Bonjour à tous !
Me voilà de retour de deux semaines dans le sud du Kazakhstan. Je suis partie avec une amie, et nous avons tout organisé nous-mêmes. Nous sommes rentrées enchantées de ce voyage : paysages magnifiques, beaucoup d'animaux vus dans les parcs, et puis surtout hospitalité et accueil au top... Tout cela me donne bien envie d'y retourner, et de découvrir les autres pays de la région. En attendant, je vous partage le récit de ces deux semaines de voyage... N'hésitez pas si vous avez des questions. Et si vous voulez plus d'infos pratiques et/ou voir plus de photos, vous pouvez aller voir sur mon blog :
https://smilingaroundtheworld.com/category/kazakhstan/J1 : Premiers pas kazakhes à Chymkent
Nous voilà donc au Kazakhstan pour deux semaines. Nous avons fait excellent voyage avec Air Astana, qui entre illico dans mon top 3 des meilleures compagnies d’aviation ! Dès l’aéroport le service s’est avéré au top, avec des personnes très aimables et qui se sont démenées pour que nous puissions avoir toutes les deux des repas végétariens (ma commande n’avait pas été prise en compte lors de la réservation des billets sur le site). L’avion pour Nur-Sultan (le nouveau nom de la capitale, anciennement Astana, renommée le mois dernier en l’honneur du président ayant démissionné), était aux trois-quarts vides et nous avons chacune pu bénéficier de trois places. Nous avons eu droit à une incroyable pochette de voyage, avec notamment un masque de nuit réversible, sur lequel est écrit en phosphorescent « Ne me dérangez pas » ou « Réveillez-moi pour les repas ». Top ! Quant à la lumière dans l’avion, je crois que l’intérieur est passé par toutes les couleurs pour simuler une soirée, un début de nuit, la nuit noire puis l’aube. C’en était même assez surréaliste, ces lumières et tous les masques des gens qui scintillaient ^^ Le vol était un peu tôt et un peu court pour que nous dormions bien, mais c’était tout de même agréable :-)
A l’arrivée à Nur-Sultan l’ambiance est un peu plus froide. Il y a du personnel partout, nous sommes ultra surveillées. Une caméra nous filme même lorsque nous entrons dans le terminal. Nous faisons tamponner nos passeports puis nous installons pour attendre notre deuxième vol. Nous finissons par nous rendre compte que nous n’attendons pas au bon endroit… nous sommes toujours au terminal international, alors que notre second vol est un vol interne. Nous finissons par trouver le bon endroit, sauvées !
Nous commençons notre séjour à Chymkent, dans le sud du pays. Nous posons nos valises au City Hostel, une auberge de jeunesse hyper moderne qui propose des chambres doubles. La décoration est dans le style « industriel », avec de très hauts plafonds, on aime beaucoup. Lorsque nous arrivons il est trop tôt pour faire le check-in, alors nous déposons simplement nos bagages et ressortons faire un tour dans le quartier. Il y a pas mal de circulation, les avenues sont très larges. Malgré cela il y a aussi pas mal de verdure et d’espaces verts, ce qui aère un peu le tout.
Nous déjeunons (pizza + smoothie) au dernier étage d’un centre commercial, puis nous poussons jusqu’au quartier pré-russe, un quartier beaucoup plus calme avec ses petites rues et ses maisons individuelles.
De retour à l’hôtel, après avoir effectué le check-in, nous nous offrons deux bonnes heures de sieste, ça fait du bien ! En fin d’après-midi nous nous mettons en quête du Salman bazar. Ce n’est pas très simple à organiser - c’est là que nous réalisons que Chymkent n’est pas une destination très touristique – mais nous finissons par nous débrouiller avec l’aide de la réceptionniste de l’hôtel qui nous appelle un taxi. Ce bazar est très grand et possède tout ce dont on pourrait avoir besoin pour la vie quotidienne : vêtements, alimentation, produits ménagers, jouets…
Nous faisons quelques courses pour notre dîner puis nous reprenons un taxi en direction du parc de l’indépendance, inauguré en 2011 pour les 20 ans de l’indépendance du Kazakhstan. Ce parc nous plaît beaucoup, il est très arboré, et la lumière de fin de journée est comme toujours très belle et agréable… Au centre, un grand monument rappelle le centre d’une yourte.
Nous rentrons ensuite tranquillement à pied vers l’hôtel, via la place de l’indépendance puis plusieurs parcs. Nous voulions boire un verre en chemin mais nous ne trouvons rien d’inspirant, tant pis. Nous dînons à l’hôtel et filons dormir, demain on se lève tôt… Nous partons en effet pour deux jours à la découverte du parc Aksou-Jabagly. Ce parc national est célèbre pour ses paysages en cette saison il devrait être très fleuri, avec notamment des tulipes. On verra bien !
J2 et J3 : Canyon, tulipes et vie sauvage dans le parc d’Aksou-Jabagly
Situé à deux heures de route de Chymkent, le parc d’Aksou-Jabagly est réputé être l’un des plus beaux de la région. Nous le rejoignons en taxi depuis Chymkent à notre arrivée nous sommes chaleureusement accueillies par Ruslan et sa mère. Ils habitent à l’entrée de la réserve, au pied des montagnes, dans une maison entourée de peupliers. L’environnement est exceptionnel, et nous tombons immédiatement sous le charme des lieux.
Pour cette première journée nous partons à la découverte du canyon d’Aksou. Ruslan nous a réservé un 4x4 avec chauffeur et ranger. Le ranger parle quelques mots d’anglais, avec les quelques mots de russe de Coralie ça devrait le faire ! Après un arrêt « point de vue » la route cède la place à de la piste. Il a beaucoup plu ces derniers jours et la piste est parfois très boueuse à un moment nous devons même traverser une rivière. Les quatre roues motrices ne sont pas de trop ! Le ranger nous montre quelques marmottes en bord de chemin, elles sont adorables.
Nous finissons par arriver à « la maison de l’inspecteur n°1 », qui surplombe le canyon. La vue est magnifique, entre hautes falaises, fleurs sauvages, conifères et rivière Aksou qui serpente tout au fond. Pendant que le chauffeur reste à papoter avec l’inspecteur, nous descendons avec le ranger au fond du canyon. Les tulipes que j’espérais tant sont au rendez-vous, je suis contente ! Il y en a des rouges, des jaunes, des bicolores…
Arrivés au fond du canyon, nous faisons une petite pause au bord de la rivière. « Aksou » signifie « eaux blanches » en kazakh l’eau a effectivement une couleur très particulière, un bleu à la fois très clair et très intense, comme celle de certaines lagunes sud-américaines. Elle coule en bouillonnant autour des rochers.
La remontée se fait plus facilement que ce que nous craignions. Une fois en haut, nous continuons à longer le canyon. La perspective change au fur et à mesure de notre progression, nous ne nous lassons pas de ce panorama… Au-dessus de nous, des aigles tournent dans le ciel.
Au bout de 2km environ le chauffeur nous récupère avec la voiture et nous continuons jusqu’à un petit kiosque au pied des montagnes, où nous pique-niquons. La mère de Ruslan nous a préparé des « lunch boxes » végétariennes, c’est bon et ça fait du bien de manger. Par contre cela s’est très nettement rafraîchi, nous ressortons les doudounes et les écharpes ! A la fin du repas, le chauffeur s’éloigne avec un seau, on comprend qu’il va cueillir des champignons avec l’inspecteur n°2, qui a une maison juste à côté.
Nous profitons encore des lieux le temps de la cueillette du chauffeur, et puis nous repartons en direction de chez Ruslan. Enfin, c’est ce que nous pensions… Le retour s’avère en fait assez interminable, le parc n’est pas aussi désert qu’il y paraît et le chauffeur s’arrête toutes les cinq minutes pour discuter avec les gens que nous croisons. A un moment on retombe sur l’inspecteur n°2 à cheval, on dirait qu’il y a un souci avec une voiture un peu plus loin… Le chauffeur et le ranger sortent en trombe de la voiture, se dirigent vers l’autre voiture, on entend des éclats de voix… Quand ils reviennent on essaie de comprendre ce qui s’est passé, sans succès. Nous nous arrêtons de nouveau à la maison de l’inspecteur n°1 (vous suivez ?), là ils nous font carrément descendre en nous disant que l’inspecteur n°2 a besoin de la voiture quelques minutes ils repartent en nous laissant en plan avec l’inspecteur n°1 qui rentre chez lui en nous laissant dans le jardin :-D On s’occupe avec les chiots, et puis je fais une petite sieste au soleil… Trois bons quarts d’heure plus tard nous finissons par repartir, on n’a pas tout compris et on n’en saura pas plus !
Nous rentrons (presque) sans nous arrêter jusqu’à la maison de Ruslan. Notre chambre est prête et nous nous installons rapidement avant d’aller dîner. Il faut dire qu’il est déjà 18H30, alors que nous devions rentrer vers 16H. La cueillette des champignons, ça ralentit ^^ La mère de Ruslan nous a préparé un délicieux repas : soupe de légumes, salade de crudités et ragout de champignons, carottes et pommes de terre. On se régale !
Nous profitons ensuite de cette grande soirée pour organiser un peu la suite de notre voyage tout en sirotant du thé. A un moment Ruslan et sa mère nous font signe qu’il y a des sangliers juste en face, on les voit très bien ! Il y a trois adultes et trois marcassins. Nous faisons également un petit tour dans le jardin, nous regardons le soleil se coucher, je fais un peu de blog, Coralie bouquine… Une agréable soirée, et une non moins agréable nuit de dix heures !
Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner, nous partons à pied dans le parc. Le sentier part juste à côté de la maison de Ruslan, c’est pratique ! Aujourd’hui nous sommes avec un autre ranger, deux Allemands (frère et sœur) et leur guide anglophone (qui ne guide pas grand-chose). Nous marchons sur une route de terre battue il y a encore plus de tulipes qu’hier, et les montagnes enneigées au loin sont sublimes. Au bout de 5km nous arrivons à une petite cabane, puis nous continuons encore un petit kilomètre jusqu’à Kishy Kaindy, un point de vue sur les chutes de la rivière Jabagly (Jabagly qui signifie « poulain âgé d’un an »). C’est spectaculaire ! Nous restons un bon moment à admirer ce spectacle de la nature. Comme hier, le ranger ne nous presse pas du tout et c’est bien agréable. Nous voyons également des aigles, et un bouquetin perché sur une crête.
Nous pique-niquons à la cabane avant de redescendre par le même chemin qu’à l’aller. Cette fois nous avons les hauts sommets enneigés face à nous, comme c’est beau !
Nous récupérons nos bagages et faisons nos adieux à la mère de Ruslan. Elle est toute contente aujourd’hui car sa petite-fille est là. Elle nous dit qu’elle est « babouchka », ça j’ai compris ! Ruslan nous accompagne ensuite en voiture jusqu’à Turar Rysqulov, d’où nous prenons un taxi collectif pour Chymkent.
A Chymkent nous galérons un peu avec notre AirBNB. Nous attendons une demi-heure la personne qui doit nous ouvrir, puis nous découvrons que le wifi ne fonctionne pas or nous avons plein de réservations à faire ce soir. La dame finit par nous prêter une carte sim kazakhe avec de la data, que Coralie met dans son téléphone en mode « partage de connexion » pour que je puisse avoir un peu de net aussi. Tout cela nous prend quasiment deux heures. Pfiou ! Nous filons ensuite faire quelques courses au supermarché. Sur le chemin du retour des lumières m’attirent le regard, il s’agit d’une rue piétonne toute décorée avec une fête foraine à côté. C’est très animé, nous y passons un bon moment à flâner et à regarder passer les gens ! Le reste de notre soirée est studieux, entre préparation du dîner et réservation de nos prochaines étapes.
J4 : Turkestan, mausolée de Yasawi et ruines de Sauran
Ce matin, après un dernier petit tour dans Chymkent, nous prenons la direction de Turkestan. Lorsque nous arrivons à la gare routière on nous dit que le prochain bus est dans près de trois heures, mais qu’il y a des minibus qui partent quand ils sont pleins. Le système est bien rodé, et en quinze minutes à peine notre minibus est prêt à partir. Nous avons une place chacune (et une pour nos bagages car il n’y a pas de coffre !), le minibus est plutôt neuf, bref rien à voir avec Madagascar -)
Le trajet se passe bien en dépit de quelques frayeurs automobiles le chauffeur va parfois un peu vite pour moi ! Sur le bord de la route, les champs sont pleins de coquelicots, c’est très joli. A notre arrivée nous filons tout droit à l’hôtel Edem, où nous ne dormirons pas (train pour Almaty à minuit oblige) mais où nous voudrions laisser nos bagages pour la journée. Ils acceptent facilement, super ! Une fois délestées de nos sacs et valises, nous attaquons nos visites.
Nous commençons par visiter le joyau architectural et plus grand site de pèlerinage du Kazakhstan : le mausolée de Khodja Ahmad Yasawi, un grand sage soufiste. La tombe originelle de Yasawi était déjà un lieu de pèlerinage lorsque Tamerlan ordonna en 1390 la construction d’un mausolée plus grand. Celui-ci est décoré de faïence blanche et bleue, et possède une coupole turquoise (actuellement en rénovation). La façade principale, non terminée à la mort de Tamerlan, est restée en terre avec des échafaudages apparents. Impressionnant ! Le site est classé à l’UNESCO. A l’intérieur, la salle principale expose un grand chaudron et d’autres petites salles exposent des plats, des pièces anciennes, des ceintures… Le tombeau de Yasawi est visible via deux corridors adjacents.
Nous nous baladons ensuite dans le parc, qui comprend de nombreux autres mausolées et tombeaux. Nous visitons les anciens bains, la mosquée du Vendredi, puis le musée d’histoire. La mosquée souterraine, où se trouve la cellule dans laquelle s’est retiré Yasawi à la fin de sa vie, était malheureusement inaccessible pour travaux.
Nous repassons ensuite à l’hôtel Edem afin qu’ils nous appellent un taxi, et nous partons visiter l’ancienne forteresse de Sauran. Cette cité de la route de la soie, autrefois prospère, est désormais réduite à l’état de ruines entre lesquelles fleurissent des milliers de coquelicots. De hautes murailles entouraient une ville active et décrite comme agréable. Beaucoup de fondations persistent et sont encore visibles. Le lieu est grand, calme, quasiment désert et empreint comme souvent d’une certaine mélancolie… Les coquelicots d’un rouge profond se balancent dans le vent, entre ce qu’il reste de cette ville, et nous rappellent à quel point les choses passent et sont éphémères.
De retour à Turkestan nous dînons au restaurant de l’hôtel Edem (il fallait bien les remercier tout de même -)) et puis nous filons à la gare attraper notre train… 18 heures de voyage nous attendent jusqu’à Almaty !
J5 : De Turkestan à Almaty, 18 heures de train à travers la steppe kazakhe
C’est en train que nous rejoignons Almaty depuis Turkestan. Nous réservons nos billets la veille du départ, et il ne reste plus que six places disponibles : trois en seconde classe, pas du tout ensemble, et trois en première classe, pas ensemble non plus mais dans le même wagon. Nous optons pour la première classe ! C’est plus cher mais bon, pour un long trajet comme ça un peu de confort ne fera pas de mal… Nous nous demandons un peu si nous allons réussir à changer de cabine pour être ensemble, mais finalement cela se résout tout seul : lorsque nous embarquons, le contrôleur/chef de wagon remarque illico que nous ne sommes pas ensemble. Il expulse alors littéralement un jeune homme de sa couchette afin que nous puissions voyager dans la même cabine. Cela nous gêne pour le jeune homme en question, même s’il a l’air de bien le prendre… on le remercie en fruits secs (bon et je confirme qu’il l’a bien pris, le lendemain il est venu papoter avec nous). En tout cas nous sommes bien contentes d'avoir notre petite cabine personnelle pour ce long voyage, d'autant plus que nous sommes les seules étrangères et les seules femmes du wagon.
Dix-huit heures de train, cela peut sembler long, mais ces grands trajets en voyage ne sont pas du temps perdu ; au contraire ils en sont la respiration. Ce sont les moments indispensables à la digestion des choses déjà vécues, et à la préparation des futures découvertes. Ce sont aussi pour moi des moments privilégiés pour réfléchir. Voyager ainsi, lentement, au rythme du train, c’est s’endormir dans les faubourgs de Turkestan, bercée par le roulis et les grincements du train, et se réveiller dans la steppe. C’est sentir que le train ralentit puis s'arrête, descendre un instant sur le quai et regarder les dames vendre de quoi manger aux passagers. C’est prendre le temps d'écrire, de lire, de penser. C’est discuter avec nos voisins, et malgré la barrière de la langue parvenir à communiquer un peu. C’est pique-niquer sur la petite table de notre cabine, avec le paysage qui défile par la fenêtre, et écouter de la musique. C’est se sentir privilégiée, s'imaginer dans l'Orient-Express ou dans le Transsibérien. Se redire qu'un jour, un jour vraiment, on le prendra ce Transsibérien. Et sourire en se disant qu’en attendant, dans quelques mois, il y aura le Transcanadien...
J6 et J7 : Almaty, la « petite pomme »
Ancienne capitale du Kazakhstan, Almaty est réputée être la ville la plus occidentale et animée du pays. Nous avons eu un peu de mal au début à identifier le centre-ville - il est plus étendu et moins dense que ce à quoi nous sommes habitués en Europe - mais une fois nos repères pris nous avons eu beaucoup de plaisir à nous balader le long des grandes avenues bordées de cafés et dans les quelques rues piétonnes. L'emblème de la ville est la pomme, que l'on retrouve déclinée sous plusieurs formes dans la ville, des bancs aux statues en passant par les fontaines. La pomme originelle, dont descendent toutes les pommes que nous connaissons aujourd’hui, serait en effet originaire des montagnes du Kazakhstan.
Côté nature, Almaty est une ville assez verte. Elle possède de grands parcs, comme le parc Panfilov qui sert d'écrin à la cathédrale Zenkov. Certaines rues sont également très arborées, tellement que l'on croirait presque des jardins. Souvent, au hasard d’une rue, de hautes montagnes se dévoilent…
Côté shopping, les boutiques traditionnelles voisinent avec les grands enseignes internationales. Nous avons beaucoup aimé le green bazar, un grand marché qui vend de tout. La partie alimentaire était super, avec des stands de légumes marinés, de fruits secs ou encore de fruits frais bien empilés... Un plaisir pour les yeux et beaucoup de tentations pour moi !
Côté culture, Almaty possède plusieurs musées. Nous en avons visité deux : le musée des Beaux-arts et le musée national. Ils sont tous les deux situés dans des bâtiments extérieurement très soviétiques, mais le musée des Beaux-arts s'est avéré plutôt moderne et avec une muséographie agréable à l'intérieur. Quant au musée national, il est plus resté dans son jus ^^ Rien que de l'arpenter était une expérience en soi. Et puis nous y avons fait pas mal d'achats... Le hall est une boutique géante avec beaucoup d'artisanat, nous nous sommes fait plaisir.
Les bains Arasan sont un incontournable à Almaty. Il paraît qu'ils font partie des plus beaux bains d'Asie Centrale... sur le plan architectural je ne les ai pas trouvés fous (rien à voir avec ceux de Budapest par exemple), mais qu'est-ce que ça fait du bien d'aller s'y prélasser après une journée de visite ! J'ai navigué avec bonheur entre le sauna, le hammam et le sauna russe avec une préférence pour ce dernier, moins sec que le sauna traditionnel et moins humide que le hammam. On peut acheter des bouquets de feuilles pour se frapper (ou se faire frapper) avec afin d'activer la circulation sanguine. Les tarifs sont très abordables en plus... En semaine, un soir, nous avons payé 1800 tenge soit 4.5 euros pour une heure. A noter qu'ils rajoutent 20 minutes pour se changer donc on peut vraiment rester une heure complète dans les thermes.
Côté restos, nous n’en avons pas testé beaucoup car nous avons préféré limiter notre budget alimentaire en cuisinant nous-même. Nous avons toutefois testé et largement approuvé le Daredzhani, un super resto géorgien où nous nous sommes régalées. Nous ne connaissions pas la cuisine géorgienne et elle nous a bien plu avec ses légumes cuisinés de diverses manières et ses pains fourrés au fromage, à la pomme de terre et/ou aux œufs, sans oublier les pâtes de fruits très fines au raisin. Nous y avons d’ailleurs dîné deux fois tellement c’était bon ! Nous nous sommes également régalées au Coffee Delia, où l’on peut déguster de bonnes pâtisseries dans un cadre très cosy.
Outre son côté agréable à vivre, Almaty est également un bon point de chute pour rayonner dans les environs, et nous avons été heureuses d’y rester huit jours afin d’explorer un peu plus la région !
J7, J8 et J9 : Se mettre au vert autour d’Almaty : Kok Tobe, Shimbulak, Medeo et grand lac d’Almaty
Durant notre séjour à Almaty nous avons utilisé à plusieurs reprises un moyen de transport peu habituel : le téléphérique ! Ici cela s'appelle "gondola", et cela nous a permis de prendre de la hauteur et d'aller respirer un peu le bon air pour des montagnes qui entourent Almaty ;-)
Première balade en téléphérique : Kok Tobe. Le téléphérique part du centre-ville et conduit au sommet d'une colline surplombant Almaty. En haut c'est ambiance fête foraine avec une maison inversée, une grande roue, des manèges, l'inévitable dresseur d'aigle... Il y a même un petit coin dédié aux Beatles, musique et statue incluses !
Deuxième balade : Shymbulak. Cette fois il faut prendre un bus jusqu'à Medeo puis trois télécabines jusqu'au sommet de la montagne, à 3200m d'altitude. Shymbulak est la plus grande station de ski d'Asie centrale. Nous y allions pour randonner mais en fait il restait encore de la neige et des skieurs, alors nous nous sommes contentées d'admirer le panorama... avec le ciel bleu et le soleil que nous avions, c'était superbe ! Nous nous offrons ensuite un thé en terrasse, ambiance "chalet d'altitude"... chez Paul, on n'est pas complètement depaysées ;-)
Avant de reprendre le bus nous faisons un tour à Medeo, où se trouve une grande patinoire. Avec ses 10 000 m2 elle peut accueillir mille patineurs l'hiver ! En cette saison elle est fermée ; une partie sert du coup de piste de kart, et l'autre de piste d'atterrissage pour les parapentes.
Situé à une heure de route du centre-ville, le grand lac d'Almaty se révèle au dernier moment, au décours d'un virage, niché dans un écrin de montagnes et de verdure. Avec le coup de froid qu'il y a eu il y a quelques jours, il est gelé et les bords en sont enneigés. Une belle ambiance hivernale ! La glace commençait tout de même à fondre, on entend l'eau travailler dessous, et lorsque Coralie essaie de marcher sur la glace celle-ci s'effondre sous ses pas. Il est malheureusement impossible d'en faire le tour, un ranger veille au grain et bloque les intrépides (dont nous ;-)).
J10 et J11 : Excursions autour d’Almaty : Charyn Canyon, Issik et Turgen
L'office du tourisme d'Almaty est très dynamique et organise des sorties les week-ends et les jours fériés. Nous sommes ainsi allées à Chharyn Canyon puis du côté d'Issik et Turgen. Un bon moyen de découvrir les environs d'Almaty pour un coût modeste (la sortie revient à 6000 tenge environ soit 15 euros/personne).
Formé au fil des millénaires par l'érosion et le vent, Charyn Canyon rappelle le Colorado et le Grand Canyon. La partie la plus touristique, que nous avons visitée, s'appelle la vallée des châteaux en référence à l'aspect des roches, qui rappelle des tours. Nous nous baladons d’abord sur la crête, où se trouvent de nombreux points de vue, puis nous descendons dans le canyon. Une balade de trois kilomètres mène aux bords de la rivière Charyn. L’endroit semble un lieu de détente apprécié des familles kazakhes, qui pique-niquent, jouent au ballon, prennent le soleil… IL y a également un hôtel, des bungalows, des yourtes et un restaurant.
Issik est célèbre pour ses tumulus et pour son homme d’or – peut-être bien une femme d’ailleurs – qui y a été retrouvé. Un petit musée expose quelques artefacts. Un peu plus loin se trouve le lac d’Issik, autrefois asséché, désormais en cours de ré-apparition…. Naturelle ou non, ce n’est pas très clair !
Quant à Turgen, il s’agit d’un parc naturel réputé pour ses gorges et ses cascades. Nous n’avons pas le temps de l’explorer en détail, mais le bus traverse de bien beaux paysages et puis nous marchons quand même jusqu’à la Bear Waterfall, la cascade de l’ours. Sans être incroyable, elle reste tout de même un joli but de balade.
Outre le côté pratique de ces excursions organisées depuis Almaty, nous avons apprécié de pouvoir faire une activité faite par les Kazakhes le week-end. Lors de l’excursion Issik/Turgen nous avons bien sympathisé avec Karina, une jeune étudiante traînée là en vacances par sa mère. Elle étudie actuellement l’informatique dans la meilleure fac d’Astana, et espère pouvoir partir en Europe à terme… Une jeune fille brillante, et l’occasion de discuter en anglais pour nous -)
J12 et J13 : Les paysages spectaculaires du parc Altyn-Emel
Dernière étape de notre séjour au Kazakhstan, le parc d'Altyn-Emel. Ce parc est assez difficile d'accès et nous avons donc opté pour une voiture avec chauffeur durant deux jours, le grand luxe !
Notre chauffeur s'appelle Andreï. Nous le retrouvons à 7h en bas de notre appartement le mercredi matin. Il ne parle pas anglais mais un jeune homme de l'agence par laquelle nous sommes passés est également présent et nous récapitulons ensemble le programme avant de partir avec Andreï.
Notre premier arrêt est pour Tamgaly Tas, à deux heures de route d'Almaty. Il s'agit d'un site où l'on peut observer des pétroglyphes du XVIe siècle représentant le Bouddha. L'endroit semble également réputé pour l'escalade, il y a beaucoup de jeunes gens arnachés et/ou en train de grimper. L'endroit est au beau milieu de la campagne kazakhe, on a d'ailleurs un peu de mal à trouver !
Même si la barrière de la langue est là, Andreï s'avère rapidement très sympathique. Il nous propose des pauses photos de temps en temps, ne nous presse pas, nous montre les animaux qu'il voit... on fait même une marche arrière sur la route pour voir et faire traverser une tortue !
Il nous faut encore deux heures et demie pour atteindre Bashi, le village "porte d'entrée" pour le parc d'Altyn-Emel. Après un bref stop chez les rangers nous arrivons à l'hôtel. Notre guide papier parlait de pensions modestes, mais les choses sont en train de changer... L’hôtel est grand, tout neuf et encore en cours d'agrandissement. Il me rappelle certains hôtels chinois du Laos.
Nous déjeunons rapidement avec Andreï il nous explique qu’il est conducteur de camion en temps normal, il livre des vêtements et des tissus entre le Kazakhstan, l’Afghanistan et la Russie. Il nous montre également des photos de sa femme et de son fils, et nous dit que depuis peu il est grand-père ! Nous prenons ensuite la direction du parc, non sans avoir attrapé un ranger au vol. Comme à Aksou-Jabagly, celui-ci est vêtu en tenue militaire des pieds à la tête. Nous commençons par prendre la direction des montagnes Katutau. Les roches sont rougeâtres, sculptées par le vent et l’érosion, l’endroit nous rappelle un peu Charyn canyon. Nous avons un temps de « quartier libre » pour explorer le coin, on ne se fait pas prier… Pendant ce temps-là Andreï et le ranger n’arrêtent pas de papoter, on dirait qu’ils ont sympathisé !
Nous remontons ensuite en voiture et poursuivons la piste jusqu’aux montagnes Aktau. Changement de décor ! Les montagnes ne sont plus rouges, mais blanches… En tout cas c’est ainsi qu’elles nous apparaissent de loin. Lorsque nous nous approchons nous nous rendons compte qu’elles sont en fait multicolores, striées de veines jaunes, roses, ocre… C’est magnifique, encore plus avec la lumière de fin de journée. Nous avons là aussi du temps pour explorer toutes seules, et nous marchons avec ravissement dans cet univers quasiment onirique. On se dit qu’on a vraiment bien fait de venir -)
Nous faisons un dernier arrêt avant de rentrer pour voir un saule vieux de 700 ans. Il est situé dans une oasis où d’autres touristes font du camping, c’est bien tentant… Je récupère les coordonnées de leur guide, pour une prochaine fois -) La route du retour se fait dans une superbe luminosité, entre coucher de soleil et orage dans le lointain. La nature nous gratifie même d’un coucher de soleil, magnifique !
Il est 20 heures passées lorsque nous arrivons à l’hôtel mais notre dîner nous attend toujours. Nous dînons avec Andreï, discutons un peu avec une dame Polonaise qui parle aussi bien Russe que Français (on la met un peu à contribution pour papoter avec Andreï -)) et puis nous passons une soirée tranquille entre wifi, douche et lecture dans notre chambre.
Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous retrouvons le même ranger et partons en direction des singing dunes, ou dunes chantantes. Ces dunes sont en effet censées émettre un son lorsque l’on dévale leurs pentes. Je suis plus que sceptique, mais bon ! Lorsque nous arrivons nous découvrons un très beau paysage la dune principale est gigantesque, et lorsque nous parvenons sur sa crête le panorama est extraordinaire : c’est la première fois que je peux embrasser du même regard une dune dans le désert, des montagnes enneigées et une rivière !
Un groupe de Chinois nous précède sur la dune mais ils font assez vite demi-tour et nous nous retrouvons seules. Après étude du terrain je choisis une pente qui me semble bien, et je commence à descendre sur les fesses… Rapidement j’entends et ressens une forte vibration, qui se transforme en vrombissement. La dune chante vraiment ! C’est totalement fou… Nous faisons plusieurs tests le plus efficace est de descendre toutes les deux côte à côte. Bon, par contre ça va tant qu’il n’y a pas trop de touristes qui font ça et que la dune a le temps de se reconstituer entre deux passages… Il y a une trentaine de dunes chantantes dans le monde. Ce phénomène, déjà décrit par Marco Polo, provient du déplacement synchrone des grains de sable, qui doivent être bien ronds et recouverts d’un vernis appelé « glaçure du désert »…
C’est pleines de sable mais ravies que nous reprenons la route vers Bashi. Le ranger nous arrête à une petite source pour que nous puissions nous débarbouiller mais celle-ci est quasiment tarie. En chemin nous découvrons également les « Oshaktas », un lieu où l’expédition menée par Gengis Khan aurait bivouaqué en 1219, lors de sa conquête de l’Asie Centrale. Les pierres auraient notamment servi de support au chaudron dans lequel était préparée la nourriture. Un peu plus loin le ranger nous fait arrêter : il y a des antilopes !!! Nous en voyons une de très près, et un troupeau plus lointain.
En arrivant à l’hôtel je fais un micro-saut sous la douche afin de me débarrasser du sable, j’ai l’impression d’en avoir partout ! Nous déjeunons rapidement puis reprenons la route vers Almaty. Andreï conduit très bien, il a une jolie playlist, je me laisse bercer en regardant le paysage défiler par la fenêtre…
Pour notre dernière nuit au Kazakhstan nous avons réservé une yourte dans les hauteurs d’Almaty, pas très loin de Medeo. Le temps d’une nuit nous nous prenons pour des nomades… Le lit est un peu dur, le fond de l’air un peu froid, mais on adore ! Et puis l’accueil est gentil, et le repas très bon – seule réserve, le lait de cheval et le lait de chameau, goûtés encore chauds… J’ai failli vomir. Enfin, c’était une expérience, et tout cela conclut en beauté notre séjour kazakhe !