Cinq semaines en bus en Colombie
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GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Alors nous faisons partie de la même catégorie (d'autant qu'a en croire votre profil nous avons le même âge) 🙂

🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
El Peñol et Guatapé – Jamais 2 sans 3 !

J’ai laissé mes lecteurs en suspense à l’arrêt de la station d’essence Zeuss, en bas du fameux rocher de El Peñol, alors que A et moi-même avions constaté la disparition de nos bagages. Ce petit incident m’avait conduit à parler un peu de deux mésaventures similaires qui m’étaient arrivées dans le passé. Jamais 2 sans 3 dit-on !

Nous sommes donc installés sur la terrasse – un bien grand mot – du « restaurant » de la station essence, buvant notre « tinto », quand un minibus venant de Guatapé s’arrête devant nous. On nous fait signe d’accourir. C’est que les 2 ou 3 hommes qui s’occupent des transports incessants de la place ne nous avaient pas oubliés.

Nous leur avions expliqué notre problème, mais nous n’avions pas pu être très précis : « de quelle couleur était le bus ? Était-il tout rouge, ou n’avait-il que des bandes rouges sur fond blanc ? » C’est qu’il y avait des flottes entières de minibus de tout acabit qui passaient par ici ! Mais après plusieurs coups de téléphone, ils avaient pu localiser le minibus qui nous avait largués, et surtout son conducteur ! Nous étions à moitié rassurés. Après sa pause-repas à Guatapé, sur le retour vers Medellin, revoici le conducteur de notre minibus. Il nous passe nos bagages par la fenêtre, un, puis deux, puis trois. Tout y est, et rien n’a disparu !

Jamais 2 sans 3 dit-on. Ce fameux dicton était vérifié une fois de plus, mais par chance il s’agissait de sacs et non de mésaventures.

Entretemps, nous avions bavardé un brin avec un jeune couple de Français qui étaient allés jusqu’au rocher de El Peñol mais avaient trouvé que la somme à payer pour y monter était au-dessus de ce qu’ils pouvaient se permettre. Ils voyageaient sur un budget serré. A et moi n’avons pas besoin d’en parler : pour tous deux, monter au Peñol n’est de toute façon pas une priorité. Sans aucun doute, le panorama d’en haut est magnifique, mais nous en avons vus d’autres, alors payer en plus….

Ce sont ces deux jeunes Français qui nous parlent pour la première fois de la frontière entre la Colombie et l’Equateur, et comme nous allons la passer dans quelques semaines, mais dans l’autre sens, nous sommes tout ouïe. Ils sont passés par San Miguel, du coté est des cordillères Andines, un passage pas trop fréquenté mais en fait très facile, disent-ils.

De la station essence Zeuss, il y a un service fréquent de touk-touks – ou l’équivalent local – pour les 10 minutes de route jusqu’à Guatapé. 10,000 COP, soit moins de 3 Euros, tout à fait honnête. Nous prenons une chambre au premier hostal venu, qui si je me rappelle bien est « La Casona Guatapé ». Prix d’une chambre un poil plus élevé que ce à quoi nous étions habitués, considérant le confort minimum, mais ça passera.

Faire le tour de la petite ville de Guatapé ne prend pas plus d’une heure. Presque toutes les maisons ont au niveau de la rue des frises de motifs animaliers et autres, de toutes les couleurs. C’est caractéristique de la ville. Je ne me suis pas trop excité à prendre des photos à tout va. Certes, c’est joli, mignon même, et visiblement entretenu pour le tourisme qui est très visible, aussi bien Colombien qu’étranger…. Mais comment dire, ça reste un peu fade à mon goût. Je n’ai pris qu’une photo en fait, à un endroit un peu périphérique que j’ai trouvé plaisant. Si vous regardez bien, vous reconnaîtrez ces frises en bas des maisons.

La place centrale est bourrée de stands commerciaux qui gâchent la vue sur la très belle église toute blanche décorée de motifs brun sombre. Les Colombiens ont un goût très sûr des couleurs, entre autres qualités. A l’entrée de l’église, on voit un lion, un taureau, un homme et un aigle qui représentent les 4 évangiles.

Descendant la rue principale, la Calle 31, nous nous arrêtons devant les posters détaillant les différents modèles de ces gaines pour femmes qui font bien ressortir les fesses. J’en ai déjà parlé, voir mes pages sur Manizales. A se renseigne sur les prix auprès de la jolie jeune femme du magasin – c’est ainsi que je sais que le modèle typique coûte 140,000 pesos. Moins de 40 Euros : une bagatelle pour celles qui rêvent de bien s’exhiber. Je dois me pincer pour ne pas en acheter une pour Y, ça la ferait écrouler de rire de voir ça !

Je n’ai en fait pas grand-chose à dire sur Guatapé. L’endroit ne nous a pas particulièrement frappé et nous avons même conclus que « si nous avions su », nous aurions zappé. Mais bien sûr, d’autres voyageurs pourront bien penser différemment.
KA Kawo Veteran ·
Salut Georges,

Merci pour cette suite que j'attendais avec impatience! C'est fou comme parfois, dans des situations qui peuvent nous apparaître comme "désespérées", tout fini parfois s'arranger...nous l'avons également expérimenté. La patience fait aussi son oeuvre 😉
VA Valeriebcn Regular ·
Bonjour Georges,

A mon tour de te laisser un petit mot pour te remercier de ce partage d'expérience. Nous partons pour la Colombie fin décembre pour 5 semaines, et cela me servira. J'attends la suite !

Merci encore, Valérie.
EL ElicaSerge ·
Bonjour Georges,

Merci beaucoup pour la suite de vos aventures. Quand j’ai lu à Elica comment s’est terminée votre mésaventure, elle s’est exclamée « ça me fait tellement plaisir que des étrangers parlent comme ça de mon pays ». J’attends la suite avec impatience parce que le récit est vraiment prenant et tellement humain. Au plaisir.
Elica & Serge
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Valérie,

Je te souhaite un beau voyage prochain. 5 semaines, tu vas aimer !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges,

Merci beaucoup pour la suite de vos aventures. Quand j’ai lu à Elica comment s’est terminée votre mésaventure, elle s’est exclamée « ça me fait tellement plaisir que des étrangers parlent comme ça de mon pays ». J’attends la suite avec impatience parce que le récit est vraiment prenant et tellement humain. Au plaisir.

Nous avons visité pas mal de pays, moi et mon fils, et la Colombie est certainement l’un des plus beaux où en plus nous avons eu l’un des meilleurs rapports avec les gens. Dans notre voyage, nous en étions arrivés à nous demander ce que nous pourrions bien dire de mal sur la Colombie. Alors nous avions commencé à faire une liste de récriminations. La liste est longue 😉:

- Dans notre chambre à Salamina, nous ne pouvions pas changer les programmes à la télé. - L’eau n’est pas toujours chaude dans les douches. - Les œufs sur le plat sont souvent trop cuits. - Les soupes sont trop salées. - Le café ressemble à du jus de chaussettes. - Il n’y a jamais de talc pour les mains dans les salles de billard. - La télé était dans un coin peu pratique de la chambre à Medellin. - Il faut payer partout pour pissxr. - On ne nous a encore pas offert de coxxxne. - On ne sert pas assez de frites dans les combos. Qui plus est, les frites sont souvent à peine cuites. - Avec ce qu’il y a à manger, il y a tendance à constipation. - Les arepas sont parfois froides. Elles ne sont vraiment bonnes que quand elles sont frites ou rôties. - Il est difficile de prendre des photos quand on voyage en bus, les vitres sont trop petites et ça secoue trop. - Les policiers ne sont pas très professionnels, ceux qui nous ont arrêtés à Medellin n’ont même pas pensé à fouiller nos sacs. - L’interrupteur pour la salle de bains, dans la chambre de Medellin, était caché derrière un miroir. Nous avons d’ailleurs retrouvé cette « énormité » ailleurs plus tard, dans notre chambre à Barranquilla, alors n’hésitons pas à généraliser : les Colombiens s’amusent à rendre la vie impossible à leurs visiteurs !

- La lumière est éblouissante sur le coup de midi. Ça gâche les photos et ça fait mal aux yeux.

À prendre avec un gros grain de sel, bien entendu. C’est plutôt avec humour que nous avons dressé cet inventaire, « tongue in cheek » dit-on en Anglais, et il faudrait être très mauvais voyageur pour faire un gros problème de ces observations !
KA Kawo Veteran ·
Merci Georges pour cette tranche de rire !!!! Et je suis certaine que la liste n'est pas exhaustive 😛
MA Madonantes Regular ·
Oh là là ! Du coup, je ne sais pas si on va y aller, nous, en Colombie ! Jouer à cache cache avec les interrupteurs , avoir le soleil qui brûle les yeux et gâche les photos ....! 😉😉 En tous cas merci pour cette "relativité" humoristique. C'est ce qui fait le charme des voyages et ....beaucoup d'histoires drôles (quand on a l'esprit pour) à raconter plus tard.
Mado https://madovoyages.com
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
En Route vers la Côte Caribéenne

Nous ne restons qu’une nuit à Guatapé. C’est mignon, mais « it’s not our cup of tea” ou plutôt, en traduction littérale, “ no es nuestro tinto”. Nous avons payé 70,000 COP pour notre chambre à la Casona, soit 20 Euros. D’habitude, nous trouvons moins cher, ou mieux pour le même prix : 40,000 COP à Aguadas 67,000 dans notre petit hôtel sympathique de Medellin, et le petit-déjeuner était inclus. Mais notre ressenti mitigé pour Guatapé n’est pas dû au logement.

Nous sommes de retour au Terminal Norte de Medellin à 8 heures du matin. Le bus Brasilia pour Lorica, sur la ligne qui va jusque à Barranquilla, part à 8 :30. Prix du billet : 90,000 COP, soit 25 Euros. Cela paraît beaucoup plus cher que d’habitude, mais qu’on y pense : sur une distance de 465 kms, cela fait une moyenne de 5.5 Euros pour 100 kms, ce qui est tout à fait honnête. Revoyant mes notes, je vois effectivement une moyenne de 7.5 à 8 Euros pour 100 kms en bus en Colombie.

Il y a encore beaucoup de montagne à franchir. Tout le long, les paysages sont magnifiques, comme d’habitude. J’ai choisi 2 jpegs et 2 courtes vidéos pour en donner une très faible idée. Les portables, c’est pratique mais c’est vraiment limite pour faire de la vidéo de qualité à travers les fenêtres d’un bus qui ne cesse de tanguer et de vibrer pour gérer les virages d’une route vraiment tordue. Dans les passages les plus « serrés », je ne peux que m’accrocher à mon siège, et il est impossible de trouver les occasions de prendre des photos. Il faut 5 heures pour couvrir 180 kms jusque à Puerto Valdivia !

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Dire que la route est tordue, c’est un euphémisme. Le nombre de lacets pour passer d’un versant de montagne à l’autre, je ne vous dis pas. La route reste aussi souvent le long des crêtes. Elle n’est vraiment pas large et les vues sur les vallées tout au fond sont intimidantes. On aimerait bien que la route puisse rester au fond des vallées, là où il n’y aurait plus de risque de « dévisser » et se faire une chute de plusieurs centaines de mètres !

En route, nous nous arrêtons dans une station pour dégourdir les jambes. C’est tout à fait à l’honneur de la Colombie, ce genre d’endroits : c’est très grand et très propre, voyez la jpeg jointe. Il y a même une grande inscription en Anglais : « Thanks for visiting …. Good trip ! », comique en pleine pampa, pardon, en pleine montagne, là où il y a une chance sur 100 de rencontrer qui que ce soit capable de sortir 3 mots d’Anglais.

Aux toilettes, il y a des affiches pour avertir les passagers du besoin de limiter l’usage des produits en plastique, qui causent de plus en plus des dommages à l’environnement. Dans le cas présent, ce sont les « pajitas » qui sont visées. Les « pajitas » sont les pailles qu’on utilise pour les boissons. Le terme Colombien familier est amusant : « popotes ».

Le bus ne s’arrête pas à Puerto Valdivia mais le site paraît intéressant, avec ce pont proéminent qui franchit la rivière Cauca et les montagnes de chaque côté. Peut-être un endroit à visiter à l’occasion ? A partir de là, la géographie commence lentement à changer. Nous sommes sur la retombée nord d’une partie des chaînes Andines. Nous longeons la rivière qui ressemble de plus en plus à ses cousines des plaines tropicales Africaines ou Asiatiques. A Caucasia, une centaine de kms plus loin, nous arrivons à l’extrémité nord du département d’Antioquia, dont Medellin est la capitale.

C’est vaste, Antioquia, on peut y caser les 7 plus grands départements de la France : la Gironde, les Landes, la Dordogne, la Côte d’Or, l’Aveyron, la Saône et Loire et la Marne. C’est plus de 2 fois la Belgique !

Encore 180 kms pour arriver à Lorica. Nous y sommes à 19 :00. Nous sommes maintenant dans le département de Cordoba, pratiquement au bord de la mer des Caraïbes. Dès le terminal, nous sentons la différence avec les montagnes. C’est chaotique et délabré. La rue principale, la Carrera 25, donne une piètre impression, en tout cas pour le petit km qui nous reste à faire avant d’arriver au centre historique de la ville, au bord de la rivière Sinu.
TU Tuluma ·
Je vous lis avec passion!! Votre carnet de voyage est tout simplement sublime, Merci pour ces belles infos ...tellement vivantes, je voyage avec vous, Quel beau trip!! En tout cas, assurément que vous me donnez le goût de visiter ce pays!! J’ai déjà hâte au prochain « chapitre »!!
L’ouverture sur le monde est un émerveillement assuré pour le coeur !!
AN Anneorange Regular ·
Bonjour Je commence à m intéresser à la Colombie et je trouve ton récit J espère que tu as continué 😊
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je vous lis avec passion!! Votre carnet de voyage est tout simplement sublime, Merci pour ces belles infos ...tellement vivantes, je voyage avec vous, Quel beau trip!! En tout cas, assurément que vous me donnez le goût de visiter ce pays!! J’ai déjà hâte au prochain « chapitre »!!

Bonjour Suzan,

Merci pour tes mots gentils …. Et flatteurs ! Si tu aimes mon récit sur la Colombie, je te recommanderai de lire ceux que j’ai fournis sur la Thaïlande, le Népal, l’Afghanistan et le Pakistan. Voyages « solo ». Beaucoup de vécu !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Je commence à m intéresser à la Colombie et je trouve ton récit J espère que tu as continué 😊

Bonjour Anne,

Content de t’avoir « on board » sur mon carnet de voyage. Je recommanderai la Colombie à tout voyageur appréciant ce qui reste de frais et d’authentique sur notre planète écrasée par le tourisme de masse.
AI Airesuradour Regular ·
Bonjour, Je suis actuellement à Santa Marta demain Minca.... Pour parler des bus Colombiens et donner une info sur la route Manizales-Medellin, le bus a mis 7h pour 197km.... Beaucoup de travaux...des attentes parfois de 25mn aux feux.....dur dur... De Salento, des français rencontrés ont mis 9h..... Bravo pour le récit super intéressant.
roland
KA Kawo Veteran ·
Bonjour, Je suis actuellement à Santa Marta demain Minca.... Pour parler des bus Colombiens et donner une info sur la route Manizales-Medellin, le bus a mis 7h pour 197km.... Beaucoup de travaux...des attentes parfois de 25mn aux feux.....dur dur... De Salento, des français rencontrés ont mis 9h..... Bravo pour le récit super intéressant.

Bonjour Roland,

J'espère que le paysage est sympa 😎🤪
AI Airesuradour Regular ·
Oui, super paysages et en + la wifi fonctionne vraiment bien dans tous les bus pris. Sur le trajet Manizales -Medellin...un arrêt pipi-repas de 20mn. Je viens de rencontrer 2 filles vues à Salento, ici à Santa Marta et elles ont fait Salento-Cartagena en bus...presque 24h !!!!!
roland
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Oui, super paysages et en + la wifi fonctionne vraiment bien dans tous les bus pris. Sur le trajet Manizales -Medellin...un arrêt pipi-repas de 20mn. Je viens de rencontrer 2 filles vues à Salento, ici à Santa Marta et elles ont fait Salento-Cartagena en bus...presque 24h !!!!!

Bonjour Roland,

Salento - Medellin: 197 km en 7 heures > moyenne 28 kms par heure Salento - Cartagena: 880 kms en 24 heures > moyenne 37 kms par heure

C'est tout à fait dans les cordes. Ma moyenne sur 2,600 kms de bus : 33 kms par heure.

Cela pour donner une idée, surtout pour les petits malins qui croieraient pouvoir faire des trajets-miracle!

Je lis sur ton profil: tu as un projet pour l'Inde du Sud?
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Une Obsession Personnelle

Je vous fais un aveu : je suis un obsédé de la linguistique. A chaque deuxième mot d’une langue étrangère, ça y est, j’ai une crise. 😉

Tenez, ce poster dénonçant l’usage abusif des « pajitas » pour les boissons : c’est bien sûr le diminutif de « paja », la paille. Beaucoup de mots Espagnols qui contiennent un « j » ou « g » sont frères jumeaux de mots Français qui contiennent le son « y », souvent représenté par un « ill » ou un :

- Paja = paille - Oreja = oreille - Hoja = feuille ..... Il y a aussi une équivalence fréquente entre un « h » Espagnol et un « f » Français - Mojar = mouiller - Aguja = aiguille - Ajeno = alienus en Latin = autre, étranger, autrui – « aliénation » - Ojo = œil - Coger = cueillir - Consejo = conseil - Abeja = abeille - Trabajo = travail - Mejor = meilleur - Despojar = dépouiller

Ce n’est évidemment pas un hasard. Il est assez difficile d’imaginer comment on peut arriver à des prononciations aussi différentes à partir des mêmes racines Latines, mais qu’on y pense un peu. On ne parlait déjà pas le même Latin d’un bout à l’autre de l’empire Romain et depuis ça a été repris par un ramassis invraisemblable de peuples à travers l’Europe, déformé de plus par 1 à 2 millénaires d’usage.

Quand on prête bien attention à ces correspondances phonétiques – le « j » = « ill » ci-dessus n’étant qu’un exemple parmi d’autres – on finit par les « sentir » instinctivement. L’Espagnol et le Français sont bien différents mais n’en restent pas moins des langues cousines. Je suis parfois étonné que certains Francophones n’arrivent pas à saisir cette proximité et ne fassent que si peu d’efforts pour comprendre et parler un minimum d’Espagnol quand ils voyagent dans un pays hispanophone.
JP JPaul92 Regular ·
Bonjour, je vais vous lire avec passion mais auparavant je souhaitais faire une esquisse de trajet Nous avons un peu près 5 semaine de voyage. départ le 8.01 et retour le 15.02 Nous sommes un couple qui partons en sac à dos. Nous souhaitons terminer par 6 jours aux Iles san Blas

on a vu que les temps de transports sont importants longs voir + et avions. entre 2 visites. Ces temps diminuent les sites à voir. Maintenant on va finaliser ou le modifier avec les récits comme le votre et les blogs qui sont toujours très intéressants.

Voici notre esquisse de trajet. on a supprimé San Agustin temps trajet trop long de nuit.

Bogota 2j Medellin 2 j Manizales 3 j Salento 2 j Cali 1j Popayan 1j Neiva Villavieja desert de tatacoa 2j Neiva Bogota Avion 1j Villa de Letva 1j San gil 1j Barichara 1j Buccarmanga Santa Marta avion 1j Santa Marta 2j Carthagene 4j Panama 3j Iles de San Blas 6j Bonne journée Paul
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Paul,

Une première reaction.

Je trouve qu’il y a effectivement beaucoup de déplacements et aussi beaucoup d’endroits où vous ne pensez que passer un jour. Ce ne sera même pas un jour si on décompte le temps passé dans les transports. A mon avis, cela peut être fatigant et peu satisfaisant. Frustrant même.

A mon avis, il faut essayer de réduire le temps passé là où c’est possible pour pouvoir rééquilibrer le programme :

o Manizales : sympathique et très authentique, ça peut valoir 3 jours, mais vu l’ambition de votre itinéraire vous pourriez couper à 2 jours. o Cartagena : 4 jours c’est trop. Coupez 1 jour. C’est beau mais après avoir déambulé pendant 2 jours entiers entre la vieille ville historique et Getsemani, tous deux ultra-touristiques, on commence à « avoir vu ». Et les plages autour de Cartagena ne me semblent pas indispensables si vous allez à Santa Marta et aux îles San Blas. o Les îles San Blas : 6 jours ??? Ça ne laisse en fait que 27 jours pour le reste = 15 points de chute. Ça ne paraît pas a priori beaucoup moins que ce que moi et mon fils avons fait - 16 endroits en 34 jours en Colombie, ce qui était juste bien – mais c’est 15% plus rapide sur un « territoire » plus vaste que ce que nous avons visité nous-mêmes. o Panama : 3 jours ????
CE Cesard1010 ·
Je suis en train de vous lire et je trouve ça très intéressant et aidant, puisque je suis en train de faire mon itinéraire pour notre voyage sac à dos, ma fille, son amie et sa mère (une bonne amie à moi). Si vous me le permettez, je vous enverrai quelques questions.

Merci beaucoup pour votre partage!
CE Cesard1010 ·
Bonjour GeorgesOZ,

Je me permets de vous faire parvenir mon itinéraire pour trois semaines en Colombie, en bus, sac à dos. J'aimerais avoir votre point de vue svp:

Nous arriverons le 26 décembre au matin - 2 jours (26 et 27) à Bogota le 26 au soir nous prendrons un bus pour Villa de Leyva - 1 jour (28) les 29 et 30 à San Gill + Barichara le 31 en route (bus) pour Santa Maria le 1 à Santa Maria les 2 et 3 janvier à Parque National Natural Tayrona - plages les 4-5 et 6 Cartagena les 7 et 8 janvier Medellin les 9 et 10 San Augutin les 11,12,13 Desierto de la Tatacoa ou vol aller/retour Leticia/Bogata

Je crois, en l'écrivant, que c'est chargé!

Qu'est-ce que vous devrions enlever? Les jeunes veulent plus faire de la plage, de la ville et un peu de treck. L'amazonie les intrigue beaucoup aussi et nous avons le vaccin! Où peut-être devrions-nous enlever certains endroits? lesquelles?

Nous arrivons à Bogota et repartons de Bogota

Merci de vos conseils
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour GeorgesOZ,

Je me permets de vous faire parvenir mon itinéraire pour trois semaines en Colombie, en bus, sac à dos. J'aimerais avoir votre point de vue svp:

Nous arriverons le 26 décembre au matin - 2 jours (26 et 27) à Bogota le 26 au soir nous prendrons un bus pour Villa de Leyva - 1 jour (28) les 29 et 30 à San Gill + Barichara le 31 en route (bus) pour Santa Maria le 1 à Santa Maria les 2 et 3 janvier à Parque National Natural Tayrona - plages les 4-5 et 6 Cartagena les 7 et 8 janvier Medellin les 9 et 10 San Augutin les 11,12,13 Desierto de la Tatacoa ou vol aller/retour Leticia/Bogata

Je crois, en l'écrivant, que c'est chargé!

Qu'est-ce que vous devrions enlever? Les jeunes veulent plus faire de la plage, de la ville et un peu de treck. L'amazonie les intrigue beaucoup aussi et nous avons le vaccin! Où peut-être devrions-nous enlever certains endroits? lesquelles?

Nous arrivons à Bogota et repartons de Bogota

Merci de vos conseils

Bonjour Nathalie,

Ce programme me paraît très difficile. Vous voulez tout faire en 3 semaines, la plage, la montagne, la forêt amazonienne, le nord, le centre, le sud …. Dans un petit pays déjà, ce serait charge mais en Colombie en plus : de Santa Marta à San Agustin, il y a près de 1500 kms, et ne parlons pas d’un saut jusque à Leticia !

Je ne pourrai pas trop conseiller sur le nord-est, n’y étant pas allé, mais faire Medellin en 2 jours puis compter faire San Agustin les 2 jours suivants, ca me paraît impossible.

Il va falloir faire des choix stratégiques.à mon avis, et éliminer une voire 2 de ces étapes !
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Bonjour,

Je suis à 100 % d accord avec toi, sur 23 jours en Colombie nous avons du faire des choix et pour gagner du temps avons privilégié l'avion, cela nous a permis de voir pas mal de choses mais il nous reste encore beaucoup à faire. En bus cela me parait injouable....et au final assez frustrant
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Lorica – La Rivière Sinu

J’ai fait une petite pause avant de reprendre mon récit. Me revoici !

Nous sommes donc à Lorica, nom complet Santa Cruz de Lorica. Son attrait principal réside en son « Centro Histórico ». Cela dit pour autant que nous ne soyons allés nulle part ailleurs dans la ville à part de là jusqu’au terminal routier – et comme déjà dit, ce trajet d’un petit km ne nous a pas vraiment inspiré !

La ville et la rivière tiendraient leurs noms de celui du cacique Orica des indiens Zenúe du 18-ème siècle, à la fondation de la ville. Cela ne serait qu’une supposition, en fait rien n’a été bien enregistré à l’époque. La rivière était navigable et cela avait donné une certaine importance à la région, jusqu’à ce que l’on développe ailleurs – plus à l’est - de meilleurs accès à l’intérieur du pays. J’ai lu quelque part qu’il y eut une tentative Française d’exploiter l’or à partir des alluvions de la rivière, mais que cette tentative échoua.

Une chose à noter, c’est qu’il y eut une immigration importante de Libanais / Syriens vers la fin du 19-ème siècle et jusqu’au début du 20-ème siècle. Cet ajout renforça les éléments Arabes au vernaculaire de l’endroit, qui était déjà lui-même un « mudéjar « arabo-andalou.

Le centre historique tient sur à peine un demi-km le long de la rivière, et ne s’en écarte que de 200 ou 300 mètres. C’est pour dire qu’on a vite fait le tour ! Je ne parle en fait que du quartier principal, il se pourrait qu’il y en ait une petite extension de l’autre côté de la route principale, la Carrera 25.

On tombe en l’espace d’une heure ou deux de flânerie sur tout ce qu’il y a à voir. C’est mignon comme tout. Ce qui frappe le plus, peut-être, c’est le « mercado », le marché couvert mais ouvert sur la rivière, avec ses belles colonnades jaune-orangé. On y trouve les inévitables boutiques de produits artisanaux et quelques petits restaurants où on cuisine devant vous. Tout ça reste de dimensions modestes et personne ne pousse ni à l’achat ni à la consommation. En mi-journée, c’est un endroit agréable pour s’asseoir à l’ombre, et c’est bien évidemment ce que nous faisons. Nous mangeons à l’un de ces restaurants, c’est bon, du poisson naturellement ! Vue sur la rivière à 2 pas de nous.

Sur la promenade le long de la rivière, la lumière est éblouissante et la chaleur accablante. On comprend que beaucoup de jeunes s’y baignent. Mais l’endroit reste paisible, il n’y a pas grande foule – nous ne sommes pas en Inde !

Les ruelles derrière le marché historique ressemblent à un souk. Echoppes d’épices, de tissus, de produits électroniques etc. L’influence des Syriens-Libanais est évidente. Cela se voit même sur les visages des gens. En fait, la population locale semble être un croisement curieux d��indigènes, d’Arabes, d’Européens et d’Africains. Les gens sont agréables, comme toujours.

Aux abords du pont qui franchit la Sinu, nous tombons sur un monument intéressant : un simple gros cube de pierre ou de ciment érigé à l’honneur de « l’influence de la langue Arabe sur la langue Hispanique ». On y retrouve les grands classiques du genre : les mots Espagnols « aceite » / » huile », « alcaide » / » maire », « azúcar » / » sucre », « alquitrán » / » goudron » dérivent des mots Arabes « az zait », « al qaid », « sukkar », « qatran » etc. D’autres exemples moins connus figurent sur le monument, qui mériterait d’être étudié de plus près. Je me rappelle vaguement avoir entendu que près de 700 mots Espagnols ont une racine Arabe, c’est pour dire !

Il est bien connu que les langues Européennes, et surtout l’Espagnol, ont beaucoup emprunté à l’Arabe. Mais savez-vous que le mot Arabe « sukkar » a lui-même été emprunté au Grec « sakjar » ? Il ne faut pas oublier non plus que les Arabes de l’époque médiévale avaient énormément étudié les Grecs antiques, et que beaucoup de ce que nous connaissons de la civilisation Grecque nous a été transmis par les Arabes – et par les Juifs Sépharades, ne les oublions pas !

Je dois mes excuses à ceux de mes lecteurs qui trouveront ces commentaires linguistiques ennuyeux. Je l’ai déjà dit, je suis un obsédé de la chose !

Revenons « à nos blancs moutons », juste pour dire que le centre historique est un endroit agréable à visiter. L’architecture est plaisante. Les gens sont tranquilles mais je dirais peut-être un brin plus distants que les « Paisas » des montagnes ? Ou cela ne serait-ce qu’une impression ? En tout cas, nous n’avons pas vu le moindre étranger de la journée, ni du jour suivant. Ah si, correction ! Nous avons aussi mangé dans un snack de la Calle 4 ou 4b, pas loin de la Carrera 25, et le serveur était un immigré Vénézuélien. Immigré ou réfugié ? Ce serveur est notre première rencontre avec le phénomène extraordinaire de l’exode des Vénézuéliens fuyant le régime de Maduro. En à peine 2 ans, la Colombie a accordé le droit de séjour à plus de 800,000 Vénézuéliens, et beaucoup d’entre eux ont trouvé du travail en Colombie. Il y aurait des pages à écrire sur le sujet.

Le soir, nous cherchons où manger le long de la Carrera 25. Notre première impression quand nous sommes arrivés à Lorica ne fait que se renforcer : ce n’est pas un endroit très engageant. Nous finissons par nous asseoir dans un restaurant minable pour manger de la viande au BBQ. Ce n’est pas cher, ce n’est pas mauvais, mais surtout : pas le moindre sourire de la part des gens ! Je dirais même : visages renfrognés, gueules patibulaires.
GI Gildadesiles Globetrotter ·
merci pour la partie linguistique, très intéressante !!!!!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci Sylvie, ça me rassure. J’imagine que ce genre de digression en ennuie plus d’un …. Mais je ne peux pas m’en empêcher !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Isla Fuerte – Transports un peu Différents

Comme dit, ce qu’il y a de sympathique à voir à Lorica tient dans un mouchoir de poche, en tout cas pour ce qu’il y a de facilement accessible. Il se peut toujours qu’un voyageur y restant plusieurs jours et s’aventurant plus loin dans la ville y découvre quelque chose de remarquable ou y fasse une rencontre plaisante. Qui sait ? C’est toujours comme ça quand on voyage un peu vite, et même si nous prenons un peu notre temps, si notre première impression n’est pas si bonne que ça, nous décidons alors d’aller plus loin.

Sans vouloir « cracher » sur Lorica, nous n’y avons pas eu un vécu comparable à celui des montagnes. En route donc pour aller voir plus loin ! Au terminal routier, assez miteux comparé à ceux que nous avons trouvés jusqu’ici, il se trouve qu’il n’y a pas de bus pour aller à l’embarcadère pour Isla Fuerte. D’après nos maigres renseignements, ça devrait se trouver à une localité appelée Paso Nuevo, à quelques kms de San Bernardo del Viento. Nous sommes deux étrangers typiques, tranchant au milieu de la foule avec nos tailles nettement plus grandes que la moyenne locale, avec nos cheveux longs et notre air un peu perdu, même si nous avons un look assez Latino. Il ne faut donc pas longtemps avant qu’on nous approche pour nous proposer une voiture particulière pour notre trajet. 40,000 COP, ça ne nous fait que 11.5 Euros pour deux et pour une distance de 40 kms. C’est assez honnête, à peine plus cher qu’un bus en fait.

La route est parfois OK, parfois assez mauvaise. Paysages verts et plaisants. Arrivée à l’embarcadère une heure plus tard. Embarcadère ? Un bien grand mot : une petite place poussiéreuse coincée entre d’humbles maisons, une petite jetée minable en ciment. A notre descente de la voiture, nous avons immédiatement affaire à 3 ou 4 hommes qui nous proposent le passage en « lancha » vers Isla Fuerte, pour 50,000 COP. Ça fait 14 Euros et un poil ce qui, de nouveau, n’est pas la mer à boire pour deux passagers.

Nous évitons de trop nous mouiller les pieds en montant dans la « lancha ». Deux hommes nous poussent à la mer, sautent dans la « lancha » et font droit vers l’île. Pas la mer à boire, c’est à voir ! A la vitesse où nous allons, ça secoue mais il ne faut pas trop s’en faire, ça tient bien la route ! La mer est calme heureusement. A n’a pas mon expérience de toute une vie à bourlinguer, je lis un soupçon d’inquiétude sur son visage de marin d’eau douce. Il doit se dire qu’il ne faudrait peut-être pas grand-chose pour que nous allions dire bonjour aux poissons.

Une demi-heure plus tard, nous arrivons à Isla Fuerte. Vous l’avez compris, il n’y a pas d’» embarcadère ».

Comme je n’ai pas de photo pour illustrer ce petit voyage, je vais coller une dernière jpeg de Lorica. Nous avions trouvé un billard dans un petit bar, au bord de la rivière. C’était l’après-midi, il faisait une chaleur écrasante, nous étions les seuls clients, les bières étaient tièdes. Par pudeur, je ne montre que la table de billard, un peu « fatiguée » mais ça ne se voit pas sur la photo.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Isla Fuerte – Isolation

A n’était pas le seul à s’inquiéter pendant notre traversée en « lancha ». Sans en parler trop ouvertement, nous pensions tous les deux qu’il aurait été tellement facile aux deux hommes qui nous accompagnaient de nous jeter par-dessus bord et de s’emparer de nos affaires. Les requins ne les auraient pas dénoncés à la police !

Il y a des moments comme ça, on se sent exposé, vulnérable….

L’île de Isla Fuerte ne fait que 3 km carrés et il n’y a qu’un minuscule patelin à l’extrémité sud. De notre point de chute sur la plage, nous nous dirigeons vers la gauche et arrivons presqu’immédiatement aux « Cabanas Lili ». Ce n’est pas le grand luxe mais ça nous semble adéquat. Prix : 75,000 COP pour une nuit et par personne – 21 Euros - mais si cela paraît plus cher que d’habitude, c’est parce que nous avons 3 repas compris. En tout cas, le fait d’être presque au bout du monde n’a pas fait chuter les prix !

Ça ressemble à une grande hutte tout en bois, on se sent bien sous les Tropiques, jugez de la photo de la véranda à l’étage où nous avons pris notre chambre. Notez que les chambres ne sont séparées que par des cloisons de 2 mètres de hauteur, alors que le toit de palmes se trouve beaucoup plus haut. Inutile de le préciser, il n’y a pas d’air conditionné. Peu importe, les ventilateurs suffiront bien. Nous sommes les seuls clients à l’étage, ce qui nous permet de nous sentir un peu chez nous. Du coup, un peu de lessive s’impose, après quoi nous étalons nos affaires un peu partout autour de nous sur la véranda pour que ça sèche.

Nous faisons trempette sur la plage à 2 pas des « Cabanas ». Ce n’est sans doute pas la plus belle plage de l’île mais l’eau est à une température idéale. Dommage que le fond soit plein de grosses pierres couvertes d’une mousse gluante... Après cette petite trempette, nous partons à la découverte. Le village est vite traversé, plutôt pauvre et parfois franchement misérable. Nous arrivons sur une espèce de petite place plutôt mal bricolée. Au vu des ordures qui traînent dans les coins, nous nous demandons tout d’abord si c’est le dépotoir municipal. Mais non, il y a aussi un espace couvert d’un toit de palmes et quelques bancs rudimentaires. Nous nous sentons un peu las de marcher sans but, et surtout de ne rien voir de vraiment intéressant nulle part, alors nous y prenons place. La maison juste à côté vend de la bière …. tiède. Ce n’est que le milieu de l’après-midi mais tout paraît si sombre …. La saleté, la moisissure….

Quelques locaux s’installent sur les bancs à côté de nous. Nous finissons par nous retrouver entourés d’une vingtaine de gens, des hommes, des femmes, des enfants. Dans une situation « normale », on nous adresserait la parole, mais non, pas un mot. Et pourtant nous sommes tous là à presque pouvoir nous toucher. Pas le moindre sourire non plus. Quelle impression bizarre.

C’est le moment de préciser que la population locale, à commencer par les gens de Paso Nuevo sur la côte, sont presque tous d’ascendance purement Africaine.

De retour aux « Cabanas Lili », nous nous asseyons en bas et nous commandons une bière bien fraîche, pour changer. Il y a deux types jeunes assis à une table un peu plus loin, des touristes Colombiens. Et à une autre table, 3 jeunes Colombiennes qui visiblement ne sont pas du coin non plus. Elles sont toutes blanches et bien blondes, 100% Européennes d’origine. La plus âgée, Alejandra, nous interpelle et dans la foulée les deux autres viennent nous rejoindre. Laura et Clara, des jumelles.

Ce sont des filles de Medellin, de toute évidence de bonne extraction sociale. Alejandra fait de la pub à Medellin, l’une des jumelles fait des études de cinéma et autres médias à Montería, qui ne se trouve pas si loin que ça de Lorica. Elles connaissent bien l’île. Le père des jumelles est en train de construire un petit hôtel à l’autre bout du patelin. Ça leur permet de venir passer des vacances à Isla Fuerte. Qu’y a-t-il de bien par ici ? Elles nous parlent surtout de la plongée qu’on peut pratiquer dans les alentours.

Elles nous parlent aussi de la population de l’île. Ce sont des gens bizarres, disent-elles, très isolés socialement du monde extérieur. Leur activité principale : la contrebande avec le Panama qui ne serait pas si loin que ça – à quelques bons 200 kms quand même ! Elles comprennent parfaitement que nous ne nous soyons pas sentis à l’aise quand nous étions assis sur la place-décharge publique, entourés de locaux qui nous ignoraient comme si nous étions des mouches posées sur un mur.

Elles nous emmènent voir un film de plein air. Où ça, mais sur la place-décharge publique bien sûr! Nous avons de la chance, nous sommes tombés sur le jour où on passe un documentaire fait par des chercheurs Colombiens sur la population de l’île. Tout le village semble y être venu, nous sommes assis par terre comme la plupart des gens – hmmmm, sur quoi exactement suis-je assis ? Bon, ce n’est pas très excitant non plus, ce documentaire, on voit défiler les bobines de dizaines d’autochtones poursuivant leurs activités quotidiennes. Tout le monde se reconnaît et rigole. Âmes simples.

Ces gens me font penser aux Bikura, dans le premier livre des Cantos d'Hypérion de l’auteur Américain Dan Simmons. Un chef-d’œuvre dans le genre. J’aime bien ça, la science-fiction de qualité, épique, poétique, débordant d’imagination. Une autre forme de voyage, en fait. Dans ce premier livre, le Père Paul Duré est un prêtre catholique exilé sur la planète Hypérion. Il part à la découverte des Bikura, une tribu extrêmement isolée. Ceux-ci croient que Duré est "de la croix" (en raison de son crucifix). Duré pénètre leur caverne sacrée et découvre une œuvre d'art en forme de croix finement ouvragée et d’une grande antiquité. Il en déduit que les Bikura sont les survivants du crash d’un vol interplanétaire survenu il y a très longtemps, infectés par des organismes en forme de croix appelés cruciformes qui s'intègrent à leur hôte. Après la mort, le cruciforme reconstruit le corps physique et le ressuscite. Le prix de l'immortalité est qu’avec le temps, les Bikura deviennent inintelligents et androgynes, perdant toutes leurs caractéristiques distinctives.

Il est difficile de trouver quoi que ce soit de plus dérangeant que les Bikura, effrayants et obscènes. Je sais que bien des lecteurs, comme moi, en ont eu des réminiscences nauséeuses. Dan Simmons a une façon d’écrire qui vous rentre lentement dans la peau, brrrrrr. Son récit est souvent délirant, on se demande ce qu’il pouvait bien fumer avant d’écrire !

Bon, ne me jetez pas des pierres trop vite, je n’ai pas l’intention de dénigrer les habitants d’Isla Fuerte. Il y a juste cette réserve et ce manque de communication qui résulte de plusieurs siècles d’isolation...
TU Tuluma ·
Je ne réponds pas toujours lorsque je lis vote carnet, mais c’est tout simplement savoureux, je me délecte de vos récits. Toutes les explications concernant les terminologies de certains mots est un must!! Merci infiniment pour tout!! On prévoit aller en Colombie en février 2019, j’ai quand même un peu d’inquiétude quant à la sécurité mais bon!! On verra rendus sur place!! Et encore un gros merci, indéniablement vous avez le sens de l’écriture...je voyage avec vous!!! Je ne suis plus chez nous quand je vous lis.....ma pensée vagabonde et voyage avec vous!! Un pur délice!!
L’ouverture sur le monde est un émerveillement assuré pour le coeur !!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je ne réponds pas toujours lorsque je lis vote carnet, mais c’est tout simplement savoureux, je me délecte de vos récits. Toutes les explications concernant les terminologies de certains mots est un must!! Merci infiniment pour tout!! On prévoit aller en Colombie en février 2019, j’ai quand même un peu d’inquiétude quant à la sécurité mais bon!! On verra rendus sur place!! Et encore un gros merci, indéniablement vous avez le sens de l’écriture...je voyage avec vous!!! Je ne suis plus chez nous quand je vous lis.....ma pensée vagabonde et voyage avec vous!! Un pur délice!!

Merci pour tous ces bons mots Suzan, mais ça ne va pas faire de bien à mon amour-propre ! En tout cas, je suis ravi de savoir que j’ai quelques lecteurs et lectrices qui apprécient mon récit !

Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure de la sécurité. En 5 semaines, nous nous sommes rarement senti « exposés ». Mais comme partout en Amérique Latine, je pense, il faut ne pas être naïf. La plupart des Colombiens, nous les avons trouvés plutôt « sweet ».
TU Tuluma ·
Merci, votre petit mot sur la sécurité est apprécié!! En effet, en Amérique Latine, il faut quand même user de prudence, nous sommes déjà allés au Pérou et autres pays ...on fera attention, j’ai bien hâte de continuer la lecture de votre récit!! Encore merci!!
L’ouverture sur le monde est un émerveillement assuré pour le coeur !!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Isla Fuerte – Sincelejo

Le lendemain matin commence tout doucement aux « Cabanas Lili ». Je me prélasse dans un hamac à l’étage. Il fait une chaleur ! Les filles nous ont dit qu’elles viendraient nous chercher vers 9 heures pour nous montrer les 3 arbres fameux de l’île. Il est 10 heures largement passées quand elles arrivent.

Nous retraversons le patelin. En passant, nous remarquons quelques peintures murales dans ce style haut en couleurs bien Colombien. Les arbres en question ne sont pas loin, nous y sommes en 10 minutes. Le plus remarquable est « el árbol que camina », l »’arbre qui marche », appelé ainsi car il se propage grâce à ses racines « aériennes ». Quand elles prennent racine, de nouveaux troncs se développent mais il s’agit toujours du même arbre. Ça doit frapper l’imagination de la population locale. Comme beaucoup de peuples restés près de la nature, ils doivent attacher un pouvoir surnaturel à certains arbres. Si nous nous trouvions en Thaïlande, l’arbre serait ceint de rubans multicolores et il y aurait une collection de petits objets dévotionnels et propitiatoires tout autour. Si nous étions au Nigéria, ce serait un lieu de rites « juju ». Eh, mais nous ne sommes pas si loin que ça des îles Caribéennes où on pratique le vaudou !

Nous nous arrêtons à l’hôtel en construction des jumelles, et y rencontrons leur père autour d’une petite friandise. Discussion agréable. Les filles insistent un peu sur le caractère « éco-tourisme » de l’entreprise mais nous nous questionnons un peu sur le sérieux de la chose. Faire pousser tout un tas de plantes exotiques et laisser patrouiller quelques paons dans les alentours de l’hôtel ne sont qu’une faible justification à notre avis. Et comment ne pas remarquer que tout le matériel de construction a dû être importé de la terre ferme, et il y en a du lourd. Même le mobilier en bois a dû être transporté par bateau. Ces gens n’ont-ils pas pensé à développer un artisanal local ? Ou peut-être est-ce mission impossible, les gens du cru seraient-ils plus proches des Bikura que nous osions le penser ?

Je suis un peu négatif, je le reconnais, et ne peux pas vraiment juger après une visite de quelques heures. Mais je trouve souvent les gens un peu rapides dans leurs ambitions, ou naïfs. Bon, l’hôtel va être un endroit agréable, une fois les travaux terminés, il faut le reconnaître.

Pas loin, il y a une petite résidence qui a l’air bien sympathique, ça s’appelle La Playita. C’est « up market » comparé aux Cabanas Lili, mais ce n’est peut-être pas si cher que ça, nous aurions pu le demander mais nous nous contentons d’y prendre une bière, à l’une des tables qui surplombent la plage. Une plage bien plus jolie que celle où nous étions hier. Il y a un ponton en planches, quelques enjambées et plouf ! Une super baignade dans des eaux transparentes, pour changer. C’est délicieux, les Tropiques …. Quand on oublie la chaleur, les moustiques, la saleté, la pauvreté etc.

Nous avons fixé rendez-vous à une « lancha » pour le retour à Paso Nuevo, prix 40,000 COP pour les deux. Elle vient nous chercher juste en bas de La Playita. Nous n’avons que deux pas à faire et en route vers la terre ferme. Adios les filles, adios les « Bikura » !

De Paso Nuevo, nous devons faire le chemin inverse vers Lorica, 40,000 COP en voiture particulière. Retour à la case départ : le terminal routier de Lorica. Nous avons décidé, un peu hésitants, de nous rendre à Sincelejo. Une fois de plus, il ne semble y a voir aucun bus pour y aller et nous prenons une autre voiture particulière. 80,000 COP pour couvrir 60 kms – ça fait 22 Euros ce qui est nettement plus cher que la moyenne.

Nous traversons des patelins minuscules d’allure très modeste. On se demande comment un voyageur pourrait s’y arrêter sans y connaître qui que ce soit. Il faudrait vraiment être très aventureux. Sincelejo en revanche est assez grand. C’est la capitale du département de Sucre, population dans les 300,000 personnes. J’ai réservé une chambre en route, sur mon Galaxy, pour ne pas avoir besoin de tournicoter en cherchant où nous loger. Nous « débarquons » quelque part dans le centre-ville et avons à chercher un peu pour trouver l’hôtel Danys, pourtant situé pas très loin du Parque Santander et de la cathédrale San Francisco De Asís, dans la Carrera 18. Chambre très correcte pour 80,000 COP par nuit à deux, mais sans petit déjeuner.

En fin d’après-midi, nous poussons une reconnaissance aux alentours du Parque Santander. Pour le dire tout court, l’ensemble n’est pas vraiment reluisant. Nous avons du mal à trouver où manger. La « picada » recouverte de fromage fondu que nous prenons sur une petite place est d’une qualité moins que moyenne – 35,000 COP pour deux.

Revenant à l’hôtel, nous nous laissons tenter par un club-bar-disco assez grand d’où sortent des flots de musique. Ça s’appelle « Los Amigos de la Salsa », quelle surprise ! Il n’y a pas grand monde mais c’est peut-être encore trop tôt. Peu importe, une Club Dorada bien fraîche, suivie d’une deuxième, voilà de quoi nous réconcilier avec la vie – 3500 COP pièce, soit 1 Euro, ce n’est pas la mort. Nous nous amusons à étudier le style exhibitionniste des rarissimes danseurs. Le tout est assez « low class », on dirait Lo-So si c’était en Thaïlande.
KA Kawo Veteran ·
Bonjour Georges,

Je suis toujours là, moins présente mais là! Ton arbre me fait penser à celui qu'on appelle le Banian, en inde, arbre considéré comme sacré. Je crois qu'en faite c'est une sorte de figuier. En tout cas il est magnifique !

Merci pour tes photos, en ce mois décembre, elles ont plus que bienvenues! 😎
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges,

Ton arbre me fait penser à celui qu'on appelle le Banian, en inde, arbre considéré comme sacré. Je crois qu'en faite c'est une sorte de figuier. En tout cas il est magnifique !

Oui, il s'agit bien d'un "ficus" quelque chose. Je ne sais pas s'il donne des fruits par contre.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Sincelejo – Poussière Pas de petit déjeuner compris dans le prix de la chambre. Il y a seulement un petit coin café gratuit à la réception de l’hôtel. Nous mangeons dans un petit restaurant modeste à deux pas de l’hôtel. Œufs frits dans cette petite « cazuela » en fer blanc qu’on voit partout en Colombie + « tinto » - 12,000 COP pour deux.

Sur la place centrale en fin de matinée, il y a beaucoup de monde. Les physionomies des gens reflètent différents pourcentages de sang Européen, Africain, Indigène, Arabe peut-être même ? Peu de gens nous remarquent, si ce n’est à cause des shorts sportifs rouge vif que porte A. Il a un de ces styles, mon fils ! Il doit être le seul dans un rayon de 500 kms à porter ce genre de trucs. A vrai dire, ça me gêne un tantinet, je me doute que les gens nous prennent pour des « maricones » en vadrouille. Mais j’ai beau le lui dire, il se moque de mes préoccupations comme de l’An 40 !

Assis autour d’une fontaine, les badauds semblent ne rien avoir à faire de leur journée. Quelques joueurs d’échecs, le jeu posé sur la margelle. Les hommes qui portent des chapeaux semblent préférer un style différent du style « cowboy » du pays Paisa, dans les montagnes. Ici, ce sont des chapeaux à cercles blancs, crème et marron sur les bords, quadrillés des mêmes couleurs sur la partie centrale. Un type, un seul, vient nous serrer la main, et nous demande si nous sommes Espagnols !

Nous remarquons le manège d’une demi-douzaine de femmes qui croisent et recroisent la place, où 99% des gens sont des hommes. Elles sont vêtues d’une manière plus aguichante que la normale. L’une d’elles croise mon regard. Rouge à lèvres excessif, type « indigena » bien marqué. Peu importe que je puisse être soupçonné d’être un « maricón », je reste un client potentiel ! A l’exception d’une grande Noire au corps bien balancé, la tête haute et le regard porté sur l’infini, arrogante, ces femmes sont franchement moches.

Ce n’est pas la première fois que nous voyons faire le tapin en Colombie. Mais il n’est même pas midi ! Ça fait contraste avec la foule dans la cathédrale juste à côté. C’est la messe du dimanche. Déjà en semaine, il y a toujours du monde dans les églises, mais aujourd’hui dimanche, les fidèles sont massés jusqu’au portail d’entrée et débordent même sur le parvis.

Dès qu’on quitte l’ombre des arbres de la place, le soleil se fait sentir. Nous marchons une bonne demi-heure à la recherche de quoi que ce soit de vaguement intéressant. Rien. Toujours pratiquement aucun café, aucun restaurant. C’est un peu sale partout sans être franchement dégueulasse. C’est peut-être la saison, tout ça semble plutôt sec et poussiéreux. C’était d’ailleurs l’impression que nous avions eue pendant nos trajets en voiture de la côte à Sincelejo, passant par Lorica. Dès qu’on s’éloigne de la Plaza Santander, certaines rues ont un aspect de « war zone ». Il n’y a presque personne dans les rues. Mais peut-être parce que c’est le week-end ?

Sortis du centre-ville, quelque part dans la direction du terminal routier, nous mangeons une « sopita + carne asada » - 17,000 COP soit moins de 5 Euros pour deux. C’est médiocre mais ça passe. Nous retournons à l’hôtel pour retrouver un peu de fraîcheur.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Sincelejo - Système Digestif

Une deuxième longue journée à Sincelejo. Longue parce que franchement nous n’y trouvons rien de vraiment sympathique. Nous prenons notre repas de midi dans l’un des rarissimes restaurants de la place Santander, en fait une espèce de fast food minable. Du poulet frit avec quelques légumes, de l’igname je crois et des patates. Certes, ce n’est pas la ruine : 11,000 COP soit 3 Euros à deux – mais si seulement nous pouvions trouver quelque chose de meilleur !

En fin d’un long après-midi écrasé par un déluge photonique, nous cherchons dans les rues autour du croisement de la Carrera 19 et de la Calle 19, sur le côté nord du Parque Santander. Il s’y trouve quelques bars à l’aspect louche d’où la musique sort à pleins tubes. A et moi, d’habitude, nous n’avons pas trop peur des bouges mais nous ne trouvons rien d’invitant. Il faudra chercher ailleurs pour nous rafraîchir.

Et presque inévitablement, nous nous retrouvons au club « Los Amigos de la Salsa », pas loin de notre hôtel. Notre refuge de Sincelejo ! Il n’y a toujours pas grand monde mais il n’est bien sûr pas tard. Quelques hommes nous font un petit signe amical, ils se souviennent de notre passage hier. Une jeune femme assise à une table proche de la notre, que nous ne voyons que de dos, a une chevelure absolument superbe, de longs cheveux noirs soyeux. J’ai toujours apprécié ce genre, ça me rappelle tout à fait la Thaïlande. Je prends une petite photo discrètement.

Plus tard dans la soirée, sur le retour à l’hôtel, nous remarquons une femme qui fait le tapin à un coin de rue. Ça y est, A ne se sent plus. Non, n’allez pas croire des choses, hein ?! Mon fils est tout simplement frustré de ne pas avoir pris de photos « professionnellement intéressantes » de la journée. Et qui plus est, il est attiré par les personnes un peu en dehors des normes. Professionnellement parlant, j’insiste !

Voilà, il a donc sa revanche de ne pas avoir pu photographier le travelo de Manizales. Nous prenons nos précautions, quand-même, nous allons d’abord à l’hôtel déposer le gros de nos affaires, avant de retourner voir de plus près. Je me place discrètement de l’autre côté de la rue pour surveiller les alentours, sait-on jamais ? A s’approche de la femme et une discussion de 2-3 minutes s’en suit. Je saurai par la suite qu’il s’agissait de fixer le prix modeste à payer pour pouvoir prendre ces photos. Ironie, il s’agit une fois de plus d’un travelo. Je n’ai malheureusement que des copies des photos de A, qui n’ont pas la densité de pixels requise pour pouvoir mettre sur VF. Dommage, car ce sont parmi les meilleures photos que A a prises de tout ce voyage. On y sent une humanité faite de difficultés.

Le lendemain, départ de Sincelejo. De tout ce que nous avons vu en Colombie, c’était sans doute l’endroit le moins attrayant. L’une de nos amies d’Isla Fuerte nous disait que si on comparait la Colombie à un système digestif, la côte Caribéenne se trouverait à l’extrémité des intestins. C’est bien notre impression: Sincelejo, le tdc de la Colombie?
TU Tuluma ·
Bonjour Georges, Toujours un plaisir renouvelé de lire votre périple en Colombie. Merci pour ce merveilleux récit, riches en émotions de toutes sortes!!
L’ouverture sur le monde est un émerveillement assuré pour le coeur !!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges, Toujours un plaisir renouvelé de lire votre périple en Colombie. Merci pour ce merveilleux récit, riches en émotions de toutes sortes!!

Et merci à toi Suzan pour continuer à me lire avec autant d'intérêt!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Sincelejo et le Département de Sucre –Digressions

Comme c’est bientôt Noel, je vais faire quelques digressions en guise de petit cadeau à mes lecteurs.

Digression : « l’action de s’éloigner «. En général, on prend ça au sens figuré, quand on s’éloigne du sujet principal. Mais on pourrait aussi penser à un sens plus littéral, celui de s’éloigner de son chemin. C’est ce que Sincelejo a été pour moi et mon fils. Jusque là, notre voyage se déroulait plutôt bien. Nous visitions des endroits intéressants, parfois très beaux, nous rencontrions des gens sympathiques, nous trouvions assez souvent des choses bonnes à manger … et là, boum, Sincelejo : passage à vide! Comme je l’ai suggéré dans ma page précédente, nous sommes peut-être tombés sur le tdc de la Colombie. Pensez-y, la seule chose remarquable de notre passage dans cette ville, c’est que A a pu prendre des photos réussies d’un travelo faisant le tapin !

Mais il y a bien sûr le sens premier de la digression : quitter pour un moment le fil de son récit. Alors allons-y !

Sincelejo est la capitale du département Colombien de Sucre. Ce nom revient souvent en Amérique du Sud. En Colombie, Sucre est aussi une commune du département du Cauca, ou une commune du département de Santander. Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie. En Équateur, Sucre est un canton de la province de Manabí, et aussi la ville principale d’un autre canton toujours dans la province de Manabi. Au Pérou, Sucre est un district de la province de Celendín, département de Cajamarca. Enfin au Venezuela, Sucre est un état, ou encore une division administrative de Caracas, sans citer plusieurs autres endroits portant le même nom.

Alors, c’est quoi cette histoire de Sucre ? Un peu d'histoire:

La famille Sucre a été fondée au Venezuela au 18-ème siècle par Carlos Francisco de Sucre Garrido y Pardo, fils de Charles Adrien de Soucre et d'Yves, marquis de Preux, seigneur et baron du château de Sieglére et seigneur et Baron de Gaber, noble Flamand au service de l'Espagne, et de l'Espagnole María Buenaventura Carolina Isabel Garrido de Sánchez y Pardo de Figueroa - "if you please"!. Cette famille a excellé dans l'histoire du Venezuela. Le membre le plus connu est le général Antonio José de Sucre qui fut un héros du mouvement d'indépendance contre l'Espagne, en tant que premier lieutenant de Simon Bolivar "El Libertador ". Alors que Bolivar est décrit comme le leader charismatique ralliant les forces de l'indépendance au combat, les historiens reconnaissent Sucre comme le génie militaire derrière lui.

La famille Sucre est donc originaire de Belgique. Quod erat demostrandum ! Les Sucre ou Soucre étaient connectés avec plusieurs familles nobles Flamandes et Françaises, les plus remarquables étant les ducs souverains de Brabant, d'Aquitaine, de Bretagne ou même les familles royales Capet et Plantagenêt ! C’est pour dire !

Cela va sans doute plaire à nos amis Belges, si jamais il y en a un ou une parmi les lecteurs/lectrices de mon carnet.

Voilà donc ! Sucre, le départements de la Colombie dont Sincelejo est la capitale, reçoit bien évidemment son nom en l'honneur du maréchal Vénézuélien Antonio José de Sucre.

Et pendant que j’y suis, quand j’avais mentionné un nombre de mots Espagnols qui viennent de l’Arabe, j’avais dit que le mot « azúcar », le sucre, vient d'un mot Arabe lui-même dérivé d’un mot Grec. Je tiens ça d’un site Espagnol. Mais je crois que c’est faux. Le mot Arabe سُكّر, sukar viendrait du Persan شکر, shekar, lui-même issu du sanskrit शर्करा, śarkarā. Voilà, je tenais à rectifier. Je ne voudrais pas laisser l’impression de propager des informations fausses !
TU Tuluma ·
Oh que oui!!! :)) J’ai déjà hâte au prochain « chapître »!!!!
L’ouverture sur le monde est un émerveillement assuré pour le coeur !!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Départ de Sincelejo – Arrivée à Barranquilla

Comme nous sommes à la veille de Noël et à une semaine du Nouvel An, vous comprendrez que je serai pris par d’autres choses que par mon carnet. Je vais faire un dernier effort pour « quitter Sincelejo ».

J’ai été dur pour la ville de Sincelejo, la comparant au tdc de la Colombie. Je m’en veux de ne pas avoir suffisamment fait part de ses qualités. Par exemple, chose à savoir, le linge lavé sèche vite à Sincelejo ! Voilà, j’ai rectifié le tir !

Le matin, avant de continuer notre pérégrination, nous prenons notre petit déjeuner dans ce qui doit être l’un des meilleurs endroits de Sincelejo, le Punto Negro. Ce restaurant est situé sur le côté nord du Parque Santander, au croisement de la Carrera 20 et de la Calle 20. C’est ce que nous avons mangé de mieux dans cette ville – petit déjeuner pour 19,000 COP soit un poil au-dessus de 5 Euros pour tous deux.

N’ayant pas envie de traîner nos savates sur les 2 petits kms qui nous séparent du terminal routier, nous prenons un taxi – 6,000 COP. Le « Terminal de Transportes » est à l’image de la ville : poussiéreux. La femme au comptoir : pas un sourire. Ça nous change du pays Paisa ! Nous achetons nos 2 tickets pour Barranquilla – 70,000 COP – sur le bus Brasilia qui part à 10:00.

La route est médiocre. Le voyage est un véritable tape-cul. Sur les premiers 140 kms, nous traversons un relief desséché, avant de tomber sur la rivière Magdalena, à un endroit portant le nom amusant de Calamar. De là jusqu’à Barranquilla, il y a moins de 100 kms et c’est franchement pauvre et moche. Ça me renvoie des rappels des endroits moins attrayants du Nigéria, de la Tunisie, de la Thaïlande, du Pakistan …. Il y a toujours l’envers de la médaille quelque part, même pour les pays vantés pour leur beauté. Bon, d’accord, le Nigéria et le Pakistan ne figurent pas sur les grands circuits touristiques et ne sont donc pas « vantés pour leur beauté », il se trouve seulement que j’y ai eu des expériences « personnelles ». De même, j’ai pas mal de vécu en Tunisie et en Thaïlande. Qu’on m’excuse de faire un peu long là-dessus, mais je trouve que trop souvent les gens ont une vue idyllique des pays à visiter, délibérément renforcée par les promesses de tout le commerce du voyage. Et tiens, qu’on ne m’accuse pas d’être négatif : le Pakistan est une destination négligée, c’est le moins qu’on puisse dire, mais je peux vous dire que le nord de ce pays est vraiment très beau et que c'est un pays d'une grande richesse culturelle.

Ouf, mille excuses une fois de plus, je sais, je suis parfois lourd…..

Nous arrivons au terminal routier de Barranquilla à 14:30. Ce n’est pas bien organisé comme les terminaux du pays Paisa. Non, c’est plutôt bxxxélique. De plus, nous sommes tout à fait au sud de la ville et nous avons réservé une chambre dans la partie nord et donc nous avons une bonne dizaine de kms à faire en taxi. Nous empruntons tout d’abord une espèce de ceinture routière, genre boulevards extérieurs Parisiens, pour contourner la ville sur son côté est. Nous remarquons un nombre d’endroits qui pourraient s’avérer intéressants plus tard dans la journée, des clubs de danse par exemple. Et un grand changement de ce que nous avons vu jusqu’ici: une quantité de restaurants Chinois.

La deuxième partie du trajet jusqu’à notre « hostal » traverse des quartiers plus centraux, probablement quelque part du côté nord-est de la ville – comment s’y reconnaître dans une ville de 2 millions d’habitants que nous visitons pour la première fois ? C’est assez animé et ça n’a pas l’air trop vilain, avant d’arriver dans les quartiers plus résidentiels et plus modernes de El Prado et Bella Vista. Nous logeons dans un modeste « hostal » pour 106,000 COP soit 30 Euros, une chambre à 2 lits pour 2 nuits. La chambre est plutôt primaire mais le quartier est très propre et agréable. Les rues sont bien ombragées, il y a des arbres partout, les trottoirs sont larges et bien praticables. De plus, on se sent tout à fait en sécurité.
ED Eduardodiaz ·
Votre carnet est très agréable à lire, j’attends la suite! En espérant qu’en plus il sera utile aux futurs voyageurs : Lorica, Sincelejo ou Barranquilla ont un bon emplacement lorsqu’on planifie un voyage et qu’on regarde sur une carte, mais on peut s’en passer.

Je suis né en Colombie mais habite le Québec depuis longtemps, vous réussissez à transmettre les odeurs, les couleurs et la lumière de mon enfance. En passant, vu que vous aimez les mots : l’affiche que vous avez vu à Medellin pour démotiver l’usage des pailles plastiques, vous vous souvenez? Le slogan était « mejor sin pajita », autrement dit, « c’est mieux sans la paille ». Logique. Sauf qu’il y a un jeu de mots là-dedans, car la « pajita » c’est aussi… la branlette! Voilà, ça reste dans le mémoires et le message est passé.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Votre carnet est très agréable à lire, j’attends la suite! En espérant qu’en plus il sera utile aux futurs voyageurs : Lorica, Sincelejo ou Barranquilla ont un bon emplacement lorsqu’on planifie un voyage et qu’on regarde sur une carte, mais on peut s’en passer.

Je suis né en Colombie mais habite le Québec depuis longtemps, vous réussissez à transmettre les odeurs, les couleurs et la lumière de mon enfance. En passant, vu que vous aimez les mots : l’affiche que vous avez vu à Medellin pour démotiver l’usage des pailles plastiques, vous vous souvenez? Le slogan était « mejor sin pajita », autrement dit, « c’est mieux sans la paille ». Logique. Sauf qu’il y a un jeu de mots là-dedans, car la « pajita » c’est aussi… la branlette! Voilà, ça reste dans le mémoires et le message est passé.

Bonjour Eduardo,

Hahaha, ça me fait bien rire cette histoire de « pajita » ! C’est sympa d’avoir relevé le sens double du mot, qui bien sûr nous avait complètement échappé.

En passant, puisque je tiens maintenant un « natif », c.à-d vous, j’ai remarqué un nombre de fois que les gens ne disent pas un « buenos días » parfait, mais plutôt quelque chose qui ressemble étrangement au « bom día » Portugais. Il s’agirait évidemment d’une prononciation de la vie familière, un peu comme en France qqn qui dirait « b’jour » ou « ‘jour » au lieu de « bonjour ».

J’avais été frappé les quelques fois que j’avais entendu ça, car je vis une partie de mon année au Portugal et je pense avoir l’oreille assez fine.

En tout cas, moi et mon fils nous avons adoré la Colombie, les gens, les paysages et l’Espagnol qu’on y parle. Je le disais à des amis Espagnols il y a peu, qui m’ont répondu que l’Espagnol de Colombie est « muy precioso ».

Autrement, je fais une grande pause pendant les fêtes de fin d’année, mais je compte bien reprendre mon récit ….. même si je n’ai qu’une petite centaine de lecteurs !

¡Próspero Año Nuevo!
LU Ludivoyage Regular ·
Bonjour Georges, Je ne sais pas si tu auras le temps de me répondre mais je tente quand même ! Je m'appelle Ludivine, j'ai 36 ans et dans un mois je décolle pour la Colombie au départ de Lyon avec seulement quelques mots d'espagnols ! Au programme : Bogota, puis Pereira/Salento, de la direction Medellin puis vol jusqu'à Santa Marta avec une escapade a Palomino pour finir a Carthagène.

J'aurais voulu savoir si tu te souvenais du bus que tu avais pris à l'aéroport de Bogota pour te rendre dans le centre.

De plus, si tu es passée par la bas, je rechercherais des petites agences qui pourraient proposer des excursions à Salento ainsi qu'a Seyduka depuis Palomino, si toi ou quelqu'un d'autre pourrait m'aider...

Merci par avance de ton aide ! Et a bientôt Ludivine
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges, Je ne sais pas si tu auras le temps de me répondre mais je tente quand même ! Je m'appelle Ludivine, j'ai 36 ans et dans un mois je décolle pour la Colombie au départ de Lyon avec seulement quelques mots d'espagnols ! Au programme : Bogota, puis Pereira/Salento, de la direction Medellin puis vol jusqu'à Santa Marta avec une escapade a Palomino pour finir a Carthagène.

J'aurais voulu savoir si tu te souvenais du bus que tu avais pris à l'aéroport de Bogota pour te rendre dans le centre.

De plus, si tu es passée par la bas, je rechercherais des petites agences qui pourraient proposer des excursions à Salento ainsi qu'a Seyduka depuis Palomino, si toi ou quelqu'un d'autre pourrait m'aider...

Merci par avance de ton aide ! Et a bientôt Ludivine

Bonjour Ludivyne,

Je ne crois pas pouvoir beaucoup t’aider. Je n’ai pas la moindre idée du bus que nous avons pris pour aller de l’aéroport de Bogota au centre-ville. Nous avions pris un bus juste à la sortie de l’aéroport pour aller au « Portal », pas loin de l’aéroport, ce qui nous a semblé connecter directement dans les transports urbains de Bogota - l’aéroport étant d’ailleurs à la porte même de la ville - mais comme je l’ai dit, nous avons navigué à l’aveuglette.

Pour éviter une expérience assez confuse comme la notre, il vaut peut-être mieux chercher un transport qui ira directement en ville sans passer par ce « portal » dont beaucoup de Colombiens parlent à l’aéroport. Que ce transport soit un taxi ou un bus. Le taxi n’est d’ailleurs pas cher à Bogota.

Quand au moyen de faire ton excursion depuis Palomino, je regrette, je n’en sais rien. Qqn d’autre pourra sans doute t’aider. Bonne chance !
KA Kawo Veteran ·
Bonjour Georges,

Alors cette suite? 😛 Ton comité de lecteurs s'impatiente !!!
MA Macsim ·
Bonjour,

Lorsque tu sors de l’aéroport, tu demandes à prendre le bus "alimentador", il est gratuit, et te transportera jusqu’à "portal El Dorado". La, tu devras payer ton entrée à la station de bus: 2.400 pesos, mais qui doivent être chargé sur une carte électronique que évidemment tu n’as pas. Il faut demander à une personne qu’elle accepte de prendre ton argent liquide pour le mettre sur la carte et ensuite te faire passer : pour ca tu vas vers les guichets et demande à une personne dans la file d’attente. Une fois à l’intérieur, tu demandes à prendre le bus pour le terminus qui s’appelle "universidades". Quand tu arrives, tu demandes la sortie pour le parc "de los periodistas", tu que traverseras pour rentrer dans la Candelaria.

Le service de taxi aéroport - candelaria coute dans les 25-30 miles pesos.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges,

Alors cette suite? 😛 Ton comité de lecteurs s'impatiente !!!

Bonjour Caro,

Être réclamé par ses lecteurs : le rêve de tout écrivain ?

Je te dois mes excuses, ainsi qu’aux autres qui m’ont suivi jusqu’ici et qui se demandent où j’ai bien pu disparaître ces dernières 3 semaines. J’ai dû laisser mon récit en suspens, étant fort occupé par ailleurs. Visites de famille en France et ailleurs, et maintenant même sur mon trajet de retour au village de Y, dans le cœur de l’Isaan en Thaïlande – Y est ma douce moitié, voir mon avatar ("avatar" : "a-oua-tan" en Thaï). Mais c’est promis, une fois que j’aurai posé mes bagages, dans les jours qui viennent, je reprendrai la plume !

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