to a restaurant, visit the village, and do some shopping while waiting for early afternoon.
As soon as we got out of the car, it started raining... we took shelter under the awning of a shop, waiting for it to pass. But the rain turned into a downpour, and within minutes, awning or not, Gore-Tex or not, we were soaked!
Since we were already wet, we might as well go to the restaurant—they weren’t far! But here’s the thing: contrary to what Google Maps said, they all opened at 1 PM, not noon!
Back to the car, wading through 5 cm of water because all the village streets were flooded .
The rain let up, we did some shopping, went to eat, and I got a message from the owner saying the accommodation was ready 🙂.
So, off we went to La Suerte, a few kilometers north of Agaete.
The downside of the place, especially with luggage, is that you have to climb several flights of stairs via an outdoor staircase (after parking more or less far away on a steep street) to get there 😛).
Of course, on the way from the car to the apartment, it started pouring again—the bags got soaked!
Enough rain for today! We settled in quietly, and by late afternoon, we could (finally!) go admire the view from the terrace.
Trip Planning
My partner and I are heading to the Canary Islands for a week at the end of September, specifically to Lanzarote. We chose this island over the more crowded ones for its volcanic landscape and the variety of hikes it offers.
I booked everything through Expedia: our hotel stay, car rental, and Ryanair flight tickets departing from Marseille. It was the only way to get a direct flight. To make getting around easier during our stay, I picked a hotel located in the center of the island from the wide selection available. It’s part of the Barceló chain, specifically the "Barceló Teguise Beach Adults Only" in Teguise Beach, which turned out to be an excellent choice.
The Trip
Sunday, September 21 - Monday, September 22
Departure
It’s 2:15 PM, and we’re at the Avignon TGV station. Danielle picked us up earlier due to the weather—thunderstorms and heavy rain all the way to the station. The TGV was on time, and it only took 30 minutes to reach Marseille Saint-Charles. The shuttle to the airport is quick and convenient, right behind the station.
The bus leaves for the airport in the middle of the storm, with flooded roads and cars stuck in some spots.
We get soaked making our way to the terminal. Two hours to wait before the flight. The plane finally takes off at midnight, but just before landing, the pilot announces that the destination airport is closed, and we’re being diverted to Tenerife. Ryanair will re-route us as soon as possible.
We end up waiting 2 hours, and Ryanair kindly gives us a 4 € voucher.
We re-board around 5:15 AM and take off at 6:00 AM. About 45 minutes to reach Lanzarote. After collecting our luggage, we head to the car rental desk. The counter in the terminal is closed, and we’re directed to parking lot P4—it takes us a while to find it.
I’m a bit worried about the rental company’s reaction since the car was supposed to be picked up 7 hours earlier, but it’s not a problem. A woman next to us is furious because she’s in the same situation, and her rental was canceled. Anne-Marie translates for her, but nothing changes.
We pick up a brand-new Toyota Aigo and head to the hotel.
After checking in, we cross the garden, walking alongside the large pool to reach our room.
A lovely first-floor room with a jacuzzi and a sea view.
It’s early, so we head to breakfast—a generously stocked and varied buffet with everything you could want.
Afterward, we drive to Cueva de los Verdes, but it’s packed with people and a long wait. We decide to come back another day.
Next, we visit Mirador Del Rio. This rocky viewpoint at the edge of the island has breathtaking cliffs plunging 500 meters into the ocean. The view is stunning and impressive.
A panoramic bar lets you cool off while enjoying the scenery.
We return to the hotel for a short walk around the neighborhood and enjoy the beautiful pool with its pleasant water temperature. Relaxing by the pool, sun loungers, and all.
In the evening, a very varied buffet at the restaurant. Then early to bed to recover from the sleepless night before.
Tuesday, September 23
After a restful night, we enjoy another varied and hearty breakfast. The terrace seating is very pleasant. We take an inland road leading to Timanfaya National Park.
The road near the park runs alongside vineyards where the vines are surrounded by lava stone walls to protect them from the prevailing winds.
Our first stop is at the visitor center, where the island’s volcanic activity is well-documented. Next, we stop at an area where you can take a short camel ride—two seats are installed on either side of the camel’s hump. This little ride offers a great view of the volcanic landscape from a higher vantage point. A fair price of 11 € per seat for a 20-minute ride.
We then head to the park entrance via the road leading to the parking lot, where only authorized buses can take the winding route inside the park.
It’s crowded, and we wait about 45 minutes with several stops before reaching the parking lot.
We board the bus, and the route offers beautiful views of this volcanic area and its many craters. The journey is very interesting, with several stops for photos.
At the parking lot, a guide shows us how the heat from the rocks beneath the surface can ignite dry vegetation. Water poured into holes in the ground immediately creates geysers and jets of steam.
The building next to the parking lot has a restaurant where meat is cooked using the heat from a well dug into the volcanic rock.
On our way back, we drive to Playa Blanca, a seaside town with a small sandy beach.
Back at the hotel in the late afternoon for dinner.
Wednesday, September 24
We wake up early and have a quick breakfast—few people are around at this hour. Two days ago, we booked a 10:00 AM visit to Los Verdes, lava tunnels created by eruptions and lava flows from the La Corona volcano, which extended all the way to the coast.
When the lava came into contact with the air, it solidified on the surface while continuing to flow underneath. The lava tunnels stretch for 8 kilometers to the volcano, but we only walk one kilometer.
The inside of the tunnel is impressive, with narrow passages and larger chambers.
You can see traces left by the flowing liquid lava—varied colors and twisted shapes.
At the end of the path, a large chamber has been turned into a concert hall with perfect acoustics.
Next, we visit Jameo Del Agua.
This is a continuation of the lava tunnel, developed by Manrique.
There are beautifully designed bar and restaurant areas, as well as an underground lake where you can see small blind white crabs—a protected species in this very pure water.
Higher up, there’s a lovely space with a central pool that could double as a swimming area, surrounded by beautifully designed white pathways that contrast with the blue water.
Further on, you reach a large space inside the lava tunnel, set up as a performance hall with perfect acoustics.
Stairs let you view this beautiful space from above. A gap in the lava landscape reveals the ocean on the horizon.
We head back toward the village of Yé, at the foot of the La Corona volcano.
A 160-meter walk from the church, a path crosses vineyard plots and then climbs to the top of the volcano’s crater in about 30 minutes. It’s the island’s highest volcano.
When you reach the edge of the crater, you see how deep it is, with steep slopes inside forming a large circular opening. The place is breathtaking and awe-inspiring.
We drive back to the hotel via a road that climbs quickly, offering a beautiful view of the island’s northern part.
Thursday, September 25
After another enjoyable and varied breakfast, we head to the center of the island toward the volcano park and stop at a roadside parking lot where a path leads to the Montana Cuervo volcano.
This is a crater that opened on one side. During an eruption, an explosion created a breach in the crater.
Huge blocks of rock were thrown dozens of meters away. The path goes through the breach and descends into the crater, allowing you to walk around it. It’s impressive, and you really feel small and fragile in this environment.
The crater walls, with their different colors, highlight the rock formations. The crater is surrounded by a sea of lava with sharp, jagged rocks.
You can walk around the outside of the crater, but it’s not very interesting. We then head to the west coast, stopping at a spot with a small green lake next to a beautiful black sand beach.
Next, we stop at Salinas de Janubio, a lovely viewpoint overlooking the salt marshes with different water colors. A small shop sells various local products.
We then head to the famous Papagayo beach.
The road ends at a booth where they charge 3 € to continue.
From here, the land is private, and you have to pay to drive down a 3-kilometer rocky dirt road.
Quite a few cars are driving along it, kicking up clouds of dust. The car gets a dusty makeover.
We arrive at a large parking area, with several paths leading to different small beaches.
We go to Papagayo, a small blonde sand beach surrounded by red rocks.
The beach slopes gently into the water, which is a pleasant temperature. The setting is charming and peaceful.
We stay for a while before heading back to the hotel.
Friday, September 26
We start with a visit to the César Manrique Foundation in Tahiche. This was originally one of his homes. The modern construction spans several levels and is integrated into the lava flow, using the gaps to create living spaces. Large windows make the rooms bright and open to the scenery. The place is pleasant, with flower-filled gardens outside. It’s well worth a visit.
Next, we drive to Las Grietas, where a path leads to a narrow crack in the volcanic rock, forming a tight passage where only one person can walk at a time.
The passage isn’t very long, but progress is slow due to the endless selfies being taken here.
We then stop at Casa Del Camposino, a renovated farm that houses several artisan shops.
We taste a local wine recommended by a charming woman and buy two bottles of Lanzarote red wine on her advice.
Now, we head to Tamara beach, a beautiful and wide beach at the foot of high cliffs. There are always great waves here, making it a surfer’s paradise.
On the way back to the hotel, we stop at the cactus garden, César Manrique’s final creation. Designed with a great sense of aesthetics around an old windmill, it features 4,500 varieties of cacti in various shapes, all in a beautiful setting.
We return to the hotel in the late afternoon for the evening.
Saturday, September 27
After another hearty breakfast, we head north to Haria. We stumble upon another of César Manrique’s homes, where he lived for a long time. This house is more traditional than the previous one but still has large, modern, and very pleasant rooms. At the back of the garden is his large studio, where he created his works.
Next, we visit the craft market—this was our original plan. Various stalls offer local items, and it’s very crowded. No room at the café terraces to sit down.
We then return to Famara beach for a long stay. There are always great waves here, much to the surfers’ delight. The water temperature is pleasant, and we enjoy it.
On the way back to the hotel, we stop at a gas station to refill the car, which has been very fuel-efficient. Gas is also much cheaper here than in France—1.16 € per liter of SP95.
We also wash the car, which was very dusty after the long dirt road to Papagayo beach.
At the hotel, we enjoy a farewell cocktail before dinner.
Sunday, September 28
We spend the morning by the hotel pool before checking out at noon. For lunch, we go to a restaurant called "Dona Lola," near the hotel, with a terrace offering a view of the coast. We order tuna carpaccio, which is delicious.
We then head to the airport, just 15 minutes away.
We return the rental car and go to the airport.
A long line to check in our luggage.
The return flight is on time.
A shuttle bus takes us to Saint-Charles station.
We then head to our overnight rental. The boulevard slopes down, making it easier with the suitcases.
The rental is between the old port and the train station.
Once there, we pick up the keys and make one last effort to carry the luggage up to the third floor.
The studio is nice, clean, and simply equipped—perfect for one night.
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
I’m a newbie to this forum, passionate about wildlife, the landscapes of East Africa, and Tanzania in particular.
This June 2024 trip/safari is our 7th visit to Tanzania and our 5th in the south, which has drawn us more than the north ever since we discovered it in 2015.
In 2024, the entrance fees for the reserves and services have gone up again since our last visit.
I chose to return first to Mikumi Reserve, which was the very first one we visited in the south. Then, we’ll head to Selous (J. Nyerere N. P.) as usual.
Initially, we wanted to spend 2/3 days on Mafia Island at the end of the trip, but it made the total cost too high, so we gave up...
We usually go to Ruaha and Selous, but I wanted to mix it up a bit—also to save some money...
As for the timing, June is a new experience for us. I thought it might be interesting to come just after the lodges reopen... hoping for some great wildlife encounters??
The trip starts in Marseille with our first flight on Ethiopian Airlines to Addis Ababa, then continues to Dar es Salaam, where we’ll finally set foot on Tanzanian soil again.
In Addis... "our" A-350.
.....
After arriving in Dar, we spent one night at a hotel near the airport. The next morning, we headed to the domestic flights terminal, which hasn’t changed in years.
By mid-morning, we boarded a Cessna 208B Caravan with Safari Air Link, heading to the Kikoboga bush airstrip in Mikumi, which we reached 45 minutes later.
Fun fact: the pilot was the same one as on our return flight two years ago.
Welcome on board:
Of course, a driver/guide team from our chosen lodge was waiting for us upon arrival:
I was surprised to see so many aircraft parked there... even twin-engine Embraer Brasilias??
As a fan of vintage planes, I loved it...
On the other hand, the light was incredibly harsh.....!!
Our guides only speak English. We knew that in advance. In the south, it’s very rare to find someone who speaks French. This’ll force us to dig into our high school English memories... from 60 years ago... at least.
It’s noon, and we head toward the lodge.
Near the airstrip, next to the Mikumi rangers’ base, there are quite a few herbivores. They find a bit more peace here—the big cats don’t venture this way...
Our first encounter was a group of Masai giraffes.
Rarer (for us), a savanna monitor lizard basking in the sun right in the middle of the track...??
A large gathering of impalas (mostly males) along with a few blue wildebeest:
Also unusual: a African crowned hornbill taking a dust bath in the middle of the track...!!
When it comes to identifying mammals or birds, I don’t know everything... so I might make mistakes. Please forgive me.
I’m counting on my friend Blesl’s active participation... 😉
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
This time, I landed in Monastir on a direct flight from Nice, again with Tunisair. We left about ten minutes late, and the flight lasted around 1 hour 30 minutes. A meal was served on board (cucumber salad with Edam-like cheese, carrots, and two small portions of dishes I couldn’t identify—semolina with peppers, olives, and parsley, two small rolls, a square of processed cheese, and a chocolate cake). It’s worth noting because it’s not common on flights this short.
In February, France and Tunisia were in the same time zone, but now Tunisia is one hour behind. This time difference and the flight duration work perfectly for a short 15-day trip since it takes me a few days to adjust to jet lag.
Luckily, I’d asked my hotel about the taxi fare from the airport because the drivers (there were several around me) didn’t hesitate to quote outrageous prices. The actual fare is 20 dinars, but one asked for 120 dinars. I refused, and another offered 60 dinars. I replied, "That’s too expensive—I’ll take the metro!" (Having tried the Tunis metro, I had no desire to repeat the experience in Monastir with a suitcase!). I started walking toward the metro, and one of the drivers caught up with me, saying, "20 dinars is fine!" I’ll skip the details, but the negotiation took a little while.
When I arrived at the hotel, I told the receptionist someone had asked for 120 dinars. He put his hands to his head and said, "They’re awful!" He remembered our phone call two days earlier when I’d booked (he’s the one who told me I could take the metro).
The Mezri Hotel isn’t expensive. I got a sea-view room for 75 dinars (22 €). (I’d booked a balcony room for 90 dinars but wouldn’t have had time to enjoy it.) It’s well-located but noisy because there’s no double glazing.
The receptionist is a very kind older gentleman. He called a friend whose wife is from Tozeur to find out if I should take a bus or a *louage* tomorrow and what time.
I arrived at the hotel around 7:00 PM and had time to stroll along the corniche to the ribat. Despite some run-down buildings, the seaside seemed livelier and cheerier than Sousse’s.
Monastir is the hometown of former president Bourguiba. I passed his mausoleum by taxi. There are Tunisian flags along the avenue by the sea because every year on April 6—the anniversary of Habib Bourguiba’s death—the president of the Republic visits the Bourguiba Mausoleum in Monastir to pay respects.
The taxi driver mentioned other Tunisian presidents. He complained about rising prices and insecurity, blaming President Kaïs Saïed (I’d already heard that security was better under Ben Ali).
At the end of my stay, I’ll take time to explore Monastir, but tomorrow morning, I’m off to Tozeur—a long bus ride awaits me.
Just back from two weeks in Andalusia, and I wanted to share this experience with you—maybe it’ll help with planning a trip. I’ll start with a quick recap in this post and try to add photos and day-by-day details later (still sorting through them). Hope I don’t bore you too much! 😎
Trip details:
April 20 to May 4, 2019:
7 days on the Costa de la Luz (El Puerto de Santa María) in an Airbnb,
4 days at the junction of the Costa del Sol and Costa Tropical (Salobreña) in an Airbnb,
3 days at Cabo de Gata for some rest at a campsite in Los Escullos.
Two families of four, each with our own car: three 9-year-old boys and a 6-year-old girl. One family was more into city exploration (not us, but we’re working on it), and the other preferred relaxation and nature (that’s us). We speak a little Spanish.
Over 5,000 km, including 2,500 km for the round trip from Carcassonne.
The weather: Variable, but we expected better for this region in late April. The first week on the Costa de la Luz was sometimes chilly (< 20°C), and the second week was warmer but not excessive (< 25°C). At least we didn’t get much rain!
Our budget: Around 2600 € per family:
700 € for accommodations, about 50 € per night,
1000 € for meals and restaurants. We usually spent around 50 € per family at restaurants—we ate out for lunch (except for 2–3 picnics) and cooked at home in the evenings, trying to be back by 6 PM.
600 € for activities: Río Tinto, a flamenco show, visits to the Alhambra, Giralda, and Alcázar, Oasis Park with meals, and a kayaking trip.
300 € for gas and tolls.
Preparation: A few months ahead with bookings for accommodations and tickets for the Alhambra, Giralda, and Alcázar. We used a few travel guides—I like the *Évasion* guide for initial planning. *Géoguide* was okay, but our friends’ *Routard* was the most useful. We also spent three months brushing up on Spanish with Mosalingua (a great spaced-repetition method, max 10 minutes a day). Downloaded Maps.me and the Andalusia map in advance—essential. And we used Tricount to track shared expenses with friends—super handy.
What we did/saw:
3 city visits (Seville, Granada, and Cádiz) + Málaga for our friends (we vetoed Córdoba—too many cities for us).
4 white villages (Vejer de la Frontera, Arcos de la Frontera, Grazalema, Ronda) + Tarifa for our friends.
Beaches (Tarifa and Bolonia, Matalascañas, Nerja, Cabo de Gata).
Nature and fun moments: Doñana National Park, a kayaking trip along the rocky coast near Nerja, and the Wild West/animal park in the Tabernas Desert.
A little culture: Río Tinto mines, the archaeological site of Itálica, Columbus’s caravels, Nerja Cave for us, and the Picasso Museum in Málaga for our friends. Plus, seeing the ham-drying process in the Alpujarras (for our friends).
Our highlights
Nerja and the surrounding villages: The rocky coast was amazing, and we loved the kayaking trip, even if the water was freezing for snorkeling. The beaches are sheltered from the wind, the town is charming, and the cave is incredible.
El Rocío and Doñana National Park. El Rocío has a timeless, almost Wild West vibe—we could’ve stayed a day or two. The quiet and pine scents reminded us of the Landes region.
What we didn’t love as much:
Río Tinto mines: Not super exciting, and the guides’ nonstop chatter kind of ruined the "nature" experience.
Our little regrets (for next time):
Forgetting our passports and missing a day trip to Tangier from Tarifa.
Not having an extra day around Nerja to go snowboarding in the Sierra Nevada—just 1.5 hours away (the kayak guide suggested it).
Not spending at least one night in El Rocío to explore Doñana National Park at dawn.
Antequera with the Guadalhorce reservoir and the Caminito del Rey (but it would’ve meant 2 more hours of driving, and we didn’t have the energy).
My general impressions of Andalusia and Spain
Landscapes: A feeling of extreme concentration of a single activity in some areas—endless olive groves, wind farms on the Costa de la Luz (which I thought were well-integrated), rows of buildings along the Costa del Sol (yikes, glad we didn’t stop there), greenhouses around Almería (a shame to have frozen the coast for so many kilometers), and the massive industrial port of Huelva.
What surprised us compared to France was the lack of small hamlets—villages are clearly defined, and people cluster there, leaving vast landscapes without human presence. In France, you find houses scattered everywhere.
Roads: Relatively few tolls. Sure, rest areas aren’t as nice as in France, but the roads are in good condition, and our wallet was happy. The roads are pretty straight with countless bridges and tunnels—the upside (besides fast travel) is that there aren’t many secondary roads disrupting the scenery.
Tourism and activities: A huge variety and richness. Feels like everyone can find something they like, and 15 days barely scratched the surface. It’s amazing how quickly you go from the coast to snow-capped peaks (Sierra Nevada) or from farmland to desert (Tabernas). And the mix of European and Arabic architecture in the same city is really special.
One small regret: Not interacting more with locals. We didn’t luck out with our Airbnbs. But shopkeepers were great—very patient with my broken Spanish! :-)
Overall, I think our choice to stay on the Costa de la Luz and then near Nerja worked well. We could explore pretty easily (even if we logged a lot of kilometers), and the settings were fantastic. The 3 days of total relaxation at Cabo de Gata were perfect.
If you prefer shorter stops, you could try staying in El Rocío (easy access to Seville and great for an early visit to Doñana National Park) or maybe Grazalema for a hike in the mountains (weather-dependent). And of course, Tarifa for a day trip to Tangier or Gibraltar.
Sometimes fantasy and a change of scenery are right near home! I love exploring the four corners of the planet, but there can also be a whole world just a little farther than the end of your street—or even the tip of your nose! So I’ll share with you in pictures the beautiful kermesse of Ath, which we only discovered last August, even though we’re neighbors (we live in Lille).
I could have subtitled this travel journal: "Ferme eut’bouc tin nez va quer eud’dans"; it’s an expression in Picard language, literally “Close your mouth or your nose will fall in,” said to someone who’s amazed—and amazed I was!!!
Ooooooooh, giants!
Oh, how I love them! In the North, we have lots of these giants, like Reuze Papa and Reuze Maman in Cassel, or Gayant, Marie, and their children Binbin, Jacquot, and Fillon in Douai, and many more.
Huh? What? You don’t know what a Géant du Nord is?
Well, it’s a benevolent hero, a legendary figure, a protector, a symbol tied to a city that parades through it, walking and dancing during carnival or the local festival. The tradition is said to have originated in Portugal in the 13th century (at least that’s where we have the first records), then we see them in the Netherlands starting in the 15th century. In the North, the oldest are Gayant and Marie of Douai (16th century), but many new ones have appeared since the 1980s with the revival of carnivals. In practice, it’s a large character (or animal figure) several meters tall; the structure is made of wicker, the body is often papier-mâché, but the head can be wood, as in Ath (lime wood), and the clothes and accessories are made of fabric, leather, and wood. The flared robe (for both male and female giants) allows one or more carriers to slip underneath to move it using only their arms, shoulders, and legs—and even make it dance! There are over 1,500 giants in Belgium and 450 in Hauts-de-France, mostly in the Nord and Pas-de-Calais departments.
In Ath, there are giants—LOTS of them! I’ve never seen so many at once. And each one is carried by only one man at a time (except for Bayard, you’ll see why later), even though the structure weighs over 100 kilos—so the carriers take turns quickly! The Ducasse of Ath and its giants have been inscribed on the UNESCO Intangible Cultural Heritage list since 2008, as part of the "Processional Giants and Dragons of Belgium and France."
What’s more, the Ducasse of Ath is remarkable for its age and local roots; a procession was first mentioned in 1399, and today the many musical groups are still local (Ath and surrounding towns). The event is extremely popular: a good part of the population is there, all generations mixed together. Everyone knows the groups, floats, and giants, and each has their favorite! Originally, religious groups paraded, illustrating episodes from the Bible or the Golden Legend. Gradually, the parade became secular and kept evolving by adding new giants, historical figures, or allegories linked to local history (Ath, Belgian Hainaut, Belgium).
Finally, the beautiful floats are all pulled by magnificent draft horses, and that’s extraordinary! The town council itself rides in fine carriages that close the parade.
To wrap up this long introduction, know that the Ducasse of Ath lasts several days, but the highlight is the highly codified procession that takes place on the 4th Sunday of August (actually, the procession passes twice, once in the morning and once in the afternoon).
So, let’s go!
On this Sunday, August 26th, we’re in Ath in the early afternoon to see the procession. What a popular enthusiasm! Everyone is wearing the city’s colors (purple, yellow, and white), often with a twisted fabric necklace. Everyone is happy, smiling, from the giggling toddler to the sprightly centenarian sipping beer with her rosy-cheeked cousin and the pretty freckled blonde niece. People call out to each other, laugh, hum, and congratulate each other all around.
People start positioning themselves at strategic spots along the route—wider areas where the giants stop to perform a dance to the tunes of the brass bands accompanying them. And there are brass bands—at least one per giant and float!
The wait passes quickly in this joyful atmosphere. Suddenly, the music grows louder, and here comes the first giant at last! It’s the "two-headed eagle," with a child (a real one) sitting safely on a little chair.
Present in the procession since the late 17th century, it originally had only one head (normal, right?) and accompanied the tailors’ guild. It gained a second head during the royal visit of 1854 (go figure why!). It’s 3.30 meters tall and weighs 115 kilos (without the child). All the men you see in white are carriers taking turns.
Its dance consists of spinning the bird around—you’d think that little kid up there must be getting dizzy!
Next is the "Neapolitan fishermen’s boat." It’s a magnificent float representing a ship, with handsome sailors clinging to its rigging. This float first appeared in the parade in 1856.
It’s followed by a human giant on stilts: "Saint Christopher of Flobecq," holding a flowered staff and carrying Christ on his shoulders (this time, not a real child!). It appeared in the 19th century, then disappeared from the procession before being reintroduced in 1976.
Now here come the "Blues," dressed in French uniforms. This group is the heir of the former cannon-arquebusier company, and they punctuate their parade with gun salutes!