Le problème du passage de la frontière transnistrienne, c'est qu'on ne peut jamais vraiment être sûr de rien. Personnelement, j'y suis allé 5 fois, et je n'ai jamais eu le moindre problème. Début août 2004, juste après les "événements" de juillet, on m'a laissé passer sans faire d'histoires. Le douanier transnistrien a juste regardé mon passeport d'un air perplexe en demandant: "C'est quoi, ça?" -"Euh... un passeport français... " -"Ah bon... Le visa, c'est 6 lei et vous devez repartir avant 24 heures. Suivant." C'est tout. Pourtant il parait que parfois c'est loin d'être aussi simple, qu'on vous accable de questions, qu'on fouille votre voiture de fond en comble et qu'on vous fait payer le visa 50 $, voire plus. Je dois avoir de la chance.
Je ne sais pas quel statut on a aux yeux des autorités moldaves quand on se rend en Transnistrie. Ce qui est sûr, c'est que pour aller en Transnistrie à partir de la Moldavie, on n'a pas besoin d'autre chose que de son passeport. Les autorités transnistrienes vous donnent un visa de transit (celui qu'on payait 6 lei en 2004, 7 en 2005...et probablement 8 en 2006, qui ressemble à un tiquet de caisse et qu'il ne faut pas perdre pour pouvoir ressortir sans complications, quelles qu'elles puissent être). Une fois en Transnistrie, vous ne pouvez passer en Ukraine que si vous avez le visa ukrainien. Inversement, vous ne pouvez entrer en Transnistrie en venant d'Ukraine que si vous avez un visa moldave. C'est peut-être compliqué au premier abord, mais en fait c'est très simple: officiellement, la Transnistrie n'existe pas. Donc, quand on est en Transnistrie, on est (officiellement) toujours en Moldavie. D'ailleurs, les douaniers transnistriens n'inscrivent ni ne tamponnent rien sur les passeports, comme si la frontière que vous êtes en train de passer n'existait pas.
Les autorités moldaves, elles, ne font strictement rien quand vous passez. Avant les check-points transnistriens, du côté moldave, il y a une barrière (ouverte) et des policiers moldaves qui regardent la route d'un air las, à l'ombre de leurs immenses casquettes noires. Ils font signe à votre bus de passer tout en continuant à discuter entre eux... Au bout d'un no-man's-land d'une largeur variable, il y a le poste frontière transnistrien. De part et d'autre de la route, vous apercevez des tranchées, des filets de camouflage, parfois des blindés en dessous. Ca en impose, c'est comme si la "Guerre d'Indépendance" durait toujours, depuis 1992. Cette fois, les douaniers ont des casquettes vertes, mais elles sont toujours aussi gigantesques. Si votre passeport n'est ni moldave ni transnistrien, vous devez passer au guichet. C'est là que les ennuis peuvent commencer, mais encore une fois, je n'en ai jamais eu. Ceci dit, je n'y suis pas retourné depuis septembre. La situation étant en ce moment plus tendue que l'été dernier, il est possible que les contrôles soient plus stricts. Le seul moyen de le savoir serait d'aller voir. Dernière remarque, j'ai du mal à imaginer ce que pourrait vouloir dire être "hors la loi" en Transnistrie. C'est une notion qui me semble très relative. Ca doit largement dépendre de la personne que vous avez en face de vous... Du reste, en France...