Sous l'immense verrière de l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, une énorme explosion retentit, faisant trembler sols et vitres... Un bagage abandonné vient d'être proprement pulvérisé par les services de sécurité. Incident ordinaire en ces lieux sensibles où le moindre sac oublié par son propriétaire n'a qu'une très courte durée de vie.
Nous meublons l'attente du vol Air-France pour Saïgon en allant déjeuner à la Brasserie Flo du terminal F. Agréable manière de passer les quelques heures en savourant une choucroute bien française, avant l'aventure indochinoise que nous avons choisie en cet automne de l'an 2000.
Déception lorsqu'on nous délivre nos cartes d'embarquement : rangée de sièges n° 43 ! Tout à l'arrière du gros Boeing 777-200... Les passagers sont comprimés dans l'énorme zinc comme sardines en boîte. Une jeune femme très enceinte est assise près de nous, sans égard particulier pour son état : c'est la zone de l'avion la plus exposée aux turbulences. Et turbulences il y a, tout au long de l'interminable vol sans escale jusqu'à Singapour. Nous traversons des tempêtes qui brassent le Jumbo-jet comme un fétu de paille. Le personnel de bord ne brille pas par sa courtoisie. Le steward daigne nous servir, du haut de sa grandeur, quelques plateaux-repas sans le moindre sourire. Il faut insister longuement pour obtenir un verre d'eau. "Vous devriez louer un avion privé" nous dit ce malappris à qui nous marquons notre mécontentement d'être si mal accueillis.
Courte escale à Singapour, dans l'aéroport éclaboussant de luxe, le plus beau d'Asie, où nous dégustons un succulent café dans la zone-transit. Au lever du soleil, voici la terre indochinoise noyée sous les flots du Mékong qui ont envahi la plaine qui miroite comme un lac immense. Comprimés pendant des heures dans l'espace étriqué de la classe Canigou, les passagers posent enfin le pied sur la terre ferme. Derrière le guichet d'accueil, les préposés à la vérification des passeports et visas ont tous une mine sévère et peu engageante... Ils scrutent attentivement chaque étranger et tamponnent comme à regret les documents dont il ne faudra se séparer à aucun prix : cette demande de visa qu'il a fallu remplir pour l'obtenir, et qu'il faudra présenter à nouveau au moment du retour en France...
Un taxi nous dépose à l'hôtel Saïgon-Prince, établissement touristique de belle allure sur le boulevard Nguyen-Hue, quartier des affaires de cette ville cosmopolite que tous les français continuent de nommer Saïgon, malgré le vilain nom "Ho-Chi-Minh-Ville" de la réunification... L'arrivée sur le sol vietnamien n'est pas dépaysant : il règne dans ce pays une atmosphère de France d'autrefois qui a laissé une profonde empreinte sur ses habitants. Dans le hall imposant du palace, on remarque surtout des clients japonais.
Confortable et silencieuse, la vaste chambre donne sur une cour intérieure, à l'écart des bruits de la circulation très dense sur le boulevard.
L'Agence Vietnam-Tourist nous a été fermement recommandée pour organiser notre séjour. C'est un organisme d'état (le pays est sous le régime "communiste-libéral") et son directeur francophone établit un plan de visites selon nos désirs, qui suivent de près ses conseils appuyés. Cette ville active, grouillante et surpeuplée est consacrée en premier lieu aux affaires et au commerce tout azimut. Malgré trente années de guerre meurtrière, le Vietnam se relève du cauchemar à une vitesse vertigineuse, grâce au courage et au dynamisme exceptionnel de la population. A maintes reprises, nous allons voir des preuves tangibles de la grande force de vie qui s'exprime à travers le pays.
Parfum de cuisine française, au "Bistro Augustin", le patron est vietnamien, mais il a séjourné en Bretagne de longues années. A nous le filet de porc à la moutarde, le bar grillé et la crème brûlée ! Tout est délicieux, servi par une mignonne jeune fille au fin minois de porcelaine. C'est sûr : on va revenir souvent chez Augustin pour d'autres agapes.
On marche avec plaisir sur les larges trottoirs des avenues dont certaines portent l'ancien nom colonial avec la nouvelle dénomination. L'ex-rue Catinat a été rebaptisée Dong Khol. Seules trois rues gardent encore leur nom d'origine: rue Pasteur, rue Calmette et rue Yersin. A noter que ce sont trois scientifiques-bienfaiteurs de l'humanité ayant inventé des vaccins contre des maladies redoutables.
Les monuments officiels de Saïgon sont des vestiges intacts construits par les français entre 1900 et 1908. L'Hôtel de Ville, pâtisserie de stuc rose et blanc, colonnettes et frises rococo, ferme la perspective de l'avenue Nguyen-Hue. Il faut braver le joyeux désordre des innombrables engins à deux roues qui sillonnent en rangs serrés les grandes artères. Le directeur de l'agence nous a donné ce conseil : "Vous traversez, sans courir ni vous arrêter, les conducteurs vous évitent et vous ne risquez rien !"... Facile à dire, mais il faut garder tout son sang-froid pour se lancer dans ce magma en mouvement perpétuel environné de vapeurs d'essence.
Nous pouvons témoigner de l'efficacité de la méthode, puisque nous reviendrons sains et saufs d'un audacieux périple de 30 jours. Autre recommandation : se méfier des nombreux pickpockets qui sévissent autour de l'hôtel. Et pas plus tard que ce premier soir, quand nous allons à pied au restaurant, de l'autre côté de l'avenue, mon compagnon est abordé et serré de près par deux gus, dans l'intention manifeste de lui piquer sa sacoche. Mais l'homme a déjà été piégé, à Istanbul, par de semblables individus, et il repousse l'assaut en gueulant si fort que les gars s'enfuient sans insister ! Que dit-on ? "Seul le fou tombe deux fois dans le même piège..."
Demain, destination : le delta du Mékong, le fleuve jaune dont nous avons aperçu de l'avion les méandres débordant sur la campagne inondée...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Une découverte très agréable de Saïgon (l'inconnue pour moi), au travers de tes lignes ... J'attends, avec plaisir, la suite qui prendra les teintes du Mékong.🙂
Une voiture de l'agence Vietnam-Tourist nous attend devant l'hôtel ainsi qu'une jeune fille au visage sévère dans le rôle de guide officiel. La demoiselle répond au doux nom de Kiou. Elle se distingue par son appartenance à une grande famille du Vietnam du nord, à Hanoï, où elle poursuit des études supérieures. Elle nous fait l'honneur de sa présence, s'exprime exclusivement en anglais, qu'elle prononce avec un accent asiatique un peu gênant pour nos oreilles, mais nous faisons l'effort d'écouter attentivement ses commentaires tout au long de la journée.
A bord de notre voiture, nous roulons à travers le quartier chinois de Cholon, après avoir circulé dans des rues étroites, surchargées de véhicules hétéroclites, bordées d'échoppes dégoulinant de marchandises diverses : pyramides de paniers d'osier, chapelets d'offrandes, fagots de bâtonnets d'encens, bouteilles dans lesquelles flottent des serpents ou des scorpions imbibés d'alcool de riz, linges brodés, objets de bois précieux incrustés de nacre...
Sur l'un des bras du Mekong, la ville de My-Tho s'étale dans les mares d'eau boueuse. Miss Kiou nous confie aux bons offices d'une guide locale, Mrs Hoa, jeune femme francophone au joli sourire. Nous montons sur un vieux bateau amarré le long du débarcadère, dont nous sommes les seuls passagers avec notre nouvelle hôtesse. La croisière sur le fleuve jaune se déroule dans les pétarades du vieux moteur à gazoil, qui empeste et gâche un peu le plaisir d'évoluer le long des rives pittoresques de la lagune. Le Mékong mérite plus que jamais son adjectif : gonflées d'alluvions, les eaux sont d'une couleur ocre et palpitent en vagues qui déferlent sur les rives. Les pêcheurs s'affairent à remonter les casiers pleins de poissons frétillants et nous saluent d'un grand sourire.
Le circuit touristique tracé selon les directives de l'agence comporte, hélas, une halte commerciale sur une île consacrée à la vente des produits artisanaux du delta : fruits cueillis dans les vergers et servis aux visiteurs canalisés sous les tonnelles, thés aux parfums insolites, bonbons caramels et noix de coco... Et l'inévitable traversée des boutiques de nappes brodées, kimonos, robes chinoises de satin broché, maroquinerie, jades, multiples gri-gri dont les orientaux sont si friands... On achète quelques gadgets pour ne point sortir les mains vides de ce piège à touristes.
La surprise du jour, réservée à tous les visiteurs étrangers, c'est un retour à bord d'une barque fuselée à travers les canaux d'irrigation, les "aroyos", ruisseaux sinueux sous une voûte de bambous arborescents. Une rameuse à l'avant du frêle esquif, un barreur à l'arrière, et nous avec Mrs Hoa, coiffés du classique "nan", ce fameux chapeau chinois conique. Cette coiffure n'est pas superflue : elle protège nos crânes des petits serpents qui se laissent parfois choir des hauts feuillages sur la tête des passants... Pierre Loti a parlé de la spécialité de ces bestioles dans son récit "Un pèlerin à Angkor". Un siècle et demi plus tard, les habitants de la région s'en méfient toujours autant !
Amarrée au quai de l'arrivée, la grande barcasse à moteur nous ramène à My-Tho, où Miss Kiou nous récupère. Nous remercions vivement Mrs Hoa de sa délicate présence, en la félicitant pour l'excellence de ses commentaires, et son parfait français. Elle avait bien voulu répondre à toutes nos questions, notamment à propos de la condition des femmes vietnamiennes dans la société actuelle. Soumises au bon vouloir de leur époux, qui détient, en apparence, le pouvoir à l'extérieur de la famille. La censure s'applique avec rigueur sur les programmes et les films diffusés sur les deux chaînes de la télévision d'état. Même si les réseaux de télé par satellites sont théoriquement accessibles au Vietnam, les postes sont trafiqués pour bloquer leur réception. On est encore très loin d'une véritable démocratie à l'occidentale.
Un déjeuner typique nous est servi dans une charmante auberge, entièrement consacrée aux étrangers. Un "poisson-éléphant" est présenté dressé sur un plat entouré de pétales de légumes ciselés comme des bijoux. Suivi de crevettes géantes, puis un pot-au-feu à la Viet avec boule de riz, complété de desserts multiples...
Miss Kiou et le chauffeur ont refusé de se joindre à cet énorme festin, préférant les coulisses du restaurant et des nourritures plus discrètes.
La route du retour vers Saïgon mène inévitablement (encore...) à un atelier de Laques, dont la visite est programmée dans le but de nous soutirer quelques milliers de dongs, ou mieux, des dollars, le roi vert dominant toutes les autres devises comme partout ailleurs dans le monde. Tous les objets exposés sont parfaitement réalisés, selon une technique ancestrale dont les étapes de fabrication présentent, à nos yeux, tout l'intérêt de cette halte à but lucratif. Nous n'achetons rien, malgré la déception d'une vendeuse qui a pourtant déployé tous ses talents de sirène en pure perte !
La circulation est intense sur la route inondée, défoncée par les pluies récentes de la mousson, si violente cette année. C'est un slalom-stock cars auquel se livrent les milliers de véhicules roulant en tous sens sur des pistes à peine praticables. Les conducteurs n'en perdent jamais leur sang-froid, évitant à tout moment des collisions prévisibles sans échanger la moindre injure. Contrôle de soi et flegme oriental oblige.
Un dîner à la française, à "La Fourchette", un fameux troquet à l'enseigne hexagonale qui nous régale de ... rillettes et d'un hâchis Parmentier ...
La pagode Giac-Lam est enfouie sous de hauts arbres, dans un quartier excentré : oasis de paix et de verdure, où se rassemblent de nombreux étudiants, assis sur les pelouses, révisant leurs cours à haute voix. Tout près, le temple bouddhique ouvre ses portes aux visiteurs, et je suis autorisée à photographier tout ce que je désire.. Dans la première salle, tables et chaises invitent à la dégustation d'un thé parfumé, breuvage délicat servi par une dame attentive.
Dans le coeur du sanctuaire, un très vieux bonze au visage parcheminé est assis dans un coin sombre. Il ponctue chaque minute du jour en actionnant un puissant levier de bois qui frappe sur le gong rituel, pour marquer la marche inexorable du temps.
Dans le parc, des stèles hautes en couleurs, vrais chefs d'oeuvre kitsch, s'élèvent à la mémoire d'on ne sait quels dieux rigolards, dont les effigies ressemblent à des dessins de Cabu : frappant contraste avec le dépouillement du bouddhisme environnant.
La visite du marché Bin Tranh est une vraie plongée dans la vie saïgonnaise, avec ses étalages de légumes, fruits, épices exotiques exhalant des senteurs de nioc-mam, ce condiment sans qui nulle préparation culinaire digne du pays ne saurait être servie. Odeur à la limite du supportable pour mes narines : mélange de poisson pourri et bouillon aigre qui me soulève le coeur !
Ce soir, je me contenterai d'un banal bouillon de légumes à l'occidentale, sous l'oeil déçu du maître-cuisinier de l'hôtel en grande tenue... Mon compagnon, qui n'a peur de rien, va se servir abondamment dans les multiples chaudrons qui mijotent sur l'immense table du "buffet"... Cet homme vit dangereusement ! 😉
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Tu me transportes au travers de ces flux ocres du Mekong ...je vais au devant de l'inconnu ...je m'ennivre de tes lignes (quelle poésie! si si dans le verbe exprimé!😊) ...je respire les bâtonnets d'encens ainsi que les épices du marché Bin Tranh, je frisonne à l'idée que le "serpiente" ne me tombe sur la tête (en tombant d'un de ces feuillages), je déguste ces mets asiatiques ... je voyage en te lisant
Fabricia, s'il te plaît, tu veux bien continuer à m'enchanter ? Avec toi, le rêve devient réalité, alors j'attend de poursuivre ton voyage qui, par la magie de tes mots, devient aussi un peu le mien...
A bientôt
Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
Dans l'avion Vietnam-Airlines, destination Siem Reap (Cambodge), nous ne sommes que des étrangers ou presque, la destination est célébrissime : Angkor et ses temples mythiques, dont la seule évocation fait rêver à des splendeurs.
Le pilote a dû faire ses premières armes dans les commandos... Il pose son avion dans un rugissement de réacteurs emballés et il nous semble que la piste de Siem Reap ne sera jamais assez longue pour s'arrêter avant les grillages... Il me revient, à cet instant, une réflexion entendue avant notre départ de France. Un de nos amis, commandant de bord et instructeur à Air-France, a évoqué les risques à craindre sur les vols Vietnam-Airlines : "Ils cassent assez souvent le matériel... un peu comme des kamikases !" A Dieu vat...
On vient d'atterrir en pleine campagne. Un taxi nous embarque vers le centre de l'agglomération où nous n'avons que l'embarras du choix... Guest-houses, hôtels de toutes catégories, attendent de rares clients. "Freedom hôtel" : un joli nom plein de promesses...
La directrice de l'établissement est une rescapée des atrocités khmers rouges qui ont martyrisé et massacré des milliers de cambodgiens entre 1975 et 1978. Elle n'a dû sa survie qu'en masquant son érudition : ces monstres éliminaient systématiquement tous ceux qui étaient instruits... Faisant semblant de ne savoir ni lire ni écrire, elle a pu se fondre dans la masse des prisonniers. Au prix de privations inouies, un travail harassant dans les rizières, maigre nourriture (elle attrapait grenouilles, lézards, insectes divers qu'elle dissimulait dans son sarong, et qu'elle mangeait en cachette, le soir, couchée sur sa paillasse). Terreur, supplices, jamais elle n'oubliera ces "trois ans-huit mois-vingt quatre jours" d'horreurs. D'où le beau nom de "Freedom" de son hôtel tout neuf...
Dans les rues, de très nombreux mutilés, bras ou jambe manquants, résultat de milliers de mines anti-personnel qui pullulent encore partout au Cambodge. Nous avons la gorge serrée devant ces misérables clopinant, appuyés sur des béquilles de fortune, mendiant quelques riels pour survivre. Un organisme caritatif, "Handicap international", se dévoue dans toute l'Asie du sud-est pour secourir et équiper les malheureux estropiés. Mais il reste encore des territoires immenses truffés de ces saloperies, larguées sur le pays durant plus de trente ans.
Il règne une chaleur et une pesante humidité sous un ciel souvent brumeux. D'énormes ravines ont déformé les routes, creusé d'énormes trous remplis d'eau stagnante, qu'il faut contourner sans cesse pour ne pas s'embourber. Des équipes de cantonniers s'affairent à combler les ornières avec des tonnes de graviers, au milieu d'une circulation infernale. Il est exclus, ici aussi, de s'aventurer au volant d'une voiture : seul un chauffeur local navigue avec aisance dans ces tourbillons incessants.
Voici notre guide (inévitable) qui va nous accompagner jusqu'à Angkor : un personnage d'une minceur extrême, âge indéterminé, francophone, visage peu amène, regard perçant et indéchiffrable... Il me fait une impression un peu désagréable, comme un frisson à l'idée qu'il a peut-être été un de ces khmers rouges reconvertis dans la vie civile, comme tant d'autres sinistres personnages, qui ont réussi à se fondre dans le nouveau Cambodge...
L'entrée sur les sites des temples d'Angkor implique un passage obligé par le sas des contrôleurs : il faut se plier à la séance-photo d'identité qui va être apposée sur un badge autorisant trois jours de visites, moyennant une coquette somme à payer en dollars, exclusivement. Sous la houlette impérieuse de notre mentor, nous pénétrons enfin dans les mystérieux sanctuaires.
Une clairière a été dégagée dans la jungle foisonnante, où divers véhicules peuvent stationner. Certains d'entre eux, les plus insolites, sont de pacifiques pachydermes abrités sous les arbres en compagnie de leur cornac, attendant de possibles amateurs de balades en forêt. Cette Atlantide orientale me fait irrésistiblement penser, une fois encore, au cher Pierre Loti, qui a décrit "cette basilique fantôme, immense et imprécise, ensevelie sous la forêt tropicale"... Autant dire immédiatement que j'ai ressenti la plus belle émotion de mes voyages en Asie en pénétrant sous ces voûtes de végétation légendaires...
Une allée majestueuse bordée, de part et d'autre, d'une procession de dieux sculptés dans une roche gris sombre, soutenant un interminable serpent, mène au fronton du Bayon, nom qui signifie "montagne magique", monumentale architecture aux 200 visages de pierre. Regard perdu sur l'infini, sourire énigmatique. Depuis dix siècles, ces divinités président aux destins humains.
Mon appareil photo en main, lourdement chargée d'une sacoche contenant pellicules et objectifs à zoom variable, je suis fascinée par les beautés qui m'entourent. Je largue mon compagnon, aux prises avec le guide intarissable qui le noie sous un flot de commentaires rasants et superflus, mais qu'il n'ose interrompre pour ne pas l'offenser. Fou-rire difficile à dissimuler lorsque je reviens vers les deux hommes, et que le guide veut répéter à mon intention le discours indigeste que B. vient de subir... "Non, non, continuez, je vous prie, je lui raconterai tout cela plus tard" s'exclame mon mari, épuisé par l'infatigable bavard. Tant pis pour ma fierté, je préfère passer pour une ignare à ses yeux plutôt que d'écouter ses explications insipides. Je retourne à ma passion, photographiant toutes ces merveilles exhumées de leur gangue végétale.
Dans un inextricable fouillis de lianes et de blocs sculptés, les vestiges sont enlacés par les énormes racines des fromagers, ces arbres immenses hauts de plusieurs dizaines de mètres, dont on ne sait plus qui soutient l'autre. Les explorateurs ont renoncé à séparer l'ensemble, ce qui aurait pour résultat l'irrémédiable destruction de ces gigantesques accumulations, unies "à la vie-à la mort" !
Des heures durant, nous suivons notre berger qui nous guide à travers les sentiers boueux, dont il ne faut s'écarter sous aucun prétexte : gare aux mines tueuses, aux serpents venimeux et aux scorpions sournois... Toutes ces sortes de choses plaisantes qui guettent les imprudents hors des sentiers battus. Dans cet incroyable décor de contes psychédéliques, le monde s'est arrêté, figé comme sous l'effet d'un mystérieux sortilège. Nulle part ailleurs, je n'ai ressenti une telle magie.
Devant la célèbre perspective du temple d'Angkor-Vat, dont les reflets miroitent dans les eaux du lac, des enfants jouent et barbotent. Un gamin propose une promenade sur son superbe cheval caparaçonné comme une enluminure. Des bonzes en robe safran et violette se poursuivent en chahutant. Images d'une gaieté surprenante.
Epuisés par tant de beautés, nous retrouvons notre chambre-sauna et la douce Mrs. Freedom qui nous sert une simple "soupe de nouilles" aux parfums délicats.
Dès le lever du soleil, "Petit circuit" annonce notre guide, la mine toujours aussi renfrognée d'avoir à piloter des clients aussi rebelles. La chaleur est intense, démultipliée par l'humidité à son maximum, qui nous transforme rapidement en éponges dégoulinantes. Il faut que le spectacle soit vraiment grandiose pour oublier l'inconfort physique.
Une halte devant une mare d'eau, quelques enfants pêchent de minuscules poissons piégés dans les mailles d'un large filet qu'ils déploient sur la vase. Comme tous les enfants du monde, ils s'amusent et font les clowns, tout en continuant leur besogne. Des petites baraques vendent les traditionnels "krama", ces carrés de tissus dont se coiffent les travailleurs de la région.
Près du marché de Siem Reap, un français a ouvert un restaurant fameux, depuis quelques années : c'était à l'origine le premier et le seul restaurant de la ville, qu'il a nommé "The Only One"... Une petite salle meublée de rotin, des photos sépia décorent les murs, jolies lanternes de fer forgé, des ventilateurs brassent vigoureusement la moiteur ambiante : une délicieuse atmosphère rétro vraiment agréable après les déambulations dans la nature échevelée...
Le patron, Yves, architecte, s'est reconverti dans la restauration par amour d'une jolie vietnamienne qu'il a épousée et dont il a une mignonne petite fille. Il est très loquace. On le sent passionné par l'Asie, qu'il connaît parfaitement puisqu'il a participé à une mission de reconstruction au Cambodge, en 1993. L'histoire politique et économique de ce pays, ainsi que les rebondissements multiples de Norodom Sihanouk n'ont aucun secret pour lui. Nous l'écoutons raconter ses expériences avec beaucoup d'intérêt, car il sait faire partager son enthousiasme et sa tendresse pour son nouveau pays avec énormément d'authenticité.
Même passion pour la cuisine qu'il affiche au menu : peu de plats, mais cuisinés traditionnellement avec d'excellents produits par un chef cambodgien. Un mémorable souvenir de cet "Only One" dont je ne sais s'il existe encore, quatre ans après notre visite...
Dans les rues, toujours le même magma de véhicules enchevêtrés où se faufile notre voiture, qui slalome entre les énormes trous remplis d'eau et les obstacles des deux roues et des charrettes encombrant tout l'espace. Absence totale d'un semblant de code de conduite, et pourtant, comme par miracle, nous n'assistons à aucune collision. Sur le fronton d'une immense bâtisse, à l'angle du carrefour central, une fresque voyante attire l'oeil : peints de couleurs agressives, ce sont les portraits de Sihanouk et de son épouse, qui sourient de toutes leurs dents à leurs humbles sujets, dans l'indifférence générale...
Nous avions l'intention de visiter un atelier de tissage de "batiks" (tissus de soie incrustés de motifs moirés), mais c'est fermé le dimanche... Autre spécialité du cru, les crocodiles dont on fait l'élevage dans une ferme ouverte aux visiteurs. Dans leurs marigots puants, toute la gamme des sauriens patauge, la gueule ouverte et l'oeil mi-clos, en observant leurs admirateurs, prudemment juchés sur des passerelles dominant les bassins. Hallucinant spectacle que ces centaines de monstres, élevés non seulement pour leur peau d'une valeur considérable, mais dont les locaux consomment la chair, délicieuse, paraît-il.
Un tour dans le marché couvert, épreuve pour les étrangers, proies désirables harcelées par tous les vendeurs. Quelques bricoles attirent notre porte-monnaie, petits achats-souvenirs. Une visite à la "Maison de la Paix" : sous des paillottes, quelques artisans initient les jeunes aux multiples techniques du travail du cuir, pour confectionner des objets utiles ou décoratifs. Le profit des ventes est destiné à l'entraide des défavorisés, sponsorisés par des catholiques dévoués.
Sur la grand'route qui mène vers Angkor, pompeusement baptisée avenue du Général de Gaulle, des échoppes de potiers, dont les façades garnies de céramiques multicolores se reflètent dans les flaques d'eau. Un grand complexe hôtelier tout blanc nous invite à pénétrer dans ce temple du bon goût et du savoir-faire bien de chez nous... A peine inaugurée, cette luxueuse résidence est un chef d'oeuvre de confort et de beauté. Nous ne résistons pas à l'invite du salon et un véritable café expresso au parfum exquis, vautrés dans de profonds fauteuils, revigorés par la fraîcheur climatisée de ce paradis. Le manager français vient nous saluer amicalement et nous propose une visite guidée de son bel hôtel tout neuf.
Deux jeunes garçons, dont l'un parle bien notre langue, sa mère est française, nous pilotent à travers salons, vastes salles de réception, chambres et suites et, clou du lieu, un spa disposant des plus récentes innovations. Cet espace est destiné aux activités sportives, sous la houlette de moniteurs et masseurs spécialisés. Réservé, comme il se doit, à une clientèle richissime. Le vaste parc est aménagé de massifs débordant de fleurs tropicales, arrosés par une armée d'employés. Une piscine hollywoodienne de dimensions olympiques est incrustée sous une voûte de palmiers frissonnants. Il ne manque plus que l'arrivée espérée de la manne : des clients fortunés à la recherche du luxe et de solitude dans cet ilôt privilégié...
Ce soir, de retour au Freedom, un frugal dîner équilibre le budget repas fortement ébranlé par la folie du déjeuner dans le palace... De l'espace informatique, de plus en plus fréquent dans tous les hôtels cambodgiens, nous envoyons un mail à notre petite famille restée en France.
Demain, nous retournerons à Saïgon, pour continuer notre périple à travers le Vietnam...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Lundi 23 octobre 2000. Retour de Siem Reap à Ho Chi Minh-ville... Nous avons choisi un nouvel hôtel, "Le Mondial", rue Dong Khoï (ex-Catinat) pour deux nuits. C'est un quartier hautement touristique, par conséquent une foule de mendiants nous prend d'assaut dès qu'on sort du hall. Spectacle pénible de ces exclus, jeunes enfants mutilés, victimes de la poliomyélite, aveugles, maigres femmes portant des bébés squelettiques qu'elles brandissent en réclamant l'aumône, rabatteurs qui tendent des cartes de magasins où "tout est pas cher..." Impossible de rester indifférent devant tant de misères..
Quelques démarches utiles à la Vietcom-Bank, pour échanger des chèques de voyage, puis nous plongeons dans la grande librairie riche en littérature anglaise et francophone. Le manège bizarre d'une femme vietnamienne entre deux âges m'intrigue : elle tend un bout de papier à mon mari, sur lequel elle a griffonné son adresse... A mon humble avis, c'est une prostituée... Je suppose qu'il en est arrivé à la même conclusion...
Un vieux monsieur très digne nous entend parler et s'approche de nous. Il se présente : c'est un médecin qui a dû renoncer à son métier, chassé par les autorités viets lors de la réunification en 1975. A l'époque, le nouveau régime politique a refusé toute activité aux intellectuels et aux professions libérales, qui incarnaient, à leurs yeux, l'ancienne société coloniale. Tous ces exclus se sont résignés à occuper de modestes emplois. Celui-ci survit en donnant des leçons particulières de langue française et anglaise à quelques étudiants. Il évoque le passé avec mélancolie.
Une incursion à "La Caravelle", palace 5 étoiles, fief des riches hommes d'affaires étrangers qui viennent signer de juteux contrats avec leurs homologues locaux. Le communisme n'interdit plus les échanges internationaux : le Vietnam ayant compris tout l'intérêt du capitalisme mondial. Implantations des usines Mercédès, General Motors, Renault, etc... Les boutiques de l'hôtel vendent de très beaux objets artisanaux dont les prix sont à la mesure des portefeuilles bien garnis.
Place Lam Son, le Théâtre "Belle époque" inauguré en 1900, a retrouvé sa vocation après avoir été pendant quelques années le siège de l'Assemblée nationale. Pimpante architecture rococo blanche et rose. Juste en face du Caravelle, la façade fraîchement repeinte du Grand Hôtel Continental évoque les heures de gloire de cet établissement mythique. Au temps de l'empire indochinois, c'était le lieu de rendez-vous des célébrités : André Malraux, Lucien Bodard, Graham Greene, y ont pris pension. C'était le quartier général des journalistes et correspondants de guerre qui venaient boire leur apéritif favori à l'ombre des palmiers. La restauration du palace a respecté l'atmosphère et le style d'autrefois, ambiance feutrée et musique nostalgique... Les fantômes du passé errent encore dans le grand salon. Concession à la mode actuelle, une pizzéria propose ses spécialités italiennes dans la jolie cour intérieure.
A proximité, un autre établissement célèbre, l'Hôtel Rex, refuge des militaires américains durant les années de guerre, est une des gloires du quartier. On peut y déguster des plats traditionnels dans le restaurant raffiné situé au 5ème étage, d'où l'on domine la ville de Saïgon... Assis sur la jolie terrasse, un violent orage et des trombes d'eau nous chassent vers la salle du restaurant, où nous attendrons le retour du soleil...
Dans une des boutiques de la galerie marchande, une jeune française essaye des sandales en vrai python sous le regard indulgent de son compagnon... Leur prix est très modique. Elle me prend à témoin : "elles sont ravissantes"... "Oui", répond-elle, "j'en ai très envie... mais j'ai déjà acheté cinq paires de chaussures depuis le début de mon voyage..." Je ne saurai pas la fin de l'histoire mais je l'ai trouvée si attendrissante...
Il faut de nouveau s'infiltrer à travers la circulation intense qui règne sur ces avenues centrales, dans les vrombissements des motos, scooters et mobylettes innombrables... Du matin au soir, c'est la même cohue qui traverse l'immense fourmilière.
Les marchands à la sauvette installent leurs étalages sur les trottoirs en un temps record, prêts à tout replier dès qu'ils voient les voitures des patrouilles freiner dans un hurlement de pneus à leur hauteur : ces commerces sont strictement interdits et durement sanctionnés par des policiers impitoyables...
Au crépuscule, B. ("qui n'a peur de rien") va faire une balade sur le bord de la rivière Saïgon, non loin de l'hôtel... Malgré toute son audace, il doit renoncer à poursuivre son exploration suicidaire tant la circulation devient démentielle...
Nous sommes dorénavant les seuls maîtres de la poursuite de notre voyage à travers le Vietnam, malgré les fortes incitations des organismes officiels qui aimeraient bien surveiller de près tous ces étrangers, parfois trop curieux...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Autour de l'hôtel Mondial, la circulation est incessante, jour et nuit. Des boutiques de soies, laques, jades, bois précieux, estampes, meubles de rotin, attirent continuellement les acheteurs. Dans la rue, un ballet de scooters et motos vrombissent dans des vapeurs bleutées, souvent conduits par des jeunes femmes casquées, nez et bouche voilés par un foulard, longs gants qui protègent leurs bras nacrés des brûlures du soleil.
Sur les trottoirs des avenues, à l'ombre des grands arbres, tamariniers, manguiers et badamiers, des cuisines à roulettes proposent des brochettes grillées et des soupes locales aux promeneurs.
Place Commune de Paris, la cathédrale Notre-Dame, construite en 1880 par les français, style néo-roman, en brique rouge, et ses deux clochers carrés surmontés de flèches, célèbre toujours des messes pour quelques fidèles. Contemporaine, sa voisine la Poste centrale est une oeuvre de Gustave Eiffel, avec une charpente métallique inspirée de notre Tour parisienne. Une majestueuse verrière coiffe la structure qui enveloppe la salle principale, avec ses guichets numérotés. Murs peints de tons vert-bleuté, un immense portrait du grand homme, Ho Chi Minh, fait face à un plan de Saïgon datant de 1892.
Clin d'oeil futuriste à proximité de ces anciens monuments, le "Diamond Plaza" est un building ultra-moderne qui abrite des bureaux, des logements luxueux et un espace commercial de grand standing.
De nombreux restaurants locaux proposent à leur menu des plats étranges : "Ragoût de singe", "Serpent en matelotte", et... "Oeuf de cane couvé"... Ce dernier mets ne se déguste que dans les grandes occasions. Interrogé, notre ami vietnamien répond : "on le mange sans trop le détailler"... A cette évocation, je prends mes jambes à mon cou pour me réfugier au salon de thé "Brodard", célèbre institution où des plats plus familiers sont servis aux gourmands européens. La pâtisserie "Givral" attire, elle aussi, les voyageurs en manque de douceurs, salivant à la vue des pyramides de gâteaux somptueux présentés dans la vitrine.
Adieu à Saïgon dans sa marche inexorable vers le futur, qui efface progressivement les charmes surannés de cette ville dynamique.
Destination : Dalat, ville d'altitude située à 308 km. On traverse une campagne d'un vert éblouissant, arrosée par les récentes pluies de mousson. Notre pilote s'est arrêté devant les plantations de caféiers et théiers, qui font la richesse de la région. C'est en connaisseur qu'il nous montre les variétés de grains et feuilles sélectionnées pour d'abondantes récoltes.
La route quitte la plaine et grimpe à travers les hautes collines couvertes de forêts. Au détour d'un virage, nous nous arrêtons dans une vallée creusée par un torrent, un troquet rustique et ses bancs de bois nous accueille pour thé et boissons fraîches dans ce décor de carte postale. Et nous arrivons à Dalat, altitude 1500 m, ancienne villégiature de l'ex-empereur Bao-Daï. Nous renonçons au "Sofitel", cher et tristounet, pour le "Golf", grand building sans charme particulier.. propre et fonctionnel, situé en centre-ville, près du lac. Mais ce qu'on ignore encore, c'est l'existence d'une boîte de nuit au sous-sol...Le réceptionniste applique strictement les consignes des autorités locales : nos passeports sont confisqués jusqu'au lendemain, contrôle des voyageurs qui sont suivis tout au long de leurs déambulations dans le Vietnam.
Promenade au bord du lac, bordé d'allées fleuries, attraction locale. Des familles s'amusent et barbotent dans l'eau cristalline, des jeunes juchés sur des pédalos font la course à coups de mollets vigoureux. Une atmosphère de détente qui contraste avec la furia citadine de Saïgon.
A l'heure du thé, nous allons au "Larry's Bar" qui reproduit à l'identique les clubs britanniques, avec ses profonds fauteuils, tapis moelleux, boissons d'origine anglo-saxonne, et gravures sépia sur les murs. Juste en face de l'hôtel, des dizaines de restaurants locaux affichent leurs spécialités de soupes et riz composés pour 100 000 dongs (2500 dongs valaient 1 fr français en 1999). Avant 1975, la monnaie indochinoise était la piastre.
Ah, quelle nuit ! Comme partout sur la planète Terre, à cette extrêmité orientale de la péninsule comme sur la rive ouest américaine, du pôle nord au cap Horn, une frénésie s'empare des jeunes humains dès que sonnent les dix coups post-meridiem. De notre chambre, nous sommes matraqués par un incessant martelage musical qui fait vibrer les cloisons du grand édifice. C'est la foire-disco de la boîte de nuit, qui résonne du sous-sol, six étages plus bas, de toute la puissance de ses énormes amplis. La tête sous l'oreiller, boules Quiès, il faut absolument ignorer le vacarme et rester zen : moins on y pense, plus vite on sombre dans le sommeil.
Fraîcheur du petit matin calme, silence divin : les fêtards sont enfin couchés, le monde est à nous ! L'agence Dalat-Tourist-Travel et son directeur, francophone, à qui nous indiquons nos projets pour la suite du voyage, établit un devis convenable.
Il fait un temps radieux, au bord du lac, assis à l'ombre d'un arbre à fleurs en grappes rouges. Dans un bassin d'eau trouble, des poissons-chats aux yeux globuleux évoluent dans l'ignorance de leur destin. Les occupants de ce vivier vont griller sur les braises du restaurant voisin. "Ne craignez rien, vilains poissons, je ne vous mangerai pas"... Quelques jours avant notre départ, j'ai vu un documentaire de Thalassa sur ces élevages dans le delta du Mekong. Au milieu du fleuve jaune, des baraques sur pilotis surmontent des nasses grouillant de ces immondes bestioles, que les pêcheurs nourrissent d'une bouillie répugnante en ouvrant une trappe dans le plancher de leur habitation. Sur l'écran, le spectacle est repoussant, et j'imagine sans peine l'horrible odeur qui s'en dégage. De quoi me dégoûter des poissons d'élevage pour le restant de mes jours.
Dalat est une ville qui n'a pas de cachet asiatique, et qui fait plutôt penser à une station thermale de province française d'autrefois. Sur une colline plantée de pins, des villas laissées à l'abandon ont abrité des coloniaux qui fuyaient la fournaise du littoral pour la fraîcheur des montagnes environnantes. On peut visiter l'ancienne résidence de Bao-Daï, une grande bâtisse assise dans un parc, de style 1930. Converti en musée, ce palais d'été est demeuré tel qu'il a été conçu, mobilier ringard, bibelots kitsch, trophées dérisoires, photos jaunies, témoins muets d'une gloire éteinte.
Curiosité, la gare ferroviaire de Dalat, -Ga Dalat-, fait irrésistiblement penser à celle de Deauville avec ses façades crépies de blanc aux chevrons de bois sombre, vrai style normand. Il y a belle lurette que le train ne roule plus, la locomotive à vapeur et ses trois wagons sont figés pour l'éternité sur les rails envahis d'herbes folles.
Devant la cathédrale dont le clocher s'orne d'une girouette-coq, le chauffeur du taxi s'exclame : "Look at the chicken". A côté, la Pagode Lam Ty Ni et son unique occupant, un bonze aux multiples talents de peintre-sculpteur-poète que nous saluons avec déférence.
Un bistro au nom insolite, "Café de la Poste", rendez-vous des rares promeneurs français venus boire quelque apéritif en rêvant à leur lointaine patrie.
Grande balade en véhicule tout-terrain sur les collines autour de Dalat. Un immense barrage hydro-électrique a été construit sur le site d'un village, noyé il y a quelques années. Les habitants ont été transférés, parqués en réalité, dans une réserve non loin de là. Chutes d'eau tourbillonnantes, buissons de fleurs sauvages : le lac artificiel a englouti à jamais la vie précédente. Entouré de clôtures, on pénètre dans le village Lat dont les solides grilles ont été ouvertes à notre arrivée, et prestement refermées derrière notre voiture. Impression pénible d'entrer dans une semi-prison... Dès qu'on ouvre la portière, des filles et des garçons se précipitent pour nous vendre des bracelets de coton tressés qu'ils fixent à nos poignets : cordonnets porte-bonheur.
Venu à notre rencontre, le notable du village, en la personne du curé, nous emmène dans son tipi pour partager le calumet de la paix : sous forme d'un long tube de bambou plongé dans une jarre de vin-maison. Il aspire quelques lampées du breuvage, puis me tend le "cân" : "à vous, Madame.." Comment pourrais-je décliner un tel honneur ? Je m'exécute bravement et à ma grande surprise, c'est une liqueur à base de mandarines d'un goût agréable, bien que fort alcoolisée. L'homme tète, lui aussi, à plusieurs reprises, tenant compagnie au curé réjoui qui ne rate pas une occasion de pécher par gourmandise, sous le regard indulgent de son Seigneur.
L'autre personnage important du village, c'est un infirmier-guérisseur dont le rôle est primordial en cas de maladie ou d'accident. Il faut encore sacrifier aux traditions, sous forme de bière locale de piètre qualité. Il s'empare d'une flûte en bois dont il tire des mélopées grinçantes qui écorchent les oreilles.. Il montre un cahier d'écolier où les visiteurs ont laissé quelques mots... Un certain grassois dont il dit que c'est son grand ami : de retour, nous promettons de porter le message griffonné pour se rappeler à son bon souvenir. Et par la même occasion, le bonhomme avisé réclame quelques dongs à B. pour refaire sa provision de bière.
Les grilles du village-prison se referment... Nous retrouvons Dalat et une curieuse pension, "Hang-Nga", surnommée "Crazy House". Construction complètement dingue, oeuvre d'une architecte déjantée, qui a bâti un édifice de béton en forme de tentacules gigantesques imitant une forêt de cauchemar. Dans ces boyaux tordus, des alvéoles abritent des chambres que l'on peut louer si on aime le fantastique... ça ressemble à des décors de Dali, pittoresques et extravagants... ça vaut le déplacement !.
Un tour au grand marché couvert, aux allées si étroites qu'on croit marcher sur les pieds des vendeurs vautrés sur le seuil des étalages. Derrière le bâtiment, c'est l'envers du décor, avec ses monticules de déblais et d'ordures dégoulinant des vieux immeubles.
Prochaine étape : Nha Trang, à 208 km, sur la côte de la mer de Chine.
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Voici notre nouvel ange-gardien au volant d'une belle voiture blanche : Anh Tuan, qui nous emmène ce matin 28 octobre, à Nha-Trang, station balnéaire sur la mer de Chine. Nous apprécions immédiatement ses qualités de conducteur, calme et prudent. Après nous avoir demandé notre accord, il allume un lecteur de cassettes qui diffuse de superbes mélodies orientales ainsi que des chansons de quelques célèbrités, telles que Beatles, Cat Stevens, Jean Ferrat et Paolo Conte... Très éclectiques, les goûts du chauffeur sont aussi les miens. Il raconte que ses parents ont des liens familiaux avec la France, et son prénom n'est autre que la version vietnamienne d'Antoine.
Le trajet est superbe et les paysages grandioses : on s'arrête au Col des Nuages, entouré de brumes qui noient les sommets couverts de sapins. Au loin, Anh Tuan désigne une saignée dans la colline escarpée : c'est l'ancien tracé d'une voie de chemin de fer, dont les rails ont été enlevés et transportés sur des vélos, pendant l'interminable guerre contre les américains. Prodigieux, le courage de ces populations en lutte pour recouvrer leur liberté.
Une halte au milieu du parcours, dans un café tenu par une jeune femme souriante, amie d'Anh Tuan. Un drame est survenu dans la vie de notre conducteur : sa femme est morte il y a quelques mois d'une grave maladie, le laissant avec deux adolescentes... La dame des lieux semble toute prête à le consoler et, ma foi, Anh Tuan est assez sensible à ces subtiles douceurs, puisqu'il promet de s'arrêter un peu plus longuement au retour.
Peu à peu, la route redescend vers la plaine verdoyante, traversée d'un ruisseau où s'ébat une file de canards. Une maisonnette s'abrite sous une voûte de palmiers. Des buffles se vautrent dans la mare avec des grognements de plaisir. Voici Nha-Trang, son petit port de pêche et sa flottille de barques multicolores, de grands filets carrés se balancent au ras de l'eau. A l'écart des typhons, grâce à sa situation protégée dans une anse, bordée de sable fin, cette longue plage a été le refuge d'Alexandre John Emile Yersin, médecin qui découvrit le microbe responsable de la peste en 1894. Vénéré, encore maintenant, par les vietnamiens qui l'ont honoré en donnant son nom à plusieurs rues dans les principales villes du pays.
Situé sur la promenade du bord de mer, le "Que Huong" a belle allure, tout blanc avec des volets bleus. Un jardin intérieur entouré de buissons fleuris cache une piscine au bord de laquelle sont disposés tables et fauteuils. Un patio et un kiosque jouxtent la grande salle à manger. Nous invitons Anh Tuan à partager notre déjeuner. Il nous parle de ses deux filles, étudiantes, et pour lesquelles il fera tout pour qu'elles aient un métier... Etre des femmes modernes, libres et autonomes... Une de ses belles soeurs tient un restaurant à Cagnes-sur-mer, "Le Petit Jade", en face de l'hippodrome que nous connaissons bien. Peut-être irons-nous y dîner à notre retour.
Dans les années 1970, Nha Trang était la station balnéaire réservée aux militaires américains qu'on envoyait ici pour oublier provisoirement les horreurs de la guerre. Elle est maintenant très fréqentée par les vietnamiens aisés, pour les farnientes au bord d'une mer tranquille, parsemée d'ilôts.
Ce soir, très tard, sous les fenêtres de notre chambre qui domine la piscine, des clients bruyants s'attardent devant leurs bières. Il suffit de quelques mots pour qu'ils mettent fin à leurs libations.
Sur une colline boisée qui domine la mer, le souverain déchu Bao Daï (encore lui...) possédait plusieurs villas blotties dans un grand parc, dont certaines sont visitables. D'autres ont été aménagées en bar-restaurants. Ce bonhomme s'est largement servi dans les caisses de son royaume, où il a puisé sans scrupule pour satisfaire sa folie des grandeurs. Comble du scandale, on sait qu'il n'a jamais vécu dans ces immenses maisons, construites uniquement pour la parade.
Dans le port de plaisance, un paquebot de croisière, "Royal Princess P & O", attend ses riches passagers descendus à terre et éparpillés dans la ville, à la recherche de boutiques hors taxes. J'imagine qu'ils sont d'origine yankee, attirés par les prix dérisoires pour leurs poches pleines de mirifiques dollars.
Dans les aquariums du musée océanographique, nous découvrons des crabes étranges appelés limures : ce sont des "fossiles vivants" de 200 millions d'années, ainsi que des tortues, hippocampes, holoturies, crevettes géantes et rémoras. Au milieu de la salle, un gigantesque squelette de baleine découvert, il y a quelques années, en pleine campagne, enfoui dans les profondeurs d'une rizière.
Le ciel se répand en fortes ondées qui fouettent les vitres de notre chambre avec violence... Juste assez pour une sieste bienvenue au milieu de nos promenades.
Des vestiges des tours Chams, édifiées du 7ème au 12ème siècles, il ne reste que quelques pans de murs ocres, en partie écroulés dans la végétation qui a envahi les sanctuaires dédiés à d'anciennes divinités hindoues.
Hom Chang : le littoral se découpe en falaises rocheuses couvertes de buissons qui ressemblent aux côtes bretonnes. Quelques baigneurs fouillent dans les entailles des rochers de granit battus par les vagues écumantes.
Une porte de la ville ancienne, la Citadelle, domine une avenue où se bousculent des écolières à vélo, qui s'envolent du collège comme un nuage d'oiseaux. La petite pagode Haï Duc abrite un orphelinat bouddhiste pour adolescents. Petite obole en guise de participation aux frais...
Dernier dîner en ville au "Coco vert", une bonne adresse pour savourer thon sur barbecue et crêpes au sucre et citron (on se croirait toujours en Bretagne !). Un vendeur de livres passe par là : on achète une édition locale bricolée dont le titre accroche immédiatement notre regard. "Les Tunnels de CuChi", fantastique réseau de galeries profondément creusées dans le sol, à 75 km au nord de Saïgon, où se terraient les guerriers vietcongs durant la guerre contre les armées des U.S.
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Notre ami Anh Tuan est reparti vers sa belle amie... On a pris un avion pour Danang, une grande ville sans charme que nous quittons dès l'arrivée pour la petite Hoï Anh, posée sur les bords de la rivière Thu Bon. Autrefois nommée Faï-Foo, c'était au 15ème siècle un très important port de commerce, transitant épices, thés, porcelaines chinoises de l'Asie vers l'Europe. La mer s'est retirée au long des siècles et Hoï-Anh se trouve maintenant à l'intérieur des terres. A mi-chemin entre Saïgon et Hanoï, la jolie petite ville ressemble à un livre d'images : temples chinois, pont japonais, marché vietnamien, habitations traditionnelles avec autels dédiés aux ancêtres. Toutes ces merveilles se découvrent en flânant dans des petites rues calmes, sous un chaud soleil d'automne.
Nous sommes logés à l'hôtel Vinh-Hung, propriété d'une riche famille d'origine chinoise dont c'était la résidence au début du 20ème siècle. Belle construction à l'ancienne reconvertie en hôtel confortable. Les chambres sont disposées autour d'une cour intérieure, creusée d'une minuscule piscine. La petite fille de la maison joue "La lettre à Elise" sur le beau piano du salon, sous le regard attendri de ses parents...
Une maison de thé où il fait bon se délasser, au premier étage d'une maison ancienne, avec quelques tables installées sur le balcon surplombant la rue principale. De là, le spectacle de la vie quotidienne se déroule au ralenti, tout un petit monde actif se propulse au milieu des charrettes de légumes et de fruits, porteurs ployant sous des montagnes de ballots qui se dirigent vers le marché permanent installé sur le bord de la rivière. Des échoppes d'artisans et des boutiques d'antiquités s'alignent des deux côtés de la rue, pour le plaisir des promeneurs en quête de souvenirs.
Quel bonheur de marcher les mains dans les poches, le nez au vent, admirant les pêcheurs à la ligne qui somnolent en attendant l'improbable poisson qui voudra bien mordre à l'appât... On traverse la rivière sur une passerelle réservée aux piétons, pour gagner l'autre rive bordée de palmiers. Un amusant bateau-panier ondule sur l'eau à coups de godille.
Dans les magasins de porcelaine, tenus par de vieux bonshommes couleur de cire, voici des assiettes anciennes bleu de Chine, du 19ème siècle, avec leurs fins décors de paysages traditionnels.
Un étroit sentier mène de notre hôtel jusqu'au coeur de la ville, où l'on a tout juste la place de marcher tant il y circule de vélos encombrés de marchandises, obligeant à se plaquer contre le mur pour ne pas se faire écharper. Le sable qui recouvre cette allée s'envole sous les pas, et dès la nuit tombée, on est plongé dans l'obscurité complète. Seules les petites lueurs de nos loupiotes nous aident à éviter les nombreux obstacles.
Le marché est déjà très animé à cette heure matinale. Haut en couleurs et en odeurs, dégorgeant de marchandises infinies, des légumes et des fruits de toutes sortes, des poissons frétillants, des épices fortes, jusqu'à l'éventaire des boulangers. Ici, comme partout au Vietnam, ces artisans ont perpétué la tradition française. Baguettes, pains de campagne, michettes, ficelles, d'une belle couleur dorée, mie fine et blanche, dont tous se régalent comme d'une pâtisserie. Habitants et voyageurs grignotent à longueur de journée ces pains exquis sortant du four.
Sur la rivière qui clapote sur les trottoirs à fleur d'eau, les étranges bateaux-paniers flottent en tourbillonnant. Tout juste assez grand pour deux minces passagers, il faut toute l'habileté du rameur-barreur pour manoeuvrer ce minuscule esquif, qui a tendance à tourner comme une toupie, sans perdre le cap.
Une charmante maison chinoise à la façade enluminée de vives couleurs attire tous les amateurs de photos. Pagodes et cages d'oiseaux exotiques, silhouettes gracieuses des jeunes demoiselles en "ao-daï" sur leur grand vélo, pont japonais et filet de pêche chinois suspendu au-dessus de l'eau, restaurant flottant sur la rivière : images précieuses à fixer pour toujours dans les albums-souvenirs.
Le "ao-daï", ravissant costume traditionnel des vietnamiennes, tunique trois-quarts à col "mao" et longues manches en soie blanche sur pantalon large de couleur noire reste l'uniforme des étudiantes à vélo. Ces belles cyclistes, minces comme des lianes, sillonnent les ruelles de la cité au son du grelot accroché au guidon.
Amarré le long du quai, un beau bateau de bois sombre évoque les voyages anciens des marchands venus de tous les horizons. Une boutique a suspendu des tee-shirts brodés à l'effigie du célèbre Tintin et son étonnante inscription, "Tintin au Vietnam" : tous les lecteurs de ses aventures savent que le héros n'y est jamais allé...
Une maison particulière, la "Tran's family chapel" a été transformée en musée. Appartenant à de riches commerçants, la nombreuse descendance accueille les visiteurs et les guide dans les salons. L'autel des ancêtres, élevé au coeur de la demeure à la mémoire des aïeux, est orné de photos jaunies décorées de fleurs séchées, ex-votos, bouquets de bâtonnets d'encens fumants piqués dans des vasques de sable.
Des visites incontournables : les cinq sites -musées, pagodes-, avec achat du pass à 50 000 dongs, font la gloire de Hoï-Anh. Jardins raffinés, sculptures, fresques symboliques, dragons de pierre crachant des jets d'eau au milieu des parterres de plantes vertes foisonnantes...
C'est un des plus jolis sites sur notre parcours indochinois, qui se poursuit vers la ville historique de Hué...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Ta belle " Nostalgie Indochinoise " est contagieuse... En plus les photos sont très belles, beaucoup si ce n'est la majorité ont leur place dans le topic " Scènes de vie d'ailleurs " ... Vivement que l'on aille à Hué !
Au plaisir renouvelé de te lire. Nawal.
" En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle..." Amadou Hampaté Bâ.
Mon retour sur VF et voilà je suis transportée, émerveillée je délecte chaque phrase chaque mot... je ferme les yeux... merci Fabricia pour cette nostalgie indochinoise... je frémis... j'y suis... merci encore je vais revenir te relire je ne m'en lasse pas !
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
Merveilleuse ville impériale, classée patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Les souverains impériaux y avaient leur résidence dans la "Cité interdite" édifiée selon les rigoureux principes obéissant à des critères sacrés. L'hôtel Tanh Noï est situé dans l'enceinte de la citadelle, à une centaine de mètres du palais. D'époque coloniale, restauré et entouré de pavillons tranquilles, nous devrions y goûter une paix ... royale.
On est arrivé dans l'après-midi, l'estomac dans les talons... La salle du restaurant est vide, un serveur nonchalant, qu'on a manifestement réveillé de sa sieste traditionnelle, nous apporte, en traînant les pieds, un infâme brouet liquide et tiède : dans l'assiette, c'est un fagot d'osselets broyés dans de l'eau de vaisselle... Si vous n'aimez pas ça, d'autres plats figurent à la carte des restaurants voisins : ragoût de chien, cervelle de singe, fricassée de méduse, cuisses de chauve-souris, poissons-chats du delta du Mekong ! Je jure que tout ceci est véridique.
A quelques encâblures, le Saïgon-Morin est un hâvre de paix et de fraîcheur, où des nourritures plus réjouissantes viennent combler nos appétits. Le jardin intérieur est planté d'arbres et de buissons odorants où s'abritent des oiseaux de toutes les couleurs. Petite pause pour -a nice cup of tea-.
Hélas, le dîner de notre hôtel n'est pas appétissant : une soupe végétale aux liserons d'eau (de l'eau tiède, où flottent quelques brindilles verdâtres insipides), suivie d'une pauvre omelette... Un boucan d'enfer, provenant de la réception nous matraque les tympans toute la nuit : la télévision reste allumée et diffuse à plein tube la retransmission d'un tournoi de football. Un changement de chambre s'impose : le lendemain matin, nous obtenons de haute lutte une chambre donnant sur le jardin. Ces problèmes d'intendance étant réglés, nous partons à la découverte des hauts lieux voisins.
La Citadelle et sa Cité interdite sont un des points forts de Hué. On se croirait transporté dans le glorieux passé des mandarins qui ont vécu, durant des siècles, derrière ces hautes murailles, préservés du commun des mortels comme des divinités sacrées. Les vestiges ont malheureusement souffert des combats de la guerre américano-vietnamienne, bombardés sans égard pour l'irremplaçable patrimoine. De nombreuses restaurations ont essayé de ressusciter les mytérieux édifices où nul étranger ne pouvait pénétrer à la haute époque impériale.
Des remparts entourent les palais, cernés de fossés remplis d'eau stagnante. Plusieurs femmes pataugeant dans la vase cueillent de larges feuilles vertes flottant comme des algues à la surface : ce sont les fameux liserons d'eau utilisés à toutes les sauces dans la cuisine locale.
Ce matin, nous partons vers les tombeaux impériaux, impressionnants mausolées à la gloire des souverains qui se sont fait bâtir de leur vivant, tels les pharaons égyptiens, des temples tout entiers consacrés à leur mégalomanie. D'abord, celui de Sa majesté Tu Duc, dans un parc boisé entourant un lac, avec pagode baignant dans les eaux couvertes de nénuphars. Au bout d'une longue allée, un pont à trois arches mène vers le saint des saints gravé de formules magiques, célébrant le seigneur pour l'éternité.
Il faut franchir la rivière des Parfums sur une barque où quelques habitants sont déjà assis. Notre bonne figure d'étrangers incite le batelier à nous faire payer le prix fort pour nous embarquer : grâce à notre généreuse contribution, il va empocher en une seule traversée son gagne-pain quotidien...
Sur la rive opposée, le mausolée de Minh Mang culmine au sommet d'une colline, entouré de colonnes de bronze. Les plans en ont été dessinés par le souverain en personne, et fut construit après sa mort. Pour la petite histoire, cet empereur n'a eu "qu'une trentaine d'épouses légitimes, 300 concubines et 142 enfants" !...
La série des tombeaux s'achève par le plus kitsch, celui de Khaï Dinh, entièrement recouvert de mosaïques bariolées qui tranchent étonnamment avec les sombres granits gris de ses prédécesseurs.
Cette longue marche nous a affamés : vite, retour au centre ville de Hué, pour s'attabler au Saïgon-Morin devant des ... spaghettis bolognaise et un fruit-punch Copacabana... qui nous font oublier un moment l'infecte cuisine de l'hôtel...
Je passe l'après-midi dans la chambre dont les fenêtres s'ouvrent sur le jardin : sieste et lecture en compagnie d'un charmant gecko qui se propulse à toute allure sur les murs de la chambre, allant des doubles-rideaux jusque derrière les gravures murales.
Le dimanche est consacré au musée des trésors impériaux, qui expose les trophées de la dynastie dans des vitrines poussiéreuses, sous la garde nonchalante d'un couple qui passe le temps en jouant aux dames.
Quelques kilomètres en taxi et nous arrivons à la pagode Thien-Mu, autrement dite "pagode de la vieille dame céleste", sur le bord de la rivière des Parfums. Haute montée de marches, trois portes symbolisent les étapes bouddhiques, génies du Bien et du Mal, perspective magnifique sur l'immense jardin éclatant de fleurs. Fondée en 1601, puis complétée en 1841, la grande pagode est surmontée de sept étages ornés de stupas finement sculptés.
Lieu de recueillement et de dévotion à la mémoire d'un bonze, Thich Quang Duc qui, en 1963, s'est immolé en s'arrosant d'essence enflammée, au coeur de Saïgon, pour protester contre le pouvoir dictatorial. Plus tard, une répression féroce dès 1975 contre des milliers de moines bouddhistes, envoyés dans des camps de concentration, a généré d'autres nombreux suicides en place publique, dont le monde entier a pu voir l'horrible spectacle sur toutes les télévisions. Visite très émouvante, sous un ciel bleu saphir, dans une atmosphère de sérénité retrouvée.
Nous explorons maintenant le quartier moderne de Hué, avec ses hôtels internationaux, Huong Giang et Century River, qui dominent de leurs hautes structures bétonnées la douce rivière parfumée. Les galeries marchandes de ces palaces exposent les plus beaux objets artisanaux de la région : soieries, nacres, porcelaines délicates, argent ciselé, bronzes, paravents anciens, ombrelles, boules yin-yang... Tentations irrésistibles !
Un avion Fokker à hélices, tout neuf, nous emporte vers Hanoï, capitale du Vietnam...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Je voulais m'accorder le temps nécessaire pour lire tranquillement ce récit.
Le temps de cette lecture je me suis toatement évadée, transportée que j'étais en Asie. A la lecture on voit les scènes, on sent les odeurs..on a l'impression d'y être.
J'ai bien sûr été sensible aux allusions à Loti (goût commun pour cet écrivain), d'autant que je venais de finir la lecture du "pélein d'Angkor".
Je constate que lorsqu'on se retrouve loin de chez soi avec des cuisines très dépaysantes (çà ne doit pas être gros des cuisses de chauve-souris!!), une petite crêpe fait toujours plaisir!!!!
Vraiment j'ai pris plaisir à lire ce voyage au Cambodge et au Vietnam.
C'est dans un avion Fokker à hélices, tout neuf, que nous décollons en direction de la capitale du nord, Hanoï, où nous atterrissons à 15h. Un taxi nous promène d'hôtel en résidence, établissements situés dans les artères surpeuplées du centre-ville, où règne une cacophonie intense qui ne dit rien de bon... pour notre repos nocturne. On tourne longtemps dans les rues grouillantes de motos, scooters, vélos, charrettes, piétons, lorsqu'enfin nous arrivons à l'hôtel Huyen-Trang, dont les chambres donnent sur une cour intérieure.
C'est au petit restaurant à l'entresol de l'hôtel, minuscule salle sans fenêtre, que nous dînons d'une soupe végétale, assortie d'un riz cantonnais et de maigres cuisses de poulet. Demain et les jours suivants, nous ferons des découvertes culinaires réjouissantes dans cette jolie ville. Contraste frappant avec Saïgon, surnommée "la dévergondée" à l'inverse d'Hanoï-la prude, selon les résidents français qui ont le sens de la formule-choc.
Nous préparons le point d'orgue de la région : la célébrissime baie d'Ha-Long, que nous explorerons seuls en voiture avec chauffeur et un guide francophone, Luong, étudiant qui rêve de s'inscrire dans une université française. Quelques démarches au bureau d'Air-France pour reconfirmer nos billets de retour. Incursions dans les librairies, nombreuses, puis halte gourmande chez le traiteur Beaulieu, la boutique des gastronomes de l'hôtel Sofitel.
Ce luxueux palace de la chaîne française trône sur la plus belle avenue de Hanoï. Devant la façade blanche à colonnades, une "traction-avant" Citroën noire, au charme rétro, est garée en face de l'entrée du Sofitel, telle une icône personnifiant l'élégance des belles années du colonialisme défunt. La plus chic brasserie de la ville, c'est indéniablement "Le Club" du Sofitel, où se retrouvent les expatriés pour leurs repas d'affaires ou de plaisir. Dans un décor très élégant, un somptueux buffet présente une montagne de délices auxquels on ne résiste pas : foie gras, caviar, saumon, fraîches salades, viandes et poissons et irrésistibles desserts composent un festin royal. Je n'ai vu, nulle part ailleurs, même en France, un buffet aussi raffiné.
Poussant nos estomacs devant nous (se souvenir de Peter Mayle, dans "Un bonheur en Provence"...), il faut se faire une douce violence pour ne pas manquer la visite du musée d'ethnologie fortement recommandé par mon neveu Ky, d'origine vietnamienne. Le trajet semble obscur au chauffeur de taxi, qu'on remet plusieurs fois sur la bonne route à l'aide d'un plan de la ville. Ce n'est pas la première fois que nous remarquons les difficultés des conducteurs, que ce soit en Inde, en Indonésie ou au Vietnam, quand on leur précise une destination où ils ne sont encore jamais allés. Ce musée est loin de tout, très excentré et fort peu visité par les clients des taxis. Consacrées aux traditions millénaires du Vietnam, d'immenses salles présentent les divers aspects historiques du pays. Eblouissant, fascinant. Une foison d'objets rituels artisanaux, évocations des moeurs, richesses des documents, reconstitution de l'habitat des provinces, démonstrations de leurs techniques, cérémonies chamaniques, instruments de musique traditionnelle. Comment on fabrique les chapeaux coniques, le "nan", coiffures si typiques de l'Indochine de nos livres d'images, qui servent à la fois de protection contre le soleil et la pluie.
Tout près de notre hôtel, comble de bonheur pour les fines gueules nostalgiques de la bonne bouffe française : un coquet restaurant, "Le Café des Arts", tenu par un compatriote, un voisin, puisqu'il vient de Nice. Sur le tableau noir devant le portail, des plats qui font saliver, tels que "brochettes de filet de boeuf-frites" et "crème brûlée"... Jolie salle au premier étage, tables placées devant les fenêtres d'où l'on a une vue plongeante sur la rue très animée.
Incessant ballet des petits commerces, portés dans les lourdes "palanches" sur les épaules de frêles marchands qui sillonnent inlassablement les ruelles encombrées. Ce sont deux paniers accrochés en équilibre sur un balancier, très lourds, qui obligent les porteurs et les porteuses à courir sans à-coups pour ne pas renverser le contenu : sur l'un des paniers d'osier, un réchaud et du charbon de bois, sur l'autre tous les ingrédients -légumes-poisson-poulet- pour cuisiner le "phö", ce pot-au-feu traditionnel qu'on mange à toute heure, accroupi sur le trottoir, au milieu de la cohue habituelle. Il n'est pas rare que des familles entières soient installées en rond devant leur porte, assis sur de minuscules tabourets, pour partager leur repas : on a l'impression, très gênante, de traverser leur salle à manger !
L'agitation de la ville donne le tournis à tous les visiteurs étrangers, quand on se trouve encerclé par des milliers de véhicules pétaradants qui engloutissent les piétons au moment du crépuscule, à l'heure des sorties de bureaux... Gare à ne pas se faire écharper par ces engins lancés à toute allure, à peine freinés par les feux de signalisation parfois "facultatifs" !...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Cette furia dans les rues cesse lorsque la nuit est tombée, et Hanoï retrouve alors sa douceur et le charme particulier qu'elle inspire au voyageur.
Lovée autour du lac Hoan Kiem (lac de l'épée restituée) bordé de flamboyants et de buissons fleuris, une avenue circulaire ponctuée de bancs publics invite les passants à une longue rêverie en contemplant les eaux calmes où se reflètent les lumières de la ville. Haut lieu des rencontres amoureuses des jeunes citadins. On s'arrête pour admirer les évolutions des canards au plumage irisé. Un petit temple consacré aux divinités du fleuve veille au milieu du lac, un joli pont rouge permet de traverser d'une rive à l'autre, pour se perdre dans les ruelles du vieux quartier chinois et ses échoppes proposant mille objets rituels. Délicieux contraste avec sa soeur saïgonnaise, emportée dans un tourbillon diabolique qui lui fera perdre irrémédiablement son âme...
Au matin de ce troisième jour à Hanoï, la voiture et son guide nous emmènent vers la baie d'Ha-Long, pour un trajet d'environ trois heures, sur de bonnes routes. Paysage de plaines cultivées à perte de vue. De chaque côté de l'autoroute, on voit de curieuses maisons étroites, tout en hauteur, à peine deux mètres de façades, une porte unique s'ouvrant sur un long couloir qui mène à des jardinets minuscules. Le prix du m2 de terrain est si élevé et les ressources des habitants tellement faibles qu'ils n'achètent qu'une mince portion pour y bâtir leur humble demeure... Elles semblent si fragiles qu'un coup de vent pourrait les renverser...Subitement, tout devient noir : terre et habitants sont recouverts d'une grasse poussière de charbon, ce sont des mines à ciel ouvert sur des kilomètres, exploitées par une main d'oeuvre nombreuse dont c'est là un moyen de survivre pour des salaires dérisoires. Les ouvriers charrient à longueur de temps des brouettes chargées du combustible crasseux. Tristes fantômes aux yeux brillants dans leurs visages d'ébène.
Alors s'ouvre devant nos yeux l'un des plus célèbres paysages du monde, la fabuleuse baie d'Ha-Long au bord du golfe du Tonkin. Notre hôtel est juché sur la colline résidentielle qui domine la petite ville tout entière vouée au tourisme international. Menu unique pour un rapide déjeuner dans la pinède, sur le bord de mer.
Des centaines de bateaux de croisière amarrés le long des quais attendent leurs passagers. Vers 13h, nous embarquons dans un drôle de rafiot déglingué, primitivement utilisé par les groupes vu sa longueur et ses multiples sièges rouillés sur le roof. Bien obligés d'accepter cette vieille barcasse dont je me demande si elle ne va pas sombrer dans l'heure ! Une jeune femme et un gamin sont montés à bord avec nous : avec le pilote et son second, plus notre guide-étudiant, cela fait sept passagers alors qu'il y tiendrait au moins quarante personnes.
Mais la magie des lieux, uniques de beauté, nous fait oublier l'inconfort du vieux bateau, qui sort vaillamment du port dans une pétarade aux senteurs de gasoil compact. Quelques minutes de navigation et nous accostons au pied d'un rocher truffé de cavités : c'est la visite incontournable d'une grotte marine, à pied, au bout d'une longue montée de marches noires de monde. Ce sont des curiosités bien classiques, ces stalactites et ces stalagmites de calcaire, formant un décor sans surprise. J'éprouve là-dedans la même hâte d'en ressortir, comme à chaque fois que je pénètre dans ces caves humides et surpeuplées...
A peine sommes-nous revenus à l'air libre que notre cornac nous annonce une autre grotte... puis un arrêt de quelques heures sur une plage, pour se baigner dans les eaux du lagon. Il n'est pas question de perdre un temps précieux, que nous désirons consacrer à la croisière dans les eaux de la baie, hérissées de ces fantastiques rochers. Ha-Long signifie "lieu de la descente du dragon", et selon la légende, ce sont les écailles de cet animal fabuleux émergeant des eaux qui se dressent comme des fantômes disséminés dans l'immense baie. A un rythme lent, nous évoluons sur l'émeraude liquide, croisant des barques de pêcheurs dont certains rançonnaient, il y a peu de temps encore, les visiteurs étrangers... Fines apparitions de jonques chinoises de bois sombre et des sampans aux voiles semblables à des ailes de chauves-souris géantes. Le bateau s'infiltre parmi les cônes déchiquetés ornés d'une végétation têtue qui donne un relief différent à chacune de ses concrétions, baptisées "combat de coq", "marionnettes" et autres dénominations d'une vague ressemblance avec certains personnages célèbres... Beaucoup d'imagination pour l'oeil du visiteur. Nous sommes sous le charme de cette longue traversée dans un silence impressionnant.
Intrigués par la présence de la femme et du jeune garçon, nous découvrons très vite la raison qui les a fait monter à bord. Ils ont tous deux des marchandises à vendre : de temps à autre, ils sortent de leurs paniers quelques bricoles fabriquées dans la région, napperons brodés, tuniques, tableautins représentant la baie et ses reliefs de pierre noire, cartes postales... Petit marché auquel nous succombons de bonne grâce.
On suit le soleil dans sa course, la croisière "doit" s'achever après le sunset réclamé par tous les photographes. Le capitaine fait traîner la balade, et c'est par une nuit noire que nous regagnons le port. Un pâle lumignon signale la présence de notre vieux sampan, sur lequel se précipite, tous feux éteints, un autre rafiot, percutant l'arrière de notre coque, sans dégât apparent... On l'a échappé belle : un naufrage dans les eaux troubles du bassin aurait un peu gâché une si belle journée. J'ai pris des dizaines de photos souvenirs d'une promenade inoubliable.
Nuit tranquille, pour rêver encore. Retrouvé au petit déjeuner, notre jeune étudiant n'a plus la grande forme, il se plaint de maux de tête et n'a qu'une hâte, rentrer à Hanoï (peut-être a-t-il un peu trop fêté sa folle nuit à Ha-Long ?). Ce qui nous épargne les arrêts prévus dans ces coopératives multiples à but touristique.
Revenus par le lac Hoan Kiem, nous longeons le joli bassin rafraîchissant, cerné d'édifices culturels qui drainent les amateurs d'opéras, de théâtres et de grandes bibliothèques ouvertes aux nombreux étudiants. Il règne ici une atmosphère au charme un peu décadent, à l'écart de la circulation infernale des avenues périphériques dont on perçoit à peine le brouhaha quotidien. Les book-shops sont hélas très fournies en littérature anglophone exclusivement... Il est loin, maintenant, le temps de la prédominance française, et les jeunes se jettent tous sur la langue british, désormais seul sésame dans le monde entier.
Dîner au Café des Arts : nous sommes accueillis par Mr. Gastel qui vient partager un apéritif convivial, pour évoquer quelques instants ses activités locales. Sur les murs, une exposition de tableaux d'artistes vietnamiens, parrainés par le patron qui est un amateur éclairé, donnant ainsi leurs chances à ces jeunes peintres. Il nous dit aussi qu'il sponsorise des actions caritatives à but humanitaire un peu partout dans la région d'Hanoï. Faisant appel aux bonnes volontés de ses clients sur son site internet, nous prenons note de son adresse électronique pour rester en contact avec lui...
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Petit matin à Hanoï. Dès le lever du soleil, les rues retrouvent leur animation bourdonnante. Au coeur de la ville, une étrange construction posée sur un socle de béton, trempant dans un bassin fleuri de lotus au milieu d'un jardin public où se pressent quelques visiteurs : la "Pagode à pilier unique" est devenue l'emblème de Hanoï.
A proximité de ce charmant pagodon, un édifice de pierre dorée abrite le musée consacré à Ho Chi Minh et le mausolée du grand homme. Comble de malchance pour nous : tout est fermé au public. Tous les ans, à pareille époque (novembre), la dépouille de l'Oncle Ho est envoyée à Moscou chez les spécialistes de l'entretien des momies célèbres, à l'instar de Lénine qui subit, lui aussi, le "lifting" annuel obligatoire... Il reste à visiter la dernière demeure du héros de la réunification, une petite maison de bois blottie dans un jardin zen. C'est un chalet de style alpin, de modestes dimensions, que ce personnage discret avait choisi comme résidence, dédaignant le palais officiel, bien trop luxueux à ses yeux. Quelques soldats en uniforme viennent relever la garde permanente autour de ces lieux protégés.
Un grand gaillard souriant s'approche de nous, il plaisante mon compagnon sur sa barbichette qui lui rappelle son grand'père : le ci-devant J.M. Roujeau est originaire de Los Angeles et vit maintenant en Virginie, district de Shenandhoa.Je le surprends quand je traduis ce nom amérindien, qui signifie "rêve réalisé". (Un étonnant français a construit dans son jardin, il y a quelques années, une fabuleuse goélette qu'il avait baptisée de ce nom étrange, resté à jamais gravé dans ma mémoire...) Nous partageons une boisson fraîche en sa compagnie, dans le parc voisin. Ses ancêtres sont d'origine vendéenne, émigrés en Amérique il y a quelques siècles. Un de mes lointains cousins...peut-être ?
Nous suivons le conseil de notre Routard, dont les pages gourmandes de la ville signalent "L'Indochine", une ancienne maison coloniale aménagée dans un jardin de bambous et de bananiers. Les élégants serveurs s'empressent : dans une jolie salle aux murs ornés des photos de leurs plus célèbres clients, en particulier celle de notre président Chirac le représente dégustant les spécialités de la maison, manifestement conquis par son repas d'après sa mine épanouie... Des plats fins, recettes de gastronome appliquées à la façon asiatique, composent un déjeuner exquis.
Retour vers le lac Hoan Kiem, coeur palpitant du vieil Hanoï, on franchit le pont rouge pour pénétrer dans la pagode laquée de carmin, exhalant des parfums d'encens. Lieu de recueillement et de sérénité bouddhique. Dans les rues voisines, les boutiques des lingères exposent des nappes brodées à la main. Payées de quelques dongs, ces humbles brodeuses ne sauront jamais le prix de revente de leurs oeuvres, que je trouverai également en France, au retour, encore augmentées des taxes et bénéfices intermédiaires. C'est notre avant-dernier jour ici, vite les derniers achats de souvenirs : coussins brodés, jouets en bois, petits bijoux délicats.
Ce soir, nous allons dîner au "Cyclo", dont le patron est un compatriote. A la table voisine, on parle français avec un accent yankee très reconnaissable : revoici notre ami Joe, rencontré ce matin chez Oncle Ho. Il dîne souvent dans ce restaurant, qu'il connaît depuis tant d'années qu'il sillonne le Vietnam. Son premier contact avec ce pays a eu lieu en 1968, avec l'US Air-Force... Plus tard, il a parcouru l'ex-empire colonial français à titre d'expert militaire auprès de l'armée française. C'est un heureux caractère, moqueur et enjoué, voyageant avec son copain Spencer qu'il pilote à travers le Vietnam depuis quelques semaines. Soirée très gaie, évocation de nos vies et échanges d'adresses, pour le jour où ces deux joyeux lurons viendront en France.
Samedi 11 novembre : dernier jour. Tournée des grands palaces, dont le "Daewoo", récent 5 étoiles ultra-moderne construit à l'intention des voyageurs fortunés. La galerie marchande est à l'image du luxueux building. J'y achète trois poupées revêtues de l'ao daï, pour la collection de mes petites filles.
On ne saurait quitter Hanoï sans faire un dernier tour en ville, admirer encore l'Opéra, et déguster le plat du jour au Café des Arts, accoudés aux fenêtres du premier étage pour contempler le spectacle inlassable de la rue. Les marmites où bouillonne le phö sont posées sur le trottoir, et chacun plonge sa cuiller en porcelaine dans la soupe fumante. Attaché par une corde à un tronc d'arbre, devant la porte, un chien de race indéterminée somnole, sans penser au lendemain. Je soupçonne qu'il figurera au menu comme plat unique d'un prochain jour de ripaille !
Nous réglons notre note d'hôtel avec notre carte bancaire, que l'employée utilise au "fer à repasser", ne réussissant pas à obtenir une liaison téléphonique avec la banque, fermée cet après-midi. Nous remontons dans notre chambre pour boucler nos bagages : deux domestiques ont refait les lits pour les clients suivants... Ciel, que font-ils ? Ils ont vaguement rincé les verres du plateau posé sur table et les essuient avec... les draps qu'ils ont sortis de nos lits... et les enveloppent dans un sachet "sanitized for you" ! Nous sommes estomaqués, et nous réalisons brusquement que nous avons bu dans ces verres, essuyés avec... les draps usagés de nos prédécesseurs...
Un taxi nous dépose à l'aéroport international quatre heures avant notre décollage, selon les consignes habituelles. Quelques minutes plus tard, notre chauffeur revient en courant : la secrétaire de l'hôtel demande qu'on paie à nouveau la note de notre séjour, cette fois en espèces, car la transaction n'a pas été enregistrée. Elle promet que notre compte bancaire ne sera pas débité. Un peu inquiets tout de même, nous raclons nos derniers francs et dollars pour calmer la pauvre fille. Nous serons rassurés, à notre retour : aucun retrait n'a été effectué sur notre compte.
Longues heures d'attente dans la salle d'embarquement grouillante de voyageurs. Décollage just in time. Escale à Bangkok : un jeune homme vient s'asseoir sur le siège libre à côté du mien. Il a sorti de son sac un livre passionnant que j'ai lu il y a quelques semaines : "Le Portail" de François Bizot raconte les atrocités commises par les khmers rouges au Cambodge. Mon voisin est un employé d'Air-France qui revient d'un périple en Asie : excellent sujet d'échanges et d'impressions qui vont me faire oublier les longues heures d'un retour en Occident.
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Une incursion à "La Caravelle", palace 5 étoiles, fief des riches hommes d'affaires étrangers qui viennent signer de juteux contrats avec leurs homologues locaux. Le communisme n'interdit plus les échanges internationaux : le Vietnam ayant compris tout l'intérêt du capitalisme mondial. Implantations des usines Mercédès, General Motors, Renault, etc... Les boutiques de l'hôtel vendent de très beaux objets artisanaux dont les prix sont à la mesure des portefeuilles bien garnis.
Place Lam Son, le Théâtre "Belle époque" inauguré en 1900, a retrouvé sa vocation après avoir été pendant quelques années le siège de l'Assemblée nationale. Pimpante architecture rococo blanche et rose. Juste en face du Caravelle, la façade fraîchement repeinte du Grand Hôtel Continental évoque les heures de gloire de cet établissement mythique. Au temps de l'empire indochinois, c'était le lieu de rendez-vous des célébrités
Que de souvenirs ... Je suis né et j'ai passé mon enfance dans ce quartier Cong Truong Lam Son ( Place Lam Son ) jusqu'en 1975. J'ai quitté ma famille pour arriver au Canada. Je suis revenu en 1995, après 20 ans de séparation. J'ai encore l'image des soirées chaudes et humides, nous étions au parc, en face du théâtre avec les amis. Que de souvenirs... 😕😕😕
Bonjour Fabricia,
Bravo pour ton merveilleux compte rendu sur l'Indochine!!
J’ai glané des infos dans de nombreux guides touristiques pour préparer ce prochain voyage et faire mes choix de visites. Voilà qu’en lisant ton CR, tout s'éclaire comme par magie; je me sens tout à fait rassurée sur mes choix (itinéraire, visites, certains hôtels...).
Je trouve ton CR un condensé du meilleur des meilleurs guides touristiques – imagé, pratique, informatif en tout point, humoristique et si agréable à lire. Quel magnifique résumé! MERCI!
Il m'a rappelé de beaux souvenirs du Vietnam: «jeunes demoiselles en ao-daï sur leur grand vélo», les chapeaux coniques, le beau, le moins beau.... J’ai bien ri quand tu parlais des «haltes commerciales inévitables, d'un guide aux paroles insipides» - oui, leurs explications sont souvent beaucoup trop longues surtout quand on a lu sur le sujet.
Merci et félicitations pour ce captivant CR digne d’un écrivain.
J’appuie sans réserve, 10 ans plus tard 😉, tous les commentaires élogieux que tu as reçus.
MoniqueM
« Emmenez- moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles...»
un livre passionnant que j'ai lu il y a quelques semaines : "Le Portail" de François Bizot raconte les atrocités commises par les khmers rouges au Cambodge.
J'ai lu sur ce sujet:
«L’enfant kmère ou l’instinct de survie» de Gail Sheehy – émouvant, bouleversant! Peux-être l'as-tu lu?
Quand tu auras le temps, pourrais-tu me recommander deux ou 3 autres livres captivants (qui se lisent aussi bien que ton CR si possible 😉...), que je pourrais apporter en voyage (donc, pas trop encombrants) pour m’aider à mieux supporter les longues heures d’attente dans les aéroports?
Je constate que tu es une lectrice hors pair et que tu as lu d’innombrables romans fondés sur des récits historiques.
Je cherche des romans incontournables qui se rapportent soit aux temples d’Angkor ou à Luang Prabang (Laos) ou au Vietnam.
Je pensais aux suivants:
«Un pèlerin à Angkor» de Pierre Loti
«Un Américain bien tranquille» de Graham Green ?
Qu'en penses-tu?
Autres suggestions?
Monique
MoniqueM
« Emmenez- moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles...»
🙂 Merci beaucoup, Monique, d'avoir lu et apprécié ma "Nostalgie" !
Ce fut un merveilleux voyage qui m'a laissé d'excellents souvenirs et je t'envie de partir vers ce Sud lointain au passé riche et émouvant.
Une belle saga fut écrite par Erwan BERGOT, au joli titre de "Sud Lointain", consacrée à l'Indochine et que j'ai lue avec plaisir avant d'aller dans ce Vietnam d'aujourd'hui. Trois tomes existent en édition Poche : 1/ Le courrier de Saïgon - 2/ La rivière des parfums - 3/ Le maître de Bao Tan.
Tu trouveras certainement ces livres à la superbe librairie "INDIGO", rue Ste Catherine à Montréal : lors de mon séjour dans cette ville, en 2011, j'ai eu le coup de foudre pour ce paradis des lecteurs et ce fut une visite presque quotidienne et à chaque fois, j'ai trouvé de quoi satisfaire ma passion des livres !
Amicalement à toi.
P.S. Quel bonheur d'avoir découvert, visité et aimé Montréal-Québec et leurs environs durant 3 belles semaines... Coup de coeur immédiat !
Fabricia -
Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
Merci, Fabricia, pour toutes ces belles suggestions. Oui, la littérature ne manque pas sur les pays d'Indochine - on n'a que l'embarras du choix!
J'aime bien la librairie Indigo moi aussi, mais j'avoue que j'essaie le plus souvent de me procurer mes livres de lecture à la bibliothèque. Je viens de vérifier leur catalogue et aucun des livres que tu m'as suggérés n'y figure 😕 - sauf celui de Graham Greene que j'irai chercher sous peu.
Il me faudra donc me résoudre... à aller bouquiner chez Indigo bientôt - remarque qu'une fois sur place, j'adore - c'est le déplacement qui me pèse car on n'a plus d'Indigo près de chez nous - ce que je le manque!
J'aurai la chance de connaître 2 des hôtels dont tu as parlé: le Vinh Hung Resort à Hoi An et le Saigon Morin à Hué. Tes remarques me seront très utiles.
Merci vivement!
MoniqueM
« Emmenez- moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles...»
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Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
Bonjour tout le monde, nous voici rentrés d'un RT USA organisé par nos soins du 31/07/2026 au 26/08/2026.
La destination : Le Sud-Ouest USA avec le Texas, l'Arizona et le Nouveau-Mexique. 7000 kilomètres effectués à la louche.
L'Auto : Une Chevrolet Equinoxe pour deux en passant par BSP Auto et Avis. Et dedans 2 valises, un sac de voyage, deux valises cabines, la glacière de chez Walmart, le matos photos et les bouteilles d'eau (pack de 40).
Le trajet : Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo et Dallas pour finir avec départ sur DFW.
Les voyageurs : Deux séniors bien avancés dans l'âge (73 et 75) mais toujours en activité (pas épuisante physiquement) (pour rester vivants et financer les voyages), autonomes physiquement à 100%, intellectuellement beaucoup moins, passionnés des USA, pays où tout est possible, plus marcheurs que randonneurs, plutôt hôtels à partir de 3 étoiles que motels de bord de route, plutôt restos Italiens que nourriture US, adeptes des arrêts fréquents pour les photos, plutôt musées que rien, Plutôt sieste que marches forcées. Pas trop râleurs, juste ce qu'il faut pour rester français au pays du grand Satan qu'ils disent.
Pas trés doués pour les langues, Anglais des rues (mais bien pratique), Espagnol nul pour moi hormis : " Hola ! Una Cerveza por Favor ! " Cela fait court. Madame comprend tout mais refuse de parler.
Le coût du RT : Environ 12 000 euros avec les vols AF, Auto, Essence, cadeaux, visites et tutti quanti. Bien maitrisé puisque 13500 euros prévus au départ.
Le bilan positif : Un régal avec les longues routes à perte de vue. Des Musées à découvrir. Le constat de la présence Hispanique et de son Histoire importante dans ce secteur de l'Amérique. Des locaux adorables. Des touristes plus ou moins sympas. Un accent Texan abominable et difficile à comprendre. Des stations Gas qui sont de véritables magasins avec nourriture préparée et autre alcools vendus en Arizona et Nouveau-Mexique et des employés au top ! Toujours prêts à rigoler !
Le bilan négatif : La chaleur tout au long du séjour...43° sur Dallas en fin de séjour. Impossible de sortir dans les rues. Beaucoup de "Homeless" dans les rues de l'Hyper Centre de Dallas. Les breakfasts Hôtel toujours les mêmes. On s'y fait.
Donc, positif certes mais le concept commence à fatiguer. Il se pourrait que le modèle RT autonome soit repensé pour le prochain. SI celui qui est en haut nous prête vie.
Pour la suite, attendons les premières photos triées et passées à la moulinette.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
Il arrive souvent qu'on nous demande quoi visiter en Belgique .
Et les réponses ramènent le plus souvent à Bruges , Gand, Anvers et Bruxelles , avec raison , ces villes valant la peine d'être visitées 😉 .
Toutefois, la Belgique, bien que petite , ne se limite pas à ces 4 villes .
J'habite l'une d'entre elles ( Bruxelles) , passe avec plaisir du temps dans les trois autres , mais j'ai envie d'aborder d'autres coins moins connus , qui pourront compléter le séjour de ceux qui ont envie d'en voir un peu plus , ou de voir autre chose .
C'est qu'entre deux voyages , j'aime bien visiter l'un ou l'autre coin du pays où j'habite .
D'où l'idée d'un carnet de balades .
La plupart des endroits dont je vais parler peuvent être visités en faisant l'aller-retour le même jour , au départ de Bruxelles , que ce soit en transports en commun ou en voiture .
Dans l'ordre chronologique des sujets abordés :
- Le barrage de la Gileppe ( province de Liège) -message 2 , page 1
- Le domaine de La Hulpe ( Brabant wallon ) - message 3 , page 1
- Malines ( province d'Anvers ) message 4 , page 1
- La côte - message 5 , page 1
- Le Westhoek , au départ de La Panne - message 6 , page 1
- Le Zwin, au départ de Knokke - message 7 , page 1
- Lier ( entre Malines et Anvers ) - message 8 , page 1
- Mons (Hainaut) - message 9 , page 1
- La région de Florenville . - message 12 , page 1
- Les Cantons de l'Est - message 13 , page 1
- Dinant - message 18 , page 1
- Le jardin japonais d'Hasselt - message 24 , page 2
- Louvain message 29 , page 2
- Louvain-la-neuve - message 32 , page 2
- Ostende - message 42 (page 3) et message 166 (page 9)
- Les floralies de Grand-Bigard . - message 43 , page 3
- Le bois de Halle -message 44 , page 3
- Les pralines - message 54 , page 3
- Charleroi - message 68 , page 4
- Namur - message 92 , page 5
- Le Bois du Cazier ( Marcinelle) - message 95 , page 5
- Les couques et les gozettes - message 96 , page 5
- Liège - message 99 , page 5
- Tournai - message 115 , page 6 .
- Audenarde ( Oudenaarde ) - message 121, page 7
- Jardin botanique de Meise - message 124, page 7 .
- Tongres ( Tongeren ) - message 125 , page 7 .
- Château de Beersel ( Brabant flamand) - message 126, page 7 .
- Bruxelles confinée ( messages 150 et 154 , page 8 )
- L'hôpital Notre Dame à la Rose , à Lessines ( messages 161 et 162 , page 9 ) .
- Westende ( message 167, page 9)
je complète cette liste au fur et à mesure de l'avancement du carnet ...
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of a year at most in Thailand, and I’m no great expert.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to deliver a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who feel nostalgic about it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guardians for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big yard. Be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t all that made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though? Much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been full of holes for years.
You’ll often see dogs sleeping on the roadside, sometimes right on the road. When you approach, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, reminding visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. When you see a small pack roaming freely in the countryside, you think twice about running into them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at death’s door in temples, enduring terrible suffering with no one to help. The image (and the smell) of one of them, agonizing and exuding the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The animal, well-fed, quickly became a happy and enormous beast with its own garden. Yet it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water there for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not just for fun—these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.
And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!
The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not the south?
Yes, in the end.
Pre-book or go with the flow?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(Steak for my partner’s mischievous nephews...)
You’ll find here a post with some practical information.
And here, the version of the travel journal without comments.
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As a supplement, the route track.
Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
January 2026
Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
I’d been wanting to discover Sulawesi for years. But then life happened—COVID, the cost of flight tickets, you name it. Long story short, years went by, but we finally set off as a family for a three-week trip in southern Sulawesi: Rammang Rammang, Rantepao, Sengkang, Bira, and Selayar.
I like to spend a good amount of time in the places I visit, giving myself the chance to really get to know the area and meet locals. So no island-hopping this time—just the south. But when I say "just," it’s not restrictive at all, given how rich this island is in landscapes, little encounters, and magical moments.
Wednesday 07/08 - Thursday 07/09:
We left Montpellier for what was supposed to be five flights, though we only took four to start, landing in Jakarta.
We picked up our luggage there to catch a flight to Makassar the next day. That’s the only way we could get an affordable ticket (702 €).
I won’t bore you with the flight details—there’s not much to say. We arrived at 7 PM and considered heading straight to Makassar that evening. But we opted for a recovery night before taking off again. Good thing we did, because my son’s suitcase was missing...
First contact with the locals was a bit stressful—a trip without your luggage isn’t exactly fun. But right away, a woman reassured us: the suitcase was just enjoying some extra time in Singapore. Maybe it was doing some last-minute shopping. Anyway, nothing serious—it was supposed to arrive at 9 AM the next day. That gave us some breathing room since our flight wasn’t until noon.
So off we went to our hotel (Days Hotel & Suites) near the airport. It was cheap (40 € for three rooms—my kids are older and need their space), but it wasn’t worth much more. The place had definitely seen better days. But no big deal—we were only there for the night, and... we got to watch France beat Morocco in the World Cup live at 3 AM. That’s what really mattered!
Friday 07/10: In search of the lost suitcase
First challenge of the morning: finding our missing suitcase. They sent us to the airport basement, to the staff entrance. We were greeted with smiles, and an airport employee led me through the underground corridors back to the baggage claim. Right on time at 9 AM, the suitcase arrived, just like they’d promised. We were finally complete!
Off we went to change terminals, grab a well-deserved meal, and board our fifth flight to Makassar.
Little side note: I struggled for a while trying to book domestic flights directly on the airlines’ websites with no luck. Without meaning to advertise (though I guess I am a little), I realized it’d be easier to use sites like tiket.com or Traveloka. That turned out to be a great choice—I even ended up booking hotels through them later in the trip.
12:40 PM: We were on our way to Makassar. First good news: we were the only tourists. Well, the only European tourists on the flight, anyway.
No, you’re not dreaming—the bag is full of... potato chip packets.
To each their own souvenirs, I guess...
When we arrived in Makassar, a driver was waiting to take us straight to Rammang Rammang: 250,000 IDR (12 €) to our guesthouse (Rammang Rammang House). Forget about meeting people on the bus—we were headed straight to the first stop of our trip, and it was already stunning.
My kids’ guesthouse:
Ours:
View of the little lake:
But not everything is straightforward around here.
I wanted to get a local SIM card for internet and calls. I found them expensive at Jakarta’s airport (20 € for 20 GB), so I decided to wait. Well, no luck in Rammang Rammang either. You can’t just buy one from the local shop—you need a Telkomsat store (they have the best coverage). So we’d have to wait for Rantepao to get Wi-Fi... When I say "local shop," I mean the little shack around the corner. No big deal—we’d find one easily in Rantepao for 5 € and 25 GB. So there we were, offline, just the four of us enjoying the amazing view.
Saturday 07/11: Rammang Rammang
We woke up early to the sound of wedding music blasting through the village (everyone’s invited!). Off we went to explore the area.
A little walking, a little boat ride (shared with a French tourist and a Polish one—yes, there *are* tourists here, just not many; 750,000 IDR for up to 8 people) through a lovely canal, and we discovered the karst site. It was peaceful and beautiful.
The river:
The karst site:
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Okay, Palermo—we know it. We go there to marvel at the architectural wonders born from the Arab-Norman-Byzantine-Gothic mix. And rightly so. We also go to treat our taste buds to all kinds of delights, both savory and sweet. Again, rightly so. We go to succumb to the charms of Palermo’s women, their sun-kissed skin glowing with golden highlights. Still, rightly so. And all while fantasizing about a mafia we’ll never actually see. Anyway.
But you’ll also find street art everywhere, even in the historic center. Sometimes, you just need to step a few meters away from the main tourist highways like Cassaro, Via Maqueda, or the main arteries of the Ballarò, Capo, or Vucciria markets to stumble upon some amazing murals. Duck into one or two slightly grimy alleys, weaving past trash and crumbling walls, and you’ll find real gems.
For example, just 50 meters south of the main artery of the Mercato del Capo, there’s a great spot with dozens of murals in a tiny neighborhood of run-down mini-houses. You’ll find plenty more south of the Mercato di Ballarò, in the Albergheria (the grittier side, not the one near Cassaro). There’s some in Ballarò itself too, but it’s hard to spot when the market’s in full swing with stalls everywhere. La Kalsa isn’t left out either, nor is Vucciria—just step away from the restaurant-packed streets.
Here are a few examples that really caught my eye.
(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would actually interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few "Are you going to write a journal?" requests and especially the renewed pleasure from reading other travelers’ travel journals about Japan or elsewhere on this forum or elsewhere, I’ve decided to share this 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute this year, as usual.
I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination, even without concrete plans. Finding a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After long hesitations between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The tickets are booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s still better than in 2023.
We leave in 2 weeks!! Now it’s just a matter of getting everything ready!
Intense work ahead in these 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or taking time to revisit beloved spots...
decide how much time to spend in each selected area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot as we go, but last year, we noticed that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—even if it means keeping a few options open while we decide or see if better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—and whether we’ll be stuck in non-stop rain???
What a tough job, right? Traveling to Japan for a month—such a hard life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight tickets, there were only a few seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the outbound flight, we’ve got the middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s almost time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient or maybe set an alert...
Before Our Departure
Preparing for this trip started 9 months before our departure in June. For those planning a similar itinerary, it’s important to book accommodations well in advance, especially in the Okavango and Savuti campsites—otherwise, you might not find any availability.
Introduction
After visiting Zambia three years ago and Namibia and western Botswana a year and a half ago, this year we chose Zimbabwe (Hwange NP) and the northern half of Botswana.
Our flight from Paris was to Victoria Falls with Ethiopian Airlines, with a layover in Addis Ababa. We rented a 4x4 from Bushlore in Kasane, complete with two rooftop tents since there are four of us on this adventure. Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4 and, most importantly, gave us a rundown of the vehicle and its equipment. Pay close attention to what they tell you—it could be crucial if something goes wrong, as it did for us during the trip.
Our Itinerary
We arrived on June 12th at noon. At Victoria Falls Airport, we got our double-entry visa right away—I’d already pre-booked it online on the site https://www.evisa.gov.zw/.
Since our vehicle was in Botswana, we had to cross the border from Victoria Falls into Botswana for the first time.
The next morning, Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4. After completing the formalities, we headed toward Zimbabwe and the town of Victoria Falls.
We woke up early the next morning to be at Victoria Falls at sunrise. The scenery was stunning, but since it was the start of the dry season, the Zambezi was still high, so the falls had a strong flow. This made it hard to fully appreciate their beauty.
In the early afternoon, we left for Hwange NP, where we stayed for 4 days. Two days at Gwango campsite near Dete, followed by two days at Robins Camp. We expected to see more animals at Robins, but that wasn’t the case. In Hwange, we didn’t spot any predators, but we did see plenty of mammals (buffalo, elephants, giraffes, zebras, and antelopes).
After a few days in Zimbabwe, we crossed back into Botswana at Pandamatenga. We stopped at Nata Lodge for a good night’s rest—driving on the dirt roads is exhausting.
We left Nata and headed toward Nxai Pan. The road was sandy but manageable. We made a small detour to admire some beautiful baobabs at "Baines Baobabs." Then we continued to our campsite, Nxai Pan South Camp. Keep in mind that many campsites in Botswana aren’t fenced (except for the shower/toilet areas), so animals can roam freely within the camp. Take precautions, especially after dark.
After our stop in Nxai Pan, we headed to Maun. We decided to break our journey in Maun before heading to Moremi and the Okavango Delta for three reasons: first, we needed to stock up on supplies and fuel for the next 5 days; second, our fridge had broken (luckily, Bushlore has a branch in Maun); and third, the drive from Nxai to our camp in Xakanaxa in the delta would’ve taken too long. I always avoid driving after dark.
We arrived at our Xakanaxa camp on June 21st in the early afternoon. Not wanting to waste time, we booked a boat ride on the Okavango Delta, leaving at 4:00 PM for a 2-hour sunset cruise. For those interested, to the right of the Xakanaxa X1 site, there’s a sign for boat rides. The organizer is very professional and offers prices that are nothing like those of the lodges.
It was a beautiful ride through the delta with a stunning sunset. Being on a boat is much more relaxing than driving on the dirt roads. That didn’t stop us from doing self-drive safaris the next morning and late afternoon, though.
Then came the time to leave the delta and head toward Savuti, a much drier region. And that’s when the toughest part of our trip began. First, we decided to go up via Khwai. The rainy season was over, but the area was still marshy. We had to cross a few small water patches, testing the depth to make sure we could get through. Luckily, a sign on the road pointed us toward a drier route. We reached Khwai without any issues, but then we made a major mistake. Instead of taking the main track toward Mababe Gate to reach Savuti Camp, we took a straight path north and then a right turn to get to our camp. Bad call—we got stuck in the sand, with one rear wheel buried halfway and a front wheel off the ground. We were genuinely scared we wouldn’t get out, especially since we were on a deserted track, 20 kilometers from our destination, with night falling in two hours. This is where paying attention to the vehicle instructions really paid off—we had to use the jack to get out of the mess. The result: we arrived at Savuti campsite just before dark (Distance: 146.3 km, Duration: 9 hours, 56 minutes, and 3 seconds, Average speed: 14.7 km/h, tracked with Osmand). At reception, the staff couldn’t understand how we’d gotten there—we hadn’t passed through any of Savuti’s reserve entry gates.
The next morning, no one felt like driving, so we did a game drive with a guide. I don’t know if it was some kind of reward, but the outing was amazing. We saw three lions and, best of all, a pack of African wild dogs that we had time to admire and photograph. The next day, we did a short self-drive and found one of the lions from the day before drinking at a waterhole. That was the end of our Savuti adventure.
Now we’re heading to Kasane. We returned our vehicle and settled in for our last two nights there. The next morning, since we no longer had a car, we decided to do one last early-morning game drive in Chobe NP. It turned out great—we followed two brother lions and saw plenty of other mammals. The only downside of Chobe is the number of tourists, which was a change from the other parks we’d visited. That said, we’re tourists too, so...
In the evening, we took one last boat ride on the Chobe River to end on a high note with a beautiful sunset.
After a good night’s sleep and plenty of wonderful memories, landscapes, animals, and emotions, it was time to leave. We left early in the morning with the same taxi company as before to cross the border into Zimbabwe one last time and head to the airport, where we took off to return to France.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
This travel journal aims to help future travelers (well, I hope so!), since there’s so little information available about this remote archipelago. Big thanks to Lolodesiles and Ayis for answering my questions while I planned this trip!
Context
This is our fourth trip to Indonesia as a couple—after Java-Bali in 2011, Flores-Komodo in 2013, and Sulawesi in 2016—each time for three weeks. It’s also our tenth trip to Southeast Asia overall.
We’re traveling like we have in previous years: with a rough itinerary that often changes based on who we meet, tips from other travelers, how tired we are, or what we’re feeling in the moment. In the Moluccas, it’ll change constantly, mostly depending on transportation.
Our only accommodation booking: the first few nights in Ambon when we arrive.
Planned route (to be refined on the spot): Ambon - Banda Islands - Lease Islands - Ternate - Tidore - Halmahera (between Sofifi and Tobelo) - Morotai and the neighboring unnamed archipelago.
Flights: Lyon-Paris-Singapore on Air France (428 € round-trip), with good meals, champagne, and wine (we like our little comforts when going on vacation 😏). Then Singapore-Jakarta-Ambon on Air Asia and Garuda.
Return flight: Ternate-Jakarta-Singapore on Lion Air, with a 3-day stopover in Singapore before heading home.
Episode 1: Ambon to Banda
Our guesthouse, booked two days before departure, is 45 minutes from Ambon Airport, near Natsepa Beach (northeast of Leihitu). It’s a pretty average beach—quiet on weekdays but packed on Sundays (we saw the difference). It’s lined with warungs.
This rainy day helps us readjust to the atmosphere of this country we love so much.
Our “Solim Guesthouse” is a lovely house with a living/dining room and garden, costing 15 € per night for two, including a hearty breakfast.
Dinner is at Gaba Gaba, a great restaurant just a short walk away, right by the water, recommended by our host. Fun fact: it’s in the Lonely Planet, and it might be the only LP-listed spot in the Moluccas that actually matches the description (the others either don’t exist or have nothing to do with what’s advertised 😠).
For the next two days, the super-friendly owner lends us his scooter. We set off to explore the coastal villages in northern Leihitu (the western part of Ambon Island, which has a weird shape).
Laundry and trucks washed in the same stream.
Liang Beach, described as the island’s most beautiful, is almost gone (climate change or something else?), but the colors are magical.
We continue 25 km toward a snorkeling spot our host recommended, taking a gorgeous, deserted little road through tiny villages in clove plantations (oh, those unforgettable scents!), stunning coves, and dense forest.
We’re greeted dozens of times with “Hello Mister”—a daily routine in the Moluccas. Every time we stop, we pose for photos to be saved on locals’ smartphones. They don’t see tourists often.
We ask for directions to the snorkeling spot (not easy—we only know basic Indonesian like *Selamat pagi*, *siang*, *sore*, and other polite phrases). Not many people know where it is (especially since we never know which village we’re in), but we eventually reach a small village that seems to be the right place. 🙂
We ask a local to take us there by boat (it’s not reachable by land).
The spot is at most 100 meters long, but the coral is in good condition (apparently not dynamited by fishermen, unlike in other parts of this beautiful country where fishing methods are destructive and nature pays the price 😠). The fish are plentiful and diverse. It’s a great start before heading to Banda. We’re happy to have the place to ourselves… though we don’t yet realize we won’t see a single tourist for the rest of the trip!
After two days of rest, we head to Tulehu Port in the morning, aiming for the Banda Islands. We know the journey is often tricky: the Pelni ferry runs twice a month but doesn’t match our dates, the 10-seat Suzi Air plane is always full (you can’t book—you have to show up on Mondays and Fridays), and it’s often canceled due to weather. So we opt for the Tuesday speedboat (which also gets canceled if there are waves or wind), with the next one on Saturday.
We’re used to Indonesian ports—crowded, rusty boats, no English speakers—but we still feel lost. When I ask about the speedboat to Bandaneira, people gesture wildly, someone takes me to the “harbor office,” then tells me there’s no boat, others try to sell me tickets, and some just say, “No boat.”
Luckily, an English-speaking local approaches us and confirms the speedboat is broken. The next one will be Saturday *if* it’s fixed—otherwise, even later. 🤪 😠
We’re crushed. We came here for the Banda Islands… 🙁
We decide waiting five days for a maybe-boat isn’t an option, so we decide to head straight to North Moluccas, which was planned for later. We’re so disappointed we don’t even want to stay in the area. The Lease Islands don’t appeal to us despite what we’ve read, and Seram would deserve its own trip with its remote mountain tribes.
Huge disappointment—we’d been dreaming of Banda for months, with its incredible drop-offs like Bunaken, its islands covered in nutmeg trees, etc. I’d read that Banda is in the world’s top 5, alongside Bunaken (amazing—we went in 2016), Komodo (incredible—we went in 2013), Sipadan, and another spot I’ve forgotten.
We take a taxi back to Ambon (45 minutes) to a travel agency to buy plane tickets to Ternate. There’s a daily ATR72 flight at noon—perfect timing.
Ambon is the capital of South Moluccas (or Central, depending on who you ask!) with 300,000 people. The city doesn’t seem unpleasant, but we don’t stop.
On the plane, there are only about ten passengers for 72 seats. The flight attendants are stunning, as always with Wings Air—clearly, they’re hired for their looks. 😊
Stopover in Bacan—a runway in the middle of coconut trees serving a tiny town—then we fly over countless volcanoes, the last one towering over Ternate.
Bonjour,
De retour sur le forum - et première rédaction d'un espèce de carnet de retour de notre 4ème voyage en Indo.
Contexte : une trentaine de jours, en scooter et en duo, sur Florès (et une petite incursion dans l'archipel de Solor, plus précisément à Lembata (chut, faut pas trop en parler !!!), qui donne envie d'en faire beaucoup plus là bas malgré les infrastructures sporadiques), en partie dans des destinations déjà bien connues du forum (la classique Ruteng / Bajawa / Riung / Moni voir baie de Maumere) ... et qui ne parlera pas du PN de Komodo ou de Wae Rebo, puisque nous n'y sommes pas allés 🏴☠️.
Texte en anglais (issu d'une autre plateforme). Sans nul doute, des traducteurs intelligents ou pas marcheront à merveille en cas d'anglophobie 🤪.
Disponible à toute fin utile pour des détails ou infos.
Equippement : Yam' Nmax 155 ; 2x saccoches cavalières (25L) + sac de selle (30L) + saccoche tunnel (15L pour le matos photo) ; casques et vêtements d'enduro amenés depuis la France.
Itinéraire : boucle depuis Labuan bajo jusqu'à Pulau Lembata ; juillet-août 2026
Road conditions graded from A (excellent) to D (very bad, at least for a Scooter… a CRF/KLX or even honda ADV would do better on that)
D1 : Labuan Bajo – Reok via Ranggoe, Rego & Tagol (130km ; 5hrs). Section LBajo – Rego (90 km ; B) is quite good tarmac, despite a lot of elevation with many small valleys and passes. Rego – Tagol (10km ; D) is a stone road (not gravel), some ascents & very poor condition ; necessary to lower tyre pressure. Tagol – Reok port (22km, quality depends considerably from D to B). Reok port – Towncenter : B. Night @Iffah Homestay (100k for fan room, mandi attached, no breakfast), simple but clean. Notes : path to danau Sano Limbung was closed ; access to Tiwu Pai & Wae Kuli (waterfalls) not permitted in july 2026.
D2 : Reok – Riung via Pota (105km ; 3h-3h30). The road is very narrow in some part, thanks to the uncut bushes (lowering visibility hence extra caution as animals/people can suddenly appear in a turn…) but generally good condition except many eroded sections and some unpaved ones. Grade C/B. 2 nights @Mentos (285k for AC room)
D3 : Boat tour in Riung (booked directly with a captain, 800k for two for private boat incl. lunch and NP fees) + sunset from Watu Mitong Riung (should not be missed).
D4 : Riung – Muku Saki via Mbay (around 100km ; 3h30). Quality varies from A in the vicinity of Mbay to eroded sections (C) in secluded places. Night @Sao Paolo Homestay (250k for fan room with mandi, maybe overpriced but nice house and great food). Note : if you happen to pass by Mbay on Saturday, the market is well worth a stop (cheapest Ikat on the trip : you’ll be asked normal prices providing you’re OK in Bahasa…)
D5 : Muku Saki – Tanjung Kajuwulu (near Ndete) (90km, 3h). Many patholes, eroded (C). Night at Déjà Vu Homestay (220k for a matress on the floor & outside mandi/toilets ; I woud define this as a tourist trap – the quote we had for food was double priced too…)
D6 : Tanjung Kajuwulu – Waiterang (east of Maumere, 55km , 1h30). Pathholes till maumere, then All good (TransFlores), C/A. Night at Sunset Cottage (new concrete room, very serene place ; 270k for AC with bathroom ; much prefered Sunset over Lena House (more customers, more built up).
D7 : Waiterang – Larantuka via Boru and Eputobi (TransFlores ; grade A ; 115km / 2h40). Particularly liked the drink stalls (marked as Rest Area Eputobi) and the out of order aquatic park just before Larantuka (obyej wisata waiplatin). Night @ Dewy Onong Homestay, which is not advertising itself as Larantuka Beach Homestay as some contributor signals here and on goole maps review. Best breakfast of the trip (Cumi Cumi !!!) ; 275k for AC room with bathroom.
D8 : Local Boat (Kapal Kayu) from the main port to Lembata (Lewoleba). Departure 8am ; price 60k/head + 50k for the bike. Stop enroute on Adonara (where we did not stop due to fights between communities). Night @Elmany Homestay (275k for AC room with bathroom, fan room with shared bathroom also available). Whole afternoon at Pantai Hadakewa, fantastic place (good snorkeling, great views of Ile Api aka Gn Lewotolo). Road condition : A (did not expect the TransLembata to be that good…).
D9 : Loop around Ile Api (50km, 2hrs), anticlockwise. Stops enroute at Situs Tulang Paus (whale squeletton), pantai Jotona, pantai Wena (we expected to snorkel from there, but wind was very strong that day), situs Watu Nale, Selat Sonia. The western coast is far less interesting. Road conditions : bad (C) on the eastern side (up to Riangbeda), good (B/A) afterwards. Night @Elmany Homestay.
D10 : Lewoleba – Lamalera via the western and south coast (70km, 2h30). Good road (B) for roughly the first 55km (up to Tapobali), then eroded track for the last 15km (in some parts steep and dangerous) up to Lamalera (D/C). Notes : 1/ Kuma resort denied us the entry for some drink ; 2/Pantai Waijarang « complex » is abandonned but closed with fences ; you can still sneak in ; 3/ some reports advise to skip Bukit Cinta (foreigner entry fee) for Bukit Doa Watomiten (stations of the cross) ; well Bukit Cinta has also been abandonned (well spent money…sic) but remains opened with structures falling (quickly) appart. Night @Lamalera Inn (200k per head including meals ; very basic fan room + attached mandi). Planned 2 nights, spent only one, as it’s the only tenant I had difficulties with (only interested in money, initially stated crazy prices, starts loud music at 6am … and drinking moke at 8am…)
D11 : Trip to Wulandoni for the Barter Market (Saturday only). Bad road (C) along the coast. Had to report at the Kantor upon arrival, which quite surprisingly asked 100k per person (foreigner) to go inside the (outside) market. Other « local » tourists (a group from Jakarta) were not asked to pay. Well, since a market is a public space and not a zoo, we refused payment and enjoyed the activity from the kopi stall next to it. Returned then to Lamalera for the catches of the day, then to Lewoleba via the mountain road (45km, 2 hours). First 10km to Puor is in very bad condition and uphill (D/C). The remaining is on a newly constructed road (A). Note : Air Panas Sabutobo is abandonned and falling apart (again…) but there are still some water pipes along the river that you can enjoy (depending how lucky you are, just with the forest sounds as companion). Night @Elmany Homestay
D12 : Chill day alond the northern coast (Batu Payung, Pantai Hadakewa with lot of snorkeling, drove till Wailolong and backtracked to Pantai Lewolein for more snorkeling (nice canyons there !) and another fantastic sunset over Ile Api (see GMaps pictures)). Night @Elmany Homestay
D13 : Monday weekly market at Pada, southwest of Lewoleba. Renowned but honnestly dont plan any itinerary specifically for it, just an ordinary Kampung weekly market. Returned to Larantuka and Flores with the 12pm local boat (the same boat that leaves from Larantuka at 8am). Same prices as the first leg. Night @ Dewy Onong Homestay
D14 : Larantuka – Waiterang along the northern coast (100km, 3h) via Pantai Kawaliwu, Tewuk Lewokluok (trail is easy to find, very nice snorkelling in a lagoon), Pantai Lato (to my opinion the most beautiful beach on Flores and you’ll be the only visitor, as opposed to Pantai Koka) and Pantai Hia, until rejoining the TransFlores near Nebe. Grade C on the costal eroded road / track. 3 nights @Lena Guesthouse (booked ahead as it fills up quickly, but we prefered its neighbour Sunset Beach Guesthouse)
D15 : Snorkeling trip organised by Lena Guesthouse (200k per head excluding NP fees and lunch)). The drop-off near Pulau Babi is a very nice spot.
D16 : scooter day trip around the Egon Range (too lazy to hike it…), through nice Sikka villages (route : Watublapi, Umauta, Bola, pantai Doreng, Nakatoli, foot of Gn Egon, Air panas Blidit). The track from Natakoli to the foot of Gn Egon is very steep, damaged and wet (with moss) ; I would recommend not to attempt that in case of bad weather.
D17 : Waiterang – Moni (130km, 3h30, transflores grade A/B) via Pantai Koka (refused to pay the mafia entry fee…) and Jopu (some rumah Adat Lio). Stopped at Museum Bikon Blewut, south of Maumere. Very nice artefacts (especially wooden statues from Papuan, great ikat collection) although very disorganized and sadly non-visited (hence masterpieces fall into oblivion). 2 Nights @Liahz Lodge (150k for fan room, basic bathroom… but right next to Air Panas Liasembe (free, no closing time) !!!).
D18 : Sunrise from Kelimutu with a nice weather (stayed until 8.30am). I don’t know if the sunrise is really worth it (lot of people ascending and watching the sunrise – a lot but nothing compared to e.g. Gn Bromo), nearly everyone going down around 7am, then there is virtually nobody. Trip (20km one way, good road B) to Kampung Adat Nggela (Lio). Although the village is habited and mostly out of the beaten path, I have mixed fillings due to the fact that most ladies (some are pushy) try to sell you (bad) pieces of ikat.
D19 : Moni – Ende via Detusoko paddy fields, Kampung Adat Saga (Lio) and Puncak Ndona ; 75km 2h30. We really liked Saga (nice setting on the mountain, friendly villagers, no selling, mix between traditional and more modern houses in that lively village). Sunset from Bukit Raja, on the peninsula with a 360 view on Gn Iya, Gn Meja Kota Ende and the mountains behind. Note : at the end of the road (search for Gunung Meja Tourist Info Center), there is a (sand) track leading to the path. 1/ only intend the track if you have off road driving experience ; 2/ dont trust the walking time stated by Maps.me. Took us 45mins on a steady pace to reach the summit. Night @Hoja Homestay, 300k for a comfortable AC room with bathroom.
D20 : Ende – Bajawa, via Air Panas Mengeruda ; grade A, 120km, 3 hours. Note : don’t plan to short in Mengeruda (Soa), very easy to spend a half day there, especially if playing with local kids. Stay @Cinnamon GH, 250k for double with fan and hot shower (cheaper options with shared hot shower availlable).
D21 : First day in Bajawa : Watu Nari Wowo (Avatar Hill, sic…), Kampung Adat Ngada Tololela & Gurusina (very very friendly people, complementary views of Gn Inerie & Wolo Deru). Sunset from Puncak Manulalu (well… Heaven’s door Bar & Restaurant)
D22 : Second day in Bajawa : Kampung Adat Ngio (hardly visited, best view on Gn Inerie), Air Panas Malanage, Kampung Adat Bena (the most visited Ngada village (after Bela ?) in the area, we went there at the end of the afternoon to avoid tours, early morning would be fine too), and Gunung Wolobobo for a terrific sunset
D23 : returned to Gunung Wolobobo for sunrise with Gn Ebulobo in the distance (search for a track on the eastern slope, near the communication antenna). You can circuit the rim to the usual viewpoint (westside, sunset spot), the path is easy to find. Then took again the road to Aimere, visiting Kampung Adat Belaraghi enroute (the setting is maybe less rewarding than all the previous villages). 56km ; 1h30. The road to Belaraghi is fine, except the final part.
D24 : Aimere – Ruteng (105km, 3h30). Nice detour by the paddy fields of Wodo (southwest of Golo Loni) of Sunset from Golo Curu (nice encounters with locals). Night @Tange GH, 130k for room with outside (private) bathroom, no breakfast.
D25 : Surroundings of Ruteng (paddy fields north and east of ruteng ; Maps.me has funny tracks starting from Kenda), and the rather pleasant city itself (pasar, churches, lapangan). We finally skipped Liang Bua.
D26 : Ruteng - Labuan Bajo (130km, 3h30). No visits of the waterfalls close to the TransFlores (entry fee (with bule prices) + mandatory guide etc…). Sunset from Bukit Hercadi with very few locals (Bukit Sylvia & Bukit Amelia, just south, were packed). 2 nights @Wellamas Homestay, away from the harbour and its advantages/disadvantages. 230k for comfortable AC room with hot shower.
D27 : New road to Golo Mori Convention Center (another big money well spent…), with nice views on the strait separating Flores from Pulau Rinca. Some empty beaches (e.g. Pantai Pasir Pajang ; we were there on a weekday perhaps frequented by people from LBajo only). 30km (40 mins) one way, perhaps the fastest road of Flores…
D28 : Morning on the peninsula north of Labuan Bajo before taking a flight to Jakarta in the afternoon. On Google maps, the asphalt road only goes to Teras Langit ; it now (august 2026) continues to Puncak Basok and is still in progress towards the eastern part of the peninsula. On the way back, two other nice Bukit where you can enjoy nice views on the bay (and the resorts…) : Bukit Lontar & Bukit Beta. Note : we only found one public (and nice and quiet) beach in the area ; tagged as Sunset Point Beach on Gmaps. All the rest was closed by fences ; they are privately owned (although the Indonesian consitution grants the coastline as public space).
We're a family of five: one dad, one mom, and three kids aged 10, 15, and 18.
Before diving into each stop in more detail, here are a few general thoughts:
We wanted to sample a bit of everything Japan has to offer in terms of landscapes, accommodation, and transport. We were after walks, temples, restaurants, shopping, and some downtime—but no "all-inclusive experiences" or museums for this first visit.
Three medium-sized (60x42x25) canvas suitcases, plus a duffel bag and a few small backpacks. 23 kg in the hold on the way out, 60 kg on the way back. 36 kg of shopping, without even trying. I think this is the maximum suitcase size if you don’t want to stress on the Shinkansen: they fit easily in the overhead racks.
Round-trip with Cathay Pacific, layover in Hong Kong: no need to collect luggage in Hong Kong—we checked it in at departure and picked it up in Tokyo, and the same on the way back (checked in Osaka, picked up at our final destination). This let us explore Hong Kong without worrying about our bags. Food and entertainment were pretty good—meals included a little Häagen-Dazs on each flight, and the entertainment had way more Asian cinema than you’d find on a Western airline, which was a nice way to see how much weight Western culture carries in Asia.
The original plan was to fly directly from Ishigaki to Hong Kong, but due to Typhoon Dolphin, we had to cancel the Ishigaki leg. Cathay didn’t bat an eye about swapping the Ishigaki-HK flight for an Osaka-HK one, even though it was twice as long.
We were a bit too attached to the idea of ending the trip with some beach time and replaced Ishigaki with Shirahama. It was a mistake—we should’ve visited Hiroshima or spent a little more time in Tokyo instead.
Last February, I made a trip using "public transport" from France to southern Senegal via Spain, Morocco, Western Sahara, and Mauritania.
It’s a journey of about 5,000 km, where I took trains (as far as Marrakech), ferries (to cross Gibraltar and then to reach Casamance from Dakar), and mostly buses on the long desert straightaways. I hadn’t planned any stops in advance or booked any hotels, except for the very first train to Spain, which left plenty of room for the unexpected.
Why travel by land and sea? In recent years, flight-free travel has been gaining popularity. On social media, posts explaining how to cross Europe by train as quickly as possible go viral. Traveling without flying—and making sure people know about it—has become a great way to earn a badge of eco-responsibility: an essential totem for anyone wanting to prove both their dedication to the ecological cause and the wisdom of slow travel.
I haven’t flown in years, and this journey to West Africa could easily be filed under "responsible travel." But it wouldn’t be honest to say that: in reality, it wasn’t really my aversion to flying that motivated this long trek. I see overland travel primarily as a way to experience the world’s geography at a grounded, earthly pace—the pace of the locals. Besides, I’ll be flying back, which disqualifies any claim to being a model of sustainability.
So no eco-badge, and no adventurer’s badge either: you won’t find any heroic tales of camel rides in lost lands or mineral train wagons in this account (popular with influencers, the Mauritania iron ore train now attracts tourists from all over the world, turning "the experience" into something you "have to do at least once in your life"). This five-part story, written on the road, has no other ambition than to recount a journey through places and people, and to share the thoughts they inspire in me. As simply and, I hope, as humbly as possible.
I’m posting the episodes here, which you can also find on my blog (with more photos) at the following links:
Episode 1: Spain, from Avignon to Algeciras
Episode 2: Morocco, from Tangier to Tarfaya
Episode 3: Western Sahara, from Tarfaya to Guerguerat
Episode 4: Mauritania, from Guerguerat to Nouakchott
Episode 5: Senegal, from Rosso to Saloulou
To help those who might want to make the same trip, I’ve also put together a summary of the route with recommendations—you can read it at the end of the story and on the blog:
From France to Senegal Without Flying: Route and Itinerary Recommendations
Hello and welcome aboard this new travel journal!
We’re heading off to Ireland together—a country I’ve wanted to explore for a very long time.
The moment has finally arrived.
We’ll be traveling as a family—my wife, my husband, and our 7-year-old daughter.
Here’s our itinerary:
24/07: Flight from Marseille to Dublin, overnight in Dublin
25/07: Dublin, overnight in Dublin
26/07: Dublin, overnight in Dublin
27/07: Pick up rental car, drive to Dingle, overnight near Tralee on the peninsula
28/07: Visit the Ring of Kerry
29/07: Adare, Bunratty Castle, Galway, overnight in Outheragh, near Galway
30/07: Cliffs of Moher, overnight in Outheragh
31/07: Connemara, overnight in Outheragh
01/08: Drive to Sligo via Westport and Downpatrick Head, overnight in Sligo
02/08: Slieve League, Silver Strand Beach, Glencolmcille, overnight in Sligo
03/08: Drive to Derry via Glenveagh National Park, overnight in Derry
04/08: Giant’s Causeway, Dunluce Castle, Portrush, Derry, overnight in Derry
05/08: Drive to Belfast, visit Belfast, overnight in Lisburn (Belfast suburbs)
06/08: Game of Thrones filming locations: Dark Hedges, Carrick-a-Rede, Ballintoy, etc., overnight in Lisburn
07/08: Drive to the Wicklow Mountains, visit Wicklow Mountains National Park, overnight in Blessington
08/08: Drive back to Dublin and return to Marseille.
Cost breakdown:
Flights:
Outbound flights with KLM via Amsterdam for 3: 175 € + 40,000 Flying Blue miles (so essentially a free ticket)
Return flight with Aer Lingus for 3: 489 €
Rental car:
10 days booked with Enterprise via Carigami: 443 € including zero-excess insurance.
Accommodation:
Dublin: 3 nights at Maldron Hotel New Cross: 394 €
Tralee: 2 nights in a caravan (Ocean Trail Oasis): 292 €
Outheragh: 3 nights Airbnb, family room with private bathroom: 430 €
Sligo: 2 nights at Clayton Hotel: 456 €
Derry: 2 nights at Belfray Inn: 255 €
Lisburn: 2 nights at Temple Golf Club: 232 €
Blessington: 1 night at Baltyboys Lodges B&B: 158 €
That brings our total to 3,325 € for three.
On the ground, visits, fuel, and food cost around 2,500 €.
So this was quite an expensive trip.
A few price examples:
1 liter of unleaded fuel: 1.89 €
3-day pass in Dublin: 18 €
1 scoop of ice cream: 5 to 6.5 €
Castle visit: 15 € per person
A coffee: 3-4 €
A glass of wine at a restaurant: 8-10 €
A half-pint of Guinness: 7-12 €
Now, here’s the day-by-day account of our adventure in Ireland:
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Hello everyone, I’m happy to welcome you to this new travel journal.
We’re heading to Costa Rica together—a Central American destination that dreams are made of for many French travelers and attracts crowds from France.
It was the country’s wild nature and safety that convinced us to go, since we’re traveling with our 7-year-old little one.
We didn’t have much vacation time in February 2026 (only 12 days), so we optimized as much as possible.
Here’s the itinerary:
Wednesday, February 11: Flight from Marseille to San Jose via Paris and Atlanta
Thursday, February 12: Pick up the car, drive to Poas Volcano, visit La Paz Waterfall Gardens
Friday, February 13: Poas Volcano and drive to Manuel Antonio
Saturday, February 14: Manuel Antonio National Park
Sunday, February 15: Nauyaca Waterfall and Playa Linda
Monday, February 16: Drive to Monte Verde and Santa Elena Reserve
Tuesday, February 17: El Tigre Waterfall Reserve and Treetopia Park
Wednesday, February 18: Monte Verde Reserve with a guide and drive to La Fortuna
Thursday, February 19: Sloth guided tour, Observatory Lodge Park
Friday, February 20: Arenal Volcano National Park, Termalistas del Arenal hot springs, and night tour
Saturday, February 21: Return to San Jose, flight to Paris via Atlanta
Sunday, February 22: Arrival in Paris and flight to Marseille.
That gives us a solid 9 days in the country.
Budget breakdown:
Costa Rica is an expensive country, but no more so than France. However, almost all hikes and waterfalls are paid entry, which can really add up.
For meals, sodas (6–10 €) are cheaper than restaurants (10–20 € per dish).
Flights:
We chose Delta Airlines for the price: Marseille to San Jose was 740 € per person (modifiable, with checked baggage and seat selection included).
Other direct flights from Europe were priced between 1200 € and 1600 € with more restrictive conditions.
That’s 2220 € for the family.
Accommodations:
Alajuela, first night: 139 € (1 night) at Rodeo Estancia Boutique Hotel, with personalized airport pickup, transfer to the hotel, and a briefing from Vert Costa Rica agency the next day.
Poas: 66 € (1 night) at Cabañas Tierra Fértil (entire apartment).
Manuel Antonio: 394 € (3 nights) at La Palapa Ecolodge (hotel in the jungle).
Monte Verde: Chalet Aloha Monteverde Cloud Forest (2 bedrooms): 125 € (2 nights).
La Fortuna: Arenal Dream Garden (1 bedroom): 217 € (3 nights).
Total: 941 €.
Car rental:
I went through Vert Costa Rica agency (Vincent is a French expat who set up the agency in Costa Rica and makes great YouTube videos with useful tips).
I rented a 4x4 that was delivered to the hotel the day after arrival and returned at the airport before the flight. The total was 772 €, including full insurance (zero deductible), a child seat, and a phone with a Costa Rican SIM and WhatsApp. The rental company was Poas Rent a Car. The vehicle was well-maintained—no complaints.
Gas: 100 € for the whole trip (3 fill-ups).
Activities:
To get discounts, I bought the pass offered by Vincent, which paid for itself after just one activity. It cost me 30 € (promo since I rented the car through him).
Prices are for 3 people. I’ve added stars to rate them:
La Paz Waterfall Gardens ****: 112 €
Poas Volcano National Park *: 33 €
Manuel Antonio National Park ****: 35 €
Nauyaca Waterfall ***: 25 €
Santa Elena Reserve **: 45 €
El Tigre Waterfall Reserve ****: 141 € (with meal)
Treetopia (ziplining, suspension bridges) **: 250 €
Guided tour of Monte Verde Reserve ***: 113 €
Sloth guided tour (with breakfast) ***: 115 €
Arenal Observatory Lodge (with meal) ****: 102 €
Arenal Volcano National Park *: 34 €
Termalistas del Arenal ****: 20 €
Night tour ***: 116 €
Total: 1171 €.
Meals: 600 €
My favorite restaurants:
Poas: Food court Mercaditas in Fraijanes
Manuel Antonio (near La Palapa): La Langosta and also El Patio
Near Nauyaca Waterfall: Ricar2 el Avión
Between Manuel Antonio and Monte Verde: Soda D’Calle
Santa Elena: HG’s Food
Guadalupe (between Monte Verde and La Fortuna): Soda Río Piedras
Arenal Observatory Lodge restaurant
Arenal Oasis Ecolodge restaurant
Other expenses: 300 € (groceries for breakfast, drinks, ice cream, souvenirs, etc.)
Total overall: 6065 € (about 2020 € per person).
Now, here’s the day-by-day account of this beautiful trip.
In early March, full of carefree joy and happy to return to Morocco, we landed in Marrakech under the sun.
We spent just one night in Marrakech at the Hôtel Toulousain, as we did on our previous trip. And we booked our 3 nights for the end of our trip, the second half of March... Ouch! Ouch! Ouch! But we’re not there yet...
Our first goal is to reach Magdaz, a mountain village in the Tessaout Valley, sometimes called the lost valley.
We discovered the village of Magdaz on this forum, and we were charmed by the photos and comments from travelers who came before us.
The road is easy—it’s dry, and the tarmac takes us right to the village gates at over 2,000 meters above sea level.
We arrive in the afternoon and are left speechless by the beauty of the place. A jewel of Berber architecture! Perfectly restored granaries and kasbahs!
A young man from the village guides us on the visit and opens the doors to the terraces overlooking the village.
Several magnificent collective granaries have been beautifully restored. The warm colors of the stone capture the light wonderfully. It’s stunning!
We won’t find anything decent to stay overnight there, so we head back down a bit and settle in at the Assounfou guesthouse. Lovely welcome. The place is in excellent condition and very clean. It’s spacious, but we’re the only ones there.
First day full of promise!