Mercredi 11
8h00 : Rendez-vous au bureau du festival pour départ en bus, direction Essakane et le Festival eu Désert.
On a vu la tronche du bus, on a tout de suite compris, ça n’allait pas être de tout repos !
12h15 : Départ ! Dans le bus, il y a nous et des musiciens.
12h30 : Arrêt dans une station service pour remplir des bidons d’essence. Ils pouvaient pas le faire avant…
12h45 : Arrêt dans une deuxième station, pas assez d’essence dans la première.
13h15 : On quitte Bamako
13h17 : On s’arrête pour faire monter des militaires qui vont à Ségou.
13h30 : On sort de Bamako, cette fois c’est bon !
16h30 : Arrivée à Ségou. Pause déjeuner : riz au gras. On en peut plus du riz, on a prévu les sandwichs et les gâteaux…
17h15 : On revient vers le bus. Ils sont trois sous le bus en train de réparer j’sais pas quoi. Il y en a un qui tape avec un gros marteau sur des pièces circulaires. C’est comme ça que vous réparez chez vous ?? Ça a duré trois heures…
20h00 : Départ de Ségou
22h00 : Panne. Re… On est à Bla entre Ségou et Mopti. 3h00 à taper sur leur truc… Ils ont bricolé tout ça. Ils ont « réparé » un truc avec un chiffon qui a pris feu visiblement quand on s’est remis à rouler… La plupart des passagers dormait et n’a rien vu
Mais qu’est ce qu’on est venu faire dans cette galère ??…
01h00 : On repart
07h00 : Arrivée à Mopti où trois bénévoles qui nous attendent depuis la veille, nous rejoignent dans notre bus tout confort. Si si, c’est marqué dessus !
Plein d’essence.
07h30 : Panne. Ils ont pas mis le bon carburant…
08h00 : Panne. C’est le pot d’échappement qui fait des siennes.
11h00 : Arrivée à Douentza. Pause déjeuner
Bon entre la panne de 08h00 et Douentza, on a bien eu quelques soucis, j’me souviens du capot ouvert et du conducteur qui farfouille dedans…
12h30 : On quitte Douentza. Alors à partir de là, le goudron a bana, c’est fini : 200 km de piste… 4h00 de route, 4 longues heures….Secoués, bousculés, malmenés. Le chauffeur taré, il roule super vite, on fait des bonds de 10 cm sur nos sièges, pas vraiment d’amortisseurs, bonjour le dos…
Impossible de dormir, ni d’écouter la musique, mon discman n’est pas anti-choc. Ça tremble de partout, ça fait un boucan d’enfer Un peu l’impression d’être dans une immense machine à laver qui secoue, qui vibre. C’est horrible !
16h30 : Arrivée au fleuve, en face de Tombouctou. Là, on attend le bac pendant deux heures. Ceci dit, on est arrivés à la bonne heure, on assiste au coucher de soleil sur le Niger, c’est superbe. Avec en fond, un petit air de guitare, des Irlandais qui jouent un peu de country.
18h30 : On peut enfin monter sur le bac.
19h00 : Arrivée sur l’autre rive. On est encore à 15km de Tombouctou.
19h20 : Arrivée à l’hôtel Bouctou, où on mange des spaghettis, hum…Une nana du festival nous croise alors qu’on est en train de se débarbouiller dans le lavabo des toilettes, elle a pitié de nous et nous prête sa chambre pour une bonne douche. L’eau est gelée et ça commence à cailler dehors (on est à la porte du désert tout de même) mais c’est un grand moment de joie ! Parfois, le bonheur ça tient à pas grand-chose. D’autant qu’après, pendant trois jours, la douche c’est fini ! On a vu l’état des toilettes, on a imaginé l’état des douches. Nos craintes ont été confirmées par un bénévole qui a les bravées. Visiblement certaines personnes les avaient prises pour les latrines ou pour un dépotoir ou je ne sais quoi… Une grosse merde dans un coin, une capote usagée dans l’autre… Hum, on avait prévu les lingettes nivéa !
20h00 : Un gros problème se pose : On est une cinquantaine à devoir aller à Essakane en 4*4 mais il n’y a pas assez de 4*4… Ça aurait été trop simple ! Ils pensent à en emmener quelques- uns ce soir et les autres, le lendemain. Mais aucun moyen de faire dormir les gens à Tombouctou ! L’idée est abandonnée. Ils ont mis 1h30 à répartir les gens dans les voitures.
22h30 : Départ de Tombouctou. Tout le monde ne pouvant entrer dans les voitures, la moitié se retrouve à l’arrière des pick-up. Les pauvres ! Ça caille grave et les chauffeurs roulent comme des tarés. Moi je me retrouve à l’arrière avec trois gars un peu corpulents…, Anne-So est devant sur le siège passager. J’étais quelque peu compressée et j’ai fait un caca nerveux (j’avoue…) au milieu du trajet pour échanger de place avec Anne-So, j’en pouvais plus, mon dos n’en pouvait plus, et c’était ça ou j’ouvrais la portière pour jeter mon voisin de gauche dehors…
01h30 : Arrivée à Essakane. Et là, ça continue ! A l’entrée, ils ne veulent pas nous laisser rentrer car on n’a pas de badge ! Non mais c’est une farce ! Depuis le début c’est une vaste farce, c’est pas possible ! Finalement le chauffeur fait un détour, contourne l’entrée et nous dépose au milieu du désert, il nous laisse là avec nos sacs… On demande aux gens qu’on croise s’ils savent où est Boubou. Non personne ne sait. Alors nous voilà parties avec nos sacs à la recherche de j’sais pas qui et d’un lit surtout ! Finalement on tombe sur quelqu’un qui nous emmène vers les tentes des bénévoles. On se pose là sur nos mini matelas et on écrase !
35h00 de trajet…
Vendredi 13 janvier
7h20 : Réveillées par des bénévoles ultra motivés. Oh, du calme, du calme, vous êtes au Mali depuis une semaine, nous ça fait trois mois, on va prendre not temps, hein ! Des têtes à claques, les bénévoles, 35h00 de trajet, épuisées. Non mais c’est ça l’Afrique. Et toi t’en veux une, connard ?
Bon, nous, on a fait notre vie, on est allées boire le thé avec nos compagnons de voyage, nos compagnons d’infortune, on est allées marchander avec les artisans touaregs, on est allées papoter avec les musiciens.
C’est parti pour trois jours de festival ! Le bordel total ! Chaque bénévole s’occupe d’un groupe de musiciens ou plus par jour. Quand il arrive, il faut lui trouver une tente (ce serait plus simple de répartir les tentes avant l’arrivée des groupes, ou bien ? Ca nous aurait évité de traverser le site de long en large dans les dunes à la recherche de certains groupes car personne ne savait où ils étaient installés…)
Bon ensuite, il faut aller voir le responsable des matelas, Souker. Si si, il y a un responsable des matelas qui veille dessus comme sur un trésor ! Ou plutôt, il délègue la surveillance à un gars, car Souker est jamais là, il répond pas souvent à son talkie (qui marche une fois sur deux de toute façon), Ikatel ne passe pas en plein désert, pas de portable donc… Le préposé à la surveillance des matelas ne peut prendre aucune décision quant à la distribution des matelas sans avoir consulté le responsable en chef. Il est donc allongé sur les fameux matelas pour mieux les garder et nous on cherche désespérément Souker partout. Enfin, le bonheur quoi…
Bref, tout ça parce qu’il y a pas assez de matelas pour tout le monde, donc les toubabs ont droit à des matelas, les groupes locaux ont droit à deux matelas et à des nattes et quand il y a plus de nattes, ils ont rien… Donc, on a passé le premier jour à faire des allers et retours dans les dunes à la recherche du responsable des matelas. C’est super fatigant de marcher dans le sable ! Si si j’vous assure !
Avec Anne-Sophie, on accueille un groupe de Suédois qui vont nous faire une p’tite pièce de théâtre le lendemain, Le Petit Prince en plein désert, c’était super chouette. Donc, on leur trouve une tente et on leur dit d’aller manger un bout pendant qu’on va leur chercher des matelas. On va donc voir au QG matelas pour essayer d’en gratter trois, c’est pas possible évidemment… On revient quelques temps après, et, oh miracle, y’a trois matelas pour nous, on les embarque. Et là, ça a fait toute une histoire, premièrement parce qu’en fait les matelas n’étaient pas du tout destiné aux Suédois mais à je ne sais quels journalistes ; et deuxièmement parce qu’on a posé les matelas dans la tente des Suédois, qu’on est allées les prévenir que les matelas étaient là, mais quand ils sont revenus à leur tente, les matelas n’y étaient plus. Et ils ont pété un câble en disant que si les matelas disparaissaient, il se pouvait très bien que toutes leurs affaires disparaissent également. On a donc fait venir des responsables qui ont finalement foutu les Suédois dans l’espace VIP pour qu’ils arrêtent de faire chier et une enquête a été menée pour savoir ou avaient bien pu passer ces putains de matelas. Et donc après investigation, il s’est avéré qu’en fait, c’est un gars qui bossait au festival et qui était également directeur d’une agence de voyage, qui voyant trois matelas traîner, les a embarqués pour ses clients… Cette histoire a, tout de même, duré pas loin de deux heures…
Pareil, ils avaient pas prévu assez de bouteilles d’eau, et au lieu de faire un aller et retour à Tombouctou en 4*4 pour aller chercher des cartons d’eau, ils nous ont rationnés. Enfin, ils ont rationnés les locaux ! A chaque repas, on avait en plus du plat (pâtes, riz ou semoule plein de sable hum… ça croque sous la dent…), une bouteille d’eau. A partir du deuxième jour, ils ne donnaient plus d’eau aux locaux…
Samedi 14 janvier
09h00 : Je me réveille tranquille, je vais déjeuner. Nescafé et vache qui rit, hum…
09h30 : Merde ! Je m’aperçois que j’ai oublié mon groupe, Ihama, qui joue à 9h00 ! Deux de tension ! Non mais quelle idée de faire jouer un groupe à cette heure-là. Et quelle idée surtout de me le confier à moi !
Je file les chercher, la moitié est partie en vadrouille dans tout le site. En plus, aucun ne parle français, faut que je retrouve le traducteur. Le temps que tout le monde soit réuni, le chef du groupe a le temps de me pomper l’air encore avec ses matelas : Et pourquoi nous, on a pas de matelas ? Alors voilà, ils s’organisent comme des culs et ce sont les bénévoles qui se font engueuler !
Finalement vers 10h00 tout le monde est là, je les emmène sur scène mais sur la scène personne n’est prêt : problème d’ilictriciti ! Je savais bien que c’était pas la peine de s’énerver !
11h00 : On va chercher le groupe Tarbia dont s’occupe Anne-So, on arrive à leur tente, ils n’ont pas l’air d’être là mais y’a des gens dans la tente, on leur demande si Tarbia est làNon, ils sont partis ce matin !Ah bon, mais où ça ?Au NigerAu Niger ? Mais pourquoi ? Ils jouent tout à l’heure !Oh bah, ils étaient découragés, le chauffeur était malade.
La farce continue !
Lundi 16
03h30 : Après les concerts, on quitte Essakane en 4*4
06h00 : Arrivée à Tombouctou
Nos deux 4*4 s’arrêtent devant l’hôtel Bouctou. On descend du nôtre, on sort les sacs, le 4*4 se barre. Dormir….
Eh non, en fait c’est pas possible de dormir là, faut aller ailleurs… Notre 4*4 s’étant barré, on balance tous les sacs à l’arrière du pick up de l’autre où quelques bénévoles motivés sont déjà installés (ils ont fait tout le trajet là-dessus). Je mets un pied sur la roue pour monter à mon tour et le 4*4 se met à avancer. Ho ! Merde faites gaffe quoi putain ! Et une connasse de bénévole qui me redit mais c’est ça l’Afrique. Tu vas te la prendre toi ça va pas tarder. La perspective de remonter dans mon super bus pour 35h de trajet jusqu’à Bamako me met de mauvais poil. Alors ta gueule, s’il te plaît, ta gueule.
6h20 : On se retrouve finalement dans une espèce de maison où on s’installe tous comme on peut dans une pièce au sol bétonné. Ils sont tous super excités à l’idée de dormir là, youhou c’est l’aventure ! J’aurais pas été contre un matelas…
Avant d’atterrir là, on demande quand même au chauffeur où est la gare routière, on mettra peut-être moins de temps à rentrer avec Bittar. Il y a un bus par semaine, il part jeudi… Bon bah on va dormir là, ça a pas l’air si mal… Et reprendre notre bus tout confort….
10h00 : Après une super nuit, on va acheter des gâteaux pour le p’tit déj, on tombe sur un de nos compagnons d’infortune qui rentre en bus avec nous, il nous apprend que le bus est devant l’hôtel Bouctou. On est rassurées, on les avait tous perdus, ils sont tous partis d’Essakane bien avant nous, en nous disant qu’il fallait qu’on parte aussi mais qu’il y avait plus de place dans leur 4*4, qu’il fallait qu’on en trouve un. On a vainement cherché le responsable des transports dans tout le site, il répondait pas au talkie, il était là, parti là bas, plus là, reparti là bas, non pas ici… On a abandonnées et on est allées dormir un peu en attendant les autres bénévoles qui s’éclataient sur une chanson de la star’ac, on était décidément pas faits pareil…
Bref, on a eu bien peur qu’ils nous laissent en plan à Tombouctou, au milieu du désert et des cram-cram, ces espèces de petits trucs pourris qu’on trouve dans le sable, ou qui nous trouvent plutôt. Des petites boules pleines d’épines qui s’accrochent aux vêtements et qui piquent comme des échardes. Et ça se glisse partout ces saloperies : dans les chaussures, dans le duvet, pire que les moustiques !
Bon, on retrouve finalement notre bus, hum, avec joie… Et là, on a attendu toute la journée à l’hôtel Bouctou, les organisateurs ont pas payé le chauffeur, qui refuse de partir, ce qui se comprend. Et on voit les organisateurs qui se barrent en 4*4 et qui nous laissent là, putain…
Finalement, je sais pas comment ils se sont arrangés, mais le chauffeur accepte de repartir. Il est 18h30, le bac ne circule plus à partir de 19h00. Il faut passer la nuit à Tombouctou, on part le lendemain à 6h00. Alors ceux qui connaissent des gens à Tombouctou vont dormir chez eux. Ok, vous êtes marrants vous !
Alors, on est restées avec les musiciens de Baba Salah qui n’avaient pas non plus de famille à Tombouctou. On est allées manger dans un bouiboui, l’état de la cuisine laissait prévoir un petit mal de ventre…
On est ensuite allées dormir je sais pas chez qui, on s’est retrouvé dans une espèce de salon marocain ; avec Anne-So, on s’est jetées sur les canapés ! On a voulu aller se débarbouiller et faire pipi, ils nous ont montré les « toilettes », une petite pièce avec un trou qui s’écoule directement dans la rue. Bon, on attendra demain de retourner à l’hôtel profiter de ses toilettes.
Mardi 17 janvier 2006
6h30 : Réveil. On devait partir à 6h00, on se rappelle ! La bouffe de la veille n’est pas passée, je suis barbouillée.
07h40 : Départ. Arrivée au bac où on attend trois heures… Je bois un thé Lipton, c’est radical, je vomis tout ce que j’ai avalé la veille… Le voyage s’annonce bien.
12h00 : Arrivée sur l’autre rive. Le chauffeur sort en marche arrière. Avec Anne-So, on était restées dans le bus pendant la traversée et là un gros choc ! Il a foncé dans un 4*4 qui attendait pour monter. Tout le monde s’en mêle, blablabla, ça dure au moins une demi-heure. On repart, on fait cent mètres et on s’ensable… Ça va, c’est pas trop méchant. Tout le monde remonte dans le bus, trop de monde remonte dans le bus ! Il restait quelques places libres, ils font donc monter des passagers pour les emmener à Bamako. Certains musiciens ne retrouvent pas leur place, il faut faire redescendre les nouveaux venus qui ne veulent pas tous descendre évidemment. Non mais sérieux des fois on se demande, ils pouvaient pas attendre que les gens soient montés pour voir combien de places il restait !
Bon, c’est reparti pour 200 km de piste, moi qui suis barbouillée en plus, c’est génial !
On a fait un détour par un village pour déposer un gars qui va faire je sais pas quoi dans sa famille, on l’a attendu une heure…. Finalement on repart et à la sortie du village, on s’arrête à nouveau et on attend, 5min, 10min, 20min. Et là, j’ai craqué, les nerfs ont craqué. Non mais pourquoi on attend, on attend quoi ? Il faut attendre ! Non il faut plus attendre là, il faut partir, ça fait deux jours qu’on attend, ras le bol, quand est qu’on va arriver à Bamako ? Merde alors. Non mais c’est vrai quoi, zut à la fin…
Bon, on a attendu encore un peu et on est repartis…
17h00 : Arrivée à Douentza. On retrouve des personnes du festival qui rentrent en 4*4. Ils voient nos têtes…, nous proposent de monter dans les 4*4 pour la fin du voyage. Yes yes yes, chauffeur, nos bagages siouplé. Eh non, en fait, tu peux laisser les sacs là-haut, faux espoir, ya qu’une seule place, on remonte dans notre bus tout pourri…
19h00 : On quitte Douentza, me demandez pas ce qu’on attendait, je sais plus…
Mercredi 18
11h00 : On arrive à l’entrée de Bamako, ouais ouais ouais. Et là, on s’arrête… Nooooooonnnnnnn ! Qu’est ce qui se passe encore ?? Plus d’essence ! Non mais c’est une blague ! Trois quarts d’heure pour aller chercher un bidon…
12h00 : On arrive au bureau du festival, taxi, maison, lit, dodo.
Et là, ça fait trois jours que je dors et j’arrive toujours pas à me remettre !