Après Hodka, direction Bhuj, mais pas sans un ou deux petits arrêts ... A une quinzaine de km de Bhuj, arrêt au Rudrani temple, à côté d’un village nommé Rudramata. Le temple est très coloré, très bruyant même si il est désert car des haut-parleurs diffusent inlassablement des « Om shiva ».


Petit détour dans la banlieue de Bhuj (enfin, c'est juste à la limite de la ville, à l'ouest, en pleine campagne ou presque) où j’ai repéré sur internet une curiosité géologique, la faille de Khari Nadi sur la route d’un village nommé Kodki. Il y a une rivière nichée dans une faille énorme provoquée par le tremblement de terre de 1819. C’est impressionnant et beau mais moins que je ne l’avais espéré en voyant les photos sur internet, photos sans doute prise pendant la mousson, l’humidité révélant les différentes couleurs de la roche et il faut avouer que je suis restée sur le pont surplombant la faille, n’ayant pas osé m’aventurer plus loin ou plus près … Par curiosité, allez voir sur Google images, ma photo ne donnant qu'un aperçu médiocre de l'endroit.

Bhuj n’a pas changé, pas plus que l’hôtel Gangaram, bien situé, juste derrière le Aina Mahal et confortable pour 1200 roupies.
Visite rapide du Prag Mahal, le palais le plus récent, toujours aussi décati qu’en 2013. Seule la grande salle de réception a été refaite de neuf après le tremblement de terre de 2001 et elle a fière allure avec ses miroirs. Beaucoup de « demi animaux » empaillés poussiéreux (demi hippopotame gueule ouverte, demi lion et …) Il y a pas mal de visiteurs, indiens comme il se doit, beaucoup de scolaires et cela piaille de partout. J’ai l’impression que plein de pièces, visitées en 2013 sont maintenant fermées au public.

Vue de la place, il a fière allure ce palais, encore que ressemblant à une église, il ne ressemble à rien ...

mais de derrière, il y a encore du boulot de reconstruction ...

Pour finir la journée en beauté, longue promenade et shopping dans le bazar de Bhuj très animé, bien achalandé, et nous ne savons plus où donner de la tête. Achat de tissus ajrakh, la spécialité d’un village voisin que nous espérons bien visiter demain, de sacs en jute (étonnement du vendeur nous voyant intéressées par ses énormes sacs de riz ou de dhal usagés) de galons, d’une merveilleuse couverture ancienne brodée pour bovin, de clochettes bien moins chères qu’à Nirona (200 rs pour 5 dont 1 grosse, 2 moyennes et 2 petites pour bricoler un mobile pour mon jardin, soit le prix d’une clochette moyenne à Nirona …)

Les morceaux de tissus brodés anciens vendus chez les brocanteurs. Je les voudrais tous !
Vendredi 19 février : Bhuj et les environs
Promenade dans la ville quasi déserte à 7 h. Il fait à peine jour et nous commençons par un bon chaï dans l’échoppe du bazar. On pousse jusqu’à l'ancien temple de Swaminarayan, très coloré mais lui aussi désert,

on admire les pélicans sur le Hamirsar lake tout près …,

un petit tour sur le marché puisque le bazar est encore endormi


Retour à l’hôtel pour le petit déjeuner et c’est parti pour une journée bien chargée … Visite de l’ancien palais, le Aina Mahal, dans son jus, avec des superbes objets, meubles, portes, sols en carrelage, un enchantement pour les yeux. La salle de réception et ses centaines de photophores en verre gravé qui pendent çà et là, son estrade en marbre au milieu, sans doute entourée d’eau dans le passé pour imiter les jardins moghols, dans cette région si aride. Dans les couloirs, des faïences turques, des murs en tissu brodés tendus (protégés malheureusement par des plastiques transparents …) Plus loin, la chambre du maharadjah et son lit aux pieds en or. Beaucoup d’écoliers plus que bruyants et excités visitent en même temps que nous.

On retourne tous ensemble au temple de Swaminarayan tout proche, puis au bord du Harmisar lake où nous assistons au déjeuner des silures : un homme jette des vieux pakoras de la veille dans le lac et c’est la fête … Les silures sont énormes et affamées, beurk ! Comme dans tous les points d’eau, des femmes sont installées au bord de l’eau avec leur lessive.
Sur la route qui nous mène au Kuchh museum, lui aussi envahi par les écoliers, on admire une superbe porte sculptée en grès rouge.

Il semble que toutes les écoles du district se soient données rendez-vous à Bhuj ce jour là et c’est un musée bien encombré qui nous attend. Les scolaires passent devant les œuvres à la file indienne sans regarder ou presque, plus intéressés par notre présence que par les tissus brodés somptueux du Kutch. Un musée à ne pas rater.
Re-marche sous un soleil de plomb à la recherche du Ram Kund, un puits qui serait tout à côté du nouveau temple de Swaminarayan. Le Ram Kund est bien caché, entre des maisons cossues et vaut le détour.

Le nouveau temple de Swaminarayan, construit après le tremblement de terre de 2001, tout de marbre blanc sculpté, aux sols en mosaïques colorées représentants des oiseaux, des fleurs … est immense. Les nonnes sont vêtues de rouge de diverses couleurs, certainement selon leur grade ! (enfin, c’est ce que nous avons déduit), les moines sont en orange ou en beige. Beaucoup de fidèles sont là et tournent inlassablement autour du sanctuaire principal.



… Pause repas bienvenue au Viram Garden restaurant, qui comme son nom l'indique est situé dans un jardin (un stade a dit une copine tellement le jardin est grand ... et ressemble plus à un stade qu'à un jardin mais c'est verdoyant, cela fait du bien) à un bon kilomètre du temple, en suivant la route . Recherche un peu galère du musée ethnologique … , le Folk museum qui propose une jolie collection d’objets et tissus du Kutch, des huttes (bhungas) reconstituées.

Il y a des centaines et des centaines de tissus anciens, plus beaux les uns que les autres, mais leur présentation, les uns à côté des autres, très serrés, ne les mettent pas en valeur comme il faudrait. Le musée est d’une richesse inouïe pour les textiles du Kutch. Les photos sont interdites et ce sera impossible de passer outre car une gardienne et une gamine ne nous quittent pas des yeux. Cela vaut la peine de chercher ce musée, assez éloigné de la vieille ville.
Nous récupérons la voiture pour aller à Bhujodi, un village distant d’une dizaine de km, qu'une amie m'a vanté pour son « craft park ». Un immense parc artisanal et touristique est en construction : des reproductions assez grandes des monuments indiens sont commencés et le parlement rond est déjà bien avancé … Les boutiques sont nombreuses et variées et les prix plus que corrects. Nous craquons encore pour quelques beaux tissus ajrakh (3 mois après mon retour, les tissus attendent encore que je me décide !), pour divers objets en métal (pince à épiler marrante, ciseau à bétel, casse noix de cajou … c’est fort utile en France un ciseau à bétel et un casse noix de cajou …)
Puis, départ pour Kukma, un village abritant le Khamir Campus, repéré sur internet, un endroit dévolu à l’artisanat et à la formation des artisans locaux et étrangers, qui peuvent venir en stage pour plusieurs semaines ou mois pour apprendre les techniques. Chaque année, Khamir Campus propose une exposition sur un sujet précis pendant la saison touristique. En 2016, l’exposition est consacrée au travail du cuir. Objets et panneaux sur le travail et la vie quotidienne de la communauté Meghwal, des intouchables qui travaillent le cuir, fabriquent des sandales et des objets utilitaires, qui bien que nécessaires à tout le monde ne sont pas acceptés par les autres communautés et sont relégués aux extrémités des villages et hameaux. L’exposition est intéressante, le campus aussi mais il est déjà tard et les stagiaires ne travaillent plus. Il faudrait venir en début d’après-midi voir les artisans au travail.
Pas de photos intéressantes de ces deux endroits à vous montrer.
Pas eu le temps d'aller à Ajrakpur mais demain est un autre jour ...