Cinq semaines en bus en Colombie
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JP JPaul92 Regular ·
Bonjour. De Bogota je me permet une annotation pour un bus recherché depuis l aeroport de Bogota. Je pense ludivine que ne parlant pas super l espagnol tu prends un taxi comme nous hier tu en as pour 30 000 cops ce qui te fais 10 €. La tu peux mieux voir ton programme te renseigner sur place pour le reste. C est un.avis ok Bon voyage Paul
KA Kawo Veteran ·
Bonjour Georges,

Je me doutais bien que tu étais en vadrouille quelque part (quelle chance!!!). Le coeur de l'isaac...ça fait rêver, en tout cas, moi ça me fait rêver ! 😉 Prends ton temps, nous saurons attendre 🙂 A bientôt

Caroline
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour,

Lorsque tu sors de l’aéroport, tu demandes à prendre le bus "alimentador", il est gratuit, et te transportera jusqu’à "portal El Dorado". La, tu devras payer ton entrée à la station de bus: 2.400 pesos, mais qui doivent être chargé sur une carte électronique que évidemment tu n’as pas. Il faut demander à une personne qu’elle accepte de prendre ton argent liquide pour le mettre sur la carte et ensuite te faire passer : pour ca tu vas vers les guichets et demande à une personne dans la file d’attente. Une fois à l’intérieur, tu demandes à prendre le bus pour le terminus qui s’appelle "universidades". Quand tu arrives, tu demandes la sortie pour le parc "de los periodistas", tu que traverseras pour rentrer dans la Candelaria.

Le service de taxi aéroport - candelaria coute dans les 25-30 miles pesos.

Je me demande si ce n’est pas plus ou moins la manip que nous avons faite nous-mêmes, A cela près que c’est à l’aéroport même que nous avons acheté cette carte. Il a fallu faire la queue quelques minutes, il n’y avait que des Colombiens (mais les gens sont sympas et aident ceux qui n’y comprennent rien). Je crois que nous avons payé 5000 COP pour deux. Puis nous avons pris un bus juste à la sortie de l’aéroport. C’est si je me rappelle bien seulement à l’entrée dans ce bus que nous avons dû montrer la carte. Au terminal, quelques kms plus loin, c’était comme je l’ai déjà dit, une foule de gens et une certaine confusion mais comme tu le dis toi-même, il suffit de demander le bus pour sa destination. Les gens sont toujours près à aider.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges,

Je me doutais bien que tu étais en vadrouille quelque part (quelle chance!!!). Le coeur de l'isaac...ça fait rêver, en tout cas, moi ça me fait rêver ! 😉 Prends ton temps, nous saurons attendre 🙂 A bientôt

Caroline

Le cœur de l’Isàán (je marque le ton descendant et remontant !) …. Hier des célébrations partout pour fêter la nouvelle récolte de riz. Des centaines de danseuses en costumes traditionnels dans presque toutes les villes. Comme c’est l’hiver, la température tombe à 19 degrés vers les 6 heures du matin….
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Barranquilla – Fin d’après-midi sportive

Ayant déposé mes maigres bagages dans la maison de Y, quelque part au cœur de l’Isaan, je « reprends donc ma plume » pour continuer mon récit. Récit que j’avais laissé en suspens suite à notre arrivée à Barranquilla. Quand je dis « nous » ou « notre », je fais référence à moi et mon fils A.

Je n’ai pas grand-chose d’extraordinaire à raconter sur Barranquilla. Il est bien difficile de juger d’une ville aussi grande quand on n’y passe qu’en coup de vent, qu’on n’a fait aucune recherche sur elle auparavant et qu’on ne se retrouve peut-être pas dans l’un des districts les plus intéressants. Qu’on ne juge donc pas de Barranquilla d’après le peu de choses que j’ai à en dire !

Nous sommes dans un district propre et résidentiel, quelque part aux alentours des quartiers Bella Vista et El Prado. Juste en face de notre hostal, un petit restaurant modeste sert un petit déjeuner « simplifié » - mais n’est-ce pas la norme en Colombie ? Des œufs frits, des « patacones » et un tinto. Le « patacón » est un mélange de banane plantain et de mais frit, c’est sans doute nutritif et c’est meilleur à manger que les « arepas ».

Ce petit déjeuner nous a coûté la fortune de 5000 pesos par personne. C’est à peine 1.5 Euros, nous ne pouvons pas nous plaindre. Cela nous permet donc de viser plus haut pour le repas de midi. A 2 pas de l’hostal, au coin de la rue, un restaurant Libanais nous semble bien tentant et nous donne l’occasion de varier notre régime alimentaire – un besoin que sans doute d’autres voyageurs ont resenti après quelques temps en Colombie. Nous aimons bien la cuisine Libanaise (ou Syrienne, c’est pratiquement la même chose), une fois en passant. Pas d’hésitation donc ! Nous nous payons le luxe d’un bon repas, non seulement bon mais aussi bien copieux, pour 71,000 COP à deux. C’est 10 Euros chaque, aie aie aie, nous allons devoir surveiller nos dépenses, hein ! Mais plaisanterie à part, même un repas tout à fait correct dans une grande ville de Colombie, ça reste encore vraiment bien abordable.

Il semble qu’il y ait abondance de restaurants Libanais dans cette ville. Les Libanais forment un élément non négligeable du « mixe ethno-culturel » de la région Caribéenne. Nous savons tous (ou presque tous) que Shakira est originaire de Barranquilla et qu’elle a des ascendances Libanaises. Quel dommage, nous ne la rencontrerons pas lors de notre séjour, nous aurions dû la prévenir de notre passage !

En fin d’après-midi, nous nous retrouvons aux alentours du croisement de la Calle 74 et de la Carrera 47. Ces détails topologiques permettront un jour à nos admirateurs d’ériger une stèle commémorative en notre honneur… Il n’y a rien de particulièrement remarquable dans les parages, sinon que c’est très propre et assez agréable pour une promenade à pied. Nous sommes toujours plutôt dans un style urbain relativement proche de ce qu’on connaît en Europe, et pas du tout dans le style peu accueillant pour les piétons de tant de villes Américaines.

Après avoir mangé une excellente « sopita » sur une terrasse (18,000 COP avec 2 bouteilles d’eau à emporter), nous continuons notre balade. Vous remarquerez que je fais de Barranquilla une étape gastronomique (le restaurant Libanais) et alimentaire. Loin de moi les « bandejas paisas » …. au moins pour quelques jours ! Nous arrivons sur la Plaza Suri Salcedo. Là, au coin de la Calle 70, nous nous asseyons pour regarder un groupe d’adolescents jouant au basket-ball. Il y a de l’atmosphère, les jeunes sont encadrés par des éducateurs et s’adonnent au jeu avec enthousiasme. Les parents, les amis, les badauds (nous), prennent plaisir à observer. On voit ça presque partout en Colombie, au moins là où nous sommes allés, des terrains aménagés pour le sport et beaucoup de participation. Nous envions ces gens, ils nous donnent l’impression de jouir d’un bon esprit communautaire. C’est joyeux, bon enfant et familial.
TU Tuluma ·
Vous êtes revenu à l’écriture, bien contente de ce retour!! Je vous lis avec passion!! Et intérêt..
L’ouverture sur le monde est un émerveillement assuré pour le coeur !!
KA Kawo Veteran ·
Nous savons tous (ou presque tous) que Shakira est originaire de Barranquilla et qu’elle a des ascendances Libanaises.

Presque, effectivement ! Merci en tout cas de cette info, que je n'hésiterai pas à partager à mon tour, au détour d'un dîner entre copains !!😛 (je vais faire fureur)

D'ailleurs, sait-on pourquoi il y a une communauté importante de libanais à Barranquilla (je m’excuse par avance de mon ignorance...)
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Nous savons tous (ou presque tous) que Shakira est originaire de Barranquilla et qu’elle a des ascendances Libanaises.

Presque, effectivement ! Merci en tout cas de cette info, que je n'hésiterai pas à partager à mon tour, au détour d'un dîner entre copains !!😛 (je vais faire fureur)

D'ailleurs, sait-on pourquoi il y a une communauté importante de libanais à Barranquilla (je m’excuse par avance de mon ignorance...)

Bonjour Caro,

Les Libanais en Colombie, excellente question qui mériterait toute une discussion (mais ailleurs). Suffira-t-il donc de dire que les Libanais sont connus pour leurs talents commerciaux (comme c’est le cas pour d’autres gens de la Méditerranée Orientale et du Levant). Et ils se sont beaucoup « exportés », on en trouve beaucoup en Afrique par exemple. Le fait qu’il y en ait une communauté importante sur la côte Caribéenne de la Colombie ne peut pas surprendre : là où il y a une mer navigable et des pays limitrophes habitables, il y a du commerce …. Et donc des commerçants, entre autres des Libanais !

Shakira : son nom est de la même racine Arabe que « shoukran » qui veut dire « merci ». D’un père Libanais chrétien et d’une mère d’origine Castillane + Catalane + Italienne, tous deux Colombiens. C’est bien ça , la Colombie !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Vous êtes revenu à l’écriture, bien contente de ce retour!! Je vous lis avec passion!! Et intérêt..

Bonjour Suzan,

Avec plaisir. Mais je ralentis un peu car j'ai beaucoup à faire dans la maison de Y, dans l'Isaan.....
KA Kawo Veteran ·
Merci !😉
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Cartagena – Getsemani

J’ai mis du temps à me remettre à mon carnet de voyage, mais me revoici enfin !

Avant de passer à l’étape suivante, à Cartagena, je pense que je devrais répondre à une question que se posent peut-être certains de mes lecteurs : que diable sommes-nous aller faire dans ce trou paumé de Sincelejo (rappelez-vous : le « tdc de la Colombie ») et dans un endroit aussi peu attirant que Barranquilla ? C’est simple. J’avais fait une réservation assez longtemps à l'avance pour un hostal de Cartagena, de peur de ne rien trouver de convenable facilement et à bon prix si je m’y prenais trop tard. De plus, j’avais déjà réservé l’avion de Cartagena à Cali - la suite de notre voyage - donc il était difficile de changer les dates de notre passage à Cartagena. Il fallait donc bien passer notre temps quelque part dans le nord de la Colombie, et pourquoi ne pas aller « flairer » des destinations moins courues que le parc Tayrona ou Cartagena, justement ?

Je l’ai déjà dit, l’hostal de Barranquilla n’était pas mirobolant. Une particularité, entre autres, qui répétait ce que nous avions vu dans notre hôtel (bien meilleur) de Medellin : l’interrupteur des toilettes était caché derrière un miroir. Bizarre, non ?

Nous prenons le bus pour Cartagena à partir d’un terminal qui se trouve dans la partie nord de Barranquilla, et cette fois nous n’avons pas à faire une douzaine ou une quinzaine de kms en taxi pour y arriver. 42,000 COP pour deux, ça fait 6 Euros chacun pour quelques 130 kms de bus. Le conducteur nous « largue » pas trop loin du quartier de Getsemani où nous avons réservé 3 nuits dans un hostal pour 255,000 COP, petit déjeuner compris. Ça fait 24 Euros la nuit pour moi et mon fils A. C’est plus cher que d’habitude mais c’est encore bien acceptable.

La Calle 30 va du Parque del Centenario jusqu’à ce qui semble être une lagune au milieu de la cité (là où passe la Carrera 11), et forme la bordure nord du quartier de Getsemani, ou du moins de sa partie principale. Au nord de la Calle 30, on rencontre encore pas mal de touristes car c’est un lieu de passage entre Getsemani et la vieille ville touristique entourée de murailles. Mais quand on va plus vers l’est et surtout quand on tourne le coin de la Carrera 11 pour longer la lagune, ça devient nettement plus populaire. Cette partie intermédiaire entre Getsemani et la vieille ville, à vrai dire, ce n’est pas si grand que ça, on ne parle que de quelques centaines de mètres dans un sens ou dans l’autre.

Nous venons donc de traverser le quartier de Getsemani, l’affaire de 15-20 minutes. C’est un quartier bien agréable, très animé de jour comme de nuit. Les rues sont belles dans un style colonial bien connu. Je n’ai pas besoin de trop en dire, n’étant ni le premier ni le dernier à parler de cette ville. Je me contenterai donc de fournir quelques photos :

- La petite Plaza de la Santisima Trinidad (restons catholiques, hein !), bien appréciée des badauds de tous poils et plumages. - Une procession religieuse (restons …. mais je viens juste de le dire !) passant par ladite place de la S.T. - Quelques photos illustrant le caractère fleuri des fenêtres et balcons. Vraiment joli. - Graffitis muraux – la Colombie est connue pour ça. - Un peu plus du côté populaire (voir explications plus haut), une mulâtresse (ou métisse, je ne sais trop), en train de poser pour mon fils. Son foulard sur la tête n’est pas sans rappeler le style des femmes de Bahia au Brésil. - Un hostal typique de Getsemani. L’extérieur est sympa, je ne sais pas à quoi ça ressemble à l’intérieur. - La Calle 31, dans ce petit quartier intermédiaire entre Getsemani et la vieille ville touristique dont j’ai parlé plus haut. J’avais été frappé par les ombres projetées sur le sol par ces petits drapeaux triangulaires aux couleurs de la Colombie, tranchant sur la lumière éblouissante du milieu de journée.

Pour notre repas de midi, quelque part dans Getsemani, nous prenons la soupe habituelle et une paella de porc. Pas mal. 45,000 COP, c.à-d. 13 Euros pour deux. C’est dire qu’on n’a pas besoin de se ruiner même dans un lieu aussi touristique que Cartagena.

Le long de la Calle 30 et dans cette partie plus populaire et moins touristique, on trouve plusieurs bars, cafés et restaurants d’allure modeste. Nous prenons une bière dans l’un de ces bars. Il y a de la musique, c’est sympa. A la table voisine, des Colombiens : un homme d’âge mûr et deux jeunes métisses. Visiblement une partie de fesses « in the making ».
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Hello,

J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena….
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Hello,

J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena….

Bonjour!

Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).

Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.
GI Gildadesiles Globetrotter ·
Effectivement les Colombiens m ont semblé très honnêtes jamais eu aucun souci ...bon voyage en INDE 😊
CH Chris06 Veteran ·
Hello,

J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena….

Bonjour!

Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).

Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.

L attente est longue ... Depuis j'ai eu le temps d'aller et revenir de Colombie ! 😉
chris06
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Hello,

J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena….

Bonjour!

Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).

Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.

L attente est longue ... Depuis j'ai eu le temps d'aller et revenir de Colombie ! 😉

C'est juste, et je présente mes excuses. Entretemps, j'ai fait 2 voyages en Thailande, 2 voyages en Inde et un voyage au Mexique, en tout bien 6 mois de voyage ce qui ne donne pas beaucoup de temps libre. Mais j'ai des remords d'avoir laissé ce carnet en suspens….
CH Chris06 Veteran ·
Hello,

J'attends avec impatience la suite de ton périple, notamment ton regard sur Cartagena….

Bonjour!

Je suis en voyage (en Inde jusqu'à fin mars), il faudra attendre!).

Mais juste une chose, avant que je ne l'oublie: nous avons trouvé les gens très honnêtes. Nous n'avons pas eu le moindre problème dans les restaus, les bus ou les taxis. On nous a toujours bien rendu la monnaie.

L attente est longue ... Depuis j'ai eu le temps d'aller et revenir de Colombie ! 😉

C'est juste, et je présente mes excuses. Entretemps, j'ai fait 2 voyages en Thailande, 2 voyages en Inde et un voyage au Mexique, en tout bien 6 mois de voyage ce qui ne donne pas beaucoup de temps libre. Mais j'ai des remords d'avoir laissé ce carnet en suspens….

vu le contexte ...tu es totalement pardonné 😄 😄 😉
chris06
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Cartagena – Centre Historique

Après une très longue pause, ayant été assez occupé ailleurs, je reprends ce long récit laissé en suspens à Cartagena, il y a maintenant déjà 2 ans. Comme le monde a changé depuis ! Restant en rade, relativement parlant, à cause de la crise du COVID-19 qui fait rage à travers le monde, pourquoi ne pas reprendre refaire voile virtuellement ?

Cartagena, certes, c’est une ville magnifique. Le centre historique, à quelques pas du quartier de Getsemani, est une merveille. Il n’est pas besoin d’en dire plus car tant d’autres en ont déjà beaucoup parlé. Je ne suis pas radin, alors voici quelques photos. Les remparts avec la tour au milieu, c’est l’entrée principale dans la ville historique. Pour faire bref, et avec le recul du temps, ce qui m’a le plus frappé, ce sont les balcons fleuris. Et aussi, pour l’authenticité et pour sortir des clichés trop faciles, quelques murs bien défraîchis … et, ah oui, à ne pas oublier : un mannequin dans une vitrine qui montre que les Colombiens ont un certain intérêt pour afficher les formes féminines….

Nous (moi et mon fils A) n’avons passé que 2 jours pleins à Cartagena. C’est juste un peu trop touristique. Sans nul doute, c’est un « incontournable » en Colombie, mais le pays a bien plus que ça ! Pour changer complètement la donne, nous prenons l’avion pour Cali. Nous avons assez pris de bus depuis notre arrivée à Bogota, et nous devons tout doucement nous diriger vers le sud car notre retour sur l’Europe, c’est de Quito en Equateur !

Une chose de plus à dire en bien sur Cartagena, c’est que l’aéroport est très proche de la ville. Nous y arrivons rapidement et pour pas cher. Propre, spacieux, facile d’accès et facile d’usage.

Par contre, l’aéroport de Cali nous semble être assez éloigné de la ville. Nous sommes un peu des paresseux par moments, il faut l’avouer, et plutôt que prendre la peine de nous informer du transport possible en bus, nous prenons un taxi. Et nous voici logés dans un hôtel assez mignon dans le quartier de Granada, au nord-ouest de la ville.

A plus tard, amigos !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Cali – Football et salsa

J’ai retrouvé mes notes de voyage. A Cartagena, le taxi de Getsemani à l’aéroport nous avait coûté 14,000 COP. A Cali, de l’aéroport à la ville-même : 54,000 COP ! Il y a des villes « faciles » de ce point de vue : Cartagena en est une, Bogota en est une autre. Cali : moins. Quito (j’anticipe) : pas du tout.

L’hôtel, donc. Les chambres sont disposées autour d’une cour intérieure agréable, d’un décor style « colonial – méditerranéen » qu’on retrouve assez souvent par ici (photo). Je suis tenté de prendre en photo l’étagère sur laquelle quelques livres sont mis à la disposition des clients : pas moins d’une douzaine de volumes du même titre « Sauvés par la foi ». Ah, pays catholique, ne l’oublions pas !

Une chose à faire en Colombie : voir un match de football. En fin d’après-midi, ça tombe bien, le club América de Cali joue contre l’Atlético Nacional de Medellin. L’América est l’un des deux clubs de Cali, c’est le plus populaire et l’un des meilleurs clubs de toute l’Amérique Latine. En route vers le stade Pascual Guerrero, nous pouvons vérifier que la ville est souvent assez moche (c’est ce qu’on dit souvent de Cali).

Nous achetons des tee-shirts de l’América dans la rue. Cela fera de bons souvenirs plus tard. Et maintenant que nous portons fièrement la couleur rouge vif de l’América, avec le diable caractéristique de son blason, nous pouvons nous rapprocher du stade. Nous sommes assez visibles, malgré nos touches assez « latino », étant plus grands et plus blancs que la moyenne, mais nous faisons un peu partie de la tribu !

Nous achetons nos tickets à un kiosque, 49,000 COP pour deux, et nous dirigeons vers l’entrée, longeant des files de policiers équipés pour des émeutes potentielles. C’est bien l’image qu’on se fait de ce genre d’événement en Amérique Latine : ça peut chauffer ! Les policiers sont sympas, nous prenons un tas de photos avec eux. A (mon fils) se régale. Il est photographe professionnel et se spécialise en portraits à travers le monde. Ça tombe bien, il a essayé plusieurs fois de photographier des policiers ou des militaires mais presque 9 fois sur 10, c’est un « niet » sec, clair et définitif!

Nous rejoignons les queues qui se pressent aux portes d’entrée. L’atmosphère est assez confuse. Là, les policiers à pied sont renforcés par des policiers à cheval. Il y aurait des photos extras à faire mais je n’ose pas….. Dis donc, il faut espérer que tout ça ne finira pas en émeute !

Nous avons une vue excellente de nos gradins. Une chose nous frappe immédiatement : il n’y a que du rouge partout, tout autour du stade. C’est la couleur de l’América. Nulle part ne serait-ce qu’un soupçon de vert, la couleur du club de Medellin. Sans doute, ce serait suicidaire de se pointer ici arborant le tee-shirt de l’équipe adverse !

Nous ne sommes qu’à moitié intéressés par le jeu. Ce qui nous occupe, c’est le spectacle autour de nous. Il y a un type qui n’arrête pas de se lever, d’agiter frénétiquement les bras, de hurler avec véhémence des insultes aux joueurs de l’équipe de Medellin, aux joueurs de Cali, à l’arbitre et je ne sais trop qui encore. Nous captons quelques bribes de ses invectives : « …. hijo … puta …. perro …. madre …. ! ». C’est l’occasion rêvée pour prendre une leçon accélérée de jurons espagnols !

Nous quittons le stade un peu avant la fin, ne sachant pas trop comment tout cela va finir….

Le soir, nous nous rendons au Zaperoco, un club de salsa pas trop loin de notre hôtel. Entrée 5,000 COP et boisson obligatoire à 15,000 COP. Il ne faut pas être effrayé par les chiffres, ça ne fait vraiment pas cher en euros. Il règne une ambiance excellente là-dedans. Au bar, nous côtoyons un couple saisissant : l’homme est noir, sa compagne est blanche et a un corps superbe (comme je la vois de profil, j’ai des aperçus troublants de sa poitrine sous un top ultra-léger). De l’autre côté, 4 noires aux touches également assez frappantes. Adossés au comptoir, nous observons un petit manège amusant : un gros mec d’âge mûr, bedonnant, n’arrête pas d’inviter les deux filles qui se tiennent en face de nous à danser, l’une après l’autre. Elles acceptent – il semble que ça se fait assez gentiment par ici et sans trop de façons – mais visiblement, ça finit par les lasser un tantinet après quelques tours sur la piste. Juste un peu collant, le mec ! Et c’est là que A se lève et va vers elles. A est un jeune homme d’une grande correction, il a d’excellentes manières et de plus il a tendance à impressionner la gent féminine par son physique avenant. Quand il se met en maillot de bain sur une plage, il faut appeler les secouristes pour évacuer les demoiselles qui tombent en pâmoison. Bon, je décxnne, excusez-moi ! Mais c’est sûr, il a le ticket avec les filles et elles lui donnent, l’une après l’autre, ses premières leçons de salsa.

Que voilà une première bonne journée à Cali ! Rien de mieux que les expériences humaines dans le voyage !
KA Kawo Veteran ·
Bonjour Georges,

Merci à toi de continuer (et certainement terminer) ce carnet que j'avais pris beaucoup de plaisir à lire à son commencement et sans lequel je n'aurais peut-être pas visité ce beau pays.

Nous sommes également passé par Cali, mais n'avons pas eu l'occasion ni de voir un match de foot ni d'aller nous exercer à la salsa (voyage avec enfant...). Cependant nous avons quand même profité de cette ambiance assez incroyable et festive le long du rio le soir.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour Georges,

Merci à toi de continuer (et certainement terminer) ce carnet que j'avais pris beaucoup de plaisir à lire à son commencement et sans lequel je n'aurais peut-être pas visité ce beau pays.

Nous sommes également passé par Cali, mais n'avons pas eu l'occasion ni de voir un match de foot ni d'aller nous exercer à la salsa (voyage avec enfant...). Cependant nous avons quand même profité de cette ambiance assez incroyable et festive le long du rio le soir.

Et bonjour à toi, Caro! Sympa de revenir sur mon carnet!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Cali – Café et Parc

Petit déjeuner correct à l’hôtel. Les œufs sur le plat sont faits et servis dans une espèce de minuscule poêle à frire que je n’ai vue qu’en Colombie. En route pour une petite exploration vers le Parc San Antonio qui ne devrait pas être trop loin. Nous passons le Rio Cali, qui est sans doute plus imposant pendant la saison des pluies. Nous traversons la calle 5 par une passerelle à la hauteur de la carrera 6 et admirons, si on peut dire, les graffiti défraîchis encadrés par des rouleaux de barbelés.

Tous ces barbelés partout, c’est un peu comme dans les films classiques de vampires, les voyageurs arrivent dans la nuit dans un village perdu quelque part en Transylvanie. Tous les villageois sont réfugiés dans l’auberge, de lourdes grappes d’ail pendent de toutes parts, on commence à se douter qu’il se passe des choses étranges dans les alentours….. Par ici, ce ne sont bien sûr pas de vampires qu'il s'agit, mais comme tout le monde le sait, la criminalité donne à la Colombie une mauvaise réputation.

Nous arrivons dans le vieux quartier dit « historique ». Ce n’est pas énorme et, si ce n’est pas désagréable, ça ne nous émerveille pas non plus (il faut l’avouer, nous sommes un tantinet blasés). Quelque part dans l’une des 4 ou 5 rues qui mènent au parc, nous nous trouvons un café super sympa. Pour commencer, la serveuse est mignonne. De plus, on sert ici des cafés « de origen ». Nous optons pour du « castillo », c’est la variété que nous avions goûtée chez notre ami Señor Pedro à Salamina. C’est notre troisième ( !!!) bon café depuis notre arrivée à Bogota, il y a déjà quelques semaines. Ça nous change du « tinto ».

C’est un point de chute que j’essayerais de retrouver si jamais je retournais à Cali. On y passe de la bonne musique et il y a plein de livres intéressants sur les étagères. Pour n’en citer que quelques uns : « Always coming home » de Ursula Le Guin; « La Republica » de Platon; « El corazón de las tinieblas » de J. Conrad (« Au cœur des ténèbres » en français) ; un livre sur le tantra. Il y a de quoi s’installer pour quelques bonnes heures ! Nous mangeons pour 60,000 COP (à deux), les portions sont un peu plus petites que d’habitude mais la qualité y est. Le patron vient s’asseoir pour un brin de causette. Il est d’Armenia dans le département de Quindío, au nord de Cali. Pas étonnant qu’il s’y connaisse question café. Comme toujours, nous apprécions la qualité de l’espagnol comme on le parle (presque partout) en Colombie. Je note sa prononciation : « po(d)jo » et « va(d)je » pour « pollo » et « valle ».

Au bout de ces rues du quartier historique, on arrive au Parque San Antonio, qui monte doucement vers une petite basilique (rien d’extraordinaire). Nous nous trouvons ici à l’extrême nord-ouest de Cali et nous avons une bonne vue sur la ville. Ce n’est pas magnifique, je vais me répéter mais Cali semble mériter sa réputation d’être une ville moche.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Cali – Festival

Nous avons de la chance, nous sommes tombés à Cali pendant le Festival de Música del Pacífico Petronio Álvarez, et aucune hésitation, nous y allons !

Ça se passe assez loin dans le centre ville et nous avons une fois de plus à faire un bon trajet en taxi. Des foules de gens s’y rendent aussi, mais à pied. Il devient très vite évident qu’il s’agit surtout d’une manifestation organisée par / pour la population afro-colombienne. Le chauffeur de taxi, un blanc, ne nous cache pas sa prédilection pour les noires. Il lâche son volant pour nous décrire à grands gestes les courbes voluptueuses dont il se déclare être un grand adepte. Ah, ces chauffeurs de taxi, on a toujours droit à une petite discussion amicale ou amusante. Bon, là ça ne vole pas très haut….

Il y aurait des choses à dire à propos de ce festival et de la population afro-colombienne. La principale activité économique « traditionnelle » du département Valle del Río Cauca, dont Cali est la capitale, est la culture de la canne à sucre et du café. Ce qu’on voit bien sur le blason du département : une pousse de canne à sucre et une branche de caféier (à droite). Cali ayant été fondée en 1536, l’esclavagisme sévit pendant près de 3 siècles pour apporter la main-d’œuvre nécessaire aux plantations (l’esclavagisme ne fut aboli qu’en 1851). De plus, le département a également un front maritime important (sur le Pacifique), et de nouveau il y eut recours à la main-d’œuvre forcée des Africains. Le port principal, Buenaventura, a une majorité démographique noire. L’importance de l’activité portuaire est aussi démontrée sur le blason du département (les quais et un navire). A l’échelle nationale, les noirs forment près de 7% de la population Colombienne. Après le Brésil, les USA et Haiti, la Colombie est le pays des Amériques ayant la plus nombreuse population d’origine africaine. Il n’est donc pas étonnant qu’on y trouve une culture afro très importante.

Le « Petronio » est tout à fait ciblé sur la culture afro-colombienne de la côte Pacifique.

Aux abords du festival, les rues sont envahies par les stands de boissons et de grillades de toutes sortes. Nous faisons partie des quelques blancs noyés dans la foule. On se croirait dans un Nigéria alternatif où 1 million de blancs aurait émigré. C’est comme l’histoire des rouleaux de barbelés (voir plus haut), ça me donne des « retours » de mes quelques années passées au Nigéria - un pays plein de barbelés pour les mêmes raisons que la Colombie. Je me rappelle une amie Colombienne qui riait quand on lui demandait si elle avait peur de la criminalité au Nigéria. Elle était de Medellin, elle en avait vu d’autres à l’époque. Ça s’est tout de même amélioré en Colombie, depuis ….

Il y a bien sûr de tout dans ce festival. Entre autres je relève la qualité graphique de quelques tableaux honorant les visages afros. Il y a aussi pas mal de musique et de danse. Un groupe folklorique d’enfants, mignon. Nous y passons quelques heures bien agréables avant de prendre le chemin du retour en début de soirée. Les rues aux alentours du festival sont bondées de monde essayant d’attraper un bus ou un taxi. Nous nous éloignons. Mais si notre chance de héler un taxi augmente, nous nous retrouvons aussi isolés et il commence à faire bien sombre. Pas trop rassurant, ça….. Enfin, un taxi, et la course assez longue ne nous coûte que 10,000 COP. Imaginez ça : 2 Euros !
TI Tiago58 ·
quel plaisir de vous lire a nouveau sur ce forum en fevrier et mars 2019 je suis allé en colombie et suivi vos trace a Salamina la patronne du café et de la plantation de café ce souvenait très bien de vous si j ai bien compris vous vivez en Thailande moi aussi mais seulement 5 mois par an a koh chang pour passer l hiver peut auront nous un jour la chance de nous rencontrer
tiago 58
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
quel plaisir de vous lire a nouveau sur ce forum en fevrier et mars 2019 je suis allé en colombie et suivi vos trace a Salamina la patronne du café et de la plantation de café ce souvenait très bien de vous si j ai bien compris vous vivez en Thailande moi aussi mais seulement 5 mois par an a koh chang pour passer l hiver peut auront nous un jour la chance de nous rencontrer

Bonjour!

Incroyable mais possible après tout. Il n'y a peut-être pas tant de gens qui répondent à mon profil (et à celui de mon fils) qui se rendent à Salamina! Et notre visite est encore assez récente. J'espère que vous avez bien aimé la Colombie!

Quant à la Thailande, je vais suivre par un MP. 🙂
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Popayán

A la station de bus, je prends une petite photo du guichet où nous achetons nos billets pour Popayán (36,000 COP pour 2). La compagnie Velotax a une devise est accrocheuse : « Un transporte del futuro que sirve en el presente ». Ils ont de l’humour dans ce pays !

Une fois passé les faubourgs de Cali, la route est assez bonne et ressemblerait presque à une autoroute, phénomène rare en Colombie. C’est du plat, la vallée de la Cauca, avec de la canne à sucre de tous côtés (comme affiché sur le blason du département). A mi-chemin, ça change pour de la montagne. C’était assez sec jusqu’ici, maintenant les paysages deviennent plus agréables, sans être aussi spectaculaires que dans le pays « paisa », vers Honda, Manizales, Medellin, Valdivia etc. Nous venons d'entrer dans le département « Cauca », d’après la rivière du même nom qui prend sa source un peu plus haut que Popayán et fait près de 1000 kms avant son confluent avec la Magdalena.

A l’approche de Popayán, on a l’impression que les cordillères qui bordent la vallée se resserrent. Il y a une présence militaire assez visible sur la route. Autre détail nouveau, pas nécessairement lié à la présence militaire, nous voyons plusieurs groupes de gens, des familles entières, portant des balluchons, marchant vers le sud. Ce sont des Vénézuéliens. Ils ont quitté leur pays à la suite de la politique exécrable de Maduro et se dirigent vers le Pérou où ils espèrent trouver du travail et de meilleures conditions de vie. Ça fait bien 2 ans que le mouvement a démarré et il y aurait déjà bien 2 millions de gens qui auraient quitté le Venezuela. La Colombie a accordé le droit de résidence et de travail à 800,000 d’entre eux, il faut tirer son chapeau à un geste aussi généreux. Il faut aussi admirer le cran de ces gens : il y a bien 3,000 kms à faire du Venezuela au Pérou, et à pied, couchant dehors, ce n’est pas du gâteau. Les vénézuéliens n’ont pas l’habitude des montagnes…

Nous voici à Popayán. De la station de bus au centre-ville, il y a juste un gros km que nous faisons à pied, passant par-dessus le Puente Humilladero, pont en briques qui enjambe un parc bien mignon – un avant-goût du soigné de cette petite ville. Nous arrivons à notre petit hôtel bien propret situé à quelques encablures du Parc Caldas.

Nous commençons par un repas dans un restaurant simple à un coin de rue, sur la carrera 2. On mange pas mal ici : soupe + viande + limonade fraîche et naturelle, 12,000 COP soit dans les 3 euros, ce qui pour deux est vraiment incroyable ! Bien repus, nous continuons notre exploration vers le centre-ville.

Les gens par ici ont nettement plus des traits indigènes. Des nez bien faits, légèrement aquilins. Plutôt bas de taille généralement. La femme de l’hôtel, par exemple, ne doit avoir que quelques traces de sang ibérique. Elle est bien jolie de visage, d’ailleurs. Ces cheveux noirs, lisses, brillants... La taille un peu épaisse peut-être, mais franchement, moi qui suis toujours attiré par les beautés exotiques, si j’avais l’occasion je ne dirais pas non ! ….. Ah mais, tiens-toi bien, Georges ! Qu’est-ce qu’ils vont penser de toi sur VF, hein ? Que tu es un obsédé sexuel ???? D’ici à ce qu’ils te virent du forum, il n’y a pas loin !

Le parc Caldas est très beau, très propre et bien plus tranquille que ce à quoi nous avions l’habitude jusqu’ici. Mais tout est relatif, c’est tout de même bien animé ! Nous voyons immédiatement pourquoi on parle parfois de « Popayán la blanche ». Sur un côté de la place, nous trouvons la cafétéria Juan Valdez où nous nous asseyons pour ….. notre 4-ème bon café en Colombie ! Je recommande cet endroit, il y a une cour intérieure vraiment très agréable où la clientèle peut s’installer pour passer le temps agréablement – l’expression anglaise « chilling out » serait parfaitement appropriée.

Il est bien évident que Popayán est une ville touristique très appréciée, et par les touristes Colombiens en premier lieu. Il faut s’éloigner un peu du centre pour voir se dessiner une Colombie un peu moins léchée. Quelques rues vers le sud du parc Caldas, ça devient déjà plus populaire, mais ça reste bien sympathique. Je prends en photo un groupe de gens autour d’une vendeuse de snacks – les traits indigènes prédominent.

Le soir tombant nous trouve assis sur les marches de la Ermita de Jesús Nazareno, l’église qui domine au bout de la calle 5, à jouir d’un coucher de soleil magnifique. C’est vraiment chouette, la Colombie, ça réchauffe le cœur !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Popayán - Silvia

Parmi les bonnes choses à dire sur Popayán, il y a que le climat est extra. Nous sommes de retour dans la montagne Colombienne où il fait si bon vivre – Popayán est à 1700-1800 mètres d’altitude. Notre chambre d’hôtel n’a ni climatisation, ni ventilateur : nul besoin ! Il y a des qui gens réservent systématiquement des chambres plus chères avec climatisation…. Bon, d’accord, comme on dit en anglais : « whatever floats your boat ! » traduction plus ou moins littérale « si ça fait flotter votre barque », c-à.d. « si ça peut vous faire plaisir ».

J’oubliais de dire, au restau à midi sur la carrera 2, nous étions installés à table dehors. Deux jeunes hommes sont passés régaler la clientèle de quelques chansons. Visiblement, c’étaient des Vénézuéliens faisant la manche. Les gens donnaient assez facilement un peu de monnaie. Nous n’avons vu nulle part de mauvaise réaction de la part des Colombiens à l’énorme vague migratoire des Vénézuéliens traversant leur pays. Je ne me rappelle plus où ni de qui nous l’avons entendu, mais en gros : « Nous Colombiens, quand nous étions dans la mxxde, les Vénézuéliens nous ont aidé. Maintenant, c’est à notre tour de les aider ». 🙂

Le soir, nous mangeons dans un restaurant de standing un poil plus élevé que d’habitude : la Cosecha Parrillada, dans la calle 4 à 2 pas du parc Caldas. Et là, mes amis, nous nous en mettons plein la lampe ! Je me commande un churrasco argentino. A, quant à lui, reste abonné à la bandeja paisa et s’en fait servir une superbe (photo). Si on enlève la moitié d’avocat et l’arepa (dont franchement je ne raffole pas, même grillée comme ici), il reste une dose massive de protéines et de graisses animales. J’aime ça aussi, mais pas tous les jours ! Avec nos bières, notre note s’élève à 71,000 COP. Grands seigneurs malgré nos fringues fatiguées (je ne suis pas sûr que A ait lavé une seule fois son unique pantalon depuis notre arrivée en Colombie), nous laissons un pourboire royal de 6000 COP 😉. En tout, nous en sommes à moins de 10 euros par personne !

A 7 heures le lendemain matin, nous prenons le bus pour Silvia (7,000 COP pp et 1 heure 30 de route). La route est bonne. Silvia est une bonne surprise. C’est jour de marché et il y a foule d’indiens Guambianos. Les gens sont décontractés et souriants, ils rient assez facilement. Ils sont tout petits et ils ont des traits fins. Le menton un peu en galoche donne à certaines femmes un petit air de gentilles et mignonnes sorcières, comme ces deux vieilles femmes vendant des bottes de je ne sais trop quelle verdure.

Mais pour les photos, là il y a problème. 😕 Dans une rue où on vend des animaux, je prends de loin la photo de deux d’hommes occupés à poser le bât sur une mule. Les deux hommes sur la gauche se sentent visés et viennent à nous pour se plaindre, pas méchamment mais avec insistance, nous regardant droit dans les yeux. Il est un peu difficile de comprendre leur Espagnol, mais en gros ils veulent une compensation monétaire. Impossible de les secouer, il va bien falloir leur donner une « cosita » (le seul mot clair que je comprends dans leur bredouillement) : allez, 2,000 pesos chaque, soi-disant pour aller boire un café, et bon débarras ! Sur quoi qqn d’autre vient nous expliquer, dans un Espagnol également un peu bancal, que ces deux hommes ne voulaient qu’aller se payer un peu de gnole – ou qqc dans le genre.

Donc, les photos, je ne peux les prendre que d’assez loin. N’ayant en plus qu’un portable pour les prendre, vous comprendrez qu’elles ne peuvent pas être d’une très grande qualité. Je prends quelques vues d’ensemble de cette rue où se trouve un groupe important de femmes vendant toutes les mêmes « verdures ». C’est plein de couleurs ! Les femmes et les hommes portent presque tous une sorte de chapeaux melons un peu plus hauts sur l’avant. J’ai l’impression que ceux qui portent des chapeaux style « cowboy » sont des métis ou des blancs, comme cet homme au coin de la rue qui porte un grand poncho rejeté par-dessus l’épaule. Les ponchos, ça se comprend, il faut dire que nous sommes ici à 2800 mètres d’altitude, il doit faire bien frais dès que le soleil disparaît.

Nous revenons sur la place centrale. Plein de photos à faire …. de loin, ou de derrière : comment résister à photographier ces femmes de derrière, avec leurs cheveux magnifiques. Les jeunes filles les portent très longs, lâches ou en une seule natte. Quant aux femmes plus âgées, elles ont plutôt tendance à les porter courts et parfois on voit ces cheveux jaillir tout dru de dessous leurs chapeaux, ce qui accentue le look « sorcière ». Sur cette photo, d’ailleurs, on remarque bien les bottines que presque toutes les femmes portent par ici. C’est mignon, ça rappelle la poupée de porcelaine du film « Le Magicien », celle à laquelle le héros recolle ses pieds brisés.

Sur un côté de la place, une belle église bien nette. Mes excuses pour la distorsion, mais vous comprendrez que je ne suis pas là pour prendre des photos professionnelles (je laisse ça à A). Par contre, je suis satisfait d’avoir pris l’église par-dessus ce chapeau blanc en premier plan, ça fait vraiment très « Colombie », vous ne trouvez pas ?
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Popayán – Silvia 2

Nous allons au coin de la place attendre le prochain minibus pour retourner à Popayán. Trois indiennes attendent elles-aussi. Visez leurs petites bottines noires ou marron, bien proprettes. Et visez aussi la différence de taille par rapport aux deux blancs sur la droite de la photo. Bon, d’accord, je le reconnais, c’est une photo presque truquée (malgré moi) : les deux blancs se tiennent une marche plus haut que les femmes. Mais tout de même, c’est une différence de 3 têtes au moins !

Toujours à l’attente du minibus, un autre groupe attire mon attention. Un homme, une femme et une jeune fille. J’espère que vous aimerez cette autre photo qui montre bien comment ces gens semblent être gais et heureux. La jeune fille porte un chapeau très plat qui ressemble à des galettes superposées. On nous a expliqué que c’est le chapeau traditionnel des Guambianos et que ce n’est que depuis le milieu du 20-ème siècle que la mode du chapeau melon a pris le dessus. On voit souvent les filles ou les femmes (maintenant que j’y pense, plutôt les jeunes filles d’ailleurs) porter cette « galette » dans le dos, retenu au cou par un cordon. Je crois bien avoir aussi vu 2 ou 3 hommes porter ça.

Nous étions partis tôt ce matin, et nous voici de retour en milieu de journée à Popayán. Je me rends tout seul au centre-ville. A un coin du Parque Caldas, là où se croisent la calle 4 et la carrera 6, le café-restaurant Cuaresnor offre des repas corrects à prix modiques (7,200 COP le plat !). Mais soyez avertis, il faut payer 1,000 COP pour aller pisser !

A Silvia, A a accroché un Guambiano sur la place – ou c’est l’inverse, je ne sais – et a convenu d’une visite « guidée » dans l’une des vallées au-dessus de Silvia. Nous y retournons donc le lendemain …. Et nous retrouvons à poireauter un bon moment au milieu de la place. C’est calme aujourd’hui, ce n’est pas jour de marché. Si hier on pouvait voir quelques touristes, aujourd’hui pas un seul. A finit par appeler le « Señor Mario », qui probablement ne nous attendait pas. Enfin, il vient nous chercher. Nous faisons quelques kms en colectivo pour arriver chez lui. Ce qu’il voulait nous montrer s’avère être sa pisciculture. Sa ferme se trouve dans un vallon agréable traversé par une jolie petite rivière. L’endroit idéal pour construire une demi-douzaine de grands bassins pour élever des truites.

Ça fait un bout de temps que nous croisons les « truchas » sur les menus en Colombie. Et je dois dire que les quelques fois que nous en avons mangé, elles étaient effectivement délicieuses. De même chez « el Señor Mario », car nous voici à table dans la maison (propre mais assez sommaire). Les truites qu’on nous sert sont extras. Mais moi qui espérais apprendre des choses sur le peuple Guambiano, je reste un peu sur ma faim. La discussion avec Señor Mario s’arrête plutôt rapidement. Quelques bribes d’information, malgré tout. Pour commencer, leur vrai nom est Misak ou Mintzak. Ils sont quelques 20,000 en tout. Leur enseignement scolaire se fait dans leur propre langue et l’espagnol semble être une seconde langue pour eux (j’avais déjà l’impression qu’ils s’ils le parlent assez bien, cela reste pour eux une langue étrangère). Les slogans affichés au mur donnent une idée de la langue. Je ne retiens que « nachak » pour la cuisine.

Nous ne passons que 2 ou 3 heures chez Señor Mario. En toute franchise, nous finissons par nous ennuyer un tantinet. Et il faut bien payer 24,000 COP pour nos truites plus qqc à Señor Mario « por guía», comme il dit. Dis-donc, ces indiens, ils ont une façon subtile de se faire payer. Nous avions déjà l’expérience des 2 zoulous, pardon, Guambianos que j’avais eu la mauvaise idée de cadrer dans une photo hier….

De retour à Silvia, il faut attendre quelques heures avant de pouvoir attraper un minibus pour redescendre à Popayán. Nous nous réfugions dans un café au bord de la place. Je ne peux résister à prendre la photo du crucifix amusant fait de cuillères et de fourchettes. Avant de partir, je fais l’achat de 3 ponchos dans une petite boutique sur la carrera 2, à quelques pas de la place. Des ponchos, ce n’est pas une mauvaise idée comme souvenirs, non ? Et ici, ils semblent assez authentiques. A 170,000 COP, ça me revient à 12-13 euros pièce, sans doute un prix gonflé pour touriste mais ce n’est pas la ruine non plus.

Je termine ces pages sur Silvia par cette photo prise par la fenêtre du minibus qui montre bien la beauté de ces montagnes Colombiennes.

Sur la route principale, des centaines de gens se dirigent à pied vers Popayán. Cette fois, ce ne sont pas des Vénézuéliens, ce sont ..... des Guambianos! C'est une démonstration réclamant plus de droits et de respect pour les peuples indigènes de Colombie. Nous n'avons pas eu l'impression que ces gens soient malheureux, bien au contraire, mais par principe nous sympathisons bien sûr avec eux.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Passer de Colombie en Equateur : géographie

Comme je crois déjà l’avoir mentionné, nous sommes en train de descendre vers le sud de la Colombie pour passer en Equateur, d’où nous prendrons nos vols de retour en Europe. Mais depuis que nous sommes à Popayán, l’exode des Vénézuéliens ce n’est plus de l’ouï-dire, nous les voyons ! Notre idée initiale était d’aller plein sud et de faire Pasto - Ipiales – Ibarra – Quito, mais nous nous inquiétons des conditions de passage à la frontière. On entend de plus en plus parler de queues de plusieurs milliers de personnes. Même si paraît-il une file spéciale a été ouverte récemment pour les non-Vénézuéliens, c’est franchement inquiétant. Le risque de rester coincés quelques jours à la frontière est peut-être minime, mais existe.

Il y a deux autres points de passage de Colombie en Equateur. Par la côte Pacifique : très déconseillé pour des raisons sécuritaires. Ou par San Miguel de l’autre côté des cordillères, dans le département Putumayo. Personne ne parle de foules de Vénézuéliens par là-bas, et personne n’en dit du mal. En fait, personne ne semble en dire beaucoup de choses !

En cherchant bien, on arrive à trouver des opinions plutôt que des informations. Voici un exemple de ce qu’on peut lire (j’ai mis en gras les mots qui accrochent):

https://andestransit.com/portal/en/5-ways-to-cross-the-colombia-ecuador-border

“Tulcán/Ipiales isn't your only option, but with these others that I will cover below, you need to be much more alert to your personal surroundings and be the type who doesn't mind risking a bit more danger. You may be more scrutinized by border control officials, but in exchange, you will take the road less traveled and gain some really cool adventure.”

Traduction : “Tulcán / Ipiales n'est pas votre seule option, mais avec ces autres que je vais couvrir ci-dessous, vous devez être beaucoup plus attentif à votre environnement personnel et être du genre à ne pas craindre de risquer un peu plus de danger. Vous serez peut-être plus scruté par les agents de contrôle aux frontières, mais en échange, vous emprunterez la route la moins fréquentée et gagnerez une aventure vraiment cool. »

Ces mots me rappellent la chanson Camarillo Brillo de Frank Zappa sur son album Over-Nite Sensation (1973) :

“Well, I was born To have adventure” = “Bon, les aventures, je suis né pour ça ».

Alors, la décision est prise, nous allons faire un détour vers l’est et passer par San Miguel. Et en route, nous en profiterons pour visiter San Agustín.

Ce n’est pas une décision prise à la légère. Ce n’est pas tellement une question de kilométrage : Popayán – Quito par la voie directe (Ipiales), c’est 600 kms par San Miguel, ça nous fera dans les 800 kms. Mais plutôt, c'est qu'il faudra traverser 3 cordillères andines.

Un peu de géographie sera peut-être bienvenu pour certains (et parfaitement rasoir pour d’autres, je sais, je sais….). Notons pour commencer que la Colombie est essentiellement traversée du nord au sud par 3 cordillères montagneuses principales (les lignes jaunes épaisses sur la carte ci-jointe). Allant d’ouest en est, ce sont les cordillères occidentale, centrale et orientale. Ces cordillères découpent la Colombie en ses domaines hydrographiques principaux : d’ouest en est, ce sont la côte Pacifique, la vallée de la Cauca, la vallée de la Magdalena, et enfin le bassin de l’Orénoque (au nord) et celui de l’Amazone (au sud). J’ai indiqué les deux rivières principales du pays, la Cauca et la Magdalena en tiretés bleus. Il y a des chaînes montagneuses secondaires qui s’embranchent sur ce schéma de départ (lignes jaunes plus minces).

La route principale pour Quito (Cali – Popayán – Pasto – Ipiales – Ibarra – Quito) passe entre les cordillères occidentale et centrale. La croix verte sur cette route représente le passage de frontière.

C’est entre Popayán et la frontière que la cordillère orientale se détache de la cordillère centrale, et le détour que nous allons faire consiste à passer ces deux cordillères. Puis une fois en Equateur, il faudra repasser la cordillère orientale, d’est en ouest cette fois, pour remonter vers Quito.

Puisque j’y suis, j’attire l’attention des lecteurs particulièrement chevronnés au fait que la délimitation entre les bassins de l’Orénoque et de l’Amazone n’est pas due à un accident topographique aussi "violent" que les cordillères Andines. Ça saute aux yeux sur la carte (pas de gros « bourrelet » brunâtre montagneux de ce côté-là). Sait-on qu’initialement, il y a très, très longtemps (vers la fin du Crétacé), l’Amazone n’existait pas et que toutes ces rivières à l’est des Andes faisaient partie d’un seul bassin, celui de l’Orénoque ? L’accentuation de la tectonique Andine au Tertiaire a causé des basculements topographiques qui ont fini par séparer les deux systèmes.

D’accord, d’accord, j’exagère ! Je vous le promets, moins de géographie et plus d’aventure dans les pages prochaines !
TI Tiago58 ·
pour moi pas de probleme j adore la géographie et ta façon de nous faire partager ton voyage j attends avec impatience la prochaine étape san agustin
tiago 58
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
pour moi pas de probleme j adore la géographie et ta façon de nous faire partager ton voyage j attends avec impatience la prochaine étape san agustin

Super! Merci de me le dire. Parfois je m'inquiète de trop en faire (mais je me dis alors que j'écris tout d'abord pour mon propre compte).
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
En route pour San Agustín

Départ du bus à 8 :30. Il nous laissera à un embranchement proche de San Agustín, où un taxi nous attendra pour le trajet final. 18,000 COP par personne, tout compris. C’est une formule originale et on pourrait avoir quelques hésitations mais il ne semble pas y avoir d’alternative.

La route est bonne pendant la première heure et demie. Le tronçon avant l’entrée du parc Puracé, à la « frontière » entre les départements Cauca et Huila, traverse un plateau couvert d’une végétation assez extraordinaire. Entre autres, il y a des milliers de pousses – je ne sais pas comment décrire ça exactement – d’un ou deux mètres de haut, surmontées par des éclosions ou des bouquets de fleurs blanches ( ? ). C’est un peu comme si c’étaient des « œufs » sortis tout droit des soutes du vaisseau spatial « alien » dans le film du même nom….. La route est trop encaissée pour pouvoir prendre des photos correctes. Les deux photos que je mets ici sont en fait des copies tirées de Google Maps. Pas fameux, je sais, mais ça donne une petite idée.

Toute cette région est vraiment fantasmagorique, c’est vaste, vert, humide, froid bien sûr, assombri par un ciel lourd….. Je crois que ce paysage est caractéristique de certaines zones andines et que ça s’appelle un « páramo».

Une personne pensant prendre cette route un jour pourra trouver un peu d’information sur le « net » et pourra lire que « la route est en bon état ». La vérité, c’est qu’il y a au moins une dizaine de kms, sinon plus (difficile à estimer) qui sont complètement défoncés. La route est peut-être meilleure par temps sec, mais aujourd’hui, il y a une épaisseur de boue comme je n’ai jamais vu nulle part. Ornières et nids de poules à profusion, et pas des moindres ! Nous tanguons de tous bords, il n’y a pas une seconde de répit. Il y a en plus beaucoup de circulation dans les deux sens, et surtout des gros camions, sur cette route étroite. Nous traversons une forêt. Si jamais un véhicule tombe en panne, nous serons dans la mxxde !

Quelques kms plus loin, enfin sortis de ce passage chaotique, nous nous arrêtons à un restaurant pour respirer un coup et pour manger. Un autre étranger y est déjà, un Anglais qui fait la route à vélo depuis le Canada jusqu’au Pérou. Comment il a pu traverser le parc dans les conditions que je viens de décrire, je n’ose pas imaginer. En plus, il ne doit pas avoir une dizaine de kgs de bagages sur son vélo. C’est vraiment une toute autre aventure, chapeau !

Le bus s’arrête à un pont. C’est la Magdalena ! Nous ne devons pas être très loin de sa source, quelque part au sud du massif du Puracé. Comme convenu, on nous y attendait. En fait, c’est une voiture privée qui nous emmène sur ces derniers kms jusqu’à San Agustin. C’est une toute petite ville. Du centre, nous avons ½ km à faire à pied, le long de la carrera 13, pour arriver à notre logement : la Casa François. Aucun doute, le propriétaire est ou Français, ou Belge, ou Suisse ou Québecois. C’est un peu en hauteur et nous y avons une belle vue sur San Agustin et sa vallée. Les cabanes sont d’aspect plutôt engageant, distribuées à travers une verdure bien entretenue. La deuxième photo montre le devant de notre cabane. Sympa, non ?

En fin d’après-midi, nous nous laissons tenter par l’étalage de fruits et légumes à l’entrée d’un restaurant, sur la calle 5. Ce n’est pas que nous ayons une grande faim, nous avions déjà mangé un bon morceau à la sortie du Puracé, mais que diable, il faut bien s’asseoir quelque part !

Le panneau sur la droite (photo) annonce les plats « phares » du lieu, à savoir l’ »asado huilense », une grillade donc, et - surprise, surprise – la « bandeja paisa » bien connue de tous. Voulant manger un peu plus sain que d’habitude, je commande une « cazuela de frijoles ». Les « frijoles », c’est des « Cazuela », c’est des haricots ou des fèves, et « cazuela », c’est presque le même mot que « cassoulet », c’est donc un choix assez logique pour changer de la « bandeja paisa » omniprésente.

La « cazuela » arrive. Bien, mais ….. c’est tout ? Pas de petite « sopita » en entrée ? Pas de petite salade pour accompagner ? Vu le prix indiqué sur le menu, je commence à me douter d’une erreur d’aiguillage quelque part, et effectivement, le garçon revient pour poser devant moi ….. une « bandeja paisa » énorme ! Quoi, ça vient ensemble ? Oui, me dit-il, la différence entre commander une « bandeja paisa » et une « cazuela de frijoles », c’est que les gens commanderont la « cazuela » s’ils veulent avoir plus de haricots mais ça viendra en plus de la « bandeja », qui elle est de toute façon servie par défaut. Au secours, je vais crever ! La clinique locale a-t-elle une section pour les overdoses de protéines animales ?

C’est l’estomac bien chargé et plus légers de 55,000 COP (15 euros, notre addition pour 2 personnes) que nous rentrons le soir à la Casa François. Ça grimpe mais l’effort physique aidera à la digestion.
DA Danyflore Regular ·
Bonjour, Vraiment intéressant votre carnet de voyage. Il se trouve que j'ai déjà voyagé plusieurs fois en Colombie et en Équateur. Mais je voyage seule ou avec une amie (donc 2 femmes), ce qui change notre possibilité de rencontres avec les colombiens et équatoriens. La Colombie est le pays sud-américain où à mon avis, l'accueil est le plus chaleureux. En parlant espagnol, c'est facile d'y voyager. Par contre, j'ai trouvé l'accent paisa difficile à suivre. Je suis habituée à l'espagnol doux et fluide des équatoriens des Andes. Les magnifiques plantes des páramos (Ici le Parc Purace) que vous avez photographiées se nomment frailejones. J' en ai vu dans les páramos du Venezuela, de Colombie et d'Equateur. Merci de votre explication sur les fessiers impressionnants des colombiennes. Nous en avons photographié plusieurs discrètement dans la rue en nous interrogeant sur cette mode à la Botero. J'avais envie lors de mon prochain séjour en Colombie de passer par Lorica, qui appartient au réseau des villages patrimoniaux de Colombie. Vu vos commentaires, je m'en passerai. J'oubliai: à propos de Salamina et Aguadas, la fontaine qui est arrivée en pièces détachées par mer puis par monts et vaux est celle de Salamina. Était ce en août que vous étiez à Aguadas? Vers le 15, il y a le festival du "pasillo colombiano", un des nombreux genres musicaux du pays. Ça vaut le coup d'y rester une petite journée. J'attends avec impatience de lire votre ressenti sur Quito. Mon filleul équatorien y habite et en 30 ans, j'y ai séjourné à multiples reprises. J'aime beaucoup cette ville. Bien cordialement, Danyflore.
D.F
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour, Vraiment intéressant votre carnet de voyage. Il se trouve que j'ai déjà voyagé plusieurs fois en Colombie et en Équateur. Mais je voyage seule ou avec une amie (donc 2 femmes), ce qui change notre possibilité de rencontres avec les colombiens et équatoriens. La Colombie est le pays sud-américain où à mon avis, l'accueil est le plus chaleureux. En parlant espagnol, c'est facile d'y voyager. Par contre, j'ai trouvé l'accent paisa difficile à suivre. Je suis habituée à l'espagnol doux et fluide des équatoriens des Andes. Les magnifiques plantes des páramos (Ici le Parc Purace) que vous avez photographiées se nomment frailejones. J' en ai vu dans les páramos du Venezuela, de Colombie et d'Equateur. Merci de votre explication sur les fessiers impressionnants des colombiennes. Nous en avons photographié plusieurs discrètement dans la rue en nous interrogeant sur cette mode à la Botero. J'avais envie lors de mon prochain séjour en Colombie de passer par Lorica, qui appartient au réseau des villages patrimoniaux de Colombie. Vu vos commentaires, je m'en passerai. J'oubliai: à propos de Salamina et Aguadas, la fontaine qui est arrivée en pièces détachées par mer puis par monts et vaux est celle de Salamina. Était ce en août que vous étiez à Aguadas? Vers le 15, il y a le festival du "pasillo colombiano", un des nombreux genres musicaux du pays. Ça vaut le coup d'y rester une petite journée. J'attends avec impatience de lire votre ressenti sur Quito. Mon filleul équatorien y habite et en 30 ans, j'y ai séjourné à multiples reprises. J'aime beaucoup cette ville. Bien cordialement, Danyflore.

Bonjour Danièle,

Comme c’est sympa de me répondre avec un avis positif, et de me donner le nom de ces plantes du páramo !

L’accent paisa difficile ? Je l’avais trouvé plutôt facile à capter, et en fait pas tellement différent du peu que j’ai entendu en Equateur (à venir dans mon récit). C’est plutôt l’accent (les accents, ) côtiers qui m’avaient donné du mal en Colombie. Mais le fait reste, tout simplement : parler ne serait-ce qu’un peu d’espagnol change la donne quand on voyage dans ces pays.

Je suis rassuré d’avoir un retour positif d’une dame (vous) sur mes élucubrations « fessières ». On me prendrait facilement pour un obsédé ! Mais je suis un homme porté sur les femmes, je dois l’avouer – et pourquoi le cacher ? - alors ces détails font partie de mes découvertes…

Je coirs bien effectivement que j’étais à Aguadas au mois d’août, mais une bonne semaine avant le festival du « pasillo ». On ne peut pas tout faire dans un voyage. Si un jour j’y retournais….

Je vais bientôt arriver à Quito, encore quelques jours de voyage (dans mon récit). J’ai bien aimé Quito aussi. Très belle ville. Beaucoup de cachet.

Au passage, j'ai vu aujourd'hui que la Colombie fait des gestes d'ouverture au touristes étrangers. Pas encore grande ouverte, mais au moins des signes dans ce sens. A bon entendeur, salut!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
....

Au passage, j'ai vu aujourd'hui que la Colombie fait des gestes d'ouverture au touristes étrangers. Pas encore grande ouverte, mais au moins des signes dans ce sens. A bon entendeur, salut!

Pour ceux qui "z'yeutent" l'Amérique du Sud : de même, il semble, en ce qui concerne le Pérou. Reste à voir dans quelles conditions, et il faut aussi avoir courage + appétit vu la situation pandémique critique dans ce pays!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Me voici de retour! J'ai été occupé "ailleurs" pendant quelques jours....

San Agustín – A cheval !

Nous nous levons tôt pour nous rendre chez Silvio ce matin. Silvio, nous l’avons rencontré hier en remontant la carrera 13 vers Casa François, et nous avons convenu d’une ballade à cheval avec lui, 70,000 COP pour deux et pour la matinée. Ça fait 10 euros chacun, c’est assez correct : les chevaux ont l’air d’être bien soignés et il nous affirme qu’ils sont bien dociles. C’est ce qu’il faut car A n’est jamais monté en selle de sa vie.

Nous prenons vite un petit déjeuner ultra-léger à Casa François. Les œufs sur le plat viennent comme d’habitude dans cette espèce de minuscule poêle à frire en aluminium dont j’ai déjà parlé. Assez curieux comme truc, les œufs attachent bien au fond… En descendant de chez Casa François, nous avons une belle vue sur la ville aux premières lumières de la journée. Il n’est encore que 7 heures du matin, les rues sont vides. Il fait d’ailleurs bien bon, bien frais. Deux jeunes Françaises, S et M, font aussi partie de notre expédition.

Nous nous dirigeons vers le nord. Notre premier arrêt est à El Tablón : au milieu d’un pré assez pentu se trouve un groupe de 8 statues de pierre volcanique grise. Silvio nous donne des explications, que je dois plus ou moins traduire aux filles qui ne semblent pas dominer la langue du pays, c’est le moins qu’on puisse dire. Dites donc, les filles, vous venez de faire 2 ou 3 semaines en Colombie et vous dites continuer vers le sud pendant 2 ou 3 mois encore ? Il faudrait quand-même faire un petit effort en Espagnol, non ? 😠

Ces statues, comme la plupart des autres trouvées dans la région, ne sont datées que très approximativement. Si je comprends bien, pour établir une datation qui tient la route, il faut corréler tout un tas de données, des poteries et des restes organiques (aliments) qu’on puisse dater au carbone, par exemple (il n’y a ici aucune écriture). L’idéal serait de trouver ça dans des sols qui n’auraient pas été remaniés par la suite (érosion, alluvions plus récents etc). Tout ça semble beaucoup manquer ici et on en reste donc plutôt du côté des interprétations et interpolations.

Grosso modo, on parle d’une “culture de San Agustín” qui remonterait au 4-ème millénaire av. J.C., ce n’est pas rien ! Les statues seraient surtout du 1er millénaire av. J. C. et même plus récentes, et représentent on pense des divinités. Cette culture aurait disparu peu avant l’arrivée des Espagnols.

En contrebas de ces statues, une grande maison fièrement intitulée « museo », mais nous décidons de ne pas y aller. Silvio nous indique que l’arbuste qui lance joyeusement de belles branches d’un vert éclatant par-dessus le mur de la maison est de la coca. C’est tout à fait la première fois en déjà bien 4 semaines dans le pays que nous entendons parler de cette plante !

De El Tablón vers le canyon de la Magdalena, il n’y a pas loin. Nous laissons nos chevaux et descendons des escaliers à pied. A mi-chemin, La Chaquira nous salue : c’est une effigie intrigante sculptée dans une énorme pierre qui domine le chemin. Les deux bras levés vers le ciel, ce personnage salue-t-il des divinités célestes, ou peut-être est-ce un geste de vénération adressé à la rivière ? Entre autres détails, ces gros yeux tout ronds, globuleux, c’est frappant.

Un peu plus bas, nous arrivons à une plateforme d’où nous admirons un paysage superbe. 😎 Il faudrait être vraiment gonflé à bloc pour oser aller plus loin vers la Magdalena qui, à vue de nez, coule une centaine de mètres plus bas. Les verts déclinent une gamme assez complète, entrecoupée par le brun rougeâtre de quelques affleurements rocheux et, assez incroyable dans une telle topographie, le jaune-orange de quelques champs de maïs cultivés à flanc de côteau. Tout à fait à gauche de la photo, une petite ferme blanche. Inutile de dire qu’il n’y a qu’à pied, à dos de mule ou à cheval qu’on pourrait s’y rendre. Les gens qui y vivent ne doivent pas être ennuyé par les voisins ! On peut facilement imaginer aussi que s’ils s’adonnent à quelque culture illicite, il n’y aura pas grand monde pour aller vérifier de près ! 😉

Ces paysages, ces fermes minuscules et ces terres cultivées qui défient la verticale, c’est très caractéristique des montagnes Colombiennes.

Nous retrouvons nos braves canassons et continuons, vers le nord-ouest cette fois. C’est la cambrousse. Toujours ces couleurs brunes et vertes profondes, sous un ciel lourd de nuages prêts à crever. Magnifique, on se croirait dans un rêve. Quelques maisonnettes humbles mais propres, coquettes et fleuries. On voit que les gens ne sont pas riches par ici. Nous arrivons au site dit La Pelota. Ce qu’il y a de remarquable ici, ce sont les statues qui gardent l’entrée de 2 ou 3 tombeaux : elles sont plus petites mais portent encore des couleurs bien visibles. Autre chose remarquable : la bouche féline. Des crocs évidents. Sans le moindre doute, on retrouve ici le culte du jaguar qui est tellement caractéristique de tous ces peuples, du Mexique au Pérou (peut-être plus au sud ?). Ce que ces personnages tiennent dans leurs mains, est-ce le corps du / de la défunt / défunte ? Très intrigant, à vrai dire… 😮

De là, nous reprenons le chemin du retour. Nous sommes à quelques 2 kms des abords de San Augustin. La dernière photo montre l’une des deux filles et mon fils A de dos. Il aurait fallu un cheval bien plus grand pour lui. Silvio l’a d’ailleurs surnommé « El Gigante ». 😏 En Europe, A est grand, mais ici en Colombie, c’est vrai, il fait figure de géant !

Nous descendons de selle à midi passé. C’était un régal, cette balade à cheval. 😛
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J'ai trouvé une belle photo de ces frailejones dont nous parlions il y a peu. Ça va faire plaisir à Danièle "Danyflore"! Magnifique, non? En fait, ce sont des feuilles et non des fleurs, ces "éclosions" au-dessus des pousses. Vraiment extraordinaire, ces paysages des páramos, c'est comme une autre planète....

La carte ci-jointe montre la distribution des cultures pré-colombiennes de Colombie. On voit bien qu'elles étaient centrées de préférence sur les massifs montagneux. Est-ce à cause des climats plus agréables, ou est-ce une interprétation faussée par le manque de vestiges laissés dans les basses terres?
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
San Agustín – Le parc archéologique

C’était bien sympa, cette balade à cheval le matin. Pendant les quelques arrêts, nous avons eu l’occasion de bavarder avec Silvio. Il nous a dit qu’il faut 5 jours de cheval pour remonter jusqu’à la source de la Magdalena. Je veux bien le croire. A vol d’oiseau, il ne doit pas y avoir beaucoup plus d’une trentaine de kms jusqu’au petit lac où la rivière semble prendre sa source, mais le terrain ne doit pas être facile. L’endroit se situe dans une région qu’on appelle le Massif Colombien ou le Nœud d'Almaguer. C’est de là que les cordillères Centrale et Orientale de la Colombie se séparent l’une de l’autre. C’est un endroit remarquable, car en plus de la Magdalena et de la Cauca, qui coulent vers la mer des Caraïbes au nord, il en sort aussi la Putumayo et la Caquetá qui elles rejoignent le bassin Amazonien, vers le sud-est.

Ça laisse pensif, cependant : ce serait vraiment une superbe entreprise ! A mettre de côté avec tous les autres projets potentiels. Il faudrait des vies entières pour explorer cette planète !

Silvio nous parle aussi un peu de la politique locale. Pour commencer, il nous informe que la région est « très tranquille ». 🙂 C’est ce que nous entendrons aussi plus tard dans la soirée, quand nous rencontrerons d’autres habitants du cru.

Il nous dit que la famille de Santos, le président précédent, fait entièrement partie de la FARC. Que l’un de ses oncles, après quelques années de prêtrise, s’était défroqué pour devenir l’un des commandants de la FARC : « El Cura Pedres ». Que ceux qui rejoignent la FARC ou d’autres guerrillas, sont soumis à un lavage de cerveau psychologique et ne reconnaissent plus leur famille. Que les négociations de paix n’aboutissent jamais à rien. Que Uribe et Duque sont des gens bien mais, bien sûr, étant des politiciens ils ne peuvent pas ne pas être corrompus.

Il est bavard, l’ami Silvio. 🙂

L’après-midi, je vais tout seul au Parc Archéologique. A en a eu assez ce matin et veut s’occuper de ses photos. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il a probablement l’arrière-train enflammé après ces 4 heures à cheval !

Le parc n’est pas loin. Je paie la voiture 5000 COP et en avant ! C’est grand, bien soigné mais avec ici et là pas mal de végétation laissée à l’état naturel. C’est intelligent comme arrangement. Il y a de quoi faire. En tout, j’y passe plus de 2 heures. Les touristes sont assez nombreux, Colombiens à 90%. Pour les 6 premières photos, ce sont des statues d’un style assez proches de ce que nous avons vu le matin. Et puis, je ne connais strictement rien de cette « culture de San Agustín » alors je ne vais pas vous rabattre les oreilles avec des commentaires superflus. Il y a aussi cette tombe recouverte d’énormes pierres. En extrapolant bien, on commencerait à penser aux dolmens de chez nous !

Je rentre à pied, il n’y a guère qu’un gros km pour revenir à San Agustín. Ne vous étonnez pas de mon énergie ! Je suis encore en train de carburer sur la portion rabelaisienne de « bandeja paisa » + « cazuela de frijoles » de la veille ! 😉😄
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
San Agustín – Combat de coqs

Au retour de notre balade à cheval, Silvio nous a proposé de nous emmener ce soir voir un combat de coqs. Bonne idée ! Une nouvelle découverte ? 🙂Nous nous retrouvons à 19 heures et prenons une voiture sur la calle 3, au coin du Parque Simón Bolívar. Nous payons 5000 COP pour nous rendre quelque part en dehors de la ville, pas très loin sur la route de Pitalito. Nous sommes serrés car les deux filles font aussi partie de l’expédition. Je dis « voiture » car il ne s’agit pas vraiment de taxis bien formalisés. San Agustín est trop petit pour cela.

Plusieurs familles sont installées aux tables sur la terrasse à l’entrée de la maison. C’est à l’intérieur que l’affaire des coqs se déroule. Nous sommes arrivés avant les premiers combats, ce qui nous donne la chance de voir les préparatifs. Il y a quelques douzaines de coqs dans des cages entassées le long d’un mur. Chaque coq est pris au fur et à mesure et pesé. Il doit y avoir plusieurs catégories : les poids-coqs et les poids-plumes ? 😉 C’est un peu avant le combat que le propriétaire « arme » son coq avec des aiguilles métalliques qu’il lui fixe aux talons.

Je ne connais absolument rien aux combats de coqs et cela ne m’a jamais intéressé. Par curiosité, j'ai fait un peu de recherche sur la toile et j’ai trouvé des explications intéressantes sur le lien ci-dessous : https://ordesiles.com/2019/03/le-combat-de-coqs/

Il faut savoir que ce sont les Espagnols qui ont introduit les coqs (et les volailles associées) aux Amériques. Ce sont eux aussi qui y ont introduit les chevaux : c’est donc à cause des Espagnols que nous avons dû subir des centaines de « navets » cinématographiques où les « affreux Peaux-Rouges » attaquent à cheval les « gentils colons blancs ». J’ai une horreur particulière des films de John Wayne, l’épitome d'une certaine niaiserie Américaine à mes yeux. 🙁

Pardon, je digresse sérieux , hahaha ! 😉 😄 Les coqs, donc... Mon fils A est heureux, il peut prendre un tas de photos des coqs et de leurs propriétaires pendant les préparatifs, et nous pouvons aussi bavarder un peu avec les gens. On se dit parfois, vu de notre vieille Europe ancestrale, que les Latinos sont exubérants et même qu’il faut savoir surveiller son entourage car, on ne sait jamais, ces gens peuvent être dangereux. Vous savez quoi ? Ce n’est pas du tout le cas ici ! Ces gens sont presque timides ! C’est d’ailleurs l’impression générale que nous avons eue pendant ces semaines de voyage en Colombie : les gens sont plutôt calmes et même réservés, assez « soft » en fait.

Il y a une sorte de petite arène à l’intérieur de la maison où les combats se déroulent. Les meilleures places, sur les gradins centraux, coûtent 6,000 COP. Je suis le seul étranger. A vrai dire, il n’y a pas beaucoup de spectateurs, presque que des hommes d’ailleurs. C’est de toute évidence une petite affaire tout à fait locale. Tant mieux, c’est comme ça qu’on peut vraiment voir la « Colombie profonde », visages basanés, ponchos et tout !

Un type joue le rôle d’arbitre. Il signale les rounds en appuyant sur une sonnerie (les engins vert et rouge sur les photos). Pour sûr, les coqs s’y donnent à plein (je n’ose pas dire à cœur joie 😉). On ne voit plus rien quand ils se jettent l’un sur l’autre, il n’y a plus que des blizzards de plumes. Contrairement à ce que j’attendais, les gens ne sont pas surexcités. Leurs encouragements sont assez discrets. Rapidement, l’odeur fade et écœurante du sang se propage. 🙁 Certains coqs se retrouvent en très piteux état, on peut dire qu’ils « restent sur le tapis », on se demande même comment ils peuvent survivre ces combats. 🏴‍☠️ C’est plutôt triste, cette affaire, vraiment, et je m’en lasse très vite.

Les gens pariaient, bien évidemment. La 5-ème photo, les deux hommes debout en ponchos, sont sans doute entrain de compter l’argent de leurs paris.

C’est la première fois que je vois un combat de coqs. Je me doutais bien qu’il y avait un angle sordide, mais je romantisais en mémoire les photos superbes que Roland et Sabrina Michaud avaient prises en Afghanistan dans les années 1960 / 70 (ils ont publié un recueil d’une très grande beauté 😎😛). Je pense ici à leurs photos d’un combat de coqs à Tashkurgan : l’emphase est plutôt sur le cercle des hommes enturbannés, pas tellement sur les coqs (ils sont dans des cages recouvertes de toiles bleues).

Je rejoins A et les deux filles à une table et nous commandons à manger et à boire. Il n’y a pas beaucoup de choix. Je me contente d’un « invuelto », une sorte de tamal, et d’une soupe. Les soupes sont l’une des meilleures choses à manger en Colombie.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Hmmm.... J'ai l'impression de me parler à moi-même sur ce poste .... 😇
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Echos de Popayán

Je fais une pause avant de reprendre la plume (électronique) pour la suite de notre voyage. En attendant, je note ce matin un article de la BBC sur un incident survenu à Popayán : https://www.bbc.com/news/world-latin-america-54186047

La communauté Misak (Mintzak), que nous avons visitée à Silvia dans la région de Popayán, a démoli la statue de Sebastián de Belalcázar, un conquistador Espagnol. Ces groupes « indígenas » (les Pijaos et les Nasas ont joint le mouvement) se révoltent contre 5 siècles d’agression, de génocide et d’exploitation. C’est dans l’air du temps, bien sûr, mais personnellement je ne peux avoir que de la sympathie pour eux. Les Européens n’avaient pas à aller détruire les cultures amérindiennes, et on ne pourra jamais oublier les crimes commis contre les indigènes. C’est vrai aux Amériques comme dans d’autres parties du monde, d’ailleurs.

Cela dit, il ne faudrait pas isoler « les Européens » comme ayant été les seuls à agresser les autres peuples et à détruire leurs cultures. Je ne citerai personne pour ne provoquer personne
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
J'avais laissé mon récit au combat de coqs à San Agustin. Voici la suite!

San Agustín – Karaoké et en route pour Mocoa

Je suis retourné à San Agustín seul avec les filles, laissant A à son mitraillage photographique. Il est aux anges, A, en train de documenter la « Colombie profonde » !

Comme il n’est pas encore si tard que ça, je propose aux filles (pour rappel, deux jeunes Françaises S et M) de prendre un verre quelque part. Nous avons été débarqués au Parque Simón Bolívar. Ça tombe bien, il y a 2 ou 3 « watering holes » attendant les voyageurs assoiffés dans les parages. Au coin de la calle 2, le Cantares Bar nous tend les bras (vous saurez apprécier ma personnification d’un objet inanimé, c’est à ce genre de tour de passe-passe littéraire qu’on reconnaît un grand écrivain, hahaha ! 😉😏).

Ce qui nous attire au Cantares Bar, c’est la musique qui en sort. Il doit y avoir une bonne douzaine de clients : parfait, c’est animé mais pas comble et nous trouvons une petite table à laquelle nous installer. Je me commande un verre d'aguardiente à l'anis (puis un deuxième). Les gens chantent à tue-tête et en chœur. On leur envie cette gaîté et cette convivialité. Quelques convives dansent dans un style assez particulier. Le clou de la soirée, c’est quand on passe un tube Mexicain. Il faut voir l’énergie, l’enthousiasme qu’un type met à pousser les sifflets caractéristiques d’un genre de musique Mexicaine. Impressionnant !

C’était une super journée, vraiment : balade à cheval, archéologie et culture pré-Colombienne, combat de coqs, karaoké et culture populaire locale pour finir ! 😎

Le lendemain, il pleut et nous n’avons pas grand-chose à faire mais ça fait du bien. Nous avons repéré un petit café dans la rue principale où nous prenons, justement, 2 très bons cafés (notre 5-ème bon café en Colombie). Nous pouvons flâner à notre guise. Repas de midi : 12,500 COP pour deux - 3.60 euros, la ruine ! Malheureusement, il se tient des élections ce week-end et donc pas d’alcool en vente et le bar-karaoké est fermé le soir, dur dur ! 😕

Le matin du 3-ème jour à San Agustín, A et moi prenons un colectivo pour Pitalito (une trentaine de kms; 14,000 COP). Nous n’avons rien de particulier à faire à Pitalito si ce n’est qu’il faut y passer pour trouver un transport pour Mocoa, notre prochain point de chute en route vers la frontière avec l’Equateur.

A la sortie de San Agustín, d’autres voyageurs s’embarquent également dans le colectivo, dont un couple. Curieusement, l’homme prend place à l’avant et laisse sa femme s’installer à côté de nous, tenant son bébé sur les genoux. On ne verrait pas ça dans un pays musulman ! Si je fais mention de ce détail apparemment insignifiant, c’est aussi que la femme, d’une petite trentaine d’années, est ravissante. Beaucoup de sang indigène, un peu de sang européen pour diluer. Un archétype de superbe Latina avec tout ce qu’il faut ….. 😎J’ai du mal à contrôler mes yeux. Aie aie aie, c’est beau à voir mais ça fait aussi souffrir ! 🏴‍☠️

Pitalito est la municipalité la plus importante au sud du département Huila, tout à fait au démarrage de la vallée de la Magdalena. Pas très loin au sud, nous devons franchir la cordillère andine orientale. J’emploie le terme ronflant « franchir » pour impressionner les lecteurs, mais il est bien évident qu’il ne s’agit pas d’une expédition de haute montagne ! De là, nous descendrons sur Mocoa dans le département Putumayo, là où commence le bassin Amazonien. J’ai expliqué la logique de notre trajectoire dans une des pages précédentes.

Pas grand-chose à dire sur Pitalito sauf que le nom d’un restaurant capté au passage nous fait rire : Pizzalito. Il était inévitable que qqn la trouve, celle-là ! Le terminal routier est nickel, comme d’habitude. Il ne nous faut que 10 minutes pour trouver un bus pour Mocoa (50,000 COP pour deux, compagnie Cootranshuila). Il n’y a pas beaucoup d’autres voyageurs dans le bus, ça ne doit pas être une route très fréquentée. Un homme d’âge mûr assis une rangée derrière nous nous nous adresse la parole. C’est un fermier de la région, mais il tient à souligner que c’est de bétail et de cultures légales qu’il s’affaire. Non, ce n’est pas pour lui, la culture de la coca. Il ne tient pas à vivre dans la crainte perpétuelle d’un « golpe en la puerta », d’un « toc, toc, toc » sur la porte de la police.

C’est exactement la 3-ème fois en plus d’un mois déjà que nous entendons parler de la coca. Et encore, la première fois, c’était moi qui avais mis le sujet sur le tapis, quand nous étions avec les filles de Medellin à Isla Fuerte, cette petite île dans les Caraïbes. La 2-ème fois, c’est Silvio, avec qui nous avions fait une balade à cheval à San Agustín, qui nous en avait parlé. Mais sans insister, presqu’avec hésitation. Notre fermier du bus, c’est la même chose, c’est légèrement qu’il fait allusion à la coca et au fait qu’il connaît des gens qui la cultivent.

C’est intrigant, quand j’y pense, cette petite discussion. Moi et A, nous sommes visiblement des étrangers et il n’y en a pas beaucoup qui passent par ici. De plus, A avec son pantalon blanc fatigué et ses cheveux longs se rapproche assez du style de Michael Douglas dans le film « À la poursuite du diamant vert », c.à-d. qu’il fait un brin aventurier (ce qui n’est pas pour dire que j’ai moi-même une allure tout à fait « catholique » non plus). Le « fermier » essaie peut-être de pêcher en douce un peu d’information sur ce que nous pouvons bien venir chercher par ici ? On peut se demander s’il serait a) prêt à nous rapporter à la police ou b) disposé à nous « mettre en contact » si jamais nous donnions quelque signal dans ce sens. Bien évidemment, A et moi n’exprimons qu’une légère curiosité au sujet de la coca !

Le gros de la route de Pitalito à Mocoa (135 kms) traverse l’extrémité sud-est du Cauca (le département de Popayán). C’est exactement par ici que la cordillère orientale se détache du Massif Colombien (ou Nœud d'Almaguer), dont j’ai déjà parlé. C’est très vert, pas si haut que ça, aparemment peu habité. Je crois qu’il y a quelques communautés indigènes dans ces montagnes mais il faudrait quitter la route principale pour aller voir. Il doit y avoir une région grande comme le Vaucluse d’ici à la retombée vers Popayán sans la moindre route digne de ce nom.

Pour les gens intéressés par la géographie, je renvoie aux cartes que j’ai fournies au message 179 « Passer de Colombie en Equateur : géographie » : quand on passe du Huila à cette partie du Cauca, on se trouve déjà dans le bassin de l’Amazonie. Nous sommes en fait dans le bassin du Río Caquetá, une rivière qui « ne fait que » 2800 kms ( ! ) avant de se jeter dans l’Amazone, à quelques 500 kms en amont de Manaus au Brésil. Le bassin de cette « petite » rivière couvrirait largement la moitié de la France. C’est impressionnant quand on y pense ! La Caquetá fait la frontière Huila - Putumayo.

Je joins une nouvelle carte illustrant le cours du Río Caquetá – qui s’appelle Japurá au Brésil. Le point rouge « Ici ! » montre cette extrémité sud-est du département Cauca dont je viens juste de parler. En jaune: le bassin de l'Amazone.

Nous nous arrêtons pour manger à un restaurant. Il n’y a pas beaucoup de choix. Ce n’est pas grave. Les grillades arrangées sur des grilles dressées à 60 degrés par-dessus le feu nous semblent bien sympathiques. Et nous ne sommes pas déçus, c’est un véritable régal, au point que A se lève pour aller dire « à la cuisine » que c’est la meilleure viande qu’il a jamais mangée de sa vie (c’est la 2-ème ou 3-ème fois qu’il a cette réaction en Colombie). 😛

Je disais « à la cuisine », en fait tout est ouvert sur tout. Dans le pré à l’arrière de « la cuisine », une véritable congrégation d’oiseaux de proie (des vautours ?) guette les restes. Visiblement, ils apprécient autant que A la cuisine locale ! 😄

Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Mocoa, les torrents qui jaillissent de la montagne augmentent. Ça pisse l’eau de partout !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Mocoa

La station de bus de Mocoa est différente de ce que nous avons vu jusqu’ici en Colombie. Les guichets des différentes compagnies sont disposés en U autour d’une grande cour à ciel ouvert. D’entrée, nous n’avons l’impression d’être arrivés dans un pays pauvre. Les quelques centaines de mètres que nous faisons à pied pour rejoindre le centre-ville ne font que renforcer cette première impression. Un pont enjambe une rivière boueuse, l’affluent d’un affluent d’un affluent etc du Río Caquetá (voir plus haut). J’ai lu par la suite qu’il y avait juste eu une crue phénoménale de la rivière et que plusieurs maisons construites sur son bord s’étaient écroulées. Ce genre d’incidents est malheureusement monnaie courante en Colombie (et d’autres pays de l’Amérique Latine).

Le centre-ville est minuscule, on en fait le tour en une demi-heure, et franchement pas très réjouissant. Pour une fois, la place centrale ne porte pas le nom de Simón Bolívar alias « El Libertador ». Ici, c’est le Parque General Santander, nommé en l’honneur d’un autre héros de l’indépendance de l’Espagne, Francisco José de Paula Santander y Omaña …. s’il vous plaît ! On se trompe souvent avec les noms ronflants et à rallonges dont les Ibériques raffolent, mais le personnage était effectivement un aristocrate d’origine Espagnole.

La place centrale est clôturée pour cause de réparations. Le rendez-vous populaire semble être une volée de marches sur le côté d’une église. De là, nous pouvons admirer le seul bâtiment agréable aux yeux du centre-ville : il s’agit de la Gobernación del Putumayo. Si Mocoa ne nous impressionne pas, elle n’en reste pas moins la capitale du Putumayo.

Quelques stands vendent des snacks assez pauvres. Les patates et saucisses que nous mangeons sont franchement dégueulasses 🙁 (8,000 COP en tout pour deux portions chacun). A se prend un chien errant en affection – il adore les animaux – et lui achète une saucisse …. que le chien refuse, c’est pour dire ! 😄 Mais comment trouver mieux dans le centre de cette « capitale « ? Les restaurants sont fermés car c’est dimanche, seules quelques pâtisseries sont ouvertes.

Nous avions envisagé de visiter Fin del Mundo Extremo, un parc juste en dehors de Mocoa où, si je me rappelle bien, la principale attraction est une des plus grandes cascades de Colombie. Cherchant un peu d’information sur ce parc, j’ai lu le retour d’un voyageur avertissant contre le risque de se retrouver bloqué au fond du parc (où il faut aller pour voir la cascade) en cas de crue. Le type avait dû passer la nuit sur la paille dans une ferme isolée. 🏴‍☠️ Et là, manque de pot (ou de bol ?), il se trouve qu’il a plu pas mal pendant la nuit et le ciel matinal est loin d’être clair et dégagé. Donc, méfiance et prudence s’imposent.

Aucune cascade ne vaut la peine de risquer passer une nuit sur la paille, de glisser quelque part et de se faire sérieusement mal, ou simplement de se retrouver complètement trempés. D’autant plus que nous avons vu beaucoup de belles cascades ailleurs et qu’une de plus ou de moins, ce ne serait pas vital – il ne s’agit pas des chutes du Zambèze ou d’Iguaçu, non ? Et aussi, nous commençons à devenir un poil impatients de passer la frontière (nous ne savons pas ce qui nous y attend) et de rejoindre Quito. Nous touchons gentiment à la fin du voyage, nos vols de retour sur l’Europe, c’est dans quelques jours déjà !

Voilà, notre décision est prise, nous faisons l’impasse sur la « Fin du Monde » et sa cascade. Dommage peut-être, mais on ne peut pas tout avoir ! Nous prenons un minibus pour La Dorada, un patelin 150 kms au sud de Mocoa, d’où nous prendrons un autre transport pour le Puente Internacional, alias « la frontera ». Pour les gens qui aiment la précision, La Dorada se trouve quelques kms au sud de La Hormiga qui semble être plus connu (tout étant relatif !).
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
San Miguel - La frontière

Nous prenons le minibus pour La Dorada à 8h30 – 35,000 COP par tête de pipe. Commençons par deux photos prises de la fenêtre à la sortie de Mocoa. L’habitat local est sommaire, c’est un euphémisme. Les nuages s’amassent par rouleaux entiers sur les collines environnantes, il peut pleuvoir à tout moment. Et si les rivières semblent assez petites, il faut bien remarquer que leurs lits sont larges et tr��s caillouteux : signes de crues soudaines et violentes. C’est bien ce qu’on disait, n’est-ce pas ? Les incidents causés par les eaux ne sont pas rares par ici. 🏴‍☠️ Nous ne regrettons pas d’avoir zappé la cascade de Mocoa…

Nous passons des bases, et nous dépassons des transports militaires. La présence militaire est devenue évidente. C’est presque plat maintenant, juste un peu vallonné, pas désagréable à l’oeil. Un pipeline rouillé longe la route, il y a ici et là des torchères de gas. Visiblement, c’est une région pétrolifère.

Il y a plusieurs sections non asphaltées, courtes mais ça secoue un maximum. Quand la route est bonne, le conducteur se lance comme si nous étions aux 24 heures du Mans. Attention aux virages et aux accélérations ! Je n’ai pas grand-chose pour me cramponner. Le sol du minibus est glissant, mon siège est trop penché en arrière, le mécanisme est cassé et il n’y a pas moyen de changer de position. Et comme d’habitude, il ne nous restait que les sièges arrière à prendre. Bien assis sur les roues, nous pouvons jouir de toutes les irrégularités de la route. 🏴‍☠️ 😠

C’est le Río Putumayo que nous avons sur notre droite, peu après Mocoa. A mi-parcours, la route vire à angle droite pour continuer plein ouest. 20-30 kms plus loin, nouveau changement de direction : plein sud jusqu’à La Hormiga et La Dorada.

A La Hormiga, nous avons eu la chance d’un petit répit de quelques minutes, assez pour visiter les toilettes avant les derniers kms jusqu’à La Dorada, un petit patelin de rien du tout où nous changeons effectivement de transport (tout compris dans le prix payé à Mocoa). Quelques kms de plus et 15-20 minutes plus tard en « camionetta » (pas besoin de traduire en français !) avant d’être déposés à quelques centaines de mètres de la frontière. Il est juste midi passé.

Avant le dernier virage (voir la photo), nous nous arrêtons à un restaurant rudimentaire – une masure. Nous prenons notre dernier repas Colombien, un parent pauvre de la « bandeja paisa » (photo). Par pudeur (cela m’arrive), je ne vous colle pas la photo des chiottes (tout autre mot serait inapproprié), une cage minuscule faite de tôles vaguement clouées sur des pieux de bois, avec en guise de porte un lambeau de plastique déchiré, au milieu d’un tas de décombres. L’endroit rêvé pour se soulager, quoi, et en bonne compagnie d’ailleurs : les moustiques sont innombrables ! 🏴‍☠️ « Oui, chérie, c’est promis, la prochaine fois nous réserverons au Club Méd ! ».

Voilà, c’était notre dernière halte gastronomique en Colombie. 😉 En avant pour la frontière. On nous dit oui, c’est juste là, après le virage. Nous passons les dernières bicoques Colombiennes et arrivons au pont. Ah oui, il faut le dire : il n’y a vraiment pas foule ici. Quelques rares voyageurs, dont aucun étranger et en particulier aucun Vénézuélien. Depuis que nous avons quitté Popayán, nous n’en avons plus vu un seul, d’ailleurs. Notre stratégie pour passer tranquillement en Equateur aurait-elle payé ?

Un dernier regard en arrière avant de franchir le pont et de dire adieu à la Colombie. A pose pour cette photo-souvenir. Vous voyez au passage ses bagages au grand complet (je n’en ai moi-même pas plus). Le Río San Miguel est un affluent du Río Putumayo, lui-même un affluent de l’Amazone quelque part par là-bas, très loin au Brésil. C’est déjà une belle rivière, tudieu, tu tombes là-dedans et on te retrouve quelque part au Brésil – si les piranhas ne t’ont pas bouffé entretemps ! 🏴‍☠️

Pour traverser le pont : 5 minutes tranquillement. Au bout, eh oui, c’est l’Equateur ! Comme de l’autre côté en Colombie, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de passage. A la sortie du pont, une jeep nous prend pour nous mener au poste frontière 1 ou 2 kms plus loin (3000 COP chacun). Personne, aucune file d’attente. Les Colombiens ne prennent pas 5 minutes à nous inspecter, et les Equatoriens ne mettent que quelques minutes supplémentaires à nous tamponner les passeports. En comptant les moments d’hésitation, les formalités nous ont pris moins d’une demi-heure. 🙂

Nous attrapons un bus direction Nueva Loja, alias Lago Agrio. Nous payons avec les quelques COP qui nous restent. Le bus est déjà assez plein, surchargé plutôt, mais nous arrivons à trouver de la place. Ce sont tous des locaux. Je me retrouve assis à côté d’une femme de 35-45 ans. C’est une « indígena». Je suis fasciné. Tout d’abord, elle est fine et jolie (on m’avait déjà fait le coup dans le colectivo de Popayán à Pitalito). De plus, je me dis qu’elle passerait inaperçue dans un bus en Thaïlande, si ce n’était pour le nez légèrement courbé (mais plaisant). Les mêmes magnifiques cheveux noirs et soyeux, la même peau couleur de miel, des yeux et des traits de visage très asiatiques. 😛 La vieille femme assise devant, même chose. Incroyable.

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