On part en vadrouille au Cambodge!
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BI Bibouns51 Globetrotter ·
Décidément toujours aussi drôle (papier toilette et tête de veau) ! Tes commentaires et tes photos portant sur les temples d'Angkor et sur les marchés de Siem Reap sont très vrais et me ramènent quelques années en arrière quand j'ai découvert ce trésor de l'humanité qui me faisait tant rêver depuis ma plus tendre enfance quand j'avais ouvert un livre d'histoire au chapitre consacré aux "colonies françaises" d’extrême Orient. Encore merci pour tes carnets. On devrait te payer pour nous faire voyager ! Cependant j'hésite à le faire car j'aime autant que toi découvrir le monde avec mes yeux.

Larri

Hello Jean-Claude ! Bon, si tu insistes, je suis d'accord... 😛 Les carnets sont parfaits pour s'évader entre deux voyages... A bientôt pour la suite ! Franck
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SI Sissi57 Globetrotter ·
Oui, cela vaut vraiment la peine, les montagnes sont splendides et si on s’intéresse aussi à des aspects culturels ( nous sommes assez visites villes, musées etc) il y a énormément à voir. C’est une règion plus germanique qu’italienne, l’allemand est la langue majoritaire des habitants, avec des variations de ratio allemand/italien suivant les régions. ( la région n’est italienne que depuis 1919) Cuisine plutôt germanique mais on trouve bien sûr de la cuisine italienne. Par contre les sites renommés, comme le lac de Braies ou les Tre Cime di Lavaredo sont blindés de monde, je ne m’attendais pas à une foule pareille en septembre et Covid
Je n'aurai pas le temps...
BI Bibouns51 Globetrotter ·
14 février 2019 - Angkor what ?

Bon, pendant que toi, tu participes à l’émeute pour acheter un pot de Nutella en promo à l’Intermarché du coin, et bien nous, nous sommes à l’autre bout de la planète où l’avenir appartient à ceux qui se lavent sous les aisselles vraiment tôt ! Il est en effet cinq heures du mat’, timing parfait d’un réveil en vacances pour être sûr de ne pas être importuné par les coqs, comme a coutume de le dire mieux que moi Sandrine. Euh, non, je blague... Par contre, oui mon bon monsieur, oui ma bonne dame, Sandrine est déjà prête, lavée, coiffée, et tout et tout... Et pour le prix d’une, j’en ai même deux de plus car les filles aussi ! Oui, comme tu dis, il a fallu leur agiter une sacrée grosse carotte devant les yeux pour les motiver ! Non, ce n’est pas simplement pour éviter les grosses chaleurs. Ce n’est pas non plus pour attraper un vol. C’est pour assister en direct live à la naissance du soleil du jour face à un des spots les plus emblématiques au monde. Le temple d’Angkor Vat, rien que ça ! Je m’en pourlèche les babines d’avance et emmène avec moi toute ma batterie de superlatifs pour te retranscrire le truc à ma façon.

Notre petite camionnette est à l’heure au speed-dating que je lui ai fixé ; heure où il fait encore aussi noir que dans le ventre d’une huitre. Fait marrant... ou pas, Sandrine se rend compte une fois sur la route que l’exploit qu’elle a douloureusement accompli de se lever aussi tôt ce matin n’a en définitive rien d’exceptionnel ; une file ininterrompue de phares de tuk-tuk nous précédant et nous suivant sur la route. On se croirait sur le périph’ parisien à une heure de pointe ! Et une fois débarqués, mais qu’est-ce que c’est qu’ce binz ? Même sensation de foule puisque nous surfons maintenant sur une vague humaine qui nous emmène en mode automatique au meilleur emplacement pour le spectacle, c’est-à-dire derrière un petit plan d’eau à gauche du temple dont on ne devine pour l’instant que la silhouette en tâtonnant un peu des yeux. Bon, le site n’étant pas extensible, ça joue un peu des coudes pour kicoralaplubelplace pour son appareil-photo. Si la journée s’était limitée à ça, j’aurais d’ailleurs pu lui donner le titre « Sept cents millions de chinois et nous et nous et nous ! » car comme tu t’en doutes, les chinois trustent les meilleures places avec leurs trépieds. Et qu’est-ce que ça fait, plein de chinois ensemble en un même lieu ? Et bien ça parle fort ! « Fermez-la, un peu, juste pour voir ?... Ah oui, c’est bien mieux ! Merci ! » Bon, rien d’autre à faire que de sucer les nénuphars... Donc en attendant, ben on attend...

Il se tient là depuis près de neuf siècles. Il a vu le monde évoluer, se transformer. Il a survécu aux guerres, aux tempêtes, aux tremblements de terre, au clip du Gangnam Style, aux ébats de Loana dans la piscine du loft, à notre deuxième étoile, ... Il a vu débarquer depuis quelques années le tourisme de masse. Les chinois. Beaucoup de chinois... Et là, ça y est, rien que pour moi, le soleil me fait l’honneur de darder sur lui ses premiers rayons du jour afin de me faire jouir d’une vue magique... « Magique ? Carrément ? » Ben oui, et c’est Sandrine qui le dit ! C’est que c’est garanti cent pour cent pur kiffe contrôlé par un huissier de justice ! On fait abstraction de tous les lève-tôt qui nous entourent et on savoure ce moment dont on se souviendra à coup sûr toute notre vie... Et pourtant, je suis certain que je ne réalise pas encore. C’est une fois rentré en France que je me dirai deux choses : « Ça y est, faut que j’arrête de raconter des conneries, on me comprend ici ! » et « Put..., je l’ai fait ! Le lever du jour sur Angkor Vat ! »







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CA Calyssie Regular ·
Hello Franck,

J'ai lu, j'ai pas les mots mais ça se traduit par 😂😂😂🙌👌👍🧡

Calyssie
BI Bibouns51 Globetrotter ·
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Et la lumière fut ! Du coup, tous les chinois se ruent sans réfléchir sur Angkor Vat comme des moustiques sur une lampe ultraviolet. « Vous allez tous à Angkor Vat ? Il m’en est fort aise... Et bien restez-y maintenant !... Et si le gardien du temple pouvait fermer à double-tour toutes les portes une fois tout ce petit monde à l’intérieur, ça m’arrangerait ! » En tout cas, ça nous laisserait suffisamment de temps pour visiter sereinement le Bayon où nous nous dirigeons maintenant. Et mon plan diabolique fonctionne puisqu’en arrivant au Bayon, nous y sommes pratiquement seuls. Tu sais le Bayon, c’est ce temple « montagne magique » dans lequel on trouve une forêt de têtes sculptées gigantesques trônant au sommet de chacune des tours et regardant dans la direction des quatre régions de l’empire khmère... En tout, cinquante-quatre tours pour être précis, avec quatre visages sur chacune d’elles exprimant les quatre vertus de Bouddha : La sympathie, la pitié, l’humeur égale et l’égalité. Allez, j’espère que tu as bien lu l’énoncé du problème et qu’un peu de calcul mental ne te rebute pas : Alors, combien de visages compte le Bayon ?





Et surtout, la question qui te brûle les lèvres : Qui ces visages représentent-t-ils, vindedious ? Bon, je ne vais pas te faire un cours magistral ou même réécrire bêtement ce qu’il y a dans les livres d’histoire, mais le dénommé Lokeçvara est en gros l’autre nom d’Avalokiteçvara. Ben oui, tu sais, c’est cet être très sage qui devint après moultes aventures Bouddha, et qui fit le choix de revenir parmi le commun des mortels, juste pour guider les différents peuples vers le progrès et l’éveil. Tu suis toujours ? Bon, ce n’est qu’un rapide résumé et le puriste que tu es peut-être me pardonnera mes rapides raccourcis. En tout cas, tout ça pour te dire que tous ces visages sont censés représenter Bouddha et le moins que l’on puisse dire, c’est que les khmères de l’époque étaient plutôt doués du burin ! Car on a vraiment l’impression de parcourir ce temple en étant espionnés par ces deux-cent seize paires d’yeux. Ça, ce n’est malheureusement que jusqu’au moment où le gardien d’Angkor Vat n’a pas eu d’autre choix que de délivrer tous les chinois. A l’abordage !!! Pas facile de ne pas faire de bruit quand on est chinois... Ou plutôt chinois cantonais ! On passe d’un moment de zénitude langoureusement relaxante à la grande parade de Disneyland agrémentée de ses K-way fluos, parapluies, perches à selfie et autres crocs chaussettes... T’es-tu déjà fait marcher dessus par une tribu de crocs chaussettes ? Moi, si ! Donc, de Paris ou d’ailleurs, si tu me suis, on prendra le meilleur, tout est permis, destination ailleurs ! Merci Yannick !















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BI Bibouns51 Globetrotter ·
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Et notre ailleurs, c’est le Baphuon, temple pyramidal situé juste à côté. Sauf qu’ici, les armes blanches, les épaules nues, les shorts et les petites filles prénommées Sasha restent en bas ! Et oui, les escaliers étant tellement raides pour y monter, les enfants de moins de douze ans ne peuvent y accéder. Bizarrement, au jeu du chou-fleur truqué, c’est Sandrine qui est désignée pour rester à quai avec notre grenouille. On monte donc rapidement, on bénéficie de la belle vue dont on dispose d’en haut, on fait le tour de ce temple et on reconstitue notre groupe pour aller maintenant longer la Terrasse des éléphants. Du haut de cette terrasse, on peut très bien imaginer la scène du roi Jayavarman VII, torse bombé, admirant le défilé de son armée rentrant victorieuse d’une guerre lointaine. Hommes en armures à dos d’éléphants, centurions équipés de lances et boucliers, cortège de tigres tenus en laisse, flopée de singes espiègles jouant sur les toits des temples, ... On s’y croirait, non ?









Oyé oyé, l’organisateur déclare que la suite du programme va maintenant nous emmener vers les temples Phimeanakas et Preah Palilay avant de finaliser notre visite par Angkor Vat. « Deux nouveaux temples, du jambon d’Ardennes et un verre de vin, ne cherche pas plus loin, voilà la recette du bonheur ! » Voilà surtout le genre de réaction que mes filles... n’ont pas, chaque être humain ayant sa façon de faire cuire des pâtes... Car si je traduis ce que j’entraperçois dans leurs yeux, c’est plutôt « Papa, si tu me forces à visiter un autre temple, et bien je retiens ma respiration jusqu’à ce que tu arrêtes de me forcer de visiter un autre temple... » Grrrrr... Les enfants sont nos amis, il faut les aimer aussi... Craignant une mutinerie sexuellement transmissible, je n’ai d’autre choix que de déclarer officiellement Angkor Vat comme le dernier temple de notre vadrouille cambodgienne. Ola générale ! Donc après une pause salvatrice dans une buvette sous les arbres, on se met en route pour la visite du Messi des temples ! Car comme je l’ai déjà rabâché x fois, Angkor Vat est bel et bien le temple le plus connu et le plus emblématique d’Angkor. Et ça se justifie du fait qu’il est le mieux conservé, mais surtout, qu’il est le plus grand ! Le plus grand d’Angkor, oui, mais aussi et surtout le plus grand monument religieux jamais bâti dans tout l’univers intersidéral.. Ce temple est tellement colossal par tant d’aspects, que s’en est presque difficile à concevoir. Trente-sept ans seulement, cinq millions de blocs de pierres, trois cent mille hommes et pas moins de six mille éléphants ont été nécessaires pour construire cet édifice au douzième siècle. Symbole du Cambodge, expression suprême du génie khmer, il est ce que le Machu Picchu est au Pérou. Ce que le Taj Mahal est à l’Inde. Ce que Woinic est aux Ardennes, pour te donner une idée de l’importance du truc de ouf !







Le temple représente pour certains le paradis sur terre. Pour d’autres, il s’agit d’une reproduction du mont Meru, considéré comme le centre du monde et demeure de Shiva. Euh... Shiva, c’est le dieu hindou, pas l’enseigne des femmes de ménage, hein ! Quant aux douves et aux murailles qui l’entourent, elles symbolisent les mers et chaînes de montagne que les pèlerins ont à franchir pour atteindre ce lieu sacré...





Après avoir compté les dodos, nous franchissons donc courageusement les mers, nous bravons donc vaillamment les chaînes de montagnes, et nous voilà enfin face à ce mastodonte. Quelques photos classiques avec le reflet sur les petits étangs et nous empruntons la large et majestueuse allée de pierre qui nous invite à pénétrer dans les enceintes successives sous le regard inquisiteur de lions et serpents géants, gardiens de ce sanctuaire. Déjà, je constate que la stratégie de faire passer les chinois avant nous est gagnante. Nous sommes presque seuls. Ensuite, ben comme je m’y attendais, c’est bien plus grand que mon premier appart’ ! On s’imagine ce temple avec des toits couverts de dorures et les murs tout de blanc vêtu comme le retranscrivent les historiens. Mais on s’imagine surtout l’immense ville qui se trouvait tout autour. Car tiens-toi bien à tes accoudoirs molletonnés, Angkor Vat n’était pas seulement le temple le plus imposant au monde, il était aussi le cœur de la ville la plus grande au monde de l’ère préindustrielle. Près d’un million d’habitants là où il n’y en avait par exemple que cinquante mille à Londres au même moment... Angkor Vat signifie d’ailleurs littéralement « La ville qui est un temple ».

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BI Bibouns51 Globetrotter ·
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Bref, on fait le tour de la coursive intérieure, on emprunte les galeries, et on essaie de s’imaginer ce que devait être la vie, ici, sans Thomas Edison et son électricité, sans Uber Eats et ses livraisons à domicile, sans Eve Angeli et son dernier album... Et j’ajouterai même, sans escalator ! Car pour grimper à l’étage supérieur, les visiteurs devaient réaliser une sacrée performance en empruntant un escalier à plus de soixante-dix pour cent de pente. Désormais, un escalier en bois avec rampe est mis à disposition des touristes moins aventureux. Petits joueurs que nous sommes... Là non plus, accès interdit pour ma pauvre Sasha pourtant déjà aussi grande qu'une cambodgienne de quarante ans...







Avant de sortir, on n’oublie pas la petite bénédiction par les moines bouddhistes. Et on n’oublie pas non plus d’aller jeter un œil à la bande-dessinée qui recouvre les huit-cents mètres de galerie extérieure. La galerie la plus célèbre pour ses « hiéroglyphes » est celle située à l’est. On y voit la fameuse scène du barattage de la mer de lait, grand récit mythologique hindou que je m’en vais te conter. Dieux et démons s’allièrent pour faire tourner une montagne en tirant tour à tour sur le corps d’un serpent géant à cinq têtes enroulé tout autour. Ils s’exécutèrent pendant mille ans afin de baratter la mer cosmique et produire l'élixir d'immortalité. Non, non, j’ai vérifié, ceux qui ont inventé cette histoire ne revenaient pas d’un séjour linguistique en Jamaïque !









Voilà, ça y est, tout a une fin à part bien sûr les saucisses qui en ont deux ! J'ai vu tous les temples qu'il faut absolument avoir vu à Angkor avant de mourir et bon sang de bonsoir, que c’est compliqué de mettre des mots pour faire un bilan d’un truc pareil, là où la langue française n’en propose que cent mille. Ajoute à ça que normalement, tu n’en connais que vingt mille, voir même... que vingt-deux et demi si tu mattes les émissions débiles sur NRJ 12. Bref, on a vu des temples millénaires. Des temples recouverts par la végétation, d’autres s’élevant fièrement vers le ciel. D’autres encore avec des escaliers très raides. Certains qui sont rénovés, d’autres complètement en ruines. Certains qui sont envahis par les chinois, d’autres où nous étions complètement seuls. Il y a eu les grandes stars, les oubliés, les méconnus. Ceux où l’on s’est perdu et ceux où l’on a suivi un chemin bien balisé. Mais dans tous ces temples, un point commun : Le bonheur de déambuler dans cette page de l’histoire de notre monde... Ça te convient comme conclusion ? Non ?... Ah ok, toi tu veux un classement de mes temples préférés, c'est ça ? Ok, sans prendre en compte le stade Vélodrome qui est un temple hors compétition, je dirais donc, dans l'ordre, Ta Prohm, Beng Mealea, Bayon, Banteay Kdei, Angkor Vat et enfin, Preah Khan ! Voilà, je peux rentrer en France le cœur léger ! Enfin, non, je crois qu’on va rester encore un peu pour aller se tremper les doigts de pieds dans la mer !

Sauf que la mer, elle est au sud ! Et que nous, nous sommes au nord ! Vite, un bus !!! Bon, pas de panique, notre bus de nuit ne partira qu’à vingt heures trente. Un bus de nuit avec de vrais lits, de vrais draps, de vrais oreillers comme à la maison ! Oui oui, ça existe au Cambodge ! Pour vingt-six dollars par personne, on a en effet droit à un bus direct jusqu’à Sihanoukville avec lits individuels, eau et collations fournies. La pub est alléchante ! J’achète ! Je te dirai si ça valait tant le coup que ça demain en arrivant. De toute façon, demain est une autre aventure...
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BI Bibouns51 Globetrotter ·
Hello Franck,

J'ai lu, j'ai pas les mots mais ça se traduit par 😂😂😂🙌👌👍🧡

Calyssie

La suite devrait te plaire aussi...
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BI Bibouns51 Globetrotter ·
15 février 2019 - Au nord, c’était les Koh Rong

J’ai toujours entendu Pierre Bachelet affirmer qu’au nord, c’était les Koh Rong. Quel bonimenteur celui-là ! Koh Rong, c’est carrément au sud du Cambodge et il faut toute une nuit de bus pour y parvenir depuis Siem Reap, sans oublier la petite balade en bateau qui nous attend bien sagement au coin du feu. Mais avant ça, comme promis, je dois te parler de notre nuit dans le bus. Je dois aussi te parler de la ville dans laquelle nous venons de débarquer : Sihanoukville. Commençons par la nuit d’hôtel ambulante à qui j’attribue bien volontiers un neuf sur dix ! Tu t’endors dans un bon lit à un point A, un petit coup de baguette magique d’Hermione Granger et tu ouvres les yeux, toujours dans le même lit, mais à un point B, prêt à vivre de nouvelles aventures. Je précise que le tour de magie ne transforme pas la femme qui se trouve à tes côtés dans ton lit... Qui a dit « dommage » ?... A part quelques ronflements de nos voisins de chambrée que je n’ai pratiquement pas entendus, j’ai aussi bien dormi que dans mon lit. Voilà pour le premier bon plan ! Pour le second, il concerne Sihanoukville. Ce bon plan consiste à basculer aussi vite que possible en mode « Courage, fuyons » en arrivant dans cette ville. Je reformule : Ce bon plan consiste à basculer aussi vite que possible en mode « Courage, fuyons » en arrivant dans cette purée épaisse d’immondices. Voici les résultats du tirage du loto : C’est sale, ça pue, c’est moche, c’est en travaux. Et en numéro complémentaire, c’est blindé de chinois ! Ah, tiens, les revoilà, eux... Euh... Moche, chinois... Maintenant que j’y pense, lequel des deux est la conséquence de l’autre ?

Cette ville de Sihanoukville a été baptisée ainsi en 1958 en l’honneur du roi du Cambodge Norodom Sihanouk. Moi, perso, je me serais bien passé d’un tel honneur ! Le pauvre Norodom doit se retourner sept fois dans sa tombe car l’histoire qui se cache derrière ce beau bordel, c’est que la mafia chinoise a mis main basse sur tout le secteur afin d’y faire pousser hôtels et casinos comme des champignons vénéneux. Corruption, blanchiment d’argent, colonisation. Voyage au cœur de la mafia chinoise présenté par Bernard de la Villardière, ce soir à vingt-trois heures sur M6. Bon, le but officiel de toute cette manigance est de transformer cette station balnéaire pour la mettre au goût de la populace chinoise. Que du bon goût en perspective qui se matérialise déjà par les panneaux de signalisation en mandarin trônant au milieu des grues et engins de chantier. « On se donne rendez-vous là-bas dans dix ans pour vomir ensemble ? »

Heureusement pour nous, monsieur le gentleman organisateur de ce voyage s’est un minimum rencardé avant de venir et nous ne sommes donc ici que de passage, Sihanoukville constituant le seul port cambodgien et donc un des seuls points d’accès à des îles auxquelles l’adjectif « paradisiaque » se prête apparemment parfaitement. Et oui, beaucoup de personnes pensent qu’il n’y a pas de côte et d’île au Cambodge, et qu’il faut donc forcément se diriger vers la cousine germaine thaïlandaise pour finir son voyage sur une note balnéaire. Faux, faux et archi-faux ! La preuve en est que nous peaufinerons nos coups de soleil durant les sept jours à venir sur des îles cambodgiennes ourlées de sable fin. « Mais oui, bien sûr que j’aurais poursuivi mon trip par un trek dans le Mondolkiri si j’avais été seul... Bien sûr que je serais monté à l’extrême nord pour y voir les temples de Koh Ker... Sauf que j’ai une femme et des enfants et que je n’ai pas le choix que de faire d’énooooormes concessions pour qu’elles acceptent de me confier le contrat de l’organisation de nos prochaines virées familiales... Du coup, ben... direction la plage ! »

D’ailleurs, en parlant de plage, à l’heure où je te parle, nous attendons notre bateau qui devrait nous y emmener incessamment sous peu. Oups, organisation cambodgienne de dernière minute, c’est finalement un bus qui nous embarque pour nous trimbaler jusqu’à un autre port à l’autre bout de la ville. « Et hop, c’est qui qu’a gagné un petit tour gratuit de Sihanoukville pour se remettre une bonne dose de mocheté bien dégoulinante dans les pupilles ? »... On a bien du mal à se persuader que quarante-cinq ridicules petites minutes de bateau vont suffire pour nous faire basculer de cet enfer vers le paradis que j’ai promis à ma tribu... Et pourtant, il est bel et bien là ! Car après une demi-heure de navigation, nous apercevons déjà nos premiers bancs de sable blanc ne demandant qu’à venir se glisser entre nos petits doigts de pieds qui en frémissent de plaisir à l’avance. Et après avoir contourné l’île, nous découvrons même notre futur lieu de résidence, petit bourg coupé de tout, posé là comme si une main divine avait lancé depuis le ciel une poignée de cabanes en bois le long d’une plage de sable blanc lovée dans une baie cocotière... Non non, je ne l’ai pas lu dans une brochure touristique, c’est tout simplement le lieu qui m’inspire...







Ça y est, il est l’heure de débarquer au village de Koh Touch. Ça y est, il est l’heure pour nos maillots de bain de reprendre du service ! Euh... Il existe des assurances voyage annulation, non ? Des assurances mauvais temps ? Des assurances rapatriement ?... Existe-t-il une assurance voyage « Mer dégueulasse » ?... Tu paierais ton risotto au resto, toi, si tu y trouvais un préservatif usagé ? Et bien de la même façon, pourquoi payer pour se baigner au milieu de sacs en plastique ? « Toi, gros dégueulasse qui a balancé tous ces sacs 7-Eleven dans la mer, je te maudis sur sept générations ! Bordel, y’en a même un dans lequel il reste un morceau de sandwich aux rillettes ! » Bon, si tu trouves que je deviens trop écolo, tape 1. Si tu considères que je deviens trop pointilleux, tape 2. Et si tu juges que je deviens trop vieux, tape 3... Envoie ton choix au 0808, trois euros cinquante par SMS. Voilà, je me suis défoulé, petit coup de gueule passé. Point. « Sur la plage abandonnéééée, bouteilles vides et sacs crevééééés... » Heureusement, à dix minutes de marche de la plage de Koh Touch, top clean, nous attend la plage de notre hôtel White Beach qui se moque de loin de sa cradoc de voisine. Les plages sont vraiment cruelles entre elles... Faut dire que pour cet hôtel, on a un peu craqué notre slip niveau budget et que le nettoyage quotidien de la plage doit être compris dans le prix. Je te la fais courte par respect pour toi qui te les cailles peut-être sous la neige : Notre bungalow-cabane est situé quelques marches au-dessus de la plage de sable blanc qui nous sépare d’une eau translucide émargeant à près de vingt-huit degrés. Hé, les gars, on va se baigner ? Ah ben non, le gérant de l’hôtel nous offre une bière bien fraîche ? #Lavieesttropdure.









Plouf ! Car l’appel de la baignade devait bien se concrétiser tôt ou tard. Quant à la suite, on se retrouve face au suspense le plus haletant au monde ! Une nouvelle baignade ou une bronzette au soleil ? Une sieste ou un château de sable ? Une bière ou un cocktail ? Non, mais sérieusement, ils attendent quoi chez Netflix ?...





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BI Bibouns51 Globetrotter ·
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Bon, tu le sais, explorer, c’est mon truc en plume ! Explorer des pays, explorer des temples, explorer des fonds marins, explorer... et comprendre l’esprit tortueux de ma femme. Mais tu ne le sais peut-être pas, une autre de mes passions, c’est la cuisine. Je suis donc un peu aussi un explorateur de saveurs. On repart donc maintenant à Koh Touch pour y explorer le coin mais surtout voir ce que les restaurants ont dans le ventre ! Déjà, l’ambiance, ici, est très Tahiti Douche ! La zénitude incarnée. Pas de véhicule, pas de route, pas de méchant chinois. Ici, que des mots sympathiques en « A » : Playa, banana, caïpirinha, belles nanas, fiesta, marijuana, ... Pour les restos, sache que si tu établis ton repère dans un boui-boui du front de mer, même si ça n’en a pas l’air, ça va te revenir cher ! Outre le fait que ça rime, ce n’est pas pour nous. Car dès que tu t’aventures dans les petites rues perpendiculaires à la plage, ça devient de suite à portée de Livret A ! Comme par exemple au Good Foods dont le nom colle plutôt bien à la nourriture cambodgienne qu’on y sert.













Allez, petite marche digestive pour tout le monde ! Ah ben non, Sandrine et les filles se repositionnent dans leurs empruntes de corps qu’elles avaient moulées tout à l’heure sur la plage. Allez, petite marche digestive pour mon père et moi ! Direction la Long Set Beach que l’on rejoint facilement à pied depuis notre plage ! Comme son nom l’indique plutôt bien, Long Set Beach est une plage. On peut donc s’y baigner et marcher longuement sur le sable. Techniquement, plus une plage est longue, plus le plaisir d’y marcher est grand. Comme son nom l’indique plutôt bien, Long Set Beach est longue. Donc ici, le plaisir dure, dure, dure puisqu’on peut y marcher sans fin jusqu’à ce que mort s’ensuive. Bon, allez, j’arrête d’essayer de te noyer avec le poisson dans dix centimètres d’eau. La magie n’y est pas vraiment. Pas trop de végétation en arrière-plan, beaucoup de vagues et là encore, autant de sable que de plastique. Mais pas de coup de gueule cette fois-ci. Juste un retour au bercail un peu anticipé pour y terminer tout en douceur cette fameuse journée où Sandrine est enfin arrivée en vacances...



On se quitte au Coco, resto branché sur la plage où nous nous empiffrons d’un autre truc se terminant en « A » : Pizzas pizzas ! Bon, ok, je sais, ça ne sonne pas très cambodgien cette affaire, mais que veux-tu, quand maman demande à papa de faire plaisir à ses filles... « Allez, pour une fois... » Ben oui, les pauvres malheureuses... J’en ai la gorge toute serrée et des larmes humides plein mes p’tits yeux... Allez, promis, juré, craché, on se rattrapera demain. De toute façon, demain est une autre aventure...
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EN Envallis Globetrotter ·
« Magique ? Carrément ? » Ben oui, et c’est Sandrine qui le dit ! C’est que c’est garanti cent pour cent pur kiffe contrôlé par un huissier de justice ! On fait abstraction de tous les lève-tôt qui nous entourent et on savoure ce moment dont on se souviendra à coup sûr toute notre vie... Et pourtant, je suis certain que je ne réalise pas encore. C’est une fois rentré en France que je me dirai deux choses : « Ça y est, faut que j’arrête de raconter des conneries, on me comprend ici ! » et « Put..., je l’ai fait ! Le lever du jour sur Angkor Vat ! »

Je plussoie 😉. Que les mauvais coucheurs gnagnagna y'a trop de monde gnagnagna celà n'a rien d'authentique reste couché. C'est féérique

Très belles photos de Kho Rong. Ce que j'en avais lu m'avais poussé à ne pas y aller et préférer Khao Lak en Thaïlande après SR, mais je regrette. Y'a moyen de plonger dans la coin ?
Il n'y a pas de problème sans solution... et si il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème !
BI Bibouns51 Globetrotter ·
« Magique ? Carrément ? » Ben oui, et c’est Sandrine qui le dit ! C’est que c’est garanti cent pour cent pur kiffe contrôlé par un huissier de justice ! On fait abstraction de tous les lève-tôt qui nous entourent et on savoure ce moment dont on se souviendra à coup sûr toute notre vie... Et pourtant, je suis certain que je ne réalise pas encore. C’est une fois rentré en France que je me dirai deux choses : « Ça y est, faut que j’arrête de raconter des conneries, on me comprend ici ! » et « Put..., je l’ai fait ! Le lever du jour sur Angkor Vat ! »

Je plussoie 😉. Que les mauvais coucheurs gnagnagna y'a trop de monde gnagnagna celà n'a rien d'authentique reste couché. C'est féérique

Très belles photos de Kho Rong. Ce que j'en avais lu m'avais poussé à ne pas y aller et préférer Khao Lak en Thaïlande après SR, mais je regrette. Y'a moyen de plonger dans la coin ?

Je suis plongeur moi aussi mais je n'ai pas vu de centre de plongée sur place. Et en snorkelling, ce que j'y ai vu ne p'a pas transcendé...
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