Mali

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Echange universitaire au Mali pour trois étudiantes françaises; étudiantes en tourisme. Etudiantes touristes? Pérégrinations et découvertes en Terres Africaines. Impressions et anecdotes d'une année entre bonheur et p'tits désagréments sur fond de choc culturel. Au programme: cours à l'université de Bamako et stages au sein d'entreprises culturelles.

Le directeur du département tourisme, Cissé, que visiblement, cela emmerdait de s’occuper de nous, nous a foutu dans les pattes d’Eké. Eké est un ancien étudiant et il était censé nous guider un peu, notamment dans notre recherche de maison. Alors la première chose qu’il a faite, a été de nous présenter un de ses très bons amis : Basuru. On s’est donc retrouvé dans une espèce de bidonville, non loin de la fac, chez le fameux Basuru. Un être exceptionnel, un grand homme de culture, un marabout de génie.

On a rapidement compris que dans ce cas précis, la culture désignait plutôt la culture de la terre, Basuru était en fait un grand cultivateur… Il n’en était pas moins un marabout de génie ! Il nous a tiré les cories à toute les quatre. Tout son talent nous a sauté à la figure lorsqu’il a vu dans le lancer de cories d’Anne-Sophie qu’elle rêvait souvent d’hommes lui faisant l’amour ! C’est tellement vrai qu’on en eu le souffle coupé !

Alors, avant le lancer de cories, on a toutes fait un vœu et pour que celui-ci se réalise, il fallait payer (évidemment) et réaliser des incantations (incantation n’est pas le terme réellement approprié mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur le mot qui convient !) Je devais donc sacrifier un poulet, Anne-Sophie devait faire cuire un igname, le manger et en jeter les épluchures sur la route (comme si c’était pas déjà assez crade…), Audrey devait faire la même chose avec un œuf, elle devait également se frotter avec des noix de cola avant de les abandonner dans un trou qui se trouvait devant chez Basuru…, Adéline devait faire des infusions avec des plantes de la montagne et se laver avec. Basuru a gentiment proposé à Audrey d’aller se laver avec les noix de cola dans la « pièce » mitoyenne, proposition qu’Audrey a décliné aussi net ! Et je crois que les noix de cola ont simplement et rapidement terminé dans le trou. On a donc payé et attendu Basuru qui était parti en quête du poulet et autres herbes de la montagne…. On a attendu longtemps, en pleine chaleur et en compagnie de nombreuses mouches. C’était formidablement agréable et on eu beau chercher toutes les excuses possibles et imaginables pour se casser, on a rien trouver de vraiment convaincant et on a été obligé de rester là à attendre…

Finalement, Basuru est revenu. Adéline s’est retrouvé avec mon poulet, Anne-Sophie a hérité des œufs, Audrey de l’igname et moi des herbes de la montagne…. Un marabout de génie je vous dis !
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A y est !!!! On a une nouvelle maison ! Une belle maison sans cafard ! Une grande maison toute meublée, avec un frigo ! Putain le bonheur de pouvoir boire de l’eau fraîche ! C’est la première chose qu’on a faite, remplir le frigo de bouteilles d’eau ! Ayant quand même déjà pas mal de bordel à transporter dans notre nouveau chez nous, on a loué un sotrama comme camion de déménagement. Ça paraissait un peu laborieux au départ de tout faire rentrer, mais finalement nos déménageurs ont calé tout ça très bien, et hop en route !

Publié dans Non classé | Éditer | Pas de Commentaires » 8 octobre Posté par chemusow le 30 octobre 2007

Eké, dans sa grande bonté, nous a donc aidées à trouver une maison. Ou bien pourrait-on dire qu’Eké, dans sa grande cupidité, nous a aidées à trouver une maison et qu’il nous a bien arnaquées au passage ! Et quelle maison ! Idéalement située dans un des quartiers les plus crades de Bamako, quatre chambres dont deux se sont vite avérées inutilisables puisque pleines de bestioles. Tout ça pour un loyer exorbitant, on l’apprit plus tard, on pouvait avoir une maison avec piscine pour ce prix là…. Le jour où on a visité la maison, c’était le jour du fameux orage, la route en terre menant à la maison était donc complètement trempée et on s’est rendues compte seulement le jour de l’emménagement qu’en réalité la route était trempée constamment, trempée et puante puisque tous les égouts des maisons se déversaient allègrement dans la rue… Ce qui amenait plein de bestioles dans la maison, mouches, cafards et autres bêtes à l’aspect étrange dont je ne pourrais vous dire le nom. Et donc, dès le premier soir, j’ai investi le lit d’Audrey, le mien étant rempli, malgré la moustiquaire, de minuscules petites choses noires mouvantes… Dès le lendemain, le lit d’Anne-Sophie étant également infesté, on a dormi à trois dans le lit d’Audrey. Dormir est un bien grand mot, disons qu’on a passé la nuit à trois. On s’est installées dans le sens de la largeur, impossible d’allonger complètement les jambes (à cause de la moustiquaire), il faisait 35 degrés, le ventilo, à fond, brassait de l’air chaud. Je vous laisse imaginer la transpiration qui s’est mise à perler, non là c’était même plus perler, c’était ruisseler, dégouliner, s’écouler ! Donc je vous laisse imaginer la sueur qui ruisselait derrière les genoux, qui dégoulinait sur les tempes, et qui venait s’écouler sur le drap le laissant quelque peu humide… N’arrivant donc évidemment pas à s’assoupir, on a passé le temps, on a mangé ce qui constituait notre repas du soir : 2 portions de vache qui rit et 2 gâteaux secs chacune. Ah oui parce qu’en plus, à notre grande joie d’avoir loué cette maison et de songer à la perspective d’y rester neuf mois, s’ajoutait le fait qu’on avait plus une tune. J’vous passe les détails mais la nana, chez qui on avait logée quelques jours en débarquant au Mali, devait nous rembourser une grosse somme et n’était visiblement pas pressée. On avait donc même plus de quoi s’acheter à bouffer et on gardait nos sous pour acheter des bouteilles d’eau ; eau qu’on buvait chaude puisqu’on avait pas de frigo. Dès le lendemain donc, opération commando pour récupérer des tunes, trouver un moyen de quitter cette baraque pourrie tout en récupérant auprès du propriétaire les sous qu’on lui avait remis et trouver une maison plus accueillante. On est toute les quatre dans le salon, Audrey gère la réunion de crise ! Elle répartit les missions de chacune ! Elle se tourne vers Adéline mais celle-ci en a, manifestement, absolument rien à foutre de ce qu’on peut bien raconter depuis tout à l’heure, complètement hors de la réalité, elle est tranquillement en train de s’épiler les sourcils… de façon fort disgracieuse soit dit entre nous ! On a donc décidé de ne pas solliciter son aide dans la gestion de cette crise, cela n’aurait certainement fait qu’empirer les choses… Je pars donc avec Audrey en quête de Francs CFA, direction : l’autre bout de la ville, un restaurant libanais. Un contact nous a dit que certains Libanais pouvaient nous remettre des Francs CFA en échange d’un petit chèque en euros. On va donc voir le gars et on lui demande s’il est possible de réaliser cette opération. Il nous envoie dans le supermarché d’à côté, tenu également par des Libanais et nous donne deux noms : Tony et Johnny. Ça faisait un peu mafiosi tout ça mais bon… On entre dans le supermarché et on se dirige vers un gars qui avait l’air d’être un responsable, et un peu intimidée malgré tout par l’allure baraquée du mec, et n’osant lui demander de but en blanc où est Tony, je lui demande poliment s’il est possible de voir Monsieur Tony. Moins de dix minutes après, on avait mené à bien notre mission et repartions les poches pleines de billets, non sans avoir fait quelques courses par la même occasion !
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Je suis enfin allée à la poste ouvrir une boîte postale. Quelle histoire ! La femme au guichet me fait : « il faut juste une photocopie d’une pièce d’identité et il faut payer » ! Alors je lui redemande pour être bien sûre, juste une photocopie de la pièce d’identité ? Parce que je commence à la connaître celle-là, ils te font revenir 15 fois. Et ben ça a pas loupé ! Je lui demande donc où je peux faire les photocopies, elle me fait, c’est là dehors, tu contournes le carré et là y’a une porte. Une porte… hum… Heureusement que j’ai demandé à quelqu’un qui m’a accompagnée, sinon, je cherchais encore. C’était au fin fond de la cour de la poste, une petite porte fermée qui ne portait aucune indication quant à la possibilité de faire des photocopies. Bon, ça y est, j’ai mon papier, j’y retourne, elle papotait fort en bambara avec deux gars, alors j’ai attendu… Finalement, elle me dit : « Il faut remplir ça et il faut acheter un timbre fiscal à 250F CFA. - Ah bon ? Et je l’achète où ? - C’est dehors là. - Hum, très bien… » Je demande à un gars qui était là et qui avait l’air de ne rien faire, et il me fait : « Oui oui il faut demander aux sourds muets qui sont là bas près du panneau. - Aux sourd muets ok… » Ils me vendent un timbre fiscal de 200F à 250F, c’est pas grave, je l’ai, j’y retourne ! Et là, deux de tension pour rentrer les données dans l’ordi. Et elle me fait : « Ah oui il faudrait une attestation de résidence. » Je lui sors le contrat de location, toute fière d’avoir pensé à l’emporter et elle me fait : « Il faudrait une photocopie pour l’accrocher au dossier… » Ben voyons… Ok, j’y retourne. Cette fois, c’est bon, j’ai tout, elle me tend le papier avec mon numéro de boîte. Il faut encore que j’aille dans l’autre bâtiment là bas, je sors sur le goudron, je tourne à droite et là, je devrais trouver les boîtes postales, je demande Madame Koro, elle va m’enregistrer et me montrer ma boîte. Ok, c’est pas encore gagné. Je rentre dans la pièce, des boîtes aux lettres partout mais pas de Madame Koro. Je fais le tour, plein de boîtes disposées en rectangle, plus ou moins, je voyais bien des gens à l’intérieur du rectangle de boîtes, à travers les fentes, mais je comprenais pas bien comment ils avaient réussi à rentrer là-dedans, aucune porte. Finalement, dans un recoin, je trouve une petite ouverture d’environ 40 cm de hauteur sur 20 de large et je peux voir des gens au milieu en train de trier le courrier et de le mettre dans les boîtes. Je sais toujours pas comment ils ont fait pour rentrer, cette ouverture les laisserait pas passer, à moins qu’on ne les ait fait rentrer à leur naissance et depuis ils sont là, enfermés, destinés à trier le courrier… J’appelle Madame Koro qui vient enregistrer mon numéro. Il faut encore que j’aille à l’étage pour que quelqu’un me montre ma boîte, yes c’est bientôt la fin ! Eh non… Le gars à qui je montre mon numéro, sort des outils d’une petite boîte et s’acharne un bon quart d’heure sur le cadenas de l’ancien bénéficiaire de la boîte, j’ai cru qu’il allait tout défoncer. Oh du calme, ma jolie boîte ! Bon, une heure trente et 17500 F CFA plus tard, j’avais mon numéro de boîte et un cadenas tout neuf… Je vous donne mon adresse donc : BP E 2223 Bamako Mali

Tout ça pour ça… J’espère au moins qu’elle se remplira de temps en temps… Et une perle au stage hier… Après avoir longuement attendu, longuement glandé, longuement papoté, longuement bu le thé, j’ai eu un tableau à faire et Anne So a dû taper à l’ordi une petite note à afficher sur le tableau d’informations pour rappeler à certaines personnes qu’elles n’avaient pas encore donné leur budget prévisionnel. Une note à la main aurait certainement fait l’affaire, voire une annonce orale, étant donné qu’ils sont tous là à ne rien faire. Mais bon… Anne So tape donc soigneusement la note, la met en forme, c’est tout joli tout beau. Et on trouve Boubou dans la salle de repos (!!!) qui est en train de compter des sous. Anne So lui dit que c’est bon, elle a tapé la lettre, est ce que je l’imprime tout de suite ? Là, il nous montre les sous et nous fait : « Ça c’est l’argent pour acheter l’imprimante »….
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et le trajet a duré 5 heures, c’était assez horrible, complètement compressées, un peu comme dans le sotrama, sauf que le sotrama, ça dure 10 minutes… Bon, à 12h30, après trois heures d’attente, nous voilà enfin partis. Dix mètres plus loin, on s’arrête car la porte du chauffeur refuse de se fermer… On force un peu, c’est bon, ça tient, on repart, on fait le tour de la gare routière et on revient au point de départ… Le chauffeur avait oublié un truc visiblement, son permis peut-être… A 17h30, on arrive, enfin ! Et là, galère pour trouver un taxi qui nous emmène à l’hôtel, ils veulent nous faire payer 3000 F, alors que c’est le prix qu’on a payé pour venir de Bamako… Bon finalement, après moult négociations, on prend ce put… de taxi pour 2000 F. Et quel taxi ! Pas de clef pour démarrer, il tripote quelques fils sous le tableau de bord. Au milieu du chemin, il s’arrête pour prendre de l’essence et avant de redémarrer, trifouille sous le capot, en sort deux tuyaux, aspire ou souffle dedans je sais pas trop.. Aïe, encore un qui passerait difficilement le contrôle technique. Jeudi, on est allées faire un tour sur le Niger en pirogue jusqu’à Kalabougou, un village de potiers. C’était jour de fête, on les a pas vus à l’œuvre… C’est pas grave, la balade sur le fleuve était très agréable, les paysages magnifiques et on a vu pas mal d’oiseaux dont Martin le Pêcheur ! Revenues à Ségou, on est allées manger des brochettes de capitaines, hum… Puis, on décide d’aller faire un tour au marché des potiers, c’est à Ségou qu’on trouve les plus belles poteries, il paraît. Bon, c’est jour de fête, le marché est fermé… Les quiches en voyage qui choisissent leur moment quoi ! Bon, on a quand même eu l’occasion de dépenser des sous, il y avait une femme qui vendait quelques poteries, elle a gagné sa journée ! Et vendredi, il fallait déjà rentrer à Bamako, retrouver la poussière et la pollution. Cette fois, on choisit la compagnie Bittar, on se fait plus avoir ! Et là, miracle, un vrai bus, avec des vrais sièges pour toi tout seul, siège que t’es pas obligée de partager avec deux autres personnes, un bus qui dépasse le 50 à l’heure et un bus qui part à l’heure, ou presque. Quand on est arrivées, départ prévu dans 10 minutes, eh ben moins d’une demi heure après, on était effectivement partie et seulement 3 heures de trajet. Le bonheur quoi !
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Voici ce qui est écrit sur les bouteilles d’eau minérales DIAGO :

« Les qualités de la bouteille en PET. PET est l’abréviation de polyéthylène téréphtalate, un plastique très perfectionné. Le PET est un plastique incassable. Le PET empêche tout échange gazeux entre l’intérieur et l’extérieur de la bouteille, c’est une garantie de fraîcheur. Le PET est un conditionnement ultra léger et d’une transparence impressionnante. Avec le PET, DIAGO est fier de venir rejoindre le rang des produits à emballage de qualité supérieure. » C’est génial !!
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Mercredi 11

8h00 : Rendez-vous au bureau du festival pour départ en bus, direction Essakane et le Festival eu Désert. On a vu la tronche du bus, on a tout de suite compris, ça n’allait pas être de tout repos !

12h15 : Départ ! Dans le bus, il y a nous et des musiciens.

12h30 : Arrêt dans une station service pour remplir des bidons d’essence. Ils pouvaient pas le faire avant…

12h45 : Arrêt dans une deuxième station, pas assez d’essence dans la première.

13h15 : On quitte Bamako

13h17 : On s’arrête pour faire monter des militaires qui vont à Ségou.

13h30 : On sort de Bamako, cette fois c’est bon !

16h30 : Arrivée à Ségou. Pause déjeuner : riz au gras. On en peut plus du riz, on a prévu les sandwichs et les gâteaux…

17h15 : On revient vers le bus. Ils sont trois sous le bus en train de réparer j’sais pas quoi. Il y en a un qui tape avec un gros marteau sur des pièces circulaires. C’est comme ça que vous réparez chez vous ?? Ça a duré trois heures…

20h00 : Départ de Ségou

22h00 : Panne. Re… On est à Bla entre Ségou et Mopti. 3h00 à taper sur leur truc… Ils ont bricolé tout ça. Ils ont « réparé » un truc avec un chiffon qui a pris feu visiblement quand on s’est remis à rouler… La plupart des passagers dormait et n’a rien vu Mais qu’est ce qu’on est venu faire dans cette galère ??…

01h00 : On repart

07h00 : Arrivée à Mopti où trois bénévoles qui nous attendent depuis la veille, nous rejoignent dans notre bus tout confort. Si si, c’est marqué dessus ! Plein d’essence.

07h30 : Panne. Ils ont pas mis le bon carburant…

08h00 : Panne. C’est le pot d’échappement qui fait des siennes.

11h00 : Arrivée à Douentza. Pause déjeuner Bon entre la panne de 08h00 et Douentza, on a bien eu quelques soucis, j’me souviens du capot ouvert et du conducteur qui farfouille dedans…

12h30 : On quitte Douentza. Alors à partir de là, le goudron a bana, c’est fini : 200 km de piste… 4h00 de route, 4 longues heures….Secoués, bousculés, malmenés. Le chauffeur taré, il roule super vite, on fait des bonds de 10 cm sur nos sièges, pas vraiment d’amortisseurs, bonjour le dos… Impossible de dormir, ni d’écouter la musique, mon discman n’est pas anti-choc. Ça tremble de partout, ça fait un boucan d’enfer Un peu l’impression d’être dans une immense machine à laver qui secoue, qui vibre. C’est horrible !

16h30 : Arrivée au fleuve, en face de Tombouctou. Là, on attend le bac pendant deux heures. Ceci dit, on est arrivés à la bonne heure, on assiste au coucher de soleil sur le Niger, c’est superbe. Avec en fond, un petit air de guitare, des Irlandais qui jouent un peu de country.

18h30 : On peut enfin monter sur le bac.

19h00 : Arrivée sur l’autre rive. On est encore à 15km de Tombouctou.

19h20 : Arrivée à l’hôtel Bouctou, où on mange des spaghettis, hum…Une nana du festival nous croise alors qu’on est en train de se débarbouiller dans le lavabo des toilettes, elle a pitié de nous et nous prête sa chambre pour une bonne douche. L’eau est gelée et ça commence à cailler dehors (on est à la porte du désert tout de même) mais c’est un grand moment de joie ! Parfois, le bonheur ça tient à pas grand-chose. D’autant qu’après, pendant trois jours, la douche c’est fini ! On a vu l’état des toilettes, on a imaginé l’état des douches. Nos craintes ont été confirmées par un bénévole qui a les bravées. Visiblement certaines personnes les avaient prises pour les latrines ou pour un dépotoir ou je ne sais quoi… Une grosse merde dans un coin, une capote usagée dans l’autre… Hum, on avait prévu les lingettes nivéa !

20h00 : Un gros problème se pose : On est une cinquantaine à devoir aller à Essakane en 4*4 mais il n’y a pas assez de 4*4… Ça aurait été trop simple ! Ils pensent à en emmener quelques- uns ce soir et les autres, le lendemain. Mais aucun moyen de faire dormir les gens à Tombouctou ! L’idée est abandonnée. Ils ont mis 1h30 à répartir les gens dans les voitures.

22h30 : Départ de Tombouctou. Tout le monde ne pouvant entrer dans les voitures, la moitié se retrouve à l’arrière des pick-up. Les pauvres ! Ça caille grave et les chauffeurs roulent comme des tarés. Moi je me retrouve à l’arrière avec trois gars un peu corpulents…, Anne-So est devant sur le siège passager. J’étais quelque peu compressée et j’ai fait un caca nerveux (j’avoue…) au milieu du trajet pour échanger de place avec Anne-So, j’en pouvais plus, mon dos n’en pouvait plus, et c’était ça ou j’ouvrais la portière pour jeter mon voisin de gauche dehors…

01h30 : Arrivée à Essakane. Et là, ça continue ! A l’entrée, ils ne veulent pas nous laisser rentrer car on n’a pas de badge ! Non mais c’est une farce ! Depuis le début c’est une vaste farce, c’est pas possible ! Finalement le chauffeur fait un détour, contourne l’entrée et nous dépose au milieu du désert, il nous laisse là avec nos sacs… On demande aux gens qu’on croise s’ils savent où est Boubou. Non personne ne sait. Alors nous voilà parties avec nos sacs à la recherche de j’sais pas qui et d’un lit surtout ! Finalement on tombe sur quelqu’un qui nous emmène vers les tentes des bénévoles. On se pose là sur nos mini matelas et on écrase !

35h00 de trajet…

Vendredi 13 janvier

7h20 : Réveillées par des bénévoles ultra motivés. Oh, du calme, du calme, vous êtes au Mali depuis une semaine, nous ça fait trois mois, on va prendre not temps, hein ! Des têtes à claques, les bénévoles, 35h00 de trajet, épuisées. Non mais c’est ça l’Afrique. Et toi t’en veux une, connard ? Bon, nous, on a fait notre vie, on est allées boire le thé avec nos compagnons de voyage, nos compagnons d’infortune, on est allées marchander avec les artisans touaregs, on est allées papoter avec les musiciens.

C’est parti pour trois jours de festival ! Le bordel total ! Chaque bénévole s’occupe d’un groupe de musiciens ou plus par jour. Quand il arrive, il faut lui trouver une tente (ce serait plus simple de répartir les tentes avant l’arrivée des groupes, ou bien ? Ca nous aurait évité de traverser le site de long en large dans les dunes à la recherche de certains groupes car personne ne savait où ils étaient installés…) Bon ensuite, il faut aller voir le responsable des matelas, Souker. Si si, il y a un responsable des matelas qui veille dessus comme sur un trésor ! Ou plutôt, il délègue la surveillance à un gars, car Souker est jamais là, il répond pas souvent à son talkie (qui marche une fois sur deux de toute façon), Ikatel ne passe pas en plein désert, pas de portable donc… Le préposé à la surveillance des matelas ne peut prendre aucune décision quant à la distribution des matelas sans avoir consulté le responsable en chef. Il est donc allongé sur les fameux matelas pour mieux les garder et nous on cherche désespérément Souker partout. Enfin, le bonheur quoi… Bref, tout ça parce qu’il y a pas assez de matelas pour tout le monde, donc les toubabs ont droit à des matelas, les groupes locaux ont droit à deux matelas et à des nattes et quand il y a plus de nattes, ils ont rien… Donc, on a passé le premier jour à faire des allers et retours dans les dunes à la recherche du responsable des matelas. C’est super fatigant de marcher dans le sable ! Si si j’vous assure ! Avec Anne-Sophie, on accueille un groupe de Suédois qui vont nous faire une p’tite pièce de théâtre le lendemain, Le Petit Prince en plein désert, c’était super chouette. Donc, on leur trouve une tente et on leur dit d’aller manger un bout pendant qu’on va leur chercher des matelas. On va donc voir au QG matelas pour essayer d’en gratter trois, c’est pas possible évidemment… On revient quelques temps après, et, oh miracle, y’a trois matelas pour nous, on les embarque. Et là, ça a fait toute une histoire, premièrement parce qu’en fait les matelas n’étaient pas du tout destiné aux Suédois mais à je ne sais quels journalistes ; et deuxièmement parce qu’on a posé les matelas dans la tente des Suédois, qu’on est allées les prévenir que les matelas étaient là, mais quand ils sont revenus à leur tente, les matelas n’y étaient plus. Et ils ont pété un câble en disant que si les matelas disparaissaient, il se pouvait très bien que toutes leurs affaires disparaissent également. On a donc fait venir des responsables qui ont finalement foutu les Suédois dans l’espace VIP pour qu’ils arrêtent de faire chier et une enquête a été menée pour savoir ou avaient bien pu passer ces putains de matelas. Et donc après investigation, il s’est avéré qu’en fait, c’est un gars qui bossait au festival et qui était également directeur d’une agence de voyage, qui voyant trois matelas traîner, les a embarqués pour ses clients… Cette histoire a, tout de même, duré pas loin de deux heures…

Pareil, ils avaient pas prévu assez de bouteilles d’eau, et au lieu de faire un aller et retour à Tombouctou en 4*4 pour aller chercher des cartons d’eau, ils nous ont rationnés. Enfin, ils ont rationnés les locaux ! A chaque repas, on avait en plus du plat (pâtes, riz ou semoule plein de sable hum… ça croque sous la dent…), une bouteille d’eau. A partir du deuxième jour, ils ne donnaient plus d’eau aux locaux…

Samedi 14 janvier

09h00 : Je me réveille tranquille, je vais déjeuner. Nescafé et vache qui rit, hum…

09h30 : Merde ! Je m’aperçois que j’ai oublié mon groupe, Ihama, qui joue à 9h00 ! Deux de tension ! Non mais quelle idée de faire jouer un groupe à cette heure-là. Et quelle idée surtout de me le confier à moi ! Je file les chercher, la moitié est partie en vadrouille dans tout le site. En plus, aucun ne parle français, faut que je retrouve le traducteur. Le temps que tout le monde soit réuni, le chef du groupe a le temps de me pomper l’air encore avec ses matelas : Et pourquoi nous, on a pas de matelas ? Alors voilà, ils s’organisent comme des culs et ce sont les bénévoles qui se font engueuler ! Finalement vers 10h00 tout le monde est là, je les emmène sur scène mais sur la scène personne n’est prêt : problème d’ilictriciti ! Je savais bien que c’était pas la peine de s’énerver !

11h00 : On va chercher le groupe Tarbia dont s’occupe Anne-So, on arrive à leur tente, ils n’ont pas l’air d’être là mais y’a des gens dans la tente, on leur demande si Tarbia est làNon, ils sont partis ce matin !Ah bon, mais où ça ?Au NigerAu Niger ? Mais pourquoi ? Ils jouent tout à l’heure !Oh bah, ils étaient découragés, le chauffeur était malade.

La farce continue !

Lundi 16

03h30 : Après les concerts, on quitte Essakane en 4*4

06h00 : Arrivée à Tombouctou Nos deux 4*4 s’arrêtent devant l’hôtel Bouctou. On descend du nôtre, on sort les sacs, le 4*4 se barre. Dormir…. Eh non, en fait c’est pas possible de dormir là, faut aller ailleurs… Notre 4*4 s’étant barré, on balance tous les sacs à l’arrière du pick up de l’autre où quelques bénévoles motivés sont déjà installés (ils ont fait tout le trajet là-dessus). Je mets un pied sur la roue pour monter à mon tour et le 4*4 se met à avancer. Ho ! Merde faites gaffe quoi putain ! Et une connasse de bénévole qui me redit mais c’est ça l’Afrique. Tu vas te la prendre toi ça va pas tarder. La perspective de remonter dans mon super bus pour 35h de trajet jusqu’à Bamako me met de mauvais poil. Alors ta gueule, s’il te plaît, ta gueule.

6h20 : On se retrouve finalement dans une espèce de maison où on s’installe tous comme on peut dans une pièce au sol bétonné. Ils sont tous super excités à l’idée de dormir là, youhou c’est l’aventure ! J’aurais pas été contre un matelas… Avant d’atterrir là, on demande quand même au chauffeur où est la gare routière, on mettra peut-être moins de temps à rentrer avec Bittar. Il y a un bus par semaine, il part jeudi… Bon bah on va dormir là, ça a pas l’air si mal… Et reprendre notre bus tout confort….

10h00 : Après une super nuit, on va acheter des gâteaux pour le p’tit déj, on tombe sur un de nos compagnons d’infortune qui rentre en bus avec nous, il nous apprend que le bus est devant l’hôtel Bouctou. On est rassurées, on les avait tous perdus, ils sont tous partis d’Essakane bien avant nous, en nous disant qu’il fallait qu’on parte aussi mais qu’il y avait plus de place dans leur 4*4, qu’il fallait qu’on en trouve un. On a vainement cherché le responsable des transports dans tout le site, il répondait pas au talkie, il était là, parti là bas, plus là, reparti là bas, non pas ici… On a abandonnées et on est allées dormir un peu en attendant les autres bénévoles qui s’éclataient sur une chanson de la star’ac, on était décidément pas faits pareil… Bref, on a eu bien peur qu’ils nous laissent en plan à Tombouctou, au milieu du désert et des cram-cram, ces espèces de petits trucs pourris qu’on trouve dans le sable, ou qui nous trouvent plutôt. Des petites boules pleines d’épines qui s’accrochent aux vêtements et qui piquent comme des échardes. Et ça se glisse partout ces saloperies : dans les chaussures, dans le duvet, pire que les moustiques !

Bon, on retrouve finalement notre bus, hum, avec joie… Et là, on a attendu toute la journée à l’hôtel Bouctou, les organisateurs ont pas payé le chauffeur, qui refuse de partir, ce qui se comprend. Et on voit les organisateurs qui se barrent en 4*4 et qui nous laissent là, putain… Finalement, je sais pas comment ils se sont arrangés, mais le chauffeur accepte de repartir. Il est 18h30, le bac ne circule plus à partir de 19h00. Il faut passer la nuit à Tombouctou, on part le lendemain à 6h00. Alors ceux qui connaissent des gens à Tombouctou vont dormir chez eux. Ok, vous êtes marrants vous ! Alors, on est restées avec les musiciens de Baba Salah qui n’avaient pas non plus de famille à Tombouctou. On est allées manger dans un bouiboui, l’état de la cuisine laissait prévoir un petit mal de ventre… On est ensuite allées dormir je sais pas chez qui, on s’est retrouvé dans une espèce de salon marocain ; avec Anne-So, on s’est jetées sur les canapés ! On a voulu aller se débarbouiller et faire pipi, ils nous ont montré les « toilettes », une petite pièce avec un trou qui s’écoule directement dans la rue. Bon, on attendra demain de retourner à l’hôtel profiter de ses toilettes.

Mardi 17 janvier 2006

6h30 : Réveil. On devait partir à 6h00, on se rappelle ! La bouffe de la veille n’est pas passée, je suis barbouillée.

07h40 : Départ. Arrivée au bac où on attend trois heures… Je bois un thé Lipton, c’est radical, je vomis tout ce que j’ai avalé la veille… Le voyage s’annonce bien.

12h00 : Arrivée sur l’autre rive. Le chauffeur sort en marche arrière. Avec Anne-So, on était restées dans le bus pendant la traversée et là un gros choc ! Il a foncé dans un 4*4 qui attendait pour monter. Tout le monde s’en mêle, blablabla, ça dure au moins une demi-heure. On repart, on fait cent mètres et on s’ensable… Ça va, c’est pas trop méchant. Tout le monde remonte dans le bus, trop de monde remonte dans le bus ! Il restait quelques places libres, ils font donc monter des passagers pour les emmener à Bamako. Certains musiciens ne retrouvent pas leur place, il faut faire redescendre les nouveaux venus qui ne veulent pas tous descendre évidemment. Non mais sérieux des fois on se demande, ils pouvaient pas attendre que les gens soient montés pour voir combien de places il restait ! Bon, c’est reparti pour 200 km de piste, moi qui suis barbouillée en plus, c’est génial ! On a fait un détour par un village pour déposer un gars qui va faire je sais pas quoi dans sa famille, on l’a attendu une heure…. Finalement on repart et à la sortie du village, on s’arrête à nouveau et on attend, 5min, 10min, 20min. Et là, j’ai craqué, les nerfs ont craqué. Non mais pourquoi on attend, on attend quoi ? Il faut attendre ! Non il faut plus attendre là, il faut partir, ça fait deux jours qu’on attend, ras le bol, quand est qu’on va arriver à Bamako ? Merde alors. Non mais c’est vrai quoi, zut à la fin…

Bon, on a attendu encore un peu et on est repartis…

17h00 : Arrivée à Douentza. On retrouve des personnes du festival qui rentrent en 4*4. Ils voient nos têtes…, nous proposent de monter dans les 4*4 pour la fin du voyage. Yes yes yes, chauffeur, nos bagages siouplé. Eh non, en fait, tu peux laisser les sacs là-haut, faux espoir, ya qu’une seule place, on remonte dans notre bus tout pourri…

19h00 : On quitte Douentza, me demandez pas ce qu’on attendait, je sais plus…

Mercredi 18

11h00 : On arrive à l’entrée de Bamako, ouais ouais ouais. Et là, on s’arrête… Nooooooonnnnnnn ! Qu’est ce qui se passe encore ?? Plus d’essence ! Non mais c’est une blague ! Trois quarts d’heure pour aller chercher un bidon…

12h00 : On arrive au bureau du festival, taxi, maison, lit, dodo.

Et là, ça fait trois jours que je dors et j’arrive toujours pas à me remettre !
PL Playmobil ·
Avec Anne-So, on est allées à Ségou début février pour le festival sur le Niger (3, 4, 5 février )

On s’y est encore prises comme des quiches pour aller à Ségou, on s’est retrouvées dans un petit bus tout pourri encore ! On part à quelle heure ? 10H00. 10H00 ? Mais il est 10H30 déjà ?? !! Bon 1H après, on était parties, 4H de route… Arrivée à Ségou un peu à l’arrache. On appelle un gars qui bosse dans l’association où AnneSo fait son stage. Ils sont 4, ils ont des pass Presse. Ils sont censés filmer un peu tout ce qui se passe durant le festival pour faire un DVD. Mais bon 2 de tension tous, ils ont filmé pas grand-chose car ils étaient pas souvent sur le site et quand ils étaient là, ils avaient oublié de recharger les batteries… Ils auraient mieux fait de nous filer les caméras et les pass Presse, on aurait filmé et on aurait pu rentrer partout !

Pour nous, l’entrée, c’est 50 euros pour 3 jours, c’est le prix toubab. Pour les Maliens, c’est 6000 F, (10 euros). Ils pourraient faire un tarif étudiant toubab ! Bon alors vendredi aprem, on est rentrées avec les pass presse. Le soir, les gars à l’entrée faisaient plus gaffe, il nous fallait absolument le bracelet autocollant qu’il filait contre les 50 euros… Bon, les gars de l’association ont chopé deux Maliens qui sont allés acheter les billets (au prix malien of course), après il a fallu les décoller délicatement, sans les déchirer pour nous les coller autour du poignet. Ca a été laborieux, on est allées se planquer pour que les gars de la sécurité nous voient pas, ils étaient 15 à s’occuper de nos bracelets. Ça a quand même pris deux heures toute cette histoire mais au final, on a pu entrer !

C’était trop bien, bonne musique, bonne ambiance, bien meilleure qu’à Essakane. Plus de monde, plus de jeunes !

Le Mali est petit !! On a croisé plein de monde, toute l’équipe du festival d’Essakane, des bénévoles qui étaient à Essakane avec nous, des musiciens qui étaient dans le bus pour aller à Essakane…

Et puis alors, c’est un peu compliqué mais par un curieux concours de circonstances, j’ai croisé une nenette qui bosse pour un festival qui va se dérouler à Bamako : Les Paris Bamako. Le samedi, a midi, avec Anne-So, on s’installe dans un boui-boui pour manger. A côté de nous cette nana que j’avais essayé de contacter par mail deux mois plus tôt. Bref, on discute un peu et finalement, elle me présente les organisateurs dudit festival dont les parrains sont Amadou et Mariam. Il se déroule à l’Institut des Jeunes Aveugles de Bamako, école dans laquelle Amadou et Mariam ont été élèves. Les bénéfices du festival vont à l’Institut pour sa rénovation. J’ai rendez-vous le lendemain à Bamako avec toute l’équipe chez … Amadou et Mariam !! Un dimanche à Bamako, j’ai donc rencontré Amadou et Mariam !!

Samedi soir à Ségou, y’avait donc Amadou et Mariam. A la fin, ils ont chanté une chanson de Tiken Jah et là, qui on voit débarquer sur scène ?? Tiken Jah ! Ah j’adore !! Alors on a bien essayé de rentrer dans les backstages pour aller lui faire la bise ! Mais impossible de rentrer. On a tenté de rentrer avec des musiciens qu’on avait rencontrés à Essakane, 35H de galère dans un bus, ça crée des liens mais non, ils voulaient rien savoir les gars à l’entrée ! Des militaires avec des matraques… bon on a laissé tomber, pas envie de me faire frapper encore…
PL Playmobil ·
Il fait de plus en plus chaud ici, ça devient difficilement supportable. Le pire c'est la nuit pour dormir, la fenêtre ouverte, le ventilo à fond, y’a pas d'air, il fait chaud, on colle au drap… Ari a investi le canapé du salon où il fait plus frais, moins chaud en tout cas, qu'à l'étage. Moi je dors sur le toit, y'a un peu de vent, il fait même des fois un peu frais !! Par contre, pas de grasse mat possible, dès 7H, le soleil se lève, à 7H30, 8H, ça commence déjà à taper, faut quitter la terrasse… Le pire, c'est que avril n'est pas le mois le plus chaud, il paraît que ça va être pire en mai…

Le festival Les Paris Bamako dans lequel j'étais bénévole a eu lieu samedi dernier. C'était top ! L'entrée à 100 F (0, 15 euros), d'habitude les concerts comme ça sont à 1000 F, (1, 50 euro) et plein de gens peuvent pas se le payer, les gens gagnent en moyenne 500 F par jour, là c'est cool, tout le monde pouvait rentrer, j'étais à la caisse pendant un moment, et j'ai vu passer plein de gamins, des mamans avec leur bébé dans le dos, des familles. Bonne ambiance ! Pendant un moment ils ont craint qu'il y ait trop de monde et quelques débordements mais tout s'est bien passé ! La semaine d'avant au stade, y'avait eu un festival reggae avec comme tête d'affiche Tiken Jah, c'était bondé ! Au moins 30 000 personnes. Avec Anne-So on était sur la pelouse, on avait des pass pour rentrer (elle fait son stage dans l'assoc qui a organisé le festival). Les tribunes étaient pleines à craquer, les escaliers qui mènent aux sorties étaient remplis de gens. Quand il y a plus eu de place dans les tribunes, ils ont ouvert les vannes !!! et laissé passer quelques centaines de personnes sur la pelouse. C'était l'anarchie, les flics étaient débordés, y'en a qui sautaient par dessus les barrières, les flics leur couraient après, leur ceinture à la main, prêts à frapper. Y'avait des mouvements de foule impressionnants sur la pelouse, des fois on voyait une centaine de personnes qui arrivaient en courant vers nous, poursuivies par des flics, alors on se levait précipitamment et on se barrait pour pas se faire piétiner ! Et quand Tiken Jah s'est mis à chanter « Est ce que l'Afrique doit du fric? NON ! Afrique esclavagisée, martyrisée …. Est ce que l'Afrique doit du fric? Et 30 000 maliens à moitié en transe qui crient NON ! Joder, j'ai eu peur de me faire frapper encore une fois !!

Ambiance moins tendue au festival Paris Bamako, même si Tiken Jah a fait une apparition ! Le principe, c'est que les artistes français et maliens arrivent une semaine avant sur le site et repètent ensemble, le soir du concert, ils présentent leur duo, trio… c'est top, on a vu Amadou et Mariam et M, c’était bien sympa.

Y'avait la Compagnie des Grandes Personnes aussi, des marionnettes géantes qui ont défilé dans Bamako, c'était cool, les gamins étaient ravis, certains tout petits ont eu peur et se sont mis à pleurer.

Quelques jours avant le festival, j'ai été chargée d'aller distribuer des invits pour le concert. Ici, ça se fait pas d'envoyer tout ça par la poste, on les apporte en mains propres. Alors me vlà partie avec mon chauffeur, sur sa moto, sans casque, pas de rétro sur la moto (ça fait pas stylé), pleine heure de pointe, embouteillage dans tout Bamako, pollution et poussière en veux tu en voilà ! J'aime bien me promener dans Bamako à moto mais la nuit, c'est plus sympa, moins chaud, personne sur la route. Là, j'ai bien cru mourir une dizaine de fois, j'avais des visions de moi compressée entre deux sotramas…, bon finalement je m'en suis bien sortie, j'ai juste réussi à me cramer le mollet sur le pot d'échappement.. Alors on a traversé tout Bamako de long en large parfois pour rien car mon chauffeur qui m’dit oui oui je sais où c'est, en fait ne savait pas du tout, donc en 2H, on a donné 5 invits…., dont celle pour le ministre de la promotion du secteur privé (ou un truc dans ce goût là), j’me suis retrouvé dans le bureau du chef de cabinet du ministre, une femme, très élégante, dans son boubou, bien pomponnée, et moi en tong, mon pantalon blanc, tout rouge, marron de terre et de poussière, toute transpirante…, ouais enfin en même temps, son chauffeur à elle doit l'amener en voiture climatisée, alors elle a aucun mérite!!
PL Playmobil ·
A y est ! Me v’là de retour à Bamako après quelques jours en France. Fait toujours chaud, c'est toujours l'anarchie ! Dans l'avion, derrière moi, y'avait une espèce de toubab hystérique et claustrophobe qui s'est mise à pester contre son voisin parce qu'il empiétait sur son accoudoir, eh chérie, ton espace vital tu vas pouvoir l'oublier un peu pendant ton séjour au Mali (je l'imaginais dans le sotrama, se retrouvant coincée, à plus pouvoir bouger, goûtant à la sueur de ses voisins…. mort de rire), bon et en attendant, ta gueule, tu pollues mon espace vital sonore. Mon voisin à moi, sympa, un Malien, qui a réussi, qui a de la tune et qui le montre (évidemment), bien sapé, beau costume, chaussures, hum…. reluisantes, grosse montre plaquée or (bien kitch!), enfin le gars qui se la pète grave quoi !! Bon et son pote de derrière (celui qui s'est fait engueuler par la toubab hystérique) lui demande l'heure. Et là le gars me tend son poignet pour que je lui lise l'heure !!

En sortant de l'avion, 2 de tension pour la douane comme d'hab, je récupère mes bagages, et là pour sortir la galère. ils te font passer les bagages au truc infrarouge…. mais les gars ça sert à rien, c'est au départ qu'il faut faire ça…., mais au départ, ils le font pas, la machine est gâtée…. !

Bon j'ai quand même réussi à sortir de ce foutu aéroport, les filles m'avaient envoyé un taxi, j'ai retrouvé la maison, toujours aussi bordélique, et j'ai retrouvé le matelas sur le toit, le matelas qui fait mal au dos….

J’suis allée au musée jeudi matin…. mon maître de stage m'a dit de repasser lundi, ça recommence…, j'ai bu un café et j’me suis taillée, j’suis allée au marché acheter du tissu, d'ailleurs j’vous laisse j’vais chez le tailleur !
PL Playmobil ·
Super week end ici à Bamako ! Samedi soir sound system sur le toit de la maison avec DJ Bouba, DJ Faya et Mike Mo !! Ils étaient à fond !! Son reggae toute la nuit, toute la maison était à fond aussi ! J'avais invité Papus, un des fils de Amadou et Mariam que j'ai rencontré au festival Paris Bamako, il faisait partie de l'organisation aussi et samedi soir il m'appelle et il me fait j’peux pas venir y'a Manu Chao à la maison il est en train d'enregistrer avec mes frères ! Comment ? Quoi? Qu’ouis-je ? Manu Chao? Mais viens avec lui y'a pas de souci viens avec tous tes frères, tes cousins, tes soeurs, amène Manu Chao !! Y’a même pas aucun problème ! Bon non il sont pas venus…. Mais dimanche soir jsuis allée avec deux de mes colocs, Pierre et Audrey chez Papus. Bon, ça se passait trop bien, devait y avoir embrouille, devait y avoir baleine sous caillou ! C’était pas normal tout ça ! Sûr qu’on allait arriver, qu’il allait être plus là depuis cinq minutes. Eh ben non, on est arrivés, Manu Chao était là, on a passé la soirée avec lui et Smod (c'est le nom du groupe des enfants d'Amadou et Mariam). Je vous plante le décor, Baco Djicoroni, quartier résidentiel de Bamako, grande baraque, grande terrasse, nuit malienne, 30 °C, le fleuve pas loin, on entend les grenouilles, quelques motos qui passent de temps à autres dans la rue, quelques chaises sur la terrasse, un matelas, du jus de tamarin, 2 guitares, quelques pétards !! On papote, Manu Chao descend avec les membres de Smod enregistrer des sons en bas, deux gars se mettent à la gratte, deux supers voix maliennes qui chantent en bambara et en français. C’est super beau. Manu Chao remonte, il prend la guitare, on a Manu Chao en live et en direct !! Il joue quelques morceaux, Papus s'endort sur le matelas, on est à Bamako chez les enfants d’Amadou et Mariam, sur la terrasse et il reste Pierre, Manu Chao et moi (c'est trop bon de dire ça !!!), et on a papoté un peu, de whisky coca, de calimucho et de gueule de bois !!
PL Playmobil ·
Ici, il fait chaud et on sent que la saison des pluies va bientôt commencer, l'air est plus humide, il fait chaud et on dégouline…. Bientôt dormir sur le toit sera plus possible, raaaahhh…. hier soir je m'installe tranquillou sur mon lit la haut, hum trop bon, du vent, l'air est frais, bon c'est vrai ça sent l'orage mais j'ai frais !! presque froid, ça fait trop du bien après les 45 C de la journée. Putain j’suis installée depuis 10 minutes, je reçois une goutte, 2, 3 arrrggghhhhh, bon je remballe tout, le drap, le duvet, le téléphone, la bouteille d'eau, le stchroumph (bah oui je dors avec un stchroumph faute de mieux … !!!!) bon tout ça dans une main, j'embarque le matelas aussi, je jette tout ça dans l'escalier, et je retrouve ma chambre…. le ventilo à fond, la fenêtre ouverte, y’a pas d'air, il fait chaud, c’est irrespirable, le matelas devient vite moite… hum ça fait envie, je tiens une heure et je remonte sur le toit, la p’tite pluie est passée le sol est sec, hum trop bon il fait frais … Putain 3 h du matin, repluie…. noooonnnn…. bon bah rebelote, drap, duvet, eau, téléphone, schtroumph….. Ce matin, 8 h trop chaud, toujours pas de grasse mat possible et puis un p’tit mal de ventre qui m'oblige à courir aux toilettes…. hum vive l'Afrique
PL Playmobil ·
Il est vraiment trop sympa Sarko, il a offert pour 75 000 F CFA de matériel aux flics maliens, des casques, des gilets pare-balles et des boucliers ! Ils vont pouvoir se défendre contre les militaires !! Au stade l'autre jour, (j'y étais pas mais on m'a raconté), il y avait un concert de Tata Pound, un groupe de rap malien assez engagé politiquement. Bon et alors y'avait des flics et des militaires pour assurer la sécurité et notamment pour s'assurer que les gens restent dans les gradins et éviter qu'ils ne passent par dessus les barrières et atterrissent sur la pelouse ! Bon et ce soir là, y'a une fille qui passe par dessus, les flics sont pas d'accord, mais il s'avère que c'est un militaire qui l'a fait passer, c'est sa copine ! Alors bon, ça a fini en baston général entre flics et militaires, oh j'aurais trop aimé voir ça ! Ils ont arrêté le concert pour leur dire de se calmer, eh les gars vous êtes là pour assurer le calme pas pour foutre le wide !! Hihi, la connerie des flics c'est universel….
PL Playmobil ·
Opération tresses hier à Lafiabougou. Durée de l’opération : 5H… Quand on est arrivées, y’avait un gars qui était en train de « nettoyer » les égouts… hum… Il était dans les égouts qui passent juste devant la maison, il était dedans jusqu’à mi mollets. Pas la peine de dire qu’il avait pas de bottes, il vidait ça à la pelle mais y allait souvent à pleines mains. Il a foutu toute sa merde sur le bord de la route, et ça va rester là jusqu’à ce qu’un autre gars avec une petite charrette tirée par un âne vienne tout ramasser pour aller mettre ça je sais pas où… le fleuve ?… J’ose même pas penser à la peau du gars et à ce qu’il va se choper comme saloperie… Bon, on est rentrées vite dans la cour ! Les femmes ont commencé par tresser Anne-So, pendant ce temps-là, j’suis allée casser la croûte. Devant la maison d’à côté, y’avait une femme qui faisait cuire des frites et de la viande, à côté des égouts… Bon, alors 50 F de pain, 100 F de viande. Pas de problème, assieds-toi, la viande c’est pas prêt d’abord ! Ok Bon, je voyais le gars dans ses égouts qui se rapprochait de plus en plus, pas envie d’être aspergée…, la vendeuse a dû remarquer mes coups d’œil inquiets, elle a fini par bouger sa table et ses fourneaux, un peu, j’en ai profité pour bouger ma chaise. Bon vous imaginez bien que sa petite table pleine de bouffe était aussi pleine de mouches… J’ai essayé de pas trop penser où elles s’étaient posées avant d’atterrir sur le pain… Bon quand ça a été prêt, je suis retournée fat fat dans la cour manger ça, eh ben c’était vachement bon !

L’anarchie encore dans la cour, plein de gamins qui courent partout et qui braillent, plein de mamans qui braillent aussi, le poste de radio qui braille et qui crépite, pas de Papa, mis à part le grand-père qui nous sort à chaque fois qu’on y va « Ça va ? Ça va la France ? Et Chirac ça va ? » Oh bah Chirac ça va… Bon mal de crâne à la fin… Surtout qu’elles y vont pas de mains mortes, ça tire ! Et parfois, elles s’y mettent à plusieurs, c’est-à-dire qu’elles peuvent être jusqu’à trois sur ta tête chacune tirant d’un côté et chacune parlant à une copine différente se trouvant à l’autre bout de la cour évidemment, donc t’as également les oreilles qui prennent cher ! Et à la fin, comme tout le monde mangeait dans la cour, on a bougé, on s’est foutues juste devant la maison, juste devant les égouts, hum, quelle riche idée, il manquait plus qu’une bonne odeur de merde pour parfaire le mal de crâne… Mais bon, on s’en fout, on a de jolies tresses
PL Playmobil ·
Le gars qui tient l’alimentation à côté de chez nous s’appelle Doudou, enfin, en fait, pas du tout, on n’en sait rien. On l’appelle Doudou car il ressemble à un gars qu’on connaissait à Madrid et qui s’appelait Doudou. Bref, lui, c’est un 2 de tension comme le Mali en fait pas beaucoup ! Parce que bon, ils ont tous deux de tension mais à des degrés divers, ils sont plus ou moins actifs. Surtout quand il s’agit de vendre un truc et de ramasser un peu d’argent. Mais lui non. C’est un fatigué de naissance ce gars ! Il est au degré zéro du zèle. Il a pas grand chose à faire de ses journées, parce que bon, on peut pas dire que les clients se bousculent. Et alors, quand on y va pour lui acheter deux ou trois trucs, on le sort de sa torpeur à chaque fois : deux ou trois fois, il pionçait comme un bienheureux, je l’ai réveillé… Et puis alors, ça a l’air de le faire chier grave d’avoir des clients, faut qu’il se bouge… C’est fatigant. Bon si tu prends deux cocas et que t’as la monnaie, ça va, ça l’embête pas trop. T’as même droit à un semblant d’au revoir quand tu t ‘en vas. Mais alors, si tu prends plus de trois articles, là tu sens à sa grimace que vraiment ça l’emmerde. Alors d’un geste lent, il sort la calculette de son tiroir, la pose sur la table, fait son addition. La dernière fois, on a pris quelques cocas et une boîte d’olives, visiblement, les olives, il en vend pas tous les jours, il est resté un moment pensif, se disant j’me lève, j’me lève pas, j’me lève, j’me lève pas pour aller vérifier le prix ? Allez non j’me lève pas, allez 750 aujourd’hui, les olives. Bon et là tu lui tends ton billet et tu sens que tu le fatigues encore, il tend le bras pour ouvrir un autre tiroir avec la monnaie, il te trouve 100 F, il en ouvre un autre, te sort 300F, allez savoir pourquoi il met pas tous les jetons dans le même tiroir, il économiserait des forces. Bon, et si tu veux l’achever complètement, tu prends deux cocas et tu lui tends un billet de 5000 ou mieux 10 000 F ! Et là, tu sens que c’est la fin, il s’affaisse sur sa chaise, complètement vidé. Il garde le billet dans la main avec un air de profonde impuissance et murmure un « ya pas la monnaie » et il bouge pas ce gros naze, il bouge pas son cul pour voir s’il peut aller faire de la monnaie. Alors quand il y a un gars dans sa boutique qui est là à rien faire non plus, il lui tend le billet et le gars sort faire de la monnaie. Mais quand il y a personne, il reste là, complètement perdu à regarder le billet et en répétant « ya pas la monnaie, ya pas la monnaie », il espère peut-être qu’il va se transformer tout seul en jetons s’il le fixe assez longtemps. Une fois, il m’a soûlé, j’ai tout reposé sur sa table, j’ai repris mon billet et ‘jme suis cassée. Putain là, j’ai été prise d’un coup de speed, il a pas dû comprendre. Ah Doudou, il va me manquer quand je vais partir.
BO Bogbog ·
bonjour. heureux de retrouver vos nouvelles.vous vous souvez certainement de ce jeune touareg qui venait vous voir dans votre petit villa de faso kanu.hé le temps pase vite.en daite adeline me connait bien plus que ls autres.alors, s'est fini l'estage bonne contuniation
merci
MA Mamina64 Veteran ·
super ton récit... on y retrouve vraiment l'ambiance de là-bas, vos galères, vos joies... quel courage d'entreprendre ce carnet si longtemps après, tu avais pris des notes bien sûr ? continue, on attend la suite avec impatience !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
PL Playmobil ·
en fait ce sont des mails que j'envoyais quand j'étais là bas pour donner des nouvelles, je les ai tous gardés, mais pas tous mis sur ce site !
PL Playmobil ·
oui je me souviens !! Comment vas-tu??
BO Bogbog ·
oui je vais bien.je suis plus au mali
merci
PL Playmobil ·
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