J'ai beaucoup aimé le nord-ouest de l'Iran et je tenais à apporter ma contribution au forum, bon, j'ai mis du temps et comme je n'ai pas eu le courage de résumer je vous livre le compte-rendu que j'envoie régulièrement à mes amis.
Nous avons découvert également une mine de renseignements dans le magazine francophone "La revue de Téhéran" sur Internet.
Province de Tabriz
19-20 avril: Tabriz (1 367m), province de l’Azerbaïdjan Oriental, relief volcanique
Visites: Azerbaijan Museum et Mosquée Bleue (1465), jolie, pas trop restaurée, mosaïques de céramique émaillée de la couleur bleue nommée firouzeh islam. Nous croisons des lycéennes qui nous réclament des selfies, avec plaisir, nous sommes beaucoup moins sollicitées depuis la fin des vacances de Norouz, les gens travaillent !
Une excursion au village de Kandovan (1575m) à 30 km, habitations creusées dans des cônes de tuf volcanique, beaucoup de touristes, les habitants doivent être lassés de ce viol de leur intimité, mais ils rétorquent par le commerce et chaque maison devient une boutique.
Toujours avec l’Office du Tourisme (« non, nous ne sommes pas une agence, mais un office du gouvernement ») qui a un quasi monopole sur les tours grâce à un pub efficace dans les guides, nous retenons une excursion de Tabriz à Jolfa, 370 km, avec un jeune Belge Carol. Coût 100€, cher !
21-22 avril: Jolfa (708m)
(à partir de là, plus de touristes européens)
Le jour dit une voiture vient nous récupérer à notre hôtel, le chauffeur est musicien traditionnel mais ne parle pas anglais, je fulmine, quoi ? juste chauffeur, même pas guide ??? Là je pense qu’on a été pris pour des pigeons, et au retour j’irai me plaindre à l’agence où j’aurai droit à des explications vaseuses du genre avec nous vous êtes en sécurité (tu parles, je regrette de n’avoir pas employé de guides d’une vraie agence de tourisme qui gagne sa croûte sans subventions !!!)
En route pour Babak Castle, au village on monte dans un 4x4 et on termine l’ascension à pied, une bonne demi-heure pour arriver à la fortification, à 3 200m, bien conservée, qui date du 9ème siècle. On croise un groupe important de randonneurs du dimanche… heu… du vendredi plutôt bien équipés qui marchaient à la journée.
Déjeuner au retour d’un ashe-e dur, soupe au lait aigre, pois chiches, orge et herbes, c’est bon, accompagné de thé.
L’après-midi montagnes russes, nous grimpons de cols en cols, environnés d’intense verdure (la terre volcanique est fertile et bien arrosée) arrêt photo jacinthes sauvages, et dernier col, altitude inconnue mais le regard plonge loin sur les lignes de crêtes de l'Azerbaïdjan, puis descente jusqu’à la vallée de l’Araxe, le chauffeur conduit comme un fou en tapotant son volant pour battre la mesure d’une musique imaginaire, aïe ! du calme !!! Heureusement, très peu de voitures.
La rivière roule une eau café au lait, en face l’Azerbaïdjan puis l’Arménie et leurs hautes montagnes. Tout le long un chemin de fer russe toujours en activité.
Jolfa, ville-frontière, zone franche, j’en ai profité, j’ai acheté une crème Nivéa main anti-âge et on s’est offert un super appart-hôtel: Hôtel Altin qui est passé de 75 à 45$, serions-nous devenues des pros de la négociation ??
Nous sommes dans la région des anciens monastères arméniens qui datent du 7è au 14è siècle et qu’on avait bien envie de visiter !
On commence par le monastère San Stefano, une merveille, env 10è siècle, la partie la mieux conservée date du 14è, croix arméniennes, saints et anges.
Puis au retour coup d’oeil à la mignonne chapelle San Andreyordi.
Casse-croûte déjà testé à Tabriz, un sandwich local fait de deux plaques de pain extra fin (pas terrible, qui sert à envelopper les bouchées de nourriture) dans lesquelles on écrase pomme de terre, oeuf dur, beurre et herbes et on roule le tout. Les melons et les pastèques ont fait leur apparition, ainsi que des fraises. Et bien sûr nous avons toujours un sachet de fruits secs: pistaches, amandes, noix…
23-24-25 avril: Maku
Départ à 9h30 en savari, nous récupérons Carol à son hôtel bon marché et en route pour Maku. Nous admirons et photographions de loin l’église Sainte Maryam, 16ème, sise sur les berges de l’Araxe, les militaires de garde nous interdisant d’aller trop près.
Maku est en pleine extension, capitale d’une zone franche de 5 000 m2 ouverte en 2 011, la ville s’allonge entre deux montagnes aux belles parois abruptes couleur orangé, je m’y sens bien.
Hôtel Maku Tourist Inn, la réceptionniste Zara est très sympa, déjeuner sur place et hop, un taxi affrété depuis l’hôtel pour aller voir l’église Dzor Dzor.
Belle route, on grimpe, col, on descend sur un lac de barrage , contrôle, on abandonne une photocopie de notre passeport et on peut prendre la piste pour saluer l’adorable petite église du 16è, reconstruite au-dessus du barrage.
Le lendemain Zara nous trouve un chauffeur pour aller à l’extrême nord de l’Iran fleureter avec la frontière turque, le mont Ararat et les champs de lave. Nous montrons patte blanche plusieurs fois devant des militaires. Arrêt tout en haut, à Cheshmeh Soreyya, où nous pique-niquons à côté d’une famille qui dépèce un agneau, vue tronquée du grand mont Ararat (5 165 m) sous les nuages mais son petit frère est bien visible.
Mardi je pars seule avec Reza, notre chauffeur à la découverte du monastère arménien San Thaddeus. On passe par les thermes rudimentaires de Showt, vue superbe sur le Mt Ararat bien dégagé. Visite du monastère qui date du 7è siècle, a subit un tremblement de terre au 14è et est en restauration, c’est le monument chrétien le plus important d’Iran, et un chef-d’oeuvre.
Au pied de l’enceinte Reza nous prépare des brochettes de poulet sur feu de charbon de bois, et bravo à mon Opinel bien aiguisé qui a découpé fièrement les morceaux de viande de poulet (d’élevage, on voit partout les bâtiments qui les abritent).
Et pour clôturer la journée, nous partons tous: Zara, Reza, Martine et Martine en pique-nique organisé par Zara, le long d’une chouette vallée, on pose couvertures et paniers au bord du torrent, et on goûte gâteaux, pastèques, fruits, thé, quelle jubilation ! Nous remontons la vallée à pied, sauf Reza qui conduit et découvrons dans toute sa splendeur le mont Ararat au coucher du soleil, vue époustouflante ! Bien sûr Reza est le mari de Zara, nous ne l’avions même pas compris, heureusement pas d’impairs et nous allons récupérer le marmot du couple chez les parents de Zora qui habitent un village proche, la famille est adorable, cela va sans dire.
26 avril: Orumiyeh
Au revoir Zara, gros bisous, nous enverrons les photos par Internet !
Bus pour Orumiyeh, 5h, j’avais envie de contempler ce lac salé, à la disparition programmée à cause du détournement des rivières qui l’irriguent au profit de Tabriz. Bel hôtel, relax et balade dans la ville, église St Marie, 2ème plus vieille église chrétienne après celle de Bethléhem.
27 avril: Tabriz
Au diable l’avarice, nous prenons un taxi pour retourner à Tabriz, 35€, cela nous permettra de faire des arrêts photos ! Le lac d’Orumiyeh ressemble à un salar, il est en eau au milieu.
28-29 avril: Ardebil (1310 m)
Bus à 10h pour Ardebil, hôtel Sabalan, il fait froid, la température a chuté. Visite du beau mausolée Sheikh Safi-od-Din célèbre mystique. C’est vendredi, le bazar est fermé.
Nous allons nous renseigner sur les vols pour Téhéran, excellente idée, nous trouvons des places pour après-demain à 12h50, au prix incroyable de 23€ par personne.
Samedi l’hôtel nous procure un taxi à qui nous indiquons où aller: sur le site de Shahar Yeri à côté du village de Pirazmiân, à 21 km de la ville de Meskin (elle à 85 km d’Ardebil). Il ne connaît pas, regarde sur ma carte maps.me, cherche sur Google sur son smartphone Samsung (Apple est rare, mais j’ai vu des tablettes), prend la route et à 60 km de là repère le panneau indicatif du site.
C’est un site de menhirs datant du 2è-1er millénaire av JC, les pierres taillées mesurent de 35 à 250 cm de haut et représentent des hommes avec une épée, c’est extraordinaire, nous sommes ravies d’avoir découvert cela, et le jeune chauffeur aussi !
Déjeuner d’une soupe ashe-dur et direction parc de Meshkin-Shahr, où nous arpentons un pont suspendu de 365 m de long et 80 m de haut.
Retour à Ardadebil et le lendemain nous nous envolons pour Téhéran.
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